Il lui fallait faire plus de 180 allers-retours pour battre le record du monde, il en a fait 196. En venant à bout 196 fois de cette pente de 448 de long pour 95,75m de D+, le Suisse Christophe Nonorgue a établi un incroyable record à 18 767 m de D+ / D- en 24h. Et pulvérisé de plus de 1500 m l’ancien record d’Aurélien Dunand Pallaz.

24 heures chrono

En s’élançant jeudi 26 mai à 12 heures précises sur la piste de Meix Musy, à Montlebon, dans le Jura, Christophe Nonorgue n’avait qu’une idée en tête : monter et descendre autant de fois que possible en 24 heures chrono cette pente de 448 de long pour 95,75m de D+. Et le Suisse originaire de Neuchâtel avait déjà prévu les différents échelons de sa tentative, calculant soigneusement le nombre d’allers-retours nécessaires pour battre son propre record personnel (l’équivalent de 143 tours), battre le record du monde (l’équivalent de 180 tours) ou encore franchir la barre mythique des 18 000 m de D+ en 24h (l’équivalent de 188 tours).

CHRISTOPHE NONORGUE - PREVISIONNEL © facebook Christophe Nonorgue : DR
Avec 196 allers-retours, Christophe Nonorgue a grimpé plus de 2 fois l’Everest en 24h ! © facebook Christophe Nonorgue / DR

L’autre record du monde

Petite précision pour ceux qui ne seraient pas familiers de la discipline. Il existe un autre record du monde de dénivelé en 24h, 21 720 mètres, détenu depuis octobre 2020 par Daniele Cappelletti. Mais dans le cas du skyrunner italien, seules les montées se faisaient à pied, les descentes se faisant en téléphérique. Alors que dans le cas de Christophe Nonorgue, tout est fait en mode trail, à la force des mollets. Ainsi, le Suisse a avalé 18 767 m de D+, et 18 767 m de D- !

Ancien recordman du monde

Avec 13 659 mètres de D+/D- réalisés en mai 2019 à Chaumont, Christophe Nonorgue avait déjà détenu le record du monde de dénivellation. Mais depuis, peut-être inspirés par le confinement ou l’absence de courses, de nombreux athlètes s’étaient attaqués – et avaient battu – cette marque. Pour la petite histoire, c’est le Finlandais Juha Jumisko qui avait ainsi été le premier à franchir la barre des 16 000 m de dénivellation (16 054 m) le 8 juin 2020. Quant à la barre des 17 000 m, elle avait été franchie par l’Italien Luca Manfredi, auteur d’un 17 020 m le 13 juin 2020. Mais le Neuchâtelois n’en démordait pas : «Je pense avoir une chance de reprendre le record en optimisant tous les paramètres, que ce soit les entraînements, la nutrition, le matériel, la technique et le lieu choisi», avait-il expliqué dans un communiqué.

CHRISTOPHE NONORGUE - PORTRAIT © facebook Christophe Nonorgue : DR
Un chemin qui monte ? Tout de suite, Christophe Nonorgue a le sourire. © facebook Christophe Nonorgue : DR

Une piste soigneusement choisie

En choisissant la piste de ski de Meix Musy, dans la petite commune jurassiennne de Montlebon, Christophe Nonorgue n’a rien laissé au hasard. Il expliquait ainsi : « La piste est la plus raide, elle offre une pente de 46.8% et 95.75m de dénivellation sur une distance linéaire de 223,95m. Le terrain est herbeux et tendre, permettant aux muscles et aux articulations de tolérer une telle pente. » C’est d’ailleurs sur cette même piste que le 27 août 2020, Patrick Bohard avait établit la meilleure marque mondiale, avec 17 130 m. Hélas (pour lui), son record n’avait tenu qu’une dizaine de jours avant d’être battu de 88 mètres par Aurélien Dunand Pallaz, recordman en titre avec 17 218 m réalisés le 6 septembre 2020. Mais ça, c’était avant ce 27 mai 2022.

CHRISTOPHE NONORGUE - HELP © facebook Christophe Nonorgue : DR
Le choix de la piste a été déterminant : une pente raide et régulière, mais herbeuse, pas trop traumatisante pour les muscles. © facebook Christophe Nonorgue / DR

Un rythme insensé

Evidemment, au vu du pourcentage élevé de la pente, Christophe Nonorgue avait prévu de monter en marchant à l’aide de bâtons, et de descendre en trottinant. Ce qu’il n’avait en revanche peut-être pas prévu, c’est qu’il allait être capable d’imprimer un rythme incroyable, bien supérieur à ce qu’il pouvait espérer. Avec des temps de montée oscillant entre 4mn 11s (sa première montée) et 7mn 32s (sa montée la plus lente, au 155e tour), et des descentes parfaitement maîtrisées, entre 1mn 30s et 2mn 30s, le Suisse a fait preuve d’une régularité de métronome. Au bout de 17h de course, à 5h du matin, il avait ainsi déjà battu son record personnel avec 13 746 m avalés. A 8h20 du matin, il terminait son 168e aller-retour et entrait dans le top 5 mondial. A 9h57, il bouclait son 180e tour et battait le record du monde d’Aurélien Dunand Pallaz. Quelques minutes avant midi, il bouclait triomphalement son 196e aller-retour et pouvait lever les bras. Mission accomplie.

