Millau, ce n’est pas seulement le très populaire Festival des Templiers fin octobre, et sa petite sœur de début décembre, L’HIvernale des Templiers. Au-delà de ces 2 épreuves, le territoire du sud-Aveyron propose une multitude de parcours pour tous niveaux balisés et accessibles toute l’année. Si vous aimez le silence des grands espaces, les plateaux austères où se découpent des monolithes rocheux ruiniformes, les forêts sombres et les monotraces en surplomb de gorges profondes, alors un formidable terrain de jeu vous attend. Découverte du territoire avec Geoffroy Barrabé, Référent Sports de Nature pour la Communauté de Communes Millau Grands Causses.

Millau, la course à pied dans le sang

S’il est une terre qui mérite l’appellation « spot de running », c’est bien celle de Millau. Ici, on a la course à pied dans le sang, et depuis longtemps. Historiquement, ce sont les fameux 100 km de Millau qui donnent à la ville ses lettres de noblesse en matière de course à pied. L’épreuve est en effet le plus vieux 100 kilomètres français, qui se dispute tous les derniers samedis du mois de septembre depuis… 1972.

Plus spectaculaire, la Course Eiffage du Viaduc de Millau, créée en 2007, permet à près de 15000 personnes de partir à l’assaut de l’ouvrage exceptionnellement fermé à la circulation le temps d’un run. Avec 390m de dénivelé positif pour un parcours de 23,7 kilomètres, cette épreuve, calée au mois de mai, vaut surtout pour le privilège de pouvoir courir sur le plus haut pont à haubans du monde, dont le tablier culmine à 270 mètres en son point le plus élevé.

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Le Viaduc de Millau, aujourd’hui incontournable du paysage. Photo Verticausse / Tourisme Aveyron

Les Templiers, l’événement incontournable

Pour les traileurs, impossible de ne pas associer Millau au Festival des Templiers. Chaque année depuis 1995, cet événement propose différentes courses au départ de la ville ou des villages environnants lors du dernier week-end d’octobre. Ainsi, pas moins de 12 courses étaient au programme de l’édition 2022, avec en clôture de festival le prestigieux Grand Trail des Templiers, épreuve reine se disputant sur une boucle d’environ 80km pour 3500 mètres de dénivelé positif, remportée cette année par l’Américain Jim Walmsley.

Cet événement est tellement ancré dans le paysage que certains n’hésitent pas à affirmer que c’est avec les Templiers que sont nées les courses de trail en France. Oubliant, amnésie salvatrice, que la 6000D organisée à La Plagne existait… dès 1990. Et que la SaintéLyon était encore bien plus ancienne, même si elle ne peut pas être considérée comme un trail à part entière au vu des nombreuses portions goudronnées qui jalonnent le parcours.

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Le départ du Grand Trail des Templiers, l’une des plus anciennes courses de trail en France. Photo Templiers / DR

L’Hivernale des Templiers, la der de der

Il ne faut pas oublier la petite dernière de la famille, l’Hivernale des Templiers, qui 6 semaines à peine après le Festival fait peu à peu son trou. Considérée comme la dernière grande et belle course de fin d’année, elle se déroule dans une atmosphère d’ailleurs au départ de Roquefort, au cœur du Larzac sud. Rude comme les Grands Causses, mystérieuse comme les cités Templières.

Hivernale des Templiers Photo Greg Alric
Hivernale des Templiers. Photo Greg Alric

Millau Grands Causses, un territoire façonné par l’histoire et la nature

Situé à la pointe méridionale du Massif Central en sud-Aveyron, l’espace géographique autour de Millau offre une variété de paysages qui se prête merveilleusement au trail. Ici, les amoureux des grandes steppes seront séduits par les Causses Noir, Rouge et du Larzac, ces vastes plateaux calcaires entaillés par les impressionnants canyons des gorges du Tarn, de la Dourbie ou de la Jonte.

Sentes millénaires, sombres forêts de pins, corniches vertigineuses, chaos de rochers ruiniformes et étendues sauvages, tout invite à l’émerveillement. Au gré des chemins, vos foulées vous mèneront à la découverte de petits villages de caractère, tantôt perchés, tantôt les pieds dans l’eau, puis de fermes abandonnées, où le temps s’est arrêté pour mieux accueillir le visiteur.

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Photo Festival des Templiers 2018 / Tourisme Aveyron

L’Espace Trail Grands Causses, l’atout majeur de Millau

Avec 37 parcours aussi variés les uns que les autres, l’Espace Trail Grands Causses propose des circuits entièrement balisés de 9 à 120km accessibles toute l’année. Une invitation à découvrir le Causse Noir, le Causse Rouge ou le fameux Larzac, avant de replonger dans les Gorges de la Jonte, de la Dourbie ou du Tarn. Geoffroy Barrabé, arrivé en 2013 un mois avant l’inauguration des premiers tracés, raconte.

ET : Comment est né cet Espace de Trail ?

Au départ, c’est une commande de la Communauté de Communes Millau Grands Causses qui voulait avoir un Espace Trail. En avril 2013 ont ainsi été inaugurés 14 parcours de 9 à 50 kilomètres, tous tracés par un grand passionné de course à pied, Gilles Bertrand, organisateur avec Odile Baudrier de la Grande Course des Templiers depuis 1995. C’est à lui que le marché avait été confié.

C’est également la société des Templiers qui a créé l’environnement graphique de cet Espace, avec les panneaux de balisage et leur petite trace de semelle, la taille des flèches, la couleur en fonction du niveau de difficulté, (vert, bleu, rouge ou noir, comme les pistes de ski)…

Millau Balisage
Le balisage des parcours, avec la fameuse empreinte de semelle… Photo Esprit Trail

ET : Ces tracés originels existent encore ?

Oui, ils représentent 280 kilomètres de parcours et on peut les retrouver sur l’espace trail du site rando.parc-grands-causses.fr, numérotés de 1 à 14. Par la suite, des territoires voisins ont été intéressés pour intégrer cet espace de trail et promouvoir l’activité. À commencer par la Communauté de Communes Larzac et Vallées, en 2017.

De notre côté, nous avons également proposé de nouveaux itinéraires, dont un vers le Viaduc et un de grande itinérance de 120 kilomètres. Plus tard encore, en 2019, d’autres territoires voisins, Saint-Affrique, Roquefort, Montlaur, Rougiers, etc, ont également rejoint ce vaste Espace Trail, contribuant à son agrandissement géographique.

C’est encore Gilles Bertrand qui a été sollicité pour tracer tous ces nouveaux parcours. Si bien qu’aujourd’hui, ce sont 37 trails qui sont répertoriés et entièrement balisés.

ET : Quels sont tes parcours préférés ?

Il y a un parcours qui est plus ou moins calqué sur une des plus belles randonnées de France, c’est le parcours N°16, Les Balcons du Vertige. Pour tous ceux qui cherchent le côté vue, impressionnant, c’est sans hésiter celui-ci. Personnellement, mon parcours de cœur, c’est le parcours N°8 de La Roque-Sainte-Marguerite. En l’espace de 19 kilomètres, on a la chance de monter sur le plateau du Larzac et sur le plateau du Causse Noir, avec des passages mythiques des Templiers, à savoir les corniches du Rajol et l’Arche de Roquesaltes.

Sinon, pour le côté ludique, il faut savoir que sur le parcours N°18, qui s’appelle Au Cœur du Viaduc, on passe physiquement dans la pile du pont. Après, on a des tracés tous publics qui sont très plébiscités, comme le N°3, le parcours du Creissels. Il fait 9 kilomètres, il est génial pour l’entraînement et on a une superbe vue sur Millau.

Et puis quand on vient courir ici, on a presque l’obligation de faire le Chrono Pouncho, un demi-kilomètre vertical qui a été balisé en 2015, qui fait 2,4km pour 481m de D+. De l’extérieur, Millau, c’est le Viaduc, mais pour les vrais Millavois, leur Tour Eiffel à eux, c’est la Pouncho d’Agast, cette la falaise emblématique qui borde le Causse Noir et domine Millau, avec son antenne au sommet, visible de très loin.

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La Pouncho d’Aagast, qui domine Millau, spot incontournable pour le demi-KV. Photo C-M Hennessy / Tourisme Aveyron

ET : Quels conseils donnerais-tu à des traileurs ne connaissant pas la région pour les aider à préparer leur séjour ?

