On nous apprend à poursuivre nos rêves. Jamais à écrire la suite. En mai 2026, Clément Deffrenne s’est élancé dans la plus grande aventure de sa vie : parcourir le Baekdu Daegan, un sentier de crêtes mythique qui traverse la Corée du Sud du Nord au Sud. Devant lui, 750 kilomètres, 65 000 mètres de dénivelé et un itinéraire sauvage, parfois interdit, qui mettra son corps, son équipe et leurs certitudes à rude épreuve.
Mais derrière cette tentative de record se cache une toute autre histoire : celle d’un jeune homme que tout le monde connaît sous le nom de Clem Qui Court, mais que personne n’a peut-être encore vraiment rencontré.
Et si la fin de Clem Qui Court n’était pas qu’un coup de com ?
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/08/CLEM-QUI-COURT-COREE.jpg14242522Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-08-24 15:22:512026-08-24 15:22:52Baekdu Daegan : le nouveau film de Clem Qui Court !
10 ans après son premier record, François D’Haene est revenu en juillet 2026 sur le mythique GR20 en Corse. Le GR20, c’est 170 km et 12 000 m de dénivelé sur l’un des sentiers les plus techniques et exigeants d’Europe. En 2016, avec son équipe, il y avait établi un chrono de 31h06 qui constituait à l’époque le record du parcours. Cette marque avait ensuite été abaissée à 30h25 par le Corse Lambert Santelli en 2021.
Mais revenir sur le GR20 10 ans plus tard n’était pas pour François D’Haene seulement une question de chrono. C’était aussi et surtout l’envie de redompter ce sentier, de se reconnecter à l’essence même des OFF ou des FKT (Fastest Known Time) et surtout, de partager une aventure humaine d’une intensité rare avec sa famille et ses proches.
De la chaleur écrasante aux doutes sur les crêtes, en passant par les moments intenses partagés au cœur des montagnes corses, revivez cette aventure de l’intérieur.
Sortie : 2026 Durée : 26 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/08/GR20-DHAENE-2026.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-08-23 10:38:502026-08-23 10:38:5210 ANS APRÈS – Le nouveau record du GR20 par François D’Haene
Membre emblématique du Team Kailas FUGA, le Népalais Sangé Sherpa continue, à 45 ans, de collectionner les performances sur longues distances comme peu d’autres ultra-runners. Après son enchaînement titanesque durant l’été 2025 (TransPyrenea 900, SwissPeaks 700, Tor des Géants et Ultra Gobi), il est de retour sur la 10ème édition de la SwissPeaks, sur le format Legend (397 km et 27500m D+) avec un statut de favori. La pression ? Il ne connaît pas. Entretien avec un coureur pas comme les autres.
Sangé Sherpa : du Népal à la France, histoire d’un destin
Sangé Sherpa est né au Népal le 9 juillet 1981, dans une petite maison du village de Thukima, accroché aux montagnes de Taplejung. Son enfance est semblable à celle de ses pairs : pour aller à l’école, il faut arpenter des sentiers sur de nombreux kilomètres où chaque pas est un équilibre. Une école de la vie qui forge le mental et façonne le goût de l’effort.
Jeune adulte, il quitte le giron familial et part rejoindre deux de ses sœurs dans la grande ville de Katmandou où il devient, comme nombre de ses congénères, guide de trek pour payer ses études. Parlant déjà anglais, et pour avoir un atout de plus, il décide de se mettre au français et d’ainsi pouvoir accompagner les touristes francophones avides de sommets.
Appliqué et assidu lors de ses cours de français, il gagne une bourse de l’État français pour venir en stage au Centre de Langues Appliquées de Besançon… Une opportunité qui change le cours de sa vie.
Sangé Sherpa, l’instinct plus fort que tout
Le Jura, il y construit sa vie, fonde une famille et travaille pour subvenir à ses besoins. Sangé Sherpa ne savait ce qu’était le trail avant d’arriver en France. Et comme souvent dans sa vie, c’est le hasard qui guide ses pas : en travaillant dans un magasin de sport, il fait la connaissance d’autres coureurs et se met à courir. De plus en plus longtemps…
Les témoignages de ses amis les plus proches sont sans ambiguïté. Sangé n’est jamais là où on le cherche, et seul son instinct guide ses pas. Bien sûr, son domaine de prédilection, ce sont les longues distances et les dénivelés positifs.
Vu de l’extérieur, rien ne paraît difficile à cet ogre de la course à pied, semi-professionnel grâce à l’équipementier Kailas FUGA, avec qui il est sous contrat depuis 5 ans. Pourtant, quand on l’interroge sur ses secrets de performance, on ne trouve ni planification rigoureuse, ni entraînement spécifique, ni coach miracle ou potion magique. « Je ne cours pas pour la performance, mais pour l’expérience de vie que cela me procure. Le trail, c’est mon équilibre !», se plaît-il à dire. Une semaine avant le départ de la SwissPeaks Legend, il nous a accordé un entretien.
Sangé Sherpa, le trail passionnément. Photo DR
Sangé, tu as une approche de la course totalement instinctive, sans entraînement structuré. Tu n’as jamais souhaité avoir un coach ?
Sangé Sherpa : Non, je n’ai pas de coach, ni pour l’entraînement, ni pour l’alimentation. Si je devais avoir un entraînement structuré, je pense que je ne serais pas heureux et je ne profiterais pas autant des courses.
La grande majorité des coureurs qui font des podiums ont pourtant des coachs et des plans d’entraînement, avec des montées en charge, des phases de repos, etc… Ça ne te parle pas ?
Sangé Sherpa : Non, parce que je devais courir pour aller chercher un résultat, je ne profiterais pas autant des courses. Si je devais faire attention à mon entraînement, faire attention à tout ce que je mange ou à tous les efforts que je fournis, et que j’avais un suivi scientifique un peu structuré, je pense que je ne serais pas content, que je serais obligé de me limiter dans le nombre de courses.
Qu’est-ce que te procurent ces enchaînements de longues distances ?
Sangé Sherpa : Le plaisir. Je cours pour le plaisir avant la performance. Je n’ai pas d’attente de performance, donc je n’ai aucun regret. Si j’ai fait trop et si demain je me blesse, je l’accepte et je fais autre chose. J’ai quelques copains qui font énormément attention, qui font de très bonnes préparations, qui sont à 100% concentrés sur les courses pour faire les meilleures performances possibles, et après, quand ils ratent, je vois qu’ils ne sont pas bien. Et je comprends ce côté-là, bien sûr. Psychologiquement, on peut être très affecté quand on a beaucoup travaillé pour atteindre un objectif. Donc moi, je ne me prépare pas, je ne me mets pas la pression. Et puis après, la course, si ça se passe mal, c’est OK, puisque je n’avais pas d’objectif.
Semi-professionnel depuis 5 ans et tête d’affiche du team Kailas FUGA. Photo Visualps
Courir pour le plaisir suffit à te nourrir ?
