Pour sa 2ème édition sous le label by UTMB, le Grand Raid Ventoux a tenu toutes ses promesses, avec des élites au rendez-vous et un succès populaire avéré. Sur le grand format de l’événement, le 125 km et 5700m D+ de l’Ultra Géant, le Britannique installé au pied du Ventoux et Jennifer Lemoine ont été sacrés.

Grand Raid Ventoux by UTMB : Andy Symonds et Jennifer Lemoine sacrés sur le 100M

La dernière fois qu’Andy Symonds s’était imposé sur les pentes du Mont Ventoux, c’était en 2012, sur le 46 Origine du Trail du Ventoux. Mais le Britannique, qui connaît par cœur les sentiers du Géant de Provence, a prouvé, à 47 ans, qu’il était toujours aussi redoutable. En tête dès le 30e kilomètre, il a progressivement imposé son rythme et creusé l’écart pour s’assurer la victoire en 13h07. « Les deux dernières heures étaient très dures, mais je suis hyper content, ça faisait un moment que je n’avais pas gagné une grosse course. Et surtout ici », a-t-il confié à l’arrivée. Aubin Ferrari monte sur la deuxième marche du podium en 13h24, tandis que Sébastien Poesy termine 3e en 13h3 pour sa première expérience sur la distance.

Chez les femmes, la victoire revient à la favorite Jennifer Lemoine en 16h28 au terme d’une course menée de bout en bout, malgré des conditions qu’elle a décrites comme difficiles : « Il fallait composer avec la chaleur, et le parcours est exigeant avec des pentes raides, beaucoup de cailloux en descente et pas mal de sections où il faut courir. » Le podium féminin est complété par l’Américaine Christine Selman en 17h13 et Laura Berruer en 8h44.

100M podium
Jennifer Lemoine et Andy Symonds, vainqueurs du format 100M. Photo UTMB Group

Grand Raid Ventoux by UTMB : le 100K pour Baptiste Chassagne et Ida-Sophie Hegemann

Après avoir pris les commandes dès les premiers kilomètres avec Nicolas Gourdon, Baptiste Chassagne, dernier vainqueur de la Diagonale des Fous, s’est imposé à Malaucène sur le format 100K de la Grande Épopée Ventoux, un 87 km avec 4200m D+. Les écarts se sont creusés dans la montée du Ventoux, où Baptiste Chassagne a fait la différence malgré un passage plus délicat : « Je me suis mis un peu dans le rouge, la fin de la montée a été compliquée », expliquait-il à l’arrivée, franchie en tête en 8h00. Nicolas Gourdon a terminé 2e en 8h15, devant l’Espagnol Oriol Barbany Bofill en 8h32.

Après sa victoire sur le format 100M l’an dernier, l’Allemande Ida-Sophie Hegemann a fait honneur à son statut de favorite en s’imposant en 10h00. « C’était beaucoup plus difficile cette année, j’ai dû me battre pour cette victoire », a-t-elle expliqué à l’arrivée, en référence à la chaleur et au parcours. Sa compatriote Julia Langeder a pris la 2e place en 10h20, la Française Emily Cambier terminant 3e en 10h57.

100K
Photo UTMB Group

Grand Raid Ventoux by UTMB : le 50K pour Nashon Kiplimo et Tove Alexandersson

Sur le format 50K du Mistral Marathon Trail, un 51km avec 2500m D+, la victoire est revenue au Kényan Nashon Kiplimo en 3h58. En 3ᵉ position au km 21, ie Kényan a pris l’avantage après le passage du sommet du mont Ventoux. « C’était un gros effort, j’ai essayé de consolider ma victoire dans la descente, où j’ai pu prendre de l’avance », a-t-il confié à l’arrivée. Kiplimo devance Simon Paccard, auteur d’une course régulière et maîtrisée bouclée en 4h07, tandis que Clément Lalba, longtemps à la lutte pour la victoire, complète le podium en 4h08. A noter que le Suisse Rémi Bonnet, longtemps en tête de course, a violemment chuté et terminé à la 18e place.

Chez les femmes, la Suédoise Tove Alexandersson, championne du monde de trail court en titre, n’a pas manqué ce rendez-vous de début de saison, remportant la course en 4h30 et se classant 15ᵉ au scratch. « J’ai couru de manière vraiment contrôlée, en essayant de garder une bonne vitesse sans trop forcer. J’ai vraiment apprécié le parcours, c’était incroyable, j’ai passé une super journée. » Super journée également pour Candice Fertin-Baccon, 2ème 27 minutes plus tard, et la Suissesse Maëlle Minnig, 3e en 5h05.

50K
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Grand Raid Ventoux by UTMB : Frédéric Tranchand et Élise Poncet sacrés sur le 20K

Il était archi favori, il a tenu son rang. Frédéric Tranchand, champion du monde de trail court en titre, a remporté le format 20K du Trail des Coteaux, un 26 km et 1100m D+, au terme d’une course contrôlée du départ à l’arrivée. D’abord en gestion, Frédéric Tranchand a fait la différence dans la dernière section plus technique pour s’imposer en 1h43 . Derrière lui, la lutte pour le podium a été extrêmement serrée : le Suisse Adrien Briffod prend la deuxième place de justesse en 1h45, avec seulement quatre secondes d’avance sur Killian Allaire, troisième.

Chez les femmes, Élise Poncet s’est imposée en 2h14 après avoir pris les devants dès la première montée, sur un parcours exigeant et complet. « Il faut être pas mauvais un peu partout : c’est très varié, avec de la technique et beaucoup de relances », a-t-elle souligné à l’arrivée. Elle a devancé Mélanie Ratel et Agnès Fabre, qui ont terminé au coude à coude en 2h21’56 et 2h22’05.

20K
Photo UTMB Group

Grand Raid Ventoux by UTMB : la Team Adaptive remarquable sur les pentes du Ventoux

La présence d’athlètes de la Team Adaptive by UTMB a marqué cette édition, illustrant l’inclusivité croissante du trail, avec des engagements sur plusieurs formats. On a pu voir Yanis Debaud sur le 100K, atteint d’une paralysie du pied droit, ainsi que Jonathan Naboulet, en situation de tétraplégie, engagé sur le 20K avec son équipe joëlette Trail Sans Limite, venus valider leur présence sur l’UTMB en août. Fanny Barbara, athlète avec un seul poumon, et Julien Veysseyre, amputé tibial, sont quant à eux arrivés à bout du 50K.

Team Adaptive
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À l’occasion de l’ouverture des inscriptions pour le Tahiti Moorea Ultra Trail (TMUT) 2026, support de la finale de la Ligue Ultra, Alexandre Picquier, fondateur du circuit, revient sur le succès de la Western Azuréenne, première des 4 épreuves de la saison, mais aussi l’adhésion au circuit et les perspectives d’un projet en pleine expansion.

La Western Azuréenne vient de boucler sa toute première édition dans le Golfe de Saint-Tropez. Quel bilan tires-tu de ce lancement ?

Alexandre Picquier : Un bilan vraiment très positif. La course s’est déroulée dans des conditions magnifiques, dans un cadre qui a bluffé tout le monde : les crêtes du massif des Maures, le littoral méditerranéen, et cette arrivée à Grimaud… Les coureurs ont été emballés.

Voir le film résumé de la Western Azuréenne ICI

On sentait sur le départ une vraie énergie, une vraie envie. Ce profil ultra roulant, inspiré de la Western States avec le système de pacer sur les 65 derniers kilomètres, a créé une dynamique de course très particulière, à la fois exigeante et spectaculaire.

Jonathan Moncany a signé une course remarquable chez les hommes, et le retour de Caroline Benoît chez les femmes a été très fort. On est satisfaits, et surtout impatients de voir ce que les prochaines éditions vont donner.

