En 2024, Ludovic Pommeret avait fait frissonner la planète trail en remportant la Hardrock 100 après un cavalier seul de plus de 21 heures et en battant de quelques minutes le record de la boucle de Silverton dans le sens des aiguilles d’une montre détenu par Kilian Jornet. Cette année, « Ludo » a remis ça, en s’imposant avec panache sur la boucle dans le sens inverse, devenant le premier Français à remporter l’épreuve deux fois de suite. Une machine ! Même admiration côté féminin, où la favorite Katie Schide a survolé le course et dynamité le record de Courtney Dauwalter.

Hardrock 100 : 4 favoris dans la course homme

S’aligner sur la ligne de départ avec le statut d’homme à battre n’est jamais très confortable. Or cette année, Ludovic Pommeret, tenant du titre, pouvait sentir la pression sur ses épaules. Certes, à pratiquement 50 ans (le 22 juillet!), le bonhomme a de l’expérience et sait prendre du recul, mais il n’empêche : devenu « traileur professionnel à plein temps » depuis le 1er avril 2025, donc n’ayant « plus que ça à faire », il allait falloir assurer.

Et les adversaires de taille ne manquaient pas, à commencer par ses compatriotes Mathieu Blanchard et Germain Grangier. Mathieu Blanchard, on le sait, avait fait de cette Hardrock son objectif principal de l’année. Germain Grangier, lui, voulait continuer la bonne dynamique 2025 qui l’avait vu s’imposer sur le format 100M (73km) du Chianti Ultra Trail et prendre la 5ème place du MIUT.

Et il fallait aussi compter sur l’Américain Zach Miller, qui après sa déception de l’an dernier, où il avait subi une opération de l’appendicite 7 jours avant la course et avait été interdit de départ la veille par le comité médical de l’épreuve, revenait cette année avec une furieuse envie d’en découdre.

Lire l’article sur le record de Ludovic Pommeret de 2024 ICI

ZACH
Zach Miller, décidé à prendre sa revanche sur le sort. Photo Hardrock

Hardrock 100 : la petite remontada de Ludovic Pommeret

Et ce qui devait arriver arriva, avec un départ tonitruant de Zach Miller, remonté comme un coucou, courant à sa manière, c’est-à-dire avec fougue et panache, prêt à tout donner, en espérant que ça passe. Derrière, Mathieu Blanchard et Germain Grangier menaient la chasse, tandis que Ludovic Pommeret, plus prudent, prenait son rythme. Un rythme qu’il n’allait plus lâcher, et qui allait lui permettre de faire une remontada dont il a le secret.

Bien sûr, rien à voir avec la fameuse remontada de l’UTMB 2016, où de la 48ème place au KM 50 à 45 minutes du leader (ce même Zach Miller, justement), il avait croqué tous ses adversaires pour s’imposer. D’ailleurs, il le dit lui même : « Sur une Hardrock, où on est moins de 150 au départ et 4 ou 5 à pouvoir gagner, pas question de se retrouver 50ème, sinon c’est mort. » C’est donc de la 4ème place que le Maître des Remontadas est revenu, pour prendre la tête au 30ème mile, juste avant le tiers de course. Plus personne n’allait le revoir, et Mathieu Blanchard allait même, àlors d’un ravitaillement, exprimer à son équipe d’assistance toute son admiration pour la façon dont Ludo gérait les descentes : « C’est un monstre en descente ! »

MATHIEU
Mathieu Blanchard, impressionné par Ludovic Pommeret. Photo Hardrock

Hardrock 100 : Ludovic Pommeret, premier Français à réaliser le doublé !

Épaulé par 2 pacers de luxe, coéquipiers du team Hoka, tout d’abord Jim Walmsley du 50ème jusqu’au 75ème mile, à Telluride, puis Vincent Bouillard pour la fin, Ludovic Pommeret n’a, comme l’an dernier, jamais sembler marquer le coup. De ses immenses foulées, il a dévoré le sentier qui l’a ramené à Silverton pour embrasser le rocher au bélier au milieu de la nuit. Longtemps dans les temps du chrono record de François D’Haene de 21h 45mn 51s établi en 2023, il termine finalement en 22h 21mn 52s.

Il rentre ainsi dans le cercle très fermé des athlètes masculins ayant réussi à s’imposer 2 fois de suite sur la boucle de Silverton, dans un sens puis dans l’autre : David Horton en 1992 et 1993, lors des 2 premières éditions, Karl Meltzer en 2001 et 2003 (l’édition 2002 ayant été annulée en raison d’incendies de forêt) puis en 2005 et 2006 (5 victoires en tout), et enfin le Patron Kilian Jornet, 4 fois de suite de 2014 à 2017 (5 victoires en tout). Il est donc le premier Français à réaliser cet exploit, ni Julien Chorier (2à11), ni Sébastien Chaigneau (2013) ni François D’Haene (2021) ni Aurélien Dunand-Pallaz (2023) n’ayant gagné une 2ème fois!

Derrière Ludovic Pommeret, Mathieu Blanchard prend la 2ème place et Germain Grangier la 3ème, signant un triplé français historique.

LUDOVIC
Ludovic Pommeret, seul au monde, et N°1 à jamais. Photo Hardrock

Hardrock 100 : Katie Schide supersonique

Bien sûr, Courtney Dauwalter, détentrice des records de la Hardrock dans les 2 sens, n’était pas sur la ligne de départ, privant l’Américaine Katie Schide d’une redoutable adversaire. Mais celle-ci ne s’est jamais préoccupée de savoir contre qui elle allait se battre, préférant se focaliser sur sa course. Et elle ne cachait pas qu’elle avait fait de la Hardrock, qu’elle disputait pour la première fois, son principal objectif de l’année. Ses principales adversaires du jour, Manon Bohard côté tricolore et Katarina Hartmuth côté allemand, étaient prévenues.

De suspense, il n’y en eut aucun. Partie seule en tête, dans le sillage immédiat des meilleurs hommes, Katie Schide ne fut jamais inquiétée. Finalement, son seul adversaire fut… le chronomètre. Car bien entendu, le record de Courtney fut tout de suite dans le viseur. À Telluride, aux trois-quarts du parcours, elle comptait toujours quelques minutes d’avance…

Au final, Katie Schide s’impose magistralement en 25h50mn23s, reléguant Courtney Dauwalter et ses 26h14mn08s de 2023 aux oubliettes.

Derrière elle, Manon Bohard prend une très belle 2ème place, et l’Allemande Katarina Hartmuth la 3ème.

KATIE
Katie Schide en mode missile. Photo Hardrock
Les derniers articles

Après une campagne d’inscriptions très dynamique fin 2024, ils étaient près de 2100 traileurs à se retrouver à Guillestre les 4, 5 et 6 juillet, impatients de découvrir ou redécouvrir les merveilles du Queyras concoctées par les organisateurs du Grand Raid du Guillestrois-Queyras. Si l’édition 2024 avait été marquée par une météo capricieuse et une neige abondante sur les hauts cols, celle de 2025 s’annonçait bien plus clémente, les quatre semaines de canicule du mois de juin ayant fait disparaître les derniers névés et permettant de nouveau pour les engagés des 2 plus longues distances de grimper jusqu’au sommet du Pic de Caramantran (3025 m), point culminant de la course. Une épopée grandiose et éprouvante !

Grand Raid du Guillestrois-Queyras : un Ultra Tour taillé pour les costauds

Dès le vendredi 4 juillet à 5h, les 300 partants de l’éprouvant Ultra Tour (170 km, 11 000 m D+) se lançaient à l’assaut d’un parcours taillé pour les costauds. Au programme, un enchaînement mythique de 12 cols et sommets à franchir, parmi les plus exigeants d’’Europe : Col Garnier, Col de Furfande, Col du Tronchet, Col de Péas, Pic du Malrif, Collette de Gilly, Col Vieux, Pic de Caramantran, Col des Estronques, Col Girardin, Col de Serenne et Col Sous Escreins. Seuls 55% des participants en viendront à bout.

