La 40ème édition du Marathon des Sables s’est déroulée du 4 au 11 avril dans le Sahara marocain et a offert une lutte intense chez les hommes entre les frères El Morabity, Rachid, l’aîné, 11 fois vainqueur de l’épreuve, et Mohamed, 1 fois vainqueur, 7 fois 2ème, lutte à laquelle s’est mêlée Ludovic Pommeret, qui pour sa première participation a fait souvent jeu égal avec les rois du désert. Chez les femmes, Maryline Nakache impériale a remporté les 6 étapes de l’épreuve, laissant sa principale rivale à plus de 3 heures. Résumé de l’aventure, jour après jour.

Maryline Nakache Photo Antonio Miranda
Maryline Nakache à l’arrivée de la dernière étape. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 1ère étape : pas de round d’observation

Le Marathon des Sables Legendary a lancé sa 40ème édition avec une première étape de 35 kilomètres disputée dans des conditions calmes et ensoleillées. Dès les premières heures du jour, 1 500 participants se sont élancés sur un parcours exigeant, encadrés par près de 600 membres de l’organisation.

Cette étape inaugurale a été marquée par un rythme particulièrement soutenu, notamment en tête de course. Chez les hommes, le tenant du titre Rachid El Morabity a imprimé une allure élevée dès le départ, rompant avec son approche habituellement plus stratégique. Rapidement, la course s’est structurée autour d’un groupe de tête composé de Rachid El Morabity, de son frère Mohamed El Morabity, et de Michaël Gras, redoutable marathonien..

La sélection s’est opérée progressivement, avant une accélération décisive des frères El Morabity à partir du troisième point de contrôle. Dans un final disputé, Mohamed El Morabity s’impose en 2h26’29’’, devançant Rachid El Morabity de 21 secondes. Michaël Gras complète le podium à 4 minutes et 34 secondes du vainqueur. Ludovic Pommeret termine lui 5ème en 2h34’29”.

Parmi les participants de cette édition anniversaire, la présence de deux anciens sportifs de haut niveau : Julien Absalon, double champion olympique de VTT, qui se classe 10ème de cette première étape en 2h56’09’’, et André Schürrle, ancien international allemand de football et champion du monde 2014, qui termine à la 628ème place en 5h41’59’’.

Chez les femmes, la course a également été animée dès les premiers kilomètres. La Marocaine Aziza El Amrany a pris les commandes en imposant un rythme soutenu, suivie de près par Maryline Nakache, restée au contact tout au long de la course.

La décision s’est jouée dans la seconde partie du parcours, lorsque Maryline Nakache a accéléré pour creuser un écart décisif. Elle remporte cette première étape en 3h04’01’’, avec une avance de 5 minutes et 33 secondes sur Aziza El Amrany. Agathe Teillet-Magot, compagne de Michaël Gras, termine 3ème, à 17 minutes et 26 secondes.

Etape 1. Photo Antonio Miranda
Départ de la 1ère étape. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 2ème étape : rythme élevé et premiers écarts

La 2ème étape a tenu toutes ses promesses, offrant un subtil équilibre entre vitesse, stratégie et premiers enseignements pour la suite de l’épreuve. Le départ, donné à 6h00 précises, a permis aux concurrents de bénéficier de conditions particulièrement favorables. La fraîcheur matinale du désert a accompagné les premiers kilomètres, avant que la chaleur ne s’installe progressivement au fil de la journée.

Dans une ambiance spectaculaire, éclairée par les lampes frontales des participants, les coureurs se sont élancés sur un parcours de 40,5 kilomètres, cumulant 486m de D+. Ponctuée de points de contrôle aux kilomètres 8, 15, 21, 28 et 33, cette étape rapide et roulante a conduit les 1500 concurrents vers un nouveau bivouac.

Chez les hommes, Michaël Gras a animé la course dès les premiers kilomètres en imposant un rythme soutenu, tentant de déstabiliser les frères El Morabity. Mais l’expérience a finalement fait la différence. Dès le troisième point de contrôle, Mohamed et Rachid El Morabity ont repris la maîtrise de la course avant de porter une attaque décisive. Mohamed s’impose en 2h58’26, suivi de Rachid en 3h03’01. Après un effort constant, Michaël Gras complète le podium en 3h03’46. Ludovic Pommeret termine de nouveau 5ème de l’étape en 3h12’37”.

Au général, Mohamed El Morabity reste leader en 5h24’55”. Il devance son frère Rachid (5h29’51”) et Michaël Gras (5h34’49”).

La course féminine a quant à elle été dominée sans partage par Maryline Nakache, auteure d’une performance remarquable qui lui permet de s’imposer en 3h48’21. Derrière elle, la hiérarchie a été bouleversée lorsque Aziza El Amrany a cédé du terrain, ouvrant la voie à Agathe Teillet-Magot et l’Américaine Desiree Linden. Elles montent respectivement sur la deuxième et la troisième marche du podium en 4h10’31 et 4h13’00.

Au général, Maryline Nakache est plus que jamais leader en 6h52’22”. Elle devance Agathe Teillet Magot (7h31’58”) et Desiree Linden (7h38’26”).

Etape 2. Photo Antonio Miranda
Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 3ème étape : entre vitesse maîtrisée et jeu tactique avant l’étape reine

La 3ème étape du MDS 2026 a offert un subtil équilibre entre vitesse et stratégie, tout en laissant entrevoir les enjeux majeurs de l’épreuve décisive à venir, la « longue » du lendemain et ses 100 km non-stop. Donné à 7h00 précises, le départ s’est déroulé dans des conditions exceptionnellement clémentes pour le désert, avec des températures fraîches et un ciel légèrement nuageux, offrant aux concurrents un terrain propice à la performance. Longue de 29,1km et totalisant 413m de D+, cette étape comportait trois points de contrôle situés aux kilomètres 11, 17 et 23.

Chez les hommes, la course s’est rapidement transformée en affrontement stratégique. Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont tenté une offensive coordonnée pour mettre sous pression les frères El Morabity. En tête dès le premier point de contrôle, les deux Français imposent un rythme soutenu, talonnés par Mohamed El Morabity, tandis que Rachid El Morabity reste en embuscade.

Au deuxième point de contrôle, Ludovic Pommeret lâche prise, laissant Michaël Gras seul en tête. Mais la dynamique s’inverse progressivement sous l’impulsion des spécialistes marocains : Rachid El Morabity opère une remontée maîtrisée pour s’imposer en 2h17’29”, tandis que Mohamed El Morabity suit de près en 2h18’28”. Michaël Gras conserve une place sur le podium en 2h21’44”, talonné par Ludovic Pommeret, quatrième du jour avec le même chrono.

À noter, au troisième point de contrôle, un passage obligatoire de vérification des sacs et du matériel pour les coureurs de tête est venu renforcer la dimension stratégique de cette étape. Au général, Mohamed El Morabity conserve sa place de leader en 7h43’23”, devançant toujours son frère Rachid (7h47’20”) et Michaël Gras (7h56’18”).

Chez les femmes, Maryline Nakache a de nouveau dominé l’épreuve de bout en bout (2h55’21”), confirmant son excellente dynamique avec une performance solide. Aziza El Amrany, en retrait lors de l’étape précédente, signe un retour remarqué en prenant la deuxième place en 3h09’18”. Agathe Teillet-Magot complète le podium de cette troisième étape en 3h13’56”.

Au général, après 3 étapes et 104,8km parcourus pour 901m de D+, Maryline Nakache est largement leader en 9h47’23”. Elle devance une autre française, Agathe Teillet-Magot (10h45’54”) et la Marocaine Aziza El Amrany (10h52’12”).

Etape 3. Photo Ian Corless
Le peloton lors de l’étape 3. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 4ème étape : une étape record et décisive

La 4ème étape du Marathon des Sables Legendary restera gravée comme l’un des moments les plus marquants de cette 40ème édition. Avec ses 100 kilomètres et 721m de D+, elle devient officiellement l’étape la plus longue de l’histoire de l’épreuve, dépassant le précédent record établi en 2009 (92 km). Une journée extrême, tant sur le plan physique que mental, qui a profondément rebattu les cartes du classement général.

La course masculine a offert un spectacle de très haut niveau, marqué par un duel intense entre Ludovic Pommeret et Mohammed El Morabity. Dès le premier checkpoint, les deux hommes prennent les commandes, suivis de près par Michaël Gras et Ahmed Ouikhalfen, formant un groupe de tête particulièrement compétitif.

À partir du kilomètre 70, la course bascule. Michaël Gras, alors 3ème au classement général, est victime d’un coup de moins bien, souffrant d’une légère surchauffe et d’un manque d’énergie. Le moment décisif intervient au CP10 : profitant d’un arrêt fraîcheur de Ludovic Pommeret, Mohammed El Morabity place une accélération déterminante. Le Marocain impose un rythme supérieur, creuse l’écart et s’impose avec seulement 12 secondes d’avance sur le Français en 8h24’32”, concluant une étape stratégique parfaitement maîtrisée. Rachid El Morabity complète le podium en 8h39′.

Au général, après 205,7km parcourus, le Marocain Mohamed El Morabity est toujours leader (16h07’55”). Il devance son frère Rachid (16h26’20”) et Ludovic Pommeret (16h33’34”).