Western Azureenne ©Olivier Vin-8
Lors de la 1ère édition de la Western Azuréenne. Photo Olivier

Après 2025, où la Ligue Ultra comportait 2 épreuves, 2026 est la première année complète du circuit avec 4 épreuves qualificatives pour la finale à Tahiti : la Western Azuréenne, le Trail de Haute Provence, l’Ultra 01 et le Grand Raid Kiprun 3 Vallées-Moûtiers. L’engouement est-il au rendez-vous ?

Alexandre Picquier : Honnêtement, on est très agréablement surpris. Ce n’est que la première année complète, et déjà on voit les coureurs se projeter sur l’ensemble du circuit, acheter la Box pour sécuriser leurs quatre dossards, planifier leur saison autour des manches…

Il y a quelque chose qui prend vraiment. La variété des épreuves parle à tout le monde, du roulant de la Western Azuréenne au dénivelé extrême du Grand Raid Kiprun 3 Vallées-Moûtiers, avec ses 12 000 mètres de D+ sur 170 km. Chaque coureur y trouve son profil.

Et la « carotte » est séduisante, avec la possibilité de gagner son billet pour la finale à Tahiti !

Alexandre Picquier : Tout à fait. C’est l’idée centrale du projet : pouvoir gagner son billet pour Tahiti en courant des ultras en France. Et c’est vrai que ce concept fait vraiment rêver. Les Golden Tickets sont devenus une motivation en soi. Les gens courent les manches avec cet objectif en tête. C’est exactement ce qu’on voulait créer.

TMUT 2026
Le cadre magique du TMUT. Photo DR

Les inscriptions au TMUT 2026 ouvrent le 25 avril. Comment le « Fenua », c’est-à-dire le territoire polynésien, a-t-il accueilli ce nouvel événement l’an dernier, pour la première édition ?

Alexandre Picquier : Ce qui nous a beaucoup touché, c’est de voir à quel point l’événement a été accueilli à bras ouverts l’an passé par les Polynésiens. Les institutions, les partenaires locaux, les bénévoles : tout le monde s’est approprié l’épreuve, avec cette hospitalité et cette générosité qui leur sont propres.

Lire l’article sur le TMUT 2025 ICI

Et ça se ressent aussi chez les coureurs du cru : il y a un engouement très fort des athlètes polynésiens, qui voient dans le TMUT une belle vitrine pour leur territoire et un défi à relever sur leurs propres sentiers.

C’est quelque chose qui nous rend très fiers : un événement venu de métropole qui devient aussi un événement du Fenua. Le TMUT 2026 se déroulera du 23 au 25 octobre à Moorea, et on a vraiment hâte d’y être.

TMUT 2026 1
Photo TMUT

On parle du TMUT comme support de la finale de la Ligue Ultra, avec pour 2026 un ultra de 105 km et 4520M D+, mais c’est également un événement local avec 4 autres formats plus accessibles…

Alexandre Picquier : En effet, au-delà du format ultra de 105 km, qui sera support de la finale de la Ligue Ultra mais est aussi ouvert à tous les concurrents souhaitant vivre cette expérience extrême, il y a 4 autres formats ouverts à tous : un 50 km avec 2500m D+, un 35 km avec 1500m D+, un 20 km avec 720m D+ et un 10 km avec 250m D+. Tout le monde peut trouver une distance qui lui convient, et les accompagnants des coureurs venus de métropole peuvent ainsi eux-mêmes s’inscrire sur des courses plus accessibles que l’ultra pour profiter du voyage et faire une course là-bas, dans un environnement incroyable !

Quels sont les grands projets à venir pour la Ligue Ultra ?

Alexandre Picquier : Les projets ne manquent pas, et c’est ce qui nous anime au quotidien. Le premier, c’est de développer le modèle Ligue Ultra à l’international. L’idée est simple : permettre à des coureurs de s’affronter sur des manches locales dans leur propre pays, puis de se qualifier pour la finale du TMUT à Moorea. Des ligues nationales qui convergent vers la Polynésie.

C’est en construction, mais la dynamique est là et l’accueil que nous avons reçu au Fenua nous conforte dans cette direction. « Run the league, race to Tahiti » prend encore plus de sens à l’échelle internationale.

Ensuite, nous avons la chance d’être entourés de partenaires de renom, comme Canal+ et Kiprun, avec qui nous partageons une vision commune : démocratiser le trail et rendre l’ultra-trail accessible au plus grand nombre.

Nous n’en sommes qu’aux prémices, mais les discussions sont enthousiasmantes. Avec Canal+, nous explorons un projet vraiment novateur, sans équivalent dans notre sport. Il est encore trop tôt pour en dévoiler les contours, mais cela viendra. Avec Kiprun, c’est la même ambition : toucher de nouveaux publics et casser l’image élitiste de l’ultra. Beaucoup de belles choses à venir !

Informations et inscriptions ICI

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Ça ressemble à un vlog, ça commence comme un vlog un peu potache, mais c’est un véritable long métrage scénarisé signé Clem Qui Court et son équipe, avec en guests les inévitables comiques de service, Théo Detienne et Victor Guerdin. Tourné en Oman en décembre 2025, à l’occasion de l’Himan Trail Run Race (devenu depuis Oman by UTMB), où toute la clique s’est alignée sur le format 118 km et 5820m D+ de The Hajar Ultra, ce film raconte le voyage, l’amitié, la course et bien plus.

Il raconte également une trajectoire, celle d’un Clément Deffrenne qui n’était pas du tout sportif à la base, qui est venu en Oman en décembre 2024 alors qu’il était quasiment inconnu, et qui revient sur les lieux du crime après une année de folie qui l’a vu exploser sur les réseaux sociaux – et, parfois, sur les sentiers.

Et alors, les 4 raisons de faire du trail ? On ne les a pas toutes décomptées – et ce n’est pas bien grave -, mais une chose est sûre : ces gars-là s’éclatent, à la fois en course et à côté, et c’est sans doute ça qui est le plus important.

Avec, en conclusion, la phrase clé de développement personnel du « philosophe » Clem Qui Court : « Le trail il a changé ma vie, pourquoi il ne changerait pas la tienne… »

Sortie : 2026
Durée : 44 minutes
Langue : Français

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C’est le transfert de début de saison le plus inattendu dans le monde du trail. Depuis 9 ans chez l’équipementier Salomon, Mathieu Blanchard a débarqué le 16 avril chez Kiprun, la marque de course à pied de Décathlon. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ? Sa réponse tient en 3 points : l’innovation, la performance et l’accessibilité. Sera-t-il au départ de l’UTMB 2026 sous ses nouvelles couleurs ? Sa réponse, là, tient en un seul point. À découvrir à la fin de cet article.

Mathieu Blanchard, Kiprun et l’innovation

« Je pourrais m’étaler longtemps sur la réponse à la question “pourquoi Kiprun”. Je vais résumer ça en trois mots. Le premier mot, c’est l’innovation. Pas celle qui est sur des présentations PowerPoint pour faire beau. La vraie innovation, celle où on ne bride pas les idées, celle où on laisse le champ libre à la créativité. Et surtout l’innovation qui finit par avoir une utilité pour des pratiquants et des produits qui se retrouvent dans des rayons. Après mon école d’ingénieur, j’ai fait un master spécialisé en école de commerce à GEM, Grenoble École de Management, en management de l’innovation.

