C’était la course de début d’année la plus attendue, et sans doute la plus relevée, avec 20 coureurs ayant un Index Itra supérieur à 900. À titre de comparaison, ils étaient 9 au départ de l’UTMB ! Et parmi ces 20 coureurs, 8 avaient même une cote comprise entre 930 et 950, du jamais vu sur une épreuve. Mais si cette 25ème édition du Marathon de Zegama était aussi attendue, c’est parce qu’elle promettait une confrontation de très haut vol entre Elhousine Elazzaoui, vainqueur des 2 dernières éditions de la Golden Trail World Series et tenant du titre, et son « boss » du Team NNormal Kilian Jornet, 11 fois titré à Zegama.

Zegama 2026 : Elhousine Elazzaoui éclatant

La course est partie sur un rythme très élevé, portée par l’atmosphère unique de Zegama. Rémi Bonnet a pris les commandes dès les premiers kilomètres, imprimant un tempo soutenu et signant le meilleur temps sur le segment sprint (5’59 sur 1,8 km), ce qui lui a permis de décrocher les dix premiers points bonus de la saison Golden Trail World Series. Le Suisse comptait jusqu’à une minute d’avance au kilomètre 5,7 sur Elazzaoui, Jornet et Adrien Briffod.

Rémi Bonnet a conservé la tête jusqu’aux pentes exigeantes de Sancti Spiritu (kilomètre 19,6), portées par l’enthousiasme de milliers de supporters. C’est à cet endroit que la course a basculé : Elhousine Elazzaoui et Daniel Pattis ont rejoint le Suisse, lançant un duel intense pour la victoire. Sur ce même secteur, qui accueillait le segment de montée, le Marocain s’est montré le plus fort avec un temps de 23’42 sur 2,5 km.

Elhousine Elazzaoui et l’Italien Daniel Pattis ont franchi ensemble Andraitz (kilomètre 30) avant de se départager dans la descente technique vers Zegama. Plus à l’aise, le Marocain a fait la différence en creusant un écart décisif d’une vingtaine de secondes pour s’imposer et signer une deuxième victoire consécutive en 3h45’07.

De son côté, Rémi Bonnet a été ralenti par des crampes dans la partie finale et a progressivement perdu du terrain. L’Américain Taylor Stack, révélation des GTWS 2025, a complété le podium au terme d’une remontée remarquable, terminant à 7’12 du vainqueur. Le meilleur temps dans le segment de descente (6’28 sur 1,9 km) est revenu à Damian Bogdan (Kailas Fuga).

A noter que Benjamin Roubiol, vice-champion du monde de trail long 2025, termine 8ème et meilleur Français à 10’15 du vainqueur.

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Zegama 2026 : la déclaration d’Elhousine Elazzaoui

Avec cette victoire, Elhousine Elazzaoui devient le deuxième athlète de l’histoire à s’imposer à deux reprises à Zegama-Aizkorri, rejoignant Kilian Jornet et ses onze victoires de référence. Sa déclaration à l’arrivée :

« Avant de venir, je ressentais un peu de pression, car beaucoup me voyaient comme le favori. La course était très exigeante, mais je connais bien ce parcours. J’ai su gérer mon effort avec intelligence et rester concentré. Gagner à nouveau à Zegama, c’est incroyable, c’est historique ! Kilian [Jornet] n’a pas gagné aujourd’hui, mais comme nous sommes dans la même équipe, c’est un peu comme si nous avions gagné ensemble. Je le remercie pour son soutien et ses conseils. Cette saison, je vise une troisième victoire sur les GTWS, ce que personne n’a encore réussi. Prochaine étape : Ledro, dimanche prochain ! »

ZEGAMA TOP 10 HOMMES
Le Top 10 masculin.

Zegama 2026 : le « Patron » a dû baisser les armes

Si Kilian Jornet, 11 fois titré à Zegama, n’a plus rien à prouver, sa présence, à la recherche d’un douzième titre mais aussi comme coup d’envoi d’une saison d’envergure qui doit l’amener sur la Western States, puis à Sierre-Zinal, et enfin au départ de l’UTMB, était très attendue.

Hélas, après avoir joué avec les meilleurs dans la partie ascendante, des problèmes de releveurs ne lui ont pas permis d’effectuer la descente à son niveau, laissant filer ses concurrents. Il termine finalemnt 43ème, et a pris le temps, dans les ruelles de Zegama menant à l’arrivée, de saluer tranquillement la foule qui lui a réservé une ovation à la hauteur de sa popularité.

« En fait, j’ai pris beaucoup de plaisir à courir à un rythme un peu différent aujourd’hui. Tout cela m’a mené jusqu’à l’arrivée malgré les difficultés, et m’a rappelé pourquoi Zegama est Zegama, » a déclaré le Patron.

Jornet
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Zegama 2026 : Tove Alexandersson sur une autre planète

Tous les regards étaient tournés vers Tove Alexandersson, championne du monde de trail 2025, qui a montré sa capacité à établir des performances de niveau exceptionnel. Le record établi en 2022 par Nienke Brinkman (4h16’43) semblait menacé. Il a finalement été largement battu. La Suédoise n’a pas seulement répondu aux attentes : elle les a dépassées avec autorité en s’imposant en 4h08’09, nouveau record de l’épreuve.

Tove Alexandersson a dominé la course de bout en bout, imposant un rythme intenable aussi bien en montée qu’en descente, transformant rapidement la course en un contre-la-montre. Dès Sancti Spiritu, elle comptait déjà 8 minutes d’avance sur l’Espagnole Sara Alonso et 9 sur Ida Amelie Robsahm.

Derrière elle, l’Espagnole Malen Osa s’est illustrée devant son public avec une remontée spectaculaire. Cinquième à Aratz (kilomètre 16,1), troisième à Aketegi (kilomètre 23,2), la coureuse basque a finalement décroché une superbe deuxième place en 4h23’56, soit le meilleur résultat jamais réalisé par une athlète basque sur l’épreuve. Sara Alonso, locale et tenante du titre, complète le podium.

A noter que la première Française, Lucille Germain, termine 8ème à 32 minutes de la gagnante.

Dans la continuité de sa domination, Alexandersson a également signé les meilleurs temps sur les trois segments : 6’46 sur le sprint, 26’27 en montée et 7’41 en descente.

Zegama 2026 : la déclaration de Tove Alexandersson

« C’était une course extrêmement difficile, j’ai souffert longtemps. J’ai tout donné et je suis très heureuse. Il y avait énormément d’attentes, peut-être même plus que celles que je m’imposais. Ce n’est jamais simple : beaucoup de facteurs doivent s’aligner. Dans la première partie, je suis restée concentrée sur moi-même, puis j’ai simplement essayé d’aller le plus vite possible jusqu’à l’arrivée. Aujourd’hui, c’était un combat contre la montagne. »

ZEGAMA TOP 10 FEMMES
Le Top 10 féminin.
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Malgré un avis d’intempéries et de grand froid et des parcours de repli activés, le Trail de Haute Provence – THP – a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses, avec du spectacle, des parcours magnifiques et des performances remarquables. Retour sur un week-end riche en émotions.

THP160 : Anthony Pipitone au rendez-vous

Kit grand froid obligatoire, parcours de repli activé, les coureurs du THP 160 ont vu la distance de la course diminuée de 166 à 142 km et de 7150 à 5600m D+, avec l’annulation de la montée sur la montagne de Lure pour des raisons de sécurité.

Qu’à cela ne tienne, Anthony Pipitone était attendu, il a répondu présent. Le coureur pyrénéen, déjà fort d’un palmarès solide – notamment une remarquable 10ème place sur la Diagonale des Fous en 2024 – s’est imposé sur cette édition du Trail de Haute Provence après 16h44 de course et a enfin décroché la victoire qui lui échappait jusqu’ici.

Freiné ces deux dernières années par des pépins physiques, il nourrissait une ambition claire : monter sur la plus haute marche du podium. Habitué des places d’honneur, mais jamais encore vainqueur, il a concrétisé sur ce THP 160 son objectif avec une performance aboutie.

Au-delà du résultat sportif, Anthony Pipitone donnait également du sens à sa course en courant pour l’association française de lutte contre l’endométriose, alliant ainsi engagement personnel et performance.

Derrière lui, Corentin Bedetti a réalisé une très belle course et pris la deuxième place, franchissant la ligne d’arrivée seulement 12 minutes après le vainqueur. Une performance marquante pour lui, qui a signé à cette occasion son premier podium sur un trail. Le podium a été complété par Pierre Le Clézio, venu de Bretagne, au terme d’une course solide.

Anthony Pipitone. Photo Organisation
Anthony Pipitone. Photo Organisation

THP 160 : Mélanie Son en lumière

Chez les femmes c’est Mélanie Son, la sudiste venue des Pennes Mirabeau, à côté de Marseille, qui a remporté le THP160. Ancienne membre de l’équipe de France d’escalade, elle s’est mise au trail il y a 5 ans. Il lui aura fallu 23h51 pour remporter l’épreuve reine. Elle a enregistré à Forcalquier sa première victoire !

Mélanie Son THP 160. Photo Organisation
Mélanie Son. Photo Organisation

THP 120 : Antoine Clément et Mandy Dammekens s’imposent

Il n’aura fallu que 10h04 à Antoine Clément pour venir à bout du THP120, au parcours modifié (123 > 99 km et 5600 > 4000m D+). Il a franchi la ligne d’arrivée en pleine nuit, à 4h04 très exactement. Vingt-deux minutes plus tard, c’était au tour d’Allan Le Floc, autre Breton venu performer sur le THP, de couper la ligne. Jonathan Rousset a complété le podium après 11 heures de course.

Chez les femmes, la performance a également été au rendez-vous. La Belge Mandy Dammekens, habituée des podiums et annoncée parmi les favorites, s’est imposée en 13h51, confirmant son statut. Elle a devancé Ivanne Hureau, venue de Morlaix, qui a bouclé la distance en 14h05, tandis que Jessy Martinelli, traileuse chevronnée et familière de ce format, a complété le podium, quinze minutes plus tard.

