Il n’avait jamais participé au Marathon des Sables, mais pour la 40ème édition, il n’a pas hésité à aller se confronter aux frères El Morabity, champions incontestés invaincus depuis plus de 15 ans. Pari gagnant, puisqu’il a bien failli bousculer la hiérarchie. Bienvenue dans ce numéro qui sent bon le sable chaud… et plein d’autres choses.
ESPRIT TRAIL N°149 : Ludovic Pommeret et Maryline Nakache étincelants
Si Ludovic Pommeret, en montant sur le podium du MDS et en rivalisant avec le vainqueur Mohamed El Morabity sur 2 étapes, dont la longue, a été brillant, que dire de Maryline Nakache ? Tenante du titre, la Française a survolé cette édition pour remporter son 3ème MDS, en s’offrant un grand chelem sur les 6 étapes de l’épreuve. Esprit Trail vous propose de vous replonger dans cette édition exceptionnelle.
Ventoux ET 149
ESPRIT TRAIL N°149 : Tout tout tout sur le Ventoux
Théâtre des championnats de France de trail 2027 dans le cadre du Trail du Ventoux, le Géant de Provence a fait vibrer la planète trail au sens propre comme au figuré, avec pour les coureurs des conditions de vent et de froid épiques. Esprit Trail revient sur les épreuves les plus emblématiques de cette fin de mois de mars, et vous livre un guide complet des parcours les plus sympas à découvrir pour vous offrir vous aussi le Ventoux, à votre rythme.
MDS ET 149
ESPRIT TRAIL N°149 : et toujours vos rubriques habituelles
Conseils d’entraînement, nouveautés d’équipement testées et approuvées, conseils en matière de santé et de nutrition, reportages sur les épreuves passées mais aussi sur les off et autres aventures sans dossards, nouvelles de la communauté, vous retrouverez dans ce numéro toutes les rubriques actuelles pour un panorama complet de l’actualité du trail.
Reportages ET 149
Retrouvez ESPRIT TRAIL n°149 dès maintenant en kiosque !
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-29-a-16.17.12.png12381920Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-05-29 16:26:232026-05-29 16:26:26ESPRIT TRAIL N°149 : Le Président Pommeret fait la Une !
Clément Deffrenne – alias Clemquicourt – vient de terminer le Baekdu Deagan Ridge Trail. Soit l’un des itinéraires les plus exigeants d’Asie, avec 760 km pour 64 877m D+ sur la grande dorsale montagneuse coréenne. Après un court silence subtilement orchestré sur ses réseaux sociaux, il revient avec un nouveau récit d’aventure filmé.
La fin d’une aventure, le début d’une autre
« Clemquicourt, c’est l’histoire d’un mec lambda, qui rêve de vivre de sa passion. Mais le problème, c’est que le rêve il s’est réalisé. », annonçait Clément Deffrenne dans une vidéo Instagram publiée le 25 avril dernier. Tout dans la mise en scène – enterrement en grande pompe du maillot Killcam – laissait croire à la fin d’un véritable personnage du trail moderne : format horizontal façon cinéma, voix-off presque froide, ton différent du traditionnel humour décalé, storytelling qui rappelle d’où il vient…
Dans le même temps, Clément Deffrenne avait même pris soin de supprimer l’intégralité des contenus publiés depuis plus de 2 ans sur son compte, pour soigner plus encore sa « disparition ». De quoi semer le trouble chez sa communauté, comme le montrent les commentaires sous cette vidéo aux 5,4 millions de vues. Mais en réalité, cette « disparition » était le teasing d’une renaissance, 9 jours plus tard, avec l’annonce d’un projet d’envergure : la traversée de la Corée du Sud du Sud au Nord.
L’enterrement du maillot KillCam, fin d’une aventure. Et début d’une autre… Instagram Clemquicourt
Un véritable coup de com assumé par cet influenceur-coureur, qui met en récit chacun de ses grands défis d’ultra-trail depuis quelques années en revendiquant un statut de créateur de contenu plus qu’un statut d’athlète, et ce malgré des résultats très honorables. Son compte Instagram aux 655 000 abonnés ne laisse planer aucun doute, qui présente une figure moderne de coureur créatif et influent. Clemquicourt y apparaît comme un personnage issu d’une sorte de jeu vidéo façonné à sa manière, avec son auto-dérision et son univers bien à lui. En fait, le Lillois casse les codes du trail, sans jamais laisser croire que tout est acquis. À travers ses vidéos immersives lors du Baekdu Deagan début mai en Asie du Sud, il donne à voir la réalité du terrain, et de ce sport qui a encore tout à lui apprendre.
Parachuté en Corée du Sud, Clemquicourt annonce une nouvelle aventure, comme une nouvelle ère. Instagram Clemquicourt
Une dorsale montagneuse et sauvage de 760 km
Le défi était de taille : traverser la grande ligne de crête montagneuse d’Asie du Sud en seulement 13 jours, pour espérer décrocher le Fastest Known Time, le record de vitesse officiel sur ce tracé. Mais rien ne semble effrayer ce Lillois, déjà finisher du Grand Raid de la Réunion 2024 (23ème), de l’Ultra Terrestre 2025, toujours à La Réunion (4ème) et de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc 2025 (144ème, sub 30 heures).
