Entre falaises, vastes plages de sable, bocages verdoyants et marais préservés, la Manche offre tout au long de l’année un immense terrain de jeu, où les éléments naturels, vent, marée, humidité ajoutent un réel défi et rendent chaque sortie différente. Ici, pas besoin de sommets pour se challenger : le relief reste accessible, mais le cadre est puissant et forge les caractères. Yannick Noël, 2ème de la Diagonale des Fous 2025, revient régulièrement se ressourcer sur ses terres d’origine. Il raconte ses coups de cœur.

La Manche, un territoire de trail ambitieux

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin. » Ou plutôt « un sentier ». Cette citation, apocryphe, trouve un écho particulier dans ce département de l’Ouest de la France, où l’agence d’attractivité Attitude Manche a impulsé, avec le soutien des collectivités locales et dans le cadre du projet Normandie Destination Trail porté par Normandie Tourisme, une offre trail structurée et ambitieuse, accessible sur l’ensemble du territoire manchois. De cette volonté, 4 espaces trail sont nés, proposant de multiples parcours balisés, sécurisés et adaptés à tous les niveaux, du débutant au traileur confirmé.

Trail à Coutances Mer et Bocage : l’endurance au naturel

Labellisée Uni’Vert Trail, la station offre 3 circuits de 9km et 254m D+ à 27 km et 621m D+ qui alternent sections roulantes, passages techniques et sous-bois. Accessible aux débutants mais suffisamment variée pour intéresser les coureurs expérimentés, elle permet de travailler l’endurance en terrain mixte, avec des repères visuels emblématiques comme la cathédrale de Coutances en ligne de mire.

Types de terrains : prairies ouvertes, sous- bois, sections techniques

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Photo Ibrahim Hendy
Photo Ibrahim Hendy

Trail dans le Cotentin : aventures entre mer et falaises

Avec ses falaises escarpées, ses plages sauvages et ses sentiers à travers landes et bocages, le Cotentin est un terrain de jeu à ciel ouvert. Ses 5 Stations de Trail proposent au total 30 circuits de 7 km et 100m D+ à 32 km et 530m D+ pour tous niveaux, dont un tracé noir pour traileurs confirmés. Ici, la variété des terrains — sable, rochers, chemins côtiers — impose une adaptation constante et en fait un lieu privilégié pour l’entraînement longue distance.

Types de terrains : sable, falaises, dunes, landes, bocage

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Photo Captain Yvon

Trail à Saint-Lô Agglo : vitesse et technicité

Avec ses 9 circuits balisés proposant des parcours de 5,5 km et 83m D+ à 33 km et 631m D+, Saint-Lô Agglo offre des parcours variés, du périurbain aux Roches de Ham et leurs panoramas sur la Vire. Les différents tracés traversent un bocage dense et varié, offrant relances et changements de rythme à chaque foulée. Le secteur se distingue également par son patrimoine historique, avec la présence du cimetière allemand de Marigny, qui rappelle le passé et confère une dimension contemplative aux sorties.

Types de terrains : bocage, rivières, vallées, chemins périurbains

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Photo Alexis Berg

Trail dans le Mortanais : entre cascades et dénivelés

Cascades, falaises, passages en forêt : le Mortainais se distingue par un dénivelé marqué et des sentiers exigeants. Les 3 circuits de 10 km et 261m D+ à 28 km et 588m D+ intègrent des sites emblématiques comme les cascades, la petite chapelle ou le pont du Diable, idéaux pour les traileurs qui souhaitent cumuler du D+ et travailler la gestion de l’effort sur des sections plus raides et techniques.

Types de terrains : sentiers forestiers, falaises, cascades, passages rocheux

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Photo Alexis Berg

La Manche, le territoire d’origine de Yannick Noël

Boulanger la nuit et traileur le jour, le Manchois Yannick Noël, originaire de Neuville-au-Plain, à côté de Sainte- Mère-Église, a découvert le trail à La Réunion. Installé aujourd’hui en Isère, il reste cependant fidèle à ses racines : dès qu’il revient sur ses terres, il en profite pour courir et disputer des compétitions, comme en 2024 où il a remporté le format 50K de la Barjo.

« La Manche, j’y reviens très souvent pour la famille. Je t’avoue que quand on revient 4 ou 5 jours sur le territoire et que le samedi matin il y a une compétition, j’en profite toujours, quand je peux. Ça me fait plaisir, et aux organisateurs aussi. Bien sûr, ici, ce n’est pas la montagne, c’est différent, mais les paysages sont vraiment beaux.

En aspect entraînement, c’est vraiment vallonné et à force, au bout de la course, quand tu as enchaîné 30 kilomètres, c’est dur quand même. C’est pour ça que les athlètes normands s’en sortent vraiment pas mal et commencent à se faire connaître. Il leur manque peut-être le côté longues descentes de montagne pour travailler les cuisses, mais sur la distance à plat et les montées, ils n’ont rien à envier aux montagnards ! L’année dernière, j’avais fait le 50 kilomètres de la Barjo, et cette année j’ai fait le Trail de T’Cheu Nous. C’était très beau, et en plus on finit sur la plage, mais c’était vraiment très très plat ! (Rires.) J’avais déjà fait La Bri’zeuse deux années de suite, le 30 et le 42 kilomètres. C’est chouette de se retrouver dans ces petites organisations, c’est toujours un bon moment. »

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Le Manchois Yannick Noël lors de la Diagonale des Fous 2025, où il a terminé 2ème derrière Baptiste Chassagne. Photo IMAZ PRESS

La Hague, le sentier des Douaniers, itinéraire favori de Yannick Noël

Entre falaises et vent du large, le tra prend ici un goût de liberté. Ce bou du monde manchois offre une natur sauvage et changeante, où chaque virage révèle une nouvelle lumière, une nouvelle émotion. « C’est vraiment beau. Goury par exemple, c’est magnifique ! »

Les Roches de Ham, l’itinéraire découverte conseillé par Yannick Noël

Un trail accessible et bucolique, entre rivière et bocage, où la simplicité du paysage rencontre le plaisir pur de courir. « Je n’étais jamais allé courir dans ce coin et franchement j’ai adoré. Le parcours est roulant, mais le paysage est vraiment chouette. On traverse des bois, une ferme, on longe le fleuve de la Vire… »

