52 boucles et 348 km ! L’Isérois Liess Makhlouf remporte la 5ème édition de la Chartreuse Backyard dans des conditions de vent et de pluie dantesques. Une deuxième victoire très disputée après celle de 2021.

Chartreuse Backyard Ultra : un concept simple, une épreuve terrible

Pas de gros dénivelé, ni de piège : la boucle de 6,706km est toute plate (15m D+) et vous disposez d’une heure pour la parcourir, en partant du gymnase de Saint-Laurent-du-Pont.
Jusqu’ici, tout va bien.
Sauf qu’une fois l’heure écoulée, il faut repartir. Et encore, Et encore.
Et c’est là que les choses se gâtent. Plus les efforts s’accumulent, plus il devient difficile de boucler les 6,706km dans l’heure impartie. Donc plus le temps de repos diminue avant le départ suivant. Jusqu’à l’inévitable abandon, soit volontaire (je ne repas pas), soit hors délai (je n’ai pas bouclé le tour dans l’heure impartie).

BACKYARD ULTRA pluie
La nuit venue, sous la pluie, prendre le départ demande de la motivation. Photo Organisation

108 tours, l’incroyable record du monde d’Harvey Lewis

À ce petit jeu, certains sont redoutables. L’an dernier, Nicolas Cointepas avait réalisé 56 tours pour s’imposer. Soit 368 km. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, fin octobre, l’Américain Harvey Lewis a réalisé un exploit colossal en réalisant 108 tours (724km) lors de la Big Dog’s Backyard Ultra, sorte de finale du championnat du monde de Backyard orchestré par Lazarus Lake au Tennessee. Et notre Claire Bannwarth nationale a également brillé, en s’imposant chez les féminines, dernière femme debout après 60 boucles effectuées.

Lire l’article  sur l’exploit de Claire Bannwarth sur la Big Dog’s Backyard Ultra

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Dans le gymnase, les coureurs cherchent à se reposer quelques minutes avant un nouveau départ, toutes les heures, inlassablement. Photo Organisation

Chartreuse Backyard Ultra : un mano a mano haletant

Sur sa petite sœur française, créée en 2019 par Benoît Laval (créateur de la société Raidlight et organisateur également de la Chartreuse Terminorum) et qualificative pour la finale américaine, Liess Makhlouf a dû batailler ferme avec Ronan Pierre. Les 2 hommes, seuls en piste après 36 tours, se sont livré un véritable bras de fer, personne ne voulant lâcher, malgré des conditions météo terribles. Vent, pluie, la nuit a été terrible mais les 2 hommes ont réussi à franchir dimanche à midi la barre des 49 boucles (328km) et 48 heures de course sans faiblir. Vainqueur en 2021, Liess Makhlouf semblait plus épuisé que Ronan Pierre. Qui allait craquer le premier ?

BACKYARD ULTRA 43ème tour
Au départ du 43ème tour, les 2 “survivants”, Liess Makhlouf et Ronan Pierre. Photo Organisation

Chartreuse Backyard Ultra : deux stratégies différentes

Il y a deux façons d’envisager la Backyard : courir vite et se reposer plus, ou courir moins vite et se reposer moins. Les deux derniers concurrents ont illustré, par leurs choix, ces deux stratégies. Ainsi, juste avant d’attaquer le 50ème tour, donc à la fin de la 49ème heure de course, Liess Makhlouf avait couru 41h49 et s’était reposé 7h11, tandis que Ronan Pierre avait choisi de courir plus vite (36h41) mais s’était beaucoup plus reposé (13h19).

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Liess Makhlouf a choisi de ne pas aller vite, quitte à moins se reposer. Photo Organisation

Chartreuse Backyard Ultra : la boucle de trop pour Ronan Pierre

En 2022, Liess Makhlouf avait jeté l’éponge dans la 53ème boucle. Cette année, il semblait déterminé à tenir. Mais c’était sans compter sur le coup de théâtre du 52ème tour. Alors que les deux coureurs repartaient, Ronan Pierre est revenu vers la ligne de départ, terrassé par une douleur tendineuse sur le haut du pied. Liess Makhlouf n’avait plus qu’à boucler le tour pour l’emporter une seconde fois. Un bonheur suffisant, surtout dans des conditions de vent et de pluie extrêmes, même si le record de France, à 77 tours, reste bien éloigné.

Chez les femmes, la dernière debout est Elsa Rabou, 51 ans, qui en est à sa 3ème Chartreuse Backyard Ultra. Elle a effectué 25 tours.

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Une boucle de 6706 mètres à répéter le plus de fois possible. Photo Organisation
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Ceux qui ont connu les rudes sentiers du disparu Trail des Poilus peuvent se réjouir. Depuis l’an dernier, une nouvelle épreuve très originale arpente les mêmes chemins de la colline de Lorette, haut-lieu de la Première Guerre mondiale. Son nom : l’Enfer d’Artois. Et, comme vous pouvez vous l’imaginer, il vous promet d’en baver. Avant la deuxième édition, programmée le 9 décembre à Alban-Saint-Nazaire (62), coup de projecteur sur cette épreuve atypique avec l’un des organisateurs, Jacky Clément.

Enfer d’Artois : 6 heures pour faire le plus de tours possible

C’est sur les bases de l’ancien Trail des Poilus que l’Enfer d’Artois a vu le jour l’an dernier. Mais Jacky Clément et Christophe Szrama, qui ont tenu la baraque (sans frites) des Poilus de 2006 à 2018, ont eu l’idée de concocter un format différent des trails classiques. Le concept est à la fois simple et original. Il propose à 500 coureurs (nombre limité, dépêchez-vous!) de s’élancer sur une boucle de 9,3km avec 400m de D+ à 14 heures pétantes, et boucler le plus de tours possible jusqu’à 20 heures. 3 heures de course de jour, les plus faciles, 3 heures de nuit, les plus terribles, quand le froid et la fatigue s’associent…

Bien entendu, vous pouvez stopper votre course avant 20 heures. Vous serez alors classé en fonction du nombre de boucles parcourues. Lors de la première édition, le vainqueur, Jean-Baptiste Lalart, ultra-traileur expérimenté, avait réussi à faire 6 tours en 5h 15mn 17s, échouant de 10 minutes à boucler le 7ème. Il sera de retour cette année, avec pour objectif d’y parvenir. Et de gagner le lot spécial mis en jeu : un téléphone portable d’une valeur de 1000 euros. Chez les femmes (1/3 des partants), c’est Sophie Laurent qui avait remporté la palme, avec 5 tours en 5h 27mn 10s. Quant au nombre moyen de boucles parcourues par les concurrents, c’est entre 3 et 4 boucles.

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En fin de parcours, vous risquez fort de ressembler à ça. Photo Cyrille Quintard

Enfer d’Artois : perpétuer le devoir de mémoire

Simple au premier abord, l’épreuve est en réalité hyper exigeante. En effet, ce rendez-vous hivernal se déroule sur un terrain particulièrement compliqué : Notre-Dame-de-Lorette, l’une des plus célèbres collines d’Artois, dans le Pas-de-Calais. Lieu hautement mémoriel, c’est sur ce site que l’une des batailles les plus féroces de la Première Guerre mondiale s’est déroulée. La colline de Lorette, qui culmine à 165 mètres, porte encore les stigmates des terribles combats qu’elle a abrités, creusée de tranchées, éventrée par les bombardements.