Chez les femmes, la course s’est rapidement structurée autour de Maryline Nakache et Aziza Raji, qui prennent la tête dès le premier checkpoint. Derrière, Agathe Teillet-Magot, pourtant 2ème au classement général, rencontre d’importantes difficultés dès le 30ème kilomètre, victime de problèmes gastriques qui freinent considérablement sa progression. De son côté, l’Américaine Desiree Petersen réalise une course maîtrisée, lui permettant de s’adjuger la troisième place de l’étape.

Maryline Nakache s’impose une nouvelle fois sur l’étape en bouclant les 100km en 10h02’22”. Elle devance Aziza El Amrany, deuxième en 11h40′, et Desiree Linden, troisième en 12h16’57”. Au classement général, après 4 étapes, 205,7 kilomètres parcourus et 1801m de D+, Maryline Nakache conforte largement sa position de leader avec un temps cumulé de 19h50’05”. Elle devance de plus de 2h30 la Marocaine, Aziza El Amrany (22h32’12”) et l’Américaine, Desiree Linden (23h15’47”).

Etape 4 Photo Ian Corless
L’étape 4, longue de 100km, un record dans l’histoire du MDS. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 5ème étape : les leaders confirment leur domination

L’avant-dernière étape du MDS a tenu toutes ses promesses, au lendemain de la redoutable étape longue de 100 km. Entre fatigue accumulée, conditions extrêmes et enjeux stratégiques, cette 5ème étape, dite « étape marathon » (42,5km et 424m de D+), a offert un spectacle intense et riche en rebondissements. Malgré des corps éprouvés et des esprits marqués par les tempêtes de sable incessantes de la veille, les concurrents ont abordé cette journée avec une détermination intacte.

Dès le départ, Pierre Meslet a imposé un rythme soutenu, prenant rapidement les devants et creusant un écart significatif jusqu’au premier point de contrôle. À ses côtés, Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont également tenté de dynamiter la course, formant un trio français offensif face à la domination marocaine.

Mais une fois encore, la réponse est venue du Maroc. Mohamed El Morabity a repris les commandes après le CP3, sur une portion stratégique du parcours. Accélérant progressivement, il a distancé ses adversaires pour s’imposer avec autorité en 3h08’07”. Son frère, Rachid El Morabity, s’est adjugé la deuxième place en 3h12’24”, confirmant la suprématie familiale, tandis que Ludovic Pommeret complète le podium en 3h13’23”, à seulement une minute.

Derrière ce trio de tête, la course s’est étirée sous l’effet du rythme imposé, avec un écart de 34 minutes séparant les dix premiers à l’arrivée, illustrant la sélectivité extrême de cette étape.

Etape 5. Photo Ian Corless
Mohamed El Morabity survole les dunes. Photo Ian Corless

Au général, Mohamed El Morabity conforte sa position de leader avec un temps cumulé de 19h11’02”, devant son frère Rachid (19h33’44”) et Ludovic Pommeret (19h41’57”). Si, sur le papier, ces positions semblent solidement établies à la veille de la dernière étape de 21 km, l’histoire du Marathon des Sables rappelle que rien n’est jamais acquis dans le désert.

Chez les femmes, Maryline Nakache poursuit son impressionnante série. Déjà leader incontestée, elle s’impose une nouvelle fois avec maîtrise en 4h03’03”. L’Américaine d’origine polonaise Magdalena Boulet, lauréate de l’édition 2018, signe un retour remarqué en terminant deuxième en 4h28’18”, devant Aziza El Amrany, troisième en 4h36’52”.

Au général, Maryline Nakache semble intouchable (23h48’07”) et assurée de la victoire finale. Aziza El Amrany occupe la deuxième place à plus de 3h15 (27h04’04”), tandis que Desiree Linden complète le podium provisoire avec un écart de plus de 30 minutes (27h52’25”).

Etape 5 Matyline Nakache. Photo Ian Corless
Maryline Nakache lors de l’étape 5, vers sa 5ème victoire et 5 jours. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 6ème étape : une dernière étape décisive et des vainqueurs impériaux

Le Marathon des Sables 2026 s’est achevé à l’issue d’une 6ème et dernière étape longue de 23,2 km et présentant 238m de D+. Après plusieurs jours d’efforts extrêmes et 250 km déjà parcourus, cette dernière étape a offert un final intense aux concurrents, entre gestion de la fatigue et dépassement de soi. Ne voulant rien lâcher, Mohamed El Morabity s’est de nouveau imposé au sprint en 1h36’37”. Après les 12 secondes de la 4ème étape longue de 100km, il devance cette fois-ci Ludovic Pommeret de 9 secondes (1h36’46”) Son frère Rachid suit à 6’04” (1h42’41”) devant le Français Michaël Gras (1h43) et le Sud-Africain Ryan Sandes qui complète le top 5 en 1h45.

Au général, Mohamed s’impose avec autorité en remportant 5 des 6 étapes et en signant un temps total de 20h47’39″. Il remporte son 2ème MDS après celui de 2023, où son frère Rachid s’était retiré de l’épreuve après avoir été pénalisé pour ravitaillement non autorisé. La lutte pour la deuxième place a été particulièrement serrée, Rachid El Morabity conservant son rang avec seulement 2 minutes d’avance sur Ludovic Pommeret (21h18’43”), de retour à la compétition après sa saison de ski.

Le Marocain Ahmed Ouikhalfen prend la 4e place (22h16), suivi de le Sud-Africain Ryan Sandes (23h21). L’Espagnol Alberto Sanz Rodriguez (23h49) et le Belge Nick Peers (24h17) occupent respectivement les 6e et 7e places. Trois autres Français figurent dans le top 10 : Arthur Courcoux (8e en 24h27), Julien Absalon (9e en 24h46) et Merile Robert (10e en 25h11). Longtemps en lice pour le podium, Michaël Gras termine finalement à la 11e place (25h19).

Chez les femmes, Maryline Nakache signe un impressionnant 6 sur 6. Imbattable sur ce MDS, la tenante du titre s’offre une nouvelle victoire exceptionnelle, ayant littéralement survolé l’épreuve. Pourtant, lors du passage emblématique à travers les dunes de Merzouga sur l’ultime étape de 23 km, Maryline Nakache pointait en deuxième position à deux minutes de la Marocaine Aziza El Amrany et semblait prête à lui laisser la dernière étape. Mais fidèle à sa domination tout au long de la semaine, elle a repris la tête pour ne plus la lâcher.

Maryline Nakache a franchi la ligne d’arrivée en 2h06’22”, célébrant à la fois sa victoire d’étape, son triomphe au classement général et une performance rare : trois victoires en trois participations. Comme la veille, elle devance l’Américaine Magdalena Boulet (2h11’14”) et la Marocaine Aziza El Amrany (2h18). L’Américaine Desiree Linden et la Marocaine Aziza Raji complètent le top 5 (2h24).

Au général, Maryline Nakache devance la Marocaine Aziza El Amrany (29h22’34″) et l’Américaine Desiree Linden (30h16’32″).

Etape 6. Photo Antonio Miranda
Une 6ème et dernière étape éprouvante, avec une tempête de sable en prime. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables 2026 : une édition marquée par l’exploit humain

Dans l’immensité du désert marocain, une performance humaine exceptionnelle s’est écrite loin des projecteurs du classement général. Jérémy Mourrejeau, athlète amputé tibial, est devenu le premier Français appareillé à terminer cette épreuve mythique de 270 kilomètres répartis en six étapes.

Son parcours force l’admiration. Victime d’un grave accident de moto en 2009, il subit une première amputation partielle du pied. Après plusieurs années de complications, il est amputé du tibia en 2019. Une épreuve de vie qui aurait pu mettre un terme à toute ambition sportive, mais qui devient au contraire le point de départ d’un défi hors norme.

Équipé d’une prothèse avec lame de course, Jérémy Mourrejeau s’est élancé sur les traces du Marathon des Sables avec une détermination sans faille. Dans cet environnement extrême, chaque kilomètre représentait un défi supplémentaire. Les impacts répétés rendaient le port de la prothèse particulièrement éprouvant, l’obligeant à s’arrêter régulièrement aux points de contrôle pour prendre soin de son moignon, soumis à de fortes douleurs. 

Dossard 201, Jérémy Mourrejeau boucle cette aventure à une remarquable 936ème place au classement général, avec un temps total de 59h34’24”, soit une vitesse moyenne de 4,6 km/h. Un résultat qui témoigne autant de sa persévérance que de sa capacité à gérer un effort extrême dans des conditions particulièrement exigeantes.

Jérémy Mourrejeau Photo Ian Corless
Jérémy Mourrejeau. Photo Ian Corless
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En marge du traditionnel Trail du Ventoux, les Championnats de France de trail se sont tenus dimanche 29 mars au départ de Bédoin sur les pentes du Géant de Provence. Si le trail court s’est déroulé sans encombre, le trail long a été chamboulé chez les hommes par une erreur de navigation du groupe des favoris, qui place les responsables de la sélection des Bleus pour les Championnats d’Europe de trail en Slovénie dans l’embarras. Retour sur les courses, les héros et les désillusions.

Championnats de France de trail court 2026 : des chronos stratosphériques

Alors que samedi les différentes courses du Trail du Ventoux se sont déroulées dans une ambiance polaire, avec au sommet du Ventoux des rafales de vent à plus de 120 km/h et une température ressentie de -15°, les conditions météo de dimanche étaient idéales sur les hauteurs de Bédoin mais loin du Mont Ventoux et de ses plaques de glace pour le trail court, un parcours en boucle de 29 km et 1350mD+ tracé essentiellement dans les combes qui dominent le village.