Sangé Sherpa : Voilà, exactement ! Je pense qu’en courant pour le plaisir, on profite mieux. Et puis aujourd’hui, à mon âge, je ne pense pas que faire des préparations structurées changerait grand chose. Mais ça ne veut pas dire que je n’aime pas la compétition ! J’aime bien faire des résultats, mais à côté, j’aime bien profiter aussi. C’est une sorte d’équilibre.
On te connaît effectivement redoutable compétiteur. D’ailleurs, l’an dernier sur la SwissPeaks Odyssey, le format 700 km, tu avais livré une superbe bataille avec le Suisse Nicolas Lehmann, triple vainqueur du format 250 km de l’Eiger Ultra Trail en 2023, 2024 et 2025…
Sangé Sherpa : Oui, avec Nicolas, on a un peu fait la compétition, c’était bien, ça nous a permis d’aller chercher nos limites, mais après, si on oublie les podiums ou le classement, on profite différemment. L’année dernière par exemple, après l’abandon de Nicolas, je me suis retrouvé seul et j’ai pu profiter un peu plus. Disons que gagner une course ou de faire la bonne place, c’est un plaisir supplémentaire.
Cette année, tu t’alignes au départ de la SwissPeaks Legend, un format de 400 km, exactement la même distance que le Crossing Switzerland que tu as couru il y a un mois, mi-juillet, où tu as fini 5ème. Quelle est la principale différence entre ces deux courses ?
Sangé Sherpa : C’était la première fois que je faisais le Crossing Switzerland, qui est sur le tracé de la Via Alpina. Ça m’a permis de découvrir d’autres montagnes suisses, et c’est une course plus accessible que la SwissPeaks je pense.
Sangé Sherpa lors du Crossing Switzerland 2026. Photo Organisation
La SwissPeaks est plus technique, avec un peu plus de dénivelé (27500m D+ contre 24500m D+, NDLR), plus en haute montagne. C’est un parcours dans des montagnes que j’aime beaucoup. J’aime aussi l’ambiance de cette course, les ravitaillements, les spécialités locales… Je me rappelle, l’an dernier, quand j’avais mangé des champignons que j’avais ramassés et bu un peu de vin rouge, j’étais bien en train d’apprécier le repas et les gens de l’organisation m’avaient dit de me dépêcher et j’avais dû courir après pour passer une barrière horaire avant un orage qui allait neutraliser la course. C’est un super souvenir.
Sangé Sherpa en pleine cueillette de champignons lors de la SwissPeaks 2025.
Tu as déjà fait deux fois le format 170 km de cette SwissPeaks, une fois 1er, une fois 2ème, tu as fait une fois le format 700, tu fais cette année le format 400, ce n’est pas un peu répétitif, toujours ces mêmes montagnes ?
Sangé Sherpa : Ce sont les mêmes montagnes, le paysage reste le même, mais ce n’est jamais la même course, à chaque fois, l’expérience est un peu différente. Tu rencontres des personnes différentes, ta forme physique est différente… Ça dépend de la météo aussi. Et puis j’ai toujours le plaisir de retrouver l’organisation, qui m’apprécie et que j’apprécie aussi.
À propos de forme physique, l’an dernier, tu as effectué un enchaînement de courses monstrueux et remporté la SwissPeaks 700 juste après avoir remporté la TransPyrenea 900, avant d’aller sur le Tor des Géants puis l’Ultra Gobi. Performances, podiums et plaisir peuvent donc se conjuguer ensemble ?
Sangé Sherpa : Oui, c’était une expérience de faire tellement de grandes distances à la suite. Surtout que j’étais parti depuis les Alpes suisses à vélo pour aller dans les Pyrénées, et que j’avais ensuite relié les courses toujours à vélo. C’était une façon de me tester de moi-même, de faire quelque chose de différent.
Sangé Sherpa au départ de la SwissPeaks 2025, qu’il avait rallié en vélo depuis les Pyrénées. Photo DR
Mais j’avais aussi construit ce défi autour d’un projet pour les enfants du Népal, avec une cagnotte en ligne. Et c’est d’ailleurs grâce à Esprit Trail que ça avait bien marché et que j’avais pu atteindre l’objectif de la cagnotte, vous m’avez tellement soutenu que beaucoup de gens m’ont fait confiance et m’ont permis de réaliser ce projet. J’étais vraiment content de ça.
Sangé Sherpa dans son village natal en 2026, en pleine construction grâce à la cagnotte de son défi 2025. Photo DR
Tu pars cette année avec l’étiquette de favori et on t’attend forcément sur le podium. Est-ce que c’est une pression pour toi ?
Sangé Sherpa : Non, je ne me mets pas la pression du tout parce que oui, c’est bien de gagner une course, mais la grande distance comme ça, c’est bien plus qu’une course en fait. Je pense qu’on ne doit pas trop regarder les chronos ou les places. Je ne prévois jamais de faire des chronos ou quoi que ce soit, mais juste de prendre le départ et puis après de profiter du moment et de gérer comment ça se passe. S’il y a des coureurs qui veulent jouer, je serai là car j’aime bien jouer, mais ce n’est pas une pression pour moi.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/08/Arpelistock-37.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-08-19 13:24:242026-08-19 13:24:26Sangé Sherpa, favori de la SwissPeaks Legend 2026 : le plaisir avant la performance
Du 30 juillet au 2 août, la Tarentaise a accueilli la première édition du Grand Raid KIPRUN 3 Vallées – Moûtiers, 4ème et dernière étape du circuit Ligue ULTRA 2026. Avec 1 767 inscrits répartis sur les sept formats de course proposés, deux formats offrant des départs inédits en altitude et un format 100M de 170 km et 12000mD+ figurant déjà parmi les plus exigeants d’Europe, l’événement a rassemblé un large public au cœur des paysages emblématiques des 3 Vallées, traversant les stations de Courchevel, Méribel, Brides-les-Bains, Les Menuires, Saint-Martin-de-Belleville, Val Thorens et Orelle.
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : une réussite populaire
Avec sept formats de course de 12 à 170 km, le Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers a su séduire un large public, des traileurs en quête de performance aux passionnés venus relever un défi personnel. Les participants, issus de 14 nationalités, témoignent du rayonnement international de cette première édition.
Porté par Kiprun et par ses partenaires territoriaux, le Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers a proposé une expérience unique au cœur des 3 Vallées, en valorisant la richesse des paysages et des terrains de jeu de la Tarentaise. Cette première édition a également bénéficié de la présence d’athlètes emblématiques de la discipline, à l’image de Thomas Cardin et Adeline Martin, athlètes Kiprun, qui ont pris le départ du Marathon des 3 Vallées (50 km).
