Ce film documentaire retrace la PICaPICA, mythique course d’ultra-trail courue par Antoine Biard, ultra-traileur ariégeois. En quelques chiffres la PICaPICA, issue du Challenge du Montcalm, c’est 109km et 11500md+ en haute montagne avec 4 sommets à plus de 3000m d’altitude, l’un des ratios distance/dénivelé les plus redoutables au monde.

Une Aventure Partagée, c’est un film en immersion avec un suivi d’Antoine durant la course mais c’est également et surtout tout ce qu’il y a autour, avec notamment la présence de Cécile avec des ravitos du tonnerre et un soutien sans faille, Wilfried qui c’est mis 40 bornes dans les jambes pour aller ravitailler Antoine en Andorre, Olivier qui a tenu le coup toute la nuit en tant que pacer pendant les 40 derniers kilomètres, et bien entendu la famille, les amis et les bénévoles en nombre. Un ultra-trail avec un ratio distance/dénivelé unique au monde, qui marque les esprit de tout ultra traiteur qui vient s’y frotter. Parce que l’ultra-trail est un sport qui se pratique en individuel, mais avec une équipe derrière.

Sortie : 2024
Durée : 16 minutes
Langue : Français

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Pour sa quatrième édition, l’ETC (Experience Trail Courmayeur), la plus courte des courses de l’UTMB, a tenu toutes ses promesses. Si plus de 1500 coureuses et coureurs se sont élancés sur les 15 km et 1200 m de dénivelé positif du parcours tracé dans le cadre exceptionnel du versant italien du mont Blanc, les femmes ont marqué l’épreuve par leur forte présence, avec 44% des dossards. Un résultat qui n’est pas dû au hasard.

ETC 2025 : féminisation croissante et accompagnement d’une communauté en plein essor

Cette année, 44 % des participants à l’ETC étaient des femmes, ce qui en fait la course avec la plus grande représentation féminine de l’UTMB Mont-Blanc. La MCC se classe en deuxième position, avec 36 % de femmes au départ. Ces chiffres soulignent l’accélération de la féminisation du trail, portée par l’accessibilité et l’attractivité des formats plus courts et dynamiques.

Ce sont donc plus de 650 femmes qui se sont élancées de Courmayeur sur le parcours de 15 kilomètres et 1200m D+. Parmi elles, Anne-Sophie, 27 ans, originaire de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui avait comme rêve de participer à l’une des courses de l’UTMB. Adepte de randonnée, Anne-Sophie s’est mise à la pratique du trail avec l’objectif d’aller plus vite et plus loin. A l’image d’Anne-Sophie, de nombreuses femmes s’élancent sur ces parcours, contribuant à faire progresser la part féminine sur toutes les courses au programme.

UTMB 2025 : de plus en plus de femmes

Sur l’ensemble de l’UTMB Mont-Blanc, la part de femmes est en effet passée de 19% à 25% entre 2022 et 2025, témoignant de l’attrait croissant des courses pour les coureuses de tous niveaux et sur différents formats. Cette dynamique ne se limite pas à la participation grand public. Cette année, 45% des participants élites sont des femmes, confirmant ainsi l’évolution rapide et significative de la féminisation à tous les niveaux de la compétition.

« La féminisation du trail est au cœur de notre développement au HOKA UTMB Mont-Blanc. Nous voulons que chaque femme, qu’elle soit débutante ou élite, se sente à sa place sur nos événements, puisse se dépasser et vivre pleinement l’expérience du trail, sans appréhension et sans se poser de questions. Cette semaine est aussi une formidable opportunité pour inspirer les femmes qui courent ou qui voudraient se lancer », précise Marie Sammons, Team & Elite Athletes Manager, en charge des initiatives pour la féminisation du trail.

ETC femmes. Photo UTMB GROUP
Photo UTMB GROUP

Des actions concrètes pour soutenir et encourager la pratique féminine

À l’occasion de cette semaine chamoniarde, UTMB Group a affirmé son engagement en faveur de l’inclusion et de la valorisation des femmes dans le trail, en déployant un ensemble d’initiatives concrètes pour améliorer leur expérience avant, pendant et après la course.

De la mise en place d’une newsletter et de groupes WhatsApp d’échange dédiés à la présence de référentes et de bénévoles sensibilisés, tout a été pensé pour offrir écoute et soutien aux coureuses.

Des dispositifs pratiques ont également été mis en place pour répondre aux besoins des coureuses, qui ont pu trouver sur les ravitaillements et les zones clés du parcours des kits d’hygiène, des toilettes et des zones de change dédiées.

Côté visibilité et équité, l’organisation veille par ailleurs depuis plusieurs années à une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans le suivi live, les contenus diffusés, ainsi que sur la ligne de départ et dans l’attribution des prize money.

Des moments de partage au sein de l’Ultra-Trail Village, la diffusion de portraits inspirants et la politique d’accueil de l’enfant ont complété ce programme, tout comme des mesures spécifiques pour les élites (Car Pass équitable, SAS de départ mixtes). Autant d’actions qui traduisent la volonté de l’UTMB Mont-Blanc de célébrer les femmes, de favoriser leur participation et de rendre le trail toujours plus inclusif et représentatif.

Féminisation du trail, les dates clés et actions majeures

  • 2018 : introduction des prize money équivalents entre les femmes et les hommes
  • 2023 : visibilité accrue et équipe de suivi live dédiée pour les femmes
  • 2023 : mise en place de la politique d’accueil de l’enfant
  • 2025 : implémentation de nouvelles initiatives pour soutenir et encourager la participation féminine sur l’UTMB Mont-Blanc

En savoir plus sur l’engagement du HOKA UTMB Mont-Blanc pour soutenir et encourager la participation féminine ICI

ETC 2025 : les podiums

Top 3 Femmes :

  1. Madalina FLOREA (ROU, UTMB Index 786) – 1h30’55’’
  2. Maria FUENTES (ESP, UTMB Index 747) – 1h37’18’’
  3. Noami LANG (GBR, UTMB Index 790) – 1h38’17’’
Podium ETC femmes. Photo UTMB GROUP
Podium ETC femmes. Photo UTMB GROUP

Top 3 Hommes :

  1. Alain SANTAMARIA BLANCO (ESP, UTMB Index 893) – 1h21’07’’
  2. Cesare MAESTRI (ITA, UTMB Index 904) – 1h22’23’’
  3. Maximilien DRION (BEL, UTMB Index 864) – 1h23’36’’
Podium ETC hommes. Photo UTMB GROUP
Podium ETC hommes. Photo UTMB GROUP

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On l’attendait sur l’UTMB, il a remporté l’OCC. Jim Walmsley, de retour de blessure et n’ayant pu participer à la Western States en juillet, s’était aligné sur la plus « petite » des 3 finales des UTMB World Series pour préparer les Championnats du Monde de Trail de Canfranc, fin septembre. Le message est clair : il faudra compter sur lui. Chez les femmes, Joyline Chepngeno a prouvé que même au-delà de 50 kilomètres, elle restait redoutable. Mais il n’aurait pas fallu en faire 10 de plus !

Jim Walmsley vainqueur de l’OCC au finish

La première des 3 finales du circuit UTMB World Series, l’OCC s’est tenue sur un parcours de repli de 61 km et 3400m D+ en raison des conditions météorologiques. Si la terrible montée vers La Flégère a été escamotée, le tracé, légèrement rallongé et un peu plus roulant, n’a en rien impacté l’intensité et l’esprit de la course.

