Vous vous entraînez dur, mais votre estomac ne suit pas ? C’est sans doute parce que votre corps n’est pas suffisamment habitué à digérer pendant l’effort. Le Gut Training, ou entraînement digestif, est une méthode qui consiste à entraîner l’intestin, comme on entraîne les muscles, pour mieux tolérer l’apport énergétique nécessaire à la performance. Kilian Jornet est passé maître en la matière. Partage d’expérience.

Entraînement gastro-intestinal : pourquoi la digestion devient-elle plus difficile en course ?

Lors d’un effort physique, votre corps donne la priorité à vos muscles et à vos poumons en leur envoyant en priorité de l’oxygène et des nutriments. Pour y parvenir, il réduit l’afflux sanguin vers le système digestif, rendant l’absorption des aliments plus compliquée. Cette situation affecte particulièrement la vidange gastrique, soit le transfert du contenu de l’estomac vers l’intestin grêle.

Ce processus est essentiel, car c’est dans l’intestin que les nutriments sont absorbés. Une vidange gastrique trop lente cause des lourdeurs et des nausées, tandis qu’un passage trop rapide vers l’intestin peut entraîner des ballonnements et des diarrhées, car les nutriments ne sont pas correctement assimilés. De plus, les mouvements répétitifs de la course à pied, notamment les impacts au sol, accentuent ces désagréments en augmentant l’agitation du contenu gastrique.

Sans préparation adéquate, tenter d’ingérer des glucides ou des liquides en pleine course devient donc une vraie épreuve pour l’organisme.

Photo Maurteen
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Entraînement gastro-intestinal : comment le Gut Training améliore-t-il votre performance ?

En habituant votre système digestif à recevoir des nutriments pendant l’effort, le Gut Training réduit les troubles digestifs liés à l’exercice (crampes, nausées, ballonnements…) et améliore votre tolérance à l’alimentation en course. Il permet également de limiter les problèmes de mal-absorption des glucides, qui sont souvent responsables de l’inconfort gastro-intestinal.

Résultat : une meilleure assimilation de l’énergie, des protéines et des électrolytes, une nutrition plus efficace pendant l’effort, et une performance plus stable, avec moins de risques de contre-performance liés à la digestion.

Entraînement gastro-intestinal : quels nutriments faut-il intégrer dans son Gut Training ?

Vous l’aurez compris, le Gut Training ne se limite pas aux glucides. Pour une stratégie nutritionnelle complète, il est essentiel d’habituer progressivement votre système digestif à absorber trois éléments clés :

  • Les glucides : Votre principal carburant de l’effort. Un entraînement régulier améliore leur assimilation et limite les troubles digestifs.
  • Les électrolytes : sodium, potassium et autres minéraux jouent un rôle clé dans l’hydratation et la prévention des crampes.
  • Les protéines : essentielles pour la récupération et pour limiter la dégradation musculaire sur les efforts prolongés.

L’idéal est donc d’habituer progressivement votre intestin à tolérer ces trois éléments en pleine course. Avec une nutrition adaptée, comme les produits combinant glucides, protéines et électrolytes, vous simplifiez cet entraînement et optimisez votre absorption des nutriments de manière progressive et efficace.

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Kilian Jornet lors de sa traversée des Alpes. Photo Nick-Danielson

Entraînement gastro-intestinal : l’avertissement de Kilian Jornet

Si pendant ses séances d’entraînement classiques Kilian Jornet ne prend jamais de nourriture et boit rarement, il prend en revanche très au sérieux les séances spécifiques destinées à l’entraînement gastro-intestinal. Partage d’expérience.

« Pour bien s’alimenter sur 100 miles, il n’y a pas de formule toute prête : il faut de l’entraînement et de l’expérimentation. Et pour performer sur une course comme la Western States, le confort est surtout dans vos tripes. En fournissant lors des entraînements la bonne quantité de glucides par heure, le corps peut s’adapter et s’habituer. Mais vous devez vous entraîner beaucoup pour vous assurer que tout va bien dans votre estomac.

Comme tout, surtout en nutrition, il faut tester et voir ce qui fonctionne bien, et comprendre que la physiologie de chacun est absolument différente. Ce qui fonctionne pour moi est possible du fait de mon métabolisme des graisses et du fonctionnement de mes reins, qui est issu de nombreuses années de pratique. »

Kilian Jornet insiste aussi sur le fait que si la complémentation en course est un facteur important, l’alimentation quotidienne l’est tout autant. « La nutrition est l’un des facteurs que j’ai le plus améliorés ces dernières années, en grande partie grâce à Jesus Alvarez-Herms (notamment professeur de physiologie de l’exercice à l’université de Barcelone, NDLR). Je suis beaucoup plus concentré sur mon alimentation quotidienne et je pense que cela a augmenté non seulement mon niveau de performance, mais aussi ma capacité de récupération.

Mon régime quotidien est végétarien, avec une base de glucides dans les pommes de terre, le riz, les pâtes, le quinoa, le pain, des légumes, des protéines et les graisses des légumineuses, les noix, l’avocat, le fromage, les œufs… Et je prends des suppléments d’oméga 3 et 6, de vitamine D et certains probiotiques. »

Photo Maurteen
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L’alimentation de Kilian Jornet durant les courses

Entre courses courtes et longues, le Patron adapte sa stratégie en fonction de ses besoins, qu’il connaît sur le bout des ongles de ses orteils. Décryptage de son alimentation durant ses dernières participations aux grands événements.

Courses courtes (Zegama et Sierre-Zinal)

– Dîner avant la course : glucides (riz, pommes de terre ou pâtes), certaines graisses comme l’avocat et les noix. Quantité normale.
– 3h avant course : Petit déjeuner (une tranche de pain)
– 2h avant la course : Maurten Carb Bowl (40gr) – Eau
– Pendant la course : 1 gel toutes les 30 minutes (Gel Maurten 25gr, le 1er avec de la caféine, les autres sans).
Hydratation aux ravitaillements, soit de l’eau, soit une boisson énergétique riche en glucides (Maurten MIX 320). Environ 0,2 à 0,25 litres / heure.

Photo Jordi Saragossa : Sierre Zinal
Photo Jordi Saragossa / Sierre Zinal

Hardrock 100

10 premières heures de course : 1 gel (Maurten 25gr) toutes les 30 minutes. Hydratation : 0,5l/h de boisson énergétique (Maurten MIX 160). 1 barre toutes les 4h (Maurten Solid).
10 heures suivantes : 1 barre (Maurten Solid) toutes les 1,5h. Hydratation :0,5l/h de boisson énergétique (Maurten MIX 160). Nourriture solide aux 3 ravitaillements (riz à l’avocat, quesadillas, soupe…). 1 gel de caféine (CAF Maurten) dans la nuit, avant les 2 dernières montées.

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Photo Hardrock 100

UTMB

0,5l/h de boisson énergétique (Maurten MIX 320). 5 gr de protéines toutes les 2 heures.
1 barre toutes les 2 heures (Maurten Solid). 1 gel avant chaque section durant laquelle il avait besoin de plus de glucose (montées rapides des premières heures…).
Nourriture solide aux ravitaillements (gras + fibres + glucides) : riz à l’avocat, pommes de terre bouillies, burritos à l’avocat, avocat, bananes, dattes, noix, chocolat noir liquide (il en avait aussi emporté avec lui dans un flacon pour la 1ère moitié de la course).
Jus de betterave à boire.

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Non, la complémentation nutritionnelle n’est pas là pour faire la performance, mais pour éviter qu’elle soit moins bonne. Et oui, tout pic de glycémie est suivi d’une chute et d’un coup de moins bien. Le secret pour bien gérer son effort : la stabilité glycémique. Mais elle n’est pas si simple à atteindre. Explications avec Vincent Argillier, président fondateur de Ingener8, société auvergnate spécialisée dans la nutrition sportive haut de gamme pour la performance.

Qui est Vincent Argillier ?

Passionné par la performance et le développement du sport, Vincent Argillier a consacré une grande partie de sa carrière à l’entraînement de haut niveau, notamment en tant qu’entraîneur de natation au Pôle France Triathlon, et à la formation des entraîneurs. Fort de cette expérience, il a également évolué dans la gestion d’équipements sportifs, alliant expertise technique et vision stratégique. Aujourd’hui, en tant qu’entrepreneur, il met son savoir-faire au service de projets innovants dans le domaine du sport, de la nutrition et de la performance, afin de créer des solutions adaptées aux besoins des athlètes et du grand public, en alliant exigence, accessibilité et engagement. Il collabore ainsi avec de nombreuses marques de nutrition sportive, et développe ses propres produits destinés à la performance sous la marque Influ8.

VINCENT ARGILLIER
Photo DR

Vincent, tu es un spécialiste de la nutrition sportive et de la performance et d’entrée de jeu, tu tiens à l’affirmer : ce n’est pas la nutrition qui fait la performance !


Vincent Argillier : Tout à fait ! Le rôle de la complémentation nutritionnelle n’est pas d’améliorer la performance, mais d’éviter qu’elle soit moins bonne. Et ça, c’est vraiment une chose à laquelle il faut qu’on éduque les gens. Notre rôle, c’est de faire en sorte de magnifier l’entraînement, de magnifier le fonctionnement de l’organisme. Pour te donner une image, il est clair que quelqu’un qui reste dans son canapé n’aura pas de potentialité à élever sa performance simplement en prenant de la complémentation nutritionnelle !

Bien sûr, mais une idée très répandue dans le peloton est que prendre un gel avant une grosse montée peut fournir l’énergie nécessaire pour soutenir l’effort. Tu n’es pas d’accord avec cette affirmation ?

Vincent Argillier : Non, c’est du storytelling. Tu as l’impression qu’avec ce gel-là tu vas être plus performant alors qu’en fait il va juste maintenir au meilleur niveau possible ta performance si il est pris au bon moment, ce qui est très important, et qui ne correspond pas forcément au pied de la grosse montée dont tu parles. Je m’explique : la capacité d’effort est liée à l’activité musculaire, donc au moteur et au carburant que tu y mets, c’est-à-dire ce que tu manges, ce que tu vas absorber, ton alimentation.