En premier lieu, se référer au site Internet qui est extrêmement bien fait, afin de pouvoir prendre un maximum de renseignements en amont. Selon son niveau, cela permet déjà de choisir les distances, car ce sont elles qui font la difficulté des parcours. En effet, on a des causses et des vallées, mais on n’a jamais de difficultés qui vont dépasser, en un bloc, 500m de D+, donc il n’y a pas trop besoin de se poser de questions de faisabilité. Ainsi, quelqu’un qui veut préparer une course et qui veut faire un bloc de 4 jours va pouvoir choisir à l’avance les parcours qui lui correspondent le mieux.

Toutes les traces ont été faites sur le terrain, donc la récupération des traces est très précise, il n’y a pas de bug par rapport à ça.

Après, notre gros avantage par rapport à un territoire de montagne, c’est qu’on peut avoir des blocs de dénivelé qui permettent de retrouver l’entraînement que l’on peut faire en montagne, sauf que c’est praticable toute l’année.

Dernier point, pour ceux qui ont la possibilité de descendre avec leur vélo, on propose également des parcours très intéressants, notamment en gravel. Pour celui qui vient faire une semaine d’entraînement, ça peut donc être multiactivités. Et puis finir dans la Dourbie en mode cryo en plein hiver, ça marche aussi. (Rires.)

Pour préparer votre séjour, rendez-vous ICI 

Millau : 4 itinéraires emblématiques pour s’en mettre plein les yeux

Itinéraire 1 : Millau / Le Monna

Un double régal de trail : une boucle qui surplombe la vallée du Tarn puis celle de la Dourbie.

Boucle de 18,30km, 678m D+ au départ du Monna, place de l’Eglise, à 8km de Millau par la RD110 direction Nant.
Niveau moyen
Temps approximatif : de 1h40 à 3h30
Parcours balisé 1

Depuis le bas du Monna, discret village encaissé dans les gorges de la Dourbie, suivez la route qui monte dans le hameau, puis continuez tout droit sur le chemin muletier. Petit à petit, la piste devient sentier qui monte en épingle pour rejoindre les corniches du Causse Noir. Une fois sur le plateau, un parcours déroulant principalement sur piste forestière ombragée vous mène sur les deux versants de la Pouncho d’Agast et vous fait emprunter des sentiers en corniches, avec vues somptueuses sur les deux canyons qui convergent à Millau.

Millau Itinéraire 1

Itinéraire 2 : Peyreleau / Le Causse Noir

Une ascension redoutable vers l’Ermitage Saint-Michel en surplomb des Gorges de la Jonte, un sentier cassant dans la traversée du Causse Noir puis une descente piégeuse à souhait : du pur régal de trail.

Boucle de 13km, 569m D+ au départ de Peyreleau.
Niveau moyen
Temps approximatif : 1h15 à 2h35
Parcours balisé 11

Au départ de la placette située sous la Mairie du magnifique village de Peyreleau, tout commence calmement sur une piste déroulante sur environ 2,5km, le temps de se mettre en jambes. Profitez bien de ce parcours d’approche dans les Gorges de la Jonte, avec ces magnifiques falaises s’accrochant au ciel, car quand vous allez attaquer le single, un gros dénivelé vous attend. La pente est sévère, brutale, pour grimper jusqu’à l’Ermitage Saint-Michel (qu’on vous recommande de visiter). Continuez de monter au-dessus des falaises jusqu’au cœur de la forêt du Causse Noir.

Une fois là-haut, pas de répit : un sentier tout en faux-plats, bien endurant, vous mène à travers le Causse jusqu’au prieuré de Saint-Jean-de-Balmes, puis la ferme de la Bartasserie. L’itinéraire vous entraîne ensuite par des pistes plus confidentielles jusqu’à l’entrée du Ravin de Malbouche. Il est temps d’attaquer la descente technique, en épingles, pleine de racines et vieux troncs, pur bijou de trail qui vous ramènera à votre point de départ.

Millau Itinéraire 2

Itinéraire 3 : Le Balcon du Vertige

Entre corniches du Sauveterre et corniches du Causse Noir, une incursion dans le Parc national des Cévennes qui vous réserve une formidable traversée en forêt et des pentes vertigineuses vers les sites emblématiques des Gorges de la Jonte.

Boucle de 11,20km, 600m D+ au départ du Rozier.
Niveau moyen
Temps approximatif : 1h15 à 2h15
Parcours balisé 16

Au départ du Rozier, sur la place, remontez l’avenue principale et prenez la piste abrupte qui vous mène au rocher de Capluc. Une fois au-dessus du village, basculez par un petit col sur le Tarn où un joli sentier vous mène jusqu’à l’Ermitage Saint-Pons, puis vous fait arpenter l’étendue du Causse Méjean avant de vous retrouver sur les corniches de la Jonte et leur paysage impressionnant. Suivez alors ces corniches en passant par les lieux-dits du Vase de Chin et du Vase de Sèvres, sur le bien nommé balcon du vertige. Sentier en dévers, passage en grotte, section technique et boisée, descente raide en final, votre trajet pour rejoindre Capluc est somptueux. Il sera alors temps de reprendre la piste abrupte pour redescendre jusqu’à l’entrée du Rozier, puis votre point de départ.

Millau Itinéraire 3

Itinéraire 4 : Millau / Le Cade

Une immersion dans la forêt du Cade pour une bouffée d’oxygène au royaume de la course nature !

Boucle de 26,70km, 850m D+ au départ de Millau, au rond-point du Confluent.
Niveau difficile
Temps approximatif : 3 à 5h
Parcours balisé 2

Le Causse Noir, avec tout particulièrement la forêt du Cade, est le poumon vert de la ville de Millau, immense parc naturel et protégé, lieu d’évasion prisé des randonneurs, vttistes et traileurs. Au départ du rond-point du Confluent, une première section mi-route mi-piste forestière vous mènera tout en haut de la falaise qui domine la ville, au Pouncho d’Agast, bien connu des participants au Grand Trail des Templiers (c’est de là qu’ils s’élancent dans la dernière descente pour rejoindre l’arche d’arrivée, qui n’est plus qu’à 3 kilomètres).

C’est alors qu’au gré de monotraces, de sentiers sinueux et de chemins en balcon, un panorama magnifique sur la Dourbie vous accompagne jusqu’au-dessus du village du Monna, où vous bifurquez afin de rejoindre la D110 et la ferme des Privats. Vous traversez la pinède du Causse Noir par de larges pistes déroulantes où règne un sentiment de paix pour atteindre la sublime ferme de Betpaumes, puis rejoignez les corniches du Tarn, au bout desquelles vous retrouvez le GR62, qu’il vous faut redescendre sur le même parcours qu’à l’aller.

Millau Itinéraire 4

Retrouvez tous les itinéraires en détail sur le site https://rando.parc-grands-causses.fr/

Faites-vous une course des Templiers en off

Grâce à l’application Trail Connect, il est possible de se procurer les traces GPX officielles des courses des Templiers 2022, qui ne sont pas répertoriées dans les parcours de l’Espace Trail. De la Templière et ses 7,3km pour 290m D+ à l’Endurance Trail, ses 106,7k et 4530m D+, vous pouvez désormais aller arpenter entre amis les parcours de 11 des courses qui ont fait vibrer la planète trail fin octobre. L’appli propose une alarme de sortie de trace, un suivi live pour des tiers ou encore l’exportation du fichier gpx.

grand trail des templiers Jim Walmsley Photo Instagram Jim Walmsley DR
En bouclant le Grand Trail des Templiers 2022 en moins de 7 heures, Jim Walmsley a réalisé un exploit. Suivez sa trace, à votre rythme, grâce à l’appli Trail Connect. Photo Instagram Jim Walmsley / DR

A 49 ans, Sylvain Kinnen est un passionné de course à pied qui n’a pas peur d’avaler des kilomètres. Avec 40 marathons à son compteur, il est aussi à l’aise sur route que sur sentiers. A son actif, 10 Marathons des Sables, un UTMB, une Diagonale des Fous, un UT4M et quelques autres monuments de l’ultra-trail. Il a déjà couru 4 fois l’Ultra-Trail d’Angkor, entre 2016 et la première édition et 2020 pour sa dernière participation. Autant dire qu’il sait de quoi il parle…

