Incertaine jusqu’à la dernière minute, Blandine L’Hirondel a fait chavirer d’émotion la France entière en remportant l’UTMB Mont-Blanc 2026 de la plus belle des manières, première femme à passer sous la barre des 22 heures. Mais si notre couverture lui est dédiée, ce numéro exceptionnel vous propose bien plus que ses larmes.
ESPRIT TRAIL N°151 : Retour sur un UTMB grandiose
Bien sûr il y a eu Blandine. Mais avant elle, il y a également eu Ben. Et ce qu’a fait Ben Dhiman est tout aussi exceptionnel, qui a pulvérisé le record de l’épreuve, passant sous la barre des 18h30. Une performance que personne n’avait imaginée, et que nous avons analysée en plongeant dans ses données pour comprendre comment il a construit sa victoire.
Mais le rendez-vous de Chamonix 2026 ne s’est pas résumé à l’UTMB Mont-Blanc, et toutes les autres courses ont proposé des scénarios à couper le souffle, qui sont venus récompenser des coureurs méritants. Nous consacrons un large dossier à l’événement.
ESPRIT TRAIL N°151 : Le grand guide chaussures
Choisir la bonne paire a toujours été compliqué, surtout avec le nombre de modèles croissant proposé par les marques. Notre équipe testing vous aide à défricher le terrain. Et vous propose de découvrir un certain nombre de nouveautés et d’innovations qui pourraient bien changer votre façon de courir.
ESPRIT TRAIL N°151 : Les bases de l’entraînement
Sans entraînement, pas de performance. A l’aide de coachs et de notre équipe technique, nous vous proposons une fois de plus des sujets éclairés par l’actualité, la nouveauté ou les dernières études en matière de coaching. Pour que votre progression ne soit pas le fruit du hasard…
ESPRIT TRAIL N°151 : Une nouvelle section Trail / Rando pour ceux qui ne font pas que courir
Parce que si la course à pied est notre discipline de prédilection, il est parfois bon de ralentir un peu la cadence et rallonger les sorties pour emmagasiner autre chose que du pur kilomètre. Entre matériel, conseils et itinéraires, retrouvez à chaque numéro des pages consacrées au trail / rando.
ESPRIT TRAIL N°151 : Reportages et Communauté, les 2 autres piliers d’Esprit Trail
Parce que sans ses reportages inédits et les rencontres de la section Communauté, le magazine ne serait plus tout à fait un magazine fait par vous et surtout pour vous.
Retrouvez ESPRIT TRAIL n°151 dès maintenant en kiosque !
Choisir une paire de lunettes pour courir n’est pas une mince affaire, tant le nombre d’équipementiers est important et les modèles nombreux. Mais une chose est sûre : les athlètes élites ne laissent rien au hasard, surtout en matière de qualité de vision du terrain. Florilège de leurs choix.
Arrivé l’été 2025 dans le monde du trail, Bollé s’est adjoint une équipe de luxe composée entre autre de deux champions du monde, Blandine L’Hirondel et Benjamin Roubiol, et de la Canadienne Marianne Hogan pour accompagner le développement de sa gamme.
La Trailchaser Inferno Trail, évolution technologique de la Trailchaser, présente un large écran cylindrique semi-cerclé offrant un champ de vision étendu, une monture légère intégrant des ouvertures de ventilation découpées au laser afin de favoriser la circulation de l’air et de préserver une vision nette tout au long de l’effort, des branches dotées d’un système de rotation sur trois axes pour s’adapter naturellement à la morphologie de chaque visage et des inserts Thermogrip sur les branches et au nez ajustable pour garantir un maintien précis et sécurisé.
Mais leur grande force est sans doute dans le verre photochromique Phantom Clear Lava, la technologie la plus évoluée de la marque, qui a la particularité de réagir instantanément aux variations de luminosité tout en renforçant les contrastes, en améliorant la lecture du terrain et en réduisant la fatigue visuelle, et d’offrir une plage de filtration allant de la catégorie 0 à 3, synonyme de vision optimale quelles que soient les variations lumineuses, de la pénombre du sous-bois sombre à la pleine lumière des crêtes exposées. À noter que ce modèle permet d’adapter des verres correcteurs sur 99% des prescriptions tout en conservant les propriétés photochromiques de la technologie Phantom.
Poids : 31 g – Prix : 220 €
Blandine L’Hirondel. Photo Mathieu Masbernard
Arthur Joyeux-Bouillon – AZR Kromic Flash rx
Le vainqueur de la dernière Traversée Nord de l’Échappée Belle a trouvé son bonheur chez cet équipementier français né dans les Alpes, et qui propose une large gamme de lunettes pour l’outdoor. Grand amateur de vélo, Arthur Joyeux-Bouillon oscille entre deux modèles, la Kromic Speed rx et la Kromic Flash rx, qui toutes deux présentent un design moderne, offrent un large champ de vision et une protection optimale grâce à leur écran cylindrique photochromique de catégorie 1 à 3 avec traitement hydrophobe.
Dans le détail, il utilisera plutôt la Speed rx, très couvrante et protectrice, pour le vélo, et la Flash rx pour le trail. « Elles sont super légères et avec une tenue incroyable ! », dixit le champion. Possibilité de faire monter des verres optiques.
Poids : 30 g – Prix : 129,90 €
Arthur Joyeux-Bouillon
Sébastien Raichon – Cébé Outflow 2 – Polarisé
Avec Sébastien Raichon, il faut être prêt à tout : le vent, la pluie, la neige, la chaleur, l’humidité… Taillées pour les pratiques sportives aussi exigeantes que celles de ce baroudeur, la Outflow 2 de Cébé propose une monture enveloppante à la fois légère et résistante associant nylon et plastique biosourcé, des inserts en gomme antidérapante sur les branches et un nez ajustable pour un maintien et un confort maximum.
Côté verres, le Polarized Grey Red Revo, un catégorie 3 conçu en polycarbonate résistant aux impacts, se distingue par sa légèreté, supprime les reflets gênants et assure une perception précise des détails dans le champ visuel, tandis que sa base grise favorise un rendu naturel des couleurs et limite la fatigue oculaire lors d’une exposition prolongée au soleil.