L’objectif est d’avoir un fonctionnement le plus stable possible, et qui permet de maintenir au meilleur niveau possible ta performance. Si tu as besoin d’un boost d’énergie, ça veut dire que tu étais en dette avant, parce que sinon tu n’aurais pas besoin de ce boost. Et derrière ce boost, tu vas te piquer une hypoglycémie d’effort, tu vas avoir un coup de creux. Et si tu n’étais pas en dette et que tu as quand même pris ce boost, en croyant que ça va t’aider, tu vas être en surglycémie, et tu auras également un creux derrière. Or ce qui est essentiel de comprendre, c’est que tout ce qui n’est pas stable est à éviter.

PicAriège. Photo David Gonthier
PicAriège. Photo David Gonthier

Donc pour toi, le booster est à éviter ?

Vincent Argillier : Pas forcément. Les seuls bons moments pour effectivement charger, surdoser, c’est à la fin de la course. On l’avait d’ailleurs identifié en vélo, dans les 15 derniers kilomètres d’une étape du Tour de France, parce qu’avoir un creux après, on s’en fout, on est sur le podium, voilà. Mais avant, c’est à éviter, oui. Je vais te raconter une anecdote survenue à Marc-Antoine Olivier en natation en eau libre. Il a été médaillé de bronze aux JO de Rio, en 2016.

Deux mois avant les Jeux de Tokyo, je vais observer comment il s’entraîne et je le vois préparer une boisson d’effort en mettant une cuillère, deux cuillères, trois cuillères de poudre. « Tu fais quoi ? je lui demande, pourquoi tu surdoses ? » Et il me répond « Bah parce que c’est meilleur. » Je lui dis alors « Mais c’est pas du Nutella ! T’es pas en train de mettre plus de Nutella sur une tartine, c’est pas une histoire de goût, c’est une histoire de dosage en sucre. Tu ne peux pas, toi, à ton niveau, passer outre des dosages et des recommandations sur la glycémie parce que tu vas aller dans le mur ! »

Mais il ne m’a pas écouté, il n’a pas voulu changer son protocole et au final, lors des Jeux, il a fait une hyperglycémie, une hypoglycémie d’effort derrière et il a fini 6ème, alors qu’il était au 2ème rang mondial à l’époque, et qu’il avait été vice-champion du monde en 2019…

Oui, je me souviens, au départ tout le monde le voyait déjà avec une médaille d’or, et il avait déclaré à l’arrivée «  Je ne comprends pas, c’est très dur à encaisser, j’avais largement un meilleur niveau qu’à Rio ! »

Vincent Argillier : Voilà ! J’avais analysé ses datas lors des entraînements, on avait fait des tests avec lui, et la façon dont il a fait la chose, c’était couru d’avance. Alors parfois, ça peut marcher, mais quand on fait au hasard, ça peut aussi ne pas marcher. Et c’est quand même dommage quand c’est aux JO, qui ne sont qu’une fois tous les quatre ans !

Tout le jeu, c’est donc de savoir lisser ses apports pour ne pas avoir un besoin de glycémie…

Vincent Argillier : Exactement. C’est comme boire. Si ça désoiffe, c’est que tu avais soif. Mais le but, c’est de s’hydrater suffisamment régulièrement pour de ne pas avoir soif.

Sauf que connaître précisément son niveau de glycémie pour arriver à se complémenter au bon moment n’est pas simple…

Vincent Argillier : Actuellement non, mais on va y arriver avec la data. Aujourd’hui, le traitement des diabétiques a fait progresser l’analyse de la glycémie en termes de cinétique et on commence à avoir des choses qui sont non invasives, c’est-à-dire des capteurs en infrarouges qui permettent, sans aller piquer et prélever du sang, d’avoir une cinétique de la glycémie. De tels appareils existent déjà sous forme de bagues et vont donc bientôt arriver dans les montres, mais il faudra s’assurer de leur fiabilité. Ces données nous permettront de pouvoir identifier nos besoins et notre consommation, donc d’adapter nos apports instantanés.

Mais il faut aussi faire comprendre aux gens que 1/ la prise de sucre est singulière, qu’elle dépend de notre capacité individuelle ; que 2/ elle est entraînable, c’est-à-dire qu’on peut s’entraîner à capter de plus en plus de sucre ; 3/ elle est très dépendante d’aspects multifactoriels comme l’intensité, le dénivelé, les conditions climatiques, mais aussi l’état physique et mental, parce qu’un des plus gros consommateurs de sucre, c’est le cerveau. Donc si tu es hyper en stress, tu vas consommer beaucoup de sucre.

Du coup, avec la connaissance actuelle et ton expérience, quels conseils donnerais-tu pour parvenir à avoir une glycémie la plus stable possible ?

Vincent Argillier : Il faut revenir à des choses relativement simples, c’est-à-dire savoir quels sont les symptômes physiques que j’ai de la bonne ou mauvaise utilisation du sucre. On sait que si on a un sentiment de besoin, c’est qu’on est déjà en dette et que c’est trop tard, car après le pic, il y aura un creux. Et l’autre aspect, c’est que si on surdose, on va commencer à avoir des maux de ventre, des vomissements, des coliques. Et ça, ce sont des symptômes très marqués qu’on peut identifier à l’entraînement. Si tu t’entraînes en prenant 80 grammes de glucides à l’heure et que tu as le bide en vrac, cela signifie qu’il faut descendre et prendre ce qui te convient.

C’est un peu de l’empirisme avec soi-même, mais il faut être dans une démarche de conscience des besoins. Pourquoi je prends des compléments alimentaires ? Quels sont les objectifs de la complémentation nutritionnelle ? De quoi ai-je besoin et que me dit la science pour pouvoir le faire ? Quelles sont mes hypothèses de travail ? Si on dit qu’il faut entre 40 et 60 grammes de glucides par heure, qui sont les datas moyennes humaines, est-ce que je considère que je suis dans ce prisme-là ?

Et donc, comment je dose ? Je fais mes efforts et je regarde comment je réponds. Est-ce que j’en ai besoin d’un peu plus ? Il faut procéder par incrémentation. Pour bien réussir à identifier tout ça, on envisage d’ailleurs de mettre en place des cuillères doseuses qui permettront de se dire « Là, j’ai pris 40, ça va, je peux prendre 50… » Et finalement, en tâtonnant, établir des protocoles en fonction des types d’efforts, mais où les gens auront a minima conscience de ce qu’ils font.

PicAriège 2025. Photo David Gonthier
PicAriège 2025. Photo David Gonthier

Y a-t-il des pièges à éviter pour pouvoir maintenir un taux de glucides constant et régulier dans le sang ?

Vincent Argillier : Oui, et principalement éviter tout ce qui est mono-produit et surdosage. C’est un peu comme les gens qui partent en vacances sur la côte d’Azur l’été : si tout le monde part en voiture à la même heure, ça fait un bouchon. Par contre, le même volume de personnes réparties sur un long temps, entre voiture et train, ça ne fait plus de bouchons et tout le monde passe bien. Pour la glycémie, c’est pareil : tout ce qui est surdosé et en apport rapide, ça explose. Il y a par exemple des gens qui vont prendre de la boisson, et qui vont mettre en plus une pâte de fruits et juste après un gel, sans savoir quelle typologie de sucre on a pris dans la boisson, dans la pâte de fruits et dans le gel.

Quand on travaille dans le sport de haut niveau, en fonction des besoins, on a des différents types de glucides qui vont intervenir avec une insertion maîtrisée dans l’organisme, c’est-à-dire un taux d’absorption qui est lent pour certains et rapides pour d’autres. Principalement, le fructose et la maltodextrine sont des sucres qui vont rentrer dans l’organisme à des temps différentiels. Quand on arrive à lisser ça, on parvient à avoir un taux de glycémie pendant une fraction de trois-quarts d’heure à une heure qui est stable. Et si on arrive à continuer à alimenter ça régulièrement, normalement, on doit continuer à avoir un taux de glycémie stable qui correspond à notre capacité personnelle à pouvoir capter du sucre.

Tu disais qu’on pouvait aussi entraîner son organisme à capter le sucre. De quoi s’agit-il exactement ?

Vincent Argillier : Il s’agit d’entraîner l’organisme, par exemple quand on fait des fractions aérobie à jeun le matin, à ne pas prendre de sucre, mais à évoluer avec un apport d’électrolytes plutôt faible en sucre. C’est une façon de dire à ton organisme : « Il va falloir que tu t’entraînes à travailler à des taux un peu plus bas, donc à être plus alerte pour pouvoir le capter, et de toute façon, quand tu vas en avoir vraiment besoin, on va te le fournir. » C’est pour ça que ça fait parfois du bien de travailler en hypoglycémie à l’entraînement.

Il est important aussi d’avoir une variation, de ne pas prendre toujours les mêmes produits. En faisant ce qu’on appelle des cures, on évite d’abord que l’organisme s’adapte, parce qu’un organisme qui s’adapte à un produit, c’est un organisme qui va devenir fainéant. Une méthode d’entraînement constituée de mésocycles sera plus adaptée, avec des complémentations qui correspondent à notre travail. Par exemple, je suis en fraction aérobie, est-ce que j’ai réellement besoin d’avoir beaucoup de sucre ? Je suis en fraction spécifique, je vais faire des intensités, qu’est-ce que je vais faire ?

À mon avis, la planification de la complémentation doit être calée avec la planification de l’entraînement. Mais je suis bien conscient que si c’est possible à mettre en place avec des athlètes de haut niveau qui sont accompagnés, c’est plus compliqué quand tu es coureur de peloton et que tu t’entraînes seul. Ce qui me semble fondamental, c’est maintenir le taux d’équilibre de l’aspect fonctionnel du corps humain. Je le redis : plus on arrive à être à l’équilibre longtemps, mieux c’est.

Dernière question : y a-t-il selon toi des différences de besoins entre les hommes et les femmes ?

Vincent Argillier : C’est toujours compliqué de répondre de façon péremptoire. En fait, le besoin est identifié par une consommation d’énergie. C’est un peu comme ta voiture : plus tu appuies sur l’accélérateur, plus tu consommes. Donc la réponse pourrait être oui si l’on considère que l’homme a un capital musculaire supérieur, qui correspondrait à un moteur supérieur, donc un carburateur plus énergivore, si on pouvait l’appeler comme ça, c’est-à-dire une nécessité supérieure à faire passer plus de produits en un temps donné.

