Il vous est probablement déjà arrivé d’avoir une défaillance en course. Problèmes gastriques, blessure, manque d’énergie, barrière horaire trop serrée. Résultat : l’abandon. Et puis des fois, alors que vous êtes à deux doigts de dire stop, vous réussissez à aller chercher « quelque part » le regain d’énergie qui vous permet d’aller au bout, au-delà de toute logique physique. Alors que dans 2 mois se tiendra le Lavaredo Ultra-Trail 2022, dans les Dolomites, voici le récit d’un UltraDolomites 2021 hors du commun. Une aventure « dolomystique »…

Voir les Tre Cime et… improviser

C’est fin 2019 que j’avais coché l’UltraDolomites comme objectif de mon printemps 2020. 80 km et 4600 m D+, un beau morceau de bravoure dans une région d’Italie qui me fascine, dans le cadre du Lavaredo Ultra Trail. Mais, comme pour vous tous, une certaine pandémie est passée par là, qui a bousculé tous nos calendriers. Reporté d’un an, l’UD s’est retrouvé au programme de mon mois de juin 2021. Hélas, côté préparation, ce n’était pas du tout ça. Je n’avais pas pu m’entraîner sérieusement durant l’hiver et le printemps, et j’arrivais sur place avec un potentiel d’une cinquantaine de kilomètres dans les jambes, guère plus. Mais les fameuses Tre Cime de Lavaredo, ces trois sommets magiques que je rêvais de voir, étant situés au 10e kilomètre de course environ, j’étais sûr d’atteindre cet objectif. Après, il faudrait improviser.

DOLOMITES LAVAREDO DEPART © Thierry Grollier
Avant le départ, c’est toujours plus facile. Devant les Tre Cime, symbole des Dolomites, le V de la victoire. © Thierry Grollier

Jusqu’ici, tout va bien

Après un départ raisonnable sur un chemin large et roulant, nous partons à l’assaut de la montagne via un single plutôt raide qui mène au refuge Auronzo, proche des Tre Cime. Il fait déjà chaud, mais l’altitude rend la température agréable. Et le panorama est exceptionnel. Me retrouver face à ces trois dents qui symbolisent les Dolomites me file des frissons, même si le temps n’est pas à la contemplation. Quelques photos, et j’entame la descente, très technique d’abord, plus roulante ensuite, pour atteindre le second ravito, dans la vallée. Jusqu’ici, tout va bien, je fais bien gaffe à boire régulièrement et à manger un bout de barre énergétique toutes les demi-heures, histoire de ne pas me faire piéger. La nutrition est mon principal ennemi, je le sais et je me suis promis d’être vigilant sur ce point. J’ai même fait en sorte de suivre (plus ou moins bien, certes) les conseils de spécialistes de la nutrition pour mieux performer dans les semaines qui ont précédé la course.

TRE CIME © Patrick Guérinet
Passage devant les Tre Cime, au 11e kilomètre. La satisfaction est intense, le moral au beau fixe… © Patrick Guérinet
PROFIL LAVAREDO
C’est au 10e kilomètre qu’apparaissent les majestueuses Tre Cime. Mais après, il reste encore 70 km pour rejoindre Cortina !!!

Défaillance sous un soleil de plomb

C’est après la seconde ascension du jour que les choses commencent à se gâter. Bien sûr, je n’étais pas préparé à parcourir 80 bornes dans les montagnes, mais là, dès le 32e kilomètre, ça coince. Impossible de manger, rien ne passe. Mes barres, mes gels : immondes. Evidemment, lorsque j’entame la troisième ascension, qui va nous emmener pendant plus de 20 bornes au-dessus de 2000 mètres, c’est la défaillance. Le terrain exige d’enchaîner des efforts, alors que mon énergie décline. J’essaie de m’accrocher, j’admire le décor de cette sublime et immense vallée glaciaire totalement sauvage, mais je suis obligé de m’arrêter pour récupérer, épuisé. Des concurrents me doublent, m’encouragent, essaient de m’entraîner dans leur sillage, mais je ne peux pas suivre.