Si Jim Walmsley faisait figure de grand favori, la météo capricieuse ne lui garantissait pas la victoire. Et elle a bien failli lui échapper, lorsqu’il s’est fait rattraper par l’inattendu Italien Cristian Minoggio, coureur discret mais très compétitif (UTMB Index 920 tout de même!) du team Kailas Fuga.

L’Américain du team Hoka a dû s’employer et allonger sa déjà très grande foulée pour revenir sur l’Italien dans les derniers kilomètres et s’adjuger la victoire en 5h 00mn 35s. Sa joie à l’arrivée, rarement exprimée aussi visiblement, en disait long sur son soulagement. Il n’a devancé que de 20 petites secondes Cristian Minoggio, qui a pris la 2e place. Le Polonais Andrzej Witek est arrivé 3ème, 3mn33 plus tard.

« Le nouveau parcours et l’incroyable niveau des coureurs cette année ont maintenu la course très serrée jusqu’aux derniers kilomètres. Je suis content d’avoir pu revenir sur mes concurrents et combler l’écart. C’est une grande joie de refaire une victoire ici, à Chamonix », a déclaré Jim Walmsley.

Côté français, la meilleure performance est à mettre à l’actif de Clovis Chaverot, qui a terminé 19ème en 5h26.

Podium masculin. Photo UTMB GROUP
Podium masculin. Photo UTMB GROUP

OCC Femmes : Joyline Chepngeno au bout du rouleau

Chez les femmes, la bataille a aussi fait rage entre le duo de tête, composé de la Chinoise Miao Yao, tenante du titre, et la Kényane Joyline Chepngeno, qui brille sur le circuit Golden Trail World Series. La Kényane s’est finalement imposée en franchissant la ligne d’arrivée à Chamonix après 5h 34mn 03s de course, visiblement très éprouvée, elle qui n’est pas habituée à courir d’aussi longues distances. Elle s’est même un moment arrêtée dans Chamonix, à moins d’1 kilomètre de l’arrivée, se tenant la tête, comme perdue, avant de repartir. Elle prend une belle 27ème place au général.

Joyline Chepngeno. Photo UTMB GROUP
Joyline Chepngeno. Photo UTMB GROUP

La Kényane a finalement devancé de 1mn10 la Chinoise Miao Yao. La Suissesse Judith Wyder termine 3ème à 4mn19 de la gagnante, juste devant sa compatriote Maude Mathys, toujours aussi performante, et l’Espagnole Sara Alonso, grandes habituées de la Golden. Côté français, Marie Goncalves termine 20ème en 6h20.

Podium féminin. Photo UTMB GROUP
Podium féminin. Photo UTMB GROUP

OCC : la Team Adaptive à l’honneur

La Team Adaptive a été bien représentée sur cette première finale des UTMB World Series, avec la participation de 4 des 14 athlètes en situation de handicaps visibles et invisibles engagés sur les compétitions de la semaine. Claire Verzaux, née avec une agénésie de l’avant-bras droit, Franck Derrien, autiste Asperger, Guillaume Pick, atteint de surdité et Pol Makuri Redolad Garcia, atteint d’hémiparésie (déficit partiel de la force musculaire, soit du côté gauche, soit du côté droit du corps). Tous les 4 sont allés au bout de l’effort et ont pu franchir l’arche d’arrivée à Chamonix sous les acclamations du public.

Team Adaptive. PHOTO UTMB GROUP
Team Adaptive. PHOTO UTMB GROUP

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Les nostalgiques rêvaient d’un 5ème titre pour François D’Haene et d’un 4ème pour Courtney Dauwalter. Il n’en a rien été. L’UTMB 2025 a réservé de belles surprises, du suspense, et a consacré des athlètes qui avaient tout misé sur cette compétition.

UTMB : Tom Evans, ou la consécration d’un champion

3ème de l’UTMB en 2022, auteur de deux abandons consécutifs en 2023 et 2024, Tom Evans a cette fois-ci transformé l’essai. En embuscade sur la première partie du parcours, le Capitaine de l’armée britannique a choisi son moment. Dans la montée du Grand Col Ferret, alors qu’il était depuis le début dans le sillage d’un groupe composé notamment du favori Ben Dhiman et de Théo Detienne, Evans a placé une accélération décisive, laissant ses rivaux derrière lui.

Maître de son effort, il a ensuite géré avec sérénité son avance grandissante : 23 minutes aux Tseppes, 29 minutes à Vallorcine. Porté par sa régularité et sa puissance en descente, il a franchi la ligne d’arrivée à Chamonix en 19h 18mn 56s, décrochant l’une des plus belles victoires de sa carrière. Cerise sur le gâteau, il devient également le premier vainqueur britannique masculin de l’histoire de l’UTMB.

« C’était la course la plus incroyable possible, je crois que finalement nous avons été bénis par ce temps très britannique… La neige, la pluie, un petit peu de chaleur à la fin, nous avons eu un petit peu de tout. C’était une journée vraiment spectaculaire où les montagnes te testent avec tout ce qu’elles ont et où elles gagnent toujours », a déclaré Tom Evans à l’arrivée, après sa victoire.

Tom Evans. Photo UTMB GROUP
Tom Evans. Photo UTMB GROUP

UTMB : Ben Dhiman, enfin finisher, sur le podium

Ben Dhiman figurait parmi les favoris et n’a pas démérité. Après 2 abandons en 2023 et 2024, l’Américain avait un rendez-vous très spécial avec cet UTMB qu’il rêvait de finir enfin. Auteur d’un début de saison remarquable, avec 2 victoires sur le Grand Raid Ventoux et le Lavaredo Ultra Trail, il pouvait même rêver d’un podium. Régulier tout au long du parcours, il a finalement vaincu la malédiction UTMB et a franchi la ligne en solide dauphin, 32 minutes près Tom Evans. Avec un temps final de 19h 51mn 37s, il devance le Britannique Josh Wade, auteur d’une folle remontée dans la deuxième moitié de course, qui complète le podium en 20h 05mn 06s.

Si les 3 premiers coureurs ont bouclé le tour du mont Blanc avec un chrono inférieur à celui de Vincent Bouillard, vainqueur 2024, il est impossible en revanche d’établir des comparaisons, les parcours n’étant pas les mêmes. Quoi qu’il en soit, les experts ont constaté que la vitesse des élites était de plus en plus impressionnante.

UTMB : Thibaut Garrivier et Ludo Pommeret, héros français

Côté tricolore, trois coureurs intègrent le Top 10. Premier d’entre eux, Thibaut Garrivier termine 5ème, son meilleur résultat sur l’UTMB, en 20h 20mn 25s. Légende de l’UTMB, connu pour ses remontadas, Ludovic Pommeret a encore une fois fait le spectacle en remontant de la 29ème position à Saint-Gervais à la 6ème à Chamonix. Bien qu’anecdotique puisque le parcours avait été modifié, son chrono de 20h 40mn 34s, le plus rapide qu’il ait enregistré sur le tour complet du mont Blanc en 5 participations, en dit long. Vainqueur de la Hardrock en juillet, âgé de 50 ans depuis juillet, Ludovic Pommeret défie le temps et déjoue les datas scientifiques.

Autre magnifique performance, celle de Yannick Noël qui se classe 7ème. À noter l’arrivée en force des coureurs chinois qui placent 3 athlètes dans le Top 10. Premier d’entre eux, le très attendu Ji Duo s’empare de la 4ème place. Son compatriote Jiasheng Shen se classe en 8ème position et Jiaju Zhao termine 10ème. Inédit et historique !

UTMB : l’abandon de François D’Haene

4 fois vainqueur de l’UTMB, François D’Haene faisait son grand retour sur les sentiers du tour du mont Blanc, après 4 années d’absence. Hélas, se plaignant d’une douleur à la hanche droite dans la nuit, il a préférer abandonner au Lac Combal.

