Bien sûr, Clément Deffrenne, alias ClemQuiCourt, n’a pas gagné l’UTMB. Mais à Chamonix, il a gagné le cœur des siens – parents, amis… – et de sa communauté devenue en quelques semaines une énorme pieuvre qui a fait un ravage dans le village UTMB et sur le stand Brooks, s’arrachant notamment les 5000 tee-shirts roses du phénomène.
Comment on en est arrivé là ?
Et surtout, comment ClemQuiCourt en est arrivé là, lui qui a débuté le trail tout juste 3 ans plus tôt ?
C’est tout le propos de ce film, un quasi long métrage qui raconte le défi d’un jeune homme tout simple venu pour performer sur la course la plus mythique du monde, n’ayant pas atteint son objectif mais ayant réussi quelque chose de beaucoup plus grand, que l’on découvre à partir de la 50e minute dans une scène qui résume tout du trail festif partagé par les jeunes aujourd’hui. PS : à noter que ClemQuiCourt a tout de même bouclé son UTMB en 29h19, 144e au général.
Sortie : 2025 Durée : 55 minutes Langue : Français
« L’UTC 100 – À la poursuite des contrebandiers » est un projet d’ultra-trail en off sur le tracé de l’Ultra Trail du Cotentin, un parcours de 107 km avec un peu plus de 2200m de D+ en terre normande imaginé par 3 copains passionnés de trail, Franck Lallemand, Dorian Pommarede et Thomas Moore dans l’esprit des aventures partagées et sans dossard.
Inspiré par le tracé du GR 223, aussi appelé le sentier des douaniers, ce parcours longe les côtes escarpées du littoral normand, autrefois foulées par les contrebandiers et les patrouilles qui les pistaient. Entre falaises, plages, ports et sentiers boisés, chaque kilomètre raconte une histoire.
Ce projet off, plus qu’un défi sportif, est une invitation à l’évasion, à la camaraderie, et à la découverte de paysages authentiques, dans le respect de la nature et de l’esprit du trail. Loin des problèmes de dossards, il célèbre le plaisir de courir entre amis et de partager des souvenirs.
Un bel hommage à la philosophie du off.
Sortie : 2025 Durée : 10 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/12/UTC-100-le-film.png5141200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-12-19 22:48:112025-12-19 22:48:15UTC 100 – À la poursuite des contrebandiers
En janvier 2023, Dave Pen prenait le départ de la Spine Race. Son Graal : une course interminable de 7 jours et 430 km en autonomie au cœur des nuits et des campagnes brumeuses et glaciales de l’Angleterre rurale. Sept jours à progresser vers le Nord, jusqu’à l’épuisement, sur le plus ancien sentier britannique, la Pennine Way.
Run Again suit cet homme en équilibre entre deux mondes que tout semble opposer. Dans son autre vie, Dave Pen est chanteur et guitariste du groupe de rock anglais ARCHIVE. Il s’est découvert il y a quelques années une passion pour l’ultra-trail.
Le film, projet commun du photographe-réalisateur Alexis Berg et de la journaliste Patricia Oudit, propose une immersion totale au cœur de cette course, mais plonge aussi le spectateur dans les coulisses de la tournée européenne d’ARCHIVE en octobre-novembre de cette même année 2023.
Pour autant, il ne s’agit ni d’un film sur la musique – même si la bande originale d’ARCHIVE et de BirdPen (son autre projet musical) donne à ce long-métrage une dimension épique – ni d’un film sur la course à pied. C’est une histoire d’indéfectibles amitiés, de fidélité à ses envies, à ses valeurs.