CHRISTOPHE NONORGUE - RYTHME © facebook Christophe Nonorgue : DR
C’est avec une régularité de métronome (suisse !) que Christophe Nonorgue a passé 24h dans la prairie. © facebook Christophe Nonorgue / DR

Une marque de référence pour Céline Bernasconi

Partie au côté de Christophe Nonorgue, la Suissesse Céline Bernasconi a pour sa part établi une première marque de référence en mode trail, en réalisant 154 allers-retours pour 14 745 m de D+ / D-. Quatrième des 171 km et 11620 m D+ du Swiss Peaks Trail en 2021, cette ultra-traileuse ne s’était pas fixé d’objectif précis et s’était donc élancée sans pression. En effet, la seule marque féminine du tableau des meilleures performances mondiales, celle d’Elise Delannoy, n’était pas dans la même catégorie. En septembre 2020, la Française avait en effet cumulé 16 153m de D+/D-, mais sur une surface bitumée, en bordure de terril.

CHRISTOPHE NONORGUE - DUO © facebook Christophe Nonorgue : DR
Céline Bernasconi et Christophe Nonorgue au moment du départ, jeudi 26 mai à 12h00. © facebook Christophe Nonorgue / DR

Il rêvait d’une saison de performances, avec le 90 km du Mont-Blanc et la CCC comme objectifs majeurs. Hélas, ce ne sera pas pour cette année. Après une opération mi-mars, c’est un trait de fracture de contrainte sur un orteil qui oblige Mathieu Delpeuch à arrêter la course à pied pour 6 semaines.

La révélation 2021

C’est le 2 juillet 2021 que Mathieu Delpeuch est entré de plain-pied dans la légende française du trail. À 24 ans, le jeune coureur originaire du Cantal monte sur la deuxième marche du podium des 90 km du Mont-Blanc. Il n’est devancé que de 5 petites minutes par Martin Kern, après avoir longtemps mené la course. S’il n’est pas inconnu au bataillon (il a notamment remporté le Trail des Aiguilles Rouges en 2019 – 54km et 3900m D+), c’est la première fois qu’il s’illustre sur un aussi long format. Il devient alors l’« espoir à suivre » et se fixe 2 objectifs majeurs pour 2022 : les 90 km du Mont-Blanc, pour l’emporter, et la CCC, pour confirmer.

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A gauche de la photo, Mathieu Delpeuch tout sourire après sa 2ème place aux 90 km du Mont-Blanc derrière Martin Kern. © marathondumontblanc/DR

Un super podium à la TransGranCanaria Advanced début mars

Après un gros travail hivernal, c’est sur un format un peu plus court (62 kilomètres tout de même) avec un dénivelé conséquent (2800m D+ et 4000m D-) que Mathieu Delpeuch annonce la couleur. En montant sur la troisième marche du podium, sur un parcours plutôt roulant ne correspondant pas à ses aptitudes de montagnard, il montre une forme éblouissante. Même si, réaliste, il avouera ne « pas considérer cette course comme hyper aboutie ».

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Mathieu Delpeuch à l’arrivée de la TransGranCanaria Advanced, début mars. / DR

Opéré du syndrome de Morton

Hélas, l’énorme fatigue cumulée durant le début d’année a rattrapé le jeune athlète Brooks Trail Runners. Mi-mars, il doit ranger ses baskets au placard pour se faire opérer et se débarrasser d’un syndrome de Morton, une boule de nerfs située entre deux métatarses qui s’enflamme régulièrement dès que les contraintes mécaniques sont trop importantes. Début avril, Mathieu Delpeuch se relevait enfin de cette opération et pouvait reprendre le chemin de l’entraînement, d’abord avec du renforcement musculaire et un peu de vélo, puis quelques footings.

Un immense espoir début avril

Le 6 avril, il s’émerveillait même : « Le corps est incroyable », écrivait-il sur son compte Insta. « Après un processus consciencieux de mobilité, de renforcement, de vélo doux puis plus intense, de Ski Erg, de vélo elliptique, de musculation et enfin de machine à escaliers, seulement trois petites semaines après l’intervention, j’ai fait mes premières foulées alors que cela peut parfois prendre plus du double de temps ! »

MATHIEU-DELPEUCH-BROOKS 2 © Instagram
Le temps de prendre la pause, et Mathieu reprend l’entraînement pour être prêt pour les défis de l’été. © Instagram

Ralenti fin avril

Hélas, l’embellie fut de courte durée. Fin avril, Mathieu Delpeuch a dû de nouveau lever le pied. La cicatrice de son opération s’est en effet réouverte, sans doute parce que le jeune champion en a fait un peu trop, malgré sa sagesse, pour être en forme durant l’été. Installé pour quelques mois en altitude, dans la petite station du Collet d’Allevard, à 1500m d’altitude, au nord du Massif de Belledonne, il s’était focalisé à 100% sur l’entraînement et l’optimisation de la performance.

Cameraboy à la Skyrace des Matheysins

C’est affublé d’un sac de matos et d’une caméra que Mathieu Delpeuch a finalement participé à la Skyrace des Matheysins, première étape des Golden Trail World Series 2022. Réquisitionné pour le liveTV officiel, il a ainsi pu suivre les exploits de son copain Sylvain Cachard, qui a survolé son sujet et pulvérisé le record de l’épreuve.