Même issue pour le Britannique Jonathan Albon, qui a jeté l’éponge au ravitaillement de Champex-Lac, après 128km de course, ainsi que celui de Théo Detienne, qui disputait son 1er 100 Miles et n’a pas pu aller plus loin que de le 130ème kilomètre, alors qu’il était dans le Top 10.

Ruth Croft, première femme à remporter les 3 UTMB World Series Finals

Du côté des femmes, l’exploit est signé par Ruth Croft, qui s’est imposée en grande pompes en 22h 56mn 23s, devenant la première Néo-Zélandaise victorieuse sur l’UTMB. Elle marque également l’histoire de l’UTMB Mont-Blanc de son empreinte en devenant la première femme à remporter les 3 UTMB World Series Finals, à la suite de ses victoires sur la CCC en 2015 et l’OCC en 2018 et 2019. Seul Xavier Thévenard avait, pour l’instant, réalisé cette prouesse.

Camille Bruyas réalise quant à elle une performance XXL en prenant la 2ème place avec un temps de 23h 28mn 48s, après sa 2ème place de 2021. L’Allemande Katharina Hartmuth complète le podium en 24h 16mn 39s.

« En m’alignant sur la CCC en 2015, il y a 10 ans, je ne m’attendais pas à vivre une telle aventure. Rentrer dans l’histoire en gagnant les trois finales du circuit n’était pas un objectif au départ, c’est la cerise sur le gâteau. […] Cette année, je savais que si je voulais m’imposer, il fallait que je parte vite. Une fois que la nuit et le froid sont arrivés, ce n’était plus qu’une question de survie jusqu’au petit matin. Au lever du jour, j’ai pu relancer. Je suis très heureuse de cette victoire », a déclaré Ruth Croft après son sacre.

Ruth Croft. Photo UTMB GROUP
Ruth Croft. Photo UTMB GROUP

UTMB : le cauchemar de Courtney Dauwalter

La course féminine a offert son lot de péripéties jusqu’aux derniers kilomètres. La triple tenante du titre Courtney Dauwalter, qui venait chercher son 4ème titre sur l’UTMB, était donnée favorite, mais avait montré en début d’année certaines limites en abandonnant lors de la Cocodona 250, une première depuis 2019. Fidèle à son style décontracté et à son sourire, l’Américaine est passée en tête au Grand Col Ferret, puis à La Fouly, maintenant un écart d’une dizaine de minutes sur Ruth Croft et Camille Bruyas.

C’est en amont de Champex-Lac (km 128) que Ruth Croft a pris le dessus sur ses deux concurrentes. La Néo-Zélandaise n’a plus jamais regardé en arrière. En très grande difficulté sur la fin de course, Courtney Dauwalter a ensuite dû puiser dans ses ressources physiques mentales pour venir à bout du parcours et rallier Chamonix à la 10e place, sous les ovations d’un public tout acquis à sa cause.

Courtney Dauwalter. Photo Stéphane Demard
Courtney Dauwalter. Photo Stéphane Demard

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Surnommée la « petite sœur » de l’UTMB, la CCC a tenu toutes ses promesses. Avec un plateau élite particulièrement relevé cette année, le spectacle a été au rendez-vous. Si chez les hommes l’Italien Francesco Puppi a survolé les débats, la course féminine a été ponctuée de quelques faits de courses marquants. Et elle a donné lieu à un finish d’anthologie.

CCC : une bataille au bout du suspense

Chez les femmes, la CCC 2025 a offert l’une des courses les plus disputées de l’histoire des finales de l’UTMB Mont-Blanc. En effet, le podium s’est dessiné dans les 10 derniers kilomètres. La Polonaise Martina Mlynarczyk, leader régulière tout au long de la course, a été sérieusement mise en difficulté par la Norvégienne Sylvia Nordskar.

Après une série de dépassements spectaculaires dans la descente de la Flégère, Martina Mlynarczyk s’est finalement imposée en 11h 41mn 55s. Elle réalise le deuxième meilleur temps de l’histoire de la CCC derrière celui de Blandine L’Hirondel (11h 40mn 55s en 2022). 18 petites secondes plus tard, la Norvégienne Sylvia Nordskar a terminé 2ème (11h 42mn 13s).

Derrière elles, l’Espagnole Anna Tarasova prend la 3ème place en 11h 44mn 18s, offrant un podium 100 % européen. Blandine L’Hirondel, longtemps deuxième, termine finalement à la 4ᵉ place.

Podium CCC Femmes. Photo UTMB GROUP
Le podium Femmes. Photo UTMB GROUP

CCC : une course éprouvante pour les 2 dernières tenantes du titre

Ça n’a pas rigolé pour les deux dernières tenantes du titre, qui ont été contraintes à l’abandon. La Sud-Africaine Toni McCann, victorieuse de l’OCC en 2023 puis de la CCC en 2024, a vu sa course s’interrompre prématurément, alors qu’elle figurait sur le podium provisoire. Victime d’une lourde chute peu après La Fouly et touchée au genou et à la hanche droite, elle a tenté de continuer malgré la douleur, avant d’être stoppée au ravitaillement suivant, à Champex-Lac (km 54). Un abandon qui met fin à sa série d’invincibilité sur les courses de l’UTMB Mont-Blanc.

De son côté, la Norvégienne Yngvild Kaspersen, lauréate en 2023, a dû renoncer à son objectif au point de passage de La Fouly (km 40) après s’être tordu la cheville dès les premiers kilomètres, alors qu’elle menait la course féminine.

CCC : le triomphe de Francesco Puppi

Chez les hommes, Francesco Puppi a confirmé son statut de grand favori en devenant le premier Italien à remporter la CCC. Face à une concurrence particulièrement relevée, l’Italien a mené la course de bout en bout. Il s’impose en 10h 06mn 02s, deuxième meilleur temps de l’histoire de la course. Il devance de 7 minutes l’Américain David Sinclair et de 10 minutes l’autre Américain, Drew Holmen, qui boucle cette édition 2025 en 10h 16mn 15s.

Francesco Puppi CCC. Photo UTMB GROUP
Francesco Puppi. Photo UTMB GROUP

Le Français Arnaud Bonin, qui s’était un temps emparé de la 3ème place du podium provisoire, termine finalement à la 4ème place en 10h 26mn 03s. Une performance qui mérite d’être soulignée puisqu’il améliore son chrono de l’an passé (11h 12mn 39s).

Podium CCC Hommes. Photo UTMB GROUP
Le Podium Hommes. Photo UTMB GROUP

La Team Adaptive brille sur la CCC

Du côté de la Team Adaptive, la performance de Jonathan Naboulet, tétraplégique, entre dans l’histoire. C’est la toute première participation en joëlette à la CCC. L’Ariégeois a parcouru les 101 km avec le soutien de 35 accompagnants qui se sont relayé sans relâche, incarnant un exemple unique de dépassement et d’hommage à la volonté humaine.

À leurs côtés, Julien Veysseyre et Travis Warwick-Oliver, tous deux amputés tibiaux, ont également gravé cette édition 2025 dans les mémoires par leur courage et leur détermination exceptionnels.

Team Adaptive CCC. Photo UTMB GROUP
La joelette de la Team Adaptive. Photo UTMB GROUP
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Belledonne a vécu un grand moment de sport le week-end du 22 au 24 août 2025. Météo parfaite, conditions idéales, performances de haut vol et beaucoup d’émotions : cette 13e édition restera dans les annales. Héros de l’événement, Vincent Esmiol s’est imposé en 23h 38mn 19s sur L’Échappée Belle Intégrale et a battu le record mythique de François D’Haene datant de 2019 (23h55).