Donc c’est vrai que ça fait quelques années déjà que je suis passionné par l’innovation et tout ce que ça peut apporter au sein d’un groupe. Et l’innovation s’applique dans toutes les sphères de ma vie. On parle de la vie d’athlète, mais on parle de l’aventure aussi. On peut avoir des idées assez folles, assez créatives, et en faire des produits qui seront utiles pour moi, mais qui seront aussi utiles pour d’autres plus tard. »

Un cerveau d’ingénieur et un désir de co-développer des produits

« J’ai un cerveau qui a été construit dans la direction de l’ingénierie, j’ai pratiqué ce métier pendant une dizaine d’années et après ça, quand j’ai découvert le trail, j’ai beaucoup plus laissé de la place à mon esprit plus artistique, notamment à travers la création de contenus sur divers canaux, podcasts, films, livres, etc, mais mon esprit d’ingénieur est toujours un petit peu là. Quand je pars courir, j’aime regarder les petits oiseaux, contempler les beaux paysages, mais c’est plus fort que moi, je suis obligé de garder cet esprit analytique qui est toujours présent, où je vais essayer de me connecter un petit peu à mon matériel, essayer de ressentir des amortis, des sensations matérielles mais physiologiques aussi. Et quand je rentre à la maison, j’ai ce besoin d’exprimer ce que j’ai pu capter comme informations durant mes sorties ou mes courses.

Depuis quelques années, j’ai eu une sorte de frustration de ne pas pouvoir exprimer tout ce que je pouvais récolter comme informations d’un point de vue empirique avec la pratique sur le terrain, mais aussi d’un point de vue purement d’apprentissage à travers des rencontres d’experts que je peux faire ou des études que je peux lire. Kiprun m’a offert l’opportunité de pouvoir m’exprimer à nouveau en tant qu’ingénieur sur certains développements de produits, certains projets.

Et avoir la possibilité de co-développer le produit, pas en mettant mon nom en gros sur une chaussure d’un point de vue purement commercial pour utiliser une image de marque, mais en le co-développant à partir de la R&D, le plus en amont de la chaîne de la valeur, là où on va faire des protocoles de recherche, des prototypes qu’on va tester, modifier et finir par valider et qui vont se retrouver un jour dans un rayon d’une boutique, je trouve que c’est une manière de laisser une trace à travers le produit qui est hyper valorisable pour une carrière professionnelle d’athlète de trail. »

MATHIEU BLANCHARD KIPRUN
Photo Kiprun

Mathieu Blanchard, Kiprun et la performance

« Le deuxième mot, c’est la performance. Il y a encore quelques mois en arrière, très sincèrement, je n’associais absolument pas Kiprun au mot performance. J’associais Kiprun et, dans un sens plus large, l’écosystème Décathlon à des produits accessibles, peu chers, mais pas forcément performants. Et je dois avouer que j’ai été assez bluffé quand j’ai découvert l’envers du décor, et quelle était la nouvelle stratégie de la marque. On l’a un petit peu vu sur la route avec les premiers produits ultra performants qu’on a pu voir sortir, notamment portés par l’ambassadeur Kiprun Jimmy Gressier. Et c’est vrai que la performance, je suis encore focus dessus, elle concerne ma vie d’athlète.

Je pense que j’ai encore de belles années devant moi pour obtenir des résultats sportifs sur des grandes courses et j’ai même envie de parler d’ultra performance. L’ultra performance dans le sens pousser les produits vraiment dans leurs retranchements dans toutes les sphères que peuvent être le trail, du court au long, mais l’ultra performance aussi dans le sens de la longue distance puisque c’est ma spécialité, et qu’on a encore beaucoup de chemin à faire. Il y a déjà une super base, et quand la marque m’a proposé d’intégrer les équipes pour participer à l’aventure et co-développer ce que va être l’ultra performance de Kiprun, à la fois pour les chaussures mais aussi certaines pièces d’accessoires, ça m’a beaucoup séduit. C’est aussi une manière de valoriser la suite de ma carrière. »

Mathieu Blanchard, Kiprun et l’accessibilité

« Le troisième mot, c’est l’accessibilité. Il faut savoir qu’en tant qu’athlète, on passe beaucoup de temps tout seul à nous entraîner. C’est un sport assez individuel dans la pratique. Et c’est vrai que depuis quelques années, avec tout le travail que j’ai pu faire, avec les histoires que j’ai réussi à partager sur différents canaux, recevoir des messages de personnes qui se mettent à s’activer physiquement en milieu naturel, en marchant ou en trail, peu importe, et qui m’écrivent en me disant que c’est génial et qui me remercient de leur avoir donné le premier élan pour le faire, ça donne beaucoup de sens à ce que je fais. Ça donne une direction un petit peu plus globale sur ce métier où on est finalement très seul.

Et ce que j’apprécie beaucoup dans la marque Kiprun, c’est de ne pas oublier cette notion d’accessibilité. Accessibilité dans le sens de donner l’accès dans le sens monétaire à des produits ultra performants à des personnes qui ne sont pas professionnelles mais amateurs. Je trouve assez frustrant parfois d’avoir des personnes qui me disent « ouais il est super ce sport mais je n’ai pas les moyens ». Et je trouve super de ne pas oublier que l’accessibilité, c’est aussi un axe pour pouvoir pratiquer le sport. Ne pas oublier cette valeur-là, c’est quelque chose qui est hyper puissant pour moi. »

Mathieu Blanchard, Kiprun et le collectif

« On pratique un sport individuel donc le team est quelque chose qui est hyper important pour moi. Ce sont des ancrages qu’on peut avoir sur une saison à travers des camps d’entraînement, mais aussi des moments où on va vivre ensemble sur une course pour se motiver ou se soutenir quand ça marche pas super. J’ai eu beaucoup de questions par rapport au fait de savoir si je vais être un peu « au-dessus de », prendre un petit peu la lumière. Ce n’est pas du tout comme ça que je le vois. J’ai envie d’être au même niveau que l’équipe.

Il y a chez Kiprun des athlètes exceptionnels, qui ont des résultats exceptionnels et j’ai probablement plus à apprendre d’eux que moi j’ai à leur apprendre. Maintenant, c’est sûr que j’ai aussi acquis un petit peu d’expérience sur certaines courses et ça me fera plaisir de pouvoir aussi leur partager tout ce que j’ai pu apprendre. Et le fait que j’ai un petit peu compris comment fonctionne la communication, les réseaux sociaux, ça me permet aussi d’avoir le micro plus souvent que d’autres. Alors si je peux aussi aider certains athlètes du team à valoriser, à mettre en lumière leurs résultats sportifs, leurs histoires, c’est quelque chose qui me fera beaucoup plaisir parce que ça va automatiquement élever les personnes, donc élever le team et m’élever aussi. C’est un petit peu comme ça aussi que je le vois mon rôle au sein de cette équipe pour les prochaines années. »

La saison 2026 de Mathieu Blanchard

« J’aime bien me dire que je suis libre dans le choix de mes courses, mais je veux quand même considérer l’environnement humain que j’ai autour de moi, et commeje viens d’arriver, les discussions n’ont pas encore eu lieu. Ceci étant dit, avant que tout ça arrive, qui m’a pris énormément d’énergie sur le plan mental, j’avais pour projet d’aller courir l’UTMB Ventoux. Je n’irai pas parce que tout ça, c’est un petit peu trop. Ma première course sera éventuellement l’Andorra by UTMB début juin.

J’ai envie de faire une course UTMB parce qu’aujourd’hui, en tant qu’athlète pro, on n’a pas de passe-droit pour l’UTMB Mont-Blanc, on doit quand même valider des courses. Et si je veux faire l’UTMB l’année prochaine, je préfère avoir la possibilité de valider ma participation dès maintenant, et ne pas faire comme certains qui l’ont fait juste là, en début d’année, au dernier moment, sans être sûr de réussir. Et en même temps, ça me permettrait de me préparer pour l’UTMB 2026 si je réussis à élever mon niveau de performance assez haut pour pouvoir y participer cette année. Parce que j’ai cru comprendre qu’il y avait une start list assez dense.

