Kilian Jornet s’est fixé un nouveau défi. Ce mois-ci, il se positionnera au départ de la piste de 400 mètres de Måndalen, en Norvège, et courra pendant 24 heures consécutives. Pour Jornet, qui a gagné des courses de trail running dans le monde entier, ce défi le sortira de l’ordinaire, ce qui est loin de lui déplaire : « Ce qui me motive, c’est sortir de ma zone de confort, essayer des choses différentes et voir ce dont je suis capable, qu’il s’agisse de grimper à haute altitude ou, dans le cas présent, de courir sur terrain plat. C’est amusant de découvrir les différentes choses que je peux faire. En plus d’être un bon test, s’entraîner sur le plat est l’occasion d’en apprendre davantage en matière de nutrition et de rythme, puis d’appliquer ces connaissances à d’autres activités, même à l’alpinisme par exemple. » 

Comme le projet dépend en quelque sorte des conditions météorologiques, il reste à fixer la date exacte de la course de Jornet. La date actuellement prévue est le 21-22 novembre, si la météo y est favorable.  La Norvège, pays de résidence de Jornet, a été relativement épargnée par la pandémie de COVID-19. Précautions sanitaires obligent, le stade sera néanmoins interdit aux spectateurs pendant la course. Afin que la course soit officielle, plusieurs coureurs d’ultra norvégiens accomplis participeront également. 

Jornet a ce défi de 24 heures en vue depuis plusieurs mois et, comme à son habitude, il ne fera part d’aucune prévision ou attente quant à la distance qu’il peut parcourir. Ceci dit, lorsque l’Espagnol se met en piste, l’extraordinaire est toujours possible. Officiellement, la plus longue distance jamais courue en 24 heures a été établie en 1997 par Yiannis Kouros, qui a parcouru 303,506 kilomètres, ce que Jornet qualifie de performance « absolument dingue ? Ça fait tellement de kilomètres que je n’arrive même pas à me le représenter », déclare Jornet. « J’ai vu les temps intermédiaires de Yiannis, je vais essayer de m’y tenir aussi longtemps que possible. Je connais la vitesse horaire que je dois maintenir, donc je connais le rythme pour chaque kilomètre et chaque tour. Bien entendu, les 10 premières heures seront plus rapides, puis je ralentirai toutes les heures. J’ai un plan et je sais à quelle allure je veux courir chaque heure. L’essentiel est de ne pas avoir de problèmes musculaires et d’arriver à manger sans avoir de grosses périodes de relâchement. » 

« Nous, les sportifs de montagne, nous avons un gros moteur, donc c’est facile côté cardio et endurance », explique Jornet. « Je dois surtout travailler la vitesse parce que mes jambes ne sont pas habituées à bouger aussi rapidement. Pour me préparer, j’ai consacré trois jours par semaine au travail de la vitesse sur piste ou sur route. Mais la façon dont on court sur le plat est très différente de la course en montagne, où on lève les jambes plus haut pour franchir les obstacles et avec des appuis différents à cause des variations du terrain. »

Une grande partie des recherches de Jornet sur l’entraînement avait pour principal objectif de réduire au minimum les blessures potentielles dues au mouvement répétitif de la course sur le plat. En fait, il a été forcé de reporter sa tentative des 24 heures ces dernières semaines en raison de blessures musculaires persistantes survenues avant sa première compétition sur route de 10 km, la célèbre Hytteplanmila en Norvège, qu’il a bouclée sur un très modeste pour lui 29:59 mi-octobre.  

« Je pense que le plus grand défi est de réussir à s’entraîner régulièrement sans se blesser car la transition vers le plat est très dure pour les muscles », confie Jornet. « L’entraînement a été un peu frustrant ces derniers mois, où j’ai enchaîné les blessures. J’avais de bonnes périodes, puis je me retrouvais avec une blessure qui me condamnait au repos. Après la course de 10 km, j’ai dû arrêter l’entraînement pour guérir une blessure. Maintenant, mon plan consiste à faire une bonne semaine d’entraînement et voir comment mon corps réagit, puis à laisser les tissus musculaires se reposer et récupérer avant la tentative. »

Le jour de la tentative, Jornet changera de sens toutes les quatre heures sur la piste qu’il connaît désormais par cœur. Il prévoit des températures avoisinant 0 °C la nuit et de 8 à 15 ° en journée.   

Le coureur italien devait commencer aujourd’hui sa 4ème et dernière Transgrancanaria 360, mais il a décidé de ne pas continuer suite à une douloureuse lésion au quadriceps droit et aux très hautes températures. Il avait commencé son défi de parcourir les 4 Transgrancanaria 360 à la suite le 31 août dernier.

Luca Papi vient d’une autre planète, un extraterrestre comme beaucoup le définissent, une machine à kilomètres qui aujourd’hui a écrit une grande page de l’histoire de l’ultrafond. Le coureur italien s’était donné comme objectif de réaliser les 4 éditions de la Transgrancanaria 360, en parcourant plus de 1100km avec un dénivelé positif et négatif de plus de 100.000m en 15 jours. Mais aujourd’hui, 13 jours après le début de l’aventure, le coureur italien habitant en France a décidé de ne pas continuer et a arrêté le chrono à 850km et 41242m de dénivelé positif et négatif.

Luca Papi est parti lundi 31 août à 23h du Port de Las Nieves d’Agaete. Après un échauffement de 46km jusqu’au Roque Nublo, il a pris le départ de la première Transgrancanaria 360 de son défi sur le parcours de la dernière édition qui s’est tenue en mars cette année.

Il a commencé son aventure en bouclant en environ 72h le parcours de l’édition 2020 de la Transgrancanaria 360, sur un tracé très difficile de 262km, depuis le centre de Gran Canaria jusqu’au Phare de Maspalomas. Il a ensuite poursuivi avec le tracé correspondant à l’édition de la 360 2018 (269km/12000mD), au cours duquel, la nuit du dimanche 6, il est passé par l’un des endroits les plus emblématiques de l’île : la plage de “las canteras” ainsi que la “calle Triana”. Puis, il a enchaîné avec le tracé de l’édition 2019 (264km/13265mD), sur lequel il a mis 102h10mn à cause de la chaleur et d’une lésion au quadriceps droit l’obligeant à marcher sur une grande partie du parcours. 

Malgré des conditions extrêmes (semaines très chaudes avec des températures dépassant les 40 degrés la journée et jusqu’à 32 la nuit, très peu de sommeil seulement dehors sur le chemin, longs passages sans point d’eau), Luca n’a jamais perdu le sourire et a apprécié à chaque instant l’accueil des habitants de Gran Canaria qui sont venus le ravitailler, l’ont accompagné durant des heures, et l’ont même massé pour l’aider à récupérer.

Le conseiller du sport du Cabildo de Gran Canaria, Francisco Castellano, lui a remis une plaque commémorative à son arrivée à Maspalomas

Après ces 13 jours et 850km sur un parcours très exigeant cet ultra fondeur italien, vainqueur de trois des quatre éditions de la Transgrancanaria 360, est ainsi devenu l’un des athlètes les plus aimés dans l’île.

Photos Joséfir

Plus haut sommet des Alpes du Sud, la mythique Barre des Écrins et ses 4102 m fait rêver tous les alpinistes et traileurs. Le 29 juin 2020, Romain OLIVIER, membre de la Team Trail CimAlp s’apprête à faire une tentative de record lors d’un aller-retour vers ce mastodonte des Hautes-Alpes depuis Vallouise, dans le Pays des Écrins (05). Au programme, 49 km et 2500 m de dénivelé positif, un défi de haut vol !

 #1. ROMAIN OLIVIER, ULTRA TRAILEUR & GUIDE DE HAUTE MONTAGNE

Originaire des Hautes-Alpes, Romain OLIVIER est un traileur aguerri. Vainqueur de l’Oman by UTMB®2019 avec plus d’1h30 d’avance sur Julien CHORIER et Seb CHAIGNEAU, ce guide de haute montagne aime relever de nouveaux défis. Amoureux de son territoire et comme un clin d’œil à sa femme qu’il a demandé en mariage au sommet de la Barre des Écrins, Romain s’élancera lundi 29 juin, de nuit, à la conquête de ce sommet des Hautes-Alpes. Sa première course depuis la levée du confinement.

LE PARCOURS

Le départ est donné depuis le village de Vallouise dans le Pays des Écrins jusqu’au pré de Madame Carle, lieu de départ de nombreuses randonnées. Puis direction le glacier Blanc. Une corde statique de sécurité attend Romain sur la partie sommitale de la Barre des Écrins avec tout du long des amis et un guide de haute montagne au sommet pour accomplir cette ascension en toute sécurité. Le retour se fait par le même chemin en sens inverse.

« La Barre des Écrins sera un défi alpin entre copains montagnards et une famille construite à travers la montagne » – Romain OLIVIER

L’OBJECTIF

Romain Olivier souhaite, par le biais de cette ascension, promouvoir les paysages du Parc national des Écrins et du Pays des Écrins, mais également faire prendre conscience à tous de l’impact du réchauffement climatique sur la montagne. La preuve avec le glacier Blanc qui connaît une fonte record sur 20 ans de mesure avec près de 16,40 m d’épaisseur de glace en moins…

 #2. LA BARRE DES ÉCRINS, LE « 4000 » LE PLUS MÉRIDIONAL DES ALPES – ALT 4102 M

Situé dans le Pays des Écrins, au cœur du Parc national des Écrins, la Barre des Écrins est le point culminant des Alpes du Sud avec ses 4102 m d’altitude. Considéré comme le toit des Hautes-Alpes, il était le point culminant de la France jusqu’au rattachement de la Savoie en 1860 qui a fait du Mont-Blanc le nouveau sommet du pays. De nombreux alpinistes partent à l’assaut de la Barre des Écrins durant la saison estivale.