VALLEE MORT © Patrick Guérinet
La longue et lente montée vers le Col Dei Bos, au fond de cette vallée sauvage, m’épuise totalement. © Patrick Guérinet

Vertiges et vomissements

La longue montée jusqu’au Col Dei Bos, qui culmine à près de 2400m d’altitude, ressemble à un chemin de croix. Dans l’ascension finale, pourtant peu raide, je dois m’arrêter tous les 100 mètres pour souffler. Je m’accroche comme je peux, je n’ai plus qu’un objectif en tête : basculer sur l’autre versant en rallier comme je peux le point de passage du 56e kilomètre. Alors que je franchis la crête, un haut le cœur me fige. Etourdi, je m’allonge quelques instants dans l’herbe pour reprendre mon souffle, respirer profondément. Je sens mon estomac qui crie, c’est la guerre là-dedans. Les 3 derniers kilomètres pour rejoindre le ravito du col Gallina sont un calvaire. Lorsque j’arrive enfin devant les tables remplies de nourriture, je me fais violence. Je DOIS manger pour tenir. Pas le choix. Mais je sais que le solide ne passera pas. J’essaie des fruits, en mode compote. 2 minutes après les avoir avalés, je vomis tout entre mes pieds, impuissant, les larmes aux yeux tellement les convulsions me retournent l’estomac. Je ne peux même plus me lever. Je regarde les concurrents partir un par un. L’organisation va bientôt éteindre la lumière. Je commence à décrocher mon dossard. Je n’ai plus d’autre choix que d’abandonner.

DOLOMITES NUIT TOMBANTE © Patrick Guérinet
A la nuit tombante, je suis totalement à plat, incapable de manger, et même de bouger. L’abandon est imminent… © Patrick Guérinet

L’énergie venue d’ailleurs

Et puis je fais quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant : je m’allonge dans l’herbe, à l’agonie, et j’invoque les énergies. Celles de la Terre que je sens dans mon dos. Celle du Vent que j’entends souffler. Celle de l’Orage qui s’annonce au loin. Celle, aussi, fabuleuse, de mes Proches, toutes celles et ceux qui m’ont encouragé avant le départ, par leurs messages, leurs pensées. Et le miracle a lieu ! Je me relève, réajuste mon dossard et je repars dans la nuit tombante affronter les pentes raides, l’obscurité, la tempête de grêle, puis la pluie glaciale. L’estomac vide, j’avale les 25 derniers kilomètres à la lueur de ma frontale, sans plus ressentir de gêne. Comme habité. Je cours même à belle allure dans les 10 derniers kilomètres, une longue descente pour rejoindre Cortina d’Ampezzo, dépassant des concurrents qui m’avaient déposé en fin d’après-midi. Et c’est en pleine nuit, vers 1 heure du matin, que je franchis la ligne d’arrivée, un grand sourire aux lèvres.

DOLOMITES NUIT TOMBANTE © Patrick Guérinet
Dans la nuit noire déchirée par des éclairs, les lueurs des frontales de ceux qui me suivent. Bientôt, la grêle nous cueillera… © Patrick Guérinet

Le mental, sinon rien

J’avais lu il y a quelque temps dans un article sur la motivation que se répéter un mantra (une courte phrase qui a du sens pour vous) peut vous aider à garder le rythme quand vous sentez que vous allez flancher. Les exemples qui étaient donnés en illustration, si je me souviens bien, étaient des phrases du genre « N’abandonne pas !», « Grâce. Force. Pouvoir. » ou « Je ne crains plus rien. ». Il y en avait même un qui m’avait amusé : MAMI, pour « Marche en Avant de Manière Implacable. » Faire appel à une « MAMI » pour avancer, ça ne s’invente pas ! Je n’avais en revanche jamais lu de témoignage sur des captations d’énergies de la nature pour se rebooster. Et je n’avais rien imaginé à l’avance. Ça s’est imposé ce jour-là, naturellement. Et ça a marché. Chacun pourra y aller de son interprétation, mais je pense que cette anecdote valait la peine d’être racontée. Et rassurez-vous : je ne vais pas tout miser désormais sur les énergies extérieures pour pallier mes problèmes de nutrition. Promis, je vais bosser ce domaine !