Mais voilà, aujourd’hui, je veux pas annoncer ou m’engager sur ce projet, parce que je ne pourrais pas avoir la réponse avant juillet. Je ne prends plus le départ de l’UTMB pour découvrir les montagnes, je prends le départ de l’UTMB pour performer au maximum. Et si je sens que je ne suis pas à mon top, je ne prendrai pas le départ. Donc je suis désolé de répondre que je ne peux pas encore confirmer à 100 % que je serai au départ en 2026. »

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Du 10 au 12 avril 2026, la première édition de la Western Azuréenne a ouvert un nouveau chapitre de l’histoire du trail au cœur du massif des Maures et aux portes du mythique Golfe de Saint-Tropez. Entre crêtes sauvages, forêts de chênes-lièges et panoramas plongeant vers la Méditerranée, cette aventure d’ultra-trail unique, 1ère des 4 étapes de la Ligue Ultra 2026, a offert une immersion totale dans les paysages contrastés et préservés du Sud.

Sortie : 2026
Durée : 15 minutes
Langue : Français

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Alors que les concurrents de la 40ème édition du Marathon des Sables sont encore en train d’enlever le sable de leurs chaussures, le film de l’aventure est déjà disponible. 38 minutes d’images fortes, de témoignages de bonheur, d’émotions, de souffrance et de larmes. 38 minutes pour s’en prendre plein les yeux.

Sortie : 2026
Durée : 38 minutes
Langue : Anglais – Français

Voir le film ici

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La 40ème édition du Marathon des Sables s’est déroulée du 4 au 11 avril dans le Sahara marocain et a offert une lutte intense chez les hommes entre les frères El Morabity, Rachid, l’aîné, 11 fois vainqueur de l’épreuve, et Mohamed, 1 fois vainqueur, 7 fois 2ème, lutte à laquelle s’est mêlée Ludovic Pommeret, qui pour sa première participation a fait souvent jeu égal avec les rois du désert. Chez les femmes, Maryline Nakache impériale a remporté les 6 étapes de l’épreuve, laissant sa principale rivale à plus de 3 heures. Résumé de l’aventure, jour après jour.

Maryline Nakache Photo Antonio Miranda
Maryline Nakache à l’arrivée de la dernière étape. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 1ère étape : pas de round d’observation

Le Marathon des Sables Legendary a lancé sa 40ème édition avec une première étape de 35 kilomètres disputée dans des conditions calmes et ensoleillées. Dès les premières heures du jour, 1 500 participants se sont élancés sur un parcours exigeant, encadrés par près de 600 membres de l’organisation.

Cette étape inaugurale a été marquée par un rythme particulièrement soutenu, notamment en tête de course. Chez les hommes, le tenant du titre Rachid El Morabity a imprimé une allure élevée dès le départ, rompant avec son approche habituellement plus stratégique. Rapidement, la course s’est structurée autour d’un groupe de tête composé de Rachid El Morabity, de son frère Mohamed El Morabity, et de Michaël Gras, redoutable marathonien..

La sélection s’est opérée progressivement, avant une accélération décisive des frères El Morabity à partir du troisième point de contrôle. Dans un final disputé, Mohamed El Morabity s’impose en 2h26’29’’, devançant Rachid El Morabity de 21 secondes. Michaël Gras complète le podium à 4 minutes et 34 secondes du vainqueur. Ludovic Pommeret termine lui 5ème en 2h34’29”.

Parmi les participants de cette édition anniversaire, la présence de deux anciens sportifs de haut niveau : Julien Absalon, double champion olympique de VTT, qui se classe 10ème de cette première étape en 2h56’09’’, et André Schürrle, ancien international allemand de football et champion du monde 2014, qui termine à la 628ème place en 5h41’59’’.

Chez les femmes, la course a également été animée dès les premiers kilomètres. La Marocaine Aziza El Amrany a pris les commandes en imposant un rythme soutenu, suivie de près par Maryline Nakache, restée au contact tout au long de la course.

La décision s’est jouée dans la seconde partie du parcours, lorsque Maryline Nakache a accéléré pour creuser un écart décisif. Elle remporte cette première étape en 3h04’01’’, avec une avance de 5 minutes et 33 secondes sur Aziza El Amrany. Agathe Teillet-Magot, compagne de Michaël Gras, termine 3ème, à 17 minutes et 26 secondes.

Etape 1. Photo Antonio Miranda
Départ de la 1ère étape. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 2ème étape : rythme élevé et premiers écarts

La 2ème étape a tenu toutes ses promesses, offrant un subtil équilibre entre vitesse, stratégie et premiers enseignements pour la suite de l’épreuve. Le départ, donné à 6h00 précises, a permis aux concurrents de bénéficier de conditions particulièrement favorables. La fraîcheur matinale du désert a accompagné les premiers kilomètres, avant que la chaleur ne s’installe progressivement au fil de la journée.

Dans une ambiance spectaculaire, éclairée par les lampes frontales des participants, les coureurs se sont élancés sur un parcours de 40,5 kilomètres, cumulant 486m de D+. Ponctuée de points de contrôle aux kilomètres 8, 15, 21, 28 et 33, cette étape rapide et roulante a conduit les 1500 concurrents vers un nouveau bivouac.

Chez les hommes, Michaël Gras a animé la course dès les premiers kilomètres en imposant un rythme soutenu, tentant de déstabiliser les frères El Morabity. Mais l’expérience a finalement fait la différence. Dès le troisième point de contrôle, Mohamed et Rachid El Morabity ont repris la maîtrise de la course avant de porter une attaque décisive. Mohamed s’impose en 2h58’26, suivi de Rachid en 3h03’01. Après un effort constant, Michaël Gras complète le podium en 3h03’46. Ludovic Pommeret termine de nouveau 5ème de l’étape en 3h12’37”.

Au général, Mohamed El Morabity reste leader en 5h24’55”. Il devance son frère Rachid (5h29’51”) et Michaël Gras (5h34’49”).

La course féminine a quant à elle été dominée sans partage par Maryline Nakache, auteure d’une performance remarquable qui lui permet de s’imposer en 3h48’21. Derrière elle, la hiérarchie a été bouleversée lorsque Aziza El Amrany a cédé du terrain, ouvrant la voie à Agathe Teillet-Magot et l’Américaine Desiree Linden. Elles montent respectivement sur la deuxième et la troisième marche du podium en 4h10’31 et 4h13’00.

Au général, Maryline Nakache est plus que jamais leader en 6h52’22”. Elle devance Agathe Teillet Magot (7h31’58”) et Desiree Linden (7h38’26”).

Etape 2. Photo Antonio Miranda
Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 3ème étape : entre vitesse maîtrisée et jeu tactique avant l’étape reine

La 3ème étape du MDS 2026 a offert un subtil équilibre entre vitesse et stratégie, tout en laissant entrevoir les enjeux majeurs de l’épreuve décisive à venir, la « longue » du lendemain et ses 100 km non-stop. Donné à 7h00 précises, le départ s’est déroulé dans des conditions exceptionnellement clémentes pour le désert, avec des températures fraîches et un ciel légèrement nuageux, offrant aux concurrents un terrain propice à la performance. Longue de 29,1km et totalisant 413m de D+, cette étape comportait trois points de contrôle situés aux kilomètres 11, 17 et 23.

Chez les hommes, la course s’est rapidement transformée en affrontement stratégique. Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont tenté une offensive coordonnée pour mettre sous pression les frères El Morabity. En tête dès le premier point de contrôle, les deux Français imposent un rythme soutenu, talonnés par Mohamed El Morabity, tandis que Rachid El Morabity reste en embuscade.

Au deuxième point de contrôle, Ludovic Pommeret lâche prise, laissant Michaël Gras seul en tête. Mais la dynamique s’inverse progressivement sous l’impulsion des spécialistes marocains : Rachid El Morabity opère une remontée maîtrisée pour s’imposer en 2h17’29”, tandis que Mohamed El Morabity suit de près en 2h18’28”. Michaël Gras conserve une place sur le podium en 2h21’44”, talonné par Ludovic Pommeret, quatrième du jour avec le même chrono.

À noter, au troisième point de contrôle, un passage obligatoire de vérification des sacs et du matériel pour les coureurs de tête est venu renforcer la dimension stratégique de cette étape. Au général, Mohamed El Morabity conserve sa place de leader en 7h43’23”, devançant toujours son frère Rachid (7h47’20”) et Michaël Gras (7h56’18”).