Poids : 28 g – 69,95 €
Sébastien Raichon
Marie Goncalves – Demetz Suit
À athlète polyvalente, lunettes polyvalentes. Aussi à l’aise sur un 25 km que sur une SaintéLyon (victoire en 2024) ou un Grand Trail des Templiers (2ème en 2025), la toute nouvelle vice-championne d’Europe par équipe a adopté le modèle polyvalent de la gamme Suit, convaincue par la technologie 3FIT de la marque qui permet d’un simple clic d’incliner la monture sur le visage dans 3 positions permettant un ajustement précis et un maintien optimal adaptés à des intensités différentes, de la sortie tranquille à la performance maximale.
Entre le mono-écran suspendu qui offre un large champ de vision et une protection maximale face aux éléments, les branches fines et antidérapantes, le nez ajustable et la possibilité de bénéficier du kit optique permettant une correction à la vue intégrée, la SUIT, particulièrement adaptée aux visages moyens, écrira donc la suite de la carrière de l’avocate qui court plus vite que son ombre.
Poids : 32 g – 114,90 €
Marie Goncalves
Yannick Noël – Rudy Project Turbolence
Impossible d’ignorer la marque italienne Rudy Project, fournisseur officiel de l’UTMB World Series et du Team INOV8 France dont fait partie Yannick Noël, héroïque deuxième de la dernière Diagonale des Fous remportée par Baptiste Chassagne. Modèle phare des traileurs élite, également adopté par le Britannique Josh Wade, 3ème de l’UTMB 2025, la Turbolence a une monture conçue en bioplastique issu de l’huile de ricin qui garantit légèreté, flexibilité et résistance.
Une Sweat Bar en mousse intégrée fait barrière à la transpiration, même lors des efforts les plus intenses, tandis que les branches ultra-souples et antidérapantes assurent un maintien sûr et confortable. Turbolence est équipée d’une lentille à base sphérique – c’est-à-dire à courbure uniforme sur l’ensemble de la surface – offrant un champ visuel plus large, une meilleure protection contre les éléments et une réduction optimale des distorsions optiques.
Elle est disponible avec lentilles miroir en polycarbonate RP Optics ou photochromiques ImpactX – la technologie de pointe de Rudy Project, dans laquelle les pigments photosensibles sont incorporés directement dans la masse de la lentille, garantissant une adaptation automatique et rapide à chaque variation de lumière, une résistance à l’impact garantie à vie et une protection UV totale.
Si les lentilles ImpactX sont disponibles en trois coloris – noir, violet et rouge – le rouge est le choix privilégié par les élites pour le trail grâce à sa capacité à renforcer les contrastes sur les terrains variés. La Turbolence est compatible avec les solutions optiques RX Direct pour une correction visuelle intégrée.
Poids : 29 g – À partir de 169,90 €
Yannick Noël
Kilian Jornet – Julbo Faster L Kilian Jornet Reactiv
Tout est dans le nom du modèle : des lunettes à l’image du Patron, conçues pour le terrain, pas par hasard, fruit d’une collaboration de longue date avec la marque jurassienne. Tout commence par un design minimaliste sans monture qui réduit le poids au minimum et libère le champ de vision pour rester concentré sur le terrain. Côté maintien, l’exigence de Kilian Jornet se retrouve dans un nez ajustable qui s’adapte parfaitement à la morphologie, tandis que des inserts rapprochent la monture du visage pour plus de stabilité et un confort total en mouvement, sans accrocher les cheveux.
Équipée du verre REACTIV 0-3 High Contrast (cat. 0 à 3), la Faster L s’adapte instantanément à toutes les conditions, de l’obscurité au plein soleil, tandis que sa base translucide accentue les reliefs et affine la lecture du terrain, même lorsque la lumière chute. Petite touche perso supplémentaire, cette édition s’inspire des bleus des glaciers norvégiens, là où Kilian Jornet vit, s’entraîne et explore en toutes saisons et conditions. Des lunettes maison, en quelque sorte !
Poids : 19 g – 209,90 €
Kilian Jornet
Courtney Dauwalter – SunGod Classics4 Pro
Si la Présidente court vite, elle aime aussi courir stylé. Et le shortney ou les chaussures ne sont pas les seuls éléments qu’elle prend plaisir à personnaliser. Ainsi arbore-t-elle depuis de nombreuses années des lunettes SunGod, travaillant en étroite collaboration avec les équipes produit pour faire évoluer les modèles et proposer des éditions limitées aux designs parfois… surprenants. Cette année, c’est au tour de la version Classics4 Pro de faire son apparition, qui inclut là encore un coloris « courtnesque » en édition limitée.
Dotées de nouveaux ponts de nez et de branches « Grip-Lock » pour une stabilité accrue, ainsi que d’une forme enveloppante plus sécurisante, ces nouvelles Classics Pro sont dotés de verres en nylon 8KO de 2 mm qui offrent une clarté jusqu’à 70 % supérieure, une résistance aux chocs inégalée et une protection totale contre les UV. Peut-on gagner l’UTMB grâce à des lunettes ? Sans doute pas, mais jugez plutôt : l’an dernier, Tom Evans portait des SunGod Ultras et Ruth Croft des Classics. Troublant !
Poids : 27 g – 139 €
Courtney Dauwalter
François D’Haene – Tripoint 001 Treriksröset – Polarisé
C’est vers la Suède que le quadruple vainqueur de l’UTMB et de la Diagonale des Fous s’est tourné pour trouver monture à ses yeux. Jeune marque en pleine expansion, Tripoint, connue d’abord pour accompagner des biathlètes de haut niveau, propose des montures et verres intègrant 45 % de matériaux biosourcés, combinant performance, légèreté et durabilité. De plus, grâce à une technologie de verres offrant une clarté accrue et une réduction des distorsions (existe en standard, UltraVue, Chromic et Polarised), Tripoint offre une expérience visuelle optimisée.
C’est ce qui a su séduire François D’Haene : « Que ce soit en trail, à vélo ou en ski alpinisme, j’ai besoin de matériel fiable, simple et efficace. Sur des formats longs, la gestion de la lumière devient un vrai sujet. On peut partir de nuit, enchaîner avec du plein soleil, passer par des zones techniques… Avoir un équipement capable de s’adapter en permanence, c’est un vrai plus. Avec Tripoint, j’ai retrouvé cette approche très concrète du produit, pensée pour le terrain. » Et si c’est le grand François qui le dit…
Si de nombreuses études ont porté sur l’endurance féminine en course longue distance, suggérant une résistance supérieure à celle des hommes, peu ont établi une comparaison directe des capacités entre les premières et les seconds. Mais une toute nouvelle étude parue dans le Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports vient faire le point, et démontre que des coureuses de trail très entraînées résistent mieux à la fatigue prolongée que des hommes de niveau comparable.