Record sur l’Intégrale de l’Échappée Belle

Le départ de l’Intégrale a été donné vendredi 22 août à 5h dans le Domaine de Vizille. Les 593 participants se sont élancés pour 152km de course et 11390m de dénivelé positif à travers toute la chaîne de Belledonne jusqu’à Aiguebelle. Vincent Esmiol a imposé son rythme dès le début de course, pointant au Pleynet avec presque une heure d’avance sur ses poursuivants.

Il s’est battu pour aller chercher ce record : « J’en rêvais mais je ne pensais pas que c’était possible, en tous les cas cette année. Je me suis battu avec moi-même tout le long, je savais que j’étais dans les temps alors j’ai accepté de souffrir. Pour les courbatures on oubliera vite ! » a-t-il confié à l’arrivée. 

Sa détermination a été récompensée car il réalise un véritable exploit en battant le record de François D’Haene (23h55) et s’impose sur cette Intégrale en 23h 38mn 19s. 3 heures plus tard, Romain Olivier franchit la ligne, main dans la main avec sa fille en 26h 43mn 34s, suivi d’Anthony Pipitone (27h 08mn 22s).

Chez les féminines, victoire éclatante de Julia Harnie en 34h 20mn 35s. « Gagner une Échappée Belle, c’est extraordinaire, c’est la course la plus difficile que j’ai jamais faite. Je suis très, très contente », a-t-elle commenté, très émue. Elle devance Juliette Blanchet, première féminine en 2020, et Audrey Mazet, déjà sur le podium en 2023.

Julia Harnie, première féminine de L’Echappée Belle Intégrale 2025
Julia Harnie, première féminine de L’Echappée Belle Intégrale 2025

Échappée Belle – Traversée Nord : un nouveau défi 

Nouveauté cette année, la Traversée Nord a été rallongée pour atteindre 96 km et 7 200m D+, avec un départ à minuit depuis Allevard. C’est donc dans la fraîcheur de la nuit que les 491 concurrents sont partis à l’assaut du Grand Rocher, avec un passage au sommet du magnifique mais très difficile col de la Valloire avant d’attaquer le mythique Moretan sur le parcours de l’Intégrale.


Arthur Joyeux-Bouillon et Eliot Retulli ont mené la course de bout en bout et ont franchi la ligne d’arrivée ensemble en 13h 47mn 45s. Même scénario derrière, avec le duo breton-haut-savoyard Sidney Thomasset et Rémi Gillie, qui a choisi de terminer main dans la main, incarnant l’esprit de solidarité de l’épreuve.

Chez les féminines, Lorna Bonnel a su puiser dans ses ressources pour conserver la tête de course malgré un genou douloureux. C’est au mental qu’elle est allée chercher cette victoire, bouclant la Traversée Nord en 17h 02mn 22s. Elle a devancé Charlotte Lantenois (17h24’50) et Marie Dohin (17h53’34).

Arthur Joyeux-Bouillon et Eliot Retulli
Arthur Joyeux-Bouillon et Eliot Retulli
Lorna Bonnel première féminine sur la Traversée Nord
Lorna Bonnel première féminine sur la Traversée Nord

Échappée Belle – Parcours des Crêtes : deux records à la clé

Sur le Parcours des Crêtes, 63km et 4770m D+, la bagarre a été intense avec un plateau exceptionnel et s’est conclue par deux nouveaux records de l’épreuve, chez les hommes comme chez les femmes. Au scratch, Nicolas Menard s’impose en 8h 08mn 43s, devant Nathan Reydet (8h 14mn 53s) et Élie Besson-Pithon (8h 27mn 18s).

Chez les féminines, Maryline Nakache l’emporte en 9h 40mn 07s devant Marie Sallet (10h 05mn 34s) et Sabine Ehrström (10h 05mn 51s).

Échappée Belle – Maratrail : la jeunesse à l’honneur

La 2ᵉ édition du Maratrail de L’Échappée Belle a rassemblé ses coureurs au cœur de La Rochette-Val Gelon pour un parcours de 42km et 2790mD+ rejoignant les derniers kilomètres de l’Intégrale. Chez les hommes, Johann Baujard monte sur la plus haute marche du podium avec un nouveau record en 4h 03mn 48s.

« L’Échappée Belle correspond à mes valeurs. Je rêve de longue distance… », a-t-il confié, déjà tourné vers 2026. Derrière lui, Yves Heloury et Mathieu Debroas complètent le podium.

Du côté des féminines, Claire Jacquin Porretaz s’impose en 5h 06mn 43s, suivie de très près par Marina Rebollo (5h 08mn 15s). Les deux féminines ont partagé de beaux instants de complicité en course. « Les crêtes étaient incroyables. Quand ça s’est dégagé avec Marina en arrivant en haut, c’était sublime », a commenté la gagnante. Chloë Varloteaux termine 3e en 5h 38mn 17s, radieuse et heureuse de sa performance.

Échappée Belle – Skyrace du Rocher Blanc : Felix Guglielmo et Manon Benoit triomphent

Vendredi 22, 209 concurrents se sont élancés sur la Skyrace du Rocher Blanc (21km, 2000m D+), un tracé technique au cœur d’un décor sauvage, avec pour point culminant le Rocher Blanc (2928 m). En tête dès le début, Felix Guglielmo a survolé la course et passé l’arche d’arrivée en 2h 36mn 02s, devant le local Sonam Dorne (2h 40mn 04s). Paul Burette, habitué de l’épreuve, a signé à nouveau un podium sur cette Skyrace. Il a fait une belle remontée, passant de la 8e place à la 3e place.

Chez les femmes, Manon Benoit l’emporte en 3h 04mn 22s, frôlant le record de Maëlle Beauvir. Léa Carlesso (3h 21mn 15s) et Marine Grange (3h 21mn 37s) complètent le podium dans un mouchoir de poche.

Voir les résultats complets de l’édition 2025 ICI

L'Échappée Belle
L’Échappée Belle
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Devenue légendaire, la remontada de Ludovic Pommeret date de l’UTMB 2016. Alors qu’il pointe en 48ème position au ravitaillement des Chapieux (km 50,9), à près de 45 minutes du leader suite à des problèmes gastriques, il envisage d’abandonner. Mais le couteau entre les dents, il s’accroche. Il effectue alors une remontée spectaculaire dans la deuxième partie de course pour prendre la tête dans la descente vers Trient (km 141) et filer la la victoire, qu’il obtient en 22h00 pile, avec 26 minutes d’avance sur le Lituanien Gediminas Grinius et 30 sur l’Américain Timo Tollefson. Un exploit monumental pour un athlète hors normes. On vous laisse savourer.

Sortie : 2023
Durée : 36 minutes
Langue : Français

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Du 25 au 31 août, la vallée du mont Blanc vivra au rythme de la 22ᵉ édition de l’UTMB Mont-Blanc, l’événement devenu le rendez-vous annuel du monde du trail, où se retrouvent les plus grands athlètes de la discipline. Cette année, le plateau élite sera plus dense que jamais, avec 561 coureuses et coureurs venus du monde entier, dont 45 % de femmes. Parmi les 8 courses au programme, 3 ont une signification particulière, puisque ce sont les finales des UTMB World Series, rassemblant les athlètes qualifiés tout au long de la saison sur les courses du circuit : l’OCC (50K), la CCC (100K) et l’UTMB(100M). Voici les favoris.

