C’est un enchaînement de dingue qu’il faut vous préparer à faire pour décrocher le titre de finisher de la 6 Défi. Au menu, 84km et m D+ en trois jours, avec un kilométrage croissant du jeudi au samedi. Prêt à relever le défi fin juillet ? On vous explique tout.
Nouveauté 6000D : 3 courses en 3 jours
Quand l’une des doyennes des courses (34 ans déjà) décide de faire du neuf, elle ne fait pas dans la dentelle ! Si la version originale de cette course mythique, 69km et 3400m D+, reste inchangée, les organisateurs innovent avec un format original composé d’un enchaînement de 3 courses en 3 jours.
Prêt à relever le défi ?
Jeudi 25 juillet 2024 à 9h30 : la 6 Découverte – 11km et 600m D+.
Une boucle au départ et à l’arrivée de Plagne Centre, en direction de Plagne Villages pour rejoindre Plagne Bellecôte, avec 2 belles ascensions au menu : la montée du Dou du Praz pour redescendre en direction du Lac Vert, puis la montée à Plagne Aime 2000 avant de redescendre vers l’arrivée.
Vendredi 26 juillet 2024 à 9h00 : La 6D Lacs – 30km et 1500m D+.
Un parcours moins engagé que la 6000D, mais tout aussi beau. Au départ de Plagne Bellecôte, à 1924m d’altitude, c’est le parcours de la 6000D jusqu’au Décrochoir pour bifurquer et aller vers Plan Bois, puis remonter sur l’Arpette et finir sur Plagne Bellecôte. Point culminant de la course : 2681m !
Samedi 27 juillet 2024 à 5h30 : La 6D Marathon – 43km et 2100m D+.
Un parcours au départ d’Aime, en vallée, à 677m d’altitude, qui remettra au goût du jour le tracé originel de la grande 6000D avec la 1ère montée qui empruntera le 1er tracé de 1990. Point culminant de la course : 2361m, au lac des Blanchets.
Après une édition post-covid réussie en 2023, le Trail de Collioure revient en tout début de printemps. Retenez la date : 24 mars 2024. L’occasion de prendre l’un des premiers dossards de la saison. Et de découvrir un territoire plein de promesses, entre mer et montagne.
Trail de Collioure 2024 : l’Occitanie, une terre de trail
« Collioure est un terrain de jeu extraordinaire, se réjouit Gérard Debiasi, président de RUNNING 66, le club organisateur du Trail de Collioure. L’un des plus exceptionnels du département. » Il est vrai que le territoire, coincé entre mer et montagne, dans les Pyrénées-Orientales, à quelques kilomètres de la frontière espagnole, est d’une rare beauté. Et, gros avantage, bénéficie d’un climat généralement favorable, même si le vent joue parfois des tours. Tout pour plaire aux coureurs.
Après les annulations des éditions 2020 et 2021 pour cause de covid, l’édition 2023 a marqué le retour du Trail de Collioure dans le calendrier des courses. 350 coureurs, 60 enfants et 80 randonneurs ont pu apprécier les tracés. Ils seront certainement de retour en 2024, tant ils avaient apprécié l’organisation.
Photo Jérôme Reubrecht
Trail de Collioure 2024 : 2 distances au programme
Comme en 2023, 2 courses seront à l’affiche de l’édition 2024. Pour débuter, un 8km rapide et joueur avec 300m D+, que pourront également emprunter gratuitement les randonneurs. Pour les plus aguerris, un 18km avec 750m D+ est au programme. Principale difficulté, la fameuse montée de la tour de Madeloc, une tour de guet du XIIIème siècle campée sur les crêtes dominant la ville. Si elle se mérite, de là-haut, le panorama est exceptionnel. Et pour les plus jeunes, une course enfants, gratuite.
Côté chronos, le 8km de 2023 a été remporté par Jonathan Genthon en 33mn 33s. Chez les femmes, c’est Mélodie Subiros qui s’est imposée en 39mn 40s. Quant au 18km, il a été remporté par Marc Penniello en 1h32, et Lea Frasnedo en 1h57 chez les femmes.
Trail de Collioure 2023 : le portfolio de Jérôme Reubrecht
Comme une invitation à aller courir, quelques photos de l’édition 2023 qui annoncent la couleur.
Des odeurs de thym et de romarin pour un sentier intimiste dans la garrigue.Au pied de la tour de Madeloc.Une vue exceptionnelle sur la côte catalane.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/11/Trailcollioure23-OPEN.jpg7951200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-11-26 05:00:002023-11-26 13:54:12Trail de Collioure 2024 : un bijou catalan pour débuter la saison
300 dossards pris d’assaut, et une liste d’attente impossible à satisfaire ! Cette année encore, le Trail des Trois Secs, à La Ciotat, a fait le plein sous un soleil radieux. Une pépite de 17km et 800m D+ photogénique à souhait, qui vaut de déplacement, entre arche naturelle digne des grands espaces américains et falaises avec vue plongeante sur la Grande Bleue. Esprit Trail y était.
Trail des Trois Secs : une course privilège
Du privilège, il en fallait pour faire partie des 300 concurrents sur la ligne de départ du Port-Vieux, à La Ciotat, samedi 18 novembre à 9h00 du matin. Certains étaient même venus de loin, d’Ardèche, de la région parisienne ou même de l’Est de la France, pour avoir la chance d’aller fouler les sentiers qui serpentent dans le Parc naturel des calanques de La Ciotat. « 300 dossards, pas plus, c’est ce que nous autorise la direction du Parc naturel », explique Patrick Tudose, l’organisateur, et président de l’Olympic Club des Coureurs Pédestres de La Ciotat, l’OCCP. « Mais c’est déjà bien, il faut limiter pour préserver ce milieu exceptionnel. »
Une troisième édition sous le soleil, mais une longue histoire, avant les Trois Secs. « Avant, on organisait une Course Nature de 15 kilomètres dans le Parc naturel, poursuit Patrick Tudose. On a fait 14 éditions, et puis on s’est dit qu’on allait changer un peu les choses, rallonger le parcours, explorer d’autres endroits. Nous avons eu l’autorisation de la Mairie pour partir et arriver sur le Port-Vieux, et celle du Parc naturel d’emprunter les sentiers qui descendent du sémaphore et plongent vers les Chantiers Navals, avec cette vue exceptionnelle sur la baie de La Ciotat, dont certains disent que c’est une des plus belles du monde. Et puis nous avons des partenaires et une équipe de bénévoles extraordinaire qui permettent d’organiser cet événement, c’est grâce à eux que tout cela est possible ! », conclut-il, un grand sourire d’organisateur heureux aux lèvres.
