En mai 2025, Benjamin Védrines a été l’éphémère détenteur du FKT d’ascension aller-retour du Mont Blanc depuis Chamonix, battant le record de Kilian Jornet, avant d’être battu lui-même une semaine plus tard par l’Italien William Boffelli. Mais le Mont Blanc n’est qu’un « petit sommet » pour cet alpiniste virtuose, habitué à tutoyer les cieux. Ses 2 passions se résument en une phrase : aller vite et grimper haut. Très haut.
2022, Benjamin Védrines frôle la mort
Si pendant des décennies, la croyance dominante en alpinisme était que l’être humain ne pouvait pas survivre au-dessus de 8 000 mètres sans oxygène supplémentaire, l’idée fut réfutée en 1970 lorsque l’Italien Reinhold Messner devint le premier homme à gravir les 8848 mètres de l’Everest sans bouteille d’oxygène. Derrière lui, l’alpinisme de vitesse allait connaître une véritable révolution.
Ainsi, en 2022, Benjamin Védrines se met en tête de battre le record d’ascension du K2, sommet himalayen à 8611 mètres surnommé « la montagne sauvage », ou « la montagne tueuse ». Et pour cause : jusqu’à peu, un alpiniste sur trois décédait en tentant son ascension. L’objectif de Védrines est simple : à partir du camp de base avancé, situé à 5350 mètres d’altitude, être le plus rapide possible à plus de 8000 mètres, sans oxygène, afin d’effacer des tablettes le record détenu depuis 1986 par Benoît Chamoux en 23 heures.
Sauf que tous les alpinistes le savent : « Si là-haut tu fais n’importe quoi, tu ne rentres pas, c’est certain ! » Benjamin Védrines échoue, obligé de faire demi-tour à quelques centaines de mètres du sommet, en total black out, sauvé d’une mort certaine par des alpinistes qui lui donnèrent de l’oxygène pour qu’il puisse redescendre.
2024, Benjamin Védrines pulvérise le record du K2 sans oxygène
En 2024, il est de retour sur les pentes du K2 pour relever le défi et affronter les séquelles psychologiques de cette première expédition. Le 28 juillet, il réalise l’exploit de faire l’ascension en 10 heures, 59 minutes et 59 secondes. La moitié du temps réalisé par Benoît Chamoux. Un exploit monstrueux, suivi d’une première mondiale avec une descente en parapente, mais une performance qui, paradoxalement, lui laisse un sentiment de dégoût.
Un film passionnant qui raconte l’exploit de Védrines, mais montre aussi les doutes et les interrogations de l’homme, les questionnements sur le sens de la vie et le besoin de repousser les limites.
En janvier 2026, Casquette Verte traverse la Manche pour aller courir dans les Cornouailles, au sud-ouest de l’Angleterre, le Arc of Attrition, un 10 Miles by UTMB susceptible de lui permettre de faire un Top 3, voire une victoire, et de décrocher sa qualif pour l’UTMB Mont-Blanc 2027. Prévoyant, le gars ! Sauf que ça ne s’est pas du tout passé comme imaginé…
Il était content, Alexandre Boucheix ! Une petite virée avec son pote Loïc Jalmin, une photographe de talent pour immortaliser tout ça, des bières en veux-tu en voilà, Angleterre oblige, et un potentiel ticket pour l’UTMB Mont-Blanc 2027, vu la start list lui laissant espérer une victoire ou un podium.
Sauf que la veille de la course, une certaine Ingrid s’annonce. Et Ingrid, c’est une sacrée tempête qui va déferler sur la côte anglaise, pile sur le parcours de la course qui s’annonçait déjà bien cassante. Vent, pluie, les sentiers se transforment en champs de boue et en patinoires. Et au km 27, alors qu’il est en 2ème position, une petite faute d’inattention, un pied mal posé, et c’est la cata. Grosse gamelle, cheville pétée, fin de l’aventure. Reste plus que Loïc en course, mais quelques kilomètres plus loin, dans un jour sans, il préfère jeter l’éponge.
Attrition signifie usure. En 27 km, Casquette Verte a été usé jusqu’à l’os, et sera obligé de passer le mois de février avec un plâtre à la jambe sur mon canapé. Mais comme il le dit : « Il faudra se venger en y revenant dans les années à venir. »
Sortie : 2026 Durée : 15 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/02/Arc-of-Attrition-2026-Casquette-Verte.jpg6751200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-02-08 17:06:102026-02-08 17:06:13Arc of Attrition 2026 : fracture de la cheville pour Casquette Verte
Dans une longue prise de parole, Kilian Jornet a donné en ce début d’année sa vision sur la situation du trail aujourd’hui, tant en terme de professionnalisation que d’internationalisation, de niveau des compétitions ou de lutte contre le dopage. Parmi les points abordés, figure en premier ce qu’il a nommé « Le rêve olympique ? », prenant bien soin de souligner que cet avis ne concerne que lui et ses réflexions personnelles d’athlète européen de haut niveau, et ayant donc un certain parti pris. Retranscription de son analyse.
« Je me souviens de mes débuts en ski-alpinisme en 2002 : l’idée d’une intégration olympique était déjà sur toutes les lèvres. Chaque année, des représentants du CIO assistaient aux compétitions, et chaque année, on avait l’impression que le ski-alpinisme ferait son entrée aux Jeux olympiques. Il a fallu vingt ans pour que cela devienne réalité, et le sport a connu une transformation radicale durant cette période. D’un sport d’alpinisme (principalement des courses de deux à quatre heures, la plupart du temps en équipe), il est devenu un sport de vitesse (les épreuves olympiques durent de trois à huit minutes, tandis que les épreuves de la Coupe du monde durent de vingt minutes à une heure trente).
Je vois ce que l’olympisme a apporté au ski-alpinisme (participation accrue de pays, meilleure visibilité des compétitions dans les médias, soutien renforcé aux athlètes de haut niveau) et aussi ce qu’il n’a pas apporté (la participation des athlètes, notamment amateurs, aux compétitions a fortement diminué – le changement climatique et la diminution de l’enneigement n’ont rien arrangé, le nombre de courses a baissé et les amateurs s’identifient moins aux compétiteurs, leur discipline étant différente de la leur).
Photo Julbo
Le trail aux JO ? Ni bon ni mauvais…
En résumé, devenir un sport olympique ne signifie pas forcément qu’il gagnera en popularité ni que le nombre de participants augmentera. La plupart des sports olympiques sont des disciplines de niche, et seuls les athlètes de très haut niveau peuvent en vivre, au mieux. Les sports populaires le restent, qu’ils soient olympiques ou non.
Le trail se situe entre les deux. C’est un sport et un secteur florissants, tant par le nombre de pratiquants que par les revenus des athlètes de haut niveau (comparativement à la plupart des autres sports), et au niveau de l’industrie qui l’entoure. Devenir olympique n’apportera rien de particulièrement bénéfique au trail en général, mais je pense que cela ne lui nuira pas pour autant, dans la plupart des cas.
En 2026, World Athletics, en coordination avec l’ITRA et la WMRA, a finalisé une proposition pour les Jeux olympiques d’été de Brisbane 2032. La Golden Trail Series et Salomon ont également fait campagne en ce sens. Et comme le CIO n’aime rien de plus que l’argent et que le trail est un sport en pleine croissance avec une industrie solide derrière lui, le chemin pour participer aux Jeux serait finalement plus facile que pour le ski-alpinisme par exemple.
