Résilience métabolique et neuromusculaire : avantage aux femmes !
Si de nombreuses études ont porté sur l’endurance féminine en course longue distance, suggérant une résistance supérieure à celle des hommes, peu ont établi une comparaison directe des capacités entre les premières et les seconds. Mais une toute nouvelle étude parue dans le Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports vient faire le point, et démontre que des coureuses de trail très entraînées résistent mieux à la fatigue prolongée que des hommes de niveau comparable.
Résilience métabolique et neuromusculaire : l’intérêt de la nouvelle étude
Établir des comparaisons entre les performances sportives des hommes et les femmes a toujours été un exercice complexe, car il dépend bien entendu du niveau de chaque individu au moment de la recherche. Ainsi, lors de sa victoire sur le format 400 km de la Cocodona 250 2026, l’ultra-runneuse américaine Rachel Entrekin (Index UTMB 781) s’est imposée devant deux de ses compatriotes dotés d’Index UTMB inférieurs (721 pour Kilian Korth et 758 pour Cody Poskin).
Si cela n’enlève rien à sa performance – elle a tout de même devancé la reine Courtney Dauwalter, Index UTMB 860 -, il est possible qu’avec une start list plus relevée le résultat n’ait pas été le même. D’où l’intérêt de cette étude de Carrillo, Bruce, Lawley et Zanini effectuée en mars 2026 et publiée en mai 2026, qui a porté sur 22 athlètes – 11 femmes et 11 hommes, tous spécialistes du trail – appariés selon leur niveau de performance ITRA.
Les chercheurs ont souligné que généralement, les déterminants de la performance d’endurance étaient évalués dans des conditions optimales, bien que les caractéristiques physiologiques et mécaniques se détériorent lors d’un exercice prolongé – un phénomène récemment qualifié de durabilité ou de résilience. Cependant, on ignorait si la durabilité et les mécanismes qui la sous-tendent différaient selon le sexe. Jusqu’à cette étude.

Résilience métabolique et neuromusculaire : un protocole très précis
Les participants sélectionnés pour cette étude avaient tous plus de 18 ans, deux ans d’expérience en trail, couraient au minimum 50 km par semaine avec 800 m de dénivelé positif et ne présentaient aucune blessure musculo-squelettique au moment des tests. Chaque athlète s’est rendu trois fois en laboratoire sur une période de 14 jours.
La première visite servait à mesurer le seuil lactique au cours d’un test progressif sur tapis.
La deuxième consistait en un contre-la-montre de 12 minutes en montée, réalisé sans fatigue préalable, sur une pente de 12 %.
La troisième visite constituait le cœur du protocole : 180 minutes de course sur tapis à intensité modérée, avec un contre-la-montre en montée de 12 minutes toutes les 60 minutes, soit 216 minutes d’exercice au total.
Les tests ont été réalisés dans des conditions contrôlées : température de 21 à 24 °C, humidité relative de 45 à 55 %, ventilation frontale, même paire de chaussures, absence d’exercice intense, de caféine et d’alcool dans les 24 heures précédentes. Les athlètes recevaient aussi 90 g de glucides par heure pendant l’effort.

Résilience métabolique et neuromusculaire : les faits de course
Les chercheurs ont mesuré la performance, la fréquence cardiaque, la consommation d’oxygène, le lactate sanguin, l’oxydation des glucides et des lipides, l’économie de course, la perception de l’effort, la force maximale isométrique des extenseurs du genou, ainsi que plusieurs paramètres biomécaniques.
Le résultat principal est net : après trois heures de course, la vitesse des femmes lors du contre-la-montre en montée ne baisse presque pas, avec une diminution de 1,1 %, contre 9,9 % chez les hommes. Les femmes montrent aussi une meilleure stabilité métabolique : leur oxydation des glucides diminue moins, leur quotient respiratoire baisse moins, et leur lactate sanguin chute moins fortement lors des efforts répétés. Chez les hommes, le lactate maximal passe de 7,44 à 3,38 mmol/L après trois heures, contre 5,54 à 3,82 mmol/L chez les femmes.
Sur le plan neuromusculaire, les femmes conservent mieux leur force des extenseurs du genou, tandis que les hommes présentent une baisse significative à partir de deux heures. La fréquence cardiaque maximale et la consommation maximale d’oxygène restent, elles, globalement stables dans les deux groupes. L’économie de course se dégrade de manière comparable chez les femmes et les hommes.
Résilience métabolique et neuromusculaire : les femmes plus résilientes
Les auteurs concluent que les coureuses très entraînées présentent une meilleure « durabilité » que les hommes de niveau équivalent, c’est-à-dire une plus grande capacité à maintenir leur performance malgré la fatigue. Cette supériorité semble surtout liée à une meilleure résilience métabolique et neuromusculaire, plutôt qu’à des différences biomécaniques majeures.
Une limite importante demeure cependant : les hommes ont parcouru une distance totale supérieure pendant l’expérience, 42,2 km contre 35,5 km pour les femmes, en raison de vitesses absolues plus élevées. Cette différence a pu accentuer leur fatigue. Les auteurs soulignent donc que ces résultats devront être confirmés dans des protocoles où la distance, et non seulement la durée, est strictement équivalente.
































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