INSOLITE : pendant de nombreuses années, les alpinistes considéraient le Pelvoux comme le point culminant du massif. La Barre des Écrins n’a été découverte que tardivement, en 1864, par l’alpiniste Edward Whymper qui avait à cœur de gravir le plus haut sommet du pays.

POINTS D’INTÉRÊTS SUR LE PARCOURS

Vallouise, village typique des Hautes-Alpes

Village pittoresque qui a su garder son charme d’antan, cette commune, située aux portes du Parc national des Écrins s’étend de 1200 m à 3669 m d’altitude (sommet des Bans). Elle se trouve en plein cœur de la vallée du même nom, située aux confins de la vallée du Gyr et de l’Onde. Lieu de villégiature idéal pour les amoureux de la montagne, sa situation géographique permet un accès aux différents sites de randonnée, d’alpinisme ou encore d’escalade.

Le Pré de Madame Carle, porte d’accès vers le glacier Blanc

Ancienne plaine fertile au fond de la vallée de la Vallouise, le Pré de Madame Carle est l’une des merveilles touristiques du Pays des Écrins. À proximité du glacier Blanc, ce site protégé est le point de départ de randonnées mémorables en montagne.

Le glacier Blanc, le plus grand des Alpes du Sud

Le deuxième lieu le plus visité du Parc national des Écrins (après le Pré de Madame Carle), le glacier Blanc, sous haute surveillance, est un des bijoux du Pays des Écrins. Un lieu unique où la montagne et la glace ne forment qu’un ! Le front du glacier Blanc se situe à 2300 m d’altitude, il prend sa source au pied de la Barre des Écrins à 4000 m d’altitude.

Après des mois de confinement, It’s « time to play again » pour les 8 athlètes de la Team Salomon qui s’apprêtent à prendre part à un véritable défi physique à travers la France en relais. L’occasion de mettre en avant les valeurs du sport mais aussi les magnifiques paysages de notre territoire. Durant ce challenge sportif et humain, ils feront la promotion de la gamme Golden Trail Series de Salomon. Les ventes de celle-ci contribueront au don prévu par la marque en réponse à l’appel d’urgence Covid-19 lancé par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Le sport a été mis à rude épreuve ces derniers mois. Alors que de nombreuses courses ont été annulées, les valeurs du sport restent pourtant très présentes dans l’univers collectif : solidarité, respect, esprit d’équipe, et dépassement de soi. Ces valeurs fortes se sont avérées essentielles durant la crise sanitaire que nous avons connue. Plus que jamais, il est indispensable aujourd’hui, de les faire perdurer pour se reconstruire » explique Véronique Rémy, Directeur Marketing Salomon France et Belgique.

Des athlètes de renom pour un sacré challenge

Il y a encore quelques mois, les athlètes Salomon avaient de grandes ambitions pour la saison 2020. Leurs challenges ayant quasiment tous été avortés, ils n’attendent qu’une chose, remettre leurs chaussures de running et arpenter les sentiers vers de nouveaux objectifs. « Avec la pandémie et les règles sanitaires en place, toutes les courses prévues aux programme jusqu’à août ont été annulées. Trouver un challenge pour motiver les athlètes à s’entrainer et se dépasser était très important.  Ce concept de course en équipe est également un outil de cohésion très fort pour la Team Salomon qui n’a jamais l’opportunité de passer autant de temps ensemble sur un projet » explique Jean-Michel Faure-Vincent, responsable de la Team Salomon France. C’est dans cette idée de nouveau challenge et de partage de valeurs sportives que 8 athlètes de la Team Salomon vont s’élancer dans une course en relais, de près de 1000 km et 41600mD+ à pied et à vélo, en 6 jours à travers la France.

Du 5 au 11 juillet 2020, François D’haene, Thibaut Baronian, Sébastien Spehler, Michel Lanne, Camille Bruyas, Theo Détienne, Julien Michelon et Nathan Jovet, se relaieront de Châtenois/Alsace à Nice via les Vosges, le Jura, et les Alpes. Les athlètes feront découvrir notre beau territoire au travers de photos et vidéos. Durant cette traversée, ils seront rejoints par des invités surprises qui prendront part à l’aventure. 

Pour François D’haene, « ce projet est l’occasion de faire voyager les gens avec nous, avec un brin d’aventure et de suspens (humour – fatigue – montagne), proposer une belle trace longue et logique plutôt qu’établir un chrono à tout prix ou un temps de référence – montrer un esprit d’équipe et partager nos expériences de l’ultra ».

« Participer à une expérience unique, qui sera peut-être la seule tous ensemble. Partager aussi des moments “hors zone de confort” qui ne sont pas forcément faciles à caser dans une saison classique. Vivre des moments qu’on ne vit que sur de telles aventures. L’envie d’être avec vous, sans pression, sans course, juste en faisant ce qui nous fait kiffer toute l’année » renchérit Thibaut Baronian.

Camille Bruyas, la seule féminine de l’équipe est ravie de prendre part à l’aventure et espère pouvoir apporter de la motivation à tous ceux qui vont les suivre et les accompagner sur ce relai.

 À la découverte des plus beaux paysages français

Cet été, pour la majorité des Français les vacances se feront sur le territoire hexagonal. L’occasion pour nombre d’entre eux de découvrir ses magnifiques paysages, et notamment ses reliefs montagneux. « Avec la création de cette traversée, nous souhaitons inspirer les Français, leur faire découvrir la diversité et la splendeur de nos territoires et les inciter à venir jouer dehors »  se ravit Véronique Rémy. Quant aux fans d’outdoor, ils pourront suivre l’aventure des 8 athlètes sur le site Salomon, et voir leur évolution grâce à un traçage GPS. Libre à chacun, par la suite, de tenter de se dépasser sur ces sentiers empruntés par les athlètes. Ils pourront également échanger avec les athlètes sur leurs réseaux sociaux.

Les valeurs de cette traversée

-PLAY – Reprendre du plaisir à courir avant tout, même sans dossard

-EXPLORE – Découvrir le territoire français et notamment la montagne

-CHALLENGE – Toutes les traces du parcours de trail mis en ligne grâce à Suunto et accessibles en téléchargement

-CARE – Soutenir les athlètes et la Croix Rouge avec la capsule GTS. 50% des profits seront reversés à la Croix rouge

Une traversée solidaire

Associer cette aventure à une cause, est apparu comme une évidence pour Salomon. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), mondialement connu et reconnu, joue un rôle crucial dans la lutte actuelle contre le Covid-19. Un appel d’urgence vient d’être lancé. Le CICR vient en aide aux personnes touchées par divers conflits dans le monde. Les efforts de l’organisation dans le cadre de la crise du Covid-19 visent à apporter une aide humanitaire sous la forme de fournitures médicales et de matériel, mais aussi un soutien financier et la formation de personnel pendant la pandémie mondiale. C’est donc tout naturellement que Salomon a décidé de lui apporter un soutien financier en reversant une partie des bénéfices liés à la vente de la série limitée GTS au CICR. En effet, durant leur périple, les athlètes porteront et feront la promotion des produits Salomon GTS (Golden Trail Series) Limited Edition.

La collection GTS au profit de la Croix Rouge

Nouveauté de l’été 2020, la collection Golden Trail Series (GTS) rend hommage au circuit international de trail running lancé par Salomon il y a trois ans. Et ce, afin de réunir les plus grands athlètes de ce sport et d’organiser les courses les plus exigeantes. Dans cette édition limitée, les modèles les plus populaires de la marque, chaussures, vêtements et équipements se parent de nouveaux coloris et du logo Golden Trail Series. La gamme GTS est disponible dans les magasins Salomon et magasins partenaires premium dans 20 pays, ainsi qu’en ligne sur Salomon.com

 Le Parcours

La traversée sera découpée en 5 étapes du 5 au 11 juillet 2020.

Vous pouvez suivre la progression des athlètes sur Salomon et sur les réseaux sociaux avec le #laGrandeTraverseeSalomon

Il ne faut jamais se fier au profil d’une course. On s’y appuie comme à une balustrade en se disant que visiblement, mais enfin c’est bien clair, la section qui suit est simple. C’est ce que je pensais au 107ème kilomètre en terminant cette ascension impossible. C’était sans compter les montagnes russes invisibles qui prirent le relais pour avaler le peu de force qui me restait.

C’est toujours la même chose, cette difficulté qu’on oublie jusqu’au moment d’y être plongé une nouvelle fois, devoir avancer sans réfléchir, sans se poser de questions surtout. Ce Japonais qui louvoyait avec moi pensait-il la même chose ? Il n’a pas réagi lorsque je lui ai parlé, sauf par ce classique acquiescement éructif, la politesse de l’ultra traileur. Oui j’irai au bout une nouvelle fois et j’en parlerai avec mes camarades finishers comme d’une bonne blague.

Oman, qu’en pense-t-on ?

N’est-ce pas tout près des Émirats, sous l’influence massive de la grande Arabie Saoudite voisine, une terre désertique probablement inondée de sable où il serait malvenu de courir ? C’est mal connaître sa géographie… Oman est traversé par une chaîne montagneuse sur sa partie nord, un terrain de jeu naturellement destiné à la pratique de notre sport, qui plus est sur de longues distances comme on aime les appeler : les Ultras ! A 3000m, c’est le plus haut sommet de toute la péninsule arabique, et d’étroits canyons profonds de 1000m nous attendent. C’est là que se déroule l’Oman by UTMB. Depuis l’année dernière, l’UTMB commence à exporter son savoir-faire dans l’organisation de courses, dans des pays où le trail est peu ou pas connu. Il y a le Gaoligong by UTMB en Chine, Ushuaia by UTMB, et ainsi Oman by UTMB dans cette région où il n’y a guère plus que quelques courses organisées dans le sable et des 10km sur des trottoirs climatisés. Au retrait du dossard dans le fort de Nizwa aux pieds des montagnes, on est surpris de l’efficacité logistique d’une course qui n’en est qu’à sa deuxième édition. 