Le parcours du Trail des Trois Secs 2023. Photo Esprit Trail
Trail des Trois Secs : 17km et 800m D+ de plaisir
S’élancer le long du Port-Vieux éclaboussé de soleil, comme souvent en cette saison où la lumière est limpide, est un vrai moment de plaisir. Mais très vite, on entre dans le dur, avec des premières pentes bien raides dans la ville pour prendre de la hauteur, puis le terrible Chemin de Sainte-Croix, véritable chemin de croix de 800 mètres environ au pourcentage affolant, pour s’extraire des habitations et gagner la colline. Le souffle se fait court, beaucoup marchent déjà. Mais très vite, les coureurs quittent le bitume pour s’élancer dans un premier single magnifique qui serpente dans la végétation basse. Odeurs de thym, soleil, vue mer, la Provence comme on l’aime.
Sur la ligne de départ, sur le Port-Vieux de La Ciotat, 300 privilégiés prêts à s’élancer. Photo Esprit Trail
Pendant plus de 8 kilomètres, le sentier va ainsi mener les concurrents au cœur du Parc, vers l’impressionnant Pont naturel et la Dent du Chat, un piton rocheux majestueux qui s’élance vers le ciel, vestige de l’érosion passée. D’un « sec » à l’autre, le sentier longe d’anciens lits de ruisseaux depuis longtemps taris, puis remonte abruptement vers la route des crêtes qui relie Cassis à La Ciotat, le long des fameuses falaises du Cap Canaille, les plus hautes falaises maritimes de France.
La montée vers le Pont Naturel et la Dent de Chat. Photo Esprit Trail
Trail des Trois Secs : la Méditerranée pour horizon
Malgré le lactique dans les cuisses, impossible de ne pas s’arrêter pour épouser le panorama, grandiose, avec au loin les îles qui montent la garde, à l’entrée des calanques de Sormiou et Morgiou, les perles marseillaises.
Du haut des falaises du Cap Canaille, vue sur la Grande Bleue. Photo Esprit Trail
Il ne reste plus qu’à longer la falaise, sur ce sentier taillé dans le poudingue caractéristique des lieux, une roche sédimentaire roulée, charriée par les eaux et dont les fragments arrondis tendent des pièges à chaque foulée, avant de plonger dans la grande descente. En bas, les Chantiers Navals dressent leurs immenses grues, et les yatchs de luxe font la queue pour se faire refaire une beauté. Ce jour-là, le Seven Seas, le yatch de Steven Spielberg, l’un des plus grands du monde avec ses 86 mètres de long, est à quai. Mais la contemplation a ses limites, car il faut bien regarder où mettre ses pieds pour glisser vers l’arrivée et boucler ce parcours de rêve.
Trail des Trois Secs 5
Trail des Trois Secs : Nicolas Tullier et Hannah Halliday sèchent la concurrence
1h 17mn 55s auront suffi à Nicolas Tullier pour avaler la distance, à une moyenne impressionnante de 13,09 km/h. Déjà vainqueur en 2018 sur le format Course Nature, il s’impose avec plus d’1mn30 d’avance sur le vainqueur de l’édition 2022, Kevin Raymond. Pour la petite histoire, ce dernier avait alors mis 1h 17mn 54s, soit le même temps que le vainqueur de cette édition, à 1 seconde près. David Vincentelli, déjà 3ème l’an dernier, monte de nouveau sur la 3ème marche du podium, à 6 minutes du vainqueur du jour.
Dans la course féminine, très belle victoire d’Hannah Halliday, tenante du titre. Elle prend une très belle 15ème place au scratch en 1h 34mn 26s, améliorant de plus de 5 minutes son chrono de l’année dernière. Hannah Halliday devance de plus de 8 minutes sa dauphine, Irène Gorban. Claire Auzou termine 3ème en 1h 46mn 29s.
Quand au classement “en nombre”, qui récompense le club le plus représenté, il revient au Trail Club des Fous de Ceyreste, une bande de joyeux traileurs, organisateurs de leur propre trail, le 13600 (comme leur code postal) en avril prochain. 13km et 600m D+ de bonne humeur garantie avec ces “fous” aux manettes !
L’équipe de bénévoles autour de Patrick Tudose : mission accomplie, encore une édition réussie. Photo Esprit Trail
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/11/Trois-secs-open-OK.jpg7451200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-11-18 17:14:162023-12-03 23:47:51Trail des Trois Secs : les calanques de La Ciotat à guichet fermé !
Le 12 novembre, le Club alpin français proposait sur les hauteurs de Marseille l’Alpin Trail de Pichauris, une épreuve qui est en passe de devenir un événement majeur dans le paysage du sport régional. Si les 5 courses ont fait le plein comme jamais, la plus prestigieuse, l’Expert, 80km et 4240m D+, a consacré Louis Vannucci et Tiziana Ranalli. Pour le vainqueur, une satisfaction après sa terrible déconvenue sur le Restonica Trail.
Alpin Trail de Pichauris : un voyage autour de Marseille
Le dimanche 12 novembre à la toute première heure, la distance réservée aux Experts, 80km / 4240m D+, a embarqué les coureurs depuis Pichauris pour un voyage extraordinaire à travers les massifs qui entourent Marseille. Pas moins de cinq sommets étaient au menu de cette excursion qui a offert des points de vues à couper le souffle sur Marseille, sa région, sa rade, la Sainte-Victoire chère au peintre Paul Cézanne, les Alpes et le Mont Ventoux.
