Au terme de la Grande Finale de la Golden Trail Series disputée en Italie le 21 octobre, l’Américaine Sophia Laukli remporte le classement général, devançant la Suissesse Judith Wyder seulement grâce au nombre de victoires (3 contre 2). Quant à la course de la Grande Finale, elle est remportée par Madalina Florea.
Une première course en fleur très spectaculaire
C’est à Noli, en Italie, que la Golden Trail Series a inauguré son nouveau concept de course en fleur : 4 boucles distinctes revenant toutes au cœur du village, dans une « fan zone » où les spectateurs peuvent voir passer les coureurs. Un format spectaculaire, permettant de suivre au mieux la course, et de mesurer les écarts entre les concurrents de façon plus visuelle.
Le concept de course en fleur : des boucles avec retour dans la Fan Zone du village de Noli. Source GTWS 2023
Madalina Florea sur le fil
Elle aura construit cette victoire d’une main de maître ! À la surprise générale, la Roumaine Madalina Florea a attaqué dès la montée de la deuxième boucle pour creuser un écart de près d’1mn30 avec ses poursuivantes. Un écart qu’elle aurait réussi à conserver jusqu’au bout, malgré le retour tonitruant de la Suissesse Judith Wyder sur la fin de course.
« J’ai du mal à y croire, a déclaré Madalina Florea à l’arrivée. Je me dis que c’est un rêve, que je vais me réveiller. J’avais de bonnes sensations au début en restant derrière les filles mais je sentais que j’étais sur un faux rythme. Alors j’ai pris la tête sur la deuxième boucle et j’ai relancé. Je me sentais vraiment bien aujourd’hui. Je suis restée concentrée jusqu’à la fin et ça a tenu malgré le retour de Judith. Je suis vraiment heureuse, ce mot décrit vraiment ce que je ressens aujourd’hui. »
Madalina Florea. Photo GTWS 2023
Judith Wyder battue par Sophia Laukli
Deuxième sur la ligne d’arrivée, Judith Wyderaura maintenu le suspens à son paroxysme jusqu’au bout. Une première place lui aurait en effet permis de souffler la victoire finale à Sophia Laukli. Mais il lui a manqué quelques secondes.
« Elle était très costaude dans les montées mais j’en avais gardé un peu pour revenir dans la descente de la 3e boucle et essayer de refaire mon retard sur la dernière boucle, plus courte, a commenté la Suissesse. Je l’avais en ligne de mire sur la fin, mais j’ai commis une légère erreur de parcours dans un virage qui m’a fait perdre quelques secondes… Les quelques secondes de trop… Il n’a pas manqué grand-chose aujourd’hui mais elle était plus forte et je suis heureuse d’avoir pu partager cette course avec toutes ces athlètes ! »
Judith Wyder. Photo GTWS 2023
Sophia Laukli soulagée
En méforme ce week-end, Sophia Laukli a sauvé les meubles et réussit à terminer 3ème.
« J’ai eu des sensations étranges aujourd’hui. C’est parti assez tranquillement et j’étais bien, mais quand ça a accéléré j’ai senti que je n’arrivais pas à suivre. J’ai tenu comme j’ai pu en espérant que Madalina fasse le job devant pour que je conserve la tête au général. J’ai même cru à un moment donné que j’allais abandonner… Mais j’ai réussi à tenir cette troisième position. »
Moins dominatrice que durant toute la saison, Sophia Laukli a réussi à s’accrocher pour finalement terminer 3ème. Photo GTWS 2023
Lauki et Wyder ex-aequo, le titre pour Laukli
Cette troisième place est synonyme de titre ! Car si elles sont à égalité au nombre de points, Sophia Laukli possède une victoire de plus que Judith Wyder. Elle s’est en effet imposée sur le Marathon du Mont-Blanc, à Sierre-Zinal et à Pikes Peak. De son côté, la Suissesse n’a remporté que 2 des étapes de la saison, la DoloMyths Run et le Mammoth 26. C’est donc bien l’Américaine qui, grâce à ses 3 victoires, remporte la Golden Trail World Series 2023 devant Judith Wyder.
« Je suis tellement fière de ma saison, même si ça a été dur aujourd’hui sur cette finale, a-t-elle déclaré. Je me suis dit que je n’avais pas le droit d’abandonner et de tout perdre et finalement je remporte la GTWS ! Bien évidemment je serai là l’année prochaine pour défendre ce titre ! »
Grâce à sa victoire sur cette finale, Madalina Florea complète le podium. Côté français, Élise Poncet termine 8ème de la Grande Finale et 7ème au classement général.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/Laukli-fumingenes-Photo-GTWS-2023.jpg7871200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-24 05:00:002023-10-25 08:29:17Sophia Laukli remporte la Golden Trail Series 2023 au bout du suspense
Après sa victoire sur la DoloMyths Run, le Marocain Elhousine Elazzaoui a remporté la Grande Finale de la Golden Trail Series à Noli, en Italie. Malgré une course en demi-teinte, le Suisse Rémi Bonnet remporte le classement général pour la deuxième année consécutive.
Grande Finale en Italie : la fine fleur du trail
C’est à lors de la Grande Finale de la GTWS qui s’est disputée à Noli, en Italie, que les organisateurs ont inauguré le nouveau concept de course en fleur : 5 boucles distinctes revenant toutes au cœur du village, dans une « fan zone » où les spectateurs peuvent voir passer les coureurs. Un format très spectaculaire, permettant de suivre au mieux la course, et de mesurer les écarts entre les concurrents de façon plus visuelle.
Cette Grande Finale se disputait sous forme d’un prologue couru le vendredi à Spotorno, 8,7km et 400m D+, et de la course principale courue le dimanche à Noli, 26km et 1450m D+. 400 points étaient attribués aux vainqueurs, à raison de 100 points pour le vainqueur du prologue et 300 points pour le vainqueur de la course finale. Autant dire que le classement général, que menait Rémi Bonnet, pouvait complètement être modifié en fonction des résultats du week-end.
Le passage dans la Fan Zone, avec une ambiance très “fumeuse”… Pas sûr que ce soit l’idéal pour bien respirer, mais top pour le spectacle ! Photo GTWS 2023
Elhousine Elazzaoui remporte la course la plus relevée de tous les temps !
Il avait montré qu’il était en forme sur le prologue de la Grande Finale disputé vendredi 20 octobre, il a prouvé dimanche 22 qu’il était simplement le plus fort ! Le Marocain Elhousine Elazzaoui a remporté avec panache la Grande Finale de la Golden Trail Series, la course de trail la plus relevée de tous les temps avec une moyenne de 920,6 points ITRA affichée par les 10 meilleurs athlètes au départ.
« Je suis super content, confiait-il à l’arrivée. J’avais besoin de prouver que je pouvais gagner une autre course après les DoloMyths. Je n’ai pas pu aller aux États-Unis à cause du visa et j’avais hâte de confirmer. J’avais de très bonnes sensations aujourd’hui, mais Philemon était sacrément rapide. Si ça avait été Rémi, j’aurais pu essayer d’attaquer mais là c’était impossible… Il fallait juste rester au contact et attendre mon moment ! Je suis super content de ce résultat et j’ai désormais hâte d’être à l’année prochaine. Je le redis : mon rêve c’est de remporter la Golden Trail Series ! »
Elhousine Elazzaoui. Photo GTWS 2023
Philemon Kiriago au top niveau
Le Kényan Philemon Kiriago, vainqueur de Sierre-Zinal cette année, aura mené toute la course avant de subir l’attaque du Marocain juste avant la dernière boucle. « Je ne peux pas être déçu de me faire battre par des athlètes aussi bons, a-t-il commenté. Il a été meilleur que moi, c’est tout ! J’avais de très bonnes jambes aujourd’hui et j’ai pu prendre du plaisir en montée, sur le plat, comme en descente. Mon objectif était de faire top 5 alors, finir deuxième, c’est une très belle satisfaction. Vivement l’année prochaine ! »
Son compatriote Patrick Kipngeno vient compléter ce podium de la Grande Finale. « J’avais quelques soucis au genou qui me perturbaient avant la course, mais au final, j’ai eu de bonnes sensations. J’ai essayé d’être prudent dans les descentes et de pousser dans les montées. Ça a été une course difficile mais je suis ravi de ce podium et, moi aussi, j’ai hâte d’être à l’année prochaine ! »
Le Top 5 de la Grande Finale. Photo GTWS 2023
Golden Trail Series 2023 : Rémi Bonnet conserve son titre !