1 – Ultra-Trail d’Angkor : un voyage, des vacances, une course

« C’est en 2015 que j’ai vu passer les premières publicités pour l’Ultra-Trail d’Angkor. Déjà, un nouvel ultra était une info qui m’intéressait. Mais avec les temples cambodgiens du site archéologique d’Angkor, classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité en plus, j’ai tout de suite été intéressé. Ce qui nous a séduits, ma compagne et moi, c’était surtout la possibilité de combiner des vacances avec la visite des temples et, pour moi, la participation à l’ultra. La première fois, nous avons donc combiné des vacances en Thaïlande et la course au Cambodge, la seconde fois nous sommes allés à Hong Kong, la troisième à Singapour et la quatrième au Vietnam. C’est quand même plus sympa que de faire un aller-retour juste pour la course avec 2 jours avant et 2 jours après. »

ULTRA TRAIL ANGKOR PHOTO Regis Binard - SDPO
Photo Régis Binard – SDPO

2 – Ultra-Trail d’Angkor : une organisation au top

« La première fois, je me suis renseigné sur l’organisateur, Jean-Claude Le Cornec. J’avais déjà reçu des propositions pour une autre course qu’il organisait, les Foulées de la Soie, à laquelle je n’ai pas participé, mais du coup il y avait des avis sur lui et l’organisation sur Internet, son Facebook était plutôt bien fait et il était plutôt bien noté. Ça avait l’air à la fois familial et sérieux. Et effectivement, quand nous sommes arrivés sur place, nous avons pu apprécier cette organisation. C’était vraiment bien, avec beaucoup de gentillesse, de l’attention, tout ce qu’il faut. Et un côté très familial aussi, puisque nous étions au début un tout petit groupe. Il y avait à peine une trentaine de partants sur le 128 kilomètres ! »

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Sylvain Kinnen lors de sa 4e participation, en 2020, sur l’UTA 128 kilomètres. Depuis, à l’écoute des coureurs, l’organisation a raccourci l’UTA à 100 kilomètres. Photo DR

3 – Ultra-Trail d’Angkor : la magie des temples

« Depuis le temps que nous y allons, ma compagne et moi, nous avons appris à bien connaître les temples. Et si parfois les sites sont envahis par les touristes chinois, d’autres fois, c’est plus calme. Surtout la nuit, quand tu passes dans les ruines que tu éclaires à la frontale, c’est magique. Parfois, c’est même nous qui, en passant, avec nos lumières, allons réveiller des habitants allongés dehors sur un genre de structure en bois… Une année, Jean-Claude avait réussi à privatiser la Terrasse des Éléphants, dans la cité royale d’Angkor Thom, pour donner le départ. C’était génial de l’avoir rien que pour nous. Et pendant que je cours, ma compagne a son propre rituel en allant au Bayon, son temple préféré, avec ses grandes sculptures de visages qui se regardent… Elle prend un livre et elle va se caler là… »

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Prendre le temps d’admirer les temples de la civilisation Khmer… Photo Sylvain Kinnen

Sylvain Kinnen : « 100 kilomètres, ce sera bien suffisant ! »

En ayant appris que la distance de l’épreuve la plus longue de l’Ultra Trail d’Angkor allait passer en 2023 à 100 kilomètres, au lieu des 128 qu’elle comportait, Sylvain Kinnen a trouvé l’idée très bonne. On lui a demandé pourquoi. Entre autres…

Esprit Trail : 128 kilomètres à peu près plats, pour un ultra-traileur ayant fait l’UTMB, c’est rien, non ?

Sylvain Kinnen : (Rires.) Non, ce n’est pas rien ! C’est vrai qu’au niveau du profil il n’y a qu’une petite bosse à peu près au milieu, avec 200 mètres de dénivelé qu’on redescend après, donc ça a l’air facile. Mais dans les faits, c’est surtout la chaleur qui est dure à supporter. Des fois tu as de l’eau, des fois tu n’en as pas ; des fois tu as des rivières, des fois tu n’en as pas… Et puis tu cours souvent sur de la latérite, un terre de couleur rouge qui renvoie la chaleur.

Sur une édition, il faisait tellement chaud que j’avais trouvé une technique : je courais quand il y avait du soleil et dès que j’arrivais à l’ombre des arbres, je marchais pour récupérer. Pour te donner un ordre d’idée, sur mes 4 participations, j’ai dû mettre au minimum 22 heures et au maximum 26 pour les 128 kilomètres. Alors qu’en règle générale sur un 100 en France je mets 12h30.

J’ai lu quelque part que c’est Antoine Guillon et Christophe Le Saux (1er et 3e en 2017), qui ont déjà participé à l’épreuve, qui ont conseillé à Jean-Claude de diminuer la distance. C’est une bonne chose, car ça permet aussi de garder un peu de fraîcheur pour pouvoir faire un peu de tourisme après la course.

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Antoine Guillon et Christophe Le Saux tout sourire lors de leur participation à l’UTA. Photo SPDO

Esprit Trail : Tu as participé à 4 éditions sur 6. C’est une drogue ?

Sylvain Kinnen : Comme je le disais, c’est la possibilité de combiner de vraies vacances avec la course qui nous a incité à y retourner, ma compagne et moi. Ça, et également l’organisation, qui est vraiment au top. Lors de la dernière édition, on avait même des policiers qui nous suivaient pour s’assurer qu’on ne se trompait pas d’itinéraire. Très attentifs, au point même que l’un des deux qui nous accompagnait, mon coéquipier et moi, est allé dans un petite échoppe de bord de piste pour « réquisitionner » des boissons pour nous…

Ultra-Trail Angkor Sylvain Kinnen
Pause boisson pour Sylvain Kinnen, à l’ombre d’une échoppe. Photo DR

Esprit Trail : Quel est ton plus beau souvenir de l’Ultra-Trail d’Angkor ?

Sylvain Kinnen : La première édition. Déjà, pour avoir réussi à franchir la ligne d’arrivée, et parce que je suis monté sur le podium de ma catégorie, moi qui n’avais jamais fait un podium de ma vie. Avec le ministre du tourisme qui m’avait remis mon trophée, et moi qui me demandais ce que je faisais là. Ah, et puis un truc amusant : je suis assez sujet aux hallucinations, et lors d’une de mes participations, il y avait des vaches sur le bord du chemin, et moi je pensais que c’était des Bisounours. Mais ça, c’est pour l’anecdote. Sinon, c’est la beauté des temples et la gentillesse des gens que l’on rencontre sur place, accueillants, bienveillants.

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Sylvain Kinnen sur le podium de sa catégorie lors de la première édition de l’UTA, qui lui vaudra de porter le dossard N°1 lors de la 2e édition. Photo DR

Plus d’informations et inscriptions : sdpo@sdpo.com / https://ultratrail-angkor.com/

Découvrir le film de l’édition 2022

Pendant 8 ans, il en a rêvé. Pendant 8 ans, il a eu peur de se lancer. Trop long, trop engagé. Pourtant, Michel Lanne a reconnu chacun des 30 sommets de la chaîne des Aravis, des crêtes parfois vertigineuses, et les a domptés. Et puis un jour, il s’est lancé. Objectif : la traversée intégrale des arêtes des Aravis, 50 km de trail et d’alpinisme, 7500m de D+, en moins de 24 heures. Record à battre : 37 heures et 20 minutes par Paul Bonhomme en 2017. Aravistique est le film qui raconte l’exploit de Michel Lanne. Magnifique.

Pour voir le film du record de Paul Bonhomme en 2017, c’est ICI

« Putain, je me demande ce qui me passe par la tête pour avoir envie de partir », se demande Michel Lanne peu de temps avant minuit, à Romme sur Cluse. Ultra-traileur émérite et guide de haute montagne, vainqueur de la MaxiRace en 2019 ou de la TDS en 2017, Michel Lanne est un virtuose de l’effort solitaire et un expert du milieu montagnard. Pourtant, face à ce défi de la traversée des Aravis par les sommets, il a peur.

TRAVERSEE DES ARAVIS 3

Enchaîner sommet après sommet entre trail et alpinisme pur en restant vigilant pendant plus d’une journée lui paraît une folie. Mais l’envie est parfois plus forte que la raison. Avec Aravistique, un film de 30 minutes aux images sublimes, revivez son aventure de bout en bout, des premières foulées à minuit pile à son arrivée au Bouchet Mont Charvin, moins de 24 heures plus tard…

Découvrez le film Aravistique ICI

Depuis plus de 40 ans, le dernier dimanche d’octobre accueille la traditionnelle course sur route Marseille-Cassis, un événement devenu hyper-populaire. Cette année, plus de 18000 participants sont attendus entre le Vélodrome, antre de l’Olympique de Marseille, et le petit village de Cassis, 20 kilomètres plus loin. Mais pour les amoureux de la course nature, un autre Marseille-Cassis, version trail, offre une aventure sauvage, de calanque en calanque, dans un univers minéral exceptionnel.