Chez les femmes, Maryline Nakache a de nouveau dominé l’épreuve de bout en bout (2h55’21”), confirmant son excellente dynamique avec une performance solide. Aziza El Amrany, en retrait lors de l’étape précédente, signe un retour remarqué en prenant la deuxième place en 3h09’18”. Agathe Teillet-Magot complète le podium de cette troisième étape en 3h13’56”.

Au général, après 3 étapes et 104,8km parcourus pour 901m de D+, Maryline Nakache est largement leader en 9h47’23”. Elle devance une autre française, Agathe Teillet-Magot (10h45’54”) et la Marocaine Aziza El Amrany (10h52’12”).

Etape 3. Photo Ian Corless
Le peloton lors de l’étape 3. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 4ème étape : une étape record et décisive

La 4ème étape du Marathon des Sables Legendary restera gravée comme l’un des moments les plus marquants de cette 40ème édition. Avec ses 100 kilomètres et 721m de D+, elle devient officiellement l’étape la plus longue de l’histoire de l’épreuve, dépassant le précédent record établi en 2009 (92 km). Une journée extrême, tant sur le plan physique que mental, qui a profondément rebattu les cartes du classement général.

La course masculine a offert un spectacle de très haut niveau, marqué par un duel intense entre Ludovic Pommeret et Mohammed El Morabity. Dès le premier checkpoint, les deux hommes prennent les commandes, suivis de près par Michaël Gras et Ahmed Ouikhalfen, formant un groupe de tête particulièrement compétitif.

À partir du kilomètre 70, la course bascule. Michaël Gras, alors 3ème au classement général, est victime d’un coup de moins bien, souffrant d’une légère surchauffe et d’un manque d’énergie. Le moment décisif intervient au CP10 : profitant d’un arrêt fraîcheur de Ludovic Pommeret, Mohammed El Morabity place une accélération déterminante. Le Marocain impose un rythme supérieur, creuse l’écart et s’impose avec seulement 12 secondes d’avance sur le Français en 8h24’32”, concluant une étape stratégique parfaitement maîtrisée. Rachid El Morabity complète le podium en 8h39′.

Au général, après 205,7km parcourus, le Marocain Mohamed El Morabity est toujours leader (16h07’55”). Il devance son frère Rachid (16h26’20”) et Ludovic Pommeret (16h33’34”).

Chez les femmes, la course s’est rapidement structurée autour de Maryline Nakache et Aziza Raji, qui prennent la tête dès le premier checkpoint. Derrière, Agathe Teillet-Magot, pourtant 2ème au classement général, rencontre d’importantes difficultés dès le 30ème kilomètre, victime de problèmes gastriques qui freinent considérablement sa progression. De son côté, l’Américaine Desiree Petersen réalise une course maîtrisée, lui permettant de s’adjuger la troisième place de l’étape.

Maryline Nakache s’impose une nouvelle fois sur l’étape en bouclant les 100km en 10h02’22”. Elle devance Aziza El Amrany, deuxième en 11h40′, et Desiree Linden, troisième en 12h16’57”. Au classement général, après 4 étapes, 205,7 kilomètres parcourus et 1801m de D+, Maryline Nakache conforte largement sa position de leader avec un temps cumulé de 19h50’05”. Elle devance de plus de 2h30 la Marocaine, Aziza El Amrany (22h32’12”) et l’Américaine, Desiree Linden (23h15’47”).

Etape 4 Photo Ian Corless
L’étape 4, longue de 100km, un record dans l’histoire du MDS. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 5ème étape : les leaders confirment leur domination

L’avant-dernière étape du MDS a tenu toutes ses promesses, au lendemain de la redoutable étape longue de 100 km. Entre fatigue accumulée, conditions extrêmes et enjeux stratégiques, cette 5ème étape, dite « étape marathon » (42,5km et 424m de D+), a offert un spectacle intense et riche en rebondissements. Malgré des corps éprouvés et des esprits marqués par les tempêtes de sable incessantes de la veille, les concurrents ont abordé cette journée avec une détermination intacte.

Dès le départ, Pierre Meslet a imposé un rythme soutenu, prenant rapidement les devants et creusant un écart significatif jusqu’au premier point de contrôle. À ses côtés, Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont également tenté de dynamiter la course, formant un trio français offensif face à la domination marocaine.

Mais une fois encore, la réponse est venue du Maroc. Mohamed El Morabity a repris les commandes après le CP3, sur une portion stratégique du parcours. Accélérant progressivement, il a distancé ses adversaires pour s’imposer avec autorité en 3h08’07”. Son frère, Rachid El Morabity, s’est adjugé la deuxième place en 3h12’24”, confirmant la suprématie familiale, tandis que Ludovic Pommeret complète le podium en 3h13’23”, à seulement une minute.

Derrière ce trio de tête, la course s’est étirée sous l’effet du rythme imposé, avec un écart de 34 minutes séparant les dix premiers à l’arrivée, illustrant la sélectivité extrême de cette étape.

Etape 5. Photo Ian Corless
Mohamed El Morabity survole les dunes. Photo Ian Corless

Au général, Mohamed El Morabity conforte sa position de leader avec un temps cumulé de 19h11’02”, devant son frère Rachid (19h33’44”) et Ludovic Pommeret (19h41’57”). Si, sur le papier, ces positions semblent solidement établies à la veille de la dernière étape de 21 km, l’histoire du Marathon des Sables rappelle que rien n’est jamais acquis dans le désert.

Chez les femmes, Maryline Nakache poursuit son impressionnante série. Déjà leader incontestée, elle s’impose une nouvelle fois avec maîtrise en 4h03’03”. L’Américaine d’origine polonaise Magdalena Boulet, lauréate de l’édition 2018, signe un retour remarqué en terminant deuxième en 4h28’18”, devant Aziza El Amrany, troisième en 4h36’52”.

Au général, Maryline Nakache semble intouchable (23h48’07”) et assurée de la victoire finale. Aziza El Amrany occupe la deuxième place à plus de 3h15 (27h04’04”), tandis que Desiree Linden complète le podium provisoire avec un écart de plus de 30 minutes (27h52’25”).

Etape 5 Matyline Nakache. Photo Ian Corless
Maryline Nakache lors de l’étape 5, vers sa 5ème victoire et 5 jours. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 6ème étape : une dernière étape décisive et des vainqueurs impériaux

Le Marathon des Sables 2026 s’est achevé à l’issue d’une 6ème et dernière étape longue de 23,2 km et présentant 238m de D+. Après plusieurs jours d’efforts extrêmes et 250 km déjà parcourus, cette dernière étape a offert un final intense aux concurrents, entre gestion de la fatigue et dépassement de soi. Ne voulant rien lâcher, Mohamed El Morabity s’est de nouveau imposé au sprint en 1h36’37”. Après les 12 secondes de la 4ème étape longue de 100km, il devance cette fois-ci Ludovic Pommeret de 9 secondes (1h36’46”) Son frère Rachid suit à 6’04” (1h42’41”) devant le Français Michaël Gras (1h43) et le Sud-Africain Ryan Sandes qui complète le top 5 en 1h45.

Au général, Mohamed s’impose avec autorité en remportant 5 des 6 étapes et en signant un temps total de 20h47’39″. Il remporte son 2ème MDS après celui de 2023, où son frère Rachid s’était retiré de l’épreuve après avoir été pénalisé pour ravitaillement non autorisé. La lutte pour la deuxième place a été particulièrement serrée, Rachid El Morabity conservant son rang avec seulement 2 minutes d’avance sur Ludovic Pommeret (21h18’43”), de retour à la compétition après sa saison de ski.