Résilience métabolique et neuromusculaire : l’intérêt de la nouvelle étude
Établir des comparaisons entre les performances sportives des hommes et les femmes a toujours été un exercice complexe, car il dépend bien entendu du niveau de chaque individu au moment de la recherche. Ainsi, lors de sa victoire sur le format 400 km de la Cocodona 250 2026, l’ultra-runneuse américaine Rachel Entrekin (Index UTMB 781) s’est imposée devant deux de ses compatriotes dotés d’Index UTMB inférieurs (721 pour Kilian Korth et 758 pour Cody Poskin).
Si cela n’enlève rien à sa performance – elle a tout de même devancé la reine Courtney Dauwalter, Index UTMB 860 -, il est possible qu’avec une start list plus relevée le résultat n’ait pas été le même. D’où l’intérêt de cette étude de Carrillo, Bruce, Lawley et Zanini effectuée en mars 2026 et publiée en mai 2026, qui a porté sur 22 athlètes – 11 femmes et 11 hommes, tous spécialistes du trail – appariés selon leur niveau de performance ITRA.
Les chercheurs ont souligné que généralement, les déterminants de la performance d’endurance étaient évalués dans des conditions optimales, bien que les caractéristiques physiologiques et mécaniques se détériorent lors d’un exercice prolongé – un phénomène récemment qualifié de durabilité ou de résilience. Cependant, on ignorait si la durabilité et les mécanismes qui la sous-tendent différaient selon le sexe. Jusqu’à cette étude.
Rachel Entrekin lors de sa victoire au scratch de la Cocodona 250 2026, devant tous les hommes. Photo Cocodona / DR
Résilience métabolique et neuromusculaire : un protocole très précis
Les participants sélectionnés pour cette étude avaient tous plus de 18 ans, deux ans d’expérience en trail, couraient au minimum 50 km par semaine avec 800 m de dénivelé positif et ne présentaient aucune blessure musculo-squelettique au moment des tests. Chaque athlète s’est rendu trois fois en laboratoire sur une période de 14 jours.
La première visite servait à mesurer le seuil lactique au cours d’un test progressif sur tapis.
La deuxième consistait en un contre-la-montre de 12 minutes en montée, réalisé sans fatigue préalable, sur une pente de 12 %.
La troisième visite constituait le cœur du protocole : 180 minutes de course sur tapis à intensité modérée, avec un contre-la-montre en montée de 12 minutes toutes les 60 minutes, soit 216 minutes d’exercice au total.
Les tests ont été réalisés dans des conditions contrôlées : température de 21 à 24 °C, humidité relative de 45 à 55 %, ventilation frontale, même paire de chaussures, absence d’exercice intense, de caféine et d’alcool dans les 24 heures précédentes. Les athlètes recevaient aussi 90 g de glucides par heure pendant l’effort.
Le protocole d’expérience de la 3ème visite : 3 x 60 minutes à intensité modérée entrecoupés de 3 contre-la-montre de 12 minutes sur tapis incliné à 12%.
Résilience métabolique et neuromusculaire : les faits de course
Les chercheurs ont mesuré la performance, la fréquence cardiaque, la consommation d’oxygène, le lactate sanguin, l’oxydation des glucides et des lipides, l’économie de course, la perception de l’effort, la force maximale isométrique des extenseurs du genou, ainsi que plusieurs paramètres biomécaniques.
Le résultat principal est net : après trois heures de course, la vitesse des femmes lors du contre-la-montre en montée ne baisse presque pas, avec une diminution de 1,1 %, contre 9,9 % chez les hommes. Les femmes montrent aussi une meilleure stabilité métabolique : leur oxydation des glucides diminue moins, leur quotient respiratoire baisse moins, et leur lactate sanguin chute moins fortement lors des efforts répétés. Chez les hommes, le lactate maximal passe de 7,44 à 3,38 mmol/L après trois heures, contre 5,54 à 3,82 mmol/L chez les femmes.
Sur le plan neuromusculaire, les femmes conservent mieux leur force des extenseurs du genou, tandis que les hommes présentent une baisse significative à partir de deux heures. La fréquence cardiaque maximale et la consommation maximale d’oxygène restent, elles, globalement stables dans les deux groupes. L’économie de course se dégrade de manière comparable chez les femmes et les hommes.
Résilience métabolique et neuromusculaire : les femmes plus résilientes
Les auteurs concluent que les coureuses très entraînées présentent une meilleure « durabilité » que les hommes de niveau équivalent, c’est-à-dire une plus grande capacité à maintenir leur performance malgré la fatigue. Cette supériorité semble surtout liée à une meilleure résilience métabolique et neuromusculaire, plutôt qu’à des différences biomécaniques majeures.
Une limite importante demeure cependant : les hommes ont parcouru une distance totale supérieure pendant l’expérience, 42,2 km contre 35,5 km pour les femmes, en raison de vitesses absolues plus élevées. Cette différence a pu accentuer leur fatigue. Les auteurs soulignent donc que ces résultats devront être confirmés dans des protocoles où la distance, et non seulement la durée, est strictement équivalente.
La montée est un véritable défi pour tout traileur, qui en laisse plus d’un à bout de souffle en pleine pente. Pourtant, avec la bonne technique de course et une respiration maîtrisée, il est possible de gravir de gros dénivelés sans perdre son souffle. Petit guide de l’art de courir en montée tout en préservant votre énergie.
Courir en montée sans s’essouffler : adoptez une approche stratégique
L’une des clés pour réussir en montée est d’adopter une approche stratégique. Lorsqu’on attaque une pente, l’erreur la plus fréquente est de conserver sa vitesse habituelle. Cela entraîne une augmentation rapide de la fréquence cardiaque et un coût énergétique élevé. Pour éviter cela, il est essentiel d’accepter de ralentir en raccourcissant sa foulée. En réduisant votre vitesse, vous permettez à votre corps de s’adapter à l’effort et de préserver votre souffle, tandis qu’une foulée plus courte, mais plus rapide, permet de maintenir un rythme régulier sans surmener vos muscles. Priorisez un appui sur l’avant-pied, qui favorise un meilleur rebond et une propulsion efficace.