Marseille-Cassis : une version trail de 25 kilomètres

Si la version route fait 20 kilomètres, la version trail, elle, en compte 5 de plus pour un dénivelé de l’ordre de 1400m D+. Soit une sortie d’environ 5 à 6 heures, en comptant des haltes. Tout au long de cette sortie, vous évoluerez dans le Parc National des Calanques. Créée en 2012, cette aire de protection des écosystèmes s’étend du petit port des Goudes, terminus sud de la métropole de Marseille, jusqu’à La Ciotat en passant par Cassis et les fameuses falaises du Cap Canaille. Avec une altitude maximale de 394 mètres, elles constituent les plus hautes falaises maritimes de France, avant celles d’Étretat, et les quatrièmes plus hautes d’Europe. Avec ses sentiers serpentant à l’aplomb des criques aux eaux transparentes, tout appelle l’amoureux de la course nature à chausser les baskets pour une virée inoubliable.

MARSEILLE CASSIS TRAIL
Vu du ciel, le parcours vous emmènera de Callelongue, en bas à gauche de la photo, jusqu’au village de Cassis, en haut à droite.

Marseille-Cassis : départ de Callelongue

Rendez-vous au niveau du port de Callelongue, à l’extrémité sud de Marseille, où vous aurez la possibilité de vous garer. Au niveau de l’unique restaurant des lieux, La Grotte, prendre en face le chemin balisé longeant le bord de mer et menant à la calanque de Marseilleveyre. Vous l’atteindrez au bout de 2 kilomètres faciles, en passant par la minuscule calanque de la Mounine. Un petit resto, surnommé Le Belge, vous fera de l’œil, mais il est trop tôt pour penser au verre de rosé.

Passez derrière le restaurant, au milieu des quelques maisons de pêcheurs, et continuez le chemin pendant encore 2 kilomètres le long de la côte. Vous allez ensuite prendre progressivement un peu de hauteur pour monter dans le massif. Au bout de 6,5km environ, vous croiserez la petite route étroite descendant vers la calanque de Sormiou. Traversez-la et continuez à monter sur 600m pour atteindre le Col des Baumettes (rassurez-vous, la prison des Baumettes est encore loin!). Prenez complètement à droite en descente vers la calanque de Sormiou, où vous arriverez au bout d’1 kilomètre. Entrez dans le village de pêcheurs et dirigez-vous vers le port, que vous laisserez sur votre droite pour entamer une remontée de 2 kilomètres vers le Col des Escourtines, où vous traverserez la route de la calanque de Morgiou. Traversez-la et continuez en face.

MARSEILLE CASSIS CALANQUE DE MORGIOU
La calanque de Morgiou, que vous atteindrez au niveau du petit port.

Marseille-Cassis : prenez de la hauteur

A partir de là, vous poursuivrez sur le plateau pendant une dizaine de kilomètres, sur un chemin parfaitement balisé en direction du Col de Sugiton et du Col de la Candelle. Au loin, vous ne pourrez vous empêcher d’admirer les falaises Soubeyranes et le cap Canaille, tout en vous disant qu’il reste encore pas mal de chemin pour atteindre Cassis. Mais quel spectacle ! Deux montées très raides vous attendent, dont une montée courte mais violente vers le Col de la Candelle. Vous êtes alors au pied de la Grande Candelle, une paroi très prisée des grimpeurs, avec derrière vous la vue sur le Torpilleur, un îlot en forme de… torpilleur, et l’entrée de la calanque de Morgiou, et face à vous, ces falaises de Cassis qui se rapprochent petit à petit. Mais il vous reste encore environ 9 kilomètres à parcourir.

MARSEILLE CASSIS COL CANDELLE
Du Col de la Candelle, vue sur le Torpilleur et l’entrée de la calanque de Morgiou. Photo Esprit Trail

Marseille-Cassis : la tentation En-Vau

Après le Col de la Candelle, ne manquez pas, au bout d’une centaine de mètres, le sentier qui descend à droite et qui vous mènera en un peu plus d’un kilomètre de descente vers les falaises du Devenson. Vous apprécierez le point de vue vertigineux sur la Méditerranée avant de suivre le GR balisé rouge et blanc qui vous mènera au Col du Devenson, puis au Pas de l’Oule. Arrivé à ce col, parmi les 4 chemins qui vous attendent, prenez le second en partant de la droite, un single qui descend vers le vallon d’En-Vau.

MARSEILLE CASSIS DEVENSON
Vue sur la Grande Candelle depuis les falaises du Devenson. Photo Esprit Trail

Si vous avez un peu de temps et envie d’en prendre plein les yeux, vous pouvez cependant faire un crochet en prenant le premier chemin à droite, qui vous emmènera au Belvédère d’En-Vau, l’une des plus belles calanques d’Europe. Revenez ensuite sur vos pas pour prendre le single mentionné plus haut. Une courte descente d’environ 800m très caillouteuse vous fait déboucher sur le large chemin forestier du vallon d’En-Vau. Prenez à droite vers la calanque.

MARSEILLE CASSIS CALANQUE EN VAU
La calanque d’En-Vau, l’une des plus belles plages d’Europe. Photo Esprit Trail

Marseille-Cassis : Cap Canaille, nous voilà !

Vous rêvez de fouler la petite plage de cailloux d’En-Vau ? Filez au bout du chemin, il vous y mène directement. Sinon, après 1,5km sur ce large chemin (et donc 800m avant d’arriver à En-Vau), vous arriverez à un croisement et prendrez en épingle à cheveux à gauche une montée dans les éboulis indiquant « Port Pin » . En haut de la montée très raide de 300m, prenez à gauche un large chemin forestier qui vous amènera vers l’auberge de la Fontasse.

Vous touchez au bout, jamais les falaises du Cap Canaille n’ont été aussi près. Prenez alors à droite le chemin indiquant Cassis. Il vous amènera au fond de la calanque de Port-Miou, magnifique port naturel où s’alignent sagement les bateaux. Ici s’arrête votre périple trail de 25 kilomètres. Il ne vous reste plus qu’à vous rendre au centre du village de Cassis pour trouver un bus vous ramenant à Marseille Centre, puis de Marseille Centre un autre desservant les Goudes, où vous retrouverez votre véhicule.

MARSEILLE CASSIS PORT DE CASSIS
Mission accomplie. Profitez de quelques instants sur le port de Cassis, véritable carte postale made in Provence. Photo Esprit Trail

Marseille-Cassis, le récap’

Départ : Calanque de Callelongue, Les Goudes, Marseille (parking).
Distance : 25 km hors option Belvédère d’En-Vau (+ 1,4km) et plage d’En-Vau (+ 1,4km)
Dénivelé : 1400 m hors options
Niveau moyen à difficile. Attention, pas d’ombre sur le parcours.
Prévoyez de quoi bien vous hydrater.
1 possibilité de ravitaillement en eau au village de Sormiou.

Cassis : découvrez le Cap Canaille en mode trail

Si vous êtes de passage à Cassis, nous vous recommandons cet itinéraire en aller-retour qui vous offrira des vues exceptionnelles et vertigineuses sur la baie de Cassis, les calanques, les îles et la Méditerranée. À partir du centre du village, prenez la direction de la route des Crêtes qui relie Cassis à La Ciotat. Après environ 2 kilomètres de goudron (qui monte, qui monte), passez le Pas de la Colle et continuez sur la route principale direction La Ciotat.

Juste après avoir attaqué les 2 premiers lacets, vous trouverez un départ de sentier (balisé jaune) partant sur la droite, délimité par de gros rochers. Si vous souhaitez vous éviter cette portion de bitume bien pentue, vous pouvez stationner le long de la route au Pas de la Colle ou une centaine de mètres avant le départ du sentier, sur la petite aire de stationnement située juste dans le virage en contrebas.

MARSEILLE CASSIS CAP CANAILLE TRAIL
A partir de Cassis, à droite, une très belle sortie le long des falaises vous emmènera vers La Ciotat.

Cap Canaille, vertige avec vue mer

Une fois sur le single, vous commencerez par une jolie montée d’environ 1 km vers les falaises, avec sur votre droite de très belles vues sur la baie de Cassis, ses vignobles et ses eaux turquoise. Arrivé au niveau d’un gouffre (fermé au public) que vous laisserez sur votre gauche, quittez le sentier principal pour emprunter à droite l’étroit single qui serpente dans la garrigue puis vous permet d’accéder au bord de la falaise, au niveau où elle est la plus élevée.