Perpétuer le devoir de mémoire est une chose à laquelle Jacky Clément et Christophe Szrama sont très attaché. Pas pour juger, plus de cent ans après la guerre, mais pour rassembler. Célébrer tous les soldats de la Grande Guerre, leur vaillance incroyable face à l’adversité. Et surtout souligner leur inaltérable aspiration à la paix.

Enfer d’Artois : un parcours exigeant et plein de surprises

Tous ceux qui s’imaginent que les collines d’Artois ne présentent pas de difficultés particulières risquent d’être surpris. Car ici, le parcours est exigeant et technique. Parfois même digne de la haute montagne. Les montées ne sont jamais très longues, mais restent très rapprochées et toujours bien pentues. Quelques portions sont même comprises entre 10 et 15%. Le circuit, avec beaucoup de single tracks, est ainsi jalonné de 5 éperons. 5 petits sommets qui permettront aux coureurs de passer sur des crêtes et d’apprécier le panorama dégagé sur l’ensemble du site (le jour). Mais ces 5 petits sommets vous feront bien brûler les cuisses !

Si certains tronçons du parcours sont connus des traileurs locaux, pour d’autres, impossible de les connaître. Ils passent en effet dans des parcelles privatives complètement inédites juste reliées entre elles par des chemins de liaison, et exceptionnellement ouvertes le jour de la compétition. De quoi avoir de belles surprises… Et pour ceux qui ont participé à la première édition, une autre surprise : le parcours sera cette fois-ci en sens inverse. De quoi perdre tous ses repères !

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Le profil du parcours 2023, avec des petites montées bien gratinées. Source Organisation

Enfer d’Artois : survivre au froid, à la boue et à la nuit

C’est le principal ennemi des coureurs. Pour peu que la météo s’en mêle, l’Enfer d’Artois peut rapidement devenir terrible. L’an dernier, pour la première édition, c’était un froid glacial qui avait frigorifié les concurrents. Mais si la pluie et le vent s’invitent, prévient Jacky Clément, ça peut vite devenir terrible. Et là, ce sera une toute autre histoire…

Heureusement, à chaque tour, la base-vie permet le ravitaillement et le repos. Et surtout accueille les coureurs dans une ambiance festive si réputée dans le Nord. D’ailleurs, il ne faut absolument pas rater le repas de fin de course (compris dans l’inscription et servi à sa place boisson comprise dans l’Estaminet de Lorette entre 17h et 22h) pour terminer l’expérience en beauté.

L’Enfer d’Artois fait partie de l’Artois Trail Challenge, un challenge destiné à faire découvrir les courses natures de l’Artois. 14 courses étaient ainsi au programme de l’édition 2023 entre mars et décembre, avec l’Enfer d’Artois en guise de conclusion.

Pour plus d’infos sur le challenge, c’est ICI

Pour s’inscrire, c’est ICI

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En allant chercher une 2ème place sur l’ultra de Kullamannen by UTMB, en Suède, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, a réalisé le Top 3 nécessaire pour obtenir sa qualification pour les Finales de l’UTMB World Tour 2024. Sauf incident, il sera bien au départ à Chamonix vendredi 30 août 2024, pour tenter d’aller enfin chercher un Top 10. Mais rien n’était gagné d’avance, et une méchante entorse a bien failli tout contrarier…

Kullamannen 2022, Casquette Verte et record de l’épreuve

Flash-back. Samedi 5 novembre 2022. Après une Diagonale infernale, où il avait terminé à la 100e place, Casquette Verte était allé prendre l’air en Suède pour un ultime ultra-trail, après 2 victoires dans la saison, sur l’Ultra01 et l’Ut4M, et un UTMB bouclé à la 18ème place en 22h55. Parti sur les chapeaux de roues pour tenter d’oublier une douleur à l’aine tenace, le Parisien avait fait une course supersonique pour boucler les 165km et 2150m D+ en 15h 14mn 50s, record de l’épreuve pulvérisé.

Mais ça, c’était avant…

Casquette Verte Kullamannen 2022
Casquette Verte en 2022 lors de sa victoire. Photo DR

Kullamannen 2023, Casquette Verte et les doutes

Vendredi 3 novembre 2023. Casquette Verte ne fait pas le malin. S’il se souvient de son chrono de l’an dernier, réalisé avec une météo assez cool (froide, humide.. mais pas de gros vent et de belles pluies comme annoncés pour cette année), il est obligé de se rendre à l’évidence : après une Diagonale des Fous avalée en mode « guerrier », 8h de moins au chrono et un beau Top 10 à l’arrivée, il est moins affûté qu’en 2022.

Et surtout, une douleur tenace à la fesse rend ses foulées douloureuses, même sur du très plat pas technique du tout. Autant le dire (et il le dit sur les réseaux sociaux) : le Top 3 qualificatif pour l’UTMB 2024, on l’oublie. Et de livrer sa stratégie : « Tentative de départ trop rapide, blocage au km 2, passage à 6mn00 au kil’… puis 18h de lente souffrance. Avec pour seule ambition d’essayer d’aller au bout pour choper 4 Running Stones et attendre le tirage au sort de l’UTMB. »

Mais ça aussi, c’était avant… de s’élancer.

Voir le parcours en vidéo ICI

Casquette Verte Kullamannen
Sur la ligne de départ, l’attente… Photo Kullamannen by UTMB / DR

Kullamannen 2023, Casquette Verte et le départ canon

Vendredi 3 novembre, 18h. Il fait froid sur la ligne de départ de Höganäs, au sud-ouest de la Suède. Grosse pluie, gros vent, météo pourrie, un temps à ne pas mettre un traileur dehors. Ils sont pourtant 624, frontales allumées, prêts à s’élancer. Dossard n°2, Casquette Verte serre les dents. Le départ va être crucial, car avec le parcours en sens inverse de l’édition précédente, les plus grosses difficultés sont concentrées dès le début, après 2 boucles de 12 kilomètres très roulantes en guise d’échauffement.

Comme à son habitude, et comme annoncé, le Parisien est parti à balle. 14km/h sur les 10 premiers kilomètres plats et roulants vers le village de Mölle, 16 km/h sur les 12 suivants de la 2ème boucle, puis 11km/h dans les premières ascensions dans la réserve de Kullaberg.

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Le profil 2023 de l’Ultra-Trail Kullamannen by UTMB.

Kullamannen 2023, Casquette Verte et le coup de mou

Sans surprise, Casquette Verte boucle les 40 premiers kilomètres en tête, comptant même jusqu’à 10 minutes d’avance, avant de se faire une belle entorse dans le deuxième passage technique dans la réserve, où sont concentrées toutes les difficultés du parcours. La vue mer y est superbe, les paysages sauvages, mais la douleur est intense et concurrence est déchaînée et lui passe devant. Il va falloir faire avec.

casquette verte entorse
Publiée sur son compte Insta, la photo de la cheville du guerrier à casquette verte à l’arrivée. Repos exigé !

C’est en 5ème position que Boucheix repasse une nouvelle fois à Mölle, au km 66. Il compte alors 5 minutes de retard sur les Suédois Jakob Äberg et William Englund, les 2 leaders qui font course commune. Il est temps de quitter enfin ce secteur et d’attaquer quasiment 70 kilomètres de plat le long de la côte. Objectif : remonter vers le nord et les dernières difficultés, au km 138, avant de finir à a ville de Bästad. Plus une bosse à l’horizon, le long calvaire commence.