Ici, c’est un petit Chamonix arabique.

Les montagnards qui nous accueillent et nous dirigent au bon endroit sont de grands bédouins en tenue blanche traditionnelle. Ici on contrôle le matériel, là on récupère les deux sacs de délestage dont on pourra profiter pendant la course. Sur le 130km, ils sont positionnés aux 30ème et 72ème kilomètres, aux 72ème et 102ème pour le 170km. Cette année, ce sont plusieurs nouveaux formats (un 10km, un 50km et un 170km) qui ont été ajoutés à l’épreuve phare de 130km où les favoris du jour sont venus s’affronter. Il est certainement difficile de motiver le meilleur de l’élite internationale à la fin d’une saison intense, mais ce sont pourtant quelques beaux pedigrees comme Julien Chorier, Sébastien Chaigneau, Romain Olivier ou encore Mike Foote, qui se présentent cette année sur la ligne pour tenter de succéder à Jason Schlarb et Diego Pazos victorieux ensemble en 2019. Le matin du départ, nous sommes tous un peu inquiets de la technicité annoncée et des histoires racontées quant à la difficulté du terrain. Sébastien Chaigneau nous dit ainsi que le kilomètre vertical de la fin de course a été réglé en 1h30 par les vainqueurs de l’année dernière. Selon lui, cela résume le challenge. Pour un coureur lambda, cela signifie au moins 2h30. Un peu plus tôt sur le parcours, c’est une falaise très compliquée qui justifie l’utilisation d’un baudrier et de longes pour sécuriser le passage des coureurs. Le matin du départ, je rencontre Michel Poletti (le créateur de l’UTMB). Il est venu participer à la course qu’il a lui-même contribué à baliser, et je lui demande simplement ce qu’il en est. Il répond alors très facilement : “pour moi, c’est comparable à la TDS. C’est effectivement caillouteux, mais la difficulté n’est pas plus grande”. Avec le recul, je n’aurais pas dit la même chose.

Le départ des 130km a lieu à 19h30 depuis le fort de Nizwa.

C’est un lieu symbolique puisque la ville est l’ancienne capitale du Sultanat d’Oman, aujourd’hui le site historique le plus visité de tout le pays. Un privilège qu’il faut mesurer à sa juste valeur, comme on peut le constater à la présence de nombreuses personnalités locales venues encourager les coureurs, avec une solennité qui nous rappelle que les dignitaires ont encore ici un fort prestige. Le départ a lieu dans une ambiance très festive et l’organisateur a la bonne idée de nous faire traverser la vieille ville, longer les palmiers, puis repasser devant le fort où tous nous encouragent une dernière fois avant que l’on s’enfonce dans la nuit. La première partie de la course n’est pas difficile, une longue remontée dans le fond d’une rivière où les grenouilles nous accompagnent de leurs chants. Nous sortons du canyon après une belle montée sur une piste, puis nous basculons sur un large plateau où malgré la nuit je reconnais une topologie qui fait penser aux Causses de l’Aveyron. Une progression en balcon et une vue à l’horizon, que les coureurs du 170km, partis 5h plus tôt, ont sans doute appréciées. La géologie est pourtant ici fort différente. Point de calcaire, mais de larges dalles de basalte parsemées de quelques blocs métamorphiques qui, avec l’usure du temps se détachent pour nous empêcher de courir en sécurité.

A 250 coureurs au départ, nous nous retrouvons assez vite isolés.

Pour ce qui me concerne, j’aime être seul la nuit, c’est une course dans la course et on sait qu’elle ne dure jamais. L’aube me cueille vers le km 55 au pied d’une autre montée, là où les véritables difficultés commencent. En dehors de quelques sections roulantes, des pistes en terre, il y a assez peu de répit dès qu’on entre dans les singles. C’est très rocailleux, il faut lever les pieds, c’est abrasif, impactant. Les quelques relances possibles en descente se font sur un sol dur et dense qui freine vite les ardeurs. Au km 68, nous sommes au fond du Canyon et la remontée est difficile. Sur 2km, nous prenons 500m de dénivelé, en nous aidant des mains à de nombreux endroits. C’est impossible autrement. C’est aussi là que nous devons nous équiper d’un harnais, sans quoi il serait trop dangereux de passer. A la « base vie » juste au sommet, chacun récupère son sac de délestage. Je me contente juste d’une paire de chaussettes propres et je profite d’un excellent ravitaillement comme on en fait peu. C’est le restaurant d’un hôtel qui s’est mis à disposition de la course pour le plus grand plaisir des participants. J’échange à table avec un coureur de la première édition qui décide de ne pas aller plus loin cette année, il en a assez. Sans que je lui demande, et devant mon questionnement sous-entendu en mentionnant la Via Ferrata que nous venons de passer, il m’annonce que la suite est plus compliquée…

Le ton est donné !

Après le ravito, un petit répit ondulant de 14km nous est accordé avant les 40 derniers kilomètres parmi les plus difficiles que j’ai pu expérimenter en course. Une longue descente très raide, un kilomètre négatif qui achève les quadriceps, suivi de la remontée la plus verticale et la plus technique qu’on puisse inventer. De nombreux passages étroits au bord du vide, une attention de tous les instants, des bâtons inutiles puisque les mains servent avant tout à ne pas tomber. Il ne faut pas non plus être trop sensible au vertige, je pense aux coureurs du 170km qui ont dû y passer de jour. Sébastien Chaigneau avait raison, j’ai eu beau dormir 15 minutes avant d’en attaquer les 1100m d’ascension, il m’a fallu 2h30 pour en voir le bout, à une vitesse ridicule de 0.88 km/h. Pourtant je m’employais à ne pas trop m’arrêter, la fraîcheur de la nuit n’étant pas favorable. Mais ce n’était pas fini. Comme souvent devant une grosse difficulté, c’est la promesse d’un terrain plus doux, plus gentil qui nous motive. On a tous dans un coin du sac, le profil de la course qu’on a pris soin d’imprimer, la bouée mentale qui fait tenir. Ici, comme si l’organisateur avait pensé nous faire une surprise, c’est 5km de dents de scie que je n’avais pas vus, une succession de roulis à gauche puis à droite de la crête, et des passages engagés qui nous usent jusqu’au petit matin. La descente finale sur des dalles de roches rainurées par l’érosion, et devant un superbe lever de soleil, restera le beau dernier souvenir de cet Oman by UTMB.

J’estime que c’est une course difficile.

Elle est tentante, car dans le jeu des points distribués par l’UTMB, la terminer permet de ne pas subir le tirage au sort pour la ronde autour de Chamonix. Être finisher à Oman, c’est la garantie de courir l’UTMB. Pour autant, ne vous y précipitez pas pour cette seule raison sans un bagage confortable sur les Ultra techniques. Je ne sais pas comment les champions ont vécu Oman. Romain Olivier gagne en 18h20, plus de 2h devant Julien Chorier qui n’est pas le premier venu. C’est une très grosse performance. Il y a également eu quelques couacs sur des ravitaillements où les aiguilleurs ont envoyé les coureurs sur la mauvaise trace. Ainsi Mike Foote sur le 130km, en 2ème position à ce moment-là, perd 2h avant de pouvoir retrouver la bonne marque. Un autre coureur du 170km descend de 800m de dénivelé avant d’être complètement perdu et de devoir appeler l’organisateur. Le balisage était pourtant excellent, ces quelques coureurs mal informés se sont retrouvés sur la trace du 50km qui croisait la leur à un moment. Il aurait peut-être fallu prévoir une couleur différente que le même vert utilisé pour tous les formats. C’est le seul accroc de cette course qui a mis un terme aux espoirs de quelques participants, alors qu’il faut le dire, l’organisation est véritablement soignée. Rappelons en effet qu’il ne s’agit que de la deuxième édition d’une course où les bénévoles ont, à l’évidence, peu l’expérience de ce genre de manifestations. C’est bien l’état d’esprit, la gentillesse et l’attention des Omanais rencontrés sur les ravitaillements qui ont fait la différence. Ce fut toujours avec beaucoup de plaisir que nous étions accueillis.

CAHIER PRATIQUE

Distances

10km/295mD

50km/2300mD

130km/7400mD

170km/10400mD

Transports, hébergements

L’organisateur met en place plusieurs navettes en bus qui permettent de se rendre de l’aéroport de Mascate, la Capitale, à Nizwa où se trouve le village départ. On conseille de venir par Oman Air qui propose des vols directs entre Paris et Oman, plus rapides d’autant qu’on essaiera de ne pas arriver trop fatigué avant l’événement. La course est une traversée et non une boucle. Une navette régulière ramène les coureurs de l’arrivée au départ. Les hôtels proposés par l’organisateur, à quelques kilomètres seulement du départ, sont d’excellente qualité et sont aussi desservis vers/depuis le village par des navettes affrétées pour l’occasion.

Par Vincent Gaudin. Photos Vincent Gaudin et Organisation ©Oman Sail/Lloyd Images

Pour vous faire patienter avant de reprendre la compétition Courir en Briançonnais vous propose de défier les champions sur plusieurs tracés du Futur Espace Trail du Briançonnais  et de celui de Montgenèvre 3000 

Commençons par deux tracés du Futur Espace Trail du Briançonnais, avec le KV de ND des Neiges (5,5km/1050m+) et le tracé dynamique et court de la Pierre aux Œufs (3,4km et 200m+/-). Mallaurie Mattana et Alexandre Fine vont réaliser un chrono sur ces deux tracés vers la mi-Juin : il faudra tout simplement se rapprocher au plus près de leur chrono et pourquoi pas battre leur temps de référence. Alors bien sûr, ce défi est ouvert à tous locaux et vacanciers ! Un balisage provisoire léger de couleur jaune fluo a été réalisé sur les deux tracés. Merci de respecter cette trace et de ne pas couper les sentiers et bien entendu on compte sur vous pour votre fair play et sportivité concernant la véracité des chronos !