Attention, à partir de cet instant, vous allez emprunter pendant 4 kilomètres des sentiers magnifiques mais très exposés en direction du Sémaphore du Bec de l’Aigle, qui surplombe La Ciotat, passant parfois à quelques mètres d’à-pics de 200 à 250 mètres. Une prudence extrême est nécessaire, d’autant qu’en dehors du belvédère, que vous atteindrez au bout de 2,5km, il n’existe aucune protection. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles ce parcours est à proscrire en cas de fort vent.

MARSEILLE CASSIS CANAILLE
Vertige au Cap Canaille. Photo Rafael Guérinet – Esprit Trail

Au bout du bout, le sémaphore de La Ciotat

En parcourant le single balisé en jaune puis en bleu, vous enchaînerez une succession de montées et descentes assez techniques en suivant toujours la ligne de crête des falaises au plus près, et en recroisant régulièrement la route des Crêtes. Après environ 7km (depuis le centre de Cassis) ou 5km (depuis le Pas de la Colle), suivez le chemin qui plonge sur la droite pour rester au plus près du bord de la falaise.

Une longue descente suivie d’une courte remontée vous emmènera jusqu’à la table d’orientation juxtaposée au Sémaphore que vous avez en ligne de mire depuis plusieurs minutes déjà. Jetez un œil à la citation inscrite sur la table, attribuée à Alphonse de Lamartine : « Peu de sites m’ont autant frappé, autant alléché dans mes voyages, que le Golfe de La Ciotat. C’est un mélange de grâce et de force. » Profitez-en pour poser vos yeux là où le poète et homme politique français les posa au milieu du XVIIe siècle, et faites demi-tour pour revenir sur vos pas.

Étonnamment, même si le single est le même, le fait de changer de sens donne un tout autre aspect à votre run, avec des points de vue toujours aussi spectaculaires. Et pour peu que vous effectuiez ce parcours en fin de journée, le coucher de soleil depuis les falaises vaut son pesant d’or.

Cap Canaille en mode trail, le récap’

Départ : Village de Cassis ou Pas de la Colle sur la Route des Crêtes (parking).
Distance : 16 km du centre du village, 12 km du Pas de la Colle.
Dénivelé : 950 m du centre du village, 700 m du Pas de la Colle.
Niveau moyen à difficile.
Attention, pas d’ombre, pas d’eau sur le parcours. Prévoyez de quoi bien vous hydrater.

Les 24 et 25 septembre 2022 aura lieu la 5ème édition de l’Ultra Traversée de la chaîne des Aravis, en Haute-Savoie. Particularité de cette traversée, elle est organisée en « OFF ». Ce n’est donc pas une compétition, mais un voyage d’exploration. Voici 3 bonnes raisons de vous laisser tenter par l’aventure. Mais dépêchez-vous, pour cette année, il ne reste que très peu de places.

1/ L’Ultra Traversée des Aravis, un fabuleux parcours d’exploration

Si les organisateurs ont choisi de proposer une traversée en OFF, c’est pour une raison bien simple : cette aventure a pour vocation de découvrir la magnifique particularité géologique et les paysages fabuleux de cette région. Comprenez par là, pas l’œil vissé sur le sentier et le chrono, mais en prenant le temps de lever la tête. C’est donc en marchant/courant (une rando-course, en somme) en groupe et dans une ambiance conviviale que vous arpenterez la superbe chaîne des Aravis

Voici comment David Trémeau, l’un des organisateurs, raconte la genèse de l’aventure. « En ouvrant la voie il y a déjà 7 ans pour cette traversée des Aravis en trail-running, j’ai réalisé un de mes rêves en définissant le tracé d’un fabuleux parcours d’exploration de la chaîne. Après avoir gravi tous les sommets, il fallait les relier et proposer chaque année un format adapté de ce périple à une poignée d’irréductibles passionnés et confirmés. »

Ultra Traversée des Aravis 3 © UTDA
© UTDA

2/ Un parcours accessible mais exigeant

Cette traversée, d’environ 60 kilomètres, ne se fait pas d’une traite, afin de rester dans l’esprit de la découverte. Néanmoins, elle reste réservée aux sportifs aguerris. Ainsi, les participants devront avoir réalisé récemment au moins une distance de 40 kilomètres et 2500m D+ en une seule traite. L’allure ne sera pas une allure de compétition puisque le principe est que tout le monde se suive, mais l’enchaînement de 2 fois 30 kilomètres avec un important dénivelé exige un volume d’entraînement important et récent. Ceci dit, des défaillances pouvant toujours survenir, l’organisation a prévu de nombreux points de sortie sur le circuit. Une possibilité donc d’écourter la traversée sans se sur-fatiguer.

Ultra Traversée des Aravis 4 © UTDA
© UTDA

Dans le détail, la traversée se déroule donc sur 2 jours entrecoupés d’une nuit en gite. Le départ de cette 5ème édition sera donné le samedi 24 septembre à 5h00-5h15 du matin depuis l’extrémité nord-ouest de la chaîne des Aravis. Le tracé du premier jour finira au niveau du col des Aravis. La distance et le dénivelé seront respectivement de 30 kilomètres et de 3000 mètres D+. L’arrivée est prévue dans le milieu d’après-midi au niveau du col de la Croix Fry, au gite de La Ruche. Des kinés-ostéos seront présents pour soulager les participants des efforts de la journée. Un repas et une nuitée s’en suivront. 

Le 2ème jour, soit le 25 septembre, le départ sera donné autour de 7h du matin depuis le gite de la Ruche après un petit déjeuner. La distance et le dénivelé de cette journée seront là aussi respectivement de 30 kilomètres et de 3000 mètres D+. L’arrivée est prévue en milieu d’après-midi dans le secteur du Bouchet-Mt Charvin. 

Ultra Traversée des Aravis 2 © UTDA
© UTDA

3/ L’Ultra Traversée des Aravis, une organisation bien pensée

Pas d’inquiétude concernant les transferts, tout est calé. Un bus est ainsi prévu pour emmener les participants au lieu de départ depuis Thônes. Le lieu exact sera prochainement communiqué sur la page Facebook de l’épreuve. Quant au retour, même topo : un bus ramènera tout le monde le lendemain depuis le lieu d’arrivée jusqu’à Thônes. Toutes les voitures des participants pourront donc stationner à Thônes. 

Afin d’informer au mieux tous les participants (et de faire connaissance), une réunion préparatoire, sorte de briefing d’avant traversée, non obligatoire, aura lieu le vendredi 23 septembre à 19h à Thônes. Là encore, le lieu exact sera prochainement communiqué sur la page Facebook. Petite précision de l’organisation : les participants devront trouver une solution pour se loger eux-mêmes le vendredi soir. 

Cette année, pour plus de sécurité, l’organisation a également décidé d’encadrer le groupe par 4 accompagnateurs de montagne, présents durant les 2 journées.

Attention ! Nombre de places très limité !

Le nombre de participants est limité à 60 personnes. Au 8 septembre, il ne restait que 9 places disponibles. Ne tardez pas !

Pour vous inscrire, c’est ICI

Pour avoir plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook ICI 

Ultra Traversée des Aravis 5 © UTDA
© UTDA

Du 26 novembre au 3 décembre se déroulera la première édition du TREG Algeria Trail. Plus qu’un trail, il s’agit d’une toute nouvelle aventure prometteuse dans les paysages somptueux du Sahara algérien. L’occasion de courir en auto-suffisance au cœur des dunes du Grand Erg Occidental, de ksar en ksar, à une époque de l’année où la grisaille envahit l’Europe.

L’Algérie, terre de trail

Dans la foulée de l’obtention de la lettre de parrainage du Ministère des Sports algériens, les inscriptions pour ce nouvel ultra trail organisé par le TREG sont ouvertes. Un événement inédit à ne pas manquer pour tous les fans des courses en milieu désertique. Le départ sera donné de la ville ocre de Timimoun, principale oasis de la région du Gourara. Cette destination est d’autant plus envoûtante que l’Algérie n’a pas accueilli une telle course depuis de nombreuses années.

TREG ALGERIA OPEN
© TREG / DR

TREG Algeria Trail : 3 courses non-stop et une distance « à la carte »

Le principe du TREG Algeria Trail est simple : il s’agit de 3 courses non-stop en boucle en autosuffisance alimentaire et auto-navigation par GPS. La distance la plus longue totalise 180km, la seconde 90km et la troisième 45km. Pas de panique, les barrières horaires sont très larges, de respectivement 72h, 36h et 18h. Une formule dans laquelle même les coureurs lents mais néanmoins méritants et endurants auront toutes les chances d’être finishers. D’autant plus que, originalité de l’épreuve, les concurrents auront la possibilité de basculer sur une distance plus courte en cours de compétition si besoin.

