Record du monde de dénivelé en 24h pulvérisé par Christophe Nonorgue

CHRISTOPHE NONORGUE - OPEN © facebook Christophe Nonorgue : DR

Il lui fallait faire plus de 180 allers-retours pour battre le record du monde, il en a fait 196. En venant à bout 196 fois de cette pente de 448 de long pour 95,75m de D+, le Suisse Christophe Nonorgue a établi un incroyable record à 18 767 m de D+ / D- en 24h. Et pulvérisé de plus de 1500 m l’ancien record d’Aurélien Dunand Pallaz.

24 heures chrono

En s’élançant jeudi 26 mai à 12 heures précises sur la piste de Meix Musy, à Montlebon, dans le Jura, Christophe Nonorgue n’avait qu’une idée en tête : monter et descendre autant de fois que possible en 24 heures chrono cette pente de 448 de long pour 95,75m de D+. Et le Suisse originaire de Neuchâtel avait déjà prévu les différents échelons de sa tentative, calculant soigneusement le nombre d’allers-retours nécessaires pour battre son propre record personnel (l’équivalent de 143 tours), battre le record du monde (l’équivalent de 180 tours) ou encore franchir la barre mythique des 18 000 m de D+ en 24h (l’équivalent de 188 tours).

CHRISTOPHE NONORGUE - PREVISIONNEL © facebook Christophe Nonorgue : DR
Avec 196 allers-retours, Christophe Nonorgue a grimpé plus de 2 fois l’Everest en 24h ! © facebook Christophe Nonorgue / DR

L’autre record du monde

Petite précision pour ceux qui ne seraient pas familiers de la discipline. Il existe un autre record du monde de dénivelé en 24h, 21 720 mètres, détenu depuis octobre 2020 par Daniele Cappelletti. Mais dans le cas du skyrunner italien, seules les montées se faisaient à pied, les descentes se faisant en téléphérique. Alors que dans le cas de Christophe Nonorgue, tout est fait en mode trail, à la force des mollets. Ainsi, le Suisse a avalé 18 767 m de D+, et 18 767 m de D- !

Ancien recordman du monde

Avec 13 659 mètres de D+/D- réalisés en mai 2019 à Chaumont, Christophe Nonorgue avait déjà détenu le record du monde de dénivellation. Mais depuis, peut-être inspirés par le confinement ou l’absence de courses, de nombreux athlètes s’étaient attaqués – et avaient battu – cette marque. Pour la petite histoire, c’est le Finlandais Juha Jumisko qui avait ainsi été le premier à franchir la barre des 16 000 m de dénivellation (16 054 m) le 8 juin 2020. Quant à la barre des 17 000 m, elle avait été franchie par l’Italien Luca Manfredi, auteur d’un 17 020 m le 13 juin 2020. Mais le Neuchâtelois n’en démordait pas : «Je pense avoir une chance de reprendre le record en optimisant tous les paramètres, que ce soit les entraînements, la nutrition, le matériel, la technique et le lieu choisi», avait-il expliqué dans un communiqué.

CHRISTOPHE NONORGUE - PORTRAIT © facebook Christophe Nonorgue : DR
Un chemin qui monte ? Tout de suite, Christophe Nonorgue a le sourire. © facebook Christophe Nonorgue : DR

Une piste soigneusement choisie

En choisissant la piste de ski de Meix Musy, dans la petite commune jurassiennne de Montlebon, Christophe Nonorgue n’a rien laissé au hasard. Il expliquait ainsi : « La piste est la plus raide, elle offre une pente de 46.8% et 95.75m de dénivellation sur une distance linéaire de 223,95m. Le terrain est herbeux et tendre, permettant aux muscles et aux articulations de tolérer une telle pente. » C’est d’ailleurs sur cette même piste que le 27 août 2020, Patrick Bohard avait établit la meilleure marque mondiale, avec 17 130 m. Hélas (pour lui), son record n’avait tenu qu’une dizaine de jours avant d’être battu de 88 mètres par Aurélien Dunand Pallaz, recordman en titre avec 17 218 m réalisés le 6 septembre 2020. Mais ça, c’était avant ce 27 mai 2022.

CHRISTOPHE NONORGUE - HELP © facebook Christophe Nonorgue : DR
Le choix de la piste a été déterminant : une pente raide et régulière, mais herbeuse, pas trop traumatisante pour les muscles. © facebook Christophe Nonorgue / DR

Un rythme insensé

Evidemment, au vu du pourcentage élevé de la pente, Christophe Nonorgue avait prévu de monter en marchant à l’aide de bâtons, et de descendre en trottinant. Ce qu’il n’avait en revanche peut-être pas prévu, c’est qu’il allait être capable d’imprimer un rythme incroyable, bien supérieur à ce qu’il pouvait espérer. Avec des temps de montée oscillant entre 4mn 11s (sa première montée) et 7mn 32s (sa montée la plus lente, au 155e tour), et des descentes parfaitement maîtrisées, entre 1mn 30s et 2mn 30s, le Suisse a fait preuve d’une régularité de métronome. Au bout de 17h de course, à 5h du matin, il avait ainsi déjà battu son record personnel avec 13 746 m avalés. A 8h20 du matin, il terminait son 168e aller-retour et entrait dans le top 5 mondial. A 9h57, il bouclait son 180e tour et battait le record du monde d’Aurélien Dunand Pallaz. Quelques minutes avant midi, il bouclait triomphalement son 196e aller-retour et pouvait lever les bras. Mission accomplie.

CHRISTOPHE NONORGUE - RYTHME © facebook Christophe Nonorgue : DR
C’est avec une régularité de métronome (suisse !) que Christophe Nonorgue a passé 24h dans la prairie. © facebook Christophe Nonorgue / DR

Une marque de référence pour Céline Bernasconi

Partie au côté de Christophe Nonorgue, la Suissesse Céline Bernasconi a pour sa part établi une première marque de référence en mode trail, en réalisant 154 allers-retours pour 14 745 m de D+ / D-. Quatrième des 171 km et 11620 m D+ du Swiss Peaks Trail en 2021, cette ultra-traileuse ne s’était pas fixé d’objectif précis et s’était donc élancée sans pression. En effet, la seule marque féminine du tableau des meilleures performances mondiales, celle d’Elise Delannoy, n’était pas dans la même catégorie. En septembre 2020, la Française avait en effet cumulé 16 153m de D+/D-, mais sur une surface bitumée, en bordure de terril.

CHRISTOPHE NONORGUE - DUO © facebook Christophe Nonorgue : DR
Céline Bernasconi et Christophe Nonorgue au moment du départ, jeudi 26 mai à 12h00. © facebook Christophe Nonorgue / DR
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