Malgré une forte chaleur et la mise en place du plan canicule, les coureurs ont pu relever les défis proposés par les différents parcours. Grâce à la mobilisation des équipes d’organisation, des bénévoles et des partenaires, l’événement a offert une expérience à la hauteur des ambitions affichées, placée sous le signe du dépassement de soi et du partage.
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Baptiste Carimentrand et Claire Bannwarth remportent l’Ultra des 3 Vallées
Sur le parcours de l’Ultra des 3 Vallées – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Baptiste Gousset – We Are Media Makers
Épreuve reine de l’événement, l’Ultra des 3 Vallées (170 km et 12 000 m de dénivelé positif) s’est imposé comme le défi ultime du week-end. Déjà considéré comme l’un des ultras les plus exigeants d’Europe, il a permis aux 6 coureurs des podiums masculin et féminin de décrocher leur qualification pour la finale de la Ligue ULTRA qui se tiendra le 23 octobre 2026 à Tahiti.
Vainqueur de l’épreuve, Baptiste Carimentrand revient sur un défi qui l’aura marqué : « Je suis vraiment très fier. Des ultras, j’en ai couru pas mal, mais celui-ci m’a vraiment poussé dans mes derniers retranchements… et j’ai adoré ça ! Les 50 derniers kilomètres ont été extrêmement difficiles. J’ai dû aller puiser très loin dans mes ressources. Ce qui m’a permis de tenir, c’est le soutien de ma famille et tous les moments de partage. »
Chez les femmes, Claire Bannwarth, après de longs mois sillonnés de blessures, est revenue au plus haut niveau en s’imposant avec plus de 9 heures d’avance sur sa poursuivante, 9ème au scratch : « Tout s’est très bien passé pour moi. Le parcours était exigeant, mais magnifique, avec beaucoup de dénivelé positif. C’est exactement ce que je recherchais : grimper, et nous avons grimpé presque tout le temps ! »
Podium Hommes Baptiste CARIMENTRAND – 29:16:05 Tanguy WARIN – 29:40:45 Samuel CLAVEL – 30:34:36
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Nicolas Ramsamy et Amandine Vitali s’offrent l’Odyssée de Caron
Départ de l’Odyssée de Caron – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Baptiste Gousset – We Are Media Makers
L’Odyssée de Caron (110 km et 5500m D+) faisait partie des deux formats de course offrant un départ inédit en altitude, depuis la Cime Caron (3195m). La gagnante féminine de l’épreuve, Amandine Vitali, raconte : « Pour résumer cette course en quelques mots, je dirais qu’elle est d’une extrême exigence et d’une beauté incroyable. C’est une épreuve qu’il faut faire au moins une fois dans sa vie, pour repousser ses limites. D’ailleurs, le nom de l’Odyssée de Caron est super bien choisi, parce que c’est une véritable quête tout au long du parcours pour arriver jusqu’au but personnel que l’on s’est fixé. »
Podium Hommes Nicolas RAMSAMY – 16:33:13 Andrea MARTINEZ – 16:41:42 Lucas DUTERTRE – 17:44:00
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Allaire Etienne et Marion Jeandet remportent le Défi de la Masse
Départ du Défi de la Masse – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Olivier Vin-Heimana
Seconde course avec un départ en altitude, le Défi de la Masse (70 km et 2650m D+) proposait quant à lui de s’élancer depuis la Pointe de la Masse (2804m). Un parcours spectaculaire et technique souligné par la gagnante de l’épreuve, Marion Jeandet : « C’était très technique, très beau, j’ai adoré les paysages, c’était magnifique. C’était plutôt une course de préparation pour moi, mais j’ai vraiment pris énormément de plaisir. Au début, j’ai eu de grosses douleurs au ventre, j’ai cru que j’allais abandonner. Mais toute l’énergie est revenue et la beauté des paysages a fait que j’ai fait une chouette course. »
Vainqueur masculin du Défi de la Masse, Étienne Allaire a également apprécié la beauté de l’épreuve : « Le parcours était magnifique. J’ai eu la chance de pouvoir le reconnaître il y a trois semaines, et c’est splendide : les paysages sont incroyables. Le gros défi, c’est le dénivelé négatif, c’est un exercice qui demande beaucoup de travail. On a eu une météo un peu chaude, mais j’ai vraiment apprécié ce parcours ! »
Podium Hommes Étienne ALLAIRE – 07:36:21 Théo MOYROUD – 07:46:14 Paul COQUET – 07:50:22
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : Thomas Cardin et Adeline Martin survolent le Marathon des 3 Vallées
Les deux athlètes élite du team Kiprun étaient très attendus, ils n’ont pas déçu. Intégrant le Marathon des 3 Vallées (50 km et 2500m D+) dans son bloc de préparation pour la CCC, Thomas Cardin s’est baladé pour s’imposer très largement, avec plus de 45 minutes d’avance sur son poursuivant. Un écart considérable que l’on a rertrouvé chez les féminines, avec une Adeline Martin impériale.
Thomas Cardin : « C’était une très belle course. Je me suis tout de suite mis dans mon rythme et j’ai joué avec mes sensations. La première montée a été très agréable, et une fois arrivée en haut, le panorama était magnifique. La descente sur les Deux Nants permet de dérouler, puis la deuxième partie de course a été plus difficile avec la chaleur. Je suis très content de ma performance et du parcours, et je remercie l’organisation ainsi que les bénévoles !»
