La tête et les jambes, épisode 1 : Laure Paradan, graine de championne

Laure Paradan open Photo DR

Depuis le 27 mai 2022 et sa victoire « surprise » aux championnats de France de trail long à Salers, Laure Paradan vit un conte de fée. Après avoir fini 13e en individuel et glané l’or par équipe aux Europe de Trail en juillet aux Canaries, elle vient de se classer 21e et rafler également l’or par équipe aux Championnats du Monde de Trail Long en Thaïlande. Le tout à 25 ans. Entretien avec une battante ayant soif d’apprendre et de progresser.

À quel âge as-tu débuté la course à pied ?

J’ai commencé à courir assez tôt, mais je ne m’entraîne vraiment que depuis 2016, lorsque je suis arrivée au club, à Clermont. Avant, j’avais fait un peu de piste, mais pas sérieusement, donc avec des chronos pas très bons. À Clermont, j’ai commencé par le cross, puis je suis venue au trail.

Tu as touché un peu à tout, du kilomètre vertical au trail long. Tu te cherchais ?

J’avais surtout envie de découvrir. J’aime courir dehors, et au début, comme j’étais espoir, je ne pouvais pas faire des distances trop longues. En plus, j’aimais beaucoup la côte, donc j’ai fait surtout de la course en montagne. Mais je ne faisais que les formats « montée », type KV, parce qu’il faut avouer que je n’étais pas très douée en descente. J’avais bien aimé le format à Saint-Lary (Laure Paradan avait été sacrée championne de France Espoir du Kilomètre Vertical et avait terminé 5e au scratch en septembre 2018, ndlr ). Et puis ensuite, je me suis aperçue que quand je faisais des sorties longues avec le groupe de Clermont, où il y a quand même des athlètes confirmés qui s’entraînent depuis pas mal d’années, au bout de une à deux heures, quand on s’arrêtait, moi je commençais à être bien. Du coup, on s’est dit que faire du long pourrait me correspondre. Certains me disaient qu’au bout d’une heure ils s’ennuyaient. Moi, au contraire, ça me plaisait…

Laure Paradan Photo Alanis Duc pour la FFA
Photo Alanis Duc pour la FFA

Es-tu tentée par l’ultra ?

Tentée, oui, mais je vais être patiente. Je suis d’un tempérament à vouloir faire les choses trop vite, et là je me dis que j’aimerais y aller progressivement. Pas l’an prochain, quoi ! Et puis je suis les conseils de mon coach, David Pellabout, qui m’a tempérée aussi. Depuis que je cours il s’est passé tellement de choses… J’ai encore du temps devant moi et j’ai envie d’avoir une « carrière », si l’on peut dire, d’être longtemps sur les circuits. Donc il faut que j’apprenne à me ménager et à faire les choses intelligemment.

Tu as eu une fracture de fatigue du péroné début mars, et tu as connu un trou sur l’OCC fin août. Tu n’es donc pas indestructible ?

Pour la fracture de fatigue, je crois savoir d’où ça vient. En fin d’hiver, je me suis intégrée dans un groupe au Clermont Athletic et on a fait beaucoup de travail en pliométrie, tout ce qui est sauts, etc. Mais je n’avais pas les équipements adaptés, les bonnes chaussures, ou alors je faisais les exercices sans chaussures, le tout sur des sols très durs. Et tout ça, je n’en faisais pas avant. Cette grosse charge d’un coup, je pense que ça a fragilisé mon corps. En plus de la fatigue globale, bien sûr… Quant à l’OCC, j’avoue que je n’ai pas trop d’explication. La chaleur ? La fatigue ? J’étais en altitude la semaine avant, est-ce que la redescente d’altitude m’a joué un tour ? Je ne sais pas…

Championne d’Europe par équipe en juillet, championne du Monde par équipe en novembre, tu vis ta première année en sélection et tu te couvres d’or. Côtoyer des filles comme Blandine L’Hirondel, ça apporte quoi ?

D’abord, en début d’année, j’étais très très loin de m’imaginer tout ça. C’est sûr que c’est motivant, ça donne envie de m’améliorer pour essayer de les suivre. J’ai envie de me rapprocher au maximum pour jouer avec les meilleures. Après, intégrer le groupe France, c’est une chance. Il y a des athlètes qui partagent beaucoup et c’est ce que j’ai vraiment apprécié. Les montagnards et les traileurs qui courent depuis des années nous ont donné des conseils, par exemple pour la gestion du stress quand on arrive sur des courses aussi importantes que des Championnats d’Europe ou du Monde.

Lire notre article sur les Championnats d’Europe de Trail ICI

Laure Paradan France Photo Alanis Duc pour la FFA
Le podium des Championnats d’Europe de Trail à El Paso, aux Canaries. Photo Alanis Duc pour la FFA

Lire aussi notre article sur les résultats des Championnats du Monde de Trail Long ICI

Podium femmes trail long
Le podium des Championnats du Monde de Trail Long à Chiang Mai, en Thaïlande. Photo DR

Qu’espères-tu pour 2023 ?

D’abord rester dans le collectif. Je ne connais pas encore les modalités, mais c’est sûr, je vais essayer d’aller chercher ma place en équipe de France. Et sinon, participer à des courses où il y a du monde (comprendre, du niveau, ndlr)… Revenir sur l’OCC par exemple, mais en la préparant bien. Je vais rarement dans les Alpes, et l’OCC, c’est un terrain que je ne connaissais pas bien, avec des côtes très longues. J’ai envie de prendre ma revanche.

laure paradan
En course lors des championnats du Monde de Trail Long en Thaïlande. Photo DR

Laure Paradan, le CV Express

Âge : 25 ans
Origine : Lozère
Résidence : À côté de Clermont-Ferrand
Métier : professeur des écoles
Terrain de jeu : la Chaîne des Puys (Puy de la Vache et de Lassolas) et le Sancy
Club : Clermont Auvergne Athlétisme
Principaux résultats : Championne de France de trail long 2022 à La Pastourelle, 13e des Championnats d’Europe de Trail 2022 et Championne d’Europe par équipe à El Paso (Espagne), 21e des Championnats du Monde de Trail Long 2022 et Championne du Monde par équipe à Chiang Mai (Thaïlande).
Objectifs 2023 : Rester dans le collectif de l’Équipe de France et participer à des courses relevées, type OCC (la revanche !)

Laure Paradan Photo Pascal Rudel
Photo Pascal Rudel
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