Maintenant, si on répond à un volume musculaire homme/femme équivalent, les besoins peuvent être identiques. Quant à la question qu’il pourrait y avoir derrière, qui est « est-ce que les processus de recrutement sont identiques ? », pour moi, c’est oui, il n’y a pas de différence de fonctionnement de la fibre musculaire. Les différences, elles vont venir de la façon de courir, de l’économie de course, et ces choses-là.

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Localisée à la jonction de la cuisse et du tronc, de chaque côté du corps, l’aine est cette zone est traversée par les artères et les veines fémorales, mais est aussi constituée entre autres du nerf fémoral, qui assure la flexion de la cuisse sur le tronc et l’extension de la jambe, des ganglions inguinaux, et de plusieurs muscles : le psoas-iliaque, le pectiné, le petit adducteur et l’adducteur moyen, ainsi que le muscle couturier. Les douleurs à l’aine en course, qui se traduisent généralement par des pointes plus ou moins violentes, accompagnées d’un déséquilibre et une forte gêne dans la foulée, peuvent être très handicapantes. Que faire dans ces conditions ? Eléments de réponse…

Douleurs à l’aine : quelles sont les causes les plus fréquentes ?

Avant d’envisager la meilleure façon de limiter les douleurs à l’aine, il est important d’en analyser les causes les plus fréquentes. La plus courante chez le coureur est une inflammation des tendons autour de l’articulation de la hanche ou de l’aine, qui peut survenir en raison d’un surentraînement ou d’une technique de course inappropriée. Il peut aussi s’agir d’une élongation ou, pire, d’une déchirure musculaire. En effet, les muscles adducteurs, qui se trouvent à l’intérieur de la cuisse, peuvent être étirés de manière excessive lors de mouvements latéraux ou de changements de direction fréquents, provoquant douleur et inconfort.

Lorsque la douleur intervient après un effort prolongé, il peut également s’agir d’une bursite, c’est-à-dire une inflammation des bourses (sacs remplis de liquide) autour de la hanche. Parmi les autres causes de douleur à l’aine, on distingue le syndrome de l’illio-tibial. Cela se produit lorsque le fascia iliotibial, un ligament qui court le long de la cuisse, frotte contre les os de la hanche.

Des problèmes articulaires peuvent également intervenir : des pathologies telles que l’arthrose de la hanche ou des problèmes de labrum peuvent aussi être à l’origine de douleurs à l’aine. Le labrum est un joint fibreux très souple et très richement innervé, fixé sur la périphérie du cotyle, et qui entoure la tête fémorale avec un contact étanche. En cas de déchirure, cela peut provoquer de vives douleurs à l’aine.

Enfin, certains facteurs biomécaniques comme un défaut de posture, des déséquilibres musculaires ou des chaussures inappropriées peuvent contribuer à une mauvaise mécanique de course et entraîner des douleurs. Vu la multiplicité des causes possibles, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé, comme un kinésithérapeute ou un médecin du sport, pour un diagnostic précis et un traitement approprié si la douleur persiste.

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Illustration DR

Douleurs à l’aine : conseils pratiques pour les prévenir et les limiter

En intégrant certaines pratiques dans votre routine, vous pourrez limiter les douleurs à l’aine et profiter de vos sorties en toute tranquillité.

1. Échauffement adéquat

Avant de commencer votre course, effectuez un échauffement dynamique. Cela peut inclure des mouvements articulaires, des étirements actifs et des exercices spécifiques pour préparer les muscles et les articulations. Une fois échauffé, ayez une progression graduelle dans vos séances d’entraînement, en évitant d’augmenter trop rapidement la distance ou l’intensité pour ne pas sur-solliciter vos hanches.

2. Renforcement musculaire

Intégrez des exercices de renforcement pour les muscles des jambes, en particulier les adducteurs, les abducteurs, les quadriceps et les ischio-jambiers. Un bon renforcement musculaire peut aider à stabiliser l’articulation de la hanche, donc prévenir l’apparition des douleurs.

3. Flexibilité et étirements

Il est essentiel de pratiquer régulièrement des étirements pour améliorer la flexibilité des muscles de la hanche et de l’aine. Cela peut inclure des étirements statiques et des exercices de mobilité.

4. Technique de course

Portez une attention particulière à votre technique de course. Une foulée correcte, avec un bon alignement du corps, peut réduire le stress sur l’aine. Pensez à travailler avec un coach ou un spécialiste si nécessaire.

5. Choix des chaussures

Cela peut paraître simpliste, mais assurez-vous que vos chaussures de trail sont adaptées à votre type de pied et offrent un bon soutien. Des chaussures inappropriées peuvent contribuer à des douleurs.

6. Repos et récupération

Même si les douleurs ont tendance à s’atténuer ou disparaître, n’oubliez pas que la récupération fait partie de l’entraînement ! Accordez-vous des jours de repos et écoutez votre corps.

7. Glace et anti-inflammatoires

En cas de douleur persistante malgré les précautions prises, appliquer de la glace sur la zone affectée peut aider à réduire l’inflammation. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent également être envisagés, mais consultez un professionnel de santé avant de les utiliser.

Douleurs à l’aine en course : comment réagir ?

Si des douleurs à l’aine surviennent pendant la course, voici quelques étapes à suivre pour gérer la situation. Ne forcez surtout pas ! La gestion des douleurs pendant la course est cruciale pour éviter des blessures plus graves et assurer une récupération adéquate.

Si la douleur est légère, vous pouvez essayer de continuer à courir, en suivant ces conseils :

1. Adoptez alors une foulée plus courte et plus contrôlée pour réduire la pression sur l’aine.
2. Évitez les mouvements brusques ou les changements de direction rapides.
3. Si possible, changez de chemin ou de terrain pour courir sur une surface plus douce ou plus plane, ce qui peut réduire le stress sur l’aine.

Soyez cependant attentif à l’intensité de la douleur. Si elle persiste, faites une pause. Arrêtez-vous et reposez-vous quelques minutes.
Prenez le temps de faire quelques étirements doux des muscles de la hanche et de l’aine, si cela ne provoque pas de douleur supplémentaire.
Si à la reprise la douleur s’aggrave et devient trop intense, il est préférable de s’arrêter. Ne tentez pas de forcer la course.

Si vous avez accès à de la glace ou à un pack de froid, appliquez-le sur la zone douloureuse après la course pour réduire l’inflammation. Prévoyez ensuite une période de repos d’au moins une semaine, avant un retour progressif à l’entraînement, en commençant par des séances de faible intensité et en augmentant progressivement la charge. Si la douleur se manifeste de nouveau, consultez un professionnel de santé, kinésithérapeute ou médecin du sport, pour un diagnostic approprié et un traitement.

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C’est « l’affaire » qui a secoué le monde du trail après le Grand Trail des Templiers : 5 des 10 athlètes élite contrôlés à l’arrivée de la course par l’association antidopage Athletes for Transparency étaient positifs à l’ibuprofène (Advil, Motrin), un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) consommé dans les jours précédant la course. Or cet anti-inflammatoire, qui ne fait pas partie des produits interdits par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), était cette année interdit par l’organisation des Templiers. Pourquoi cette interdiction ? Pourquoi les sanctions prévues au règlement n’ont pas été appliquées ? L’ibuprofène influence-t-il réellement les performances sportives ? Doit-on le classer en produit dopant ? On a fait le tour de la question.

Interdire l’ibuprofène en auto-médication : une mesure de prévention

C’est la première question qui vient à l’esprit : pourquoi les organisateurs du Grand Trail des Templiers ont décrété cette année une interdiction de l’ibuprofène hors avis médical, et mis en place des tests pour détecter son usage, alors que c’est un produit autorisé par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) ? La raison est simple : son usage incontrôlé est dangereux, et dans le cadre de leur politique de santé ambitieuse, les Templiers ont souhaiter agir comme des lanceurs d’alerte.

En effet, cette classe de médicaments utilisés pour traiter la douleur, la fièvre et d’autres processus inflammatoires étant distribuée sans ordonnance médicale, de nombreux coureurs les prennent en auto-médication pour gérer les douleurs musculaires ou accélérer la récupération, particulièrement dans les épreuves d’ultra-endurance, sans être conscients qu’une mauvaise utilisation peut avoir des conséquences contre-productives bien plus lourdes que celles du problème d’origine. Dès lors, interdire l’usage de l’ibuprofène, particulièrement sur une épreuve d’ultra-endurance telle que le Grand Trail des Templiers, est une mesure de prévention justifiée.

Les dangers potentiels liés à l’auto-médication d’ibuprofène

Le principal problème lié à l’usage d’AINS dans la pratique sportive est qu’ils empêchent la fabrication des prostaglandines, substances produites naturellement par l’organisme et qui agissent comme médiateurs pour diverses fonctions physiologiques, notamment la protection de la muqueuse de l’estomac et la régulation de la pression artérielle. En bloquant toutes les prostaglandines, les AINS peuvent déclencher de nombreux effets secondaires.

Parmi ceux-ci, les plus courants sont les troubles digestifs affectant la muqueuse gastrique, puisque les AINS augmentent la perméabilité intestinale. Ce sont les plus répandus, d’autant plus importants lorsque les AINS sont consommés régulièrement. On observe à ce titre que les crampes abdominales menant à l’abandon d’une épreuve sont plus fréquentes chez les coureurs qui ont pris des AINS. Autre danger majeur, les troubles rénaux associés à l’exercice, qui sont amplifiés si une activité prolongée type ultra-trail est combinée à un stress thermique sévère et/ou à une déshydratation. A noter également pour certaines AINS les risques d’éventuels accidents cardiaques causés par le dépassement des propres limites physiologiques, limites camouflées par ces analgésiques.