La Barjo, la course coup de cœur de Yannick Noël

Trail emblématique du département, La Barjo traverse les plus beaux coins du littoral manchois. Un rendez-vous à la fois sportif et humain, porté par une ambiance sincère et conviviale. « C’est une course que je fais dès que je peux revenir à cette période dans la Manche. La Barjo, c’est un vrai concentré de Manche : les falaises, les chemins côtiers et le vent. »

La Manche, terre de trail
La Manche, terre de trail
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En 31 jours, Kilian Jornet a gravi 72 sommets de plus de 14 000 pieds (4267 mètres), parcouru plus de 5 145 kilomètres et gravi 123 045 mètres entièrement à pied et à vélo pour venur à bout de son aventure States of Elevation, un projet personnel à travers les hautes montagnes des États-Unis. C’était un défi d’une exigence unique : Kilian Jornet a dû réaliser en moyenne l’équivalent d’une étape du Tour de France et d’un marathon chaque jour, en haute altitude et sur un terrain technique, et ce pendant 31 jours d’affilée. Au-delà de l’effort physique, ce projet reflète le lien profond de Kilian Jornet avec les espaces sauvages et sa quête constante de sens à travers l’endurance, la nature et l’exploration.

States of Elevation : un projet hors du commun

Personne n’avait jamais osé tenter l’aventure, et surtout pas aussi rapidement. States of Elevation n’est pas une course, pas plus qu’une tentative de FKT : c’est un voyage inédit, défi lancé à la résistance et l’endurance, ainsi qu’une quête personnelle, la recherche de beauté et de communion avec la nature.

En un mois, Kilian Jornet a ainsi gravi les 72 sommets de plus de 14 000 pieds situés dans les 48 États continentaux des États-Unis, hors Alaska et Hawaï, certainement l’un des projets les plus exigeants de sa carrière. Pour mémoire, en octobre 2023 il avait vécu une première aventure de ce type dans les Pyrénées, puis en 2024 dans les Alpes avec l’Alpine Connection, reliant 82 sommets de plus de 4000 mètres à pied et en vélo en 19 jours.

Lire l’aventure de Kilian Jornet dans les Pyrénées ICI

Lire l’exploit Alpine Connections de Kilian Jornet ICI

Mais l’envergure de States of Elevation était tout autre. Ce qui rendait le défi encore plus remarquable n’était pas seulement les ascensions en elles-mêmes, mais aussi la distance considérable nécessaire pour relier des sommets de différents États. L’ampleur du projet est difficile à saisir. Pour le mettre en perspective, on peut comparer le projet à la liaison de « plusieurs Tours de France et de dizaines de marathons, mais tous en haute altitude ».

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Photo Andy Cochrane

States of Elevation : du Longs Peak au Mont Rainier

Le projet a débuté le 3 septembre 2025 avec l’ascension du Longs Peak, dans le Colorado, et s’est achevé un mois plus tard, le 2 octobre, au mont Rainier, dans l’État de Washington. Des Rocheuses escarpées aux déserts de Californie, en passant par la majestueuse Sierra Nevada, et enfin par l’Oregon jusqu’aux forêts de l’État de Washington, Kilian Jornet a imaginé une ligne qui traverserait une immense variété de paysages et lui permettrait de découvrir une partie des États-Unis qui lui était jusqu’alors largement inconnue.

« Je suis vraiment heureux d’être arrivé jusqu’ici. Au début de ce projet, ce n’était qu’une idée sur une carte – quelque chose qui me semblait génial, mais dont je ne savais pas si c’était réalisable. Maintenant, je réalise que c’était le cas, et au-delà des chiffres, c’est une véritable aventure – une façon de découvrir des lieux qui sont devenus très chers à mes yeux », a commenté le Patron à la fin de son périple.

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Photo Nick Danielson

States of Elevation : le Colorado pour commencer

Le projet s’étendait sur trois États principaux : le Colorado, la Californie et l’État de Washington. L’aventure de Kilian Jornet a débuté dans les montagnes du Colorado, où il a gravi les 56 sommets de plus de 14 000 pieds (les Fourteeners) de l’État accessibles au public (certains sont des propriétés privées, interdites d’accès).

Parmi les points forts, on compte des traversées emblématiques comme la Freeway, les Elks et le Nolan’s 14 sur lequel François D’Haene avait au mois de juillet établi un record, avant de s’en faire déposséder un mois plus tard. Sans oublier certains des sommets les plus emblématiques du Colorado, comme le mont Elbert et le Pikes Peak.

Ces itinéraires techniques, exigeant endurance et expertise, ont mis Kilian Jornet au défi de naviguer dans les conditions météorologiques imprévisibles et le terrain impitoyable du Colorado, entre terribles tempêtes et vents violents. Mais le Patron, profitant de son expérience d’alpiniste autant que de coureur, s’est déplacé efficacement à travers les montagnes, passant souvent plus de 16 heures par jour en mouvement.

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Photo Nick Danielson

States of Elevation : à l’assaut de la Californie

Après en avoir terminé avec les sommets du Colorado, Kilian Jornet a pédalé vers l’ouest – plus de 1 400 kilomètres à vélo – jusqu’en Californie. Là, il a dû relever un tout autre défi : les approches désertiques et arides des White Mountains, les crêtes techniques de la Sierra Nevada et la longue et isolée ascension du mont Shasta, où la neige et des vents violents ont mis son endurance à rude épreuve.

L’un des moments forts a été la traversée des Norman’s 13, dans la Sierra Nevada, un enchaînement de 13 sommets de plus que 14 000 pieds qui est rapidement devenu le tronçon préféré de Kilian Jornet. Malgré les 23 jours de déplacement qu’il avait déjà dans les jambes, il a réussi à progresser rapidement sur cette ligne, ce qui lui a permis d’établir un nouveau FKT avec assistance (en attente de confirmation officielle).

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Photo Nick Danielson
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L’ascension du Mont Shasta. Photo Nick Danielson

States of Elevation : l’État de Washington pour finir

De Californie, Kilian Jornet a continué vers le nord en vélo, traversant l’Oregon et le nord-ouest pacifique de l’État de Washington, où il a conclu son projet avec l’emblématique mont Rainier. L’ascension était l’une des plus techniques de l’aventure, surtout qu’à cette époque de l’année pouvoir atteindre le sommet était incertain. La neige fraîche des jours précédents avait rendu l’itinéraire plus exigeant, mais le Patron a réussi à atteindre le sommet et à revenir sain et sauf. Une fois le Mont Rainier terminé, le voyage était bouclé. Un mois après avoir commencé dans le Colorado, Kilian Jornet avait gravi 72 Fourteeners entièrement par ses propres moyens, à pied et à vélo.