MATHIEU-DELPEUCH-SKYRACE-MATHESINS © Instagram
Tout sourire à la Skyrace des Matheysins, où il court équipé d’une caméra pour la retransmission live. Il arrivera à suivre son pote Sylvain Cachard 1 minute seulement ! © Instagram / DR

Mi-mai, le doute… puis la douche froide

« Vais-je être prêt à temps ? » Telle était la question que se posait Mathieu Delpeuch un peu tous les jours. Enchaînant les kilomètres et accumulant du dénivelé, il commençait à y croire, malgré une cicatrice qu’il devait surveiller attentivement. Mais le plaisir de pouvoir retravailler sans cette douleur qui l’avait tenaillé pendant des mois laissait augurer un été au top. Son coach, Nicolas Martin, était d’ailleurs bien attentif, à son côté, pour surveiller les différents indicateurs de charge (kilométrage, dénivelé, volume horaire total, séances d’intensité, fatigue, sensations…). Et puis le 25 mai, cette terrible nouvelle. Trait de fracture de contrainte. Arrêt buffet. Adieu les projets.

À très vite, Mathieu. Courage.

Anne-Lise Rousset, membre du team Scott running, se lance cet été dans l’un des défis les plus passionnants du trail de haut-niveau : la tentative de record du GR20. Avec un record féminin détenu par Émilie Lecomte, imbattu depuis 10 ans, cette traversée majestueuse au cœur des montagnes corses s’annonce une lutte de tous les instants.

Anne-Lise Rousset, une détermination sans faille

Plus qu’une athlète au niveau spectaculaire, Anne-Lise Rousset est surtout une personnalité extrêmement inspirante. Menant de front sa triple vie de traileuse passionnée, vétérinaire rurale et surtout maman d’un petit garçon de 10 mois, elle force l’admiration par son talent doublé d’une détermination sans faille. Dotée d’une foulée naturellement légère qui lui a permis de très vite truster les podiums, Anne-Lise inspire par son assiduité aux entraînements autour de son terrain de jeu annécien, qui s’imbriquent dans un emploi du temps millimétré.

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© Scott

Attirée par la longue distance

Après avoir notamment terminé Championne du Monde en équipe, et 4e à la CCC, Anne-Lise Rousset s’est aujourd’hui définitivement tournée vers l’univers de la longue distance, attirée par la stratégie de la gestion de l’effort et la promesse de nouvelles aventures… C’est la raison pour laquelle son regard s’est porté cette année, pour ses 32 ans, sur le mythique GR20 et ses 170 km.

Un record vieux de 10 ans

Obtenu par Emilie Lecomte en juin 2012 en 41h 22mn (et 10 secondes !), le record féminin est resté depuis imbattu. Et pour cause, peu d’athlètes osent affronter ces montagnes corses qui ne pardonnent aucune faiblesse. Un parcours de 13 000 D+, à la technicité extrême, où chaque rocher est souvent glissant, trompeur, avec un itinéraire où l’on se perd facilement… Un randonneur moyen ne prévoit pas moins de deux semaines pour cette traversée

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© Scott

Des pacers de rêve en soutien

À la faveur des longues journées de juin, et d’une météo propice, Anne-Lise Rousset s’élancera accompagnée de ses plus proches soutiens, qui l’accompagneront chacun à leur tour comme pacers au fil de l’aventure. Guillaume Peretti sera notamment présent (ancien recordman du GR20 en 2014, natif de l’île), mais aussi Adrien Séguret, son mari et entraîneur de l’équipe de France de trail, ainsi que Lambert Santelli (recordman actuel du GR20 en 30h 25mn, également natif de Corse). Anne-Lise aura à affronter le doute, la peur, l’épuisement, la gestion de son alimentation… Autant de difficultés et de pièges qu’elle aura anticipé au cours de sa préparation.

Résumé du palmarès d’Anne-Lise Rousset, athlète team Scott Running

2020 – Traversée des Aravis, record femme : 49 km et 6110 D+ en 10h35
2019 – 2e Transvulcania
2019 – 7e au classement général du Skyrunning World Series
2018 – 4e CCC
2017 – Championne du Monde de trail par équipe
Anne-Lise-Rousset © Scott
© Scott

Dans une interview à cœur ouvert accordée à son sponsor nutrition Baouw, le triple vainqueur de l’UTMB fait le point sur son combat contre la maladie de Lyme, contre laquelle il se bat depuis maintenant un an et demi. Xavier Thévenard la qualifie lui-même d’ « l’ultra le plus long et le plus difficile qu’il [lui] ait été demandé de courir ». Extraits d’un témoignage poignant.

La maladie de Lyme en question

La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme, est transmise lors d’une piqûre de tique infectée par une bactérie de la famille des spirochètes. L’infection est souvent sans symptôme mais peut dans certains cas entraîner une maladie parfois invalidante, avec parmi les symptômes les plus fréquents des douleurs articulaires durables, ou une paralysie partielle des membres…

État des lieux, par Xavier Thévenard

« Si je réponds très honnêtement, je dirais que la situation actuelle est nuancée. Néanmoins, je n’ai pas envie de me plaindre, ou de me faire plaindre. Car la pudeur fait partie de ma personnalité. Et que j’éprouve une grande admiration pour ceux qui savent rester dignes. Le contexte actuel m’incite également à relativiser : je suis loin d’être le plus malheureux, ma maison n’a pas été rasée par les bombes… Donc mentalement, ça va, mais affirmer que, physiquement, je suis en grande forme, ce serait mentir. Il y a du mieux mais j’ai du mal à me débarrasser une bonne fois pour toute de cette bactérie qui m’embête depuis près d’un an et demi. »

