Loin du cliché de la barre énergétique qui sauve une sortie longue ou du gel qui sauve une séance de fractionnés, les élites de l’ultra-trail, quand elles s’élancent sur un tour du mont Blanc, suivent un plan nutritionnel précis, testé et adapté à leurs besoins. Grégoire Dandres, propriétaire de la marque de nutrition sportive Mulebar depuis 2015, s’est penché sur leur stratégie pour mieux élaborer ses propres produits 100% naturels. Son constat : la variété des approches est étonnante.

François d’Haene : la science du liquide

Quadruple vainqueur de l’UTMB (2012, 2014, 2017, 2021), le Savoyard, ex-viticulteur dans la vallée du Rhône et kiné, a bâti sa réputation sur une approche méthodique et pragmatique.

« J’évite les fibres, le gras et les protéines excessives juste avant la course. Ma boisson riche en électrolytes est mon fil d’Ariane : je la bois par petites gorgées, tout le long. Quand le solide ne passe plus, c’est elle qui me tient debout… Et à l’arrivée, je me rattrape sur le salé, les fruits, et beaucoup d’eau minérale. »

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François D’Haene. Photo Jocelyn Chavy

Kilian Jornet : l’instinct et l’adaptation

Enfant prodige du trail mondial, vainqueur de l’UTMB dès l’âge de 20 ans (2008), ses débuts furent… spartiates. Chez lui, la nutrition n’est pas figée : c’est une adaptation permanente, au ressenti, à la météo, à l’altitude.

« Pour mon premier UTMB, je n’avais rien planifié du tout. J’avais juste pris des bananes et un peu d’eau, et c’est tout. À l’époque, on ne parlait quasiment pas de stratégie de nutrition. Aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention : je varie plus, j’alterne aliments liquides, vrais aliments, quelques gels mais jamais en excès parce que j’ai appris que trop de gels finissent toujours par me provoquer des problèmes digestifs. Je ne compte pas les calories, je fais tout au ressenti, et je préfère toujours privilégier la vraie nourriture. Je pense que la clé, c’est de tester, d’apprendre sur soi-même et de ne pas hésiter à adapter sa stratégie en fonction des circonstances de la course. »

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Kilian Jornet. Photo UTMB Group

Courtney Dauwalter : l’anarchie maîtrisée

Reine des ultras (3 UTMB gagnés, en 2019, 2021 et 2023, ainsi que plusieurs Western States et Hardrock 100), l’Américaine se reconnaît à ses shorts larges, son sourire et… son absence de stratégie chronométrée.

« Je ne suis pas du genre à faire biper ma montre pour me rappeler de manger, et je ne veux pas m’obliger à m’alimenter toutes les 15 ou 30 minutes pendant une course. Je préfère consommer lentement les calories que j’ai aussi souvent que possible. En gros, je fais un “concours d’alimentation en mouvement”. »

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Courtney Dauwalter. Photo UTMB Group

Katie Schide : l’efficience millimétrée

Âgée de 32 ans, l’Américaine Katie Schide s’est imposée comme l’une des références mondiales de l’ultra-trail, avec deux victoires sur l’UTMB (2022, 2024), une victoire sur la Western States et une sur la Hardrock 100 l’été dernier. Rigoureuse tant dans sa préparation que dans sa gestion nutritionnelle en course, elle s’appuie sur une stratégie rodée et millimétrée.

« J’ai beaucoup appris lors de mon premier UTMB en 2022. Depuis, je teste, j’ajuste, mais il faut être prête à faire différemment si quelque chose ne passe pas. Sur l’édition 2024 de l’UTMB, les deux dernières heures ont été difficiles à cause de crampes d’estomac. J’ai essayé d’ajuster mes apports au fil de la course, mais je sais maintenant que rien n’est jamais acquis, même avec un bon plan. »

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Katie Schide. Photo UTMB Group

Jim Walmsley : l’ingénieur de l’effort

En 2023, l’Américain a fait tomber une barrière, devenant le premier coureur US à gagner l’UTMB, après plusieurs tentatives ratées. Pour y parvenir, il a transformé sa façon de s’alimenter. Walmsley est un coureur scientifique : derrière son style fluide se cache un tableau Excel mental, préparé pièce par pièce.

« Ma nutrition est un sujet très évolutif pour moi, mais lorsque j’ai gagné l’UTMB, j’avais enfin confiance dans mon plan d’alimentation. J’ai utilisé des gels énergétiques saveur passion et des boissons énergétiques, mais aussi de petits rice cakes sucrés ou salés préparés maison avec ma femme. On a totalement supprimé les bonbons et la malbouffe. On a testé toutes les saveurs et combinaisons pendant l’entraînement et en course, toujours en alternant le sucré et le salé pour éviter d’être écœuré. Mon objectif était de passer vite aux ravitaillements, mais aussi d’être très régulier : même si je n’en avais pas envie, je mangeais toutes les 30 à 40 minutes, pour ne jamais me retrouver en manque d’énergie sur la fin. C’est ce qui m’a permis d’être fort dans les derniers kilomètres. »

Jim Walmsley. Photo UTMB Group

Ludovic Pommeret : l’expérience de la longévité

À 50 ans, Ludovic Pommeret, vainqueur de l’UTMB en 2016, de la Diagonale des Fous en 2021, et double lauréat de la Hardrock 100 en 2024 et 2025, a fait évoluer sa stratégie nutritionnelle au fil du temps.

« Avant, je mangeais à la sensation, en me basant sur l’eau et les gels énergétiques. Aujourd’hui, j’ai diversifié avec une alimentation essentiellement liquide et semi-liquide, à base de purées et de boissons enrichies : ça a vraiment changé ma course, j’ai moins de problèmes digestifs et je me sens plus régulier. »

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Ludovic Pommeret. Photo UTMB Group

Mathieu Blanchard : le méthodique

Avec deux podiums sur l’UTMB (2ᵉ en 2022, 3ᵉ en 2021) et une victoire sur la Diagonale des Fous (2024), Mathieu Blanchard, pragmatique et méthodique, accorde une attention particulière à la nutrition, misant sur un plan précis et testé à l’entraînement.