Une histoire qui parle à tout le monde, touchante, émouvante, drôle ; celle d’une quête universelle, d’un homme lancé à la poursuite du bonheur, dans des images à couper le souffle.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/12/RUN-AGAIN.jpg6751200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-12-17 04:26:252025-12-17 04:26:28Run Again, entre run et rock
Entre falaises, vastes plages de sable, bocages verdoyants et marais préservés, la Manche offre tout au long de l’année un immense terrain de jeu, où les éléments naturels, vent, marée, humidité ajoutent un réel défi et rendent chaque sortie différente. Ici, pas besoin de sommets pour se challenger : le relief reste accessible, mais le cadre est puissant et forge les caractères. Yannick Noël, 2ème de la Diagonale des Fous 2025, revient régulièrement se ressourcer sur ses terres d’origine. Il raconte ses coups de cœur.
La Manche, un territoire de trail ambitieux
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin. » Ou plutôt « un sentier ». Cette citation, apocryphe, trouve un écho particulier dans ce département de l’Ouest de la France, où l’agence d’attractivité Attitude Manche a impulsé, avec le soutien des collectivités locales et dans le cadre du projet Normandie Destination Trail porté par Normandie Tourisme, une offre trail structurée et ambitieuse, accessible sur l’ensemble du territoire manchois. De cette volonté, 4 espaces trail sont nés, proposant de multiples parcours balisés, sécurisés et adaptés à tous les niveaux, du débutant au traileur confirmé.
Trail à Coutances Mer et Bocage : l’endurance au naturel
Labellisée Uni’Vert Trail, la station offre 3 circuits de 9km et 254m D+ à 27 km et 621m D+ qui alternent sections roulantes, passages techniques et sous-bois. Accessible aux débutants mais suffisamment variée pour intéresser les coureurs expérimentés, elle permet de travailler l’endurance en terrain mixte, avec des repères visuels emblématiques comme la cathédrale de Coutances en ligne de mire.
Types de terrains : prairies ouvertes, sous- bois, sections techniques
Trail dans le Cotentin : aventures entre mer et falaises
Avec ses falaises escarpées, ses plages sauvages et ses sentiers à travers landes et bocages, le Cotentin est un terrain de jeu à ciel ouvert. Ses 5 Stations de Trail proposent au total 30 circuits de 7 km et 100m D+ à 32 km et 530m D+ pour tous niveaux, dont un tracé noir pour traileurs confirmés. Ici, la variété des terrains — sable, rochers, chemins côtiers — impose une adaptation constante et en fait un lieu privilégié pour l’entraînement longue distance.
Types de terrains : sable, falaises, dunes, landes, bocage
Avec ses 9 circuits balisés proposant des parcours de 5,5 km et 83m D+ à 33 km et 631m D+, Saint-Lô Agglo offre des parcours variés, du périurbain aux Roches de Ham et leurs panoramas sur la Vire. Les différents tracés traversent un bocage dense et varié, offrant relances et changements de rythme à chaque foulée. Le secteur se distingue également par son patrimoine historique, avec la présence du cimetière allemand de Marigny, qui rappelle le passé et confère une dimension contemplative aux sorties.
Types de terrains : bocage, rivières, vallées, chemins périurbains
Trail dans le Mortanais : entre cascades et dénivelés
Cascades, falaises, passages en forêt : le Mortainais se distingue par un dénivelé marqué et des sentiers exigeants. Les 3 circuits de 10 km et 261m D+ à 28 km et 588m D+ intègrent des sites emblématiques comme les cascades, la petite chapelle ou le pont du Diable, idéaux pour les traileurs qui souhaitent cumuler du D+ et travailler la gestion de l’effort sur des sections plus raides et techniques.
Types de terrains : sentiers forestiers, falaises, cascades, passages rocheux
La Manche, le territoire d’origine de Yannick Noël
Boulanger la nuit et traileur le jour, le Manchois Yannick Noël, originaire de Neuville-au-Plain, à côté de Sainte- Mère-Église, a découvert le trail à La Réunion. Installé aujourd’hui en Isère, il reste cependant fidèle à ses racines : dès qu’il revient sur ses terres, il en profite pour courir et disputer des compétitions, comme en 2024 où il a remporté le format 50K de la Barjo.