Après un départ au pied des collines du Garlaban chères à Marcel Pagnol, les coureurs sont partis vers le Mont Julien, le sommet de Tête Rouge, le pic du Taoumé, le Garlaban et le Mont des Marseillais. Cette course, qui comptait pour le Challenge des Trails de Provence, format trails longs, a offert un parcours redoutable, agrémenté de raides montées et de descentes techniques. Pour reprendre l’expression d’Éric Razzoli, aux commandes du Club alpin français, il fallait être costaud pour oser entrer dans la légende de l’Alpin Trail de Pichauris.
Photo Eric Barnabé
Alpin Trail de Pichauris Experts : 2 costauds dans la légende
À ce petit jeu, le plus costaud a été le Corse Louis Vannucci, qui s’est imposé en 9h50, à une moyenne de 8,13km/h. Il a devancé de plus de 40 minutes Grégory Camerlo (10h32), actuel leader sur le challenge, qui a conforté sa position. Camille Ferre termine 3ème en 10h36. Pour le jeune Corse de 28 ans, c’est une victoire qui signifie beaucoup, après son abandon cet été sur le Restonica Trail à cause de douleurs aux intestins, qui s’étaient transformées en infection au foie et au pancréas qui l’avaient tenu éloigné des sentiers. Louis Vannucci faisait son grand retour, sans prétention. Il ne l’a pas raté.
Chez les femmes, les 3 favorites ont terminé aux 3 premières places. C’est Tiziana Ranalli, lauréate des Trails Longs, qui s’impose en 11h36. Elle devance sa dauphine de 40 minutes, Natacha Piecq (12h17). Ekaterina Hiol prend la 3ème place en 12h34.
Le tracé du Expert 80KM. Source Alpin Trail Pichauris / Trace de Trail
Alpin Trail de Pichauris : l’Élite pour Nadir Bessaih et Julie Lelong
Un petit peu plus tard ce dimanche 12 novembre, le légendaire parcours Elite, 30km / 1950m D+, proposait un passage au sommet de Tête Rouge. Cette course comptait pour le Challenge des Trails de Provence, format trails courts. Plus de 550 coureurs étaient inscrits sur ce 33 km, une des plus grosses affluences sur les épreuves du challenge 2023. La victoire est revenue à Nadir Bessaih chez les hommes et Julie Lelong chez les femmes.
Alpin Trail de Pichauris : le Sport Nadir Bessaih et Julie Lelong
Toujours le dimanche 12 novembre, le parcours Sport, 17km / 710m D+ était réservé aux coureurs voulant aller très vite, mais offrait aussi une belle introduction à la discipline pour les nouveaux pratiquants. Plus de 320 coureurs étaient au départ de cette course remportée par Maxence Roger en 1h20, à 12,64 km/h de moyenne. Chez les femmes, Charlotte Klein s’est imposée en 1h41.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/11/Louis-Vannucci-Pichauris.jpg6861200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-11-15 05:00:002023-11-14 17:45:52Alpin Trail de Pichauris 2023 : Louis Vannucci se venge du Restonica Trail
Organiser, ré-organiser. Le « gâteau » du trail mondial ne cesse de grossir, et ceux qui en veulent une part ne cessent de chercher comment se l’approprier. Dernière initiative en date, la création des World Trail Majors, quelques-unes des plus prestigieuses organisations de trail et d’ultra-trail au monde rassemblées dans une association. Leur credo : revenir aux sources de ce sport en associant dans un même circuit des épreuves qui symbolisent l’histoire du trail, en respectant leurs propres identités et leurs personnalités. Un discours marketing qui rappelle furieusement la naissance de l’Ultra-Trail World Tour il y a 10 ans. Et un coup de canif à peine déguisé dans la World Company de l’UTMB.
World Trail Majors : un concept vertueux
À l’heure où tout s’accélère et où des épreuves fleurissent partout dans le monde, ce tout nouveau regroupement international de courses en sentier revendique une certaine paternité du trail. En effet, les World Trail Majors se présentent comme une association formée de courses emblématiques du monde entier qui a jeté les premiers germes du trail. Comprenez par là : retour aux origines, ce sont nos courses qui ont écrit les premières pages de la discipline. Donc venez courir chez nous si vous voulez courir aux origines du trail.
L’argument majeur avancé par cette association est de réunir des courses historiques qui, en raison de leur philosophie de protection de l’environnement, de leur patrimoine historique et de leur beauté naturelle, font rêver les coureurs professionnels ou amateurs qui cherchent à connaître l’origine des courses d’ultra-montagne. Et les membres de cette association de préciser : « Les courses World Trail Majors nous invitent à nous connecter avec la nature de manière respectueuse et consciente, en favorisant la conservation des écosystèmes et en sensibilisant à l’importance de prendre soin de notre planète. »
Le Québec Mega Trail sera l’avant-dernière épreuve du circuit WTM 2024. Photo Organisation Québec Mega Trail
Les 3 piliers des World Trail Majors
L’association appuie sa légitimité sur 3 piliers :
L’inclusion : accueillir la différence comme une façon d’enrichir et d’améliorer le trail en tant qu’activité sportive, culturelle et sociale. Le trail/ultra est un sport extrêmement varié et chaque course est également unique : la variété des distances, des lieux et des terrains offre une infinie de possibilités.
Le respect : entretenir et même améliorer les espaces où se déroulent les courses. Les paysages, aux quatre coins de la planète, étaient là bien avant nous, et bien avant ce sport. C’est pourquoi l’association souligne qu’il est impératif de respecter la nature, ainsi que le patrimoine et les coutumes locales. Permettre au trail de grandir en tant qu’activité qui enrichit, mais aussi en tant qu’activité qui s’enrichit de la communauté locale et de l’environnement.
L’identité : laisser à chaque course son caractère unique et ses particularités locales, que ce soit en lien avec l’histoire dans laquelle elle émerge ou l’environnement dans lequel elle évolue.
La carte des épreuves du circuit 2024. Source WTM
Revenir à l’essence du trail, un argument marketing ?