« Mon plan de nutrition pour l’UTMB est extrêmement simple. Je vise 80g de glucides par heure, soit environ 400 kcal/h. J’ajoute en ravitaillement des purées salées, histoire de casser le sucre, et trois petites bouteilles : une de soda, une d’eau plate et une d’eau pétillante. J’essaie toujours d’être minimaliste, et d’épurer au maximum ma stratégie alimentaire d’année en année. »

Mathieu Blanchard. Photo UTMB Group

Anton Krupicka : le minimaliste

Véritable légende du trail américain, Anton Krupicka est souvent salué pour son style ascétique aussi bien dans l’effort que dans la vie quotidienne. Son retour annoncé sur l’UTMB 2025, 11 ans après sa dernière participation, a fait pschitt. Le « Messie » était bien là, mais n’a pas couru, blessé.

« J’essaie de garder les choses simples. Ne pas manger trop de sucre, veiller à prendre une grande salade chaque jour. Prioriser les protéines, souvent sous forme de légumineuses ou de noix. Pour l’ultra, il faut rester pragmatique : beaucoup de glucides, mais pas comme source principale de calories. Surtout, il faut tester et s’écouter, sans jamais se compliquer la vie. »

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Anton Krupicka. Photo UTMB

Ruth Croft : stratégique et adaptable

Néo-Zélandaise installée entre Annecy et son pays natal, Ruth Croft s’est forgé un palmarès international impressionnant. Après sa superbe 2ème place derrière Katie Schide à l’UTMB 2024, elle a survolé l’édition 2025.

« Je m’entraîne à nourrir mon corps comme je vais le faire en course, mais j’ai aussi appris à prévoir des plans de secours si l’estomac ne suit pas. J’essaie de garder les choses simples : beaucoup d’hydratation, une alimentation progressive dans la journée, et surtout ne jamais trop m’éloigner de ce qui a déjà bien marché à l’entraînement. »

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Ruth Croft. Photo UTMB Group

Nutrition des élites, le socle commun

Il est frappant de constater que chez tous ces champions, personne ne mange « pareil ». Certains comptent les calories, d’autres non. Certains chronomètrent chaque prise, d’autres s’en remettent uniquement à leur instinct. Néanmoins, tous ont un socle commun.

– Manger tôt et régulièrement
– Alterner sucré/salé pour éviter l’écœurement
– Tester et ajuster en amont pour « entraîner » l’estomac
– Rester flexible et adapter sa stratégie en fonction des sensations
– Ne jamais négliger l’hydratation et les électrolytes
– S’adapter à la météo

Sans oublier qu’une fois en course, c’est la capacité à adapter sa stratégie en temps réel qui, souvent, fait la différence entre rester en mouvement… ou s’arrêter avant la ligne.

Cet article a été publié dans le magazine ESPRIT TRAIL N°146. Commandez-le en version papier ou numérique ICI

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En suivant avec passion les aventures de Kilian Jornet dans les Montagnes Rocheuses lors de son expédition States of Elevation, nous avions noté qu’il utilisait une frontale de la marque norvégienne Moonlight. Mais, contrairement à ce que l’on pensait, ce n’était pas le modèle Bright As Day 800, l’un des best sellers de l’équipementier, mais un nouveau modèle qui vient juste d’être commercialisé, la Noctia Max. On l’a testée sur les sentiers techniques et bourrés de pièges de Moorea, lors du Tahiti Moorea Ultra Trail.

Moonlight, une marque norvégienne chère à Kilian Jornet

On le sait tous, le Patron n’est pas du genre à prendre les choses à la légère, surtout lorsqu’il s’agit de s’embarquer dans des aventures de plusieurs jours / semaines sur des parcours exposés. Et il aime par ailleurs privilégier les circuits courts, sauf bien sûr quand l’avion est impératif pour se rendre sur les lieux de ses exploits. C’est donc la petite marque créée par des passionnés d’outdoor dans le nord de la Norvège, pas loin de chez Kilian Jornet, qui a le privilège d’éclairer ses exploits nocturnes. D’où notre envie d’en savoir plus sur cette minuscule frontale Noctia Max…

©Nick Danielson — Pikes Peak1
Photo Nick Danielson

Moonlight Noctia Max : frontale et lampe de poche à la fois

Imaginée comme un couteau suisse, cette Noctia Max a pour vocation d’être utilisée à la fois comme lampe frontale pour courir, mais aussi comme lampe de poche au quotidien grâce à la possibilité de la détacher du bandeau en un clin d’œil. Légère (150 g seulement), son boîtier en alliage d’aluminium recyclable abrite une batterie puissante de 12,6 Wh dont les pôles sont situés du même côté, afin de pouvoir inverser la batterie et éviter tout allumage involontaire de la lampe dans votre sac durant la journée ou pendant un déplacement. Appréciable !

Noctia Max Moorea 2
Photo Laura Trompette

Moonlight Noctia Max : 5 modes d’intensité et une grande autonomie

Extrêmement simple d’utilisation, la Noctia Max propose 5 modes d’intensité, allant de 10 à 500 lumens réels et constants, ainsi que les options lumière rouge, lumière blanche d’urgence, stroboscope rouge ou blanc, et séquence SOS. Son faisceau périphérique offre un éclairage agréable, qui ne fatigue pas la vue. Quant à l’autonomie, facteur clé

pour les ultras et autres aventures au long court, elle va de 2h50 en mode « pleins phares » jusqu’à 130 heures en mode éco.

Évidemment, courir avec un éclairage de 10 lumens est un peu risqué, mais s’il s’agit de marcher, lors d’une longue ascension par exemple, cela ne pose pas de problème. Et 11 heures d’autonomie à 125 lumens est largement suffisant pour traverser une nuit, voire deux en dosant son intensité lumineuse en fonction de son allure (5h40 à 250 lumens).

Moonlight Noctia Max
Photo Andy Cochrane

Moonlight : la robustesse certifiée

La Noctia Max bénéficie, tout comme les autres modèles de Moonlight, de la norme IP68, ce qui lui garantit imperméabilité et résistance aux basses températures. La marque vient d’ailleurs de signer un partenariat avec les guides de haute montagne de Samoëns, un gage de sérieux et de qualité supplémentaire, s’il en était besoin.