L’UTMB : le retour de 3 vainqueurs et une concurrence relevée

La course phare de 174 km et 10000m D+ s’annonce comme l’un des rendez-vous les plus suivis de la saison. Entre retour des figures iconiques, affrontements internationaux et talents encore méconnus du grand public prêts à se révéler, le plateau 2025 promet une course intense et pleine de suspense. Parmi les faits marquants, notons le grand retour de François D’Haene, celui de Courtney Dauwalter et la présence une nouvelle fois de l’inoxydable Ludovic Pommeret, tout juste auréolé de son 2ème titre sur la Hardrock.

Parmi les grands absents, Jim Walmsley, qui sera sur l’OCC, et Vincent Bouillard, qui préfère se préparer pour les championnats du monde de trail long de fin septembre. Sans oublier Kilian Jornet, qui a annoncé qu’il souhaitait revenir sur l’UTMB, sans doute en 2026, mais se consacrera début septembre à son projet personnel dans les montagnes Rocheuses.

Découvrez States of Elevation, le nouveau défi de Kilian Jornet ICI

UTMB : François D’Haene pour un 5ème titre

Quadruple vainqueur (2012, 2014, 2017, 2021), François D’Haene revient quatre ans après sa dernière participation. Découvrant l’épreuve comme bénévole en 2005, il s’est forgé une histoire unique avec le massif du Mont-Blanc. À 38 ans, il repart pour une nouvelle aventure, animé par la même excitation que lors de ses débuts. 

« En 2005, (il y a 20 ans) je découvrais stupéfait et intrigué l’UTMB en tant que bénévole. Quelques mois plus tard, trop jeune pour faire l’UTMB, je m’inscrivais à la CCC. Depuis, j’ai pu vivre chaque année l’évolution de cette course et du sport, et la fascination et l’émerveillement que l’ultra-trail procurent aux coureurs. J’ai aussi pu y vivre des moments et des victoires inoubliables : 2012, 2014, 2017, 2021. Cette année, j’y retourne avec la même excitation et le même engouement pour une aventure et une histoire que j’ai très hâte de vivre. »

Actuellement détenteur du record du nombre de victoires avec Kilian Jornet (4 chacun), François D’Haene, en cas de succès, deviendrait l’homme le plus titré de l’UTMB Mont-Blanc. Et inciterait certainement Kilian Jornet à revenir en 2026 pour égaliser…

François D'Haene. Photo UTMB GROUP
François D’Haene. Photo UTMB GROUP

UTMB : Courtney Dauwalter, la Présidente en quête d’une 4ème victoire

Avec trois victoires (2019, 2021, 2023), l’Américaine est devenue l’icône mondiale de l’ultra-trail. Sourire aux lèvres, lunettes de soleil vissées sur le front, elle repousse sans cesse les limites et visera un 4ᵉ sacre à Chamonix et ne cache pas non plus son enthousiasme : « Je suis vraiment impatiente de revenir à l’UTMB cette année ! J’adore les défis qu’offre ce parcours et j’ai hâte de profiter des panoramas grandioses et de l’ambiance électrique ! »

UTMB : Ludovic Pommeret, l’infatigable

À 50 ans, le Savoyard reste une légende vivante du trail. Vainqueur de l’UTMB en 2016 après une remontada exceptionnelle, il a encore impressionné cet été en triomphant sur la mythique Hardrock 100 aux États-Unis. Endurant, stratège, il pourrait une nouvelle fois surprendre.

Lire notre interview de Ludovic Pommeret ICI

UTMB au féminin : des rivales prêtes à bousculer l’ordre établi

Si Courtney Dauwalter est donnée favorite, la bataille féminine promet d’être intense. La Néo-Zélandaise Ruth Croft, déjà titrée sur la CCC en 2015 et sur l’OCC en 2018 et 2019, rêve d’un premier succès sur l’UTMB et a axé toute sa prépération sur cette course. L’an dernier, elle a échoué à la 2ème place, derrière Katie Schide, mais a marqué les esprits avec une fin de course très rapide. Une victoire pourrait faire d’elle la première femme à remporter les trois finales.

L’Américaine Abby Hall s’affirme quant à elle comme l’une des femmes les plus régulières du circuit, affichant de grandes ambitions après une victoire remarquée sur la Western States Endurance Run 2025. Parmi les autres concurrentes, notons la Zimbabwéenne Emily Hawgood qui monte en puissance après un début de saison solide et la Française Camille Bruyas qui revient après sa 2ème place en 2021 et pourrait également créer la surprise. Derrière elles, l’Américaine Heather Jackson, ancienne triathlète, sera également une sérieuse concurrente, sans oublier l’Allemande Katharina Hartmuth, 2ème en 2023, qui incarne la nouvelle vague prête à détrôner Dauwalter.

Courtney Dauwalter. Photo UTMB GROUP
Courtney Dauwalter, la femme à battre. Photo UTMB GROUP

UTMB au masculin : des internationaux de haut rang

Face aux légendes françaises, des internationaux, grands noms de la discipline seront également présents afin d’écrire leur histoire sur les sentiers du massif du Mont-Blanc. Le Britannique Jonathan Albon, champion complet et redoutable tacticien, figure parmi les grands favoris. À ses côtés, le Néo-Zélandais Daniel Jones, l’Américain Hayden Hawks, le Britannique Tom Evans et le Chinois Ji Duo ont les plus gros Index UTMB.

Mais l’outsider n°1 pourrait bien être l’Américain Ben Dhiman, vainqueur cette année et nouveau recordman du Lavaredo 120K, mais aussi vainqueur du Grand Raid Ventoux by UTMB 2025 – GRV – 100K. Indiscutablement un des hommes en forme du moment, qui après 2 abandons sur la boucle du Mont-Blanc, rêve de prendre sa revanche.

Et parmi les Français, n’oublions pas Théo Detienne, récent vainqueur du 90KM du Mont-Blanc, qui se lance pour la première fois sur 100 Miles et pourrait bien animer le début de course, voire plus…

Lire notre interview de Ben Dhiman ici

La CCC, grand spectacle en prévision chez les hommes

Avec +10 % d’élites par rapport à 2024, la CCC (101 km, 6 050 m D+) promet d’être très compétitive. Chez les hommes, l’Italien Francesco Puppi, grand favori déjà remarqué sur des formats plus courts comme le 50K, sera à suivre de près sur cette distance. Il tentera de confirmer sa performance impressionnante réalisée récemment sur le 100K de The Canyons Endurance Runs by UTMB.

L’Américain Eli Hemming, ancien triathlète reconverti avec succès au trail et grand gagnant de l’OCC 2024, sera l’un de ses principaux rivaux, tout comme son compatriote Chris Myers, régulier dans les grands rendez-vous. Derrière, un autre Américain, David Sinclair, habitué des courses alpines, et l’Italien Andreas Reiterer complètent un peloton très dense. La Chine sera bien représentée avec Guangfu Meng, puissant grimpeur, et Canhua Luo, spécialiste des longues distances. Côté tricolore, Hugo Deck incarne l’espoir français, tandis que l’Espagnol Andreu Simon Aymerich, solide marathonien de montagne, et l’Américain Jeshurun Small, en constante progression, viseront le top 10.

Chez les femmes, une CCC historique

Rarement dans l’histoire du sport féminin un plateau aura été aussi relevé. Sur la ligne de départ de la CCC, on retrouvera les trois dernières reines de l’épreuve : la Sud-Africaine Toni McCann, explosive et redoutable sur les formats rapides, la Norvégienne Yngvild Kaspersen, spécialiste des terrains techniques, et la Française Blandine L’Hirondel, double championne du monde de trail et récente gagnante du 90KM du Mont-Blanc. Trois championnes, trois styles, trois stratégies… mais un seul objectif : régner à nouveau à Chamonix.