La posture joue également un rôle crucial dans la gestion de votre effort. Gardez le bassin haut et évitez de vous « asseoir » dans la pente. Votre buste doit être légèrement incliné vers l’avant, ce qui permet une meilleure répartition du poids, mais pas totalement penché vers l’avant non plus. Une erreur fréquente est de « casser » son buste, ce qui empêche une pleine respiration. En relevant la tête, vous respirerez tout de suite mieux. Une fois redressé, déplacez légèrement votre centre de gravité à l’avant des pieds. Maintenez un regard porté quelques foulées devant vous pour anticiper le terrain et adapter vos appuis. Les bras doivent être utilisés à bon escient pour aider à la propulsion et à l’équilibre.
Photo Scott
Courir en montée sans s’essouffler : quand marcher plutôt que courir
Dans certaines situations, il est préférable de passer en mode marche rapide plutôt que de continuer à courir, surtout lorsque la pente devient raide ou lorsque l’effort commence à devenir trop intense. C’est particulièrement le cas lorsque vous êtes confronté à une montée avec une inclinaison au-delà de 12-15 %. Dans ce cas, courir peut entraîner une consommation d’énergie excessive et rendre la respiration plus difficile, tandis que marcher permet de maintenir un rythme cardiaque plus stable tout en continuant à avancer quasiment au même rythme.
Cependant, si les pourcentages de pente sont généralement indiqués sur les profils des épreuves, sur le terrain, il n’y a rien. C’est donc l’écoute de votre corps et des sensations qui permettra de faire les bons choix. Si vous commencez à ressentir une montée rapide de votre fréquence cardiaque ou si votre souffle devient trop court, c’est qu’il est temps de passer à une marche rapide pour récupérer votre souffle tout en maintenant un effort modéré.
De même, si vos jambes commencent à se sentir lourdes ou fatiguées, marcher peut être une façon de donner à vos muscles une chance de récupérer tout en continuant à avancer. Sur les longues distances, et particulièrement les ultras, même une pente modérée peut devenir épuisante. Dans ce cas, alterner entre la course et la marche peut être une stratégie efficace, par exemple en courant sur les sections moins inclinées et en marchant lorsque la pente augmente. Cela permet de gérer la fatigue sur la durée.
Courir en montée sans s’essouffler : la respiration, clé de la performance
Si la technique de course est primordiale, une bonne gestion du souffle est indispensable pour éviter l’essoufflement. La respiration abdominale, également appelée respiration diaphragmatique, est particulièrement efficace. Contrairement à la respiration thoracique, qui consiste à soulever la poitrine, la respiration abdominale permet d’exploiter pleinement la capacité pulmonaire. En effet, en utilisant le diaphragme, vous êtes en mesure d’augmenter le volume d’air entrant dans vos poumons. Cela permet d’optimiser l’apport en oxygène, essentiel lors d’un effort intense.
De plus la respiration abdominale est naturellement plus relaxante. Elle aide ainsi à diminuer le stress, ce qui peut être bénéfique lorsque vous êtes confronté à des pentes difficiles. En relâchant la tension musculaire, vous pouvez mieux gérer l’effort et éviter la crispation qui pourrait entraîner une fatigue prématurée. Enfin, une respiration diaphragmatique bien maîtrisée contribue à stabiliser le tronc et à maintenir l’alignement du corps, permettant une meilleure posture pendant la course.
Courir en montée sans s’essouffler : rythmez votre respiration
Le rythme de la respiration doit être régulier et contrôlé. Une technique efficace consiste avoir une inspiration et une expiration synchronisées. Par exemple, sur une pente douce, inspirez en trois foulées, puis expirez en trois foulées. Cela permet de garder une connexion entre le mouvement et la respiration qui facilite une meilleure gestion de l’effort.
Si l’intensité augmente, passez à un rythme de deux foulées pour inspirer et deux foulées pour expirer. Cette adaptation permet d’ajuster votre souffle à l’effort fourni.
Lorsque vous commencez à sentir que votre souffle s’accélère, n’hésitez pas à ralentir légèrement votre cadence pour retrouver un rythme respiratoire contrôlé. Évitez de passer au rythme d’une foulée inspiration / une foulée expiration car une respiration rapide et artificielle de ce type, synonyme de surmenage ventilatoire, va limiter l’apport en oxygène dans les muscles et conduire à une fatigue prématurée.
Photo Altra
5 exercices pour s’entraîner à courir en montée
Exercice 1 Montée d’escaliers en cadence contrôlée Montez pendant 30 secondes en petits pas rapides, puis redescendez tranquillement. Gardez une respiration 2/2 ou 3/3 selon votre niveau. Cet exercice renforce le cardio et la spécificité de la montée.
Exercice 2 Côte douce en respiration calée sur les pas Choisissez une pente régulière et montez pendant 1 minute en synchronisant souffle et foulée : 3 pas inspiration, 3 pas expiration. Ralentissez si nécessaire pour retrouver le rythme.
Exercice 3 Fractionné court en côte Réalisez 8 à 12 répétitions de 30 secondes en montée, avec récupération en marche ou en footing lent en descente. Cet exercice permet de travailler la technique sans perdre le contrôle du souffle.
Exercice 4 Montée progressive avec transition course-marche Sur une pente longue, commencez en course lente, puis basculez en marche rapide lorsque la respiration devient trop rapide. Reprenez la course quand la pente s’adoucit.
Exercice 5 Travail de posture et de tonicité Montez en gardant le bassin haut et le regard loin devant. Effectuez quelques répétitions courtes en vous concentrant sur la posture, puis enchaînez avec une montée lente pour réinvestir ces sensations.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/09/Courir-en-montee.-Photo-Mount-To-Coast.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-09-29 16:24:352026-09-29 16:24:37Courir en montée sans s’essouffler : 5 exercices qui changent la donne
Du premier départ de la PTL aux derniers finishers de l’UTMB, les vallées du mont Blanc ont une nouvelle fois vibré. Des batailles épiques, des victoires historiques, des larmes, des sourires, des arrivées inoubliables, des bénévoles toujours plus indispensables et plein d’autres moments qui n’avaient rien à voir avec le chrono.
