La Transtica, c’est chaque année fin novembre, une course de 200km et 9300m de dénivelé en 5 étapes d’environ 40km de la côte pacifique à la côte caraïbe, en passant par les montagnes et parcs nationaux du Costa Rica, mais c’est aussi des dotations de matériel scolaire et sportif dans les écoles tout au long de notre aventure…

Nous sommes 4 collègues d’une grande société d’informatique, très motivés à l’idée de participer à cette aventure humaine et sportive : Gaëtan, Sébastien et moi-même sur le format « Extrême » (200km) et Laurent sur le format « Aventure » (125km). Beaucoup d’inconnues et de craintes pour l’ensemble des participants tant sur le plan des paysages traversés que pour le défi sportif, et nous aurons bien des surprises durant toute cette aventure… Le cadre du prologue est idyllique : un paysage de carte postale pour ce « tour de chauffe » de 6km en deux boucles sur la plage à côté du parc national Manuel Antonio. L’ambiance est bon enfant sur la ligne de départ. Nous profitons de chaque instant dans ce cadre enchanteur, mais nous avons hâte de commencer officiellement l’épreuve. A notre grande surprise, nous mettons tous les quatre le feu sur ce prologue, en prenant les devants dès les premiers mètres. Au final, nous terminerons ces 6km sur la plage aux 4 premières places. Coup de bluff sur un parcours à notre avantage ? Ou allure inconsciente sur un début d’ultra ? Dans tous les cas, les cadors de la course (les Costaricains et Stelve le Martiniquais) restent sereins…

Le plus dur est à venir !

Après avoir été réveillé par des singes hurleurs, une première étape de 40km et 3000m de dénivelé nous attend, avec une chaleur et un taux d’humidité extrême. La journée s’annonce compliquée… Comme pour le prologue, le départ est à nouveau rapide mais les Costaricains sont maintenant présents ainsi que Stelve le Martiniquais qui souffrira de l’altitude durant l’étape. Bernard, le boss de la course, nous l’avait annoncé la veille, il faut boire constamment durant l’épreuve. Malheureusement, je n’ai pas suivi ces précieux conseils, et durant la première grosse bosse de 1000mD+, je vais subir une déshydratation m’obligeant à réduire l’allure.

Le lendemain, la deuxième étape nous propose un profil équivalent, et avec en plus un passage à mi-parcours à 2800m et une arrivée en altitude à 3000m. Le parcours est de toute beauté à travers les forêts luxuriantes du Costa Rica ; on en prend plein les yeux et les sourires des bénévoles aux ravitos nous font du bien ! Les coureurs s’encouragent entre eux : la compétition est présente, mais dans un bel esprit de cohésion. Cette étape aura laissé des traces avec des arrivées après le coucher du soleil et quelques participants, usés par ces deux grosses journées de course, basculeront sur le parcours aventure… montrant que la Transtica n’est pas une balade touristique.

Une donation de matériel scolaire dans une école à 2400m d’altitude…

Cela nous a réchauffé le cœur avant de nous lancer dans une 3ème étape pluvieuse et très technique avec des passages dans la jungle ou des singles boueux. Au départ de la 4ème étape, les corps sont meurtris après déjà 3 étapes difficiles et 7000m de dénivelé. Mais l’envie est là en chacun de nous pour aller au bout de cette étape qui sur le papier ne s’annonce pas forcement difficile avec 40km et 1300m de dénivelé. Mais c’est la dernière étape longue pour espérer remonter un peu au classement, et comme à chaque fois, le départ sur le plat se fait à « tombeau ouvert » pour essayer, d’entrée, de faire des écarts avec les Costaricains avant les premières bosses. A ma grande surprise, je terminerai à la 2ème place de cette étape somptueuse en termes de paysages. L’écart ne sera que de 11mn entre les 4 premiers scellant le classement général de la course Extrême. La 5ème étape s’annonce dantesque, car des pluies tropicales se sont abattues sur la côte Caraïbe toute la nuit. Certaines traversées de rivières deviennent dangereuses à cause d’une très forte augmentation de leur débit, et le départ est retardé car il faut changer d’itinéraire. Le départ sera donné, mais les conditions se compliqueront encore pour la traversée des rivières et pour l’organisation qui sera bloquée entre 2 PC à cause de la chute d’un arbre sur la route. La course sera neutralisée au 13ème km… Les coureurs seront un peu frustrés de cet arrêt de course car très motivés pour faire la partie jungle dans ces conditions dantesques. Mais au final, tous sans exception seront aussi très contents d’arriver au bout de cette aventure. Un rayon de soleil viendra même fêter l’arrivée de l’ensemble des participants… et l’organisation mettra tout en œuvre pour rendre cette arrivée festive et inoubliable ! A la fin, on en oublie le classement. On garde en mémoire une épreuve riche en termes humain et sportif. Une épreuve qui vous marque à vie. Et comme ils disent au Costa Rica : « Pura Vida » !

Par François Catteau (4ème Transtica 2019 Extrême) Photos Alonso Espinoza Cisneros

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