-Pour la Pierre aux Œufs : départ et arrivée devant la croix de la Chapelle st Arnould

-Pour le départ du KV : route en bitume de Moulin Faure devant la pancarte ND des Neiges aux feux. Arrivée devant la Chapelle !

Côté Montgenèvre, ce sont trois tracés qui seront à votre disposition avec le KV du Chaberton, 3,5 km/1000m+ (temps de réference Femme Marianna JAGERCIKOVA 47’44’’, Homme Simone EYDALLIN 39‘35’’), la Sprint Sky Race 13km/850m+/- (Femme Héloîse FERAUD 1h26’09’’, Homme Sébastien FINE 1h07’34’’), et enfin la liaison entre France et Italie 85km/4400m+/-, inauguré l’an dernier par l’ultra traileur Romain OLIVIER en 9h50’ 23’’ (pour l’instant pas de meilleurs temps concernant les femmes). Allez, on compte sur vous pour faire tomber ces records ! Retrouvez les traces GPX de ces tracés sur www.trailenbrianconnais.com. Ils sont aussi balisés sur le terrain car ils font partie intégrante de l’Espace Trail Montgenèvre 3000 ! Toutes les infos prochainement sur www.trailenbrianconnais.com

Article à découvrir dans ESPRIT TRAIL n°112, actuellement en kiosque…

Vous êtes enfin inscrit à votre prochain trail, vous avez payé, téléchargé votre certificat médical, regardé le parcours, le profil, les horaires, noté que vos amis pourront vous suivre en direct, et tout heureux vous partez pour votre première séance de côtes ! Mais savez-vous réellement ce qui se cache derrière votre écran d’ordinateur ou de Smartphone et qui vous a donné toutes ces informations sur votre prochain objectif ?

Si, comme moi, vous venez du milieu de la course sur route alors peut-être que votre connaissance des applications de suivi se limite à celles des grandes courses, grands marathons dans le monde ? Avec d’ailleurs l’illusion d’une simplicité absolue, car si le coureur court à telle vitesse au départ d’un point A, il va arriver alors à telle heure au point B. Et puis, s’il marche ou s’arrête, c’est en toute logique que l’application me le dira. Mais cette idée des applications de suivi, c’était avant. Avant de connaitre le monde du trail, avec ses dénivelés, positifs, négatifs, les différents types de terrains, l’impact de la météo, du degré d’humidité, de la présence des pollens, voire même des guêpes…

Une application qui vous simplifie l’assistance

Au final, c’est surtout lors d’un magnifique trail dans les montagnes du Sultanat d’Oman, en étant assistante de course pour un coureur, que j’ai pu découvrir l’énorme avantage (arrggh… encore 3h à attendre avant que mon coureur arrive, je retourne dormir…) et toute la prouesse technique en terme de précision d’une application de suivi de trail. Cette application disponible sur mon Smartphone, c’est Live Info fournie par un logiciel web du même nom que l’entreprise qui le produit, Livetrail®, et qui est aujourd’hui sans contestation, leader mondial dans le développement de solutions informatiques dédiées au monde du sport outdoor de longue durée.

L’innovation dans les applications de suivis en live.

Cette innovation, on la doit à Isabelle Poletti et à son mari Mickaël Viseux. L’histoire est simple et elle est née surtout d’une passion familiale, comme me l’explique Isabelle : «En 2003, mes parents, Catherine et Michel Poletti, passionnés de trail ont organisé le premier UTMB; à cette occasion ils m’ont demandé de l’aide pour créer le site internet de l’événement. En discutant avec eux, il nous est très vite venu l’idée d’utiliser le support web pour pouvoir donner de l’information aux familles des participants, le plus rapidement possible et sans attendre la ligne d’arrivée, durant cette très longue course. C’est ainsi que de fil en aiguille, nous avons commencé à créer un outil pour pouvoir suivre en temps réel les coureurs et répondre à la demande des familles et des proches des participants ainsi qu’à nos propres besoins en tant que membres de l’organisation. » Jusqu’en 2009, Isabelle et Mickaël travaillent ensemble pour développer et perfectionner leur système de gestion d’événement en étant bénévoles sur cette course d’ultra endurance, ce qui leur permettra de créer des outils au plus près des besoins de l’organisation, et d’affiner leurs algorithmes de prévision de passages des coureurs.

Peu à peu, le logiciel a évolué…

L’objectif était qu’il puisse s’adapter à toutes les courses, que ce soit en montagne ou sur route. « En 2011, mon frère David a intégré l’aventure pour la partie “terrain”. En 2013, la société est officiellement née sous le nom de LiveTrail, et en 2014 Mickaël nous a officiellement rejoints » précise Isabelle. Aujourd’hui leader mondial du suivi de course en temps réel, la société travaille au quotidien à innover pour préserver cette place. David Poletti : « Je pense que ce qui fait notre force, c’est avant tout notre histoire. Le fait d’être développeur est également un atout, car nous avons la pleine maîtrise de nos outils. » L’outil LiveTrail® suit plus de 100 courses chaque année dans le monde. « Nous nous tournons également vers d’autres sports d’ultra-endurance tels que le VTT, le triathlon, le ski de fond et le marathon. »

Un service digital innovant

Il permet le suivi et la gestion de courses d’endurance en temps réel, grâce à la prise en compte de paramètres définis tels que le dénivelé, la technicité et la distance, mais aussi de paramètres variables qui peuvent être le jour ou la nuit, la météo, le pourcentage d’humidité, et des algorithmes permettant en fonction du premier point intermédiaire franchi par le coureur, d’anticiper son état de forme pour la suite ! Cela permet au public de suivre pas à pas chaque participant, ainsi que l’évolution de son classement directement sur internet, et l’estimation permet d’arriver à temps sur la ligne d’arrivée ou sur un point d’encouragement pour applaudir le coureur suivi. Mais LiveTrail® ce n’est pas qu’une « simple application de suivi ». C’est aussi un bonheur pour les organisateurs et surtout pour la réussite et le bon déroulement de la course pour les coureurs. En effet, avant la course, LiveTrail® permet de réaliser un calcul pour le tableau des passages des coureurs, de calculer des barrières horaires ainsi que le temps de chaque bénévole à tel poste. Pour certaines demandes d’organisateurs de course, LiveTrail® permet aussi la gestion des inscriptions aux courses, en plusieurs langues, avec un paiement en ligne, la gestion des certificats médicaux, des conditions requises pour certaines inscriptions, mais aussi la gestion des tirages au sort…

Equité mais aussi sécurité 

Le logiciel permet à l’organisateur de prévoir les flux de concurrents, de gérer les informations et de détecter les anomalies, grâce aux très nombreux outils d’analyse basés sur les prévisions de passage des coureurs sur les points de contrôle suivants. En effet, les coureurs sont filtrés s’ils ont trop de points de contrôle manquants. Sont détectés ceux qui ont eu une vitesse ou une accélération anormale, ou un trop grand gain ou perte de place. En résumé, les outils sont mis à disposition pour vérifier tous les faits de course, afin que l’organisation puisse garantir l’équité des coureurs. Ce traitement de données est au final très peu courant dans les applications de suivi. D’un point de vue sécurité, LiveTrail® propose la possibilité d’envoyer un message d’abandon, permettant la saisie des abandons directement sur le terrain avec si besoin une demande d’assistance médicale ou autre. Enfin pour les organisateurs, LiveTrail® permet également, en fonction du flux des coureurs, d’ajuster une ou plusieurs barrières horaires, de gérer un ravitaillement ou même l’annulation d’une course…

Un algorythme d’anticipation !

Et tout cela de manière proactive, car un algorythme d’anticipation permet notamment de prédire un point météo très violent à tel endroit du parcours. C’est selon ses créateurs le seul outil à proposer cette fonctionnalité ! En plus de toutes ces caractéristiques, c’est bien sûr un outil complet pour avoir en permanence la tête de course, l’affichage des favoris et la prédiction au prochain point, mais aussi un classement live, scratch en temps réel ou même par catégorie et qui est sans cesse disponible pour le speaker ! Cerise sur le gâteau, Live Trail® propose aussi aux organisateurs le système vidéo LiveCam (pouvant intégrer dans son champ de vision les bannières des sponsors de la course…), un système de webcams sur le terrain pour un suivi live permettant de générer des vidéos individuelles visibles sur la fiche du coureur moins de 2mn après son passage, ainsi qu’une vidéo souvenir HD pour le coureur, de lui proposer ses photos ou même de générer son diplôme de finisher. La course est terminée ? Le speaker sera heureux d’avoir un outil de gestion personnalisé pour pouvoir commenter en temps réel… et d’obtenir une fiche de résultats en moins de 5mn pour la remise des prix !

LiveTrail®, LiveInfo, mais aussi LiveRun quelle différence ?

LiveTrail®, c’est le logiciel majeur qui gère la course dans sa globalité, Liveinfo® c’est pour le public qui veut suivre le coureur tout au long de son aventure, et LiveRun c’est l’application dédiée pour les coureurs qui sont en course… David Poletti : « Oui c’est bien ça, LiveRun c’est l’application du coureur. Le coureur, pendant l’épreuve est contacté par SMS, pour être notifié de son temps, de son classement à chaque point de ravitaillement, mais aussi de toutes les infos importantes de la course qui pourraient lui être utiles. Et si vos amis participent à la même épreuve, il est possible de savoir qui est devant ou derrière vous pour éventuellement passer la ligne ensemble. » Il est également possible à partir de LiveRun d’informer ou de contacter le PC course pour signaler un abandon, envoyer un SOS ou appeler le PC course et ce grâce à la présence de 3 boutons directement accessibles sur la page d’accueil de l’application.