Après avoir explosé sur les réseaux sociaux en 2025 grâce à ses mises en scène immersives et ses récits d’aventure, Clemquicourt s’est donc attaqué à ce qu’il a présenté, à juste titre, comme l’un des défis les plus exigeants de sa jeune carrière. Ainsi, pendant 13 jours, accompagné de sa petite équipe de filmmakers et de supporters, Clément Deffrenne a documenté l’ensemble de sa traversée. Un Clément « plein-phares », comme il le dit souvent dans ses vidéos, qui dépasse chaque jour un peu plus ses limites.
Quand il faut y aller… Départ, plus que 760 km à parcourir… Instagram Clemquicourt
Clemquicourt face à la réalité du terrain
Dès les premiers jours, Clément Deffrenne fait face à l’imprévisibilité d’un tel défi. Les étapes sont plus longues que prévu, le terrain est extrêmement technique et les informations sur les tracés sont différentes selon les sources consultées. Il faut alors réajuster les plans pour mieux répartir le dénivelé sur chaque étape. Malgré cette adaptation constante, Clemquicourt ne perd jamais l’envie de continuer. L’équipe qui l’accompagne se charge de ses ravitaillements et de son confort. Lui n’a qu’à courir. Mais le manque de sommeil prend de plus en plus de place et les réveils deviennent difficiles. Pour autant, son humour tant apprécié ne le quitte pas. C’est la particularité qui le rend d’ailleurs si attachant.
Un exploit non homologable, mais un exploit quand même
D’après ses vidéos, Clemquicourt – qui court de moins en moins au fil des jours – emprunte des sentiers en forêt interminables, jusqu’à se retrouver souvent au beau milieu de bases militaires. D’ailleurs, il avoue avoir quitté volontairement certains segments officiels pour suivre une version plus historique de la crête coréenne, afin de donner plus de sens à son objectif. Certains de ces passages étant aujourd’hui fermés, interdits ou non reconnus dans les standards classiques de validation, Clemquicourt est parfaitement conscient qu’il n’a probablement pas réalisé de FKT homologable (Fastest Known Time) à l’issue de son aventure. En revanche, la performance sportive est indéniable. L’exploit de Clément Deffrenne s’exprime tant sur l’ampleur de la distance parcourue en 13 jours que sur la rigueur extrême du tracé.
Instagram Clemquicourt
Du sentier à l’écran : rendez-vous en août sur YouTube
Clément Deffrenne a terminé son défi mi-mai. Dans sa dernière vidéo, il annonce qu’un film relatant son aventure verra le jour fin août sur YouTube. Et au vu de la créativité du traileur, le projet est prometteur et le film est assuré de rencontrer son public, les fans du personnage se comptant par dizaines de milliers, dans la sphère des traileurs et bien au-delà. Avec cette nouvelle page de ses aventures, une chose est sûre : Clemquicourt se pose plus que jamais comme un phénomène de l’ultra-trail, tête d’affiche d’un trail moderne, tourné vers la performance du corps autant que du récit.
La création de contenu, passage obligatoire pour exister auprès des marques ?
Si la vitrine donnée à l’ultra-trail à travers ces réalisations est immense, la démarche, elle, commence à inquiéter les athlètes de premier plan, généralement plus âgés, qui s’aperçoivent que pour exister sur les réseaux sociaux, la performance sportive pure ne suffit plus. Les budgets engagés par les marques sur des coureurs-influenceurs sont d’ailleurs révélateurs : plus qu’une victoire ou un podium, elles privilégient un story-telling vivant, moderne et plein d’humour. Et sèment le trouble dans la communauté des coureurs.
Les précurseurs de la création de contenu, à l’image d’Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, ont montré la voie mais sans jamais avoir eu les budgets d’un Clemquicourt, et se retrouvent aujourd’hui « distancés » par la jeune génération montante. Certains autres, comme Mathieu Blanchard, ont dès le début associé la performance sportive et la production de films ambitieux, quitte à être critiqués pour leur façon de se « vendre » aux marques. D’autres encore, comme Théo Detienne, tentent de faire la synthèse des deux – performance sportive et création de contenu décalé -, mais sont attendus au tournant et ont encore tout à prouver.
D’autres enfin, qui n’ont jamais communiqué sur les réseaux autrement que par leurs séances d’entraînement ou leurs performances sportives, se retrouvent poussés par des agents en image à se mettre en scène, à l’image d’un Ludovic Pommeret désormais installé dans son rôle de Président du Trail Mondial, mais dans un costume dans lequel on ne le sent pas du tout à l’aise. En grandissant, en se démocratisant mais aussi en se professionnalisant et en attirant de plus en plus d’argent, le trail est entré dans une crise d’adolescence qui nous réserve sans doute encore bien des surprises.