XAVIER THEVENARD 1

À propos des symptômes de la maladie

« Je n’ai rien à cacher. Mais c’est douloureux à évoquer. Ça me fait même monter la larme. Je vis un véritable ascenseur émotionnel, au gré de l’effet de yoyo qui s’impose à ma forme physique. J’alterne entre les épisodes où je me sens vraiment bien, où j’ai l’impression que ça y est, la maladie est derrière moi, et les coups de mou, les retours de bâton, qui me rappellent que le combat n’est pas fini… À cet instant, tu ressens la colère et la frustration s’emparer de toi, comme si tu vivais une grande injustice. Je dois l’admettre, en un an et demi, j’ai pris quelques claques… Mais je me relève. […] Je reste extrêmement résilient et déterminé. Je vais y arriver. Je vais revenir. Cette maladie, ce n’est ni plus ni moins l’ultra le plus long et le plus difficile qu’il m’ait été demandé de courir. »

À propos de son activité physique

« Cette bactérie ne m’empêche pas de jardiner, de randonner, d’effectuer un peu de charpente, de réaliser quelques bricoles en maçonnerie. Elle serait presque vivable si je ne faisais pas de l’ultra-trail à haut-niveau. Donc je m’accroche, je vais jouer dehors tous les jours. Car cela me fait du bien. C’est indispensable à mon équilibre. Je continue à m’entretenir physiquement parce que je sais que le corps a une mémoire, et que de cette façon, je repartirai de moins loin lorsque cela ira mieux. […] Disons que je fais de l’endurance douce, en alternant les disciplines, entre ski de fond, vélo et course à pied, à raison de 15 à 20 heures par semaine. De la rando-course comme on dit dans le jargon. Je ne mets aucune intensité. Pour un individu lambda, cela peut déjà paraître beaucoup mais pour préparer convenablement un UTMB, ce n’est pas suffisant ! »

XAVIER THEVENARD 3

Le regard de Xavier Thévenard sur le trail aujourd’hui

« Apprécier encore plus intensément les bonnes sensations lorsqu’elles sont là. Cela fait aussi prendre conscience que l’on est ultra-vulnérable, que nous ne sommes finalement pas grand-chose, lorsque tu constates qu’une si petite bestiole peut te mettre aussi mal… Sinon, concernant le trail, je concède que j’ai du mal à suivre les courses, regarder les résultats. Cela me rend triste, car j’aimerais y participer. »

Xavier Thévenard et la compétition en 2022

« Je suis cramponné à l’idée de participer aux 90 km du Mont-Blanc, à la fin du mois de juin. J’ai aussi cette flamme qui danse en moi à l’idée m’aligner à nouveau sur l’UTMB. Je ne pense absolument pas au résultat, à la performance. Je rêve juste de prendre le départ dans les meilleures conditions possibles par rapport aux opportunités que la guérison m’offrira. Je veux seulement participer à la fête, goûter à cette ambiance, être un coureur parmi d’autres et juste boucler la boucle. La place, je m’en fous. Si j’arrive à finir cette balade qui me tient à cœur, fin août, cela voudra dire que j’ai parcouru du chemin et que des jours radieux s’annoncent. »

Extrait de l’article rédigé par Baptiste Chassagne – Photos Benjamin Becker © baouw-organic-nutrition.com

Retrouvez l’interview intégrale sur le blog Baouw

C’est mercredi 18 mai à Rettert, en Allemagne, au cours de « The Race of the Champions – Backyard Masters », que le coureur belge de 47 ans Merijn Geerts a réalisé un exploit que l’on croyait impossible. Il a battu le record du monde de distance sur ce type de course d’ultra-endurance. En parcourant 603 kilomètres, il devient le premier homme à franchir la barre des 600 km.

90 tours, record du monde battu !

C’est le 4e jour, après très exactement 89h 52mn et 49s, que le Belge Merijn Geerts a pu s’écrouler, heureux d’avoir établi la meilleure performance mondiale sur une Backyard. Rappelons que dans ce type de course, le but est de parcourir le plus de boucles de 6,706 km possible en moins d’une heure, sous peine d’élimination, avec un nouveau départ chaque heure. Au coude à coude avec l’Irlandais Keith Russel, ils étaient deux à avoir bouclé 89 tours. Ils battaient ainsi l’un et l’autre le record du monde de l’Américain Harvey Lewis, 85 tours, datant de 2017. En bouclant son 90e tour, que l’Irlandais n’a pas réussi à terminer dans les temps, le Belge est resté dernier concurrent en lice. Et il l’a donc emporté.

Merijn Geerts © DR
Merijn Geerts tout sourire lors d’un ultra. Plus il y a de kilomètres, plus il est heureux… © DR

Une spécialité belge, une fois

Merijn Geerts n’est pas un inconnu dans le monde de l’ultra-endurance. En octobre 2020, lors des championnats du Monde officieux de la discipline, la Big Dog’s Backyard Ultra World Championship, il avait accompagné un autre Belge, Karel Sabbe, jusqu’au 75e tour. Mais il n’avait hélas pas réussi à boucler ce tour dans les temps. Il avait alors pris la deuxième place de l’épreuve. “C’est surtout un jeu mental”, avait commenté Merijn Geerts après la course, épuisé mais heureux de cette expérience. Visiblement, le mental du Belge était au rendez-vous ce 18 mai en Allemagne.