Kullamannen 2023, Casquette Verte et la remontada

Se calant sur la vitesse de 6mn au kilomètre annoncée, Alexandre Boucheix, serrant les dents, a peu à peu grignoté son retard, tandis que seul Jakob Äberg maintenait une cadence plus rapide. En 25 kilomètres, Casquette Verte a rattrapé Englund pour se hisser à la seconde place, qu’il n’allait plus quitter. Devant, Äberg, coureur rapide habitué des premières places dans les ultras suédois, creusait l’écart et se dirigeait vers la victoire.

Jakob Äberg s’impose finalement en 14h 59mn 04s. Un chrono canon, nouveau record de l’épreuve, mais impossible à comparer avec celui de l’an dernier, puisque sur un parcours en sens inverse. Malgré son entorse, Alexandre Boucheix termine 2ème en 15h 34mn 43s et s’offre ainsi une qualification directe pour l’UTMB 2024, qu’il espérait tant. C’est Cécile Bertin, sa « mama assistante » de choc, qui va être contente : elle sait déjà où elle passera la fin du mois d’août l’an prochain…

A voir, le film UTMB 2023 : 23h avec Casquette Verte

Tu reviendras en 2024, Casquette ?
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60 tours, 402km et 7600 d+ : c’est la distance qu’a parcourue Claire Bannwarth pour rester la dernière femme debout dans le championnat du monde de Big Dog’s Backyard organisé par Lazarus Lake, le diabolique créateur de la Barkley. Elle bat son propre record de 12 heures. Chez les hommes, l’Américain Harvey Lewis établit un nouveau record du monde époustouflant.

Une semaine avant, Claire Bannwarth remporte un 160km !

La semaine précédente, Claire Bannwarth avait pris le départ en mode « j’y vais tranquille » sur le Kodiak Ultra Marathons, un « petit »160km agrémenté de 5200d+ se déroulant en Californie. Objectif : rentabiliser son voyage aux États-Unis, mais surtout ne pas se blesser pour pouvoir enchaîner avec les championnats du Monde de Backyard. Surtout que juste avant le Kodiak, elle s’était offert un « petit » 250km en Grèce. Résultat du Kodiak : 21h10, 7ème scratch, première féminine ! Décidément, cette ultra-runneuse ne fait jamais les choses à moitié.

Lire aussi l’article : Claire Bannwarth, l’ultra-performance sans langue de bois

claire Kodiak
Sur le Kodiak Ultra Marathons. Photo Facebook Claire Bannwarth / DR

Big Dog’s Backyard : une boucle qui fait mal

Le principe de la Backyard est simple : enchaîner des boucles d’environ 6,7km en moins d’une heure, avec élimination si vous dépassez l’heure impartie. Et être le dernier concurrent debout. C’est-à-dire que tant qu’il reste deux athlètes, la course continue, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un et qu’il finisse par échouer ou jeter l’éponge.

Et la boucle en question sur ce championnat du monde, Claire Bannwarth ne la sentait pas vraiment. Elle raconte : « Je pensais honnêtement que j’aurais déjà du mal à atteindre les 40 tours, et que 50 tours serait mon max. La boucle de jour était réputée en effet être dure et technique. Et dans les faits, cette saloperie l’est bel et bien : 170d+, quasi en totalité sur un single track ou c’est galère de doubler, avec des pierres et des racines de partout… Un joyeux bordel le binz, et effectivement plus dure que ce que j’imaginais. »

Claire Bannwarth Photo Keith Knipling
Photo Keith Knipling

60 tours et puis s’arrête

Elle aurait sans doute pu faire mieux, tant sa forme était éclatante. Mais Claire Bannwarth était gênée depuis le début par une douleur au genou, qui au fil des kilomètres est devenue de plus en plus lancinante. « Rien de douloureux, commentera-t-elle, mais suffisamment embêtant pour me faire modifier un poil ma foulée, ce qui au bout de plusieurs centaines de kilomètres d’affilée finit toujours par avoir un impact (scoop : négatif). »

Claire Bannwarth a donc préféré s’arrêter juste après avoir entamé son 61ème tour, trop handicapée pourcontinuer. Déçue, forcément, parce qu’elle se sentait encore très bien et avait tenu tous ses temps de passage sans forcer, en s’économisant au maximum. Et qu’une fois de plus, c’est son genou qui l’a trahie.

« Ma plus grosse erreur, c’est de ne pas avoir eu confiance en moi… Je ne pensais pas que dépasser les 75 heures sur ce parcours était à ma portée, alors que oui. Et je ne me suis donc pas préparée en conséquence. Je ne ferai pas cette erreur deux fois ! Je ferai tout pour me requalifier, et tout tout défoncer (sauf mes genoux). »

Mais cette infatigable coureuse peut être fière de sa performance : elle termine première féminine et améliore son propre record de 12 heures ! Et parmi les 3 autres concurrentes en lice, figurait la championne du monde de Backyard en titre, Jennifer Russo, qui a abandonné au bout de 53 tours.

Claire Bannwarth Photo Keith Knipling
Photo Keith Knipling

Claire Bannwarth, un programme qui donne le vertige

Fatiguée ? Pensez-vous ! Claire Bannwarth n’est pas surnommée Lapin DuDuracell pour rien. Voici son programme des prochaines semaines.

3 novembre : Kullamanen by UTMB, 100 miles.
10 novembre : 50km du Paralelo 28. Sa course la plus courte de la saison, et son premier 50k depuis trois ans !
15 novembre : Challenge 360°, aux Canaries.
2 décembre : ALUT-Algarviana Ultra Trail, 305km.
15 décembre : 24h de Barcelone. Objectif 245 km.

Record du monde battu chez les hommes

108 tours et 450 miles, soit environ 725 km ! C’est la distance qu’a parcourue l’Américain Harvey Lewis, 47 ans, pour établir un nouveau record du monde. Soit environ 4 jours et demi de course, tout juste interrompus par quelques micro-siestes et moments de récupération et de ravitaillement entre chaque tour bouclé sous l’heure. Harvey Lewis bat le record de l’Australien Phil Gore, qui était de 102 boucles. Mais la partie n’a pas été facile, car pour arriver à une telle distance, l’Américain a dû se battre contre le Canadien Ihor Verys, 29 ans seulement, qui l’a poussé dans ses retranchements en l’accompagnant jusqu’à la fin du 107e tour. Côté français, à noter la superbe performance de Christophe Baud qui bat le record de France en ayant effectué 77 boucles, soit 516 km !

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Harvey Lewis et Ihor Verys. Photo Mike Trimpe
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Au terme de la Grande Finale de la Golden Trail Series disputée en Italie le 21 octobre, l’Américaine Sophia Laukli remporte le classement général, devançant la Suissesse Judith Wyder seulement grâce au nombre de victoires (3 contre 2). Quant à la course de la Grande Finale, elle est remportée par Madalina Florea.

Une première course en fleur très spectaculaire

C’est à Noli, en Italie, que la Golden Trail Series a inauguré son nouveau concept de course en fleur : 4 boucles distinctes revenant toutes au cœur du village, dans une « fan zone » où les spectateurs peuvent voir passer les coureurs. Un format spectaculaire, permettant de suivre au mieux la course, et de mesurer les écarts entre les concurrents de façon plus visuelle.

