UTMB 2023 : après 4 échecs, Jim Walmsley, enfin ?
Par quatre fois, il est venu par quatre fois il a été vaincu. L’UTMB se refuse à Jim Walmsley. Pourtant, lui ne pense qu’à ça, et a tout fait depuis un an et demi pour devenir le plus « alpin » des Américains. Avec le forfait de Kilian Jornet et l’absence de François D’Haene, cette 20ème édition lui semble promise. Réussira-t-il enfin à vaincre le signe indien ? Retour sur ses précédents échecs.
UTMB 2023 : les absents de marque
Gagner la 20e édition de l’UTMB, un rêve qui pourrait devenir réalité. Jim Walmsley a déjà gagné toutes les courses sur lesquelles il s’est aligné, et battu un nombre impressionnant de records. Toutes, sauf l’UTMB, ce fameux « sommet mondial du trail » qui se refuse obstinément à lui. Pourtant, depuis un an et demi, l’Américain s’est donné les moyens, étant allé jusqu’à adopter l’entraînement hivernal de ski de montagne de Kilian Jornet, François D’Haene et autres vainqueurs de l’UTMB, alors qu’aux États-Unis ce type d’entraînement n’est pas pratiqué.
Si le plateau 2023 est prestigieux, l’absence Kilian Jornet, souffrant d’un œdème osseux, et de François D’Haene, toujours pas rétabli de sa blessure à la cheville, ouvre une brèche immense chez les prétendants. Aurélien Dunand-Pallaz aurait pu être un sérieux client, mais l’enchaînement Hardrock 100 (qu’il a remportée) / UTMB lui est apparu comme un objectif trop ambitieux, et il a préféré renoncer cette année pour s’aligner sur la Diagonale de Fous.

UTMB 2023 : qui face à Jim Walmsley ?
Beñat Marmissolle, second de la Hardrock 100 et 6ème de l’UTMB l’an dernier, sera sur la ligne de départ, prêt à en découdre. Mais sera-t-il suffisamment remis de sa course américaine ? L’an dernier, Kilian Jornet avait bien réussi l’enchaînement, alors pourquoi pas le Basque, qui a décidé de relever le défi du tryptique Hardrock 100 / UTMB / Diagonale des Fous.
Parmi les autres prétendants, il ne faut bien entendu pas oublier l’Espagnol Pau Capell, qui depuis 2019 et son projet Breaking 20 poursuit son rêve de passer sous la barre des 20 heures, et sera encore cette année dans les starting blocks. Il pourra se mesurer à Mathieu Blanchard, 2ème l’an dernier en 19h 54mn 50s, qui a longtemps hésité après son relatif échec sur la Western States Endurance Run en juin. Le Français, très émoussé et moralement atteint après la WSER, semble s’être refait la cerise et avoir retrouvé l’envie auprès des athlètes du team Salomon, lors de leur camp d’entraînement et de repérage autour du Mont-Blanc début août.

On suivra également avec intérêt les performances du jeune Anglais Tom Evans, 3ème l’an dernier, et récent vainqueur de la WSER, du Suédois Petter Engdahl, vainqueur de la CCC 2022, et de l’inusable et inimitable Zach Miller, 5ème l’an dernier, toujours dans le coup. Sans oublier les Suisses Jonas Russi, 8ème en 2022, et Jean-Philippe Tschumi, 2ème de la Diagonale 2022 derrière Beñat Marmissolle. Citons encore le Roumain Robert Hajnal, 2ème en 2018, 9ème en 2022, les Chinois Jiaju Zhao et Yanqio Yun, ainsi que l’Allemand Hannes Namberger, 6ème en 2021 et récent vainqueur de l’Eiger Ultra Trail by UTMB.
UTMB 2023 : quels Français pour le Top 20 ?
Côté tricolore, Mathieu Blanchard et Beñat Marmissolle seront accompagnés de sérieux clients, avec les expérimentés Thibaut Garrivier, Germain Grangier et Ludovic Pommeret, vainqueur en 2016, mais aussi Arthur Joyeux-Bouillon (7ème en 2022), Hugo Deck, Bastien Fleury, Baptiste Chassagne et Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui tenteront d’accrocher le Top 20, voire mieux