Existe en Noctia avec 40 grammes de moins, mais une autonomie divisée par 2.

Frontale Moonlight Noctia Max, 129 €

Noctia Max Moorea
Photo Laura Trompette
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Le Belge Joachim Lefèvre rêvait d’établir un chrono qui marquerait les esprits sur l’HexaTrek, la grande traversée de la France par ses montagnes sur un itinéraire de 3 035 km et 147 000 m de D+ reliant les Vosges aux Pyrénées en passant par les Alpes et les Cévennes. Pour se prouver – et prouver aux autres – qu’il était « capable ». Pour cela, il a tout quitté, appart, boulot, confort. Mais au fil des jours, son raid solitaire s’est transformé en quelque chose de plus profond. Une odyssée, comme une transformation.

Joachim Lefèvre, un habitué des longues distances

Joachim Lefèvre n’est pas lancé dans l’aventure sans expérience. Il avait déjà marqué les esprits en terminant en 2022 la SwissPeaks 360 et en remportant en avril 2025 la première édition de la No Finish Line Bruxelles, une course solidaire de 5 jours et 4 nuits durant laquelle il avait parcouru 350 km. Mais l’HexaTrek est un défi d’une autre dimension : plus de 3 000 kilomètres et 145 000m D+ à parcourir en solitaire, en enchaînant chaque jour des étapes extrêmes, avec un équipement ultra-léger et une préparation mentale hors norme, pour franchir les cols alpins, suivre des sentiers escarpés et traverser des orages d’été.

L’HexaTrek, de la performance à la patience

Parti le 15 juin, Joachim Lefèvre est arrivé le 10 septembre 2025, après 82 jours d’effort. Il avait prévu d’être un peu plus rapide, mais la canicule de l’été a contrarié un meilleur chrono. Et, surtout, a transformé ce qu’il réduisait initialement à un exploit sportif en une véritable école de patience, de résilience et de lâcher-prise. Car au cours de son HexaTrek, chaque imprévu, chaque douleur, chaque rencontre l’a façonné, jusqu’à faire de lui non seulement un finisher, mais aussi et surtout un aventurier plus ancré, plus humain.

Lacs HexaTrek
L’HexaTrek est un long parcours de toute beauté.

Comment t’es venue l’idée de te lancer dans une telle entreprise ?

Joachim Lefevre : En tant que passionné d’ultra-distance, j’ai toujours eu dans ma tête un rêve de grande traversée, et l’HexaTrek, cette trace toute jeune, qui n’avait que 3 ans, m’a tout de suite attirée. En plus, il se trouve que dans ma vie personnelle, j’ai eu un « petit » changement – une séparation – qui a fait que j’ai dû remettre tout en place, recréer un nouvel équilibre. Habitant avant à Liège, je suis revenu à Bruxelles, j’ai pris une colocation, avec un travail dans la police, une voiture, beaucoup d’entraînement en course à pied, bref je me suis retrouvé dans une vie bien stable. Alors je me suis dit que j’allais tout lâcher pour vivre cette aventure de l’HexaTrek, étant donné que ça allait me prendre quelques mois, dans le but aussi de me réorienter professionnellement par la suite.

Tout laisser derrière pour repartir de l’avant, c’est une sorte de quête de soi-même. As-tu, pendant cette traversée, trouvé des réponses ?

Joachim Lefevre : Il y avait surtout une question dont je cherchais la réponse :  « La suite, c’est quoi ? » Cette recherche d’un nouveau sens commence par une réorientation professionnelle, pour trouver quelque chose plus proche de ce que me donne cet HexaTrek, c’est-à-dire une certaine forme de légitimité dans le monde de la randonnée, de l’ultra-trail, de la longue distance…

Joachim Lefèvre HexaTrek 1
Joachim Lefèvre sur les sentiers de l’HexaTrek.

Finisher de la Swiss Peaks 360 en 2022, tu as déjà une certaine légitimité. Ce n’était pas suffisant à tes yeux ?

Joachim Lefevre : Je pense que j’ai toujours eu du mal à ressentir une certaine forme de fierté par rapport à tout ce que j’ai réalisé. L’impression du « c’est pas assez », qui me faisait dire qu’il fallait que je fasse plus. Et maintenant, après cette aventure que j’ai vécue, même si je ne l’ai pas réalisée dans le temps que je voulais, j’arrive enfin à être fier de ce que j’ai réalisé. Du coup, j’ai l’impression d’avoir beaucoup plus de légitimité.

Le fait de ne pas être, en termes de performance, là où tu l’attendais, c’est quelque chose que tu as du mal à digérer ?

Joachim Lefevre : Aujourd’hui, non, pas du tout. Ça a été un deuil à faire durant l’aventure. En fait, je visais à peu près 55 jours, mais il y avait certaines dimensions que je n’avais pas prises en compte. La canicule, bien sûr, mais aussi le « pourquoi cette aventure ? ». Pour te donner un exemple, un jour, j’étais encore dans les Vosges, je suis arrivé à proximité d’un point de vue, et au niveau de la route qui y menait, était indiqué 20 minutes pour y aller.

En général, les temps, je les divisais par deux. Donc ça faisait 10 minutes aller, 10 minutes retour, puis 5 minutes éventuellement sur place, soit 25 minutes. Et dans ma tête, par rapport à mon timing de la journée, je me suis dit : « Ah ouais, si je vais jusque là-bas, je perds du temps sur ma route, donc ça fait 2,5 km en moins sur le trajet. » Et immédiatement après, je me suis engueulé en me disant : « Tu vis l’aventure d’une vie. C’est intolérable de penser comme ça, de vouloir que ça soit fait vite vite à ce point-là ! » Et j’ai changé mon fusil d’épaule, ce que j’appelle un changement de mindset.

Petit détail : quand tu dis « je visais 55 jours », c’est parce qu’il y a un FKT à 56 jours ?

