Barkley Marathons 2026 : Sébastien Raichon seul « survivant » signe une Fun Run, 0 finisher
Retour à la case départ pour la réputation de la Barkley Marathon, redevenue depuis 2 ans « la course la plus dure du monde », ou « la course impossible à finir ». Après une édition 2024 qui avait connu 5 finishers dont une femme, Jasmin Paris, Lazarus a serré les boulons, durcit l’épreuve et, cette année, l’a avancée de plus d’un mois pour que les conditions météo soient le moins favorables possible. Pari gagné, cette année encore, personne n’a été en mesure d’attaquer un 4ème tour. Et si 4 coureurs sur 40 ont pu prendre le départ du 3ème tour, dont le novice Mathieu Blanchard, seul Sébastien Raichon, qui y participait pour la 3ème fois, a pu finir le 3ème tour au-delà des 36 heures imparties pour démarrer la 4ème boucle, mais avant les 40 heures du gong final, décrochant ainsi la seule Fun Run de l’année. Ils racontent.
Barkley Marathons 2026 : l’enfer météo se déchaîne
Donner le départ un 14 février, Lazarus le diabolique ne l’avait certainement pas décidé par hasard. Le jour de la Saint-Valentin, les 40 concurrents allaient pouvoir déclarer tout leur amour à cette course folle qui consiste à parcourir 5 boucles de 32 km et environ 3650m D+ chacune, tout en ramassant au passage 16 pages à arracher à des bouquins planqués dans la forêt, et vaguement indiqués sur une carte remise au départ. Genre chasse au trésor, mais en hors piste dans les ronces, sur des pentes infernales, avec un chrono qui tourne inexorablement.
Et comme prévu, en février du côté de Frozen Head, il fait froid et humide. Et, parfois, le brouillard s’invite à la fête. C’est exactement le scénario auquel ont eu droit les 4 rescapés des 2 premiers tours, les Français Sébastien Raichon et Mathieu Blanchard, le Britannique Damian Hall et l’Américain Max King. Une météo qui a provoqué l’abandon de Max King d’abord, de Mathieu Blanchard ensuite, tandis que seuls Sébastien Raichon réussissait à boucler ce 3ème tour avant la barrière fatidique des 40 heures, en 38h 05mn 46s. Trop tard pour entamer une 4ème boucle, mais suffisant pour être crédité d’une Fun Run. Damian Hall arrivait plus tard, mais hors délai et sans l’ensemble des pages…

Barkley Marathons 2026 : la déclaration de Sébastien Raichon
Après avoir fait 2 tours en 25h29 en 2025, après avoir pris le départ du 5ème et dernier tour mais ne pas avoir fini en 2024 (l’année où la Barkley a connu son nombre record de finishers, avec 5 concurrents, dont Jasmin Paris, 1ère et seule femme finisheuse à ce jour), Sébastien Raichon aura donc décroché une FUN RUN en 38h 05mn 46s en 2026.
Voici la retranscription de sa déclaration, juste après avoir touché la fameuse barrière jaune symbolisant la fin d’un tour et entendu Lazarus déclarer « Nous avons une FUN RUN » sous les applaudissements du petit public rassemblé pour l’événement :
« Je ne serai sans doute jamais finisher de la Barkley !
C’est trop dur maintenant, mais je suis tellement fier de ce que j’ai réalisé ce week-end.
C’était dur.
Le dernier tour a été terrible avec la pluie.
J’ai fait du ski, de la luge, du bobsleigh.
[…]
Je suis venu 3 fois ici, ça restera des souvenirs incroyables.
Merci d’avoir inventé cette course fabuleuse, merci de la faire vivre.
Tous les coureurs sont des frères, comme en raid aventure, donc je voulais remercier tous les coureurs et particulièrement mon équipe de France qui a été fabuleuse cette semaine.
C’est juste une Fun Run mais je suis très heureux, merci. »
Barkley Marathons 2026 : Mathieu Blanchard en rêvait, il l’a expérimentée
Cela faisait longtemps que l’idée de la Barkley trottait dans la tête de l’aventurier ultra-traileur Mathieu Blanchard. S’il a surpris tout le monde en septembre dernier en allant remporter la Barkley Fall Classic, qui lui offrait un ticket d’entrée pour la Barkley 2026, cela faisait partie d’un plan initié il y a des années déjà.
Bien sûr, il ne pouvait pas annoncer son projet de participation. Personne ne devait savoir ni le nom des concurrents, ni la date, règles de silence et de mystère imposées par Lazarus et son équipe. Alors, dans l’ombre, il s’est préparé comme jamais. Mais peut-on se préparer à ce qu’on ne connaît pas ?
En ayant fait partie des 4 derniers « survivants » de la 40ème édition de la Barkley et en ayant réussi à entamer la 3ème boucle, Mathieu Blanchard a montré une fois de plus des capacités physiques et mentales hors normes, même si les conditions météo ont fini par avoir sa peau. Dans un très beau texte publié sur ses réseaux sociaux, il explique la genèse de cette aventure, pourquoi elle l’attirait, et ce qu’il en a retiré en tant qu’homme. Une déclaration qui représente sans doute la meilleure façon d’expliquer ce qu’est la Barkley à tous ceux qui « ne comprennent rien à l’intérêt de cette épreuve ».

