Alors que les concurrents de la 40ème édition du Marathon des Sables sont encore en train d’enlever le sable de leurs chaussures, le film de l’aventure est déjà disponible. 38 minutes d’images fortes, de témoignages de bonheur, d’émotions, de souffrance et de larmes. 38 minutes pour s’en prendre plein les yeux.
Sortie : 2026 Durée : 38 minutes Langue : Anglais – Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/04/MDS-40E-EDITION-1.jpg6751200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-04-13 13:09:352026-04-13 13:09:40Marathon des Sables 2026, le film de la 40ème édition
La 40ème édition du Marathon des Sables s’est déroulée du 4 au 11 avril dans le Sahara marocain et a offert une lutte intense chez les hommes entre les frères El Morabity, Rachid, l’aîné, 11 fois vainqueur de l’épreuve, et Mohamed, 1 fois vainqueur, 7 fois 2ème, lutte à laquelle s’est mêlée Ludovic Pommeret, qui pour sa première participation a fait souvent jeu égal avec les rois du désert. Chez les femmes, Maryline Nakache impériale a remporté les 6 étapes de l’épreuve, laissant sa principale rivale à plus de 3 heures. Résumé de l’aventure, jour après jour.
Maryline Nakache à l’arrivée de la dernière étape. Photo Antonio Miranda
Marathon des Sables – 1ère étape : pas de round d’observation
Le Marathon des Sables Legendary a lancé sa 40ème édition avec une première étape de 35 kilomètres disputée dans des conditions calmes et ensoleillées. Dès les premières heures du jour, 1 500 participants se sont élancés sur un parcours exigeant, encadrés par près de 600 membres de l’organisation.
Cette étape inaugurale a été marquée par un rythme particulièrement soutenu, notamment en tête de course. Chez les hommes, le tenant du titre Rachid El Morabity a imprimé une allure élevée dès le départ, rompant avec son approche habituellement plus stratégique. Rapidement, la course s’est structurée autour d’un groupe de tête composé de Rachid El Morabity, de son frère Mohamed El Morabity, et de Michaël Gras, redoutable marathonien..
La sélection s’est opérée progressivement, avant une accélération décisive des frères El Morabity à partir du troisième point de contrôle. Dans un final disputé, Mohamed El Morabity s’impose en 2h26’29’’, devançant Rachid El Morabity de 21 secondes. Michaël Gras complète le podium à 4 minutes et 34 secondes du vainqueur. Ludovic Pommeret termine lui 5ème en 2h34’29”.
Parmi les participants de cette édition anniversaire, la présence de deux anciens sportifs de haut niveau : Julien Absalon, double champion olympique de VTT, qui se classe 10ème de cette première étape en 2h56’09’’, et André Schürrle, ancien international allemand de football et champion du monde 2014, qui termine à la 628ème place en 5h41’59’’.
Chez les femmes, la course a également été animée dès les premiers kilomètres. La Marocaine Aziza El Amrany a pris les commandes en imposant un rythme soutenu, suivie de près par Maryline Nakache, restée au contact tout au long de la course.
La décision s’est jouée dans la seconde partie du parcours, lorsque Maryline Nakache a accéléré pour creuser un écart décisif. Elle remporte cette première étape en 3h04’01’’, avec une avance de 5 minutes et 33 secondes sur Aziza El Amrany. Agathe Teillet-Magot, compagne de Michaël Gras, termine 3ème, à 17 minutes et 26 secondes.
Départ de la 1ère étape. Photo Antonio Miranda
Marathon des Sables – 2ème étape : rythme élevé et premiers écarts
La 2ème étape a tenu toutes ses promesses, offrant un subtil équilibre entre vitesse, stratégie et premiers enseignements pour la suite de l’épreuve. Le départ, donné à 6h00 précises, a permis aux concurrents de bénéficier de conditions particulièrement favorables. La fraîcheur matinale du désert a accompagné les premiers kilomètres, avant que la chaleur ne s’installe progressivement au fil de la journée.
Dans une ambiance spectaculaire, éclairée par les lampes frontales des participants, les coureurs se sont élancés sur un parcours de 40,5 kilomètres, cumulant 486m de D+. Ponctuée de points de contrôle aux kilomètres 8, 15, 21, 28 et 33, cette étape rapide et roulante a conduit les 1500 concurrents vers un nouveau bivouac.
Chez les hommes, Michaël Gras a animé la course dès les premiers kilomètres en imposant un rythme soutenu, tentant de déstabiliser les frères El Morabity. Mais l’expérience a finalement fait la différence. Dès le troisième point de contrôle, Mohamed et Rachid El Morabity ont repris la maîtrise de la course avant de porter une attaque décisive. Mohamed s’impose en 2h58’26, suivi de Rachid en 3h03’01. Après un effort constant, Michaël Gras complète le podium en 3h03’46. Ludovic Pommeret termine de nouveau 5ème de l’étape en 3h12’37”.
Au général, Mohamed El Morabity reste leader en 5h24’55”. Il devance son frère Rachid (5h29’51”) et Michaël Gras (5h34’49”).
La course féminine a quant à elle été dominée sans partage par Maryline Nakache, auteure d’une performance remarquable qui lui permet de s’imposer en 3h48’21. Derrière elle, la hiérarchie a été bouleversée lorsque Aziza El Amrany a cédé du terrain, ouvrant la voie à Agathe Teillet-Magot et l’Américaine Desiree Linden. Elles montent respectivement sur la deuxième et la troisième marche du podium en 4h10’31 et 4h13’00.
Au général, Maryline Nakache est plus que jamais leader en 6h52’22”. Elle devance Agathe Teillet Magot (7h31’58”) et Desiree Linden (7h38’26”).
Photo Antonio Miranda
Marathon des Sables – 3ème étape : entre vitesse maîtrisée et jeu tactique avant l’étape reine
La 3ème étape du MDS 2026 a offert un subtil équilibre entre vitesse et stratégie, tout en laissant entrevoir les enjeux majeurs de l’épreuve décisive à venir, la « longue » du lendemain et ses 100 km non-stop. Donné à 7h00 précises, le départ s’est déroulé dans des conditions exceptionnellement clémentes pour le désert, avec des températures fraîches et un ciel légèrement nuageux, offrant aux concurrents un terrain propice à la performance. Longue de 29,1km et totalisant 413m de D+, cette étape comportait trois points de contrôle situés aux kilomètres 11, 17 et 23.
Chez les hommes, la course s’est rapidement transformée en affrontement stratégique. Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont tenté une offensive coordonnée pour mettre sous pression les frères El Morabity. En tête dès le premier point de contrôle, les deux Français imposent un rythme soutenu, talonnés par Mohamed El Morabity, tandis que Rachid El Morabity reste en embuscade.
Au deuxième point de contrôle, Ludovic Pommeret lâche prise, laissant Michaël Gras seul en tête. Mais la dynamique s’inverse progressivement sous l’impulsion des spécialistes marocains : Rachid El Morabity opère une remontée maîtrisée pour s’imposer en 2h17’29”, tandis que Mohamed El Morabity suit de près en 2h18’28”. Michaël Gras conserve une place sur le podium en 2h21’44”, talonné par Ludovic Pommeret, quatrième du jour avec le même chrono.
À noter, au troisième point de contrôle, un passage obligatoire de vérification des sacs et du matériel pour les coureurs de tête est venu renforcer la dimension stratégique de cette étape. Au général, Mohamed El Morabity conserve sa place de leader en 7h43’23”, devançant toujours son frère Rachid (7h47’20”) et Michaël Gras (7h56’18”).