Attention à ne pas masquer les signaux de douleur

Il est important de souligner que la douleur est un signal d’alarme pour notre corps, qui donne des indications sur nos capacités physiques. En cas d’apparition d’une douleur, la masquer ne permet donc pas de ressentir et comprendre les signaux envoyés par le corps pour gérer son effort et prévenir des blessures, comme une lésion musculaire ou articulaire. Si l’effort est poursuivi, le risque pour le sportif qui ne s’arrête pas est une blessure plus invalidante, ou pire encore. De plus, contrairement à la croyance populaire, l’inflammation est un processus utile, une réponse de l’organisme à un problème qu’il a identifié, par exemple pour reconstruire des fibres musculaires endommagées. Tenter de l’inhiber avec des médicaments anti-inflammatoires est contre-productif, car si les AINS peuvent la réduire et aider à la récupération à court terme, ils peuvent également nuire à l’adaptation à long terme. L’adage « No pain, no gain » prend alors tout son sens.

Mieux vaut apprendre à courir avec une petite douleur que la masquer avec des AINS !

L’an dernier, le médecin lyonnais Patrick Basset, directeur médical du Marathon du Mont-Blanc et de l’UTMB, spécialisé dans l’encadrement et les pathologies des sports d’endurance, tirait la sonnette d’alarme sur l’automédication par anti-inflammatoires, qu’il qualifiait même de « catastrophe ». Il s’en expliquait ainsi : « L’automédication est notre principal souci. En fait, c’est le pot de terre contre le pot de fer. Les anti-inflammatoires sont des médicaments qui marchent très bien pour les douleurs des chevilles, les douleurs du tendon, toutes les petites douleurs des coureurs. Le problème, c’est qu’ils sont en vente libre. On les consomme comme des cachous, si je puis dire. C’est une catastrophe parce qu’on se rend compte que tous les patients qui terminent en réanimation ont pris des anti-inflammatoires. En fait, pour réussir à faire sa course sans symptômes, il vaut mieux apprendre à courir avec une petite douleur, accepter cette douleur plutôt que de prendre des anti-inflammatoires. » Du côté de la Clinique du Coureur, même son de cloche : « La prise d’AINS lors d’épreuves d’endurance et d’ultra-endurance devrait être proscrite et une sensibilisation devrait être prodiguée à cet effet par les promoteurs d’événements. »

Grand Trail des Templiers 2024 : pourquoi les sanctions n’ont pas été appliquées

L’article 6 du règlement des Templiers prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à 1 heure de pénalité, voire une disqualification, à l’encontre des coureurs contrôlés positifs qui n’auraient pas préalablement informé l’organisation de sa prise de médicaments, en la justifiant par un avis médical. Pourtant, aucune sanction n’a été appliquée aux 5 athlètes élite contrôlés positifs. L’indulgence invoquée par l’organisation (« c’est une première mise en place de la politique de santé sur cette édition, et l’objectif est avant tout éducatif ») peut paraître excessive, et décrédibiliser la volonté réelle de politique de santé et de prévoyance, mais vu le nombre d’athlètes concernés, les conséquences d’image auraient été désastreuses.

Certains regretteront cette frilosité finale, d’autres apprécieront l’avertissement sans frais de cette année, en se disant que sur l’édition 2025, la clémence ne serait plus de mise. Il faut par ailleurs souligner que si des sanctions avaient été appliquées, l’ibuprofène n’étant pas sur la liste des produits interdits, elles n’auraient eu de conséquences qu’au niveau de cette compétition, sans aucune autre répercussion au-delà du cadre de l’événement.

Il reste cependant regrettable que de tels contrôles non sanctionnés aient créé un climat de suspicion parmi les athlètes élite, d’autant qu’aucun nom de contrôlé positif n’a pu être divulgué (secret médical oblige). Thomas Cardin, le vainqueur du Grand Trail, a même dû se fendre d’une communication pour préciser qu’il ne faisait pas partie des athlètes contrôlés par Athletes for Transparency, lui-même ayant été contrôlé par l’Agence française de lutte contre le dopage.

Templiers 2024. Photo Guillaume Salem

Ibuprofène et amélioration des performances sportives : que dit la science ?

L’information « 50% des athlètes élite du Grand Trail des Templiers ont été contrôlés positifs à l’ibuprofène » s’est évidemment transformée en « 50% des athlètes élite du Grand Trail des Templiers étaient dopés ». Mais l’ibuprofène, classé non dopant par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), devrait-il être considéré comme un produit dopant ? Si son effet sur la tolérance à la douleur pendant l’exercice est controversé, ses effets sur les performances d’endurance ont été peu étudiés. Néanmoins, nous avons pu nous appuyer sur 2 études scientifiques récentes pour avoir un début de réponse.

Etude N°1 : Effets de l’ibuprofène lors d’un trail de 42 km sur le stress oxydatif, la fatigue musculaire, les lésions musculaires et les performances

Cette étude randomisée publiée en septembre 2024 part d’un constat : jusqu’à 75 % des marathoniens ingèrent des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pendant la compétition. Or l’effet des AINS dans les sports d’endurance n’est pas clair. Afin de lever les doutes quant à leur contribution à la performance, les chercheurs ont évalué l’effet de l’utilisation de l’ibuprofène (IBU) sur le stress oxydatif, les lésions musculaires, la performance physique et le saut vertical des coureurs participant à une course en trail de 42 km.

L’échantillon était composé de 12 hommes répartis au hasard en 2 groupes : un groupe placebo (placebo) et un groupe ibuprofène (IBG). Une capsule d’IBU de 400 mg a été administrée au groupe IBG 15 minutes avant le début de l’épreuve et une autre 5 heures après, tandis qu’une capsule placebo a été adminsitrée au groupe placebo dans les mêmes conditions. Dans l’analyse intergroupe qui a suivi, il a été démontré que l’IBU avait des effets positifs sur le stress oxydatif et la fatigue musculaire, mais n’avait aucun effet sur les performances physiques et les dommages musculaires.

Etude N°2 : Utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et endurance pendant la course chez les coureurs de fond masculins

L’objectif de cette étude clinique contrôlée randomisée de mars 2024 effectuée en laboratoire était d’étudier l’effet de l’administration prophylactique de l’ibuprofène sur le temps écoulé jusqu’à l’auto-évaluation de la fatigue chez les coureurs présentant des lésions musculaires induites par l’exercice. Elle s’est établie sur 20 coureurs de fond masculins en bonne santé, répartis en 2 groupes (groupe ibuprofène = 10, groupe placebo = 10) pour réaliser des essais de vitesse limite (qui correspondait à leurs deuxièmes seuils ventilatoires préalablement déterminés) 48 heures avant et 48 heures après l’induction d’un muscle d’un membre inférieur. Une heure avant le deuxième essai final, le groupe ibuprofène a reçu 1,2 g d’ibuprofène et le groupe placebo a reçu du lactose par voie orale.

Les principaux critères de jugement enregistrés au cours de chaque test ont été le temps écoulé jusqu’à la fatigue auto-déclarée, la fréquence cardiaque, le quotient respiratoire, la consommation d’oxygène et l’effort perçu. Au niveau des résultats, les deux groupes ont signalé une augmentation des douleurs musculaires dans les extenseurs et les fléchisseurs du genou 48 heures après le protocole de lésions musculaires. Les chercheurs ont de leur côté observé une réduction des performances d’endurance des deux groupes, mais aucune différence entre les groupes. Leurs conclusions sont que l’ibuprofène n’a pas réduit l’effet des lésions musculaires et de la douleur sur la performance.

A ce stade, force est de conclure que l’ibuprofène ne peut pas être considéré comme un produit dopant. Cependant, dans le cadre de politiques de prévention et de santé du sportif, et afin de limiter les risques d’accidents, il est souhaitable que les organisateurs d’événements, dans un but éducatif et de prise de conscience, suivent l’exemple du Festival des Templiers.

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Plusieurs études scientifiques qui examinent la dépense énergétique du corps humain lors de l’exercice physique dans des conditions de basses températures le démontrent : lorsqu’une personne court dans un environnement froid, le corps doit non seulement fournir l’énergie nécessaire pour l’activité physique, mais aussi en dépenser pour maintenir sa température corporelle. Mais savez-vous quelles sont les zones de votre corps à protéger en priorité, et quelles sont celles qui laissent le plus s’échapper votre chaleur interne ? On vous guide pour que vous puissiez éviter toutes les déperditions d’énergie afin d’optimiser votre économie de course.

Consommation d’énergie en course à pied dans le froid : le principe de la thermorégulation

En règle générale, la dépense énergétique augmente lorsque la température ambiante diminue, car le corps doit travailler plus dur pour se réchauffer. Ce même processus de thermorégulation se constate également lorsque la température extérieure est élevée, et que le corps doit travailler plus pour réguler sa température interne et éviter qu’elle augmente. Cela se traduit par une augmentation de la transpiration et du rythme cardiaque, ce qui peut entraîner une dépense énergétique plus élevée.

Mais revenons au froid : plusieurs études ont montré que la thermogenèse (production de chaleur) peut augmenter de manière significative lors d’exercices en milieu froid. Bien entendu, cette consommation d’énergie dépend de plusieurs facteurs, notamment l’intensité de l’exercice, la durée, mais aussi le poids corporel de l’individu ou son niveau de condition physique. Mais, et c’est également important, la consommation d’énergie dépend de l’équipement utilisé pour se protéger contre le froid. Il est alors intéressant d’identifier les zones du corps qui consomment le plus d’énergie par temps froid, car ce seront celles à protéger en priorité.

On rappelle que si la perte de chaleur varie d’une personne à l’autre, des baisses de température corporelle de 1 à 2 °C peuvent se produire rapidement en cas d’exposition prolongée au froid sans protection adéquate. Dans des environnements très froids, la température centrale du corps peut commencer à diminuer, et une hypothermie peut survenir lorsque elle descend en dessous de 35 °C.

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Protection intégrale lors de la PTL 2023. Photo UTMB Group

Quelles sont les zones du corps qui consomment le plus d’énergie par temps froid ?

Lorsque le corps est exposé au froid, certaines zones nécessitent plus d’énergie pour maintenir leur température. Les nombreuses études scientifiques sur le sujet désignent en premier lieu, le tronc et abdomen. En effet, ces zones contiennent des organes vitaux et doivent être maintenues à une température stable. Elles utilisent donc une quantité importante d’énergie pour la thermorégulation. Viennent ensuite les membres supérieurs et inférieurs.