Autour d’elles, une concurrence féroce : la Chinoise Fuzhao Xiang,véritable référence asiatique, l’Espagnole Anna Tarasova, polyvalente et capable de créer la surprise, la Vietnamienne Hau Ha Thi, ultra-résiliente et 6ème féminine sur la Western States Endurance Run 2025, ou encore l’Américaine Dani Moreno, qui misera sur sa vitesse. Il faudra également avoir un œil sur la Norvégienne Sylvia Nordskar, la Népalaise Sunmaya Budha et la Polonaise Martyna Mlynarczyk.

Jim Walmsley en vedette sur l’OCC

Chez les hommes, surprise avec la présence de Jim Walmsley qui se teste sur un format court (57 km et 3 500m D+) où sa vitesse pourrait faire des ravages. L’Américain, vainqueur de l’UTMB 2023, toujours légèrement inquiet pour sa blessure au genou, vise les championnats du monde de trail fin septembre à Canfranc, en Espagne, et a donc préféré un format court que l’UTMB.

Le Suisse Roberto Delorenzi, spécialiste du skyrunning, sera l’un de ses plus sérieux rivaux, tout comme l’Italien Nadir Maguet, référence en la matière. Son compatriote Cristian Minoggio, puissant et constant, visera également le podium, aux côtés du Suédois Petter Engdahl, redoutable grimpeur.

L’Italie comptera aussi sur Luca Del Pero et le récent vainqueur du Marathon du Mont-Blanc Davide Magnini, tous deux habitués des formats explosifs. L’Espagnol Antonio Martinez Perez, rapide et technique, sera également à suivre, tandis que le Polonais Andrzej Witek et le Kényan Ezekiel Rutto pourraient bien venir créer la surprise.

Jim Walmsley. Photo UTMB GROUP
Jim Walmsley lors de sa victoire sur l’UTMB en 2023. Il sera cette année sur l’OCC. Photo UTMB GROUP

OCC féminine : Judith Wyder favorite

Ancienne star de la course d’orientation reconvertie au trail, la Suissesse Judith Wyder part favorite. Elle devra contenir la Chinoise Miao Yao, redoutable sur formats rapides et qui remet son titre en jeu, ainsi que la Kényane Joyline Chepngeno, révélée lors de la saison 2024 en remportant l’iconique course Sierre-Zinal et également grande favorite.

L’Espagne sera représentée par Rosa Lara Feliu et Sara Alonso, toutes deux capables de briller sur ce terrain. L’Américaine Sophia Laukli, venue du ski de fond, apportera sa puissance, tandis que sa compatriote Hannah Allgood misera sur sa régularité. La Suissesse Theres Leboeuf et la Canadienne Jazmine Lowther viseront le top 10, tout comme l’Allemande Rosanna Buchauer, solide sur ce type de profil.

La TDS : plateau relevé et popularité grandissante

Considérée comme l’alternative « sauvage » de l’UTMB, la TDS (Trace des Ducs de Savoie, 148 km et 9300m D+) séduit de plus en plus. Depuis l’allongement de son parcours en 2019, elle s’est forgé une réputation redoutable pour sa technicité et ses passages mythiques comme le Passeur de Pralognan. Cette année, la course connaît un engouement inédit avec +37 % d’élites au départ, signe qu’elle s’impose désormais comme l’un des grands rendez-vous du sommet mondial de l’ultra-trail. 

TDS : Manon Bohard pour un doublé chez les femmes

Chez les femmes, la compétition s’annonce relevée avec en tête d’affiche Manon Bohard Cailler. Récente 2ème de la Hardrock 100 en 2025 et victorieuse du 100K du Trail 100 Andorra by UTMB en juillet, elle se lance une nouvelle fois sur la TDS après l’avoir remporté en 2021.

Elle retrouvera sur la ligne de départ l’Américaine Careth Arnold, qui découvrira pour la première fois les sentiers de Chamonix, ainsi que l’Allemande Ida-Sophie Hedemann, brillante lauréate du 100M au Grand Raid Ventoux by UTMB 2025.

Manon Bohard. Photo UTMB GROUP
Manon Bohard, candidate pour un doublé sur la TDS. Photo UTMB GROUP

TDS : Beñat Marmissolle favori chez les hommes

Le plateau masculin de cette TDS n’est pas en reste, avec plusieurs figures du trail international. Parmi les Français, Beñat Marmissolle arrivera fort de ses 2 victoires cette année sur le 100M de Valhöll Fin del Mundo by UTMB et sur la X-Alpine du Trail Verbier St-Bernard by UTMB. À ses côtés, Antoine Charvolin, fidèle aux formats CCC, OCC et YCC, sera un concurrent à surveiller.

L’Espagnol Pau Capell, vainqueur de l’UTMB 2019 et de la TDS 2016, viendra rappeler son statut de référence sur ces terrains exigeants. Enfin, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, apportera son énergie et son audace à un plateau déjà particulièrement relevé.

Voir le film sur la Reco TDS de Casquette Verte ICI

Retrouvez ICI la liste complète des élites présents au HOKA UTMB Mont-Blanc

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Après une CCC en 2017 et 5 UTMB entre 2019 à 2024, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, ne pouvait pas manquer le rendez-vous de Chamonix. N’ayant pas chopé sa qualification pour l’UTMB, il se rabat cette année sur la TDS, la Trace des Ducs de Savoie, la “sauvage” de l’UTMB Mont-Blanc, accessible sur inscription classique. Histoire d’être (un poil) sérieux, il a donc effectué début août la reconnaissance du parcours, 148km et 9300mD+. Bien entendu, un film vient raconter cette aventure réalisée avec Charlotte, sa compagne devenue « Madame Casquette » fin juillet. De quoi découvrir le parcours (un peu) et rire (beaucoup)… 

Ce qu’il en dit :
“On a toujours voulu vous montrer la TDS autrement. Un film pensé pour montrer la trace dans son intégralité, décortiquer ce parcours exigeant de cette course mythique de l’UTMB. On voulait une reconnaissance brute, qui sente la forêt, la montagne, la boue et l’effort. C’est exactement ce qu’on vous propose avec ce film sur la TDS (Traces des Ducs de Savoie), ses 144 km et ses 9 900 m de D+. Aux côtés de Franck, avec sa gourmandise communicative, et de Charlotte, avec son énergie débordante, on s’est régalés à courir, à filmer et à vous retransmettre l’essence de cette course mythique. Vous allez découvrir une analyse sans filtre de ce parcours avec la petite touche “Plaisir & Panache” en prime. On s’est bien kiffés à le faire et on espère que vous prendrez autant de plaisir à le regarder. Merci à Suunto, Salomon et Distances+ pour leur soutien. Plaisir & Panache !”

Sortie : 2025
Durée : 34 minutes
Langue : Français 

Voir le film ICI

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Peu de gens se souviennent qu’à ses débuts, Ludovic Pommeret, alors passionné de défis insensés – et peu préparés – , s’est aligné par deux fois sur l’UTMB, en 2004 et 2005, et par deux fois a abandonné. Depuis 2016 et sa victoire après une remontada devenue légendaire, le néo-quinquagénaire (depuis le 22 juillet 2025 !) à l’immense foulée caractéristique est devenu l’un des coureurs les plus populaires de France, qui ne rate jamais le rendez-vous de Chamonix. Le 29 août, il sera de nouveau au départ de la boucle autour du mont Blanc.

Tu as fait beaucoup de sports avant de te fixer sur le trail, notamment du snowboard, du ski alpin, de la planche à voile… Comment, de la glisse, tu es arrivé au trail ?