« La Manche, j’y reviens très souvent pour la famille. Je t’avoue que quand on revient 4 ou 5 jours sur le territoire et que le samedi matin il y a une compétition, j’en profite toujours, quand je peux. Ça me fait plaisir, et aux organisateurs aussi. Bien sûr, ici, ce n’est pas la montagne, c’est différent, mais les paysages sont vraiment beaux.
En aspect entraînement, c’est vraiment vallonné et à force, au bout de la course, quand tu as enchaîné 30 kilomètres, c’est dur quand même. C’est pour ça que les athlètes normands s’en sortent vraiment pas mal et commencent à se faire connaître. Il leur manque peut-être le côté longues descentes de montagne pour travailler les cuisses, mais sur la distance à plat et les montées, ils n’ont rien à envier aux montagnards ! L’année dernière, j’avais fait le 50 kilomètres de la Barjo, et cette année j’ai fait le Trail de T’Cheu Nous. C’était très beau, et en plus on finit sur la plage, mais c’était vraiment très très plat ! (Rires.) J’avais déjà fait La Bri’zeuse deux années de suite, le 30 et le 42 kilomètres. C’est chouette de se retrouver dans ces petites organisations, c’est toujours un bon moment. »
Le Manchois Yannick Noël lors de la Diagonale des Fous 2025, où il a terminé 2ème derrière Baptiste Chassagne. Photo IMAZ PRESS
La Hague, le sentier des Douaniers, itinéraire favori de Yannick Noël
Entre falaises et vent du large, le tra prend ici un goût de liberté. Ce bou du monde manchois offre une natur sauvage et changeante, où chaque virage révèle une nouvelle lumière, une nouvelle émotion. « C’est vraiment beau. Goury par exemple, c’est magnifique ! »
Les Roches de Ham, l’itinéraire découverte conseillé par Yannick Noël
Un trail accessible et bucolique, entre rivière et bocage, où la simplicité du paysage rencontre le plaisir pur de courir. « Je n’étais jamais allé courir dans ce coin et franchement j’ai adoré. Le parcours est roulant, mais le paysage est vraiment chouette. On traverse des bois, une ferme, on longe le fleuve de la Vire… »
La Barjo, la course coup de cœur de Yannick Noël
Trail emblématique du département, La Barjo traverse les plus beaux coins du littoral manchois. Un rendez-vous à la fois sportif et humain, porté par une ambiance sincère et conviviale. « C’est une course que je fais dès que je peux revenir à cette période dans la Manche. La Barjo, c’est un vrai concentré de Manche : les falaises, les chemins côtiers et le vent. »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/12/OPEN_Dunes_d-Hatainville-Alexis_Berg_Attitude_Manche-28-.jpg-1500px.jpg9991500Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-12-13 05:00:002025-12-12 12:44:23La Manche, la terre de trail coup de cœur de Yannick Noël
La 2ème édition des Trail Running Awards organisée le 9 novembre par Mile & Stone à Annecy, a consacré la Néo-Zélandaise Ruth Croft, lauréate de l’UTMB en août, et le champion du monde américain de trail long Jim Walmsley, élus athlètes de l’année 2025. Un palmarès sportif complété par la désignation d’Asics Fuji Trail comme team de l’année. Retour sur le palmarès.
Trail Running Awards : Jim Walmsley devant Baptiste Chassagne et Kilian Jornet
« D’une certaine manière, j’ai l’impression de finir l’année les mains vides, sans grosse victoire à l’UTMB ou à la Western States qui sont généralement mes grands objectifs », a déclaré, modeste, l’Américain Jim Walmsley, actuellement en résidence à Arêches-Beaufort, après avoir été élu athlète de l’année lors de la deuxième édition des Trail Running Awards.