Ben Dhiman et Blandine L’Hirondel ont écrit l’histoire à leur manière, mais Jonathan et ses 42 guides qui ont franchi ensemble la ligne d’arrivée et sont devenus les premiers à finir l’UTMB en joëlette, ou encore Julien Veysseyre qui est devenu le premier coureur amputé tibial à boucler la grande boucle, ont eux aussi, à leur manière, écrit l’histoire. Eux, et tant d’autres, ont rappelé ce que signifie repousser ses limites.
Sortie : 2026 Durée : 20 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/09/Best-of-UTMB-2026.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-09-03 07:44:592026-09-03 07:45:01BEST-OF UTMB 2026 : le résumé vidéo de la folle semaine
On nous apprend à poursuivre nos rêves. Jamais à écrire la suite. En mai 2026, Clément Deffrenne s’est élancé dans la plus grande aventure de sa vie : parcourir le Baekdu Daegan, un sentier de crêtes mythique qui traverse la Corée du Sud du Nord au Sud. Devant lui, 750 kilomètres, 65 000 mètres de dénivelé et un itinéraire sauvage, parfois interdit, qui mettra son corps, son équipe et leurs certitudes à rude épreuve.
Mais derrière cette tentative de record se cache une toute autre histoire : celle d’un jeune homme que tout le monde connaît sous le nom de Clem Qui Court, mais que personne n’a peut-être encore vraiment rencontré.
Et si la fin de Clem Qui Court n’était pas qu’un coup de com ?
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/08/CLEM-QUI-COURT-COREE.jpg14242522Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-08-24 15:22:512026-08-24 15:22:52Baekdu Daegan : le nouveau film de Clem Qui Court !
10 ans après son premier record, François D’Haene est revenu en juillet 2026 sur le mythique GR20 en Corse. Le GR20, c’est 170 km et 12 000 m de dénivelé sur l’un des sentiers les plus techniques et exigeants d’Europe. En 2016, avec son équipe, il y avait établi un chrono de 31h06 qui constituait à l’époque le record du parcours. Cette marque avait ensuite été abaissée à 30h25 par le Corse Lambert Santelli en 2021.
Mais revenir sur le GR20 10 ans plus tard n’était pas pour François D’Haene seulement une question de chrono. C’était aussi et surtout l’envie de redompter ce sentier, de se reconnecter à l’essence même des OFF ou des FKT (Fastest Known Time) et surtout, de partager une aventure humaine d’une intensité rare avec sa famille et ses proches.
De la chaleur écrasante aux doutes sur les crêtes, en passant par les moments intenses partagés au cœur des montagnes corses, revivez cette aventure de l’intérieur.
Sortie : 2026 Durée : 26 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/08/GR20-DHAENE-2026.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-08-23 10:38:502026-08-23 10:38:5210 ANS APRÈS – Le nouveau record du GR20 par François D’Haene
Membre emblématique du Team Kailas FUGA, le Népalais Sangé Sherpa continue, à 45 ans, de collectionner les performances sur longues distances comme peu d’autres ultra-runners. Après son enchaînement titanesque durant l’été 2025 (TransPyrenea 900, SwissPeaks 700, Tor des Géants et Ultra Gobi), il est de retour sur la 10ème édition de la SwissPeaks, sur le format Legend (397 km et 27500m D+) avec un statut de favori. La pression ? Il ne connaît pas. Entretien avec un coureur pas comme les autres.
Sangé Sherpa : du Népal à la France, histoire d’un destin
Sangé Sherpa est né au Népal le 9 juillet 1981, dans une petite maison du village de Thukima, accroché aux montagnes de Taplejung. Son enfance est semblable à celle de ses pairs : pour aller à l’école, il faut arpenter des sentiers sur de nombreux kilomètres où chaque pas est un équilibre. Une école de la vie qui forge le mental et façonne le goût de l’effort.
Jeune adulte, il quitte le giron familial et part rejoindre deux de ses sœurs dans la grande ville de Katmandou où il devient, comme nombre de ses congénères, guide de trek pour payer ses études. Parlant déjà anglais, et pour avoir un atout de plus, il décide de se mettre au français et d’ainsi pouvoir accompagner les touristes francophones avides de sommets.
Appliqué et assidu lors de ses cours de français, il gagne une bourse de l’État français pour venir en stage au Centre de Langues Appliquées de Besançon… Une opportunité qui change le cours de sa vie.
Sangé Sherpa, l’instinct plus fort que tout
Le Jura, il y construit sa vie, fonde une famille et travaille pour subvenir à ses besoins. Sangé Sherpa ne savait ce qu’était le trail avant d’arriver en France. Et comme souvent dans sa vie, c’est le hasard qui guide ses pas : en travaillant dans un magasin de sport, il fait la connaissance d’autres coureurs et se met à courir. De plus en plus longtemps…
Les témoignages de ses amis les plus proches sont sans ambiguïté. Sangé n’est jamais là où on le cherche, et seul son instinct guide ses pas. Bien sûr, son domaine de prédilection, ce sont les longues distances et les dénivelés positifs.
Vu de l’extérieur, rien ne paraît difficile à cet ogre de la course à pied, semi-professionnel grâce à l’équipementier Kailas FUGA, avec qui il est sous contrat depuis 5 ans. Pourtant, quand on l’interroge sur ses secrets de performance, on ne trouve ni planification rigoureuse, ni entraînement spécifique, ni coach miracle ou potion magique. « Je ne cours pas pour la performance, mais pour l’expérience de vie que cela me procure. Le trail, c’est mon équilibre !», se plaît-il à dire. Une semaine avant le départ de la SwissPeaks Legend, il nous a accordé un entretien.
Sangé Sherpa, le trail passionnément. Photo DR
Sangé, tu as une approche de la course totalement instinctive, sans entraînement structuré. Tu n’as jamais souhaité avoir un coach ?
Sangé Sherpa : Non, je n’ai pas de coach, ni pour l’entraînement, ni pour l’alimentation. Si je devais avoir un entraînement structuré, je pense que je ne serais pas heureux et je ne profiterais pas autant des courses.
La grande majorité des coureurs qui font des podiums ont pourtant des coachs et des plans d’entraînement, avec des montées en charge, des phases de repos, etc… Ça ne te parle pas ?
Sangé Sherpa : Non, parce que je devais courir pour aller chercher un résultat, je ne profiterais pas autant des courses. Si je devais faire attention à mon entraînement, faire attention à tout ce que je mange ou à tous les efforts que je fournis, et que j’avais un suivi scientifique un peu structuré, je pense que je ne serais pas content, que je serais obligé de me limiter dans le nombre de courses.