David Gonthier
Photo David Gonthier

Grand Raid du Guillestrois-Queyras : le triomphe d’Aline Coquard

Chez les femmes, Audrey Bassac (Team Vibram), très offensive dès le départ, possédait plus d’une heure d’avance sur Aline Coquard au Refuge Agnel (km 92). Mais à partir de Saint-Véran (km 108), la dynamique s’est inversée : Aline Coquard est revenue progressivement et a pris la tête dans l’avant-dernière difficulté, le Col de Serenne, avant de creuser l’écart jusqu’à Guillestre. Un beau retournement de situation. Maïté Michaud a complété le podium.

Aline Coquard. Photo Gaël Ripoll
Aline Coquard. Photo Gaël Ripoll

Grand Raid du Guillestrois-Queyras : Julien Christin-Benoit au finish

Côté hommes, le favori Sylvain Guillon a dû jeter l’éponge à Ristolas (km 77), victime d’un coup de chaud. La bataille pour la victoire finale a alors opposé David Leveille, Mayennais, à Julien Christin-Benoit, Haut-Savoyard. D’abord en tête, David Leveille a été repris dans l’ascension du Col des Estronques. Julien Christin-Benoit est parvenu à conserver sa première place jusqu’à l’arrivée, avec 11 minutes d’avance. Victor Ferment a terminé à la 3ème place.

Christin-Benoit. Photo Olivier Heimana
Julien Christin-Benoit. Photo Olivier Heimana
Les podiums de l'Ultra Tour. Source Sportips
Les podiums de l’Ultra Tour. Source Sportips

Grand Raid du Guillestrois-Queyras : les résultats des autres courses

Sur la Grande Traversée (105 km et 6600m D+), l’Italien Davide Rivero et Emily Cambier (MSN 73) se sont imposés avec autorité.

Les podiums de La Grande Traversée. Source Sportips
Les podiums de La Grande Traversée. Source Sportips

Le Trail des Crêtes (67 km et 4250m D+) a offert un joli duel entre Clément Desille et Florent Paybou, séparés de seulement… 54 secondes à l’arrivée ! Chez les femmes, victoire nette de Célia Taix.

Les podiums du Trail des Crêtes. Source Sportips
Les podiums du Trail des Crêtes. Source Sportips

Sur le Trail des Lacs (50 km et 3200m D+), Julien Brunet (Team Provence Endurance) et Élodie Colegno l’emportent.

Les podiums du Trail des Lacs. Source Sportips
Les podiums du Trail des Lacs. Source Sportips

Enfin, sur la Skyrace du Rif Bel (25 km et 1750m D+), ce sont Mathias Hervas et Alexia Coudray qui montent sur la plus haute marche du podium.

Les podiums de la SkyRace du Rif Bel. Source Sportips
Les podiums de la SkyRace du Rif Bel. Source Sportips

Grand Raid du Guillestrois-Queyras : une édition rayonnante, à l’image du Queyras

Cette 4ème édition a une fois de plus conquis les cœurs : paysages sublimes, ambiance conviviale, organisation millimétrée, et surtout, l’engagement sans faille des 230 bénévoles, salués unanimement par les coureurs à l’arrivée. De quoi ravir Pierre Kaftandjian, organisateur de l’événement : « Nous travaillons d’arrache-pied pendant six mois pour offrir aux coureurs une expérience inoubliable. Quand tout se passe aussi bien et que les retours sont si enthousiastes, c’est une immense satisfaction. Nous avons réussi à créer un événement qui fait rayonner le Queyras dans toute sa magie et son authenticité. »

Voir les résultats complets de toutes les courses ICI

Photo David Gonthier
Photo David Gonthier
Les derniers articles

Du 4 au 6 juillet, Morzine a accueilli l’un des événements phares du circuit SPARTAN. Près de 11 000 participants représentant 42 nationalités ont relevé les défis extrêmes de l’ULTRA, de la BEAST, de la SUPER et du SPRINT, sous un soleil écrasant et dans un décor alpin spectaculaire. Point fort du week-end : l’ULTRA 50K, support du Championnat du Monde SPARTAN ULTRA, a vu la victoire historique de Leslie Lejeune, première Française à devenir Championne du Monde. Mais Morzine était également une étape décisive des France National Series, le championnat de France officiel.

Championnat du Monde Spartan Ultra : Leslie Lejeune dans l’histoire

Le vendredi 4 juillet 2025 restera à jamais gravé dans sa mémoire. Car c’est ce jour-là, à Morzine, que la Française Leslie Lejeune a réalisé un exploit monumental en s’imposant au terme de plus de 8 heures d’effort extrême lors de l’édition 2025 du Championnat du Monde SPARTAN ULTRA. Une victoire magistrale sur un parcours redoutable de 50 km et 60 obstacles D+3030m qui place la tricolore au sommet du circuit mondial.

Avec un chrono impressionnant de 8h02’15, Leslie Lejeune a pris le dessus sur la Britannique Andréa Berquez (8h17’45) et la Philippine Sandi Menchi Abahan (8h34’22), signant ainsi la plus belle performance française de l’histoire de la discipline. Portée par une préparation sans faille et une détermination de fer, elle offre à la France un titre mondial inattendu !

LESLIE LEJEUNE
Leslie Lejeune. Photo Spartan

Championnat du Monde SPARTAN ULTRA : Jonathan Garcia et Thibault Jean au pied du podium

Du côté masculin, la course n’a pas souri à Thibault Jean, vice-champion du monde 2024 et grand espoir de la délégation française. Malgré un bon départ, le Français n’a pas pu suivre le rythme imposé par l’Italien Luca Pescollderungg, tenant du titre et vainqueur en 6h25’18. Il termine à une cinquième place décevante. Le podium est complété par le Canadien Ryan Atkins (6h29’03) et le Suisse Antoine Freymond (6h35’48). Le premier Français, Jonathan Garcia, échoue au pied du podium.

Luca-Pescollderungg
Luca Pescollderungg. Photo Spartan

Le podium du Championnat du Monde SPARTAN ULTRA – 50K l 60 obstacles

FEMMES

#1 : Leslie LEJEUNE – FRA –  8:02:15

#2 : Andréa BERQUEZ – GB –  8:17:45

#3 : Sandi MENCHI ABAHAN – PHI –  8:34:22

HOMMES

#1 : Luca Pescollderungg – ITA  06:25:18

#2 : Ryan ATKINS – CAN – 6:29:03

#3 : Antoine FREYMOND – SUI –  6:35:48 

Morzine, une étape clé des France National Series

La course SUPER 10K et 20 obstacles du dimanche 6 juillet comptait pour les France National Series, le championnat de France officiel de la discipline. Cette étape stratégique a réuni l’élite nationale dans une configuration particulièrement exigeante, à plus de 1 000 mètres d’altitude !

Le niveau relevé de la compétition s’est traduit par un podium masculin 100 % français, dominé par Gregory Basilico, double champion du monde Trifecta (2023 & 2024) et titré sur la Beast à Abou Dhabi, de retour sur le circuit national. Il devance David Labrosse et Jonathan Garcia, ce dernier auteur d’un bel enchaînement après sa 4e place sur l’Ultra de 50K et 60 obstacles du vendredi.

Chez les femmes, Jezabel Kremer s’impose avec autorité. De retour aux avant-postes après s’être illustrée sur le circuit Hyrox, elle montre qu’elle reste une référence sur les parcours Spartan.

Christophe Lemaitre au départ de la SPRINT

C’était l’un des nombreux moments forts du week-end : la participation du champion olympique Christophe Lemaitre à la course SPRINT 5K (20 obstacles). Habitué à la piste, il a découvert l’univers Spartan avec curiosité et engagement, au milieu des autres coureurs, terminant la course à la 545ème place sur 1650 engagés.

« C’est une autre dimension de l’effort, très loin de ce que je connais, mais avec une intensité incroyable. J’ai adoré vivre ça, et j’ai énormément de respect pour les habitués de ce genre de course », a déclaré Christophe Lemaitre, ravi de son expérience.