Avec 93 points d’avance avant la finale, le Suisse Rémi Bonnet était plutôt confiant quant à ses chances de remporter le titre de la GTWS 2023. Seule une grosse défaillance aurait pu le priver de cette 2ème victoire consécutive. Mais il a malgré tout connu une journée compliquée. Il s’est cependant accroché pour terminer, au bout de l’effort, à la 4ème place, synonyme de titre.
« L’objectif était clairement de remporter le titre et je savais que j’avais de la marge, a-t-il reconnu. Mais je voulais aussi remporter la course… Aujourd’hui c’était impossible, j’ai donné tout ce que j’ai pu mais ils étaient simplement plus forts. J’ai hâte d’être à l’année prochaine, parce qu’avec ces trois-là, ça promet de belles batailles ! »
La 4ème place de Rémi Bonnet lui aura suffi pour conserver son titre au général. Photo GTWS 2023
Golden Trail Series 2023 : 2 Kényans sur le podium du général
Au terme de cette course exceptionnelle en intensité, les 2 Kényans réussissent l’exploit de se hisser sur le podium, alors qu’ils étaient respectivement 5ème et 6ème juste avant la Grande Finale. Patrick Kipngeno prend la deuxième place du général, devant son compatriote Philemon Kiriago. Elhousine Elazzaoui, qui était 8ème à l’issue des 6 premières étapes, se classe finalement 4ème grâce à sa double victoire du week-end.
Côté français, Anthony Felber termine 19ème au général, assez loin de sa performance de l’an dernier, où il avait fini 9ème. Voyant les photos de son visage à l’arrivée de la Grande Finale, il a commenté sur les réseaux sociaux, avec humour que quand il voyait sa tête, il se disait qu’il aurait pu se donner un peu plus de mal.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/Open-Photo-GTWS-2023.jpg7661200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-23 20:00:002023-10-25 08:29:27Golden Trail Series 2023 : Elhousine Elazzaoui remporte la course la plus relevée de tous les temps !
Déjà victorieux en 2021, le Britannique Jonathan Albon s’est de nouveau imposé sur le Grand Trail des Templiers, battant le record de l’épreuve. Il termine devant l’Italien Francesco Puppi et l’Américain Ben Dhiman. Thomas Cardin, premier Français, finit quatrième. Chez les femmes, victoire de Julie Roux.
Jonathan Albon dès le départ
À 5h15 ce matin, en pleine nuit étoilée, se tenaient rassemblées 2 350 coureurs devant l’arche de départ des Templiers, prêts à s’affronter sur son épreuve reine, le Grand Trail des Templiers. Un instant suspendu porté par le discours émouvant du fondateur Gilles Bertrand, empreint de poésie amoureuse pour sa passion, le trail, sans en omettre ses exigences parfois douloureuses. C’est finalement sous la musique d’Ameno (ERA) que les traileurs se sont élancés pour 80,2 km. Un enchaînement de sentiers roulants ponctués de montées et de descentes extrêmement techniques, au coeur du Parc Régional des Grands Causses.
Le Britannique Jonathan Albon n’aura pas traîné à prendre les commandes. À la lueur des frontales, les coureurs ont relié le premier ravitaillement à Saint André de Vézines, 34 km après le départ. Embrasement des nuages au lever du soleil, une ambiance mythique que la tête de course n’a pas manqué de noter, Jonathan Albon suivi à seulement 1mn par l’Américain Ben Dhiman. Côté tricolore, Sébastien Spehler, second des deux dernières éditions du Grand Trail des Templiers, derrière Albon en 2021 et derrière Jim Walmsley en 2022, pointait en 4ème position, à 2mn30 de la tête de course. Thomas Cardin, Clovis Chaverot, Dylan Ribeiro et Arnaud Bonin suivaient, occupant les 8 à 11ème places, à 4 minutes du leader. Tout était encore possible…
Jonathan Albon seul en tête dans l’aube naissante. Photo Cyrille Quintard
Albon accélère, Puppi revient
Alors que Jonathan Albon commence à accélérer, ne quittant plus la tête de la course, derrière, rien n’est encore joué. Au deuxième ravitaillement de la Salvage (kilomètre 56), l’Italien Francesco Puppi, inscrit de dernière minute, chamboule le classement en passant 2ème au contrôle. Tandis que le podium se dessine déjà avec Ben Dhiman à la troisième place, les premiers décrochages et la fatigue se font sentir dans le Top 20 où rien n’est joué. Les habitués du parcours le savent, c’est entre La Salvage et le point d’eau de Mas de Bru que se joue le Grand Trail des Templiers. Sébastien Spehler le sait aussi, mais ne pourra rien y faire. Victime de problèmes de nutrition et de perte d’énergie, il décroche totalement. Il terminera loin, en 82ème position.
Après une dernière montée cassante pour les jambes, Jonathan Albon, qui a dominé toute la course, a dévalé la descente ultime de la Pouncho pour établir le temps record de 6h 42mn 15s. « J’ai vécu une course pleine de plaisir, où j’ai suivi mon propre rythme, même si je ne me sentais pas si serein avec Puppi juste derrière », a confié Jonathan Albon. « Maintenant je rêve d’un café et d’une bière ! ». C’est donc une double victoire pour l’Anglais, après son premier sacre sur le Grand Trail des Templiers en 2021.
Francesco Puppi termine second à 7mn et Ben Dhiman 3ème à 18mn. Thomas Cardin décroche une belle 4ème place à 23mn du vainqueur. On notera un sprint totalement surréaliste entre le Français Robin Guillaguet et l’Italien Andréas Reiterer, qui ont lutté jusqu’à la dernière seconde pour se départager. Un finish à l’image de leur course depuis la Salvage, où ils ne se sont plus quittés.
Le podium hommes. Photo Cyrille QuintardTop 10 scratch. Source LiveTrail
Grand Trail des Templiers : le bonheur de Julie Roux
Côté femmes, c’est la Française Julie Roux qui force l’admiration en remportant la victoire féminine avec un temps de 7h 58mn 28s, trois mois et demi seulement après avoir accouché. Elle devance une autre Française, Adeline Martin, de moins de 6 minutes. L’Espagnole Gemma Arenas Alcazar, grande favorite après le forfait de Blandine L’Hirondel, termine 3ème à plus de 23 minutes de la gagnante.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/Albon-Photo-Cyrille-Quintard..jpeg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-22 20:42:072023-11-03 07:51:15Grand Trail des Templiers : le doublé et le record pour Jonathan Albon
Ils étaient 5 favoris au départ de cette 31ème édition de la Diagonale des Fous, et ils ont livré un combat exceptionnel. À l’arrivée, c’est Aurélien Dunad Pallaz qui s’impose, réalisant un doublé remarquable après sa victoire en juillet sur la Hardrock 100. Chez les femmes, cavalier seul de l’Américaine Katie Schide, qui termine dans le Top 10.