Pour connaître les origines de la Backyard, lisez notre article.

La musique diminue la sensation de fatigue et l’entraînement semble plus facile, même si ce n’est pas le cas. Alors quand cette playlist est celle de Courtney Dauwalter, l’actuelle meilleure traileuse du monde, on a forcément envie de l’écouter !

La musique, booster du cerveau

Les personnes qui s’entraînent régulièrement connaissent ça : un morceau de musique particulier qui vous insuffle une force et une endurance surhumaines. Des chercheurs se sont donc penchés sur la question. S’il reste encore beaucoup à découvrir sur la manière exacte dont la musique agit sur le cerveau et sur le corps, on en sait un peu plus aujourd’hui. Ainsi, il a été démontré qu’elle active de nombreuses zones du cerveau en même temps, depuis le lobe frontal (qui contrôle les émotions) jusqu’au lobe temporal (qui régule le contrôle et la structure), en passant par le lobe occipital (responsable de la vision et de la coordination) et le lobe pariétal (qui régit les fonctions motrices). La musique agit comme un stimulant, et ce, de différentes manières. Elle agit sur l’humeur, vous fait vous sentir plus vigoureux et actif. Elle supprime les sentiments négatifs, diminue la colère et les tensions. Enfin, et c’est le plus intéressant, elle agit sur la perception de la fatigue. En clair, l’entraînement semble plus facile, même si ce n’est pas le cas.

PLAYLIST CERVEAU
© DR

Spotify dans la course

Il n’est donc pas surprenant que le leader du streaming musical offre depuis quelque temps déjà de nombreuses playlists running. Entre Running 2022, Running Motivation, Retro Running, Fun Run, Running Techno, etc, les propositions sont nombreuses et promettent des heures de course en musique. Quelques-unes sont d’ailleurs précisément calées sur différentes cadences de course, comme Running to Rock 170-190 BPM, Running 180 BPM, ou encore Running 185-200 BPM. Certains morceaux ont aussi des rythmes modulables, qui peuvent être écoutés à différents tempos, selon votre propre BPM. Mieux encore, l’application peut détecter votre BPM en course pour vous proposer une playlist adaptée, qui peut varier en fonction de votre rythme de foulée.

Courtney Dauwalter, jamais sans son iPod

Pour l’Américaine Courtney Dauwalter, double gagnante de l’UTMB et toute récente gagnante du MIUT, la musique est un allié incontestable qui l’aide dans les longues courses. « Si je devais choisir une chanson sur la ligne de départ d’une course, ce serait sans aucun doute Let’s Go Crazy de Prince », avoue-t-elle sur son compte Instagram. Et d’expliquer ensuite : « Dans la course de plus de 160 kilomètres, j’emporte mon vieil iPod avec les écouteurs filaires avec moi. C’est une option que j’utilise lorsque je veux un peu d’énergie ou pour changer de rythme dans ma tête. Ce qu’il y a dessus ? Un peu de tout. » Aujourd’hui, sa playlist préférée a rejoint la chaîne Salomon sur Spotify. De quoi trouver l’inspiration, et, si on en croit l’Américaine, de changer de rythme. « Plus vous chantez fort, plus vous courez vite. Enfin, probablement… »

COURTNEY DAUWALTER © Instagram / Tony of the Hill / DR
© Instagram / Tony of the Hill / DR

La playlist trail favorite de Courtney Dauwalter

De Queen à Bruno Mars en passant par Withney Houston et Taylor Swift, voici les 25 titres de la playlist de Courtney.

1 Don’t Stop Me Now – Queen
2 Let’s Go Crazy – Prince
3 24K Magic – Bruno Mars
4 Everybody (Backstreet’s Back) – Backstreet Boys
5 Hold On – Wilson Phillips
6 Live Your Life – T.I., Rihanna
7 Fancy Like – Walker Hayes
8 Here I Go Again 87 – Whitesnake
9 Billie Jean – Michael Jackson
10 Can’t Get Away from a Good – Logan Mize
11 Some Nights – fun
12 Jump Right In – Zac Brown Band
13 Hips Don’t Lie (feat. Wyclef Jean) – Shakira, Wyclef Jean
14 The 1 – Taylor Swift
15 Empire State Of Mind – Jaz-Z, Alicia Keys
16 It’s Gonna Be Me – *NSYNC
17 My House – Flo Rida
18 Feel It Still – Portugal. The Man
19 No Sad Songs – Niko Moon
20 I Wanna Dance With Somebody – Withney Houston
21 Havana (feat. Young Thug) – Camila Cabello, Young Thug
22 You Make My Dreams (Come True) – Daryl Hall & John Oates
23 Walking in Memphis – Marc Cohn
24 Bellas Finals : Price Tag… – The Barden Bellas
25 Beers On Me – Dierks Bentley Breland Hardy

Pour écouter la playlist sur Spotify, c’est par ici

COURTNEY PLAYLIST

Tous les traileurs connaissaient au moins un de ses morceaux de musique : Conquest of Paradise, devenu l’hymne du départ de l’UTMB. Le compositeur grec Evangelos Odysseas Papathanassiou, plus connu sous le nom de Vangelis, est décédé le 17 mai, à l’âge de 79 ans. Une triste disparition qui promet une émotion intense au départ du prochain Sommet Mondial du Trail.