Sur ce terrain rapide mais très cassant, nécessitant de nombreuses relances, les 3 hommes les plus rapides ont réalisé des chronos impressionnants, terminant tous en moins de 2h01 et se tenant en 34 secondes. Au final, c’est Pierre Galbourdin qui décroche le titre en 2h 00mn 20s, devant le vice-champion du monde de trail long 2025 Benjamin Roubiol (2h 00mn 43s) et Thomas Butez (2h 00mn 54s).

Podium Hommes
Le podium hommes du trail court. Photo Organisation

Chez les femmes, Cécile Jarousseau s’impose en 2h 28mn 03s et conserve son titre. Elle devance Maëlle Beauvir de 29 petites secondes et la prometteuse Tiphaine Bazile de 46 secondes.

Cécile Jarousseau
Cécile Jarousseau à l’arrivée du trail court. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : le cauchemar des favoris

Si le trail court a offert un beau duel, de nombreux regards étaient tournés ves le trail long (50km et 2500mD+), qualificatif pour les Europe de Trail 2026 qui se dérouleront début juin en Slovénie. En effet, les 2 premiers hommes et les 3 premières femmes de la course pouvaient décrocher leur sélection. Un enjeu majeur pour des coureurs rêvant de porter le maillot bleu.

Mais les favoris, qui ont fait toute la montée vers le sommet du Ventoux en tête, ont vécu un véritable cauchemar. Alors qu’ils comptaient près de 3 minutes d’avance et qu’ils se dirigeaient probablement vers les 6 premières places, le groupe des 6 favoris masculins, avec Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba, s’est trompé de chemin au 28ème kilomètre, parcourant environ 4,5 km supplémentaires avant de rattraper le parcours et perdant au passage près de 20 minutes et tout espoir de podium.

Décroché du groupe de 6, Pierre Livache, dernier vainqueur du Grand Trail des Templiers et faisant également partie des favoris, n’a pas commis la même erreur et a pointé en tête au Chalet Reynard, avant d’abandonner sur blessure.

Au final, c’est l’inattendu Florian Séguy-Bernabeu qui est allé décrocher le titre suprême, en 4h 18mn 01s. Il a devancé 2 autres challengers sur le podium, Xavier Bartoli (4h 22mn 51s) et Valentin Benard (4h 23mn 55s).

Vainqueur Hommes trail long
Florian Séguy-Bernabeu, vainqueur du trail long. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : Audrey Tanguy de bout en bout

Pas de grosse surprise en revanche chez les femmes, où Audrey Tanguy a fait toute la course en tête de bout en bout pour s’imposer en

4h 58mn 02s. Elle devance Marie Goncalves (5h 00mn 32s) et Anne-Cécile Thévenot (5h 01mn 06s). Autre favorite, vainqueure en 2025 du Trail du Ventoux, Adeline Martin a terminé au pied du podium en 5h 09mn 40s. Le top 3 est qualifié pour les championnats d’Europe de trail, une 4ème place restant à discrétion des sélectionneurs.

Vainqueure femme Trail long
Audrey Tanguy, vainqueure du trail long. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : qui est en faute dans l’erreur d’aiguillage ?

La question de la responsabilité dans l’erreur de parcours des leaders masculins était bien sûr sur toutes les lèvres, entre ceux qui désignent les coureurs, insuffisamment attentifs, et ceux qui désignent l’organisation, dénonçant un problème de balisage suite à la modification de dernière minute d’une partie du parcours une fois la course lancée, pour des soucis de sécurité sur les crêtes au niveau du col des Tempêtes où des rafales à plus de 120 km/h avaient été enregistrées la veille, créant des conditions de course dangereuses.

Par souci de clarté, l’organisation a tenu à préciser que le parcours était parfaitement balisé et que l’erreur d’aiguillage du groupe de 6, au km28, s’est produite après la modification de parcours, donc sur une partie initialement prévue sur le parcours officiel. Les 6 coureurs de tête, qui étaient sur une zone de crête, n’auraient pas vu les 8 balises qui signalaient un changement brusque de trajectoire et auraient continué sur la crête sur leur lancée. A leur décharge, ce sentier continuant tout droit sur les crêtes avait été emprunté la veille par les coureurs du 75 km de l’Intégrale des Crêtes et donc très marqué, avec qui plus est semble-t-il une ou 2 balises « oubliées » la veille par l’équipe ayant débalisé le terrain et ayant conforté les 6 dans leur mauvaise direction.

Dans cette zone de crête très ventée, il aura suffi que le coureur de tête fonce tout droit sur un sentier marqué par les passages de la veille et « zappe » l’intersection, qui n’était pas matérialisée par un « aiguilleur humain », pour que les 5 autres s’engouffrent derrière lui et se perdent également. La loi du sport…

Championnats de France de trail long 2026 : la performance de Rémy Brassac

Sans rien enlever au mérite du nouveau champion de France, et à ses assesseurs, on retiendra pour la petite histoire qu’après avoir perdu 20 minutes dans cette erreur, Rémy Brassac réussit la prouesse de finir 6e, meilleur des 6 « égarés », à seulement 9mn50 du vainqueur, et 5 minutes de la 2e place qualificative. Il remporte au passage un 3e titre de champion de France de sa catégorie Master 0. Le 2e « égaré », Antoine Charvolin, qui faisait figure de grand favori, termine quant à lui 13e à 13mn37 du vainqueur.

Rémy Brassac
Rémy Brassac. Photo Organisation

Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : un casse-tête pour Adrien Séguret

Il y a d’un côté les résultats sportifs, et de l’autre les ambitions de l’équipe de France et du staff de la FFA. Dans les faits, les 2 premiers du Championnat de France de trail long ont gagné leur place pour rejoindre le champion du monde de trail court 2025 Frédéric Tranchand, déjà sélectionné, afin de défendre les couleurs des Bleus à Kamnik, en Slovénie, du 5 au 7 juin, sur l’unique distance de trail des championnats, un format de 52km et 2500mD+ similaire à celui du Ventoux. Il s’agit donc indiscutablement de Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli. Bravo à eux. Il ne reste donc en théorie qu’une seule place à pourvoir, à la discrétion de la Fédération, puisque la sélection finale peut compter 4 athlètes.

Dans la réalité, l’équipe de France doit aller chercher des médailles, même si faire aussi bien qu’en 2024 à Annecy semble mission impossible (3 Français aux 3 premières places, Thomas Cardin devant Benjamin Roubiol et Loic Rolland, et une médaille d’or par équipe).

Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : une réunion au sommet

Or, sans manquer de respect à Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli, qui ont remarquablement couru et ont eu la lucidité de ne pas faire d’erreur de parcours, il est très probable que sans leur erreur d’aiguillage au 28e km, les 2 sélectionnés auraient été parmi le groupe des 6 « égarés » : Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba. Et que parmi ces 6, Rémy Brassac, 6e à seulement 9mn50 du vainqueur, était sans doute le plus fort du jour. Alors, que faire ?

« C’est une situation très compliquée, et la décision devra se faire en toute transparence », a déclaré Adrien Séguret, entraîneur des Bleus. Ainsi, dimanche, quelques minutes, après l’arrivée, le sélectionneur a réuni les 2 premiers et les 6 coureurs « égarés » dans une salle du conseil municipal de la mairie de Bédoin mise à leur disposition pour leur expliquer la situation, laissant la porte ouverte quant à une éventuelle modification des critères de sélection au vu des circonstances exceptionnelles et de l’intérêt supérieur de l’équipe de France, qui permettrait peut-être de sélectionner Rémy Brassac et Antoine Charvolin.

Si aucune décision n’a encore été prise, une chose est sûre : elle risque de faire grincer des dents. 

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Première course de plus de 100 km pour le premier, course de rattrapage pour la seconde, Thomas Cardin et Courtney Dauwalter se sont imposés avec brio sur le 120 km et 5200m D+ du Chianti Ultra Trail, débutant leur saison 2026 en fanfare.

Chianti Ultra Trail : le baptême du feu de Thomas Cardin

Il sait courir vite et longtemps – et ses victoires sur des courses comme la SaintéLyon ou le Grand Trail des Templiers le prouvent -, mais saurait-il tenir la distance ? Telle était, en substance, la grande question que se posait Thomas Cardin au départ de ce format de 120 km, inédit pour lui qui n’a jamais couru d’épreuve de plus de 85 km.

Parti devant avec un groupe dans lequel on retrouvait notamment Vincent Bouillard, 3ème l’an dernier derrière Jim Walmsley et Kilian Jornet, l’Américain Jeff Mogavero et l’Italien Andreas Reiterer, Thomas Cardin n’a jamais lâché la tête de course, déterminé à aller chercher une des 2 premières places afin d’obtenir un ticket d’or pour la Western States Endurance Run, son grand défi 2026.

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Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : Thomas Cardin seul en tête

C’est après 70 km de course que Thomas Cardin s’est détaché, produisant un effort qui lui a permis de prendre 6 minutes d’avance sur Andreas Reiterer et 7 sur Vincent Bouillard. Une avance qui allait tenir jusqu’au bout et permettre à Cardin de remporter son premier ultra de plus de 100 km. Il termine en 9h 58mn 38s, un chrono proche de celui de Jim Walmsley en 2025, même si le parcours était légèrement plus court et surtout la météo plus beaucoup clémente.

Andreas Reiterer termine 2ème 6 minutes plus tard, devançant Vincent Bouillard de 36 petites secondes. Mais l’Italien, dont la femme devrait accoucher en juin, a annoncé renoncer à son Golden Ticket pour la WSER, que Vincent Bouillard récupère donc. Ainsi, Thomas Cardin et Vincent Bouillard se retrouveront aux Etats-Unis sur cette course mythique, où les attendra sur la ligne de départ un certain… Kilian Jornet.