Diagonale des Fous 2023 : 5 mousquetaires au rendez-vous
Aurélien Dunand Pallaz, Germain Grangier, Lambert Santelli, Jean-Philippe Tschumi et François D’Haene. Il y a 15 jours, nous vous annoncions nos 5 favoris pour cette 31ème édition de la Diagonale des Fous. Aurélien Dunand Pallaz, vainqueur de la Hardrock 100, qui avait coché la Diag’ comme objectif de fin de saison. Germain Grangier, 5ème l’an dernier, qui revenait après une belle 3ème place à l’UTMB. Le Corse Lambert Santelli, habitué des terrains techniques, qui avait abandonné l’an dernier et venait conjurer le sort. Le Suisse Jean-Philippe Tschumi, 2ème l’an dernier après un mano a mano fantastique avec Beñat Marmissolle jusqu’à quelques kilomètres de l’arrivée. Et enfin le revenant François D’Haene, blessé depuis 1 an, et qui a surpris tout le monde en annonçant sa participation, lui qui n’avait épinglé qu’un seul petit dossard en septembre, pour la reprise.
Le profil de la 30e édition de la Diagonale des Fous, identique à celui de 2023. Source Organisation
Diagonale des Fous : départ canon d’Aurélien Dunand Pallaz
Ces cinq-là n’ont pas manqué de panache ! Comme sur la Hardrock, Aurélien Dunand Pallaz s’est immédiatement porté en tête pour imprimer son rythme, sans se soucier des autres. Très vite, il a pris quelques minutes d’avance, restant concentré dans sa course. Derrière, les 4 fantastiques, un temps épaulés par le local Judicael Sautron, se sont organisés pour mener la chasse. Longtemps groupés, ils formaient un quatuor de rêve, qui a régalé les spectateurs.
Aurélien Dunand Pallaz au ravitaillement de Cilaos, en tête avec 12 minutes d’avance. Photo DR
Au bout de la nuit, alors que le soleil commençait à pointer son nez sur la Réunion, Aurélien Dunand Pallaz comptait 12 minutes d’avance sur la « dream team » au ravito du stade de Cilaos, au bout de 72km de course. Parmi eux, Jean-Philippe Tschumi avait une belle entaille au front, suite à une chute spectaculaire mais sans gravité en pleine nuit, à Notre-Dame, après 27km de course. Quant à François D’Haene, qui renouait avec le long après une si longue absence, il allongeait au petit matin une belle foulée, comme à sa meilleure époque. Et s’il s’était économisé, en stratège, pour accélérer ensuite ?
Au petit matin, les 4 Fantastiques au coude à coude : Germain Grangier, Lambert Santelli, François D’Haene et Jean-Philippe Tschumi. Capture écran.
C’est ce que tout le monde dit, et en particulier Antoine Guillon, « Monsieur Diagonale », 15 éditions au compteur. Absent cette année pour cause de fracture du péroné quelques jours avant le départ, il parle d’expérience. Et pour lui, une autre course commence à Cilaos, avec une montée très raide vers le Col du Taïbit, situé pile au milieu du parcours. Cette année plus que jamais, puisque les températures très chaudes et l’humidité ambiante allaient donner à cette deuxième partie de course un aspect « fournaise » qui allait faire des dégâts.
Diagonale des Fous : le retour de Jean-Philippe Tschumi
Il a dû y croire. Dans la descente vers Grand Place, entre le KM 90 et le KM 105, Jean-Philippe Tschumi produisait un bel effort et revenait à 2 petites minutes d’Aurélien Dunand Pallaz. Et tout le monde de se souvenir de l’édition 2022, où ce même Tschumi avait fat course commune avec Beñat Marmissolle pendant une bonne cinquantaine de kilomètres, avant de laisser le Basque s’envoler sur la fin, incapable de le suivre dans la dernière descente. Allait-il rejoindre le leader ? Le suspense était total, d’autant que Germain Grangier n’était qu’à 16 minutes derrière, François D’Haene à 25 et Lambert Santelli, redoutable finisseur, à 34 minutes.
Après sa chute au 27e kilomètre, Jean-Philippe Tschumi a fait le show pour revenir à 2 minutes de la tête de course. Photo DR
Mais Aurélien Dunand Pallaz est un gestionnaire de course remarquable, comme il l’a montré lors de la Hardrock. Informé du retour du Suisse, et sans s’affoler, le Français a imperceptiblement accéléré le pas, et repris une bonne marge au passage au sommet de Roche Plate, après 114km de course. Derrière, les écarts se creusaient également. Germain Grangier naviguait toujours en 3ème position, mais était décroché, à environ 30 minutes de la tête de course, tandis que Lambert Santelli revenait sur François D’Haene, qui commençait à payer son manque de compétition.
Lambert Santelli au moment où il rejoint François D’Haene. Photo DR
Diagonale des Fous : Dunand-Pallaz seul au monde, Grangier en mode remontada
À Deux-Bras, au KM 128, juste avant la grosse montée vers Dos d’Âne pour sortir du Cirque de Mafate puis redescendre vers l’océan, Aurélien Dunand Pallaz semblait avoir course gagnée. Avec une régularité de métronome, il avait creusé un écart conséquent sur tous ses adversaires. Après 17h12 de course, et alors qu’il ne lui restait « que » 37 kilomètres à parcourir, il pointait avec une avance de 33 minutes sur Jean-Philippe Tschumi. Mais la surprise venait de Germain Grangier, auteur d’une superbe remontada, qui ne pointait qu’à 1 minute du Suisse, et s’apprêtait à le croquer pour monter sur la seconde marche du podium.
Aurélien Dunand Pallaz a fait la course en tête de bout en bout, comme sur la Hardrock en juillet. Photo DR
Derrière, Lambert Santelli était loin, à plus d’1h10 de la tête, et se retrouvait sous la menace d’Alexis Sevennec, ancien membre de l’équipe de France de ski-alpinisme. Ça devenait en revanche difficile pour François D’Haene, 6ème, qui accusait désormais plus de 1h45 de retard sur Aurélien Dunand Pallaz. Mais pour le grand François, le challenge était ailleurs. Être sur la ligne de départ était déjà un rêve, parvenir au bout dans le Top 10 serait un exploit !
En manque de compétition, François D’Haene réalise l’exploit de finir la Diagonale. Un résultat inespéré. Photo DR
Diagonale des Fous : 40° à l’ombre
C’était sans compter sur la chaleur, terrible. Une véritable fournaise, avec des températures dépassant les 40° à l’ombre. Surtout quand il n’y a pas d’ombre, et que la roche volcanique réverbère la chaleur. C’est sans doute ce qui a le plus éprouvé François D’Haene, victime d’un terrible coup de chaud, et que l’on a pu voir assis sur le chemin, hagard, puis entièrement allongé dans un cours d’eau, à la recherche d’un peu de fraîcheur. Ou Aurélien Dunand Pallaz, cherchant à refroidir son corps en surchauffe. Des images fortes, qui laissent imaginer la souffrance des autres concurrents, qui passeront 2 jours sur l’épreuve…
François D’Haene à la recherche de fraîcheur. Photo Facebook D’HaeneAurélien Dunand Pallaz en mode hydratation totale. Photo DR
Diagonale des Fous : le triomphe d’Aurélien Dunand Pallaz
Il n’y a plus eu de suspense sur la dernière partie de course, qui avait été si spectaculaire l’an dernier avec le mano a man entre Tschumi et Marmissolle, mais aussi l’éphémère 3ème place de Courtney Dauwalter, finalement 4ème, rattrapée dans les derniers kilomètres par son compatriote Ben Dihman. Germain Grangier distançait Jean-Philippe Tschumi à la sortie de Mafate et filait vers Possession, avec un retard sur Aurélien Dunand Pallaz stabilisé à 33 minutes.