Un accès premium est possible

Il offre de nombreuses options supplémentaires, comme le fait de paramétrer un coureur fantôme en fonction de votre cote ITRA ou de votre objectif de temps et de pouvoir courir contre lui en recevant des notifications pour savoir si vous êtes dans les temps ! LiveRun dans sa version premium est un tracking GPS vous permettant d’avoir les notifications sur votre montre. Inversement vos données de courses seront aussi stockées, mais uniquement si vous le souhaitez et avec un accès restreint aux personnes que vous aurez définies. Aucun doute que les nombreuses fonctions et applications de LiveTrail® et LiveRun sauront vous surprendre, tout en restant sans aucun doute pour certaines perfectibles. Au-delà du logiciel qui a été inventé, c’est surtout le programme utilisé permettant la gestion de tous les paramètres, qui conduit à avoir une précision à 1 ou 2 minutes près du temps de passage d’un coureur sur un ultra trail et qui en fait un outil remarquable et très adaptable.

Pas étonnant alors de retrouver la technologie LiveTrail® sur d’autres sports (LiveRace by LiveTrail) et encore moins étonnant que de grands marathons fassent appel à LiveTrail® couplés à des chronométreurs, pour en faire un outil de précision digne d’une montre… connectée !

Par Sandrine Nail-Billaud. Photos Digital Vibration 2020

Que de chemin parcouru depuis la création du Festival des Templiers, course devenue mondialement reconnue. C’est autour de Millau à travers les Causses du Sud Aveyron que se déroulent ses 15 épreuves réparties sur 3 jours dont le mythique Grand Trail des Templiers. Retour sur cet acte fondateur, avec ses deux créateurs, Odile Baudrier et Gilles Bertrand.

Odile Baudrier (OB) : Avant d’être organisateur des Templiers, j’avais eu une vie plus classique puisque je travaillais dans le domaine de la banque. Notre vie s’est vite tournée vers la course à pied à travers la création du Carnet du Bipède, un agenda annuel exhaustif des courses hors stade françaises, un outil pratique qui n’existait pas, dans une époque sans le web ! Ce fut notre 1ère  expérience d’éditeur avant la revue VO2 Magazine. Gilles était un marcheur athlétique, et moi une « petite coureuse » pour la forme et la santé. Avec VO2, on a voyagé et vu beaucoup de choses.

Gilles Bertrand (GB) : J’étais journaliste free lance, et je faisais de temps en temps des piges pour la revue Spiridon lancée et gérée par le Suisse Noël Tamini, avec pour ce titre mes premiers grands voyages en Afrique… Ethiopie, Zaïre et Tanzanie. J’aimais la presse, et j’aimais le titre Actuel, qui correspondait au journalisme sociétal que je souhaitais faire… J’étais poussé à faire ce que j’aimais en regardant ce que proposais cette presse underground. Nous avons donc souhaité sortir de la simple collecte d’informations du Carnet du Bipède. En 1988, le magazine Jogging était destiné à une certaine catégorie de coureur, et j’ai pensé qu’il y avait de la  place pour un autre titre qui correspondrait à des gens comme moi, férus d’athlétisme et qui avaient envie d’avoir accès à une information un peu plus poussée. Que ce soit sur l’entraînement, sur les hommes et les femmes de ce sport, sur les grands championnats… Nous avons pris la décision fin 1988 et le premier numéro de VO2Mag est sorti en mars 1989, il y a un peu plus de 30 ans ! On a appris le métier d’éditeur sur le tas ! J’ai amené les idées et Odile la rigueur ! Dès le second numéro, nous sommes allés en Afrique du Sud pour faire une enquête dans un pays où l’apartheid était encore un fait prégnant.

OB : Au départ, c’est le Carnet du Bipède qui a fait vivre VO2Mag. En 1994, Jean-Pierre Rech, le 3ème créateur de ce guide, a repris seul le Carnet du Bipède, et ce fut plus difficile à cette période pour VO2Mag.

GB : A cette époque, Odile a démissionné de la Banque de France (et abandonné ses avantages liés à cette fonction) pour me rejoindre dans cette aventure et vivre avec moi avec un SMIC. Très vite la qualité du magazine a permis de consolider un niveau d’achats publicitaires au sein de VO2Mag, ce qui nous a permis d’avoir un peu d’air ! Nous avons eu de belles campagnes de bonnes marques, à une époque où la presse papier avait le vent en poupe ! Après VO2mag, il y a eu Endurance, puis Athlétisme… Avec trois magazines, la charge était lourde, et peu à peu on s’en est délesté. Mais ce sont les magazines qui nous ont construits, au travers des voyages, des rencontres, notamment en Afrique. Nous avons réalisé notre rêve de « routard » avec les reportages.

GB : J’ai toujours été attiré par le long. Je suis originaire du centre de la France, et j’ai participé à une épreuve de type randonnée, Bourges-Sancerre, qui fait 55km, et qui était dans le même esprit que la SaintéLyon. J’avais moins de 17 ans, j’ai fait cela avec un copain, et à l’époque je rêvais de faire Paris Strasbourg à la marche ! Après cette épreuve de Bourges-Sancerre, je suis rentré dans un club de marche, et j’ai fait mes premières compétitions, avec en particulier un 6h de marche. Rentrant en faculté, j’ai rencontré des coureurs de piste qui s’étaient enhardis à participer aux premières courses sur route. J’ai côtoyé un vétéran qui avait gagné dans sa catégorie l’un des tout premiers Marvejols Mende. Il avait fait l’objet d’un article de Raymond Pointu sur Le Monde à ce sujet. Pris par cette dynamique, j’ai couru mon premier semi marathon dans la foulée à Vierzon, mon premier marathon à Ste Afrique, et c’était parti… Quand on a créé VO2Mag, j’étais abonné à un magazine américain « UltraRunning », plutôt bien fait, avec des grands récits. J’étais très attiré par les USA, et on s’est dit que pour VO2Mag, ce serait un bon sujet que d’aller voir ces courses d’un autre genre. En 1991, on est allé une première fois au Leadville Trail, puis une seconde fois à la Western States. A la même époque, je suis aussi allé courir en Afrique le Mont Cameroun. Le trail est né de ces expériences…

OB : En 1992, on avait proposé un projet d’événementiel à la Mairie de Millau, la Salamandre, une course à pied en aller-retour entre Millau et le Mont-Aigoual. Cela n’a pas pu être lancé. Puis il y eut un concours de circonstances après l’adoption de notre fille. Nous avons souhaité en 1995 créer une épreuve pour collecter des fonds pour un orphelinat au Tchad. Nous l’avons lancée très vite, avec le projet initié en mars 1995, et la première édition en octobre de la même année. C’était fou, et tout de suite, il y eu un bel accueil de deux partenaires, Adidas et le Conseil Général de l’Aveyron. Ce qui a été déterminant, c’est la volonté de faire une épreuve pour tout le monde, en sortant de la niche des 100 miles des USA pour aller sur un profil plus réalisable.

GB : Un jour je reçois un coup de fil d’un directeur de station, Jean-Marc Ganzer, qui me demande mon avis sur les animations potentielles, et nous avons évoqué le principe de ce qui sera le trail sans le nommer. Ce fut en suivant la première 6000D ! Puis nous avons travaillé avec Fréderic Bouchet sur le premier Raid des Dentelles-Mont Ventoux de Montmirail, à Gigondas. Fréderic avait lu l’article sur le Leadville et il nous a dit « J’ai envie de faire çà ! ». Je suis allé le voir, il est venu ici, et il a lancé sa course qui faisait 120km ! Pour les Templiers, l’idée originelle c’était d’avoir un circuit qui passerait par les cités templières que nous avons sur le Larzac. Sur le papier, cela donnait une boucle de 60km. Je pense qu’à cette époque en France, on n’était pas près à courir des épopées de 160km comme aux USA. Je me suis dit que si on proposait un 100 miles, on aurait à peine 100 coureurs au départ. La distance de 65km m’apparaissait raisonnable. En ce qui concerne l’autosuffisance, nous avons reproduit le système américain, avec l’obligation d’évoluer avec une ceinture porte-bidon.

Templiers 1995

OB : On a choisi de ne pas indiquer les kilométrages et de ne proposer que trois ravitaillements. A l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable, pas de GPS… La médicalisation était super soft, on ne savait pas évaluer l’horaire de passage des coureurs. On était très stressé, sans vision sur ce que devait être un dispositif de sécurité. Au USA, il n’y en pas de secours digne de ce nom, même encore aujourd’hui ! Nous avons contribué à développer la normalisation en France des secours médicaux sur les épreuves afin d’avoir plus de sérénité pour les coureurs et les organisateurs. On a eu des éditions où l’on avait perdu des coureurs qui en fait étaient encore en course ! Nous avons parfois déployé des moyens pour retrouver des coureurs qui n’étaient pas perdus, mais très lents ! Aujourd’hui, on a des équipements radios très performants. A l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable, pas de GPS… Nous avons parfois déployé des moyens pour retrouver des coureurs qui n’étaient pas perdus, mais très lents !

GB : Très vite, on apassé la barre des 2000 coureurs sur les Templiers, et là on a dû réfléchir à ce que doit être une organisation. Des Templiers est né le magazine Endurance. Nos magazines et la Grande Course des Templiers ont produit une puissante dynamique gagnant-gagnant ! Les Templiers ont bénéficié de la puissance de notre équipe rédactionnelle. Pendant très longtemps, il n’y avait personne de salarié pour la course, et la structure portant l’événement était celle du magazine, avec une présence rédactionnelle forte de la course dans nos pages tout au long de l’année. A une époque où les réseaux sociaux n’existaient pas, le seul retour c’était la presse magazine en kiosque. L’image de Patrick Renard vainqueur des Templiers avec sa couronne de lauriers a marqué des générations de coureurs. Pour célébrer à notre façon l’an 2000, on a créé sur l’Aubrac un trail des neiges, format qui n’existait pas en en France, et en quelques semaine on a dû bloquer les inscriptions à 1500 coureurs ! Sur l’Aubrac, qui n’est pas une destination facile en hiver, c’était inespéré ! Les trails blancs sont nés de là.