Barkley Marathons 2026 : Ce qu’en dit Mathieu Blanchard
« Il est très difficile de raconter la Barkley tant son concept est complexe, mystérieux et secret, presque à contre-courant de notre époque où tout se partage, se commente et se consomme en direct.
Les valeurs de cet événement peuvent surprendre, parfois même déranger, mais une chose est sûre, elle ne laisse personne indifférent. Dans cette société d’ultra-information où l’on croit tout connaître et tout maîtriser, se retrouver face à quelque chose qui résiste volontairement à la transparence est profondément perturbant.
Garder le secret sur la date, les participants, le parcours, le processus d’inscription, ce n’est pas un caprice ni une posture, c’est une manière de protéger un événement qui serait sans doute mort depuis longtemps sans cette culture du silence.
J’ai compris que le fondateur, Laz, n’était pas simplement un personnage fantasque, mais un esprit d’une intelligence rare, mélange d’artiste provocateur et de scientifique méthodique, capable de créer un véritable bug dans le système du sport moderne.
Ce projet est né en moi il y a quelques années déjà, et il ne fallait pas être devin pour comprendre que la Barkley finirait par m’attirer. Les aventures qui me touchent ont souvent un goût d’incertitude, de solitude, de dépassement brut. Mais je savais qu’il faudrait être patient, car être un bon coureur de trail est loin d’être suffisant ici.
J’ai donc appris à attendre, à travailler dans l’ombre, à développer des compétences particulières.
Je ne m’étalerai pas aujourd’hui sur le récit précis de ma course, j’y reviendrai, même si l’exercice sera particulièrement délicat car raconter la Barkley impose d’accepter de ne pas tout dire.
Je peux simplement dire que j’ai vécu quelque chose de très fort à Frozen Head. Humainement d’abord, avec la French Team d’une générosité immense, avec Alix qui m’a offert un soutien précieux, avec la communauté locale qui donne une vraie leçon de sobriété volontaire.
Et puis il y a ce que j’ai ressenti au cœur de la course, cette forme de cohésion silencieuse, cette expérience presque intime partagée dans la difficulté.
Je ne suis pas devenu « finisseur » de ce mythe. Le processus est bien plus complexe qu’il n’y paraît, il y a une multitude d’éléments à maîtriser et si un seul manque, le couperet tombe immédiatement, sans marge de manœuvre.
J’ai appris à m’orienter vraiment, à projeter une carte plate en trois dimensions dans ma tête, à lire le terrain et ses indices, à progresser hors sentier dans des pentes si raides qu’on se demande parfois si l’escalade ne devrait pas faire partie de l’entraînement.
J’ai consacré des mois à me préparer dans un secret presque total, au point que même mes parents ne savaient pas que j’y participais.
J’ai été stoppé par des conditions météo dantesques, et même si j’ai déjà été capable de survivre dans des environnements de froid extrême lors d’autres aventures, rien n’est jamais acquis, aucune expérience ne garantit l’invincibilité, et la nature trouve toujours une manière de te surprendre si tu relâches un instant.
Ce baptême m’a pourtant offert quelque chose d’essentiel : l’autonomie. La sensation que je pourrais, un jour, faire un tour seul, sans dépendre de personne, juste avec ma carte, ma boussole et mon instinct. Et ça, dans l’univers de la Barkley, c’est une étape majeure. Peut-être la plus importante.
Je repars avec une version de moi plus lucide, plus solide, plus humble aussi. Et au fond, c’est peut-être ça le vrai cadeau de cette course qui ne ressemble à aucune autre : elle ne te demande pas seulement de courir loin, elle te demande de devenir capable.
Merci à Laz, Carl et à toute votre équipe.
Merci à la French Team



















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