Un éventuel bénéfice pour les petites nations…
Le trail pourrait sans doute bénéficier d’une participation accrue de nations qui ne s’intéressent pas à la discipline actuellement. Lors de la reconnaissance de la WMRA par l’IAAF (World Athletics) en 2002, on a constaté une augmentation du nombre de coureurs d’Afrique de l’Est, notamment d’Ouganda, d’Érythrée et du Kenya, participant à ses championnats. Cette augmentation était davantage due aux liens et à la structure de la fédération avec l’IAAF qu’à un intérêt intrinsèque pour la discipline.
Aux derniers championnats du monde (Mondiaux de Trail 2025 à Canfranc, en Espagne, NDLR), on a pu observer l’absence de certains prétendants aux médailles, tels qu’Elhousine Elazzaoui et Miao Yao, non par manque d’envie, mais parce que leurs fédérations nationales d’athlétisme, le Maroc et la Chine, ne disposent pas de structures dédiées au trail. Cette situation évoluera probablement si le trail devient une discipline olympique et que ces pays, ainsi que d’autres, développent des structures au sein de leurs fédérations pour soutenir les athlètes de trail.
Une possible perte d’identité
Là où le trail peut souffrir, c’est au niveau de son identité. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui peinent à définir ce qu’est le trail, car ils le perçoivent comme une discipline unique plutôt que comme un sport aux multiples facettes. Et même lorsqu’on parle de disciplines, on a généralement tendance à les associer à la distance, ce qui établit un parallèle avec l’athlétisme, sport « le plus similaire ». Or, en réalité, les axes de différenciation des disciplines en trail sont principalement au nombre de deux : la distance et la technicité. On pourrait le comparer au cyclisme, avec ses disciplines : piste, route, gravel et VTT. Chacune d’elles se pratique sur des distances et des terrains différents.
Si le trail devenait une discipline olympique, il n’y aurait pas sept compétitions différentes (comme le trail en montée, le trail classique, le trail court, le trail long, l’ultra-trail, le skyrunning court et le skyrunning long), mais une seule. Or, comme le règlement est la deuxième chose qui importe le plus au CIO après l’aspect financier, le format de cette compétition serait assez fixe et, pour des raisons de confinement télévisuel et de présence du public, le concept de « trail olympique » privilégierait un parcours en boucle plutôt qu’une course linéaire ou en circuit comme celles auxquelles nous sommes habitués. Cela permettrait de créer des zones de forte densité de spectateurs et d’assurer la couverture par drones nécessaire à la diffusion télévisée mondiale.
Photo Julbo
Des courses moins intéressantes ?
On observe déjà ce phénomène, dans une certaine mesure, dans des compétitions comme la Golden Trail Series. Outre les deux ou trois courses historiques du circuit – qui attirent toujours le plus grand nombre d’élites et de coureurs populaires, et qui génèrent le plus de vues en direct – (Zegama Aizkorri et Sierre-Zinal pour ne citer qu’elles, NDLR), les autres courses tendent à adopter un format en boucle ou « départ/arrivée », plus accessible au grand public. On constate ainsi que ces épreuves, même si elles présentent un intérêt pour les élites en termes de prestige et d’opportunités financières, perdent souvent de leur attrait pour les participants. On observe alors des courses avec de nombreux coureurs d’élite, mais une faible participation, et un intérêt moindre pour le coureur amateur de trail en général.
En théorie, cela ne rend pas les courses moins intéressantes, mais en réalité, c’est souvent le cas. Le fait que les circuits débutent dans un village les oblige à se dérouler à proximité de cette zone urbaine, rendant plus difficile l’accès aux zones plus reculées où la technicité du terrain est souvent plus élevée et où les défis d’endurance sont différents : montées et descentes plus longues, températures plus élevées, etc. Ces circuits comportent davantage de surfaces asphaltées, des dénivelés plus courts qui peuvent certes favoriser la compétition, mais qui éloignent les coureurs des origines mêmes de ce sport. La standardisation des courses peut également laisser présager des circuits moins techniques afin d’éviter les dangers. On peut donc s’attendre à ce que ces courses soient de longs (voire très longs) cross-country.
La conclusion de Kilian Jornet
Cela risque-t-il de dénaturer l’identité du trail auprès des pratiquants, des athlètes olympiques d’élite et des téléspectateurs des Jeux olympiques ? Probablement. Est-ce un problème ? Probablement pas, car ce sport est suffisamment solide pour se passer des Jeux olympiques et ainsi coexister avec deux versions, un peu comme le triathlon. Il existe une discipline olympique qui intéresse les athlètes et quelques fans, et d’autres disciplines (Ironman, semi-distance, triathlons populaires, etc.) où amateurs et professionnels participent, et où l’industrie du sport se maintient indépendamment de ce qui se passe dans la discipline olympique. La diversité des formats et des circuits est suffisante pour que, même si l’un d’eux venait à disparaître, les coureurs amateurs aient toujours de nombreuses possibilités de pratiquer le trail à travers d’autres circuits et événements indépendants, suffisamment solides, voire plus, pour assurer la pérennité du secteur.
Le seul inconvénient d’être olympique sera probablement que chaque coureur de trail devra expliquer plusieurs fois par an, au travail et lors des dîners de Noël, que non, ce qu’ils font ne se limite pas à 10 boucles de 5 km sur un circuit de parkour urbain, mais que le trail comprend aussi de longues courses en pleine nature.
Certains sont obligés de vivre plus vite que les autres. Parce qu’on ne leur a pas laissé le choix. Manu Tara Caballero fait partie de ces gens que la maladie n’a pas épargné. Cancer généralisé, espérance de vie très réduite, chaque jour de plus est un cadeau. Alors il les prend, les cadeaux ! Et c’est dans le monde du trail, en tant que bénévole sur des épreuves aux quatre coins de la planète, qu’il trouve un équilibre et oublie un peu l’épée suspendue au-dessus de sa tête… Entretien sans tabous lors de l’UTMB Mont-Blanc.
Manu Tara, ce n’est pas un prénom commun…
Manu Tara Caballero : Je le dois à ma grand-mère, elle était originaire de l’île de Pâques, où Manutara est le nom de l’oiseau sacré. C’est aussi le nom qui a été donné au premier avion qui s’est posé là-bas en 1967, parce que les habitants de l’île, en tant que territoire totalement isolé à 3000 km de n’importe quelle autre terre, n’avaient jamais vu un avion de leur vie. Et comme ça volait, ils l’ont appelé le Manutara…
Mais toi, des ailes, la vie ne t’en a pas vraiment donné. Raconte…
Manu Tara Caballero : Oh non, pas du tout. Pour me présenter, j’ai 41 ans, j’ai fait mes études à Bordeaux et à Lyon en étant saisonnier l’été sur les plages avec les pompiers de Gironde et l’hiver dans les Alpes en tant que réceptionniste à Val d’Isère. J’ai ensuite réussi mon concours et je suis devenu pompier professionnel. Cela fait un peu plus de 20 ans maintenant. Et puis en 2022, pendant les feux de forêt en Gironde, la moitié de mon secteur d’intervention a brûlé. J’étais dans une petite caserne forestière et pendant que je me battais sur les feux, j’ai une boule qui a grossi dans le cou. Une boule indolore, mobile, qui ne m’a pas inquiétée au début, mais qui grossissait et a nécessité d’autres examens.