« C’est effrayant, a commenté Thomas Cardin, je viens de courir 120 km pour la première fois, et dans 3 mois il faudra en courir 160… »

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Andreas reiterer, Thomas Cardin et Vincent Bouillard. Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : l’inattendue Courtney Dauwalter

On ne l’avait pas vue depuis son terrible UTMB 2025, certainement la plus grosse défaillance de sa récente carrière, et elle n’était pas du tout prévue sur cette épreuve. Mais le hasard – et la météo – en ont décidé autrement. Alors que Courtney Dauwalter avait prévu de faire sa rentrée dans les îles Canaries, sur le Tenerife Blue Trail, une tempête a obligé les organisateurs à annuler toutes les épreuves. Heureusement pour l’Américaine, elle a pu au dernier moment changer de destination et s’inscrire sur le format 120 km du Chianti Ultra Trail.

Son statut de Présidente, ou de Queen, en faisait la favorite, et Courtney Dauwalter a tenu son rang. Partie prudemment, elle est toujours restée dans le trio de tête, avec la Norvégienne Yngvild Kaspersen, gagnante de la CCC en 2023, et l’Américaine Rachel Entrekin. Et ce n’est qu’au finish que la Présidente s’est détachée, pour s’imposer en 11h 31mn 55s, 10ème au scratch, avec 1mn39 d’avance sur la Norvégienne. Rachel Entrekin complète le podium, arrivée 7 minutes plus tard.

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Courtney Dauwalter s’impose. Photo Alensandro Moretti
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Le podium féminin, avec au centre la Présidente. Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : Andrzej Witek et Elísa Kristinsdóttir s’offrent le 75 km au bout du suspense

Sur les 75 km et les 3 100 mètres de dénivelé positif, la course a été d’une intensité et d’une combativité remarquables. Le Polonais Andrzej Witek a pris la tête dès le départ, imposant un rythme soutenu qu’il a maintenu tout au long de la course. Derrière lui, une longue bataille s’est engagée entre le Français Guillaume Tiphene et l’Italien Alessandro Affolati, tandis que Davide Cheraz restait longtemps dans le groupe de tête avant de perdre du terrain. Le final a été décisif : dans la descente de San Michele à Radda, Guillaume Tiphene a réussi à dépasser Alessandro Affolati et à prendre la deuxième place. À l’arrivée, Andrzej Witek a réalisé un temps exceptionnel de 5h 39mn 16s, devançant Tiphene (5h 47mn 11s) et Affolati (5h 48mn 42s). Davide Cheraz a finalement terminé quatrième en 5h 51mn 54s.

La course féminine du 75 km du Chianti Ultra Trail a également offert un duel palpitant entre l’Islandaise Elísa Kristinsdóttir et la Suissesse Judith Wider. Les deux coureuses sont restées ensemble jusqu’au ravitaillement d’Albola, à 20 km de l’arrivée, où Kristinsdóttir a accéléré et pris la tête, s’imposant finalement en 6h 22mn 31s. Judith Wider a terminé deuxième en 6h 31mn 48s, tandis que la Néerlandaise Hannah Derksen a pris la troisième place en 6h 46mn 11s.

Voir les résultats complets ICI

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Il est de tradition d’écrire des comptes rendus de courses de façon neutre, sans prendre parti. Sauf lorsque l’on y a participé. C’est le cas de ce récit, un témoignage de l’aventure vosgienne vécue par Cécile Bertin, qui depuis longtemps était tentée par cette expérience. Un Trail des Hautes Vosges aussi séduisant qu’un bonbon…

Trail des Hautes Vosges : une réputation d’excellence

Cela fait des années que je voulais aller courir dans les Vosges. Moi qui cours littéralement le monde, c’est un fait : si j’ai beaucoup couru en France à mes débuts, j’ai, pour mon travail de journaliste, été envoyée à l’autre bout du monde plutôt qu’à l’autre bout de notre beau pays. Aussi, lorsque j’ai évoqué mon envie d’aller courir le Trail des Hautes Vosges sur mes réseaux sociaux, j’ai été agréablement surprise de recevoir plein de messages qui disaient tous la même chose : « Tu vas adorer, l’organisation est incroyable ! »

Est-ce que c’est parce qu’à la tête du club, le Cahm Athlé qui se cache derrière la course, il y a une femme, Nathalie Humbert ? Allez savoir ! Mais force est de constater que, plus que le parcours, tous les anciens participants mettaient en avant les humains qui font de cette épreuve une pépite. J’avais donc hâte de découvrir et de faire connaissance avec les désormais célèbres « gilets bleus ». Rétrospectivement, en écrivant ces lignes, je m’aperçois que même si j’imagine que le choix de la couleur est lié à la fameuse ligne bleue des Vosges, j’ai oublié de vérifier cette info. Il faudra que j’y retourne pour avoir la réponse à ma question !

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un départ « dré dans l’pentu »

Dimanche 1er mars, je rejoins donc le village du Ménil, qui depuis trois ans maintenant est le lieu de départ des courses. Qu’il fait bon retrouver ces salles polyvalentes plantées à côté des stades de foot qui sentent le café parce qu’il est offert aux participants en attendant le départ. Dans le sac coureur, une paire de chaussettes de la célèbre marque vosgienne « Bleu Forêt » et une bouteille de « Bubulle à Bubu », une boisson pétillante à la myrtille ou, comme on dit là-bas, au bluet des Vosges.

Je suis un peu inquiète du nombre de toilettes disponible, tellement inférieur à ce que je peux voir aux USA. Mais pas de panique, en quelques minutes, mon pipi de la peur est soulagé, première preuve que l’orga sait ce qu’elle fait. Quelques minutes avant le départ de mon 30 km, les dernières infos pour le briefing sont données.

Et puis c’est enfin le moment d’y aller. Pas vraiment le temps de s’échauffer, on quitte le village pour très vite grimper dans la forêt. À ce propos, si votre idée est de performer, pensez à faire monter le cardio avant le départ pour éviter de vous retrouver avec le cœur qui tape fort dans la poitrine à peine le premier kilomètre avalé !

Trail des Hautes Vosges : un 30 km vu de l’arrière

C’est parti pour une superbe balade dans la montagne vosgienne. Je décide de laisser partir le peloton et me cale aux côtés des deux serre-files de la course, j’ai nommé Cécile et Yannis. Qu’ils soient ici officiellement remerciés de leur bienveillance et de leur gentillesse de chaque instant ! Parce que oui, quoi de mieux pour tester une course que de voir comment les derniers sont « traités » ? J’ai souvent constaté, hélas, que des organisations qui pourtant ont plutôt bonne réputation ont tendance à oublier qu’il y a des derniers, et qu’ils sont ceux qui ont justement le plus besoin qu’on prenne soin d’eux.

Autre intérêt pour moi de faire ce choix, plus « professionnel » celui-là : j’ai eu la chance de suivre un jour les « fermeurs » de l’UTMB sur le dernier tronçon (article à découvrir chez nos amis de Jogging International ici). J’avais envie cette fois de suivre la fin de course d’une distance plus raisonnable, où on ne risquait pas d’avoir à gérer des hallucinations. Et force est de constater que si l’organisation du trail est à la hauteur, les traileurs vosgiens le sont aussi. À part une entorse, aucun autre blessé à prendre en charge. Mieux, avec mes deux compagnons de route, nous n’arriverons jamais à rattraper le ou la dernier(e), trop occupés, il faut bien l’avouer, à admirer les paysages qui nous entourent.

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un parcours à la hauteur

Le parcours de ce 30 km est vraiment très bien conçu : du dénivelé façon « dré dans l’pentu », tempéré par un plus doux et rond comme les montagnes qui nous entourent. Avec en point d’orgue des points de vue superbes sur le Ballon d’Alsace que l’on aperçoit en fond d’écran. Et surtout de la forêt mousseuse à souhait qui te donne l’impression d’être dans Le Seigneur des Anneaux. Niveau terrain, de la boue mais pas trop, et de l’eau mais pas trop non plus pour presque réussir à garder les pieds au sec si tu acceptes de quitter la trace quelques instants.

Quant aux ravitaillements, ils sont très bien pourvus et hyper variés, même pour les derniers, avec entre autres le fameux et délicieux pain des sportifs de la Boulangerie Pinot, partenaire de la course. Charcuterie, chips et m&m’s à volonté, sans oublier les popcorns de chez Popcorngourmand, une nouveauté de l’année que j’ai adorée et qui, eux aussi, viennent d’un fabricant local, c’est important de le préciser. Côté hydratation, en plus de la célèbre boisson goû cola, on trouve aussi du sirop de citron et de menthe, ce qui est là aussi une excellente idée pour les organismes barbouillés en manque de sucre.

Trail des Hautes Vosges : des barrières horaires adaptées

Pour la question des barrières horaires du 30 km, qui inquiètent souvent les personnes qui débutent, il y en a 2, une pour chaque ravitaillement. Elles sont confortables, donc aucune raison de paniquer. En étant avec les serre-files, avec plusieurs arrêts et en marchant la plupart du temps pour ne pas rater un coureur qui se serait éloigné de la trace, nous les avons passées, la dernière à 5 minutes précisément.

