Dimanche 6 avril à 7h30, les participants de la 39ème édition du Marathon des Sables Legendary se sont élancés pour la première des 6 étapes que compte l’épreuve. Ils ont parcouru les 32 premiers kilomètres des 250 que compte cette édition dans les paysages spectaculaires du Sahara marocain. Mais si cette première étape fait figure d’étape d’acclimatation, elle a déjà mis les organismes à rude épreuve et fait des écarts conséquents.
Marathon des Sables 2025, 1ère étape : les frères El Morabity en escadrille
Ils sont 3 frères, et sont tous les 3 classés parmi les 5 premiers du classement général à l’issue de cette première étape. Autant dire que, cette année encore, la famille El Morabity est bien placée pour remporter l’épreuve. Seule incertitude : Rachid, l’aîné, remportera-t-il sa 11ème couronne, ou Mohamed, le second, ira-t-il chercher une 3ème victoire ? Quant à Mbark, le petit dernier, tiendra-t-il la distance ?
En espérant ne pas revivre le scénario de l’an dernier, où Mohamed El Morabity avait fait la course en tête durant les 4 premières étapes, comptant jusqu’à une heure d’avance sur Rachid, avant de curieusement perdre 1h 01 minute sur son grand frère lors de l’avant-dernière étape pour finalement échouer à la seconde place.
En attendant, Mohamed s’impose sur cette première étape, avec 1mn 08s d’avance sur Rahid et pratiquement 3 minutes d’avance sur Hamid Yachou, qui sera certainement l’adversaire le plus dangereux des El Morabity.
Source MDS
Marathon des Sables 2025, 1ère étape : magistrale Maryline Nakache
Quel coup de force de l’athlète du Team Cimalp ! Dans une course féminine particulièrement ouverte, Maryline Nakache, victorieuse en 2023, s’impose de belle manière sur cette première étape, prenant la 6ème place au scratch, premier concurrent non marocain hommes et femmes confondus. Elle devance la Marocaine Aziza El Amrany, gagnante de l’édition précédente, de pratiquement 10 minutes, un écart plutôt conséquent sur une première étape. La Néerlandaise Ragna Debats, gagnante en 2019, pointe à la 3ème place, à pratiquement 20 minutes de la Française.
Le Britannique Tom Evans avait faim, et il n’a laissé que les miettes à ses concurrents. Sur la plus longue des distances du Tenerife Blue Trail, un 110 km et 6100m D+ magique comportant le passage au sommet du volcan Teide, point culminant de l’île à 3715 mètres d’altitude, la nouvelle recrue du Team Asics a assommé la concurrence en terminant avec plus de 45 minutes d’avance sur son dauphin. Dans la course féminine, l’Espagnole Estel Roig s’est imposée.
Tenerife Blue Trail by UTMB : près de 3500 coureurs rassemblés à Puerto de la Cruz
La cité balnéaire de Puerto de la Cruz respirait le trail et la joie de vivre, ce 29 mars, à l’arrivée des différentes courses du Tenerife Blue Trail by UTMB. Durant toute la journée, sur l’allée du bord de mer, les coureurs se sont succédé pour franchir la ligne d’arrivée, sous les acclamations du public admiratif. Ceux du 110km, partis la veille à 23 heures, et qui avaient jusqu’au dimanche 2 heures du matin pour en finir, étaient les plus applaudis. Mais qu’ils soient finishers du 110, du 73, du 45 ou du 24 km, tous affichaient des sourires qui en disaient long sur le plaisir d’avoir couru sur cette île aux parcours si diversifiés.
Tenerife Blue Trail 110KM : Tom Evans large vainqueur
A tout seigneur tout honneur, on ne peut que saluer la performance du Britannique Tom Evans, qui a survolé le 110 km. Parti de la plage de Los Cristianos, il n’aura mis que 12h 32mn pour rallier l’arrivée à Puerto de la Cruz. « J‘ai beaucoup de chance d’être ici. C’est un parcours fascinant. J’ai commencé très calmement, puis l’altitude a joué un rôle. Rentrer chez moi avec ces images dans la tête, c’est inoubliable », a commenté le vainqueur, tout sourire.
La deuxième place est revenue au Canarien Manuel Alexis Martín (13h18), tandis que la troisième place est revenue au Canadien Jean-François Cauchon, avec un temps de 13h35.
Tom Evans, vainqueur du 110KM. Photo Organisation / UTMB Group
Tenerife Blue Trail 110KM : la surprise Estel Roig
Chez les femmes, la victoire est revenue à la Catalane basée en Suisse Estel Roig, qui a bouclé le parcours en 15h16. « Je ne sais même pas quoi dire. Je ne m’attendais pas à ce résultat », a déclaré l’une des surprises de la course. Deuxième au classement, Linda Boldane a terminé en 15h58, tandis que la troisième à franchir la ligne d’arrivée était Mélanie Delasoie, avec un temps de 16h30.
Estel Roig à l’arrivée du 110K. Photo Organisation / UTMB Group
Tenerife Bluetrail 73KM : Anna Tarasova et Andrzej Witek s’imposent
Le Polonais Andrzej Witek a remporté le 73KM, dont le départ a été donné à 6h00 de Vilaflor, avec un temps de 5h55. « Vilaflor est ma deuxième maison, car j’y ai passé les trois derniers mois. Je suis très heureux d’avoir gagné cette course. Aujourd’hui a été une bonne journée pour moi », a déclaré le coureur polonais. À la deuxième place, on retrouve le premier vainqueur de l’histoire du Tenerife Bluetrail, l’Espagnol Miguel Heras, avec un temps de 6h14. La troisième place est revenue au Français Baptiste Petitjean, avec un temps de 6h16. « C’était incroyable. J’ai fait ma meilleure course aujourd’hui. Le chrono était parfait », a-t-il commenté.
Chez les femmes, Anna Tarasova a devancé les autres coureuses avec un temps de 6h57. « C’est mon meilleur résultat. Il faisait très chaud, mais le paysage là-haut est magnifique. Le parcours est magnifique, donc c’est plus facile de courir, on ressent moins la fatigue. Et le parcours était très bien balisé. » La Zimbabwéenne Emily Hawgood a franchi la ligne d’arrivée en deuxième position avec un temps de 7h23, tandis que l’Espagnole Beatriz Parrón a terminé troisième avec un temps de 7h49.
Photo Organisation / UTMB Group
Tenerife Bluetrail 45KM : Inés Astrain et Marcin Kubica devant
La Pologne s’est également illustrée sur la plus haute marche du podium dans la catégorie 50 km, avec la victoire de Marcin Kubica en 3h49. « C’est le meilleur résultat de ma carrière. Je m’entraîne ici depuis un mois, ce qui était très important car nous n’avons pas ce terrain en Pologne », a déclaré l’athlète. Yoel de Paz, des Canaries, a terminé deuxième avec un temps de 3h50, suivi de Pablo Bautista (3h51). « C’était vraiment dur, mais c’est spectaculaire. Je suis sûr de revenir », a promis l’Espagnol.
Chez les femmes, la gagnante est l’Espagnole Inés Astrain en 4h24. Elle devance ses compatriotes Julia Font Gomes (4h29) et Gema Arenas (4h31).
Tenerife Bluetrail 24KM : Toni McCann et Alex García les plus rapides
C’est allé très vite sur le 24 km, qui comportait comme les autres courses la terrible montée de l’Assomadero (600m D+ sur 2km). Avec un temps de 1h54, l’Espagnol Alex García a franchi la ligne d’arrivée à Puerto de la Cruz peu avant 20h00. « C’était une course très rapide et magnifique. Ce format semi-nocturne lui a donné du peps et je suis très heureux de débuter la saison en gagnant à Tenerife. Ça n’aurait pas pu être mieux. Je suis sur l’île depuis deux semaines et j’invite tout le monde à venir, c’est un véritable paradis », a déclaré le vainqueur. Il a été suivi par son compatriote Adrian Ivars, avec un temps de 1h57 et le Polonais Kamil Lesniak.
Chez les femmes, la Sud-Africaine Toni Mccann, vainqueur de l’OCC en 2023 et de la CCC en 2024, est montée sur la plus haute marche du podium avec un temps de 02h08, suivie de l’Espagnole María Fuentes (02h10) et la Polonaise Katarzyna Solinska (02h14).
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/03/Tenerife-Blue-Trail-2.jpg7501200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-03-31 18:20:552025-03-31 18:21:00Tenerife Blue Trail by UTMB : Tom Evans et Estel Roig domptent le volcan Teide
Un carnage. Une boucherie. Une hécatombe. Tous les médias sans exception ont employé ces mots de fin du monde pour décrire l’édition 2025 de la Barkley Marathons, 38ème du nom, organisée par Lazarus Lake dans le Frozen Head State Park, une forêt lugubre bourrée de ronces du Tennessee. Avec des abandons en cascade dès la première boucle, aucun concurrent dans les temps pour entamer la 4ème boucle et un seul finisher sur la Fun Run, le verdict est lourd.
