Hardrock 100 : Courtney Dauwalter atomise la course

HARDROCK 100 COURTNEY OPEN

Si le combat des chefs entre François D’Haene et Kilian Jornet occupait tous les esprits lors de cette Hardrock 100 dans les montagnes du Colorado, une autre course, tout aussi passionnante, se déroulait chez les femmes. En effet, la redoutable Américaine Courtney Dauwalter, revancharde après son abandon en 2021, n’avait qu’un seul objectif : atomiser la course dès le départ. Et elle l’a fait !

27 femmes au départ de la Hardrock 100, un record

Cette 27e édition de la Hardrock 100 était historique à double titre. D’abord, symboliquement, parce qu’elle célébrait le 30e anniversaire de l’épreuve née en 1992. Mais surtout, parce que c’était la première fois qu’autant de femmes avaient été retenues parmi les 145 privilégiés invités à courir l’épreuve. Les 27 « élues » allaient devoir honorer leur sélection et tenter de parcourir l’intégralité de cette terrible boucle de 161 km et 10000m de D+ pour revenir à Silverton embrasser le fameux rocher faisant office d’arrivée. Et parmi elles, l’impressionnante Courtney Dauwalter, figure de proue du Team Salomon, capable de rivaliser avec les meilleurs hommes.

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Avec ses shorts longs et sa légendaire bonne humeur, impossible de rater Courtney Dauwalter. © Instagram Dauwalter / DR

Pour Courtney, un mot d’ordre : oublier 2021

Archi-favorite, l’Américaine n’avait qu’un seul ennemi dans la course : elle-même. Car la Hardrock 100 est une des courses les plus dures au monde, qui ne se gagne qu’en étant en pleine possession de ses moyens. Impossible de tricher avec son corps lorsque l’épreuve se déroule à une altitude moyenne de plus de 3300 mètres, avec un point culminant à une altitude record de 4282m. Or, l’an dernier, pour sa première participation, Courtney Dauwalter avait craqué. Victime d’ennuis gastriques, incapable de prendre le temps de s’alimenter correctement aux stations de vie, elle avait été contrainte à l’abandon au 100e kilomètre. Un fait rarissime chez elle, qui lui laissait un goût amer et une terrible envie de remettre les pendules à l’heure. Si, depuis, Courntey a énormément travaillé sur la nutrition, et en particulier l’ingestion de calories liquides, encore fallait-il tester l’efficacité de ces nouveaux protocoles sur cette course.

Un plateau féminin de haut niveau

Si Courtney était logiquement la favorite des bookmakers, ses concurrentes n’étaient pas venues pour faire de la figuration. Parmi les autres prétendantes à la victoire, où tout au moins au podium, on trouvait du beau monde. A commencer par l’expérimentée Darcy Piceu, triple gagnante de l’épreuve de 2012 à 2014, et seconde en 2021 derrière l’Américaine Sabrina Stanley. Mais également Meghan Hicks, troisième de cette dernière édition, et Hannah Green, 7e en 2017. Ou encore la Canadienne Stephanie Case, habituée des exploits sur longue distance, vainqueur du 450km du Tor des Glaciers en 2021.

Au sujet de Stephanie Case, lire l’article Free to Run, le défi de l’ultra-traileuse Stephanie Case

Courtney à fond dès le départ

Si, chez les hommes, la course au coude à coude de Kilian Jornet et François D’Haene aura maintenu le suspense jusqu’aux 10 derniers kilomètres, il n’en a rien été chez les femmes. En effet, Courtney Dauwalter a fait la loi du début à la fin. Partie seule en tête dès les premiers kilomètres, elle a progressé à un rythme implacable sans qu’aucune de ses rivales ne puisse la suivre. Au premier tiers de course, installée à la 8e place au général, elle comptait déjà plus d’une heure d’avance sur sa poursuivante Darcy Piceu. Un écart qui allait se creuser peu à peu pour devenir un gigantesque fossé.

6e au scratch à mi-course

C’est à la base de vie d’Engineer Station, juste après la mi-course, que les choses deviennent évidentes : Courtney Dauwalter, remontée à la 6e place au général, est dans un très très grand jour. Avec un chrono de 12h10, elle est très en avance sur le record féminin de la course dans le sens des aiguilles d’une montre (la boucle change de sens tous les ans), voire même sur celui réalisé dans le sens inverse, réputé plus rapide. Les deux records, propriété de l’Américaine Diana Finkel en 28h 32mn 06s dans le sens horaire en 2010 et 27h 18mn 24s dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en 2009, sont en passe d’être pulvérisés.

Hardrock 100 2022, un record féminin historique

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Courntey Dauwalter agenouillée au pied du rocher de Silverton, symbole de la ligne d’arrivée de la Hardrock 100. © Instagram Dauwalter / DR

Très concentrée sur l’objectif, attentive à bien s’alimenter et s’hydrater, Courtney Dauwalter a continué son impressionnant cavalier seul. Aux trois-quarts de la course, elle compte plus de 5 heures d’avance sur la Canadienne Stephanie Case, qui s’est emparée de la seconde position devant Hannah Green, Darcy Piceu et Meghan Hicks. Le record en ligne de mire, Dauwalter s’offre un finish impressionnant dans la dernière descente pour finalement embrasser le rocher de l’arrivée en 6e position au scratch, après 26h 44mn 36s. Elle pulvérise ainsi les 2 marques de Diana Finkel et écrit une nouvelle ligne de son immense palmarès de championne.

Elle devance de plus de 6 heures Stephanie Case, qui termine sa première Hardrock 100 en 32h 52mn 46s, à la 19e place au général. Troisième féminine, l’Américaine originaire de Silverton Hannah Green termine en 34h 26mn 39s, avec près de 2 heures d’avance sur son meilleur chrono de 2017. Quant à Darcy Piceu, pour la première fois en 9 participations, elle termine au-delà de la seconde place, échouant au pied du podium.

Voir tous les résultats de la course.

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