Attention tout de même pour le dernier tronçon, c’est le seul où il ne s’agit pas de lambiner, car vous risqueriez de rater le temps maximum autorisé sur la ligne d’arrivée, ce qui serait tout de même très dommage. Les derniers kilomètres sont en grande partie descendants, très peu techniques par temps sec, alors pensez juste à bien vous alimenter au dernier ravitaillement et « foncez » pour passer fièrement la ligne d’arrivée qui n’attend que vous !

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : 3 distances à découvrir

Vous l’aurez compris, je me suis régalée de bout en bout. Et, j’avoue, j’ai une furieuse envie de revenir prochainement pour, qui sait, aller voir ce nouveau 42 km. Plus qu’une course, ce Trail des Hautes Vosges est aussi et surtout un incroyable moment de convivialité grâce à une équipe qui sait tout mettre en œuvre pour que les traileurs découvrent les chemins mais surtout l’accueil « à la vosgienne ».

Bon à savoir : les trois distances cette année étaient un 14 km (600m D+), un 30 km (1 250m D+) et, pour la première fois, un 42 km qui cumule 1 800m de D+. Le 14 km est accessible dès 18 ans, idéal pour découvrir le format trail dans un décor naturel.

Trail des Hautes Vosges : et on dort où ?

Question logement : l’hôtel les Sapins est le plus proche de la ligne de départ. Il y a de nombreuses locations saisonnières à retrouver sur le site de l’Office du Tourisme, parfait pour organiser son séjour puisque, quitte à venir dans les Vosges, autant en profiter pour faire un peu de tourisme vert.

Pour ma part, j’ai séjourné Domaine de Champé un camping 5 étoiles, situé à 15 petites minutes en voiture du départ. L’établissement est partenaire de la course et offre donc un tarif spécial pour le week-end incluant la demi-pension et même un système de navette ultra pratique pour permettre aux familles de ne pas avoir forcément à se lever tôt le matin pour accompagner son ou sa champion(ne).

Ils proposent également un last checking pour pouvoir repasser tranquillement se doucher et pourquoi pas profiter de leur spa (là aussi, tarif spécial pour les traileurs) avant de rentrer chez soi ou de dîner à leur nouvelle table, « Chez Jean Mi », qui vient d’ouvrir et qui est vraiment à découvrir.

L’info en +

L’expression « ligne bleue des Vosges » est apparue dans le testament de Jules Ferry qui, maire de Paris en 1871, mais surtout député des Vosges, demandait à être enterré dans sa ville natale de Saint-Dié-des-Vosges : « Je désire reposer dans la même tombe que mon père et ma sœur, en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus. » Les stigmates de la Guerre de 1870 étant encore très présents dans le cœur de tous les Lorrains avec cette nouvelle frontière sur la ligne de crête vosgienne, qui laisse l’Alsace et une partie de la Lorraine au voisin allemand, cette expression est devenue « virale ».

Une autre explication, plus scientifique et un peu moins poétique, fait référence à l’expulsion d’aérosols par les arbres tels que l’isoprène qui, de la même façon du côté des Appalaches aux USA ou en Australie avec les fameuses « Blue Mountains », donne le sentiment qu’un halo bleu surplombe les sommets.

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L’Atlantic Trail, qui s’est déroulé ce samedi 28 février entre Rezé et Pornic en Région Pays de la Loire, a été remporté par Emmanuel Bonnier et Justine Desgre. 2700 coureurs étaient présents sur cette première édition.

Atlantic Trail : la renaissance d’une épreuve mythique

25 ans après la disparition de Rezé – Pornic, une épreuve de randonnée pédestre entre les villes de Rezé et Pornic sur un tracé de 58 km, l’Atlantic Trail a redonné vie, ce samedi 28 février, à cette ancienne épreuve mais sous un format trail et randonnée gourmande cette fois-ci. Et pour cette première édition, tout était réuni pour faire de cet instant plus qu’un plongeon dans le passé, mais véritablement d’ouvrir une lucarne sur l’avenir avec près de 2700 coureurs réunis sur l’ensemble des quatre épreuves programmées.

Entre la pluie au petit matin à 4 heures pour le départ de Rezé et un ciel bleu azur pour accueillir les coureurs sur le sentier des Douaniers, qui épouse la côte, entre Moutier-en-Retz et Pornic pour les 17 derniers kilomètres, le décor était parfait pour vivre pleinement le 50 miles (80 km), course reine de cette édition 2026. Et le scénario a été haletant. 

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Photo Valentin Anger

Atlantic Trail : un scénario haletant chez les hommes

Dès les premiers kilomètres, un groupe de quelques unités s’est détaché à l’avant. À la sortie du deuxième ravitaillement, il n’était plus que deux : Emmanuel Bonnier et Benoît Huet. Au km 50, Bonnier, qui visera à Tullins (Isère) en avril, à l’occasion des championnats France de 24 heures, une place en équipe de France, a accéléré. Une petite accélération mais qui fera la différence pour la victoire finale, malgré un petit creux dans les derniers kilomètres. Emmanuel Bonnier boucle les 50 miles en 6h 04mn 26s, près de 5 minutes devant Benoît Huet (6h 09mn 23s) et 4 de plus devant Cyril Blanchard (6h 13mn 43s), qui complète le podium.   

Emmanuel Bonnier. Photo Nicolas Louerat
Emmanuel Bonnier. Photo Nicolas Louerat

Atlantic Trail : surprise chez les femmes

La course dames a été moins animée mais plus surprenante. A l’avant, Justine Desgre, qui visait un chrono sous les dix heures, n’a su que dans les 20 derniers kilomètres qu’elle filait vers la victoire. La coureuse de Nantes s’imaginait plus loin et pas sur la plus haute marche du podium. Malgré un final moins avantageux pour ses qualités, elle a géré et a levé, à sa grande surprise, les bras sur la ligne en 8h 23 pour son premier succès, loin des dix heures espérées. Clémentine Bernard (8h 33mn 59s) et Annie Paringaux (8h 40mn 32) complètent le podium. 

Justine Desgre. Photo Nicolas Louerat
Justine Desgre. Photo Nicolas Louerat

Atlantic Trail : la déclaration d’Emmanuel Bonnier

« Un groupe s’est rapidement détaché avec tous les favoris. En début de course, j’ai perdu du temps sur une chute. Je suis revenu sur le groupe et ensuite je suis parti avec Benoît Huet après le deuxième ravitaillement. Au km 50, j’ai accéléré à 3’45 au kilomètre et j’ai joué sur l’impact psychologique. Je me suis détaché et me suis retrouvé seul en tête.

J’ai eu un moment de doute sur un petit coup de creux sur la fin mais j’ai pu maintenir mon effort. Je savais que j’étais en forme. Mon objectif est en avril avec les championnats de France de 24 heures et j’étais en préparation. Cette victoire donne de bonnes bases pour la suite.

Le parcours était vraiment beau. Tout le final sur le littoral, c’était génial. La météo était incroyable au petit matin. C’est une première édition et on sent une grosse expérience derrière de l’organisation pour rendre la course exceptionnelle pour tous. »

Atlantic Trail : la déclaration de Justine Desgre

« J’avais pour objectif de faire moins de dix heures, et finalement le chrono est bien plus bas. J’avais reconnu la fin et je savais que je serai en difficulté sur cette partie. Depuis le 50ème km, un cycliste du live TV me suivait. Je ne savais pas trop pourquoi. Un moment, à force, je lui ai demandé pourquoi il était avec moi. Il m’a dit que j’étais en tête. Moi, je m’imaginais plus loin. Et là j’ai décidé de ne rien lâcher. Je me suis dit que c’était mon jour. Je suis heureuse mais je n’arrive pas à croire ce qui m’arrive. »

Atlantic Trail : la déclaration de Laurent Blondeel, directeur de projet

« C’était une première édition avec son lot d’incertitudes. Je tiens à remercier toutes mes équipes qui ont répondu présentes. La météo nous a été favorable et ça a rendu la fête encore plus belle. Il m’a suffit d’échanger avec les coureurs, qui étaient ravis, pour comprendre que notre choix de faire renaître « Rezé – Pornic » était le bon. Ça nous conforte dans notre volonté de nous inscrire dans la durée. »

Atlantic Trail : les résultats des autres courses

Résultats du 15 km

Podium Hommes
Guicheteau Marc : 57mn 57s
Bailly Valentin : 59mn 02
Herault Lucas : 1h 00mn 21s

Podium Femmes
Garnier Amandine : 1h 05mn 22s
Heuliez Lucile : 1h 14mn 36s
Sellier Pauline : 1h 14mn 59s

Résultats du 36 km

Podium Hommes
Oillic François : 2h 34mn 39s
Leduc Maxime : 2h 34mn 41s
Tom Guilloux : 2h 41mn 14s

Podium Femmes
Kerlo Marilyn : 3h 00mn 03
Carré Clotilde : 3h 04mn 03s
Bounolleau Charlotte : 3h 07mn 23s

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Photo Valentin Anger
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Retour à la case départ pour la réputation de la Barkley Marathon, redevenue depuis 2 ans « la course la plus dure du monde », ou « la course impossible à finir ». Après une édition 2024 qui avait connu 5 finishers dont une femme, Jasmin Paris, Lazarus a serré les boulons, durcit l’épreuve et, cette année, l’a avancée de plus d’un mois pour que les conditions météo soient le moins favorables possible. Pari gagné, cette année encore, personne n’a été en mesure d’attaquer un 4ème tour. Et si 4 coureurs sur 40 ont pu prendre le départ du 3ème tour, dont le novice Mathieu Blanchard, seul Sébastien Raichon, qui y participait pour la 3ème fois, a pu finir le 3ème tour au-delà des 36 heures imparties pour démarrer la 4ème boucle, mais avant les 40 heures du gong final, décrochant ainsi la seule Fun Run de l’année. Ils racontent.