Des sons venus d’ailleurs

Il y a des individus qui ont la magie au bout des doigts. Vangelis faisait partie de ces gens-là. Né en 1943 dans le petit village d’Agria, près de Volos, dans la région de Thessalie, il donne son premier concert de piano à l’âge de 6 ans, sans avoir jamais pris de leçons. Toute sa vie, il laissera libre cours à son imagination et son inventivité, trouvant l’inspiration aussi bien dans l’observation de l’espace (il a composé pour la NASA) que dans le mouvement étudiant de mai 1968, alors qu’il était bloqué à Paris.

VANGELIS © Facebook Vangelis : DR
© Facebook Vangelis / DR

Oscarisé pour Les chariots de feu

Pionnier de la musique électronique, Vangelis a composé quelques-unes des musiques de films les plus remarquables, comme celles de Porté disparu (Missing) de Costa-Gavras, de Lunes de fiel de Roman Polanski ou encore d’Alexandre d’Oliver Stone. Quant aux amoureux de la course à pied, c’est surtout à la bande originale des Chariots de feu, pour laquelle il obtint un Oscar en 1982, qu’ils penseront. Une victoire qu’il souffla à l’époque à John Williams, auteur de la bande-son du premier Indiana Jones !

VANGELIS Les-Chariots-de-Feu
Les Chariots de Feu, 1981. © DR

Conquest of Paradise, 500 ans après Christophe Colomb

C’est en 1992, soit 500 ans après la découverte de l’Amérique, que sort 1492 : Christophe Colomb, le film de Ridley Scott relatant le voyage de Christophe Colomb. Avec, dans le rôle titre, Gérard Depardieu. Son titre original est 1492 : Conquest of Paradise, et la bande-originale est composée par Vangelis, alors que l’Allemand Hans Zimmer avait été initialement envisagé.

VANGELIS 1492
1492 : Christophe Colomb, 1992. © DR

L’hymne de départ de l’UTMB orphelin

C’est le moment que tout le monde attend sur la place du Triangle de l’Amitié, au centre de Chamonix. Les coureurs, compactés, immobiles, élites sous l’arche de départ, anonymes quelques dizaines de mètres plus loin. Et le public, massé des deux côtés de la rue du Docteur Paccard, impatients de voir passer les héros s’élançant à la conquête de leur propre paradis, au prix d’un long détour par l’enfer de la course. Lorsque résonnent les premières notes de Conquest of Paradise, les visages se ferment, plus personne ne parle, l’émotion devient palpable. Elle le sera certainement plus le 26 août prochain, lorsque sera certainement rendu un vibrant hommage à Vangelis. Bonne route Mr Evangelos Odysseas Papathanassiou.

Revivez les dernières minutes avant le départ de l’UTMB Mont-Blanc 2019 au son de Conquest of Paradise.

VANGELIS DEPART UTMB © UTMB
Départ de l’UTMB à Chamonix tandis que retentit Conquest of Paradise de Vangelis, devenu hymne de la course. © UTMB

Depuis près de 3 mois qu’on attendait ça, l’heure est enfin venue de découvrir les membres “Men in Black” de la team NNormal de Kilian Jornet en action. Ce sera dès ce week-end avec Tòfol Castanyer sur le 100 km du Cami de Cavalls, à Minorque, puis fin mai à Zegama avec Kilian Jornet et Dakota Jones. Sans oublier la “Woman in Black”, Emelie Forsberg, qui fêtera son grand retour à la compétition.

Tòfol Castanyer pour la première mondiale le 21 mai

Il y a toute une symbolique derrière ce lancement. La logique aurait voulu que la première apparition des équipements NNormal soit réservée au « patron », à Zegama. Mais ce qui aurait été normal n’est pas NNormal ! Ce sera donc l’Espagnol Tòfol Castanyer qui aura le privilège de prendre le premier départ d’une course avec les équipements de cette nouvelle marque, le samedi 21 mai à 1h du matin. Et le choix du Camí de Cavalls, à Minorque, ne doit rien au hasard. Tòfol Castanyer a en effet toujours été passionné par les Baléares, créant des camps d’entraînement à Majorque pour les jeunes coureurs, et s’efforçant de les sensibiliser aux écosystèmes naturels délicats de ces îles. Après avoir remporté la course sur le format 85 km l’an dernier, Tòfol visera une nouvelle victoire sur le format 100 km pour célébrer ses débuts en noir. « C’est une course très importante pour moi, car elle est proche de Majorque, ma maison et celle de NNormal », explique Tòfol.

TOFOL CASTANYER
© NNormal.com / DR

Un Zegama pas comme les autres pour Kilian Jornet

Même s’il connaît le parcours par cœur, cette édition 2022 restera pour Kilian Jornet une course pas comme les autres. Pour la première fois, il portera les équipements de sa propre marque devant le monde entier. Et quelle meilleure publicité pour NNormal qu’une victoire ? La pression est donc intense sur les épaules du Catalan, déterminé à s’imposer une dixième fois, malgré une concurrence qui s’annonce rude. Sa préparation a été totalement orientée vers cet objectif, avec la combinaison de longues courses et de montées sur un rythme progressif, ainsi que sur des tempos plats. « Je pense que ce type d’entraînement, combinant des montées raides et des courses à plat, est un bon moyen de s’entraîner spécifiquement pour différentes sections de la course », a déclaré Kilian.