Il succède au Marocain Elhousine Elazzaoui à l’issue d’un plébiscite de la part du jury et des 800 personnes qui ont participé au vote du public. Il devance Baptiste Chassagne (vainqueur de la Diagonale des Fous), Kilian Jornet (auteur d’une magistrale aventure aux États-Unis, State of Elevation), Ludovic Pommeret (auteur d’un doublé sur la Hardrock 100) et Frédéric Tranchand (champion du monde de trail court).
Jim Walmsley. Photo UTMB Group
Trail Running Awards : la saison folle de Jim Walmsley
Si Jim Walmsley n’a pas frappé là où on l’attendait cette année, il a quand même été foudroyant. Blessé au genou au printemps, contraint d’avoir recours à une injection de plasma au début de l’été, le spécialiste de la Western States (vainqueur en 2018, 2019, 2021 et 2024 et recordman de l’épreuve) et lauréat de l’UTMB 2023 a su se réinventer pour marquer les esprits avec panache dans son style percutant.
Sorti vainqueur du choc au sommet avec Kilian Jornet et Vincent Bouillard au Chianti Ultra Trail by UTMB en mars, il a fini la saison au sprint, en remportant l’OCC à Chamonix avec la manière (son dépassement plein gaz de Cristian Minoggio est une des images fortes de l’année), avant de survoler les championnats du monde de trail long (82 km et 5400m D+) à Canfranc. Trois courses, trois distances, trois terrains différents mais trois masterclass, qui témoignent de la polyvalence du champion du team Hoka âgé de 35 ans.
« C’était une année unique, a-t-il confié à l’issue de la cérémonie. J’ai maintenant assez de saisons derrière moi pour savoir que chacune raconte sa propre histoire, avec ses hauts et ses bas. Il y a eu une période creuse assez difficile avec la blessure comme il y en a chaque année. J’ai essayé de rester positif. Je suis heureux d’avoir réussi malgré tout à remporter les Mondiaux, ce qui était l’un de mes objectifs. Avec la montée en puissance de cette compétition, c’est une case importante à cocher. Je ne sais pas tout à fait comment ça fonctionne, mais les cotations [respectivement 972 et 974 à Chianti et aux Mondiaux, NDLR] semblent montrer que j’ai donné le meilleur de moi-même quand je pouvais courir. Je suis fier de cette année. »
Jim Walmsley, champion du monde de trail long. Photo DR
Trail Running Awards : Ruth Croft devant Katie Schide et Blandine L’Hirondel
Côté féminin, le jury a dû faire un choix difficile. Mais la décision s’est faite à l’unanimité en faveur de la Néo-Zélandaise Ruth Croft devant la meilleure athlète en 2024, l’Américaine Katie Schide (victorieuse en 2025 de la Hardrock et des Mondiaux de trail long). Blandine L’Hirondel (Diagonale des Fous), l’Américaine Abby Hall (Western States) et la Suédoise Tove Alexandersson (Mondiaux de trail court) complètent le Top 5.
Ce prix récompense non seulement son triomphe à l’UTMB, où elle a fait tomber Courtney Dauwalter, mais aussi son immense carrière au cours de laquelle la Néo-Zélandaise de 36 ans, membre du team Adidas Terrex, a accumulé des victoires de prestige dans tous les formats.
« Merci d’avoir récompensé mes performances tout au long de ces années et pas seulement ma victoire à l’UTMB, a-t-elle expliqué dans un message vidéo envoyé depuis la Nouvelle-Zélande où elle passe l’hiver. C’est vrai que ce projet a duré dix ans. L’ambition de le gagner un jour a germé en 2015, quand je suis venue pour la première fois à Chamonix sur la CCC. Ce fut un long voyage pour en arriver là. »
Ruth Croft. Photo UTMB Group
Trail Running Awards : Asics Fuji Trail élu Team de l’année 2025
Autre grand vainqueur de cette seconde édition des Trail Running Awards, Asics Fuji Traila été distingué en tant que meilleur teamdevant Adidas Terrex et Hoka, malgré la place de n°1 mondial occupée par l’équipementier US au cumul des cotes. En pleine ascension avec près d’une cinquantaine d’athlètes dans ses rangs, la marque japonaise a fait la différence grâce au doublé Tom Evans-Ben Dhiman sur l’UTMB. Une image forte, après des années d’hégémonie des marques spécialisées comme Hoka ou Salomon.