Ludovic Pommeret dans une “allocution présidentrail”. Instagram Ludo Pommeret
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/Instagram-Clemquicourt-4.jpg6961200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-05-26 13:15:382026-05-26 13:48:25FKT du Baekdu Deagan : la performance au service du récit, façon Clemquicourt
Du 14 au 17 mai 2026, la grande famille du trail a vibré au pied de la Montagne de Lure. Des départs dans la nuit, le sommet de Lure, les arrivées à Forcalquier, la fête au village THP, et pour la première fois, THP Horizon, la nouvelle course inclusive organisée pour celles et ceux qui ne courent pas comme les autres, c’est tout l’univers du Trail de Haute Provence que vous retrouvez ici dans ce court film résumant les moments forts de la 12ème édition du THP Summer.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/THP-2026-LE-FILM.png6641200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-05-25 11:43:052026-05-25 11:43:26THP Summer 2026 : le film officiel du Trail de Haute Provence
Le 7 mai 2026, Gilles Tarnier s’est lancé un défi : traverser la Corse du Nord au Sud le plus rapidement possible. En 2023, l’Ajaccien s’était déjà emparé du record de la traversée de la Corse d’Est en Ouest, le Mare a Mare Nord, parcourant 150 km et 7000m D+ en 23 heures et 14 minutes. Mais Punta a Punta, le nom de ce défi, est d’une autre envergure : plus de 300 km et 13000m D+ l’attendent pour relier le village de Barcaggio, tout au Nord du Cap Corse, au port de Bonifacio, tout au Sud. Réussira-t-il à aller au bout de son rêve ?
« C’est un défi pour que le temps s’arrête et que je puisse vivre en permanence ce qui m’a construit et qui je suis aujourd’hui », déclare cet homme à la fois humble et redoutablement résilient. À travers ce défi, Gilles Tarnier, 55 ans, vétéran expérimenté des sentiers corses, nous fait vivre à la fois un exploit sportif et une aventure humaine avec toute une équipe embarquée avec lui, et où l’émotion est toujours à fleur de peau.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/PUNTA-A-PUNTA.png6611200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-05-21 01:57:552026-05-21 02:10:16Défi Punta a Punta – l’exploit de Gilles Tarnier en vidéo
C’était la course de début d’année la plus attendue, et sans doute la plus relevée, avec 20 coureurs ayant un Index Itra supérieur à 900. À titre de comparaison, ils étaient 9 au départ de l’UTMB ! Et parmi ces 20 coureurs, 8 avaient même une cote comprise entre 930 et 950, du jamais vu sur une épreuve. Mais si cette 25ème édition du Marathon de Zegama était aussi attendue, c’est parce qu’elle promettait une confrontation de très haut vol entre Elhousine Elazzaoui, vainqueur des 2 dernières éditions de la Golden Trail World Series et tenant du titre, et son « boss » du Team NNormal Kilian Jornet, 11 fois titré à Zegama.
Zegama 2026 : Elhousine Elazzaoui éclatant
La course est partie sur un rythme très élevé, portée par l’atmosphère unique de Zegama. Rémi Bonnet a pris les commandes dès les premiers kilomètres, imprimant un tempo soutenu et signant le meilleur temps sur le segment sprint (5’59 sur 1,8 km), ce qui lui a permis de décrocher les dix premiers points bonus de la saison Golden Trail World Series. Le Suisse comptait jusqu’à une minute d’avance au kilomètre 5,7 sur Elazzaoui, Jornet et Adrien Briffod.
Rémi Bonnet a conservé la tête jusqu’aux pentes exigeantes de Sancti Spiritu (kilomètre 19,6), portées par l’enthousiasme de milliers de supporters. C’est à cet endroit que la course a basculé : Elhousine Elazzaoui et Daniel Pattis ont rejoint le Suisse, lançant un duel intense pour la victoire. Sur ce même secteur, qui accueillait le segment de montée, le Marocain s’est montré le plus fort avec un temps de 23’42 sur 2,5 km.
Elhousine Elazzaoui et l’Italien Daniel Pattis ont franchi ensemble Andraitz (kilomètre 30) avant de se départager dans la descente technique vers Zegama. Plus à l’aise, le Marocain a fait la différence en creusant un écart décisif d’une vingtaine de secondes pour s’imposer et signer une deuxième victoire consécutive en 3h45’07.
De son côté, Rémi Bonnet a été ralenti par des crampes dans la partie finale et a progressivement perdu du terrain. L’Américain Taylor Stack, révélation des GTWS 2025, a complété le podium au terme d’une remontée remarquable, terminant à 7’12 du vainqueur. Le meilleur temps dans le segment de descente (6’28 sur 1,9 km) est revenu à Damian Bogdan (Kailas Fuga).
A noter que Benjamin Roubiol, vice-champion du monde de trail long 2025, termine 8ème et meilleur Français à 10’15 du vainqueur.
Photo Organisation
Zegama 2026 : la déclaration d’Elhousine Elazzaoui
Avec cette victoire, Elhousine Elazzaoui devient le deuxième athlète de l’histoire à s’imposer à deux reprises à Zegama-Aizkorri, rejoignant Kilian Jornet et ses onze victoires de référence. Sa déclaration à l’arrivée :
« Avant de venir, je ressentais un peu de pression, car beaucoup me voyaient comme le favori. La course était très exigeante, mais je connais bien ce parcours. J’ai su gérer mon effort avec intelligence et rester concentré. Gagner à nouveau à Zegama, c’est incroyable, c’est historique ! Kilian [Jornet] n’a pas gagné aujourd’hui, mais comme nous sommes dans la même équipe, c’est un peu comme si nous avions gagné ensemble. Je le remercie pour son soutien et ses conseils. Cette saison, je vise une troisième victoire sur les GTWS, ce que personne n’a encore réussi. Prochaine étape : Ledro, dimanche prochain ! »
Le Top 10 masculin.