C’est en guerrier triomphant qu’Aurélien Dunand Pallaz a fait son entrée sur le Stade de la Redoute, à Saint-Denis. Il a franchi la ligne d’arrivée au bout de 23h 21mn 23s d’effort. Il devance Germain Grangier de 40 minutes et Jean-Philippe Tschumi, qui monte sur la 3ème marche du podium, de plus d’une heure.
Au-delà du podium, Lambert Santelli signe une belle 4ème place, juste devant Rémi Brechet, Fabrice Payet et Alexis Sevennec. François D’Haene termine finalement 8ème, un véritable exploit pour une reprise. A noter la jolie perf de Cédric Chavet, 9ème, et d’Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui boucle ce Top 10.
Le Top 10 de la Diagonale 2023. Source LiveTrail
Diagonale des Fous : Katie Schide pour une première
Quel couple formidable. Après la 2ème place de Germain Grangier, c’est sa compagne, Katie Schide, qui signe une très belle performance en s’imposant pour sa première Diagonale. Longtemps dans le Top 10, elle a même été classée 7ème avant de connaître des difficultés en fin de course. Elle termine néanmoins 13e en 27h 31mn 08s, à très exactement 4h 09mn 45s du vainqueur. Épuisée mais heureuse, elle a plaisanté à l’arrivée, se qualifiant “officiellement de folle” ! Derrière elle, Camille Bruyas, de retour de blessure, termine à une remarquable seconde place, devant Emilie Maroteaux.
Camille Bruyas, tout aussi épuisée que les autres, mais ravie de cette 2ème place pour son retour à la compétition. Photo DRLe Top 10 femmes de la Diagonale 2023. Source LiveTrail
Grande nouveauté de cette fin de saison, la Fédération Française d’Athlétisme (FFA) lance son Challenge National Trail, un championnat de 12 courses destiné à départager les meilleurs traileurs de l’Hexagone en 2024. Au menu de ce CNT, des courses de plaine, de moyenne et de haute montagne, réparties sur toute la France, le tout sur deux types de formats : 6 trails courts et 6 trails longs. Avec à la clé un prize money pour le Top 5 de chaque catégorie. Rendez-vous le 27 juillet 2024 à La Plagne pour connaître les vainqueurs de cette première édition.
Challenge National Trail : entre plaine, moyenne et haute montagne
C’est la nouveauté de cette saison 2023-2024 pour le trail hexagonal : la mise en place par la Fédération Française d’Athlétisme du Challenge National Trail, une toute nouvelle formule de compétition au sein du TTN, le Trail Tour National. Pour rappel, le TTN correspond à l’ensemble des trails à label régional et national du calendrier national, soit pour la saison 2023 un nombre total d’épreuves d’environ 80. En créant ce format qui regroupe un certain nombre de trails choisis dans la liste globale des trails à labels, l’ambition de la FFA est simple : amplifier l’intérêt sportif du TTN en créant un circuit élite destiné à récompenser les coureurs les plus réguliers.
Ce Challenge National Trail tire son attractivité de la grande diversité des sites de compétition retenus. Répartis sur toute la superficie du pays, des Vosges au Cantal, de la Savoie à Paris, ceux-ci proposent en effet des terrains de jeu variés qui, au terme de la compétition, récompenseront immanquablement les traileuses et traileurs les plus polyvalents, capables de s’illustrer aussi bien sur les tracés de plaine que les tracés de moyenne ou de haute montagne. Il s’agira d’ailleurs de la seule figure imposée par le règlement pour les aspirants au Top 5 du classement général : avoir participé à des trails sur ces trois types de relief pour être classé.
Le Trail des Passerelles support d’une étape du CNT en 2024. Photo DR
Challenge National Trail : comment ça marche
Chaque athlète qui participe et termine une course du Challenge National Trail se verra attribuer des points en fonction de sa place dans la catégorie Homme ou Femme. Il n’y aura pas de distinction de classement entre les catégories espoir, senior ou master. Le vainqueur de la course récoltera 200 points et l’attribution de points ira decrescendo (175points pour le deuxième, 150 pour le troisième, etc jusqu’à 3 points pour le 30ème). Chaque coureur classé récoltera au minimum un point. En cas d’ex-aequo sur une course, les 2 coureurs se verront attribués la plus mauvaise place, exemple : le 1er et le 2ème sont ex-aequo, ils ont tous les 2 classés 2ème.
Pour être classé au CNT, le coureur devra avoir terminé au minimum trois courses, dont une dans chaque typologie de parcours : haute montagne, moyenne montagne et plaine, soit dans la catégorie des trails courts, soit dans la catégorie des trails longs. Le classement final sera établi en additionnant les points de chaque course. Celui qui aura obtenu le plus grand nombre de points sera classé 1er.
Seul bémol à ce circuit, seuls les concurrents en possession d’une licence FFA « compétition » à jour peuvent concourir à ce challenge. Il n’est par contre pas interdit de participer à ces courses, mais sans rentrer dans le classement du CNT.
Challenge National Trail : des dotations financières pour les Top 5
Pour renforcer l’attractivité de ce circuit, la FFA a également décidé de remettre des dotations financières à l’issue du classement général. Les 5 premiers hommes et 5 premières femmes de chaque catégorie – trails courts et trails longs – seront récompensés d’une dotation prize money. La dotation financière (identique pour le trail long et le trail court) sera pour la saison 2023-24 de :
1er Homme et femme : 6 000 €
2ème Homme et femme : 4 000 €
3ème Homme et femme : 3 000 €
4ème Homme et femme : 2 000 €
5ème Homme et femme : 1 000 €
L’Ecotrail de Paris sera en mars le support d’une étape du CNT Trail long catégorie plaine. Photo Organisation
Calendrier du Challenge National Trail 2023-2024
Le CNT comprendra 12 courses : 6 trails courts, et 6 trails longs, rassemblés sur 9 manifestations entre le 11 novembre 2023 et le 27 juillet 2024.
11 novembre : Sparnatrail d’Epernay (51). Trail court et trail long Catégorie plaine
16 mars : Ecotrail de Paris (75) Trail long Catégorie plaine
9 mai : Trail de Haute-Provence, Forcalquier (04) Trail court Catégorie moyenne montagne
18 mai : Trail de la Pastourelle, Salers (15) Trail long Catégorie moyenne montagne
15 juin : Trail de Sancerre (18) Trail court Catégorie plaine
29 juin : Trail de la Vallée des Lacs, Gérardmer (88) Trail court Catégorie haute montagne Trail long Catégorie moyenne montagne
13-14 juillet : Trail des Passerelles, Treffort (38) Trail court et trail long Catégorie haute montagne
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/6000D-mise-en-avant.jpg8931342Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-20 04:44:002023-10-25 08:37:10Challenge National Trail : le nouveau circuit pour les élites du trail en France
Menée en collaboration avec le CHU de La Réunion, l’étude « Éruption » a pour la troisième année livré ses enseignements sur les participants des différentes courses du Grand Raid de La Réunion, et particulièrement ceux de la Diagonale des Fous. Entre morphologie type des coureurs, niveau d’entraînement, rythme des abandons, temps moyen des finishers et conséquences de la privation de sommeil, découvrez à quoi ressemblent les « Fous » qui s’attaquent à la traversée de l’Île Intense.
L’entraînement des coureurs de la Diagonale des Fous
Si on ne s’aventure pas sur un ultra sans une solide expérience, la Diagonale des Fous est sans doute l’un des terrains les plus exigeants au monde de par sa technicité. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la barrière horaire pour boucler les 165,6km du parcours est de 66 heures, contre 46h30 pour les 171km de l’UTMB Mont-Blanc 2023. 20 heures de plus, pratiquement une journée, alors que le dénivelé est quasiment similaire (10000m environ) !