Les bras et les jambes, bien qu’ils soient en mouvement durant la course, peuvent également consommer beaucoup d’énergie à cause des pertes de chaleur par la peau, que seul un apport énergétique supplémentaire viendra compenser. Plus généralement, tous les muscles mobilisés lors de la course à pied consomment de l’énergie, mais dans des conditions de froid, ils peuvent également augmenter leur consommation pour générer de la chaleur. Conclusion : en protégeant efficacement ces parties de votre corps lorsque vous courez, vous pouvez diminuer la thermogenèse liée au froid, donc économiser de l’énergie.

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Lors de la TDS 2023, où les coureurs avaient connu des conditions dantesques. Photo UTMB Group

Quelles sont les zones du corps qui perdent le plus de chaleur par temps froid ?

Si certaines parties du corps sont plus consommatrices en énergie pour lutter contre le froid, d’autres sont en revanche à protéger pour éviter les déperditions de chaleur corporelle. C’est notamment le cas du crâne et des extrémités des membres, comme les mains et les pieds. Des études utilisant la thermographie infrarouge – qui permet de visualiser en temps réel les variations de température de la surface cutanée – ont montré que ces parties du corps peuvent perdre de la chaleur plus rapidement que d’autres.

Certaines recherches, qui ont utilisé des modèles mathématiques pour simuler la perte de chaleur et déterminer comment différentes parties du corps contribuent à la thermorégulation, ont confirmé que le crâne et les extrémités jouent un rôle important dans la dissipation de la chaleur. Des études suggèrent que jusqu’à 30 à 50 % de la perte de chaleur corporelle dans des conditions froides peut être perdue par la tête, surtout si elle est non protégée.

Ces mêmes études fournissent différentes explications à ce phénomène. La raison principale est que les extrémités sont souvent moins protégées et plus exposées aux éléments que le reste du corps, qu’on a tendance à couvrir, ce qui facilite la perte de chaleur. De plus, les mains et les pieds ont une couche de tissu adipeux moins épaisse par rapport à d’autres parties du corps, ce qui les rend moins isolés contre le froid.

Ensuite parce que ces zones ont une forte concentration de vaisseaux sanguins, ce qui permet une dissipation rapide de la chaleur. D’ailleurs, en réponse au froid, le corps peut décider de lui-même de restreindre la circulation sanguine vers les extrémités pour conserver la chaleur au niveau des organes vitaux, ce qui peut également contribuer à une sensation de froid dans ces zones. De plus, des études scientifiques ont démontré que l’organisme utilise le crâne, en particulier le cuir chevelu, comme un point de régulation thermique. Une perte de chaleur significative par cette zone peut influencer la température corporelle globale.

En conclusion, si le buste est la zone à protéger en priorité en cas de temps froid pour économiser la dépense énergétique superflue (la présence de la veste dans le kit obligatoire ultra et dans les kits de sécurité grand froid n’est pas un hasard !), un bonnet, des gants et des chaussettes chaudes permettront de limiter la perte de chaleur de votre organisme.

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Premier réflexe à avoir en cas de froid : la veste ! Photo UTMB Group.

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Nombreux sont les traileurs qui glissent et se font une entorse en cours de course, ou de sortie, et sont dans l’obligation de rallier a minima un point de contrôle, un poste de secours, un point d’évacuation ou parfois même l’arrivée en gérant leur blessure et la douleur qui va avec. Ainsi Antoine Guillon, alias Monsieur Diagonale, après s’être fait une petite entorse la première nuit lors de sa 16ème Diagonale des Fous, a-t-il pu grâce à une manipulation parvenir au 122ème kilomètre, avant d’abandonner à cause du terrain rendu trop glissant par les pluies et dangereux pour son intégrité physique.

Autre habitué des courses avec entorses, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, a déjà publié sur ses réseaux sociaux des photos impressionnantes de ses chevilles enflées en fin de course. On se souvient d’ailleurs qu’en novembre 2023, il était allé chercher sa qualification pour l’UTMB Mont-Blanc 2024 en terminant 2ème du 100 Miles du Kullamannen by UTMB, en Suède, alors qu’il s’était fait une entorse à la cheville gauche au 35ème kilomètre. Alors, peut-on courir malgré tout, et si oui, comment ? On vous explique ici les raisons pour lesquelles une entorse peut être dangereuse, les bons gestes à avoir pour minimiser les risques si vous devez continuer à progresser avec une entorse, et la bonne technique pour un strapping efficace.

Pourquoi courir avec une entorse peut être dangereux 

Une entorse est une blessure des ligaments qui maintiennent les articulations. Courir avec une entorse peut aggraver la lésion, entraînant des dommages supplémentaires aux ligaments, aux tendons et aux muscles environnants. De plus, une entorse peut provoquer une instabilité de l’articulation touchée. Courir dans cette condition augmente le risque de chutes ou de mouvements inappropriés, ce qui peut entraîner d’autres blessures. Sans compter que le fait de courir peut, bien entendu, intensifier la douleur, rendant toute progression difficile à supporter.

Une technique pour continuer à progresser malgré une entorse consiste à effectuer des mouvements compensatoires pour éviter la douleur. Mais ces mouvements peuvent mettre une pression excessive sur d’autres articulations ou muscles, entraînant des blessures secondaires. Enfin, il faut toujours garder à l’esprit qu’ignorer une entorse et continuer à courir peut transformer une blessure aiguë en un problème chronique, qui risque de nécessiter un traitement plus long et plus complexe. Vous l’aurez compris, si vous avez le choix et la possibilité, en cas d’entorse, la meilleure décision est d’arrêter, puis de consulter au plus vite un professionnel de santé pour évaluer la gravité de l’entorse et suivre un plan de traitement approprié avant de reprendre toute activité physique, y compris la course.

Entorse : comment évaluer les dégâts et prendre la bonne décision

Si vous vous faites une entorse pendant une course ou lors d’une sortie et que vous n’avez pas d’autre choix que de continuer le parcours, voici quelques étapes à suivre pour minimiser les risques et la douleur :

1. Essayez de déterminer la gravité de l’entorse. Selon qu’elle soit légère, modérée ou sévère, cela joue un rôle important dans votre capacité à courir. Si vous ressentez une douleur intense, un gonflement important ou une incapacité à poser le pied au sol, il est préférable de rester sur place et de demander de l’aide, soit en appelant le numéro d’urgence, soit en demandant à d’autres coureurs de prévenir les secours au CP suivant. Si cela vous arrive lors d’une sortie personnelle, appelez un proche pour qu’il organise votre récupération. Raison pour laquelle il ne faut jamais partir seul et sans téléphone portable chargé.

2. Si la douleur est supportable et que vous pensez pouvoir continuer, commencer par vous arrêter quelques minutes pour évaluer froidement votre situation. Évitez de continuer immédiatement après la blessure, vous pourriez, avec le pic d’adrénaline consécutif à la blessure, ne pas bien appréhender la gravité de celle-ci et risquer de l’aggraver. Ce n’est qu’après avoir analysé à tête reposée la situation que vous pourrez prendre la bonne décision. Si vous avez alors le moindre doute sur votre capacité à continuer, il est sage de demander de l’aide ou d’arrêter. Votre médaille de finisher ne vaut pas tous les problèmes que vous pourriez avoir à surmonter après.

3. Si vous avez accès à un torrent, un lac ou toute étendue d’eau fraîche, trempez votre cheville dedans pendant quelques minutes pour réduire le gonflement et la douleur.

4. Normalement, vous devez avoir dans votre kit de sécurité un bandage élastique pour comprimer la zone blessée. Si vous n’en avez pas, demandez à des concurrents qui vous rattrapent s’ils en ont un, et effectuer un strapping (voir la technique ci-dessous).

Entorse : que faire pour reprendre la course en minimisant les risques

1. Si vous avez des bâtons, utilisez-les. Ils pourront vous aider à stabiliser votre équilibre et à réduire la pression sur votre jambe blessée.

2. Lorsque vous allez reprendre votre progression, adaptez votre foulée et votre rythme pour minimiser la douleur, en évitant les mouvements brusques et en essayant de poser le pied en douceur.

3. Essayez de lire le mieux possible le terrain pour choisir les sections de sentier le moins accidentées possible, pour limiter le risque de chutes ou d’aggravation de la blessure.

4. Ce n’est pas forcément ce à quoi on pense le plus dans ces moments-là, mais assurez-vous de rester hydraté et de consommer des collations énergétiques nécessaires, car la douleur peut vous fatiguer rapidement.

5. Soyez à l’écoute de votre corps et attentif à l’évolution de la douleur. Si elle augmente, il est préférable d’arrêter et de chercher de l’aide.

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Casquette Verte lors de son arrivée au 100 Miles de Kullamannen, en Suède, où il termine 2ème malgré une entorse et se qualifie pour l’UTMB 2024. Photo DR
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La photo de l’entorse de Casquette Verte après son Kullamannen 2023.

Comment réaliser un strapping en « 8 » efficace en cas d’entorse

Même si ce n’est pas conseillé, en cas de nécessité, courir avec une entorse bien strappée peut être possible. Pour effectuer un bon strapping, il est essentiel de suivre certaines étapes afin de garantir un soutien adéquat à l’articulation tout en évitant d’aggraver la blessure. Voici un guide pas à pas pour réaliser un strapping efficace.

Matériel nécessaire :
– Bandage adhésif élastique (comme du tape ou du Kinesiology tape)
– Une paire de chaussettes (optionnel, pour plus de confort)

1. Nettoyez la peau du mieux que vous pouvez, avec un linge, un kleneex, un buff, tout ce qui peut vous y aider. Séchez bien la zone à strapper pour éviter les irritations.

2. Placez la cheville dans une position neutre (légèrement fléchie) pour un meilleur soutien.

3. Si vous utilisez un tape élastique, commencez par appliquer une bande de base autour de la partie supérieure de la cheville pour ancrer le tape. Cela doit être fait sans trop de tension.

4. Appliquez des bandes en « 8 » autour de la cheville. Commencez par le côté externe de l’articulation, passez autour de l’arrière du talon, puis revenez sur le côté interne. Répétez ce mouvement plusieurs fois, en chevauchant légèrement chaque bande pour un soutien optimal. Assurez-vous que l’articulation est stabilisée. Les bandes doivent être suffisamment serrées pour offrir un soutien, mais pas au point de couper la circulation. Vous devez pouvoir glisser un doigt sous le tape. Évitez de trop serrer car un strapping trop serré peut causer des douleurs et des problèmes circulatoires.

5. Si vous avez le matériel adéquat, effectuez un renforcement supplémentaire en ajoutant des bandes supplémentaires autour de la cheville pour renforcer le soutien, en veillant à ce qu’elles ne limitent pas la circulation sanguine.

6. Une fois le strapping terminé, vérifiez que la circulation est encore bonne. Les orteils doivent rester chauds et ne pas devenir engourdis ou décolorés.

7. Avant de vous remettre à courir, testez le mouvement de la cheville pour vous assurer que le strapping offre un soutien adéquat sans provoquer de douleur.

Le strapping peut être porté pendant quelques heures, mais il est conseillé de l’enlever dès la fin de votre course ou si vous décidez finalement d’arrêter, pour permettre à la peau de respirer. Une fois arrivé à destination – poste de secours sur un trail, ou chez vous lors une sortie personnelle -, consultez au plus vite un professionnel de santé. Un bon strapping peut offrir un soutien temporaire, mais il est essentiel de prioriser le repos et la récupération pour favoriser la guérison.

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La pratique saine d’une activité d’ultra-endurance nécessite de connaître un certain nombre de basiques et de ne pas les négliger. De l’hydratation à la prise de médicaments, en passant par le manque de sommeil et les troubles digestifs, le Dr Patrick Basset, directeur médical notamment du Marathon de Paris et de l’UTMB, a mis au point avec Dokever, spécialiste de l’assistance médicale événementielle, un court document rappelant les essentiels. 8 points à connaître par cœur !

1 – Médicaments et course : faites attention !

L’automédication se répand dans les épreuves d’ultra-endurance. Mais june mauvaise utilisation peut avoir des conséquences contre-productives bien plus lourdes que celles du problème d’origine.

– Traitement de vos maladies chroniques : OUI, il faut maintenir vos traitements en course.
– Paracétamol : OUI, avec modération. Attention, néanmoins, tout antidouleur peut dissimuler un problème à traiter. La douleur est une alerte intéressante et à considérer.
– Corticoïdes : NON, ce sont des agents dopants.
– Myorelaxants : NON, c’est inefficace contre les troubles musculaires.
– Anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofène, Nurofen, Advil, Spedifen, Kétprofène, Diclofénac, etc) : NON, cela peut avoir un effet délétère sur votre organisme.
– Aspirine : NON, car elle augmente le risque d’hémorragie en cas d’accident, en plus de pouvoir provoquer les mêmes mots que les anti-inflammatoires.

2 – Troubles digestifs, soyez prévoyant !

Un abandon sur deux est lié à des troubles digestifs, qui touchent pendant la compétition entre 60 et 96 % des athlètes d’ultra-endurance.

Les principales causes :
– L’ischémie, la vascularisation abdominale étant réduite au profit de la vascularisation des muscles.
– Des micro-traumatismes liés aux secousses.

Dans quelles situations vomit-on ?
– Efforts intenses et violents.
– Hyperthermie (coup de chaud).
– Prise de comprimés de sel ou de produits (barres, gels) très concentrés.

Que faire ?
– Avant la course : testez votre nutrition de course au maximum sur vos entraînements longs et intenses pour connaître vos réactions à l’effort. Ajustez les quantités, les compositions et variez les goûts.
– Prenez une alimentation sans résidus à J-3, évitez les repas solides à H-4, passez aux toilettes à H-0.

Pendant la course
– Ne rien tester pendant la course, gardez vos habitudes alimentaires.
– Gérez votre température et votre hydratation.
– En cas de trouble gastrique, prenez une pause de 15 à 30 minutes, voire plus si la douleur ne passe pas.
– Possibilité de prendre un pansement gastrique (Gaviscon), un antispasmodique (Spasfon) ou un antivomitif (Motilium) ou un anti-diarrhéique (Smecta, mais pas d’Imodium ou de Tiorfan), après avoir discuté avec un médecin.

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Photo Vincent Lyky

3 – Rhabdomyolyse et insuffisance rénale aiguë suite à un effort

Vous courez aussi avec vos reins ! La rhabdomyolyse désigne une situation dans laquelle les cellules des muscles se dégradent rapidement et libèrent leur contenu dans la circulation sanguine. Cette dégradation est alors nocive pour les reins qui ne parviennent plus à filtrer tous ces déchets. Résultat : vos reins s’arrêtent de fonctionner sans pour autant provoquer de symptômes immédiats.

Facteurs favorisant une rhabdomyolyse :

– La prise d’anti-inflammatoires.
– Un début d’hyperthermie ou un état de déshydratation.
– Une préparation physique insuffisante ou inadaptée, un effort trop intensif et continu.
– Dès antécédents de maladie rénale.

Attention ! La prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens aggrave un phénomène de rhabdomyolyse, pouvant même provoquer à eux seuls cette insuffisance rénale aiguë.

Symptômes avant-coureurs :
– Douleurs musculaires intenses.
– Fatigue inhabituelle.
– Urines foncées.
– Incapacité d’uriner ou très faible débit d’urine.
– Oedèmes des extrémités / généralisé.

Si vous souffrez d’un ou plusieurs de ces symptômes, et particulièrement les douleurs musculaires intenses ou l’incapacité d’uriner, il faut impérativement arrêter votre effort et consulter le médecin de course.

4 – Hyponatrémie

Boire trop d’eau peut tuer ! L’hyponatrémie est un trouble de vos cellules qui ont une concentration en sodium trop basse, à cause d’un excès d’hydratation. Ce déficit en sodium peut induire une hypertension intracrânienne, responsable de troubles de la conscience et de crises convulsives potentiellement mortelles.

Facteurs favorisant l’hyponatrémie :
– Une hydratation excessive et inadaptée.
– Une dilution du niveau de sel

Quels sont les symptômes de gravité ?
– Agitation, altération de la conscience, coma,
– Vomissements, maux de tête.

Comment vous hydrater efficacement :
– Il convient de boire quand vous avez une sensation de soif. On appelle cela « boire à la soif ».
– Ne cherchez pas à vous sur-hydrater en pensant éviter les crampes. Rien n’est prouvé scientifiquement à ce sujet. 
– Buvez des soupes et mangez salé. Deux bouillons cubes dans une écocup et ça repart ! À elles seules, les boissons hypo, iso ou hypertoniques ne sont pas assez concentrées pour vous permettre de maintenir votre taux de sel.
– Ne consommez pas de capsules ou cachets de sel. C’est peu efficace à titre préventif et potentiellement dangereux. Ainsi, on « sale au goût » ses aliments.

5 – Hyperthermie

L’hyperthermie se caractérise par l’augmentation dangereuse de la température corporelle. Une hyperthermie d’effort peut conduire à la destruction du foie, ce qui va nécessiter une transplantation hépatique en extrême urgence pour survivre.

Facteurs favorisant l’hyperthermie :
– Un effort intense avec une mauvaise évacuation de la chaleur.
– Un effort réalisé en milieu chaud et humide.
– Entraînement insuffisant, non acclimatation.
– Hydratation inadéquate.
– Affections cardio-vasculaires.

Quels sont les symptômes ?
– Maux de tête et céphalées intenses.
– Irritabilité.
– Confusion et état de conscience anormal.
– Température rectale supérieure à 40°.
(Dokever précise qu’il a déjà été observé une hyperthermie en décembre sur la SaintéLyon !)

Comment prévenir l’hyperthermie ?
– L’hydratation ne rafraîchit pas. Hydratez-vous normalement, sans plus.
– Prévenez l’hyperthermie en vous aspergeant le corps d’eau régulièrement au cours d’un effort intense par temps chaud.
– Une hyperthermie doit impérativement être enrayée très rapidement : votre température doit redescendre sous les 39° dans les 30 minutes. Tous les moyens sont bons : rivière, torrent, piscine de glaçons, poche de glace dans le cou et l’aine… 

Votre état de santé est à surveiller durant 48 heures après tout début d’hyperthermie. Prenez impérativement un avis médical.

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Photo Vincent Lyky

6 – Hypothermie

Une hypothermie apparaît chez les sujets immobilisés dans un environnement froid avec une baisse de leur température corporelle en dessous de 36°.

Facteurs favorisant l’hypothermie :
– Une pratique sportive prolongée au froid, dans le vent, sous la pluie.
– Une déshydratation et une consommation de boissons énergisantes (caféine, taurine).
– Une prise de médicaments augmentant la sensibilité au froid (benzodiazépines, antidépresseurs, bêtabloquants).

Quels sont les symptômes de gravité ?
– Hypothermie légère (de 36 à 32°) : frissons, chair de poule, sensation de froid, accélération du rythme cardiaque, difficulté respiratoire, envie d’uriner.
– Hypothermie modérée à sévère (inférieur à 32°) : fin du frisson avec plutôt des tremblements, sensation de bien-être avec diminution de la fréquence cardiaque, début de coma.

Conseils pour éviter l’hypothermie :
– En plein été, un orage peut faire subitement baisser la température de 20°. Emportez toujours au moins un vêtement chaud et un vêtement imperméable.
– Si besoin, déshabillez-vous pour mettre vos vêtements secs à même la peau.
– Emportez avec vous un briquet, une bougie et une couverture de survie afin de pouvoir faire un point chaud.

7 – Privation de sommeil

Les courses d’ultra-endurance se gèrent en prenant soin de son sommeil.

Quelles sont les conséquences du manque de sommeil ?
– Manque de lucidité, baisse de motivation, troubles de l’humeur.
– Chutes, hallucinations, perception de l’effort augmentée.
– Confusion et état de conscience anormal.
– Température rectale supérieure à 40°.
(L’activité cérébrale d’un finisher à l’arrivée d’une course d’endurance peut être comparée à un taux d’alcoolémie de 1,5 g/l.)

Nos conseils pour optimiser votre sommeil
– Dormez le plus possible les semaines précédant le départ.
– Partez en course avec une stratégie en fonction de la durée prévue et de votre expérience.
– Essayez de garder vos horaires de repos et de repas habituels.
– Les siestes régulières et brèves se montrent très bénéfiques pour réduire sa dette de sommeil (8 à 20 minutes maximum pour ne pas être « dans le gaz » au réveil). Il est souvent plus facile de placer ces courtes siestes la nuit ou après le déjeuner.