Zegama 2026 : le « Patron » a dû baisser les armes
Si Kilian Jornet, 11 fois titré à Zegama, n’a plus rien à prouver, sa présence, à la recherche d’un douzième titre mais aussi comme coup d’envoi d’une saison d’envergure qui doit l’amener sur la Western States, puis à Sierre-Zinal, et enfin au départ de l’UTMB, était très attendue.
Hélas, après avoir joué avec les meilleurs dans la partie ascendante, des problèmes de releveurs ne lui ont pas permis d’effectuer la descente à son niveau, laissant filer ses concurrents. Il termine finalemnt 43ème, et a pris le temps, dans les ruelles de Zegama menant à l’arrivée, de saluer tranquillement la foule qui lui a réservé une ovation à la hauteur de sa popularité.
« En fait, j’ai pris beaucoup de plaisir à courir à un rythme un peu différent aujourd’hui. Tout cela m’a mené jusqu’à l’arrivée malgré les difficultés, et m’a rappelé pourquoi Zegama est Zegama, » a déclaré le Patron.
Photo Organisation
Zegama 2026 : Tove Alexandersson sur une autre planète
Tous les regards étaient tournés vers Tove Alexandersson, championne du monde de trail 2025, qui a montré sa capacité à établir des performances de niveau exceptionnel. Le record établi en 2022 par Nienke Brinkman (4h16’43) semblait menacé. Il a finalement été largement battu. La Suédoise n’a pas seulement répondu aux attentes : elle les a dépassées avec autorité en s’imposant en 4h08’09, nouveau record de l’épreuve.
Tove Alexandersson a dominé la course de bout en bout, imposant un rythme intenable aussi bien en montée qu’en descente, transformant rapidement la course en un contre-la-montre. Dès Sancti Spiritu, elle comptait déjà 8 minutes d’avance sur l’Espagnole Sara Alonso et 9 sur Ida Amelie Robsahm.
Derrière elle, l’Espagnole Malen Osa s’est illustrée devant son public avec une remontée spectaculaire. Cinquième à Aratz (kilomètre 16,1), troisième à Aketegi (kilomètre 23,2), la coureuse basque a finalement décroché une superbe deuxième place en 4h23’56, soit le meilleur résultat jamais réalisé par une athlète basque sur l’épreuve. Sara Alonso, locale et tenante du titre, complète le podium.
A noter que la première Française, Lucille Germain, termine 8ème à 32 minutes de la gagnante.
Dans la continuité de sa domination, Alexandersson a également signé les meilleurs temps sur les trois segments : 6’46 sur le sprint, 26’27 en montée et 7’41 en descente.
Zegama 2026 : la déclaration de Tove Alexandersson
« C’était une course extrêmement difficile, j’ai souffert longtemps. J’ai tout donné et je suis très heureuse. Il y avait énormément d’attentes, peut-être même plus que celles que je m’imposais. Ce n’est jamais simple : beaucoup de facteurs doivent s’aligner. Dans la première partie, je suis restée concentrée sur moi-même, puis j’ai simplement essayé d’aller le plus vite possible jusqu’à l’arrivée. Aujourd’hui, c’était un combat contre la montagne. »
Malgré un avis d’intempéries et de grand froid et des parcours de repli activés, le Trail de Haute Provence – THP – a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses, avec du spectacle, des parcours magnifiques et des performances remarquables. Retour sur un week-end riche en émotions.
THP160 : Anthony Pipitone au rendez-vous
Kit grand froid obligatoire, parcours de repli activé, les coureurs du THP 160 ont vu la distance de la course diminuée de 166 à 142 km et de 7150 à 5600m D+, avec l’annulation de la montée sur la montagne de Lure pour des raisons de sécurité.
Qu’à cela ne tienne, Anthony Pipitone était attendu, il a répondu présent. Le coureur pyrénéen, déjà fort d’un palmarès solide – notamment une remarquable 10ème place sur la Diagonale des Fous en 2024 – s’est imposé sur cette édition du Trail de Haute Provence après 16h44 de course et a enfin décroché la victoire qui lui échappait jusqu’ici.
Freiné ces deux dernières années par des pépins physiques, il nourrissait une ambition claire : monter sur la plus haute marche du podium. Habitué des places d’honneur, mais jamais encore vainqueur, il a concrétisé sur ce THP 160 son objectif avec une performance aboutie.
Au-delà du résultat sportif, Anthony Pipitone donnait également du sens à sa course en courant pour l’association française de lutte contre l’endométriose, alliant ainsi engagement personnel et performance.
Derrière lui, Corentin Bedetti a réalisé une très belle course et pris la deuxième place, franchissant la ligne d’arrivée seulement 12 minutes après le vainqueur. Une performance marquante pour lui, qui a signé à cette occasion son premier podium sur un trail. Le podium a été complété par Pierre Le Clézio, venu de Bretagne, au terme d’une course solide.
Anthony Pipitone. Photo Organisation
THP 160 : Mélanie Son en lumière
Chez les femmes c’est Mélanie Son, la sudiste venue des Pennes Mirabeau, à côté de Marseille, qui a remporté le THP160. Ancienne membre de l’équipe de France d’escalade, elle s’est mise au trail il y a 5 ans. Il lui aura fallu 23h51 pour remporter l’épreuve reine. Elle a enregistré à Forcalquier sa première victoire !