Courses en fleur :
Le concept de course en fleur : des boucles avec retour dans la Fan Zone du village de Noli. Source GTWS 2023

Madalina Florea sur le fil

Elle aura construit cette victoire d’une main de maître ! À la surprise générale, la Roumaine Madalina Florea a attaqué dès la montée de la deuxième boucle pour creuser un écart de près d’1mn30 avec ses poursuivantes. Un écart qu’elle aurait réussi à conserver jusqu’au bout, malgré le retour tonitruant de la Suissesse Judith Wyder sur la fin de course.

« J’ai du mal à y croire, a déclaré Madalina Florea à l’arrivée. Je me dis que c’est un rêve, que je vais me réveiller. J’avais de bonnes sensations au début en restant derrière les filles mais je sentais que j’étais sur un faux rythme. Alors j’ai pris la tête sur la deuxième boucle et j’ai relancé. Je me sentais vraiment bien aujourd’hui. Je suis restée concentrée jusqu’à la fin et ça a tenu malgré le retour de Judith. Je suis vraiment heureuse, ce mot décrit vraiment ce que je ressens aujourd’hui. »

Madalina Florea Photo GTWS 2023
Madalina Florea. Photo GTWS 2023

Judith Wyder battue par Sophia Laukli

Deuxième sur la ligne d’arrivée, Judith Wyder aura maintenu le suspens à son paroxysme jusqu’au bout. Une première place lui aurait en effet permis de souffler la victoire finale à Sophia Laukli. Mais il lui a manqué quelques secondes.

« Elle était très costaude dans les montées mais j’en avais gardé un peu pour revenir dans la descente de la 3e boucle et essayer de refaire mon retard sur la dernière boucle, plus courte, a commenté la Suissesse. Je l’avais en ligne de mire sur la fin, mais j’ai commis une légère erreur de parcours dans un virage qui m’a fait perdre quelques secondes… Les quelques secondes de trop… Il n’a pas manqué grand-chose aujourd’hui mais elle était plus forte et je suis heureuse d’avoir pu partager cette course avec toutes ces athlètes ! » 

Judith Wyder Photo GTWS 2023
Judith Wyder. Photo GTWS 2023

Sophia Laukli soulagée

En méforme ce week-end, Sophia Laukli a sauvé les meubles et réussit à terminer 3ème.

« J’ai eu des sensations étranges aujourd’hui. C’est parti assez tranquillement et j’étais bien, mais quand ça a accéléré j’ai senti que je n’arrivais pas à suivre. J’ai tenu comme j’ai pu en espérant que Madalina fasse le job devant pour que je conserve la tête au général. J’ai même cru à un moment donné que j’allais abandonner… Mais j’ai réussi à tenir cette troisième position. »

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Moins dominatrice que durant toute la saison, Sophia Laukli a réussi à s’accrocher pour finalement terminer 3ème. Photo GTWS 2023

Lauki et Wyder ex-aequo, le titre pour Laukli

Cette troisième place est synonyme de titre ! Car si elles sont à égalité au nombre de points, Sophia Laukli possède une victoire de plus que Judith Wyder. Elle s’est en effet imposée sur le Marathon du Mont-Blanc, à Sierre-Zinal et à Pikes Peak. De son côté, la Suissesse n’a remporté que 2 des étapes de la saison, la DoloMyths Run et le Mammoth 26. C’est donc bien l’Américaine qui, grâce à ses 3 victoires, remporte la Golden Trail World Series 2023 devant Judith Wyder.

« Je suis tellement fière de ma saison, même si ça a été dur aujourd’hui sur cette finale, a-t-elle déclaré. Je me suis dit que je n’avais pas le droit d’abandonner et de tout perdre et finalement je remporte la GTWS ! Bien évidemment je serai là l’année prochaine pour défendre ce titre ! » 

Grâce à sa victoire sur cette finale, Madalina Florea complète le podium. Côté français, Élise Poncet termine 8ème de la Grande Finale et 7ème au classement général.

Podium Photo GTWS 2023
Le podium de la Grande Finale. Photo GTWS 2023

Résultats Grande Finale Femmes  

Top 10 Course Photo GTWS 2023
Top 10 de la Grande Finale. Photo GTWS 2023

Classement général final Femmes

Classement final Photo GTWS 2023
Classement final de la GTWS. Photo GTWS 2023

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Après sa victoire sur la DoloMyths Run, le Marocain Elhousine Elazzaoui a remporté la Grande Finale de la Golden Trail Series à Noli, en Italie. Malgré une course en demi-teinte, le Suisse Rémi Bonnet remporte le classement général pour la deuxième année consécutive.

Grande Finale en Italie : la fine fleur du trail

C’est à lors de la Grande Finale de la GTWS qui s’est disputée à Noli, en Italie, que les organisateurs ont inauguré le nouveau concept de course en fleur : 5 boucles distinctes revenant toutes au cœur du village, dans une « fan zone » où les spectateurs peuvent voir passer les coureurs. Un format très spectaculaire, permettant de suivre au mieux la course, et de mesurer les écarts entre les concurrents de façon plus visuelle.

Cette Grande Finale se disputait sous forme d’un prologue couru le vendredi à Spotorno, 8,7km et 400m D+, et de la course principale courue le dimanche à Noli, 26km et 1450m D+. 400 points étaient attribués aux vainqueurs, à raison de 100 points pour le vainqueur du prologue et 300 points pour le vainqueur de la course finale. Autant dire que le classement général, que menait Rémi Bonnet, pouvait complètement être modifié en fonction des résultats du week-end.

Course en Fleur Photo GTWS 2023
Le passage dans la Fan Zone, avec une ambiance très “fumeuse”… Pas sûr que ce soit l’idéal pour bien respirer, mais top pour le spectacle ! Photo GTWS 2023

Elhousine Elazzaoui remporte la course la plus relevée de tous les temps !

Il avait montré qu’il était en forme sur le prologue de la Grande Finale disputé vendredi 20 octobre, il a prouvé dimanche 22 qu’il était simplement le plus fort ! Le Marocain Elhousine Elazzaoui a remporté avec panache la Grande Finale de la Golden Trail Series, la course de trail la plus relevée de tous les temps avec une moyenne de 920,6 points ITRA affichée par les 10 meilleurs athlètes au départ.

« Je suis super content, confiait-il à l’arrivée. J’avais besoin de prouver que je pouvais gagner une autre course après les DoloMyths. Je n’ai pas pu aller aux États-Unis à cause du visa et j’avais hâte de confirmer. J’avais de très bonnes sensations aujourd’hui, mais Philemon était sacrément rapide. Si ça avait été Rémi, j’aurais pu essayer d’attaquer mais là c’était impossible… Il fallait juste rester au contact et attendre mon moment ! Je suis super content de ce résultat et j’ai désormais hâte d’être à l’année prochaine. Je le redis : mon rêve c’est de remporter la Golden Trail Series ! » 

Elhousine Elazzaoui Photo GTWS 2023
Elhousine Elazzaoui. Photo GTWS 2023

Philemon Kiriago au top niveau

Le Kényan Philemon Kiriago, vainqueur de Sierre-Zinal cette année, aura mené toute la course avant de subir l’attaque du Marocain juste avant la dernière boucle. « Je ne peux pas être déçu de me faire battre par des athlètes aussi bons, a-t-il commenté. Il a été meilleur que moi, c’est tout ! J’avais de très bonnes jambes aujourd’hui et j’ai pu prendre du plaisir en montée, sur le plat, comme en descente. Mon objectif était de faire top 5 alors, finir deuxième, c’est une très belle satisfaction. Vivement l’année prochaine ! »

Son compatriote Patrick Kipngeno vient compléter ce podium de la Grande Finale. « J’avais quelques soucis au genou qui me perturbaient avant la course, mais au final, j’ai eu de bonnes sensations. J’ai essayé d’être prudent dans les descentes et de pousser dans les montées. Ça a été une course difficile mais je suis ravi de ce podium et, moi aussi, j’ai hâte d’être à l’année prochaine ! »

Top 5 Photo GTWS 2023
Le Top 5 de la Grande Finale. Photo GTWS 2023

Golden Trail Series 2023 : Rémi Bonnet conserve son titre !