Et puis le 5 décembre 2022, mon médecin traitant a eu le résultat de la biopsie : c’était un cancer, en stade 3C, c’est-à-dire l’avant-dernier stade, très avancé. On m’a immédiatement prescrit un traitement d’immunothérapie, puis j’ai rapidement été opéré pour retirer une tumeur de la taille d’un œuf, et en mars 2023, on m’a annoncé que j’étais en rémission totale. Et puis en juin, le cancer est revenu. J’ai eu une deuxième opération, puis une troisième, et aujourd’hui, j’ai un cancer généralisé : sur le cœur, les poumons, un peu partout quoi.
L’ultra-trail comme bouffée d’oxygène. Photo DR
As-tu une idée de ton espérance de vie ?
Manu Tara Caballero : Plus ou moins, oui. Il y a 10 ans, les traitements d’immunothérapie n’existaient pas et l’espérance de vie était de 6 à 8 mois. Aujourd’hui, grâce aux nouveaux traitements, pour ce que j’ai et au stade auquel j’ai été détecté, les médecins donnent une durée médiane de survie de 2 ans et demi.
Et on t’a détecté il y a… un peu plus de 2 ans et demi…
Manu Tara Caballero : Voilà. Donc aujourd’hui, chaque journée passée, c’est que du bénef. C’est un peu dur à entendre, mais c’est mon quotidien, ma réalité. J’ai 5 psychologues qui me suivent, celui de l’hôpital que je vois de temps en temps, celui du boulot que je vois aussi de temps en temps, j’ai 2 psys de la Ligue contre le cancer et mon psy libéral, que je le vois toutes les 3 semaines.
Cette année, on t’a vu au Chili avec Racing The Planet, au Pays de Galles avec le Snowdonia by UTMB, et là sur l’UTMB Mont-Blanc. Comment te retrouves-tu bénévole sur les plus grandes épreuves de trail du monde ?
Manu Tara Caballero : En fait, j’étais en arrêt de travail forcé, je demandais tous les 3 mois mais on m’avait interdit de reprendre, et c’est mon kiné, qui venait de terminer le marathon des Sables, qui m’a suggéré d’encadrer de l’ultra-trail, il trouvait que ça pouvait totalement me correspondre. Moi, je faisais du triathlon, j’avais réussi à faire des podiums sur des petites courses, j’avais déjà couru des marathons et des trails, mais jamais d’ultra-trail. J’ai envoyé ma candidature aux organisateurs du MDS et ils m’ont directement pris en septembre 2024 pour faire Fuerteventura en tant que « gilet bleu ».
Et là, j’ai découvert l’univers de l’ultra, et c’était juste « waouh », je n’ai plus eu qu’une envie : faire ça tous les jours. Ensuite, je suis parti faire bénévole sur le Snowdonia by UTMB au Pays de Galles, puis au Chili pour la traversée du désert d’Atacama avec Racing the Planet. C’était dingue, et là, ils m’ont proposé de retourner avec eux pour la traversée du désert de Gobi en Mongolie en juin 2026, et en 2027, si mon état de santé le permet, pour faire The Last Desert en Antarctique. Ça, ce serait énorme…
Manu-Tara dans le désert d’Atacama lors de l’Atacama Crossing 2025. Photo DR
Comment te débrouilles-tu financièrement ? Tout est pris en charge par les organisateurs ?
Manu Tara Caballero : Ça dépend des organismes. En France, ils prennent quand même pas mal en charge. Par exemple à Chamonix, en tant que bénévole, je suis remboursé d’une partie de mes frais de déplacement, plus de la moitié, et je suis logé et blanchi, donc ça va. Pour le Marathon des Sables, qui est aussi une organisation française, ils nous prennent par la main à Paris et ils payent tout, donc c’est aussi très facile. Par contre, quand je suis avec des organismes internationaux, je dois payer tout ou partie, parfois même ma bouffe pendant les courses. Le Chili par exemple, ça m’a coûté 3000 €.
Mais il faut relativiser, c’est le prix d’une aventure extraordinaire. Je ne cours pas la traversée du désert d’Atacama, mais je la fais quand même et c’est ultra grisant ! Je ne peux plus porter un dossard, je ne pourrai sûrement plus jamais en porter, mais je vis ces aventures-là par procuration, dans le partage, et en fait c’est ça mon kiff aujourd’hui. Bon, après, j’avoue, ma femme n’est pas très contente que je dépense entre 5 et 10 000 € de voyages par an, mais c’est pour ma survie, pour mon bien-être. J’en ai besoin.
Bénévole lors du Snowdonia by UTMB 2025. Photo DR
Entre UTMB Mont-Blanc et Marathon des Sables, tu choisis quoi ?
Manu Tara Caballero : MDS, sans hésiter. Je préfère largement les épreuves par étapes dans le désert en déplaçant le bivouac chaque jour aux épreuves qui ne durent qu’une journée parce que sur une journée, je n’ai pas le temps de discuter avec les coureurs alors que quand tu es sur le bivouac, que tu te lèves avec eux, que tu les aides au petit déj et que tu les couches, tu vis le truc 10 fois plus fort. Et ils sont très accessibles dans ces moments-là, c’est ça qui est génial.
Que peut-on te souhaiter pour 2026 ?
Manu Tara Caballero : De continuer à encadrer de l’ultra ! Et que mon projet Cœur de Sable d’engager une équipe de sapeurs-pompiers de Gironde pour faire le Marathon des Sables Maroc en octobre et récolter des fonds pour la recherche contre le cancer soit un succès. Si les planètes s’alignent, je devrais réussir à avoir un team de 5 sapeurs-pompiers, avec en plus un coach, un kiné et une célébrité – que je n’ai pas encore trouvée. Je monte ça avec l’association Les Foulées de l’Espérance, et j’ai déjà un partenaire majeur pour aider au financement.
Dans l’histoire, si mon état de santé le permet, je servirai de chauffeur au journaliste de Canal+ qui nous suivra, sauf si, par miracle, j’arrive à remettre un dossard, mais je n’y crois pas trop. Et dans la foulée, en 2027, j’imagine déjà renouveler l’expérience, mais cette fois-ci avec un team de sapeurs-pompiers venus de France entière…
Manu Tara Caballero : Il y a des hauts et des bas, bien sûr. Mon état de s’améliore pas, donc je dois apprendre à faire avec les douleurs, trouver les parades. Mais tant que je pourrai continuer à évoluer dans le milieu du sport et de l’ultra, ça ira. Depuis 3 ans, j’ai découvert ce que voulait dire « profiter de l’instant présent », chose que je ne savais pas avant.