CHRISTOPHE LEMAITRE ET GRÉGORY BASILICO
Christophe Lemaitre et Grégory Basilico. Photo Spartan

Résilience, engagement et esprit SPARTAN

Que ce soit sur les longues distances comme l’Ultra 50K et 60 obstacles  – support du Championnat du monde SPARTAN ULTRA – ou sur les formats plus explosifs comme le SPRINT 5K (20 obstacles) et la SUPER 10K (25 obstacles), chaque course a mis à l’épreuve le mental, la technique et la condition physique des participants.

Des obstacles, du dénivelé, de l’entraide… et une seule consigne : ne jamais lâcher !

Les épreuves d’endurance en équipe Hurricane Heat ont, quant à elles, démontré toute la puissance du collectif, avec des formats allant jusqu’à 24 heures d’effort non-stop guidé par un instructeur Spartan..

La Kids Race, de son côté, a permis aux plus jeunes de goûter à l’expérience Spartan, dans une version adaptée mais tout aussi fun et formatrice.

SPARTAN SUPER et BEAST, les podiums

PODIUM SUPER – 10K l 25 obstacles

FEMMES

#1 : Jezabel KREMER – FRA-  1:10:39

#2 : Camille SALLIOT – FRA – 1:13:07

#3 : Katrine HAALAND LEVERAAS – NOR – 1:13:29

HOMMES

#1 : Gregory BASILICO – FRA – 54:26

#2 : David LABROSSE – FRA – 58:20

#3 : Jonathan GARCIA – FRA –  59:15

PODIUM BEAST – 21K l 30 obstacles

FEMMES

#1 : Katrine HAALAND LEVERAAS – NOR – 3:30:24

#2 : Carolina VAZ – POR –  3:40:01

#3 : Ilaria PALTRINIERI – ITA –  3:45:35

HOMMES

#1 : Richard HYNEK – CZE –  2:35:18

#2 : Espen BERGET – NOR – 2:35:18

#3 : Edouard HERVY – FRA –  2:49:31

Voir tous les résultats de toutes les courses du week-end ICI

Les derniers articles

Disputée du 3 au 5 juillet 2025 à Corte, la 17ème édition du Restonica Trail a été marquée par les victoires d’Alexis Sévennec et Maud Combarieu sur la plus prestigieuse des épreuves, le 110km, mais aussi par des records, malgré l’exigence des parcours corses et la météo capricieuse de ce début d’été.

Restonica Trail : des conditions exigeantes et un parcours de repli

C’est dans un environnement aussi grandiose qu’exigeant qu’ont évolué les 2900 coureurs du Restonica Trail, des sentiers escarpés du GR20 aux panoramas vertigineux de la vallée de la Restonica. Entre forêts de pins laricio, crêtes rocheuses et lacs glaciaires suspendus, chaque format de course a offert une immersion saisissante dans la montagne corse, à la fois sauvage, minérale et authentique.

Disputée sous une chaleur constante et ponctuée par des épisodes orageux intenses, cette édition a mis les organismes à rude épreuve. Face à ces conditions, l’organisation avait anticipé : kit canicule distribué, adaptation des ravitaillements avec un approvisionnement en eau renforcé et équipes de secours déployées sur l’ensemble des parcours. Sur le 100K (Restonica Trail), le parcours de repli a été activé, ramenant la distance à 56 km et 2 500m D+ en raison d’un risque orageux confirmé par la cellule météo, et privant les coureurs du passage de Bocca alle Porte, point culminant du GR20. Une décision difficile à prendre mais saluée par les coureurs comme garante de sécurité, sans renier l’exigence du parcours.

Ultra-Trail di Corsica : performances de haut vol sur le 110km

Sur l’Ultra-Trail di Corsica (110 km – 7 200 m D+), Alexis Sevennec a dominé la course, signant un temps solide (16h14’44”), devant Paul Zunino et Rémi Berchet. Chez les femmes, Maud Combarieu s’est imposée en 21h17’08”, au terme d’une course parfaitement maîtrisée, avec plus d’une heure d’avance sur sa dauphine Marie-Laure Thiex. Adeline Vitry a terminé 3ème.

Sevennec
Alexis Sévennec. Photo Organisation

Autre moment fort : la victoire de l’équipe « Les Vieux de la Vieille » sur le relais du 100M. Quatre figures emblématiques du trail corse, Guillaume Peretti, Xavier Bartoli, Anthony Quilici et l’actuel recordman du GR20 Lambert Santelli ont battu le record de l’épreuve relais avec brio, en 13h14’52”. Déjà sur le podium du relais en 2023, Peretti et Quilici confirment leur constance au plus haut niveau, tandis que Lambert Santelli, sacré sur le format 69km en 2024, confirme son aisance sur les sentiers corses.

Côté relais mixte, la victoire est revenue à l’équipe « E Muvre Balanine » qui a réalisé une très belle 3ᵉ place au scratch avec 15h48’34”. Quant au relais féminin, emmené par l’équipe « E Muvrelle », il a bouclé son aventure solidaire et sportive en 23h51’32”.

Maud Combarieu Photo Organisation
Maud Combarieu. Photo Organisation

Restonica Trail : Bart Przedwojewski et Giuditta Turini s’imposent sur le parcours réduit

Il fallait prendre une décision pour des raisons de sécurité, et ils l’ont prise en activant le parcours de repli. « Grâce aux bulletins météo actualisés deux fois par jour par Météo-France, nous avons pu suivre avec précision une situation météorologique particulièrement instable. Les prévisions annonçaient des orages pour le samedi et nous avions déjà fait face à quelques épisodes de grêle la veille sur l’Ultra-Trail di Corsica. Dans ces conditions, il n’était pas envisageable de faire partir 900 coureurs sur un parcours aussi exigeant. Nous avons donc activé le plan B : un tracé de repli de 56 km et 2 500m D+, certes raccourci, mais toujours très engagé, malgré l’absence du passage à Bocca alle Porte. Les participants ont fait preuve d’un engagement exemplaire et nous sommes heureux d’avoir pu proposer un format alternatif réussi », a déclaré Loïc Colonna, de la Direction du Restonica Trail.

Sur ce format réduit de 69 à 56 km, c’est le Polonais Bart Przedwojewski et l’Italienne Giuditta Turini qui ont largement dominé les débats, s’imposant pour le premier en 06h25’26” avec plus de 15 minutes d’avance sur le Slovène Luka Kovacic et 25 sur l’Espagnol Alejandro Lopez Garcia. L’éacrt était encore plus important chez les femmes, où Giuditta Turini s’est imposée en 07h44’32” avec plus d’une demi-heure d’avance sur sa dauphine, la Française Pauline Carre, et 35 sur Laure De Jacquelot.

Bart
Bart Przedwojewski. Photo Organisation
Guidetta
Giuditta Turini. Photo Organisation

Tavignanu Trail : les Kényans font la loi sur le 33km

Le Tavignanu Trail (33 km – 2 400 m D+) a offert l’un des plus beaux scénarios du week-end : La Kényane Caroline Kimutai a ainsi battu le record féminin en 03h41’35” sur sa première course de trail running en Europe, effaçant le record détenu par Blandine L’Hirondel en 2024 de 2 minutes 25 secondes. Elle s’est classée 6ème au scratch, dans une course très relevée où les trois premières femmes ont toutes terminé dans le top 10 général ! L’Espagnole Malen Osa Ansa a pris la deuxième place en 03h47’35” devant la Kényane Joyline Chepngeno (03h54’16”).

Chez les hommes, c’est également un Kényan, Ezekiel Rutto, qui s’est imposé en 03h11’42”. Il a devancé l’Italien Damiano Lenzi (03h15’16”) et le Slovaque Klemen Španring (03h24’25”).

Enfin, sur le 20K, le public local a vibré pour la victoire de Sébastien Giambernardi, l’un des nombreux insulaires engagés. Chez les femmes, c’est la Française Alexandra Yatzimirsky qui s’est imposée.