Avec 93 points d’avance avant la finale, le Suisse Rémi Bonnet était plutôt confiant quant à ses chances de remporter le titre de la GTWS 2023. Seule une grosse défaillance aurait pu le priver de cette 2ème victoire consécutive. Mais il a malgré tout connu une journée compliquée. Il s’est cependant accroché pour terminer, au bout de l’effort, à la 4ème place, synonyme de titre.

« L’objectif était clairement de remporter le titre et je savais que j’avais de la marge, a-t-il reconnu. Mais je voulais aussi remporter la course… Aujourd’hui c’était impossible, j’ai donné tout ce que j’ai pu mais ils étaient simplement plus forts. J’ai hâte d’être à l’année prochaine, parce qu’avec ces trois-là, ça promet de belles batailles ! »

Rémi Bonnet Photo GTWS 2023
La 4ème place de Rémi Bonnet lui aura suffi pour conserver son titre au général. Photo GTWS 2023

Golden Trail Series 2023 : 2 Kényans sur le podium du général

Au terme de cette course exceptionnelle en intensité, les 2 Kényans réussissent l’exploit de se hisser sur le podium, alors qu’ils étaient respectivement 5ème et 6ème juste avant la Grande Finale. Patrick Kipngeno prend la deuxième place du général, devant son compatriote Philemon Kiriago. Elhousine Elazzaoui, qui était 8ème à l’issue des 6 premières étapes, se classe finalement 4ème grâce à sa double victoire du week-end.

Côté français, Anthony Felber termine 19ème au général, assez loin de sa performance de l’an dernier, où il avait fini 9ème. Voyant les photos de son visage à l’arrivée de la Grande Finale, il a commenté sur les réseaux sociaux, avec humour que quand il voyait sa tête, il se disait qu’il aurait pu se donner un peu plus de mal.

Résultats Grande Finale Hommes  

TOP 10 Source GTWS 2023
TOP 10 de la Grande Finale. Source GTWS 2023

Classement général final Hommes

Général Source GTWS 2023
Classement Général final. Source GTWS 2023

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Déjà victorieux en 2021, le Britannique Jonathan Albon s’est de nouveau imposé sur le Grand Trail des Templiers, battant le record de l’épreuve. Il termine devant l’Italien Francesco Puppi et l’Américain Ben Dhiman. Thomas Cardin, premier Français, finit quatrième. Chez les femmes, victoire de Julie Roux.

Jonathan Albon dès le départ 

À 5h15 ce matin, en pleine nuit étoilée, se tenaient rassemblées 2 350 coureurs devant l’arche de départ des Templiers, prêts à s’affronter sur son épreuve reine, le Grand Trail des Templiers. Un instant suspendu porté par le discours émouvant du fondateur Gilles Bertrand, empreint de poésie amoureuse pour sa passion, le trail, sans en omettre ses exigences parfois douloureuses. C’est finalement sous la musique d’Ameno (ERA) que les traileurs se sont élancés pour 80,2 km. Un enchaînement de sentiers roulants ponctués de montées et de descentes extrêmement techniques, au coeur du Parc Régional des Grands Causses.

Le Britannique Jonathan Albon n’aura pas traîné à prendre les commandes. À la lueur des frontales, les coureurs ont relié le premier ravitaillement à Saint André de Vézines, 34 km après le départ. Embrasement des nuages au lever du soleil, une ambiance mythique que la tête de course n’a pas manqué de noter, Jonathan Albon suivi à seulement 1mn par l’Américain Ben Dhiman. Côté tricolore, Sébastien Spehler, second des deux dernières éditions du Grand Trail des Templiers, derrière Albon en 2021 et derrière Jim Walmsley en 2022, pointait en 4ème position, à 2mn30 de la tête de course. Thomas Cardin, Clovis Chaverot, Dylan Ribeiro et Arnaud Bonin suivaient, occupant les 8 à 11ème places, à 4 minutes du leader. Tout était encore possible…

Jonathan Albon running Photo Cyrille Quintard.
Jonathan Albon seul en tête dans l’aube naissante. Photo Cyrille Quintard

Albon accélère, Puppi revient

Alors que Jonathan Albon commence à accélérer, ne quittant plus la tête de la course, derrière, rien n’est encore joué. Au deuxième ravitaillement de la Salvage (kilomètre 56), l’Italien Francesco Puppi, inscrit de dernière minute, chamboule le classement en passant 2ème au contrôle. Tandis que le podium se dessine déjà avec Ben Dhiman à la troisième place, les premiers décrochages et la fatigue se font sentir dans le Top 20 où rien n’est joué. Les habitués du parcours le savent, c’est entre La Salvage et le point d’eau de Mas de Bru que se joue le Grand Trail des Templiers. Sébastien Spehler le sait aussi, mais ne pourra rien y faire. Victime de problèmes de nutrition et de perte d’énergie, il décroche totalement. Il terminera loin, en 82ème position.

Après une dernière montée cassante pour les jambes, Jonathan Albon, qui a dominé toute la course, a dévalé la descente ultime de la Pouncho pour établir le temps record de  6h 42mn 15s. « J’ai vécu une course pleine de plaisir, où j’ai suivi mon propre rythme, même si je ne me sentais pas si serein avec Puppi juste derrière », a confié Jonathan Albon. « Maintenant je rêve d’un café et d’une bière ! ». C’est donc une double victoire pour l’Anglais, après son premier sacre sur le Grand Trail des Templiers en 2021.

Francesco Puppi termine second à 7mn et Ben Dhiman 3ème à 18mn. Thomas Cardin décroche une belle 4ème place à 23mn du vainqueur. On notera un sprint totalement surréaliste entre le Français Robin Guillaguet et l’Italien Andréas Reiterer, qui ont lutté jusqu’à la dernière seconde pour se départager. Un finish à l’image de leur course depuis la Salvage, où ils ne se sont plus quittés.

Podium hommes Photo Cyrille Quintard.
Le podium hommes. Photo Cyrille Quintard
TEMPLIERS TOP 10 HOMMES
Top 10 scratch. Source LiveTrail

Grand Trail des Templiers : le bonheur de Julie Roux

Côté femmes, c’est la Française Julie Roux qui force l’admiration en remportant la victoire féminine avec un temps de 7h 58mn 28s, trois mois et demi seulement après avoir accouché. Elle devance une autre Française, Adeline Martin, de moins de 6 minutes. L’Espagnole Gemma Arenas Alcazar, grande favorite après le forfait de Blandine L’Hirondel, termine 3ème à plus de 23 minutes de la gagnante.