Racines, cailloux, pentes raides, chaleur, humidité, les paramètres sont nombreux qui expliquent la difficulté de l’épreuve. Et les coureurs sont nombreux à s’amuser à poster sur les réseaux sociaux des photos de chemins quasiment impossibles à courir, plein de racines et de cailloux, en précisant que ce sont les chemins “faciles” du Grand Raid.
Il n’est donc pas étonnant de voir que la moyenne des concurrents affiche 8 années de pratique du trail, et la participation à 11 trails de plus de 60km, avant de s’attaquer au monument de la Diagonale. L’entraînement hebdomadaire moyen est également plutôt conséquent, avec 9h30 /semaine, pour une distance de 57km et un D+ de 1700m.
L’entraînement moyen des coureurs du Grand Raid. Source Étude Éruption
La morphologie type des coureurs de la Diagonale des Fous
La morphologie des coureurs est un indicateur intéressant. Avec un poids moyen de 72kg pour 1m77 chez les hommes et de 55kg pour 1m63 chez les femmes, ce sont des coureurs plutôt légers, comme l’indique leur IMC. En effet, en Europe, l’indice de masse corporelle est en moyenne chez les femmes de 24,5, et chez les hommes de 25,5.
La morphologie moyenne des coureurs du Grand Raid. Source Étude Éruption
Nombre d’abandons en fonction de la distance parcourue sur la Diagonale des Fous 2022
Si les statistiques de l’entraînement moyen des coureurs démontrent que ceux qui s’engagent sur l’épreuve sont majoritairement des traileurs aguerris et préparés pour l’aventure, cela n’empêche pas un nombre d’abandons important. Sur la Diagonale 2022 remportée par Beñat Marmissolle, l’organisation a décompté 869 abandons sur les 2756 engagés, soit 31,5%. C’est certes un peu moins que sur l’UTMB 2023 (35% d’abandons), mais les barrières horaires sont, nous l’avons dit, beaucoup plus larges.
Il est intéressant de constater que la grande majorité des abandons intervient sur les 2 bases que sont Cilaos et le Taibit, entre le 72e et le 80e kilomètre. Ils illustrent un manque de préparation évident. Dans son livre Soyons Fous publié en 2013, Antoine Guillon, « Monsieur Diagonale » (il s’attaquera cette année à sa 16ème Diag’) indiquait qu’il y avait une « deuxième » course qui démarrait au passage du Taïbit. Le savoir permet d’anticiper et de mieux gérer l’effort sur les 80 premiers kilomètres, pour éviter d’être dans le rang des nombreux abondons dans cette partie de la course.
Nombre d’abandons en fonction de la distance parcourue. Source Étude Éruption
Distribution des temps d’arrivée des coureurs de la Diagonale des Fous
L’analyse de la distribution des temps d’arrivée des coureurs de la Diagonale des Fous montre que très peu de coureurs sont capables de passer sous la barre des 30 heures. Ils n’étaient que 29 en 2022. Et 9 seulement en dessous des 25 heures. A titre comparatif, 172 finishers sont passés sous la barre des 30 heures sur l’UTMB Mont-Blanc cette année. Le gros du peloton (40% des coureurs) met ente 44 et 53 heures.
Distribution des temps d’arrivée des coureurs de la Diagonale des Fous 2022. Source Étude Éruption
Les conséquences du manque de sommeil pour les coureurs de la Diagonale des Fous
Autre donnée très intéressante, l’étude des siestes et du manque de sommeil sur la Diagonale est révélatrice de la fatigue provoquée par cet ultra exigeant. Si les élites ne se reposent pas, on notera que 84% des coureurs de la Diagonale des Fous 2022 ont effectué au moins une sieste, et que le temps cumulé moyen de sommeil est de 76 minutes. Evidemment, ce temps cumulé varie en fonction du nombre de nuits passées sur la course, certains coureurs y passant 3 nuits et n’hésitant pas, en fin de parcours, à dormir à même le sol, dans les sentiers !
La privation du manque de sommeil entraîne logiquement une baisse notable d’attention (15% ont même chuté), mais également de très nombreuses hallucinations (34% des coureurs déclarent en avoir!) pendant la course. Mais il est intéressant de noter que ce manque de sommeil a des conséquences dans les jours qui suivent.
L’importance des siestes pour les coureurs du Grand Raid. Source Étude ÉruptionLes conséquences du manque de sommeil pour les coureurs du Grand Raid. Source Étude Éruption
Les « Fous » de l’édition 2023
La 31ème édition de la Diagonale des Fous compte 2899 inscrits : 1243 de La Réunion, 1407 de l’Hexagone et 249 internationaux issus de 31 pays. La grande majorité reste masculine, avec 87,5% d’hommes et 12,5% de femmes. Le plus jeune inscrit a 21 ans, le plus âgé 79 ans, pour une moyenne d’âge 44 ans.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/BENAT-MARMISSOLLE-GRAND-RAID.png7601200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-15 21:49:212023-11-03 07:51:59Diagonale des Fous : l’étude qui révèle qui sont les « Fous » de La Réunion
C’est un plateau d’athlètes exceptionnel qui va se retrouver du 19 au 22 octobre du côté de Millau, dans l’Aveyron, pour participer à l’une des 15 courses de la 29ème édition du Festival des Templiers, au milieu de 13000 participants de tous horizons. En effet, près de 100 coureurs présentant une cote supérieure ou égale à 800 points chez les hommes et près de 50 athlètes à plus de 650 points chez les femmes sont annoncés au départ. Sur le Grand Trail des Templiers, la course phare, Sébastien Spehler vainqueur en 2017 et 2018, tentera une fois de plus de s’imposer, après ses secondes places en 2021 et 2022. Mais il y aura de beau monde pour lui disputer la victoire, qui semble promise à Blandine L’Hirondel dans la course féminine.
Festival des Templiers : un univers sauvage et envoûtant
Qu’ils soient experts ou néophytes, tous les traileurs participant au fil des ans aux courses du Festival des Templiers sont unanimes : c’est un événement magique et unique. Unique, car le Festival des Templiers, c’est tout d’abord une histoire : à son lancement, en 1995, il s’agit de la première véritable course de trail (sur sentier) en France. Événement sportif aussi, car aujourd’hui, ce sont pas moins de 15 courses de 9 à 108 km qui sont programmées, regroupant 13 000 participants de tous horizons. Événement beau et sauvage enfin, car se déroulant sur le magnifique terrain de jeu du parc naturel régional des Grands Causses, entre hauts plateaux calcaires, falaises abruptes, vallées rocailleuses, gorges vertigineuses et pistes forestières.
La montée du Pouncho D’Agast, au-dessus de Millau, dernière dfficulté du parcours du Grand Trail des Templiers. Photo Greg Alric
Grand Trail des Templiers : Sébastien Spehler en quête de réponses
Après avoir terminé 2ème derrière Jonathan Albon en 2021, puis de nouveau 2ème derrière Jim Walmsley en 2022, Sébastien Spehler espère enfin pouvoir renouer avec la victoire sur les 81km du Grand Trail des Templiers. Certes, la présence de 4 coureurs avec un index ITRA supérieur au sien promettait une lutte intense (l’Italien Francesco Puppi, index 922, l’Allemand Hannes Namberger, index 921, le Français Thibaut Garrivier et l’Italien Andreas Reiterer, 911), mais la connaissance du terrain pouvait être un atout de taille pour l’Alsacien (index 910).