Tavignanu
Caroline Kimutai. Photo Organisation
Tavignanu Rutto
Ezekiel Rutto. Photo Organisation

Restonica Trail : tous les podiums

Ultra-Trail di Corsica (110 km – 7 200 m D+)

Podium féminin :

  1. Maud Combarieu – 21h17’08”
  2. Marie-Laure Thiex – 22h22’59”
  3. Adeline Vitry – 22h38’28”

Podium masculin :

  1. Alexis Sevennec – 16h14’44”
  2. Paul Zunino – 17h04’21”
  3. Rémi Berchet – 17h12’57”

Restonica Trail (56 km – 2 500 m D+) – Parcours de repli

Podium féminin :

  1. Giuditta Turini – 07h44’32”
  2. Pauline Carre – 08h15’09”
  3. Laure De Jacquelot – 08h20’39”

Podium masculin :

  1. Bart Przedwojewski – 06h25’26”
  2. Luka Kovacic – 06h41’21”
  3. Alejandro Lopez Garcia – 06h52’51”

Tavignanu Trail (33 km – 2 400 m D+)

Podium féminin :

  1. Caroline Kimutai – 03h42’25”
  2. Malen Osa Ansa – 03h47’35”
  3. Joyline Chepngeno – 03h54’16”

Podium masculin :

  1. Ezekiel Rutto – 03h11’42”
  2. Damiano Lenzi – 03h16’04”
  3. Klemen Španring – 03h25’14”

Giru di Tumbonu (17 km – 650 m D+)

Podium féminin :

  1. Alexandra Yatzimirsky – 01h32’07”
  2. Maëlys Devos – 01h36’16”
  3. Rhiannon Paton – 01h39’48”

Podium masculin :

  1. Sébastien Giambernardi – 01h18’41”
  2. Lenzo Battaglini – 01h19’57”
  3. Madani Iadadaine – 01h21’43”

Les résultats complets sont à retrouver ICI

Photo Organisation
Photo Organisation
Les derniers articles

C’est à un parcours redoutable que s’est mesuré François D’Haene dans le Colorado : le Nolan’s 14, une trace non balisée très technique de 150 kilomètres et 14000m D+ passant par 14 sommets à plus de 14000 pieds (4268 mètres). Avec l’équipe qui lui avait permis d’établir son record du GR20 en 2016, et après une dizaine de jours d’acclimatation et de reconnaissance des principales difficultés, il s’est lancé dans l’aventure. Son objectif n°1 : boucler la trace en moins de 60 heures. Son objectif n°2 : s’approcher du record de 39h 06mn 40s établi en juillet 2023 par David Hedges. Et que croyez-vous qu’il fit ?

Nolan’s 14 : un parcours qui faisait rêver François D’Haene

Il est certains parcours qui inspirent plus que d’autres. Situé près de Leadville, dans la chaîne de Sawatch, dans le Colorado, le Nolan’s 14 est de ceux qui ont toujours attiré François D’Haene. Un itinéraire très difficile, une trace non balisée, des altitudes supérieures à 4000 mètres, on dit du Nolan’s 14 qu’il est réservé aux randonneurs expérimentés.

En mai 2019, l’Américain Joe Grant en avait établi un premier record. Il était alors à la recherche d’une expérience. Il voulait que ce soit difficile et qu’il repousse ses limites, il voulait trouver un terrain où il lui faudrait prendre des décisions difficiles. C’est pourquoi il avait choisi le Nolan’s 14. Il est évident que cette aventure à inspiré François D’Haene, dans un même état d’esprit de quête, de repousser ses limites et, en même temps, de faire quelque chose de grand.

D'Haene Nolan's 14
Source Instagram François D’Haene

Voir le film de Joe Grant ICI

Les FKT, une motivation différente pour François D’Haene

Après le GR20, le John Muir et l’an dernier le Tor des Géants, qui même s’il se courait avec un dossard s’apparente à une aventure personnelle plus qu’à une course, François D’Haene voulait avoir cette année une nouvelle expérience hors des sentiers battus, sur des terrains inconnus de lui, réputés pour leur difficulté.

L’équipe d’encadrement de François D’Haene sur ce FKT. Source Instagram François D’Haene

Comme il l’a lui-même expliqué, il y a 5 raisons qui le poussent à se lancer dans ce type de défi :


1 : Partager l’effort avec des copains. Ici, ce fut sa bande qu’il l’avait accompagnée en 2016 pour le FKT du GR20 (battu depuis), et qu’il compte bien reconduire en 2026 pour tenter de nouveau ce GR20 et aller détrôner Lambert Santelli, l’actuel détenteur du record.

2 : Choisir quand il veut vivre l’aventure. Avant l’UTMB fin août, le créneau de début juillet était idéal pour se lancer dans cette aventure, avec un temps de repos suffisant derrière pour se lancer ensuite dans la prépa du grand rendez-vous de Chamonix.

3 : Se préparer avec un cap clair en tête

4 : Créer un projet sur-mesure, selon ses envies.

5 : Et surtout : lui donner du sens.

Toutes ces raisons, ainsi que celles pour lesquelles son choix s’est porté sur le Nolan’s 14, sont à retrouver dans le premier épisode de la web série tournée à cette occasion : “Inside Nolan’s 14”, disponible sur YouTube.

Inside Nolan’s 14 : voir le premier épisode ici

Nolan’s 14 : le record pour François D’Haene

Et ce qui devait arriver arriva : en 35h 33mn 41s, François D’Haene a effacé David Hedge des tablettes et établi un nouveau FKT.

Nolan's Chrono
Le chrono record de François D’Haene. Source Instagram François D’Haene
Les derniers articles

C’est une aventure aux origines du monde, là où le temps s’écoule différemment, où le soleil ne se couche pas et où l’eau jaillit de sous les glaciers à une température de 100 degrés. Dans son Iceland Trail 2025 concocté avec passion, le GlobeTrailer Christophe Le Saux entraîne un petit groupe de coureurs et marcheurs tout autour de l’Islande, sur des spots de trail exceptionnels, entre cascades majestueuses, fjords, vallées secrètes, volcans et glaciers. ESPRIT TRAIL était de l’expédition juin 2025. Récit tout en images d’un voyage aux allures de livre de la Genèse.

Sortie : 2025
Durée : 22 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

Les derniers articles

130 km de course par semaine, 1000 mètres de dénivelé positif, grip renforcé sur barre fixe, tapis incliné à 25 %, sessions en sauna, entraînements dans les Dolomites ou les Alpes norvégiennes : bienvenue dans les coulisses de la préparation des champions du monde de course à obstacles et d’ultra-endurance.

A 3 jours du Championnat du Monde Spartan Ultra officiel 2025 et des différentes épreuves organisées à Morzine du 4 au 6 juillet, où plus de 12000 participants sont attendus, les plus grands noms du circuit dévoilent leurs routines, leurs méthodes et leur philosophie d’entraînement. Un aperçu rare d’un monde où la performance naît de la constance, du mental et de l’amour du terrain.

Ryan Atkins, entre polyvalence et adaptation

Pour les champions du monde, la polyvalence semble être une règle d’or. Ainsi le Canadien Ryan Atkins, multiple champion du monde de courses à obstacles, champion du monde BEAST 2023, l’un des « sur-hommes » qui prendra le départ du Championnat du Monde Spartan à Morzine, a déjà réussi l’exploit de gravir l’équivalent de la hauteur du mont Everest (8 848 m) en 11 heures et 30 minutes sur une station de ski à Sutton, Québec. Le tout sans assistance.

En 2019, dans des conditions extrêmes avec des températures atteignant -30°C, il a également parcouru 129 km et plus de 8800m D+ en 23 heures et 22 minutes.Pour atteindre ce type d’objectif, il est formel : « Courir à bloc une montée de 1000 mètres, c’est le top pour moi. » Il parcourt jusqu’à 130 km par semaine, en insistant sur le dénivelé et les longs efforts. Ryan Atkins se distingue par une approche mentale et physique rigoureuses. Il met l’accent sur la constance, la récupération et l’adaptation aux conditions extrêmes.