OB : Nous n’avons jamais cherché à faire de l’argent sur la course, juste à ne pas en perdre ! Nous avons voulu faire du service au coureur notre priorité. Depuis la première édition, nous avons connu trois sites de départ. Le premier, ce fut le site historique de Ste Eulalie, en collant au côté « Templiers ». Des problématiques internes au village de Ste Eulalie nous ont ensuite amenés à choisir Nant. L’épreuve se développant, les formats de course se multipliant, le site de Nant est devenu trop réduit, avec de nombreux problèmes de logistique. Après un changement de municipalité, on a senti que notre projet ambitieux était bloquant. On a préféré partir, et comme nous vivons à Millau depuis plus de 30 ans, nous avions envie de faire le départ de chez nous. Gilles savait que le parcours autour de Millau était très beau, et nous avons trouvé le site de St Estève, accolé à Millau, qui est parfait pour notre organisation telle qu’elle est aujourd’hui !

Templiers 1995

GB : Le transfert nous a demandé beaucoup d’efforts, et nous avons mis deux années à faire notre place à Millau. Les coureurs ont adhéré au changement, et notre était d’esprit est resté le même. L’histoire fut forte à Nant, mais il était temps de changer pour proposer un parcours qui marie histoire, patrimoine, agropastoralisme et beauté du site ! J’ai construit un parcours qui valorise des microsites somptueux, trop méconnus et peu exploités jusqu’alors, comme la Grotte du hibou en fin de parcours.

OB : La plus grosse difficulté d’organisation, ce fut avec le Parc Naturel Régional des Grands Causses. Nous avons dû multiplier les études pour démontrer que le trail n’aurait pas de conséquences néfastes pour le milieu naturel. Les choses se sont normalisées aujourd’hui, mais nous sommes face à des environnementalistes qui ont des idées extrêmes dans la protection de l’environnement, et il faut être en capacité de dialoguer avec eux pour démontrer que le trail n’est pas une activité nuisible. Ils sont le pouvoir ! Le sous-préfet et le directeur du Parc nous ont donné raison face aux techniciens. Il y a une stigmatisation des sports de nature. Nous sommes ici dans un monde rural âgé et fermé ! On a beaucoup travaillé pour que la course soit acceptée, surtout des chasseurs et des agriculteurs. Chaque année, il peut y avoir de nouveaux interlocuteurs, tels que des néo-ruraux qui ne veulent pas être embêtés près de chez eux !

OB : Le bénévolat se développe sans cesse, irrigant le territoire de personnes mobilisées autour de la course. De nombreuses familles avec des très jeunes et des grands-parents viennent nous aider, et c’est tout ce réseau de bénévoles impliqués qui crée une appropriation des Templiers par la population locale. Quand on a des demandes de bénévolat de groupes émanant du local, on essaye de ne jamais refuser car ce sont nos premiers ambassadeurs. Au départ, les bénévoles des premières courses, ce furent des copains, des coureurs qui ne pouvaient plus courir, puis les copains des copains, la famille des copains… Tout cela de manière spontanée et informelle. On n’a jamais vraiment manqué de bénévoles. En arrivant sur Millau, on a bénéficié de plus de demandes de bénévoles encore. Ensuite, on a mis en place un dispositif qui permet d’indemniser les groupes structurés de bénévoles, les clubs sportifs, les associations de parents d’élèves. Les associations sont indemnisées en fonction d’un barème strict et cela procure une ressource supplémentaire annuelle pour ces clubs qui peuvent ensuite développer leurs propres activités.

GB : Nous avons un référent bénévole en ligne directe avec nous. On organise très peu de réunions en direct avec les bénévoles, deux tout au plus à l’année, mais on mobilise des référents habitués qui portent d’importantes missions auxquelles ils sont aguerris. A l’initiale, on ne retenait que des associations intervenant dans un domaine humanitaire, puis peu à peu on a évolué pour intégrer tout le monde, et ainsi soutenir les clubs locaux ! Cela crée de la mixité, c’est intergénérationnel, avec de jeunes rugbywomen côtoyant les anciens des groupes folkloriques ! La dynamique est aussi sur le parcours, avec un village par exemple qui est complètement autonome pour concevoir, mettre en place et gérer l’animation, le ravito, la sécurité, un peu de débalisage ensuite… C’est précieux ! A Pierrefite, à St André de Vésines et à Massebiau, lesvillages sont en fête avec des guinguettes. La course a créé une dynamique locale ! Cela renforce l’adhésion envers la course. Pour ce qui est de la gestion des bénévoles, on essaye de coller à l’attente des gens, de placer le bénévole à la bonne position, là où cela lui plait. Pour les missions délicates ou sécuritaires, comme le blocage des routes, on fait appel à des sociétés privées pour ne pas mettre nos bénévoles en situation difficile ou de conflit. Plus de 200 bénévoles ne dépendent pas d’associations et viennent nous aider par pure amitié ! A noter que presque tous nos chefs de postes ont déjà couru les Templiers ! Ils ont de la bouteille et se sont mis à notre diapason. On fait passer un message essentiel : dans l’organisation nous restons dans l’ombre et sur le terrain le jour J, ce sont nos bénévoles qui seront devant les coureurs. Certes on offre un territoire à un coureur, mais on offre aussi du relationnel, et les bénévoles doivent être au diapason de cette alchimie qui doit fonctionner pour que le coureur dise au final : « ils sont sympas ici ! ». La qualité du relationnel est un facteur essentiel pour la réussite d’un événement. 

OB : La ritualisation des arrivées est liée à notre expérience de journalistes dans le monde de l’athlétisme classique et des grands championnats. Le décorum est très important, et on a senti que c’était important de le mettre en œuvre sur nos épreuves, en l’adaptant au lieu et à nos moyens ! On a créé notre hymne, notre couronne de lauriers comme au Marathon de New York ou Boston. On a voulu sortir de l’artificiel en créant une arche en bois. Nous ne voulions pas d’arche gonflable ! On est écartelé entre un événement qui est aussi un moteur économique local important, en respectant les demandes légitimes de nos partenaires, tout en gardant l’esprit initial de notre épreuve. Il faut trouver le compromis entre ces contraintes et un événement qui reste à taille humaine et qui respecte le symbole. L’arche gonflable est le symbole même de ce qui ne doit pas représenter le trail ! Notre objectif est d’être encore plus dans la scénographie. Nous chartons les zones de départ et d’arrivée, pour porter une charge symbolique qui donne du sens, en puisant dans l’histoire et dans les matériaux nobles du terroir comme le bois !

OB : La grande course du dimanche est la course principale des trois jours de course, même si pour chacun, quelque soit la distance parcourue, la participation à l’une des autres courses du programme est un moment important qui doit être valorisé. Si on a rajouté année après année des courses, ce n’est pas pour faire de l’argent, mais bien pour permettre au plus grand nombre de courir. Les courses successivement créées l’ont été à la suite de discussions ou de demandes extérieures. On a été beaucoup critiqué d’avoir ainsi multiplié les formats, et pourtant je reste très fier d’avoir offert ainsi à des dizaines de milliers de coureurs l’opportunité de courir ici et de prendre pleinement part à ce rêve. Le trail est une discipline ouverte à tout le monde, et je suis heureux de voir des gens de tous niveaux et de toutes conditions arriver ainsi cahin-caha le samedi ! Ce grand mélange des courses du samedi crée une énorme dynamique, amène beaucoup d’énergie, et c’est aussi cela le trail ! ASO, l’organisateur du Tour de France, par exemple, a repris notre formule en multipliant les propositions de course, comme au Marathon du Mont St Michel. Le succès du dimanche vient aussi de là, de la course en tant que telle avec la masse et l’élite, et de tous ceux qui ont couru la veille ou l’avant veille et qui sont encore là.

A propos du vocable Trail :

Odile Baudrier et Giles Bertrand : Nous avons déposé à l’INPI en 1990, le mot trail et des variantes de ce vocable. On a créé les Templiers sans utiliser le mot trail à l’initiale, puis avec Adidas, on a expliqué pendant deux ans ce qu’était le trail ! Quand des courses sont apparues en utilisant le mot trail, nous avons choisi de ne pas revendiquer cette propriété, et le nom est devenu un terme d’usage commun. En 1990, le mot trail était très peu utilisé aux USA, moins de 10% des courses aux USA utilisaient ce vocable. C’était Endurance Run qui avait le vent en poupe comme dénomination. Avec Adidas, on avait réfléchi à donner un nom à cette discipline, et le mot chemin ne résonnait pas. Deux filles du marketing d’Adidas ont flashé sur ce mot trail. On l’a adopté et on l’a expliqué.

Sur l’inflation du kilométrage dans les trails :

Odile Baudrier et Giles Bertrand : On a vu beaucoup de coureurs se blesser à trop courir. On a vu des dégâts physiques et psychologiques chez de grands coureurs. Au niveau de la santé, l’ultra est dévastateur ! Il faut deux ans pour préparer l’UTMB ! Quand on additionne l’entraînement nécessaire, le nombre de courses obligatoires à la participation au tirage au sort, plus l’UTMB en lui-même, le coureur va faire au moins 100 000 m de dénivelé. Si c’est une fois ça va… Si on répète ce schéma, le corps prend des coups qu’il n’est pas à même de supporter dans la durée. Les coureurs de 100km de ma génération ne peuvent plus courir la cinquantaine venue ! Combien ont aujourd’hui des prothèses de hanche ! On n’est pas fait pour cela. Et de plus, nous l’avons souvent constaté, l’ultra favorise la rupture entre les couples. Cette quête de l’ultra est une calamité ! Le fait que l’ultra ait tellement pris d’importance dans les médias banalise les efforts plus courts, la logique de santé et de plaisir à long terme. C’est dommageable. Nous avons souvent constaté que le fait d’avoir réalisé des exploits sportifs ne protégeait pas des épreuves de la vie ! J’ai vu des guerriers de l’effort pleurer pour des choses anodines de la vie courante. Anton Krupicka a été une idole du trail pendant des années, avec un mythe médiatique le montrant courant à demi-nu de longues heures dans la montagne pour ne rentrer que tard le soir, en mangeant trois carottes. Aujourd’hui, il ne peut plus courir. Il est cassé ! Personne ne l’a dit. 