En guise de conclusion, Kilian a expliqué : « J’ai été émerveillé par la nature sauvage, la faune et la diversité des paysages. J’ai adoré le faire par mes propres moyens, mais aussi être parfois rejoint par des amis qui venaient partager un moment et me faire visiter leur maison. Je suis vraiment ravi du déroulement du projet. »

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Lors de l’ascension du Mont Rainier, dernier sommet de l’aventure States of Elevation. Photo Nick Danielson

States of Elevation : des statistiques vertigineuses

L’ampleur de l’aventure est difficile à appréhender. Contrairement à une course ou à une tentative de record, elle ne s’appuyait sur aucun repère extérieur. Le projet exigeait des milliers de kilomètres de déplacement et un dénivelé considérable.

Mais les chiffres en disent tout de même un peu. Ainsi, au cours des 31 jours de ce States of Elevation, Kilian Jornet a parcouru 5 145 km par ses propres moyens, dont 4 133 km à vélo (80%) et 1 011 km à pied (20%) , pour un dénivelé positif de 123 045 mètres. Bien que la majeure partie de la distance ait été parcourue à vélo, près de 60% du temps total a été parcouru à pied, soit une moyenne de 15 heures de déplacement par jour.

Tout au long de son parcours, Kilian Jornet a été accompagné par une équipe minimaliste, composée d’un van d’assistance et de transport de matériel (vélo, gravel, etc…) et de 5 personnes (photo, vidéo, assistance). Tout au long de l’aventure, Kilian Jornet a par ailleurs bénéficié du soutien d’une communauté d’athlètes dévoués qui l’on rejoint sur certains secteurs, ascensions ou parcours en gravel ou à vélo, pour partager leur temps, leurs connaissances et leur expertise. Ces moments de complicité ont apporté de la chaleur à un projet autrement marqué par la solitude, les tempêtes et de longues heures d’effort.

Après les Pyrénées en 2023, les Alpes en 2024, les États-Unis en 2025, Kilian repartira en 2026 sur un nouveau projet. Encore plus fou ? Difficile de l’imaginer. Mais avec l’Ultra-terrestre, tout est possible !

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Organisé par la « D’Haene Family », avec François et son épouse Carline, l’Ultra Spirit 2025 a emmené 44 équipes à travers les plus beaux paysages du massif du Beaufortain, pendant 3 jours. Pour cette 4ème édition, le chemin était ponctué de défis surprises, permettant aux équipes d’agréger des points pour le classement final, mais surtout de découvrir un format de compétition complètement novateur : une course d’ultra-trail qui brise les codes des compétitions traditionnelles, avec un concept en rupture complète, où le chrono n’est plus prioritaire.

ULTRA SPIRIT 2025 : au plus près du ciel

« Le pari c’était de changer de secteur, et d’aller enfin toucher le glacier des glaciers, situé sous l’aiguille du même nom, raconte François D’Haene. Il s’est agi d’envoyer le plus possible de concurrents au Refuge Robert Blanc, puis au Col de la Seigne en jouant sur des sentiers très techniques. J’étais positionné au pied au ravito en bas du col de la Seigne. Et je garderai longtemps en mémoire l’expression heureuse de tous les participants, unanimes sur un “Wahou, incroyable !”, même de la part de traileurs aguerris comme Marianne Hogan ou Camille Bruyas. 

Les secouristes, les signaleurs, tous ont été bluffés. Voilà, c’est bien cela que l’on voulait offrir, et le beau temps de cette quatrième édition a permis d’ouvrir grand les fenêtres du Beaufortain, au plus près du ciel ! C’est cela que l’ultra trail permet. »

Sur cet évènement, François intervient main dans la main avec son épouse, solide pilier de l’organisation. Carline D’Haene : « On a vécu cette année une très belle édition, avec le soleil en prime, illuminant des paysages à couper le souffle. Quel bon moment de se retrouver entre coureurs et bénévoles le soir au bivouac, puis à Beaufort pour l’ultime final. Le bonheur de tous les coureurs a fait écho au sourire des enfants lors de notre ULTRA SPIRIT JUNIOR qui a réuni 31 équipes de deux enfants… Un super moment partagé pour petit et grands ! On a hâte de revivre cela ! ».

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Photo Viard Gaudin Paul

ULTRA SPIRIT 2025 : une grande famille

Maxime Schuller, de Feel Expérience, est un maillon fondateur du staff de l’organisation : « Avec Carline et François, nous avions l’ambition de créer un évènement résolument différent, avec la volonté de revenir aux sources de notre discipline, en partageant de belles valeurs. Aujourd’hui, à l’issue de la 4ème édition, c’est une vraie famille qui compose l’ULTRA SPIRIT. Il y a une âme dans cet évènement, et c’est l’exemple parfait d’une énergie collective farouchement positive qui fonctionne à 100% ! Cela fait du bien à tous ! ».

Parmi les équipes au départ, et toutes à l’arrivée, ce sentiment d’une expérience collective différente et enrichissante marque les esprits. C’est le sens du témoignage collectif d’une équipe belge de Charleroi, composée de Julien Goelens, Benjamin Delabassé et Romain Berti : « On a eu la chance de pouvoir participer une seconde fois cette année, et ce que nous avons vécu est toujours aussi extraordinaire, avec cette opportunité miraculeuse de côtoyer des stars du trail, si accessibles avec nous sur le sentier et au bivouac !

Avec ULTRA SPIRIT, on ressent bien que les traileurs constituent une belle communauté, quel que soit le niveau de chacun. Et en 2025, on a profité au maximum d’une météo de fous ! Le moment du bivouac est magnifique, comme le partage avec les bénévoles tous plus sympathiques les uns que les autres. Au final, cette aventure soude encore plus les membres de notre team ! On a le sentiment d’être un groupe magique ! Notre mission fut de rester ensemble et que le team se mette au diapason du moins solide de l’instant. Et ainsi, à trois on a été tellement plus fort ! »

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Photo Viard Gaudin Paul

ULTRA SPIRIT 2025 : Camille Bruyas déjà de retour sur les sentiers

Camille Bruyas a été une splendide 2ème de l’UTMB 2025. Ici,sur l’ULTRA SPIRIT, elle remporte la première place en équipe féminine : « J’étais là pour vivre un bon moment avec des copains sur une organisation portée par des amis proches ! Et que ce fut chouette ! Surtout le fait de participer en équipe avec Mariane Hogan qui peaufinait ici sa préparation pour le prochain Grand Raid de la Réunion, c’est un plus ! En termes de météo et de parcours, cela a été somptueux. Le bivouac était incroyable, en balcon sur le Cornet de Roselend.