Si les arguments avancés sont bien entendu recevables, le parfum du marketing est très présent. En effet, quasiment tous les organisateurs de courses font aujourd’hui des efforts significatifs dans le sens de la préservation du terrain de jeu. Et ce, que ce soit dans le tracé des parcours, la limitation des dossards, les ravitaillements en produits locaux, le zéro déchets, la maîtrise de l’impact sur les écosystèmes…
De plus, les 3 piliers fondamentaux avancés par les World Trail Majors pourraient s’appliquer à n’importe quelle organisation de course nature dans n’importe quel lieu. Si le circuit UTMB est clairement visé, avec en filigrane ce que l’obtention du label implique en terme de perte substantielle d’identité, beaucoup d’organisateurs de manifestations partout en France et dans le monde sont déjà dans la logique de ces 3 piliers.
En revanche, il peut paraître étonnant de parler de protection de l’environnement et d’associer dans un circuit des courses se déroulant aux quatre coins de la planète. L’empreinte carbone générée par la participation aux courses de ce circuit, c’est en option ? D’autant qu’afin d’attirer les athlètes déjà très sollicités sur les autres circuits, l’organisation du World Trail Majors souhaite implanter un système de pointage, de bourses et de laissez-passer afin de fournir aux athlètes internationaux des occasions de déplacement à travers son circuit. À suivre…
C’est en janvier à Hong-Kong que démarrera le circuit WTM. Quelles élites seront au départ ? Photo DR
World Trail Majors : sur les traces de l’Ultra-Trail World Tour ?
Parmi les courses que l’on retrouve dans ce nouveau circuit des World Trail Majors, quelques-unes ont fait partie de l’Ultra-Trail World Tour. Pour rappel, l’UTWT était un circuit mondial regroupant des courses existantes, dont la première édition a eu lieu en 2014 avec 10 épreuves au calendrier. La première course était déjà la Hong Kong 100, comme pour ce nouveau circuit. Certaines épreuves prestigieuses y ont été intégrées, comme le Grand Raid de la Réunion ou le Marathon des Sables, avant de se retirer pour cause de désaccord.
Cette compétition s’est terminée en 2021, alors qu’elle comptait 28 événements organisés dans 22 pays et 5 continents. L’UTWT a été racheté par l’organisation de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, pour devenir l’UTMB World Series.
Chez les hommes, François D’Haene avait remporté 2 fois ce circuit (qui effectuait un classement sur les 3 meilleurs résultats de l’année), en 2014 et 2017. De 2018 à 2021, Pau Capell s’était imposé 3 fois de suite (il n’y avait pas eu de circuit en 2020 pour cause de pandémie). Chez les femmes, Caroline Chaverot avait été distinguée en 2016. Plus récemment, c’est Courtney Dauwalter qui dominait le classement (victoires en 2019 et 2021).
Francois D’Haene s’impose en 2017 à l’UTMB, ainsi que sur l’Ultra-Trail World Tour. Photo Damien-Rosso / droz-photo.com
World Trail Majors : 9 courses au programme en 2024
Le circuit des World Trail Majors, dont la première édition se tiendra en 2024, comprend 9 courses prestigieuses.
Hong Kong 100 Ultramarathon (Hong Kong) – 18-21 janvier 2024, 102 km, +5314m
Black Canyon Ultras (Phoenix, États-Unis) – 10-11 février 2024, 100 km, +1250m
The North Face Transgrancanaria (Îles Canaries, Espagne) – 21-25 février 2024, 126 km, +6804m
Mont Fuji 100 (Fujiyoshida, Japon) – 26-27 avril 2024, 165 km, +7574m
MIUT – Madeira Island Ultra-Trail (Madère, Portugal) – 27-28 avril 2024, 115 km, +7100m
Swiss Canyon Trail (Val de Travers, Suisse) – 7-9 juin 2024, 111 km, +5350m
South Downs Way (Winchester, Royaume-Uni) – 8-9 juin 2024, 161 km, +3800m
Québec Mega Trail (Québec, Canada) – 12e édition – 5-7 juillet 2024, 160 km, +6500m
RMB Ultra-Trail Cape Town (Le Cap, Afrique du Sud) – 22-24 novembre 2024, 166 km, +7516m
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/11/world-trail-majors-open-1.png7311200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-11-14 16:33:002023-11-14 16:33:03World Trail Majors : un nouveau circuit mondial aux étranges ambitions
Après sa victoire en 2021 et sa seconde place en 2022, Thomas Cardin revient une fois de plus sur la SaintéLyon. S’il vise un doublé, la concurrence sera rude.
SaintéLyon 2023 : à guichets fermés !
Quel succès ! La Doyenne, pour sa 69ème édition, jouera à guichets fermés. Plus un seul dossard disponible sur l’ensemble des 8 courses de la manifestation depuis le 11 octobre, soit un mois et demi avant l’événement ! Plus de 17000 participants prendront ainsi le départ, et quelque 5000 coureurs sont inscrits en liste d’attente, croisant les doigts pour obtenir leur sésame au dernier moment. Du jamais vu !
« Tous les départements français sont représentés, se réjouit l’organisation. Dont près de 50 % pour les 12 départements de la Région Auvergne Rhône-Alpes et 18 % pour l’Île-de-France. On comptabilise 4,3 % d’étrangers cette année pour une trentaine de pays représentés et une participation féminine toujours en hausse, notamment sur les petits parcours : 26% de participantes ! »
LyonSaintéLyon (400 engagés) : Solo / 156 km / LYON / Saint-Étienne / Lyon SaintéLyon Solo (7000 engagés) Solo / 78 km / Saint-Étienne-Lyon SaintéLyon Relais (1500 engagés) (relais à 2, 3 ou 4) Saintéxpress (3800 engagés) Solo / 44 km / Sainte-Catherine / Lyon Saintétic (1800 engagés) Solo / 13 km / Chaponost / Lyon SaintéSprint (2800 engagés) Solo / 24 km / Soucieu-en-Jarrest / Lyon
SaintéLyon 2023 : Thomas Cardin favori
Comme tous les ans, les prétendants à la victoire sur la course reine, le 78km de la SaintéLyon entre Saint-Étienne et Lyon, sont nombreux. Plus de 20 coureurs présentent un index utmb supérieur à 800. Si le vainqueur de la dernière édition, l’Espagnol Andreu Simon Aymerich (indice 903), n’est pas annoncé pour l’instant, et que la rumeur de la présence du champion du monde norvégien Stian Angermund n’est pas confirmée, de sérieux clients seront au départ.