Joachim Lefevre : Non, pas spécialement, parce qu’il y a plein de choses qui ne sont pas référencées. Il y a un gars, il n’y a pas longtemps, qui l’a fait en 43 jours, mais avec une assistance et un sac de trail. Moi, mon idée, c’était de le faire le plus rapidement avec un sac à dos, sans assistance, en faisant aussi pas mal de vidéos où je me filme en scène, où j’explique ce que je vis, dans l’idée de faire un documentaire qui s’intitulera « Et après ? ». Puis il y a eu aussi toutes les rencontres que j’ai faites…

Initialement, tu avais posé un cadenceur quotidien, avec une heure de départ, des pauses, des durées de sommeil ?

Joachim Lefevre : Je m’étais mis un objectif d’à peu près 40 km par jour, même si évidemment le terrain change en fonction des journées. Je me levais en général entre 6 et 7 h du matin, mais il faut savoir que le matin, pour moi, c’est très très dur. Sortir de la tente et se mettre en route, quel combat !

Je m’étais mis une deadline ultime, 9 h du matin. Mais quand je partais à 9 heures, ça avait une influence sur mon mood de la journée, où je culpabilisais en me disant qu’à midi je n’aurais pas encore fait mes 20 premiers kilomètres de la journée. Je comptais vraiment sur le fait d’arriver à découper ma journée en deux, 20 km le matin, 20 l’après-midi, en prenant le temps de faire une pause. Question sommeil, je n’y ai pas vraiment réfléchi, je faisais en sorte d’être satisfait de ma journée — même s’il y a des jours où je l’ai pas été.

Nuits sous tente ou en refuge ?

Joachim Lefevre : Un peu des deux, mais principalement sous la tente. Comme je n’avais rien organisé, chaque jour j’arrivais dans un refuge et s’il y avait de la place, bah tant mieux, et s’il n’y en avait pas, je restais dehors. J’ai été quelque fois en contact avec des gens qui passaient des coups de téléphone pour savoir s’il y avait de la place pour eux le soir. Moi, à chaque fois, je me suis débrouillé, j’ai toujours trouvé des solutions. Bon, c’est vrai aussi qu’il m’est arrivé, un soir, de devoir dormir dans les toilettes d’un gîte, parce qu’il n’y avait plus de place et qu’il tombait des trombes d’eau dehors… Mais c’était une solution.

Sur tes 82 jours, tu as rencontré des conditions météo assez extrêmes, avec de la pluie, de la boue, la canicule…

Joachim Lefevre : J’ai eu deux fois la canicule ! Quand j’étais dans les Vosges et quand j’étais dans le sud du Massif central, avant et après Carcassonne, là où il y a eu les incendies. Quand j’étais du côté du massif du Mont-Blanc, j’ai eu de la grêle. J’ai aussi eu de la neige, et j’ai dormi deux nuits avec des températures négatives, à tel point que l’intérieur de ma tente était gelé. J’ai aussi eu des grosses périodes de pluie, 3 ou 4 jours non-stop dans les Pyrénées, juste après une canicule avec des pointes à 43°C. Marcher dans ces conditions, c’était très compliqué.

HexaTrek
Passage dans la neige dans les Alpes.

L’eau, sur l’HexaTrek, c’est une difficulté ?

Joachim Lefevre : Déjà, ça se gère en ayant des contenants sur soi. Ensuite, c’est extrêmement important de regarder la météo, de savoir quelle température il va faire, et de planifier ses points d’eau. Un jour, alors que je venais de quitter Carcassonne où il faisait 43°C, j’ai dû quitter le sentier parce que je me suis vraiment senti mourir. J’étais sur une portion de tracé de 20 km sur un terrain très technique, rocailleux, très sec, avec beaucoup de ronces, et après environ 6 km, je n’ai plus eu d’eau, j’avais bu mes 2 litres. J’ai fini par trouver quelqu’un qui m’a ouvert sa porte pour me donner de l’eau, ça m’a sauvé.

Parce qu’il faut aussi dire que j’ai un souci d’hydratation — biologique : je ne ressens pas la soif, ou très peu. J’ai d’ailleurs souffert plusieurs fois de déshydratation, avec des urines couleur « Coca-Cola », ça m’a obligé à freiner le pas. Mais même en ayant en permanence des contenants pour 2 à 3 litres d’eau, j’ai été souvent obligé de boire dans les ruisseaux ou des petites sources. Dans le Jura, il m’est même arrivé une fois de crever de soif et de boire dans un abreuvoir pour vaches. Mais je n’ai jamais été malade : le filtre de la gourde a fait le taf.

Cet HexaTrek a été une école de patience, un effort physique… Est-ce qu’il y a des moments où tu as douté d’aller jusqu’au bout ?

Joachim Lefevre : Je n’ai pas douté de mon mental pour aller jusqu’au bout, mais plus de mon physique, côté santé. J’ai en effet eu plusieurs pépins, dont un gros urticaire sur quasiment tout le corps avec des plaques rouges énormes qui ont commencé à arriver au niveau de la gorge, avec risque sur les voies respiratoires. Ça m’a notamment amené à faire une pause de deux jours dans un petit village des Pyrénées…

Dernière étape, les tout derniers kilomètres : qu’est-ce que tu ressens ?

Joachim Lefevre : C’est particulier. L’aventure avait été dure, et une bonne semaine et demie avant la fin, j’étais tellement allé loin que la question de l’abandon n’existait plus. Même si je m’étais tordu la cheville – et c’est arrivé de nombreuses fois -, même si j’avais eu un problème, je serais allé au bout. Du coup, une semaine avant, j’avais déjà « terminé » dans ma tête. J’ai tout de même lâché ma petite larme à Hendaye, entre fierté et émotion, mais j’étais surtout content d’avoir fini et j’avais hâte de passer à la seconde étape.

Joachim Lefèvre à l'arrivée de l'HexaTrek
Joachim Lefèvre à l’arrivée de l’HexaTrek. Objectif atteint.

Et cette seconde étape, c’est quoi ?

Joachim Lefevre : Me rapprocher du monde de l’outdoor et me développer sur les réseaux pour parler de randonnée. Ma passion, c’est la course à pied, mais la randonnée touche plus de monde. Je veux aborder plein de sujets : comment s’hydrater, comment gérer les rencontres, la nourriture, entrer plus en profondeur dans le cœur de ce qu’est la rando, la présentation de matériel, etc. J’aimerais potentiellement créer ma marque de sac à dos pour la longue distance. Et il y a aussi la réalisation du documentaire, qui va prendre du temps.