Trois semaines à peine après l’UTMB, j’ai cherché à suivre une Marianne très en forme ! C’était de longues et belles journées dehors… Mon corps a tenu le choc, mais je sens bien que l’UTMB est toujours là ! Pour apporter ma touche personnelle, J’ai proposé des séances matinales de yoga le matin ! On a profité de très beaux levers de soleil. »

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Photo Viard Gaudin Paul

Quel avenir pour ULTRA SPIRIT ?

Les quatre premières éditions ont permis de positionner à la perfection un concept d’organisation qui enchante tous les acteurs : organisateurs, participants, bénévoles et partenaires. François D’Haene regarde maintenant vers l’avenir : « Le challenge, c’est de repartir pour un nouveau cycle. L’engagement initial de toutes les parties était de 4 ans. Après une phase de récupération, on va tout faire pour relancer la machine et inscrire cet ULTRA SPIRIT dans la durée ! »

Site internet de l’évènement ICI

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PAS DE DOUCHE, PAS DE TÉLÉPHONE, PAS DE MATOS OBLIGATOIRE, MAIS UN ULTRA QUAND MÊME ! François d’Haene remet sa casquette d’organisateur pour une nouvelle édition de L’ULTRA SPIRIT au cœur du Beaufortain, du 19 au 21 septembre.

On aurait pu le croire émoussé par sa récente mésaventure sur l’UTMB, où il a tenté la passe de 5 victoires. Eh bien non ! le « Grand » va être au top avec son large sourire communicatif, et cette belle envie de partager avec chacun des coureurs présents sur cette édition qu’il souhaite « parfaitement parfaite » !

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©PaulViard_ULTRASPIRIT 2024

Pas trop dur d’enchaîner après cet UTMB décevant ?

François D’Haene : Après un ultra-trail, il y a toujours une redescente, qu’il se soit bien ou mal passé… J’aime me prévoir très vite d’autres objectifs, très différents, pour me nourrir mentalement et physiquement. Le lundi d’après l’UTMB 2025, c’était la rentrée des classes de mes enfants, et ma sortie longue, cela a été de courir à l’arrêt de bus pour ne pas le louper. Et dès le mardi suivant, ce fut le début de trois semaines intenses pour peaufiner l’organisation de l’ULTRA SPIRIT, que j’avais un peu mis de côté « because UTMB ».

Comment sélectionnes-tu les participants ?

François D’Haene : Chaque année, on améliore les modalités de sélection des équipes qui vont concourir chez nous. Le premier critère, c’est d’en accueillir de nouvelles, car on a beaucoup de fidèles qui veulent revenir d’édition en édition. Lors de la phase de sélection, on demande aux candidats de nous démontrer les raisons de leur engagement, et de nous expliquer comment ils ont composé leur équipe. Cette cohésion de l’équipe, c’est le facteur principal de réussite. Au final, il y aura 45 équipes de 3 coureurs, soit 135 coureurs qui iront balader dans le Beaufortain.

Quels types de coureurs participent à l’ULTRA SPIRIT ?

François D’Haene : Au fil des éditions, je vois 3 profils types de coureurs. Le coureur classique, que je connais très bien, et qui aime venir en tant qu’habitué des ultras, même des élites, présents sans aucune pression. J’ai constaté qu’être en équipe soulage la pression individuelle, et pour les meilleurs, l’ULTRA SPIRIT permet de réaliser de bons blocs de volume.

On a ensuite des coureurs sans expérience sur ultra trail, et qui se servent de cette épreuve pour découvrir le long, et voir comment leur corps peut réagir sur le long terme, profitant de contacts avec des ultra traileurs aguerris qui ne sont pas avares de conseils. Et on a des coureurs qui ont simplement envie de changer d’horizon, de sortir des ultras traditionnels, dont ils sont un peu lassés après plusieurs années de pratique.

ULTRA SPIRIT permet de gommer la contrainte du résultat, pour retrouver le plaisir simple de la convivialité.

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©PaulVIARD_ULTRASPIRIT 2024

Comment s’annonce le millésime 2025 ?

Il y aura des surprises, même si le lieu de bivouac reste au même endroit, au-dessus du lac de Roselend. Ce site est magique et ravit chacun tant par sa configuration que par son agencement. Il y aura une douzaine d’activités nouvelles, mixant les innovantes et les plus classiques qui font toujours leur effet. Mais la vraie surprise, à cette période de septembre, c’est la météo qui peut nous faire passer du plein été à l’hiver rigoureux d’un jour à l’autre…

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©PaulVIARD_ULTRASPIRIT 2024

Les stars présentes sur cette édition ?

Tous nos bénévoles sont des stars ! Nous accueillerons avec plaisir de nouveau la pétillante Marianne Hogan, et notre héroïne de l’UTMB 2025, Camile Bruyas. Avec aussi parmi nous Thibaut Baronian, Gédéon Pochat, Michel Lanne, Simon Gosselin, Simon Dugué… Plus bien sûr, tous mes amis sportifs du Beaufortain, les Xavier Gacher, William Bon Mardion et d’autres qui seront tous là pour nous prêter la main.

Plus d’infos sur l’ULTRA SPIRIT ICI

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Située à deux pas de la Côte de Granit Rose, la Station Sports & Nature de Belle-Isle-en-Terre, magnifique village des Côtes d’Armor, niché entre le Guic et le Guer, organise un stage trail unique les 4 et 5 octobre prochains. Vous aimez la verdure et la nature ? Il ne vous reste plus qu’à foncer !

Station Sports & Nature de Belle-Isle-en-Terre : ne manquez pas l’occasion

Imaginez la vie de château et du trail à gogo le temps d’un week-end en plein cœur de la Bretagne. Votre rêve peut devenir réalité grâce à l’initiative de la Station Sports & Nature de Belle-Isle-en-Terre, en partenariat avec Eau et Rivières de Bretagne. Les 4 et 5 octobre, un stage unique vous attend dans les forêts de Coat An Hay et Coat An Noz ou le long de la vallée du Léguer, pour une immersion pleine nature riche en partage d’expériences.