Chez les femmes, Maryline Nakache a de nouveau dominé l’épreuve de bout en bout (2h55’21”), confirmant son excellente dynamique avec une performance solide. Aziza El Amrany, en retrait lors de l’étape précédente, signe un retour remarqué en prenant la deuxième place en 3h09’18”. Agathe Teillet-Magot complète le podium de cette troisième étape en 3h13’56”.
Au général, après 3 étapes et 104,8km parcourus pour 901m de D+, Maryline Nakache est largement leader en 9h47’23”. Elle devance une autre française, Agathe Teillet-Magot (10h45’54”) et la Marocaine Aziza El Amrany (10h52’12”).
Le peloton lors de l’étape 3. Photo Ian Corless
Marathon des Sables – 4ème étape : une étape record et décisive
La 4ème étape du Marathon des Sables Legendary restera gravée comme l’un des moments les plus marquants de cette 40ème édition. Avec ses 100 kilomètres et 721m de D+, elle devient officiellement l’étape la plus longue de l’histoire de l’épreuve, dépassant le précédent record établi en 2009 (92 km). Une journée extrême, tant sur le plan physique que mental, qui a profondément rebattu les cartes du classement général.
La course masculine a offert un spectacle de très haut niveau, marqué par un duel intense entre Ludovic Pommeret et Mohammed El Morabity. Dès le premier checkpoint, les deux hommes prennent les commandes, suivis de près par Michaël Gras et Ahmed Ouikhalfen, formant un groupe de tête particulièrement compétitif.
À partir du kilomètre 70, la course bascule. Michaël Gras, alors 3ème au classement général, est victime d’un coup de moins bien, souffrant d’une légère surchauffe et d’un manque d’énergie. Le moment décisif intervient au CP10 : profitant d’un arrêt fraîcheur de Ludovic Pommeret, Mohammed El Morabity place une accélération déterminante. Le Marocain impose un rythme supérieur, creuse l’écart et s’impose avec seulement 12 secondes d’avance sur le Français en 8h24’32”, concluant une étape stratégique parfaitement maîtrisée. Rachid El Morabity complète le podium en 8h39′.
Au général, après 205,7km parcourus, le Marocain Mohamed El Morabity est toujours leader (16h07’55”). Il devance son frère Rachid (16h26’20”) et Ludovic Pommeret (16h33’34”).
Chez les femmes, la course s’est rapidement structurée autour de Maryline Nakache et Aziza Raji, qui prennent la tête dès le premier checkpoint. Derrière, Agathe Teillet-Magot, pourtant 2ème au classement général, rencontre d’importantes difficultés dès le 30ème kilomètre, victime de problèmes gastriques qui freinent considérablement sa progression. De son côté, l’Américaine Desiree Petersen réalise une course maîtrisée, lui permettant de s’adjuger la troisième place de l’étape.
Maryline Nakache s’impose une nouvelle fois sur l’étape en bouclant les 100km en 10h02’22”. Elle devance Aziza El Amrany, deuxième en 11h40′, et Desiree Linden, troisième en 12h16’57”. Au classement général, après 4 étapes, 205,7 kilomètres parcourus et 1801m de D+, Maryline Nakache conforte largement sa position de leader avec un temps cumulé de 19h50’05”. Elle devance de plus de 2h30 la Marocaine, Aziza El Amrany (22h32’12”) et l’Américaine, Desiree Linden (23h15’47”).
L’étape 4, longue de 100km, un record dans l’histoire du MDS. Photo Ian Corless
Marathon des Sables – 5ème étape : les leaders confirment leur domination
L’avant-dernière étape du MDS a tenu toutes ses promesses, au lendemain de la redoutable étape longue de 100 km. Entre fatigue accumulée, conditions extrêmes et enjeux stratégiques, cette 5ème étape, dite « étape marathon » (42,5km et 424m de D+), a offert un spectacle intense et riche en rebondissements. Malgré des corps éprouvés et des esprits marqués par les tempêtes de sable incessantes de la veille, les concurrents ont abordé cette journée avec une détermination intacte.
Dès le départ, Pierre Meslet a imposé un rythme soutenu, prenant rapidement les devants et creusant un écart significatif jusqu’au premier point de contrôle. À ses côtés, Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont également tenté de dynamiter la course, formant un trio français offensif face à la domination marocaine.
Mais une fois encore, la réponse est venue du Maroc. Mohamed El Morabity a repris les commandes après le CP3, sur une portion stratégique du parcours. Accélérant progressivement, il a distancé ses adversaires pour s’imposer avec autorité en 3h08’07”. Son frère, Rachid El Morabity, s’est adjugé la deuxième place en 3h12’24”, confirmant la suprématie familiale, tandis que Ludovic Pommeret complète le podium en 3h13’23”, à seulement une minute.
Derrière ce trio de tête, la course s’est étirée sous l’effet du rythme imposé, avec un écart de 34 minutes séparant les dix premiers à l’arrivée, illustrant la sélectivité extrême de cette étape.
Mohamed El Morabity survole les dunes. Photo Ian Corless
Au général, Mohamed El Morabity conforte sa position de leader avec un temps cumulé de 19h11’02”, devant son frère Rachid (19h33’44”) et Ludovic Pommeret (19h41’57”). Si, sur le papier, ces positions semblent solidement établies à la veille de la dernière étape de 21 km, l’histoire du Marathon des Sables rappelle que rien n’est jamais acquis dans le désert.
Chez les femmes, Maryline Nakache poursuit son impressionnante série. Déjà leader incontestée, elle s’impose une nouvelle fois avec maîtrise en 4h03’03”. L’Américaine d’origine polonaise Magdalena Boulet, lauréate de l’édition 2018, signe un retour remarqué en terminant deuxième en 4h28’18”, devant Aziza El Amrany, troisième en 4h36’52”.
Au général, Maryline Nakache semble intouchable (23h48’07”) et assurée de la victoire finale. Aziza El Amrany occupe la deuxième place à plus de 3h15 (27h04’04”), tandis que Desiree Linden complète le podium provisoire avec un écart de plus de 30 minutes (27h52’25”).
Maryline Nakache lors de l’étape 5, vers sa 5ème victoire et 5 jours. Photo Ian Corless
Marathon des Sables – 6ème étape : une dernière étape décisive et des vainqueurs impériaux
Le Marathon des Sables 2026 s’est achevé à l’issue d’une 6ème et dernière étape longue de 23,2 km et présentant 238m de D+. Après plusieurs jours d’efforts extrêmes et 250 km déjà parcourus, cette dernière étape a offert un final intense aux concurrents, entre gestion de la fatigue et dépassement de soi. Ne voulant rien lâcher, Mohamed El Morabity s’est de nouveau imposé au sprint en 1h36’37”. Après les 12 secondes de la 4ème étape longue de 100km, il devance cette fois-ci Ludovic Pommeret de 9 secondes (1h36’46”) Son frère Rachid suit à 6’04” (1h42’41”) devant le Français Michaël Gras (1h43) et le Sud-Africain Ryan Sandes qui complète le top 5 en 1h45.
Au général, Mohamed s’impose avec autorité en remportant 5 des 6 étapes et en signant un temps total de 20h47’39″. Il remporte son 2ème MDS après celui de 2023, où son frère Rachid s’était retiré de l’épreuve après avoir été pénalisé pour ravitaillement non autorisé. La lutte pour la deuxième place a été particulièrement serrée, Rachid El Morabity conservant son rang avec seulement 2 minutes d’avance sur Ludovic Pommeret (21h18’43”), de retour à la compétition après sa saison de ski.
Le Marocain Ahmed Ouikhalfen prend la 4e place (22h16), suivi de le Sud-Africain Ryan Sandes (23h21). L’Espagnol Alberto Sanz Rodriguez (23h49) et le Belge Nick Peers (24h17) occupent respectivement les 6e et 7e places. Trois autres Français figurent dans le top 10 : Arthur Courcoux (8e en 24h27), Julien Absalon (9e en 24h46) et Merile Robert (10e en 25h11). Longtemps en lice pour le podium, Michaël Gras termine finalement à la 11e place (25h19).