Les 3 conseils de Joachim Lefèvre pour se lancer dans l’aventure HexaTrek

1 – Le matériel. Le connaître, savoir l’utiliser en conditions. C’est extrêmement important. Et savoir optimiser aussi. Tu ne peux pas partir avec un sac de 15 ou 20 kg. Le mien en faisait 7, hors boissons.

2 – La planification/logistique. C’est une aventure qu’il faut préparer. De mon côté, comme je voulais faire un documentaire, je m’étais rapproché d’un vidéaste, j’avais fait un dossier de sponsoring pour trouver des fonds. Ça permet d’avoir une réflexion sur le déroulé, la logistique, où se faire livrer du matériel.

3 – La préparation physique et mentale. Sur du très long, il y aura beaucoup de problèmes. Il faut être prêt pour ne pas céder aux sirènes de l’abandon. Moi, je savais que j’avais un corps « en béton » sur le plan musculaire, et l’entraînement pour puisque j’ai fait plusieurs semaines avec 20 à 25 h de sport dans le cadre de ma recherche de performance. Mais quoi qu’il en soit, il faut de l’entraînement et de l’expérience préalable. Ne pas se dire « J’ai déjà fait un jour de rando et une nuit en bivouac, j’envisage l’HexaTrek ». Surtout pas !

Retrouvez Joachim Lefèvre sur Insta @badtrekidea. Parce que « les mauvaises idées apportent les meilleures histoires ».

L’HexaTrek, une aventure française

L’HexaTrek, né en 2022 et porté par une association dynamique, est une randonnée encore jeune mais déjà emblématique. Chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, parfois sur le parcours intégral, parfois sur tout ou partie des 6 étapes (1/ Le Grand Est, 2/ les Alpes du Nord, 3/ les Hautes Alpes, 4/ Gorges & Causses, 5/ Pyrénées Est et 6/ Pyrénées Ouest) pour goûter à ce voyage unique. À l’instar des mythiques tracés américains, tels le Pacific Crest Trail reliant la frontière mexicaine à la canadienne sur plus de 4 200 km, ou l’Appalachian Trail et ses 3 500 km, l’HexaTrek pourrait rapidement gagner ses galons de sentier de légende. D’ailleurs, les étrangers amateurs de défis démesurés ne s’y trompent pas, Américains et Australiens étant de plus en plus nombreux à venir s’y frotter.

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Jeudi 15 janvier, l’aventurier et ultra-traileur Sébastien Raichon a franchi la ligne d’arrivée de la brutale Montane Winter Spine après 95 heures 43 minutes et 52 secondes de course. Porté par son expérience et son mental inarrêtable, le Français a bénéficié de l’abandon de l’Espagnol Eugeni Roselio Solé durant une dernière nuit impitoyable sous un tempête de neige à -10°C.

Montane Winter Spine : des conditions épouvantables

Pour son premier défi de l’année, Sébastien Raichon a pris le départ de la mythique Winter Spine, surnommée « la Barkley anglaise », dimanche 11 janvier au matin. Pendant 4 jours, il a subi les conditions intraitables du Pennine Way sur l’énorme distance de 450 kilomètres. « On a tout eu : rafales à 80 km/h, pluie verglaçantes, neige, champs de boue… », précise le coureur.

Les conditions ont été telles que la compétition a subi une vague d’abandons, dont John Kelly et Chris Cope, tous deux favoris. Mais Sébastien Raichon, longtemps second, a tenu le coup. « J’ai pris mon rythme de sénateur. J’ai des bobos hein, mais je gère ! », précisait l’aventurier français durant sa longue épopée solitaire.

Montane Winter Spine : une dernière nuit décisive

C’est dans la dernière nuit que tout s’est joué. Jusqu’alors en tête de course, l’Espagnol Eugeni Roselio Solé, vainqueur en 2013, 3ème en 2017, a fini par abandonner, fragilisé par un froid extrême de -10°C et une immense fatigue.

Une mésaventure que l’Espagnol avait déjà connue en 2019, alors qu’il était en 2ème position derrière Jasmin Paris, future gagnante de l’épreuve cette année-là. Alors qu’il n’était plus qu’à 10 kilomètres de l’arrivée, il avait déclenché sa balise et abandonné, épuisé et congelé.


Son abandon bénéficie cette année à Sébastien Raichon, qui s’est donc emparé de la tête de course dans les dernières heures pour passer la ligne d’arrivée après près de 4 jours de course, plus précisément 95 heures 43 minutes et 52 secondes, sur « la course la plus brutale de Grande-Bretagne ».

Le « guerrier » prouve encore une fois son endurance physique et mentale hors du commun.

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Du 10 au 12 janvier 2026, le désert marocain a servi de décor au MDS Ultra, dernier-né de la famille Marathon des Sables, qui s’est déroulé dans la région de Merzouga. Le MDS Ultra a marqué un tournant majeur dans l’histoire de cette épreuve mythique : pour la première fois, les organisateurs ont proposé un format non-stop, sans étapes, offrant deux distances mythiques : 100 kilomètres et 582m de D+ ou 100 miles (environ 160 km) et 875m de D+ à parcourir en 40 heures maximum. Gagnante du MDS Legendary et 4ème au scratch en avril 2025, Maryline Nakache a écrasé la concurrence pour s’imposer, devant tous les hommes. Légendaire !

MDS Ultra : une course non-stop en immersion totale dans le désert

À la différence du format historique du Marathon des Sables, traditionnellement découpé en plusieurs étapes avec bivouacs, le MDS Ultra s’est imposé par sa radicalité. Un seul tracé balisé, une progression continue jour et nuit, et une immersion totale dans le désert. Au départ, près de 200 athlètes issus de plus de 30 pays ont pris le départ de cette aventure hors normes, où la gestion de l’effort, la résistance mentale et l’adaptation aux conditions extrêmes se sont révélées aussi déterminantes que la performance pure.