Grande nouveauté pour les amoureux de trail et de nature ! Imaginé par le comité régional Paca de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne, ce parcours de 90 km, modulable en 3 ou 6 jours, mène les coureurs dans la vallée sauvage du Valgaudemar, avec des nuits et des accueils adaptés au sein des refuges FFCAM. C’est une réelle immersion dans le décor exceptionnel du Parc national des Écrins qui est proposée, avec la volonté de faciliter la logistique et l’organisation d’une telle aventure sportive. A découvrir à partir de juin 2022.

De l’itinérance dans les Écrins

Le Parc national des Écrins est la clé de voûte de cette itinérance, notamment à travers son programme Grand Tour des Écrins pour la randonnée itinérante (pédestre, VTT et équitation). L’élaboration d’un tour spécifique pour les traileurs s’est donc faite sur la base du Tour des refuges du Valgaudemar déjà existant en version randonnée. L’objectif est d’accompagner et de faciliter la pratique du trail, tout en gardant la philosophie d’un parc national tournée vers la découverte, l’échange et la préservation de l’environnement.

La « petite Himalaya », vallée idéale

Le choix du Valgaudemar n’est bien entendu pas un hasard. Cette vallée sauvage et préservée, surnommée « la petite Himalaya », offre un décor naturel de rêve. Son maillage important de sentiers « roulants » est propice à la course à pied, avec beaucoup de passages en balcon très agréables. En outre, ce territoire bénéficie d’un réseau dense de refuges avec pas moins de 6 établissements répartis dans la vallée, ce qui facilite la mise en place des étapes. A vous de voir si vous souhaitez découvrir cette “petite Himalaya” en 3 ou en 6 jours

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En premier plan, le lac Lautier, et au fond le refuge des Souffles. © Thibault Blais / FFCAM

Un accueil en refuges adapté aux traileurs

Les gardiennes et gardiens des refuges FFCAM situés sur le parcours sont sensibilisés aux besoins spécifiques des traileurs. En effet, en termes d’horaires d’arrivée et de départ, de récupération, d’équipement de couchage, sans oublier les besoins nutritionnels, les attentes des traileurs sont différentes de celles des randonneurs ou des alpinistes. D’autant plus qu’ils voyagent très léger. L’expertise de la FFCAM et de ses gardiens assure un accueil chaleureux et en adéquation avec leurs attentes.

Une offre en accès libre

– Soit via le portail web Grand Tour des Ecrins dédié à l’itinérance, qui intègre les deux versions du « Tour des refuges du Valgaudemar en trail ». L’une en 3 jours, l’autre en 6 jours. Ce site permet au public l’accès libre et direct aux descriptifs techniques et à toutes les informations pratiques nécessaires pour organiser son trail itinérant : coordonnées des hébergements pour réserver les nuitées en refuges, cartes, traces GPX et road-books à télécharger, parkings, numéros utiles, etc.

– Soit via le dépliant « Tour en trail dans le Champsaur-Valgaudemar » édité par le Parc national et distribué dans les Offices du Tourisme, les maisons du Parc et les refuges, avec toutes les informations pratiques essentielles, agrémentées d’indications sur la découverte de l’environnement et les bonnes pratiques.

TOUR DU VALGAUDEMAR_Refuge des souffles + lac Lautier @ThibaultBlais - FFCAM
Repos-récupération au refuge des Souffles © Thibault Blais / FFCAM

Le Tour de la « petite Himalaya » en 3 jours, mode d’emploi

Jour 1

De la Chapelle-en-Valgaudemar au refuge de Vallonpierre

Durée : 6 h 45

Distance : 34.9 km

Dénivelé + : 2671 m

Jour 2

Du refuge de Vallonpierre au refuge des Souffles

Durée : 6 h 15

Distance : 29.4 km

Dénivelé + : 1941 m

Jour 3

Du refuge des Souffles à la Chapelle-en-Valgaudemar

Durée 5 h 45

Distance : 26,6 km

Dénivelé + : 1575 m

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Le traileur corse et ancien recordman du GR20, Guillaume Peretti, ainsi que son ami Jean-François Hautin ont réussi mardi 9 septembre 2021 la traversée intégrale du massif du Cinto en alpi-running. Ils ont nommé cet itinéraire l’ALTAVIA « La haute voie » et définissent cette voie comme la plus aérienne en Corse.

DÉTAILS ET STATISTIQUES DE CETTE PERFORMANCE

Traversée intégrale par toute l’arête dorsale du massif du Cinto, avec un passage au Monte Cinto (2 706 m), le point culminant de la Corse.