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Photo Vincent Lyky

8 – Les crampes

Les crampes touchent près d’un quart des athlètes en ultra-endurance et sont une des principales causes d’abandon. Il existe de nombreuses théories sur leur origine, mais sans fondements scientifiques.

Principales fausses idées non prouvées :
– « Si je bois beaucoup pendant que je mange du sel, je n’aurai pas de crampes. »
– « Les crampes, c’est une carence en magnésium. »
– « Contre les crampes, il faut manger des bananes. »

Nos conseils pour éviter les crampes :
– Être reposé avant une course.
– Partir lentement. Le sur-régime favorise l’apparition de crampes. L’utilisation de bâtons peut permettre de répartir la charge de travail.

Que faire en cas de crampes ?
– Lissez l’effort et adoptez un effort économe, éventuellement entrecoupé de périodes d’étirement de la zone douloureuse. 

Derniers conseils pour être un finisher en bonne santé

Ce qu’il ne faut pas faire :
– Ne pas prendre d’anti-inflammatoires avant et pendant l’effort.

Ce qu’il faut faire :
– S’asperger régulièrement le crâne d’eau en cas de chaleur.
– Boire à la sensation de soif.
– Boire des soupes aux ravitaillements et à l’arrivée.
– Avoir sur soi une couverture de survie renforcée, une bougie et un briquet.
– Faire des siestes régulières et brèves.

Consulter impérativement un médecin si :
– urines foncées, rouges ou noires
– Incapacité d’uriner ou très faible débit d’urine.
– Muscles très douloureux.

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Barres, gels, compotes, boissons électrolytes, chaque coureur a ses préférences en terme de nutrition en course. Et on connaît tous l’importance d’une bonne nutrition pour pouvoir soutenir l’effort sur la durée. On a demandé à quelques-uns de nos champions à quoi ils carburaient.

Nutrition en course d’Anne-Lise Rousset : « Des gels pas trop sucrés ! »

« L’alimentation est difficile pendant les ultras et clairement, manger, mâcher, ça devient compliqué au bout d’un certain nombre d’heures de trail et du coup, le gel permet de palier un peu ce manque. Même si il y a plein de produits que j’adore dans la gamme Punch Power, comme les barres d’amandes, les barres banane et les barres multi-fruits, clairement, ce qui passe le mieux pour moi pendant les compétitions sur de longues distances, ce sont les gels. Pourtant je n’étais pas forcément très gel avant Punch Power, mais ils ont l’avantage d’avoir bon goût et ils n’ont pas cet aspect ultra-sucré quand on l’a parfois en bouche avec des gels. En tout cas, pendant les efforts longs, ces gels sont vraiment une plus-value dans la gamme. »

Dernier Top 10 en ultra  : 2ème du MIUT 2024, 116 km et 7090m D+

Anne-Lise Rousset
Anne-Lise Rousset. Photo DR

Lire aussi l’article : Les 5 erreurs nutrition les plus fréquentes des coureurs

Nutrition en course d’Arthur Joyeux-Bouillon : « La base, c’est la poudre ! »

« Ma stratégie dans les grandes lignes est assez simple : elle est principalement basée sur la poudre Drink Mix de chez Näak. C’est la première depuis des années que j’arrive à digérer. Pour moi c’est extra parce que ça m’apporte mes 250 calories à l’heure. Sur de l’ultra, j’ai donc une flasque Drink Mix et une flasque d’eau. En complément, toutes les heures je mange ce qui me fait plaisir parce que j’ai envie de fonctionner au plaisir. Je prends soit des gaufres soit des barres caféines.

Toutes les trois heures je prends un shaker de poudre Ultra Recovery. Normalement c’est à utiliser après l’effort, mais moi ça me fait du bien pendant la course grâce à son apport en protéines. À travers le Näak Lab, j’ai aussi testé le gel qui m’aide quand mon estomac, au bout de plusieurs heures, n’arrive plus à digérer du solide. Je le digère très bien, en plus il n’est pas trop sucré et je trouve ça super. »

Dernier Top 10 en ultra  : 9ème de l’UTMB 2023, 171 km en 9960m D+

Arthur Joyeux Bouillon
Arthur Joyeux-Bouillon. Photo DR

Nutrition en course de Maud Combarieu : « Hydratation et sucres ! »

« Jusqu’à peu je faisais tout à l’eau et je mangeais principalement du solide, je ne supportais pas les gels dont je n’aime ni le goût – trop sucré – ni la consistance… Et il y a 2 ans un copain m’a fait découvrir les hydrogels de chez Maurten. La boisson est très bien passée, et les gels aussi. Du coup, maintenant, je prends ça en course. Je privilégie surtout l’hydratation, mais je sous-dose énormément la boisson Maurten, avec seulement une demi dose par flasque.

Je mange régulièrement, plutôt du sucré car ça ne me dégoûte pas du tout, j’adore ça, et je prends les gels aux moments où je n’ai pas envie de mâcher. Sur le très long, j’essaie quand même de prendre un peu de salé, et ce qui passe le mieux ce sont les soupes ou de la patate douce, et du parmesan que je prends en sandwich. »

Dernier Top 10 en ultra : Gagnante de la Travesera Integral de Picos de Europa 2024, 74km et 6560m D+

Maud Combarieu Photo Honorino Montes
Maud Combarieu. Photo Honorino Montes

Nutrition en course de Mathieu Blanchard : « Les gels uniquement en booster ! »

« Je prends entre 200 et 300 calories par heure, à 80-90% de chez Näak. En fonction d’où sont les ravitaillements, je vais prendre plus ou moins de calories. Je ne veux pas dépasser les 70g de glucides par heure. L’idée c’est de répartir, d’avoir plusieurs choix, plusieurs goûts pour ne pas saturer. J’ai toujours au minimum sur moi une flasque de Drink Mix et un échantillon d’une dose sur moi, ce qui me permet de tenir 2 heures. Je consomme beaucoup de barres en entraînement mais pas en course, j’ai du mal. En revanche je prends des gaufres car j’arrive bien à les ingérer.

Je complète tout ça avec les produits comme la purée à base de pommes et d’avoine qui passe parfaitement. Sur des longues distances je prends aussi des gels mais je fais attention à ne pas trop tester mon système digestif, je les prends en petite quantité comme effet boost. C’est une réserve que j’ai et que j’injecte au moment voulu. En plus, avec le Näak Lab on fonctionne par flasques de gel, et c’est ça qui me permet de fractionner les prises. J’ajoute aussi ma purée maison à base de patate douce. C’est frais, j’apprécie son goût, c’est ma copine qui la prépare et c’est un peu notre connexion entre nous. Je la prends en ravitaillement. »

Dernier Top 10 en ultra : Vainqueur de la MaXi-Race du lac d’Annecy 2024, 94 km et 5000m D+

Mathieu Blanchard
Mathieu Blanchard. Photo DR

Nutrition en course de François D’Haene : « Une même boisson du début à la fin ! »

« J’ai développé avec Overstim.s l’Hydrixir Ultra Longue distance, une boisson énergétique conçue pour les efforts prolongés. On voulait quelque chose de très peu sucré, qui ne lasse pas, qui soit simple d’utilisation, fait avec des produits naturels et bio et qui tienne compte des pertes du coureur, donc pourvue de glucides, de BCAA et d’électrolytes pour répondre à la fois aux besoins hydriques et qu’aux besoins énergétiques sur le très long terme. Le but était aussi de proposer aux coureurs toujours la même boisson, durant 30 à 60 heures, afin que le corps comprenne et qu’il ait toujours la même réponse.

Il fallait donc quelque chose qui ne soit pas écœurant. On a notamment étudié l’index glycémique afin d’éviter les pics qui entraînent souvent des passages à vide. On a travaillé deux ans dessus afin d’améliorer le goût et la texture, j’ai eu l’occasion de pas mal la tester et depuis la Hardrock 2022, je ne bois que ça durant ma course. » Une barre Ultra énergie longue distance, également développée avec le champion du team Salomon, vient tout juste de rejoindre la boisson.

Dernier Top 10 en ultra  : 5ème du Trail 100 Andorra by UTMB 2024, 107 km et 6375m D+

François D'Haene
François D’Haene. Photo DR
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Lors de la présentation de la nouvelle gamme endurance de son partenaire Tailwind Nutrition – la Dauwaltermelon with Lime –, l’Américaine Courtney Dauwalter, double gagnante de l’UTMB (2021-2023) connue pour manger pizzas, burgers et bonbons à gogo, a évoqué la façon dont son alimentation en course a évolué au fil du temps et est devenue bien plus minutieuse qu’il n’y paraît. Et lui a permis, malgré des difficultés, de remporter une fois de plus la Hardrock, record féminin battu.

Les débuts hasardeux de Courtney Dauwalter

“Quand je me suis lancée dans l’ultrarunning, en 2011, je n’avais aucun plan nutritionnel. Je ne savais pas ce que je faisais. Je me souviens être arrivée sur un ravitaillement lors de ma première course, un 50 km, et avoir été époustouflée par le buffet proposé. Tout était tentant, et c’est là que j’ai commencé à remplir mes poches de bonbons. Au cours de ces premières années, j’ai beaucoup imité ce que faisaient les gens autour de moi. Si quelqu’un arrivait au ravito et mangeait des cornichons, je mangeais des cornichons. Si c’était des bretzels et du fromage, je mangeais des bretzels et du fromage. Je ne me posais jamais la question de savoir si ça marcherait ou pas pour moi. C’était une sorte de roulette russe.

Ensuite, en 2017, j’ai participé au Run Rabbit Run 100, une course de 100 miles dans le Colorado, et j’ai testé les produits de la marque Tailwind qui étaient disponibles sur les ravitaillements. Je me souviens les avoir adorés et ne plus avoir eu tous les problèmes d’estomac et les baisses d’énergie que j’avais souvent. C’est là que j’ai compris la différence entre essayer un peu tout et n’importe quoi et avoir quelque chose de fiable.”

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Photo Tailwind Nutrition

Le temps des premiers plans nutritionnels de Courtney Dauwalter

“C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à établir des plans de nutrition en course pour des efforts de 10 à 24 heures. Mais je ne suis pas du genre à faire biper ma montre pour me rappeler de manger, et je ne veux pas m’obliger à m’alimenter toutes les 15 ou 30 minutes pendant une course. Je préfère consommer lentement les calories que j’ai aussi souvent que possible. En gros, je fais un « concours d’alimentation en mouvement ». (Rires.)

Avec l’expérience, je sais aujourd’hui que mon corps fonctionne plutôt bien avec environ 200 calories par heure pendant ces efforts. Ainsi, en fonction de la distance entre les postes de ravitaillement, je me base sur une ou deux flasques de boisson Tailwind, que je complète avec des barres, des gaufres ou des gels, car j’ai généralement une sensation de faim et avoir quelque chose de solide m’aide, toujours en visant cette référence de 200 calories à l’heure.”

Courtney Dauwalter et la stratégie des plans B, C ou D

“Parfois, le plan nutritionnel parfait ne fonctionne pas, je l’ai déjà expérimenté, surtout l’an dernier lors de l’UTMB. C’est pourquoi ces dernières années j’ai travaillé avec un ami nutritionniste pour imaginer des plans B, C ou D… Le principe est de savoir quels éléments vous pouvez remplacer pendant une course en fonction de vos besoins. Un plan est un puzzle, et parfois les pièces s’intègrent là où nous le souhaitons, parfois il faut changer un peu les choses. C’est d’ailleurs une partie très intéressante des courses d’ultra : être capable, lorsque les choses ne se passent pas comme prévu, de résoudre les problèmes.

La Hardrock est un bon exemple, avec les effets de l’altitude. Lors de mes dernières participations, j’ai eu un peu de mal à m’alimenter correctement. J’aimerais essayer d’entraîner mon estomac à mieux absorber les calories tout en poussant fort à 3500 ou 4000 mètres d’altitude, juste pour voir si je peux être plus performante. “

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Photo Tailwind Nutrition

Liberté et plaisir, les clés de nutrition de Courtney Dauwalter

“Avant et après les courses, je mange mes plats préférés chaque fois que j’en ai envie, en quantités raisonnables, et je n’ai pas l’intention de changer ça car cela me procure simplement beaucoup de plaisir. Je suppose que c’est en partie dû à mon éducation, et aussi à la façon dont Kevin (son compagnon, NDLR) et moi souhaitons profiter pleinement de la vie, aller au restaurant et ne pas nous soucier de ce que nous mangeons. Cependant j’avoue qu’au cours des deux dernières années, je prends plus systématiquement une boisson de récupération après une longue course ou après des efforts intenses. C’est une chose avec laquelle j’étais un peu plus laxiste au départ, que j’ai corrigée depuis et dont je ressens les effets positifs.”

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Courtney Dauwalter lors de la Western States Endurance Run 2023. Photo DR
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Tous les coureurs connaissent le fameux gel « Coup de Fouet », mais peu sont ceux à savoir que ces produits sportifs ont été inventés par la marque Overstim.s dès les années 80. L’entreprise installée en Bretagne nous a ouvert ses portes et dévoilé les coulisses de la conception de son célèbre gel nutritionnel.

Avant le « Coup de Fouet », le GatoSport

On peine à réaliser que derrière le nom Overstim.s, à la consonance anglo-saxonne prononcée, se cache une petite entreprise familiale nichée sur la côte bretonne de l’océan Atlantique, à Plescop, dans les environs de Vannes. C’est ici que Daniel de Saint-Ouen s’est installé au début des années 90. Le fondateur d’Overstim.s avait lancé sa petite affaire au début des années 80.

À l’époque, ce grand sportif, notamment pratiquant de cyclisme, ne trouvait pas son compte sur le marché de la nutrition sportive et avait décidé de fabriquer dans son petit garage de Vincennes, près de Paris, sa propre recette lui permettant de se remplir l’estomac de manière efficace d’un point de vue digestif et nutritionnel, tout en s’évitant d’engloutir une assiette de pâte avant de partir pour de longues heures de balades à vélo. Le célèbre GatoSport était né, qui devait être suivi par la création de gels et de boissons énergétiques, désormais largement consommés par les amateurs de sports d’endurance.

Découvrez la vidéo de fabrication du gel « Coup de Fouet » ici

Un « Coup de Fouet » nouvelle version

Si Overstim.s est désormais une des rares marques à proposer une aussi vaste variété de gels permettant aux coureurs et aux cyclistes de retrouver de l’énergie durant leur effort, le plus célèbre est sans conteste son gel « Coup de Fouet ». Ces termes, désormais utilisés dans le langage courant, sont pourtant propriétés de l’entreprise bretonne. Mais si beaucoup de coureurs se souviennent des petits tubes jaunes de « Coup de Fouet », c’est désormais chose révolue. L’entreprise a en effet décidé en début d’année de franchir une étape d’ampleur en changeant son packaging emblématique pour un contenant plus pratique et éco-responsable.

Transformation packaging Coup de Fouet
Source Esprit Trail

Ainsi, le « Coup de Fouet » se consommera désormais directement dans un petit sachet en plastique, comme il est courant désormais de le voir chez d’autres marques de nutrition sportive. « Ce changement nous a permis de réduire drastiquement notre empreinte carbone en baissant d’un tiers l’usage de plastique, explique Cédric Le Feur, directeur marketing de l’entreprise. Dans un sachet, nous avons pu mettre 13% de produits en plus, ce qui représente finalement 20% d’énergie supplémentaire pour le consommateur, pour le même prix ! Ce changement de packaging nous permet également d’être plus efficaces en termes de transport de la marchandise. Enfin, grâce à ce nouveau matériau que nous utilisons, impliquant un process industriel différent, nous pourrons mettre en place de nouveaux développements, de nouvelles évolutions », affirme-t-il, sans vouloir en dévoiler plus sur les futurs produits Overstim.s.

Coup de fouet
Plus simple à embarquer dans une ceinture ou un sac, le nouveau packaging du “Coup de Fouet”. Photo DR

« Coup de Fouet », un gel fabrication « maison »

Mais alors que contient véritablement le gel énergétique « Coup de Fouet » et comment est-il conçu ? Pour en savoir plus, Overstim.s nous a ouvert les portes de son laboratoire et de ses lignes de production. Car la marque est l’une des rares en France à concevoir et à produire elle-même ses produits sur son propre site de production, à quelques minutes de son siège social. Un bâtiment qui n’a rien d’imposant, d’où l’on imagine mal que sortent chaque année des millions de produits énergétiques.

« En théorie, la conception d’un gel est assez aisée, indique Romain Le Goff, le directeur qualité du Laboratoire. Il suffit de mélanger des minéraux et des vitamines sous forme de poudre à du sirop de glucose, auquel on ajoute de la gelée royale et des arômes. Mais en pratique, la recette d’un gel n’est pas si simple à voir le jour, et peut parfois demander 2 à 3 ans de développement et de tests. » D’autant qu’outre le fait de répondre à un besoin nutritionnel spécifique, à rendre ses gels facilement assimilables et agréables à consommer, Overstim.s se doit de respecter un cahier des charges strict, pour respecter les règles antidopages et les questions d’allergène par exemple, tout en s’assurant de la disponibilité des matières premières.

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Un contrôle de tous les instants. Photo Esprit Trail

« Coup de Fouet », un dosage très précis

Concrètement, le gel est constitué d’un assemblage de poudre avec du liquide et des produits semi-liquides. « Mais pas n’importe comment ! Il y a vraiment une recette de cuisine à respecter, avec un ordre d’incorporation des matières premières et des temps de mélange bien stricts », précise Luc Peléritot, le directeur du laboratoire.

Ça commence donc par le MIX, préparé la veille de l’assemblage dans un minuscule bureau annexe, où tout est question de dosage. Ce MIX est composé des vitamines correspondant à chaque formule, ainsi qu’une partie ou la totalité des minéraux selon les formulations, et des poudres de fruits telles que le goji, l’acérola, l’açaï, la glée royale, etc., en fonction des formules. « Ce pré-mélange nous permet d’être très précis pour chaque dose. Il faut bien comprendre que les minéraux et les vitamines ne représentent que quelques grammes dans un ensemble de plusieurs centaines de kilos. Il est donc très important de s’assurer que ces pesées infimes, par rapport au reste du mélange, correspondent bien à la valeur nutritionnelle recherchée pour le produit que l’on fabrique », rappelle Luc Peléritot.

D’un autre côté sont préparés les différents sucres tels que le sirop de glucose, le fructose, les maltodextrines et le dextrose, incorporés dans un mélange qui va reposer une nuit entière.

« Coup de Fouet », une production éclair

Le lendemain, c’est l’heure de l’assemblage, sur la ligne de production du « Coup de Fouet ». Et elle est surprenante ! Là où l’on pourrait s’imaginer un hangar gigantesque avec d’énormes machines crachant des milliers de sachets à la seconde, tout se fait dans une petite salle au centre de laquelle une seule machine spécifiquement conçue pour Overstim.s travaille en autonomie complète.

Deux grosses cuves réceptionnent d’un côté le MIX, puis de l’autre le mélange de sucres, le tout dans un ordre bien précis pour correspondre à l’homogénéisation voulue. Il faut une heure pour parfaire ce mélange final.

Dernière étape, le conditionnement du gel. Le transfert du produit vers son emballage se fait par l’intermédiaire d’imposants tuyaux équipés d’un système de filtre et d’un détecteur de métaux « afin de s’assurer qu’il n’y ait aucun corps étranger ». Au bout de ces tuyaux, une petite machine récupère le produit, le sépare en une dose précise équivalent à 34 grammes, l’incorpore dans un film plastique transformé en sachet, le soude et le coupe. Le tout-en-un ! En une heure, ce sont 10000 sachets qui sont ainsi délivrés !

« 40 ans après notre création, certains pensent toujours que nous sommes une grosse entreprise américaine, à cause de la consonance de notre nom, s’amuse Cédric Le Feur. Mais en fait, nous nous considérons comme les artisans de la diététique. Tout est fait ici, dans nos petits ateliers de production, mais avec sérieux et passion, au sein d’une petite entreprise bretonne comptant 35 employés ! »

Coup de Fouet 1
Photo Esprit Trail

Découvrez en vidéo les secrets de fabrication du gel « Coup de Fouet »

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