Aucune installation de bivouac n’était prévue sur le MDS Ultra. L’épreuve reposait sur un enchaînement continu de sections de course ponctuées de 9 Water Stations et de 5 Bases Vie, favorisant une dynamique proche des grandes courses d’ultra-trail internationales, mais transposée en plein désert. Les Water Stations proposaient exclusivement un ravitaillement en eau, sans zone de repos. Les Bases Vie, positionnées tous les 30 kilomètres environ, offraient quant à elles de l’eau chaude, du thé, de la soupe, des gâteaux et des fruits secs, ainsi qu’une zone de repos équipée d’abris et d’un espace chauffé.

Départ MDS ULTRA. Photo MDS
Le départ du MDS ULTRA, avec plein centre guêtres roses Maryline Nakache, déjà aux avants-postes. Photo MDS

MDS Ultra : aucune assistance autorisée

Les participants évoluaient en autosuffisance alimentaire totale : ils devaient transporter l’intégralité de leur nutrition et de leur matériel obligatoire. Aucune assistance extérieure n’était autorisée pendant la course. L’organisation assurait en revanche un encadrement médical et sécuritaire complet, ainsi qu’un balisage précis de l’ensemble du parcours, garantissant une pratique encadrée de l’ultra-endurance dans un environnement extrême.

Le parcours, majoritairement plat, se caractérisait par un sable plus compact que sur les autres épreuves MDS, permettant aux coureurs de maintenir une allure soutenue sur de longues portions. Les conditions climatiques, typiques du désert marocain en hiver, ont offert un contraste saisissant : des températures diurnes clémentes avoisinant les 15°C, suivies de nuits froides, où l’obscurité et la fatigue accumulée ont mis à l’épreuve la détermination des participants.

MDS ULTRA
Les concurrents du MDS ULTRA sur les sentiers mythiques du MDS Legendary. Photo MDS

MDS Ultra : performance d’exception pour Maryline Nakache

Cette première édition du MDS Ultra a été marquée par une performance hors du commun sur la distance reine des 100 miles. Maryline Nakache a réalisé une course absolument magistrale et remporté l’épreuve au scratch, signant un temps de 18h 17min et 10 sec, avec plus d’une heure d’avance sur l’Argentin Martin Gallardo et le Français Jean-Baptiste Bouchoux, au terme d’une course où la régularité et la gestion de l’effort ont fait la différence.

Cette victoire sur le MDS Ultra 2026 s’inscrit dans une trajectoire déjà prestigieuse : double vainqueure du Marathon des Sables Legendary (2023 et 2025) chez les femmes, 4ème au scratch de l’édition 2025 (meilleure performance féminine jamais réalisée) et auteure de performances remarquables sur certaines des courses les plus exigeantes du calendrier mondial, Maryline Nakache a une nouvelle fois démontré son incroyable capacité à gérer l’effort sur de très longues distances, à rester stratégique et constante dans des conditions extrêmes, et à puiser au plus profond d’elle-même pour l’emporter.

En tant que coach chez Expert Sport Coaching, Maryline Nakache incarne parfaitement l’esprit du dépassement de soi qu’elle transmet à ses athlètes. Sa victoire ne se résume pas à un chrono : elle illustre l’équilibre rare entre puissance physique, intelligence de course, préparation mentale et connaissance intime des mécanismes d’endurance qualités qu’elle partage quotidiennement avec celles et ceux qu’elle accompagne dans leurs propres défis.

Maryline Nakache MDS ULTRA
Maryline Nakache tout sourire après sa victoire éclatante. Photo MDS

MDS Ultra : le podium scratch du 100 miles

1- Maryline Nakache – 18:17:10
2- Martin Gallardo – 19:23:02
3- Jean-Baptiste Bouchoux – 20:11:06

MDS Ultra : 2 femmes sur le podium de la version 100 km

Sur le format 100 km, l’Espagnol Sergio Turull s’est montré le plus rapide, devant la Néerlandaise Adriana Moser et l’Italienne Francesca Canepa, illustrant une nouvelle fois la forte présence et la compétitivité des femmes dans les épreuves d’ultra-endurance.

1- Sergio Turull – 11:53:27
2- Adriana Moser – 12:22:43
3- Francesca Canepa – 13:17:27

MDS ULTRA
Photo MDS
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Un nouveau film avec Casquette Verte mérite quelques explications. Commençons par le décryptage du titre tout : [Et ça repart !!] ALERTE ÉMÉTOPHOBIE – Casquette Verte sur la LyonSaintéLyon 2025. Si « Casquette Verte sur la LyonSaintéLyon 2025 » est explicite, le reste est plus brouillardeux (comme le temps sur l’aller de la course, d’ailleurs).
Le « [Et ça repart !!] » ne fait pas allusion au fait que Casquette Verte est de retour dans une vidéo, 5, mois après sa vidéo de la TDS, mais aux encouragements que l’on peut entendre dans la bande-son alors qu’il est en train de vomir tout ce qu’il peut à la sortie du ravito de Soucieu-en-Jarres
t.

Car c’est bien les renvois qui sont au cœur de cette vidéo, comme l’indique la deuxième partie du titre : « ALERTE ÉMÉTOPHOBIE ». L’émétophobie désigne en effet une intense peur de vomir, de se sentir nauséeux, voir ou entendre un autre individu vomir, ou se voir vomir.

Alerte émétophobie, les dessous de l’histoire

Mais cette émétophobie, il l’a bien cherchée. En effet, après un aller Lyon / Saint-Étienne de jour à un rythme traquille le samedi (petite balade, papotage permanent, dédicace des bouquins, pose pour les photographes, checks avec le public) et une tentative de repos dans la salle Tony Garnier de Saint-Etienne plutôt ratée avant de prendre le départ du retour, Alexandre Boucheix confesse avoir eu la riche idée de demander à la Baronne Cécile Bertin, son assistante de choc (même pas habillée en vert, Un scandale!), de surdoser en sucre ses flasques.

L’idée derrière tout ça ? Voir si ça passera ou pas.
Et la réponse est dans le titre : ça ne passera pas.