Chez les femmes, Maryline Nakache signe un impressionnant 6 sur 6. Imbattable sur ce MDS, la tenante du titre s’offre une nouvelle victoire exceptionnelle, ayant littéralement survolé l’épreuve. Pourtant, lors du passage emblématique à travers les dunes de Merzouga sur l’ultime étape de 23 km, Maryline Nakache pointait en deuxième position à deux minutes de la Marocaine Aziza El Amrany et semblait prête à lui laisser la dernière étape. Mais fidèle à sa domination tout au long de la semaine, elle a repris la tête pour ne plus la lâcher.
Maryline Nakache a franchi la ligne d’arrivée en 2h06’22”, célébrant à la fois sa victoire d’étape, son triomphe au classement général et une performance rare : trois victoires en trois participations. Comme la veille, elle devance l’Américaine Magdalena Boulet (2h11’14”) et la Marocaine Aziza El Amrany (2h18). L’Américaine Desiree Linden et la Marocaine Aziza Raji complètent le top 5 (2h24).
Au général, Maryline Nakache devance la Marocaine Aziza El Amrany (29h22’34″) et l’Américaine Desiree Linden (30h16’32″).
Une 6ème et dernière étape éprouvante, avec une tempête de sable en prime. Photo Antonio Miranda
Marathon des Sables 2026 : une édition marquée par l’exploit humain
Dans l’immensité du désert marocain, une performance humaine exceptionnelle s’est écrite loin des projecteurs du classement général. Jérémy Mourrejeau, athlète amputé tibial, est devenu le premier Français appareillé à terminer cette épreuve mythique de 270 kilomètres répartis en six étapes.
Son parcours force l’admiration. Victime d’un grave accident de moto en 2009, il subit une première amputation partielle du pied. Après plusieurs années de complications, il est amputé du tibia en 2019. Une épreuve de vie qui aurait pu mettre un terme à toute ambition sportive, mais qui devient au contraire le point de départ d’un défi hors norme.
Équipé d’une prothèse avec lame de course, Jérémy Mourrejeau s’est élancé sur les traces du Marathon des Sables avec une détermination sans faille. Dans cet environnement extrême, chaque kilomètre représentait un défi supplémentaire. Les impacts répétés rendaient le port de la prothèse particulièrement éprouvant, l’obligeant à s’arrêter régulièrement aux points de contrôle pour prendre soin de son moignon, soumis à de fortes douleurs.
Dossard 201, Jérémy Mourrejeau boucle cette aventure à une remarquable 936ème place au classement général, avec un temps total de 59h34’24”, soit une vitesse moyenne de 4,6 km/h. Un résultat qui témoigne autant de sa persévérance que de sa capacité à gérer un effort extrême dans des conditions particulièrement exigeantes.
Sur l’île de La Réunion, pendant la Diagonale des Fous, Martin Kern danse à travers les paysages qui accompagnent son déplacement. Rapide et sans concession, son effort est hors norme. Ses émotions sont chargées d’heures d’entraînement et d’un idéal fait d’exploration et de découverte d’un environnement qui le fascine. Entre documentaire et essai visuel, See Those Flowers ?, réalisé par Julien Caldarone, dresse le portrait d’un athlète en quête de sens, attentif aux raisons qui le font se mettre en mouvement.
Sortie : 2026 Durée : 17 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/04/See-Those-Flowers-un-portrait-de-Martin-Kern.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-04-02 19:32:322026-04-02 19:32:36See Those Flowers ?, un portrait de Martin Kern
En marge du traditionnel Trail du Ventoux, les Championnats de France de trail se sont tenus dimanche 29 mars au départ de Bédoin sur les pentes du Géant de Provence. Si le trail court s’est déroulé sans encombre, le trail long a été chamboulé chez les hommes par une erreur de navigation du groupe des favoris, qui place les responsables de la sélection des Bleus pour les Championnats d’Europe de trail en Slovénie dans l’embarras. Retour sur les courses, les héros et les désillusions.
Championnats de France de trail court 2026 : des chronos stratosphériques
Alors que samedi les différentes courses du Trail du Ventoux se sont déroulées dans une ambiance polaire, avec au sommet du Ventoux des rafales de vent à plus de 120 km/h et une température ressentie de -15°, les conditions météo de dimanche étaient idéales sur les hauteurs de Bédoin mais loin du Mont Ventoux et de ses plaques de glace pour le trail court, un parcours en boucle de 29 km et 1350mD+ tracé essentiellement dans les combes qui dominent le village.
Sur ce terrain rapide mais très cassant, nécessitant de nombreuses relances, les 3 hommes les plus rapides ont réalisé des chronos impressionnants, terminant tous en moins de 2h01 et se tenant en 34 secondes. Au final, c’est Pierre Galbourdin qui décroche le titre en 2h 00mn 20s, devant le vice-champion du monde de trail long 2025 Benjamin Roubiol (2h 00mn 43s) et Thomas Butez (2h 00mn 54s).
Le podium hommes du trail court. Photo Organisation
Chez les femmes, Cécile Jarousseau s’impose en 2h 28mn 03s et conserve son titre. Elle devance Maëlle Beauvir de 29 petites secondes et la prometteuse Tiphaine Bazile de 46 secondes.
Cécile Jarousseau à l’arrivée du trail court. Photo Organisation
Championnats de France de trail long 2026 : le cauchemar des favoris
Si le trail court a offert un beau duel, de nombreux regards étaient tournés ves le trail long (50km et 2500mD+), qualificatif pour les Europe de Trail 2026 qui se dérouleront début juin en Slovénie. En effet, les 2 premiers hommes et les 3 premières femmes de la course pouvaient décrocher leur sélection. Un enjeu majeur pour des coureurs rêvant de porter le maillot bleu.
Mais les favoris, qui ont fait toute la montée vers le sommet du Ventoux en tête, ont vécu un véritable cauchemar. Alors qu’ils comptaient près de 3 minutes d’avance et qu’ils se dirigeaient probablement vers les 6 premières places, le groupe des 6 favoris masculins, avec Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba, s’est trompé de chemin au 28ème kilomètre, parcourant environ 4,5 km supplémentaires avant de rattraper le parcours et perdant au passage près de 20 minutes et tout espoir de podium.
Décroché du groupe de 6, Pierre Livache, dernier vainqueur du Grand Trail des Templiers et faisant également partie des favoris, n’a pas commis la même erreur et a pointé en tête au Chalet Reynard, avant d’abandonner sur blessure.
Au final, c’est l’inattendu Florian Séguy-Bernabeu qui est allé décrocher le titre suprême, en 4h 18mn 01s. Il a devancé 2 autres challengers sur le podium, Xavier Bartoli (4h 22mn 51s) et Valentin Benard (4h 23mn 55s).
Florian Séguy-Bernabeu, vainqueur du trail long. Photo Organisation
Championnats de France de trail long 2026 : Audrey Tanguy de bout en bout
Pas de grosse surprise en revanche chez les femmes, où Audrey Tanguy a fait toute la course en tête de bout en bout pour s’imposer en
4h 58mn 02s. Elle devance Marie Goncalves (5h 00mn 32s) et Anne-Cécile Thévenot (5h 01mn 06s). Autre favorite, vainqueure en 2025 du Trail du Ventoux, Adeline Martin a terminé au pied du podium en 5h 09mn 40s. Le top 3 est qualifié pour les championnats d’Europe de trail, une 4ème place restant à discrétion des sélectionneurs.
Audrey Tanguy, vainqueure du trail long. Photo Organisation
Championnats de France de trail long 2026 : qui est en faute dans l’erreur d’aiguillage ?