Julie Roux Photo Cyrille Quintard
Julie Roux Photo Cyrille Quintard
TEMPLIERS TOP 10 FEMMES
Top 10 féminin. Source LiveTrail

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Ils étaient 5 favoris au départ de cette 31ème édition de la Diagonale des Fous, et ils ont livré un combat exceptionnel. À l’arrivée, c’est Aurélien Dunad Pallaz qui s’impose, réalisant un doublé remarquable après sa victoire en juillet sur la Hardrock 100. Chez les femmes, cavalier seul de l’Américaine Katie Schide, qui termine dans le Top 10.

Diagonale des Fous 2023 : 5 mousquetaires au rendez-vous

Aurélien Dunand Pallaz, Germain Grangier, Lambert Santelli, Jean-Philippe Tschumi et François D’Haene. Il y a 15 jours, nous vous annoncions nos 5 favoris pour cette 31ème édition de la Diagonale des Fous. Aurélien Dunand Pallaz, vainqueur de la Hardrock 100, qui avait coché la Diag’ comme objectif de fin de saison. Germain Grangier, 5ème l’an dernier, qui revenait après une belle 3ème place à l’UTMB. Le Corse Lambert Santelli, habitué des terrains techniques, qui avait abandonné l’an dernier et venait conjurer le sort. Le Suisse Jean-Philippe Tschumi, 2ème l’an dernier après un mano a mano fantastique avec Beñat Marmissolle jusqu’à quelques kilomètres de l’arrivée. Et enfin le revenant François D’Haene, blessé depuis 1 an, et qui a surpris tout le monde en annonçant sa participation, lui qui n’avait épinglé qu’un seul petit dossard en septembre, pour la reprise.

Découvrir le parcours 2023 en vidéo ICI

Profil Diagonale des fous
Le profil de la 30e édition de la Diagonale des Fous, identique à celui de 2023. Source Organisation

Diagonale des Fous : départ canon d’Aurélien Dunand Pallaz

Ces cinq-là n’ont pas manqué de panache ! Comme sur la Hardrock, Aurélien Dunand Pallaz s’est immédiatement porté en tête pour imprimer son rythme, sans se soucier des autres. Très vite, il a pris quelques minutes d’avance, restant concentré dans sa course. Derrière, les 4 fantastiques, un temps épaulés par le local Judicael Sautron, se sont organisés pour mener la chasse. Longtemps groupés, ils formaient un quatuor de rêve, qui a régalé les spectateurs.

Diagonale Aurélien Dunand Pallaz
Aurélien Dunand Pallaz au ravitaillement de Cilaos, en tête avec 12 minutes d’avance. Photo DR

Au bout de la nuit, alors que le soleil commençait à pointer son nez sur la Réunion, Aurélien Dunand Pallaz comptait 12 minutes d’avance sur la « dream team » au ravito du stade de Cilaos, au bout de 72km de course. Parmi eux, Jean-Philippe Tschumi avait une belle entaille au front, suite à une chute spectaculaire mais sans gravité en pleine nuit, à Notre-Dame, après 27km de course. Quant à François D’Haene, qui renouait avec le long après une si longue absence, il allongeait au petit matin une belle foulée, comme à sa meilleure époque. Et s’il s’était économisé, en stratège, pour accélérer ensuite ?

Diagonale LES 4
Au petit matin, les 4 Fantastiques au coude à coude : Germain Grangier, Lambert Santelli, François D’Haene et Jean-Philippe Tschumi. Capture écran.

Lire aussi Diagonale des Fous : l’étude qui révèle qui sont les Fous

Diagonale des Fous : la course commence à Cilaos

C’est ce que tout le monde dit, et en particulier Antoine Guillon, « Monsieur Diagonale », 15 éditions au compteur. Absent cette année pour cause de fracture du péroné quelques jours avant le départ, il parle d’expérience. Et pour lui, une autre course commence à Cilaos, avec une montée très raide vers le Col du Taïbit, situé pile au milieu du parcours. Cette année plus que jamais, puisque les températures très chaudes et l’humidité ambiante allaient donner à cette deuxième partie de course un aspect « fournaise » qui allait faire des dégâts.

Diagonale des Fous : le retour de Jean-Philippe Tschumi

Il a dû y croire. Dans la descente vers Grand Place, entre le KM 90 et le KM 105, Jean-Philippe Tschumi produisait un bel effort et revenait à 2 petites minutes d’Aurélien Dunand Pallaz. Et tout le monde de se souvenir de l’édition 2022, où ce même Tschumi avait fat course commune avec Beñat Marmissolle pendant une bonne cinquantaine de kilomètres, avant de laisser le Basque s’envoler sur la fin, incapable de le suivre dans la dernière descente. Allait-il rejoindre le leader ? Le suspense était total, d’autant que Germain Grangier n’était qu’à 16 minutes derrière, François D’Haene à 25 et Lambert Santelli, redoutable finisseur, à 34 minutes.

Diagonale Tschumi
Après sa chute au 27e kilomètre, Jean-Philippe Tschumi a fait le show pour revenir à 2 minutes de la tête de course. Photo DR

Mais Aurélien Dunand Pallaz est un gestionnaire de course remarquable, comme il l’a montré lors de la Hardrock. Informé du retour du Suisse, et sans s’affoler, le Français a imperceptiblement accéléré le pas, et repris une bonne marge au passage au sommet de Roche Plate, après 114km de course. Derrière, les écarts se creusaient également. Germain Grangier naviguait toujours en 3ème position, mais était décroché, à environ 30 minutes de la tête de course, tandis que Lambert Santelli revenait sur François D’Haene, qui commençait à payer son manque de compétition.

Diagonale Lambert Santelli
Lambert Santelli au moment où il rejoint François D’Haene. Photo DR

Diagonale des Fous : Dunand-Pallaz seul au monde, Grangier en mode remontada

À Deux-Bras, au KM 128, juste avant la grosse montée vers Dos d’Âne pour sortir du Cirque de Mafate puis redescendre vers l’océan, Aurélien Dunand Pallaz semblait avoir course gagnée. Avec une régularité de métronome, il avait creusé un écart conséquent sur tous ses adversaires. Après 17h12 de course, et alors qu’il ne lui restait « que » 37 kilomètres à parcourir, il pointait avec une avance de 33 minutes sur Jean-Philippe Tschumi. Mais la surprise venait de Germain Grangier, auteur d’une superbe remontada, qui ne pointait qu’à 1 minute du Suisse, et s’apprêtait à le croquer pour monter sur la seconde marche du podium.

Diagonale Dunand Pallaz open
Aurélien Dunand Pallaz a fait la course en tête de bout en bout, comme sur la Hardrock en juillet. Photo DR

Derrière, Lambert Santelli était loin, à plus d’1h10 de la tête, et se retrouvait sous la menace d’Alexis Sevennec, ancien membre de l’équipe de France de ski-alpinisme. Ça devenait en revanche difficile pour François D’Haene, 6ème, qui accusait désormais plus de 1h45 de retard sur Aurélien Dunand Pallaz. Mais pour le grand François, le challenge était ailleurs. Être sur la ligne de départ était déjà un rêve, parvenir au bout dans le Top 10 serait un exploit !