« C’est un prix important pour nous, reconnaît le patron historique du team Asics, Laurent Ardito. Nous travaillons pour cela depuis 20 ans. Nous étions en quête de reconnaissance, puisque nous sommes arrivés dans ce milieu avec un ADN qui n’était pas celui de la montagne. Malgré des succès à l’UTMB [Xavier Thévenard en 2013, 2015 et 2018, NDLR], il a fallu du temps pour se construire une légitimité. C’est difficile pour une marque qui est déjà leader sur un autre marché. C’est le problème d’Adidas, et qu’aura Nike. Nous avons dû le contourner pour que l’écosystème nous accueille dans son paysage. »
Tom Evans. Photo UTMB Group
Trail Running Awards : l’exploit de l’année pour Rémi Bonnet et Axelle Gachet-Mollaret
Pour compléter ces trophées sportifs, le prix de l’exploit a été partagé entre Rémi Bonnet et Axelle Gachet-Mollaret, qui ont chacun explosé le record du monde du kilomètre vertical à Fully (27’21 pour le Suisse, 32’52 pour la Française spécialiste du ski-alpinisme). « Ce n’était pas une année facile avec une blessure qui m’a arrêté en début de saison. Ça m’a incité à repousser mes limites (…). Ce que je retiens, c’est qu’il ne faut jamais rien lâcher et donner le maximum, même quand ça ne va pas », a commenté dans un message vidéo Rémi Bonnet, également champion du monde sur la montée sèche à Canfranc.
Elles s’appellent Charline et Clémence, sont amies et passionnées de trail et se sont lancées sur le format 100 km et 4500m D+ de l’Infernal Trail des Vosges, leur premier ultra-trail. Mais seront-elles capables d’aller au bout ? Elles se sont tellement dit qu’elles n’en seraient pas capables, mais leur entourage les a tellement soutenues, qu’elles ont fini par aller chercher la réponse au bout du sentier, et au bout de la nuit.
Dans ce film intimiste réalisé par David Heimburger, on affronte avec Charline et Clémence chaque montée, chaque descente, et chaque moment de doute. À Deux Souffles permet non seulement de découvrir l’univers de l’Infernal Trail, course mythique des Vosges, mais surtout de voir comment l’amitié, la résilience et le dépassement de soi permettent aujourd’hui aux femmes de prendre la place qui leur revient dans le monde très masculin de l’ultra-trail. Une leçon de courage qui fait du bien.
Sortie : 2025 Durée : 24 minutes Langue : Français
Maxime a 37 ans, 1 enfant, habite en Normandie, du côté du Mont Saint-Michel, et a découvert le trail en 2017. Une révélation, comme une source d’épanouissement. Depuis, il s’entraîne, seul, se fixant des objectifs de course, toujours dans un esprit de découverte et de plaisir. Mais à force d’accumuler des points, le spectre de l’UTMB l’a rattrapé. Pourquoi pas lui ? Encouragé par sa compagne Charline, il a fait de la boucle autour du mont Blanc un défi à relever. Pas pour la performance, juste pour l’expérience, pour se sentir libre et vivant.
Là-Haut, c’est l’histoire de ce parcours, des étapes préparatoires au départ place du Triangle de l’Amitié – le plus beau départ de sa vie – à la première nuit dans les montagnes – la pire nuit de sa vie -… Si le chrono – 41h48 – est anecdotique, le (long) chemin qui l’a ramené à Chamonix, semé d’embuches, de fatigue, de désespoir, d’envie d’abandonner, mais aussi rempli de la chaleur de ses proches, leur soutien, est une belle leçon de vie et de liberté. Un film touchant et inspirant sur un simple amateur de trail qui, tout en humilité, est allé au bout de son rêve.
