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Trail des Hautes Vosges : l’esprit trail dans sa plus belle version !

1 Photo Jérémy Lambert

Il est de tradition d’écrire des comptes rendus de courses de façon neutre, sans prendre parti. Sauf lorsque l’on y a participé. C’est le cas de ce récit, un témoignage de l’aventure vosgienne vécue par Cécile Bertin, qui depuis longtemps était tentée par cette expérience. Un Trail des Hautes Vosges aussi séduisant qu’un bonbon…

Trail des Hautes Vosges : une réputation d’excellence

Cela fait des années que je voulais aller courir dans les Vosges. Moi qui cours littéralement le monde, c’est un fait : si j’ai beaucoup couru en France à mes débuts, j’ai, pour mon travail de journaliste, été envoyée à l’autre bout du monde plutôt qu’à l’autre bout de notre beau pays. Aussi, lorsque j’ai évoqué mon envie d’aller courir le Trail des Hautes Vosges sur mes réseaux sociaux, j’ai été agréablement surprise de recevoir plein de messages qui disaient tous la même chose : « Tu vas adorer, l’organisation est incroyable ! »

Est-ce que c’est parce qu’à la tête du club, le Cahm Athlé qui se cache derrière la course, il y a une femme, Nathalie Humbert ? Allez savoir ! Mais force est de constater que, plus que le parcours, tous les anciens participants mettaient en avant les humains qui font de cette épreuve une pépite. J’avais donc hâte de découvrir et de faire connaissance avec les désormais célèbres « gilets bleus ». Rétrospectivement, en écrivant ces lignes, je m’aperçois que même si j’imagine que le choix de la couleur est lié à la fameuse ligne bleue des Vosges, j’ai oublié de vérifier cette info. Il faudra que j’y retourne pour avoir la réponse à ma question !

2 Photo Jérémy Lambert
Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un départ « dré dans l’pentu »

Dimanche 1er mars, je rejoins donc le village du Ménil, qui depuis trois ans maintenant est le lieu de départ des courses. Qu’il fait bon retrouver ces salles polyvalentes plantées à côté des stades de foot qui sentent le café parce qu’il est offert aux participants en attendant le départ. Dans le sac coureur, une paire de chaussettes de la célèbre marque vosgienne « Bleu Forêt » et une bouteille de « Bubulle à Bubu », une boisson pétillante à la myrtille ou, comme on dit là-bas, au bluet des Vosges.

Je suis un peu inquiète du nombre de toilettes disponible, tellement inférieur à ce que je peux voir aux USA. Mais pas de panique, en quelques minutes, mon pipi de la peur est soulagé, première preuve que l’orga sait ce qu’elle fait. Quelques minutes avant le départ de mon 30 km, les dernières infos pour le briefing sont données.

Et puis c’est enfin le moment d’y aller. Pas vraiment le temps de s’échauffer, on quitte le village pour très vite grimper dans la forêt. À ce propos, si votre idée est de performer, pensez à faire monter le cardio avant le départ pour éviter de vous retrouver avec le cœur qui tape fort dans la poitrine à peine le premier kilomètre avalé !

Trail des Hautes Vosges : un 30 km vu de l’arrière

C’est parti pour une superbe balade dans la montagne vosgienne. Je décide de laisser partir le peloton et me cale aux côtés des deux serre-files de la course, j’ai nommé Cécile et Yannis. Qu’ils soient ici officiellement remerciés de leur bienveillance et de leur gentillesse de chaque instant ! Parce que oui, quoi de mieux pour tester une course que de voir comment les derniers sont « traités » ? J’ai souvent constaté, hélas, que des organisations qui pourtant ont plutôt bonne réputation ont tendance à oublier qu’il y a des derniers, et qu’ils sont ceux qui ont justement le plus besoin qu’on prenne soin d’eux.

Autre intérêt pour moi de faire ce choix, plus « professionnel » celui-là : j’ai eu la chance de suivre un jour les « fermeurs » de l’UTMB sur le dernier tronçon (article à découvrir chez nos amis de Jogging International ici). J’avais envie cette fois de suivre la fin de course d’une distance plus raisonnable, où on ne risquait pas d’avoir à gérer des hallucinations. Et force est de constater que si l’organisation du trail est à la hauteur, les traileurs vosgiens le sont aussi. À part une entorse, aucun autre blessé à prendre en charge. Mieux, avec mes deux compagnons de route, nous n’arriverons jamais à rattraper le ou la dernier(e), trop occupés, il faut bien l’avouer, à admirer les paysages qui nous entourent.