Après une saison compliquée et dense (naissance d’un enfant, nouvelle maison, remercié par Salomon après sa victoire au Cross du Mont-Blanc en juin…), il avoue cependant avoir du mal sur le long et manquer de repères. Néanmoins, les Templiers restent une course particulière, sa course de cœur, comme il l’explique.
« Je crois que chaque coureur a sa course de cœur… Pour ma part, c’est les Templiers. J’aime son parcours par sa diversité. Comme je dis souvent, pour moi les Templiers restent la course de trail la plus ouverte. C’est la seule course où sur la ligne de départ, tu te retrouves avec des spécialistes de trail, ultra-trail, de course en montagne mais aussi des marathoniens et des 100 bornards.
Sur le plan purement sportif, je pense qu’il ne faut pas être un monstre dans un domaine bien précis mais être bon partout. Je trouve cela très intéressant aussi bien le jour de la course que pendant la préparation des Templiers qui est donc très diversifiée. Mais j’aime surtout l’esprit de cette course, un gros événement du monde du trail, mais qui a su rester simple et familial. Et bien sûr cette part un peu mystique que je ressens dès la ligne de départ, et qui ne s’explique pas vraiment. »
Jim Walmsley et Sébastien Spehler, 1er et 2ème, à l’arrivée en 2022. Photo Organisation
Grand Trail des Templiers 2023 : Jonathan Albon, un « client » pour Sébastien Spehler
La hit list semblait connue et figée, jusqu’à ce que tardivement Jonathan Albon, vainqueur de la CCC début septembre, ne décide de s’inscrire cette année encore. Le Britannique explique sa venue : « J’ai de très bons souvenirs de l’année 2021, et j’ai toujours voulu revenir. Après la CCC, je voulais inclure une course supplémentaire dans ma saison de trail, et je cherchais une course qui soit compétitive et d’une durée de course entre 5 et 10 heures. Les Templiers sont apparus comme la meilleure option quand j’ai commencé à chercher. En plus, j’ai décidé récemment d’accepter le Golden Ticket pour la Western States en 2024, et les Templiers me donneront aussi l’opportunité d’une pratique sur des chemins relativement rapides et “courables”. »
Jonathan Albon, vainqueur en 2021. Photo Organisation
Grand Trail des Templiers 2023 : une concurrence de très haut niveau
Quand à la concurrence, avec 8 coureurs affichant plus de 900 points au départ du Grand Trail des Templiers, elle motive plus qu’elle n’effraie Jonathan Albon. Il confie : « J’aime toujours courir avec de bons coureurs. Alors, je suis heureux d’entendre que le niveau soit si élevé cette année. Espérons que nous pourrons tous avoir une bonne course jusqu’au finish où le coureur le plus fort du jour sortira en tête ! Je ferai de mon mieux pour réaliser une bonne performance le jour J. Espérons que ce sera suffisant pour l’emporter, mais nous verrons. N’importe quoi peut arriver dans une course comme les Templiers, et je ne m’attends pas à ce que ce soit facile. »
Question concurrence justement, on notera côté Français la présence de Thomas Cardin (index 907), Arnaud Bonin (891) ainsi que des seconds du 50 K et 100K du Nice Côte d’Azur by UTMBHugo Deck et Simon Gosselin (882) parmi les index supérieurs à 880. Mais un grand nombre d’athlètes tricolores performants aux indices supérieurs à 850 seront également au départ et joueront le Top 10. Ainsi, pêle-mêle, Paul Mathou, qui avait remporté la VO2 Trail en 2018 et tentera de bien finir une saison compliquée, Adrien Michaud, Gautier Airiau, Romain Maillard, Clovis Chaverot, Arthur Joyeux-Bouillon, Théo Le Boudec, Alexandre Meyleu ou encore Dylan Ribeiro.
Grand Trail des Templiers 2023 : Blandine L’Hirondel archi-favorite
Chez les femmes, la liste des inscrites ayant une cote supérieure à 680 points est également impressionnante, avec 13 athlètes au départ. Mais c’est bien sûr vers la double championne du monde Blandine L’Hirondel, 3ème de l’UTMB et récente gagnante de la SkyRhune, que tous les regards seront tournés, tant elle paraît imbattable sur cette distance. Pour rappel, elle s’était imposée l’an dernier sur le format court de la VO2 Trail pour sa première participation aux Templiers.
Sur cette longue distance, elle devra cependant se méfier des redoutables Espagnoles Azara Garcia de Los Salmones, gagnante du 110MK du Val d’Aran en juillet, et Gemma Arenas Alcazar. Côté français, la contestation pourrait venir de Lucille Germain, Mathide Sagnes, Julie Roux, Marine Quintard, Manon Gras, Sabine Ehrström ou Anaïs Martin, qui joueront sans doute pour un Top 10.
Une concurrence qui motive Blandine L’Hirondel. Elle confie : « La compétition est quelque chose qui m’anime et plus le niveau est relevé, plus le challenge est difficile et la motivation est grande. » Quant à la victoire, elle répond : « Je ne viens jamais véritablement pour gagner. En revanche, une chose est sûre, c’est que je viens pour donner le meilleur de moi-même, avec la forme du moment. Et l’adversité m’aide profondément à cela. »
Blandine L’Hirondel de retour sur les terres des Templiers. Photo Organisation / DR
Endurance Trail, l’ultra populaire
Si l’Endurance Trail, l’une des épreuves pionnières de l’ultra en France, a évolué au fil des éditions entre 120 km et 100 km, la course a désormais trouvé sa vraie place dans l’univers du trail français, seconde course de par le nombre de finisseurs derrière les 3 mastodontes de l’UTMB et le Grand Raid de la Réunion en taille XXL.
Au départ de cette édition, on retrouve 26 coureurs au-delà de 750 points ITRA. Parmi eux, les 4 mieux classés sont les Français Antoine Thiriat (index 872), Yannick Noël (868), Mathieu Delpeuch (857) et Rémy Brassac (856).
Chez les femmes, la Française Sarah Vieuille, gagnante de la dernière SaintéLyon, semble se détacher du lot (index 768). Mais elle devra se méfier de ses compatriotes Jennifer Lemoine (719) et Emeline Oudet (710) et de la Roumaine Oana Mihalcea (710).
Sarah Vieuille, favorite de l’Endurance Trail. Photo DR
Un marathon des Causses très relevé
Là encore, le nombre d’athlètes masculins ayant un index ITRA supérieur à 850 chez les hommes et 700 chez les femmes promet une course ouverte et passionnante. Citons chez les femmes la championne du monde de trail long en titre, Marion Delespierre (index 790) et ses compatriotes Louise Serban-Penhoat (760) et Esther Eustache (737). Chez les hommes, la victoire pourrait se disputer entre tricolores également, avec au départ Kevin Vermeulen (index 882), Quentin Meyleu (876), Theo Bourgeois (866) et Loïc Rolland (861), pour ne citer qu’eux.
Les chiffres à retenir du Grand Trail des Templiers
1 comme 1 seul vainqueur américain, Jim Walmsleyen 2022 4 comme 4 victoires pour Thomas Lorblanchet, le record 8 comme 8 coureurs à plus de 900 points ITRA inscrits sur le Grand Trail 2023 9 comme 9 victoires pour Karine Herry, le record 9,5 comme 9,5%, le taux d’abandons en 2022
16 comme 16 minutes pour le segment de descente La Pouncho – Millau par Jim Walmsley en 2022 25 comme 25 fois finisher pour Pascal Moreau, le record 35 comme 35%, le pourcentage le plus fort dans la montée Bulldozer 40 comme 40 mètres, la longueur de la dernière ligne droite d’arrivée 81 comme 81 km, la distance totale en 2023
100 comme 100 coureurs sous les 10 heures en 2022 203 comme 203 femmes classées en 2022 367 comme 367 classés en 1995, pour la 1ère édition 480 comme 480 m+ pour la plus longue montée 840 comme 840 mètres, l’altitude de la Pouncho d’Agast 897 comme 897 mètres, l’altitude maximale du parcours
1100 comme 1100 bénévoles en 2023 2125 comme 2125 classés en 2022 3480 comme 3480 m+ de dénivelé positif
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/Blandine-LHirondel-Photo-Instagram.png5911200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-14 21:00:002023-11-03 07:51:41Grand Trail des Templiers 2023 : Sébastien Spehler et Blandine L’Hirondel en pole !