Sortie : 2025 Durée : 40 minutes Langue : Français
Vous vous entraînez dur, mais votre estomac ne suit pas ? C’est sans doute parce que votre corps n’est pas suffisamment habitué à digérer pendant l’effort. Le Gut Training, ou entraînement digestif, est une méthode qui consiste à entraîner l’intestin, comme on entraîne les muscles, pour mieux tolérer l’apport énergétique nécessaire à la performance. Kilian Jornet est passé maître en la matière. Partage d’expérience.
Entraînement gastro-intestinal : pourquoi la digestion devient-elle plus difficile en course ?
Lors d’un effort physique, votre corps donne la priorité à vos muscles et à vos poumons en leur envoyant en priorité de l’oxygène et des nutriments. Pour y parvenir, il réduit l’afflux sanguin vers le système digestif, rendant l’absorption des aliments plus compliquée. Cette situation affecte particulièrement la vidange gastrique, soit le transfert du contenu de l’estomac vers l’intestin grêle.
Ce processus est essentiel, car c’est dans l’intestin que les nutriments sont absorbés. Une vidange gastrique trop lente cause des lourdeurs et des nausées, tandis qu’un passage trop rapide vers l’intestin peut entraîner des ballonnements et des diarrhées, car les nutriments ne sont pas correctement assimilés. De plus, les mouvements répétitifs de la course à pied, notamment les impacts au sol, accentuent ces désagréments en augmentant l’agitation du contenu gastrique.
Sans préparation adéquate, tenter d’ingérer des glucides ou des liquides en pleine course devient donc une vraie épreuve pour l’organisme.
Photo Maurteen
Entraînement gastro-intestinal : comment le Gut Training améliore-t-il votre performance ?
En habituant votre système digestif à recevoir des nutriments pendant l’effort, le Gut Training réduit les troubles digestifs liés à l’exercice (crampes, nausées, ballonnements…) et améliore votre tolérance à l’alimentation en course. Il permet également de limiter les problèmes de mal-absorption des glucides, qui sont souvent responsables de l’inconfort gastro-intestinal.
Résultat : une meilleure assimilation de l’énergie, des protéines et des électrolytes, une nutrition plus efficace pendant l’effort, et une performance plus stable, avec moins de risques de contre-performance liés à la digestion.
Entraînement gastro-intestinal : quels nutriments faut-il intégrer dans son Gut Training ?
Vous l’aurez compris, le Gut Training ne se limite pas aux glucides. Pour une stratégie nutritionnelle complète, il est essentiel d’habituer progressivement votre système digestif à absorber trois éléments clés :
Les glucides : Votre principal carburant de l’effort. Un entraînement régulier améliore leur assimilation et limite les troubles digestifs.
Les électrolytes : sodium, potassium et autres minéraux jouent un rôle clé dans l’hydratation et la prévention des crampes.
Les protéines : essentielles pour la récupération et pour limiter la dégradation musculaire sur les efforts prolongés.
L’idéal est donc d’habituer progressivement votre intestin à tolérer ces trois éléments en pleine course. Avec une nutrition adaptée, comme les produits combinant glucides, protéines et électrolytes, vous simplifiez cet entraînement et optimisez votre absorption des nutriments de manière progressive et efficace.
Kilian Jornet lors de sa traversée des Alpes. Photo Nick-Danielson
Entraînement gastro-intestinal : l’avertissement de Kilian Jornet
Si pendant ses séances d’entraînement classiques Kilian Jornet ne prend jamais de nourriture et boit rarement, il prend en revanche très au sérieux les séances spécifiques destinées à l’entraînement gastro-intestinal. Partage d’expérience.