La question de la responsabilité dans l’erreur de parcours des leaders masculins était bien sûr sur toutes les lèvres, entre ceux qui désignent les coureurs, insuffisamment attentifs, et ceux qui désignent l’organisation, dénonçant un problème de balisage suite à la modification de dernière minute d’une partie du parcours une fois la course lancée, pour des soucis de sécurité sur les crêtes au niveau du col des Tempêtes où des rafales à plus de 120 km/h avaient été enregistrées la veille, créant des conditions de course dangereuses.
Par souci de clarté, l’organisation a tenu à préciser que le parcours était parfaitement balisé et que l’erreur d’aiguillage du groupe de 6, au km28, s’est produite après la modification de parcours, donc sur une partie initialement prévue sur le parcours officiel. Les 6 coureurs de tête, qui étaient sur une zone de crête, n’auraient pas vu les 8 balises qui signalaient un changement brusque de trajectoire et auraient continué sur la crête sur leur lancée. A leur décharge, ce sentier continuant tout droit sur les crêtes avait été emprunté la veille par les coureurs du 75 km de l’Intégrale des Crêtes et donc très marqué, avec qui plus est semble-t-il une ou 2 balises « oubliées » la veille par l’équipe ayant débalisé le terrain et ayant conforté les 6 dans leur mauvaise direction.
Dans cette zone de crête très ventée, il aura suffi que le coureur de tête fonce tout droit sur un sentier marqué par les passages de la veille et « zappe » l’intersection, qui n’était pas matérialisée par un « aiguilleur humain », pour que les 5 autres s’engouffrent derrière lui et se perdent également. La loi du sport…
Championnats de France de trail long 2026 : la performance de Rémy Brassac
Sans rien enlever au mérite du nouveau champion de France, et à ses assesseurs, on retiendra pour la petite histoire qu’après avoir perdu 20 minutes dans cette erreur, Rémy Brassac réussit la prouesse de finir 6e, meilleur des 6 « égarés », à seulement 9mn50 du vainqueur, et 5 minutes de la 2e place qualificative. Il remporte au passage un 3e titre de champion de France de sa catégorie Master 0. Le 2e « égaré », Antoine Charvolin, qui faisait figure de grand favori, termine quant à lui 13e à 13mn37 du vainqueur.
Rémy Brassac. Photo Organisation
Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : un casse-tête pour Adrien Séguret
Il y a d’un côté les résultats sportifs, et de l’autre les ambitions de l’équipe de France et du staff de la FFA. Dans les faits, les 2 premiers du Championnat de France de trail long ont gagné leur place pour rejoindre le champion du monde de trail court 2025 Frédéric Tranchand, déjà sélectionné, afin de défendre les couleurs des Bleus à Kamnik, en Slovénie, du 5 au 7 juin, sur l’unique distance de trail des championnats, un format de 52km et 2500mD+ similaire à celui du Ventoux. Il s’agit donc indiscutablement de Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli. Bravo à eux. Il ne reste donc en théorie qu’une seule place à pourvoir, à la discrétion de la Fédération, puisque la sélection finale peut compter 4 athlètes.
Dans la réalité, l’équipe de France doit aller chercher des médailles, même si faire aussi bien qu’en 2024 à Annecy semble mission impossible (3 Français aux 3 premières places, Thomas Cardin devant Benjamin Roubiol et Loic Rolland, et une médaille d’or par équipe).
Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : une réunion au sommet
Or, sans manquer de respect à Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli, qui ont remarquablement couru et ont eu la lucidité de ne pas faire d’erreur de parcours, il est très probable que sans leur erreur d’aiguillage au 28e km, les 2 sélectionnés auraient été parmi le groupe des 6 « égarés » : Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba. Et que parmi ces 6, Rémy Brassac, 6e à seulement 9mn50 du vainqueur, était sans doute le plus fort du jour. Alors, que faire ?
« C’est une situation très compliquée, et la décision devra se faire en toute transparence », a déclaré Adrien Séguret, entraîneur des Bleus. Ainsi, dimanche, quelques minutes, après l’arrivée, le sélectionneur a réuni les 2 premiers et les 6 coureurs « égarés » dans une salle du conseil municipal de la mairie de Bédoin mise à leur disposition pour leur expliquer la situation, laissant la porte ouverte quant à une éventuelle modification des critères de sélection au vu des circonstances exceptionnelles et de l’intérêt supérieur de l’équipe de France, qui permettrait peut-être de sélectionner Rémy Brassac et Antoine Charvolin.
Si aucune décision n’a encore été prise, une chose est sûre : elle risque de faire grincer des dents. 
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/03/CHAMPIONNATS-DE-FRANCE-DE-TRAIL.jpg8791200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-03-30 12:53:092026-03-30 12:53:16Championnats de France de trail 2026 : tourmente sur le Ventoux
Sans elle, il ne serait certainement pas le même. Depuis 7 ans, Arthur Joyeux-Bouillon partage son existence – et ses entraînements – avec sa chienne Naska. Avant d’entamer sa saison 2026, qui l’emmènera mi-mai au Snowdonia 100M, fin juin au 90 km du Mont-Blanc et surtout fin août à l’UTMB Mont-Blanc, son gros objectif, il s’est confié sur cette relation fusionnelle à Laura Trompette dans le cadre du Podcast L’Animal au Cœur qui explore les liens profonds entre animaux et humains. Extraits.
Esprit Trail : Tu es né dans le Vercors, tu as grandi dans ces montagnes et tu as toujours été en connexion avec la nature. Quelle est la première rencontre avec un animal sauvage ou de compagnie dont tu te souviens dans l’enfance?
Arthur Joyeux-Bouillon : Sauvage, je n’ai pas de souvenir. Et de compagnie, c’est le chien de mes grands-parents, un labrador noir. Ça a été le coup de foudre entre lui et moi. Je passais quasiment tous mes week-ends chez mes grands-parents, et quand c’était pas chez eux, ils venaient chez nous, donc en fait c’était un peu mon chien. Il s’appelait Douka, j’ai une photo de lui dans ma chambre, c’était très fort et très puissant. Et je pense que mon amour pour les animaux, et particulièrement les chiens, est venu de là, dès mes deux ou trois ans.
Est-ce que les animaux ont appris quelque chose au jeune Arthur, que la version adulte de toi n’a jamais oublié ?
Arthur Joyeux-Bouillon : Oui, c’est sûr, c’est cette insouciance et cette légèreté qu’ils ont. Et d’avoir un animal aujourd’hui me permet de me redire « ah, n’oublie pas ça ! » Nous nous sommes mis beaucoup de contraintes dans nos vies, comme le fait de devoir travailler, mais eux n’ont aucune contrainte, ils sont jamais stressés, ils ne se demandent pas ce qu’ils doivent faire de leurs journées. Alors ils ont parfois des contraintes qui sont liées à ce qu’on leur impose, à notre propre rythme, mais ils ont cette capacité à vivre dans l’instant présent tout le temps. Tu vas leur dire « viens, on va se promener », c’était pas prévu mais ils sont contents. S’il pleut, on reste dedans, on joue, et ils sont contents. Ça m’a appris à voir les choses du bon côté et à ne pas trop s’en faire pour la suite.
Aujourd’hui tu es papa d’un petit Marceau qui est né en mai 2025 et tu partages ta vie à quatre avec ta compagne Justine, Marceau et votre chienne Naska, qui est devenue un peu ta partenaire d’entraînement. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur elle?
Arthur Joyeux-Bouillon : Depuis tout petit, je voulais un chien. Quand Douka, le chien de mes grands-parents, est parti, j’étais assez grand pour comprendre qu’il était parti et à cette époque j’avais dit à mes parents, moi je veux un chien, c’est mon animal. Ça n’a pas été possible car ils travaillaient trop, ils n’étaient pas à la maison, mais je m’étais promis qu’un jour je ferais un métier où je pourrais avoir mon chien avec moi. C’était vraiment important.