Luca Pesco, maître des dénivelés, adepte de la basse intensité

Champion du monde Spartan Ultra en 2024, l’Italien Luca Pesco est quant à lui un parfait maître des dénivelés. Amoureux des Dolomites, il partage une philosophie similaire à celle d’Atkins : « Je réalise presque exclusivement des entraînements de basse intensité. J’accumule des heures dans la nature, au cœur des montagnes. Chaque journée passée dehors est une victoire. »

Spartan Morzine
Spartan Morzine

Thibault Jean, ou l’art d’apprendre à durer

Triple vainqueur de l’Ultra Tour du Môle, 10ème du Cross du Mont-Blanc 2024, trois fois lauréat du Trail des Aiguilles Rouges 15 km à Chamonix et 2ème du format Spartan Ultra 50K – 60 obstacles de Morzine en 2024, le Français Thibault Jean s’annonce comme l’un des favoris incontestés pour 2025. Il incarne un profil solide, technique et méthodique.

Thibault partage une vision claire de la performance : “Ce qui compte, c’est d’accumuler des heures de fond. Je fais beaucoup de sorties longues, seul ou en groupe, avec du D+ mais sans toujours chercher l’intensité. Le corps a besoin d’apprendre à durer.

Parmi ses conseils aux coureurs :
– Alterner les terrains pour développer la proprioception (capacité, du corps, à détecter ses actions, ses mouvements dans l’espace) ;
– Travailler régulièrement les descentes techniques pour limiter la casse musculaire ;
– Intégrer des séances de rando-course à faible intensité, avec sac chargé, pour simuler la durée réelle de course ;
– Ne pas négliger les phases de récupération active : “C’est quand on récupère bien qu’on progresse.”

Sabrina Daolio, l’écoute du corps et le kiff

La Sud-Africaine Sabrina Daolio, qui évolue dans le Top 10 mondial en OCR, répartit ses efforts entre route, piste, trail, musculation et obstacles. Compétitrice accomplie, elle a étudié la psychologie du sport à l’Université d’Afrique du Sud (UNISA), ce qui lui confère une approche mentale solide de la compétition :  « Je suis aussi thérapeute sportive à plein temps. Mon secret ? M’écouter, rester régulière, et ne jamais oublier de kiffer. »

Spartan Morzine
Spartan Morzine

Chaleur, humidité et altitude : comment préparer l’imprévisible ?

La préparation climatique est aussi cruciale que la condition physique. Les athlètes d’endurance et de sports extrêmes ne laissent rien au hasard lorsqu’il s’agit de performer en conditions difficiles.

Nikolaj Dam, champion OCR danois, veille à intégrer le contraste climatique dans sa préparation annuelle, combinant l’entraînement en altitude et l’exposition à des environnements extrêmes pour maximiser l’adaptabilité. « Je vis au Danemark, donc je pars 2 à 3 fois par an en stage dans les Alpes ou en Norvège. Et je fais 2 séances par semaine en conditions chaudes. » 

De son côté, Ryan Atkins a une approche qui repose sur une exposition constante à des conditions hostiles, qui renforce la résilience mentale autant que physique. Pour lui, l’environnement n’est pas un obstacle mais un partenaire d’entraînement. « Le climat est dur là où je vis, donc j’ai l’habitude de m’entraîner sous la pluie, la neige ou le vent. Ça forge. »

SPARTAN TRAINING
Source Spartan

Morzine, terre de légende

Endurance extrême, obstacles techniques, dénivelé brutal, météo imprévisible : ils s’entraînent pour tout. Pour cette édition 2025 de l’Ultra World Championships, Morzine ne les attend pas. Morzine les met au défi !

Au programme du week-end :

Ultra 50K : 60 obstacles – le Championnat du Monde Spartan Ultra officiel (vendredi 4 juillet)

Beast 21K : 30 obstacles (samedi 5 juillet)

Hurricane Heat : Épreuves d’endurance par équipes de 4, 12 ou 24 heures (samedi 5 juillet)

Kids Race : 1K – 3K avec obstacles adaptés à l’âge de 4 à 14 ans (samedi 5 juillet)

Sprint 5K : 20 obstacles (dimanche 6 juillet)

Super 10K : 25 obstacles (dimanche 6 juillet)

Découvrez le teaser 2025 ICI

Spartan Morzine
Spartan Morzine
Les derniers articles

Alors que la température maximale sur le parcours a atteint 36°C, les Américains Caleb Olson et Abby Hall ont réalisé deux des temps les plus rapides de l’histoire lors de la 52ème édition annuelle de la Western States Endurance Run qui s’est tenue les 28 et 29 juin en Californie. Kilian Jornet, très attendu, termine à une belle 3ème place. Côté Français, Vincent Bouillard, qui figurait également dans la liste des favoris, n’a pas tenu la distance.

Western States Endurance Run : le plus rapide des prestigieux 100 miles

Organisée pour la première fois en 1974, la Western States Endurance Run 2025, 52ème édition, a rassemblé 369 coureurs venus de tous les États-Unis et de plus de 30 pays. Considérée comme l’une des courses de trail de 100 miles les plus prestigieuses au monde, la WSER a surtout la particularité d’être un des 100 miles les plus rapides, qui se court entre 14 et 15 heures pour les vainqueurs (record à 14h09 pour Jim Walmsley), là où l’on parle de 19 à 20 heures pour l’UTMB (record à 19h49 pour Kilian Jornet), 21 à 22 pour la Hardrock 100 (record à 21h33 pour Ludovic Pommeret), et entre 23 et 24 pour la Diagonale des Fous (record à 22h58 pour François D’Haene).

La principale raison de cette différence de chrono tient dans le dénivelé de la course, qui n’est « que » d’environ 5500m, pour 7000m de D-, là où la boucle autour du mont Blanc affiche un D+ de 10000 mètres. Par ailleurs, l’autre particularité est qu’elle se déroule principalement sur de larges chemins très roulants, et non des singles techniques. Organisée comme tous les ans le dernier week-end complet de juin, la course se déroule au départ d’Olympic Valley, en Californie, et traverse les hautes terres de la Sierra Nevada et les canyons de l’American River, sur les terres ancestrales des tribus Washoe et Nisenan, avant de se terminer au lycée Placer d’Auburn, en Californie.

Cette année, la course s’est déroulée sous un ciel ensoleillé et sur un parcours sans neige, avec un thermomètre qui a pu atteindre 36°C, créant des problèmes de déshydratation pour bon nombre de coureurs qui ont découvert la course. Car seulement 64 des coureurs de cette année avaient déjà participé à la Western States. 305 étaient donc novices. Un baptême du feu !

Kilian Jornet. Photo NNormal
Kilian Jornet. Photo NNormal

Western States Endurance Run : Caleb Olson de bout en bout

Caleb Olson, 29 ans, originaire de Draper, dans l’Utah, a dominé l’un des pelotons masculins les plus relevés jamais réunis à Western States et a frôlé le record du parcours en s’imposant en 14h11mn25s, à moins de deux minutes du record du parcours établi en 2019 par Jim Walmsley (14h09mn28s), le grand absent de cette édition, en délicatesse avec un genou. Caleb Olson faisait partie du peloton masculin qui a fait la course en tête depuis le début de la course. Au ravitaillement d’El Dorado Creek, au 53ème mile, ils n’étaient plus que 2, Olson et son compatriote Chris Myers, 29 ans, originaire de Nederland, dans le Colorado, tandis que Kilian Jornet comptait déjà 8 minutes de retard. Caleb Olson a alors commencé à se détacher et a porté son avance à sept minutes au ravitaillement de Rucky Chucky, au 78ème mile. Cet écart n’allait plus bouger jusqu’à la fin.

Chris Myers a terminé deuxième en 14h17mn, soit le quatrième meilleur temps de l’histoire de la course. C’est dire si la performance de Kilian Jornet, 37 ans, vainqueur de la WSER en 2011, est à la hauteur de la classe du champion : en terminant troisième en 14h19, il a réalisé le cinquième meilleur temps jamais enregistré sur l’épreuve. À eux trois, ces champions ont ainsi réalisé le podium le plus rapide de l’histoire de Western States.

