Mathieu Blanchard rejoint Kiprun : les raisons de son choix
C’est le transfert de début de saison le plus inattendu dans le monde du trail. Depuis 9 ans chez l’équipementier Salomon, Mathieu Blanchard a débarqué le 16 avril chez Kiprun, la marque de course à pied de Décathlon. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ? Sa réponse tient en 3 points : l’innovation, la performance et l’accessibilité. Sera-t-il au départ de l’UTMB 2026 sous ses nouvelles couleurs ? Sa réponse, là, tient en un seul point. À découvrir à la fin de cet article.
Mathieu Blanchard, Kiprun et l’innovation
« Je pourrais m’étaler longtemps sur la réponse à la question “pourquoi Kiprun”. Je vais résumer ça en trois mots. Le premier mot, c’est l’innovation. Pas celle qui est sur des présentations PowerPoint pour faire beau. La vraie innovation, celle où on ne bride pas les idées, celle où on laisse le champ libre à la créativité. Et surtout l’innovation qui finit par avoir une utilité pour des pratiquants et des produits qui se retrouvent dans des rayons. Après mon école d’ingénieur, j’ai fait un master spécialisé en école de commerce à GEM, Grenoble École de Management, en management de l’innovation.
Donc c’est vrai que ça fait quelques années déjà que je suis passionné par l’innovation et tout ce que ça peut apporter au sein d’un groupe. Et l’innovation s’applique dans toutes les sphères de ma vie. On parle de la vie d’athlète, mais on parle de l’aventure aussi. On peut avoir des idées assez folles, assez créatives, et en faire des produits qui seront utiles pour moi, mais qui seront aussi utiles pour d’autres plus tard. »
Un cerveau d’ingénieur et un désir de co-développer des produits
« J’ai un cerveau qui a été construit dans la direction de l’ingénierie, j’ai pratiqué ce métier pendant une dizaine d’années et après ça, quand j’ai découvert le trail, j’ai beaucoup plus laissé de la place à mon esprit plus artistique, notamment à travers la création de contenus sur divers canaux, podcasts, films, livres, etc, mais mon esprit d’ingénieur est toujours un petit peu là. Quand je pars courir, j’aime regarder les petits oiseaux, contempler les beaux paysages, mais c’est plus fort que moi, je suis obligé de garder cet esprit analytique qui est toujours présent, où je vais essayer de me connecter un petit peu à mon matériel, essayer de ressentir des amortis, des sensations matérielles mais physiologiques aussi. Et quand je rentre à la maison, j’ai ce besoin d’exprimer ce que j’ai pu capter comme informations durant mes sorties ou mes courses.
Depuis quelques années, j’ai eu une sorte de frustration de ne pas pouvoir exprimer tout ce que je pouvais récolter comme informations d’un point de vue empirique avec la pratique sur le terrain, mais aussi d’un point de vue purement d’apprentissage à travers des rencontres d’experts que je peux faire ou des études que je peux lire. Kiprun m’a offert l’opportunité de pouvoir m’exprimer à nouveau en tant qu’ingénieur sur certains développements de produits, certains projets.
Et avoir la possibilité de co-développer le produit, pas en mettant mon nom en gros sur une chaussure d’un point de vue purement commercial pour utiliser une image de marque, mais en le co-développant à partir de la R&D, le plus en amont de la chaîne de la valeur, là où on va faire des protocoles de recherche, des prototypes qu’on va tester, modifier et finir par valider et qui vont se retrouver un jour dans un rayon d’une boutique, je trouve que c’est une manière de laisser une trace à travers le produit qui est hyper valorisable pour une carrière professionnelle d’athlète de trail. »