Pourtant, des coureurs expérimentés étaient au départ, dont John Kelly, finisher en 2017, 2023 et 2024, Aurélien Sanchez, premier vainqueur français en 2023, ou encore Sébastien Raichon, qui avait bouclé 4 tours et échoué de peu l’an dernier. Alors, pourquoi tant de dégâts ? Dans un texte en forme de déclaration d’amour à la Barklet publié sur les réseaux sociaux, Aurélien Sanchez l’explique admirablement.
Barkley Marathon : être « infaisable »
L’esprit de la Barkley a toujours été le même, depuis le début : organiser une course avec 40 candidats maximum au départ (la première édition, en 1986, en comptait 13), que personne ne serait capable de terminer, et qui deviendrait une obsession dans l’esprit de ceux qui s’y aventurent.
Si le format a pu varier au fil des ans, sans jamais connaître de finisher, il est établi depuis 1995 pour la 10ème édition à 100 miles (160,9 km très précisément) et un dénivelé de 60000 pieds (18288m) à réaliser sous forme de 5 boucles dans un temps imparti très strict de 12 heures par boucle, avec un certain nombre de pages de livres à dénicher sur chacune des boucles, comme autant de check points obligatoires. La Barkley Marathons telle qu’on la connaît aujourd’hui était née.
Dès la première année de ce nouveau format, le Britannique Mark Williams débarque et réussit à terminer 5 tours, qui se faisaient alors tous dans le même sens. Immédiatement, Laz réagit et décide d’obliger les coureurs à alterner sur les 4 premiers tours, deux étant réalisés dans un sens, les deux autres dans le sens inverse, l’ordre pouvant changer selon les éditions. Il n’y a que lors du cinquième tour que le coureur peut choisir le sens dans lequel il courra. Et encore, uniquement s’il est seul, car s’il y a 2 concurrents, chacun doit partir dans un sens différent. Tout est fait pour que cette course reste impossible à finir. Lot de consolation pour ceux qui n’iraient pas au bout, la possibilité de faire une Fun Run, c’est-à-dire 3 tours complétés en moins de 40 heures.
Photo DR
Barkley Marathon : le « cauchemar » de 2024
Si de 1996 à 2000 aucun concurrent n’a réussi à boucler les 5 tours, les 3 éditions entre 2001 et 2004 (celle de 2002 sera annulée, le Parc de Frozen Head étant fermé) connaissent toutes 1 ou 2 finishers. Mais au fil des éditions, de plus en plus de concurrents parfaitement entraînés réussissent à finir les 5 boucles, dont 3 en 2012 et en 2023. Jusqu’à la « catastrophique » édition 2024, où 5 coureurs sont finishers, dont pour la première fois une femme, Jasmin Paris, à 99 secondes du gong final, dans un finish resté dans les mémoires.
5 finishers dans une course censée être impossible à finir, il était évident que Lazarus Lake devait réagir ! Et il n’allait pas rater l’occasion.
Les 5 finishers de la Barkley 2024, dont Jasmin Paris, 1ère femme de l’histoire de la course. Photo DR
Barkley Marathon 2025 : la course fascinante et infaisable vue par Aurélien Sanchez
Le 23 mars 2025, Aurélien Sanchez, finisher et surtout vainqueur de l’édition 2023 dans un chrono de 58 heures 23mn 12s, c’est-à-dire avec plus 1h36 d’avance sur la barrière horaire des 60 heures, a publié un texte édifiant sur les réseaux sociaux, où il parle à la fois de sa fascination pour l’épreuve, de l’engagement qu’elle demande et du fait qu’au moment où ils ont découvert le parcours, quelques heures avant le départ de la course, tous les concurrents ont compris qu’il ne pourrait y avoir de finisher : Laz avait rajouté 2 côtes terribles d’environ 300m D+ sur le parcours de chaque boucle, soit 1h00 à 1h30 d’effort supplémentaire. En finir une serait compliqué, 2très compliqué, 3 quasi infaisable…
Aurélien Sanchez : «Ce qui m’a fasciné dès le début dans cette course, cette aventure, c’est l’inconnu et la curiosité, de cette épreuve atteignable mais quasi inaccessible. De 1986 à 1994, la Barkley, celle que nous connaissons aujourd’hui (5 boucles en 60 heures), n’avait jamais été terminée. Elle était dite impossible par la communauté. Et puis Mark Williams, venu d’Angleterre ne sachant pas qu’elle était inatteignable, est devenu le 1er finisseur des 5 boucles. Elle n’a cessé d’évoluer depuis, pour être à la limite du possible, et maintenir ce taux de 1% de réussite qui la rend si sublime.
La Barkley se renforce en même temps que les méthodes d’entraînement sont approfondies, en même temps que le matériel de course se perfectionne. Ainsi, chaque année, nous nous demandons si elle est vraiment finissable ou si elle n’est pas allée trop loin, hors de portée.En 2023 j’ai eu le privilège de résoudre cette énigme, de trouver la recette. Une recette qui nécessite un engagement total, pour laquelle je n’avais pas suffisamment faim en 2024 lors de ma deuxième tentative, avortée après deux boucles.
En 2025, l’appétit était revenu, j’étais décidément prêt, avec ma recette de 2023 entre les mains. J’étais cette fois-ci déterminé à aller chercher au plus profond de moi-même une nouvelle fois, pour revivre ces émotions rares et uniques.
Lundi 17 mars, nous découvrons les changements et le parcours de cette nouvelle Barkley 2025.Il y avait certes 8 Finisseurs sur les deux dernières années, mais tous avec au mieux 1h37min de marge, profitant tous aussi d’une météo parfaite, et enfin étant chacun des personnes d’expérience et entièrement engagées.
J’avais donc anticipé au pire un changement qui rajouterait 15 ou 20min par boucle, ce qui aurait énormément compliqué la tâche (soit une heure de marge en moins sur la totalité), tout en restant dans le spectre du possible.
Ce lundi, le changement est devant nos yeux : ça sera minimum entre 1h00 et 1h30 de plus par boucle.
La course démarre, avec le départ le plus tardif de l’histoire à 11h37. J’ai à cœur de tout tenter tout de même, et je pars devant avec la précieuse compagnie de mes amis Maxime (Gauduin, NDLR) et Sébastien (Raichon, NDLR). Nous avançons très bien, trouvons les deux premiers nouveaux livres, et continuons jusqu’à avoir 30min de retard sur le prévisionnel de l’an dernier à la mi-boucle.
Au bout de 5h la chaleur me grignote, et je ralentis, me retrouvant seul désormais. L’énergie baisse. L’alimentation se complique. Les crampes arrivent.Je suis à la tour en 7h15, avec 1h30 de retard, le moral est au plus bas. La descente de RatJaw est un enfer, chaque geste pour éviter les ronces ou pour essayer de ne pas tomber dans la pente me provoque des spasmes musculaires difficilement tolérables.
Et puis la nuit arrive, je ne peux plus monter sans m’allonger au sol toutes les 5 minutes, en état de capitulation, écrasé par la douleur et le désespoir. Mes pieds crampent, je m’assois et c’est au tour de mes hanches…, je me mets sur le côté et ce sont mes cuisses, mes mollets… Ma mâchoire crampe, je ne savais même pas que c’était possible.
Je m’empêche d’abandonner avant les 2 derniers livres, et je pousse pour malgré tout finir cette boucle. Ce que je fais dans la douleur, en 12h, au lieu des 8h45 que j’espérais avant de découvrir ce nouveau parcours.
Je touche la barrière, je donne mes pages, et je m’assois avec Lucille et Guillaume qui tentent tant bien que mal de me faire repartir, mais je n’ai ni la force ni l’état pour le faire. Ma Barkley est déjà terminée.
Des regrets ? Aucun, zéro, j’ai tenté, j’ai joué, j’ai tout donné et j’ai explosé.Reste ceci dit une énorme déception, celle d’avoir permis, sans sagesse ni expérience, de m’amener dans cet état de déshydratation, en cumulant deux erreurs principales: celle d’une mauvaise allure et gestion de course, et celle d’une mauvaise hydratation.
La Barkley m’a fait grandir en révélant mes faiblesses ces 8 dernières années, c’est une opportunité de plus pour accepter mes erreurs , mes faiblesses, et apprendre.Cette année la Barkley est redevenue le mythe, celle qu’on dit impossible à finir. Et pourtant, un jour, je sais qu’elle sera vaincue à nouveau. »
Tout est dit. Lazarus a gagné. Mais les aventuriers reviendront. Et vaincront un jour.