Et donc, à 22-23 ans, quand on a eu notre chez nous en montagne avec Justine, sachant qu’elle aussi avait eu un chien plus jeune, ça a été une évidence. Et il fallait que ce soit un chien actif, parce que je faisais déjà du trail, et même si ce n’était pas encore à haut niveau, je voulais que ça soit mon animal de compagnie en partenaire.
ARTHUR JOYEUX-BOUILLON ET NASKA
Donc un chien robuste, capable de courir…
Arthur Joyeux-Bouillon : Voilà ! Un chien de montagne, qui allait aimer courir sans que je lui dise « viens avec moi » et qui au bout de deux ou trois ans en aurait eu marre. Donc c’était un husky ou alors un border collie. Le berger australien est un peu plus calme, donc on avait mis ça de côté. Et on a eu cette chance de rencontrer une petite boule de poils dans la station de ski où on vivait. Je pense que les étoiles se sont alignées. Un mélange entre un border collie et un husky, seul de sa portée, pas de frère ni de sœur. Les propriétaires n’étaient pas intéressés par l’argent, ils voulaient choisir sur dossier car il fallait que ce soit un couple de sportifs pour que le chien puisse s’évader dehors.
Tu partages pas mal de vidéos avec Naska sur les réseaux sociaux, et on peut voir que vous skiez ensemble, toi avec elle sur tes épaules. Comment c’est venu, ça ?
Arthur Joyeux-Bouillon : Je crois que c’est la question que je reçois le plus sur mes réseaux sociaux ! L’histoire, c’est qu’on l’a eue en station de ski à La Rosière et je m’entendais très bien avec les pisteurs secouristes qui ont un chien d’avalanche, un border collie. Avant qu’on ait Naska, le maître-chien m’avait dit « Si tu prends un chien et que tu veux skier avec lui, fais attention car en descente leurs articulations s’abiment aux épaules. » Et comme on peut descendre à 60 à l’heure facilement et qu’ils nous suivent…
Quand j’ai eu Naska, je me suis dit que j’allais faire comme lui et descendre avec elle sur les épaules. Et donc il m’a appris : « Tu prends les pattes comme ça, tu fais un squat, tu la mets sur les épaules… » Et il m’a surtout conseillé de m’entraîner chez moi avant ses 6 mois – un an, parce que c’est comme un enfant, il ne va pas avoir d’appréhension et ça va devenir un automatisme. J’ai commencé le soir, à la maison, elle avait peut-être 4 mois et hop, je la prenais sur mon dos et je me promenais dans l’appartement.
Et elle n’a jamais cherché à descendre ?
Arthur Joyeux-Bouillon : Au début elle n’aimait pas forcément, elle bougeait, mais elle n’a jamais essayé de partir de mon dos. Maintenant, quand je descends à skis, je peux la lâcher, je ne lui tiens plus les pattes. Je lui tiens juste pour les vidéos, pour montrer aux gens que ça peut être dangereux si on ne tient pas son animal, mais je sais qu’on a une confiance absolue l’un envers l’autre.
Tu skies avec elle, et surtout tu cours avec elle. Tu l’appelles ton lièvre d’ailleurs. Elle fait tous les entraînements avec toi ?
Arthur Joyeux-Bouillon : Non, et je me force parce qu’elle a 7 ans et que maintenant je dois fractionner un peu les sorties et lui laisser un peu plus de temps de repos. Mais quand je vais m’entraîner sans elle, je le dis quasiment à chaque fois à Justine, c’est moins bien que quand elle est avec moi. Quand on est tous les deux, on est bien dans cette simplicité. Je lui parle, elle ne me répond pas forcément mais elle m’écoute, et du coup j’ai un moyen de partage de cette passion en permanence.
Et tu as l’impression que votre lien aujourd’hui est plus fort parce que vous partagez ça ?
Arthur Joyeux-Bouillon : Ah oui, c’est sûr ! Je pense que c’est celle qui, entre guillemets, me connaît le mieux parce que c’est celle avec qui j’ai passé le plus de temps ces sept dernières années, et dans des conditions parfois très difficiles. On s’est pris des orages monstrueux en montagne. Je me souviens par exemple d’une nuit où j’étais parti courir à minuit pour m’entraîner pour l’UTMB et à 2h du matin, on était au sommet à quasi 3000 mètres d’altitude et il y a eu des éclairs de chaleur de partout autour de nous. Et là, elle s’est assise à côté de moi et on a regardé tous les deux ce qui se passait autour. Je crois que c’est un des plus beaux souvenirs que j’ai avec elle, et il n’y a que nous deux qui auront ce souvenir-là. C’était magique.
Quel conseil donnerais-tu aujourd’hui aux gens qui rêvent comme toi de partager une activité physique avec leur chien, que ce soit du trail ou autre chose ?
Arthur Joyeux-Bouillon : Déjà, je pense qu’avant d’avoir un animal, il faut aimer les animaux. Avoir cette envie de partager quelque chose, et pas juste se dire « j’en ai marre de m’entraîner tout seul ou d’être tout seul dans la vie, je vais prendre un animal ». Non, c’est vraiment avoir envie de vivre une relation. Et après, toujours avoir en tête cette notion de progressivité, parce que les animaux n’ont pas de notion de fatigue, ils ont pas de notion de « trop ». C’est donc à nous de leur inculquer ça.
J’en vois qui font déjà des trails avec leur chien qui a 6 mois ! Moi, Naska, à 6 mois, elle ne faisait rien, ou alors que la montée. Elle n’a pas pris d’escalier jusqu’à ses 6 mois, on la descendait dans les bras, avec Justine, c’est hyper important pour les articulations. C’est une sorte de pyramide. On monte progressivement en étant toujours à l’écoute de l’animal, enfin, pas forcément à l’écoute parce qu’il ne dira jamais rien, mais en le regardant car il montrera par des signes. Il ne viendra pas râler, donc il faut être attentif à ces fameux signes.
Justement, sachant que par essence le chien est très dévoué et qu’il est capable d’aller au bout du bout de lui-même par fidélité, comment fixes-tu les limites avec Naska ? Est-ce qu’il y a des entraînements spécifiques où tu ne l’emmènes pas pour la protéger ?
Arthur Joyeux-Bouillon : Pour moi, il y a 2 types de sorties. Les sorties où je fais du fractionné spécifique sur du plat – j’en fais très peu, mais il y en a quand même -, je ne l’ai jamais prise, parce que je sais qu’elle ne va pas prendre plaisir sur des berges de bitume où en plus je cours un peu trop vite pour qu’elle puisse s’arrêter devant moi, renifler et repartir. J’ai donc décidé que ce serait son jour de repos. Alors c’est très dur parce qu’elle me regarde avec des yeux, on dirait que je ne l’ai jamais emmenée de ma vie. (Rires.) Pourquoi tu ne m’emmènes pas papa ? Alors je lui dis c’est pour ton bien, repose-toi, on ira demain.