Pour connaître les favoris de l’édition 2022 de Zegama-Aizkorri, c’est ici.

KILIAN JORNET
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Dakota Jones, un surdoué tout de noir vêtu

Très engagé ces dernières années sur la protection de l’environnement et profitant de son statut de coureur élite pour diffuser son message, Dakota Jones a logiquement rejoint Kilian Jornet sur les valeurs défendues par la marque NNormal. Pour autant, l’athlète américain ne viendra pas à Zegama uniquement pour arborer ses équipements. L’homme qui a déjà battu 2 fois Kilian (une fois sur la 4ème édition de la Transvulcania, en 2012, et une fois sur l’Ultra Race of Champions – UROC – en 2013) s’est entraîné dur pour cet objectif. « Mon entraînement a été axé sur la combinaison de longues sorties pour améliorer mon rythme pendant la course, et sur des courses en montagne pour renforcer mes jambes », prévient-il.

DAKOTA JONES
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Emelie, ou le retour d’une femme en noir

Pour Emelie Forsberg, Zegama 2022 marquera son retour à la compétition après une longue période d’absence, en partie due à ses deux maternités. Si son manque de compétition est évident, la championne suédoise s’est néanmoins préparée avec des régimes d’entraînement intenses pour améliorer son rythme en course. Elle s’aligne au départ avec beaucoup de motivation. « Zegama est une excellente occasion pour moi de recommencer », explique Emelie. « Comme il n’y a pas eu beaucoup de neige à la maison cet hiver, j’ai pu faire de nombreuses heures d’entraînement combiné. Par exemple, quatre heures de ski suivies d’une heure de course. C’est un moyen idéal pour travailler l’endurance au printemps, lorsque les jambes ne peuvent pas supporter cinq heures de course à pied. C’était aussi un bon moyen pour moi de me concentrer sur mon mouvement et ma vitesse. Ces derniers temps, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire deux montées de 15 min puis deux plats de 5 km. » Ses adversaires sont prévenues : la femme en noir ne viendra pas pour faire de la figuration.

EMELIE FORSBERG
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Fort du succès rencontré les 2 années précédentes, Asics et i-Run ont organisé une nouvelle édition de la Trail Elite Factory, le premier programme de détection des jeunes talents trail en France. Les deux vainqueurs intégreront le Team Asics Trail et i-Run pendant un an et évolueront aux côtés d’athlètes professionnels. Après Argelès-sur-Mer le 14 mai, il reste 2 dates pour concourir !

À la recherche de nouveaux talents

La Trail Elite Factory est un programme unique imaginé par Asics en 2020 pour détecter de façon originale les futurs talents du trail en France. Le programme est ouvert aux jeunes, âgés de 18 à 25 ans. Les deux premiers remporteront un contrat athlète pro d’un an et intégreront le Team Asics Trail et i-Run et bénéficieront d’un accompagnement professionnel et personnalisé : équipements complets, stages en France et en Europe, suivi médical, préparation…

TRAIL ELITE FACTORY ETAPE 1 © Lorbranchet
Ambiance lors de la première phase de la Trail Elite Factory 2022 à Argelès-sur-Mer. © Instragram / DR

Plus que 2 phases de sélection

3 journées de sélections ont été programmées en France. Au menu, rencontre avec l’ultra-traileuse Sylvaine Cussot, marraine de l’édition, et d’autres athlètes du Team pour des moments d’échanges et de conseils, participation à des épreuves techniques, puis la découverte des produits trail de la marque Asics. Les participants seront jugés sur un parcours trail et leur technique, mais aussi sur leur motivation. À l’issue de chaque journée de sélection, 4 participants seront qualifiés pour la phase finale. Après Argelès-sur-Mer le 14 mai, 2 dates restent au calendrier : Clermont-Ferrand le samedi 4 juin et La Clusaz le samedi 11 juin.

Grande finale à Chamonix les 30 septembre et 1er octobre

Les 12 finalistes, 4 pour chacune des 3 phases, seront suivis et préparés par Thomas Lorblanchet et s’affronteront à Chamonix sur une ultime épreuve, à l’issue de laquelle les 2 lauréats seront désignés pour intégrer le Team Asics Trail et i-Run.

TRAIL ELITE FACTORY THOMAS LORBLANCHET © instgram / DR
Thomas Lorblanchet, athlète Asics, encadrera les finalistes à Chamonix fin septembre. © instagram / DR

Comment postuler ?

Vous êtes passionné de trail et avez entre 18 et 25 ans ? Vous devez alors remplir un questionnaire et choisir la date de sélection qui vous convient le mieux par rapport à vos disponibilités, sachant qu’il ne reste que le 4 juin à Clermont-Ferrand et le 11 juin à La Clusaz. Si votre candidature est validée par le jury de sélection, vous recevrez une convocation pour la journée de détection choisie !

Pour vous inscrire, c’est par ici

En 6 participations, Emelie Forsberg a terminé 6 fois dans le top 10. Et surtout, toujours illuminé cette course de son magnifique sourire. Son dernier Zegama ? 2018 ! Depuis, elle a donné naissance à deux enfants. Elle ne signe son retour à la compétition que cette année. La « nouvelle Emelie », comme elle aime à le dire, fera partie de la team Nnormal, la marque d’équipement lancée par son compagnon, Kilian Jornet.