Barkley Marathons 2025 : le silence imposé par Lazarus Lake
Née à une époque où les réseaux sociaux n’existaient pas, la Barkley est longtemps restée une course confidentielle, jusqu’à ce que la fascination qu’elle exerce sur les athlètes qui s’y frottent contamine les médias. Ces deux dernières années, nous avons ainsi pu vous faire vivre la course tour après tour, en fonction des informations communiquées par les journalistes envoyés spéciaux sur l’événement, ou par les membres des “crews” soutenant les concurrents. Mais Laz, sans doute échaudé par le battage médiatique autour des 5 finishers de l’an dernier, avait décidé de durcir non seulement la course, mais les conditions de communication. Ou plutôt, de les interdire, carrément.
Mais comment interdire à des médias de communiquer ? La réponse a été trouvée par Laz : en menaçant les concurrents eux-mêmes ! Ainsi, tout concurrent dont l’équipe d’assistance aurait communiqué des informations reprises sur les réseaux, scrutés minute par minute par les équipes de Laz, risquait de ne plus jamais avoir le droit de participer à la course. Les coureurs n’avaient même pas le droit de révéler aux médias qu’ils participaient à la course ! Pour mieux contrôler la communication, Laz a tout de même désigné une personne, Keith Dunn, pour informer la « planète » du déroulement de la course via son compte X (ex-Twitter), qui allait nourrir d’infos données au compte-goutte les médias du monde entier, sans jamais dévoiler de nom tant que Laz ne l’y aurait pas autorisé. La dictature à l’état pur.
C’est ainsi qu’il a fallu attendre le 3ème tour pour être autorisé à divulguer les noms du Japonais Tomokazu Ihara, de l’Américain John Kelly et des Français Sébastien Raichon et Maxime Gauduin, les seuls à avoir été cités.
Bien sûr, Esprit Trail était informé de la présence au départ de Sébastien Raichon, Claire Bannwarth, Maxime Gauduin ou encore Aurélien Sanchez, mais par respect envers les coureurs, nous avons accepté de ne pas divulguer leurs noms ni aucune information à leur sujet durant la course. Mais la dictature de la parano qui a régné sur place durant plusieurs jours est-elle digne de la beauté de cette course ?
Esprit Trail supprimé du groupe confidentiel de suivi de la Barkley
Comment informer sur une course passionnante sur laquelle tout le monde attend des informations, quand l’organisation impose un silence rigoureusement contrôlé?
Notre envoyée spéciale sur place, notre amie Cécile Bertin, qui faisait partie de l’assistance de Claire Bannwarth, nous avait prévenu plusieurs jours avant : il ne faut pas citer les noms des concurrents, ils ont été menacés de sanctions si ils donnaient des informations sur leur participation ! Pauvre Cécile, perdue dans cette forêt du Tennessee, avec un silence imposé. Les rares fois où elle a pu accéder au Media Center (drôle, un Media Center quand il est interdit de communiquer !) pour avoir du réseau et envoyer des messages par WhatsApp, c’était pour dire : je ne peux rien dire !
L’équipe d’assistance de Sébastien Raichon, de son côté, nous avait gentiment inclus dans le groupe de suivi confidentiel WhatsApp, envoyant des photos et des informations sur la préparation de la course, l’attente interminable, illustrant tout cela par quelques petites photos de groupe, Sébastien et les autres Français… Avec toujours ce rappel : ne publiez rien, ne dites rien !
Il a donc fallu se résoudre à attendre les informations délivrées par Keith Dunn pour pouvoir vous informer en live. Pas grand-chose en fait : l’heure à laquelle Laz a donné le départ en allumant sa cigarette, et puis attendre, meubler, raconter quelques histoires sur le passé… Et illustrer avec quelques photos, parce qu’un post Facebook sans photo, c’est triste à mourir.
Et par malheur, nous avons fauté ! Nous avons fait l’erreur de publier sur nos posts 4 photos qui avaient été envoyées dans le groupe confidentiel. Oh, rien de bien méchant, il y avait 2 photos de forêt, sans personne dessus, une photo de l’antenne métallique, sans personne dessus, et une photo de la chaise de Lazarus, sans personne dessus. Il n’en a pas fallu plus pour que nous soyons supprimés illico de ce groupe confidentiel. Nous en avions trop montré. Nous n’avions rien montré, mais nous en avions trop montré !
Dès que la demande nous a été faite de supprimer les photos « litigieuses », nous nous sommes exécutés, les remplaçant par des photos d’archives. Mais une photo de forêt, franchement ! Elle aurait pu dater de 2024, de 2023, de 1995…
Nous n’en voulons bien sûr pas à l’équipe de Sébastien, très sympa au demeurant, et certainement mise sous pression par les équipes de Laz, qui répétaient sans cesse qu’il y aurait des sanctions si des informations fuitaient.
Mais on peut se poser la question de savoir pourquoi Laz a fait début 2025 une tournée en France, apparaissant sur divers évènements, faisant la promotion de sa Barkley, si au final c’était pour terroriser tout le monde et interdire la diffusion d’informations de cette façon. Il y a quelque chose qui nous échappe…
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/03/Scherm_afbeelding-2023-03-14-om-17.01.30.png5911200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-03-24 15:24:192025-03-24 17:03:03Barkley Marathons 2025 : pourquoi il était impossible de la finir
C’était la petite surprise de la 18ème édition : l’annonce d’un nouvel ultra-trail de 120km qui sera proposé par l’EcoTrail Paris dès l’édition 2026. Et l’ambassadeur choisi pour cette révélation n’était autre que le plus Parisien des ultra-runners : Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte. En dehors de ce scoop, plus de 16000 coureurs étaient répartis sur les 2 jours de courses qui ont vu l’Espagnol Andreu Simon Aymerich et la Suédoise Anna Carlsson s’imposer sur le prestigieux 80km.
150% d’EcoTrail Paris : la trace de Casquette Verte
Alexandre Boucheix teasait sur ses réseaux sociaux depuis quelques semaines, parlant de son 150% d’EcoTrail Paris sans en révéler la nature, mais tout en laissant entendre qu’on pourrait suivre sa trace en live. Et pour cause, cette trace serait celle de la nouvelle épreuve de l’EcoTrail en 2026. Car si Alexandre Boucheix a franchi la ligne d’arrivée au premier étage de la Tour Eiffel, comme les coureurs du 80 km, il n’était pas parti de Saint-Quentin-en-Yvelines, mais du Château de Rambouillet, 40 km plus loin, à 4h00 du matin. Il venait en fait de dessiner les premiers contours du nouvel ultra-trail de 120km qui sera proposé par l’EcoTrail Paris dès l’édition 2026 !
La trace de l’EcoTrail 120km faite par Casquette Verte dans son 150% d’EcoTrail mystère.
EcoTrail Paris 80 km : un finish haletant
Dans l’épreuve reine qui se disputait samedi 22 mars, le 80 km, il aura fallu attendre les derniers mètres pour connaître le nom du vainqueur, entre l’Espagnol Andreu Simon Aymerich et Loïc Rolland, les 2 principaux favoris de la course. Et c’est finalement l’Espagnol qui a coupé en premier le ruban de la victoire au 1er étage de la Dame de Fer, en 5h49mn34s, avec 53 secondes d’avance sur le Français du team Kiprun. Corentin Play prend la 3e place.
Chez les femmes, la favorite suédoise Anna Carlson s’impose en 6h51mn30s. Elle devance Agathe Teillet-Magot de 30 minutes et Aurélie Grangé-Paul de 26 minutes ! A noter la superbe 4ème place de la toujours aussi souriante Sylvaine Cussot, 3 fois vainqueure de l’épreuve en 2016, 2018 et 2021.
Loïc Rolland et Andreu Simon Aymerich au coude-à-coude lors de l’arrivée dans Paris. Photo EcoTrail Paris
EcoTrail Paris : les podiums du samedi 22 mars
Podium 80km hommes :
Andreu SIMON AYMERICH (Espagne) (05:49:34)
Loïc ROLLAND (05:50:27)
Corentin PLAY (05:58:49)
Podium 80km femmes :
Anna CARLSSON (Suède) (06:51:30)
Agathe TEILLET-MAGOT (07:11:23)
Aurélie GRANGÉ-PAUL (07:17:16)
Podium 45km hommes :
Alexandre MEYLEU (03:03:19)
Eloi GUIGON (03:08:27)
Edgar DIAS (03:15:32)
Podium 45km femmes :
Emilie TISSOT (03:34:51)
Quitterie RIBES (03:55:16)
Laurine MATEUS (04:07:16)
Podium 30km hommes :
Gatien AIRIAU (01:52:06)
Nicolas DALMASSO (01:59:02)
Aurélien JEGOU (01:59:25)
Podium 30km femmes :
Claire MEYER (02:15:46)
Laura BERNARD (02:16:00)
Manon LOBJOIS (02:22:28)
Andreu Simon Aymerich, vainqueur du 80km. Photo EcoTrail Paris
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/03/IMG_8382.jpg6981200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-03-23 08:26:212025-03-24 11:25:50EcoTrail Paris : résultats des courses et annonce d’un ultra-trail de 120km en 2026 présenté par Casquette Verte
C’était la course de début d’année que tout le monde attendait : Jim Walmsley, Kilian Jornet et Vincent Bouillard, les vainqueurs des 3 derniers UTMB Mont-Blanc, sur une même ligne de départ. Au menu : une boucle de 125 km et 5200m D+ dans les vignes du chianti. L’enjeu : des tckets d’or pour la Western States Endurance Run en juin, et pour l’UTMB 2026. Mais la bataille n’a pas eu lieu : Jim n’a laissé aucune chance à ses adversaires.