Le Marocain Ahmed Ouikhalfen prend la 4e place (22h16), suivi de le Sud-Africain Ryan Sandes (23h21). L’Espagnol Alberto Sanz Rodriguez (23h49) et le Belge Nick Peers (24h17) occupent respectivement les 6e et 7e places. Trois autres Français figurent dans le top 10 : Arthur Courcoux (8e en 24h27), Julien Absalon (9e en 24h46) et Merile Robert (10e en 25h11). Longtemps en lice pour le podium, Michaël Gras termine finalement à la 11e place (25h19).

Chez les femmes, Maryline Nakache signe un impressionnant 6 sur 6. Imbattable sur ce MDS, la tenante du titre s’offre une nouvelle victoire exceptionnelle, ayant littéralement survolé l’épreuve. Pourtant, lors du passage emblématique à travers les dunes de Merzouga sur l’ultime étape de 23 km, Maryline Nakache pointait en deuxième position à deux minutes de la Marocaine Aziza El Amrany et semblait prête à lui laisser la dernière étape. Mais fidèle à sa domination tout au long de la semaine, elle a repris la tête pour ne plus la lâcher.

Maryline Nakache a franchi la ligne d’arrivée en 2h06’22”, célébrant à la fois sa victoire d’étape, son triomphe au classement général et une performance rare : trois victoires en trois participations. Comme la veille, elle devance l’Américaine Magdalena Boulet (2h11’14”) et la Marocaine Aziza El Amrany (2h18). L’Américaine Desiree Linden et la Marocaine Aziza Raji complètent le top 5 (2h24).

Au général, Maryline Nakache devance la Marocaine Aziza El Amrany (29h22’34″) et l’Américaine Desiree Linden (30h16’32″).

Etape 6. Photo Antonio Miranda
Une 6ème et dernière étape éprouvante, avec une tempête de sable en prime. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables 2026 : une édition marquée par l’exploit humain

Dans l’immensité du désert marocain, une performance humaine exceptionnelle s’est écrite loin des projecteurs du classement général. Jérémy Mourrejeau, athlète amputé tibial, est devenu le premier Français appareillé à terminer cette épreuve mythique de 270 kilomètres répartis en six étapes.

Son parcours force l’admiration. Victime d’un grave accident de moto en 2009, il subit une première amputation partielle du pied. Après plusieurs années de complications, il est amputé du tibia en 2019. Une épreuve de vie qui aurait pu mettre un terme à toute ambition sportive, mais qui devient au contraire le point de départ d’un défi hors norme.

Équipé d’une prothèse avec lame de course, Jérémy Mourrejeau s’est élancé sur les traces du Marathon des Sables avec une détermination sans faille. Dans cet environnement extrême, chaque kilomètre représentait un défi supplémentaire. Les impacts répétés rendaient le port de la prothèse particulièrement éprouvant, l’obligeant à s’arrêter régulièrement aux points de contrôle pour prendre soin de son moignon, soumis à de fortes douleurs. 

Dossard 201, Jérémy Mourrejeau boucle cette aventure à une remarquable 936ème place au classement général, avec un temps total de 59h34’24”, soit une vitesse moyenne de 4,6 km/h. Un résultat qui témoigne autant de sa persévérance que de sa capacité à gérer un effort extrême dans des conditions particulièrement exigeantes.

Jérémy Mourrejeau Photo Ian Corless
Jérémy Mourrejeau. Photo Ian Corless
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Sur l’île de La Réunion, pendant la Diagonale des Fous, Martin Kern danse à travers les paysages qui accompagnent son déplacement. Rapide et sans concession, son effort est hors norme. Ses émotions sont chargées d’heures d’entraînement et d’un idéal fait d’exploration et de découverte d’un environnement qui le fascine. Entre documentaire et essai visuel, See Those Flowers ?, réalisé par Julien Caldarone, dresse le portrait d’un athlète en quête de sens, attentif aux raisons qui le font se mettre en mouvement.

Sortie : 2026
Durée : 17 minutes
Langue : Français

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En marge du traditionnel Trail du Ventoux, les Championnats de France de trail se sont tenus dimanche 29 mars au départ de Bédoin sur les pentes du Géant de Provence. Si le trail court s’est déroulé sans encombre, le trail long a été chamboulé chez les hommes par une erreur de navigation du groupe des favoris, qui place les responsables de la sélection des Bleus pour les Championnats d’Europe de trail en Slovénie dans l’embarras. Retour sur les courses, les héros et les désillusions.

Championnats de France de trail court 2026 : des chronos stratosphériques

Alors que samedi les différentes courses du Trail du Ventoux se sont déroulées dans une ambiance polaire, avec au sommet du Ventoux des rafales de vent à plus de 120 km/h et une température ressentie de -15°, les conditions météo de dimanche étaient idéales sur les hauteurs de Bédoin mais loin du Mont Ventoux et de ses plaques de glace pour le trail court, un parcours en boucle de 29 km et 1350mD+ tracé essentiellement dans les combes qui dominent le village.

Sur ce terrain rapide mais très cassant, nécessitant de nombreuses relances, les 3 hommes les plus rapides ont réalisé des chronos impressionnants, terminant tous en moins de 2h01 et se tenant en 34 secondes. Au final, c’est Pierre Galbourdin qui décroche le titre en 2h 00mn 20s, devant le vice-champion du monde de trail long 2025 Benjamin Roubiol (2h 00mn 43s) et Thomas Butez (2h 00mn 54s).

Podium Hommes
Le podium hommes du trail court. Photo Organisation

Chez les femmes, Cécile Jarousseau s’impose en 2h 28mn 03s et conserve son titre. Elle devance Maëlle Beauvir de 29 petites secondes et la prometteuse Tiphaine Bazile de 46 secondes.

Cécile Jarousseau
Cécile Jarousseau à l’arrivée du trail court. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : le cauchemar des favoris

Si le trail court a offert un beau duel, de nombreux regards étaient tournés ves le trail long (50km et 2500mD+), qualificatif pour les Europe de Trail 2026 qui se dérouleront début juin en Slovénie. En effet, les 2 premiers hommes et les 3 premières femmes de la course pouvaient décrocher leur sélection. Un enjeu majeur pour des coureurs rêvant de porter le maillot bleu.

Mais les favoris, qui ont fait toute la montée vers le sommet du Ventoux en tête, ont vécu un véritable cauchemar. Alors qu’ils comptaient près de 3 minutes d’avance et qu’ils se dirigeaient probablement vers les 6 premières places, le groupe des 6 favoris masculins, avec Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba, s’est trompé de chemin au 28ème kilomètre, parcourant environ 4,5 km supplémentaires avant de rattraper le parcours et perdant au passage près de 20 minutes et tout espoir de podium.

Décroché du groupe de 6, Pierre Livache, dernier vainqueur du Grand Trail des Templiers et faisant également partie des favoris, n’a pas commis la même erreur et a pointé en tête au Chalet Reynard, avant d’abandonner sur blessure.

Au final, c’est l’inattendu Florian Séguy-Bernabeu qui est allé décrocher le titre suprême, en 4h 18mn 01s. Il a devancé 2 autres challengers sur le podium, Xavier Bartoli (4h 22mn 51s) et Valentin Benard (4h 23mn 55s).

Vainqueur Hommes trail long
Florian Séguy-Bernabeu, vainqueur du trail long. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : Audrey Tanguy de bout en bout

Pas de grosse surprise en revanche chez les femmes, où Audrey Tanguy a fait toute la course en tête de bout en bout pour s’imposer en

4h 58mn 02s. Elle devance Marie Goncalves (5h 00mn 32s) et Anne-Cécile Thévenot (5h 01mn 06s). Autre favorite, vainqueure en 2025 du Trail du Ventoux, Adeline Martin a terminé au pied du podium en 5h 09mn 40s. Le top 3 est qualifié pour les championnats d’Europe de trail, une 4ème place restant à discrétion des sélectionneurs.

Vainqueure femme Trail long
Audrey Tanguy, vainqueure du trail long. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : qui est en faute dans l’erreur d’aiguillage ?