L’équipe d’organisation des Templiers :

-Gilles Bertrand assure le volet sécurité et le suivi des parcours.
-Odile Baudrier gère le planning logistique annuel, les ravitaillements, les récompenses, le relationnel avec les institutions et les demandes de subvention.

-Kévin Bertrand, le fils d’Odile et Gilles, gère les partenariats, le salon du Running, le relationnel extérieur et les produits dérivés.

-Une administratrice gère la comptabilité et le volet inscriptions, car la course est propriétaire du système de gestion des inscrits.

-Et quelques contractuels ou vacataires travaillent sur tel ou tel sujet en appui des permanents.

Avec les quelques principaux bénévoles impliqués, l’équipe de gestion de la course est composée d’une quinzaine de personnes qui porte l’organisation de trois évènements : Le Festival des Templiers, Trail en Aubrac et l’Hivernale des Templiers.

Après Bertrand Lellouche, ultra aventurier, puis Cyrille Quintard, ultra photographe, voilà une autre des plus belles rencontres de nos derniers numéros, avec cet interview paru dans Esprit Trail n°106, et en préambule d’un prochain rendez-vous prévu dans Esprit Trail n°113 qui sortira en kiosque le 20 mai !

D’un naturel plutôt discret, Maxime Cazajous est un agitateur, de ceux qui n’hésitent pas à tenir tête à des Jim Walmsley, des François D’Haene ou des Benoît Girondel, sur les terrains techniques de la Diagonale des Fous, où il est monté sur le podium en 2018. Dialogue serein avec un traileur à l’accent du Sud, tombé amoureux de l’île de la Réunion. Un moment haut en couleurs et fort en émotions !

Esprit Trail : Avant toute chose, parle-nous de cette 3ème place sur la Diagonale 2018 !
Maxime Cazajous :
Je ne pensais pas, quand j’ai commencé le trail, qu’un jour je ferai un podium sur la Diagonale des Fous. C’est l’aboutissement d’une passion, mais aussi de beaucoup de sacrifices. Ça me procure forcément une très grande satisfaction et beaucoup de fierté.

Esprit Trail : Tu as longtemps animé les débats avec François D’Haene, tu as même pris un peu de distance à un moment. Croyais-tu pouvoir gagner ?
Maxime Cazajous : Absolument pas ! Je n’y ai jamais pensé, ni au départ, ni quand je me suis retrouvé un peu plus devant. C’est ma façon de courir, j’aime être devant. Peut-être que c’est parce que je suis davantage un coureur de 80km. Mais à ce moment, je savais qu’il restait plus de 60km, c’était encore beaucoup trop long, et je savais qu’à un moment il faudrait lever le pied.

Esprit Trail : Ce n’est pas la première fois que tu tiens tête aux meilleurs sur la Diagonale… Pourquoi partir aussi vite, si tu sais que ça ne tiendra pas ?
Maxime Cazajous : (Rires) Parce que la Diag, c’est mythique pour moi ! J’y pense toute l’année, c’est mon objectif de la saison. J’ai tellement hâte d’y être, qu’au départ je me sens grisé. Je sais que je ne dois pas partir vite, je me le dis et me le répète… Mais une fois que le départ est donné, c’est fini. Peut-être qu’un jour j’arriverai à ne pas partir vite, à rester sage, peut-être alors que je ferai mieux en temps ! Mais c’est ma façon de faire, je ne suis pas trop du genre à calculer. Finalement, je n’ai aucun regret, car si je n’avais pas fait ça, peut-être que j’aurais pu faire 3ème, mais je n’aurais jamais couru avec Walmsley ou D’Haene. C’est super enrichissant de courir avec des gars comme ça !

Esprit Trail : Cette édition 2018 avait-elle un goût de revanche pour toi ?
Maxime Cazajous
 : Carrément ! L’objectif numéro 1 était d’arriver au bout. C’est bizarre que je dise ça comme ça… C’était vraiment ce que je me répétais dès le début, et pourtant je suis quand même parti devant… Mais une fois que c’est devenu dur, je ne voulais absolument pas abandonner. Chaque année, je viens avec ma famille, ils sont là pour me soutenir, et l’abandon a un goût amer.

Esprit Trail : En parlant de ta famille, tu es marié et tu as deux fils… Tu leur avais fait une promesse avant la course, n’est-ce pas ?
Maxime Cazajous
 : La famille a une place importante dans ma vie. C’est important pour moi qu’ils soient là sur les courses et que l’on puisse vivre des moments comme ça ensemble. J’avais fait effectivement une promesse à mes deux fils. Ils voulaient que l’on franchisse la ligne d’arrivée ensemble, alors il fallait absolument aller au bout pour le faire !

Esprit Trail : La Réunion semble avoir une place importante à tes yeux, pourquoi ?
Maxime Cazajous
 : J’ai participé 4 fois à la Diag (en 2015, 2016, 2017 et 2018, ndlr). Pour moi, c’est la plus belle course du monde. C’est une terre de trail, l’ambiance des gens autour est incroyable, les parcours sont magnifiques. Les cirques, le départ de nuit, ce moment sur le front de mer de Saint-Pierre, tout est beau. En 2012, on y est allés en vacances. On a fait de la rando, ça m’avait beaucoup plu. Je m’étais dit alors, que le jour où je serai prêt à faire un ultra, ce serait celui-là !

Esprit Trail : Penses-tu désormais être en mesure de la remporter un jour ?
Maxime Cazajous
 : Peut-être… Il faudrait pour cela que je parte plus prudemment. Il va falloir que je m’y fasse, que j’apprenne à rester en retrait, à m’économiser. 15mn de plus à Cilaos ça peut faire 30mn de moins à la fin ! Je pense être capable, en gérant bien ma course, de m’approcher des 24h, et sur une année où il n’y a pas une concurrence très forte, ça peut passer. Je ne peux de toute façon pas changer fondamentalement ma préparation, car j’y ai trouvé, je pense, un équilibre. Là où je peux intervenir, c’est donc sur ma gestion de course, c’est primordial !

Esprit Trail : À part la Diagonale des Fous, il y a d’autres courses qui te motivent ou tu préfères rester discret le reste de la saison ?
Maxime Cazajous:
J’ai quand même fait 2ème du 90km du Mont-Blanc l’année dernière. J’ai déjà remporté deux fois le 80km du GRP, fini 3ème des Championnats de France de Trail Long, 4ème de la Transgrancanaria, ce n’est pas si mal. Mais c’est vrai que je me considère comme un coureur amateur. La famille est importante pour moi, mon boulot aussi. J’ai des parents agriculteurs et je leur donne un coup de main sur l’exploitation. Ça ne laisse pas trop de temps pour aller jouer dans les Alpes. Je peux faire 2 ou 3 grandes courses par saison au maximum. Je choisis en général des destinations un peu « vacances », pour que la famille puisse en profiter aussi. Mais je fais pas mal de courses ici, dans les Pyrénées, j’aime courir près de mon territoire. Ce sont des courses qui ne sont pas très médiatisées et au final ça me va très bien !

Esprit Trail : Tu n’as pas toujours fait du trail. Comment passe-t-on du rugby à 3ème sur le Grand Raid ?
Maxime Cazajous
 : J’ai toujours aimé courir, même quand je jouais au rugby (il était demi de mêlée, ndlr). Mon grand-père m’amenait beaucoup en montagne plus jeune, il m’a transmis sa passion et je crapahutais beaucoup. À sa mort, je me suis promis de remporter une course près de chez moi, la Corruda. C’était en 2007. À l’époque je ne faisais pas de trail, je faisais du rugby et je m’entraînais pour cette course ! Je voulais absolument la gagner. Du coup en septembre, j’arrivais plus tôt sur le terrain pour courir pendant une heure avant l’entraînement et me préparer.

Esprit Trail : Et alors, tu l’as remporté cette course ?
Maxime Cazajous
 : Il y avait des noms assez prestigieux qui venaient sur cette course, des anciens vainqueurs des Templiers, des sportifs de renom. J’aurais tué pour la remporter. Ça n’a pas été facile, mais je l’ai remportée 3 fois de suite ! En fait, quand tu le fais 3 fois de suite, tu obtiens un trophée spécial. Je l’ai dédicacé à mon grand-père !

Esprit Trail : Il y a d’autres courses qui te font rêver ?
Maxime Cazajous
 : Non ! Mon rêve à moi c’est la Diag ! Il y a de belles courses dans le monde, c’est certain. L’UTMB par exemple, je ne connais pas le parcours, alors je ne peux pas dire si je serai compétitif ou pas dessus… Peut-être qu’un jour je m’y essaierai. Mais je ne peux pas faire à la fois l’UTMB et la Diagonale. Et la Diag c’est particulier. La seule chose qui me fait vraiment plaisir, c’est que même si j’arrêtais de courir l’année prochaine, je serais déjà satisfait de l’avoir courue à ce niveau-là !