Et il y a donc les sorties montagne trail où j’ai beaucoup de chance, parce que ce croisement husky border collie, c’est le 4×4 des chiens, c’est hyper robuste et je n’ai jamais eu de soucis de blessure par exemple. Par contre, il s’est créé quelque chose qui n’est je pense pas lié à moi, mais qu’elle a elle-même automatisé, c’est qu’elle arrive à s’écouter. C’est-à-dire que si moi, au bout d’un moment, je vais trop vite pour elle, elle ne va plus me suivre, elle va se mettre 200 mètres derrière, elle va laisser un peu de distance, prendre son rythme. Et là, je me retourne, je lui dis OK, je ralentis et on finit ensemble…
Retrouvez toute l’interview d’Arthur, où il parle notamment de ce que Naska lui a appris en tant que sportif, et du lien entre son fils et sa chienne, sur le podcast L’Animal au Cœur de Laura Trompette, disponible sur Spotify, Deezer et Apple Podcasts, ainsi que des vidéos d’Arthur et Naska sur l’instagram @lanimalaucoeur
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/03/ARTHUR-JOYEUX-BOUILLON-ET-NASKA-1.png8131200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-03-27 11:16:502026-03-27 11:16:53Arthur Joyeux-Bouillon et Naska : confidences au micro du Podcast L’Animal au Cœur, de Laura Trompette
Première course de plus de 100 km pour le premier, course de rattrapage pour la seconde, Thomas Cardin et Courtney Dauwalter se sont imposés avec brio sur le 120 km et 5200m D+ du Chianti Ultra Trail, débutant leur saison 2026 en fanfare.
Chianti Ultra Trail : le baptême du feu de Thomas Cardin
Il sait courir vite et longtemps – et ses victoires sur des courses comme la SaintéLyon ou le Grand Trail des Templiers le prouvent -, mais saurait-il tenir la distance ? Telle était, en substance, la grande question que se posait Thomas Cardin au départ de ce format de 120 km, inédit pour lui qui n’a jamais couru d’épreuve de plus de 85 km.
Parti devant avec un groupe dans lequel on retrouvait notamment Vincent Bouillard, 3ème l’an dernier derrière Jim Walmsley et Kilian Jornet, l’Américain Jeff Mogavero et l’Italien Andreas Reiterer, Thomas Cardin n’a jamais lâché la tête de course, déterminé à aller chercher une des 2 premières places afin d’obtenir un ticket d’or pour la Western States Endurance Run, son grand défi 2026.
Photo Antonio Cinotti
Chianti Ultra Trail : Thomas Cardin seul en tête
C’est après 70 km de course que Thomas Cardin s’est détaché, produisant un effort qui lui a permis de prendre 6 minutes d’avance sur Andreas Reiterer et 7 sur Vincent Bouillard. Une avance qui allait tenir jusqu’au bout et permettre à Cardin de remporter son premier ultra de plus de 100 km. Il termine en 9h 58mn 38s, un chrono proche de celui de Jim Walmsley en 2025, même si le parcours était légèrement plus court et surtout la météo plus beaucoup clémente.
Andreas Reiterer termine 2ème 6 minutes plus tard, devançant Vincent Bouillard de 36 petites secondes. Mais l’Italien, dont la femme devrait accoucher en juin, a annoncé renoncer à son Golden Ticket pour la WSER, que Vincent Bouillard récupère donc. Ainsi, Thomas Cardin et Vincent Bouillard se retrouveront aux Etats-Unis sur cette course mythique, où les attendra sur la ligne de départ un certain… Kilian Jornet.
« C’est effrayant, a commenté Thomas Cardin, je viens de courir 120 km pour la première fois, et dans 3 mois il faudra en courir 160… »
Andreas reiterer, Thomas Cardin et Vincent Bouillard. Photo Antonio Cinotti
Chianti Ultra Trail : l’inattendue Courtney Dauwalter
On ne l’avait pas vue depuis son terrible UTMB 2025, certainement la plus grosse défaillance de sa récente carrière, et elle n’était pas du tout prévue sur cette épreuve. Mais le hasard – et la météo – en ont décidé autrement. Alors que Courtney Dauwalter avait prévu de faire sa rentrée dans les îles Canaries, sur le Tenerife Blue Trail, une tempête a obligé les organisateurs à annuler toutes les épreuves. Heureusement pour l’Américaine, elle a pu au dernier moment changer de destination et s’inscrire sur le format 120 km du Chianti Ultra Trail.
Son statut de Présidente, ou de Queen, en faisait la favorite, et Courtney Dauwalter a tenu son rang. Partie prudemment, elle est toujours restée dans le trio de tête, avec la Norvégienne Yngvild Kaspersen, gagnante de la CCC en 2023, et l’Américaine Rachel Entrekin. Et ce n’est qu’au finish que la Présidente s’est détachée, pour s’imposer en 11h 31mn 55s, 10ème au scratch, avec 1mn39 d’avance sur la Norvégienne. Rachel Entrekin complète le podium, arrivée 7 minutes plus tard.
Courtney Dauwalter s’impose. Photo Alensandro MorettiLe podium féminin, avec au centre la Présidente. Photo Antonio Cinotti
Chianti Ultra Trail : Andrzej Witek et Elísa Kristinsdóttir s’offrent le 75 km au bout du suspense
Sur les 75 km et les 3 100 mètres de dénivelé positif, la course a été d’une intensité et d’une combativité remarquables. Le Polonais Andrzej Witek a pris la tête dès le départ, imposant un rythme soutenu qu’il a maintenu tout au long de la course. Derrière lui, une longue bataille s’est engagée entre le Français Guillaume Tiphene et l’Italien Alessandro Affolati, tandis que Davide Cheraz restait longtemps dans le groupe de tête avant de perdre du terrain.
Le final a été décisif : dans la descente de San Michele à Radda, Guillaume Tiphene a réussi à dépasser Alessandro Affolati et à prendre la deuxième place. À l’arrivée, Andrzej Witek a réalisé un temps exceptionnel de 5h 39mn 16s, devançant Tiphene (5h 47mn 11s) et Affolati (5h 48mn 42s). Davide Cheraz a finalement terminé quatrième en 5h 51mn 54s.
La course féminine du 75 km du Chianti Ultra Trail a également offert un duel palpitant entre l’Islandaise Elísa Kristinsdóttir et la Suissesse Judith Wider. Les deux coureuses sont restées ensemble jusqu’au ravitaillement d’Albola, à 20 km de l’arrivée, où Kristinsdóttir a accéléré et pris la tête, s’imposant finalement en 6h 22mn 31s. Judith Wider a terminé deuxième en 6h 31mn 48s, tandis que la Néerlandaise Hannah Derksen a pris la troisième place en 6h 46mn 11s.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/03/alessandro_moretti_utcc_finish00002.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-03-25 07:46:412026-03-25 07:46:45Chianti Ultra Trail : Thomas Cardin grand cru classé, Courtney Dauwalter au finsih
Il n’a jamais fait d’alpinisme, chaussé de crampons, grimpé avec cordes et baudrier. Il n’est jamais allé dans des altitudes supérieures à 5000 mètres. Alors il va faire les 2 pour se dépasser et vaincre ses peurs.
Dans ce film somptueux signé Valentin Orange, suivez l’ultra-traileur lituanien Gediminas Grinius lors de son ascension rapide en solitaire du pic Lénine (7134 m) au Kirghizistan. Après plus de 20 ans au sommet de l’ultra-trail, Gediminas, qui s’était révélé au grand public français en prenant la 2ème place de l’UTMB derrière Ludovic Pommeret en 2016, cherche un nouveau défi — un défi qui lui fait vraiment peur. Ce sera la haute altitude, l’exposition et l’inconnu.
Pendant quatre semaines dans des conditions extrêmes, le film nous rappelle qu’il ne s’agit pas d’une histoire de vitesse ni de records, mais de solitude, de peur et d’exploration de soi. À mesure que Gediminas Grinius s’élève sur la montagne, celle-ci devient un miroir, révélant pourquoi il court, ce qu’il cherche et ce que signifie continuer d’avancer lorsque l’issue reste incertaine.