Parmi eux, l’un des plus en vue sera Thomas Cardin. Vainqueur en 2021, second en 2022, l’athlète du team Hoka vise une nouvelle victoire. Et il est en forme, puisqu’il a pris une belle 4ème place, premier Français, lors du Grand Trail des Templiers, le 22 octobre dernier. Trois semaines auparavant, c’est même la première place qu’il était allé cueillir du côté de Gap, sur le Trail Gapen’Cîmes des 3 Cols, un format 49km avec 2362m D+.
Thomas Cardin devra se méfier du local de l’étape, Baptiste Chassagne. Champion de France de trail long en titre, et champion du monde de trail par équipe à Innsbruck en juin, le jeune Lyonnais a réalisé 2 belles performances cet été, terminant 2ème de la 6000D puis en se hissant dans le Top 10 de l’UTMB pour son premier 160 km. Une véritable performance qui, de son propre aveu, a ranimé sa « flamme », qui s’était un peu transformée en « flemme » juste avant cette bambée autour du mont Blanc.
La SaintéLyon, Baptiste Chassagne en rêve ! Vainqueur du format Saintéxpress en 2018 , il a terminé 4ème de la Doyenne en 2019, puis 3ème en 2022. Mais la pression est l’ennemi de la réussite, et le Lyonnais a du mal à ne pas s’en mettre. « Je me suis posé des questions, reconnaît-il. Je me demande si je serai capable d’assumer cette petite part de pression et si je serai prêt. Finalement, j’ai fait le choix de m’inscrire et de faire une prépa courte sur un mois. Ce n’est pas énorme. J’irai avec mes armes. »
Thomas Cardin et Baptiste Chassagne en 2022. Photo DR
SaintéLyon 2023 : les autres prétendants
Thomas Cardin et Baptiste Chassagne devront se méfier de Cédric Fleureton, vainqueur en 2019, qui en a fait son objectif prioritaire. En revanche, pas d’Emmanuel Meyssat. Vainqueur en 2016 et 2017, 4ème en 2022, il a décidé de s’aligner sur la version relais. Il faudra en revanche se méfier du très expérimenté Andy Symonds. Malgré un palmarès à rallonge, le Britannique n’a jamais couru la SaintéLyon. Mais a déjà gagné les Templiers en 2011, quand Cardin et Chassagne étaient encore en culottes courtes… Et reste toujours aussi affûté, puisqu’à 42 ans, il a remporté mi-septembre le 110km du Wildstrubel by UTMB et pris l’an dernier la 11ème place de l’UTMB. Un client !
On notera aussi parmi les autres têtes d’affiche les Français Valentin Benard, Alexandre Meyleu, Benjamin Polin, Kevin Vermeulen et Loïc Rolland.
SaintéLyon 2023 : Julie Roux en vedette chez les femmes
Dans la course féminine, tous les regards seront tournés vers Julie Roux. Après un retour fracassant à la compétition suite à sa maternité, l’athlète du team Salmonon s’est imposée de belle façon sur le Grand Trail des Templiers. Sarah Vieuille, qui avait fait un cavalier seul l’an dernier pour sa première participation et s’était imposée avec ½ heure d’avance, ne sera pas de la partie. En revanche, la coureuse du Team Asics Marie Goncalves, qui a déjà remporté la SaintExpress en 2021 et la SaintéSprint en 2022, sera au départ. Tout comme la redoutable Espagnole Azara García de los Salmones,qui découvrira la Doyenne.
52 boucles et 348 km ! L’Isérois Liess Makhlouf remporte la 5ème édition de la Chartreuse Backyard dans des conditions de vent et de pluie dantesques. Une deuxième victoire très disputée après celle de 2021.
Chartreuse Backyard Ultra : un concept simple, une épreuve terrible
Pas de gros dénivelé, ni de piège : la boucle de 6,706km est toute plate (15m D+) et vous disposez d’une heure pour la parcourir, en partant du gymnase de Saint-Laurent-du-Pont. Jusqu’ici, tout va bien. Sauf qu’une fois l’heure écoulée, il faut repartir. Et encore, Et encore. Et c’est là que les choses se gâtent. Plus les efforts s’accumulent, plus il devient difficile de boucler les 6,706km dans l’heure impartie. Donc plus le temps de repos diminue avant le départ suivant. Jusqu’à l’inévitable abandon, soit volontaire (je ne repas pas), soit hors délai (je n’ai pas bouclé le tour dans l’heure impartie).
La nuit venue, sous la pluie, prendre le départ demande de la motivation. Photo Organisation
108 tours, l’incroyable record du monde d’Harvey Lewis
À ce petit jeu, certains sont redoutables. L’an dernier, Nicolas Cointepas avait réalisé 56 tours pour s’imposer. Soit 368 km. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, fin octobre, l’Américain Harvey Lewis a réalisé un exploit colossal en réalisant 108 tours (724km) lors de la Big Dog’s Backyard Ultra, sorte de finale du championnat du monde de Backyard orchestré par Lazarus Lake au Tennessee. Et notre Claire Bannwarth nationale a également brillé, en s’imposant chez les féminines, dernière femme debout après 60 boucles effectuées.
Dans le gymnase, les coureurs cherchent à se reposer quelques minutes avant un nouveau départ, toutes les heures, inlassablement. Photo Organisation
Chartreuse Backyard Ultra : un mano a mano haletant
Sur sa petite sœur française, créée en 2019 par Benoît Laval (créateur de la société Raidlight et organisateur également de la Chartreuse Terminorum) et qualificative pour la finale américaine, Liess Makhlouf a dû batailler ferme avec Ronan Pierre. Les 2 hommes, seuls en piste après 36 tours, se sont livré un véritable bras de fer, personne ne voulant lâcher, malgré des conditions météo terribles. Vent, pluie, la nuit a été terrible mais les 2 hommes ont réussi à franchir dimanche à midi la barre des 49 boucles (328km) et 48 heures de course sans faiblir. Vainqueur en 2021, Liess Makhlouf semblait plus épuisé que Ronan Pierre. Qui allait craquer le premier ?