Qu’est-ce que te procurent ces enchaînements de longues distances ?
Sangé Sherpa : Le plaisir. Je cours pour le plaisir avant la performance. Je n’ai pas d’attente de performance, donc je n’ai aucun regret. Si j’ai fait trop et si demain je me blesse, je l’accepte et je fais autre chose. J’ai quelques copains qui font énormément attention, qui font de très bonnes préparations, qui sont à 100% concentrés sur les courses pour faire les meilleures performances possibles, et après, quand ils ratent, je vois qu’ils ne sont pas bien. Et je comprends ce côté-là, bien sûr. Psychologiquement, on peut être très affecté quand on a beaucoup travaillé pour atteindre un objectif. Donc moi, je ne me prépare pas, je ne me mets pas la pression. Et puis après, la course, si ça se passe mal, c’est OK, puisque je n’avais pas d’objectif.
Semi-professionnel depuis 5 ans et tête d’affiche du team Kailas FUGA. Photo Visualps
Courir pour le plaisir suffit à te nourrir ?
Sangé Sherpa : Voilà, exactement ! Je pense qu’en courant pour le plaisir, on profite mieux. Et puis aujourd’hui, à mon âge, je ne pense pas que faire des préparations structurées changerait grand chose. Mais ça ne veut pas dire que je n’aime pas la compétition ! J’aime bien faire des résultats, mais à côté, j’aime bien profiter aussi. C’est une sorte d’équilibre.
On te connaît effectivement redoutable compétiteur. D’ailleurs, l’an dernier sur la SwissPeaks Odyssey, le format 700 km, tu avais livré une superbe bataille avec le Suisse Nicolas Lehmann, triple vainqueur du format 250 km de l’Eiger Ultra Trail en 2023, 2024 et 2025…
Sangé Sherpa : Oui, avec Nicolas, on a un peu fait la compétition, c’était bien, ça nous a permis d’aller chercher nos limites, mais après, si on oublie les podiums ou le classement, on profite différemment. L’année dernière par exemple, après l’abandon de Nicolas, je me suis retrouvé seul et j’ai pu profiter un peu plus. Disons que gagner une course ou de faire la bonne place, c’est un plaisir supplémentaire.
Cette année, tu t’alignes au départ de la SwissPeaks Legend, un format de 400 km, exactement la même distance que le Crossing Switzerland que tu as couru il y a un mois, mi-juillet, où tu as fini 5ème. Quelle est la principale différence entre ces deux courses ?
Sangé Sherpa : C’était la première fois que je faisais le Crossing Switzerland, qui est sur le tracé de la Via Alpina. Ça m’a permis de découvrir d’autres montagnes suisses, et c’est une course plus accessible que la SwissPeaks je pense.
Sangé Sherpa lors du Crossing Switzerland 2026. Photo Organisation
La SwissPeaks est plus technique, avec un peu plus de dénivelé (27500m D+ contre 24500m D+, NDLR), plus en haute montagne. C’est un parcours dans des montagnes que j’aime beaucoup. J’aime aussi l’ambiance de cette course, les ravitaillements, les spécialités locales… Je me rappelle, l’an dernier, quand j’avais mangé des champignons que j’avais ramassés et bu un peu de vin rouge, j’étais bien en train d’apprécier le repas et les gens de l’organisation m’avaient dit de me dépêcher et j’avais dû courir après pour passer une barrière horaire avant un orage qui allait neutraliser la course. C’est un super souvenir.
Sangé Sherpa en pleine cueillette de champignons lors de la SwissPeaks 2025.
Tu as déjà fait deux fois le format 170 km de cette SwissPeaks, une fois 1er, une fois 2ème, tu as fait une fois le format 700, tu fais cette année le format 400, ce n’est pas un peu répétitif, toujours ces mêmes montagnes ?
Sangé Sherpa : Ce sont les mêmes montagnes, le paysage reste le même, mais ce n’est jamais la même course, à chaque fois, l’expérience est un peu différente. Tu rencontres des personnes différentes, ta forme physique est différente… Ça dépend de la météo aussi. Et puis j’ai toujours le plaisir de retrouver l’organisation, qui m’apprécie et que j’apprécie aussi.
À propos de forme physique, l’an dernier, tu as effectué un enchaînement de courses monstrueux et remporté la SwissPeaks 700 juste après avoir remporté la TransPyrenea 900, avant d’aller sur le Tor des Géants puis l’Ultra Gobi. Performances, podiums et plaisir peuvent donc se conjuguer ensemble ?
Sangé Sherpa : Oui, c’était une expérience de faire tellement de grandes distances à la suite. Surtout que j’étais parti depuis les Alpes suisses à vélo pour aller dans les Pyrénées, et que j’avais ensuite relié les courses toujours à vélo. C’était une façon de me tester de moi-même, de faire quelque chose de différent.
Sangé Sherpa au départ de la SwissPeaks 2025, qu’il avait rallié en vélo depuis les Pyrénées. Photo DR
Mais j’avais aussi construit ce défi autour d’un projet pour les enfants du Népal, avec une cagnotte en ligne. Et c’est d’ailleurs grâce à Esprit Trail que ça avait bien marché et que j’avais pu atteindre l’objectif de la cagnotte, vous m’avez tellement soutenu que beaucoup de gens m’ont fait confiance et m’ont permis de réaliser ce projet. J’étais vraiment content de ça.
Sangé Sherpa dans son village natal en 2026, en pleine construction grâce à la cagnotte de son défi 2025. Photo DR
Tu pars cette année avec l’étiquette de favori et on t’attend forcément sur le podium. Est-ce que c’est une pression pour toi ?