THP 80 : Rémi Martinez et Stéphanie Gibert s’offrent la victoire

Parti à 8h30 depuis Ongles, c’est Rémi Martinez qui est arrivé en 1er à Forcalquier à 14h51 devant une foule impressionnante, sur un parcours également de repli (80 > 70km et 3500 > 2800m D+). Il aura fallu 6h20 a ce traileur originaire de Font Romeu pour renouer avec la victoire après avoir remporté l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour en 2024 sur 50km. 19 minutes plus tard, c’était au tour de Thibaud Le Goguic de sonner la cloche de l’arrivée et c’est le belge Thomas Derme qui a bouclé le podium avec un temps de 6h43.

Chez les femmes, c’est Stéphanie Gibert qui a remporté la distance en 7h49. Elle a franchi la ligne à 16h20, suivie par Amandine Dumas arrivée 2min après. Claire Dedouelle a complété le podium avec un chrono de 7h58.

THP 65 : victoires pour Louis Sorin et Françoise Parage

Le format 65 kilomètres et 2800m D+ passé à 55km et 2200m D+ a été reporté par Louis Sorin, un athlète de la team Kailas Fuga, partenaire officiel du THP. Il n’aura mis que 4h33 pour avaler les 55km de cette distance. Il a été suivi par Yoann Bouchet à qui il aura fallu 5h01 pour empocher la 2ème place. C’est François Holzerny qui a complété le podium.

Les femmes, qui représentent 30% des participants du THP, se sont illustrées sur cette distance avec Françoise Parage qui a remporté l’épreuve en 5h50, suivie par la manosquine Pauline Noblecourt en 6h05 et l’Espagnole Susana Busto Lorenzo en 6h32.

THP 50 : Corentin Ardouin et Élodie Pierre montent sur la plus haute marche

Ils étaient plus de 500 en fin de matinée au départ du village de Montlaux et c’est Corentin Ardouin qui s’est hissé sur la plus haute marche du podium en à peine 4h14. Il a devancé le lillois Rémi Catteau à qui il aura fallu 4h21 pour terminer la course. C’est Benjamin Philippon qui a complété le podium.

Chez les femmes, Élodie Pierre a gagné le THP50, franchissant la ligne à 17h01 après 4h59 de course. Claire Selosse, elle, aura eu besoin de 5h07 pour sonner la cloche de l’arrivée, suivie par Fanny Cremier.

THP 40 : Hugo Guignand et Sonia Larralde les plus rapides

Partie à 10h00 de Limans la distance a été remportée par Hugo Guignand en à peine 3h06, suivi par Julien Nicod 2min plus tard. Julien Gay, lui aussi 2min après son prédécesseur, a complété le trio gagnant de cette distance qui s’est jouée dans mouchoir de poche.

Chez les femmes c’est Sonia Larralde qui a soulevé la banderole de la ligne d’arrivée, 3h5, suivie de la belge Charlotte Devesse arrivée en 3h58. Cécile Margathe, venue de Toulouse, s’est hissée à la 3ème place.

THP 20 : Victoires pour Clément Dandoit et Loriane Bal

Ils étaient 800 à prendre le départ du THP20, qui s’impose comme un format accessible, tout en restant fidèle à l’exigence du Trail de Haute Provence. Pensée comme une porte d’entrée dans l’univers du THP, cette course permet à de nombreux coureurs de découvrir le trail sur un parcours varié et engagé, entre sentiers techniques, reliefs marqués et paysages ouverts sur la Provence sauvage.

C’est le jeune Clément Dandoit venu de Belgique en famille qui a remporté la distance en 1h27 après un cavalier seul impressionnant. Nathan Carrere et Gabriel Tixier ont complété le podium, arrivés dans un mouchoir de poche à 9’50 et 10’35 du vainqueur.

Chez les femmes c’est Loriane Bal qui s’est imposée en 1h52. Elle qui débute le trail était tout sourire à son arrivée, heureuse de remporter sa toute première course. Elle a été suivie par Lucie Girodengo +4’31’ et Magali Moreau + 7 ’22.

THP10 : la petite distance pour Kevin Morello et Jade Rodriguez

Dernière course de ce THP Summer cru 2026, le THP 10 a rassemblé près de 700 participants. L’histoire est belle, car le vainqueur, Kevin Morello, est professeur d’EPS au collège de Forcalquier-Banon. Il connaissait le parcours par cœur car il vient y courir assez souvent, y compris avec ses élèves. Voir du public l’encourager sur les bords des routes lui a envoyé des ondes positives. Même s’il a déclaré que le chrono lui importait peu, il a bouclé la distance en 40’43, suivi de très près par Alexandre Macherey +59’’ et Guilherme Fauvet +1’27’’.

L’anecdote du jour est la participation de David Géhant, maire de Forcalquier, avec une 44ème place à seulement 13 minutes du vainqueur.

Chez les femmes, c’est Jade Rodriguez qui a remporté la distance en 44’35’’. Cette jeune Gapençaise de 26 ans habituée des trails et de la course à pied a participé aux Championnats d’Europe Off-Road 2024 – Annecy en sélection jeunes. Ses poursuivantes Pauline Morgera et Romane Pecquenard arrivent respectivement avec 6’39’’ et 8’57’’ de retard sur la gagnante.

Le mot de la fin de Vincent Guiliani, président du Trail de Haute Provence

« Il y a un peu moins d’un an, au moment de clôturer l’édition 2025, j’avais lancé un défi : atteindre les 6000 participants, soit 2000 de plus. Ce qui pouvait sembler un peu fou est aujourd’hui une réalité. C’est avant tout une réussite collective. Cette édition restera forcément particulière. Elle est celle de tous les records… Des records qui ne demandent qu’àêtre battus, bien sûr. Elle l’est aussi par les conditions rencontrées. Nous avons dû activer le « pack intempéries et grand froid » sur les longues distances, ainsi que des parcours de repli, en réduisant notamment les passages sur les crêtes de la montagne de Lure, les plus exposées au vent.

Je tiens à saluer la réactivité et l’engagement de toutes les équipes du THP, et en particulier de nos près de 500 bénévoles, que nous appelons nos ambassadeurs. Merci à nos partenaires privés au public sans qui rien ne serait possible et un immense merci aux 6000 inscrits venus fouler les routes de cette Provence sauvage que j’aime tant.

Je pense déjà à 2027, mais avant je vous donne rendez-vous pour le THP WINTER du 20 au 22 novembre. »

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Dernièrement, des millions de traileurs ont vu leur UTMB Index bouger. D’ailleurs rebaptisé UTMB Index 2.0, ce système de notation vient d’être mis à jour pour garantir plus de précision, de lisibilité et surtout plus d’équité dans l’évaluation des performances. Alors, quels changements et quelles conséquences pour les pratiquants ?

UTMB Index 2.0 : de quoi s’agit-il ?

L’UTMB Index, né en 2010, est le nom donné au score personnel de chaque coureur ayant terminé au moins une course du réseau UTMB. Sur une échelle de 0 à 1 000, les pratiquants cumulent ou perdent des points selon la qualité de leurs performances. Plus la performance est remarquable, plus le nombre de points est élevé, 1000 étant la cotation maximale, théoriquement intouchable. Cette mesure prend en compte quatre catégories de distance : 20K, 50K, 100K, 100M. L’intérêt est simple : plus le score d’un coureur est élevé, plus ce dernier peut accéder aux grandes courses UTMB World Series ou accéder aux inscriptions prioritaires. Pour les élites, l’Index sert à décrocher des qualifications directes.

En clair, ce score reflète la performance d’un athlète dans une course spécifique. Mais avec la refonte du système de notation UTMB, des millions de coureurs à travers le monde ont vu leur score bouger. Selon l’UTMB, les scores recalculés ont évolué en moyenne de 2 %. Un chiffre qui justifie la mise à jour des performances sur les cinq dernières années, selon les nouveaux paramètres définis.

UTMB Index 2.0 : Pourquoi l’UTMB a décidé de changer les règles

La data est au fondement-même du système de notation UTMB Index. Et force est de constater que sa place est grandissante dans le paysage du trail. Car depuis les 15 dernières années, la discipline a beaucoup évolué. Un écart considérable sépare désormais l’élite mondiale et la base de coureurs aux profils de plus en plus variés. À mesure que le trail s’est mondialisé, l’ancien modèle a atteint ses limites. En conséquence, ce système de mesure représente de moins en moins la réalité des performances du haut niveau.

Alors pour remédier à ce glissement vers un système imparfait, le groupe UTMB a intégré de nouveaux paramètres, afin de penser un Index plus juste et surtout, plus représentatif. Mieux contextualiser la performance, voilà certainement l’objectif. Désormais, les courses feront l’objet d’une comparaison plus fine, qui prend en compte la distance, le dénivelé ainsi que le contexte. Autre paramètre majeur : l’altitude. L’ajustement de l’Index rééquilibre les scores en faveur des coureurs qui performent sur les terrains alpins exigeants, ce qui n’était pas le cas avant. Ces changements traduisent en fait une logique selon laquelle toutes les courses ne se valent pas. Pour cette raison, toutes les performances ne peuvent faire l’objet d’une même comparaison.

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Photo UTMB GROUP

UTMB Index 2.0 : Un index qui valorise davantage la progression

Mieux refléter la performance réelle des coureurs est un autre objectif majeur pour le groupe UTMB. En vue de cela, les pondérations ont été affinées. Bien que la moyenne pondérée des 5 meilleurs scores d’un coureur reste une base inchangée, c’est désormais le meilleur résultat qui pèse le plus lourd. À noter que les performances récentes comptent davantage que les anciennes. Traduction : la régularité et la progression dans le temps sont plus valorisées qu’une performance datée.

Ensuite, le groupe UTMB a réajusté la fenêtre de validité. Pour que l’Index soit valide, le coureur doit avoir terminé au moins une course dans les 24 derniers mois. À contrario, s’il ne participe pas à l’une des courses du circuit UTMB pendant 3 ans, alors son Index devient inactif. En résumé, l’Index doit représenter le pratiquant actuel, non celui d’il y a trois ans.