Barkley Marathons 2026 : l’enfer météo se déchaîne

Donner le départ un 14 février, Lazarus le diabolique ne l’avait certainement pas décidé par hasard. Le jour de la Saint-Valentin, les 40 concurrents allaient pouvoir déclarer tout leur amour à cette course folle qui consiste à parcourir 5 boucles de 32 km et environ 3650m D+ chacune, tout en ramassant au passage 16 pages à arracher à des bouquins planqués dans la forêt, et vaguement indiqués sur une carte remise au départ. Genre chasse au trésor, mais en hors piste dans les ronces, sur des pentes infernales, avec un chrono qui tourne inexorablement.

Et comme prévu, en février du côté de Frozen Head, il fait froid et humide. Et, parfois, le brouillard s’invite à la fête. C’est exactement le scénario auquel ont eu droit les 4 rescapés des 2 premiers tours, les Français Sébastien Raichon et Mathieu Blanchard, le Britannique Damian Hall et l’Américain Max King. Une météo qui a provoqué l’abandon de Max King d’abord, de Mathieu Blanchard ensuite, tandis que seuls Sébastien Raichon réussissait à boucler ce 3ème tour avant la barrière fatidique des 40 heures, en 38h 05mn 46s. Trop tard pour entamer une 4ème boucle, mais suffisant pour être crédité d’une Fun Run. Damian Hall arrivait plus tard, mais hors délai et sans l’ensemble des pages…

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Sébastien Raichon dans les derniers mètres de son 3ème tour, le poncho déchiqueté, mais fier de sa course. Photo DR

Barkley Marathons 2026 : la déclaration de Sébastien Raichon

Après avoir fait 2 tours en 25h29 en 2025, après avoir pris le départ du 5ème et dernier tour mais ne pas avoir fini en 2024 (l’année où la Barkley a connu son nombre record de finishers, avec 5 concurrents, dont Jasmin Paris, 1ère et seule femme finisheuse à ce jour), Sébastien Raichon aura donc décroché une FUN RUN en 38h 05mn 46s en 2026.

Voici la retranscription de sa déclaration, juste après avoir touché la fameuse barrière jaune symbolisant la fin d’un tour et entendu Lazarus déclarer « Nous avons une FUN RUN » sous les applaudissements du petit public rassemblé pour l’événement :

« Je ne serai sans doute jamais finisher de la Barkley !
C’est trop dur maintenant, mais je suis tellement fier de ce que j’ai réalisé ce week-end.
C’était dur.
Le dernier tour a été terrible avec la pluie.
J’ai fait du ski, de la luge, du bobsleigh.
[…]
Je suis venu 3 fois ici, ça restera des souvenirs incroyables.
Merci d’avoir inventé cette course fabuleuse, merci de la faire vivre.
Tous les coureurs sont des frères, comme en raid aventure, donc je voulais remercier tous les coureurs et particulièrement mon équipe de France qui a été fabuleuse cette semaine.
C’est juste une Fun Run mais je suis très heureux, merci. »

Barkley Marathons 2026 : Mathieu Blanchard en rêvait, il l’a expérimentée

Cela faisait longtemps que l’idée de la Barkley trottait dans la tête de l’aventurier ultra-traileur Mathieu Blanchard. S’il a surpris tout le monde en septembre dernier en allant remporter la Barkley Fall Classic, qui lui offrait un ticket d’entrée pour la Barkley 2026, cela faisait partie d’un plan initié il y a des années déjà.

Bien sûr, il ne pouvait pas annoncer son projet de participation. Personne ne devait savoir ni le nom des concurrents, ni la date, règles de silence et de mystère imposées par Lazarus et son équipe. Alors, dans l’ombre, il s’est préparé comme jamais. Mais peut-on se préparer à ce qu’on ne connaît pas ?

En ayant fait partie des 4 derniers « survivants » de la 40ème édition de la Barkley et en ayant réussi à entamer la 3ème boucle, Mathieu Blanchard a montré une fois de plus des capacités physiques et mentales hors normes, même si les conditions météo ont fini par avoir sa peau. Dans un très beau texte publié sur ses réseaux sociaux, il explique la genèse de cette aventure, pourquoi elle l’attirait, et ce qu’il en a retiré en tant qu’homme. Une déclaration qui représente sans doute la meilleure façon d’expliquer ce qu’est la Barkley à tous ceux qui « ne comprennent rien à l’intérêt de cette épreuve ».

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Pour sa 1ère Barkley, Mathieu Blanchard a fait partie des 4 héros ayant pu entamer un 3ème tour. Photo DR

Barkley Marathons 2026 : Ce qu’en dit Mathieu Blanchard

« Il est très difficile de raconter la Barkley tant son concept est complexe, mystérieux et secret, presque à contre-courant de notre époque où tout se partage, se commente et se consomme en direct.

Les valeurs de cet événement peuvent surprendre, parfois même déranger, mais une chose est sûre, elle ne laisse personne indifférent. Dans cette société d’ultra-information où l’on croit tout connaître et tout maîtriser, se retrouver face à quelque chose qui résiste volontairement à la transparence est profondément perturbant.

Garder le secret sur la date, les participants, le parcours, le processus d’inscription, ce n’est pas un caprice ni une posture, c’est une manière de protéger un événement qui serait sans doute mort depuis longtemps sans cette culture du silence.

J’ai compris que le fondateur, Laz, n’était pas simplement un personnage fantasque, mais un esprit d’une intelligence rare, mélange d’artiste provocateur et de scientifique méthodique, capable de créer un véritable bug dans le système du sport moderne.

Ce projet est né en moi il y a quelques années déjà, et il ne fallait pas être devin pour comprendre que la Barkley finirait par m’attirer. Les aventures qui me touchent ont souvent un goût d’incertitude, de solitude, de dépassement brut. Mais je savais qu’il faudrait être patient, car être un bon coureur de trail est loin d’être suffisant ici.

J’ai donc appris à attendre, à travailler dans l’ombre, à développer des compétences particulières.

Je ne m’étalerai pas aujourd’hui sur le récit précis de ma course, j’y reviendrai, même si l’exercice sera particulièrement délicat car raconter la Barkley impose d’accepter de ne pas tout dire.

Je peux simplement dire que j’ai vécu quelque chose de très fort à Frozen Head. Humainement d’abord, avec la French Team d’une générosité immense, avec Alix qui m’a offert un soutien précieux, avec la communauté locale qui donne une vraie leçon de sobriété volontaire.

Et puis il y a ce que j’ai ressenti au cœur de la course, cette forme de cohésion silencieuse, cette expérience presque intime partagée dans la difficulté.

Je ne suis pas devenu « finisseur » de ce mythe. Le processus est bien plus complexe qu’il n’y paraît, il y a une multitude d’éléments à maîtriser et si un seul manque, le couperet tombe immédiatement, sans marge de manœuvre.

J’ai appris à m’orienter vraiment, à projeter une carte plate en trois dimensions dans ma tête, à lire le terrain et ses indices, à progresser hors sentier dans des pentes si raides qu’on se demande parfois si l’escalade ne devrait pas faire partie de l’entraînement.

J’ai consacré des mois à me préparer dans un secret presque total, au point que même mes parents ne savaient pas que j’y participais.

J’ai été stoppé par des conditions météo dantesques, et même si j’ai déjà été capable de survivre dans des environnements de froid extrême lors d’autres aventures, rien n’est jamais acquis, aucune expérience ne garantit l’invincibilité, et la nature trouve toujours une manière de te surprendre si tu relâches un instant.

Ce baptême m’a pourtant offert quelque chose d’essentiel : l’autonomie. La sensation que je pourrais, un jour, faire un tour seul, sans dépendre de personne, juste avec ma carte, ma boussole et mon instinct. Et ça, dans l’univers de la Barkley, c’est une étape majeure. Peut-être la plus importante.

Je repars avec une version de moi plus lucide, plus solide, plus humble aussi. Et au fond, c’est peut-être ça le vrai cadeau de cette course qui ne ressemble à aucune autre : elle ne te demande pas seulement de courir loin, elle te demande de devenir capable.

Merci à Laz, Carl et à toute votre équipe.
Merci à la French Team

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Jeudi 15 janvier, l’aventurier et ultra-traileur Sébastien Raichon a franchi la ligne d’arrivée de la brutale Montane Winter Spine après 95 heures 43 minutes et 52 secondes de course. Porté par son expérience et son mental inarrêtable, le Français a bénéficié de l’abandon de l’Espagnol Eugeni Roselio Solé durant une dernière nuit impitoyable sous un tempête de neige à -10°C.

Montane Winter Spine : des conditions épouvantables

Pour son premier défi de l’année, Sébastien Raichon a pris le départ de la mythique Winter Spine, surnommée « la Barkley anglaise », dimanche 11 janvier au matin. Pendant 4 jours, il a subi les conditions intraitables du Pennine Way sur l’énorme distance de 450 kilomètres. « On a tout eu : rafales à 80 km/h, pluie verglaçantes, neige, champs de boue… », précise le coureur.

Les conditions ont été telles que la compétition a subi une vague d’abandons, dont John Kelly et Chris Cope, tous deux favoris. Mais Sébastien Raichon, longtemps second, a tenu le coup. « J’ai pris mon rythme de sénateur. J’ai des bobos hein, mais je gère ! », précisait l’aventurier français durant sa longue épopée solitaire.