3 Photo Jérémy Lambert
Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un parcours à la hauteur

Le parcours de ce 30 km est vraiment très bien conçu : du dénivelé façon « dré dans l’pentu », tempéré par un plus doux et rond comme les montagnes qui nous entourent. Avec en point d’orgue des points de vue superbes sur le Ballon d’Alsace que l’on aperçoit en fond d’écran. Et surtout de la forêt mousseuse à souhait qui te donne l’impression d’être dans Le Seigneur des Anneaux. Niveau terrain, de la boue mais pas trop, et de l’eau mais pas trop non plus pour presque réussir à garder les pieds au sec si tu acceptes de quitter la trace quelques instants.

Quant aux ravitaillements, ils sont très bien pourvus et hyper variés, même pour les derniers, avec entre autres le fameux et délicieux pain des sportifs de la Boulangerie Pinot, partenaire de la course. Charcuterie, chips et m&m’s à volonté, sans oublier les popcorns de chez Popcorngourmand, une nouveauté de l’année que j’ai adorée et qui, eux aussi, viennent d’un fabricant local, c’est important de le préciser. Côté hydratation, en plus de la célèbre boisson goû cola, on trouve aussi du sirop de citron et de menthe, ce qui est là aussi une excellente idée pour les organismes barbouillés en manque de sucre.

Trail des Hautes Vosges : des barrières horaires adaptées

Pour la question des barrières horaires du 30 km, qui inquiètent souvent les personnes qui débutent, il y en a 2, une pour chaque ravitaillement. Elles sont confortables, donc aucune raison de paniquer. En étant avec les serre-files, avec plusieurs arrêts et en marchant la plupart du temps pour ne pas rater un coureur qui se serait éloigné de la trace, nous les avons passées, la dernière à 5 minutes précisément.

Attention tout de même pour le dernier tronçon, c’est le seul où il ne s’agit pas de lambiner, car vous risqueriez de rater le temps maximum autorisé sur la ligne d’arrivée, ce qui serait tout de même très dommage. Les derniers kilomètres sont en grande partie descendants, très peu techniques par temps sec, alors pensez juste à bien vous alimenter au dernier ravitaillement et « foncez » pour passer fièrement la ligne d’arrivée qui n’attend que vous !

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : 3 distances à découvrir

Vous l’aurez compris, je me suis régalée de bout en bout. Et, j’avoue, j’ai une furieuse envie de revenir prochainement pour, qui sait, aller voir ce nouveau 42 km. Plus qu’une course, ce Trail des Hautes Vosges est aussi et surtout un incroyable moment de convivialité grâce à une équipe qui sait tout mettre en œuvre pour que les traileurs découvrent les chemins mais surtout l’accueil « à la vosgienne ».

Bon à savoir : les trois distances cette année étaient un 14 km (600m D+), un 30 km (1 250m D+) et, pour la première fois, un 42 km qui cumule 1 800m de D+. Le 14 km est accessible dès 18 ans, idéal pour découvrir le format trail dans un décor naturel.

Trail des Hautes Vosges : et on dort où ?

Question logement : l’hôtel les Sapins est le plus proche de la ligne de départ. Il y a de nombreuses locations saisonnières à retrouver sur le site de l’Office du Tourisme, parfait pour organiser son séjour puisque, quitte à venir dans les Vosges, autant en profiter pour faire un peu de tourisme vert.

Pour ma part, j’ai séjourné Domaine de Champé un camping 5 étoiles, situé à 15 petites minutes en voiture du départ. L’établissement est partenaire de la course et offre donc un tarif spécial pour le week-end incluant la demi-pension et même un système de navette ultra pratique pour permettre aux familles de ne pas avoir forcément à se lever tôt le matin pour accompagner son ou sa champion(ne).

Ils proposent également un last checking pour pouvoir repasser tranquillement se doucher et pourquoi pas profiter de leur spa (là aussi, tarif spécial pour les traileurs) avant de rentrer chez soi ou de dîner à leur nouvelle table, « Chez Jean Mi », qui vient d’ouvrir et qui est vraiment à découvrir.

L’info en +

L’expression « ligne bleue des Vosges » est apparue dans le testament de Jules Ferry qui, maire de Paris en 1871, mais surtout député des Vosges, demandait à être enterré dans sa ville natale de Saint-Dié-des-Vosges : « Je désire reposer dans la même tombe que mon père et ma sœur, en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus. » Les stigmates de la Guerre de 1870 étant encore très présents dans le cœur de tous les Lorrains avec cette nouvelle frontière sur la ligne de crête vosgienne, qui laisse l’Alsace et une partie de la Lorraine au voisin allemand, cette expression est devenue « virale ».

Une autre explication, plus scientifique et un peu moins poétique, fait référence à l’expulsion d’aérosols par les arbres tels que l’isoprène qui, de la même façon du côté des Appalaches aux USA ou en Australie avec les fameuses « Blue Mountains », donne le sentiment qu’un halo bleu surplombe les sommets.

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