Et en fait, ici et maintenant, tout va bien. Je te parle, je regarde le glacier qui est juste derrière, c’est juste magnifique, j’ai de la chance. Je suis ultra chanceux. Si je n’avais pas eu cette maladie, je serais toujours le pompier lambda. Aujourd’hui, le cancer m’offre une espérance de vie réduite, mais ce qu’il me reste à vivre, je le vis trois fois plus vite qu’avant. C’est incroyable tout le bien que ça m’a apporté quand même. Et demain, c’est demain.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/01/Manu-tara-UTMB.png7521200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-01-30 15:03:422026-01-30 15:03:46Manu-Tara Caballero : ultra-bénévole pour vivre plus fort
Quand le « Messie » prend la parole, ce n’est pas pour raconter des salades. Son regard sur l’UTMB, et plus généralement sur le trail aujourd’hui, va en surprendre plus d’un. Nous les premiers. Mais quand c’est Anton qui le dit…
ESPRIT TRAIL N°147 : entre mythes et légendes
Anton Krupicka n’est pas la seule légende présente dans ce numéro spécial. Nous avons également eu le privilège de partager quelques jours avec Mohamad Ahansal, légende du Marathon des Sables, 5 fois vainqueur et 9 fois deuxième de l’épreuve, qui nous a reçus dans le village de ses ancêtres, au cœur de l’Atlas, pour une session de repérages pas comme les autres.
Autre légende, Christophe Le Saux, dit « Le Jaguar », en compagnie duquel nous vous invitons à faire le Grand Tour des Annapurnas, un sentier mythique au cœur du Népal qui éveille aussi bien les sens qu’il élève les âmes.
Autres sentiers légendaires, ceux qui descendent au fond du Grand Canyon du Colorado, avec en option la remontée de l’autre côté et le retour, pour compléter le fameux Rim to Rim to Rim, ou R2R2R, un parcours sur lequel les plus grands ont tenté d’établir des records, la fusée Jim Walmsley en tête. Cécile Bertin est allée traîner ses baskets dans le coin, avant de nous entraîner du côté de la Western States et de la Hardrock, les 2 courses mythiques de l’Ouest américain.
ESPRIT TRAIL N°147 : le trail tel qu’on l’aime
Entraînement, équipement, santé, communauté et bien sûr reportages, ce nouveau numéro d’Esprit Trail, premier de l’année 2026, vous réserve également quelques belles rencontres, des « partenaires particuliers », comme nous les avons appelés, qui forment des duos attachants. Et puis ce numéro, ce sont également des conseils d’entraînement, d’équipement, de santé, et bien sûr des reportages de courses ou de spots où courir. De quoi bien démarrer l’année sur les sentiers.
Retrouvez ESPRIT TRAIL n°147 dès maintenant en kiosque !
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/01/ET147-OPEN.png7961238Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-01-30 09:50:182026-01-30 09:50:22ESPRIT TRAIL N°147 : Anton Krupicka est là
C’est une triste affaire qui a secoué le monde du trail en septembre 2025 : Joyline Chepngeno, gagnante de la mythique course suisse Sierre-Zinal, a été contrôlée positive à une substance interdite, l’acétonide de triamcinolone, et suspendue 2 ans, perdant du même coup son titre remporté sur l’OCC quelques semaines plus tard lors de l’UTMB Mont-Blanc. Une affaire de dopage qui succédait à une autre affaire, toujours à Sierre Zinal, lorsqu’en 2022 les 2 vainqueurs, Mark Kangogo et Esther Chesang, étaient disqualifiés, le premier pour avoir été contrôlé positif, la seconde pour avoir été sous le coup d’une suspension en cours, donc interdite de compétition. Le dopage des coureurs au Kenya est un fléau qui gangrène la pratique de la course à pied, mais y mettre fin semble impossible. Enquête.
Joyline Chepngeno, le rayon de soleil des Milimani Runners
C’était une belle aventure de Julien Lyon. Son projet, les « Milimani Runners », faisait sens : extraire les Kényans du marathon, filière très encombrée, pour les faire réussir sur les sentiers. Improvisé coach, le Suisse et son épouse kényane, Lavina Achieng, ont poussé cette dynamique avec un engagement solidaire qui semble sincère, le projet « Simba for Kinds », pour venir en aide aux enfants en difficulté d’Iten, la « capitale mondiale » de l’entraînement marathon, sur les hauts plateaux du Kenya.
Mais depuis, les choses se sont un peu gâtées… Tout d’abord en août 2022, lorsque Marc Kangogo, un de ses athlètes, est contrôlé positif après sa victoire à Sierre Zinal. L’affaire faire grand bruit, les Kényans sont montrés du doigt, le « tous dopés » qui vise régulièrement les coureurs africains trouve un nouveau terreau dans le trail, puis les choses se tassent. Et, en 2024, un conte de fées illumine l’histoire des « Milimani Runners » lorsqu’une inconnue franchit en héroïne la ligne d’arrivée de Sierre-Zinal.
Coachée par Julien Leroy, Joyline Chepngeno témoigne alors : « J’ai 24 ans. Quand on finit l’école, on essaye de gagner notre vie. Mon mari m’a quittée et m’a laissée seule avec mes deux enfants. Dans le même temps, je voyais des copines remporter des courses à l’étranger et revenir acheter de grandes maisons au Kenya. J’ai donc décidé, en 2022, de me mettre à la course. Au Kenya, je m’entraînais seule, et je n’arrivais pas à grand-chose. J’ai rencontré Julien qui m’a aidée. Il m’a permis d’avoir une structure. Il m’a testée et il a vu que j’étais forte, il m’a proposé de participer à une course en Europe. J’ai alors tout fait pour réaliser une grosse performance. »
Joyline Chepngeno à l’arrivée de Sierre-Zinal 2025. Photo Rising Story / Mathis Decroux / GTWS
Après le beau temps, l’orage du dopage
Depuis son éclatante victoire à Sierre-Zinal, Joyline Chepngeno n’a plus quitté les podiums des courses auxquelles elle a participé. Victoire lors de l’épreuve finale des Golden Trail World Series 2024 à Locarno en octobre 2024, 2ème place en Chine, sur la Grande Muraille, en avril 2025, victoire sur le prestigieux Marathon du Mont-Blanc en juin 2025, 3ème place sur les sentiers corses du Tavignanu, lors du Restonica Trail, en juillet 2025, Joyline joue les premiers rôles, invariablement. Et double la mise en remportant de nouveau Sierre-Zinal, le 9 août 2025, puis en s’imposant sur l’OCC, la « petite » des finales du circuit UTMB lors de la grand-messe chamoniarde, fin août (elle sera par la suite privée de sa victoire, NDLR), pour le plus grand bonheur de Julien Leroy.
Mais l’ivresse ne dure guère longtemps. Le 9 septembre 2025, les organisateurs de Sierre-Zinal annoncent dans un communiqué que Joyline Chepngeno a été contrôlée positive à l’acétonide de triamcinolone, un glucocorticoïde, et prononcent la disqualification de l’athlète de l’édition 2025, assortie d’une interdiction de participer à Sierre-Zinal pendant sa suspension de 2 ans. Ce cas de dopage intervenant pour la deuxième fois en trois éditions sous la responsabilité de Julien Lyon, ces mêmes organisateurs annoncent en parallèle des mesures drastiques à son encontre, avec une suspension à vie de Sierre-Zinal et une interdiction pour tout athlète de participer sous son nom ou sa structure à une prochaine édition. Pour couronner le tout, Sierre-Zinal exige également le remboursement des dépenses engagées (hébergement, repas, déplacements, frais administratifs) et se réserve la possibilité d’une demande d’indemnisation pour atteinte à l’image de l’épreuve.