Sangé Sherpa : Non, je ne me mets pas la pression du tout parce que oui, c’est bien de gagner une course, mais la grande distance comme ça, c’est bien plus qu’une course en fait. Je pense qu’on ne doit pas trop regarder les chronos ou les places. Je ne prévois jamais de faire des chronos ou quoi que ce soit, mais juste de prendre le départ et puis après de profiter du moment et de gérer comment ça se passe. S’il y a des coureurs qui veulent jouer, je serai là car j’aime bien jouer, mais ce n’est pas une pression pour moi.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/08/Arpelistock-37.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-08-19 13:24:242026-08-19 13:24:26Sangé Sherpa, favori de la SwissPeaks Legend 2026 : le plaisir avant la performance
Du 30 juillet au 2 août, la Tarentaise a accueilli la première édition du Grand Raid KIPRUN 3 Vallées – Moûtiers, 4ème et dernière étape du circuit Ligue ULTRA 2026. Avec 1 767 inscrits répartis sur les sept formats de course proposés, deux formats offrant des départs inédits en altitude et un format 100M de 170 km et 12000mD+ figurant déjà parmi les plus exigeants d’Europe, l’événement a rassemblé un large public au cœur des paysages emblématiques des 3 Vallées, traversant les stations de Courchevel, Méribel, Brides-les-Bains, Les Menuires, Saint-Martin-de-Belleville, Val Thorens et Orelle.
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : une réussite populaire
Avec sept formats de course de 12 à 170 km, le Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers a su séduire un large public, des traileurs en quête de performance aux passionnés venus relever un défi personnel. Les participants, issus de 14 nationalités, témoignent du rayonnement international de cette première édition.
Porté par Kiprun et par ses partenaires territoriaux, le Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers a proposé une expérience unique au cœur des 3 Vallées, en valorisant la richesse des paysages et des terrains de jeu de la Tarentaise. Cette première édition a également bénéficié de la présence d’athlètes emblématiques de la discipline, à l’image de Thomas Cardin et Adeline Martin, athlètes Kiprun, qui ont pris le départ du Marathon des 3 Vallées (50 km).
Malgré une forte chaleur et la mise en place du plan canicule, les coureurs ont pu relever les défis proposés par les différents parcours. Grâce à la mobilisation des équipes d’organisation, des bénévoles et des partenaires, l’événement a offert une expérience à la hauteur des ambitions affichées, placée sous le signe du dépassement de soi et du partage.
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Baptiste Carimentrand et Claire Bannwarth remportent l’Ultra des 3 Vallées
Sur le parcours de l’Ultra des 3 Vallées – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Baptiste Gousset – We Are Media Makers
Épreuve reine de l’événement, l’Ultra des 3 Vallées (170 km et 12 000 m de dénivelé positif) s’est imposé comme le défi ultime du week-end. Déjà considéré comme l’un des ultras les plus exigeants d’Europe, il a permis aux 6 coureurs des podiums masculin et féminin de décrocher leur qualification pour la finale de la Ligue ULTRA qui se tiendra le 23 octobre 2026 à Tahiti.
Vainqueur de l’épreuve, Baptiste Carimentrand revient sur un défi qui l’aura marqué : « Je suis vraiment très fier. Des ultras, j’en ai couru pas mal, mais celui-ci m’a vraiment poussé dans mes derniers retranchements… et j’ai adoré ça ! Les 50 derniers kilomètres ont été extrêmement difficiles. J’ai dû aller puiser très loin dans mes ressources. Ce qui m’a permis de tenir, c’est le soutien de ma famille et tous les moments de partage. »
Chez les femmes, Claire Bannwarth, après de longs mois sillonnés de blessures, est revenue au plus haut niveau en s’imposant avec plus de 9 heures d’avance sur sa poursuivante, 9ème au scratch : « Tout s’est très bien passé pour moi. Le parcours était exigeant, mais magnifique, avec beaucoup de dénivelé positif. C’est exactement ce que je recherchais : grimper, et nous avons grimpé presque tout le temps ! »
Podium Hommes Baptiste CARIMENTRAND – 29:16:05 Tanguy WARIN – 29:40:45 Samuel CLAVEL – 30:34:36
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Nicolas Ramsamy et Amandine Vitali s’offrent l’Odyssée de Caron
Départ de l’Odyssée de Caron – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Baptiste Gousset – We Are Media Makers
L’Odyssée de Caron (110 km et 5500m D+) faisait partie des deux formats de course offrant un départ inédit en altitude, depuis la Cime Caron (3195m). La gagnante féminine de l’épreuve, Amandine Vitali, raconte : « Pour résumer cette course en quelques mots, je dirais qu’elle est d’une extrême exigence et d’une beauté incroyable. C’est une épreuve qu’il faut faire au moins une fois dans sa vie, pour repousser ses limites. D’ailleurs, le nom de l’Odyssée de Caron est super bien choisi, parce que c’est une véritable quête tout au long du parcours pour arriver jusqu’au but personnel que l’on s’est fixé. »
Podium Hommes Nicolas RAMSAMY – 16:33:13 Andrea MARTINEZ – 16:41:42 Lucas DUTERTRE – 17:44:00
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Allaire Etienne et Marion Jeandet remportent le Défi de la Masse
Départ du Défi de la Masse – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Olivier Vin-Heimana
Seconde course avec un départ en altitude, le Défi de la Masse (70 km et 2650m D+) proposait quant à lui de s’élancer depuis la Pointe de la Masse (2804m). Un parcours spectaculaire et technique souligné par la gagnante de l’épreuve, Marion Jeandet : « C’était très technique, très beau, j’ai adoré les paysages, c’était magnifique. C’était plutôt une course de préparation pour moi, mais j’ai vraiment pris énormément de plaisir. Au début, j’ai eu de grosses douleurs au ventre, j’ai cru que j’allais abandonner. Mais toute l’énergie est revenue et la beauté des paysages a fait que j’ai fait une chouette course. »
Vainqueur masculin du Défi de la Masse, Étienne Allaire a également apprécié la beauté de l’épreuve : « Le parcours était magnifique. J’ai eu la chance de pouvoir le reconnaître il y a trois semaines, et c’est splendide : les paysages sont incroyables. Le gros défi, c’est le dénivelé négatif, c’est un exercice qui demande beaucoup de travail. On a eu une météo un peu chaude, mais j’ai vraiment apprécié ce parcours ! »
Podium Hommes Étienne ALLAIRE – 07:36:21 Théo MOYROUD – 07:46:14 Paul COQUET – 07:50:22
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Thomas Cardin et Adeline Martin survolent le Marathon des 3 Vallées
Les deux athlètes élite du team Kiprun étaient très attendus, ils n’ont pas déçu. Intégrant le Marathon des 3 Vallées (50 km et 2500m D+) dans son bloc de préparation pour la CCC, Thomas Cardin s’est baladé pour s’imposer très largement, avec plus de 45 minutes d’avance sur son poursuivant. Un écart considérable que l’on a rertrouvé chez les féminines, avec une Adeline Martin impériale.