Le vainqueur du dernier UTMB, Vincent Bouillard, très attendu pour une confrontation revanche avec Kilian Jornet après leur duel en mars sur le Chianti Ultra Trail remporté par Jim Walmsley, et qui leur a valu leur qualification pour la WSER, n’a pas pesé dans la balance. Parti dans le peloton de tête, il a assez rapidement dû baisser de rythme, et a fini par abandonner au 80ème mile.

Caleb Olson. Photo WSER
Caleb Olson. Photo WSER

De son côté, Kilian Jornet s’est dit impressionné par la vitesse à laquelle s’est courue l’épreuve, et s’est satisfait de sa performance. Il a notamment rappelé qu’il avait mis 1h15 de moins que lors de sa victoire en 2011. 14 ans plus tard, à l’âge de 37 ans, il s’est réjouit d’avoir “encore des jambes capables de courir aussi vite“, précisant qu’il était maintenant temps pour lui de récupérer.

Kilian Jornet. Photo NNormal
Kilian Jornet. Photo NNormal

Western States Endurance Run : la déclaration de Caleb Olson

« C’est assez incroyable », a déclaré Caleb Olson, qui, en plus de devenir le premier coureur de l’Utah à remporter la course, était rejoint à l’arrivée sur la piste de Placer High à Auburn, en Californie, par sa femme Morgan et leur nouveau-né de sept semaines, Marshall. « Je ne savais pas comment la journée allait se dérouler et je m’étais fixé un objectif très ambitieux. Je m’étais dit : “Il faudra probablement battre le record du parcours pour gagner aujourd’hui, et si je vise un record du parcours, ce serait vraiment génial.” J’ai tenu bon jusqu’au kilomètre 130. Et puis j’ai commencé à le payer. Le record de Jim est vraiment rapide. Finalement, j’ai compris que ça n’arriverait probablement pas et j’ai préféré vivre pleinement la fin de ma course comme une expérience agréable. »

Caleb Olson. Photo WSER
Caleb Olson. Photo WSER

Western States Endurance Run : l’incroyable victoire d’Abby Hall

L’Américaine Abby Hall, 34 ans, originaire de Flagstaff, en Arizona, n’y croyait pas. Après une grave blessure au genou en 2023, elle a réalisé un retour incroyable, signant le quatrième meilleur temps féminin de l’histoire en 16h37. Pourtant, rien ne la destinait à performer sur cette course. Abby Hall n’a en effet appris son inscription à la course que fin avril, lorsque l’Américaine EmKay Sullivan, originaire de Reno, dans le Nevada, qui l’avait devancée lors d’une épreuve permettant d’obtenir un Golden Ticket plus tôt dans l’année, a annoncé qu’elle utiliserait l’option de report de grossesse de la WSER.

Abby Hall a su saisir l’opportunité pour réaliser la course parfaite, se plaçant en tête de la course féminine presque dès le début. Elle a définitivement pris la tête à Michigan Bluff, au 55ème mile, et a porté son avance à 10 minutes au ravitaillement de Foresthill, au 62ème mile, écart qui n’a plus varié jusqu’à la fin. La Chinoise Fuzhao Xiang, 33 ans, originaire de Chine, a terminé deuxième en 16h47, réalisant le septième meilleur temps de l’histoire. La Canadienne Marianne Hogan, 35 ans, a terminé troisième en 16h50.

« La citation que je me répétais sans cesse et à laquelle j’avais pensé toute la semaine était quelque chose comme “Ce qui est pour toi te trouvera”, a déclaré Abby Hall à l’arrivée. J’ai vraiment eu l’impression d’être dans le moment présent. Je me suis sentie tellement chanceuse de la façon dont les choses se sont déroulées pour ma qualification, et d’avoir finalement pu obtenir un Golden Ticket pour pouvoir disputer la course. Alors la gagner, c’est vraiment surréaliste. »

Abby Hall. Photo WSER
Abby Hall. Photo WSER

Western States Endurance Run : les vétérans à l’honneur

Parmi les 285 des 369 participants qui ont terminé la course, l’Américain Jan Vleck, 72 ans, médecin de famille à la retraite originaire d’Olympia, dans l’État de Washington est devenu le deuxième finisher le plus âgé de l’histoire de la course, derrière Nick Bassett, qui avait 73 ans lorsqu’il a terminé la Western States en 2018, en signant un temps de 29h02. Cette année, ils étaient 5 coureurs inscrits dans la catégorie des 70 à 79 ans, qui comptait également un octogénaire, Bassett, soit le plus grand nombre de coureurs de plus de 70 ans de l’histoire de la course. Jan Vleck a cependant été le seul du groupe à terminer la course. Chez les femmes, Lesley Dellamonica, 60 ans, de Truckee, en Californie, était la plus âgée à terminer la course et a remporté la catégorie des 60 à 69 ans en 27h36.

Voir les résultats complets ICI

Les derniers articles

13000 passionnés le long des sentiers de 16 courses en octobre 2024 ! Odile Baudrier et Gilles Bertrand, les deux fondateurs, en 1995, de la première course hors-bitume de France, au cœur de la nature aveyronnaise, étaient loin de s’imaginer que 30 ans plus tard, un tel succès serait au rendez-vous. Ni que les valeurs du trail, qu’ils ont su préserver au fil des éditions, seraient aujourd’hui plus vivantes que jamais. La légende des Templiers s’est écrite autour de celles-ci, mais l’épreuve trentenaire a également su ouvrir ses chemins aux plus jeunes et aux femmes. A quelques semaines de la 31ème édition, zoom sur quelques-unes des belles histoires des Templiers.

Voir le film de l’édition 2024 ICI, 16 minutes pour revivre l’intensité et la magie de l’événement

Festival des Templiers : les trentenaires à l’honneur, du nouveau pour les Juniors

Un vent du rajeunissement souffle les Grands Causses ! Les moins de 30 ans sont de plus en plus nombreux à courir sur les sentiers nichés au cœur de ce parc naturel régional. Pour 2025, la tendance se confirme : un bon tiers de participants de moins de 30 ans sur le VO2 Trail (17,2 km), soit 10 % de plus en 10 ans. Le marathon des Causses (36,1 km) se paie aussi une cure de jouvence, avec 19% de participation en 2025 contre 15% en 2015. 

Au-delà de ce phénomène « naturel » de rajeunissement, l’événement réaffirme son engagement en faveur de la jeunesse, amorcé dès 2004 avec la Kinder Trail et renforcé en 2021 grâce à la KD Trail. Taillée sur mesure pour la nouvelle génération de traileurs, la Junior Trail, un nouveau format de 17,2 km, s’adresse aux jeunes espoirs de la discipline (U20 nés en 2007 et 2008), leur donnant une opportunité unique de marquer les sentiers de leur empreinte, et de tester leurs limites dans un terrain de jeu exceptionnel. 

Photo 2 Cyrille Quintard
Photo Cyrille Quintard

Festival des Templiers : ils sont nés en 1995, et seront sur les sentiers en 2025 pour leurs 30 ans !

Florian, inscrit sur l’Endurance Trail (100 km)

« Je pesais 130 kilos, je fumais, et aujourd’hui j’ai perdu plus de 30 kilos, je ne fume plus, je cours 4-5 fois par semaine, j’ai déménagé dans un endroit où je n’ai qu’à passer le portail pour être sur des sentiers ! Ma femme, qui n’était pas du tout sportive, vient de terminer ses premières courses officielles en trail ! Effectivement, je suis né en 1995, et pouvoir participer à un événement tel que les Templiers pour mon 30ème anniversaire est quelque chose d’exceptionnel ! »

Baptiste, inscrit au Marathon des Causses (36,1 km)

« La course à pied a toujours marqué ma vie, j’ai suivi mon père sur ses lignes de départ, et j’ai naturellement pris le relais. Je connais les Templiers depuis mon enfance, mon papa aurait dû y participer, mais une blessure l’en a empêché, j’avais 8 ans. Cette course représente une étape importante dans mon évolution au fil des années afin d’augmenter les distances. »

Archives 1995 Photo Hoka Les Templiers
Archives 1995. Photo Hoka Les Templiers

Benoît, inscrit sur Endurance Trail (100 km)

« J’ai frôlé l’amputation de la jambe gauche en 2012, suite à un accident au foot. Après une année de combat, j’ai pu remarcher. Une première rencontre en 2017 m’a poussé à chausser des baskets afin de tenter de réaliser 10 km. Énorme défi ! Cette rencontre, c’est le petit Tom, de l’association Le Combat de Tom, décédé en mars 2025. Je me suis dit que je n’avais pas le droit de me plaindre… J’ai découvert le trail en 2023. Alors, pour mes 30 ans, je me suis lancé le défi d’atteindre la barre des 100 km ! Et, à quel meilleur endroit le faire qu’ici ? »

Festival des Templiers : vive Les Templières !