Milimani Runners : le manager Julien Lyon se rebiffe
Immédiatement, Julien Lyon déplore la sévérité de la sanction et ce discrédit. Selon lui, il n’est en rien responsable des injections faites au Kenya sans qu’il en ait été informé par son athlète Joyline Chepngeno, qui, précise-t-il, l’a « toujours tenu informé avant de prendre le moindre médicament », règle qu’il a instaurée avec tous les athlètes des Milimani Runners. S’il n’ignore pas que la tentation de dopage est omniprésente au Kenya, sensibiliser ses « poulains » aux risques encourus fait partie de son rôle d’encadrement, et il s’y astreint, rappelle-t-il. Aussi, le « coach maudit » a engagé une procédure civile envers Sierre-Zinal pour que les sanctions à son égard et sa structure soient annulées.
En réponse, et à titre provisoire, avant le jugement de l’affaire, les organisateurs de la course suisse ont supprimé du communiqué de presse relatif à ce cas de dopage, le chapitre concernant Julien Lyon et l’équipe Milimani Runners. Mais avant même de connaître les conclusions de l’enquête, ils ont tenu à réaffirmer leur souhait de ne plus entendre parler des Millimani Runners sur leur épreuve : « Nous ne cherchons pas à reprocher à une équipe une implication directe dans les pratiques de dopage. En revanche, nous exigeons une meilleure vigilance lors de l’accompagnement des athlètes. Nous demandons explicitement aux agents, team managers ou autres personnes privées représentant des athlètes, de respecter l’éthique de l’évènement. Cette mesure de responsabiliser davantage le team, est la conséquence directe d’une situation exceptionnelle. Elle vise à préserver l’intégrité de la course, à protéger la santé des athlètes et à défendre la réputation de Sierre-Zinal. »
Dopage : le mea cupla de Joyline Chepngeno
Prise au piège, l’athlète kényane n’a pas cherché à nier les faits, et a elle aussi choisi de communiquer, en expliquant son geste : « J’ai été testée positive pour une substance interdite. C’est une injection reçue pour traiter une blessure au genou. Mon genou a été blessé pour la première fois lors de mes débuts à Sierre-Zinal en 2024, et la douleur a persisté. C’est lors de ma victoire à l’OCC que l’état de mon genou s’est aggravé. Au Kenya, nous avons un accès très limité à un traitement médical standard et à un soutien sportif professionnel. Par désespoir, je suis allée dans une pharmacie de la ville de Nairobi pour demander de l’aide. Le praticien m’a recommandé un analgésique injecté, m’a assuré qu’il ne s’agissait pas de dopage. J’ai accepté l’injection parce que je craignais de ne pas pouvoir participer autrement. Je n’ai pas informé mon entraîneur, Julien Lyon, parce qu’il ne m’aurait pas laissé courir s’il avait su que je souffrais tellement. Mais j’ai dû courir, car c’est mon seul moyen de nourrir mes deux enfants et ma mère veuve. J’assume l’entière responsabilité de mon erreur… »
Julien Lyon tient à préciser : « Joyline n’a pas voulu me dire qui l’avait conseillée pour se soigner, ni dans quelle officine elle avait acheté le produit incriminé. De notre côté, nous fournissons à nos athlètes un suivi médical rigoureux et professionnel. Son souci au genou était connu et géré dans le respect de l’éthique médicale sportive. Et le produit qu’elle a pris n’améliore pas la performance. Nous avons un cadre fixé par Salomon qui intègre la mise à disposition d’une équipe médicale, de physiologistes à travers Blaise Dubois de la Clinique du Coureur, d’entraîneurs, comme Adrien Séguret. Mais c’était encore un projet émergent, avec des budgets extrêmement limités. J’avais un médecin à disposition, pour répondre à mes questions sur les médicaments que les athlètes souhaitaient prendre, surtout pour des rhumes, des antibiotiques. Il me donnait son accord, mais tout se passait à distance. Il n’y avait que moi sur place. Je n’avais pas forcément pris conscience de la gravité de la situation. C’est un vrai gâchis. »
120 euros par mois, le revenu moyen d’un Kényan
Pour se rendre compte de l’importance que peut revêtir une victoire pour un Kényan, il faut connaître quelques chiffres significatifs. Le salaire moyen est à peine supérieur à 120 euros par mois, soit 1500 euros par an. En signant avec Julien Lyon, Joyline Chepngeno aurait, selon les informations communiquées par ce dernier, reçu un revenu fixe de 10 000 euros de la part de son équipementier pour 2025, et un engagement à 20 000 euros pour 2026. Ses victoires à l’OCC, puis à Sierre-Zinal, lui ont par ailleurs permis de doubler ces gains garantis.
Avec ces milliers d’euros, l’intéressée pouvait donc faire vivre sa famille pendant des dizaines d’années. Mais il semblerait que ces primes de victoires attisent la cupidité d’individus peu scrupuleux gravitant autour des coureurs kényans, en dehors de l’influence des managers. Proposant gratuitement des produits dopants, ils se rémunéreraient sur un pourcentage des gains remportés par l’athlète. Fonctionnant de manière quasi-mafieuse, ils feraient régner une omerta qui dissuaderaient les coureurs pris dans les filets de l’antidopage de révéler comment ils se sont procuré leurs produits.
A Iten, au Kenya, mondialement connu pour ses centres d’entraînement. Photo Esther Morreel
Dopage : qui pour contrôler ?
L’existence d’un tel système est complexe à résoudre, et dépasse les institutions en charge de la lutte anti-dopage comme les organisateurs de course. À court terme, la seule option pour les managers de teams kényans afin de sécuriser la participation de leurs athlètes, serait de procéder en amont des épreuves à des contrôles préventifs pour s’assurer de l’intégrité de leurs coureurs. Un process coûteux, mais qui paraît aujourd’hui indispensable pour restaurer la confiance envers ces coureurs courageux et qui méritent de montrer leurs talents – sans artifice – sur les sentiers du trail mondial. Car le ver est dans le fruit. Actuellement, 142 Kényans, presque tous des coureurs, sont suspendus. Ces suspensions pour dopage concernent majoritairement les femmes, avec plus de 50% de sanctionnées, alors que la proportion de femmes est très minoritaire dans le peloton des coureurs kényans. Fait alarmant : aucun autre pays au monde ne compte autant de sportifs sanctionnés, et en particulier de femmes.
Parallèlement, pour que la lutte contre ce fléau soit efficace, il faudrait également que les contrôles anti-dopage soient plus fréquents sur les épreuves majeures de trail du calendrier national et international, qui évoluent pour la plupart en dehors d’un contexte fédéral. Car aujourd’hui, les contrôles opérés en France lors des trails sont très rares : sur plus de 3 500 épreuves organisées en 2024, le nombre des contrôles s’est élevé à 160, dont plusieurs sur les mêmes courses, en particulier les championnats fédéraux.