Thomas Cardin : « C’était une très belle course. Je me suis tout de suite mis dans mon rythme et j’ai joué avec mes sensations. La première montée a été très agréable, et une fois arrivée en haut, le panorama était magnifique. La descente sur les Deux Nants permet de dérouler, puis la deuxième partie de course a été plus difficile avec la chaleur. Je suis très content de ma performance et du parcours, et je remercie l’organisation ainsi que les bénévoles !»
Thomas Cardin, vainqueur du Marathon des 3 Vallées – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Olivier Vin-Heimana
Adeline Martin : « C’était un super parcours, comme je l’imaginais. J’en ai pris plein les yeux et plein les jambes. J’ai fait une bonne partie de course, en essayant notamment de revenir sur la tête de course masculine. Ensuite, j’ai eu quelques soucis de ventre, sûrement à cause de la chaleur. J’ai réalisé une moins bonne descente que je l’aurais espéré, mais cela reste un super événement. Un grand merci à l’équipe organisatrice et aux bénévoles. »
Adeline Martin, vainqueure du Marathon des 3 Vallées – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Olivier Vin-Heimana
Podium Hommes Thomas CARDIN – 04:35:03 Martin PARIENTE – 05:10:05 Pierrick PAILLOT – 05:31:12
Vainqueure féminine des Balcons de la Saint-Jean, Annaëlle Massol partage son ressenti sur une épreuve qu’elle a particulièrement appréciée :« J’ai trouvé que c’était vraiment très bien organisé, les bénévoles ont été supers. Le parcours est magnifique, très ouvert, en pleine montagne. Je l’ai trouvé très équilibré en termes de technicité. C’était une magnifique première édition ! »
L’Étoilée des Thermes (12 km et 800m D+)
Podium Hommes Maxime CANNIZARO – 01:13:55 Théo BROSSE – 01:15:06 Matthieu CORDIER – 01:15:29
Maxime Cannizaro : « Je suis parti tout de suite devant, je savais que ça montait en single, donc j’ai essayé de me placer rapidement en tête. J’ai bombardé toute la descente, je suis vraiment descendu à fond. Cette première édition est une réussite, il y a un terrain de jeu incroyable. »
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : le mot de l’organisateur
Alexandre Picquier et Ludo Collet, l’orga au top. Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo JumpStart Studio
Pour accompagner cette première édition du Grand Raid Kiprun 3 Vallées-Moûtiers, près de 200 bénévoles se sont mobilisés. Présents sur les différents points du parcours et aux côtés des coureurs tout au long du week-end, ils ont contribué à faire vivre l’événement par leur engagement, leur énergie et leur accueil. Alexandre Picquier, directeur de l’épreuve, n’a pas manqué de les saluer : « Je tiens à remercier chaleureusement nos 200 bénévoles, qui se sont mobilisés pendant ces 4 jours pour offrir aux coureurs une aventure exceptionnelle. Je souhaite également exprimer ma plus profonde gratitude aux acteurs du territoire, qui nous ont accordé leur confiance sans réserve et nous ont donné accès à un terrain de jeu exceptionnel ainsi qu’à une marque reconnue à l’international : les 3 Vallées. »
La 14ème édition de l’Ut4M s’est achevée dimanche 19 juillet après quatre jours et 12 formats de course. La chaleur n’a pas entamé la motivation des 3 679 traileurs, dont 25 % de femmes, qui ont gravi un ou plusieurs des 4 massifs qui entourent la métropole grenobloise, Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse. De cet événement, rendu possible grâce à l’investissement de plus de 800 bénévoles passionnés, on retiendra également la tenue d’un handi’trail, illustration du désir de l’association Grenoble Outdoor Aventure, organisateur de l’Ut4M, de rendre la discipline accessible à tous.
Ut4M 2026 : un succès populaire qui se confirme
Pendant quatre jours chaque année, l’agglomération grenobloise est devenue la capitale du trail. 3 679 participants représentant 35 nationalités (5 % d’étrangers au départ) se sont engagés dans les 12 courses balisées sur les massifs du Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse. Malgré la chaleur, les parcours initiaux ont été maintenus avec quelques petits ajustements pour les 12 formats de courses de l’Ut4M.
Photo Ut4M
Ut4M 2026 : une expérience trail au-delà des courses
Avec la Halle Clémenceau comme quartier général des traileurs et la place Victor-Hugo comme camp de base de l’arrivée avec ses animations, rafraîchissements et podiums, l’énergie trail a envahi la métropole grenobloise et tous les massifs alentour tout au long de l’événement.
Une quinzaine d’exposants – territoires partenaires et fournisseurs d’équipements trail – étaient présents à la Halle Clémenceau du mercredi 15 au vendredi 17 juillet. Mercredi 15 juillet, les premiers traileurs venus récupérer leurs dossards ont pu écouter en parallèle la conférence et l’enregistrement en direct du podcast Courir Mieux par Cyril Forestier sur la thématique : « Le Labo Ut4M : trois ans de science en montagne ».
Photo Ut4M
Ut4M 2026 : 1er ultra et 1ère victoire pour Zakaria Hogga
L’épreuve reine de l’Ut4M, légèrement raccourcie mais faisant tout de même 169km et 10650mD+, a été remportée par Zakaria Hogga en 27h44. Parti sagement, le coureur, qui disputait là son premier ultra-trail, n’a pris la tête qu’à la mi-course pour ne plus la lâcher et s’imposer avec plus de 45 minutes d’avance sur son dauphin, Arthur Simon.
Zakaria Hogga. Photo Ut4M / Christine Cun
Chez les femmes, Phoebe Bramley, qui a mené une grande partie de la course, s’est imposée en 30h53, 8ème au scratch, avec plus d’une heure d’avance sur sa dauphine, Lucie Croissant.
Phoebe Bramley. Photo Ut4M / B. Hareng
Le 180 Challenge (épreuve par étapes, 1 jour 1 massif) a quant à lui couronné Ferdinand-Clovis Airault (18h10) chez les hommes et Valentine Bourgois (21h40) chez les femmes.
Ut4M 2026 : les podiums de toutes les courses
Ut4M 2027 : la prochaine édition se tiendra du 15 au 18 juillet 2027