Ludovic Pommeret : Un petit peu par hasard en fait, des histoires de défis. D’abord avec mes beaux-frères qui faisaient de l’athlétisme et m’avaient mis au défi sur des montées franches vers chez nous. Ensuite, en 2000, il y avait la Forty, une course de 120 kilomètres qui partait de chez moi, à Valloire. Je n’avais pas été accepté en tant que coureur, donc je m’étais inscrit en marcheur, parce qu’il y avait une catégorie marcheur… En fait, c’était surtout le défi de faire de grandes courses qui ne paraissaient pas réalisables quand on n’a pas l’entraînement qui m’animait. Et d’ailleurs, je n’ai pas réalisé ce défi…

120 bornes, pour une première course, même en marcheur, c’était un peu n’importe quoi…

Ludovic Pommeret : Ben oui ! Et je n’ai pas terminé bien sûr. J’en ai fait 60 et puis j’ai arrêté. Mais c”était vraiment cet aspect défi qui m’attirait, ces courses dites infaisables.

C’est la raison pour laquelle tu t’es inscrit à l’UTMB en 2004 ?

Ludovic Pommeret : Oui, et en 2005 aussi. C’est ce côté défi d’arriver à faire un truc qui paraît compliqué. Et ça l’était vraiment, parce qu’en 2004 et en 2005, je n’ai pas terminé. En 2004, j’ai eu une tendinite des releveurs assez tôt, à Courmayeur, et en 2005, j’ai fait 40 bornes avec une contracture et j’ai fini par abandonner. Clairement, c’était le manque d’expérience…

SHOOTING LUDO POMMERET POUR COUV ESPRIT TRAIL AVRIL 2025 S.DEMARD -4515
Photo Stéphane Demard

Mais tu es revenu. C’est quoi ? De la persévérance ? De l’obstination ?

Ludovic Pommeret : Ça a été un peu différent. Après ça, je me suis orienté sur des formats un peu plus courts, et c’est là que ça a commencé à marcher au niveau performance. Ce qui fait que finalement, je suis revenu assez tard sur des formats de plus de 80 kilomètres. En 2009. Mais oui, j’y suis revenu pour ne pas rester sur des échecs.

Et ça t’a plutôt réussi ! Cette année-là, tu fais 3ème sur la CCC et 2ème sur la Diagonale des Fous. C’est à ce moment-là que tu as un premier contact avec Philippe Propage, qui était alors entraîneur de l’équipe de France…

Ludovic Pommeret : Oui, il était venu me voir parce que j’avais terminé deuxième sur la course des championnats du monde qui avaient eu lieu à Serre-Chevalier, alors que j’étais sur le format open. (Il s’agit de la 11ème édition de la Merrell Sky Race – 68 km, 3500 m D+ -, où Thomas Lorblanchet avait été le premier Français à être sacré Champion du monde. Ludovic Pommeret avait terminé 1er du format open, sur le même parcours, dans le même temps que le Népalais Dawa Sherpa, classé 2ème des championnats du monde, NDLR).

Il était venu me voir en me disant « il faudrait peut-être que tu t’entraînes un peu correctement » et tout ça, mais à l’époque je n’avais pas voulu sauter le pas. Et puis en 2015, comme par hasard, j’ai été sélectionné en équipe de France juste un mois avant les Mondiaux qui se tenaient à Annecy, lors de la MaXi-Race. C’était un peu tard, mais le fait d’être sélectionné alors que je ne l’avais pas trop cherché, fait que j’ai repris contact avec Philippe et lui ai demandé de m’entraîner pour essayer d’être un peu mieux sur ces Mondiaux.

Où tu as fini 5ème sur un format long de 82km et 5100mD+. Mais revenons en 2009 : pourquoi est-ce que tu n’as pas eu envie de t’entraîner sérieusement à cette époque, alors que tu as déjà des résultats très prometteurs et de belles victoires à ton actif ? Trop de contraintes de devoir suivre des plans ?

Ludovic Pommeret : Oui, tout à fait. À l’époque, je faisais beaucoup de courses, je courais pratiquement toutes les deux semaines, mais au final ça ne me laissait pas beaucoup de temps pour l’entraînement. Mais ça m’allait, parce que je concentrais la course à pied sur les week-ends et ça me laissait du temps pour mes autres occupations à côté. Surtout qu’en 2010, on a commencé à construire. Donc oui, c’était trop de contraintes et je n’en avais pas envie. Attention, je ne dis pas que je n’avais pas envie d’être plus performant, parce que parfois, quand j’allais sur des courses, j’étais un peu déçu du résultat, mais disons qu’il y avait un équilibre l’un dans l’autre et que je m’y retrouvais.

C’est donc le maillot tricolore qui t’a motivé à franchir le cap !

Ludovic Pommeret : Oui, le fait d’avoir ce maillot, de ne pas avoir envie d’être ridicule, de ne pas être le dernier de l’équipe, enfin des petits trucs comme ça…

Depuis ta victoire légendaire en 2016, tu n’as raté aucune édition de l’UTMB. Que ce soit sur l’UTMB, la CCC, la TDS, tu es toujours à Chamonix fin août. C’est un passage obligatoire pour toi ?

Ludovic Pommeret : Pas forcément obligatoire, mais disons que 2016 a été un tournant pour moi. Après mes premiers échecs, et même si ça avait bien marché sur la CCC en 2009, j’étais revenu sur l’UTMB en 2010 et en 2012, mais la première fois la course a été arrêtée (les conditions météo avaient contraint les organisateurs à annuler la course presque 3 heures après le départ, et juste avant de d’attaquer la zone très montagneuse du col du Bonhomme, NDLR.) et la seconde fois c’était un parcours de repli (un UTMB réduit à 105km et 5900mD+ remporté par François D’Haene, et où Ludovic a terminé 21ème, NDLR.). L’UTMB, c’était devenu ma bête noire, donc je voulais revenir une dernière fois en 2016, et ne plus revenir après !

SHOOTING LUDO POMMERET POUR COUV ESPRIT TRAIL AVRIL 2025 S.DEMARD -4694
Photo Stéphane Demard

Et on connaît la suite. Une victoire, et depuis, chaque année, tu es là…

Ludovic Pommeret : Voilà. C’est vrai qu’il y a un peu d’attachement à l’événement. Et puis il y a aussi les partenaires qui nous demandent d’être présents sur cette semaine, même si ce n’est pas forcément pour courir. Après, tant qu’à faire d’être là, autant courir, oui. Et puis l’UTMB, je l’ai refait pour différentes raisons… En 2023 c’était pour les 20 ans de l’épreuve, en 2024 pour les 20 ans de ma première participation…

Et en 2025, ce sera pour quelle occasion ?

Ludovic Pommeret : Ma nouvelle vie, maintenant que je suis professionnel ! (Rires.)

Parlons-en de cette nouvelle vie de pro. Jusque-là, tu étais ingénieur aéronautique, et tu étais passé à temps partiel, à 60% si je ne me trompe. Et là, tu as donc basculé en professionnel à plein temps ?

Ludovic Pommeret : Oui, depuis le 1er avril 2025, je n’ai plus de travail. Mais le fait d’arrêter à mes 50 ans était prévu depuis longtemps. En fait, depuis qu’on a commencé à travailler, avant même que je fasse du trail, on avait prévu, Céline et moi, d’arrêter à 50 ans notre travail respectif. On a donc travaillé pour ça, on a investi aussi, et cette année, ce sont mes 50 ans, donc voilà ! Après, le fait que le trail me rapporte aussi de l’argent aujourd’hui, ça n’était pas prévu, donc ça tombe bien, c’est le petit bonus qui accompagne agréablement le prévisionnel.