Les femmes, d’habitude inscrites sur les plus petites distances, sont de plus en plus nombreuses à participer à des formats plus longs. En témoignent une constante progression en 10 ans :  +6% de femmes sur le Grand Trail des Templiers (80 km), +8% sur l’Endurance Trail (99 km) et +12% sur l’Intégrale des Causses (62 km). La parité est même dépassée sur des courses plus courtes avec 68% de femmes sur Les Troubadours (12 km), 59% de femmes sur la VO2 Trail (17 km) et 54% de femmes sur la Monna Lisa (28,5 km). Et ce sont celles qui courent qui en parlent le mieux !

Photo Cyrille Quintard
Photo Cyrille Quintard

Éloïse 26 ans, inscrite sur la Boffi Fifty (48,5 km)

« Ancienne cycliste pro, le trail est devenu une discipline de tous les jours pour moi. Que ce soit comme exutoire après des gardes aux urgences éprouvantes ou simplement pour sillonner mon Morvan que j’aime tant ! Cette course représente un bon défi, un objectif pour cette année, car je n’ai jamais couru autant, et les Templiers c’est mythique ! »

Roseline, 70 ans, inscrite à La Templière (7,3 km)

« Je suis une héritière du Spiridon et de son époque glorieuse ! Pour mes 70 ans je voulais faire une belle course. Je cours depuis 48 ans. J’ai déjà couru le 8 km féminin il y a 15 ans. J’ai adoré l’ambiance et voir des traileurs si courageux. Je n’avais jamais participé à une aussi grande course ! » 

Clotilde, 43 ans, Marathon du Larzac (34,6 km) et Marathon des Causses (36,1 km)

« J’ai commencé le trail en 2019, 2 ans après un accident de ski ayant eu un gros impact sur un genou (5 chirurgies, 8 mois d’arrêt de travail, 2 ans avant de remarcher sans boîter). En 2019, je mords à ce sport. Mais, mon genou me rappelant à l’ordre, je me résigne : je ne pourrais jamais faire d’ultras. Petit à petit, je passe pourtant de 20 à 24 à 28 km… Les Templiers, c’est pour moi des premières : 26 km sur l’Hivernale en 2023, 28 km sur la Mona Lisa et 44 km sur le Tarn Valley en 2024. 2025, ce sera un ultra à ma façon, car j’ai décidé de faire les 2 marathons : 34 km le vendredi et 36 km le samedi. 70 km en 2 jours !»

Le mot de Sylvia Nordskar, pro-traileuse HOKA, 2ème du Grand Trail des Templiers 2024

« Je voulais courir Les Templiers parce que j’ai entendu dire que c’était un événement unique vibrant de passion, de culture locale, à travers une nature magnifique. Le parcours est roulant, le terrain et le climat me conviennent bien. J’espère aider les femmes à avoir plus de confiance et de force en elles pour prendre le départ de davantage de courses ! »

Découvrez le programme complet de toutes les courses ICI

Parcours, dénivelés, barrières horaires, retrouvez toutes les informations sur les courses ICI

AfficheA4-TEMPLIERS25
Les derniers articles

Dimanche 29 juin, le légendaire 42 km du Marathon du Mont-Blanc a offert un épilogue spectaculaire aux 3 journées des épreuves chamoniardes, marquées dès vendredi par les victoires de Théo Detienne et Blandine L’Hirondel sur le 90 km du Mont-Blanc. Considéré comme l’un des marathons de montagne les plus exigeants et les plus beaux au monde, il a débuté dès 6h45 par les élites femmes, suivies à 7h15 par les hommes et le reste des 2 250 participants. Avec, au bout du suspense, les victoires de l’Italien Davide Magnini, 6 ans après s’être imposé en 2019, et de la Kényane Joyline Chepngeno, première Africaine à s’imposer sur cette prestigieuse épreuve.

Marathon du Mont-Blanc : Davide Magnini ressuscite, Raoul Raus crée la surprise

Le parcours du Marathon du Mont-Blanc est un vrai piège. Après une première partie roulante jusqu’au fond de la vallée chamoniarde, où les coureurs atteignent parfois les 20km/h, l’ascension vers l’Aiguillette des Posettes donne un premier aperçu des difficultés, avant l’enchaînement technique et terriblement éprouvant pour les organismes entre Vallorcine et la Flégère. Ce n’est qu’une fois le dernier ravito de La Flégère passé que vient la descente finale vers le cœur de Chamonix., où depuis 3 ans est jugée l’arrivée.

La course masculine a offert un scénario haletant. L’Ukrainien Vitaliy Shafar, spécialiste de la route, tente sa chance dès le début. Il mène jusqu’à l’Aiguillette des Posettes, avant de céder face au trio Ezekiel Rutto (KEN), Thomas Roach et Thomas Cardin.

Après Vallorcine, Rutto semble en route vers la victoire. 5ème en 2024, il connaît le terrain et attaque avec autorité. Mais dans la montée vers la Flégère, il explose physiquement. À bout de souffle, il marche, laissant la voie libre.

C’est alors que le Belge Raoul Raus entre en scène. Inconnu du grand public, non listé parmi les favoris, il bouscule la hiérarchie mondiale. Tour à tour, il dépasse ses adversaires, parvenant même à prendre la tête de la course au sommet de La Flégère et malgré une lourde chute et une plaie ouverte au front, il s’accroche avec courage à sa deuxième place dans la descente.

Mais le coup de maître revient à Davide Magnini. Pointé 6ème à Vallorcine avec 4 minutes de retard, l’Italien lance une remontée d’école. Vainqueur ici même en 2019, il connaît chaque virage. Il rattrape tout le monde après la Flégère et dévale la dernière descente pour s’imposer en 3h42’55” (avec une moyenne de 11,9 km/h) avec plus de 3 min d’avance ! Un retour magistral après deux années de blessures, salué à l’arrivée par Théo Detienne, vainqueur du 90 km, champagne à la main. Tous deux offrent une double victoire au nouveau partenaire titre du Marathon du Mont Blanc, New Balance !

Le Français Thomas Cardin, 3ème, confirme sa montée en puissance. Vainqueur du 23 km en 2024, il s’offre désormais une place sur le podium de l’épreuve reine. La belle histoire continue. Rutto finit tout de même courageusement  à la 4ème  place malgré une chute impressionnante en dernière partie.