Mais là non plus, rien n’est simple. Il faut savoir que la loi française ne permet pas à un organisateur privé de financer par lui-même des contrôles anti-dopage. L’AFLD (Agence Française de Lutte Contre le Dopage) est la seule structure nationale habilitée à réaliser ces contrôles, et elle ne peut être rémunérée par une personne morale de droit privé. De ce fait, les grands trails français qui ne sont pas ciblés par l’AFLD et voudraient mettre en place sur leurs épreuves de tels contrôles valides au niveau juridique, n’ont d’autres recours que de faire réaliser ces tests par des structures étrangères habilitées. Ainsi, l’UTMB collabore avec l’International Testing Agency (ITA), agence prestataire de nombreuses fédérations, dont l’Union Cycliste Internationale. L’UTMB Group mobilise ainsi 100 000 euros par an pour contrôler les finales de l’UTMB Mont-Blanc à Chamonix, mais aussi des manches de son circuit.
Raphaël Roux : « Exclure les coureurs de Julien Lyon, ce n’est pas la bonne solution ! »
Envoyé spécial au Kenya de l’Unité d’Intégrité de l’Athlétisme, Raphaël Roux travaille depuis 2017 pour la Fédération Internationale d’Athlétisme et est charge des contrôles antidopage « hors compétition ». Il collabore notamment avec les World Marathons Majors et les principaux équipementiers qui contribuent financièrement à lutte antidopage. Et il connaît particulièrement bien la réalité de la situation au Kenya : depuis 2023, il vit à Eldoret, dans la vallée du Rift, au contact direct des principaux camps d’entraînement de fond au Kenya. Il est en charge du suivi de tous les athlètes kényans, ainsi que de la formation des testeurs. Une collaboration soutenue par le gouvernement kényan, qui a décidé de mettre 5 millions de dollars par an sur 5 ans pour aider sa fédération d’athlétisme à prendre la mesure du problème et à le résoudre.
Très concrètement, c’est Raphaël Roux qui épaule l’agence kényane antidopage, pour déployer un système antidopage fiable dans ce pays gangréné par la multiplication des cas positifs, ce qui dévalue les performances de l’ensemble des athlètes kényans aux yeux de la communauté sportive. Raphaël Roux : « Je peux attester d’une vraie mobilisation sur le terrain pour éradiquer ce dopage endémique. C’est d’ailleurs pour cela que le nombre de cas positifs a énormément augmenté ces deux dernières années. Ce n’est pas qu’il y a plus de dopés, c’est qu’il y a plus de contrôles.Notre travail au quotidien, c’est de tester les bons athlètes, en recherchant les bonnes substances, et au bon moment ! »
Dopage au Kenya : des méthodes dignes des cartels colombiens
Récemment, la Fédération Internationale d’Athlétisme a failli déchoir l’Agence antidopage kényane car elle ne respectait pas les critères requis pour lutter contre le dopage. Elle lui a accordé quelques mois de délai pour se mettre en conformité. Aujourd’hui, la situation s’améliore, avec sur le terrain des intervenants plus qualifiés. Mais il faut maintenant que tous les acteurs locaux se coordonnent pour unir leurs forces. Or il y a actuellement des ruptures de financement qui interrompent les actions, et l’engagement financier du gouvernement doit se concrétiser. Il faut aussi que des enquêtes soient menées pour repérer et démanteler les filières. Car il s’agit bien de dopage organisé. Raphaël Roux : « Les mécanismes en place au Kenya pour ce qui est de la disponibilité des drogues sont identiques à celles des cartels colombiens. Des personnes peu scrupuleuses regorgent d’idées pour refourguer leurs drogues, et le fait d’investir sur un athlète en se rémunérant sur les primes glanées en Europe a été cité dans de nombreux cas. »
Dopage : la mauvaise réponse de Sierre-Zinal, selon Raphaël Roux
Raphaël Roux : « Les World Marathon Majors, créés en 2006, regroupent les courses majeures de marathon : Berlin, Boston, Chicago, Londres, New York, Tokyo en 2013 et Sydney depuis 2025. Ayant identifié qu’il y avait un risque majeur de dopage en Afrique de l’Est, ils se sont associés pour travailler à l’intégrité des athlètes participant à leurs épreuves, et redonner confiance dans les performances réalisées. Il faut que le trail fonctionne ainsi. Il faut mettre sous surveillance les meilleurs traileurs. Sierre-Zinal a choisi d’exclure les Kényans de Julien Lyon. Se priver des coureurs qui peuvent gagner les courses n’est pas une bonne solution.
C’est pointer le problème sans le résoudre, car des dopeurs, il y en a partout et pas qu’en Afrique de l’Est. Le fait de faire des tests uniquement en compétition ne permet d’attraper que des sportifs qui se dopent de manière grossière. Il faut que le monde du trail fonctionne comme le monde du road running. Attraper Joyline Chepngeno, c’est facile. Aujourd’hui, on compte sur les doigts d’une main les traileurs d’Afrique de l’Est qui sont sous contrôle. Il ne faut pas exclure un groupe comme cela. Le trail étant une discipline montante, avec des contrats de sponsoring et des primes, il faut une réponse adaptée qui vienne du monde du trail. »
Dopage : l’avis radical d’Odile Baudrier, organisatrice du Festival des Templiers
Très impliquée dans la lutte contre le dopage, Odile Baudrier s’est confiée à Julien Gilleron, du média Relance ! Et elle n’y va pas par 4 chemins ! « La course à pied est une industrie et c’est ce qui fait qu’on a une dérive qui est de plus en plus importante, qui est générale, et pour moi je suis favorable à un moratoire de plusieurs années sur le Kenya, où les Kényans ne sont plus acceptés en dehors de leur pays pour courir. C’est violent, mais c’est vrai qu’on peut avoir des doutes sur tout le monde et je trouve que ça pourrit la situation. On se retrouve encore ce week-end sur certaines épreuves, à Paris, à Chicago, avec des Kényans et Kényanes qui gagnent, et dans 3 mois on va encore nous dire qu’ils étaient dopés. Et la Française qui est 3ème aux 20 km de Paris, elle se retrouverait peut-être 2ème ou 1ère, et je trouve que c’est injuste pour les athlètes qui ne veulent pas utiliser de produits.
Et pour moi la situation kényane est tellement exceptionnelle que c’est comparable à la Russie, donc on devrait faire la même chose : suspendre le pays pour un petit moment, le temps que ça se normalise. Il y a trop de trafic, il y a trop de gens qui sont intéressés par les énormes primes qui sont retirées des épreuves en Europe. Julien Lyon a bien donné les échelles de valeurs, dans les courses sur route mais en trail aussi, parce que si on prend l’exemple de Joyline, 40 000 dollars, il disait que ça faisait 400 ans de salaire au Kenya. Forcément, face à ça, qu’est-ce qu’on peut faire… »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/01/Kenya.-Photo-Esther-Morreel.jpg8651200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2026-01-28 05:00:002026-01-26 10:31:36Dopage des coureurs kényans : que faire ?
C’est une pente de très exactement 66 mètres et 67 centimètres de dénivelé que Benjamin Mougel, 28 ans, et son « équipage » ont patiemment aménagé dans la forêt vosgienne, enlevant quelques racines, aménageant un demi-tour, rabotant une proéminence, pour que le sentier soit le plus homogène possible. Car il va le bouffer, ce sentier. Longtemps. En montée comme en descente. Pendant 24 heures non stop. Son objectif : tenter de battre le record de D+ en 24 heures détenu par le Suisse Christophe Nonorgue avec 18 767 mètres.