Esprit Trail : Justement, jusqu’à quand penses-tu courir ?
Maxime Cazajous:
La course à pied, j’en ferai toute ma vie, ça c’est certain. Après, à ce niveau-là, tout dépend de mon équilibre, de la famille et du travail. Pour le moment, ma femme et mes parents assument beaucoup pour les enfants. Demain si ma femme me dit « stop », je comprendrai. Et puis si l’un de mes parents tombe malade, ce sera compliqué aussi. Je compte reprendre l’exploitation, et les deux activités ne seront plus compatibles. Le trail reste la plus importante de mes activités secondaires. Tant que je peux en profiter je le fais, et quand ça ne sera plus possible, je reviendrai à des petits footings, juste pour moi.

Par Mickaël Mussard. Photos Hoka One One – P.Verticale-T.Nalet

Maxime Cazajous, en quelques lignes 

-2007, 2008, 2009 : vainqueur de la Corruda, une course dans les Pyrénées qui lui tient à cœur.

-2011 : 12e au Grand Trail des Templiers

-2012 : remporte la Via Romana en Corse devant Dawa Sherpa

-2013 : 6e des Templiers

-2015 : participe à sa première Diagonale des Fous et remporte le GRP 80.

-2016 : 3e des Championnats de France de trail long et 4e de la Diagonale des Fous.

-2017 : 1er du GRP 80, 4e de la Transgrancanaria, abandonne sur la Diagonale des Fous.

-2018 : 2e du 90-km du Mont-Blanc, 3e à la Diagonale des Fous.

Ses photos éclaboussent de beauté les parcours et les « gens » du trail ! A découvrir ou redécouvrir, l’interview paru dans Esprit Trail n°109, de ce photographe à l’œil aiguisé.  Et si vous aimez rêver à travers ses photos, le dossier « Dans l’objectif de Cyrille Quintard » prévu dans Esprit Trail n°113 qui sortira en kiosque fin mai, avec 4 magnifiques double pages légendées vous ravira à coup sûr !

Propos recueillis par Serge Moro.

Esprit Trail : Cyrille, peux-tu nous raconter comment tu es devenu photographe de trail ?

Cyrille Quintard : J’exerçais déjà le métier de photographe il y a 25 ans. J’avais fais d’ailleurs des études de photographie. A cette époque, j’habitais vers Niort, et je travaillais comme pigiste « texte et photos » pour la Presse Quotidienne Régionale sur l’ensemble des sujets que traitent ces médias généralistes, avant de partir à l’armée, passage obligé pour les gens de ma génération ! Après l’armée, j’ai flashé sur une annonce d’un magasin de photo (Photo Breton) à l’Alpe-d’Huez en Isère qui recherchait pour l’été 1997 un photographe de sport. Ce magasin réalisait des reportages et des films sportifs, en particulier sur le cyclisme, très en vogue à l’Alpe-d’Huez. A 22 ans, cela m’allait bien car c’était le sport qui m’intéressait principalement. Après ce premier été réussi, le même magasin m’a proposé de revenir l’hiver suivant, pour réaliser les reportages sur le parapente et le snowpark. Me voilà donc de retour pour l’hiver dans la station… Et je ne suis jamais reparti ! Voilà désormais 22 ans que je vis à l’Alpe d’Huez ! Mes enfants sont nés ici… J’ai travaillé sans discontinuer pendant 12 ans pour ce même magasin, puis j’ai eu envie de changer de rythme de vie. S’en est suivie une période de 5 ans où j’ai été chauffeur de taxi, principalement en saison d’hiver, et accessoirement en été. Ayant été footballeur à Niort, à un bon niveau, je me suis remis à courir pendant cette période de ma vie, et sur ce site de l’Alpe d’Huez, il était naturel de se mettre au trail. Très vite, j’ai accroché des dossards sur de nombreuses courses, comme par exemple le 1er UT4M. Je me suis investi dans le trail comme coureur de 2011 à 2015. Parallèlement, pour le plaisir, j’ai repris la photographie que j’avais abandonnée. Le trail m’a redonné envie de faire de la photographie, et de plus en plus souvent j’ai emporté avec moi l’appareil photo, blotti au fond du sac !

ET : Mais quel a été le déclic qui t’a permis de devenir professionnel ?

CQ : Une amie sur Facebook a vu que François D’Haene lançait un concours photo !Elle m’en parle, j’hésite, elle insiste, on fait les photos. Et je gagne le concours ! Dans la foulée, me voilà parti avec Francois D’Haene en Equateur pendant trois semaines ! Il s’agissait rien moins que de le suivre sur l’un des grands défis dont il a le secret ! Avec lui, ce fut une révélation. Je me suis dit : voilà, c’est cela que j’aime faire, voilà mon métier ! Je suis photographe, j’aime la nature, j’aime courir ! Etre photographe de trail, c’est une parfaite synthèse de tout cela ! A la suite de ce reportage, tout est allé très vite, de reportage en reportage, pour les magazines ou pour les courses, en continuant pendant deux ans encore à faire le taxi, mais en hiver seulement ! Après, il me fallait prendre une décision. Je ne voulais pas tout faire à moitié, et je me suis lancé à fond dans la photographie comme activité professionnelle exclusive. Aujourd’hui, depuis 3 ans, je suis photographe. En plus de mes interventions dans le trail, je travaille avec des Offices de Tourisme, les communautés de communes, dans le monde du cyclisme…

ET : A t’entendre, tout semble simple et facile !

CQ : Oh non, il faut bien dire à ceux qui seraient tentés de faire comme moi parce qu’ils aiment faire des photos, que ce n’est pas toujours facile. A chaque contrat perdu, il faut se mobiliser pour en décrocher un autre ! Ce n’est pas si simple et il y a beaucoup de monde sur le marché. Je suis en permanence force de proposition, je ne me contente pas de répondre aux demandes, ce serait trop facile ! Les conditions de travail avec les organisations et les supports médias ont évolué. Désormais, la plupart du temps, je travaille pour l’organisateur à qui je cède un reportage complet ainsi que tous les droits d’utilisations des images. Ainsi les images sont largement diffusées et reprises sur le web et les magazines, mais aussi l’année suivante sur les dépliants et les affiches de la course. Chacun est gagnant. Je considère d’ailleurs que c’est la seule option qui peut bien fonctionner aujourd’hui. De ce fait, si je travaille toujours avec la presse, avec un grand nombre de mes photos chaque mois en kiosque, c’est indirectement via les contrats avec les organisateurs qui eux-mêmes mobilisent les médias. Sur une épreuve, pour réaliser un beau reportage, il faut un certain savoir-faire ! C’est beaucoup de souplesse et de débrouillardise. En général, beaucoup d’organisateurs m’aident à trouver les bons sports, à m’y déplacer, surtout quand j’interviens pour la première fois sur une épreuve ! Il me faut évaluer les demandes et les besoins d’un organisateur, qu’elles soient exprimées clairement ou pas : épreuve de masse ou d’élite, course de 42km où tout se joue en moins de 4 heures, ou 160km en montagne qui demande des heures de route et plusieurs journées de travail… les situations sont très diverses, à moi de m’adapter et de choisir la solution la plus cohérente ! L’essentiel est de trouver le temps de se concerter avec l’organisateur, souvent pris par mille tâches urgentes, pour savoir ce qu’il souhaite, ses besoins. C’est un dialogue. Et d’année en année, quand on couvre les mêmes épreuves, il faut savoir changer pour ne pas reproduire sempiternellement les mêmes clichés et enrichir les photothèques de prises de vues différentes.

ET : Qu’est-ce qui fait une bonne photo ?

CQ : Une bonne photo, c’est d’abord une vision, un œil. C’est en fait une capacité naturelle à trouver le bon placement, le meilleur angle, construire dans sa tête la bonne photo. Plus qu’une surenchère de matériel coûteux, être un bon photographe c’est d’abord de la créativité et de la patience. Je vois l’œil et le don chez les autres photographes. J’ai abandonné l’argentique sans remord car je suis assez geek et j’aime les nouveautés. Mais l’argentique avec une seule pellicule de 36 poses imposait une rigueur et une décision beaucoup plus difficile à prendre avant d’appuyer sur le déclencheur. C’était très formateur ! Et on ne pouvait pas voir ce que l’on avait fait ! Le métier a changé, il est beaucoup plus facile, c’est beaucoup plus simple. Côté matos, c’est la qualité de l’optique qui prime, en recherchant un bon piqué. Pour les photos de trail, il vaut mieux investir dans une optique de qualité et un boitier de milieu de gamme, car la course à pied en milieu naturel ne nécessite pas des vitesses de prises de vues trop importantes. Quand je fais des reportages sur des matches de hockey, c’est une autre histoire, et il faut un matériel haut de gamme pour saisir l’instant, en l’occurrence le palet en pleine vitesse, et le garder dans le champ !

ET : Que penses-tu des logiciels de traitement d’images ?

CQ : Ce sont aujourd’hui des outils indispensables, qui complètent la vision du photographe sur le terrain avec son boitier et son optique. Que ce soient pour certains photographes reconnus de trail ou moi-même, on parvient à reconnaitre le style d’une photo à partir non seulement du cadrage mais aussi du traitement de l’image. La « retouche » de l’image après la prise de vue est une pratique vieille comme la photographie. A l’époque de l’argentique, dans la chambre noire, on jouait avec les bacs de révélateurs et sur les temps d’expositions pour modifier et donner de l’âme à une photo. Pour ma part, je travaille avec Lightroom et Photoshop. Je passe moins de temps que la plupart de mes collègues sur cette phase de traitement d’image. C’est extraordinaire ce que l’on peut faire avec ces outils ! Chaque reportage, chaque photo est pour moi un nouveau défi ! Et une belle photo peut se faire partout. Chaque endroit peut être sujet à une image esthétique, ce n’est pas la peine d’aller au bout du monde. L’art du photographe, c’est de saisir l’âme de chaque lieu et de l’instant du déclic pour créer de la magie…