Thomas Cardin, vainqueur du Marathon des 3 Vallées – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Olivier Vin-Heimana
Adeline Martin : « C’était un super parcours, comme je l’imaginais. J’en ai pris plein les yeux et plein les jambes. J’ai fait une bonne partie de course, en essayant notamment de revenir sur la tête de course masculine. Ensuite, j’ai eu quelques soucis de ventre, sûrement à cause de la chaleur. J’ai réalisé une moins bonne descente que je l’aurais espéré, mais cela reste un super événement. Un grand merci à l’équipe organisatrice et aux bénévoles. »
Adeline Martin, vainqueure du Marathon des 3 Vallées – Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo Olivier Vin-Heimana
Podium Hommes Thomas CARDIN – 04:35:03 Martin PARIENTE – 05:10:05 Pierrick PAILLOT – 05:31:12
Vainqueure féminine des Balcons de la Saint-Jean, Annaëlle Massol partage son ressenti sur une épreuve qu’elle a particulièrement appréciée :« J’ai trouvé que c’était vraiment très bien organisé, les bénévoles ont été supers. Le parcours est magnifique, très ouvert, en pleine montagne. Je l’ai trouvé très équilibré en termes de technicité. C’était une magnifique première édition ! »
L’Étoilée des Thermes (12 km et 800m D+)
Podium Hommes Maxime CANNIZARO – 01:13:55 Théo BROSSE – 01:15:06 Matthieu CORDIER – 01:15:29
Maxime Cannizaro : « Je suis parti tout de suite devant, je savais que ça montait en single, donc j’ai essayé de me placer rapidement en tête. J’ai bombardé toute la descente, je suis vraiment descendu à fond. Cette première édition est une réussite, il y a un terrain de jeu incroyable. »
Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers : le mot de l’organisateur
Alexandre Picquier et Ludo Collet, l’orga au top. Grand Raid Kiprun 3 Vallées – Moûtiers. Photo JumpStart Studio
Pour accompagner cette première édition du Grand Raid Kiprun 3 Vallées-Moûtiers, près de 200 bénévoles se sont mobilisés. Présents sur les différents points du parcours et aux côtés des coureurs tout au long du week-end, ils ont contribué à faire vivre l’événement par leur engagement, leur énergie et leur accueil. Alexandre Picquier, directeur de l’épreuve, n’a pas manqué de les saluer : « Je tiens à remercier chaleureusement nos 200 bénévoles, qui se sont mobilisés pendant ces 4 jours pour offrir aux coureurs une aventure exceptionnelle. Je souhaite également exprimer ma plus profonde gratitude aux acteurs du territoire, qui nous ont accordé leur confiance sans réserve et nous ont donné accès à un terrain de jeu exceptionnel ainsi qu’à une marque reconnue à l’international : les 3 Vallées. »
La 14ème édition de l’Ut4M s’est achevée dimanche 19 juillet après quatre jours et 12 formats de course. La chaleur n’a pas entamé la motivation des 3 679 traileurs, dont 25 % de femmes, qui ont gravi un ou plusieurs des 4 massifs qui entourent la métropole grenobloise, Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse. De cet événement, rendu possible grâce à l’investissement de plus de 800 bénévoles passionnés, on retiendra également la tenue d’un handi’trail, illustration du désir de l’association Grenoble Outdoor Aventure, organisateur de l’Ut4M, de rendre la discipline accessible à tous.
Ut4M 2026 : un succès populaire qui se confirme
Pendant quatre jours chaque année, l’agglomération grenobloise est devenue la capitale du trail. 3 679 participants représentant 35 nationalités (5 % d’étrangers au départ) se sont engagés dans les 12 courses balisées sur les massifs du Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse. Malgré la chaleur, les parcours initiaux ont été maintenus avec quelques petits ajustements pour les 12 formats de courses de l’Ut4M.
Photo Ut4M
Ut4M 2026 : une expérience trail au-delà des courses
Avec la Halle Clémenceau comme quartier général des traileurs et la place Victor-Hugo comme camp de base de l’arrivée avec ses animations, rafraîchissements et podiums, l’énergie trail a envahi la métropole grenobloise et tous les massifs alentour tout au long de l’événement.
Une quinzaine d’exposants – territoires partenaires et fournisseurs d’équipements trail – étaient présents à la Halle Clémenceau du mercredi 15 au vendredi 17 juillet. Mercredi 15 juillet, les premiers traileurs venus récupérer leurs dossards ont pu écouter en parallèle la conférence et l’enregistrement en direct du podcast Courir Mieux par Cyril Forestier sur la thématique : « Le Labo Ut4M : trois ans de science en montagne ».
Photo Ut4M
Ut4M 2026 : 1er ultra et 1ère victoire pour Zakaria Hogga
L’épreuve reine de l’Ut4M, légèrement raccourcie mais faisant tout de même 169km et 10650mD+, a été remportée par Zakaria Hogga en 27h44. Parti sagement, le coureur, qui disputait là son premier ultra-trail, n’a pris la tête qu’à la mi-course pour ne plus la lâcher et s’imposer avec plus de 45 minutes d’avance sur son dauphin, Arthur Simon.
Zakaria Hogga. Photo Ut4M / Christine Cun
Chez les femmes, Phoebe Bramley, qui a mené une grande partie de la course, s’est imposée en 30h53, 8ème au scratch, avec plus d’une heure d’avance sur sa dauphine, Lucie Croissant.
Phoebe Bramley. Photo Ut4M / B. Hareng
Le 180 Challenge (épreuve par étapes, 1 jour 1 massif) a quant à lui couronné Ferdinand-Clovis Airault (18h10) chez les hommes et Valentine Bourgois (21h40) chez les femmes.
Ut4M 2026 : les podiums de toutes les courses
Ut4M 2027 : la prochaine édition se tiendra du 15 au 18 juillet 2027
Cet été, le massif du Kaçkar, dans le nord-est de la Turquie, a accueilli Run Like Her, un stage de trail réservé aux femmes, organisé en marge du Kaçkar by UTMB. Originaires de Russie, de Turquie ou d’Afghanistan, quatre d’entre elles ont accepté de raconter à Cécile Bertin, avec leurs mots, ce que ces montagnes ont révélé en elles.
Capitaine de l’équipe ASICS FrontRunner Turquie, Başak Ağdaş Ünal jongle entre une carrière dans l’agroalimentaire et l’ultra-trail. Coureuse depuis quinze ans, elle a découvert les sentiers il y a une dizaine d’années et n’a plus quitté les montagnes depuis.
Başak Ağdaş Ünal. Photo @acanavc (Ahmed Can Avci) pour @kackarbyutmb
Le sport a toujours occupé une grande place dans ma vie. J’ai commencé à courir il y a presque 15 ans, et j’ai découvert le trail il y a environ 10 ans, en parallèle de ma carrière en entreprise. J’ai toujours aimé être dans la nature, le trail m’a donc semblé très naturel : j’aime la liberté de courir en montagne, et cet équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie d’athlète que les sentiers m’aident à trouver plus facilement. Depuis, le trail est devenu une part très importante de ma vie.
Mon premier trail faisait 17 kilomètres, et c’était vraiment éprouvant ! Mais c’est exactement ce que j’ai aimé : le défi, me pousser dans mes retranchements, découvrir de quoi j’étais capable. Après cette course, j’ai tout de suite su que je voulais continuer.
Başak Ağdaş Ünal : “Le trail m’a appris la patience.”
Le vrai déclic est venu plus tard, quand j’ai commencé à courir de plus longues distances sur les sentiers. J’adorais passer des heures en montagne et continuer même quand j’étais fatiguée. J’ai réalisé que le trail n’est pas seulement physique pour moi, mais aussi mental : il m’apprend la patience, la concentration et la persévérance quand les choses deviennent difficiles. C’est là que je me suis dit : « Oui, c’est mon sport et ma place est ici. »
Il y a quelque chose de très spécial dans les montagnes du Kaçkar. J’aime la nature sauvage, les montagnes vertes, les nuages et l’atmosphère mystérieuse, qui leur donnent un caractère unique. Ce stage a été une magnifique opportunité d’explorer ce bel endroit, de courir dans ce paysage incroyable et de partager cette expérience avec d’autres femmes qui ont la même passion pour le trail. Je crois que c’est exactement ce qu’est « Run Like Her ». On adorerait voir toutes celles qui partagent cette passion au Kaçkar by UTMB en septembre !