Sortie : 2026 Durée : 30 minutes Langue : Anglais (sous-titres en français disponibles sur YouTube)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/03/Facing-The-Unknown-valentin-orange.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-03-09 09:55:332026-03-09 17:10:43Facing The Unknown Le record d’ascension du Pic Lénine (7134m) au Kirghizistan par Gediminas Grinius
Comment le plus célèbre des ultra-traileurs a construit sa saison 2026 ? Qu’est-ce qui a dicté ses choix de compétitions ? Que lui a appris l’année 2025 ? Pourquoi retourne-t-il à l’UTMB, après avoir appelé au boycott de l’épreuve il y a 2 ans ? Découvrez un Kilian Jornet à la maison, expliquant les raisons pour lesquelles son programme sera « très simple, et pas très original ».
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/03/The-Season-Ahead.jpg6751200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-03-07 09:19:522026-03-07 09:19:56Très simple, pas très originale : la saison 2026 de Kilian Jornet
Il est de tradition d’écrire des comptes rendus de courses de façon neutre, sans prendre parti. Sauf lorsque l’on y a participé. C’est le cas de ce récit, un témoignage de l’aventure vosgienne vécue par Cécile Bertin, qui depuis longtemps était tentée par cette expérience. Un Trail des Hautes Vosges aussi séduisant qu’un bonbon…
Trail des Hautes Vosges : une réputation d’excellence
Cela fait des années que je voulais aller courir dans les Vosges. Moi qui cours littéralement le monde, c’est un fait : si j’ai beaucoup couru en France à mes débuts, j’ai, pour mon travail de journaliste, été envoyée à l’autre bout du monde plutôt qu’à l’autre bout de notre beau pays. Aussi, lorsque j’ai évoqué mon envie d’aller courir le Trail des Hautes Vosges sur mes réseaux sociaux, j’ai été agréablement surprise de recevoir plein de messages qui disaient tous la même chose : « Tu vas adorer, l’organisation est incroyable ! »
Est-ce que c’est parce qu’à la tête du club, le Cahm Athlé qui se cache derrière la course, il y a une femme, Nathalie Humbert ? Allez savoir ! Mais force est de constater que, plus que le parcours, tous les anciens participants mettaient en avant les humains qui font de cette épreuve une pépite. J’avais donc hâte de découvrir et de faire connaissance avec les désormais célèbres « gilets bleus ». Rétrospectivement, en écrivant ces lignes, je m’aperçois que même si j’imagine que le choix de la couleur est lié à la fameuse ligne bleue des Vosges, j’ai oublié de vérifier cette info. Il faudra que j’y retourne pour avoir la réponse à ma question !
Photo Jérémy Lambert
Trail des Hautes Vosges : un départ « dré dans l’pentu »
Dimanche 1er mars, je rejoins donc le village du Ménil, qui depuis trois ans maintenant est le lieu de départ des courses. Qu’il fait bon retrouver ces salles polyvalentes plantées à côté des stades de foot qui sentent le café parce qu’il est offert aux participants en attendant le départ. Dans le sac coureur, une paire de chaussettes de la célèbre marque vosgienne « Bleu Forêt » et une bouteille de « Bubulle à Bubu », une boisson pétillante à la myrtille ou, comme on dit là-bas, au bluet des Vosges.
Je suis un peu inquiète du nombre de toilettes disponible, tellement inférieur à ce que je peux voir aux USA. Mais pas de panique, en quelques minutes, mon pipi de la peur est soulagé, première preuve que l’orga sait ce qu’elle fait. Quelques minutes avant le départ de mon 30 km, les dernières infos pour le briefing sont données.
Et puis c’est enfin le moment d’y aller. Pas vraiment le temps de s’échauffer, on quitte le village pour très vite grimper dans la forêt. À ce propos, si votre idée est de performer, pensez à faire monter le cardio avant le départ pour éviter de vous retrouver avec le cœur qui tape fort dans la poitrine à peine le premier kilomètre avalé !
Trail des Hautes Vosges : un 30 km vu de l’arrière
C’est parti pour une superbe balade dans la montagne vosgienne. Je décide de laisser partir le peloton et me cale aux côtés des deux serre-files de la course, j’ai nommé Cécile et Yannis. Qu’ils soient ici officiellement remerciés de leur bienveillance et de leur gentillesse de chaque instant ! Parce que oui, quoi de mieux pour tester une course que de voir comment les derniers sont « traités » ? J’ai souvent constaté, hélas, que des organisations qui pourtant ont plutôt bonne réputation ont tendance à oublier qu’il y a des derniers, et qu’ils sont ceux qui ont justement le plus besoin qu’on prenne soin d’eux.
Autre intérêt pour moi de faire ce choix, plus « professionnel » celui-là : j’ai eu la chance de suivre un jour les « fermeurs » de l’UTMB sur le dernier tronçon (article à découvrir chez nos amis de Jogging International ici). J’avais envie cette fois de suivre la fin de course d’une distance plus raisonnable, où on ne risquait pas d’avoir à gérer des hallucinations. Et force est de constater que si l’organisation du trail est à la hauteur, les traileurs vosgiens le sont aussi. À part une entorse, aucun autre blessé à prendre en charge. Mieux, avec mes deux compagnons de route, nous n’arriverons jamais à rattraper le ou la dernier(e), trop occupés, il faut bien l’avouer, à admirer les paysages qui nous entourent.
Photo Jérémy Lambert
Trail des Hautes Vosges : un parcours à la hauteur
Le parcours de ce 30 km est vraiment très bien conçu : du dénivelé façon « dré dans l’pentu », tempéré par un plus doux et rond comme les montagnes qui nous entourent. Avec en point d’orgue des points de vue superbes sur le Ballon d’Alsace que l’on aperçoit en fond d’écran. Et surtout de la forêt mousseuse à souhait qui te donne l’impression d’être dans Le Seigneur des Anneaux. Niveau terrain, de la boue mais pas trop, et de l’eau mais pas trop non plus pour presque réussir à garder les pieds au sec si tu acceptes de quitter la trace quelques instants.
Quant aux ravitaillements, ils sont très bien pourvus et hyper variés, même pour les derniers, avec entre autres le fameux et délicieux pain des sportifs de la Boulangerie Pinot, partenaire de la course. Charcuterie, chips et m&m’s à volonté, sans oublier les popcorns de chez Popcorngourmand, une nouveauté de l’année que j’ai adorée et qui, eux aussi, viennent d’un fabricant local, c’est important de le préciser. Côté hydratation, en plus de la célèbre boisson goû cola, on trouve aussi du sirop de citron et de menthe, ce qui est là aussi une excellente idée pour les organismes barbouillés en manque de sucre.
Trail des Hautes Vosges : des barrières horaires adaptées
Pour la question des barrières horaires du 30 km, qui inquiètent souvent les personnes qui débutent, il y en a 2, une pour chaque ravitaillement. Elles sont confortables, donc aucune raison de paniquer. En étant avec les serre-files, avec plusieurs arrêts et en marchant la plupart du temps pour ne pas rater un coureur qui se serait éloigné de la trace, nous les avons passées, la dernière à 5 minutes précisément.
Attention tout de même pour le dernier tronçon, c’est le seul où il ne s’agit pas de lambiner, car vous risqueriez de rater le temps maximum autorisé sur la ligne d’arrivée, ce qui serait tout de même très dommage. Les derniers kilomètres sont en grande partie descendants, très peu techniques par temps sec, alors pensez juste à bien vous alimenter au dernier ravitaillement et « foncez » pour passer fièrement la ligne d’arrivée qui n’attend que vous !
Photo Jérémy Lambert
Trail des Hautes Vosges : 3 distances à découvrir
Vous l’aurez compris, je me suis régalée de bout en bout. Et, j’avoue, j’ai une furieuse envie de revenir prochainement pour, qui sait, aller voir ce nouveau 42 km. Plus qu’une course, ce Trail des Hautes Vosges est aussi et surtout un incroyable moment de convivialité grâce à une équipe qui sait tout mettre en œuvre pour que les traileurs découvrent les chemins mais surtout l’accueil « à la vosgienne ».