Ta deuxième course de cœur après l’UTMB est la Diagonale des Fous, que tu gagnes en 2021 après avoir fait 3 fois second, en 2009, 2014 et 2019. Tu l’as aussi faite en 2022 avec ta femme, qui a dû abandonner, puis de nouveau en 2023, où vous êtes finishers. L’UTMB en duo avec Céline, c’est pour quand ?

Ludovic Pommeret : Ça devait être cette année, mais malheureusement depuis l’OCC l’année dernière elle ne peut plus courir, elle a un problème au genou et a priori ça nécessite une prothèse. Du coup, on verra quand elle aura la prothèse si ça peut le faire ou pas, mais oui, c’est dans les tuyaux…

Tu vas donc refaire un enchaînement Hardrock / UTMB en solo cette année ?

Ludovic Pommeret : Je sais pas, je verrai après la Hardrock. J’ai mon dossard, puisque je devais la faire avec Céline, mais ce qui est sûr, c’est que je retourne à la Diag’, donc faire les trois, pour moi, c’est un peu compliqué. Si je fais l’UTMB à fond, a priori, je serai quand même bien cramé pour la Diag’. Donc je n’en sais rien, je verrai au dernier moment… (Depuis cette interview, Ludovic a tranché : oui à l’UTMB ! NDLR)

Et puis il y a ta fille, Léa, qui s’y est mise également…

Ludovic Pommeret : Oui, elle commence. Pour l’instant elle n’est encore pas très assidue, mais elle aimerait courir aussi. Après, il ne faut pas trop lui mettre la pression. Elle aimerait faire le Métis Trail à La Réunion (50 km et 2600m D+), donc on va aller là-bas ensemble, moi pour courir la Diagonale et elle le Métis. Je pense qu’elle a des capacités, même si elle ne s’entraîne pas beaucoup et qu’elle a une petite faiblesse sur une cheville qu’il faut travailler. Mais si elle est motivée, je pense qu’il y a moyen que ça ne soit pas trop mal.

L’an dernier, tu as fini 5ème de l’UTMB, avec ton meilleur chrono jamais réalisé sur la boucle, en moins de 21 heures. En 2016, tu avais gagné en 22 heures. Tu as donc gagné plus d’une heure. Comment expliques-tu ce gain de performance ? C’est lié à ta forme ? La nutrition ? La concurrence qui te tire vers le haut ? La technologie avec les plaques carbone ? Un peu tout ?


Ludovic Pommeret : Les plaques carbone, je suis pas sûr que ça fasse 1 heure ! Mais c’est vrai que sur le parcours il y a des parties qui sont assez roulantes et qu’on peut avoir le bénéfice de ce matériel. Après, pour expliquer tout ça, il y a diverses choses. D’abord, il y a l’expérience, ça compte un petit peu quand même, dans la gestion de course. Il y a l’entraînement aussi qui a changé.

En 2016, je n’étais pas vraiment spécialisé dans l’ultra, alors que maintenant je ne vais presque plus sur des courses plus courtes, car ça devient compliqué pour moi d’être performant, donc clairement mon entraînement s’est un petit peu adapté. Et ma nutrition aussi. Et également le fait que depuis deux ans j’avais diminué mon temps de travail, donc j’avais plus de temps pour m’entraîner. Je pense que ce facteur est encore plus important sur un ultra, car quand tu dois faire des préparations avec deux semaines de volume, c’est quand même mieux de ne pas travailler.

Parlons entraînement justement. Philippe Propage, qui te coache depuis 10 ans, il te produit toujours des plans ? Et est-ce que tu les suis ?

Ludovic Pommeret : Oui, il me produit des plans d’entraînement, et en principe, oui, je les suis. Sauf pendant l’hiver, quand je fais ma saison d’alpinisme. Là, il ne me produit pas du tout de plans, je lui note ce que je fais, des fois il me met des petites séances de course à pied, mais c’est tout. Sinon, pendant la saison, oui, j’ai mes plans, mais c’est variable. L’année dernière par exemple, sur la Hardrock, il m’a laissé beaucoup plus de liberté par rapport à l’entraînement classique.

C’était aussi dû au fait qu’il y avait ce phénomène d’acclimatation à altitude, et qu’à 4000 mètres, aller faire une séance d’intensité de bonne quantité, c’est compliqué. Du coup, mon entraînement n’était pas vraiment structuré, c’était plus au feeling et en fonction de l’endroit où je me trouvais.

Cette année, on a fonctionné un petit peu de la même manière que l’an dernier, donc il m’a mis des séances et j’ai vu si je pouvais les faire ou pas, sachant qu’avec Céline on a beaucoup bougé, on a fait pas mal de rando, on dormait dans la voiture, on en a bien profité… Et j’ai fait comme l’an dernier, deux soft rock, c’est-à-dire le parcours en entier en 4 jours, dont une fois avec Mathieu Blanchard.

SHOOTING LUDO POMMERET POUR COUV ESPRIT TRAIL AVRIL 2025 S.DEMARD -4694
Photo Stéphane Demard

Quel est ton regard sur ces jeunes qui arrivent aujourd’hui sur l’UTMB, dont les départs sont extrêmement rapides et qui explosent en vol ?

Ludovic Pommeret : Je pense que c’est lié à l’évolution du trail en général. L’UTMB est devenu une course tellement importante pour un coureur professionnel qui a besoin de visibilité et de résultat, parce que performer sur l’UTMB peut changer la donne, que ça met indirectement beaucoup de stress, et qu’il faut savoir gérer ce stress. Ces coureurs qui viennent uniquement pour performer, si ils ne voient qu’ils ne peuvent pas monter sur le podium, ils jettent l’éponge.

C’est une autre façon d’aborder la course, et je pense que c’est pour ça qu’il y a beaucoup de déchet. Ce n’est pas trop ma façon de voir les choses, car pour moi, la première performance, c’est déjà de terminer la boucle, mais je peux comprendre le fait que quand on est professionnel, si ça coince un peu, on préfère abandonner et garder les cartouches pour autre chose, pour pouvoir briller ailleurs. Moi, je me satisfais d’une 5ème place !

Ludovic Pommeret, où l’histoire de la remontada de 2016

Devenue légendaire, la remontada de Ludovic Pommeret date de 2016. Alors qu’il pointe en 48ème position au ravitaillement des Chapieux (km 50,9), à près de 45 minutes du leader suite à des problèmes gastriques, il effectue une remontée spectaculaire dans la deuxième partie de course pour prendre la tête dans la descente vers Trient (km 141) et filer la la victoire, qu’il obtient en 22h00 pile, avec 26 minutes d’avance sur le Lituanien Gediminas Grinius et 30 sur l’Américain Timo Tollefson.

Depuis, Ludovic a fait du dépassement de ses adversaires un véritable art. En 2024, il passe ainsi de la 45ème position à La Balme (km 40) à la 34ème au Col de la Seigne (km 63) puis 16ème à Courmayeur (km 83) pour finalement terminer 5ème en 20h 57mn 48s.

Pour célébrer cette stratégie atypique, l’équipementier Compressport a créé cette année une collection capsule au message sans ambigüité : « Stay Behind! » (« Reste derrière ! »), composée d’un tee-shirt Racing et d’un tee-shirt Podium (modèles homme ou femme), d’une paire de manchons de compression, d’une paire de chaussettes, d’une ceinture de course et d’une casquette. Si vous voulez envoyer un message clair à vos adversaires, c’est pour vous. Mais encore faut-il être capable de doubler tout le monde !

Cette interview est parue dans le n°144 d’Esprit Trail, daté août-septembre 2025.

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