Beyza Güzel. Photo @acanavc (Ahmed Can Avci) pour @kackarbyutmb
Architecte d’intérieur et à la tête de sa propre entreprise de design, Beyza Güzel a découvert la course pendant le confinement, avant que son mari ne l’initie au trail. Elle se révèle dès 2023 sur le Trail Alsace by UTMB, où elle termine 4ème de son tout premier 100 km. Depuis, elle enchaîne les victoires féminines sur les ultras turcs, dont le Kapadokya Ultra Trail 119 km et l’Efes Ultra 60 km en 2024 et 2025, et vient de remporter l’Uludağ Premium Ultra Trail 70K.
Je suis en réalité architecte d’intérieur, et je dirige ma propre entreprise de design. Le sport a toujours fait partie de ma vie, mais je n’avais jamais imaginé que la course deviendrait une part aussi importante de qui je suis aujourd’hui. Tout a changé pendant la pandémie du Covid, quand les salles de sport ont fermé : j’ai commencé à courir simplement pour rester active. Puis un jour, en sortant courir, j’ai rencontré l’amour de ma vie, mon mari. C’est grâce à lui que j’ai découvert le trail, et c’est là que mon vrai parcours a commencé.
Il y a cinq ans, je n’aurais même pas pu imaginer courir un kilomètre. Aujourd’hui, je cours des distances de plus de 100 kilomètres en montagne. Le trail m’a montré que nos limites ne sont souvent que celles auxquelles on choisit de croire : chaque sentier, chaque montée, chaque ligne d’arrivée me rappelle qu’on est capable de bien plus que ce qu’on imagine. Pour moi, le trail, c’est bien plus qu’un sport, c’est une façon de découvrir qui je suis, d’apprendre à me faire confiance, et de trouver la liberté dans la nature.
Je me souviens très bien de ma première course. J’étais complètement inexpérimentée et je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. Je ne pensais pas au résultat, je voulais juste finir et profiter de l’expérience. Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée et réalisé que je faisais partie des trois premières femmes, quelque chose a changé en moi : ce moment n’était pas seulement une histoire de podium, c’est là que j’ai compris que j’avais trouvé quelque chose auquel j’appartenais vraiment. À partir de ce jour-là, j’ai su que le trail serait bien plus qu’un loisir, un chemin pour découvrir de quoi j’étais capable, physiquement et mentalement.
Beyza Güzel : “Être entourée de femmes qui se soutiennent, c’est incroyablement puissant !”
Le vrai moment de bascule est venu pendant ma première course de 100 kilomètres, le Trail Alsace by UTMB. C’était ma première année de trail, je n’avais pas beaucoup d’expérience, mais je n’avais pas peur : je me sentais à ma place dans ces montagnes, dans cette ambiance, dans cette communauté. Mon seul objectif était de tout donner. Pendant environ 65 kilomètres, j’ai mené la course féminine. L’épreuve était retransmise en direct, et tellement de personnes de mon pays suivaient mon parcours, je n’en revenais pas ! Je me souviens encore de Siri qui me lisait les messages de soutien dans mes AirPods, chaque message me donnant un peu plus de force et me rappelant de continuer à croire en moi.
Bien sûr, mon manque d’expérience m’a rattrapée dans la dernière partie de la course. Après 70 kilomètres, les athlètes plus expérimentées m’ont dépassée, et j’ai terminé quatrième féminine. Mais cette journée n’a jamais été une histoire de résultat : elle m’a montré que mes capacités étaient bien plus grandes que ce que j’avais imaginé. Pour la première fois, j’ai réalisé que je pouvais rivaliser avec certaines des meilleures traileuses du monde. Et c’est là que je me suis dit : « Oui, c’est ici que je suis à ma place. »
Je crois sincèrement que derrière chaque femme forte, il y a d’autres femmes fortes qui l’encouragent, et c’est exactement pour ça que j’étais au Kaçkar. Ces montagnes sont à couper le souffle, mais ce qui rend cette expérience vraiment spéciale, ce sont les gens : être entourée de femmes qui s’inspirent, se soutiennent et se célèbrent les unes les autres, c’est incroyablement puissant. Pour moi, ce stage, c’est bien plus que courir. C’est partager des histoires, apprendre les unes des autres, tisser des liens sincères, et se rappeler mutuellement qu’on peut toujours aller plus loin qu’on ne le pense. Les montagnes nous rassemblent, mais c’est l’énergie de cette communauté qui rend cet endroit inoubliable.
Fatima Painda. Photo @acanavc (Ahmed Can Avci) pour @kackarbyutmb
Infirmière-cheffe adjointe aux urgences au Royaume-Uni et ambassadrice de l’association Free to Run, Fatima Painda a grandi dans les montagnes afghanes avant de fuir son pays avec sa famille à l’arrivée des talibans. Elle découvre le trail running en 2021, après la chute de l’Afghanistan, et en fait depuis un vecteur d’engagement pour les femmes et les filles de son pays. Parmi ses résultats marquants : la CCC 100 km en 2024, où elle est l’une des toutes premières Afghanes finishers, et la Manaslu Trail Race 150 km au Népal en 2025.
J’ai grandi dans les magnifiques montagnes d’Afghanistan, où je me sentais libre et sans peur. Je ne savais même pas que le trail running existait, pour moi courir était tout simplement une façon de vivre : chaque jour, je courais pour aller à l’école, parce que c’était à une heure de marche de chez moi et que je ne voulais pas être en retard. Mais ces montagnes m’ont été enlevées quand j’ai dû quitter mon pays, devenue réfugiée à cause des talibans.
Commencer une nouvelle vie a été difficile, et les montagnes m’ont toujours appelée. J’ai découvert le trail running en 2021, après la chute de l’Afghanistan aux mains des talibans. À travers le trail, je porte l’espoir de millions de femmes et de filles de mon pays, où elles vivent aujourd’hui sous un système d’apartheid de genre, privées de leurs droits humains fondamentaux, y compris l’éducation et la liberté de mouvement, et réduites au silence. Aujourd’hui, je revis mon enfance dans les montagnes afghanes à travers le trail et la course en montagne, non seulement en tant qu’athlète, mais aussi en tant que porte-drapeau de la tolérance et de l’émancipation des femmes.
Fatima Painda : “Le trail est aussi devenu un tournant pour moi, alors que les règles injustes des talibans continuent d’effacer les femmes et les filles de la société! ”
Ma première course de trail fut l’ETC by UTMB, et j’ai eu l’impression de retrouver le chemin de la maison : courir à travers les montagnes a fait ressurgir les sensations de mon enfance, quand la nature était mon terrain de jeu et que les montagnes faisaient partie de mon quotidien. Le trail est aussi devenu un tournant pour moi, alors que les règles injustes des talibans continuent d’effacer les femmes et les filles de la société. Je me suis lancée dans un défi mondial : courir des trails, des marathons et gravir des montagnes à travers le monde, dans 26 villes par ordre alphabétique, dans le but de sensibiliser et de récolter des fonds pour Free to Run, afin de soutenir les femmes et les filles de mon pays dans la poursuite de rêves qui semblent impossibles.