Au départ du 43ème tour, les 2 “survivants”, Liess Makhlouf et Ronan Pierre. Photo Organisation
Chartreuse Backyard Ultra : deux stratégies différentes
Il y a deux façons d’envisager la Backyard : courir vite et se reposer plus, ou courir moins vite et se reposer moins. Les deux derniers concurrents ont illustré, par leurs choix, ces deux stratégies. Ainsi, juste avant d’attaquer le 50ème tour, donc à la fin de la 49ème heure de course, Liess Makhlouf avait couru 41h49 et s’était reposé 7h11, tandis que Ronan Pierre avait choisi de courir plus vite (36h41) mais s’était beaucoup plus reposé (13h19).
Liess Makhlouf a choisi de ne pas aller vite, quitte à moins se reposer. Photo Organisation
Chartreuse Backyard Ultra : la boucle de trop pour Ronan Pierre
En 2022, Liess Makhlouf avait jeté l’éponge dans la 53ème boucle. Cette année, il semblait déterminé à tenir. Mais c’était sans compter sur le coup de théâtre du 52ème tour. Alors que les deux coureurs repartaient, Ronan Pierre est revenu vers la ligne de départ, terrassé par une douleur tendineuse sur le haut du pied. Liess Makhlouf n’avait plus qu’à boucler le tour pour l’emporter une seconde fois. Un bonheur suffisant, surtout dans des conditions de vent et de pluie extrêmes, même si le record de France, à 77 tours, reste bien éloigné.
Chez les femmes, la dernière debout est Elsa Rabou, 51 ans, qui en est à sa 3ème Chartreuse Backyard Ultra. Elle a effectué 25 tours.
Une boucle de 6706 mètres à répéter le plus de fois possible. Photo Organisation
Ceux qui ont connu les rudes sentiers du disparu Trail des Poilus peuvent se réjouir. Depuis l’an dernier, une nouvelle épreuve très originale arpente les mêmes chemins de la colline de Lorette, haut-lieu de la Première Guerre mondiale. Son nom : l’Enfer d’Artois. Et, comme vous pouvez vous l’imaginer, il vous promet d’en baver. Avant la deuxième édition, programmée le 9 décembre à Alban-Saint-Nazaire (62), coup de projecteur sur cette épreuve atypique avec l’un des organisateurs, Jacky Clément.
Enfer d’Artois : 6 heures pour faire le plus de tours possible
C’est sur les bases de l’ancien Trail des Poilus que l’Enfer d’Artois a vu le jour l’an dernier. Mais Jacky Clément et Christophe Szrama, qui ont tenu la baraque (sans frites) des Poilus de 2006 à 2018, ont eu l’idée de concocter un format différent des trails classiques. Le concept est à la fois simple et original. Il propose à 500 coureurs (nombre limité, dépêchez-vous!) de s’élancer sur une boucle de 9,3km avec 400m de D+ à 14 heures pétantes, et boucler le plus de tours possible jusqu’à 20 heures. 3 heures de course de jour, les plus faciles, 3 heures de nuit, les plus terribles, quand le froid et la fatigue s’associent…
Bien entendu, vous pouvez stopper votre course avant 20 heures. Vous serez alors classé en fonction du nombre de boucles parcourues. Lors de la première édition, le vainqueur, Jean-Baptiste Lalart, ultra-traileur expérimenté, avait réussi à faire 6 tours en 5h 15mn 17s, échouant de 10 minutes à boucler le 7ème. Il sera de retour cette année, avec pour objectif d’y parvenir. Et de gagner le lot spécial mis en jeu : un téléphone portable d’une valeur de 1000 euros. Chez les femmes (1/3 des partants), c’est Sophie Laurent qui avait remporté la palme, avec 5 tours en 5h 27mn 10s. Quant au nombre moyen de boucles parcourues par les concurrents, c’est entre 3 et 4 boucles.
En fin de parcours, vous risquez fort de ressembler à ça. Photo Cyrille Quintard
Enfer d’Artois : perpétuer le devoir de mémoire
Simple au premier abord, l’épreuve est en réalité hyper exigeante. En effet, ce rendez-vous hivernal se déroule sur un terrain particulièrement compliqué : Notre-Dame-de-Lorette, l’une des plus célèbres collines d’Artois, dans le Pas-de-Calais. Lieu hautement mémoriel, c’est sur ce site que l’une des batailles les plus féroces de la Première Guerre mondiale s’est déroulée. La colline de Lorette, qui culmine à 165 mètres, porte encore les stigmates des terribles combats qu’elle a abrités, creusée de tranchées, éventrée par les bombardements.
Perpétuer le devoir de mémoire est une chose à laquelle Jacky Clément et Christophe Szrama sont très attaché. Pas pour juger, plus de cent ans après la guerre, mais pour rassembler. Célébrer tous les soldats de la Grande Guerre, leur vaillance incroyable face à l’adversité. Et surtout souligner leur inaltérable aspiration à la paix.
Enfer d’Artois : un parcours exigeant et plein de surprises
Tous ceux qui s’imaginent que les collines d’Artois ne présentent pas de difficultés particulières risquent d’être surpris. Car ici, le parcours est exigeant et technique. Parfois même digne de la haute montagne. Les montées ne sont jamais très longues, mais restent très rapprochées et toujours bien pentues. Quelques portions sont même comprises entre 10 et 15%. Le circuit, avec beaucoup de single tracks, est ainsi jalonné de 5 éperons. 5 petits sommets qui permettront aux coureurs de passer sur des crêtes et d’apprécier le panorama dégagé sur l’ensemble du site (le jour). Mais ces 5 petits sommets vous feront bien brûler les cuisses !
Si certains tronçons du parcours sont connus des traileurs locaux, pour d’autres, impossible de les connaître. Ils passent en effet dans des parcelles privatives complètement inédites juste reliées entre elles par des chemins de liaison, et exceptionnellement ouvertes le jour de la compétition. De quoi avoir de belles surprises… Et pour ceux qui ont participé à la première édition, une autre surprise : le parcours sera cette fois-ci en sens inverse. De quoi perdre tous ses repères !