Si la venue de Jim Walmsley, sans véritable enjeu puisque déjà qualifié pour la WSER en tant que dernier vainqueur, et de Vincent Bouillard assurée depuis longtemps, celle de Kilian Jornet était plus énigmatique. Et pour la bonne cause : Emelie Forsberg, sa compagne, devait accoucher de leur 3ème enfant. Le timing approprié, avec une naissance la semaine précédent la compétition, a permis à Kilian d’être présent en Italie. « Je suis arrivé hier et je manque un peu de sommeil, a-t-il confié avant le départ, mais je suis heureux d’être là et j’espère avoir mon ticket pour la WSER. »
Chianti Ultra Trail : un trio durant 40 km
La météo ne leur a pas fait de cadeau, avec une pluie fine qui détrempait tout, lorsque les coureurs se sont élancés à 4 heures du matin, à la lueur de leur frontale. Et tous ceux qui rêvaient d’une virée entre vignes et châteaux sous le soleil italien en ont pris pour leur grade, en pataugeant dans une boue rendue infâme par le piétinement des coureurs qui les précédaient.
Heureusement devant, notre trio n’en a pas trop souffert, qui s’est rapidement détaché. Slalomant entre les flaques, sur les larges sentiers roulants, ils ont peu à peu pris le large sans se lâcher d’une semelle, trio royal pendant 40 kilomètres.
Le trio magique sous la pluie. Photo Chianti Ultra Trail by UTMB
Chianti Ultra Trail : et Jim Walmsley accéléra
« C’est venu tout naturellement, expliqua-t-il à l’arrivée. Je voyais que j’étais bien et que dès que j’accélérai un peu, les autres avaient du mal à suivre, alors dans la montée après le 40ème kilomètre j’ai un peu accéléré et ils n’ont pas suivi. » Aussi simple que ça. « Il trouvait que ça allait trop lentement », dira Kilian Jornet en souriant à l’arrivée, impressionné par la course de son ami. Mais il fallait voir Jim allonger sa foulée, l’une des plus belles du circuit, d’une fluidité parfaite, pour comprendre la vitesse à laquelle il évoluait. Entre 12 et 15 km/heure, imperturbable.
Accélération de Jim Walmsley. Personne n’a pu suivre. Photo Chianti Ultra Trail by UTMB
Au final, l’Américain s’impose en solitaire en 9h 59mn 48s. Derrière, un petit bras de fer se dessinait entre Vincent Bouillard et Kilian Jornet. Le dernier vainqueur de l’UTMB tenta une accélération dans une descente, à 3 kilomètres de l’arrivée, mais Kilian recolla, jaugea, sourit, puis accéléra à son tour dans la montée finale, à 500 mètres de la ligne. Suffisant pour déposer un Bouillard éprouvé mais heureux d’avoir pu courir 120 kilomètres au côté du Catalan.
Photo Chianti Ultra Trail by UTMB
À noter les jolies performances également d’Aubin Ferrari, qui a fini sur les chapeaux de roues pour prendre la 4ème place. Quant au recordman du GR20 Lambert Santelli, plutôt habitué aux cailloux corses qu’aux autoroutes italiennes, il prend la 5ème place.
Western States Endurance Run, les voilà !
Avec un Jim Walmsley qualifié d’office, les deux Golden Ticket reviennent donc à Kilian Jornet et Vincent Bouillard, qui se retrouveront tous les 3 sur la ligne de départ de la WSER le 28 juin prochain dans la Sierra Nevada, en Californie, pour un 100 Miles qui promet d’être explosif. Kilian l’a remporté en 2011, Jim 4 fois, dont l’année dernière, et en détient le record en 14h09, et Vincent la découvrira.
Le terrain sera certainement plus à l’avantage de Jim que de Kilian, mais ce dernier illustre ce qu’il avait tenté d’expliquer lors de l’affaire du « Boycott de l’UTMB », à savoir que les meilleurs mondiaux ne se retrouvent pas toujours en août à Chamonix sur le même parcours, mais aillent se challenger sur d’autres grandes épreuves, pour jouer la variété. Dont acte.
Dans la course féminine, la Britannique Fiona Pascual s’impose en 12h35. Elle devance la Finlandaise Johanna Antila et l’Espagnole Azara Garcia de los Salmones.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/03/Chianti-Ultra-Trail-1.jpg8681200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-03-22 18:48:202025-03-22 18:51:38Chianti Ultra Trail : Jim Walmsley loin devant Kilian Jornet et Vincent Bouillard
Si au-delà de 100 kilomètres les coureurs d’ultra-trail pénètrent dans un autre monde, le 100 Miles constitue un objectif qui en fait rêver beaucoup, mais n’accueille que peu d’élus. Il implique en effet de passer au moins une nuit dehors, à courir sur les sentiers, et demande une très grande résistance physique et mentale et une capacité à s’alimenter bien éprouvée. Mais que la récompense peut être belle pour ceux qui réussiront à en venir à bout. Notre sélection des 10 des ultra-trails de 100 Miles ou plus à faire une fois dans votre vie.
Grand Raid des Cathares – 161 km et 7200m D+
Avec un départ et une arrivée dans la plus belle cité médiévale de France, inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO, le Grand Raid des Cathares marque les esprits des traileurs troubadours, qui partiront à l’assaut des plateaux arides, des forêts sauvages des Corbières et des montagnes des Pyrénées audoises.
C’est à une course de pleine nature en boucle sur un parcours varié, alternant chemins cathares, pistes, singles tracks et routes cabossées qu’invite le Grand Raid des Cathares, un 100 Miles idéal pour s’imprégner de ces Corbières rustiques et authentiques.
Après un départ de nuit à la Cité de Carcassonne depuis la porte de Narbonne, les « hérétiques en baskets » partiront pour une longue boucle qui les mènera vers le Château d’Arques, ancienne maison forte de la fin du XIIIème siècle dotée d’un haut donjon carré cantonné de quatre tourelles d’angle circulaires.
Il sera alors temps de gravir le très isolé Pic de Bugarach, point culminant des Corbières à plus de 1200 mètres d’altitude, pour découvrir de son sommet le panorama qui s’étend des Pyrénées à la Montagne Noire et de la Méditerranée à la haute vallée de l’Aude, avant d’entamer le retour en repassant par le Château d’Arques et de rallier la ville basse de Carcassonne et la Salle du Dôme, lieu d’arrivée.
Période : octobre Départ : Carcassonne (Aude) Site ICI
Photo Cyrille Quintard
Ultra-Trail Métropole Nice Côte d’Azur – 159 km et 8200m D+
Ne vous fiez pas à la douceur de son nom, car avant de voir la Côte d’Azur et le bleu de la Méditerranée, il faudra venir à bout du Mercantour et de ses champs de cailloux. Mais que le chemin de la plage est séduisant…
Distance mythique, le 100 Miles part d’Auron et atteint rapidement le point culminant du parcours à plus de 2650 mètres d’altitude : le Rabuons et ses paysages minéraux uniques le long du Sentier de l’Énergie, une superbe construction historique qui s’étend sur plus de 8 kilomètres et surplombe la vallée de la Tinée de 1 300 mètres.
Après avoir traversé des forêts de châtaigniers et les méandres de la Tinée à plusieurs reprises, le tracé longe les merveilles du massif du Mercantour puis poursuit à mi-parcours sur de belles crêtes à plus de 2000m d’altitude.
Il est alors temps de s’orienter plein sud à travers des paysages plus méditerranéens, de fournir un dernier effort pour franchir les 4 monts que sont le Mont Leuze, le Mont Vinaigrier, le Mont Alban et le Mont Boron pour, au détour d’un escalier abrupt, se retrouver en bord de mer et de filer le long de la côte jusqu’à l’arrivée tant convoitée sur la Promenade des Anglais. Yes you did it !
Période : septembre Départ : Auron (Alpes-Maritimes) Site ICI
Photo UTMB Group
Infernal Trail des Vosges IT200 – 200 km et 10000m D+
Son nom annonce la démesure : l’Infernal Trail des Vosges promet l’enfer à qui s’y frotte. Classé comme l’un des trois ultras les plus difficiles de l’Hexagone, l’IT200 est devenu une institution en matière d’ultra-distance dans le Grand Est comme en France. Peut-être abandonnerez-vous, mais vous reviendrez.
On dit de lui qu’il mange le cerveau autant que les cuisses, petit à petit, au fil des sentiers dans les sombres forêts et des aléas climatiques qui, en septembre, peuvent jouer des tours. Et il faudra un mental à toute épreuve pour venir à bout de ces 200 kilomètres à travers le Massif des Vosges, qui traversent les deux régions des Vosges et de l’Alsace. Si l’imagination dessine des collines aux formes arrondies, la réalité morphologique de ces Ballons des Vosges révèle des pics de difficultés qui s’accumulent au fil des kilomètres pour atteindre un dénivelé positif final de 10000m, sans même avoir mis le pied en haute montagne. Alors plutôt que de lutter contre cet environnement infernal, il faut l’épouser, faire corps avec lui, comme sait si bien le faire Maud Méry de Montigny, pour s’émerveiller de la beauté des montagnes, des sapinières et autres sous-bois flamboyants que trouent des petites rivières et qu’égayent des villages pittoresques. Une bouffée de nature avec un grand N.
Période : septembre Départ : Saint-Nabord (Vosges) Site ICI
Photo Organisation
Grand Raid du Finistère GRF 166 – 166 km et 3700m D+
C’est à la découverte de la Presqu’île de Crozon, cette terre de bout du monde en forme de croix, aux côtes déchiquetées, arête centrale du trident par lequel se termine la péninsule bretonne, qu’invite le Grand Raid du Finistère, une aventure en autonomie partielle, sans balisage, à la merci des caprices du ciel. Un « bout du monde » aux racines de l’esprit trail.
Finistère, du latin finis Terrae, là où se finit la Terre. Le seul département de France à être touché par trois mers : l’océan Atlantique, la Manche et l’Iroise. Entièrement englobé dans le Parc naturel régional d’Armorique, ce territoire est le point d’ancrage de François Hinault, l’organisateur, breton de cœur et d’âme, ultra-traileur passionné, qui a longtemps – toujours ? – rêvé d’un événement pour montrer à quel point la Bretagne est une terre de sport et de culture, jusqu’à le créer lui-même en 2023.
C’est ainsi le long de sentiers de randonnée qui serpentent à travers les landes sauvages et les rochers escarpés, offrant des vues à couper le souffle, qu’avec son équipe il a dessiné le tracé de ce Grand Raid du Finistère, un tour complet de la Presqu’île de Crozon à effectuer sans balisage, avec une simple trace GPX pour guide. Ici, les coureurs doivent maîtriser la gestion de leur course, tant sur le plan de l’orientation que de l’alimentation, puisqu’aucune denrée alimentaire n’est proposée sur les quatre bases de vie où les attendent leurs sacs, uniquement de l’eau, froide ou chaude. Mais le décor vaut de relever le défi, au plus près de cet océan Atlantique, pour emplir ses poumons d’iode et d’oxygène en écoutant les oiseaux marins chanter les louanges de leur paradis.
Période : septembre Départ : Telgruc-sur-Mer (Finistère) Site ICI
Photo Cyrille Quintard
Grand Raid des Pyrénées Ultra Tour 160 – 165 km et 9875m D+
Loin de la grand messe de Chamonix, dans ces Pyrénées sauvages et discrètes où la nature a encore toute sa place, le Grand Raid des Pyrénées, ou GRP, comme le surnomment les initiés, figure parmi les courses les plus belles et exigeantes de l’ultra-trail mondial et a rejoint en 2024 le World Trail Majors, un réseau mondial de trails emblématiques, partageant les valeurs de respect, d’inclusivité et d’indépendance.
Les Alpes ont leur UTMB, les Pyrénées leur Grand Raid. Créée en 2008, l’épreuve reine de l’Ultra Tour 160 propose une véritable aventure autour du massif du Néouvielle avec un passage par le Pic du Midi de Bigorre, à 2877m d’altitude, point culminant du parcours. Réputée pour ses nombreux passages très techniques, l’épreuve l’est aussi pour la grandeur du décor, fait de montagnes escarpées, de lacs, ruisseaux, cascades et autres chemins monotraces amenant les coureurs dans des lieux sauvages où la nature préservée tient encore toute sa place.
C’est d’ailleurs une des préoccupations majeures de l’organisation, le GRP s’engageant à limiter l’impact de l’événement sur l’environnement et encourageant les participants au fait de « courir sans laisser de traces ». Une discrétion telle que lors de la première édition, il n’y avait même pas de ligne d’arrivée à franchir ! Au fil des ans, les aléas météo en ont fait un ultra aussi redoutable que redouté, où d’une vallée à l’autre tout peut arriver. Mais ceux qui en sont venus à bout sont unanimes : il n’y a rien de plus authentique que les Pyrénées.
Période : août Départ : Vieille-Aure (Hautes-Pyrénées) Site ICI
Photo Photossports Gran Canaria World Trail Majors
Grand Raid du Guillestrois-Queyras Ultra Tour – 170 km et 11000m D+
Ce sont des chiffres qui donnent le vertige : avec ses 12 cols à plus de 2300 mètres et une altitude moyenne de plus de 2000 mètres, ce 100 Miles, le plus haut de France, accumule les passages aériens. Mais l’épreuve est loin de se résumer à son altitude : c’est aussi un trail sauvage et grandiose, une aventure à part entière.
12, comme les 12 Travaux d’Hercule. 12, comme 12 cols à plus de 2250m d’altitude. Ainsi se présente le chantier qui attend les guerriers qui s’embarqueront sur l’Ultra Tour du GRGQ. Avec une altitude moyenne de 2085m, le 100 Miles le plus haut de France ne va pas vous épargner.
Parmi les cols les plus redoutables, on citera celui du Tronchet (2347m), au KM 36, première gros morceau de la course, une ascension courte, mais hard, puis le Pic du Malrif (2906m), au KM 56, la VRAIE grosse difficulté de la 1ère partie, avec près de 900m de D+ à avaler, un final bien raide mais en haut, une vue panoramique à 360° de toute beauté.
C’est au 7ème col, au KM 90, que vous commencerez à vous demander pourquoi vous êtes là. Ce Col Vieux, à 2805m, c’est un gros chantier dans le chantier : 1100m de D+ d’un coup. À côté, l’ascension suivante du Pic de Caramantran (3025m), au KM 95, point le plus haut de la course, passera crème. Reposez-vous bien à la base de vie de Ceillac, car après, c’est le Col Girardin (2699m) qui vous attend, au KM 131. 1100m de D+ au menu, dans une partie du Queyras très touristique avec les deux sublimes lacs Miroir et St-Anne. Sortez l’appareil photo et soufflez, rien ne presse. Sauf la barrière horaire, bien sûr !
Surtout que s’annonce alors le Col de Serenne (2674m), au KM 147, véritable point de bascule de l’Ultra Tour. Si vous le franchissez, vous serez finisher ! Mais vous allez en baver, car c’est une terrible ascension de 1060m de D+ qui démarre très fort, avec une 1ère partie à près de 35%. Viendra alors le dernier des 12 « salopards », le Col « Sous Escreins » (2660m), au KM 160. Vous pourrez commencer à chanter « Délivrance », mais il faudra quand même « manger » ses 900m de D+ sur 6km, dont une 1ère partie très raide, avec le fameux passage des mains courantes et des escaliers qui montent dans une pente à près de 100% ! Vous maudirez sûrement l’orga, mais après, promis, une dernière descente et à vous la médaille de FINISHER !
Période : juillet Départ : Guillestre (05) Site ICI
Photo Organisation
Grand Raid de La Réunion, La Diagonale des Fous – 175 km et 10150m D+
L’Île de La Réunion, l’Île intense, est un territoire unique. Prendre le départ du Grand Raid permet de humer sa terre, de côtoyer le vrai des hommes et des femmes qui vivent là. Cette Diagonale infernale existe depuis plus de 30 ans, et continue de faire rêver les passionnés de grande aventure.
On ne dit presque rien si l’on décrit le parcours côté chiffres : le Grand Raid de La Réunion, appelé aussi Diagonale des Fous, est une épreuve de 175 km et 10150 m de dénivelé qui traverse l’Île de la Réunion par les cirques de Cilaos et Mafate, du Sud au Nord. Mais ce long chemin est bien autre chose…
C’est d’abord un départ dans une atmosphère électrique, les coureurs se lançant dans l’obscurité, éclairés par leurs seules lampes frontales, pour affronter plus de 10000 mètres de dénivelé. Un défi aussi, contre les conditions météorologiques changeantes, les terrains difficiles et l’altitude variable, où il faut naviguer à travers des sentiers étroits, franchir des ravins, traverser des rivières et gravir des sommets.
Une rencontre sauvage, où l’on va voir, sentir, pleurer sûrement, tomber tout aussi sûrement, se relever certainement. Des noms de lieux qui claquent comme des invites à s’émerveiller : Piton de la Fournaise, Nez de Bœuf, Mare à Boue, Bloc de Kerveguen, Cilaos, Taïbit, Mafate, Marla, Roche Plate, Deux Bras, La Possession, La Grande Chaloupe, Colorado…
Mais c’est surtout La Redoute, ce stade dont on rêve 175 kilomètres durant et où se joue l’arrivée comme on rentre dans un chaudron bouillant qui brûle ardemment pour son île et les traileurs qui la célèbrent. Il n’y a nul endroit où une épreuve sportive se vit par toutes et tous avec une telle ferveur. Et cela dure depuis désormais plus de trois décennies…
Période : octobre Départ : Saint-Pierre (La Réunion) Site ICI
Photo Organisation
Ultra Marin Le Grand Raid – 175 km et 1430m D+
La mer, les participants de l’Ultra Marin auront le temps de la voir danser, elle et ses reflets d’argent, et de ressasser la chanson de Trenet durant les 175 km du Grand Raid, son épreuve phare, qui fête cette année sa 20ème édition. Mais qui a fait une fois le tour complet du Golfe du Morbihan ne rêve que d’une chose : le refaire. Kenavo ! (« à la prochaine » en breton), dit-on là-bas.
Rendu unique par ses paysages maritimes et par la traversée à bord de bateaux semi-rigides de l’embouchure du Golfe du Morbihan entre Port-Navalo et Locmariaquer durant la course, de jour comme de nuit (15 minutes hors du temps), le Grand Raid de l’Ultra Marin propose aux concurrents d’évoluer dans un terrain de jeu unique, le long de plages de sable et sur les chemins qui bordent le littoral, d’où l’on peut notamment apercevoir les nombreuses îles présentes sur la petite mer, Mor-Bihan en breton, ainsi que la richesse de la faune et la flore locales.
Si le dénivelé est modeste, faire le tour complet de cette mer intérieure et de sa quarantaine d’îles blotties en ses eaux est une épreuve réservée aux plus endurcis, capables de courir pendant des heures puisqu’ici, aucune montagne ne permet de récupérer en marchant un peu. Mais se faire un golfe, en solo ou en relais à 4, sans quasiment jamais lâcher les sentiers côtiers, c’est une immense bouffée d’iode qui s’appelle « reviens » !
Période : juin Départ : Vannes (Morbihan) Site ICI
Photo Cyrille Quintard
Ultra-Trail du Mont-Blanc – 171 km et 10000m D+
UTMB, quatre lettres qui résonnent comme un rêve pour bon nombre de coureurs d’ultra-trail. Certes, se retrouver sur sa ligne de départ, au centre de Chamonix, relève du parcours du combattant. Running stones, tirage au sort, le parcours est long, semé d’embûches et d’incertitudes. Mais quand enfin on y est, quel pied !
Si on doit à Michel et Catherine Poletti la création en 2003 de ce qui est devenu le « sommet mondial du trail », l’idée de faire le tour du massif du Mont-Blanc en courant est bien plus ancienne. Ainsi, dès 1978, Jacky Duc et Christian Roussel, membres du club alpin de Chamonix, effectuent la première boucle non-stop et en autonomie, histoire de voir si c’était possible. Ils mettent alors un peu moins de 25h pour un tracé de 160 km et 5000m D+, ouvrant de nouvelles perspectives à ce tour du massif qui était avant tout une affaire de randonneurs.
Le Super Marathon du Mont-Blanc créé en 1987 propose ainsi une course par étapes, qui devient dans les années 90 une course par équipe, avant de disparaître en 1999, faute de succès. Jusqu’en 2002, quand le Chamoniard Michel Poletti, traileur confirmé, lance l’idée d’une compétition effectuant le tour du Mont-Blanc en courant d’une seule traite, en passant par l’Italie et la Suisse. Moins d’un an plus tard, l’Ultra-Trail International du Tour du Mont-Blanc voit le jour.
La grande aventure débute, et l’engouement est immédiat. Le 30 août 2003 au petit matin, ils sont près de 700 sur la ligne de départ. Et le premier vainqueur de ce nouvel ultra-trail est tout un symbole : il s’agit du Népalais Dawa Sherpa, incarnation d’un esprit trail fait de générosité, simplicité et solidarité.
Depuis, l’UTMB est devenu un Graal à conquérir pour les meilleurs traileurs du monde, et en a rendu plus d’un célèbre. Impossible de tous les citer, mais on peut évoquer Vincent Delebarre, premier vainqueur français dès la deuxième édition en 2005, Marco Olmo, le vétéran italien, double vainqueur en 2006 et 2007, la Britannique Lizzy Hawker, qui reste encore aujourd’hui la seule athlète à s’être imposée à cinq reprises, mais aussi François D’Haene, quatre fois vainqueur, ou Xavier Thévenard, triple couronné. Sans oublier bien sûr l’ultra-terrestre Kilian Jornet, véritable légende du trail, devenu en 2008 le plus jeune vainqueur de l’épreuve, à tout juste 20 ans, avant de remporter en 2022 sa quatrième couronne en franchissant la ligne d’arrivée en moins de 20h sur le parcours officiel depuis 2015 de 171km et 10000m D+.
Période : août Départ : Chamonix (Haute-Savoie) Site ICI
Photo UTMB Group
Ut4M 180 Challenge – 176 km et 11500m D+ en 4 étapes
Avec 4 massifs à portée de main, Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse, la métropole grenobloise constitue un incroyable terrain de jeux pour les adeptes du trail. Les parcourir les uns après les autres, à raison d’un par jour, est un concept unique qui traduit une volonté de concevoir un ultra-trail accessible au plus grand nombre.
L’Ultra Tour des 4 Massifs, ou Ut4M, est le trail à la carte le plus complet du calendrier, avec 90 options pour découvrir le territoire autour de la capitale des Alpes. Un massif ? Deux massifs ? Quatre massifs ? Un par jour ? Grand format ? Petit format ? Toutes les combinaisons sont possibles. Si l’épreuve reine, le 180 Xtrem, qui propose d’enchaîner les quatre massifs non-stop, est réservée aux plus aguerris, un format original permet de goûter aux quatre Fantastiques en quatre étapes, à raison d’un massif par jour, Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse pour finir.
Ainsi, les coureurs de l’Ut4M 180 Challenge peuvent effectuer le même parcours que la version non-stop à raison de 40 à 45 km quotidiens, avec un classement général temporaire établi après chaque étape. Différence de taille entre un ultra classique et ce Challenge, la récupération ! Car en ne courant que la journée, le corps peut se reposer durant une nuit complète pour repartir au matin avec des jambes toutes fraîches, tandis que l’esprit peut déconnecter pour recharger les batteries afin de mieux lire et appréhender le terrain le jour suivant.
Un concept d’autant plus séduisant qu’au fil des jours, en reconnaissant tous les matins les visages autour de vous, vous allez nouer des liens avec des compagnons qui partagent la même aventure. C’est aussi ça, l’esprit trail.
Période : juillet Départ : Grenoble (Isère) Site ICI
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/03/OPEN-ULTRA-100-MILES-Grand-Raid-Guillestrois-Queyras.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-03-18 07:43:122025-03-18 07:43:15Le TOP 10 des plus beaux ultra-trails de 100 Miles de France
Courue sous un beau soleil printanier, la 22ème édition du Ceven’Trail qui s’est déroulée les 1er et 2 mars entre les contreforts du Mont Aigoual et le cirque de Navacelles a consacré deux champions sur sa distance la plus longue, l’Ultra du Bout du Cirque et ses 101 kilomètres et 4500m D+. Retour sur un week-end de rêve dans les Cévennes.
Ceven’Trail : Jean Blancheteau et Charlotte Allain remportent l’Ultra du Bout du Cirque
Il faisait pas loin de 0° à 4 heures du matin sur la ligne de départ de l’Ultra du Bout du Cirque, dans le petit village du Vigan, dans le Gard, mais le ciel dégagé promettait une belle bambée. Jean Blancheteau, dernier vainqueur de l’Intégrale de l’Échappée Belle et 9ème de ce même Ultra du Bout du Cirque en 2023, faisait figure de favori et s’apprêtait à appliquer sa stratégie : partir doucement et remonter les concurrents 1 à 1.
Un plan suivi à la lettre qui lui a permis de prendre la tête à 20 kilomètres de l’arrivée et de s’imposer en 11h15. Il devance d’un peu plus de 4 minutes Simon Bossis et d’un peu plus de 5 minutes François Guyon, qui a mené pendant plus de la moitié de la course avant de céder sur la fin. A noter la belle 6ème place de l’infatigable Antoine Guillon, à une quarantaine de minutes du vainqueur du jour.
Antoine Guillon, tout sourire à l’arrivée avec une 6ème place. Photo Ceven’Trail
Chez les femmes, très belle performance de Charlotte Allain qui s’impose en signant le 8ème chrono de l’épreuve (sur 322 partants), en 12h18. Gagnante de l’Ultra Menestrail (104 km et 3500m D+) en décembre dernier, 8ème de la TDS et gagnante de la Trans Aubrac Ultra (107 km et 3450m D+) en 2024, Charlotte Allain a pris la tête de la course féminine vers le 40ème kilomètre et a ensuite fait cavalier seul. Elle devance à l’arrivée Florianne Gautier de plus de 30 minutes et la Roumaine Oana Mihalcea de près d’une heure.
Charlotte Allain tout en maîtrise, 1ère féminine et superbe 8ème au général. Photo Ceven’Trail
Ceven’Trail : les résultats des autres courses
Sur le Trail aux Étoiles (63 km), c’est Simon Carrière qui, en 6h00, remporte la course chez les hommes et Aline Coquard, 4ème de la dernière Diagonale des Fous, chez les femmes en 7h08. Martin Kao et Bastien Jannetta font 2 et 3 chez les hommes, tandis que le podium féminin est complété par Kiliane Grenier et Elodie Nicolas.
Le Marathon de la Toureille (42 km) a été dominé par les frères Dan et Tom Aragon, qui font 1 et 2 en 3h48 et 3h49 devant le Corse Louis Vanucci. Sur cette course très relevée, Manu Gault fait 4ème et Ugo Ferrari 6ème. Chez les femmes, la victoire revient à Léa Sellin, 16ème au scratch en 4h38, devant Marie-Charlotte Turco et Béatrice Vezinet.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/03/BLANCHETEAU-Photo-CevenTrail.jpg7711200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-03-05 11:21:082025-03-05 11:21:11Ceven’Trail 2025 : Jean Blancheteau et Charlotte Allain au Bout du Cirque !
Avec une start list de rêve sur le format 45km et 2600m D+ de la Grande Baume, le Trail de la Sainte-Baume, du côté de Marseille, promettait une belle bagarre. Et ce fut à la fois grandiose… et humide.
Trail de la Sainte-Baume : le faux départ de Noël Giordano
Tout a commencé par un grand éclat de rire. Très concentré sur la ligne de départ, le Corse Noël Giordano, vainqueur en octobre du format Challenge de l’Atlas Quest au Maroc, est soudain parti tout seul, le regard rivé sur sa montre. La raison ? Alors de Kamel, le speaker emblématique des Trails de Provence, parlait au micro, Noël Giordano écoutait la bande-son musicale qui mettait l’ambiance et dans laquelle, à un moment donné, eut lieu un décompte de 9 à GO. Il n’en fallait pas plus pour qu’il détale…
Relevant la tête et s’apercevant après quelques mètres qu’il était seul en piste, le Corse revint vite se placer dans les rangs, à côté de son compère Lambert Santelli, recordman du GR20 et vainqueur de son côté du format ultra-trail de l’Atlas Quest en octobre dernier. Quelque peu chambré par ses adversaires et amis, Giordano garda le sourire pour s’élancer quelques secondes plus tard lorsque Kamel libéra enfin les coureurs.
Parmi eux, on notait également la présence de Sylvain Court, champion du monde de trail 2015, toujours très performant en début de saison, et qui s’était imposé l’an dernier début mars sur le format 75km (écourté à 57 en raison de la météo) du Trail du Ventoux. Et, prémonition, le jeune Enzo Rinaldi, dont Kamel, toujours très bien informé, annonçait qu’il fallait « se méfier de ce jeune qui monte, qui monte » !
Noël Giordano s’élance… un peu trop tôt ! Photo Esprit Trail
Trail de la Sainte-Baume : Enzo Rinaldi s’impose
Bravant le froid et la pluie fine qui a rendu le terrain très glissant, c’est finalement le jeune coureur provençal qui a dominé les élites en bouclant les 45km en 4h14, à 10,60km/h de moyenne ! Il a devancé Jonathan Moncany, déjà 2ème en 2017 et 3ème en 2020, de 7 minutes. Et c’est Noël Giordano qui est monté sur la 3ème marche du podium, à 8 minutes du vainqueur du jour. Au pied du podium, on retrouve le vainqueur de 2019 Lambert Santelli, suivi de Sylvain Court.
Un ciel gris et pluvieux pour grimper vers le Pic de Bertagne, sommet du massif de la Sainte-Baume. Photo Stéphane NoëlAu côté de l’organisateur, Noël Giordano, 3e, Sylvain Court, 5e et Jonathan Moncany, 2ème. Photo Stéphane Noël
Trail de la Sainte-Baume : Jennifer Hausmann tout en haut
Chez les femmes, la victoire revient à Jenny Hausmann. 2ème l’an dernier derrière Charlotte Klein, elle signe un chrono de 5h31 qui lui vaut la 22ème place au scratch. Manon Campano, gagnante l’an dernier du format 111km de la VVX etdu format 83km du Swiss Canyon Trail, monte sur la 2ème marche du podium, à 7 minutes de la gagnante du jour. Aurore Tual, gagnante en août dernier des 84km du Super Bélier, termine 3ème à 12 minutes !
Le podium féminin de la Grande Baume. Photo Stéphane Noël
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/SAINTE-BAUME-Enzo-Rinaldi.jpg8601200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-02-24 11:25:582025-02-24 11:26:01Trail de la Sainte-Baume : Enzo Rinaldi et Jennifer Hausmann remportent la Grande Baume
En terminant 2ème de la Yukon Arctic Ultra seulement quelques heures après Mathieu Blanchard, Guillaume Grima est entré de plain pied dans la légende de cette course extrême de 600 km dans le Grand Nord canadien, où les températures peuvent atteindre -40 à -50°. De retour « sur terre » après ses 8 jours dans l’enfer du froid, le musher ubayen de 26 ans témoigne.
Comment se passe le retour à la civilisation ?
Guillaume Grima : Ça va ! Une grosse vague de messages et de sollicitations, ce qui est nouveau pour moi. Physiquement, je récupère doucement, je me repose et je mange.
Guillaume Grima : J’avais mon téléphone pour prendre des photos mais il était en mode avion, je n’avais aucun contact avec l’extérieur. J’envoyais seulement un message par jour à ma copine, via satellite, pour lui dire comment j’étais. C’était un choix d’être déconnecté.
Vous conseilleriez la Yukon Arctic comme digital detox ?
Guillaume Grima : (Rires.) Ce n’est peut-être pas nécessaire de faire 600 km mais ça fait du bien, parce qu’on se retrouve avec soi-même !
Photo Alexander Davydov
Pourquoi y êtes-vous allé ?
Guillaume Grima : J’ai grandi dans les Alpes du Sud, à Barcelonnette. J’ai toujours vécu entre le ski et le froid. Je suis arrivé au Yukon il y a deux ans et demi pour découvrir le milieu des chiens de traîneau. C’est là que j’ai découvert ce genre de course. Comme je fais de l’ultra trail je me suis dit, ça a l’air cool ! J’avais fait les 150 km il y a deux ans. Depuis, je voulais faire la grande pour me challenger, avoir ce côté froid et survie, vivre une aventure en quasi-totale autonomie.
Ressent-on la différence entre -20 et -40°C ?
Guillaume Grima : Oui ! Jusqu’à -20°C, ce sont les bonnes températures pour évoluer dans ce milieu car on a l’équipement pour lutter contre. Il ne fait pas assez chaud pour transpirer mais ce ne sont pas des températures extrêmes. À partir de -30°c, ça commence à faire froid, on réfléchit quand on enlève les gants, il faut faire les choses vite, installer le bivouac rapidement. En dessous de -40°C, même avec la doudoune d’expédition, on sent le froid. Il faut alors tout le temps être en mouvement, si on s’arrête plus de 20 minutes, ça peut devenir dangereux.
Avez-vous conservé tous vos orteils ?
Guillaume Grima : J’ai tout ! On a un contrôle médical à tous les checkpoints, soit tous les 45 à 80 km. Ils nous regardent les doigts, les pieds, le nez, les oreilles, vérifient qu’on est encore lucide, si on arrive à refaire nos lacets, etc.
Cette course est-elle plus éprouvante physiquement ou mentalement ?
Guillaume Grima : Jusqu’au 150ème kilomètre, soit les deux premiers jours, c’est beaucoup physique. À partir de là, la fatigue nerveuse et musculaire s’installe et le mental entre en jeu parce qu’on est dans l’inconfort permanent. On est humain, on veut que ça s’arrête. Il faut alors se rappeler pourquoi on est là et ne pas gâcher l’opportunité qu’on s’est créée d’y être. Penser à des réconforts, la famille, les amis, au premier petit-déjeuner après la course avec des bonnes patates et du bacon ! (Rires.)