Diagonale François fatigue
En manque de compétition, François D’Haene réalise l’exploit de finir la Diagonale. Un résultat inespéré. Photo DR

Diagonale des Fous : 40° à l’ombre

C’était sans compter sur la chaleur, terrible. Une véritable fournaise, avec des températures dépassant les 40° à l’ombre. Surtout quand il n’y a pas d’ombre, et que la roche volcanique réverbère la chaleur. C’est sans doute ce qui a le plus éprouvé François D’Haene, victime d’un terrible coup de chaud, et que l’on a pu voir assis sur le chemin, hagard, puis entièrement allongé dans un cours d’eau, à la recherche d’un peu de fraîcheur. Ou Aurélien Dunand Pallaz, cherchant à refroidir son corps en surchauffe. Des images fortes, qui laissent imaginer la souffrance des autres concurrents, qui passeront 2 jours sur l’épreuve…

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François D’Haene à la recherche de fraîcheur. Photo Facebook D’Haene

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Aurélien Dunand Pallaz en mode hydratation totale. Photo DR

Diagonale des Fous : le triomphe d’Aurélien Dunand Pallaz

Il n’y a plus eu de suspense sur la dernière partie de course, qui avait été si spectaculaire l’an dernier avec le mano a man entre Tschumi et Marmissolle, mais aussi l’éphémère 3ème place de Courtney Dauwalter, finalement 4ème, rattrapée dans les derniers kilomètres par son compatriote Ben Dihman. Germain Grangier distançait Jean-Philippe Tschumi à la sortie de Mafate et filait vers Possession, avec un retard sur Aurélien Dunand Pallaz stabilisé à 33 minutes.

C’est en guerrier triomphant qu’Aurélien Dunand Pallaz a fait son entrée sur le Stade de la Redoute, à Saint-Denis. Il a franchi la ligne d’arrivée au bout de 23h 21mn 23s d’effort. Il devance Germain Grangier de 40 minutes et Jean-Philippe Tschumi, qui monte sur la 3ème marche du podium, de plus d’une heure.

Au-delà du podium, Lambert Santelli signe une belle 4ème place, juste devant Rémi Brechet, Fabrice Payet et Alexis Sevennec. François D’Haene termine finalement 8ème, un véritable exploit pour une reprise. A noter la jolie perf de Cédric Chavet, 9ème, et d’Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui boucle ce Top 10.

Diagonale Top 10
Le Top 10 de la Diagonale 2023. Source LiveTrail

Diagonale des Fous : Katie Schide pour une première

Quel couple formidable. Après la 2ème place de Germain Grangier, c’est sa compagne, Katie Schide, qui signe une très belle performance en s’imposant pour sa première Diagonale. Longtemps dans le Top 10, elle a même été classée 7ème avant de connaître des difficultés en fin de course. Elle termine néanmoins 13e en 27h 31mn 08s, à très exactement 4h 09mn 45s du vainqueur. Épuisée mais heureuse, elle a plaisanté à l’arrivée, se qualifiant “officiellement de folle” ! Derrière elle, Camille Bruyas, de retour de blessure, termine à une remarquable seconde place, devant Emilie Maroteaux.

Camille Bruyas. Photo DR
Camille Bruyas, tout aussi épuisée que les autres, mais ravie de cette 2ème place pour son retour à la compétition. Photo DR
Top 10 femmes
Le Top 10 femmes de la Diagonale 2023. Source LiveTrail

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Grande nouveauté de cette fin de saison, la Fédération Française d’Athlétisme (FFA) lance son Challenge National Trail, un championnat de 12 courses destiné à départager les meilleurs traileurs de l’Hexagone en 2024. Au menu de ce CNT, des courses de plaine, de moyenne et de haute montagne, réparties sur toute la France, le tout sur deux types de formats : 6 trails courts et 6 trails longs. Avec à la clé un prize money pour le Top 5 de chaque catégorie. Rendez-vous le 27 juillet 2024 à La Plagne pour connaître les vainqueurs de cette première édition.

Challenge National Trail : entre plaine, moyenne et haute montagne

C’est la nouveauté de cette saison 2023-2024 pour le trail hexagonal : la mise en place par la Fédération Française d’Athlétisme du Challenge National Trail, une toute nouvelle formule de compétition au sein du TTN, le Trail Tour National. Pour rappel, le TTN correspond à l’ensemble des trails à label régional et national du calendrier national, soit pour la saison 2023 un nombre total d’épreuves d’environ 80. En créant ce format qui regroupe un certain nombre de trails choisis dans la liste globale des trails à labels, l’ambition de la FFA est simple : amplifier l’intérêt sportif du TTN en créant un circuit élite destiné à récompenser les coureurs les plus réguliers.

Ce Challenge National Trail tire son attractivité de la grande diversité des sites de compétition retenus. Répartis sur toute la superficie du pays, des Vosges au Cantal, de la Savoie à Paris, ceux-ci proposent en effet des terrains de jeu variés qui, au terme de la compétition, récompenseront immanquablement les traileuses et traileurs les plus polyvalents, capables de s’illustrer aussi bien sur les tracés de plaine que les tracés de moyenne ou de haute montagne. Il s’agira d’ailleurs de la seule figure imposée par le règlement pour les aspirants au Top 5 du classement général : avoir participé à des trails sur ces trois types de relief pour être classé.

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Le Trail des Passerelles support d’une étape du CNT en 2024. Photo DR

Challenge National Trail : comment ça marche

Chaque athlète qui participe et termine une course du Challenge National Trail se verra attribuer des points en fonction de sa place dans la catégorie Homme ou Femme. Il n’y aura pas de distinction de classement entre les catégories espoir, senior ou master. Le vainqueur de la course récoltera 200 points et l’attribution de points ira decrescendo (175points pour le deuxième, 150 pour le troisième, etc jusqu’à 3 points pour le 30ème). Chaque coureur classé récoltera au minimum un point. En cas d’ex-aequo sur une course, les 2 coureurs se verront attribués la plus mauvaise place, exemple : le 1er et le 2ème sont ex-aequo, ils ont tous les 2 classés 2ème.

Pour être classé au CNT, le coureur devra avoir terminé au minimum trois courses, dont une dans chaque typologie de parcours : haute montagne, moyenne montagne et plaine, soit dans la catégorie des trails courts, soit dans la catégorie des trails longs. Le classement final sera établi en additionnant les points de chaque course. Celui qui aura obtenu le plus grand nombre de points sera classé 1er.

Seul bémol à ce circuit, seuls les concurrents en possession d’une licence FFA « compétition » à jour peuvent concourir à ce challenge. Il n’est par contre pas interdit de participer à ces courses, mais sans rentrer dans le classement du CNT.

Challenge National Trail : des dotations financières pour les Top 5

Pour renforcer l’attractivité de ce circuit, la FFA a également décidé de remettre des dotations financières à l’issue du classement général. Les 5 premiers hommes et 5 premières femmes de chaque catégorie – trails courts et trails longs – seront récompensés d’une dotation prize money. La dotation financière (identique pour le trail long et le trail court) sera pour la saison 2023-24 de :

1er Homme et femme : 6 000 €

2ème Homme et femme : 4 000 €

3ème Homme et femme : 3 000 €

4ème Homme et femme : 2 000 €

5ème Homme et femme : 1 000 €

Ecotrail
L’Ecotrail de Paris sera en mars le support d’une étape du CNT Trail long catégorie plaine. Photo Organisation

Calendrier du Challenge National Trail 2023-2024

Le CNT comprendra 12 courses : 6 trails courts, et 6 trails longs, rassemblés sur 9 manifestations entre le 11 novembre 2023 et le 27 juillet 2024.