La Grande Finale de la Golden Trail Series se tiendra à Il Golfo dell Isola, dans la région de Ligure, en Italie, du 19 au 22 octobre prochain. À cette occasion, et après 6 étapes disputées au cours de l’année, les 30 meilleurs athlètes hommes et femmes de la saison sont autorisés à concourir dans la catégorie Élite. Et tous peuvent prétendre à la victoire finale ! Qui pourra priver le Suisse Rémi Bonnet du titre ? Il n’a que 80 points d’avance, et la moindre défaillance pourrait lui être fatale ! Et chez les femmes, que donnera le duel tant attendu entre l’Américaine Sophia Laukli et la Suissesse Judith Wyder ? Réponse les 21 et 22 octobre prochains en direct sur la chaîne YouTube de la GTWS et sur Eurosport.
Golden Trail Series : la course élite la plus relevée de tous les temps !
Les côtes ITRA de la start-list sont catégoriques : JAMAIS une course de trail n’avait été aussi relevée ! Avec une moyenne des 10 plus grosses cotes ITRA de 920,6 chez les hommes et de 780,9 chez les femmes, la Grande Finale de la Golden Trail Series affiche un niveau inédit.
Source GTWS 2023
Voir le classement Élite complet des 30 meilleurs hommes et femmes ICI
Finale en Italie : avec les points doublés, tout le monde peut gagner !
C’est la grande originalité de la finale : avec un système de points doublés par rapport aux courses de la saison régulière, ce sont 400 points qui seront attribués aux vainqueurs, à raison de 100 points pour le vainqueur du prologue et 300 points pour le vainqueur de la course finale. Ainsi, avec 4 athlètes comptant moins de 100 points de retard sur Rémi Bonnet, tout pourrait basculer en cas de défaillance du Suisse.
En s’imposant sur les 2 étapes américaines de la GTWS, Rémi Bonnet a fait le plein de points. Mais il lui faudra aussi briller en Italie pour conserver son titre acquis en 2022. Photo GTWS 2023
La course sera encore plus indécise chez les femmes, puisque l’Américaine Sophia Laukli ne possède que 12 points d’avance sur Judith Wyder. Si la Suissesse s’impose en Italie, elle remportera le titre qui paraissait promis à l’Américaine. Suspense total…
Avec 3 victoires, Sophia Laukli a fait elle aussi le plein de points. Mais la Suissesse Judith Wyder n’est qu’à 12 points de l’Américaine. Une victoire sur le prologue et la finale et elle pourrait passer devant. Photo the.adventure.bakeryAttribution des points aux 20 premiers de la Grande Finale. Source GTWS
Les Golden Trail National Series font aussi leur finale
En parallèle de la course ÉLITES qui permettra de désigner les vainqueurs de la GTWS 2023, les trois meilleurs hommes et femmes de chaque série nationale (GTNS) ont également été invités à participer à cette finale et participeront à un classement spécifique GTNS.
Les tops 3 hommes et femmes de ce classement GTNS se verront remettre un Golden Ticket qui leur permettra d’obtenir une invitation sur trois courses de la GTWS 2024. En plus de concourir en individuel durant cette finale, ces athlètes défendront également les couleurs de leur série nationale en participant à un classement par équipe qui cumulera le temps des deux meilleurs hommes et des deux meilleures femmes de chaque GTNS. Quelle GTNS sera alors désignée meilleure série nationale au monde ? Réponse, là aussi, le 22 octobre prochain !
Finale de la Golden Trail Series 2023 : le programme
Jeudi 19 octobre – 16h30 : Prologue femmes
Vendredi 20 octobre – 16h30 : Prologue hommes
Samedi 21 octobre – 10h00 : Course femmes (26 km et 1430 m D+)
Dimanche 22 octobre – 10h15 : Course hommes (26 km et 1430 m D+)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/Podium-GTWS.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-12 15:29:352023-10-13 16:42:29Golden Trail Series : la finale la plus relevée de tous les temps !
Des ratios dignes de l’UTMB ! Avec ses milliers de terrasses découpant les coteaux des bords de Rhône, les territoires de Condrieu et Côte-Rôtie offrent des sentiers aux pentes implacables qui ont incité quelques traileurs locaux à imaginer une épreuve pas comme les autres, exigeante à souhait, idéale pour préparer la SaintéLyon. Rencontre avec Olivier Pascual, l’un des membres du Comité d’organisation du Trail en Côte-Rôtie qui fêtera sa 3e édition le 21 octobre 2023.
Trail en Côte-Rôtie : un territoire surprenant et exigeant
Difficile de les rater lorsqu’on emprunte l’autoroute du Soleil, surtout dans le sens de la remontée vers Lyon : les territoires de Condrieu et de Côte-Rôtie happent le regard, avec leurs milliers de terrasses en pierres sèches aménagées sur les pentes abruptes de la rive droite du Rhône. Difficile d’imaginer s’y promener. Encore moins y courir. Pourtant, depuis 2 ans, le Trail en Côte-Rôtie existe bel et bien dans l’agenda des courses du mois d’octobre, au départ du village d’Ampuis, sa « capitale », à moins de 10 kilomètres au sud de Vienne et 30 de Lyon. 12, 24 ou 45 kilomètres de montées abruptes et de descentes tout aussi violentes, à se faufiler de terrasse en terrasse, de parcelle en parcelle, jusqu’à en avoir les cuisses qui brûlent, tétanisées par le lactique. Olivier Pascual, qui connaît parfaitement le terrain pour l’avoir arpenté maintes fois, raconte la naissance de ce trail grand cru.
Photo Gérard Petit
ESPRIT TRAIL : 1200m de D+ sur le 24km, 2500m sur le 45km, ce sont des ratios dignes d’un trail alpin !
Olivier Pascual : C’était effectivement notre objectif. On voulait faire un événement qui soit le plus pro possible et si on voulait attirer du monde, il fallait offrir quelque chose qui n’était pas présent localement. Comme on a l’avantage d’avoir un dénivelé de malade, on s’est dit qu’on allait jouer dessus. Donc essayer de proposer un maximum de D+/D- avec le moins de distance possible. Ici, on est sur des gros pourcentages, 20, 25%, parfois plus, donc même si on ne monte pas bien haut, l’accumulation des montées et des descentes est impressionnante. Et au final, on arrive à un ratio équivalent d’une épreuve de l’UTMB !
Olivier Pascual dans les vignes. Photo Esprit Trail
ET : Comment avez-vous tracé les parcours ?
OP : Le fait d’avoir des vignerons avec nous a permis d’ouvrir les portes des vignobles. On a donc commencé par aller sur le sentier pour sélectionner des passages en se disant « ça c’est joli, ça c’est dur, etc », et en se demandant comment faire pour relier tous ces points remarquables. Évidemment, il a fallu prendre en prenant en compte un certain nombre de critères, comme par exemple l’espace qu’il y a entre les rangs de vignes, pour s’assurer que l’on peut y faire passer des coureurs sans qu’ils les abiment. On a aussi exploré les combes sauvages et quasiment impraticables qui entrecoupent les coteaux, histoire de voir si on pourrait les défricher pour les rendre praticables le jour de la course. C’est ce qui a donné la base des parcours.
