La tête et les jambes, épisode 2 : Anthony Felber, l’archi motivé

Anthony Felber Photo Golden Trail World Series J. Saragossa

9e mondial et deuxième Français derrière Thibaut Baronian au classement final les Golden Trail World Series 2022, Anthony Felber a encore franchi un cap en devenant, à 25 ans, un des athlètes tricolores les plus performants sur 40-50 kilomètres. Entretien avec un pilier du team Sidas-Matryx fraîchement diplômé d’architecture et assoiffé de performances.

Tu as passé toute ta jeunesse du côté d’Annecy, donc forcément tourné vers l’outdoor. Pourquoi le trail ?

En fait, j’y suis venu tardivement. J’ai fait beaucoup de tennis, pendant 9 ans, avec du cyclisme à côté pour le plaisir, avec mon père. Je n’ai commencé à courir qu’en terminale, donc vers l’âge de 17 ans. J’ai intégré un club où il y avait une super ambiance, et ça m’a motivé à pousser à fond, en entrant dans une école où tout le monde arrêtait le sport pour les études. Mais le fait d’avoir deux passions totalement opposées, l’architecture et le trail, m’a permis de pouvoir gérer les deux calmement.

Sur quel format as-tu commencé ?

J’ai commencé sur des courses courtes. Mais mon premier dossard a été la Short Race de la MaxiRace, un 15 kilomètres, en 2015, quand j’étais en première. J’avais de la famille qui le faisait, mais moi je n’avais jamais couru en montagne. Je les ai accompagnés et j’ai gagné en catégorie cadet. C’est là que j’ai eu un coup de cœur sur ce sport.

Et le véritable déclic, celui qui t’a fait dire que tu avais un truc à faire à haut niveau ? C’est ton titre de vice-champion de France à Méribel en 2019 ?

Oui, je pense. C’est à la fois un résultat national – donc j’étais très content -, et être vice-champion, ça motive à s’entraîner, parce que tu as encore quelqu’un qui est au-dessus de toi.

Anthony Felber Marathon du Mont Blanc Photo Cédric Manoukian
Anthony Felber à l’arrivée du Marathon du Mont-Blanc. Photo Cédric Manoukian

Le format 40-50 km semble être celui qui te convient le mieux…

C’est vrai, même si cette année je me suis un peu réconcilié avec les courses courtes, avec mes résultats aux États-Unis (7e et 1er Français sur les 21km pour 2382m D+ de la Pikes Peak Ascent, 5e et 1er Français sur les 26km pour 1266m D+ du Flagstaff Sky Peaks, NDLR). Au départ, je voulais surtout m’aligner sur des formats 40 kilomètres, mais cet été j’ai travaillé et progressé sur des distances plus courtes, sur des formats de course de 2h30 où il faut mettre plus de vitesse.

Es-tu tenté par plus long ? Monter sur du 80, voire 100 kilomètres ?

Oui, mais pas pour tout de suite. Peut-être en 2024 ou 2025, pas avant. Par le passé, j’aurais dit que c’était une trajectoire logique, commencer par 15, puis 30, 40, 50, 80, 100, mais maintenant je me rends compte que ce sont deux sports que l’on pourrait presque différencier, et la logique est un peu moins claire dans mon esprit. Du coup, j’ai plus envie de tester ça comme la découverte d’une autre branche du trail que me dire que je passe au format supérieur.

Quelles sont les clés de ton entraînement ?

Ce qui me caractérise le plus, c’est la précision et la régularité. D’ailleurs, on me surnomme l’horloge suisse… Le fait de tout le temps vouloir aller m’entraîner, peu importe la météo, la motivation. Je suis convaincu que c’est la régularité qui finit par payer. Mais il ne faut pas que cela devienne une contrainte, cela doit rester un plaisir. En plus, j’ai la chance d’être dans des environnements qui me permettent d’augmenter le volume sans me lasser, d’avoir autour de moi des terrains de jeu formidables, que ce soit à Annecy, en Suisse où j’ai fait mes études, et maintenant à Chamonix.

Anthony Felber Sierre Zinal training Photo Justin Galant
Anthony Felber à l’entraînement pour Sierre-Zinal. Photo Justin Galant

Une semaine d’entraînement type, chez Anthony Felber, ça ressemble à quoi ?

Deux à trois vraies séances d’intensité, où je me donne vraiment bien, deux sorties longues, une à pied, l’autre à vélo en entraînement croisé, et le reste c’est du volume cool, des sorties récup’ où je cours tout doucement. Et je fais aussi un peu d’entraînement croisé en hiver avec le ski de rando et le ski de fond.

Tu travailles avec une planification précise à l’année ou tu adaptes durant la saison ?

C’est planifié car j’ai la chance d’avoir Simon Gosselin qui me coache au sein du team Matryx, et qui est avec moi depuis 3 ans. On commence à bien se connaître, il sait comment me préparer avant un objectif, ce dont j’ai besoin… Je dois d’ailleurs dire que l’aide du team est vraiment géniale à tous niveaux, à la fois pour le coaching, mais aussi pour pouvoir performer sans avoir la tête occupée par d’autres choses, notamment au niveau des sponsors, de la logistique, des trajets, hébergements… On a même un coach mental à disposition, un ostéo, donc on peut travailler sur tous les aspects. Et être avec le groupe, c’est quand même plus sympa qu’être tout seul…

En début de saison, tu avais coché 3 courses sur lesquelles tu rêvais de performer : Zegama, Sierre-Zinal et Pikes Peak Ascent. Tu fais 18e, 12e et 7e. Objectif atteint ?

Oui, car je n’ai foiré aucune des trois courses, alors que quand tu as des objectifs, tu te mets un peu plus de pression. En plus j’ai été assez progressif tout au long de l’année, j’ai eu des bons résultats sur d’autres courses (8e au Marathon du Mont-Blanc, 5e au Flagstaff Sky Peaks, NDLR), donc je suis vraiment content.

Lors des finales des Golden Trail World Series 2022 à Madère. Ça pique un peu, Anthony ? Photo Golden Trail World Series / J. Saragossa

Quels sont tes objectifs 2023 ?

Pour la première partie de saison, je vais essayer de gagner ma sélection en Équipe de France pour aller aux Championnats du Monde de Trail Court en Autriche, c’est-à-dire le format type marathon, et ensuite repartir sur les Golden Trail Series en deuxième partie de saison.

Anthony Felber, le CV Express

Âge : 25 ans
Origine : Annecy
Résidence : Argentière
Métier : Architecte
Terrain de jeu : Chamonix
Club : Changement en cours
Objectifs 2023 : Intégrer l’équipe de France

Les 3 résultats dont il est le plus fier :
1 – Sierre-Zinal 2022 (12e). Parce que cette course était un objectif dont je rêvais.
2 – La MCC 2021 (1er). Parce que gagner à Chamonix sur l’une des courses de l’UTMB, c’est une sacrée expérience.
3 – Flagstaff Sky Peaks 2022 (5e). Pour la surprise, parce que je ne m’attendais pas à être si performant sur ce type de terrain.

Si vous avez raté le premier épisode, retrouvez notre article Laure Paradan, Graine de Championne ICI

Anthony Felber team-sidas-matryx Photo Simon Dugué
Photo Simon Dugué
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