Distance parcourue : 45km // 6000m de dénivelé positif

Temps : 14h25mn

Mais ces chiffres ne reflètent pas la technicité et l’engagement de l’itinéraire… Jean-François Hautin nous explique cette incroyable traversée :

Le projet commun est né le 22 mai 2021 lorsque Guillaume et moi étions aux côtés de Louis Vannucci qui s’élançait pour battre le record du Mare à Mare centre (Un itinéraire qui relie la Corse d’est en ouest) . Après quelques kilomètres et quelques discussions toujours autour de la montagne et du sport, aussi incroyable que cela puisse paraître, nous avions la même idée en tête. Le projet venait de naître de réaliser cette trace en duo !

Au départ l’idée était de toucher tous les sommets de la grande dorsale du Cintu d’est en ouest y compris ceux qui ne s’approchent que par l’escalade pure et dure. Après plusieurs reconnaissances et avec l’aide de guides, nous avons revu le projet pour le transformer finalement en une traversée dite d’Alpirunning. Un mélange de trail et d’escalade « facile » (de 3A à 5+) mais pas sans risque.

Une traversée exclusivement sans matériel d’alpinisme (baudrier corde…) pour une évolution « rapide ». Il était question de rester humble face à la montagne et son exigence mais aussi de rester à notre place qui est plus celle de coureur / skieur que grimpeur / alpiniste.

D’un point de vue géographique, cette grande dorsale démarre des Giuelli et se termine au Tafunatu. Il paraissait donc logique de démarrer d’un col routier et de finir à un autre col routier. Notre point de sortie était le le col Verghju très connu sur le GR20. Quand à Croce d’Arbitru aux pieds des Giuelli entre Castiglione et Pulasca ce passage devenait notre point de départ.

Capu Biancu, brèche Flender, Monte Cintu, Punta Minuta ou le trou de Paglia Orba,… des points clés de l’itinéraire. La journée se passe en escaladant, dé-escaladant. Prudence, concentration et gestion de l’effort sont nos fils rouges. On discute mais parfois il se passe plusieurs heures sans un mot. Nous sommes concentrés mais aussi happés par la puissance et la beauté de ce massif.

Toutes les conditions sont réunies pour ce jour parfait. Les crêtes s’enchainent, et le col de Verghju se rapproche. On s’octroie une pause pour saluer Nicolas et José les gardien du refuge de Ciuttulu i Mori avant de filer vers le col de Verghju pour l’arrivée.


Nous voulons insister sur un point, celui de la difficulté et la dangerosité de cette traversée. Ce massif du Cintu d’un trait est engagé et n’est pas à la portée de tous. Nous nous sommes spécifiquement entraînés pour depuis le mois de juin. C’est avant tout le résultat de toutes nos années de montagne : à pied, à ski ou à VTT. Nous avons passé d’innombrables heures à parcourir ce massif et la connaissance du terrain est quelque chose qui ne s’acquiert pas en quelques jours, tout comme la condition physique requise pour aller au bout. Nous avons préparé le terrain quelques semaines avant en y laissant de l’eau et de la nourriture à des points clés. Une assistance et des ravitaillement étaient organisé le jour J à des points accessibles par des amis. Les conditions météorologiques étaient également parfaites : ni trop chaud, ni trop froid, pas de pluie, pas d’orages. Nous ne courions pas après le temps ou un chrono, nous voulions tout simplement aller au bout de ce projet !

Photos Justin Galant

Ce dimanche 19 septembre, Pascal Capdevila -spécialiste ès-sandales de l’Altore Team- a établi un nouveau chrono de référence sur l’exigeant parcours du Mare a Mare Centre Corse en portant le record du tracé à 12h14mn.

92 km de cailloux corses et près de 5000 mètres de dénivelé… en sandales !

Le Gypaète s’est élancé à 6h03 de la plage de la commune de Serra-di-Fiumorbo, près de Ghisonaccia sur la côte Est pour rallier, un peu plus de 12 heures plus tard, celle de Porticcio sur la rive Sud du Golfe d’Ajaccio, côte Ouest.

Et on peut dire que rien ne lui aura été épargné tout au long de cette longue et éprouvante journée, tant la pluie, le vent et le brouillard s’étaient donné rendez-vous pour pimenter l’aventure…

Des conditions météo qui au final n’auront jamais eu la peau de la motivation sans faille de Pascal, accompagné et soutenu dans l’effort par de nombreux athlètes de la team, se relayant tout au long du parcours. Un vrai travail d’équipe comme on les aime chez Altore : une team soudée qui reflète bien l’âme de la marque. La performance et la persévérance étant des qualificatifs représentant tout autant l’athlète que la marque !

Un nouveau défi pour les Gypaètes d’Altore ! La traversée de la Corse par le Mare a Mare centre…

Et c’est Pascal Capdevila qui s’y colle ! Départ prévu le dimanche 19 septembre, le jeune Gypaète aura pour objectif le record détenu actuellement par Louis Vannucci en 12h27.

Pascal, le coureur en sandales !

Cette traversée de la Corse d’Est en Ouest s’étend sur 94km et 7000m de dénivelé. Départ de la commune de Serra-di-Fiumorbo (près de Ghisonaccia) jusqu’à celle de Porticcio sur la rive Sud du Golfe d’Ajaccio.

Pascal sera, bien sûr, équipé de ses iconiques sandales « ailées » afin de gravir, surmonter, que dis-je survoler le massif Corse d’Est en Ouest. Il pourra en outre compter sur le soutien de la Team tout au long de l’aventure. Mais comment se prépare le Gypaète ?

« J’ai effectué ma dernière grosse sortie de 50km il y a 10 jours pour terminer la reconnaissance du parcours (de Cozzano à Porticcio), mais jusqu’au jour J je reste dorénavant sur mon petit train-train habituel. » Simple et efficace.

Altore vous donne RDV le dimanche 19 septembre à partir de 6h pour partager cette aventure …

« Si j’en éprouve une grande hâte, je ressens également l’appréhension de ne pas être à la hauteur de la disponibilité des camarades qui viendront m’aider dans cette entreprise. C’est en cela qu’une petite pression s’ajoute aux courses en dossard, sur lesquelles un mauvais résultat ou une déception n’impactera que moi-même. Là, j’emmène des copains dans l’aventure… et j’ai vraiment à cœur de ne pas les décevoir ! »

On y court, on y marche, on y rêve en admirant des paysages et c’est ce qu’on aime quand on fait du trail. Les Hautes Vosges d’Alsace recouvrent un large et beau territoire situé dans la partie Sud de l’Alsace, à l’échelle des trois communautés de communes de Thann-Cernay, de la Vallée de la Doller et du Soultzbach, et de la Vallée de Saint-Amarin. Bienvenue aux trailers !

En levant les yeux et en parcourant les sentiers et chemins de cette région, on aperçoit des sommets emblématiques des Vosges qui appellent nos foulées : le Grand-Ballon (point culminant à 1424m), le Markstein, le Ballon d’Alsace… De nombreux lacs permettent aussi de se dégourdir les jambes le long de leurs rives bleutées : le lac de Kruth-Wildenstein, les lacs d’Alfeld, de Sewen, le barrage de Michelbach… Et ce serait dommage de goûter à ce territoire sans le sillonner plus profondément. La Route des crêtes, la fameuse route des vins d’Alsace et les incontournables fermes-auberges sont des musts touristiques à ne pas laisser de côté ! Même le patrimoine ici à une saveur particulière et un attrait pour le plus grand nombre : les randonnées historiques dans le Vieil Armand, les promenades dans les jardins du Parc de Wesserling, la visite de la Collégiale Saint-Thiébaut, du Parc à Cigognes, de la Mine Saint-Nicolas du Silberthal, le Train Touristique Thur Doller Alsace entre Cernay et Sentheim… Vous êtes ici dans un terroir qui a une histoire et une authenticité à partager !

Des itinéraires de trail et de marche santé sur mesure !

La volonté d’offrir un espace dédié au trail digne de ce nom n’est ici pas qu’une déclaration d’intention. C’est un projet lancé en 2019, porté par les trois communautés de communes ainsi que les offices de tourisme de ces territoires et largement soutenu par les divers financeurs publics. C’est la Communauté de communes de Thann-Cernay qui manage le projet et qui a souhaité lui donner une dimension transversale, entre tourisme et environnement, sport et santé. Les coureurs de montagne se souviendront avec émotion que c’est près de Thann, à Willer-sur-Thur, que s’envole chaque année la Montée du Grand Ballon qui en sera en 2021 à sa 40ème édition et qui a fait les grandes heures de cette discipline. Il faut dire que pour un territoire, le trail et la marche santé regroupent beaucoup de qualités : ce sont des activités de pleine nature en expansion qui disposent d’une image positive, qui se déroulent sur 4 saisons, avec un impact environnemental neutre, une utilisation mutualisée des sentiers, et l’opportunité d’une collaboration locale fructueuse entre tous les acteurs impliqués pour le développement touristique harmonieux de leur pays. Il était par exemple clairement indiqué dans le cahier des charges rédigé par Léon Fuchs, chef de projet, que les itinéraires devaient aussi passer à proximité de fermes-auberges ou de petits commerces de produits locaux. En somme, c’est aussi l’occasion d’inciter les habitants à redécouvrir par eux-mêmes les richesses de leur région, et d’en devenir des ambassadeurs et des « protecteurs » !

Pour en savoir plus : www.hautes-vosges-alsace.fr

14 jours après son départ du Mont Saint Michel, le 15 mai dernier, Jérémy Desdouets est déjà à la moitié de sa tentative d’établir le record de vitesse du GR34. Après plus de 1 000 km sur le célèbre « sentier des douaniers » entre le Mont Saint-Michel et Saint-Nazaire, Jérémy reste dans son objectif de le parcourir en moins de 30 jours.

Crédit Théo Cheval 2021

Avec des journées de plus de 11 heures de course au compteur, avalant parfois jusque de 90 km quotidien, Jérémy Desdouets est bel et bien dans son rythme…

Mi-parcours : « Je suis sur la pointe de Crozon dans le Finistère, ce qui représente la moitié du parcours. Je suis très fier car la première partie est la plus difficile, avec beaucoup de dénivelé. Le plus dur est normalement derrière moi. Depuis le début je compte un dénivelé positif de plus de 17 000 mètres. C’est énorme ! La pointe de Crozon est encore très technique, mais normalement, une fois que j’ai passé la célèbre Pointe du Raz d’ici quelques jours, cela devrait être plus roulant et je serai déjà dans une logique de fin de parcours. En plus je connais très bien la Bretagne Sud, je devrais pouvoir engendrer de belles journées.»

Un rythme physique très soutenu : « Mes journées sont bien orchestrées avec un départ le matin vers 8h et c’est parti pour 10 voire 12h de course avec seulement quelques arrêts pour manger et me ravitailler. Le soir je m’arrête vers 20h, je prends des protéines et je fais un bon massage pour bien récupérer. Les protéines sont très importantes pour la récupération des muscles. Je mange beaucoup aussi, c’est important. Enfin, une bonne douche et je dors environ 8h. Je constate chaque matin que ce mode de récupération est efficace car je me réveille toujours avec des jambes bien meilleures que la veille. Je n’ai pas de grosses souffrances. Tout va bien ! »

Mentalement au top : « Je vais super bien. Je sais que la seconde moitié du parcours sera moins soutenue, mentalement c’est important. Sur le trajet je suis très accompagné et c’est super de voir cet engouement. J’apprécie énormément de voir du monde sur le bord de la route pour m’encourager : j’adore. On a eu des musiciens de bombarde et de cornemuse, c’était génial ! Beaucoup souhaitent m’accompagner sur des longues distances, c’est moins facile à gérer pour moi car j’ai besoin de rester dans ma bulle, bien concentré, sans parler. Ecouter de la musique ou des podcasts, c’est le top. Mais c’est tellement sympa de se sentir soutenu, ça m’aide aussi beaucoup ! »

Un parcours fabuleux. « Je redécouvre la Bretagne ! Mon rythme me permets de voir la diversité des paysages. Des dunes, des falaises, des forêts, des rivières, des ports, la mer grise ou turquoise, c’est incroyable la richesse de notre région. Les paysages changent de jours en jours, je me régale. J’ai même croisé un renard et un chevreuil ces derniers jours. Ils semblaient aussi étonnés que moi de me voir là ! »