Mathieu Blanchard, Kiprun et la performance
« Le deuxième mot, c’est la performance. Il y a encore quelques mois en arrière, très sincèrement, je n’associais absolument pas Kiprun au mot performance. J’associais Kiprun et, dans un sens plus large, l’écosystème Décathlon à des produits accessibles, peu chers, mais pas forcément performants. Et je dois avouer que j’ai été assez bluffé quand j’ai découvert l’envers du décor, et quelle était la nouvelle stratégie de la marque. On l’a un petit peu vu sur la route avec les premiers produits ultra performants qu’on a pu voir sortir, notamment portés par l’ambassadeur Kiprun Jimmy Gressier. Et c’est vrai que la performance, je suis encore focus dessus, elle concerne ma vie d’athlète.
Je pense que j’ai encore de belles années devant moi pour obtenir des résultats sportifs sur des grandes courses et j’ai même envie de parler d’ultra performance. L’ultra performance dans le sens pousser les produits vraiment dans leurs retranchements dans toutes les sphères que peuvent être le trail, du court au long, mais l’ultra performance aussi dans le sens de la longue distance puisque c’est ma spécialité, et qu’on a encore beaucoup de chemin à faire. Il y a déjà une super base, et quand la marque m’a proposé d’intégrer les équipes pour participer à l’aventure et co-développer ce que va être l’ultra performance de Kiprun, à la fois pour les chaussures mais aussi certaines pièces d’accessoires, ça m’a beaucoup séduit. C’est aussi une manière de valoriser la suite de ma carrière. »
Mathieu Blanchard, Kiprun et l’accessibilité
« Le troisième mot, c’est l’accessibilité. Il faut savoir qu’en tant qu’athlète, on passe beaucoup de temps tout seul à nous entraîner. C’est un sport assez individuel dans la pratique. Et c’est vrai que depuis quelques années, avec tout le travail que j’ai pu faire, avec les histoires que j’ai réussi à partager sur différents canaux, recevoir des messages de personnes qui se mettent à s’activer physiquement en milieu naturel, en marchant ou en trail, peu importe, et qui m’écrivent en me disant que c’est génial et qui me remercient de leur avoir donné le premier élan pour le faire, ça donne beaucoup de sens à ce que je fais. Ça donne une direction un petit peu plus globale sur ce métier où on est finalement très seul.
Et ce que j’apprécie beaucoup dans la marque Kiprun, c’est de ne pas oublier cette notion d’accessibilité. Accessibilité dans le sens de donner l’accès dans le sens monétaire à des produits ultra performants à des personnes qui ne sont pas professionnelles mais amateurs. Je trouve assez frustrant parfois d’avoir des personnes qui me disent « ouais il est super ce sport mais je n’ai pas les moyens ». Et je trouve super de ne pas oublier que l’accessibilité, c’est aussi un axe pour pouvoir pratiquer le sport. Ne pas oublier cette valeur-là, c’est quelque chose qui est hyper puissant pour moi. »
Mathieu Blanchard, Kiprun et le collectif
« On pratique un sport individuel donc le team est quelque chose qui est hyper important pour moi. Ce sont des ancrages qu’on peut avoir sur une saison à travers des camps d’entraînement, mais aussi des moments où on va vivre ensemble sur une course pour se motiver ou se soutenir quand ça marche pas super. J’ai eu beaucoup de questions par rapport au fait de savoir si je vais être un peu « au-dessus de », prendre un petit peu la lumière. Ce n’est pas du tout comme ça que je le vois. J’ai envie d’être au même niveau que l’équipe.
Il y a chez Kiprun des athlètes exceptionnels, qui ont des résultats exceptionnels et j’ai probablement plus à apprendre d’eux que moi j’ai à leur apprendre. Maintenant, c’est sûr que j’ai aussi acquis un petit peu d’expérience sur certaines courses et ça me fera plaisir de pouvoir aussi leur partager tout ce que j’ai pu apprendre. Et le fait que j’ai un petit peu compris comment fonctionne la communication, les réseaux sociaux, ça me permet aussi d’avoir le micro plus souvent que d’autres. Alors si je peux aussi aider certains athlètes du team à valoriser, à mettre en lumière leurs résultats sportifs, leurs histoires, c’est quelque chose qui me fera beaucoup plaisir parce que ça va automatiquement élever les personnes, donc élever le team et m’élever aussi. C’est un petit peu comme ça aussi que je le vois mon rôle au sein de cette équipe pour les prochaines années. »
La saison 2026 de Mathieu Blanchard
« J’aime bien me dire que je suis libre dans le choix de mes courses, mais je veux quand même considérer l’environnement humain que j’ai autour de moi, et commeje viens d’arriver, les discussions n’ont pas encore eu lieu. Ceci étant dit, avant que tout ça arrive, qui m’a pris énormément d’énergie sur le plan mental, j’avais pour projet d’aller courir l’UTMB Ventoux. Je n’irai pas parce que tout ça, c’est un petit peu trop. Ma première course sera éventuellement l’Andorra by UTMB début juin.
J’ai envie de faire une course UTMB parce qu’aujourd’hui, en tant qu’athlète pro, on n’a pas de passe-droit pour l’UTMB Mont-Blanc, on doit quand même valider des courses. Et si je veux faire l’UTMB l’année prochaine, je préfère avoir la possibilité de valider ma participation dès maintenant, et ne pas faire comme certains qui l’ont fait juste là, en début d’année, au dernier moment, sans être sûr de réussir. Et en même temps, ça me permettrait de me préparer pour l’UTMB 2026 si je réussis à élever mon niveau de performance assez haut pour pouvoir y participer cette année. Parce que j’ai cru comprendre qu’il y avait une start list assez dense.
Mais voilà, aujourd’hui, je veux pas annoncer ou m’engager sur ce projet, parce que je ne pourrais pas avoir la réponse avant juillet. Je ne prends plus le départ de l’UTMB pour découvrir les montagnes, je prends le départ de l’UTMB pour performer au maximum. Et si je sens que je ne suis pas à mon top, je ne prendrai pas le départ. Donc je suis désolé de répondre que je ne peux pas encore confirmer à 100 % que je serai au départ en 2026. »






























![[Et ça repart!!] ALERTE ÉMÉTOPHOBIE – Casquette Verte sur la LyonSaintéLyon 2025](https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2026/01/Et-ca-repart-ALERTE-EMETOPHOBIE-–-Casquette-Verte-sur-la-LyonSainteLyon-2025-180x180.jpg)


Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !