La plus longue et très redoutée épreuve du Marathon du Mont-Blanc, le 90 km du Mont-Blanc, a débuté vendredi 27 juin à 4 heures du matin place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix. 886 hommes et 125 femmes étaient alignés au départ, lampe frontale vissée sur le front et détermination au corps, prêts à affronter un parcours aussi technique que somptueux. Nouveauté de cette édition : 40 % des dossards ont été attribués à des participants venus en train ou en bus, une initiative écoresponsable qui a permis à 400 coureurs de s’aligner, parfois pour la première fois, sur cette distance exigeante.

Sous un ciel étoilé et une météo exceptionnellement clémente, les traileurs se sont lancés sur un tracé de 92 km et 6330 m de dénivelé positif, entre 1000 et 2460 m d’altitude. Quelques névés sur les hauteurs, une chaleur estivale frôlant les 30°C en vallée, et un panorama à couper le souffle ont donné le ton d’une journée aussi intense que spectaculaire. Dans cette ambiance estivale, Théo Detienne et Blandine L’Hirondel ont décroché la lune au terme d’une course aussi exigeante qu’haletante.

90 km du Mont-Blanc : une bataille franco-suisse haletante

Dès les premiers kilomètres, la course s’est jouée sur un rythme soutenu. Le Suisse Jean-Philippe Tschumi et Thibaut Garrivier ont ouvert le bal, prenant la tête dès les premières pentes du Brévent. Théo Detienne, plus discret, restait en embuscade dans le groupe de tête, en cinquième position. Les coureurs ont franchi les névés du Brévent à vive allure avant la longue traversée jusqu’au barrage d’Émosson où les attendait un brouillard suspendu. C’est là que Théo Detienne, 26 ans, a amorcé sa remontée. Il a d’abord dépassé Thibaut Garrivier, puis est revenu sur Jean-Philippe Tschumi, passant en deuxième position au Châtelard.

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Jean-Philippe Tschumi devant Théo Detienne à La Flégère. Photo Morgan Bodet / MMB


Sa tactique était claire : attaquer à la Tête de Balme pour faire la différence sur les portions plus « roulantes » où sa vitesse pouvait faire la différence. Une stratégie parfaitement exécutée. Passé en tête, il ne serait plus rejoint jusqu’à la ligne d’arrivée, qu’il a franchie en solitaire en après 10h 54mn 13s de course.

Derrière, Virgile Moriset a réalisé une remontée inattendue à partir du Montenvers pour prendre la deuxième position. La lutte pour la troisième place s’est quant à elle jouée à la seconde près : saluant la foule, Jean-Philippe Tschumi allait tranquillement finir quand Gauthier Airiau a fondu sur lui dans un sprint éperdu, manquant de le surprendre. Heureusement, dans un ultime réflexe, Tschumi s’est jeté sur la ligne pour conserver sa 3ème place.

90 km du Mont-Blanc : les réactions des 3 premiers

Théo Detienne, 1er en Théo Detienne 10h 54mn 13s

Classé 4ème l’an dernier, Théo Detienne était revenu cette année avec un objectif clair : décrocher sa première victoire à Chamonix. Mission accomplie, dans une ambiance de fête, alors que son équipementier New Balance célébrait sa toute première course en tant que partenaire titre du Marathon. La veille, Théo Detienne confiait en interview sa stratégie de course. Une tactique qu’il a appliquée à la lettre, avec une rigueur implacable.

« Courir avec la tête, ça sert parfois ! J’ai beaucoup bossé, parfois ça s’aligne ! Ma première victoire à Chamonix, c’est juste dingue… mais je vous annonce que ce n’est pas la dernière ! C’était de la folie, j’étais porté par les supporters mais aussi par tous ceux qui étaient derrière leur écran. Quand j’avais les cam runners avec moi, ça me donnait une force de fou parce que je savais qu’il y avait du monde derrière les écrans. Alors je n’avais pas le droit de relâcher l’effort ! Il fallait que j’aille jusqu’au bout, jusqu’au dernier centimètre de parcours, jusqu’à la dernière goutte de sueur. »

Virgile Moriset, 2ème en 10h 59mn 11s

« C’est un peu ma force les montées, je pense. Faut que je travaille encore mes descentes. J’ai des bonnes cuisses et les bâtons, c’est vraiment un outils que j’aime utiliser. Il faut clairement que je revienne parce que j’ai une place à prendre l’année prochaine ! »

Jean-Philippe Tschumi, 3ème en 11h 01mn 12s

« Merci à vous pour ce parcours, ça m’a permis de venir depuis 3 semaines repérer les lieux. Je suis au camping des Praz, ce qui me permet de sillonner les alentours. La Suisse est là ! Merci pour l’organisation, le balisage, l’ambiance. Première course pour moi et il y avait beaucoup de monde depuis la sortie de la forêt et sur le parcours, c’est magnifique ! Bravo à Théo, aussi jeune et qui démarre trop vite pour moi. J’ai eu quelques petits pépins physiques en début de saison, mais je me dis que c’est cool à mon âge, j’en voulais et puis ça me fait plaisir pour la suite de la saison ! »

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Le podium du 90 km du Mont-Blanc. Photo Adrien Colleur / MMB

90 km du Mont-Blanc : la revanche de Blandine L’Hirondel

Dès le départ, Blandine L’Hirondel a imposé le tempo et mis ses concurrentes en difficulté. Engagée dans un mano a mano avec la Russe tenant du titre Ekaterina Mityaeva jusqu’au Châtelard, elle est ensuite parvenue à creuser l’écart. Implacable, elle a accru son avance pour franchir la ligne d’arrivée en 12h 31mn 51s, avec près de 30 minutes d’avance sur ses poursuivantes, laissant éclater une profonde émotion.

Derrière, Julie Roux a longtemps navigué en troisième position derrière la Russe. C’est après le col des Posettes qu’elle est parvenue à faire la différence et sécuriser la deuxième place (12h 57mn 22s), suivie de près par la Russe Ekaterina Mityaeva, qui complète le podium en 13h 03mn 16s.

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La tenante du titre Ekaterina Mityaeva. Photo Fabian Bodet / MMB

90 km du Mont-Blanc : la réaction de Blandine L’Hirondel

« J’avais quelques doutes, mon entourage ne peut que l’acquiescer et le confirmer parce que mes années précédentes n’ont pas été à la hauteur de mon début de ma carrière. J’avais une frustration de ne pas réussir à faire aussi bien, dans le niveau et le mental, il y avait quelque chose qui pêchait. J’ai eu plusieurs petites blessures (pas grave) qui m’ont empêchée d’être à mon plein potentiel. Elles ont disparues 2 semaines avant le 90 km.

Il y a 2 semaines, je n’étais pas encore sûre de prendre le départ, en tout cas pas avec les meilleures conditions. Je me suis régalée sur cette course, j’ai retrouvé le plaisir, la spontanéité. J’ai senti que quand je m’épanouissais et que j’aimais ça, c’était plus facile (même si c’est un bien grand mot). Mon plan c’était d’être dans ma bulle et ne pas faire de focus sur les autres. J’ai écouté mes sensations qui étaient excellentes aujourd’hui et je suis hyper contente. C’est une belle course ! Merci au public, à tous les gens qui étaient là et à ceux qui étaient derrière leur écran. J’ai reçu beaucoup de messages de soutien. Ça fait tellement chaud au cœur !  »

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Blandine L’Hirondel tout sourire, filant vers la victoire. Photo Florian Legrand / MMB

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Après un samedi marqué par le froid et la neige, le site d’Olympic Valley, en Californie, a offert une météo exceptionnellement ensoleillée qui a vu des duels enflammés tant dans la course hommes que femmes de la Broken Arrow Skyrace, 5ème manche de la Golden Trail World Series 2025. Le Marocain Elhousine Elazzaoui et la Kényane Joyce Njeru se sont imposés, mais la lutte a dans les 2 cas été intense. Il s’agit de la deuxième victoire consécutive pour Elhousine Elazzaoui, après sa première place à Zegama, et de la première victoire de la saison pour Joyce Njeru.

Broken Arrow Skyrace : Joyce Njeru enfin

La Roumaine Madalina Florea et la Kényane Joyce Njeru ont dominé la course féminine dès les premiers kilomètres, prenant les commandes et courant ensemble pendant la majeure partie du parcours. Derrière, les Américaines Anna Gibson, gagnante du kilomètre vertical du vendredi et Lauren Gregory, ainsi que la Française Marie Nivet ne voulaient pas laisser filer la tête de course, maintenant un écart d’environ une minute.

Si Anna Gibson a réussi un moment à se rapprocher légèrement, elle n’est toutefois pas parvenue à transformer la course en un duel à trois. Le suspense est cependant resté entier jusqu’au dernier sommet, mais c’est finalement Joyce Njeru qui a su creuser un petit écart dans la descente vers Olympic Valley, s’imposant en 2h01mn06, avec plus de 45 secondes d’avance sur Madalina Florea. Anna Gibson, Lauren Gregory et l’Italienne Alice Gaggi complètent le top 5 de la course. La Française Marie Nivet termine finalement 6ème.

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Photo Rising.Story / colin olivero

Joyce Njeru : « L’année dernière, tout a commencé ici, à la Broken Arrow Skyrace. Revenir avec la victoire aujourd’hui et ma deuxième place lors du kilomètre vertical de vendredi dernier marque un nouveau départ pour ma saison. C’était un très bon week-end pour moi et je suis prête à affronter le reste de l’année. »

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Photo Rising.Story / antho.dx

Broken Arrow Skyrace : le Top 10 féminin

  1. Joyce Njeru (Kenya) – 2:01:06
  2. Madalina Florea (Roumanie) – 2:02:03
  3. Anna Gibson (États-Unis) – 2:03:46
  4. Lauren Gregory (États-Unis) – 2:06:02
  5. Alice Gaggi (Italie) – 2:08:23
  6. Marie Nivet (France) – 2:08:53
  7. Jade Belzberg (Canada) – 2:09:06
  8. Allie McLaughlin (États-Unis – Hoka)–2:09:54
  9. Alexa Aragon (États-Unis) – 2:11:24
  10. Sydney Petersen (États-Unis) – 2:14:20
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Le Top 5 Femmes. Photos Rising.Story / antho.dx

Broken Arrow Skyrace : Elhousine Elazzaoui au finish, comme toujours

L’histoire de la saison 2025 de la GTWS s’est transformée en un véritable duel à trois entre le Marocain Elhousine Elazzaoui et les Kényans Patrick Kipngeno et Philemon Kiriago. Et cette course n’a pas fait exception : c’était la première fois de la saison que les trois s’affrontaient directement, révélant à nouveau toutes leurs cartes et stratégies.

La course masculine a été dominée de bout en bout par les 3 hommes, même si l’Américain Chris Allen et l’Allemand Lukas Ehrle ont été à leur poursuite à seulement 15 secondes jusqu’au neuvième kilomètre. L’écart avec les trois leaders s’est ensuite creusé jusqu’à 30 secondes au kilomètre 12, point culminant du parcours. Chris Allen, vainqueur du kilomètre vertical du vendredi (où Kilian Jornet, en fin de préparation de la Western States, a terminé 22ème) a réussi à maintenir cet écart jusqu’à l’arrivée, tandis que Lukas Ehrle a perdu du terrain, franchissant la ligne avec une minute et demie de retard.

Mais devant, la bataille a été éblouissante. Les trois coureurs de tête sont restés groupés jusqu’à un sprint final palpitant, remporté par Elhousine Elazzaoui qui a fait retentir avec force la célèbre cloche de la Broken Arrow Skyrace en 1h44mn53s, nouveau record de l’épreuve. Cette victoire lui permet de reprendre la tête du classement général de la GTWS 2025.

Elhousine Elazzaoui : « Je suis très content de mon résultat aujourd’hui. Revenir en Amérique est toujours une bonne chose pour moi. J’ai déjà gagné à Zegama-Aizkorri, ma course préférée au monde. Mais gagner ici, en Amérique, me rend très heureux. L’an dernier, j’ai aussi remporté la Mammoth 26K et la Headlands 27K, mais triompher à nouveau ici, c’est vraiment spécial. »

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Photo Rising.Story / antho.dx

Broken Arrow Skyrace : le Top 10 masculin

  1. Elhousine Elazzaoui (Maroc) – 1:43:53
  2. Philemon Ombogo Kiriago (Kenya) – 1:43:57
  3. Patrick Kipngeno (Kenya) – 1:44:11
  4. Christian Allen (États-Unis) – 1:44:46
  5. Lukas Ehrle (Allemagne – Asics) – 1:45:19
  6. Taylor Stack (États-Unis) – 1:46:11
  7. Cameron Smith (États-Unis) – 1:46:25
  8. Mason Coppi (États-Unis) – 1:47:32
  9. Andy Wacker (États-Unis) – 1:51:19
  10. Remi Leroux (Canada) – 1:52:51
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Le Top 5 Hommes. Photo Rising.Story / antho.dx

Golden Trail World Series : prochaine étape au Mexique

Le 29 juin, la GTWS se tiendra au Mexique pour disputer la sixième manche de la saison, la toute première de l’histoire à se tenir sur le sol latino-américain. Huasca de Ocampo, à seulement deux heures de route de Mexico, sera le théâtre d’un parcours rapide aux paysages variés, reflétant toute la richesse et la culture de la campagne mexicaine. Plusieurs des grands protagonistes du jour, comme Elhousine Elazzaoui, Philemon Kiriago, Patrick Kipngeno, Madalina Florea ou Joyce Njeru se retrouveront à nouveau au départ.

Golden Trail World Series : le calendrier complet

19 avril : Kobe Trail (Japon)
26 avril : Jinshanling Great Wall Trail Race (Chine)
17 mai : Il Golfo dell’Isola Trail (Italie)
25 mai : Zegama-Aizkorri (Espagne)
22 juin : Broken Arrow Skyrace (États-Unis)
29 juin : Tepec Trail (Mexique)
2 août : Salomon Pitz Alpine Glacier Trail (Autriche)
9 août : Sierre-Zinal (Suisse)
9–12 octobre : Ledro Sky Trentino Grand Finale (Italie)

Découvrez le classement général de la GTWS 2025 et plus d’informations sur la GTWS ICI

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Quand le quadruple vainqueur de l’UTMB prépare un objectif, il ne laisse rien au hasard. Surtout aujourd’hui, maintenant qu’il a 37 ans, est père de 3 enfants en bas âge et qu’il est impliqué dans de nombreux projets, dont les plus importants sont la marque d’équipements NNormal qu’il a créée en 2022 et sa Fondation pour la protection des montagnes. Si un lien fort avec la nature, une profonde conscience de soi lors de l’entraînement et une curiosité scientifique sont les 3 piliers qui, combinés, lui ont permis de créer un modèle durable et efficace pour développer sa propre forme physique, son approche peut aussi profiter à tous les athlètes, même les moins aguerris. Immersion dans l’entraînement de Kilian Jornet.

Base et intensité, deux éléments indissociables à savoir doser

Pour Kilian Jornet, la condition physique de base est la clé de ses performances optimales. Il consacre une part importante de son temps à l’entraînement aérobique de faible intensité. « Je fais toujours une longue période de base aérobique de 3 à 4 mois, avec des parcours de moyenne à longue distance. C’est indispensable pour développer la condition physique de base et ensuite suivre l’entraînement spécifique. »

Cette phase de base est bien plus qu’un simple entraînement : c’est un mode de vie. Kilian Jornet passe ainsi environ 80 % de sa phase d’entraînement de base en zone 1, sa zone de récupération. Même lors de ses phases d’entraînement intense, les zones 2 et 3 représentent la majeure partie de son temps d’entraînement total. Les zones d’endurance aérobie et de puissance aérobie sont celles où Kilian Jornet travaille en compétition.

Le schéma de préparation d’une saison et des courses objectifs est toujours le même : Kilian Jornet développe son endurance par la course à pied et l’entraînement croisé, comme le vélo et le ski-alpinisme en saison hivernale. Il passe ensuite à une intensité plus élevée à l’approche de la course objectif. Pour atteindre des performances optimales, ces deux phases d’entraînement doivent aller de pair.

L'entraînement croisé. Photo Coros
Photo Coros
Phase de base et phase d'intensité
Temps d’entraînement de Kilian passé dans les zones de fréquence cardiaque pendant sa phase de base (à gauche) et sa phase d’intensité (à droite). Source Coros

Entraînement et importance de la cohérence

La philosophie d’entraînement de Kilian Jornet pendant la phase de base est claire : la régularité prime sur l’intensité. Connaissant précisément l’objectif de chaque séance, il comprend également comment elle s’intègre à son plan d’entraînement. Ce niveau de connaissance exige de la discipline et une passion profonde pour son objectif. D’autant que même si sa condition physique n’est pas toujours optimale, il est convaincu qu’en respectant son tableau de marche elle atteindra le niveau souhaité le jour de la course.

Grâce aux produits COROS, avec lesquels il travaille depuis plusieurs années, il est possible de suivre précisément l’évolution de sa forme. Son graphique de condition physique de base montre l’évolution de sa condition physique au fil du temps, directement liée à ses phases d’entraînement. Son conseil aux coureurs d’ultra-marathon : « Soyez patients, l’adaptation se fait au fil des années de stimulations régulières. Alors, optez pour une activité durable et agréable. »

Evolution de la condition physique de base de Kilian Jornet entre 2022 et 2025
Graphique de la condition physique de base de Kilian de 2022 à 2025. Source Coros

Une constante d’entraînement : les courses longues

Si les objectifs de Kilian Jornet évoluent au fil de l’année, puisqu’il peut s’entraîner aussi bien pour une course courte comme Sierre-Zinal (10 victoires) ou Zegama (11 victoires) que longue comme l’UTMB (4 victoires) ou la Hardrock (5 victoires), ou encore pour des projets personnels comme la traversée des Pyrénées par ses sommets en octobre 2023 ou le projet Alpine Connection des 82 sommets de plus de 4000 mètres des Alpes durant le mois d’août 2024, un élément constant demeure : ses longues courses d’entraînement.

Pour intégrer ces courses longues, Kilian Jornet augmente progressivement l’effort et la durée, en utilisant souvent le terrain montagneux comme guide de progression. « J’ai quelques montées ici que je répète souvent pour m’entraîner et évaluer ma condition physique. J’apprécie toujours les journées techniques en montagne. »

Ces courses longues ciblent des adaptations spécifiques, avec des ajustements effectués en temps réel en fonction des données. « Je m’entraîne en me basant sur le RPE (taux d’effort perçu) et si je constate que ma fréquence cardiaque n’augmente pas, je peux changer de séance, » témoigne Kilian Jornet.

Kilian Jornet de retour sur la Western 100, 14 ans après sa victoire de 2011

14 ans après avoir couru et remporté la Western States 100, qu’il avait terminé à la 3ème place en 2010 derrière Geoff Roes et Anton Krupicka, Kilian Jornet est donc de retour en 2025. Mais en 14 ans, le monde de trail a considérablement évolué. En 2011, c’était un monde différent, avec moins de données et plus de détermination, moins de mesures et plus de moments pleinement vécus. Sa victoire à la Western 100 de 2011, comme toutes celles de l’époque, était due à un entraînement intensif, mais sans spécificité : « À l’époque, je ne m’entraînais pas spécifiquement, je passais juste des heures en montagne », rappelle-t-il.

Si le trail a évolué, la Western States 100 a aussi, et Kilian Jornet également. Avec des chronos plus rapides (Kilian Jornet avait un temps d’arrivée de 15h35), comme le record établi en 2019 par Jim Walmsley, et des outils à disposition des athlètes plus performants, un nouveau chapitre est ouvert : celui où la préparation exige de la précision. Ainsi, l’entraînement actuel de Kilian Jornet repose sur la structure, la régularité et des indicateurs plus précis comme l’allure d’effort.

Cependant, la paternité, le lancement de sa marque NNormal, les sollicitations qui en découlent et les années qui passent ont modifié l’approche de Kilian Jornet. Comme beaucoup d’athlètes cherchant à concilier ambition et responsabilités, il s’entraîne désormais avec plus d’intention et moins d’heures.

« Je suis un bien meilleur athlète et mes performances sont bien meilleures, mais je dois m’entraîner plus intelligemment. Avec les enfants, j’ai moins de temps pour m’entraîner et une routine beaucoup plus précise, surtout une question de logistique. »

Tout le but de ce retour sur la Western 100 est bien là : plus que de viser le podium, il s’agit our Kilian Jornet de relever le défi, de renouer avec un moment marquant de sa carrière et de mettre à l’épreuve des années de connaissances durement acquises.

Comment Kilian Jornet s’est-il entraîné pour la Western 100

Les longues courses de Kilian ont été plus ciblées que jamais. L’un de ses efforts clés a consisté en une course d’entraînement de 80 km (50 miles) effectuée trois semaines avant la course, conçue pour simuler les conditions, le terrain et la fatigue de la course.

Tout au long de sa course longue, Kilian a contrôlé avec beaucoup d’attention ses performances en temps réel. Ce sont ainsi sa fréquence cardiaque moyenne, son allure d’effort et son RPE qui ont guidé son allure et son effort avec précision. Cependant, il s’est efforcé de maintenir l’intensité juste en-dessous de ce qui pourrait entraîner une fatigue excessive. Un tel « dosage » implique d’être très attentif aux tendances : si sa fréquence cardiaque commence à augmenter alors que son allure reste constante, cela indique une fatigue croissante qu’il faut prendre en compte. À l’inverse, si la fréquence cardiaque diminue alors que son allure reste constante, cela indique une bonne forme qu’il prend également en compte en ajustant son intensité.

Ces micro-ajustements aident Kilian Jornet à maintenir une allure rapide et à atteindre la bonne intensité pendant plusieurs heures. « Je m’entraîne en fonction de mes sensations et j’utilise ma fréquence cardiaque pour voir si j’ai une réponse cardiaque qui pourrait suggérer si je suis fatigué ou frais, explique d’ailleurs le champion catalan. Si je constate que l’intensité de l’effort ou la fréquence cardiaque diminue par rapport à ce que j’avais prévu, j’accélère ! »

Graphique 3

Les zones d'entraînement de Kilian Jornet
Zones d’entraînement de fréquence cardiaque de Kilian Jornet. Source Coros

À la fin d’une séance intense, les données recueillies par Coros permettent à Kilian Jornet de consulter ses paramètres, comme sa fréquence cardiaque moyenne et son effort ajusté en fonction du dénivelé, après la séance. Par exemple, sur cette course de 80 km et 2349m D+ réalisée en 6h06, la fréquence cardiaque de Kilian Jornet est restée stable à 142 bpm. Cette stabilité témoigne d’une bonne condition aérobie, fruit des mois d’entraînement précédents. Par ailleurs, en optant pour un parcours de plus de 2 500 mètres de dénivelé positif, Kilian a volontairement reproduit certaines caractéristiques du profil de la Western 100. Il a ainsi préparé son corps aux montées et descentes qu’il va affronter le jour J, le 28 juin prochain.

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La séance de 80km de Kilian Jornet le 3 juin 2025. Source Strava
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Les datas de la séance. Source Coross
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L’analyse de la séance de 80 KM. Source Coros

Ce que tous les coureurs peuvent apprendre de l’entraînement de Kilian Jornet

L’intérêt des analyses et données que partage Kilian Jornet est que son approche va au-delà de l’entraînement physique. Il est évident que très peu d’athlètes élite peuvent reproduire ne serait-ce que partiellement les performances du quadruple vainqueur de l’UTMB, mais tous les coureurs peuvent apprendre de sa vision des plans d’entraînement, basée sur l’apprentissage, la connaissance de soi et la prise de décisions fondées sur des données statistiques précises et fiables. Il apparaît clairement que l’entraînement de Kilian Jornet répond toujours à un objectif clair, qu’il adapte son effort aux exigences de la journée et qu’il surveille attentivement les signes de fatigue. Ainsi, en s’appuyant comme lui sur une planification rigoureuse et une exécution précise, le tout avec une vision à long terme pour une amélioration constante, il est tout à fait possible de gagner en performance.

Les 4 points clés de la méthode d’entraînement de Kilian Jornet

Que vous vous entraîniez pour votre premier ultra ou que vous cherchiez à battre un nouveau record personnel, les points clés de la méthode de Kilian Jornet peuvent être résumés comme suit :

1 – Soyez intentionnel dans votre approche
Alignez chaque séance d’entraînement sur un objectif spécifique et sachez pourquoi vous vous entraînez.

2 – Réagissez à vos données
Utilisez les retours en temps réel de votre montre pour ajuster votre séance selon vos besoins. Vous restez ainsi en phase avec les performances et la récupération de votre corps.

3 – Construisez patiemment
Privilégiez la régularité. Les véritables progrès proviennent d’un entraînement durable à long terme.

4 – Équilibrez ambition et intention
La vie évolue, et votre entraînement doit évoluer aussi. Que vous cherchiez à concilier travail, famille ou autres engagements, progresser ne signifie pas forcément travailler plus d’heures, mais travailler plus intelligemment.

La montre de Kilian Jornet : COROS APEX 2 Pro
Source Coros

Kilian Jornet
Kilian Jornet
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Sortie : 2025
Durée : 42 minutes
Langue : Français

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Entre la Provence où elle a grandi, La Réunion où elle a vécu pendant 8 ans et découvert le trail et le Pays Basque où elle réside maintenant et enseigne – en basque ! – les mathématiques, Maud Combarieu a toujours eu la bougeotte. Et cette véritable pile électrique a une batterie qui semble ne jamais s’épuiser. Sa source d’énergie ? L’envie. Et ça marche ! Depuis sa première grande victoire sur le Trail de Bourbon dans le cadre du Grand Raid de La Réunion en 2010 à sa toute dernière victoire sur le grand format de la terrible Travesera Picos de Europa mi-juin 2025, elle n’a jamais arrêté d’enchaîner les performances. Confessions.

Esprit Trail : Tu vas avoir 47 ans le 15 août prochain, ta première victoire sur la scène internationale remonte au Trail du Bourbon, le format 100 km du Grand Raid de La Réunion, en 2010. 15 ans plus tard, tu continues de briller et gagner, comme début avril sur le format 60 km de l’Ultra Sierra Nevada ou encore mi-juin sur le format 74 km et 6560mD+ de la Travesera Picos de Europa, que tu avais également gagnée l’an dernier. Quel est ton secret de longévité ?

Maud Combarieu : Varier et prendre du plaisir. J’ai toujours fait ça. Et quand je dis varier, c’est autant les sports que les distances et les formats sur le trail. Je crois que c’est Thibaut Baronian qui avait dit « Pour pour garder le plaisir, il faut garder l’envie ». Il est impressionnant, car depuis des années et des années il fait toujours pareil, sur les mêmes formats, et je ne sais pas comment il fait pour garder cette envie ! Moi je ne pourrais pas faire la même chose pendant des années…

Lire aussi Les secrets d’entraînement d’Antoine Guillon ICI

Photo Urrullu Visual
Maud lors de la Travesera Picos de Europa, qu’elle a gagnée pour la seconde fois le 14 juin 2025. Photo Urrullu Visual

C’est pourtant la théorie de la progressivité très répandue chez les coachs : prendre le temps, maîtriser une distance avant d’aller sur du plus long, etc… Et Thibaut a attendu longtemps avant de faire enfin l’UTMB l’an dernier, alors que ça le faisait rêver depuis des années.

Maud Combarieu : Je sais, et moi aussi, quand j’habitais à La Réunion, on me disait que j’étais trop jeune pour faire le Grand Raid, alors que j’en avais envie. La progressivité est importante, parce qu’il y a une mémoire du corps. Quand tu fais une pause par exemple, tu ne reprends pas à zéro, les années se mettent les unes sur les autres, c’est comme ça que tu construis quelque chose. Mais sans faire de folie, en acceptant le fait qu’on a besoin d’un peu de temps pour que le corps s’habitue, il faut aussi savoir varier. Entre le moment où tu t’y mets et 4 ans plus tard, ton corps, il a déjà accumulé pas mal de trucs, tu peux passer à autre chose…

Comment as-tu dosé ta progression au fil du temps ? Avec un coach ?

Maud Combarieu : Oh non ! Tu sais, au siècle dernier, on ne parlait pas de coach ! (Rires.) C’est quand j’étais chez Hoka que ça a commencé, les coachs, vers 2010-2012. J’avais un niveau assez bon, j’avais fait 2ème de la CCC et les gens me demandaient si j’avais un coach et tout… Mais pour moi, c’était plus une charge mentale qu’autre chose. Mon équilibre, je le trouvais ailleurs, dans la montagne. Avant même de commencer à courir en montagne, je faisais de l’escalade et du ski de rando.

J’ai toujours aimé bouger, j’ai toujours eu beaucoup d’énergie à dépenser… Et je suis sûre que c’est cette multiplicité de pratiques qui m’a permis de progresser et de garder mon envie et ma passion intactes. Et je vais toucher du bois – mais alors du très bon bois -, je n’ai jamais été arrêtée par une blessure. En 21 ans !

Maud Combarieu Photo Jean-Benoît Roubinet
Quand Maud Combarieu ne court pas, elle prépare ses affaires. Inarrêtable… Photo Jean-Benoît Roubinet

Et ce n’est pas faute de prendre des risques, car il faut rappeler que tu as à ton palmarès un nombre incalculable de titres de meilleure descendeuse à la SkyRhune, qui était un piège à chevilles redoutable !

Maud Combarieu : C’est vrai, je pense que je les ai quasiment tous eus ! (Rires.) Mais il y en a un qui n’a pas été pris en compte, contre Blandine L’Hirondel, parce que je n’ai pas été bipée. Donc il m’en manque un ! Mais tu vois, ça me permet de revenir à la première question sur les secrets de longévité : je te disais qu’il y avait la variété et le plaisir. Eh bien les descentes, pour moi, c’est un jeu en fait. La course, c’est du plaisir.

J’ai toujours ce souvenir du pote avec lequel je courais beaucoup quand j’étais à La Réunion, je me cachais derrière les arbres, je courais d’un côté, j’allais l’emmerder de l’autre, j’étais une vraie gamine. Et ici, au Pays Basque, c’est un peu pareil avec les copains : on fait la course pour arriver au sommet, on s’amuse… Le fait que ce ne soit pas mon gagne- pain y fait aussi beaucoup, parce que j’ai d’autres choses, j’ai ma famille, j’ai mon boulot que j’aime

Quel regard portes-tu du coup sur la professionnalisation du trail aujourd’hui ?

Maud Combarieu : Ça met du stress pour la performance. Je n’ai pas ce stress-là et je n’en veux pas. Pour moi, la course est un plaisir personnel que je partage. C’est vivre. Et la vie, c’est le partage, la montagne. Et je n’ai pas l’impression que ce soit l’état d’esprit qui domine aujourd’hui dans ce milieu qui est axé sur la performance et rien que la performance.

Ça ne t’es jamais arrivé d’en avoir marre de courir et d’avoir envie de faire une pause ?

Maud Combarieu : Je n’arrive même pas à m’arrêter 3 jours, donc non, jamais ! (Rires.) Par contre j’ai plein de gens dans mon entourage qui ne sont pas des athlètes de haut niveau, des gens disons « lambda », qui quand ils se blessent ne savent plus quoi faire. Mais allez marcher en montagne ! Moi si j’ai un tendon qui me gêne, je vais marcher en montagne, je ne vais certainement pas essayer de recourir dessus ! Le cardio, je vais le bosser pareil et je vais laisser le tendon tranquille ! Ou alors je vais aller faire de l’escalade.

Mais ça, pour beaucoup, c’est pas clair ; ils vont se mettre la pression alors que si tu as autre chose que la course, tu n’auras pas la frustration de ne rien faire, tu n’auras pas le risque de reprendre trop tôt, ni l’impatience, et tu vas cultiver l’envie d’y retourner. Pour moi, ces notions de varier et de plaisir sont fondamentales !

Photo Jean-Benoît Roubinet
Maud Combarieu avec quelques membres du Team GlobeTrailers, parmi lesquels Christophe Le Saux, Antoine Guillon et Cédric Chavet. Photo Jean-Benoît Roubinet
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La 13ème édition du Trail du Saint-Jacques by UTMB, organisée au cœur d’une nature verdoyante façonnée par les volcans et ancrée dans l’histoire de son territoire et de la ville du Puy-en-Velay, a tenu toutes ses promesses, avec plus de 6500 coureurs venus de toute la France et du monde. Sur l’Ultra du Saint-Jacques, le format 100M parti de Saugues le vendredi soir, Corentin Play et Anthéa Juin ont brillé.

Trail du Saint-Jacques by UTMB : une épopée sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

Si les coureuses et les coureurs ont dû braver les fortes chaleurs du samedi (le kit canicule était activé pour les 3 courses du 100M, 100K et 20K), ils ont pu profiter des lieux emblématiques et traverser les paysages préservés qui caractérisent le célèbre chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais c’est surtout l’arrivée hautement symbolique entre la célèbre cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay et l’emblématique Rocher Saint-Michel d’Aiguilhe, tous deux classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui aura le plus marqué les esprits. Un dernier effort sur cette rampe pavée d’une centaine de mètres, au milieu des encouragements de la foule, qui restera longtemps gravé dans les mémoires. 

Trail du Saint-Jacques by UTMB : Corentin Play et Anthéa Juin s’offrent le 100M

L’aventure du 100M, Ultra du Saint-Jacques, a débuté vendredi 13 juin à 20h15 à Saugues. Le parcours de 134 km et 6050m D+ a emmené les coureurs à la découverte de Mont Devès, du Mont Recours, du Lac du Bouchet, du Mont Eycenac et du Col de Pierre Taillée. Chez les hommes, Corentin Play s’est imposé en 13h43mn05, au terme d’une belle bataille avec Guillaume Tiphene qui a décroché la deuxième place, tandis qu’Emmanuel Cauty a complété le podium.

Corentin Play
Corentin Play

Chez les femmes, c’est Anthéa Juin qui s’est imposée en 19h03mn09, réalisant une performance solide de bout en bout. La Suissesse Corina Sommer a pris la deuxième place, tandis que Camille Sere a complété ce podium. Les 3 premiers (hommes-femmes) du 100M sont qualifiés pour l’UTMB 2026 à Chamonix. 

Corentin Play, dont la progression est fulgurante puisqu’il est passé de la 4305ème place sur la SaintéLyon en 2015 à la victoire sur cet Ultra du Saint-Jacques, a confié à l’arrivée : « C’est un parcours tout en relance et une section finale qui permet de courir vraiment très vite. C’est tout ce que j’aime ! »

Anthéa Juin
Anthéa Juin

Trail du Saint-Jacques by UTMB : Incroyable remontada sur le 100K 

Le parcours du Grand Trail du Saint-Jacques, format 100K (81km et 3 400m D+) a offert une immersion complète dans la diversité des paysages du Velay. Avec un départ de Monistrol-d’Allier, connu pour son fameux pont métallique Eiffel qui enjambe le tumultueux Allier, ce parcours attaquait tout de suite les choses sérieuses jusqu’au pic de Rochegude pour un itinéraire exigeant et varié au cœur du patrimoine local. 

Chez les hommes, c’est le Mexicain Jupiter Carera Casas qui s’est imposé en 7h42mn23. Emmanuel Gault a de son côté effectué une incroyable remontée pour prendre la 2ème place, tandis que Ke Mael Rabouint a complété le podium. 

Jupiter Carera Casas
Jupiter Carera Casas

Chez les femmes, l’irrésistible Norvégienne Henriette Albon a assuré son rôle de favorite en s’imposant en 8h37mn48 après une course parfaitement menée. Elle a devancé l’Espagnole Aroa Sio et Yasmina Castro Chacon. Les 3 premiers (hommes-femmes) du 100K ont gagné leur qualification pour la CCC 2026 à Chamonix. 

Henriette Albon
Henriette Albon

Trail du Saint-Jacques by UTMB : le 20K du Chibottes pour Alexandre Meyleu et Charlotte Mouchet

Le parcours du 20K, les Chibottes, du nom des cabanes de pierres sèches au toit en forme de dôme utilisées par les agriculteurs, avec ses 26 km et 750 m de dénivelé positif, a offert une immersion intense en Haute-Loire. Depuis Solignac-sur-Loire, les coureurs ont enchaîné les kilomètres sur les sentiers avant de plonger vers la ligne d’arrivée au cœur du Puy-en-Velay. 

La course masculine a été remportée par Alexandre Meyleu en 1h53mn19. Il a devancé le favori Pierre-Arnaud Bourguenolle et l’Italien Ricardo Borgialli.

Alexandre Meyleu
Alexandre Meyleu

Chez les femmes, la course a été remportée par Charlotte Mouchet en 2h19mn06. Elle a elle aussi devancé la favorite néerlandaise Renee Cardinaals, deuxième, et Marie Genay, troisième.

Charlotte Mouchet
Charlotte Mouchet

Trail du Saint-Jacques by UTMB : le 50K du Monsitrail pour Antonio Martinez Perez et Camilla Magliano

Après les fortes chaleurs du samedi, et les orages qui ont éclaté dans la soirée, c’est dans les brumes et l’humidité que les coureurs du 50K du Monsitrail (54km et 2050m D+) se sont élancés dimanche 15 juin depuis Monistrol-d’Allier pour rallier la rampe finale de la cathédrale du Puy-en-Velay.

Chez les hommes, la victoire est revenue à l’Espagnol Antonio Martinez Perez en 4h02mn46. Il a devancé de 2 minutes le Polonais Bart Przedwojewski, tandis que Paul Iratzoquy a pris la 3ème place sur le podium.

Chez les femmes, c’est l’Italienne Camilla Magliano qui s’est imposée e, 4h54mn01. Elle a devancé Eléa Kopf et Chrystelle Lambert. Les 3 premiers (hommes-femmes) du 50K ont gagné leur qualification pour l’OCC 2026 à Chamonix. 

Voir les résultats de toutes les courses ICI

Chemin Saint-Jacques
Sur les sentiers du Saint-Jacques by UTMB.
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Vainqueur de la Yukon Arctic Ultra en février et 2ème du format 100K du Snowdonia by UTMB au Pays de Galles en avril, Mathieu Blanchard, bien que focalisé sur son objectif de la saison, la Hardrock 100 qui s’élancera le 11 juillet, continue d’avoir l’UTMB dans un coin de sa tête. Après 4 participations, dont une seconde place en 19h54 après une lutte exceptionnelle avec Kilian Jornet en 2022, le vainqueur de la Diagonale des Fous 2024 a évoqué avec notre confrère Jogging International un futur retour à Chamonix (il est d’ores et déjà qualifié pour 2026 grâce à sa 2ème place sur le Snowdonia by UTMB).

Mathieu Blanchard : « Je sais où gagner du temps ! »

L’UTMB, il ne pense pas qu’à ça en se rasant, mais ça il ressemble. Après avoir fait 2ème, 3ème et 4ème sur ses 3 dernières participations, dont un chrono de 19h54 juste derrière Kilian Jornet en 2022, Mathieu Blanchard a déclaré qu’il savait qu’il pouvait améliorer son temps : « Il y a encore beaucoup de zones à optimiser, et tant que je n’ai pas atteint ce temps minimum que j’estime entre 19h30 et 20h, je ne serai pas satisfait.

Voir le film BALANCE, le tout premier UTMB de Mathieu Blanchard, en 2018, ICI

Photo UTMB GROUP
Mathieu Blanchard et Kilian Jornet à l’arrivée de l’UTMB 2022, 2 premiers hommes à passer sous la barre des 20 heures. Photo UTMB GROUP

L’objectif n’est pas lié à un adversaire, je sais qu’un Jim Walmsley peut, un jour, le courir en moins de 19h30 – ce qui n’est pas réalisable pour moi, par rapport à mes armes. Mais je pense que je peux encore craquer le code de l’UTMB pour améliorer mon temps.

Lire aussi l’article Comment Mathieu Blanchard a “sauvé” Kilian Jornet sur l’UTMB 2022 ICI

L’an dernier, si j’ai abandonné, c’est aussi parce que j’ai oublié cette approche de la performance. Je me suis mis une pression en pensant trop à la victoire. Ça a été un gros échec, mais aussi un apprentissage énorme, qui m’a confirmé que, pour performer, je dois d’abord penser à moi et à comment faire la boucle le plus vite possible. »

Photo UTMB GROUP
Photo UTMB GROUP
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Ils ont eu du flair, et leurs athlètes ont été à la hauteur de l’événement. Partenaire pour la première année du Swiss Canyon Trail, l’équipementier Kailas Fuga avait aligné quelques-uns des membres de sa dream team au départ des différentes courses de la 30ème édition de l’épreuve suisse. Résultat : un Sangé Sherpa flamboyant malgré la pluie sur le format 100 miles exceptionnel de l’édition aniversaire, et un Miguel Arsénio redoutable sur le second plus grand des formats, le 111 km ! Quant à la reine Sissi Cussot, elle a maîtrisé le format 81 km, tout sourire malgré une météo épouvantable durant tout le week-end.

Swiss Canyon Trail : Sangé Sherpa surnage dans le chaos

Quelle patinoire infernale ! C’est sur des sentiers détrempés et boueux et dans des conditions climatiques épouvantables que le Népalais vedette du team Kailas Fuga Sangé Sherpa a réussi l’exploit de s’imposer sur le 166km (8147mD+) du Swiss Canyon Trail, un format 100 Miles inédit pour fêter les 30 ans de l’événement !

Mais la lutte (et les concours de glissades qui vont avec) a été terrible pendant près de 130km avec Anthony Pipitone, 2ème du format 111km en 2023 et 10ème de la dernière Diagonale des Fous, qui a souffert d’hypothermie durant la nuit. Au final, le sympathique Népalais plie l’affaire en 22h06, avec 26 minutes d’avance sur Pipitone et 50 sur Maxime Hourdebaigts !

Autre athlète médiatique du team Kailas Fuga, partenaire de Sangé, le Français Martin Perrier était aussi de la partie. Bien que l’esprit tourné vers le Tor des Géants, qu’il a terminé en 3ème position l’an dernier derrière François D’Haene et Beñat Marmissolle, Perrier, qui a terminé 2ème de l’Ultra-Terrestre à La Réunion en mai dernier (224 km au compteur) s’est accroché et a fait preuve de mental pour terminer dans le Top 10, en 9ème position.

Chez les femmes, Marie Janod, 6e féminine du 90km du Mont-Blanc 2024, s’est imposée en 26h06, 11ème au scratch. Elle a devancé les Suissesses Céline Bernasconi (27h58) et Dominique Ghislaine Montandon Brunner (36h42).

Sange Sherpa Photo SCT
Sange Sherpa. Photo Swiss Canyon Trail

Swiss Canyon Trail : Miguel Arsénio domine le 111 km

C’est un autre athlète du team Kailas Fuga qui s’est imposé sur le 111km et 5295mD+, le Portugais Miguel Arsénio ! Après avoir mené de bout en bout, il a franchi la ligne en première position en 10h45, et a devancé de près de 25 minutes le redoutable Chinois Ji Duo. L’Espagnol Aleix Toda Mas a terminé 3ème en 10h49.

Une belle récompense (enfin !) pour le Portugais, qui avait échoué à la 2ème place du Grand Trail des Templiers derrière Thomas Cardin en octobre dernier, et encore 2ème derrière Paul Cornu-Chauvinc lors du MIUT 115 fin avril 2025.

Miguel Arsénio Photo Swiss Canyon Trail
Miguel Arsénio. Photo Swiss Canyon Trail

Chez les femmes, c’est la locale de l’étape Ariane Wilhem qui s’est imposée chez elle en 13h31, avec une très belle 10e place au scratch à la clé ! Pour mémoire, elle avait terminé 2ème de la TDS à Chamonix en 2024 ! Elle a devancé de 20 minutes l’Américaine Sarah Humble et de plus de 50 minutes la Chinoise Li Ying.

Ariane Wilhem
Ariane Wilhem. Photo Swiss Canyon Trail

Swiss Canyon Trail : Sissi Cussot reine du 81 km

Nouvelle super performance de la toujours souriante Sissi Cussot, qui a pataugé dans la boue et sous la pluie pendant 81 km pour remporter le format 81k / 3491m D+. La résidente réunionaise, plus habitée au soleil et à la chaleur de l’île intense, s’est imposée en 10h10, 16ème au scratch. Elle a devancé de 13 minutes sa dauphine, la Néerlandaise Adriana Moser et de 46 minutes Marie-Hélène Schlosser.

Chez les hommes, la victoire est revenue à l’Allemand Janosh Kowalczyk, vainqueur du 110km de l’Istria 100 by UTMB 2024, en 7h59. Il a devancé l’Italien Davide Rivero (8h23) et le Belge Pierre Breuer (8h49).

Sissi Cussot Photo Swiss Canyon Trail
Sissi Cussot. Photo Swiss Canyon Trail

Swiss Canyon Trail : les podiums des autres courses

Format 51 km – 2632m D+

Fran Anguita Bayo (ESP) 4h00mn24s
Yang Jianjian (CHN) 4h00mn48s
Kevin Vermeulen et Aubin Ferrari (FR) 4h10mn42s

Sylvia Nordskar (NOR) 4h30mn07s
Beatriz Parron Alvarez (ESP) 5h13mn25s
Marcela Vasinova (CZ) 5h25mn26s

Format 31 km – 1380m D+

Lucas Nanchen (SUI) 2h28mn08s
Titouan Haan (FR) 2h33mn19s
Antoine Monnot (FR) 2h35mn05s

Maria Fuentes Olcina (ESP) 2h46mn29s
Cloé Prud’Homme (FR) 3h03mn11s
Anna Darmograi (UKR) 3h03mn51s

Format 16 km – 577m D+

Allan Bonjour (SUI) 1h17mn06s
Tibor Waeber (SUI) 1h18mn57s
Thomas Houle (SUI) 1h20mn54s

Clotilde Boffy (FR) 1h40mn24s
Mathilde Schucany (SUI) 1h42mn40s
Coralie Blaser (SUI) 1h43mn13s

Voir l’intégralité des résultats de toutes les courses ICI

Swiss Canyon Trail
Swiss Canyon Trail
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En octobre 2024, le traileur aventurier Sébastien Raichon avait été le premier à établir un chrono de référence sur le GR20 en autonomie complète, c’est-à-dire sans aucune aide extérieure, ni accompagnant, ni pacer. Son temps : 44 heures 43 minutes pour venir à bout des 180 km et 11000m D+ du mythique sentier corse. Le 7 juin 2025, il s’est de nouveau élancé de Calenzana, au nord, pour rallier Conca, au sud, le plus vite possible. 41 heures 53 minutes et 18 secondes plus tard, il avait établi un nouveau FKT (Fastest KnownTime).

GR20 en autonomie complète : le rêve des 40 heures

Il savait qu’il pouvait faire mieux qu’en octobre dernier. Les conditions météo de l’époque, compliquées, et une erreur de parcours sur la fin qui lui avait fait perdre une heure, l’avaient même persuadé que passer sous la barre des 40 heures était possible. Le 7 juin, Sébastien Raichon s’est donc élancé sur ce parcours qu’il aime tant avec une idée en tête : boucler le GR20 en moins de 40 heures, sans aucune aide extérieure.

La principale difficulté de l’autonomie complète, avait-il expliqué lors de ce premier record, est que le GR20 est un chemin très compliqué à suivre par endroits, où il faut quasiment s’orienter pour trouver la trace. Avec des « ouvreurs » montrant le chemin et se relayant, et des compagnons de route portant les affaires, comme le font ceux qui tentent le record avec assistance (une autre catégorie de FKT), le challenge, tout aussi compliqué en terme de technicité du sentier, est néanmoins facilité par le fait de ne pas avoir à chercher son chemin.

Mais Sébastien Raichon préfère la solitude dans l’effort, et l’autonomie complète lui va bien. C’st donc avec des temps de passage calculés à l’avance sur une base de 40 heures qu’il s’est élancé le 7 juin à 3 heures du matin pour tenter d’établir un nouveau record et de passer sous cette fameuse barre des 40 heures. Mais la météo extrêmement chaude, un bâton cassé dès les premiers kilomètres, sans possibilité de réparation ou de remplacement (merci l’autonomie totale !) lui a joué des tours. Et si le record est tombé (41 heures, 53 minutes et 18 secondes), la barre des 40 heures, elle, résiste toujours.

Les derniers mètres de Sébastien Raichon le 8 juin à l’arrivée à Conca. Photo DR
GR20 Sébastien Raichon Photo DR 1
Photo DR

Lire aussi son interview lors du 1er FKT

GR20 en autonomie totale : le débrief de Sébastien Raichon

Arrivé le 8 juin à 20h53 à Conca, Sébastien Raichon était épuisé mais heureux et rêvait d’une nuit réparatrice. Après une courte nuit, classique lorsqu’on vient de produire un tel effort, il raconte :

« Ce GR20 est vraiment vraiment un chantier colossal. Il y a 30 kilomètres faciles, le reste, c’est un chaos permanent. Sublime et instable à la fois. Les salamandres du mois d’octobre ont muté en lézards. Je ne savais pas que c’était possible ! Il y avait beaucoup plus de monde sur le sentier, mais c’était sympa. J’ai eu dans certains refuges un bel accueil, j’ai résisté non sans mal aux offrandes diverses. Quelle folie, cette autonomie complète !

L’objectif des 40h n’est pas atteint mais je suis déjà bien content. Je crois que cela reste envisageable mais toutes les planètes n’étaient pas alignées. Il m’aurait fallu une température d’automne avec le terrain sec de ce week-end. Des bâtons en état ou incassables et légers, mais vu ce que je leur impose comme contraintes… Et des poumons à 100%. Si parmi vous il y a un spécialiste de la toux grasse, je suis preneur d’un avis car c’est récurent et très limitant !

Ceci étant dit, la forme était bonne, j’ai un peu été inquiet au début qu’une blessure comme lors de la Barkley m’empêche. Je me souviendrai longtemps de cette crête au coucher de soleil après Petra Piana. Place au repos maintenant, car la Terminorum arrive vite ! 
»

GR20 Sébastien Raichon Photo DR 3
Photo DR
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