11 novembre : Sparnatrail d’Epernay (51).
Trail court et trail long
Catégorie plaine

16 mars : Ecotrail de Paris (75)
Trail long
Catégorie plaine

9 mai : Trail de Haute-Provence, Forcalquier (04)
Trail court
Catégorie moyenne montagne

18 mai : Trail de la Pastourelle, Salers (15)
Trail long
Catégorie moyenne montagne

15 juin : Trail de Sancerre (18)
Trail court
Catégorie plaine

29 juin : Trail de la Vallée des Lacs, Gérardmer (88)
Trail court
Catégorie haute montagne
Trail long
Catégorie moyenne montagne

13-14 juillet : Trail des Passerelles, Treffort (38)
Trail court et trail long
Catégorie haute montagne

19 juillet : Oisans Trail Tour, Alpe d’Huez (38)
Trail court
Catégorie moyenne montagne

27 juillet : La 6000 D, La Plagne (73)
Trail long
Catégorie haute montagne

Règlement complet sur le site de la FFA.

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Menée en collaboration avec le CHU de La Réunion, l’étude « Éruption » a pour la troisième année livré ses enseignements sur les participants des différentes courses du Grand Raid de La Réunion, et particulièrement ceux de la Diagonale des Fous. Entre morphologie type des coureurs, niveau d’entraînement, rythme des abandons, temps moyen des finishers et conséquences de la privation de sommeil, découvrez à quoi ressemblent les « Fous » qui s’attaquent à la traversée de l’Île Intense.

L’entraînement des coureurs de la Diagonale des Fous

Si on ne s’aventure pas sur un ultra sans une solide expérience, la Diagonale des Fous est sans doute l’un des terrains les plus exigeants au monde de par sa technicité. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la barrière horaire pour boucler les 165,6km du parcours est de 66 heures, contre 46h30 pour les 171km de l’UTMB Mont-Blanc 2023. 20 heures de plus, pratiquement une journée, alors que le dénivelé est quasiment similaire (10000m environ) !

Racines, cailloux, pentes raides, chaleur, humidité, les paramètres sont nombreux qui expliquent la difficulté de l’épreuve. Et les coureurs sont nombreux à s’amuser à poster sur les réseaux sociaux des photos de chemins quasiment impossibles à courir, plein de racines et de cailloux, en précisant que ce sont les chemins “faciles” du Grand Raid.

Il n’est donc pas étonnant de voir que la moyenne des concurrents affiche 8 années de pratique du trail, et la participation à 11 trails de plus de 60km, avant de s’attaquer au monument de la Diagonale. L’entraînement hebdomadaire moyen est également plutôt conséquent, avec 9h30 /semaine, pour une distance de 57km et un D+ de 1700m.

L'entrainement moyen des coureurs du Grand Raid
L’entraînement moyen des coureurs du Grand Raid. Source Étude Éruption

La morphologie type des coureurs de la Diagonale des Fous

La morphologie des coureurs est un indicateur intéressant. Avec un poids moyen de 72kg pour 1m77 chez les hommes et de 55kg pour 1m63 chez les femmes, ce sont des coureurs plutôt légers, comme l’indique leur IMC. En effet, en Europe, l’indice de masse corporelle est en moyenne chez les femmes de 24,5, et chez les hommes de 25,5.

La morphologie moyenne des coureurs du Grand Raid
La morphologie moyenne des coureurs du Grand Raid. Source Étude Éruption

Nombre d’abandons en fonction de la distance parcourue sur la Diagonale des Fous 2022

Si les statistiques de l’entraînement moyen des coureurs démontrent que ceux qui s’engagent sur l’épreuve sont majoritairement des traileurs aguerris et préparés pour l’aventure, cela n’empêche pas un nombre d’abandons important. Sur la Diagonale 2022 remportée par Beñat Marmissolle, l’organisation a décompté 869 abandons sur les 2756 engagés, soit 31,5%. C’est certes un peu moins que sur l’UTMB 2023 (35% d’abandons), mais les barrières horaires sont, nous l’avons dit, beaucoup plus larges.

Il est intéressant de constater que la grande majorité des abandons intervient sur les 2 bases que sont Cilaos et le Taibit, entre le 72e et le 80e kilomètre. Ils illustrent un manque de préparation évident. Dans son livre Soyons Fous publié en 2013, Antoine Guillon, « Monsieur Diagonale » (il s’attaquera cette année à sa 16ème Diag’) indiquait qu’il y avait une « deuxième » course qui démarrait au passage du Taïbit. Le savoir permet d’anticiper et de mieux gérer l’effort sur les 80 premiers kilomètres, pour éviter d’être dans le rang des nombreux abondons dans cette partie de la course.

nombre d'abandons en fonction de la distance parcourue
Nombre d’abandons en fonction de la distance parcourue. Source Étude Éruption

Distribution des temps d’arrivée des coureurs de la Diagonale des Fous

L’analyse de la distribution des temps d’arrivée des coureurs de la Diagonale des Fous montre que très peu de coureurs sont capables de passer sous la barre des 30 heures. Ils n’étaient que 29 en 2022. Et 9 seulement en dessous des 25 heures. A titre comparatif, 172 finishers sont passés sous la barre des 30 heures sur l’UTMB Mont-Blanc cette année. Le gros du peloton (40% des coureurs) met ente 44 et 53 heures.

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Distribution des temps d’arrivée des coureurs de la Diagonale des Fous 2022. Source Étude Éruption

Les conséquences du manque de sommeil pour les coureurs de la Diagonale des Fous

Autre donnée très intéressante, l’étude des siestes et du manque de sommeil sur la Diagonale est révélatrice de la fatigue provoquée par cet ultra exigeant. Si les élites ne se reposent pas, on notera que 84% des coureurs de la Diagonale des Fous 2022 ont effectué au moins une sieste, et que le temps cumulé moyen de sommeil est de 76 minutes. Evidemment, ce temps cumulé varie en fonction du nombre de nuits passées sur la course, certains coureurs y passant 3 nuits et n’hésitant pas, en fin de parcours, à dormir à même le sol, dans les sentiers !

Lire aussi l’article Ultra-trail : comment gérer la privation de sommeil

La privation du manque de sommeil entraîne logiquement une baisse notable d’attention (15% ont même chuté), mais également de très nombreuses hallucinations (34% des coureurs déclarent en avoir!) pendant la course. Mais il est intéressant de noter que ce manque de sommeil a des conséquences dans les jours qui suivent.

L'importance des siestes pour les coureurs du Grand Raid
L’importance des siestes pour les coureurs du Grand Raid. Source Étude Éruption
Les conséquences du manque de sommeil pour les coureurs du Grand Raid
Les conséquences du manque de sommeil pour les coureurs du Grand Raid. Source Étude Éruption

Les « Fous » de l’édition 2023

La 31ème édition de la Diagonale des Fous compte 2899 inscrits : 1243 de La Réunion, 1407 de l’Hexagone et 249 internationaux issus de 31 pays. La grande majorité reste masculine, avec 87,5% d’hommes et 12,5% de femmes. Le plus jeune inscrit a 21 ans, le plus âgé 79 ans, pour une moyenne d’âge 44 ans.

Pour découvrir qui sont les favoris, c’est ICI

François D'Haene DIAGNOALE DES FOUS
Le Roi des Fous, François D’Haene, qui a remporté 4 fois la Diagonale, sera au départ de la 31ème édition. Photo Organisation
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