UTMB Index 2.0 : Pourquoi votre score a changé, même sans courir ?

De nombreux coureurs ont vu leur score stagner voire baisser depuis les dernières évolutions de l’UTMB Index. En effet, un recalcul mondial sur cinq ans a été effectué, prenant en compte les nouveaux paramètres pour les appliquer à l’historique des coureurs. Voilà pourquoi, même sans nouveau dossard accroché, les pratiquants ont pu voir du mouvement dans leur score ces derniers temps.

UTMB Index 2.0 : Un Index qui se veut plus transparent, mais déjà controversé

Couplée à tous ces changements, la nouvelle interface de la page profil sur le site utmb.world propose plus de clarté. Le coureur peut désormais visualiser quels scores entrent dans son calcul et suivre l’évolution de son Index dans le temps, jusqu’à anticiper son évolution future.

Il n’empêche qu’un sujet clivant domine, celui des abandons (DNF) et mauvaises courses. Car avec l’UTMB Index 2.0, abandonner ou vivre une mauvaise course n’est plus pénalisant. D’après le groupe UTMB, l’Index est conçu pour mesurer la vitesse et le niveau de performance, non la régularité ou la gestion d’effort.

Donc si le score d’un coureur est nettement inférieur à ses performances habituelles, le calcul ne le prend pas en compte.

Chez les amateurs, ce n’est pas forcément mal perçu. Mais chez les élites, la dimension est bien différente. Car si l’on suit la logique, les athlètes élites auraient tout avantage à abandonner une course qui tourne mal, au lieu de continuer malgré la difficulté et les conditions. Et c’est principalement cette vision qui pose problème chez la communauté trail. Car les critiques soulignent que la difficulté fait partie du trail, et que le niveau d’un traileur ne se mesure pas uniquement à sa vitesse.

UTMB Index 2.0 : Un système qui présente des limites

Les évolutions autour de l’UTMB Index sont censées répondre à une exigence de précision, de justesse et d’équité. L’impact sur la manière dont les coureurs seront évalués dès à présent et sélectionnées pour les grandes courses du circuit UTMB est réel. Pour autant, cet outil 2.0 présente certaines faiblesses. Car s’il a été pensé pour objectiver le niveau, il créé aussi de nouvelles frustrations.

Sa complexité le rend plus difficile à comprendre pour le coureur moyen, en raison des nombreuses variables. Par ailleurs, le recalcul rétroactif de l’Index peut être vécu comme injuste par les coureurs. Une impression de manque de transparence plane autour du système, créant des soupçons. Mais également, le risque est de réduire des expériences de trail très différentes à une seule mesure.

Donc la perte de lisibilité s’ajoute à un risque de dénaturer le système, et de donner naissance à une potentielle inégalité entre les territoires et les courses.

Ainsi l’UTMB cherche à mieux mesurer la performance des traileurs, mais c’est là toute la complexité du sujet. Car il paraît difficile de quantifier cette discipline, qui fait l’objet de variations permanentes en fonction du terrain, des conditions, de l’altitude ou encore du plateau. En clair, ces changements suscitent de nombreux questionnements.

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Mercredi 6 mai 2026, Rachel Entrekin s’est imposée au scratch sur une course de plus de 400 km, la Cocodona 250, disputée au cœur de l’Arizona, aux Etats-Unis. L’Américaine de 34 ans a signé un troisième titre consécutif. Une performance qui restera gravée dans les annales de l’ultra-trail, puisqu‘avec un chrono de 56h 09mn 48s, elle a non seulement devancé tous les hommes, mais également pulvérisé le record de l’épreuve de 2h37. Rarement une femme avait dominé une épreuve de cette ampleur, avec une telle maîtrise de bout en bout.

Cocodona 250 : la maîtrise impressionnante de Rachel Entrekin sur plus de 400 km

Déjà vainqueure des deux dernières éditions et détentrice du record féminin (63h50 en 2025), Rachel Entrekin s’est à nouveau présentée cette année sur la ligne de départ de la Cocodona 250. Après 352 km parcourus, les pronostics commençaient à tomber. L’athlète du team Norda comptait alors près de 11 km d’avance sur son premier poursuivant masculin, Kilian Korth. Le plus impressionnant a été sa capacité à maintenir l’effort sur plusieurs dizaines d’heures d’affilée, presque sans dormir. Une sieste de 5 minutes au mile 203 lui a suffi pour repartir. À aucun moment Rachel n’aura cédé la tête de course.

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Micro-sieste pour Rachel Entrekin. Photo Cocodona 250

Sous le feu des projecteurs, Rachel Entrekin ne s’est jamais laissée impressionner par ses concurrents, des grands noms de l’ultra-trail, pourtant : Michael Versteeg (vainqueur en 2021), Joe McConaughy (vainqueur en 2022) ou encore Edher Ramirez (3ème en 2025). Sans compter la favorite Courtney Dauwalter, figure mondiale de l’ultra-trail, venue prendre sa revanche après son abandon l’an dernier pour fatigue extrême après 174 km. Mais cette concurrence n’a pas impressionné Rachel Entrekin, qui s’est imposée au bout de 408 km et 13000m D+ et a amélioré de 2h38 l’ancien record détenu par l’Américain Dan Green (58h47 établi en 2025).

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Rachel Entrekin après sa masterclass, fraîche comme si elle venait de courir 20 kilomètres ! Photo Cocodona 250

Cocodona 250 : la revanche de Courtney Dauwalter

Après son abandon au km 174 l’an dernier, Courtney Dauwalter n’avait qu’un seul objectif en tête : aller au bout. Partie un peu moins vite que Rachel Entrekin, elle a connu une course plus compliquée puisqu’autour du km 120, elle a commis une erreur de parcours qui lui a fait perdre environ 50 minutes à retrouver la trace du parcours. Pointant en 4ème position de la course féminine, hors Top 10, elle a alors enclenché une remontada sur les 280 kilomètres suivants. La Présidente est finalement montée sur la deuxième marche du podium, 6ème au scratch, signant au passage le deuxième meilleur temps féminin de l’histoire de la Cocodona 250 (61h58).

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Toujours aussi souriante et sportive, Courtney Dauwalter à l’arrivée, 2ème féminine. Photo Cocodona 250

Cocodona 250 : une édition endeuillée par un drame

Si cette édition 2026 a été marquée par l’exploit de Rachel Entrekin, elle a aussi viré au drame. Pendant l’épreuve, un coureur a perdu la vie au cœur de l’Arizona. Disparu du système de suivi, il a finalement été retrouvé sans vie trois jours plus tard. Cette nouvelle tragique endeuille la communauté ultra-trail et rappelle que toute épreuve extrême a sa part de danger.

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Pour sa 2ème édition sous le label by UTMB, le Grand Raid Ventoux a tenu toutes ses promesses, avec des élites au rendez-vous et un succès populaire avéré. Sur le grand format de l’événement, le 125 km et 5700m D+ de l’Ultra Géant, le Britannique installé au pied du Ventoux et Jennifer Lemoine ont été sacrés.

Grand Raid Ventoux by UTMB : Andy Symonds et Jennifer Lemoine sacrés sur le 100M

La dernière fois qu’Andy Symonds s’était imposé sur les pentes du Mont Ventoux, c’était en 2012, sur le 46 Origine du Trail du Ventoux. Mais le Britannique, qui connaît par cœur les sentiers du Géant de Provence, a prouvé, à 47 ans, qu’il était toujours aussi redoutable. En tête dès le 30e kilomètre, il a progressivement imposé son rythme et creusé l’écart pour s’assurer la victoire en 13h07. « Les deux dernières heures étaient très dures, mais je suis hyper content, ça faisait un moment que je n’avais pas gagné une grosse course. Et surtout ici », a-t-il confié à l’arrivée. Aubin Ferrari monte sur la deuxième marche du podium en 13h24, tandis que Sébastien Poesy termine 3e en 13h3 pour sa première expérience sur la distance.

Chez les femmes, la victoire revient à la favorite Jennifer Lemoine en 16h28 au terme d’une course menée de bout en bout, malgré des conditions qu’elle a décrites comme difficiles : « Il fallait composer avec la chaleur, et le parcours est exigeant avec des pentes raides, beaucoup de cailloux en descente et pas mal de sections où il faut courir. » Le podium féminin est complété par l’Américaine Christine Selman en 17h13 et Laura Berruer en 8h44.

100M podium
Jennifer Lemoine et Andy Symonds, vainqueurs du format 100M. Photo UTMB Group

Grand Raid Ventoux by UTMB : le 100K pour Baptiste Chassagne et Ida-Sophie Hegemann

Après avoir pris les commandes dès les premiers kilomètres avec Nicolas Gourdon, Baptiste Chassagne, dernier vainqueur de la Diagonale des Fous, s’est imposé à Malaucène sur le format 100K de la Grande Épopée Ventoux, un 87 km avec 4200m D+. Les écarts se sont creusés dans la montée du Ventoux, où Baptiste Chassagne a fait la différence malgré un passage plus délicat : « Je me suis mis un peu dans le rouge, la fin de la montée a été compliquée », expliquait-il à l’arrivée, franchie en tête en 8h00. Nicolas Gourdon a terminé 2e en 8h15, devant l’Espagnol Oriol Barbany Bofill en 8h32.

Après sa victoire sur le format 100M l’an dernier, l’Allemande Ida-Sophie Hegemann a fait honneur à son statut de favorite en s’imposant en 10h00. « C’était beaucoup plus difficile cette année, j’ai dû me battre pour cette victoire », a-t-elle expliqué à l’arrivée, en référence à la chaleur et au parcours. Sa compatriote Julia Langeder a pris la 2e place en 10h20, la Française Emily Cambier terminant 3e en 10h57.