Côté hébergement, tout est prévu, avec un camp de base situé au château de Lady Mond, dont les aménagements en dortoirs de 6 à 8 personnes avec douches et sanitaires privés permettront une véritable connexion entre participants, pour plus de convivialité.

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Château de Lady Mont, camp de base de luxe du stage.

Rien à faire côté repas, également compris dans le programme, et préparés par un traiteur local lui-même sensibilisé à la nutrition pour traileurs. Cerise sur le gâteau, les organisateurs ont comme partenaire de l’événement la marque de nutrition française Meltonic, et pourront en profiter pour tester les produits.

SPORTNATURE
Du vert et des rivières…

Stage trail Sports & Nature à Belle-Isle-en-Terre : le programme

Samedi 4 octobre : 40 km en 2 sorties avec 2 traileurs bretons expérimentés, Jonathan Parisé (5 fois champion de Bretagne de trail, 12ème de la Diagonale des Fous 2018) et Julien Hervé (Diagonale des Fous, Échappée Belle, GRP…) On court, on prend des conseils, on partage des expériences.

JONATHAN PARISÉ
Jonathan Parisé
JULIEN HERVÉ
Julien Hervé

Dimanche, 20 km en 2 sorties, ainsi que des tests de podologie (renforcement du pied, préférence motrices) avec un spécialiste. Là aussi, entre course et conseils, la journée sera riche en enseignements. Et en plaisir.

Si le programme est réparti sur 2 jours, il est possible de ne participer qu’à une seule des 2 journées au choix, le samedi ou le dimanche.

Infos, programme complet et inscriptions ICI

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“States of Elevation” est le nouveau projet de Kilian Jornet : une aventure en autonomie totale visant à relier à pied et à vélo les sommets de plus de 14 000 pieds (environ 4 270 mètres) à travers les États-Unis. Un défi particulièrement exigeant, au cours duquel Kilian parcourra chaque jour l’équivalent d’une étape du Tour de France et d’un marathon — l’altitude et les terrains techniques en plus. Au-delà de l’effort physique, ce projet reflète la profonde connexion de Kilian avec les espaces sauvages, ainsi que sa quête constante de sens à travers l’endurance, la nature et l’exploration.

States of Elevation : dans la continuité de Pyrénées 3000 et Alpine Connections

C’est début septembre 2025 que Kilian Jornet lancera son nouveau projet, States of Elevation. En partant de Longs Peak dans le Colorado, il cherchera à relier les « fourteeners » américains — sommets de plus de 14000 pieds — uniquement par des moyens humains : course à pied et vélo.

Réputé pour repousser les limites du potentiel humain et de l’endurance athlétique, States of Elevation n’est pas qu’un exploit sportif ; c’est aussi un message fort sur la découverte de la nature américaine, l’engagement, et le lien avec les communautés.

L’approche de Kilian Jornet s’inscrit dans la continuité de sa philosophie de toujours : minimalisme, respect de la nature et exploration responsable. Ce projet fait suite à d’autres défis d’endurance tels que Alpine Connections en 2024 et Pyrenees 3000 en 2023, lors desquels il avait relié certains des plus hauts sommets des Alpes et des Pyrénées.

States of Elevation : Kilian Jornet explorateur

« Ce que j’ai vécu dans les Pyrénées et les Alpes m’a motivé à continuer d’explorer cette dimension des longues traversées, qui comporte un fort aspect physique, cognitif et créatif. Je cherche clairement une continuité dans ce sens. Sous prétexte de relier les sommets de plus de 14000 pieds, mon objectif est aussi d’explorer l’Ouest américain — l’immensité des paysages, des cultures qui y ont vécu et y vivent encore, ainsi qu’une nature souvent sauvage et incroyablement variée, allant des zones alpines aux forêts denses en passant par les déserts.

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Kilian Jornet lors de son projet Alpine Connections, en 2024. Photo Alpine Connections




States of Elevation : 58 sommets au programme

Si le communiqué de Kilian Jornet ne le précise pas, on peut supposer que son projet s’articule autour des « Fourteeners » du Colorado, donc en écartant le Mount Rainier situé dans l’État de Washington. Selon la façon dont on compte chaque sommet, le Colorado compte entre 53 et 58 sommets de plus 14000 pieds. La différence de comptabilisation tient de fait que certains ne comptent pas les sommets voisins quand les 2 “pics” ont moins de 300 pieds d’écart (91 mètres). Depuis les années 1960, de nombreux alpinistes se sont succédé pour tenter d’établir un record de vitesse sur ces sommets du Colorado, record établi généralement sur 55 sommets. Le premier officiellement recensé est Cleve McCarty qui en 1960 a reconnu 52 sommets en 52 jours.

En septembre 2020, l’Américain Teddy Keizer, connu sous le surnom de « Cave Dog », a établi le record en 10 jours, 20h et 26mn. Le parcours est connu dans le milieu sous le nom de « The Mighty Mountain Megamarathon ». Mais le tout dernier FKT recensé est celui de Andrew Hamilton, sur 58 sommets, en 9 jours 21h 51mn en version avec assistance.

En version sans assistance, le record est détenu par Daniel Hobbs depuis juillet 2022 en 14 jours, 17h et 33mn.
C’est sans doute ce record auquel va s’attaquer Kilian Jornet.

States of Elevation : inspirer les jeunes générations

En fin de compte, States of Elevation est un nouvel exemple de l’engagement de Kilian Jornet à utiliser ses projets sportifs comme leviers pour des changements porteurs de sens. En inspirant les gens à adopter les valeurs d’aventure, de responsabilité et de respect de l’environnement, Kilian espère encourager une plus grande appréciation des espaces sauvages qui nous nourrissent et nous inspirent chaque jour, pour laisser derrière lui un héritage d’actions impactantes et de prise de conscience pour les générations futures.

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Il rêvait de le faire en moins de 6 jours, il l’a fait en moins de 5 ! Entre le 20 et le 24 juillet, Grégory Camerlo, assisté d’une équipe de pacers, a réalisé l’exploit de faire le GR20 corse aller et retour en moins de 5 jours. 4 jours, 16 heures et 27 minutes précisément. Un défi énorme pour une cause qui lui est chère : l’Arménie. Retour sur une performance XXL.