Les montagnes du Kaçkar occupent une place particulière dans mon cœur. Chaque kilomètre à travers leur beauté sauvage, leurs paysages à couper le souffle, un sourire échangé avec les habitants et la communauté locale, tout me rappelle mon pays, l’Afghanistan… un pays que je ne peux que rêver de revoir un jour. Être dans ces montagnes me reconnecte à mon pays et à ses souvenirs, que je porte avec moi où que j’aille : cette sensation familière d’être entourée par la nature, les montagnes, la résilience de cette terre et le lien avec les gens et leur culture.
Pour moi, le trail, c’est bien plus qu’une compétition ou une ligne d’arrivée. Ce sont des stages comme celui-ci, et des projets comme Run Like Her, qui permettent de donner du pouvoir et d’inspirer les gens, en particulier les femmes, à travers le mouvement dans la nature et la montagne, pour poursuivre leurs rêves.
Run Like Her : le témoignage d’Elena Polyakova Kırık
Elena Polyakova Kırık. Photo @acanavc (Ahmed Can Avci) pour @kackarbyutmb
Née en 1981 à Znamensk, une ville fermée de Russie, Elena Polyakova Kırık a d’abord été bodybuildeuse avant de tout plaquer pour l’ultra-trail. Agente de voyage saisonnière à Antalya depuis 2005, elle s’engage en 2011 sur la Lycian Way Ultramarathon, où elle fait une rencontre qui va changer sa vie… Elle s’installe en Turquie un mois plus tard et enchaîne depuis les victoires féminines sur les ultras turcs. Elle est aussi l’autrice d’un roman autobiographique en turc, « Lena’nın Küçük Yolculuğu » (Le petit voyage de Lena).
Mon histoire de coureuse a en fait commencé à l’école, quand j’ai terminé dernière d’une course de 700 mètres. Plus tard, pas à pas, j’ai appris à m’entraîner plus intelligemment, et j’ai progressé petit à petit jusqu’au semi-marathon, puis au marathon. Puis, dans le pack qu’on nous distribue souvent avec notre dossard lors d’une course sur route, j’ai trouvé une brochure pour la Lycian Way Ultra Marathon, une course en autosuffisance de 240 km le long de sentiers spectaculaires. Cette petite brochure a tout changé.
Je me suis donc lancée directement dans une aventure de 240 km. Je me souviens encore de l’excitation sous la tente avant le départ, et de l’instant où j’ai posé le pied sur le sentier pour la première fois. Le début a été vraiment difficile, mais entourée de forêts qui sentaient bon le pin, de montagnes, de vues sur la mer à couper le souffle et du soutien des personnes qui partageaient le camp avec moi, j’ai réussi à atteindre la ligne d’arrivée. Après ça, ma vie n’a plus jamais été la même : ce premier ultra m’a donné le courage de quitter un emploi bien payé et de déménager à Istanbul pour explorer mon potentiel dans d’autres domaines.
Elena Polyakova Kırık : “Partager le chemin avec des femmes qui comprennent vraiment ton esprit donne une force différente.”
La course est devenue bien plus qu’un sport. Elle est devenue une part majeure de ma vie et a façonné beaucoup des décisions qui ont suivi. Au cours des 15 dernières années, j’ai terminé 59 ultramarathons, dont la PTL, et j’ai écrit un livre sur mes aventures.
Le Kaçkar a toujours été un endroit très spécial pour moi. Ces montagnes ont conquis mon cœur dès le tout premier instant : elles sont uniques, avec d’innombrables nuances de vert, des crêtes enneigées et des lacs glaciaires. J’aime aussi l’hospitalité des habitants, leurs traditions et, bien sûr, la cuisine délicieuse. Ce stage rassemble des femmes aux parcours différents mais à l’amour du trail identique. Nous sommes peut-être déjà fortes chacune de notre côté, mais partager le chemin avec des femmes qui comprennent vraiment ton esprit donne une force différente, celle qui reste bien après la fin du sentier.
Photo @acanavc (Ahmed Can Avci) pour @kackarbyutmb
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/07/Photo-7.jpg16672500redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2026-07-29 10:45:362026-07-29 10:45:39Run Like Her : portraits de femmes au cœur du stage 100 % féminin du Kaçkar
C’est l’un des derniers trails de haute montagne de la saison, et sans doute un des plus beaux et sauvages. Au départ des Chapieux, sur la commune de Bourg Saint-Maurice, le Trail du Petit Saint-Bernand, TPSB pour les intimes, propose une expérience qui restera gravée dans les mémoires de celles et ceux qui affronteront ses parcours. Entretien avec Laurent Vinner, son organisateur, avant la prochaine édition, les 26 et 27 septembre 2026.
Laurent, peux-tu me donner 3 bonnes raisons de venir courir le TPSB ?
Laurent Vinner : La première, c’est que c’est le dernier trail de haute altitude de l’année. Il n’y a quasiment aucun trail qui monte aussi haut à cette époque, fin septembre. On monte encore jusqu’à quasiment 2900 mètres d’altitude. Ensuite, il y a le côté sauvage. On est vraiment l’un des trails les plus sauvages du calendrier, parce qu’on fait un départ aux Chapieux, en zone blanche, où il n’y a aucun réseau. Et sur l’ensemble du parcours, il n’y a aucun village, il n’y a rien. C’est vraiment que de la montagne. Et ça, c’est extrêmement rare.
Personnellement, je ne connais pas de trails comme ça, où il n’y a vraiment rien. C’est nature du début à la fin. La troisième chose, c’est l’esprit de l’événement, notre volonté de rester simple. L’esprit montagne, c’est vraiment ce qu’on veut faire passer. C’est simple, on ne vient pas sur cette course pour chercher la lumière, on vient là pour se faire plaisir. Et la plupart des gens qui viennent là sont des passionnés de montagne, ce qui donne une ambiance très conviviale.
Photo TPSB
C’est donc un peu le rendez-vous des montagnards. Mais est-ce accessible à tous, du coup ?
LV : C’est vrai, il faut préciser que ce sont pour la plupart des montagnards assez aguerris et autonomes. Si on ne connaît pas la montagne, le TPSB n’est pas le genre de trail par lequel il faut débuter. Enfin, je parle pour les longues distances. Si on n’a jamais fait de trail en montagne, franchement, le 68 km ne me paraît pas raisonnable. Après, moi, je ne fais pas de tri, bien sûr, c’est à chacun de connaître et de ne pas surestimer ses capacités. Si tu n’es pas montagnard et que tu n’es pas capable de te débrouiller, ne viens pas.
Et le 43 km, il est plus accessible ?