Montane Winter Spine : une dernière nuit décisive

C’est dans la dernière nuit que tout s’est joué. Jusqu’alors en tête de course, l’Espagnol Eugeni Roselio Solé, vainqueur en 2013, 3ème en 2017, a fini par abandonner, fragilisé par un froid extrême de -10°C et une immense fatigue.

Une mésaventure que l’Espagnol avait déjà connue en 2019, alors qu’il était en 2ème position derrière Jasmin Paris, future gagnante de l’épreuve cette année-là. Alors qu’il n’était plus qu’à 10 kilomètres de l’arrivée, il avait déclenché sa balise et abandonné, épuisé et congelé.


Son abandon bénéficie cette année à Sébastien Raichon, qui s’est donc emparé de la tête de course dans les dernières heures pour passer la ligne d’arrivée après près de 4 jours de course, plus précisément 95 heures 43 minutes et 52 secondes, sur « la course la plus brutale de Grande-Bretagne ».

Le « guerrier » prouve encore une fois son endurance physique et mentale hors du commun.

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Du 10 au 12 janvier 2026, le désert marocain a servi de décor au MDS Ultra, dernier-né de la famille Marathon des Sables, qui s’est déroulé dans la région de Merzouga. Le MDS Ultra a marqué un tournant majeur dans l’histoire de cette épreuve mythique : pour la première fois, les organisateurs ont proposé un format non-stop, sans étapes, offrant deux distances mythiques : 100 kilomètres et 582m de D+ ou 100 miles (environ 160 km) et 875m de D+ à parcourir en 40 heures maximum. Gagnante du MDS Legendary et 4ème au scratch en avril 2025, Maryline Nakache a écrasé la concurrence pour s’imposer, devant tous les hommes. Légendaire !

MDS Ultra : une course non-stop en immersion totale dans le désert

À la différence du format historique du Marathon des Sables, traditionnellement découpé en plusieurs étapes avec bivouacs, le MDS Ultra s’est imposé par sa radicalité. Un seul tracé balisé, une progression continue jour et nuit, et une immersion totale dans le désert. Au départ, près de 200 athlètes issus de plus de 30 pays ont pris le départ de cette aventure hors normes, où la gestion de l’effort, la résistance mentale et l’adaptation aux conditions extrêmes se sont révélées aussi déterminantes que la performance pure.

Aucune installation de bivouac n’était prévue sur le MDS Ultra. L’épreuve reposait sur un enchaînement continu de sections de course ponctuées de 9 Water Stations et de 5 Bases Vie, favorisant une dynamique proche des grandes courses d’ultra-trail internationales, mais transposée en plein désert. Les Water Stations proposaient exclusivement un ravitaillement en eau, sans zone de repos. Les Bases Vie, positionnées tous les 30 kilomètres environ, offraient quant à elles de l’eau chaude, du thé, de la soupe, des gâteaux et des fruits secs, ainsi qu’une zone de repos équipée d’abris et d’un espace chauffé.

Départ MDS ULTRA. Photo MDS
Le départ du MDS ULTRA, avec plein centre guêtres roses Maryline Nakache, déjà aux avants-postes. Photo MDS

MDS Ultra : aucune assistance autorisée

Les participants évoluaient en autosuffisance alimentaire totale : ils devaient transporter l’intégralité de leur nutrition et de leur matériel obligatoire. Aucune assistance extérieure n’était autorisée pendant la course. L’organisation assurait en revanche un encadrement médical et sécuritaire complet, ainsi qu’un balisage précis de l’ensemble du parcours, garantissant une pratique encadrée de l’ultra-endurance dans un environnement extrême.

Le parcours, majoritairement plat, se caractérisait par un sable plus compact que sur les autres épreuves MDS, permettant aux coureurs de maintenir une allure soutenue sur de longues portions. Les conditions climatiques, typiques du désert marocain en hiver, ont offert un contraste saisissant : des températures diurnes clémentes avoisinant les 15°C, suivies de nuits froides, où l’obscurité et la fatigue accumulée ont mis à l’épreuve la détermination des participants.

MDS ULTRA
Les concurrents du MDS ULTRA sur les sentiers mythiques du MDS Legendary. Photo MDS

MDS Ultra : performance d’exception pour Maryline Nakache

Cette première édition du MDS Ultra a été marquée par une performance hors du commun sur la distance reine des 100 miles. Maryline Nakache a réalisé une course absolument magistrale et remporté l’épreuve au scratch, signant un temps de 18h 17min et 10 sec, avec plus d’une heure d’avance sur l’Argentin Martin Gallardo et le Français Jean-Baptiste Bouchoux, au terme d’une course où la régularité et la gestion de l’effort ont fait la différence.

Cette victoire sur le MDS Ultra 2026 s’inscrit dans une trajectoire déjà prestigieuse : double vainqueure du Marathon des Sables Legendary (2023 et 2025) chez les femmes, 4ème au scratch de l’édition 2025 (meilleure performance féminine jamais réalisée) et auteure de performances remarquables sur certaines des courses les plus exigeantes du calendrier mondial, Maryline Nakache a une nouvelle fois démontré son incroyable capacité à gérer l’effort sur de très longues distances, à rester stratégique et constante dans des conditions extrêmes, et à puiser au plus profond d’elle-même pour l’emporter.

En tant que coach chez Expert Sport Coaching, Maryline Nakache incarne parfaitement l’esprit du dépassement de soi qu’elle transmet à ses athlètes. Sa victoire ne se résume pas à un chrono : elle illustre l’équilibre rare entre puissance physique, intelligence de course, préparation mentale et connaissance intime des mécanismes d’endurance qualités qu’elle partage quotidiennement avec celles et ceux qu’elle accompagne dans leurs propres défis.

Maryline Nakache MDS ULTRA
Maryline Nakache tout sourire après sa victoire éclatante. Photo MDS

MDS Ultra : le podium scratch du 100 miles

1- Maryline Nakache – 18:17:10
2- Martin Gallardo – 19:23:02
3- Jean-Baptiste Bouchoux – 20:11:06

MDS Ultra : 2 femmes sur le podium de la version 100 km

Sur le format 100 km, l’Espagnol Sergio Turull s’est montré le plus rapide, devant la Néerlandaise Adriana Moser et l’Italienne Francesca Canepa, illustrant une nouvelle fois la forte présence et la compétitivité des femmes dans les épreuves d’ultra-endurance.

1- Sergio Turull – 11:53:27
2- Adriana Moser – 12:22:43
3- Francesca Canepa – 13:17:27

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Photo MDS
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Surfant sur l’engouement actuel pour le trail running, les 18 000 dossards disponibles pour les différentes épreuves de la 71ème édition de la SaintéLyon s’étaient envolés en seulement 24 heures, confirmant le statut de première course nature de France en termes de participation et de popularité de l’événement. Sur l’épreuve vedette, dont 40% des 80 km avaient été renouvelés, Sylvain Cachard et Adeline Martin ont été sacrés.

SaintéLyon 2025 : épargnée par les intempéries

À Lyon, on dit que l’hiver commence avec la SaintéLyon. Mais malgré des chutes de neige la semaine précédente sur les monts du Lyonnais, cette 71ème édition a été épargnée par les intempéries. Certes les chemins restaient encore boueux et glissants dans certains secteurs, mais les températures sont restées positives et aucune précipitation n’est tombée lors des dix premières heures, offrant ainsi une course plus accessible et rapide à l’ensemble des coureurs.

Sur la distance reine de 80 km, qui rassemblait cette année 7 500 coureurs, le plateau masculin affichait une belle densité avec près de 30 athlètes affichant un index UTMB de 800 points, promettant une course spectaculaire et pleine de rebondissements.

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Le départ de la SaintéLyon 2025 : pas de neige, pas de pluie, pas de brouillard ! Photo Organisation

SaintéLyon 2025 : le défi de Sylvain Cachard

Il n’avait jamais fait de course aussi longue ! 80 km, un véritable défi pour le Grenoblois Sylvain Cachard, triple champion de France et champion d’Europe 2022 de course en montagne, habitué aux formats de 30 à 40 kilomètres avec du dénivelé. Autant dire que le format roulant de la SaintéLyon, avec ses 1950m de D+ à réaliser entièrement en nocturne à la lueur de la frontale, ne se situait pas du tout dans sa « zone de confort ». Et pourtant…

Parti relativement prudemment, Sylvain Cachard a laissé les favoris filer devant. Plus particulièrement le duo Sébastien Polin / Antoine Charvolin, qui a animé les 40 premiers kilomètres de course. Passant en 8ème position au ravito de Sainte-Catherine, le Grenoblois, qui s’était préparé avec Thomas Cardin, triple vainqueur de l’épreuve mais absent de la Doyenne cette année (retour de blessure, il s’est contenté du format 45 km de la SaintExpress) a su parfaitement gérer son effort. Alors que Polin et Charvolin ont fini par mettre le clignotant, Sylvain Cachard a pris les commandes après le ravito de Saint-Genou, au km 45, et n’a plus lâché la tête de course.

