Hallux valgus et course à pied, que faire ?

HALLUX-VALGUS open

L’hallux valgus, ou oignon, est une correspond à une déviation du gros orteil qui fait apparaître une bosse au niveau de l’articulation métatarso-phalangienne. Selon qu’elle soit plus ou moins prononcée, cette déformation, très fréquente, peut faire souffrir et compliquer le choix de vos chaussures. Nos conseils pour courir avec le moins de gêne possible.

Hallux valgus, une pathologie fréquente et inévitable

L’hallux valgus est une pathologie qui concerne 30% des personnes de plus de 40 ans. Dans une très grande majorité (environ 90% des cas), ce sont des femmes. Et, hélas, il est impossible de lutter. En effet, cette déformation héréditaire est présente dès la naissance et s’accentue bien souvent dans le temps.

D’autres facteurs peuvent favoriser et aggraver le phénomène, comme par exemple le port de chaussures étroites, à talons et/ou à bouts pointus. Pour les femmes, la ménopause vient également compliquer l’histoire. De plus, certaines maladies rhumatologiques, comme la polyarthrite rhumatoïde, augmenteraient le risque de développer un hallux valgus. Enfin, les pieds pronateurs (qui ont tendance à s’affaisser à l’intérieur), tout comme la laxité des ligaments, peuvent aussi être des facteurs favorisants.

Hallux valgus, une déformation douloureuse

S’il se fait discret au plus jeune âge, l’hallux valgus, en s’amplifiant au fil des années, peut devenir douloureux. En effet, la déformation entraîne l’articulation de votre gros orteil petit à petit vers l’extérieur, créant une « bosse » qui va frotter sur les chaussures. Ces frottements peuvent alors déclencher une inflammation (bursite) douloureuse.

L’évolution plus ou moins lente va également entraîner une rétractation des tendons et ligaments de l’articulation, qui devient raide. Le défaut d’alignement des orteils perturbe alors la marche et la course, car le gros orteil n’assure plus son rôle de propulseur. L’appui est transféré aux autres orteils, qui vont souffrir à leur tour de cet excès de contrainte demandé. Plus le temps passe, plus les douleurs s’amplifient et plus se chausser devient compliqué.

Evolution dans le temps de la déformation. Illustration DR

Hallux valgus, différents stades de sévérité

Il existe différents stades de sévérité de l’hallux valgus, en fonction de l’angle de la déviation et de l’importance des autres atteintes du pied.

L’hallux valgus léger : la déviation est inférieure à 20°. La phalange du gros orteil et le métatarse sont encore correctement emboîtés. Généralement, ce n’est pas douloureux.

L’hallux valgus modéré : la déviation se situe entre 20° et 40°. Le gros orteil tourne vers l’extérieur du pied, la phalange est déplacée par rapport au métatarse et ne s’emboîte plus correctement. Le gros orteil entre en conflit avec le second orteil. La gêne occasionnée peut devenir douloureuse à cause des frottements. Si la déformation s’aggrave progressivement, la bursite grossit et le pied se déforme ensuite dans son ensemble, en raison du transfert d’appui sur les autres orteils. Des durillons apparaissent sur la plante du pied et des cors sur les orteils latéraux. Ces derniers, chassés par le gros orteil, peuvent se recroqueviller en “griffes“.

L’hallux valgus sévère : l‘angle de la déviation est supérieur à 40°. Le gros orteil passe au-dessous ou au-dessus du deuxième orteil. L’arthrose accentue la déviation, jusqu’à provoquer une luxation complète de l’articulation du gros orteil qui perd ainsi sa fonctionnalité. Une opération est souvent nécessaire.

Hallux valgus et course à pied : choisissez bien vos chaussures

S’il n’existe pas de contre-indication à la course à pied, les individus ayant un hallux valgus ont tout intérêt à prendre certaines précautions. Première d’entre elles, choisissez des chaussures adaptées à la forme de votre pied. C’est-à dire avec un avant-pied suffisamment large pour ne pas comprimer vos orteils. Certaines marques, comme Hoka ou Altra pour les plus connues, proposent des modèles avec des “boîtes à orteils” larges. Pour une femme, prendre un modèle homme peut aussi parfois être une solution pour avoir plus d’aisance sur la largeur du pied.

Lone Peak 6 et Timp 4
La Lone Peak 6 et la Timp 4 d’Altra, spécialiste des chaussures ayant des “boîtes à orteils” larges. Photo DR

Hallux valgus et course à pied : les précautions utiles

Au-delà du choix des chaussures, un certain nombre d’autres petits gestes peuvent partiellement enrayer la gêne. Par exemple, prenez l’habitude d’assouplir régulièrement votre articulation pour en retarder l’enraidissement. Après la douche, appliquez une crème hydratante ou réparatrice pour les pieds, et profitez-en pour masser et tirer sur votre hallux. Vous pouvez aussi appliquer des huiles essentielles anti-inflammatoires.

Vous pouvez également essayer de redresser l’articulation en portant un séparateur d’orteils, ou orthèse, que vous trouverez en pharmacie. Si vous utilisez cette solution, pensez à tester vos chaussures en boutique muni de votre orthèse pour ne pas avoir de surprise à votre première sortie running. En effet, ce dispositif peut avoir une certaine épaisseur et prendre un peu de place.

Il est également possible prendre l’avis d’un podologue qui pourra vous aider à soulager vos pieds en créant des semelles thermoformées.

HALLUX-VALGUS orthese
Une orthèse peut offrir une certaine protection et permettre de redresser un hallux valgus. A tester dans les chaussures avant d’aller courir ! Illustration DR

Hallux valgus et opération chirurgicale : ce qu’il faut savoir

Enfin, il existe une solution radicale qui passe par un traitement chirurgical de l’hallux valgus. Le but de l’intervention est de réaligner le gros orteil et de faire disparaître la saillie osseuse en réalisant une à deux fractures afin de réaxer correctement l’os. L’intervention est pratiquée en ambulatoire sous anesthésie loco-régionale (ALR). La chirurgie se fait par une technique mini-invasive et percutanée par des petites incisions. Elle dure en général entre 20 et 40 minutes. Le patient peut marcher au bout de 24 heures à l’aide de chaussures post-opératoires, qu’il faut conserver durant 1 semaine environ.

C’est généralement vers 50 ans que l’on a recours à cette solution. Bien entendu, une consultation médicale est obligatoire avant de vous lancer. Il faut compter un minimum de 2 à 3 mois avant de pouvoir remarcher normalement, et quelques semaines de plus pour recourir.

En cas d’hallux valgus simultané, il n’est pas possible de pratiquer une intervention le même jour, car la douleur risquerait d’être trop importante, et la marche très difficile avec 2 pieds anesthésiés. Si vous devez vous faire opérer des 2 pieds, comptez 1 ou 2 semaines d’intervalle entre les opérations. La convalescence est la même, mais le handicap temporaire sera un peu plus important.

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