GR20 aller-retour : un défi pour la cause arménienne

Pour établir la genèse de ce projet, il faut remonter à l’initiative lancée en 2021 par Pierre Kaftandjian, amoureux de trail d’origine arménienne, organisteur par ailleurs du Grand Raid du Guillestrois-Queyras. Il avait alors relié Calenzana à Conca en 56 heures pour soutenir la reconstruction d’une école de Stepanakert touchée par des bombardements durant la guerre déclenchée par l’Azerbaïdjan le 12 mai 2021 sur le territoire arménien. L’opération avait permis de récolter près de 4000 euros et de mettre en lumière ce conflit peu connu et toujours pas résolu. Grégory Camerlo, traileur aguerri, faisait partie de l’équipe de Pierre en 2021.

En début d’année, il a relancé le projet. « L’idée de revenir en Corse était toujours présente… Cette année, je me suis dit que ça pouvait être la bonne », nous avait-il confié en mars dernier, porté par l’envie d’agir. Mais s’il décida de faire renaître l’initiative, le défi était encore plus ambitieux : parcourir le GR20 en aller-retour, un challenge qui n’a jamais été officiellement réalisé.

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3 membres de l’équipe du projet, avec au centre Grégory Camerlo.

Grégory Camerlo et le GR20 : une histoire ancienne

Le GR20, Grégory le connaît bien, et dans les deux sens ! Après l’avoir parcouru une première fois en randonnée dans le sens sud-nord en 2016, puis en mode trail par étapes en 2019, il l’a enchaîné d’une traite en 2021 dans le sens nord-sud lors du premier projet de Pierre Kaftandjian. Mais enchaîner un aller-retour, c’est une autre histoire. « Sur le papier, ça me semble faisable », déclarait-t-il, optimiste, même s’il reconnaissaiit que l’aventure serait d’une rare difficulté.

En partant de Conca, au sud, pour rejoindre Calenzana, puis revenir, si les distances varient légèrement selon les sources, l’ensemble représente tout de même près de 350 km et entre 25 000 et 26 000 mètres de dénivelé positif. Ce qui explique sans doute qu’aucun record officiel sur ce trajet aller-retour n’existe à ce jour, seulement des tentatives ou des traversées non chronométrées. Ainsi, celle du Corse Guy Genovesi, qui dans les années 1990 mit 6,5 jours pour faire l’aller-retour. Grégory, désireux de faire les choses dans les règles, était déterminé à faire certifier son temps grâce à un chronométreur présent sur les points de passage clés, afin d’établir un premier temps de référence officiel, ou FKT (Fastest Known Time).

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Petite pause durant le défi juillet 2025.

Grégory Camerlo, un traileur aguerri

Ancien footballeur, Grégory Camerlo s’est tourné vers le trail en 2019. Depuis, il enchaîne les épreuves exigeantes : Diagonale des Fous en 2021, Échappée Belle en 2022, Grand Raid du Ventoux en 2023, avec un podium à la clé, Grand Raid du Guillestrois-Queyras (4ème) et Échappée Belle (6ème) en 2024, entre autres. Mais le GR20 aller-retour est une autre dimension. N’ayant jusqu’en 2024 jamais fait au-delà de 180 km, Grégory Camerlo est donc monté en charge, sa grande étape de préparation en mai 2025 ayant été sa participation à la VVX en duo, un ultra-trail de 220 km qu’il a remporté, devançant le duo Casquette Verte / Loïc Jalmin.

Lire ici l’article sur la VVX 2025

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Photo DR

GR20 pour l’Arménie, un engagement collectif

Si la performance finale est individuelle, Grégory Camerlo n’était pas seul dans l’aventure : une petite équipe l’a épaulé pour la logistique, les ravitaillements, la communication, mais aussi pour partager des kilomètres avec lui. Une équipe dans laquelle Pierre Kaftandjian tenait sa place, bien sûr, fier de ces « petits jeunes » qui prennent la relève et défendent la cause. Car au-delà du défi sportif, c’est un véritable cri d’alerte humanitaire qui animait l’équipe, dans la droite ligne du projet de 2021 : en octobre 2023, des dizaines de milliers d’Arméniens ont dû fuir la région du Haut-Karabakh, envahie et vidée de sa population. C’est pour ces familles déplacées, qui vivent aujourd’hui dans des conditions précaires en République d’Arménie, que Grégory Camerlo est allé au bout de ses forces : « Je ne m’implique jamais à moitié. Que ce soit dans le sport, au travail ou pour des causes comme celle-ci, je veux donner le maximum. »

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GR20 POUR L’ARMÉNIE

GR20 pour l’Arménie : un FKT record

Jeudi 24 juillet, Grégory Camerlo a donc relevé le défi. Après un aller Conca-Calenzana bouclé en 49 heures, et malgré quelques nuits difficiles sur ces sentiers corses si techniques, il est parvenu à effectuer le retour Calenzana-Conca en 63h27 minutes, sigant un chrono final de 4 jours, 16 heures et 27 minutes, soit 112 heures et 27 minutes. Un temps de référence désormais officiel, qu’il faudra être sacrément costaud pour aller battre.

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Grégory Camerlo à l’arrivée de son défi fou.
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De retour de la Western States Endurance Run, enthousiasmé par les grands espaces, la nature sauvage et la culture du trail-running US, Kilian Jornet, toujours à la recherche d’inspiration et de nouveaux défis, a interrogé sa communauté pour qu’elle lui propose des idées de courses, FKT et autres aventures sur le territoire américain. Un « sondage » live sur les réseaux sociaux, qui a généré 1478 commentaires que nous avons soigneusement épluchés pour découvrir les recommandations de ses fans.

Kilian Jornet : quel défi aux États-Unis ?

Évidemment, les réponses “hors-sujet” ont été très nombreuses, avec des dizaines de suggestions n’ayant rien à voir avec sa demande (que faire aux États-Unis ?). Parmi les plus nombreuses, citons un retour à l’UTMB (mais il a déclaré fin 2024 qu’il reviendra, sans toutefois préciser si ce serait en 2026 ou plus tard), le Tor des Géants, mais aussi le Marathon des Sables (qui propose à partir de 2026 un nouveau format 100 miles non stop), le GR20 (dont il a détenu le record en juin 2009 en 32h54mn02s) ou encore des FKT en Argentine, au Canada ou en Nouvelle-Zélande…

Quant à ceux qui ont bien répondu à la question de Kilian Jornet (aux USA, donc), voici les suggestions qui ont retenu le plus de suffrages :

La Barkley : 22 voix. Kilian Jornet face à l’ogre des forêts sombres du Tennessee, on a trop hâte.