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Photo UTMB Group

Grand Raid Ventoux by UTMB : le 50K pour Nashon Kiplimo et Tove Alexandersson

Sur le format 50K du Mistral Marathon Trail, un 51km avec 2500m D+, la victoire est revenue au Kényan Nashon Kiplimo en 3h58. En 3ᵉ position au km 21, ie Kényan a pris l’avantage après le passage du sommet du mont Ventoux. « C’était un gros effort, j’ai essayé de consolider ma victoire dans la descente, où j’ai pu prendre de l’avance », a-t-il confié à l’arrivée. Kiplimo devance Simon Paccard, auteur d’une course régulière et maîtrisée bouclée en 4h07, tandis que Clément Lalba, longtemps à la lutte pour la victoire, complète le podium en 4h08. A noter que le Suisse Rémi Bonnet, longtemps en tête de course, a violemment chuté et terminé à la 18e place.

Chez les femmes, la Suédoise Tove Alexandersson, championne du monde de trail court en titre, n’a pas manqué ce rendez-vous de début de saison, remportant la course en 4h30 et se classant 15ᵉ au scratch. « J’ai couru de manière vraiment contrôlée, en essayant de garder une bonne vitesse sans trop forcer. J’ai vraiment apprécié le parcours, c’était incroyable, j’ai passé une super journée. » Super journée également pour Candice Fertin-Baccon, 2ème 27 minutes plus tard, et la Suissesse Maëlle Minnig, 3e en 5h05.

50K
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Grand Raid Ventoux by UTMB : Frédéric Tranchand et Élise Poncet sacrés sur le 20K

Il était archi favori, il a tenu son rang. Frédéric Tranchand, champion du monde de trail court en titre, a remporté le format 20K du Trail des Coteaux, un 26 km et 1100m D+, au terme d’une course contrôlée du départ à l’arrivée. D’abord en gestion, Frédéric Tranchand a fait la différence dans la dernière section plus technique pour s’imposer en 1h43 . Derrière lui, la lutte pour le podium a été extrêmement serrée : le Suisse Adrien Briffod prend la deuxième place de justesse en 1h45, avec seulement quatre secondes d’avance sur Killian Allaire, troisième.

Chez les femmes, Élise Poncet s’est imposée en 2h14 après avoir pris les devants dès la première montée, sur un parcours exigeant et complet. « Il faut être pas mauvais un peu partout : c’est très varié, avec de la technique et beaucoup de relances », a-t-elle souligné à l’arrivée. Elle a devancé Mélanie Ratel et Agnès Fabre, qui ont terminé au coude à coude en 2h21’56 et 2h22’05.

20K
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Grand Raid Ventoux by UTMB : la Team Adaptive remarquable sur les pentes du Ventoux

La présence d’athlètes de la Team Adaptive by UTMB a marqué cette édition, illustrant l’inclusivité croissante du trail, avec des engagements sur plusieurs formats. On a pu voir Yanis Debaud sur le 100K, atteint d’une paralysie du pied droit, ainsi que Jonathan Naboulet, en situation de tétraplégie, engagé sur le 20K avec son équipe joëlette Trail Sans Limite, venus valider leur présence sur l’UTMB en août. Fanny Barbara, athlète avec un seul poumon, et Julien Veysseyre, amputé tibial, sont quant à eux arrivés à bout du 50K.

Team Adaptive
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À l’occasion de l’ouverture des inscriptions pour le Tahiti Moorea Ultra Trail (TMUT) 2026, support de la finale de la Ligue Ultra, Alexandre Picquier, fondateur du circuit, revient sur le succès de la Western Azuréenne, première des 4 épreuves de la saison, mais aussi l’adhésion au circuit et les perspectives d’un projet en pleine expansion.

La Western Azuréenne vient de boucler sa toute première édition dans le Golfe de Saint-Tropez. Quel bilan tires-tu de ce lancement ?

Alexandre Picquier : Un bilan vraiment très positif. La course s’est déroulée dans des conditions magnifiques, dans un cadre qui a bluffé tout le monde : les crêtes du massif des Maures, le littoral méditerranéen, et cette arrivée à Grimaud… Les coureurs ont été emballés.

Voir le film résumé de la Western Azuréenne ICI

On sentait sur le départ une vraie énergie, une vraie envie. Ce profil ultra roulant, inspiré de la Western States avec le système de pacer sur les 65 derniers kilomètres, a créé une dynamique de course très particulière, à la fois exigeante et spectaculaire.

Jonathan Moncany a signé une course remarquable chez les hommes, et le retour de Caroline Benoît chez les femmes a été très fort. On est satisfaits, et surtout impatients de voir ce que les prochaines éditions vont donner.

Western Azureenne ©Olivier Vin-8
Lors de la 1ère édition de la Western Azuréenne. Photo Olivier

Après 2025, où la Ligue Ultra comportait 2 épreuves, 2026 est la première année complète du circuit avec 4 épreuves qualificatives pour la finale à Tahiti : la Western Azuréenne, le Trail de Haute Provence, l’Ultra 01 et le Grand Raid Kiprun 3 Vallées-Moûtiers. L’engouement est-il au rendez-vous ?

Alexandre Picquier : Honnêtement, on est très agréablement surpris. Ce n’est que la première année complète, et déjà on voit les coureurs se projeter sur l’ensemble du circuit, acheter la Box pour sécuriser leurs quatre dossards, planifier leur saison autour des manches…

Il y a quelque chose qui prend vraiment. La variété des épreuves parle à tout le monde, du roulant de la Western Azuréenne au dénivelé extrême du Grand Raid Kiprun 3 Vallées-Moûtiers, avec ses 12 000 mètres de D+ sur 170 km. Chaque coureur y trouve son profil.

Et la « carotte » est séduisante, avec la possibilité de gagner son billet pour la finale à Tahiti !

Alexandre Picquier : Tout à fait. C’est l’idée centrale du projet : pouvoir gagner son billet pour Tahiti en courant des ultras en France. Et c’est vrai que ce concept fait vraiment rêver. Les Golden Tickets sont devenus une motivation en soi. Les gens courent les manches avec cet objectif en tête. C’est exactement ce qu’on voulait créer.

TMUT 2026
Le cadre magique du TMUT. Photo DR

Les inscriptions au TMUT 2026 ouvrent le 25 avril. Comment le « Fenua », c’est-à-dire le territoire polynésien, a-t-il accueilli ce nouvel événement l’an dernier, pour la première édition ?

Alexandre Picquier : Ce qui nous a beaucoup touché, c’est de voir à quel point l’événement a été accueilli à bras ouverts l’an passé par les Polynésiens. Les institutions, les partenaires locaux, les bénévoles : tout le monde s’est approprié l’épreuve, avec cette hospitalité et cette générosité qui leur sont propres.

Lire l’article sur le TMUT 2025 ICI

Et ça se ressent aussi chez les coureurs du cru : il y a un engouement très fort des athlètes polynésiens, qui voient dans le TMUT une belle vitrine pour leur territoire et un défi à relever sur leurs propres sentiers.

C’est quelque chose qui nous rend très fiers : un événement venu de métropole qui devient aussi un événement du Fenua. Le TMUT 2026 se déroulera du 23 au 25 octobre à Moorea, et on a vraiment hâte d’y être.

TMUT 2026 1
Photo TMUT

On parle du TMUT comme support de la finale de la Ligue Ultra, avec pour 2026 un ultra de 105 km et 4520M D+, mais c’est également un événement local avec 4 autres formats plus accessibles…

Alexandre Picquier : En effet, au-delà du format ultra de 105 km, qui sera support de la finale de la Ligue Ultra mais est aussi ouvert à tous les concurrents souhaitant vivre cette expérience extrême, il y a 4 autres formats ouverts à tous : un 50 km avec 2500m D+, un 35 km avec 1500m D+, un 20 km avec 720m D+ et un 10 km avec 250m D+. Tout le monde peut trouver une distance qui lui convient, et les accompagnants des coureurs venus de métropole peuvent ainsi eux-mêmes s’inscrire sur des courses plus accessibles que l’ultra pour profiter du voyage et faire une course là-bas, dans un environnement incroyable !

Quels sont les grands projets à venir pour la Ligue Ultra ?

Alexandre Picquier : Les projets ne manquent pas, et c’est ce qui nous anime au quotidien. Le premier, c’est de développer le modèle Ligue Ultra à l’international. L’idée est simple : permettre à des coureurs de s’affronter sur des manches locales dans leur propre pays, puis de se qualifier pour la finale du TMUT à Moorea. Des ligues nationales qui convergent vers la Polynésie.

C’est en construction, mais la dynamique est là et l’accueil que nous avons reçu au Fenua nous conforte dans cette direction. « Run the league, race to Tahiti » prend encore plus de sens à l’échelle internationale.

Ensuite, nous avons la chance d’être entourés de partenaires de renom, comme Canal+ et Kiprun, avec qui nous partageons une vision commune : démocratiser le trail et rendre l’ultra-trail accessible au plus grand nombre.

Nous n’en sommes qu’aux prémices, mais les discussions sont enthousiasmantes. Avec Canal+, nous explorons un projet vraiment novateur, sans équivalent dans notre sport. Il est encore trop tôt pour en dévoiler les contours, mais cela viendra. Avec Kiprun, c’est la même ambition : toucher de nouveaux publics et casser l’image élitiste de l’ultra. Beaucoup de belles choses à venir !

Informations et inscriptions ICI

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La 40ème édition du Marathon des Sables s’est déroulée du 4 au 11 avril dans le Sahara marocain et a offert une lutte intense chez les hommes entre les frères El Morabity, Rachid, l’aîné, 11 fois vainqueur de l’épreuve, et Mohamed, 1 fois vainqueur, 7 fois 2ème, lutte à laquelle s’est mêlée Ludovic Pommeret, qui pour sa première participation a fait souvent jeu égal avec les rois du désert. Chez les femmes, Maryline Nakache impériale a remporté les 6 étapes de l’épreuve, laissant sa principale rivale à plus de 3 heures. Résumé de l’aventure, jour après jour.

Maryline Nakache Photo Antonio Miranda
Maryline Nakache à l’arrivée de la dernière étape. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 1ère étape : pas de round d’observation

Le Marathon des Sables Legendary a lancé sa 40ème édition avec une première étape de 35 kilomètres disputée dans des conditions calmes et ensoleillées. Dès les premières heures du jour, 1 500 participants se sont élancés sur un parcours exigeant, encadrés par près de 600 membres de l’organisation.