Le profil du parcours 2023, avec des petites montées bien gratinées. Source Organisation
Enfer d’Artois : survivre au froid, à la boue et à la nuit
C’est le principal ennemi des coureurs. Pour peu que la météo s’en mêle, l’Enfer d’Artois peut rapidement devenir terrible. L’an dernier, pour la première édition, c’était un froid glacial qui avait frigorifié les concurrents. Mais si la pluie et le vent s’invitent, prévient Jacky Clément, ça peut vite devenir terrible. Et là, ce sera une toute autre histoire…
Heureusement, à chaque tour, la base-vie permet le ravitaillement et le repos. Et surtout accueille les coureurs dans une ambiance festive si réputée dans le Nord. D’ailleurs, il ne faut absolument pas rater le repas de fin de course (compris dans l’inscription et servi à sa place boisson comprise dans l’Estaminet de Lorette entre 17h et 22h) pour terminer l’expérience en beauté.
L’Enfer d’Artois fait partie de l’Artois Trail Challenge, un challenge destiné à faire découvrir les courses natures de l’Artois. 14 courses étaient ainsi au programme de l’édition 2023 entre mars et décembre, avec l’Enfer d’Artois en guise de conclusion.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/11/Cyrille-Quintard-rosstour-4368-cf552b9a.webp10671600Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-11-06 15:33:562023-11-07 13:38:05Enfer d’Artois : l’épreuve la plus infernale du calendrier 2023
En allant chercher une 2ème place sur l’ultra de Kullamannen by UTMB, en Suède, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, a réalisé le Top 3 nécessaire pour obtenir sa qualification pour les Finales de l’UTMB World Tour 2024. Sauf incident, il sera bien au départ à Chamonix vendredi 30 août 2024, pour tenter d’aller enfin chercher un Top 10. Mais rien n’était gagné d’avance, et une méchante entorse a bien failli tout contrarier…
Kullamannen 2022, Casquette Verte et record de l’épreuve
Flash-back. Samedi 5 novembre 2022. Après une Diagonale infernale, où il avait terminé à la 100e place, Casquette Verte était allé prendre l’air en Suède pour un ultime ultra-trail, après 2 victoires dans la saison, sur l’Ultra01 et l’Ut4M, et un UTMB bouclé à la 18ème place en 22h55. Parti sur les chapeaux de roues pour tenter d’oublier une douleur à l’aine tenace, le Parisien avait fait une course supersonique pour boucler les 165km et 2150m D+ en 15h 14mn 50s, record de l’épreuve pulvérisé.
Mais ça, c’était avant…
Casquette Verte en 2022 lors de sa victoire. Photo DR
Kullamannen 2023, Casquette Verte et les doutes
Vendredi 3 novembre 2023. Casquette Verte ne fait pas le malin. S’il se souvient de son chrono de l’an dernier, réalisé avec une météo assez cool (froide, humide.. mais pas de gros vent et de belles pluies comme annoncés pour cette année), il est obligé de se rendre à l’évidence : après une Diagonale des Fous avalée en mode « guerrier », 8h de moins au chrono et un beau Top 10 à l’arrivée, il est moins affûté qu’en 2022.
Et surtout, une douleur tenace à la fesse rend ses foulées douloureuses, même sur du très plat pas technique du tout. Autant le dire (et il le dit sur les réseaux sociaux) : le Top 3 qualificatif pour l’UTMB 2024, on l’oublie. Et de livrer sa stratégie : « Tentative de départ trop rapide, blocage au km 2, passage à 6mn00 au kil’… puis 18h de lente souffrance. Avec pour seule ambition d’essayer d’aller au bout pour choper 4 Running Stones et attendre le tirage au sort de l’UTMB. »
Sur la ligne de départ, l’attente… Photo Kullamannen by UTMB / DR
Kullamannen 2023, Casquette Verte et le départ canon
Vendredi 3 novembre, 18h. Il fait froid sur la ligne de départ de Höganäs, au sud-ouest de la Suède. Grosse pluie, gros vent, météo pourrie, un temps à ne pas mettre un traileur dehors. Ils sont pourtant 624, frontales allumées, prêts à s’élancer. Dossard n°2, Casquette Verte serre les dents. Le départ va être crucial, car avec le parcours en sens inverse de l’édition précédente, les plus grosses difficultés sont concentrées dès le début, après 2 boucles de 12 kilomètres très roulantes en guise d’échauffement.
Comme à son habitude, et comme annoncé, le Parisien est parti à balle. 14km/h sur les 10 premiers kilomètres plats et roulants vers le village de Mölle, 16 km/h sur les 12 suivants de la 2ème boucle, puis 11km/h dans les premières ascensions dans la réserve de Kullaberg.
Le profil 2023 de l’Ultra-Trail Kullamannen by UTMB.
Kullamannen 2023, Casquette Verte et le coup de mou
Sans surprise, Casquette Verte boucle les 40 premiers kilomètres en tête, comptant même jusqu’à 10 minutes d’avance, avant de se faire une belle entorse dans le deuxième passage technique dans la réserve, où sont concentrées toutes les difficultés du parcours. La vue mer y est superbe, les paysages sauvages, mais la douleur est intense et concurrence est déchaînée et lui passe devant. Il va falloir faire avec.
Publiée sur son compte Insta, la photo de la cheville du guerrier à casquette verte à l’arrivée. Repos exigé !
C’est en 5ème position que Boucheix repasse une nouvelle fois à Mölle, au km 66. Il compte alors 5 minutes de retard sur les Suédois Jakob Äberg et William Englund, les 2 leaders qui font course commune. Il est temps de quitter enfin ce secteur et d’attaquer quasiment 70 kilomètres de plat le long de la côte. Objectif : remonter vers le nord et les dernières difficultés, au km 138, avant de finir à a ville de Bästad. Plus une bosse à l’horizon, le long calvaire commence.