Pour cela, il ne faudra pas traîner, et enchaîner sans cesse, sans faiblir, même au plus profond de la nuit, quand la monotonie sera installée depuis longtemps et que seul le mental permettra de s’accrocher à ce rêve fou. 317 fois, Benjamin Mougel montera et descendra, pour pulvériser le record sous les yeux de Nonorgue, venu l’encourager en ami. Il franchira même la barre irréelle des 20000m D+, puis celle des 21000, pour finalement porter le record à 21 134 mètres, un score stratosphérique. Oui, ce jour-là, Benjamin Mougel a décroché la lune. Un film touchant de simplicité d’un garçon modeste entouré d’une équipe bienveillante. Et quelles cuisses !
Sortie : 2025 Durée : 16 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/01/Objectif-Lune.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-01-27 05:00:002026-01-26 08:59:01Objectif Lune, le record du monde de dénivelé en 24 heures de Benjamin Mougel
Il y a des départs qu’on n’oublie jamais. Celui de Baptiste commence dans la nuit de Courmayeur… et s’écrira à la lumière du jour. À 30 ans, Baptiste Petitjean poursuit son rêve du haut niveau tout en jonglant avec sa vie de salarié chez Millet. L’ultra l’obsède : le vrai, celui qui fait basculer la nuit, où chaque pas devient une leçon de patience. Après une 9ème place à la CCC en 2023 et une 3ème place au 90 km du Mont-Blanc en 2024, un abandon sur la CCC cette même année lui a laissé un goût amer. Mais sa saison 2025 a bien démarré, avec une victoire sur le Trail des Chamois et un podium sur le 73 km du Tenerife Blue Trail. En ce mois d’août, il décide de s’aligner sur la TDS : 153 km, 9 000m de D+, un tracé sauvage qu’il connaît presque par cœur.
Pourtant, à l’aube de ce premier ultra de plus de 120 km, rien n’est simple : blessure, incertitude, reprise trop rapide… et cette peur sourde de ne pas être prêt. Mais ce soir-là à Courmayeur, le dossard accroché et la frontale allumée, Baptiste est là. Entre excitation et crainte, partagé entre rêve et réalité. Premier Pas explore ce moment fragile où tout peut basculer : la tête, les jambes, le cœur. Un film de Flavien Abbate sur le courage discret de continuer, la beauté du doute, et la manière dont on se réinvente, en montagne, comme dans la vie.
Sortie : 2025 Durée : 20 minutes Langue : Français
Loin du cliché de la barre énergétique qui sauve une sortie longue ou du gel qui sauve une séance de fractionnés, les élites de l’ultra-trail, quand elles s’élancent sur un tour du mont Blanc, suivent un plan nutritionnel précis, testé et adapté à leurs besoins. Grégoire Dandres, propriétaire de la marque de nutrition sportive Mulebar depuis 2015, s’est penché sur leur stratégie pour mieux élaborer ses propres produits 100% naturels. Son constat : la variété des approches est étonnante.
François d’Haene : la science du liquide
Quadruple vainqueur de l’UTMB (2012, 2014, 2017, 2021), le Savoyard, ex-viticulteur dans la vallée du Rhône et kiné, a bâti sa réputation sur une approche méthodique et pragmatique.
« J’évite les fibres, le gras et les protéines excessives juste avant la course. Ma boisson riche en électrolytes est mon fil d’Ariane : je la bois par petites gorgées, tout le long. Quand le solide ne passe plus, c’est elle qui me tient debout… Et à l’arrivée, je me rattrape sur le salé, les fruits, et beaucoup d’eau minérale. »
François D’Haene. Photo Jocelyn Chavy
Kilian Jornet : l’instinct et l’adaptation
Enfant prodige du trail mondial, vainqueur de l’UTMB dès l’âge de 20 ans (2008), ses débuts furent… spartiates. Chez lui, la nutrition n’est pas figée : c’est une adaptation permanente, au ressenti, à la météo, à l’altitude.
« Pour mon premier UTMB, je n’avais rien planifié du tout. J’avais juste pris des bananes et un peu d’eau, et c’est tout. À l’époque, on ne parlait quasiment pas de stratégie de nutrition. Aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention : je varie plus, j’alterne aliments liquides, vrais aliments, quelques gels mais jamais en excès parce que j’ai appris que trop de gels finissent toujours par me provoquer des problèmes digestifs. Je ne compte pas les calories, je fais tout au ressenti, et je préfère toujours privilégier la vraie nourriture. Je pense que la clé, c’est de tester, d’apprendre sur soi-même et de ne pas hésiter à adapter sa stratégie en fonction des circonstances de la course. »
Kilian Jornet. Photo UTMB Group
Courtney Dauwalter : l’anarchie maîtrisée
Reine des ultras (3 UTMB gagnés, en 2019, 2021 et 2023, ainsi que plusieurs Western States et Hardrock 100), l’Américaine se reconnaît à ses shorts larges, son sourire et… son absence de stratégie chronométrée.
« Je ne suis pas du genre à faire biper ma montre pour me rappeler de manger, et je ne veux pas m’obliger à m’alimenter toutes les 15 ou 30 minutes pendant une course. Je préfère consommer lentement les calories que j’ai aussi souvent que possible. En gros, je fais un “concours d’alimentation en mouvement”. »
Courtney Dauwalter. Photo UTMB Group
Katie Schide : l’efficience millimétrée
Âgée de 32 ans, l’Américaine Katie Schide s’est imposée comme l’une des références mondiales de l’ultra-trail, avec deux victoires sur l’UTMB (2022, 2024), une victoire sur la Western States et une sur la Hardrock 100 l’été dernier. Rigoureuse tant dans sa préparation que dans sa gestion nutritionnelle en course, elle s’appuie sur une stratégie rodée et millimétrée.
« J’ai beaucoup appris lors de mon premier UTMB en 2022. Depuis, je teste, j’ajuste, mais il faut être prête à faire différemment si quelque chose ne passe pas. Sur l’édition 2024 de l’UTMB, les deux dernières heures ont été difficiles à cause de crampes d’estomac. J’ai essayé d’ajuster mes apports au fil de la course, mais je sais maintenant que rien n’est jamais acquis, même avec un bon plan. »
Katie Schide. Photo UTMB Group
Jim Walmsley : l’ingénieur de l’effort
En 2023, l’Américain a fait tomber une barrière, devenant le premier coureur US à gagner l’UTMB, après plusieurs tentatives ratées. Pour y parvenir, il a transformé sa façon de s’alimenter. Walmsley est un coureur scientifique : derrière son style fluide se cache un tableau Excel mental, préparé pièce par pièce.
« Ma nutrition est un sujet très évolutif pour moi, mais lorsque j’ai gagné l’UTMB, j’avais enfin confiance dans mon plan d’alimentation. J’ai utilisé des gels énergétiques saveur passion et des boissons énergétiques, mais aussi de petits rice cakes sucrés ou salés préparés maison avec ma femme. On a totalement supprimé les bonbons et la malbouffe. On a testé toutes les saveurs et combinaisons pendant l’entraînement et en course, toujours en alternant le sucré et le salé pour éviter d’être écœuré. Mon objectif était de passer vite aux ravitaillements, mais aussi d’être très régulier : même si je n’en avais pas envie, je mangeais toutes les 30 à 40 minutes, pour ne jamais me retrouver en manque d’énergie sur la fin. C’est ce qui m’a permis d’être fort dans les derniers kilomètres. »
Jim Walmsley. Photo UTMB Group
Ludovic Pommeret : l’expérience de la longévité
À 50 ans, Ludovic Pommeret, vainqueur de l’UTMB en 2016, de la Diagonale des Fous en 2021, et double lauréat de la Hardrock 100 en 2024 et 2025, a fait évoluer sa stratégie nutritionnelle au fil du temps.