Pour la première fois au monde, les équipes du laboratoire Grandeur Nature Ut4M déploient des moyens sans précédents pour étudier la santé articulaire et la régulation de la glycémie lors d’un trail. Rendez-vous lors de l’Ut4M, du 15 au 18 juillet 2021 pour participer à cette étude inédite !  
Depuis 2018, l’Ut4M et l’Université Grenoble Alpes ont scellé des accords de partenariat avec la Fondation Université Grenoble Alpes et l’Inserm pour étudier les effets du Trail sur les coureurs. Après avoir mis en exergue les caractéristiques de la fatigue musculaire, cardiaque et celle du système nerveux central, (étude complète ici : https://ut4m.fr/fr/node/294) les équipes de chercheurs et de médecins du laboratoire HP2 (Inserm / UGA) et l’Unité Sports Pathologies du CHU de Grenoble travaillent de concert avec les organisateurs de l’Ut4M.  
Cette équipe qui figure parmi les plus dynamiques en physiologie de l’exercice et médecine du sport, s’appuie sur l’Ut4M pour atteindre un objectif : accroître la connaissance dans le domaine du trail, que ce soit sur les versants physiologiques, biomécaniques, psychologiques, sociétaux ou matériels. Afin de réaliser les mesures nécessaires, les partenaires de l’événement mettent à disposition du Laboratoire Grandeur Nature, un véritable plateau technique d’évaluation : ergomètres, tapis roulant, mesure des échanges gazeux-VO2, chaine d’évaluation neuromusculaire, EMG, posturologie, tests de fatigue, évaluation du sommeil, questionnaires…  
Toutes les informations sur le Laboratoire Grandeur Nature Ut4M : https://ut4m.fr/fr/laboratoire/la-plateforme-de-recherche  
À l’aide d’un panel de 40 coureurs volontaires sur des distances de 160km et 40km, Samuel Vergès, docteur et chercheur au sein de la Chaire “Montagne, Altitude, Santé”, s’appuie sur des partenariats industriels nationaux et internationaux dans le monde du sport pour développer de nouveaux axes de recherche originaux et innovants qui porteront sur deux grands thèmes :  
L’IMPACT DE LA PRATIQUE DU TRAIL SUR LA SANTÉ ARTICULAIRE
Pour la première fois au monde, les équipes du laboratoire étudieront objectivement par IRM, les contraintes au niveau du cartilage du genou induites par une course de trail de longue ou très longue distance. Des IRM du genou des coureurs volontaires seront ainsi réalisées au CHU de Grenoble avant, immédiatement après et un mois après la course de façon à étudier finement les conséquences d’une épreuve de trail ou ultratrail sur l’intégrité du genou et de ses composants.  
LA RÉGULATION DE LA GLYCÉMIE 
C’est-à-dire la concentration de glucose dans le sang, élément déterminant pour permettre aux muscles de produire l’énergie dont ils ont besoin à l’effort pendant une épreuve de longue durée en trail. Il s’agit là encore d’une première mondiale avec l’utilisation de mini-patchs permettant une mesure et un enregistrement continus de la glycémie avant, pendant et après la course. Ces systèmes d’enregistrement embarqués de la glycémie vont permettre de caractériser les variations de la glycémie au cours d’une épreuve de trail de longue ou très longue durée et de comprendre leurs liens avec la gestion alimentaire et la performance à l’effort des traileurs.   S’inscrire à l’Ut4M et postuler pour faire partie de l’étude 2021 depuis le site https://ut4m.fr/fr  
    PARTICIPER À LÉTUDE SUR LUt4M 2021 Un appel aux coureurs volontaires pour participer à cette aventure sportive et scientifique est désormais lancé ! Les industriels, mécènes et chercheurs intéressés par le laboratoire à ciel ouvert Ut4M sont invités à contacter l’équipe sur : https://ut4m.fr/fr/contact   Pour en savoir plus sur l’ensemble des projets de la Chaire Montagne Altitude Santé de la Fondation Université Grenoble Alpes, rendez-vous sur : https://fondation.univ-grenoble-alpes.fr/menu-principal/nos-projets/recherche-pluridisciplinaire/chaire-montagne-altitude-sante/chaire-montagne-altitude-sante-366019.kjsp  
 