Mélanie Son. Photo Organisation
THP 120 : Antoine Clément et Mandy Dammekens s’imposent
Il n’aura fallu que 10h04 à Antoine Clément pour venir à bout du THP120, au parcours modifié (123 > 99 km et 5600 > 4000m D+). Il a franchi la ligne d’arrivée en pleine nuit, à 4h04 très exactement. Vingt-deux minutes plus tard, c’était au tour d’Allan Le Floc, autre Breton venu performer sur le THP, de couper la ligne. Jonathan Rousset a complété le podium après 11 heures de course.
Chez les femmes, la performance a également été au rendez-vous. La Belge Mandy Dammekens, habituée des podiums et annoncée parmi les favorites, s’est imposée en 13h51, confirmant son statut. Elle a devancé Ivanne Hureau, venue de Morlaix, qui a bouclé la distance en 14h05, tandis que Jessy Martinelli, traileuse chevronnée et familière de ce format, a complété le podium, quinze minutes plus tard.
THP 80 : Rémi Martinez et Stéphanie Gibert s’offrent la victoire
Parti à 8h30 depuis Ongles, c’est Rémi Martinez qui est arrivé en 1er à Forcalquier à 14h51 devant une foule impressionnante, sur un parcours également de repli (80 > 70km et 3500 > 2800m D+). Il aura fallu 6h20 a ce traileur originaire de Font Romeu pour renouer avec la victoire après avoir remporté l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour en 2024 sur 50km. 19 minutes plus tard, c’était au tour de Thibaud Le Goguic de sonner la cloche de l’arrivée et c’est le belge Thomas Derme qui a bouclé le podium avec un temps de 6h43.
Chez les femmes, c’est Stéphanie Gibert qui a remporté la distance en 7h49. Elle a franchi la ligne à 16h20, suivie par Amandine Dumas arrivée 2min après. Claire Dedouelle a complété le podium avec un chrono de 7h58.
THP 65 : victoires pour Louis Sorin et Françoise Parage
Le format 65 kilomètres et 2800m D+ passé à 55km et 2200m D+ a été reporté par Louis Sorin, un athlète de la team Kailas Fuga, partenaire officiel du THP. Il n’aura mis que 4h33 pour avaler les 55km de cette distance. Il a été suivi par Yoann Bouchet à qui il aura fallu 5h01 pour empocher la 2ème place. C’est François Holzerny qui a complété le podium.
Les femmes, qui représentent 30% des participants du THP, se sont illustrées sur cette distance avec Françoise Parage qui a remporté l’épreuve en 5h50, suivie par la manosquine Pauline Noblecourt en 6h05 et l’Espagnole Susana Busto Lorenzo en 6h32.
THP 50 : Corentin Ardouin et Élodie Pierre montent sur la plus haute marche
Ils étaient plus de 500 en fin de matinée au départ du village de Montlaux et c’est Corentin Ardouin qui s’est hissé sur la plus haute marche du podium en à peine 4h14. Il a devancé le lillois Rémi Catteau à qui il aura fallu 4h21 pour terminer la course. C’est Benjamin Philippon qui a complété le podium.
Chez les femmes, Élodie Pierre a gagné le THP50, franchissant la ligne à 17h01 après 4h59 de course. Claire Selosse, elle, aura eu besoin de 5h07 pour sonner la cloche de l’arrivée, suivie par Fanny Cremier.
THP 40 : Hugo Guignand et Sonia Larralde les plus rapides
Partie à 10h00 de Limans la distance a été remportée par Hugo Guignand en à peine 3h06, suivi par Julien Nicod 2min plus tard. Julien Gay, lui aussi 2min après son prédécesseur, a complété le trio gagnant de cette distance qui s’est jouée dans mouchoir de poche.
Chez les femmes c’est Sonia Larralde qui a soulevé la banderole de la ligne d’arrivée, 3h5, suivie de la belge Charlotte Devesse arrivée en 3h58. Cécile Margathe, venue de Toulouse, s’est hissée à la 3ème place.
THP 20 : Victoires pour Clément Dandoit et Loriane Bal
Ils étaient 800 à prendre le départ du THP20, qui s’impose comme un format accessible, tout en restant fidèle à l’exigence du Trail de Haute Provence. Pensée comme une porte d’entrée dans l’univers du THP, cette course permet à de nombreux coureurs de découvrir le trail sur un parcours varié et engagé, entre sentiers techniques, reliefs marqués et paysages ouverts sur la Provence sauvage.
C’est le jeune Clément Dandoit venu de Belgique en famille qui a remporté la distance en 1h27 après un cavalier seul impressionnant. Nathan Carrere et Gabriel Tixier ont complété le podium, arrivés dans un mouchoir de poche à 9’50 et 10’35 du vainqueur.
Chez les femmes c’est Loriane Bal qui s’est imposée en 1h52. Elle qui débute le trail était tout sourire à son arrivée, heureuse de remporter sa toute première course. Elle a été suivie par Lucie Girodengo +4’31’ et Magali Moreau + 7 ’22.
