Très connue par les coureurs et les entraîneurs, la périostite est une maladie bénigne qui guérit le plus souvent avec des solutions simples. Malheureusement, elle peut être aussi un mode d’entrée vers des pathologies plus graves et plus difficiles à traiter…

Les coureurs à pied qui débutent sont souvent atteints de douleurs de jambe, région anatomique qui se situe en dessous du genou et au-dessus de la cheville. Ces douleurs peuvent être unilatérales ou bilatérales. Le repos sportif ne soigne en rien ces douleurs qui réapparaissent dès la reprise du running. Le plus souvent, il s’agit d’une période d’adaptation passagère de l’os tibial et des muscles des jambes aux impacts au sol qui caractérisent la course à pied. Les coureurs qui se plaignent de périostite ont parfois du mal à décrire leur douleur et localiser précisément la zone douloureuse. Dans ce cas, la pression manuelle des faces internes des tibias, plutôt au tiers moyen et inférieur de la jambe, déclenche des douleurs dites « exquises » qui vont faire sursauter le sportif et lui faire reconnaître immédiatement la gêne qui l’empêche de courir.

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Périostite tibiale : quelle définition ?

Curieusement, il n’existe pas de définition précise, sur le plan scientifique, de la périostite. Les termes de périostites et de périostoses sont surtout utilisés en France. Ils viennent du fait que le périoste, une lame de tissu conjonctif qui enrobe l’os, réagit aux agressions et aux microtraumatismes par une augmentation de volume de ce tissu superficiel. Cette apposition périostée est rarement visible à la radiographie mais peut être retrouvée à l’IRM. Les anglo-saxons utilisent le terme de « shin splint ». Mais les médecins du sport de tous les pays s’accordent à reconnaître qu’il s’agit d’une maladie de l’adaptation des os tibiaux à la course à pied et aux impacts au sol. Et pour preuve de cette hypothèse, les douleurs de périoste se déclenchent surtout chez les débutants, quel que soit leur âge, ou bien à la reprise de l’entraînement après une longue interruption, parfois suite à un stage intensif.

Quelle en est la cause ?

En France, médecins du sport et spécialistes de la biomécanique sont d’accords sur le fait que les facteurs favorisants les périostites sont actuellement connus : l’importance des forces créées à l’impact au sol et l’hyper-pronation à la course associée au valgus de l’arrière-pied en sont les responsables. Pour les anglo-saxons par contre, les différences entre périostite, fracture de fatigue et syndrome de loge à l’exercice ne sont pas évidentes. De ce fait, ils préfèrent regrouper ces trois pathologies qu’ils considèrent comme intriquées sous le terme de « medial tibial stress syndrome ».

Une pathologie complexe qui guérit presque toujours

En cas de périostite, dans la grande majorité des cas, les coureurs ne viennent pas consulter les médecins ou les kinésithérapeutes du sport. Les simples conseils donnés par les entraîneurs, les autres coureurs ou les articles sur Internet suffisent très souvent à faire disparaître les phénomènes douloureux. Un changement de chaussures, de mode d’entraînement (durée, fréquence, intensité), ou des surfaces d’entraînement est très efficace et suffit à améliorer rapidement la gêne douloureuse.

L’étape thérapeutique suivante associe les étirements des muscles de la jambe, le glaçage de la zone douloureuse après chaque sortie, et les pansements à base d’argile ou d’anti-inflammatoires. Le port de chaussettes ou de manchons de contention sont des solutions connues des coureurs à pied. Additionnés, tous ces « petits moyens” permettent le plus souvent de faire disparaître la symptomatologie douloureuse en quelques semaines.

Quand les solutions simples ne suffisent pas…

Malheureusement, il arrive parfois que le traileur ne réussisse pas à se soigner avec les solutions simples décrites au paragraphe précédent. Dans ce cas, les douleurs persistent et finissent par peser sur le sportif qui ne peut plus s’entraîner régulièrement et normalement. Attention donc si votre périostite s’aggrave : une douleur osseuse de jambe qui n’a pas évolué favorablement après 6 à 8 semaines d’automédication devrait être évaluée chez un médecin du sport.

A retenir !

-La périostite est une maladie d’adaptation de l’os tibial à la course à pied et aux impacts au sol.

-Si les vêtements de compressions peuvent diminuer la douleur, une périostite qui ne s’améliore pas en 6 à 8 semaines avec les différents traitements connus et reconnus, doit être considérée comme une périostite qui se complique. La consultation médicale est alors incontournable.

-Le conseil préventif : Le périoste tibial est une structure très sensible aux « phénomènes de transition ». Ceci signifie qu’il va réagir négativement au moindre changement de chaussures, de surface d’entraînement et, par exemple, à l’augmentation du kilométrage à l’entraînement. La prudence devant tout changement d’appuis et de surfaces de course, ainsi que la régularité dans le nombre de séances hebdomadaires sont les premiers principes à respecter pour ne pas se blesser.

Par le Dr Jacques Pruvost.

Ce texte est extrait du livre :

RUNNING, TRAIL, OBJECTIF ZERO BLESSURE

Prévenir, repérer et prendre en charge les différentes pathologies du coureur

Coordonné par le Dr Jacques Pruvost

Publié aux Editions du Chemin des Crêtes

Disponible sur www.chemindescretes.fr

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