Kilian Jornet s’est fixé un nouveau défi. Ce mois-ci, il se positionnera au départ de la piste de 400 mètres de Måndalen, en Norvège, et courra pendant 24 heures consécutives. Pour Jornet, qui a gagné des courses de trail running dans le monde entier, ce défi le sortira de l’ordinaire, ce qui est loin de lui déplaire : « Ce qui me motive, c’est sortir de ma zone de confort, essayer des choses différentes et voir ce dont je suis capable, qu’il s’agisse de grimper à haute altitude ou, dans le cas présent, de courir sur terrain plat. C’est amusant de découvrir les différentes choses que je peux faire. En plus d’être un bon test, s’entraîner sur le plat est l’occasion d’en apprendre davantage en matière de nutrition et de rythme, puis d’appliquer ces connaissances à d’autres activités, même à l’alpinisme par exemple. » 

Comme le projet dépend en quelque sorte des conditions météorologiques, il reste à fixer la date exacte de la course de Jornet. La date actuellement prévue est le 21-22 novembre, si la météo y est favorable.  La Norvège, pays de résidence de Jornet, a été relativement épargnée par la pandémie de COVID-19. Précautions sanitaires obligent, le stade sera néanmoins interdit aux spectateurs pendant la course. Afin que la course soit officielle, plusieurs coureurs d’ultra norvégiens accomplis participeront également. 

Jornet a ce défi de 24 heures en vue depuis plusieurs mois et, comme à son habitude, il ne fera part d’aucune prévision ou attente quant à la distance qu’il peut parcourir. Ceci dit, lorsque l’Espagnol se met en piste, l’extraordinaire est toujours possible. Officiellement, la plus longue distance jamais courue en 24 heures a été établie en 1997 par Yiannis Kouros, qui a parcouru 303,506 kilomètres, ce que Jornet qualifie de performance « absolument dingue ? Ça fait tellement de kilomètres que je n’arrive même pas à me le représenter », déclare Jornet. « J’ai vu les temps intermédiaires de Yiannis, je vais essayer de m’y tenir aussi longtemps que possible. Je connais la vitesse horaire que je dois maintenir, donc je connais le rythme pour chaque kilomètre et chaque tour. Bien entendu, les 10 premières heures seront plus rapides, puis je ralentirai toutes les heures. J’ai un plan et je sais à quelle allure je veux courir chaque heure. L’essentiel est de ne pas avoir de problèmes musculaires et d’arriver à manger sans avoir de grosses périodes de relâchement. » 

« Nous, les sportifs de montagne, nous avons un gros moteur, donc c’est facile côté cardio et endurance », explique Jornet. « Je dois surtout travailler la vitesse parce que mes jambes ne sont pas habituées à bouger aussi rapidement. Pour me préparer, j’ai consacré trois jours par semaine au travail de la vitesse sur piste ou sur route. Mais la façon dont on court sur le plat est très différente de la course en montagne, où on lève les jambes plus haut pour franchir les obstacles et avec des appuis différents à cause des variations du terrain. »

Une grande partie des recherches de Jornet sur l’entraînement avait pour principal objectif de réduire au minimum les blessures potentielles dues au mouvement répétitif de la course sur le plat. En fait, il a été forcé de reporter sa tentative des 24 heures ces dernières semaines en raison de blessures musculaires persistantes survenues avant sa première compétition sur route de 10 km, la célèbre Hytteplanmila en Norvège, qu’il a bouclée sur un très modeste pour lui 29:59 mi-octobre.  

« Je pense que le plus grand défi est de réussir à s’entraîner régulièrement sans se blesser car la transition vers le plat est très dure pour les muscles », confie Jornet. « L’entraînement a été un peu frustrant ces derniers mois, où j’ai enchaîné les blessures. J’avais de bonnes périodes, puis je me retrouvais avec une blessure qui me condamnait au repos. Après la course de 10 km, j’ai dû arrêter l’entraînement pour guérir une blessure. Maintenant, mon plan consiste à faire une bonne semaine d’entraînement et voir comment mon corps réagit, puis à laisser les tissus musculaires se reposer et récupérer avant la tentative. »

Le jour de la tentative, Jornet changera de sens toutes les quatre heures sur la piste qu’il connaît désormais par cœur. Il prévoit des températures avoisinant 0 °C la nuit et de 8 à 15 ° en journée.