THP10 : la petite distance pour Kevin Morello et Jade Rodriguez
Dernière course de ce THP Summer cru 2026, le THP 10 a rassemblé près de 700 participants. L’histoire est belle, car le vainqueur, Kevin Morello, est professeur d’EPS au collège de Forcalquier-Banon. Il connaissait le parcours par cœur car il vient y courir assez souvent, y compris avec ses élèves. Voir du public l’encourager sur les bords des routes lui a envoyé des ondes positives. Même s’il a déclaré que le chrono lui importait peu, il a bouclé la distance en 40’43, suivi de très près par Alexandre Macherey +59’’ et Guilherme Fauvet +1’27’’.
L’anecdote du jour est la participation de David Géhant, maire de Forcalquier, avec une 44ème place à seulement 13 minutes du vainqueur.
Chez les femmes, c’est Jade Rodriguez qui a remporté la distance en 44’35’’. Cette jeune Gapençaise de 26 ans habituée des trails et de la course à pied a participé aux Championnats d’Europe Off-Road 2024 – Annecy en sélection jeunes. Ses poursuivantes Pauline Morgera et Romane Pecquenard arrivent respectivement avec 6’39’’ et 8’57’’ de retard sur la gagnante.
Le mot de la fin de Vincent Guiliani, président du Trail de Haute Provence
« Il y a un peu moins d’un an, au moment de clôturer l’édition 2025, j’avais lancé un défi : atteindre les 6000 participants, soit 2000 de plus. Ce qui pouvait sembler un peu fou est aujourd’hui une réalité. C’est avant tout une réussite collective.Cette édition restera forcément particulière. Elle est celle de tous les records… Des records qui ne demandent qu’àêtre battus, bien sûr.Elle l’est aussi par les conditions rencontrées. Nous avons dû activer le « pack intempéries et grand froid » sur les longues distances, ainsi que des parcours de repli, en réduisant notamment les passages sur les crêtes de la montagne de Lure, les plus exposées au vent.
Je tiens à saluer la réactivité et l’engagement de toutes les équipes du THP, et en particulier de nos près de 500 bénévoles, que nous appelons nos ambassadeurs. Merci à nos partenaires privés au public sans qui rien ne serait possible et un immense merci aux 6000 inscrits venus fouler les routes de cette Provence sauvage que j’aime tant.
Je pense déjà à 2027, mais avant je vous donne rendez-vous pour le THP WINTER du 20 au 22 novembre. »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/Pipitone.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-05-20 04:37:232026-05-20 04:37:29Trail de Haute Provence 2026 : Anthony Pipitone et Mélanie Son rois du THP 160
Dernièrement, des millions de traileurs ont vu leur UTMB Index bouger. D’ailleurs rebaptisé UTMB Index 2.0, ce système de notation vient d’être mis à jour pour garantir plus de précision, de lisibilité et surtout plus d’équité dans l’évaluation des performances. Alors, quels changements et quelles conséquences pour les pratiquants ?
UTMB Index 2.0 : de quoi s’agit-il ?
L’UTMB Index, né en 2010, est le nom donné au score personnel de chaque coureur ayant terminé au moins une course du réseau UTMB. Sur une échelle de 0 à 1 000, les pratiquants cumulent ou perdent des points selon la qualité de leurs performances. Plus la performance est remarquable, plus le nombre de points est élevé, 1000 étant la cotation maximale, théoriquement intouchable. Cette mesure prend en compte quatre catégories de distance : 20K, 50K, 100K, 100M. L’intérêt est simple : plus le score d’un coureur est élevé, plus ce dernier peut accéder aux grandes courses UTMB World Series ou accéder aux inscriptions prioritaires. Pour les élites, l’Index sert à décrocher des qualifications directes.
En clair, ce score reflète la performance d’un athlète dans une course spécifique. Mais avec la refonte du système de notation UTMB, des millions de coureurs à travers le monde ont vu leur score bouger. Selon l’UTMB, les scores recalculés ont évolué en moyenne de 2 %. Un chiffre qui justifie la mise à jour des performances sur les cinq dernières années, selon les nouveaux paramètres définis.
UTMB Index 2.0 : Pourquoi l’UTMB a décidé de changer les règles
La data est au fondement-même du système de notation UTMB Index. Et force est de constater que sa place est grandissante dans le paysage du trail. Car depuis les 15 dernières années, la discipline a beaucoup évolué. Un écart considérable sépare désormais l’élite mondiale et la base de coureurs aux profils de plus en plus variés. À mesure que le trail s’est mondialisé, l’ancien modèle a atteint ses limites. En conséquence, ce système de mesure représente de moins en moins la réalité des performances du haut niveau.
Alors pour remédier à ce glissement vers un système imparfait, le groupe UTMB a intégré de nouveaux paramètres, afin de penser un Index plus juste et surtout, plus représentatif. Mieux contextualiser la performance, voilà certainement l’objectif. Désormais, les courses feront l’objet d’une comparaison plus fine, qui prend en compte la distance, le dénivelé ainsi que le contexte. Autre paramètre majeur : l’altitude. L’ajustement de l’Index rééquilibre les scores en faveur des coureurs qui performent sur les terrains alpins exigeants, ce qui n’était pas le cas avant. Ces changements traduisent en fait une logique selon laquelle toutes les courses ne se valent pas. Pour cette raison, toutes les performances ne peuvent faire l’objet d’une même comparaison.