« Avant, je mangeais à la sensation, en me basant sur l’eau et les gels énergétiques. Aujourd’hui, j’ai diversifié avec une alimentation essentiellement liquide et semi-liquide, à base de purées et de boissons enrichies : ça a vraiment changé ma course, j’ai moins de problèmes digestifs et je me sens plus régulier. »
Ludovic Pommeret. Photo UTMB Group
Mathieu Blanchard : le méthodique
Avec deux podiums sur l’UTMB (2ᵉ en 2022, 3ᵉ en 2021) et une victoire sur la Diagonale des Fous (2024), Mathieu Blanchard, pragmatique et méthodique, accorde une attention particulière à la nutrition, misant sur un plan précis et testé à l’entraînement.
« Mon plan de nutrition pour l’UTMB est extrêmement simple. Je vise 80g de glucides par heure, soit environ 400 kcal/h. J’ajoute en ravitaillement des purées salées, histoire de casser le sucre, et trois petites bouteilles : une de soda, une d’eau plate et une d’eau pétillante. J’essaie toujours d’être minimaliste, et d’épurer au maximum ma stratégie alimentaire d’année en année. »
Mathieu Blanchard. Photo UTMB Group
Anton Krupicka : le minimaliste
Véritable légende du trail américain, Anton Krupicka est souvent salué pour son style ascétique aussi bien dans l’effort que dans la vie quotidienne. Son retour annoncé sur l’UTMB 2025, 11 ans après sa dernière participation, a fait pschitt. Le « Messie » était bien là, mais n’a pas couru, blessé.
« J’essaie de garder les choses simples. Ne pas manger trop de sucre, veiller à prendre une grande salade chaque jour. Prioriser les protéines, souvent sous forme de légumineuses ou de noix. Pour l’ultra, il faut rester pragmatique : beaucoup de glucides, mais pas comme source principale de calories. Surtout, il faut tester et s’écouter, sans jamais se compliquer la vie. »
Anton Krupicka. Photo UTMB
Ruth Croft : stratégique et adaptable
Néo-Zélandaise installée entre Annecy et son pays natal, Ruth Croft s’est forgé un palmarès international impressionnant. Après sa superbe 2ème place derrière Katie Schide à l’UTMB 2024, elle a survolé l’édition 2025.
« Je m’entraîne à nourrir mon corps comme je vais le faire en course, mais j’ai aussi appris à prévoir des plans de secours si l’estomac ne suit pas. J’essaie de garder les choses simples : beaucoup d’hydratation, une alimentation progressive dans la journée, et surtout ne jamais trop m’éloigner de ce qui a déjà bien marché à l’entraînement. »
Ruth Croft. Photo UTMB Group
Nutrition des élites, le socle commun
Il est frappant de constater que chez tous ces champions, personne ne mange « pareil ». Certains comptent les calories, d’autres non. Certains chronomètrent chaque prise, d’autres s’en remettent uniquement à leur instinct. Néanmoins, tous ont un socle commun.
– Manger tôt et régulièrement – Alterner sucré/salé pour éviter l’écœurement – Tester et ajuster en amont pour « entraîner » l’estomac – Rester flexible et adapter sa stratégie en fonction des sensations – Ne jamais négliger l’hydratation et les électrolytes – S’adapter à la météo
Sans oublier qu’une fois en course, c’est la capacité à adapter sa stratégie en temps réel qui, souvent, fait la différence entre rester en mouvement… ou s’arrêter avant la ligne.
Cet article a été publié dans le magazine ESPRIT TRAIL N°146. Commandez-le en version papier ou numérique ICI
En suivant avec passion les aventures de Kilian Jornet dans les Montagnes Rocheuses lors de son expédition States of Elevation, nous avions noté qu’il utilisait une frontale de la marque norvégienne Moonlight. Mais, contrairement à ce que l’on pensait, ce n’était pas le modèle Bright As Day 800, l’un des best sellers de l’équipementier, mais un nouveau modèle qui vient juste d’être commercialisé, la Noctia Max. On l’a testée sur les sentiers techniques et bourrés de pièges de Moorea, lors du Tahiti Moorea Ultra Trail.
Moonlight, une marque norvégienne chère à Kilian Jornet
On le sait tous, le Patron n’est pas du genre à prendre les choses à la légère, surtout lorsqu’il s’agit de s’embarquer dans des aventures de plusieurs jours / semaines sur des parcours exposés. Et il aime par ailleurs privilégier les circuits courts, sauf bien sûr quand l’avion est impératif pour se rendre sur les lieux de ses exploits. C’est donc la petite marque créée par des passionnés d’outdoor dans le nord de la Norvège, pas loin de chez Kilian Jornet, qui a le privilège d’éclairer ses exploits nocturnes. D’où notre envie d’en savoir plus sur cette minuscule frontale Noctia Max…
Photo Nick Danielson
Moonlight Noctia Max : frontale et lampe de poche à la fois
Imaginée comme un couteau suisse, cette Noctia Max a pour vocation d’être utilisée à la fois comme lampe frontale pour courir, mais aussi comme lampe de poche au quotidien grâce à la possibilité de la détacher du bandeau en un clin d’œil. Légère (150 g seulement), son boîtier en alliage d’aluminium recyclable abrite une batterie puissante de 12,6 Wh dont les pôles sont situés du même côté, afin de pouvoir inverser la batterie et éviter tout allumage involontaire de la lampe dans votre sac durant la journée ou pendant un déplacement. Appréciable !
Photo Laura Trompette
Moonlight Noctia Max : 5 modes d’intensité et une grande autonomie
Extrêmement simple d’utilisation, la Noctia Max propose 5 modes d’intensité, allant de 10 à 500 lumens réels et constants, ainsi que les options lumière rouge, lumière blanche d’urgence, stroboscope rouge ou blanc, et séquence SOS. Son faisceau périphérique offre un éclairage agréable, qui ne fatigue pas la vue. Quant à l’autonomie, facteur clé
pour les ultras et autres aventures au long court, elle va de 2h50 en mode « pleins phares » jusqu’à 130 heures en mode éco.
Évidemment, courir avec un éclairage de 10 lumens est un peu risqué, mais s’il s’agit de marcher, lors d’une longue ascension par exemple, cela ne pose pas de problème. Et 11 heures d’autonomie à 125 lumens est largement suffisant pour traverser une nuit, voire deux en dosant son intensité lumineuse en fonction de son allure (5h40 à 250 lumens).
Photo Andy Cochrane
Moonlight : la robustesse certifiée
La Noctia Max bénéficie, tout comme les autres modèles de Moonlight, de la norme IP68, ce qui lui garantit imperméabilité et résistance aux basses températures. La marque vient d’ailleurs de signer un partenariat avec les guides de haute montagne de Samoëns, un gage de sérieux et de qualité supplémentaire, s’il en était besoin.
Existe en Noctia avec 40 grammes de moins, mais une autonomie divisée par 2.