Sont également proposées 2 formules “relais” elles aussi en auto-navigation par GPS. La première par équipe de 6 pour le 180km, la seconde par équipe de 4 pour le 90km. Soit respectivement 30km/coureur et 22,5km/coureur.

SUR LE MÊME THÈME, LIRE : 5 conseils pour performer au Marathon des Sables

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© TREG / DR

TREG Algeria Trail : une véritable aventure en terre inconnue

Au-delà de l’épreuve sportive, c’est un véritable voyage de découverte qui attend les participants comme leurs accompagnateurs. En effet, l’organisation a mis sur pied un programme adapté pour les accompagnants, afin qu’ils puissent profiter ensemble de ce voyage d’exception. En particulier avec un premier jour d’acclimatation et 2 jours de récupération en fin d’épreuve, pour visiter et profiter de l’oasis rouge de Timimoun.

TREG ALGERIA
© TREG / DR

Une organisation prévoyante

Afin de simplifier les choses, l’organisation propose des formules all inclusive avec ou sans l’aérien et tous les hébergements. Le GPS et les repas et visites sont compris. La garantie d’une aventure unique en son genre.

Par ailleurs, l’organisation du TREG signale que si elle était amenée à annuler un événement (de leur fait) pour cause de retour de pandémie, fermeture de frontières ou d’espace aérien, elle s’engage à rembourser 100% des montants versés. Il est important que vous ne portiez pas ce risque et que vous puissiez réserver en toute sérénité.

Inscriptions ici

Envie de plus de TREG ?

TREG TCHAD
Concurrents du TREG Ennedi Trail, au Tchad. © TREG / DR

Si vous envisagez une autre aventure du même type en 2023, vous pouvez d’ores et déjà vous pré-inscrire. De très belles destinations vous attendent, comme l‘Ennedi (Tchad) non-stop en février, Cuba inédit en étapes en avril ou encore la traversée de l’île de San Antao au Cap vert en non-stop en mai pour les plus montagnards des traileurs.

– Le TREG Ennedi Trail – Tchad – Non-stop 180km, 90km ou 45km – du 5 au 14 février 2023.

– Le Cuba Mountain TREG – Cuba – 5 étapes pour environ 125km – du 1er au 10 avril 2023.

– Le TREG Caboverde Trail – Cap Vert – Non-stop 120km, 80km ou 40km – du 30 avril au 9 mai 2023.

Pré-inscriptions ici

Vous avez envie de vous initier au trail de montagne avec des athlètes de haut niveau ? Vous souhaitez vous perfectionner en partant courir la plus belle partie du Tour du Mont-Blanc en 2 jours ? Rendez-vous à Chamonix-Mont-Blanc du 30 juin au 3 juillet pour participer à l’Arc’teryx Alpine Academy 2022, le plus grand événement éducatif montagne au monde. Pour sa 11ème édition, l’événement propose de nombreux ateliers pour progresser en montagne, être inspiré par les meilleurs et partager des expériences entre passionnés lors de nombreux moments festifs. Avec, bien sûr, de super ateliers réservés au trail.

L’Arc’teryx Alpine Academy, un rendez-vous pour les amoureux de la montagne

Depuis 11 ans, l’Arc’teryx Alpine Academy propose chaque année un large choix d’ateliers encadrés par les meilleurs guides de haute montagne dans le massif du Mont-Blanc et la vallée de Chamonix. Ces ateliers s’articulent autour de 5 thèmes principaux (alpinisme, escalade, photographie, environnement, trail running), à partir desquels chacun peut créer son propre programme d’activités pour son séjour. Ceux qui aiment le « parfum de sport et de montagne » de Chamonix pourront aussi se contenter de profiter du Village Alpin, ouvert à tous. Ce « camp de base » de l’événement, installé sur la fameuse Place du Triangle, proposera des initiations sur un mur de bloc, des performances artistiques et des moments de convivialité autour d’un lounge et d’un pop-up bar. Une scène et son grand écran seront également le théâtre d’avant-premières mondiales de films de montagne, de master class d’experts, et de DJs sets en live. L’entrée sera gratuite et ouverte à tous !

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Des ateliers aux places limitées

Si plusieurs ateliers de trail sont proposés pendant l’événement, les places sont limitées, les groupes étant volontairement réduits pour plus de convivialité. Si vous êtes tenté mais n’êtes pas sûr de votre niveau, vous pouvez toujours réserver votre place et changer de groupe au dernier moment. En effet, les journées commenceront par un petit court théorique en salle rassemblant tous les participants. Les athlètes Arc’teryx aborderont le sujet de l’entraînement, la nutrition, la technique et ils vous dévoileront le déroulé de la journée. Il sera alors temps de changer de groupe si besoin, car cette phase finie, il sera temps de partir sur les sentiers et de transpirer.

Retour d’expérience : l’AAA 2017

Parler d’un futur événement, c’est bien, vous le raconter quand on l’a déjà vécu, c’est mieux. J’ai donc eu la chance de participer à l’Arc’teryx Alpine Academy en 2017, et cela reste un très beau souvenir, près de 5 ans après. Déjà passionné de trail à l’époque, mais pas trop sûr de mon niveau en montagne, j’avais opté pour un stage initiation au trail, que j’avais complété par un stage rando en montagne la veille, et sortie alpinisme initiation le lendemain. Pour l’atelier trail, tous les participants se sont donc retrouvés dans un café pour un brief matinal très intéressant, avant que je finisse par me laisser convaincre d’être « upgradé » dans le groupe supérieur, avec les « traileurs confirmés ».

Un KV pour débuter

Je me souviens comme si c’était hier de ma stupéfaction quand le groupe est parti en direction du téléphérique de Plan Praz pour la première « difficulté » du jour, qui n’était ni plus ni moins que la montée du KV de Chamonix, sous ledit téléphérique, 1000m de D+ pour 3,8 km de distance. Tu parles d’un apéro ! Chacun a cependant pris son temps, avec des coachs à l’écoute, et la boucle de 18 km que nous fîmes ce jour-là m’a permis d’intégrer une modification de posture conseillée par un des athlètes Arc’teryx (position des bras et cage thoracique plus ouverte) qui a changé depuis ma façon de courir.

ARC'TERYX_KV CHAMONIX © Gaetan Haugeard : Marathon Mont-Blanc : DR
Le KV de Plan Praz à Chamonix, hors d’œuvre de ma sortie trail en 2017. © Gaetan Haugeard / Marathon Mont-Blanc / DR

Programme 2022 : l’atelier “Trail Running Initiation”

Quel meilleur moyen que de découvrir le trail avec un athlète de haut niveau ? Idéal pour les accros de la montagne ayant une bonne condition physique et l’envie de découvrir la discipline sur un terrain remarquable.

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Un atelier idéal pour apprendre les bases du trail de montagne, en montée comme en descente. © esprit-trail.com

Quoi ?
Vous allez courir environ 3 à 4 heures avec des pauses et des périodes plus calmes pendant lesquelles les athlètes vont vous montrer des techniques (de montée, de descente, de posture, d’utilisation des bâtons, etc…) et parler de leur pratique journalière. Ce niveau se destine aux débutants dans cette discipline.

Prérequis
Vous devez être en condition pour un dénivelé autour de 500 à 800m. Vous devez être capable de courir au minimum 2h sur terrain plat sans s’arrêter. L’objectif de cet atelier n’est pas de courir le plus vite possible pendant 2 heures mais bien d’apprendre des athlètes et de travailler en groupe pour partager le plus de connaissances possible.

Quand ? 3 dates : vendredi 1er juillet, samedi 2 juillet et dimanche 3 juillet – Journée entière

Où ? Vallée de Chamonix. Départ 9h. RDV Place du Triangle, Chamonix

L’atelier “Trail Running pour Femmes”

Si vous avez de l’expérience et que vous êtes à la recherche de conseils pour progresser sur des terrains plus difficiles et raides, rejoignez cet atelier réservé aux femmes, et encadré par une des athlètes de trail d’Arc’teryx.

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Le plaisir de la course à pied en montagne partagé entre filles. © arcteryx / DR

Quoi ?
Après un petit cours théorique en salle, vous allez courir environ 3 à 4 heures avec des pauses et des périodes plus calmes pendant lesquelles vous approfondirez certaines techniques avec les athlètes Arc’teryx. Ce niveau se destine aux coureuses ayant un minimum d’expérience dans cette discipline.