Photo UTMB GROUP
UTMB Index 2.0 : Un index qui valorise davantage la progression
Mieux refléter la performance réelle des coureurs est un autre objectif majeur pour le groupe UTMB. En vue de cela, les pondérations ont été affinées. Bien que la moyenne pondérée des 5 meilleurs scores d’un coureur reste une base inchangée, c’est désormais le meilleur résultat qui pèse le plus lourd. À noter que les performances récentes comptent davantage que les anciennes. Traduction : la régularité et la progression dans le temps sont plus valorisées qu’une performance datée.
Ensuite, le groupe UTMB a réajusté la fenêtre de validité. Pour que l’Index soit valide, le coureur doit avoir terminé au moins une course dans les 24 derniers mois. À contrario, s’il ne participe pas à l’une des courses du circuit UTMB pendant 3 ans, alors son Index devient inactif. En résumé, l’Index doit représenter le pratiquant actuel, non celui d’il y a trois ans.
UTMB Index 2.0 : Pourquoi votre score a changé, même sans courir ?
De nombreux coureurs ont vu leur score stagner voire baisser depuis les dernières évolutions de l’UTMB Index. En effet, un recalcul mondial sur cinq ans a été effectué, prenant en compte les nouveaux paramètres pour les appliquer à l’historique des coureurs. Voilà pourquoi, même sans nouveau dossard accroché, les pratiquants ont pu voir du mouvement dans leur score ces derniers temps.
UTMB Index 2.0 : Un Index qui se veut plus transparent, mais déjà controversé
Couplée à tous ces changements, la nouvelle interface de la page profil sur le site utmb.world propose plus de clarté. Le coureur peut désormais visualiser quels scores entrent dans son calcul et suivre l’évolution de son Index dans le temps, jusqu’à anticiper son évolution future.
Il n’empêche qu’un sujet clivant domine, celui des abandons (DNF) et mauvaises courses. Car avec l’UTMB Index 2.0, abandonner ou vivre une mauvaise course n’est plus pénalisant. D’après le groupe UTMB, l’Index est conçu pour mesurer la vitesse et le niveau de performance, non la régularité ou la gestion d’effort.
Donc si le score d’un coureur est nettement inférieur à ses performances habituelles, le calcul ne le prend pas en compte.
Chez les amateurs, ce n’est pas forcément mal perçu. Mais chez les élites, la dimension est bien différente. Car si l’on suit la logique, les athlètes élites auraient tout avantage à abandonner une course qui tourne mal, au lieu de continuer malgré la difficulté et les conditions. Et c’est principalement cette vision qui pose problème chez la communauté trail. Car les critiques soulignent que la difficulté fait partie du trail, et que le niveau d’un traileur ne se mesure pas uniquement à sa vitesse.
UTMB Index 2.0 : Un système qui présente des limites
Les évolutions autour de l’UTMB Index sont censées répondre à une exigence de précision, de justesse et d’équité. L’impact sur la manière dont les coureurs seront évalués dès à présent et sélectionnées pour les grandes courses du circuit UTMB est réel. Pour autant, cet outil 2.0 présente certaines faiblesses. Car s’il a été pensé pour objectiver le niveau, il créé aussi de nouvelles frustrations.
Sa complexité le rend plus difficile à comprendre pour le coureur moyen, en raison des nombreuses variables. Par ailleurs, le recalcul rétroactif de l’Index peut être vécu comme injuste par les coureurs. Une impression de manque de transparence plane autour du système, créant des soupçons. Mais également, le risque est de réduire des expériences de trail très différentes à une seule mesure.
Donc la perte de lisibilité s’ajoute à un risque de dénaturer le système, et de donner naissance à une potentielle inégalité entre les territoires et les courses.
Ainsi l’UTMB cherche à mieux mesurer la performance des traileurs, mais c’est là toute la complexité du sujet. Car il paraît difficile de quantifier cette discipline, qui fait l’objet de variations permanentes en fonction du terrain, des conditions, de l’altitude ou encore du plateau. En clair, ces changements suscitent de nombreux questionnements.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/nouvel-index-utmb-1200x675x80xX.jpg6751200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2026-05-14 19:06:352026-05-14 19:10:59UTMB Index 2.0 : comprendre ce qui a changé
Mercredi 6 mai 2026, Rachel Entrekin s’est imposée au scratch sur une course de plus de 400 km, la Cocodona 250, disputée au cœur de l’Arizona, aux Etats-Unis. L’Américaine de 34 ans a signé un troisième titre consécutif. Une performance qui restera gravée dans les annales de l’ultra-trail, puisqu‘avec un chrono de 56h 09mn 48s, elle a non seulement devancé tous les hommes, mais également pulvérisé le record de l’épreuve de 2h37. Rarement une femme avait dominé une épreuve de cette ampleur, avec une telle maîtrise de bout en bout.
Cocodona 250 : la maîtrise impressionnante de Rachel Entrekin sur plus de 400 km
Déjà vainqueure des deux dernières éditions et détentrice du record féminin (63h50 en 2025), Rachel Entrekin s’est à nouveau présentée cette année sur la ligne de départ de la Cocodona 250. Après 352 km parcourus, les pronostics commençaient à tomber. L’athlète du team Norda comptait alors près de 11 km d’avance sur son premier poursuivant masculin, Kilian Korth. Le plus impressionnant a été sa capacité à maintenir l’effort sur plusieurs dizaines d’heures d’affilée, presque sans dormir. Une sieste de 5 minutes au mile 203 lui a suffi pour repartir. À aucun moment Rachel n’aura cédé la tête de course.