La question de la responsabilité dans l’erreur de parcours des leaders masculins était bien sûr sur toutes les lèvres, entre ceux qui désignent les coureurs, insuffisamment attentifs, et ceux qui désignent l’organisation, dénonçant un problème de balisage suite à la modification de dernière minute d’une partie du parcours une fois la course lancée, pour des soucis de sécurité sur les crêtes au niveau du col des Tempêtes où des rafales à plus de 120 km/h avaient été enregistrées la veille, créant des conditions de course dangereuses.

Par souci de clarté, l’organisation a tenu à préciser que le parcours était parfaitement balisé et que l’erreur d’aiguillage du groupe de 6, au km28, s’est produite après la modification de parcours, donc sur une partie initialement prévue sur le parcours officiel. Les 6 coureurs de tête, qui étaient sur une zone de crête, n’auraient pas vu les 8 balises qui signalaient un changement brusque de trajectoire et auraient continué sur la crête sur leur lancée. A leur décharge, ce sentier continuant tout droit sur les crêtes avait été emprunté la veille par les coureurs du 75 km de l’Intégrale des Crêtes et donc très marqué, avec qui plus est semble-t-il une ou 2 balises « oubliées » la veille par l’équipe ayant débalisé le terrain et ayant conforté les 6 dans leur mauvaise direction.

Dans cette zone de crête très ventée, il aura suffi que le coureur de tête fonce tout droit sur un sentier marqué par les passages de la veille et « zappe » l’intersection, qui n’était pas matérialisée par un « aiguilleur humain », pour que les 5 autres s’engouffrent derrière lui et se perdent également. La loi du sport…

Championnats de France de trail long 2026 : la performance de Rémy Brassac

Sans rien enlever au mérite du nouveau champion de France, et à ses assesseurs, on retiendra pour la petite histoire qu’après avoir perdu 20 minutes dans cette erreur, Rémy Brassac réussit la prouesse de finir 6e, meilleur des 6 « égarés », à seulement 9mn50 du vainqueur, et 5 minutes de la 2e place qualificative. Il remporte au passage un 3e titre de champion de France de sa catégorie Master 0. Le 2e « égaré », Antoine Charvolin, qui faisait figure de grand favori, termine quant à lui 13e à 13mn37 du vainqueur.

Rémy Brassac
Rémy Brassac. Photo Organisation

Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : un casse-tête pour Adrien Séguret

Il y a d’un côté les résultats sportifs, et de l’autre les ambitions de l’équipe de France et du staff de la FFA. Dans les faits, les 2 premiers du Championnat de France de trail long ont gagné leur place pour rejoindre le champion du monde de trail court 2025 Frédéric Tranchand, déjà sélectionné, afin de défendre les couleurs des Bleus à Kamnik, en Slovénie, du 5 au 7 juin, sur l’unique distance de trail des championnats, un format de 52km et 2500mD+ similaire à celui du Ventoux. Il s’agit donc indiscutablement de Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli. Bravo à eux. Il ne reste donc en théorie qu’une seule place à pourvoir, à la discrétion de la Fédération, puisque la sélection finale peut compter 4 athlètes.

Dans la réalité, l’équipe de France doit aller chercher des médailles, même si faire aussi bien qu’en 2024 à Annecy semble mission impossible (3 Français aux 3 premières places, Thomas Cardin devant Benjamin Roubiol et Loic Rolland, et une médaille d’or par équipe).

Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : une réunion au sommet

Or, sans manquer de respect à Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli, qui ont remarquablement couru et ont eu la lucidité de ne pas faire d’erreur de parcours, il est très probable que sans leur erreur d’aiguillage au 28e km, les 2 sélectionnés auraient été parmi le groupe des 6 « égarés » : Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba. Et que parmi ces 6, Rémy Brassac, 6e à seulement 9mn50 du vainqueur, était sans doute le plus fort du jour. Alors, que faire ?

« C’est une situation très compliquée, et la décision devra se faire en toute transparence », a déclaré Adrien Séguret, entraîneur des Bleus. Ainsi, dimanche, quelques minutes, après l’arrivée, le sélectionneur a réuni les 2 premiers et les 6 coureurs « égarés » dans une salle du conseil municipal de la mairie de Bédoin mise à leur disposition pour leur expliquer la situation, laissant la porte ouverte quant à une éventuelle modification des critères de sélection au vu des circonstances exceptionnelles et de l’intérêt supérieur de l’équipe de France, qui permettrait peut-être de sélectionner Rémy Brassac et Antoine Charvolin.

Si aucune décision n’a encore été prise, une chose est sûre : elle risque de faire grincer des dents. 

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Sans elle, il ne serait certainement pas le même. Depuis 7 ans, Arthur Joyeux-Bouillon partage son existence – et ses entraînements – avec sa chienne Naska. Avant d’entamer sa saison 2026, qui l’emmènera mi-mai au Snowdonia 100M, fin juin au 90 km du Mont-Blanc et surtout fin août à l’UTMB Mont-Blanc, son gros objectif, il s’est confié sur cette relation fusionnelle à Laura Trompette dans le cadre du Podcast L’Animal au Cœur qui explore les liens profonds entre animaux et humains. Extraits.

Esprit Trail : Tu es né dans le Vercors, tu as grandi dans ces montagnes et tu as toujours été en connexion avec la nature. Quelle est la première rencontre avec un animal sauvage ou de compagnie dont tu te souviens dans l’enfance?

Arthur Joyeux-Bouillon : Sauvage, je n’ai pas de souvenir. Et de compagnie, c’est le chien de mes grands-parents, un labrador noir. Ça a été le coup de foudre entre lui et moi. Je passais quasiment tous mes week-ends chez mes grands-parents, et quand c’était pas chez eux, ils venaient chez nous, donc en fait c’était un peu mon chien. Il s’appelait Douka, j’ai une photo de lui dans ma chambre, c’était très fort et très puissant. Et je pense que mon amour pour les animaux, et particulièrement les chiens, est venu de là, dès mes deux ou trois ans.

Est-ce que les animaux ont appris quelque chose au jeune Arthur, que la version adulte de toi n’a jamais oublié ?

Arthur Joyeux-Bouillon : Oui, c’est sûr, c’est cette insouciance et cette légèreté qu’ils ont. Et d’avoir un animal aujourd’hui me permet de me redire « ah, n’oublie pas ça ! » Nous nous sommes mis beaucoup de contraintes dans nos vies, comme le fait de devoir travailler, mais eux n’ont aucune contrainte, ils sont jamais stressés, ils ne se demandent pas ce qu’ils doivent faire de leurs journées. Alors ils ont parfois des contraintes qui sont liées à ce qu’on leur impose, à notre propre rythme, mais ils ont cette capacité à vivre dans l’instant présent tout le temps. Tu vas leur dire « viens, on va se promener », c’était pas prévu mais ils sont contents. S’il pleut, on reste dedans, on joue, et ils sont contents. Ça m’a appris à voir les choses du bon côté et à ne pas trop s’en faire pour la suite.

Aujourd’hui tu es papa d’un petit Marceau qui est né en mai 2025 et tu partages ta vie à quatre avec ta compagne Justine, Marceau et votre chienne Naska, qui est devenue un peu ta partenaire d’entraînement. Est-ce que tu peux m’en dire plus sur elle?

Arthur Joyeux-Bouillon : Depuis tout petit, je voulais un chien. Quand Douka, le chien de mes grands-parents, est parti, j’étais assez grand pour comprendre qu’il était parti et à cette époque j’avais dit à mes parents, moi je veux un chien, c’est mon animal. Ça n’a pas été possible car ils travaillaient trop, ils n’étaient pas à la maison, mais je m’étais promis qu’un jour je ferais un métier où je pourrais avoir mon chien avec moi. C’était vraiment important.