Cette étape inaugurale a été marquée par un rythme particulièrement soutenu, notamment en tête de course. Chez les hommes, le tenant du titre Rachid El Morabity a imprimé une allure élevée dès le départ, rompant avec son approche habituellement plus stratégique. Rapidement, la course s’est structurée autour d’un groupe de tête composé de Rachid El Morabity, de son frère Mohamed El Morabity, et de Michaël Gras, redoutable marathonien..

La sélection s’est opérée progressivement, avant une accélération décisive des frères El Morabity à partir du troisième point de contrôle. Dans un final disputé, Mohamed El Morabity s’impose en 2h26’29’’, devançant Rachid El Morabity de 21 secondes. Michaël Gras complète le podium à 4 minutes et 34 secondes du vainqueur. Ludovic Pommeret termine lui 5ème en 2h34’29”.

Parmi les participants de cette édition anniversaire, la présence de deux anciens sportifs de haut niveau : Julien Absalon, double champion olympique de VTT, qui se classe 10ème de cette première étape en 2h56’09’’, et André Schürrle, ancien international allemand de football et champion du monde 2014, qui termine à la 628ème place en 5h41’59’’.

Chez les femmes, la course a également été animée dès les premiers kilomètres. La Marocaine Aziza El Amrany a pris les commandes en imposant un rythme soutenu, suivie de près par Maryline Nakache, restée au contact tout au long de la course.

La décision s’est jouée dans la seconde partie du parcours, lorsque Maryline Nakache a accéléré pour creuser un écart décisif. Elle remporte cette première étape en 3h04’01’’, avec une avance de 5 minutes et 33 secondes sur Aziza El Amrany. Agathe Teillet-Magot, compagne de Michaël Gras, termine 3ème, à 17 minutes et 26 secondes.

Etape 1. Photo Antonio Miranda
Départ de la 1ère étape. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 2ème étape : rythme élevé et premiers écarts

La 2ème étape a tenu toutes ses promesses, offrant un subtil équilibre entre vitesse, stratégie et premiers enseignements pour la suite de l’épreuve. Le départ, donné à 6h00 précises, a permis aux concurrents de bénéficier de conditions particulièrement favorables. La fraîcheur matinale du désert a accompagné les premiers kilomètres, avant que la chaleur ne s’installe progressivement au fil de la journée.

Dans une ambiance spectaculaire, éclairée par les lampes frontales des participants, les coureurs se sont élancés sur un parcours de 40,5 kilomètres, cumulant 486m de D+. Ponctuée de points de contrôle aux kilomètres 8, 15, 21, 28 et 33, cette étape rapide et roulante a conduit les 1500 concurrents vers un nouveau bivouac.

Chez les hommes, Michaël Gras a animé la course dès les premiers kilomètres en imposant un rythme soutenu, tentant de déstabiliser les frères El Morabity. Mais l’expérience a finalement fait la différence. Dès le troisième point de contrôle, Mohamed et Rachid El Morabity ont repris la maîtrise de la course avant de porter une attaque décisive. Mohamed s’impose en 2h58’26, suivi de Rachid en 3h03’01. Après un effort constant, Michaël Gras complète le podium en 3h03’46. Ludovic Pommeret termine de nouveau 5ème de l’étape en 3h12’37”.

Au général, Mohamed El Morabity reste leader en 5h24’55”. Il devance son frère Rachid (5h29’51”) et Michaël Gras (5h34’49”).

La course féminine a quant à elle été dominée sans partage par Maryline Nakache, auteure d’une performance remarquable qui lui permet de s’imposer en 3h48’21. Derrière elle, la hiérarchie a été bouleversée lorsque Aziza El Amrany a cédé du terrain, ouvrant la voie à Agathe Teillet-Magot et l’Américaine Desiree Linden. Elles montent respectivement sur la deuxième et la troisième marche du podium en 4h10’31 et 4h13’00.

Au général, Maryline Nakache est plus que jamais leader en 6h52’22”. Elle devance Agathe Teillet Magot (7h31’58”) et Desiree Linden (7h38’26”).

Etape 2. Photo Antonio Miranda
Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables – 3ème étape : entre vitesse maîtrisée et jeu tactique avant l’étape reine

La 3ème étape du MDS 2026 a offert un subtil équilibre entre vitesse et stratégie, tout en laissant entrevoir les enjeux majeurs de l’épreuve décisive à venir, la « longue » du lendemain et ses 100 km non-stop. Donné à 7h00 précises, le départ s’est déroulé dans des conditions exceptionnellement clémentes pour le désert, avec des températures fraîches et un ciel légèrement nuageux, offrant aux concurrents un terrain propice à la performance. Longue de 29,1km et totalisant 413m de D+, cette étape comportait trois points de contrôle situés aux kilomètres 11, 17 et 23.

Chez les hommes, la course s’est rapidement transformée en affrontement stratégique. Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont tenté une offensive coordonnée pour mettre sous pression les frères El Morabity. En tête dès le premier point de contrôle, les deux Français imposent un rythme soutenu, talonnés par Mohamed El Morabity, tandis que Rachid El Morabity reste en embuscade.

Au deuxième point de contrôle, Ludovic Pommeret lâche prise, laissant Michaël Gras seul en tête. Mais la dynamique s’inverse progressivement sous l’impulsion des spécialistes marocains : Rachid El Morabity opère une remontée maîtrisée pour s’imposer en 2h17’29”, tandis que Mohamed El Morabity suit de près en 2h18’28”. Michaël Gras conserve une place sur le podium en 2h21’44”, talonné par Ludovic Pommeret, quatrième du jour avec le même chrono.

À noter, au troisième point de contrôle, un passage obligatoire de vérification des sacs et du matériel pour les coureurs de tête est venu renforcer la dimension stratégique de cette étape. Au général, Mohamed El Morabity conserve sa place de leader en 7h43’23”, devançant toujours son frère Rachid (7h47’20”) et Michaël Gras (7h56’18”).

Chez les femmes, Maryline Nakache a de nouveau dominé l’épreuve de bout en bout (2h55’21”), confirmant son excellente dynamique avec une performance solide. Aziza El Amrany, en retrait lors de l’étape précédente, signe un retour remarqué en prenant la deuxième place en 3h09’18”. Agathe Teillet-Magot complète le podium de cette troisième étape en 3h13’56”.

Au général, après 3 étapes et 104,8km parcourus pour 901m de D+, Maryline Nakache est largement leader en 9h47’23”. Elle devance une autre française, Agathe Teillet-Magot (10h45’54”) et la Marocaine Aziza El Amrany (10h52’12”).

Etape 3. Photo Ian Corless
Le peloton lors de l’étape 3. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 4ème étape : une étape record et décisive

La 4ème étape du Marathon des Sables Legendary restera gravée comme l’un des moments les plus marquants de cette 40ème édition. Avec ses 100 kilomètres et 721m de D+, elle devient officiellement l’étape la plus longue de l’histoire de l’épreuve, dépassant le précédent record établi en 2009 (92 km). Une journée extrême, tant sur le plan physique que mental, qui a profondément rebattu les cartes du classement général.

La course masculine a offert un spectacle de très haut niveau, marqué par un duel intense entre Ludovic Pommeret et Mohammed El Morabity. Dès le premier checkpoint, les deux hommes prennent les commandes, suivis de près par Michaël Gras et Ahmed Ouikhalfen, formant un groupe de tête particulièrement compétitif.

À partir du kilomètre 70, la course bascule. Michaël Gras, alors 3ème au classement général, est victime d’un coup de moins bien, souffrant d’une légère surchauffe et d’un manque d’énergie. Le moment décisif intervient au CP10 : profitant d’un arrêt fraîcheur de Ludovic Pommeret, Mohammed El Morabity place une accélération déterminante. Le Marocain impose un rythme supérieur, creuse l’écart et s’impose avec seulement 12 secondes d’avance sur le Français en 8h24’32”, concluant une étape stratégique parfaitement maîtrisée. Rachid El Morabity complète le podium en 8h39′.

Au général, après 205,7km parcourus, le Marocain Mohamed El Morabity est toujours leader (16h07’55”). Il devance son frère Rachid (16h26’20”) et Ludovic Pommeret (16h33’34”).

Chez les femmes, la course s’est rapidement structurée autour de Maryline Nakache et Aziza Raji, qui prennent la tête dès le premier checkpoint. Derrière, Agathe Teillet-Magot, pourtant 2ème au classement général, rencontre d’importantes difficultés dès le 30ème kilomètre, victime de problèmes gastriques qui freinent considérablement sa progression. De son côté, l’Américaine Desiree Petersen réalise une course maîtrisée, lui permettant de s’adjuger la troisième place de l’étape.

Maryline Nakache s’impose une nouvelle fois sur l’étape en bouclant les 100km en 10h02’22”. Elle devance Aziza El Amrany, deuxième en 11h40′, et Desiree Linden, troisième en 12h16’57”. Au classement général, après 4 étapes, 205,7 kilomètres parcourus et 1801m de D+, Maryline Nakache conforte largement sa position de leader avec un temps cumulé de 19h50’05”. Elle devance de plus de 2h30 la Marocaine, Aziza El Amrany (22h32’12”) et l’Américaine, Desiree Linden (23h15’47”).

Etape 4 Photo Ian Corless
L’étape 4, longue de 100km, un record dans l’histoire du MDS. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 5ème étape : les leaders confirment leur domination

L’avant-dernière étape du MDS a tenu toutes ses promesses, au lendemain de la redoutable étape longue de 100 km. Entre fatigue accumulée, conditions extrêmes et enjeux stratégiques, cette 5ème étape, dite « étape marathon » (42,5km et 424m de D+), a offert un spectacle intense et riche en rebondissements. Malgré des corps éprouvés et des esprits marqués par les tempêtes de sable incessantes de la veille, les concurrents ont abordé cette journée avec une détermination intacte.

Dès le départ, Pierre Meslet a imposé un rythme soutenu, prenant rapidement les devants et creusant un écart significatif jusqu’au premier point de contrôle. À ses côtés, Michaël Gras et Ludovic Pommeret ont également tenté de dynamiter la course, formant un trio français offensif face à la domination marocaine.