Kullamannen 2023, Casquette Verte et la remontada
Se calant sur la vitesse de 6mn au kilomètre annoncée, Alexandre Boucheix, serrant les dents, a peu à peu grignoté son retard, tandis que seul Jakob Äberg maintenait une cadence plus rapide. En 25 kilomètres, Casquette Verte a rattrapé Englund pour se hisser à la seconde place, qu’il n’allait plus quitter. Devant, Äberg, coureur rapide habitué des premières places dans les ultras suédois, creusait l’écart et se dirigeait vers la victoire.
Jakob Äberg s’impose finalement en 14h 59mn 04s. Un chrono canon, nouveau record de l’épreuve, mais impossible à comparer avec celui de l’an dernier, puisque sur un parcours en sens inverse. Malgré son entorse, Alexandre Boucheix termine 2ème en 15h 34mn 43s et s’offre ainsi une qualification directe pour l’UTMB 2024, qu’il espérait tant. C’est Cécile Bertin, sa « mama assistante » de choc, qui va être contente : elle sait déjà où elle passera la fin du mois d’août l’an prochain…
60 tours, 402km et 7600 d+ : c’est la distance qu’a parcourue Claire Bannwarth pour rester la dernière femme debout dans le championnat du monde de Big Dog’s Backyard organisé par Lazarus Lake, le diabolique créateur de la Barkley. Elle bat son propre record de 12 heures. Chez les hommes, l’Américain Harvey Lewis établit un nouveau record du monde époustouflant.
Une semaine avant, Claire Bannwarth remporte un 160km !
La semaine précédente, Claire Bannwarth avait pris le départ en mode « j’y vais tranquille » sur le Kodiak Ultra Marathons, un « petit »160km agrémenté de 5200d+ se déroulant en Californie. Objectif : rentabiliser son voyage aux États-Unis, mais surtout ne pas se blesser pour pouvoir enchaîner avec les championnats du Monde de Backyard. Surtout que juste avant le Kodiak, elle s’était offert un « petit » 250km en Grèce. Résultat du Kodiak : 21h10, 7ème scratch, première féminine ! Décidément, cette ultra-runneuse ne fait jamais les choses à moitié.
Sur le Kodiak Ultra Marathons. Photo Facebook Claire Bannwarth / DR
Big Dog’s Backyard : une boucle qui fait mal
Le principe de la Backyard est simple : enchaîner des boucles d’environ 6,7km en moins d’une heure, avec élimination si vous dépassez l’heure impartie. Et être le dernier concurrent debout. C’est-à-dire que tant qu’il reste deux athlètes, la course continue, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un et qu’il finisse par échouer ou jeter l’éponge.
Et la boucle en question sur ce championnat du monde, Claire Bannwarth ne la sentait pas vraiment. Elle raconte : « Je pensais honnêtement que j’aurais déjà du mal à atteindre les 40 tours, et que 50 tours serait mon max. La boucle de jour était réputée en effet être dure et technique. Et dans les faits, cette saloperie l’est bel et bien : 170d+, quasi en totalité sur un single track ou c’est galère de doubler, avec des pierres et des racines de partout… Un joyeux bordel le binz, et effectivement plus dure que ce que j’imaginais. »
Photo Keith Knipling
60 tours et puis s’arrête
Elle aurait sans doute pu faire mieux, tant sa forme était éclatante. Mais Claire Bannwarth était gênée depuis le début par une douleur au genou, qui au fil des kilomètres est devenue de plus en plus lancinante. « Rien de douloureux, commentera-t-elle, mais suffisamment embêtant pour me faire modifier un poil ma foulée, ce qui au bout de plusieurs centaines de kilomètres d’affilée finit toujours par avoir un impact (scoop : négatif). »
Claire Bannwarth a donc préféré s’arrêter juste après avoir entamé son 61ème tour, trop handicapée pourcontinuer. Déçue, forcément, parce qu’elle se sentait encore très bien et avait tenu tous ses temps de passage sans forcer, en s’économisant au maximum. Et qu’une fois de plus, c’est son genou qui l’a trahie.
« Ma plus grosse erreur, c’est de ne pas avoir eu confiance en moi… Je ne pensais pas que dépasser les 75 heures sur ce parcours était à ma portée, alors que oui. Et je ne me suis donc pas préparée en conséquence. Je ne ferai pas cette erreur deux fois ! Je ferai tout pour me requalifier, et tout tout défoncer (sauf mes genoux). »
Mais cette infatigable coureuse peut être fière de sa performance : elle termine première féminine et améliore son propre record de 12 heures ! Et parmi les 3 autres concurrentes en lice, figurait la championne du monde de Backyard en titre, Jennifer Russo, qui a abandonné au bout de 53 tours.
Photo Keith Knipling
Claire Bannwarth, un programme qui donne le vertige
Fatiguée ? Pensez-vous ! Claire Bannwarth n’est pas surnommée Lapin DuDuracell pour rien. Voici son programme des prochaines semaines.
3 novembre : Kullamanen by UTMB, 100 miles. 10 novembre : 50km du Paralelo 28. Sa course la plus courte de la saison, et son premier 50k depuis trois ans ! 15 novembre : Challenge 360°, aux Canaries. 2 décembre : ALUT-Algarviana Ultra Trail, 305km. 15 décembre : 24h de Barcelone. Objectif 245 km.
Record du monde battu chez les hommes
108 tours et 450 miles, soit environ 725 km ! C’est la distance qu’a parcourue l’Américain Harvey Lewis, 47 ans, pour établir un nouveau record du monde. Soit environ 4 jours et demi de course, tout juste interrompus par quelques micro-siestes et moments de récupération et de ravitaillement entre chaque tour bouclé sous l’heure. Harvey Lewis bat le record de l’Australien Phil Gore, qui était de 102 boucles. Mais la partie n’a pas été facile, car pour arriver à une telle distance, l’Américain a dû se battre contre le Canadien Ihor Verys, 29 ans seulement, qui l’a poussé dans ses retranchements en l’accompagnant jusqu’à la fin du 107e tour. Côté français, à noter la superbe performance de Christophe Baud qui bat le record de France en ayant effectué 77 boucles, soit 516 km !
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/10/Capture-decran-2023-10-27-a-02.29.22.png5861200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-10-27 02:31:472023-11-05 00:17:5760 tours, 402km et 7600 d+ : Claire Bannwarth triomphe au championnat du monde de Backyard