UTMB 2017 : la première de Jim Walmsley, 5ème au mental
Cette année-là, le missile Jim Walmsley fait figure d’épouvantail, alors que tout le monde est focalisé sur le duel Jornet / D’Haene. Pour sa première participation, l’Américain, réputé pour sa vitesse et détenteur de nombreux records sur les ultras outre-Atlantique, surprend son monde. Habitué à des départs tonitruants, il adopté cette fois-ci une stratégie plus sage. À tel point qu’il s’arrête même sur les premiers ravitaillements pour attendre les autres. Image insolite d’un Jim Walmsley à Saint-Gervais, attendant l’arrivée de Kilian Jornet pour repartir avec lui. « C’est pour être moins seul dans la nuit et se faire plaisir » assure alors son team, considérant que la course commencera vraiment au lever du jour…
À mi-course, lorsqu’il passe à Courmayeur vers 2h30 du matin, Walmsley possède 5 minutes d’avance sur le duo Jornet-D’Haene. Après l’ascension du Grand Col Ferret soumis à un vent tempétueux et à des chutes de neige qui ont rendu la progression dantesque, Walmsley et D’Haene passent en tête, tandis que derrière Jornet digère « un coup de moins bien » ressenti depuis Courmayeur. C’est la longue descente vers la Fouly qui scelle le sort de l’Américain, transi de froid et victime de grosses ampoules. Ses arrêts prolongés à la Fouly, puis à Champex-Lac le décrochent définitivement de la tête de course. Il trouve tout de même les ressources suffisantes pour s’accrocher et, au mental, termine 5ème, repris par Xavier Thévenard dans le col des Montets.

UTMB 2018 : le froid et la nuit terrassent Jim Walmsley
Alors que tout le monde annonçait un duel entre Jim Walmsley et Kilian Jornet, celui-ci a tourné court, pour laisser place au triomphe émouvant de Xavier Thévenard. La montagne et ses conditions difficiles (ressenti -10°C aux cols et humidité) ont été implacables pour la majorité des grands favoris de cette édition, tout comme pour une grande partie du peloton. Jim Walmsley, parti comme d’habitude tambour battant, a parcouru les 21 premiers kilomètres en 1h 44mn, et n’a mis que 2h40mn pour atteindre le km 30 ! Aux Contamines (km 31), il comptait déjà 10 minutes d’avance sur les horaires les plus rapides, et ce alors que la pluie accompagnait les coureurs depuis le départ.
Cette avance a grimpé jusqu’à 15 minutes avant de descendre sensiblement dans la nuit, où l’Américain a connu une énorme défaillance. À Courmayeur, au km80, il ne pointait qu’en 19e position et semblait totalement perdu. S’il a repris la course après un très long arrêt, les conditions favorables aux montagnards purs et durs (froid, vent, pluie, limite pluie neige à 2500m) ont fini de l’achever et Jim Walmsley a fini par jeter l’éponge.
UTMB 2021 : abandon de Jim Walmsley au pied du Grand Col Ferret
L’édition 2021 ressemble comme deux gouttes d’eau à l’édition 2018 pour Jim Walmsley. Parti rapidement, l’Américain est accompagné par son ami François D’Haene. Au cœur de la nuit, les deux hommes franchissent foulée dans foulée les cols du Bonhomme, de la Seigne, et l’Arête du Mont-Favre. Mais Jim subit le rythme de François, maître de l’allure, et il décroche dans la dernière partie avant la base de vie de Courmayeur. À la sortie de cette base de vie, de l’autre côté du Mont-Blanc, en Italie, peu avant la mi-course, D’Haene s’envole. Jim Walmsley perd toute illusion dans la longue portion menant à Arnouvaz, au pied du Grand Col Ferret, où il abandonne, vidé de toute énergie. La nuit, le froid, l’alimentation, aucune raison précise ne sera évoquée, mais une fois de plus, le missile n’aura pas réussi à tenir la distance.
UTMB 2022 : Jim Walmsley 4ème après une terrible défaillance
Ce devait être son année. Installé depuis le mois de mai du côté d’Arèches-Beaufort, avec François D’Haene comme voisin et partenaire d’entraînement, Jim Walmsley a tout fait pour préparer au mieux ce rendez-vous. Parti plus prudemment qu’à l’accoutumée, et profitant une météo plutôt clémente, Jim Walmsley arrive le premier à la base de vie de Courmayeur, et semble extrêmement serein. Il en repart en croisant Kilian Jornet, qui accuse alors un retard de 5 minutes. Jim Walmsley passe le Grand Col Ferret en tête, puis fonce sur La Fouly et Champex. Il semble alors voler vers la victoire, enfin !
Mais son cavalier seul prend fin de façon spectaculaire lorsqu’il s’effondre littéralement dans la montée vers La Giète. Ne parvenant plus à se nourrir, Jim Walmsley titube sur le sentier, peine à mettre un pied devant l’autre. Une défaillance terrible. Parvenu à La Giète, il accumule déjà 18 minutes de retard sur le duo de tête désormais constitué de Kilian Jornet et Mathieu Blanchard, puis à 20 minutes à Trient. Retrouvant un semblant de forme, il est également rattrapé par l’Anglais Tom Evans et termine 4ème en 21h 12mn 12s, à 1h 22mn 42s de Kilian Jornet. C’est à ce jour son meilleur résultat sur l’UTMB !
































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