Mais une fois encore, la réponse est venue du Maroc. Mohamed El Morabity a repris les commandes après le CP3, sur une portion stratégique du parcours. Accélérant progressivement, il a distancé ses adversaires pour s’imposer avec autorité en 3h08’07”. Son frère, Rachid El Morabity, s’est adjugé la deuxième place en 3h12’24”, confirmant la suprématie familiale, tandis que Ludovic Pommeret complète le podium en 3h13’23”, à seulement une minute.

Derrière ce trio de tête, la course s’est étirée sous l’effet du rythme imposé, avec un écart de 34 minutes séparant les dix premiers à l’arrivée, illustrant la sélectivité extrême de cette étape.

Etape 5. Photo Ian Corless
Mohamed El Morabity survole les dunes. Photo Ian Corless

Au général, Mohamed El Morabity conforte sa position de leader avec un temps cumulé de 19h11’02”, devant son frère Rachid (19h33’44”) et Ludovic Pommeret (19h41’57”). Si, sur le papier, ces positions semblent solidement établies à la veille de la dernière étape de 21 km, l’histoire du Marathon des Sables rappelle que rien n’est jamais acquis dans le désert.

Chez les femmes, Maryline Nakache poursuit son impressionnante série. Déjà leader incontestée, elle s’impose une nouvelle fois avec maîtrise en 4h03’03”. L’Américaine d’origine polonaise Magdalena Boulet, lauréate de l’édition 2018, signe un retour remarqué en terminant deuxième en 4h28’18”, devant Aziza El Amrany, troisième en 4h36’52”.

Au général, Maryline Nakache semble intouchable (23h48’07”) et assurée de la victoire finale. Aziza El Amrany occupe la deuxième place à plus de 3h15 (27h04’04”), tandis que Desiree Linden complète le podium provisoire avec un écart de plus de 30 minutes (27h52’25”).

Etape 5 Matyline Nakache. Photo Ian Corless
Maryline Nakache lors de l’étape 5, vers sa 5ème victoire et 5 jours. Photo Ian Corless

Marathon des Sables – 6ème étape : une dernière étape décisive et des vainqueurs impériaux

Le Marathon des Sables 2026 s’est achevé à l’issue d’une 6ème et dernière étape longue de 23,2 km et présentant 238m de D+. Après plusieurs jours d’efforts extrêmes et 250 km déjà parcourus, cette dernière étape a offert un final intense aux concurrents, entre gestion de la fatigue et dépassement de soi. Ne voulant rien lâcher, Mohamed El Morabity s’est de nouveau imposé au sprint en 1h36’37”. Après les 12 secondes de la 4ème étape longue de 100km, il devance cette fois-ci Ludovic Pommeret de 9 secondes (1h36’46”) Son frère Rachid suit à 6’04” (1h42’41”) devant le Français Michaël Gras (1h43) et le Sud-Africain Ryan Sandes qui complète le top 5 en 1h45.

Au général, Mohamed s’impose avec autorité en remportant 5 des 6 étapes et en signant un temps total de 20h47’39″. Il remporte son 2ème MDS après celui de 2023, où son frère Rachid s’était retiré de l’épreuve après avoir été pénalisé pour ravitaillement non autorisé. La lutte pour la deuxième place a été particulièrement serrée, Rachid El Morabity conservant son rang avec seulement 2 minutes d’avance sur Ludovic Pommeret (21h18’43”), de retour à la compétition après sa saison de ski.

Le Marocain Ahmed Ouikhalfen prend la 4e place (22h16), suivi de le Sud-Africain Ryan Sandes (23h21). L’Espagnol Alberto Sanz Rodriguez (23h49) et le Belge Nick Peers (24h17) occupent respectivement les 6e et 7e places. Trois autres Français figurent dans le top 10 : Arthur Courcoux (8e en 24h27), Julien Absalon (9e en 24h46) et Merile Robert (10e en 25h11). Longtemps en lice pour le podium, Michaël Gras termine finalement à la 11e place (25h19).

Chez les femmes, Maryline Nakache signe un impressionnant 6 sur 6. Imbattable sur ce MDS, la tenante du titre s’offre une nouvelle victoire exceptionnelle, ayant littéralement survolé l’épreuve. Pourtant, lors du passage emblématique à travers les dunes de Merzouga sur l’ultime étape de 23 km, Maryline Nakache pointait en deuxième position à deux minutes de la Marocaine Aziza El Amrany et semblait prête à lui laisser la dernière étape. Mais fidèle à sa domination tout au long de la semaine, elle a repris la tête pour ne plus la lâcher.

Maryline Nakache a franchi la ligne d’arrivée en 2h06’22”, célébrant à la fois sa victoire d’étape, son triomphe au classement général et une performance rare : trois victoires en trois participations. Comme la veille, elle devance l’Américaine Magdalena Boulet (2h11’14”) et la Marocaine Aziza El Amrany (2h18). L’Américaine Desiree Linden et la Marocaine Aziza Raji complètent le top 5 (2h24).

Au général, Maryline Nakache devance la Marocaine Aziza El Amrany (29h22’34″) et l’Américaine Desiree Linden (30h16’32″).

Etape 6. Photo Antonio Miranda
Une 6ème et dernière étape éprouvante, avec une tempête de sable en prime. Photo Antonio Miranda

Marathon des Sables 2026 : une édition marquée par l’exploit humain

Dans l’immensité du désert marocain, une performance humaine exceptionnelle s’est écrite loin des projecteurs du classement général. Jérémy Mourrejeau, athlète amputé tibial, est devenu le premier Français appareillé à terminer cette épreuve mythique de 270 kilomètres répartis en six étapes.

Son parcours force l’admiration. Victime d’un grave accident de moto en 2009, il subit une première amputation partielle du pied. Après plusieurs années de complications, il est amputé du tibia en 2019. Une épreuve de vie qui aurait pu mettre un terme à toute ambition sportive, mais qui devient au contraire le point de départ d’un défi hors norme.

Équipé d’une prothèse avec lame de course, Jérémy Mourrejeau s’est élancé sur les traces du Marathon des Sables avec une détermination sans faille. Dans cet environnement extrême, chaque kilomètre représentait un défi supplémentaire. Les impacts répétés rendaient le port de la prothèse particulièrement éprouvant, l’obligeant à s’arrêter régulièrement aux points de contrôle pour prendre soin de son moignon, soumis à de fortes douleurs. 

Dossard 201, Jérémy Mourrejeau boucle cette aventure à une remarquable 936ème place au classement général, avec un temps total de 59h34’24”, soit une vitesse moyenne de 4,6 km/h. Un résultat qui témoigne autant de sa persévérance que de sa capacité à gérer un effort extrême dans des conditions particulièrement exigeantes.

Jérémy Mourrejeau Photo Ian Corless
Jérémy Mourrejeau. Photo Ian Corless
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En marge du traditionnel Trail du Ventoux, les Championnats de France de trail se sont tenus dimanche 29 mars au départ de Bédoin sur les pentes du Géant de Provence. Si le trail court s’est déroulé sans encombre, le trail long a été chamboulé chez les hommes par une erreur de navigation du groupe des favoris, qui place les responsables de la sélection des Bleus pour les Championnats d’Europe de trail en Slovénie dans l’embarras. Retour sur les courses, les héros et les désillusions.

Championnats de France de trail court 2026 : des chronos stratosphériques

Alors que samedi les différentes courses du Trail du Ventoux se sont déroulées dans une ambiance polaire, avec au sommet du Ventoux des rafales de vent à plus de 120 km/h et une température ressentie de -15°, les conditions météo de dimanche étaient idéales sur les hauteurs de Bédoin mais loin du Mont Ventoux et de ses plaques de glace pour le trail court, un parcours en boucle de 29 km et 1350mD+ tracé essentiellement dans les combes qui dominent le village.

Sur ce terrain rapide mais très cassant, nécessitant de nombreuses relances, les 3 hommes les plus rapides ont réalisé des chronos impressionnants, terminant tous en moins de 2h01 et se tenant en 34 secondes. Au final, c’est Pierre Galbourdin qui décroche le titre en 2h 00mn 20s, devant le vice-champion du monde de trail long 2025 Benjamin Roubiol (2h 00mn 43s) et Thomas Butez (2h 00mn 54s).

Podium Hommes
Le podium hommes du trail court. Photo Organisation

Chez les femmes, Cécile Jarousseau s’impose en 2h 28mn 03s et conserve son titre. Elle devance Maëlle Beauvir de 29 petites secondes et la prometteuse Tiphaine Bazile de 46 secondes.

Cécile Jarousseau
Cécile Jarousseau à l’arrivée du trail court. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : le cauchemar des favoris

Si le trail court a offert un beau duel, de nombreux regards étaient tournés ves le trail long (50km et 2500mD+), qualificatif pour les Europe de Trail 2026 qui se dérouleront début juin en Slovénie. En effet, les 2 premiers hommes et les 3 premières femmes de la course pouvaient décrocher leur sélection. Un enjeu majeur pour des coureurs rêvant de porter le maillot bleu.

Mais les favoris, qui ont fait toute la montée vers le sommet du Ventoux en tête, ont vécu un véritable cauchemar. Alors qu’ils comptaient près de 3 minutes d’avance et qu’ils se dirigeaient probablement vers les 6 premières places, le groupe des 6 favoris masculins, avec Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba, s’est trompé de chemin au 28ème kilomètre, parcourant environ 4,5 km supplémentaires avant de rattraper le parcours et perdant au passage près de 20 minutes et tout espoir de podium.

Décroché du groupe de 6, Pierre Livache, dernier vainqueur du Grand Trail des Templiers et faisant également partie des favoris, n’a pas commis la même erreur et a pointé en tête au Chalet Reynard, avant d’abandonner sur blessure.

Au final, c’est l’inattendu Florian Séguy-Bernabeu qui est allé décrocher le titre suprême, en 4h 18mn 01s. Il a devancé 2 autres challengers sur le podium, Xavier Bartoli (4h 22mn 51s) et Valentin Benard (4h 23mn 55s).

Vainqueur Hommes trail long
Florian Séguy-Bernabeu, vainqueur du trail long. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : Audrey Tanguy de bout en bout

Pas de grosse surprise en revanche chez les femmes, où Audrey Tanguy a fait toute la course en tête de bout en bout pour s’imposer en

4h 58mn 02s. Elle devance Marie Goncalves (5h 00mn 32s) et Anne-Cécile Thévenot (5h 01mn 06s). Autre favorite, vainqueure en 2025 du Trail du Ventoux, Adeline Martin a terminé au pied du podium en 5h 09mn 40s. Le top 3 est qualifié pour les championnats d’Europe de trail, une 4ème place restant à discrétion des sélectionneurs.

Vainqueure femme Trail long
Audrey Tanguy, vainqueure du trail long. Photo Organisation

Championnats de France de trail long 2026 : qui est en faute dans l’erreur d’aiguillage ?

La question de la responsabilité dans l’erreur de parcours des leaders masculins était bien sûr sur toutes les lèvres, entre ceux qui désignent les coureurs, insuffisamment attentifs, et ceux qui désignent l’organisation, dénonçant un problème de balisage suite à la modification de dernière minute d’une partie du parcours une fois la course lancée, pour des soucis de sécurité sur les crêtes au niveau du col des Tempêtes où des rafales à plus de 120 km/h avaient été enregistrées la veille, créant des conditions de course dangereuses.

Par souci de clarté, l’organisation a tenu à préciser que le parcours était parfaitement balisé et que l’erreur d’aiguillage du groupe de 6, au km28, s’est produite après la modification de parcours, donc sur une partie initialement prévue sur le parcours officiel. Les 6 coureurs de tête, qui étaient sur une zone de crête, n’auraient pas vu les 8 balises qui signalaient un changement brusque de trajectoire et auraient continué sur la crête sur leur lancée. A leur décharge, ce sentier continuant tout droit sur les crêtes avait été emprunté la veille par les coureurs du 75 km de l’Intégrale des Crêtes et donc très marqué, avec qui plus est semble-t-il une ou 2 balises « oubliées » la veille par l’équipe ayant débalisé le terrain et ayant conforté les 6 dans leur mauvaise direction.

Dans cette zone de crête très ventée, il aura suffi que le coureur de tête fonce tout droit sur un sentier marqué par les passages de la veille et « zappe » l’intersection, qui n’était pas matérialisée par un « aiguilleur humain », pour que les 5 autres s’engouffrent derrière lui et se perdent également. La loi du sport…

Championnats de France de trail long 2026 : la performance de Rémy Brassac

Sans rien enlever au mérite du nouveau champion de France, et à ses assesseurs, on retiendra pour la petite histoire qu’après avoir perdu 20 minutes dans cette erreur, Rémy Brassac réussit la prouesse de finir 6e, meilleur des 6 « égarés », à seulement 9mn50 du vainqueur, et 5 minutes de la 2e place qualificative. Il remporte au passage un 3e titre de champion de France de sa catégorie Master 0. Le 2e « égaré », Antoine Charvolin, qui faisait figure de grand favori, termine quant à lui 13e à 13mn37 du vainqueur.

Rémy Brassac
Rémy Brassac. Photo Organisation

Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : un casse-tête pour Adrien Séguret

Il y a d’un côté les résultats sportifs, et de l’autre les ambitions de l’équipe de France et du staff de la FFA. Dans les faits, les 2 premiers du Championnat de France de trail long ont gagné leur place pour rejoindre le champion du monde de trail court 2025 Frédéric Tranchand, déjà sélectionné, afin de défendre les couleurs des Bleus à Kamnik, en Slovénie, du 5 au 7 juin, sur l’unique distance de trail des championnats, un format de 52km et 2500mD+ similaire à celui du Ventoux. Il s’agit donc indiscutablement de Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli. Bravo à eux. Il ne reste donc en théorie qu’une seule place à pourvoir, à la discrétion de la Fédération, puisque la sélection finale peut compter 4 athlètes.

Dans la réalité, l’équipe de France doit aller chercher des médailles, même si faire aussi bien qu’en 2024 à Annecy semble mission impossible (3 Français aux 3 premières places, Thomas Cardin devant Benjamin Roubiol et Loic Rolland, et une médaille d’or par équipe).

Sélection pour le championnats d’Europe de trail 2026 : une réunion au sommet

Or, sans manquer de respect à Florian Bernabeu-Seguy et Xavier Bartoli, qui ont remarquablement couru et ont eu la lucidité de ne pas faire d’erreur de parcours, il est très probable que sans leur erreur d’aiguillage au 28e km, les 2 sélectionnés auraient été parmi le groupe des 6 « égarés » : Antoine Charvolin, Mathieu Delpeuch, Robin Juillaguet, Rémy Brassac, Arnaud Bonin et Clément Lalba. Et que parmi ces 6, Rémy Brassac, 6e à seulement 9mn50 du vainqueur, était sans doute le plus fort du jour. Alors, que faire ?

« C’est une situation très compliquée, et la décision devra se faire en toute transparence », a déclaré Adrien Séguret, entraîneur des Bleus. Ainsi, dimanche, quelques minutes, après l’arrivée, le sélectionneur a réuni les 2 premiers et les 6 coureurs « égarés » dans une salle du conseil municipal de la mairie de Bédoin mise à leur disposition pour leur expliquer la situation, laissant la porte ouverte quant à une éventuelle modification des critères de sélection au vu des circonstances exceptionnelles et de l’intérêt supérieur de l’équipe de France, qui permettrait peut-être de sélectionner Rémy Brassac et Antoine Charvolin.

Si aucune décision n’a encore été prise, une chose est sûre : elle risque de faire grincer des dents. 

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Première course de plus de 100 km pour le premier, course de rattrapage pour la seconde, Thomas Cardin et Courtney Dauwalter se sont imposés avec brio sur le 120 km et 5200m D+ du Chianti Ultra Trail, débutant leur saison 2026 en fanfare.

Chianti Ultra Trail : le baptême du feu de Thomas Cardin

Il sait courir vite et longtemps – et ses victoires sur des courses comme la SaintéLyon ou le Grand Trail des Templiers le prouvent -, mais saurait-il tenir la distance ? Telle était, en substance, la grande question que se posait Thomas Cardin au départ de ce format de 120 km, inédit pour lui qui n’a jamais couru d’épreuve de plus de 85 km.

Parti devant avec un groupe dans lequel on retrouvait notamment Vincent Bouillard, 3ème l’an dernier derrière Jim Walmsley et Kilian Jornet, l’Américain Jeff Mogavero et l’Italien Andreas Reiterer, Thomas Cardin n’a jamais lâché la tête de course, déterminé à aller chercher une des 2 premières places afin d’obtenir un ticket d’or pour la Western States Endurance Run, son grand défi 2026.

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Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : Thomas Cardin seul en tête

C’est après 70 km de course que Thomas Cardin s’est détaché, produisant un effort qui lui a permis de prendre 6 minutes d’avance sur Andreas Reiterer et 7 sur Vincent Bouillard. Une avance qui allait tenir jusqu’au bout et permettre à Cardin de remporter son premier ultra de plus de 100 km. Il termine en 9h 58mn 38s, un chrono proche de celui de Jim Walmsley en 2025, même si le parcours était légèrement plus court et surtout la météo plus beaucoup clémente.

Andreas Reiterer termine 2ème 6 minutes plus tard, devançant Vincent Bouillard de 36 petites secondes. Mais l’Italien, dont la femme devrait accoucher en juin, a annoncé renoncer à son Golden Ticket pour la WSER, que Vincent Bouillard récupère donc. Ainsi, Thomas Cardin et Vincent Bouillard se retrouveront aux Etats-Unis sur cette course mythique, où les attendra sur la ligne de départ un certain… Kilian Jornet.

« C’est effrayant, a commenté Thomas Cardin, je viens de courir 120 km pour la première fois, et dans 3 mois il faudra en courir 160… »

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Andreas reiterer, Thomas Cardin et Vincent Bouillard. Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : l’inattendue Courtney Dauwalter

On ne l’avait pas vue depuis son terrible UTMB 2025, certainement la plus grosse défaillance de sa récente carrière, et elle n’était pas du tout prévue sur cette épreuve. Mais le hasard – et la météo – en ont décidé autrement. Alors que Courtney Dauwalter avait prévu de faire sa rentrée dans les îles Canaries, sur le Tenerife Blue Trail, une tempête a obligé les organisateurs à annuler toutes les épreuves. Heureusement pour l’Américaine, elle a pu au dernier moment changer de destination et s’inscrire sur le format 120 km du Chianti Ultra Trail.

Son statut de Présidente, ou de Queen, en faisait la favorite, et Courtney Dauwalter a tenu son rang. Partie prudemment, elle est toujours restée dans le trio de tête, avec la Norvégienne Yngvild Kaspersen, gagnante de la CCC en 2023, et l’Américaine Rachel Entrekin. Et ce n’est qu’au finish que la Présidente s’est détachée, pour s’imposer en 11h 31mn 55s, 10ème au scratch, avec 1mn39 d’avance sur la Norvégienne. Rachel Entrekin complète le podium, arrivée 7 minutes plus tard.

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Courtney Dauwalter s’impose. Photo Alensandro Moretti
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Le podium féminin, avec au centre la Présidente. Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : Andrzej Witek et Elísa Kristinsdóttir s’offrent le 75 km au bout du suspense

Sur les 75 km et les 3 100 mètres de dénivelé positif, la course a été d’une intensité et d’une combativité remarquables. Le Polonais Andrzej Witek a pris la tête dès le départ, imposant un rythme soutenu qu’il a maintenu tout au long de la course. Derrière lui, une longue bataille s’est engagée entre le Français Guillaume Tiphene et l’Italien Alessandro Affolati, tandis que Davide Cheraz restait longtemps dans le groupe de tête avant de perdre du terrain. Le final a été décisif : dans la descente de San Michele à Radda, Guillaume Tiphene a réussi à dépasser Alessandro Affolati et à prendre la deuxième place. À l’arrivée, Andrzej Witek a réalisé un temps exceptionnel de 5h 39mn 16s, devançant Tiphene (5h 47mn 11s) et Affolati (5h 48mn 42s). Davide Cheraz a finalement terminé quatrième en 5h 51mn 54s.

La course féminine du 75 km du Chianti Ultra Trail a également offert un duel palpitant entre l’Islandaise Elísa Kristinsdóttir et la Suissesse Judith Wider. Les deux coureuses sont restées ensemble jusqu’au ravitaillement d’Albola, à 20 km de l’arrivée, où Kristinsdóttir a accéléré et pris la tête, s’imposant finalement en 6h 22mn 31s. Judith Wider a terminé deuxième en 6h 31mn 48s, tandis que la Néerlandaise Hannah Derksen a pris la troisième place en 6h 46mn 11s.

Voir les résultats complets ICI

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Il est de tradition d’écrire des comptes rendus de courses de façon neutre, sans prendre parti. Sauf lorsque l’on y a participé. C’est le cas de ce récit, un témoignage de l’aventure vosgienne vécue par Cécile Bertin, qui depuis longtemps était tentée par cette expérience. Un Trail des Hautes Vosges aussi séduisant qu’un bonbon…

Trail des Hautes Vosges : une réputation d’excellence

Cela fait des années que je voulais aller courir dans les Vosges. Moi qui cours littéralement le monde, c’est un fait : si j’ai beaucoup couru en France à mes débuts, j’ai, pour mon travail de journaliste, été envoyée à l’autre bout du monde plutôt qu’à l’autre bout de notre beau pays. Aussi, lorsque j’ai évoqué mon envie d’aller courir le Trail des Hautes Vosges sur mes réseaux sociaux, j’ai été agréablement surprise de recevoir plein de messages qui disaient tous la même chose : « Tu vas adorer, l’organisation est incroyable ! »

Est-ce que c’est parce qu’à la tête du club, le Cahm Athlé qui se cache derrière la course, il y a une femme, Nathalie Humbert ? Allez savoir ! Mais force est de constater que, plus que le parcours, tous les anciens participants mettaient en avant les humains qui font de cette épreuve une pépite. J’avais donc hâte de découvrir et de faire connaissance avec les désormais célèbres « gilets bleus ». Rétrospectivement, en écrivant ces lignes, je m’aperçois que même si j’imagine que le choix de la couleur est lié à la fameuse ligne bleue des Vosges, j’ai oublié de vérifier cette info. Il faudra que j’y retourne pour avoir la réponse à ma question !

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un départ « dré dans l’pentu »

Dimanche 1er mars, je rejoins donc le village du Ménil, qui depuis trois ans maintenant est le lieu de départ des courses. Qu’il fait bon retrouver ces salles polyvalentes plantées à côté des stades de foot qui sentent le café parce qu’il est offert aux participants en attendant le départ. Dans le sac coureur, une paire de chaussettes de la célèbre marque vosgienne « Bleu Forêt » et une bouteille de « Bubulle à Bubu », une boisson pétillante à la myrtille ou, comme on dit là-bas, au bluet des Vosges.

Je suis un peu inquiète du nombre de toilettes disponible, tellement inférieur à ce que je peux voir aux USA. Mais pas de panique, en quelques minutes, mon pipi de la peur est soulagé, première preuve que l’orga sait ce qu’elle fait. Quelques minutes avant le départ de mon 30 km, les dernières infos pour le briefing sont données.

Et puis c’est enfin le moment d’y aller. Pas vraiment le temps de s’échauffer, on quitte le village pour très vite grimper dans la forêt. À ce propos, si votre idée est de performer, pensez à faire monter le cardio avant le départ pour éviter de vous retrouver avec le cœur qui tape fort dans la poitrine à peine le premier kilomètre avalé !

Trail des Hautes Vosges : un 30 km vu de l’arrière

C’est parti pour une superbe balade dans la montagne vosgienne. Je décide de laisser partir le peloton et me cale aux côtés des deux serre-files de la course, j’ai nommé Cécile et Yannis. Qu’ils soient ici officiellement remerciés de leur bienveillance et de leur gentillesse de chaque instant ! Parce que oui, quoi de mieux pour tester une course que de voir comment les derniers sont « traités » ? J’ai souvent constaté, hélas, que des organisations qui pourtant ont plutôt bonne réputation ont tendance à oublier qu’il y a des derniers, et qu’ils sont ceux qui ont justement le plus besoin qu’on prenne soin d’eux.

Autre intérêt pour moi de faire ce choix, plus « professionnel » celui-là : j’ai eu la chance de suivre un jour les « fermeurs » de l’UTMB sur le dernier tronçon (article à découvrir chez nos amis de Jogging International ici). J’avais envie cette fois de suivre la fin de course d’une distance plus raisonnable, où on ne risquait pas d’avoir à gérer des hallucinations. Et force est de constater que si l’organisation du trail est à la hauteur, les traileurs vosgiens le sont aussi. À part une entorse, aucun autre blessé à prendre en charge. Mieux, avec mes deux compagnons de route, nous n’arriverons jamais à rattraper le ou la dernier(e), trop occupés, il faut bien l’avouer, à admirer les paysages qui nous entourent.

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un parcours à la hauteur

Le parcours de ce 30 km est vraiment très bien conçu : du dénivelé façon « dré dans l’pentu », tempéré par un plus doux et rond comme les montagnes qui nous entourent. Avec en point d’orgue des points de vue superbes sur le Ballon d’Alsace que l’on aperçoit en fond d’écran. Et surtout de la forêt mousseuse à souhait qui te donne l’impression d’être dans Le Seigneur des Anneaux. Niveau terrain, de la boue mais pas trop, et de l’eau mais pas trop non plus pour presque réussir à garder les pieds au sec si tu acceptes de quitter la trace quelques instants.

Quant aux ravitaillements, ils sont très bien pourvus et hyper variés, même pour les derniers, avec entre autres le fameux et délicieux pain des sportifs de la Boulangerie Pinot, partenaire de la course. Charcuterie, chips et m&m’s à volonté, sans oublier les popcorns de chez Popcorngourmand, une nouveauté de l’année que j’ai adorée et qui, eux aussi, viennent d’un fabricant local, c’est important de le préciser. Côté hydratation, en plus de la célèbre boisson goû cola, on trouve aussi du sirop de citron et de menthe, ce qui est là aussi une excellente idée pour les organismes barbouillés en manque de sucre.

Trail des Hautes Vosges : des barrières horaires adaptées

Pour la question des barrières horaires du 30 km, qui inquiètent souvent les personnes qui débutent, il y en a 2, une pour chaque ravitaillement. Elles sont confortables, donc aucune raison de paniquer. En étant avec les serre-files, avec plusieurs arrêts et en marchant la plupart du temps pour ne pas rater un coureur qui se serait éloigné de la trace, nous les avons passées, la dernière à 5 minutes précisément.

Attention tout de même pour le dernier tronçon, c’est le seul où il ne s’agit pas de lambiner, car vous risqueriez de rater le temps maximum autorisé sur la ligne d’arrivée, ce qui serait tout de même très dommage. Les derniers kilomètres sont en grande partie descendants, très peu techniques par temps sec, alors pensez juste à bien vous alimenter au dernier ravitaillement et « foncez » pour passer fièrement la ligne d’arrivée qui n’attend que vous !

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : 3 distances à découvrir

Vous l’aurez compris, je me suis régalée de bout en bout. Et, j’avoue, j’ai une furieuse envie de revenir prochainement pour, qui sait, aller voir ce nouveau 42 km. Plus qu’une course, ce Trail des Hautes Vosges est aussi et surtout un incroyable moment de convivialité grâce à une équipe qui sait tout mettre en œuvre pour que les traileurs découvrent les chemins mais surtout l’accueil « à la vosgienne ».

Bon à savoir : les trois distances cette année étaient un 14 km (600m D+), un 30 km (1 250m D+) et, pour la première fois, un 42 km qui cumule 1 800m de D+. Le 14 km est accessible dès 18 ans, idéal pour découvrir le format trail dans un décor naturel.

Trail des Hautes Vosges : et on dort où ?

Question logement : l’hôtel les Sapins est le plus proche de la ligne de départ. Il y a de nombreuses locations saisonnières à retrouver sur le site de l’Office du Tourisme, parfait pour organiser son séjour puisque, quitte à venir dans les Vosges, autant en profiter pour faire un peu de tourisme vert.

Pour ma part, j’ai séjourné Domaine de Champé un camping 5 étoiles, situé à 15 petites minutes en voiture du départ. L’établissement est partenaire de la course et offre donc un tarif spécial pour le week-end incluant la demi-pension et même un système de navette ultra pratique pour permettre aux familles de ne pas avoir forcément à se lever tôt le matin pour accompagner son ou sa champion(ne).

Ils proposent également un last checking pour pouvoir repasser tranquillement se doucher et pourquoi pas profiter de leur spa (là aussi, tarif spécial pour les traileurs) avant de rentrer chez soi ou de dîner à leur nouvelle table, « Chez Jean Mi », qui vient d’ouvrir et qui est vraiment à découvrir.

L’info en +

L’expression « ligne bleue des Vosges » est apparue dans le testament de Jules Ferry qui, maire de Paris en 1871, mais surtout député des Vosges, demandait à être enterré dans sa ville natale de Saint-Dié-des-Vosges : « Je désire reposer dans la même tombe que mon père et ma sœur, en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus. » Les stigmates de la Guerre de 1870 étant encore très présents dans le cœur de tous les Lorrains avec cette nouvelle frontière sur la ligne de crête vosgienne, qui laisse l’Alsace et une partie de la Lorraine au voisin allemand, cette expression est devenue « virale ».

Une autre explication, plus scientifique et un peu moins poétique, fait référence à l’expulsion d’aérosols par les arbres tels que l’isoprène qui, de la même façon du côté des Appalaches aux USA ou en Australie avec les fameuses « Blue Mountains », donne le sentiment qu’un halo bleu surplombe les sommets.

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