Le Nolans’14 : 22 voix. Une trace de 166 km passant par 14 sommets de plus de 14000 pieds (4270m). C’est effectivement un défi pour Kilian, dans la lignée des 82 sommets de plus de 4000 mètres des Alpes de son aventure Alpine Connection de l’été 2024, même si le Nolan’s 14 est beaucoup plus court. C’est le FKT que François D’Haene vient tout juste d’établir début juillet en 35h 33mn 41s.

L’Appalachian Trail : 16 voix. Le FKT est détenu par le Belge Karel Sabbe en 41 jours 7h 39mn pour 3540km, établi en août 2018.

Le Pacific Crest Trail : 16 voix. 4240km, encore plus long que l’Appalachian Trail. Et c’est encore Karel Sabbe qui détient le FKT, en 46 jours 12h 50mn depuis août 2023.

Le John Muir Trail : 14 voix. 338km, un FKT détenu par François d’Haene depuis 2017 en 67h28.

Les White Mountains : 12 voix. La version Direttissima, 386 km et 22800mD+ compte 48 sommets à plus de 4000 pieds. Sauf que 4000 pieds, ça fait 1220 mètres, et que des sommets à 1220 mètres, Kilian, il appelle ça des collines…

Suivent ensuite le Grand Canyon Rim to Rim, un FKT de 5h55 sur un parcours de 70 km descendant au fond du Grand Canyon pour remonter sur l’autre rive, détenu par Jim Walmsley, le Wonderland Trail, un sentier de 150 km dans la chaîne des Cascades, la Badwater (217km dans la Vallée de la Mort) et d’autres courses…

Kilian Jornet : le bêtisier des propositions les plus farfelues

Quant aux propositions les plus farfelues, à mettre dans le bêtisier, voici nos réponses préférées à la question de Kilian Jornet : « Que pourrais-je faire aux Etats-Unis ? » :

– Un 4ème enfant.
– Le 10 km de Quimper-sur-Mer.
– des vacances en famille
– “Tu peux venir chez moi si tu veux.”
– Marseille Cassis.
– La montée de l’Empire State Building par les escaliers.

Bref, si Kilian Jornet suit les suggestions de sa communauté, ce serait la Barkley ou le Nolan’14. Mais les suivra-t-il ?

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C’est à un parcours redoutable que s’est mesuré François D’Haene dans le Colorado : le Nolan’s 14, une trace non balisée très technique de 150 kilomètres et 14000m D+ passant par 14 sommets à plus de 14000 pieds (4268 mètres). Avec l’équipe qui lui avait permis d’établir son record du GR20 en 2016, et après une dizaine de jours d’acclimatation et de reconnaissance des principales difficultés, il s’est lancé dans l’aventure. Son objectif n°1 : boucler la trace en moins de 60 heures. Son objectif n°2 : s’approcher du record de 39h 06mn 40s établi en juillet 2023 par David Hedges. Et que croyez-vous qu’il fit ?

Nolan’s 14 : un parcours qui faisait rêver François D’Haene

Il est certains parcours qui inspirent plus que d’autres. Situé près de Leadville, dans la chaîne de Sawatch, dans le Colorado, le Nolan’s 14 est de ceux qui ont toujours attiré François D’Haene. Un itinéraire très difficile, une trace non balisée, des altitudes supérieures à 4000 mètres, on dit du Nolan’s 14 qu’il est réservé aux randonneurs expérimentés.

En mai 2019, l’Américain Joe Grant en avait établi un premier record. Il était alors à la recherche d’une expérience. Il voulait que ce soit difficile et qu’il repousse ses limites, il voulait trouver un terrain où il lui faudrait prendre des décisions difficiles. C’est pourquoi il avait choisi le Nolan’s 14. Il est évident que cette aventure à inspiré François D’Haene, dans un même état d’esprit de quête, de repousser ses limites et, en même temps, de faire quelque chose de grand.

D'Haene Nolan's 14
Source Instagram François D’Haene

Voir le film de Joe Grant ICI

Les FKT, une motivation différente pour François D’Haene

Après le GR20, le John Muir et l’an dernier le Tor des Géants, qui même s’il se courait avec un dossard s’apparente à une aventure personnelle plus qu’à une course, François D’Haene voulait avoir cette année une nouvelle expérience hors des sentiers battus, sur des terrains inconnus de lui, réputés pour leur difficulté.

L’équipe d’encadrement de François D’Haene sur ce FKT. Source Instagram François D’Haene

Comme il l’a lui-même expliqué, il y a 5 raisons qui le poussent à se lancer dans ce type de défi :


1 : Partager l’effort avec des copains. Ici, ce fut sa bande qu’il l’avait accompagnée en 2016 pour le FKT du GR20 (battu depuis), et qu’il compte bien reconduire en 2026 pour tenter de nouveau ce GR20 et aller détrôner Lambert Santelli, l’actuel détenteur du record.

2 : Choisir quand il veut vivre l’aventure. Avant l’UTMB fin août, le créneau de début juillet était idéal pour se lancer dans cette aventure, avec un temps de repos suffisant derrière pour se lancer ensuite dans la prépa du grand rendez-vous de Chamonix.

3 : Se préparer avec un cap clair en tête

4 : Créer un projet sur-mesure, selon ses envies.

5 : Et surtout : lui donner du sens.

Toutes ces raisons, ainsi que celles pour lesquelles son choix s’est porté sur le Nolan’s 14, sont à retrouver dans le premier épisode de la web série tournée à cette occasion : “Inside Nolan’s 14”, disponible sur YouTube.

Inside Nolan’s 14 : voir le premier épisode ici

Nolan’s 14 : le record pour François D’Haene

Et ce qui devait arriver arriva : en 35h 33mn 41s, François D’Haene a effacé David Hedge des tablettes et établi un nouveau FKT.

Nolan's Chrono
Le chrono record de François D’Haene. Source Instagram François D’Haene
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13000 passionnés le long des sentiers de 16 courses en octobre 2024 ! Odile Baudrier et Gilles Bertrand, les deux fondateurs, en 1995, de la première course hors-bitume de France, au cœur de la nature aveyronnaise, étaient loin de s’imaginer que 30 ans plus tard, un tel succès serait au rendez-vous. Ni que les valeurs du trail, qu’ils ont su préserver au fil des éditions, seraient aujourd’hui plus vivantes que jamais. La légende des Templiers s’est écrite autour de celles-ci, mais l’épreuve trentenaire a également su ouvrir ses chemins aux plus jeunes et aux femmes. A quelques semaines de la 31ème édition, zoom sur quelques-unes des belles histoires des Templiers.