David MAGNINI©Morgan-Bodet_42KM_Arrivées_MMB25 (2)
David Magnini. Photo Morgan Bodet

Marathon du Mont-Blanc : le TOP 5 hommes

1. Davide MAGNINI (ITA), 03:42:55 – New Balance
2. Raoul RAUS (BEL), 03:46:00 – New Balance
3. Thomas CARDIN (FRA), 03:46:29 – Kiprun
4. Ezekiel RUTTO (KEN) 03:50:25 – Milimani Runners Salomon
5. Valentin MARCHON (SUI), 03:51:17 – Salomon DACH

MMB2025_ Arrivées(c)DavidGonthier (28)
Le Top 3 masculin. Photo David Gonthier

Marathon du Mont-Blanc : les réactions du podium hommes

Davide Magnini (ITA) 1er :

« Ce fut très dur dès le départ. J’avais mal aux jambes, la première partie de course était trop rapide pour moi, et la descente vers Vallorcine a été un calvaire. J’étais loin, avec un gros écart, et pourtant je suis parvenu à revenir.
Je me suis accroché à mon rythme, j’ai essayé d’écouter mes sensations. Dans la montée vers La Flégère, j’ai commencé à reprendre du terrain. Je n’ai même pas pu boire au torrent, mais j’ai trouvé les ressources pour bien descendre.
Même si je me suis tordu la cheville, abandonner à 3 km de l’arrivée était impensable. Je suis arrivé complètement vidé, mais heureux. Remporter à nouveau cette course, après ma première victoire en 2019, c’est un immense bonheur. Maintenant, place à la récupération ! »

Raul Raus (BEL) 2ème :

« L’objectif était de terminer dans les premiers, mais ma deuxième place a surpris : je n’étais pas forcément attendu sur cette course. Je savais que j’étais en forme, sans trop savoir si ça tiendrait sur un marathon. Je cours peu pour rester en forme, mais j’avais des doutes sur ma capacité à encaisser musculairement, surtout avec cette chaleur.
On a vraiment souffert, notamment dans la dernière montée vers La Flégère. À ce moment-là, on était tous presque à l’arrêt. Dans la dernière descente, j’ai chuté au début car j’ai eu pas mal de crampes mais j’ai réussi à gérer. Je n’ai pas fini comme je l’aurais voulu, mais ça fait partie du jeu.
Je suis content de ma course, même si pas totalement satisfait. J’étais en tête à La Flégère et, normalement, je fais la différence en descente. Ce sera une vraie motivation pour revenir l’an prochain et prendre ma revanche. »

Thomas Cardin (FRA) 3ème :

« Je ne ressens aucune frustration, je suis très content de ce que j’ai réalisé. Bien sûr, on est là pour gagner, mais j’ai su composer avec une forme moyenne sur la deuxième partie de course, marquée par de fortes crampes liées à la chaleur.
J’ai passé beaucoup de temps à m’hydrater et à me rafraîchir dans les ruisseaux. C’est rare de devoir maintenir une telle intensité sous une chaleur pareille, et le corps en souffre. Mais je suis fier d’avoir tenu, d’avoir géré la douleur et terminé alors qu’à un moment, je pensais abandonner.
C’est aussi pour ça qu’on vient à Chamonix : se dépasser, comme le font les milliers d’amateurs au départ. Après plusieurs années sur des formats autour de 40 km, j’ai désormais envie de me lancer sur des distances plus longues, peut-être le 90 km l’an prochain. »

Thomas CARDIN©Morgan-Bodet_42KM_MMB25-Fan zone de la Tour (2)
Thomas Cardin au passage de La Tour, encouragé par Théo Detienne (porte-voix). Photo Morgan Bodet

Marathon du Mont-Blanc : Joyline Chepngeno impériale, Judith Wyder en mode fusée

Dès les premiers kilomètres, la Kényane Joyline Chepngeno impose son rythme. Elle creuse rapidement un écart de 5 minutes sur ses poursuivantes, Naomi Lang et Fabiola Conti, et conserve la tête jusqu’à l’Aiguillette des Posettes, même si pendant la descente l’écart se réduit un peu.

Joyline CHEPNGENO MMB2025_Posettes(C)DavidGonthier
Joyline Chepngeno à l’Aiguillette des Posettes. Photo David Gonthier

Au milieu de course, Fabiola Conti revient en force, imprimant un tempo fluide, mais cède dans les portions finales. Dans la montée du Béchar, Naomi Lang reprend la deuxième place, tandis que la Suissesse Judith Wyder, (vainqueur en 2024) encore en retrait, prépare son retour.

À la Flégère, Chepngeno compte plus de 7 minutes d’avance. Mais sur la dernière descente, Judith Wyder passe à l’attaque. Sur ce terrain ultra-technique, elle vole littéralement, effaçant l’écart avec une facilité déconcertante. Elle termine finalement à seulement 1’08” de la kényane. Un final d’anthologie. Une performance d’autant plus remarquable que toutes deux partagent un autre point commun : elles sont mères de deux enfants. Un magnifique  podium complété par  Naomi Lang, deuxième tout au long du parcours mais supplantée sur les derniers kilomètres par Judith.

Joyline CHEPNGENO_MMB2025_ Arrivées(c)DavidGonthier (21)
Joyline Chepngeno. Photo David Gonthier

Marathon du Mont-Blanc : le TOP 5 femmes

1. Joyline CHEPNGENO (KEN), 04:15:20 – Milimani Runners Salomon
2. Judith WYDER (SUI), 04:16:28 – Hoka / Redbull
3. Naomi LANG (ENG), 04:17:43 – Salomon
4. Rosa LARA FELIU (ESP), 04:18:33 – Compressport
5. Fabiola CONTI (ITA), 04:18:53 – Otso / Mud&Snow

MMB2025_ Arrivées(c)DavidGonthier (27)
Le Top 3 féminin. Photo David Gonthier

Marathon du Mont-Blanc : les réactions du podium femmes

Joyline Chepngen (KEN) 1ère :

« La course a été très difficile, mais j’ai tout donné ! En début de parcours, je n’ai pas voulu partir devant car c’était la première fois que je courais sur un 42 km, une course très longue. Je savais que je pouvais tenir sur les 30 premiers kilomètres, mais si je suivais Judith, qui a gagné l’année dernière, ce n’était pas une bonne idée. Alors j’ai décidé de suivre le groupe et de voir comment elles couraient. Vers le 13e kilomètre, j’ai pris la décision d’y aller parce que le rythme était lent et que j’avais encore beaucoup d’énergie. Mais je ne pensais pas que je pouvais gagner. Je suis très heureuse ! »

Judith Wyder (SUI) 2ème :

« Aujourd’hui, c’était une journée intense. J’avais un problème ces derniers temps à l’ischio jambier et j’ai ressenti une douleur dès le début de course et je me demandais sans cesse si c’était intelligent de continuer. J’étais constamment à la limite, je n’étais pas totalement sereine. Mais j’ai pensé à mes filles (5 et 7 ans), qui m’attendaient à la Flégère, et ça m’a donné une énergie énorme pour continuer à pousser jusque-là.

Une fois là-haut, je savais que la suite était une longue descente, et que je suis généralement bonne dans cet exercice (du moment que mes jambes tiennent le coup !). Au final, je ne savais pas exactement à quelle distance était la concurrente devant et derrière moi, alors j’ai tout donné. Aucun regret car Joyline était juste plus forte aujourd’hui, mais je suis contente de ma course. C’était un beau combat. 

Ce que j’aime vraiment ici à Chamonix, c’est l’ambiance, l’atmosphère. C’est un endroit magnifique, on peut venir en train, et il y a un vrai esprit de communauté. Je peux venir avec ma famille, et ça, c’est exceptionnel pour moi. Et bien sûr, l’organisation est incroyable. C’est une course emblématique, mais en même temps très familiale, très accessible. Je me sens toujours très bien accueillie ici. »

Naomi Lang (ENG) 3ème :

« Honnêtement, je ne m’y attendais pas vraiment. Ce n’était pas un objectif clair, mais je travaille dur pour progresser dans mon approche de course, et surtout pour être dans le rythme dès le départ. Cette sensation d’être vraiment “dans le coup” dès le début, c’était une première pour moi.

Je me suis sentie bien sur la première partie, comme portée par l’ambiance, par l’énergie du parcours. J’étais là pour passer un bon moment, et je pense que j’ai vraiment bien performé aujourd’hui. Ça me donne confiance pour la suite.

La montée vers la Flégère était rude, surtout avec la chaleur — ce n’est pas du tout une météo que j’apprécie. Et le terrain technique, il fallait vraiment rester concentrée. Mais je pense que ce genre de difficultés, ça me pousse à me dépasser.

Avant la course, pas mal de gens m’ont conseillé de ne pas partir trop vite, de rester patiente. Je crois que ça m’a beaucoup aidée à gérer mon effort. Dans les dernières montées, j’ai réussi à garder du rythme, et sur le final, j’ai senti que j’avais encore de la vitesse. C’était dur, mais j’ai vraiment aimé cette sensation d’aller chercher quelque chose jusqu’au bout. »

Les résultats complets ICI

Les derniers articles