Vision qui se trouble, symptômes bizarres, blocage des poumons, vomis à répétition, le retour vers Lyon ressemble à un petit cauchemar où on peut quasiment suivre Casquette Verte à la trace (de vomi, bien sûr). Jusqu’à ce cultissime « Après ça repart » entendu alors que le coureur est recroquevillé dans un coin, en train de vomir tout son corps en émettant des sons dignes de Jurassic Park…
Et en effet, malgré les furieuses envies d’abandon, il repartira, histoire d’honorer le dossard.
Résultat pour le triple vainqueur de l’épreuve : une anecdotique (pour lui) 18ème place au scratch, avec un aller en 8h46 et un retour en 7h59.
Mais il reviendra l’année prochaine, car comme il le dit, « de toute façon, à cette période de l’année, il n’y a rien d’autre à faire ».

Qui sont les responsables ?

Petit détail, mais qui a son importance : cette vidéo n’a pas été réalisée par Casquette Verte et son équipe, mais par 2 individus, Corentin Boullard et Guenael Winkler (UNSO STUDIO) lui ayant demandé quelques mois avant sa participation à la LyonSaintéLyon 2025 s’il c’était possible de le suivre et de tourner une petite vidéo sur sa course. Très sollicité par ce genre de démarches, Casquette Verte a accepté, en leur demandant de faire « un truc différent », un truc qu’il n’avait pas déjà vu.

Il ne vous reste plus qu’à regarder le résultat !

Sortie : 2026
Durée : 14 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

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Peu d’athlètes incarnent une certaine idée du trail faite à la fois de performance et de liberté comme Anton Krupicka. Sa détermination sur les pentes du Longs Peak, montagne emblématique du Colorado qui reste son spot d’entraînement de prédilection, reflète la façon dont il a évolué, changé et repoussé les limites. The Progression Film raconte sa passion pour cette montagne, les nombreuses heures qu’il y a passées, les progrès qu’il y a enregistrés, toujours à la recherche de la ligne parfaite, de l’effort juste. Inspirant.

Sortie : 2025
Durée : 9mn30
Langue : Anglais

Voir le film ici

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Plus de 500 000 abonnés sur Instagram, des queues de plus d’une heure sur le village UTMB cet été pour se procurer le fameux tee-shirt rose Brooks Bouzin / La Killcam, impossible, lorsqu’on gravite dans l’univers trail, d’échapper au phénomène ClemQuiCourt. Mais pourquoi ce jeune homme de 25 ans, qui ne s’est mis à la course à pied qu’il y a à peine 3 ans, déclenche-t-il une telle furia ? Cécile Bertin a rencontré Clément Deffrenne, l’homme derrière le pseudo, pour tenter de décrypter les raisons de la tornade médiatique.

Tu fais du trail depuis une seconde et demie, et tu étais déjà au départ de l’UTMB en août dernier… Ça ne te gêne pas trop, vis-à-vis de tous ceux qui galèrent des années dans l’espoir d’y arriver ?

Clément Deffrenne : Que veux-tu, j’ai toujours été meilleur que les autres ! Nan, blague à part, j’ai toujours été un extrémiste, et dans le trail c’est tout de suite le long qui m’a attiré. En fait, il faut bien le reconnaître, je suis très nul en vitesse ; c’est sur la durée que mes qualités sportives peuvent s’exprimer. Alors autant aller là où je suis le mieux naturellement. Ma première course, c’était un 50 km (le Dodo Trail) et ce qui m’attirait le plus dans ce sport c’était cette notion d’aventure, de passer une très grosse journée, voire même une nuit dehors.

ClemQuiCourt 2 Photo Nicoadgie
Attention, influenceur en plein travail. Photo Nicoadgie

Tu fais donc le Dodo Trail en juillet 2023 et tu enchaînes directement avec la Diagonale des Fous, 3 mois plus tard. Fou, tu l’es complètement ou quoi ?

Clément Deffrenne : Disons qu’en vivant sur l’Île Maurice à l’année, la Diagonale des Fous m’a immédiatement attirée. Et comme je ne savais pas pour combien de temps j’allais rester dans l’océan Indien, je me suis autorisé à y aller quasiment tout de suite. J’ai fini 690ème à l’époque, avec la certitude que je pouvais faire mieux. Et en 2024, je la refais et je finis 23ème !

Revenons à cet UTMB 2025 où tu as marqué l’épreuve. Fan zone à Trient, vente de tee-shirts ultra colorés pour se reconnaître…, tu t’es cru à une soirée du BDE de ton école de commerce ?

Clément Deffrenne : C’est vrai que ça tient un peu de ça ! Mais tout cela vient plutôt des réseaux sociaux où aujourd’hui tout le monde partage sa vie, tout le monde fait de la vidéo. La seule différence c’est que moi, très vite, j’ai souhaité en faire mon métier. Et pour ça, il fallait se différencier à la fois derrière les écrans mais aussi sur le terrain. C’est comme ça qu’est né le maillot rose ! Et puis ça n’a pas été compliqué à mettre en place parce que clairement l’ambiance trail est assez proche de l’ambiance BDE. Il suffit d’ailleurs de voir ce qui se passe à Notre-Dame-de-La-Gorge tous les ans…

Maintenant, il faut bien comprendre que la Fan Zone était avant tout pour moi une façon de partager un moment avec ma communauté que, par la force des choses, je ne vois quasiment jamais, puisque ne l’oublions pas, je vis à Maurice à l’année. C’était une façon de les impliquer dans mon aventure qui reste solitaire 99% du temps.

ClemQuiCourt 2 Photo DR
ClemQuiCourt au départ de l’UTMB, en mode “dépouillé”. Photo DR
ClemQuiCourt Photo DR
ClemQuiCourt au départ de l’UTMB, en mode “paré pour la bagarre”. Photo DR

La question « haters » maintenant : Île Maurice, La Réunion, la France, tu sautes dans des avions comme d’autres dans le métro. Et la planète, tu y penses un peu ?

Clément Deffrenne : Alors déjà il faut savoir qu’avant l’UTMB, cela faisait 3 ans que je n’étais pas rentré en France, et pas uniquement pour une raison écologique mais déjà tout simplement pour une raison économique. Là, ça a l’air facile, tout explose pour moi, mais c’est tout récent et financièrement, ça n’aurait pas été possible avant. Je n’ai pas de voiture, je me déplace à vélo la plupart du temps, je vis hyper simplement.