Et donc, à 22-23 ans, quand on a eu notre chez nous en montagne avec Justine, sachant qu’elle aussi avait eu un chien plus jeune, ça a été une évidence. Et il fallait que ce soit un chien actif, parce que je faisais déjà du trail, et même si ce n’était pas encore à haut niveau, je voulais que ça soit mon animal de compagnie en partenaire.

ARTHUR JOYEUX-BOUILLON ET NASKA
ARTHUR JOYEUX-BOUILLON ET NASKA

Donc un chien robuste, capable de courir…

Arthur Joyeux-Bouillon : Voilà ! Un chien de montagne, qui allait aimer courir sans que je lui dise « viens avec moi » et qui au bout de deux ou trois ans en aurait eu marre. Donc c’était un husky ou alors un border collie. Le berger australien est un peu plus calme, donc on avait mis ça de côté. Et on a eu cette chance de rencontrer une petite boule de poils dans la station de ski où on vivait. Je pense que les étoiles se sont alignées. Un mélange entre un border collie et un husky, seul de sa portée, pas de frère ni de sœur. Les propriétaires n’étaient pas intéressés par l’argent, ils voulaient choisir sur dossier car il fallait que ce soit un couple de sportifs pour que le chien puisse s’évader dehors.

Tu partages pas mal de vidéos avec Naska sur les réseaux sociaux, et on peut voir que vous skiez ensemble, toi avec elle sur tes épaules. Comment c’est venu, ça ?

Arthur Joyeux-Bouillon : Je crois que c’est la question que je reçois le plus sur mes réseaux sociaux ! L’histoire, c’est qu’on l’a eue en station de ski à La Rosière et je m’entendais très bien avec les pisteurs secouristes qui ont un chien d’avalanche, un border collie. Avant qu’on ait Naska, le maître-chien m’avait dit « Si tu prends un chien et que tu veux skier avec lui, fais attention car en descente leurs articulations s’abiment aux épaules. » Et comme on peut descendre à 60 à l’heure facilement et qu’ils nous suivent…

Quand j’ai eu Naska, je me suis dit que j’allais faire comme lui et descendre avec elle sur les épaules. Et donc il m’a appris : « Tu prends les pattes comme ça, tu fais un squat, tu la mets sur les épaules… » Et il m’a surtout conseillé de m’entraîner chez moi avant ses 6 mois – un an, parce que c’est comme un enfant, il ne va pas avoir d’appréhension et ça va devenir un automatisme. J’ai commencé le soir, à la maison, elle avait peut-être 4 mois et hop, je la prenais sur mon dos et je me promenais dans l’appartement.

Et elle n’a jamais cherché à descendre ?

Arthur Joyeux-Bouillon : Au début elle n’aimait pas forcément, elle bougeait, mais elle n’a jamais essayé de partir de mon dos. Maintenant, quand je descends à skis, je peux la lâcher, je ne lui tiens plus les pattes. Je lui tiens juste pour les vidéos, pour montrer aux gens que ça peut être dangereux si on ne tient pas son animal, mais je sais qu’on a une confiance absolue l’un envers l’autre.

Tu skies avec elle, et surtout tu cours avec elle. Tu l’appelles ton lièvre d’ailleurs. Elle fait tous les entraînements avec toi ?

Arthur Joyeux-Bouillon : Non, et je me force parce qu’elle a 7 ans et que maintenant je dois fractionner un peu les sorties et lui laisser un peu plus de temps de repos. Mais quand je vais m’entraîner sans elle, je le dis quasiment à chaque fois à Justine, c’est moins bien que quand elle est avec moi. Quand on est tous les deux, on est bien dans cette simplicité. Je lui parle, elle ne me répond pas forcément mais elle m’écoute, et du coup j’ai un moyen de partage de cette passion en permanence.

Et tu as l’impression que votre lien aujourd’hui est plus fort parce que vous partagez ça ?

Arthur Joyeux-Bouillon : Ah oui, c’est sûr ! Je pense que c’est celle qui, entre guillemets, me connaît le mieux parce que c’est celle avec qui j’ai passé le plus de temps ces sept dernières années, et dans des conditions parfois très difficiles. On s’est pris des orages monstrueux en montagne. Je me souviens par exemple d’une nuit où j’étais parti courir à minuit pour m’entraîner pour l’UTMB et à 2h du matin, on était au sommet à quasi 3000 mètres d’altitude et il y a eu des éclairs de chaleur de partout autour de nous. Et là, elle s’est assise à côté de moi et on a regardé tous les deux ce qui se passait autour. Je crois que c’est un des plus beaux souvenirs que j’ai avec elle, et il n’y a que nous deux qui auront ce souvenir-là. C’était magique.

Quel conseil donnerais-tu aujourd’hui aux gens qui rêvent comme toi de partager une activité physique avec leur chien, que ce soit du trail ou autre chose ?

Arthur Joyeux-Bouillon : Déjà, je pense qu’avant d’avoir un animal, il faut aimer les animaux. Avoir cette envie de partager quelque chose, et pas juste se dire « j’en ai marre de m’entraîner tout seul ou d’être tout seul dans la vie, je vais prendre un animal ». Non, c’est vraiment avoir envie de vivre une relation. Et après, toujours avoir en tête cette notion de progressivité, parce que les animaux n’ont pas de notion de fatigue, ils ont pas de notion de « trop ». C’est donc à nous de leur inculquer ça.

J’en vois qui font déjà des trails avec leur chien qui a 6 mois ! Moi, Naska, à 6 mois, elle ne faisait rien, ou alors que la montée. Elle n’a pas pris d’escalier jusqu’à ses 6 mois, on la descendait dans les bras, avec Justine, c’est hyper important pour les articulations. C’est une sorte de pyramide. On monte progressivement en étant toujours à l’écoute de l’animal, enfin, pas forcément à l’écoute parce qu’il ne dira jamais rien, mais en le regardant car il montrera par des signes. Il ne viendra pas râler, donc il faut être attentif à ces fameux signes.

Justement, sachant que par essence le chien est très dévoué et qu’il est capable d’aller au bout du bout de lui-même par fidélité, comment fixes-tu les limites avec Naska ? Est-ce qu’il y a des entraînements spécifiques où tu ne l’emmènes pas pour la protéger ?

Arthur Joyeux-Bouillon : Pour moi, il y a 2 types de sorties. Les sorties où je fais du fractionné spécifique sur du plat – j’en fais très peu, mais il y en a quand même -, je ne l’ai jamais prise, parce que je sais qu’elle ne va pas prendre plaisir sur des berges de bitume où en plus je cours un peu trop vite pour qu’elle puisse s’arrêter devant moi, renifler et repartir. J’ai donc décidé que ce serait son jour de repos. Alors c’est très dur parce qu’elle me regarde avec des yeux, on dirait que je ne l’ai jamais emmenée de ma vie. (Rires.) Pourquoi tu ne m’emmènes pas papa ? Alors je lui dis c’est pour ton bien, repose-toi, on ira demain.

Et il y a donc les sorties montagne trail où j’ai beaucoup de chance, parce que ce croisement husky border collie, c’est le 4×4 des chiens, c’est hyper robuste et je n’ai jamais eu de soucis de blessure par exemple. Par contre, il s’est créé quelque chose qui n’est je pense pas lié à moi, mais qu’elle a elle-même automatisé, c’est qu’elle arrive à s’écouter. C’est-à-dire que si moi, au bout d’un moment, je vais trop vite pour elle, elle ne va plus me suivre, elle va se mettre 200 mètres derrière, elle va laisser un peu de distance, prendre son rythme. Et là, je me retourne, je lui dis OK, je ralentis et on finit ensemble…


Retrouvez toute l’interview d’Arthur, où il parle notamment de ce que Naska lui a appris en tant que sportif, et du lien entre son fils et sa chienne, sur le podcast L’Animal au Cœur de Laura Trompette, disponible sur Spotify, Deezer et Apple Podcasts, ainsi que des vidéos d’Arthur et Naska sur l’instagram @lanimalaucoeur

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