Prérequis
Vous devrez être en condition pour un dénivelé autour de 1000 à 1500m.

Quand ? 2 dates : vendredi 1er juillet et dimanche 3 juillet. Journée entière

Où ? Vallée de Chamonix. Départ 9h, RDV Place du Triangle, Chamonix

L’atelier “Courir la plus belle partie du Tour du Mont-Blanc”

Un décor de rêve, des athlètes confirmés pour vous conseiller : tel est le concept de cet atelier de coaching de 2 jours sur la plus belle partie du Tour du Mont-Blanc. Réservé aux traileurs et traileuses confirmés.

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Pour les amoureux de trail de montagne, la vallée de Chamonix est une vallée des merveilles… © arcteryx / DR

Quoi ?
Après une petite séance en salle pour discuter des techniques d’entrainement, de la nutrition, de l’équipement et sur la prévention des blessures, vous serez transféré vers le Val Veny en Italie, lieu de départ du parcours.

Vous monterez dans le vallon avant de tourner à gauche et rejoindre le sentier du Tour du Mont-Blanc et atteindre le Col de Chavannes. En passant sous le Mont Percé, vous rejoindrez le Col Checrouit avant de descendre à Courmayeur où vous passerons la nuit. (22,9 km, 1251m D+, 1981m D-)

Le lendemain,vous monterez au Col Sapin puis à la Testa Bernarda avant de descendre vers le refuge Giorgio Bertone puis traverserez en balcon jusqu’au au refuge Bonatti, hauts-lieux de l’UTMB et la CCC. La fin de votre parcours se fera à Aruva, où vous serez récupéré pour rentrer à Chamonix. (25,9 km, 2407m D+, 1873m D-).

Prérequis
Vous devrez être en condition pour ce type de parcours répété sur 2 jours.

Quand ? Samedi 2 juillet – dimanche 3 juillet (sur 2 jours)

Où ? Val Vény et Val Ferret Italie. Briefing le 1er juillet à 18h Place du Triangle, Chamonix

Pour plus d’informations, le programme complet de l’Arc’teryx Alpine Academy et les réservations des ateliers, c’est ici

Vos coachs ? 4 athlètes Arc’teryx de niveau mondial

Une chose est sûre : ceux qui vous encadreront ne sont pas des amateurs. Découvrez ici les 4 athlètes trail running qui animeront les différents ateliers, et avec lesquels vous aurez la possibilité d’échanger.

JOHANNA ÄSTRÖM
Membre de l’équipe de Suède de ski-alpinisme et pratiquant le ski de fond et la course d’orientation depuis toujours, Johanna Äström n’est venue que tardivement au trail. Mais quand elle a participé à sa première Skyrace sur un coup de tête, pendant l’été 2019, elle a terminé… deuxième. Elle vient tout juste de terminer 14e du classement féminin à Zegama, à 35 minutes de la gagnante de l’épreuve, Nienke Brinkman.

ARC'TERYX_JOHANNA ÄSTRÖM : ZEGAMA © Philipp Reiter / DR
Johanna Äström à Zegama, ou l’art de pousser sur les cuisses pour monter en soulageant (un peu) les jambes. © Philipp Reiter / DR

HENRIETTE ALBON
Plutôt discrète, la Norvégienne monte en puissance ces derniers temps, et ses performances dans les courses européennes le prouvent. Elle a terminé 12e du classement féminin à Zegama, à moins de 30 minutes de Nienke Brinkman.

ARC'TERYX_HENRIETTE ALBON ZEGAMA © Philipp Reiter : DR
Henriette Albon à Zegama, toute en détermination. © Philipp Reiter : DR

MARTIN KERN
Spécialiste du long, le Marseillais Martin Kern a à son actif de très belles performances, vainqueur de la 6000D et du Swiss Canyon Trail en 2019, et également 12e de l’UTMB cette même année. Il vient tout juste de terminer 7e des Championnats de France de Trail long à Salers.

ARC'TERYX_MARTIN KERN SALERS © DR
Martin Kern aux Championnats de France de Trail Long à Salers en mai 2022. © DR

FLORIAN REICHERT
Membre de l’Équipe nationale allemande de course en montagne, Florian Reichert adorerait passer ses journées à courir sur les sommets (et à manger), mais il aime son travail de professeur d’anglais, d’espagnol et de sport dans un lycée. Il a terminé 156e du général à Zegama le 29 mai dernier, à 1h 43 du Roi Kilian Jornet.

ARC'TERYX_FLORIAN REICHERT ZEGAMA © Philipp Reiter : DR
Florian en plein effort à Zegama, mais qui garde le sourire. Parfait pour le moral. © Philipp Reiter / DR

Il vous est probablement déjà arrivé d’avoir une défaillance en course. Problèmes gastriques, blessure, manque d’énergie, barrière horaire trop serrée. Résultat : l’abandon. Et puis des fois, alors que vous êtes à deux doigts de dire stop, vous réussissez à aller chercher « quelque part » le regain d’énergie qui vous permet d’aller au bout, au-delà de toute logique physique. Alors que dans 2 mois se tiendra le Lavaredo Ultra-Trail 2022, dans les Dolomites, voici le récit d’un UltraDolomites 2021 hors du commun. Une aventure « dolomystique »…

Voir les Tre Cime et… improviser

C’est fin 2019 que j’avais coché l’UltraDolomites comme objectif de mon printemps 2020. 80 km et 4600 m D+, un beau morceau de bravoure dans une région d’Italie qui me fascine, dans le cadre du Lavaredo Ultra Trail. Mais, comme pour vous tous, une certaine pandémie est passée par là, qui a bousculé tous nos calendriers. Reporté d’un an, l’UD s’est retrouvé au programme de mon mois de juin 2021. Hélas, côté préparation, ce n’était pas du tout ça. Je n’avais pas pu m’entraîner sérieusement durant l’hiver et le printemps, et j’arrivais sur place avec un potentiel d’une cinquantaine de kilomètres dans les jambes, guère plus. Mais les fameuses Tre Cime de Lavaredo, ces trois sommets magiques que je rêvais de voir, étant situés au 10e kilomètre de course environ, j’étais sûr d’atteindre cet objectif. Après, il faudrait improviser.

DOLOMITES LAVAREDO DEPART © Thierry Grollier
Avant le départ, c’est toujours plus facile. Devant les Tre Cime, symbole des Dolomites, le V de la victoire. © Thierry Grollier

Jusqu’ici, tout va bien

Après un départ raisonnable sur un chemin large et roulant, nous partons à l’assaut de la montagne via un single plutôt raide qui mène au refuge Auronzo, proche des Tre Cime. Il fait déjà chaud, mais l’altitude rend la température agréable. Et le panorama est exceptionnel. Me retrouver face à ces trois dents qui symbolisent les Dolomites me file des frissons, même si le temps n’est pas à la contemplation. Quelques photos, et j’entame la descente, très technique d’abord, plus roulante ensuite, pour atteindre le second ravito, dans la vallée. Jusqu’ici, tout va bien, je fais bien gaffe à boire régulièrement et à manger un bout de barre énergétique toutes les demi-heures, histoire de ne pas me faire piéger. La nutrition est mon principal ennemi, je le sais et je me suis promis d’être vigilant sur ce point. J’ai même fait en sorte de suivre (plus ou moins bien, certes) les conseils de spécialistes de la nutrition pour mieux performer dans les semaines qui ont précédé la course.

TRE CIME © Patrick Guérinet
Passage devant les Tre Cime, au 11e kilomètre. La satisfaction est intense, le moral au beau fixe… © Patrick Guérinet
PROFIL LAVAREDO
C’est au 10e kilomètre qu’apparaissent les majestueuses Tre Cime. Mais après, il reste encore 70 km pour rejoindre Cortina !!!

Défaillance sous un soleil de plomb

C’est après la seconde ascension du jour que les choses commencent à se gâter. Bien sûr, je n’étais pas préparé à parcourir 80 bornes dans les montagnes, mais là, dès le 32e kilomètre, ça coince. Impossible de manger, rien ne passe. Mes barres, mes gels : immondes. Evidemment, lorsque j’entame la troisième ascension, qui va nous emmener pendant plus de 20 bornes au-dessus de 2000 mètres, c’est la défaillance. Le terrain exige d’enchaîner des efforts, alors que mon énergie décline. J’essaie de m’accrocher, j’admire le décor de cette sublime et immense vallée glaciaire totalement sauvage, mais je suis obligé de m’arrêter pour récupérer, épuisé. Des concurrents me doublent, m’encouragent, essaient de m’entraîner dans leur sillage, mais je ne peux pas suivre.