Micro-sieste pour Rachel Entrekin. Photo Cocodona 250
Sous le feu des projecteurs, Rachel Entrekin ne s’est jamais laissée impressionner par ses concurrents, des grands noms de l’ultra-trail, pourtant : Michael Versteeg (vainqueur en 2021), Joe McConaughy (vainqueur en 2022) ou encore Edher Ramirez (3ème en 2025). Sans compter la favorite Courtney Dauwalter, figure mondiale de l’ultra-trail, venue prendre sa revanche après son abandon l’an dernier pour fatigue extrême après 174 km. Mais cette concurrence n’a pas impressionné Rachel Entrekin, qui s’est imposée au bout de 408 km et 13000m D+ et a amélioré de 2h38 l’ancien record détenu par l’Américain Dan Green (58h47 établi en 2025).
Rachel Entrekin après sa masterclass, fraîche comme si elle venait de courir 20 kilomètres ! Photo Cocodona 250
Cocodona 250 : la revanche de Courtney Dauwalter
Après son abandon au km 174 l’an dernier, Courtney Dauwalter n’avait qu’un seul objectif en tête : aller au bout. Partie un peu moins vite que Rachel Entrekin, elle a connu une course plus compliquée puisqu’autour du km 120, elle a commis une erreur de parcours qui lui a fait perdre environ 50 minutes à retrouver la trace du parcours. Pointant en 4ème position de la course féminine, hors Top 10, elle a alors enclenché une remontada sur les 280 kilomètres suivants. La Présidente est finalement montée sur la deuxième marche du podium, 6ème au scratch, signant au passage le deuxième meilleur temps féminin de l’histoire de la Cocodona 250 (61h58).
Toujours aussi souriante et sportive, Courtney Dauwalter à l’arrivée, 2ème féminine. Photo Cocodona 250
Cocodona 250 : une édition endeuillée par un drame
Si cette édition 2026 a été marquée par l’exploit de Rachel Entrekin, elle a aussi viré au drame. Pendant l’épreuve, un coureur a perdu la vie au cœur de l’Arizona. Disparu du système de suivi, il a finalement été retrouvé sans vie trois jours plus tard. Cette nouvelle tragique endeuille la communauté ultra-trail et rappelle que toute épreuve extrême a sa part de danger.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_6173-2.jpg8431200redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2026-05-08 19:16:122026-05-08 19:16:20Cocodona 250 : Rachel Entrekin l’emporte devant tous les hommes et pulvérise le record
C’est un titre comme une déclaration d’amour, faite à l’une des courses les plus dures au monde, avec ses 330 km et 25000m D+ dans les montagnes du Val d’Aoste, en Italie. L’auteur de cette déclaration? Martin Perrier, dont c’est la course de cœur. 3ème du Tor des Géants 2024, 2ème de l’Ultra Terrestre à La Réunion en mai 2025, ce spécialiste de l’ultra-distance est de retour sur le Tor 330 en septembre 2025 avec son crew pour tenter de l’emporter. Mais il n’est pas seul à prétendre à la victoire, avec entre autres candidats l’Italien Franco Collé, 4 fois vainqueur de l’épreuve.
Le Tor, c’est la Vie, c’est avant tout un formidable film, en immersion complète dans la course, de la première à la dernière seconde, servi par une réalisation décapante. Un sprint de 330 km qui n’offre aucun répit, surtout quand on a l’ambition de monter sur le podium.
Sortie : 2026 Durée : 58 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/05/LE-TOR-CEST-LA-VIE.png6711200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2026-05-05 15:22:262026-05-05 15:22:46Le Tor, c’est la Vie
Chaque année, ils sont environ 350 à s’élancer sur la Cocodona 250, entre Phoenix et Flagstaff, en Arizona. Une épreuve XXL de 250 miles (400 km) et 11100m D+, à parcourir en un temps limite de 125 heures, pas une minute de plus. Entre la chaleur du désert la journée et les nuits glaciales, la Cocodona 250 a vu les plus endurants ce casser les dents, comme la Présidente Courtney Dauwalter lors de l’édition 2025, le premier abandon de sa carrière d’ultra-traileuse, après 173 kilomètres.
Si l’épreuve enregistre tout de même 70% de finishers en moyenne, cela signifie qu’environ 90 concurrents, chaque année, abdiquent. Parmi eux, il y a bien sûr ceux qui se blessent, ou ceux qui choisissent d’abandonner par manque d’énergie, par épuisement. Et puis il y a ceux qui ne passent pas les barrières horaires, le fameux « cutoff ».
En 2025, il y avait 22 « cutoff » répartis sur l’ensemble du parcours. 22 endroits où la course pouvait s’arrêter définitivement, sans passe-droit, sans exception.
The Cutoff, un film pour nous tous
Alors que la plupart des documentaires de course se concentrent sur la tête de course et les vainqueurs, « The Cutoff » raconte une histoire différente en suivant ces coureurs de queue de peloton, celles et ceux qui luttent contre la fatigue, la faim, l’épuisement, le manque de sommeil, pour réussir à passer les barrières horaires. Une histoire de persévérance, de solidarité, de force mentale et de liens qui se tissent entre des personnes poursuivant un objectif extraordinaire. « The Cutoff » raconte ce que signifie se dépasser quand le temps presse. Un film pour nous tous.