LV : On va dire que c’est un peu moins engagé, mais on est encore sur les hauteurs, le parcours passe tout de même par le col de la Grande Écaille, à 2700 mètres d’altitude. Ça reste donc très montagne. Même pour le 35, il faut quand même avoir une petite expérience de trail en montagne, il y a, comme sur le 68, des passages à flanc de paroi avec des mains courantes.
Photo TPSB
Fin septembre, la météo peut parfois être capricieuse, avec des chutes de neige très tôt dans l’année. Comme cela se passe dans ces conditions ?
LV : On a des parcours de repli qui sont toujours prêts, au cas où. C’est d’ailleurs quelque chose de très positif par rapport aux années précédentes, lorsqu’on partait de l’Hospice du Petit Saint-Bernard, qui se situe au col du Petit Saint-Bernard, et où on n’avait pas de possibilité de repli. Depuis Les Chapieux, on y arrive. Enfin, jusqu’à un certain point bien sûr ! Il ne faut pas non plus que ça soit le déluge. Mais même quand c’est bien enneigé, on arrive à sortir des parcours alternatifs exceptionnels, qui restent bien montagne et de haut niveau. C’est ça aussi qui n’est fait le charme du TPSB.
Photo TPSB
Trail du Petit Saint-Bernard : 6 distances et un challenge pour traileurs aguerris
Côté programme, le TPSB propose 6 distances et un challenge sur 2 jours.
La Verticale du Bonhomme 5 km et 900m D+ Une montée sèche type KV pour atteindre le refuge du Bonhomme situé à 2443m. Descente libre.
Le 10 KM de la Vallée des Glaciers 10 km et 360m D+ Un aller-retour express jusqu’au lieu dit « La Ville des Glaciers » pour découvrir la vallée et un point de vue magnifique sur l’Aiguille des Glaciers.
Le Trail de la Grande Écaille 21 km et 1300m D+ Une petite boucle express avec le passage de la Grande Écaille (2751m), col emblématique de la vallée des Glaciers, avec un point de vue impressionnant sur l’Aiguille des Glaciers.
Le Technitrail des Glaciers 33 km et 2700m D+ Un nouveau tracé pour découvrir notamment une bonne partie du sentier technique de haute altitude « Thomas Roques » qui s’étend de la Tête Nord des Fours au col de la Seigne et qui domine la vallée des glaciers. Attention, le tracé comporte quelques passages aériens et techniques susceptibles de ne pas convenir à tout le monde.
Le Trail du Mont Blanc 45 km et 2800m D+ Un trail de montagne qui se déroule en altitude avec 4 cols de plus de 2500m d’altitude à franchir. Il offre des points de vue imprenables sur le mont Blanc et l’Aiguille des Glaciers. Réservé aux traileurs aguerris aux couleurs d’automne, loin de la civilisation. Dépaysement garanti !
Le TPSB 68 KM 68 km et 4000m D+Un parcours « expert » situé au cœur de la montagne sauvage, « loin de la civilisation ». Ce 68 km vous propose notamment de découvrir le fameux « colle di Bassa Serra » culminant à 2738m d’altitude, véritable muraille au cœur d’un paradis glaciaire qui domine au loin le col des Chavannes et qui offre une vue imprenable sur le massif du mont Blanc tout proche. Situé dans un secteur extrêmement peu fréquenté, c’est un véritable joyau. Vous découvrirez également l’arête du Mont Fortin, qui offre des panoramas grandioses, sans oublier le col de l’Ouillon et de la Forclaz. Attention, ce parcours est réservé aux traileurs aguerris ayant déjà une certaine expérience de la montagne, et comporte quelques passages aériens et techniques.
Le TPSB Ultra 103 km et 6700m D+ Le cumul du Technitrail des Glaciers (35 km) et du TPSB (68 km)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/07/TPSB-1312-scaled.jpg17972560Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-07-28 13:57:392026-07-28 13:57:41Trail du Petit Saint-Bernard : offrez-vous la pépite “haute montagne” de fin de saison !
16ème du format 50K du Kaçkar by UTMB lors de la première édition, en 2025, l’ultra-traileur italien Philipp Ausserhofer vise désormais le format 100K, qu’il a reconnu. Il a confié à Cécile Bertin ses conseils pour l’aborder et vous donne rendez-vous du 11 au 13 septembre dans les montagnes du Kaçkar, un superbe massif sauvage situé au nord-est de la Turquie, le long de la mer Noire. Immersion.
Philipp Ausserhofer en quelques mots
Philipp Ausserhofer est un ultra-traileur originaire du Tyrol du Sud (Haut-Adige, Italie), né en 1992. Il a grandi dans le val Aurina (Ahrntal), à Weißenbach, un village perché à 1400 m et cerné de sommets de plus de 3000 m, un terrain de jeu qui a forgé sa passion pour la montagne. Pharmacien de formation, il a découvert le trail pendant ses études à Innsbruck et disputé sa première course en 2018, avant de devenir coureur professionnel à plein temps en avril 2023. Il vit aujourd’hui dans la vallée du Stubai, en Autriche, et court sous les couleurs de l’Italie.
Son palmarès s’est étoffé rapidement : vainqueur du Mozart 100 by UTMB en 2021 (108 km), médaillé de bronze par équipes avec l’Italie aux championnats du monde de trail 2023 (longue distance) à Innsbruck, et 3e du 100 km de Nice la même année. Il détient le record (FKT) du Stubaier Höhenweg, bouclé en 2023 avec 54 minutes d’avance sur l’ancien temps de référence. En 2024, il remporte l’Ultra-Trail Snowdonia by UTMB au pays de Galles, puis l’UTVV en Slovénie en 2025. On lui doit aussi le projet personnel « HOMERUN », une boucle de 160 km et près de 11 000 m de dénivelé autour de sa vallée natale. Sa devise, « Dream and dare » (rêver et oser), résume assez bien sa trajectoire.
Philipp Ausserhofer. Photo Moritz Klee
Le 100K du Kaçkar by UTMB, kilomètre après kilomètre
Le départ se fait à Ayder. C’est vraiment chouette : la ligne de départ, la musique locale au tulum, l’ambiance du village, puis on s’élance. On commence par une petite boucle dans Ayder même, avant d’attaquer une longue montée technique, humide et glissante jusqu’à Hazindak. C’est un vrai défi. Dès les premiers kilomètres, on comprend le slogan de la course, « Wild is the trail ». Comparée aux autres épreuves UTMB, elle est vraiment très technique, du début à la fin. Même les portions en forêt, qu’on imagine plus roulantes, restent humides et exigeantes. Il faut rester prudent et concentré en permanence : si on relâche, on se met vite en difficulté.