Voir le film de l’édition 2024 ICI, 16 minutes pour revivre l’intensité et la magie de l’événement

Festival des Templiers : les trentenaires à l’honneur, du nouveau pour les Juniors

Un vent du rajeunissement souffle les Grands Causses ! Les moins de 30 ans sont de plus en plus nombreux à courir sur les sentiers nichés au cœur de ce parc naturel régional. Pour 2025, la tendance se confirme : un bon tiers de participants de moins de 30 ans sur le VO2 Trail (17,2 km), soit 10 % de plus en 10 ans. Le marathon des Causses (36,1 km) se paie aussi une cure de jouvence, avec 19% de participation en 2025 contre 15% en 2015. 

Au-delà de ce phénomène « naturel » de rajeunissement, l’événement réaffirme son engagement en faveur de la jeunesse, amorcé dès 2004 avec la Kinder Trail et renforcé en 2021 grâce à la KD Trail. Taillée sur mesure pour la nouvelle génération de traileurs, la Junior Trail, un nouveau format de 17,2 km, s’adresse aux jeunes espoirs de la discipline (U20 nés en 2007 et 2008), leur donnant une opportunité unique de marquer les sentiers de leur empreinte, et de tester leurs limites dans un terrain de jeu exceptionnel. 

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Photo Cyrille Quintard

Festival des Templiers : ils sont nés en 1995, et seront sur les sentiers en 2025 pour leurs 30 ans !

Florian, inscrit sur l’Endurance Trail (100 km)

« Je pesais 130 kilos, je fumais, et aujourd’hui j’ai perdu plus de 30 kilos, je ne fume plus, je cours 4-5 fois par semaine, j’ai déménagé dans un endroit où je n’ai qu’à passer le portail pour être sur des sentiers ! Ma femme, qui n’était pas du tout sportive, vient de terminer ses premières courses officielles en trail ! Effectivement, je suis né en 1995, et pouvoir participer à un événement tel que les Templiers pour mon 30ème anniversaire est quelque chose d’exceptionnel ! »

Baptiste, inscrit au Marathon des Causses (36,1 km)

« La course à pied a toujours marqué ma vie, j’ai suivi mon père sur ses lignes de départ, et j’ai naturellement pris le relais. Je connais les Templiers depuis mon enfance, mon papa aurait dû y participer, mais une blessure l’en a empêché, j’avais 8 ans. Cette course représente une étape importante dans mon évolution au fil des années afin d’augmenter les distances. »

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Archives 1995. Photo Hoka Les Templiers

Benoît, inscrit sur Endurance Trail (100 km)

« J’ai frôlé l’amputation de la jambe gauche en 2012, suite à un accident au foot. Après une année de combat, j’ai pu remarcher. Une première rencontre en 2017 m’a poussé à chausser des baskets afin de tenter de réaliser 10 km. Énorme défi ! Cette rencontre, c’est le petit Tom, de l’association Le Combat de Tom, décédé en mars 2025. Je me suis dit que je n’avais pas le droit de me plaindre… J’ai découvert le trail en 2023. Alors, pour mes 30 ans, je me suis lancé le défi d’atteindre la barre des 100 km ! Et, à quel meilleur endroit le faire qu’ici ? »

Festival des Templiers : vive Les Templières !

Les femmes, d’habitude inscrites sur les plus petites distances, sont de plus en plus nombreuses à participer à des formats plus longs. En témoignent une constante progression en 10 ans :  +6% de femmes sur le Grand Trail des Templiers (80 km), +8% sur l’Endurance Trail (99 km) et +12% sur l’Intégrale des Causses (62 km). La parité est même dépassée sur des courses plus courtes avec 68% de femmes sur Les Troubadours (12 km), 59% de femmes sur la VO2 Trail (17 km) et 54% de femmes sur la Monna Lisa (28,5 km). Et ce sont celles qui courent qui en parlent le mieux !

Photo Cyrille Quintard
Photo Cyrille Quintard

Éloïse 26 ans, inscrite sur la Boffi Fifty (48,5 km)

« Ancienne cycliste pro, le trail est devenu une discipline de tous les jours pour moi. Que ce soit comme exutoire après des gardes aux urgences éprouvantes ou simplement pour sillonner mon Morvan que j’aime tant ! Cette course représente un bon défi, un objectif pour cette année, car je n’ai jamais couru autant, et les Templiers c’est mythique ! »

Roseline, 70 ans, inscrite à La Templière (7,3 km)

« Je suis une héritière du Spiridon et de son époque glorieuse ! Pour mes 70 ans je voulais faire une belle course. Je cours depuis 48 ans. J’ai déjà couru le 8 km féminin il y a 15 ans. J’ai adoré l’ambiance et voir des traileurs si courageux. Je n’avais jamais participé à une aussi grande course ! » 

Clotilde, 43 ans, Marathon du Larzac (34,6 km) et Marathon des Causses (36,1 km)

« J’ai commencé le trail en 2019, 2 ans après un accident de ski ayant eu un gros impact sur un genou (5 chirurgies, 8 mois d’arrêt de travail, 2 ans avant de remarcher sans boîter). En 2019, je mords à ce sport. Mais, mon genou me rappelant à l’ordre, je me résigne : je ne pourrais jamais faire d’ultras. Petit à petit, je passe pourtant de 20 à 24 à 28 km… Les Templiers, c’est pour moi des premières : 26 km sur l’Hivernale en 2023, 28 km sur la Mona Lisa et 44 km sur le Tarn Valley en 2024. 2025, ce sera un ultra à ma façon, car j’ai décidé de faire les 2 marathons : 34 km le vendredi et 36 km le samedi. 70 km en 2 jours !»

Le mot de Sylvia Nordskar, pro-traileuse HOKA, 2ème du Grand Trail des Templiers 2024

« Je voulais courir Les Templiers parce que j’ai entendu dire que c’était un événement unique vibrant de passion, de culture locale, à travers une nature magnifique. Le parcours est roulant, le terrain et le climat me conviennent bien. J’espère aider les femmes à avoir plus de confiance et de force en elles pour prendre le départ de davantage de courses ! »

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