VALLEE MORT © Patrick Guérinet
La longue et lente montée vers le Col Dei Bos, au fond de cette vallée sauvage, m’épuise totalement. © Patrick Guérinet

Vertiges et vomissements

La longue montée jusqu’au Col Dei Bos, qui culmine à près de 2400m d’altitude, ressemble à un chemin de croix. Dans l’ascension finale, pourtant peu raide, je dois m’arrêter tous les 100 mètres pour souffler. Je m’accroche comme je peux, je n’ai plus qu’un objectif en tête : basculer sur l’autre versant en rallier comme je peux le point de passage du 56e kilomètre. Alors que je franchis la crête, un haut le cœur me fige. Etourdi, je m’allonge quelques instants dans l’herbe pour reprendre mon souffle, respirer profondément. Je sens mon estomac qui crie, c’est la guerre là-dedans. Les 3 derniers kilomètres pour rejoindre le ravito du col Gallina sont un calvaire. Lorsque j’arrive enfin devant les tables remplies de nourriture, je me fais violence. Je DOIS manger pour tenir. Pas le choix. Mais je sais que le solide ne passera pas. J’essaie des fruits, en mode compote. 2 minutes après les avoir avalés, je vomis tout entre mes pieds, impuissant, les larmes aux yeux tellement les convulsions me retournent l’estomac. Je ne peux même plus me lever. Je regarde les concurrents partir un par un. L’organisation va bientôt éteindre la lumière. Je commence à décrocher mon dossard. Je n’ai plus d’autre choix que d’abandonner.

DOLOMITES NUIT TOMBANTE © Patrick Guérinet
A la nuit tombante, je suis totalement à plat, incapable de manger, et même de bouger. L’abandon est imminent… © Patrick Guérinet

L’énergie venue d’ailleurs

Et puis je fais quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant : je m’allonge dans l’herbe, à l’agonie, et j’invoque les énergies. Celles de la Terre que je sens dans mon dos. Celle du Vent que j’entends souffler. Celle de l’Orage qui s’annonce au loin. Celle, aussi, fabuleuse, de mes Proches, toutes celles et ceux qui m’ont encouragé avant le départ, par leurs messages, leurs pensées. Et le miracle a lieu ! Je me relève, réajuste mon dossard et je repars dans la nuit tombante affronter les pentes raides, l’obscurité, la tempête de grêle, puis la pluie glaciale. L’estomac vide, j’avale les 25 derniers kilomètres à la lueur de ma frontale, sans plus ressentir de gêne. Comme habité. Je cours même à belle allure dans les 10 derniers kilomètres, une longue descente pour rejoindre Cortina d’Ampezzo, dépassant des concurrents qui m’avaient déposé en fin d’après-midi. Et c’est en pleine nuit, vers 1 heure du matin, que je franchis la ligne d’arrivée, un grand sourire aux lèvres.

DOLOMITES NUIT TOMBANTE © Patrick Guérinet
Dans la nuit noire déchirée par des éclairs, les lueurs des frontales de ceux qui me suivent. Bientôt, la grêle nous cueillera… © Patrick Guérinet

Le mental, sinon rien

J’avais lu il y a quelque temps dans un article sur la motivation que se répéter un mantra (une courte phrase qui a du sens pour vous) peut vous aider à garder le rythme quand vous sentez que vous allez flancher. Les exemples qui étaient donnés en illustration, si je me souviens bien, étaient des phrases du genre « N’abandonne pas !», « Grâce. Force. Pouvoir. » ou « Je ne crains plus rien. ». Il y en avait même un qui m’avait amusé : MAMI, pour « Marche en Avant de Manière Implacable. » Faire appel à une « MAMI » pour avancer, ça ne s’invente pas ! Je n’avais en revanche jamais lu de témoignage sur des captations d’énergies de la nature pour se rebooster. Et je n’avais rien imaginé à l’avance. Ça s’est imposé ce jour-là, naturellement. Et ça a marché. Chacun pourra y aller de son interprétation, mais je pense que cette anecdote valait la peine d’être racontée. Et rassurez-vous : je ne vais pas tout miser désormais sur les énergies extérieures pour pallier mes problèmes de nutrition. Promis, je vais bosser ce domaine !

Grande nouveauté pour les amoureux de trail et de nature ! Imaginé par le comité régional Paca de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne, ce parcours de 90 km, modulable en 3 ou 6 jours, mène les coureurs dans la vallée sauvage du Valgaudemar, avec des nuits et des accueils adaptés au sein des refuges FFCAM. C’est une réelle immersion dans le décor exceptionnel du Parc national des Écrins qui est proposée, avec la volonté de faciliter la logistique et l’organisation d’une telle aventure sportive. A découvrir à partir de juin 2022.

De l’itinérance dans les Écrins

Le Parc national des Écrins est la clé de voûte de cette itinérance, notamment à travers son programme Grand Tour des Écrins pour la randonnée itinérante (pédestre, VTT et équitation). L’élaboration d’un tour spécifique pour les traileurs s’est donc faite sur la base du Tour des refuges du Valgaudemar déjà existant en version randonnée. L’objectif est d’accompagner et de faciliter la pratique du trail, tout en gardant la philosophie d’un parc national tournée vers la découverte, l’échange et la préservation de l’environnement.

La « petite Himalaya », vallée idéale

Le choix du Valgaudemar n’est bien entendu pas un hasard. Cette vallée sauvage et préservée, surnommée « la petite Himalaya », offre un décor naturel de rêve. Son maillage important de sentiers « roulants » est propice à la course à pied, avec beaucoup de passages en balcon très agréables. En outre, ce territoire bénéficie d’un réseau dense de refuges avec pas moins de 6 établissements répartis dans la vallée, ce qui facilite la mise en place des étapes. A vous de voir si vous souhaitez découvrir cette “petite Himalaya” en 3 ou en 6 jours

TOUR DU VALGAUDEMAR_Refuge des souffles + lac Lautier-51 @ThibaultBlais FFCAM
En premier plan, le lac Lautier, et au fond le refuge des Souffles. © Thibault Blais / FFCAM

Un accueil en refuges adapté aux traileurs

Les gardiennes et gardiens des refuges FFCAM situés sur le parcours sont sensibilisés aux besoins spécifiques des traileurs. En effet, en termes d’horaires d’arrivée et de départ, de récupération, d’équipement de couchage, sans oublier les besoins nutritionnels, les attentes des traileurs sont différentes de celles des randonneurs ou des alpinistes. D’autant plus qu’ils voyagent très léger. L’expertise de la FFCAM et de ses gardiens assure un accueil chaleureux et en adéquation avec leurs attentes.

Une offre en accès libre

– Soit via le portail web Grand Tour des Ecrins dédié à l’itinérance, qui intègre les deux versions du « Tour des refuges du Valgaudemar en trail ». L’une en 3 jours, l’autre en 6 jours. Ce site permet au public l’accès libre et direct aux descriptifs techniques et à toutes les informations pratiques nécessaires pour organiser son trail itinérant : coordonnées des hébergements pour réserver les nuitées en refuges, cartes, traces GPX et road-books à télécharger, parkings, numéros utiles, etc.

– Soit via le dépliant « Tour en trail dans le Champsaur-Valgaudemar » édité par le Parc national et distribué dans les Offices du Tourisme, les maisons du Parc et les refuges, avec toutes les informations pratiques essentielles, agrémentées d’indications sur la découverte de l’environnement et les bonnes pratiques.

TOUR DU VALGAUDEMAR_Refuge des souffles + lac Lautier @ThibaultBlais - FFCAM
Repos-récupération au refuge des Souffles © Thibault Blais / FFCAM

Le Tour de la « petite Himalaya » en 3 jours, mode d’emploi

Jour 1

De la Chapelle-en-Valgaudemar au refuge de Vallonpierre

Durée : 6 h 45

Distance : 34.9 km

Dénivelé + : 2671 m

Jour 2

Du refuge de Vallonpierre au refuge des Souffles

Durée : 6 h 15

Distance : 29.4 km

Dénivelé + : 1941 m

Jour 3

Du refuge des Souffles à la Chapelle-en-Valgaudemar

Durée 5 h 45

Distance : 26,6 km

Dénivelé + : 1575 m

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