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Le traditionnel ballet des frontales. Photo Organisation

SaintéLyon 2025 : examen réussi pour Sylvain Cachard

Au final, Sylvain Cachard s’impose dans un chrono stratosphérique de 5h 36mn 33s, à une vitesse moyenne de 14,25 km/h. Une victoire éclatante, mais qui l’a obligé à puiser dans ses ressources, au point de déclarer, une fois la ligne d’arrivée passée : « Je crois que je ne la referai plus jamais ! » 3 minutes plus tard, Virgile Moriset, 5ème de l’épreuve en 2024, franchissait à son tour la ligne, très ému de monter sur le podium. Et c’est l’inattendu Pierre Defontaine, 16ème l’an dernier, qui s’offrait la 3ème place, à 16 minutes du vainqueur.

Parmi les autres favoris, à noter les 4ème, 5ème et 6ème places de Corentin Play, Dimitri Morel-Jean et Hugo Deck.

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« Je crois que je ne la referai plus jamais ! » : le cri du cœur de Sylvain Cachard à l’arrivée. Photo Organisation

SaintéLyon 2025 : consécration pour Adeline Martin

Chez les femmes, la championne du monde de trail 2017, 2ème l’an dernier à 7 minutes de Marie Goncalves, faisait figure de favorite en l’absence de la tenante du titre. Et elle n’a pas manqué d’honorer son statut. Après avoir mené de bout en bout, elle s’est imposée en 6h 42mn 34s, 36ème au scratch. Sarah Rouquier termine 2ème à 36 minutes de la gagnante. Diane Rassineux prend la 3ème place.

Adeline Martin
Adeline Martin tout sourire après sa victoire. Photo Organisation

SaintéLyon 2025 : Thomas Cardin et Anaïs Guillot en mode Express

Blessé lors des Mondiaux de trail de Canfranc, Thomas Cardin, triple vainqueur de la SaintéLyon (2021, 2023 et 2024) et tenant du titre, avait annoncé qu’il ne disputerait pas l’épreuve cette année. Mais bien remis de sa blessure, il a tout de même décidé au dernier moment de s’aligner sur la SaintExpress, le format 45km et 900mD+ de l’événement. Résultat : une course parfaitement maîtrisée et une victoire en 2h 56mn 01s, à une moyenne de moyenne de 15,34 km/h. Chez les femmes, c’est Anaïs Guillot, gagnante du Lyon Urban Trail début novembre, qui s’est imposée en 3h36mn56s.

Thomas Cardin
Thomas Cardin vainqueur de la SaintExpress. Photo Organisation
Anaïs Guillot
Anaïs Guillot à l’arrivée de la SaintExpress. Photo Organisation

SaintéLyon 2025 : l’aller-retour triomphal d’Elwan Mehl et Énora Niort

Avec un aller Lyon-Saint-Étienne non chronométré (mais barrière horaire de 13h) et un retour disputé au chrono avec les concurrents de la SaintéLyon, les 600 concurrents de la LyonSaintéLyon ont pu s’offrir une bambée de 160km et 4150mD+ en mode jour/nuit.

Si Casquette Verte, triple vainqueur de l’épreuve, n’a pas réalisé la passe de 4 (18e au classement en 7h59, avec une douleur persistante à la cheville), c’est le jeune Elwan Mehl, vainqueur cette année du format 200km de l’Infernal Trail des Vosges qui a créé la sensation en s’imposant en 7h04mn23s.

Chez les femmes, Énora Niort, qui connaissait bien le parcours pour avoir couru les 3 dernières éditions de la SaintéLyon, s’est imposée avec un retour en 9h25mn23s.

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Une victoire qui fait mal à la tête pour le jeune Elwan Mehl. Photo Organisation
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Énora Niort n°1 chez les femmes. Photo Organisation

Voir les résultats complets de toutes courses ICI

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La 16ème édition du Trail de Rodrigues, disputée le dimanche 9 novembre, a remporté un véritable succès sportif et populaire. Alors que l’organisation attendait cette année 1 250 concurrents, ce sont finalement 1 400 coureurs venant de 11 pays qui étaient au départ des 5 formats proposés, de 8 km à 75 km. Si sur le format long Sissi Cussot a fait des siennes, Ludovic Pommeret, dans une journée sans jambes, a assuré en mode survie.

Trail de Rodrigues : un must de l’océan Indien

Positionné dans le calendrier 3 semaines après le Grand Raid de La Réunion, le Trail de Rodrigues confirme sa réputation de « must » du trail dans l’océan Indien, plébiscité par tous pour son ambiance typique et conviviale, et l’opportunité qu’il offre aux coureurs de visiter et découvrir cette île magnifique.

Trail de Rodrigues 2025 - succès populaire. Photo Fred Bousseau
Photo Fred Bousseau

Trail de Rodrigues : Sissi Cussot s’offre le Hibou

Sur l’épreuve reine, le Trail du Hibou (75 km et 1 100m D+), la victoire a souri à Loïck Damour, qui s’est imposé en 6h 49mn 48s au terme d’une belle bagarre avec le local Damien Ravina. Victime de crampes après la mi-course, Ravina réussira à conserver sa seconde place en 7h 09mn 06s, devançant de 10 minutes Patrice Chan Seem (7h 19mn 08s).

Chez les femmes, c’est la légendaire Sylvaine Cussot qui a impressionné. 12ème de la Diagonale des Fous quelques semaines auparavant, elle s’est offert une victoire éclatante en 8h 17mn 01s, 8ème au scratch, tout en profitant des paysages de cette île qu’elle découvrait pour la 1ère fois. Elle confirme par la même occasion sa réputation de grande spécialiste des trails tropicaux, même si, en adepte des tours d’îles en général, elle a aussi triomphé en milieu tempéré avec une victoire sur le tour de l”île Oléron en 2025, et s’est offert des off sur les îles de Noirmoutier, de Porquerolles, de Minorque ou encore de Belle-Île-en-Mer. Derrière cette reine des îles, le podium est complété par Marie Flore en 9h 03mn et Nadia Daby Seesaram en 10h 18mn.

Sissi Cussot. Photo Fred Bousseau
Sissi Cussot. Photo Fred Bousseau

Sylvaine Cussot, vainqueure du 75 km

« Je suis très contente d’avoir pu découvrir l’île de cette manière, c’est à la fois roulant et très technique. C’est une île à part, différente des autres que j’ai pu sillonner. C’est très sauvage, on entre au cœur de la vie des Rodriguais. C’était vraiment chouette, j’ai vraiment passé un bon moment. C’est une île authentique avec des vues splendides, on sent que la vie ici est paisible et tranquille, que le temps s’est ralenti et dans nos vies parfois à 200 à l’heure, ça fait vraiment du bien. »

Trail de Rodrigues : Ludo Pommeret N°2 sur les Perroquets

Sur le Trail des Perroquets (52 km et 2 200m D+), l’attraction vedette, après Mathieu Blanchard sur l’édition 2024, était assurément la légende vivante de l’ultra-trail Ludovic Pommeret, qui venait terminer sa saison à Rodrigues après un enchaînement de fou Hardrock 100 (1er), UTMB (6ème) et Diagonale des Fous (4e). Mais il s’est fait voler la vedette par le Malgache Rivosoa Andrianirina (dit Mamie), qui s’impose en 5h 00mn 28s. Mamie aura attendu sa 3ème participation pour venir décrocher après une course parfaitement maîtrisée. Menant pendant près de 30 km l’épreuve au côté du local Brian François Fils, récent vainqueur du Métis Trail à la Réunion, Mamie, qui avait déjà connu les podiums en 2023 (2ème derrière Simon Desvaux – quintuple vainqueur de la course) et en 2024 (3ème derrière Mathieu Blanchard et Simon Desvaux) ,s’offre une victoire de prestige avec un excellent chrono à la clé.

Trail de Rodrigues 2025-tete de course hommes
Rivosoa Andrianirina mène la course devant Brian François Fils. Photo Fred Bousseau

Ludovic Pommeret prend la seconde place dans une journée qu’il qualifiera de «  sans jambes et en mode survie », 17 minutes après le lauréat. Brian François Fils vient chercher une troisième place en 5h31, concédant près de 15 minutes dans les derniers kilomètres, après avoir souffert de crampes.

Photo Fred Bousseau
Le podium Hommes du Trail des Perroquets. Photo Fred Bousseau

Chez les dames, la victoire revient à la Rodriguaise Anne Marie John en 6h 24mn 19s, qui confirme son statut d’athlète montante après s’être imposée sur le Métis Trail 2025 et avoir remporté le Championnat de Trail de Maurice en 2024. Le podium est complété par Justine Lemaitre (7h 33mn) et Kaelia Fournier (7h 54mn).

Ludo Pommeret, 2ème du 52 km

« Je n’avais pas de bonnes sensations, je l’avais senti en courant avec ma fille Léa cette semaine. Je me suis mis en mode survie et en sécurité très rapidement. Rivosoa Andrianirina a fait une belle course et mérite sa victoire. C’est une île où l’on n’est pas stressé, tout le monde est détendu, ça fait vraiment du bien. D’ailleurs le loueur de ma voiture ne m’a toujours pas contacté pour payer la location et n’a pas pris d’empreinte de carte, alors qu’on part ce soir ! »

Trail de Rodrigues 2025-L. Pommeret Photo Fred Bousseau
Ludovic Pommeret. Photo Fred Bousseau

Le trail de Rodrigues en quelques chiffres

Organisé par la Road Trail Association et son président, Arnaud Meunier
1 400 participants en 2025, 640 femmes et 760 hommes
670 étrangers venant de 11 pays
250 bénévoles
3 millions de roupies mauriciennes de budget (56 000 ).
20 millions de roupies mauriciennes de retombées pour le territoire en 5 jours (376 000 ).

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