« Pour bien s’alimenter sur 100 miles, il n’y a pas de formule toute prête : il faut de l’entraînement et de l’expérimentation. Et pour performer sur une course comme la Western States, le confort est surtout dans vos tripes. En fournissant lors des entraînements la bonne quantité de glucides par heure, le corps peut s’adapter et s’habituer. Mais vous devez vous entraîner beaucoup pour vous assurer que tout va bien dans votre estomac.
Comme tout, surtout en nutrition, il faut tester et voir ce qui fonctionne bien, et comprendre que la physiologie de chacun est absolument différente. Ce qui fonctionne pour moi est possible du fait de mon métabolisme des graisses et du fonctionnement de mes reins, qui est issu de nombreuses années de pratique. »
Kilian Jornet insiste aussi sur le fait que si la complémentation en course est un facteur important, l’alimentation quotidienne l’est tout autant. « La nutrition est l’un des facteurs que j’ai le plus améliorés ces dernières années, en grande partie grâce à Jesus Alvarez-Herms (notamment professeur de physiologie de l’exercice à l’université de Barcelone, NDLR). Je suis beaucoup plus concentré sur mon alimentation quotidienne et je pense que cela a augmenté non seulement mon niveau de performance, mais aussi ma capacité de récupération.
Mon régime quotidien est végétarien, avec une base de glucides dans les pommes de terre, le riz, les pâtes, le quinoa, le pain, des légumes, des protéines et les graisses des légumineuses, les noix, l’avocat, le fromage, les œufs… Et je prends des suppléments d’oméga 3 et 6, de vitamine D et certains probiotiques. »
Photo Maurteen
L’alimentation de Kilian Jornet durant les courses
Entre courses courtes et longues, le Patron adapte sa stratégie en fonction de ses besoins, qu’il connaît sur le bout des ongles de ses orteils. Décryptage de son alimentation durant ses dernières participations aux grands événements.
Courses courtes (Zegama et Sierre-Zinal)
– Dîner avant la course : glucides (riz, pommes de terre ou pâtes), certaines graisses comme l’avocat et les noix. Quantité normale. – 3h avant course : Petit déjeuner (une tranche de pain) – 2h avant la course : Maurten Carb Bowl (40gr) – Eau – Pendant la course : 1 gel toutes les 30 minutes (Gel Maurten 25gr, le 1er avec de la caféine, les autres sans). Hydratation aux ravitaillements, soit de l’eau, soit une boisson énergétique riche en glucides (Maurten MIX 320). Environ 0,2 à 0,25 litres / heure.
Photo Jordi Saragossa / Sierre Zinal
Hardrock 100
10 premières heures de course : 1 gel (Maurten 25gr) toutes les 30 minutes. Hydratation : 0,5l/h de boisson énergétique (Maurten MIX 160). 1 barre toutes les 4h (Maurten Solid). 10 heures suivantes : 1 barre (Maurten Solid) toutes les 1,5h. Hydratation :0,5l/h de boisson énergétique (Maurten MIX 160). Nourriture solide aux 3 ravitaillements (riz à l’avocat, quesadillas, soupe…). 1 gel de caféine (CAF Maurten) dans la nuit, avant les 2 dernières montées.
Photo Hardrock 100
UTMB
0,5l/h de boisson énergétique (Maurten MIX 320). 5 gr de protéines toutes les 2 heures. 1 barre toutes les 2 heures (Maurten Solid). 1 gel avant chaque section durant laquelle il avait besoin de plus de glucose (montées rapides des premières heures…). Nourriture solide aux ravitaillements (gras + fibres + glucides) : riz à l’avocat, pommes de terre bouillies, burritos à l’avocat, avocat, bananes, dattes, noix, chocolat noir liquide (il en avait aussi emporté avec lui dans un flacon pour la 1ère moitié de la course). Jus de betterave à boire.
Après avoir exploré la jungle amazonienne en solo pendant des semaines, Nico Mathieux, explorateur spécialiste de longs treks, a eu une idée un peu folle : l’aborder en mode trail de 160 kilomètres sur une trace existante mais peu connue : la piste de Belizon, en Guyane, une ancienne piste de chercheurs d’or aboutissant au village de Saül, le plus isolé de France, joignable uniquement par avion.
