L’année dernière, l’athlète catalan du team International BUFF®, Pau Capell avait remporté l’UTMB en 20h19min 07secondes. Cette année, quand l’annonce de l’annulation est tombée, il était impensable pour lui de ne pas courir sur le parcours qu’il affectionne particulièrement. Pour 2020, il s’est donc lancé donc un challenge à sa mesure : battre son propre record et passer sous la barre des 20h. 

Photo Serge Moro

Dès cette annonce, BUFF® qui le suit depuis 2 ans maintenant, lui offre immédiatement son soutien. Logistique et humain. Pour Sergi Muñoz-Baiget, sport marketing coordinator, « L’accompagner dans ce projet était une évidence pour l’équipe de BUFF®. Nous construisons une aventure avec lui depuis 2 ans maintenant et la marque catalane partage avec lui de nombreuses valeurs, de performance, de ténacité et une volonté farouche d’avancer. Chaque ambassadeur qui vient nous voir avec un beau projet humain obtient notre support et c’était le cas dans cette envie de battre son propre record et de passer sous la barre des 20h. Mais pas uniquement. Ce projet s’accompagne également d’un support plus large avec notamment des valeurs environnementales fortes qui se traduisent par un soutien actif auprès de l’association POW (Protect Our Winters) sur cette collection UTMB 2020. Nous reversons 15% de chaque vente à l’association. Notre slogan, « Live more Now* » se reflète totalement au travers de ces actions. »

LES RAVITAILLEMENTS

Tout au long du parcours, l’équipe logistique qui suit Pau Capell est présente aux points de passage et de contrôles officiels de l’UTMB 2019. Une chaise et une couverture, une table pliante, confort spartiate, à l’arrière d’un van. Son régime alimentaire est surprenant, toujours identique, ou presque. Fromage blanc et miel. Riz blanc froid. Dattes et bananes. Fromage seul. Pain avec du jambon, chocolat ou du fromage. Billes de chocolat. Eau. Coca. Perrier. Ice Tea. Et à chaque fois il repart avec 2 flasques, l’une d’eau et l’autre de boisson énergétique. Les nutritionnistes doivent en avoir des haut-le-cœur ! Mais le plus important reste le plaisir que le coureur doit avoir lors du ravitaillement. C’est un moment de réconfort important. Ce qu’il mange doit faire plaisir au moral avant tout. Une course de cet acabit se gagne au mental.

LE RECIT DU PARCOURS

Aucune surprise pour l’athlète Buff® sur ce parcours. Il le connait presque par cœur et même si la nuit lui a joué des tours, se perdant à de multiples reprises, il connait toutes les difficultés du tracé. Parti sur l’exact parcours de l’UTMB 2019, il a attaqué fort dès le départ. Avant d’arriver sur Saint Gervais, il accélère, prenant de précieuses minutes sur son « spectre » de 2019. Xavier Thevenard et Seb Chaigneau sont là, attentifs, l’encourageant. Aux Contamines (1 581m D+ // 31km parcourus depuis le départ), il est en avance de quelques minutes sur son temps de référence. Notre Dame de la Gorge, kilomètre 35, les derniers rayons du soleil ont disparu et les frontales s’allument. Celles de ses supporters, ses amis, sa famille et ses sponsors. On compte encore une cinquantaine de personnes qui l’encourage « Go go go PAU ! ». Il est toujours en avance. Les premières vraies difficultés, arrivées avec la nuit, lui feront puiser au bout de lui-même la ressource nécessaire pour ne pas lâcher son avance. Le col de la Croix du Bonhomme en ligne de mire et ses 2 412m, puis viendra le col de Seigne à 2 516m. Toute la nuit il maintient le rythme. 2h30 du matin, Courmayeur (4 600m D+ // 78km parcouru depuis le départ). Le ravitaillement est plus long et la foule des journalistes et suiveurs surprenantes. Ambiance flashs, caméras et foule des grands jours. Massage, encas et réconfort. Il repart, la foulée rapide et le regard toujours aussi déterminé. Il ne lâche rien durant la nuit, garde sans cesse ses bâtons. Aux premières lueurs de l’aube, son avance s’est pourtant réduite. 6h30, La Fouly, 109km de course. Lever de soleil. La descente est intense, il survole les difficultés, semble voler mais au prix d’un effort intense. La dernière montée avant le prochain ravitaillement lui coûte cher en énergie. Champex-Lac. Le calme matinal des bords du lac est troublé par les supporters, toujours présents. Les cris d’encouragement résonnent dans la montagne et les cloches des supporters #Breaking20 réveillent ceux qui s’étaient assoupis. Le champion arrive. Pau est plus fatigué. La nuit a sans doute été dure, intense. Ravitaillement court. Pas plus de 5’ de repos. Le visage est marqué physiquement. La foulée plus lourde, moins légère. Mais il tient. Il est en retard sur ses plans pour passer sous les 20h. Mais il est encore en avance pour battre son propre record de 2019. Son équipe et son coach sont à ses côtés, l’encouragent, l’accompagnent. Il reste encore 42km à avaler. Un marathon. Mais « des bosses » qui n’ont rien de roulantes. La partie est loin d’être gagnée. Col de Forclaz (1 527m). Le regard rivé sur le sol, concentré, marqué, il arrive. Ses chances de passer sous la barre des 20h sont définitivement envolées. La descente. Trient, 140km de course et déjà plus de 8 234m de dénivelés positifs. Retard. Même s’il paraît mieux, plus frais, les temps de référence tombent. Impitoyables. Battre son propre record de 2019 ? Il est encore en course. Vallorcine. 5ème et dernier ravitaillement. La dépression météo prévue à partir de 14h a pris de l’avance, elle. Une pluie lourde s’abat sur les supporters, plus nombreux, qui l’attendent. Il accuse encore plus de retard que lors du dernier check-point de Trient. Les chances de record semblent s’envoler. La météo n’aide pas. Mais le champion est encore là. Solide mais fatigué. Il sourit un peu aux mots de réconfort de son équipe. Il se bat, reste dans la course à l’amorce du Col des Montets. Dernières difficultés. Il est épaulé, suivi par toute son équipe qui l’accompagne. Jusqu’à la ligne. 14h sonne au clocher de l’horloge de Chamonix. La pluie lourde s’est mise à tomber. Ambiance un peu de fin de monde. L’orage tonne. La foule est là quand même. Aux aguets. Masques sur les visages et capuches relevées. Même si sur les réseaux sociaux officiels de Pau Capell et de ses sponsors, on appelle les supporters à suivre le live plutôt que de se déplacer. D’éviter les rassemblements à l’arrivée. Le Covid est présent. Difficile de respecter les distances tant on a envie de voir le catalan à l’arrivée. De le féliciter malgré tout. Il n’aura pas réalisé l’exploit attendu, passer sous la barre des 20h. Il n’aura pas n’ont plus réussi à battre son propre record de 2019. Mais il réalise tout de même un immense exploit. Celui d’avoir bravé les difficultés, d’avoir été au bout de son rêve. Prendre le départ de son UTMB. Seul. Bravo Pau Capell de nous avoir fait rêver cette année encore !

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