Après Hazindak, on enchaîne une belle traversée en légère descente jusqu’à Samistal, où se trouve un très beau ravitaillement. On grimpe ensuite jusqu’à un col, avant une longue descente vers Yukarı Kavrun. Là commence, selon moi, l’une des plus belles parties de la course : c’est isolé, silencieux, très long et très roulant, mais toujours en single. On monte ensuite vers le point culminant du parcours, un col en altitude. Juste avant, on a une vue épique sur le Kaçkar (le Kaçkar Dağı) et sur un sommet voisin en forme de lame de couteau. On court le long d’une rivière qui serpente, dans un paysage magnifique. Avec un peu de chance en septembre (et en général la météo est bonne là-bas), on voit les hauts sommets dégagés, sans nuages : c’est incroyable.
Depuis le point le plus haut, on plonge dans une longue descente vers Yukari Ceymakçur, où l’on découvre des lacs de montagne immenses, une zone superbe. Entre Yukari Ceymakçur et Palakçur, on traverse des forêts vraiment mystiques, pleines de feuilles, un régal à courir ; puis une belle descente de Palakçur jusqu’au lac d’Avusor. Les locaux m’ont dit que c’est là qu’on mange le meilleur sütlaç, et c’est vrai.
D’Avusor, on rejoint la Dadala Pansion, un refuge perdu dans la montagne, puis on bascule vers Koçdüzü. C’est la seule section que je n’ai jamais parcourue : entre le point culminant et Koçdüzü, il me manque un morceau. Je connais environ 2 km avant Koçdüzü et 2 km après Avusor, mais entre les deux, la neige étant encore trop présente, je n’ai pas pu reconnaître cette petite portion.
De Koçdüzü à Huser, il ne faut pas se dire qu’il ne restera qu’à descendre sans réfléchir jusqu’à l’arrivée. Déjà, il faudra profiter de la vue ! Huser est célèbre pour sa magnifique mer de nuages, c’est un lieu très touristique et vraiment splendide. On croit alors être à l’arrivée… mais non : il reste une dernière descente, comme au départ, très raide et technique. C’est là qu’on peut perdre beaucoup de temps.
Huser et la mer de nuages. Photo Moritz Klee
Les conseils de Philipp Ausserhofer
Le principal, c’est de bien avoir en tête que c’est un 100K difficile, un vrai défi. Si vous n’avez jamais fini une telle distance en trail, essayez plutôt le 50K : il est déjà bien exigeant. Plus concrètement : ne partez pas trop vite, la première montée peut vous détruire. Prenez votre temps.
Le plus dur, honnêtement, sur ces 100 km, ce n’est pas qu’on ne peut jamais courir (on peut), mais qu’on n’a presque nulle part où laisser filer ses pensées. Il faut rester concentré et engagé en permanence. Pour moi, c’est ça la vraie difficulté : rester prêt mentalement du début à la fin.
Ce qui m’a le plus surpris, c’est justement la technicité. Beaucoup de courses vendent aujourd’hui du « technique » dans leur communication, mais ici c’est vrai du premier au dernier kilomètre. L’autre chose, c’est la traversée des villages et l’hospitalité turque : on en entend beaucoup parler, et on la ressent vraiment dès qu’on entre dans la vallée. C’est bien réel.
Si je devais comparer la course à une épreuve connue en Europe, je dirais Snowdonia, dans le circuit UTMB. (Cette comparaison du Kaçkar avec Snowdonia n’a rien d’anodin : il connaît parfaitement cette course galloise, qu’il a remportée en 2024, NDLR.) Mais le Kaçkar est encore plus dur, parce que c’est plus haut : il faut se préparer à l’altitude et à l’humidité. Courir à 3000 mètres là-bas n’a rien à voir avec ce qu’on connaît chez nous. À chaque fois, je suis bluffé par la difficulté de courir dans le Kaçkar. C’est vraiment dur, mais la vue sur la mer Noire quand la météo est de notre côté est tellement incroyable : depuis Huser, quand il n’y a pas de brume, on l’aperçoit et c’est vraiment magnifique.
Les montagnes du Kaçkar by UTMB. Photo Moritz Klee
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/07/Photo-Moritz-Klee.jpg8001200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2026-07-25 13:05:532026-07-25 13:07:27Kaçkar by UTMB, les conseils de Philipp Ausserhofer
154,5 km, 6111m D+, le Dullegil Seoul Trail est un parcours mythique qui fait le tour de la ville de Séoul. Une trace assez simple sur le papier, extrêmement cassante en réalité. C’est ce défi que Yoonjoo et Mangki de GOODRUNNERont choisi d’offrir à leur amie Axelle, co-fondatrice de WISE. Suivez-les pendant les 22h 06mn et 26s que durera la course, de jour comme de nuit, entre temples bouddhistes et gratte-ciels, au rythme d’un lever de soleil sur la rivière et des coureurs coréens qui se sont relayés à ses côtés à chaque étape.
Mais ce qu’Axelle retient de cette aventure dépasse largement le chrono. Courir, parler, rencontrer des gens, se connecter aux autres, en France comme à l’autre bout du monde, telle est la vision de l’ultra-trail d’Axelle. Ici, en Corée, l’important, ce sera Yoonjoo, les GOODRUNNER Sisters, et une immense bienveillance qui a transformé ce défi individuel en une véritable épopée collective. Ce qu’elles lui ont offert, plus que tout, c’est une inoubliable leçon de sororité.
Découvrez ce film qui suit les athlètes Karina Carsolio et Hillary Gerardi lors de leur voyage en Bolivie, en 2024, lorsqu’elles partent à la conquête du « fastest known time » sur le Huayna Potosí, l’une des montagnes les plus emblématiques de Bolivie. Pourtant, le record n’était pas l’essentiel — cette ascension portait une signification bien plus personnelle.
Karina avait d’abord imaginé ce projet avec son frère, amoureux de la montagne à l’âme joyeuse et sincère, décédé dans un accident d’alpinisme une semaine seulement avant leur départ pour la Bolivie. Karina est ensuite retournée sur cette montagne pour honorer sa mémoire et vivre l’aventure qu’ils n’avaient jamais pu partager, cette fois aux côtés de son amie et coéquipière Hillary Gerardi.
Ce voyage est devenu un pèlerinage de mémoire, une façon pour Karina de faire vivre son lien avec son frère dans ce paysage qui les a tous deux façonnés. C’est dans ces montagnes qu’ils ont grandi, et c’est là qu’elle s’est confrontée à la réalité de son deuil.
« Ma relation avec mon frère ne s’est pas arrêtée à sa mort, confie Karina. Elle continue de se construire » — et elle la nourrit à chaque fois qu’elle parcourt ces montagnes qui les ont vus grandir. Un film superbe et émouvant réalisé par Julien Elorza, où la montagne devient le miroir de la douleur, de la joie et de la spiritualité.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/07/Cantos-y-Flores.webp8401200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-07-15 12:50:462026-07-15 12:50:49Cantos y Flores, bien plus qu’un FKT en Bolivie