160 km, 6000m D+ annoncés, pas de trace GPX fiable, pas de ravitos ni de secours possibles. Une référence tout de même : le Jaguar Christophe Le Saux, qui y a posé un FKT en 2016, alors qu’il vivait depuis 10 ans dans cette jungle, en 49h32.
Le cobaye choisi par Nico Mathieux pour l’aventure ? Le phénomène Clem Qui Court, qui n’avait jamais mis les pieds dans cet enfer vert. Mais qui, lui, sait courir. Car petit détail : Nico Mathieux s’est mis à la course à pied seulement 2 mois avant de tenter ce défi…
Attaques de guêpes, morsures de tiques, alertes serpents, murs de végétation à traverser, pieds ruinés, une aventure qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. Et une phrase devenue culte de Clem Qui Court : « C’est un peu Esprit Trail ce qu’on fait. » On n’aurait pas dit mieux…
Sortie : 2025 Durée : 60 minutes Langue : Français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/12/Je-cours-152-km-dans-la-jungle-avec-Clem-Qui-Court.jpg6751200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-12-01 18:34:252025-12-01 18:34:29Je cours 152 km dans la jungle avec Clem Qui Court
Le « Patron » nous a tous surpris avec son « off » de 8 jours dans les Pyrénées en 2023, il nous a fait rêver avec son « off » de 19 jours dans les Alpes en 2024, il nous a fait chavirer avec son « off » de 31 jours dans les Rocheuses en 2025. En attendant 2026, retour sur un périple aussi intense que sauvage commenté par Kilian Jornet en personne.
ESPRIT TRAIL N°146 : des solos impressionnants
Tout le monde ne s’appelle pas Kilian Jornet, mais on peut vivre des aventures hors-normes sans être du niveau du Patron. C’est ce qu’a vécu la Brésilienne Fernanda Maciel lors de sa traversée intégrale des Pyrénées en solo sans assistance, ou encore le Belge Joachim Lefèvre, parfait amateur, qui a tout plaqué pour se lancer dans la traversée de la France par ses massifs montagnes sur le tracé de l’Hexatrek.
Suivez Joachim Lefèvre dans son Hexatrek !
ESPRIT TRAIL N°146 : Entraînement, équipement, santé, les piliers du trail
Et si vous profitiez de l’hiver pour bosser d’un côté votre posture, de l’autre votre résistance aux problèmes gastriques en course ? C’est ce que nous vous proposons de faire avec les exercices de Core Training (ça, c’est pour la posture) et le protocole de Gut Training (ça c’est pour l’estomac). Si avec ça vous ne revenez pas plus fort pour la saison 2026, c’est à désespérer !
Le Core Training, une méthode pour travailler votre posture.Une frontale pour passer la nuit dehors ? Elles sont là !Oui, l’estomac peut s’entraîner. A vous de jouer.
ESPRIT TRAIL N°146 : voyagez avec nos reportages et informez-vous avec nos rencontres
Dans ce numéro, on vous entraîne un peu partout, en France comme à l’étranger, pour vivre ou revivre des courses exceptionnelles. De la Diagonale des Fous au Festival des Templiers, du désert de Gobi au plateau tibétain, la planète trail est une merveilleuse machine à voyager. Et comme le monde du trail est en pleine ébullition, nous vous proposons également deux enquêtes passionnantes : la triste histoire de Joyline Chepngeno, talentueuse kényane prise dans la tourmente du dopage, et la joyeuse histoire de Clem Qui Court, une tornade rose qui a ébranlé Chamonix lors de l’UTMB.
Il est temps de voyager…Enquête sur le phénomène Clem Qui Court
Retrouvez ESPRIT TRAIL n°146 dès maintenant en kiosque !