Après, on a rassemblé tous ces petits bouts et réalisé les circuits en marchant, pour avoir une trace la plus précise possible avec une montre GPS. Ensuite, quand on s’est rendu compte que le premier tracé faisait 23km360 et qu’il nous manquait 50 mètres de dénivelé, on est repartis sur les sentiers pour aller chercher un peu plus de dénivelé et de distance. On voulait avoir un compte rond et répondre à certaines normes nécessaires pour être référencés ITRA et UTMB, ce que nous sommes aujourd’hui.
ET : Une particularité de l’événement est que vos 3 courses arrivent à la même heure au même endroit…
OP : En effet, les départs sont échelonnés dans la journée pour que toutes les courses arrivent à peu près à la même heure, le soir vers 19h. Comme il fait nuit à cette heure-ci, ça permet de mettre en scène l’arrivée à Ampuis, avec un ballet de frontales qui descendent des coteaux et une haie de flambeaux sur la fin du parcours. Et ça laisse le temps d’une bonne soirée au village exposants, pour se restaurer, déguster des vins. Sachant que le lendemain, c’est dimanche, et que c’est l’occasion de venir passer le week-end entier dans la région de Vienne-Condrieu.
Photo Michel Ribert / Organisation
ET : Comment un petit village de 2500 habitants réussit-il à financer une telle épreuve et à recruter des bénévoles pour assurer son bon déroulement ?
OP : Pour toute la partie financière, on a le soutien des institutions telles que Vienne-Condrieu-Agglomération, la mairie d’Ampuis, le département, la Région et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR). Et on a pas mal de partenaires privés, comme par exemple les vignerons, les commerçants… Sans oublier les aides, comme Salomon, qui nous fournit pas mal de goodies pour les bénévoles par exemple… En tout, on a un budget de 70 000 euros, payé à moitié par les inscriptions, à moitié par les partenariats.
Pour les bénévoles, nous avons la chance d’avoir un recrutement pas trop compliqué car Ampuis est un village d’amoureux du sport. Environ 70% des bénévoles habitent le village, mais on peut aussi s’appuyer sur les clubs de trail locaux comme Pontétrail à Pont-Êvèque ou La Petite Foulée à Saint-Clair-du-Rhône qui sont très actifs. Ça n’a pas l’air, mais ça demande beaucoup d’énergie pour réussir à tout caler dans une journée et que tout se passe bien. C’est un peu stressant, mais la dynamique est grisante, et quand ça se termine, on a hâte de recommencer.
Trail en Côte Rôtie : les 3 courses au programme
La Verticale – 12km et 600m D+ Un trail pour découvrir le vignoble de l’appellation Côte- Rôtie en allant sur les hauteurs d’Ampuis. Si la distance est abordable, il ne faudra pas pour autant le prendre à la légère, les 600 mètres de dénivelé le rendant tout de même exigeant.
Profil de La Verticale. Source Organisation
La Brune et la Blonde – 24km et 1200m D+ Un parcours au cœur de l’appellation Côte-Rôtie allant du Nord au Sud d’Ampuis, idéal pour apprécier la diversité des paysages. Mais attention, ce trail de 24 km labellisé UTMB 20K et ITRA1 exige d’être bien préparé car il vous fera sillonner les coteaux de bas en haut et de haut en bas.
Profil de La Brune et Blonde. Source Organisation
L’AOC – 45km et 2500m D+ Relevez le défi et traversez l’intégralité de l’appellation Côte-Rôtie, sur les communes d’Ampuis, Saint-Cyr-sur-Rhône et Tupin-et-Semons. Ce tracé, labellisé UTMB 50K et ITRA2, vous fera parcourir les parcelles les plus renommées et vous emmènera sur les sentiers les plus méconnus du vignoble. À réaliser en solo, en duo ou en relais à 2.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/cote-rotie-2-Photo-AirDroneSolution.jpg7991200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-11 02:37:002023-10-10 15:38:00Trail en Côte-Rôtie : idéal pour préparer la SaintéLyon !
Si pour la plupart des traileurs « ultra » et « île de la Réunion » signifient « Diagonale des Fous », une autre épreuve se taille peu à peu une belle notoriété. Plus accessible mais tout aussi engagé, avec des paysages somptueux, l’Ultra Marathon des Cirques revient pour sa 3ème édition le 22 juin prochain. Coup de projecteur avec son organisateur, Stéphane André.
ESPRIT TRAIL : Peux-tu nous donner 3 bonnes raisons de participer à l’Ultra Marathon des Cirques à La Réunion ?
Stéphane André : Tout d’abord parce que l’Ultra Marathon des Cirques est un concentré de tout ce qui fait que l’île est un destination majeure pour la pratique du trail. Ensuite, parce que le parcours passe dans les 3 cirques mythiques de l’île, avec un pointage exceptionnel en haut du Piton des Neiges, son plus haut sommet qui culmine à 3 000 mètres, et des sentiers exigeants et très variés, le tout s’organisant (départ et arrivée) autour de Cilaos, une commune des Hauts, chaleureuse et typique de l’hospitalité réunionnaise. Enfin, parce que si l’UMC est un vrai défi, c’est aussi la possibilité pour ceux qui viennent de l’extérieur de profiter du voyage pour découvrir l’île, son histoire, sa gastronomie, ses autres paysages qui en font une île atypique et plébiscitée par de nombreux traileurs.
Photo UMC 2023 / Gil Victoire
ET : 64 km pour 5000mD+, c’est un ratio très costaud !
Stéphane André : Les tropiques ne doivent pas faire oublier que l’on est en haute montagne ! La Réunion est une terre de trail unique, l’ultra y est quasiment né avec la Diagonale. C’est une course qui se prépare sérieusement, et qui peut s’insérer dans une préparation des épreuves de fin de saison. Les paysages traversés sont exceptionnels, avec une montée dès le départ sur le toit de la Réunion pour découvrir le Piton au lever du soleil, un grand moment, puis un passage vertigineux pour descendre sur Hell Bourg et ensuite une traversée de Mafate, que tout traileur se doit de faire une fois dans sa vie !
Profil UMC 2024. Source OrganisateurPhoto UMC 23 / Thierry Abraham
ET : Pour rendre la course plus accessible, vous proposez aussi de la faire en relais ?
Stéphane André : Effectivement, comme venir à La Réunion c’est aussi souvent allier le plaisir de la découverte de l’île et l’entraînement, le relais peut être le bon format. Et pour ceux qui choisiront la formule en solo, nous avons opté pour une fermeture après 23h30 de course, ce qui donne tout de même une certaine marge.
Photo UMC 23 / Thierry Abraham
ET : Vous proposez des packages tout inclus au départ de la métropole. Peux-tu nous en dire plus ?
Stéphane André : Nous sommes associés à une agence de voyages, Travel Concept Sport, qui propose différentes formules. L’épreuve peut ainsi être intégrée dans un package plus large qui permettra une véritable découverte de l’île. La fin du mois de juin est une bonne période pour venir : la fin de l’été a sonné mais l’hiver austral n’est pas encore présent ! Parfait pour découvrir, randonner et s’adonner à de nombreux sports outdoor. Et nous devrions aussi proposer un stage avec un ultra-traileur réputé qui se terminera par la participation à l’UMC.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/Ultra-Trail-des-Cirques-Photo-Gil-Victoire.png6651200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-09 05:00:002023-10-13 16:43:00Ultra Marathon des Cirques : y’a pas que la Diagonale des Fous à La Réunion !