Aujourd’hui, je considère que mes déplacements sont professionnels avant tout. Lors d’une invitation sur une course à Oman, j’avais justement fait appel à ma communauté pour leur demander leur avis sur ce déplacement et je n’ai reçu que de la bienveillance, en mode « tu es jeune, profite, voyage, va voir le monde », ce qui m’a plutôt rassuré. Après tout, si j’avais continué dans la voie professionnelle qui s’ouvrait à moi à l’époque, j’aurais mille fois plus pris l’avion que je le prends aujourd’hui mais tout le monde aurait trouvé ça normal puisque je le faisais pour mon travail. J’essaie juste de faire ça de façon intelligente et rationnée.

Entre les élites qui se prennent des influenceurs et les influenceurs qui se prennent pour des élites, deux groupes s’affrontent sur les réseaux sociaux… Ton rêve, c’est de jouer dans quelle catégorie ?

Clément Deffrenne : Je suis et je reste un influenceur, et encore on peut bien m’appeler comme on veut. Je suis un passionné qui cherche juste à partager sa passion… Mais le plus drôle, c’est que si j’essaie d’envisager une « perf », les gens qui me suivent s’en foutent totalement, il n’y a pas d’autre terme pour le dire. Sur l’UTMB, j’avais à cœur de bien faire, de faire un meilleur chrono (Clément Deffrenne a fait 29h19mn34s et se classe 144ème sur 1665 finishers, NDLR). Je m’étais fixé dans ma tête 26 heures, mais sur la quasi-totalité des commentaires, aucun ne fait référence à ce que je pourrais considérer comme un échec sportif. Les rares qui font référence à mon classement sont noyés sous tous les autres, bienveillants à souhait. Alors oui évidemment, si un jour je « perf » j’en serai ravi, mais je ne suis pas positionné là-dessus.

Voir le film de ClemQuiCourt “Comment j’ai gagné l’UTMB” ICI

ClemQuiCourt Photo Melvin Buhler
ClemQuiCourt lors de son passage à Champex-Lac lors de l’UTMB 2025. Photo Melvin Buhler

Ta communauté évoque ton humilité pour expliquer son amour inconditionné alors que tu passes ta journée à montrer ta tête et raconter ta vie sur les réseaux. C’est quand même sacrément ambivalent comme situation, non ?

Clément Deffrenne : Ce qui est drôle c’est que, comme certains acteurs célèbres évoquent leur timidité maladive, je ne suis pas à l’aise à sortir mon téléphone pour me filmer comme je le fais. Avec les réseaux, cela donne le sentiment que c’est facile, mais même pour moi ça n’est pas simple. Le plus drôle c’est lorsque je croise ceux que je considère toujours comme de « vrais influenceurs » et ça me fascine de les voir si facilement partager leur vie avec leur communauté. Il ne faut pas oublier qu’à la base, mes premières vidéos n’étaient destinées qu’à ma famille, pour partager avec eux ma nouvelle vie sur l’Île Maurice, raconter mon premier trail, mes aventures.

Et d’ailleurs, pour en revenir à cette histoire d’acteur, je me vois plus comme un comédien qui fait ou tente de faire de l’humour sur son univers. Et si je n’ai pas une blague, une bonne vidéo à poster, je préfère ne rien poster et attendre le bon moment pour moi sans penser une seule seconde à l’algorithme d’Instagram ou de Tik Tok. Une vidéo de 2 minutes représente souvent 2 à 3 jours de travail, alors autant ne pas le gâcher en se forçant, cela se ressentirait et mon incroyable communauté mérite que mieux que ça.

Cet article a été publié dans le magazine ESPRIT TRAIL n°146.

Vous pouvez vous le procurer en version numérique ou papier ICI

COVER ET 146
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Chaque année, au cœur de la Bretagne, une course s’impose comme un rendez-vous incontournable : le Trail de Guerlédan, que certains se plaisent à appeler « le championnat du monde de Bretagne ». Au départ de l’Abbaye de Bon-Repos, les meilleurs traileurs bretons se retrouvent pour se livrer une bataille sans détour, dans les forêts magiques autour du lac de Guerlédan. Un terrain exigeant, une course où le moindre coup de moins bien se paie immédiatement. Gagner à Guerlédan est souvent le signe d’un grand jour.

Ce film nous embarque au cœur de l’aventure des différents athlètes du Team Trail Finistère, qui à travers les différents formats de course, entre le 44 km du tout nouveau Trail du Breuil, l’explosif 26 km de l’Interceltique et le mythique 66 km et 2500m D+ du Trail de Guerlédan, un « parcours de sanglier » qu’aucun Breton n’a gagné depuis 9 ans, vont connaître des fortunes diverses.

Un film comme une série à suspense, servi par de superbes images qui montrent toute l’intensité qu’impose ce rendez-vous en terre bretonne, mais aussi l’attraction et la ferveur qu’il génère auprès des athlètes comme du public. Pour gagner à Guerlédan, il faut être capable de tout perdre.

Sortie : 2025
Durée : 28 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

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Dans cette vidéo, Théo Detienne, vainqueur cette année du 90 km du Mont-Blanc et qui espérait frapper un grand coup lors de son premier UTMB, où il a longtemps joué devant avant de devoir abandonner sur blessure après 135 km de course, nous entraîne sur la dernière course de sa saison : le format 140 km du Mallorca by UTMB, qu’il aborde avec un objectif clair : finir dans les 3 premiers pour valider sa qualification pour l’UTMB 2026.

Sauf qu’après sa blessure sur l’UTMB, si Théo Detienne a réussi à relever le défi de se soigner, il n’a pas pu s’entraîner suffisamment pour pouvoir prétendre être au top sur cette course espagnole exigeante car plutôt « roulante » (5000m D+) et nécessitant de courir quasiment tout le temps pour espérer un podium.

Si la trame de ce film est le suspense autour de sa performance, on appréciera en filigrane les réflexions de l’intéressé sur les changements dans le monde du trail, son évolution globale, et les changements que cela a induit sur sa propre personne. Comme il le dit lui-même : « J’ai grandi avec vous, j’ai appris à rêver encore plus grand grâce à vous. »

Sortie : 2025
Durée : 18 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

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