Vous êtes-vous fait quelques frayeurs ?
Guillaume Grima : La nuit qui a suivi les aurores, ça a été la plus froide de toute la course. J’avais installé un thermomètre sur la luge et en longeant une rivière, c’est descendu à -48°C… Cette nuit-là, j’avais décidé de ne pas dormir pour atteindre le dernier checkpoint au petit matin, ça a été très éprouvant. J’avais toutes mes affaires sur moi mais je sentais qu’il ne fallait pas que je m’arrête. Avec la fatigue, mes yeux se fermaient et ma vision se troublait. J’ai eu la chance de trouver une cabane de trappeur ouverte. C’était un abri au sec qui m’a autorisé à fermer les yeux 20 minutes. En arrivant au checkpoint, je croise Mathieu Blanchard qui me précédait de quelques heures et on se prend dans les bras. On venait de vivre un enfer de froid. J’ai pleuré, c’était un moment intense.
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Réalisez-vous la performance sportive que vous venez de faire ?
Guillaume Grima : Un peu… J’essaie de comparer ça à un UTMB et le temps qui me séparerait de Mathieu. Rapporté à la distance, je finis très peu de temps derrière et c’est une énorme surprise pour moi. J’y allais avant tout pour la finir. Je me suis lancé en solitaire dans cette aventure en essayant, sans succès, de trouver des sponsors et partenaires, en m’entraînant sans coach et avec ma pulka. Avec l’engouement et les sollicitations que je reçois, je réalise que c’est une performance !
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/GUILLAUME-GRIMA-1-Photo-Alexander-Davydov.jpg7991200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2025-02-17 08:40:562025-02-17 08:42:37Guillaume Grima, 2ème de la Yukon Arctic Ultra : « À – 40°C, ça devient dangereux ! »
Réputée comme étant l’une des courses les plus dures au monde, se disputant dans le Grand Nord Canadien par des températures pouvait atteindre -40 à -50°, la Yukon Arctic Ultra 2025 a rendu son verdict après un suspense terrible. Mathieu Blanchard s’est finalement imposé, au bout de l’effort, devançant de seulement 4 heures un autre Français, Guillaume Grima. Seuls 5 coureurs à pied sur 38 partants étaient encore en course au moment où les deux premiers hommes ont franchi la ligne d’arrivée.
Yukon Arctic Ultra : les conseils de Thierry Corbarieu, premier Français à avoir gagné cette course en 2019
Alors que le 2 février les 38 concurrents au départ du format long de la Yukon Arctic Ultra, soit 600 km, s’apprêtaient à partir, Thierry Corbarieu confiait : « Le physique est très important car le parcours est très vallonné et tu dois tirer ta pulka qui pèse 25kg entre 15 et 20 h par jour. Il faut aussi être prêt à peu dormir. Pour ma part, c’était 1 h 30 par jour. C’est une course glaciale où aucun détail ne doit être négligé au péril de sa vie. Elle est vraiment hors catégorie, Il faut un engagement total ou aller sur les formats plus courts. […] Le froid est la principale difficulté bien sûr, avec un départ à -34° et des nuits à-40° sous la tente. Le sommeil est le facteur prédominant avec la débauche d’énergie impressionnante. La distance est aussi très longue et les points de contrôles éloignés. Tu fois être capable de te gérer sans l’organisation. J’ai passé par moment 20h sur la fin sans voir personne, Il faut être prêt là aussi. »
Yukon Arctic Ultra : la frayeur de Mathieu Blanchard
Après s’être porté rapidement en tête, Mathieu Blanchard a connu une énorme frayeur lorsqu’il a dû s’arrêter longuement au CP5, après 293 km de course, après avoir lancé un appel à l’aide URGENT. La raison : il ne parvenait plus à respirer normalement. « C’est comme si je n’avais qu’1/4 de mes poumons disponible », a-t-il indiqué dans son appel à l’aide, espérant pouvoir s’entretenir avec un pneumologue pour faire le point et décider de la suite de son aventure. Après plusieurs heures de repos et avoir pu discuter avec le médecin local pour écarter quelques pistes, Mathieu Blanchard, rejoint par ses poursuivants immédiats, a fini par repartir. Il a rattrapé le Britannique Matt Weighman quelques heures plus tard et repris la tête, pour ne plus la quitter. Le Britannique a de son côté abandonné, victime du froid, les pieds en partie gelés, comme bon nombre de concurrents.
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Yukon Arctic Ultra : des difficultés insoupçonnées
En cours de route, Mathieu Blanchard a pu communiquer avec son crew, qui postait en retour sur les réseaux sociaux des commentaires de l’athlète qui en disent long sur la difficulté de l’épreuve. Parmi eux, celui-ci, posté après qu’il est arrivé au CP de Shelton Lake, au KM 420 : « Je n’ai jamais rien fait d’aussi difficile dans ma vie. Tout est difficile dans ces conditions de froid extrême. La gestion de la nourriture, de l’eau, du sommeil, de la survie, du froid, des vêtements, de l’humidité dans les équipements. J’ai dormi en tout 13 heures depuis le début. Enfin, pas dormi, je me suis mis 13 heures dans mon sac de couchage, mais je ne dois jamais vraiment dormir dans le froid fait mal et la fatigue physique aussi. Ça fait une moyenne de 2h30 de sommeil par jour. Le parcours est nouveau, l’organisateur ne l’a pas repéré. C’est pas possible. C’est quasi impossible d’avancer dans ces méga pentes raides avec la pulka chargée. Et le pire sur ce dernier tronçon de 80 km, quasi personne n’était passé. La neige n’était pas bien tassée, j’avais l’impression de traîner une ancre de 3 tonnes derrière moi. »
Yukon Arctic Ultra : une épreuve extrême et le message de Mike Horn
« J’ai la peau du visage un peu brûlée, les muscles très endoloris mais c’est normal je crois », a commenté quelques heures plus tard Mathieu Blanchard lors d’un échange avec son crew, avant de faire poster sur son compte un message d’encouragement pour son poursuivant, Guillaume Grima. Ce dernier, ultra-traileur ayant déjà effectué l’UTMB mais inconnu du grand public, avait déclaré au début de l’aventure « J’y vais mais j’ai peur ». Il a prouvé qu’avec force entraînement et humilité, et un mental hors norme, l’humain est capable de se dépasser et de dépasser ses propres craintes.
C’est également de l’aventurier Mike Horn, dont Mathieu Blanchard ne se cache pas qu’il l’inspire, qu’est venu un message de soutien inattendu, lorsqu’il s’est adressé à Mathieu Blanchard en lui disant : « On ne lutte pas contre le froid. Il faut l’accepter, l’embrasser. » Un baiser au goût de glace…
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Yukon Arctic Ultra : une larme (gelée) et du respect
Jusqu’au bout, Guillaume Grima aura poussé Mathieu Blanchard dans ses retranchements, revenant sur lui pour finalement terminer second, 4 heures et 10 minutes plus tard.
A l’arrivée de la course, Mathieu Blanchard a posté sur les réseaux sociaux une photo de lui, une larme coulant sur sa joue avant de se transformer en glace, et ce message :
« Une larme. Elle contient tout. La douleur, la joie, la folie, la survie, l’accomplissement, le combat, la souffrance, l’euphorie, la peur. Je viens de finir cette Yukon Arctic Ultra. 7 jours 22 heures. Ce n’est pas une victoire contre le froid ou la distance. C’est un retour à l’essentiel. À l’instinct. À ma nature sauvage. »
Quelques heures plus tard, alors que Guillaume Grima venait d’en finir et que les deux hommes sont tombés dans les bras l’un de l’autre, Mathieu Blanchard postait un autre message, de respect celui-ci : « La compétition n’est pas faite pour écraser l’autre, mais pour s’élever grâce à lui. Guillaume, tu es une force mentale et physique incroyables. Tu m’as poussé plus loin que jamais, et c’est grâce à toi que j’ai découvert de nouvelles limites. Merci pour cette aventure. Bravo champion. »
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Yukon Arctic Ultra : des chiffres qui en disent long
Derrière l’exploit des 2 hommes, les chiffres en disent long sur la difficulté de l’épreuve. Pour Mathieu Blanchard, cela donne :
– Km parcourus : 608,7 – Dénivelé total : 6564m – Distance parcourue par jour : 73,5km – Temps cumulé en mouvement : 4 jours 11h 35mn – Temps cumulé à l’arrêt (repos, soins du corps, gestion du froid…) : 3 jours 10h 39mn – Vitesse moyenne en mouvement : 5,7km/h – Vitesse moyenne globale : 3,1km/h