Bon à savoir : les trois distances cette année étaient un 14 km (600m D+), un 30 km (1 250m D+) et, pour la première fois, un 42 km qui cumule 1 800m de D+. Le 14 km est accessible dès 18 ans, idéal pour découvrir le format trail dans un décor naturel.
Trail des Hautes Vosges : et on dort où ?
Question logement : l’hôtel les Sapins est le plus proche de la ligne de départ. Il y a de nombreuses locations saisonnières à retrouver sur le site de l’Office du Tourisme, parfait pour organiser son séjour puisque, quitte à venir dans les Vosges, autant en profiter pour faire un peu de tourisme vert.
Pour ma part, j’ai séjourné Domaine de Champé un camping 5 étoiles, situé à 15 petites minutes en voiture du départ. L’établissement est partenaire de la course et offre donc un tarif spécial pour le week-end incluant la demi-pension et même un système de navette ultra pratique pour permettre aux familles de ne pas avoir forcément à se lever tôt le matin pour accompagner son ou sa champion(ne).
Ils proposent également un last checking pour pouvoir repasser tranquillement se doucher et pourquoi pas profiter de leur spa (là aussi, tarif spécial pour les traileurs) avant de rentrer chez soi ou de dîner à leur nouvelle table, « Chez Jean Mi », qui vient d’ouvrir et qui est vraiment à découvrir.
L’info en +
L’expression « ligne bleue des Vosges » est apparue dans le testament de Jules Ferry qui, maire de Paris en 1871, mais surtout député des Vosges, demandait à être enterré dans sa ville natale de Saint-Dié-des-Vosges : « Je désire reposer dans la même tombe que mon père et ma sœur, en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus. » Les stigmates de la Guerre de 1870 étant encore très présents dans le cœur de tous les Lorrains avec cette nouvelle frontière sur la ligne de crête vosgienne, qui laisse l’Alsace et une partie de la Lorraine au voisin allemand, cette expression est devenue « virale ».
Une autre explication, plus scientifique et un peu moins poétique, fait référence à l’expulsion d’aérosols par les arbres tels que l’isoprène qui, de la même façon du côté des Appalaches aux USA ou en Australie avec les fameuses « Blue Mountains », donne le sentiment qu’un halo bleu surplombe les sommets.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/03/1-Photo-Jeremy-Lambert.jpg8001200redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2026-03-03 11:22:262026-03-03 15:47:31Trail des Hautes Vosges : l’esprit trail dans sa plus belle version !
L’Atlantic Trail, qui s’est déroulé ce samedi 28 février entre Rezé et Pornic en Région Pays de la Loire, a été remporté par Emmanuel Bonnier et Justine Desgre. 2700 coureurs étaient présents sur cette première édition.
Atlantic Trail : la renaissance d’une épreuve mythique
25 ans après la disparition de Rezé – Pornic, une épreuve de randonnée pédestre entre les villes de Rezé et Pornic sur un tracé de 58 km, l’Atlantic Trail a redonné vie, ce samedi 28 février, à cette ancienne épreuve mais sous un format trail et randonnée gourmande cette fois-ci. Et pour cette première édition, tout était réuni pour faire de cet instant plus qu’un plongeon dans le passé, mais véritablement d’ouvrir une lucarne sur l’avenir avec près de 2700 coureurs réunis sur l’ensemble des quatre épreuves programmées.
Entre la pluie au petit matin à 4 heures pour le départ de Rezé et un ciel bleu azur pour accueillir les coureurs sur le sentier des Douaniers, qui épouse la côte, entre Moutier-en-Retz et Pornic pour les 17 derniers kilomètres, le décor était parfait pour vivre pleinement le 50 miles (80 km), course reine de cette édition 2026. Et le scénario a été haletant.
Photo Valentin Anger
Atlantic Trail : un scénario haletant chez les hommes
Dès les premiers kilomètres, un groupe de quelques unités s’est détaché à l’avant. À la sortie du deuxième ravitaillement, il n’était plus que deux : Emmanuel Bonnier et Benoît Huet. Au km 50, Bonnier, qui visera à Tullins (Isère) en avril, à l’occasion des championnats France de 24 heures, une place en équipe de France, a accéléré. Une petite accélération mais qui fera la différence pour la victoire finale, malgré un petit creux dans les derniers kilomètres. Emmanuel Bonnier boucle les 50 miles en 6h 04mn 26s, près de 5 minutes devant Benoît Huet (6h 09mn 23s) et 4 de plus devant Cyril Blanchard (6h 13mn 43s), qui complète le podium.
Emmanuel Bonnier. Photo Nicolas Louerat
Atlantic Trail : surprise chez les femmes
La course dames a été moins animée mais plus surprenante. A l’avant, Justine Desgre, qui visait un chrono sous les dix heures, n’a su que dans les 20 derniers kilomètres qu’elle filait vers la victoire. La coureuse de Nantes s’imaginait plus loin et pas sur la plus haute marche du podium. Malgré un final moins avantageux pour ses qualités, elle a géré et a levé, à sa grande surprise, les bras sur la ligne en 8h 23 pour son premier succès, loin des dix heures espérées. Clémentine Bernard (8h 33mn 59s) et Annie Paringaux (8h 40mn 32) complètent le podium.
Justine Desgre. Photo Nicolas Louerat
Atlantic Trail : la déclaration d’Emmanuel Bonnier
« Un groupe s’est rapidement détaché avec tous les favoris. En début de course, j’ai perdu du temps sur une chute. Je suis revenu sur le groupe et ensuite je suis parti avec Benoît Huet après le deuxième ravitaillement. Au km 50, j’ai accéléré à 3’45 au kilomètre et j’ai joué sur l’impact psychologique. Je me suis détaché et me suis retrouvé seul en tête.
J’ai eu un moment de doute sur un petit coup de creux sur la fin mais j’ai pu maintenir mon effort. Je savais que j’étais en forme. Mon objectif est en avril avec les championnats de France de 24 heures et j’étais en préparation. Cette victoire donne de bonnes bases pour la suite.
Le parcours était vraiment beau. Tout le final sur le littoral, c’était génial. La météo était incroyable au petit matin. C’est une première édition et on sent une grosse expérience derrière de l’organisation pour rendre la course exceptionnelle pour tous. »
Atlantic Trail : la déclaration de Justine Desgre
« J’avais pour objectif de faire moins de dix heures, et finalement le chrono est bien plus bas. J’avais reconnu la fin et je savais que je serai en difficulté sur cette partie. Depuis le 50ème km, un cycliste du live TV me suivait. Je ne savais pas trop pourquoi. Un moment, à force, je lui ai demandé pourquoi il était avec moi. Il m’a dit que j’étais en tête. Moi, je m’imaginais plus loin. Et là j’ai décidé de ne rien lâcher. Je me suis dit que c’était mon jour. Je suis heureuse mais je n’arrive pas à croire ce qui m’arrive. »
Atlantic Trail : la déclaration de Laurent Blondeel, directeur de projet
« C’était une première édition avec son lot d’incertitudes. Je tiens à remercier toutes mes équipes qui ont répondu présentes. La météo nous a été favorable et ça a rendu la fête encore plus belle. Il m’a suffit d’échanger avec les coureurs, qui étaient ravis, pour comprendre que notre choix de faire renaître « Rezé – Pornic » était le bon. Ça nous conforte dans notre volonté de nous inscrire dans la durée. »
Atlantic Trail : les résultats des autres courses
Résultats du 15 km
Podium Hommes Guicheteau Marc : 57mn 57s Bailly Valentin : 59mn 02 Herault Lucas : 1h 00mn 21s