Une ascension fulgurante

C’est en 2009 qu’Emelie Forsberg participe à sa première course, le Fjällmaraton, en Norvège. Et signe sa première victoire, après avoir emprunté au dernier moment le sac à dos d’un ami. Re-belote l’année suivante, sur la même course, où elle pulvérise le record de l’épreuve établi par elle-même l’année précédente. Normal, elle ne s’est pas arrêtée 20 minutes pour manger un gâteau au chocolat ! Repérée par le community manager de Salomon en Suède, Erik Ahlström, elle intègre l’équipe en 2012 et se révèle vite au niveau mondial, enchaînant les podiums et les victoires en ultra-trail comme en SkyRunning. Forcément, Zegama reste une étape obligée, où elle se rendra chaque année entre 2012 et 2018, à l’exception de 2016, où elle ne put pas prendre le départ pour cause de blessure.

Retrouvez l’ambiance de folie de Zegama en vidéo ici.

Ses 6 Top 10 en photos

3e en 2012, gagnante en 2013, 4e en 2014 et en 2015, 8e en 2017, 7e en 2018, Emelie Forsberg a toujours signé des performances remarquables sur les sentiers de cette classique basque. Retour en photos sur ses exploits et son sourire.

EMELIE ZEGAMA 2012 © Instragram
Première participation en 2012, alors que la jeune Suédoise vient d’intégrer la team Salomon. Elle terminera sur la troisième marche du podium. © Instragram
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En 2013, le dossard 23 lui porte bonheur : Emelie remporte la course féminine, tandis qu’un certain Kilian Jornet remporte le classement général. © DR
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En 2014, dans des conditions climatiques difficiles, Emelie finit au pied du podium, à la 4e place. © Jordi Saragossa
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En 2015, la pluie et le brouillard ne peuvent rien contre le sourire d’Emelie. Elle termine de nouveau au pied du podium. © Guillem Casanova
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Absente pour cause de blessure en 2016, Emelie est de retour en 2017 et finit à la 8e place, son moins bon classement en 6 participations. © DR
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Pour sa dernière participation, en 2018, Emelie termine 7e. © Aritz Gordo

Le temps de devenir mère

C’est en 2015 qu’Emelie Forsberg et Kilian Jornet décident d’unir leurs vies. Pour courir, mais aussi pour se poser. En Norvège, dans la nature, au calme. Ils orientent alors petit à petit leurs carrières vers le ski-alpinisme et les SkyRace. La dernière performance d’Emelie au niveau mondial est d’ailleurs significative : une seconde place sur l’Ultra SkyMarathon Madeira, un 54 km avec 4100m de D+, en juin 2018. Puis vient le temps des enfants. Maj, leur première fille, née en mars 2019. Puis leur seconde fille, deux ans plus tard, en avril 2021.

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2 ans avant d’unir leurs trajectoires, Kilian et Emelie sont déjà seuls au monde, vainqueurs de Zegama dans leur catégories respectives. © DR

Faire son propre chemin

Sa liberté de choisir, Emelie l’a érigée en mantra de vie. C’est le sens de ce qu’écrit Grégory Vollet, manager du team trail Salomon, dans le numéro 124 d’Esprit Trail, dans la chronique Esprit Libre. « Je crois surtout qu’Emelie m’a montré que pour trouver l’équilibre dans la vie, il faut savoir prendre le temps, réfléchir, écouter, s’offrir un long silence pour mieux entendre et apprécier. Emelie le fait de différentes manières, elle sait se protéger, s’isoler. C’est de plus en plus important pour elle, car avec le succès et la reconnaissance, sa liberté est parfois affectée. Elle gère à sa façon. Elle est capable de se couper de tout. Je l’ai déjà vue passer deux heures plongées dans un livre sur le canapé alors qu’autour d’elle, tout se bouscule. »

EMELIE-ESPRIT-TRAIL

La flamme du trail brûle encore

Toujours dans la bouche de Grégory Vollet, ces mots, comme une prophétie : « Avec le recul, je me rends compte qu’Emelie fut une étoile filante dans le monde du trail. Elle arriva pleine d’envies et de fraîcheur. Elle réalisa la plupart de ses rêves en très peu de temps, et continua son chemin en prenant ses propres décisions pour garder sa liberté, son équilibre entre sa passion de l’outdoor, sa famille et ses projets. Je n’ai aucun doute que la flamme du trail running brûle toujours au plus profond d’elle, et que nous allons bientôt revoir son sourire sur des courses en 2022. » Zegama-Aizkorri, 1ère étape des Golden Trail World Series 2022, sera ce rendez-vous.

« Excitée et nerveuse »

Un retour à la compétition, forcément, ça peut faire peur. Surtout lorsqu’on s’appelle Emelie Forsberg et qu’on est attendue. La Suédoise confiait d’ailleurs sur ses réseaux sociaux ne même plus savoir si elle était capable de courir 42 kilomètres. Imaginez, 10 semaines avant Zegama, alors qu’elle finissait sa saison de ski-alpinisme, elle n’avait pas encore repris l’entraînement de course à pied. Mais une chose est sûre : quelle que soit sa performance le 29 mai, elle illuminera les lieux de son sourire.

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Emelie en 2018, à l’arrivée de la course. © DR