Au terme d’une course rapide, le britannique Tom Evans chez les hommes et l’Américaine Courntney Dauwalter chez les femmes s’imposent sur la 50ème édition de la Western States Endurance Run, record à la clé pour Dauwalter. Mathieu Blanchard termine 7e, juste derrière l’incroyable Américaine.

Western States Endurance Run : Mathieu Blanchard en rêvait

C’était la course qu’il rêvait de faire. La première qu’il ait vue en vidéo, en 2016, avant même de commencer à courir. À l’époque, en tapant « vidéo trail » sur un moteur de recherche, il avait découvert sur un reportage consacré à la Western States Endurance Run et en était tombé amoureux. « Je veux faire ça ! ». 7 ans plus tard, et après avoir réussi à avoir un dossard grâce au forfait de François D’Haene, Mathieu Blanchard était le 24 juin un heureux coureur parmi les 379 élus au départ du plus vieil ultra des États-Unis.

Devenu traileur professionnel, membre du team élite de Salomon Running, il avait coché cette course comme l’un de ses objectifs de la saison. Et avait consacré une grande partie de son début d’année à préparer ce rendez-vous, faisant un séjour au Kenya et travaillant sa vitesse pour pouvoir performer sur cette épreuve américaine. Mais s’il faisait partie des Européens favoris, Mathieu Blanchard restait lucide : « Ce n’est pas une course pour moi. Dans les ultras comme l’UTMB, il y a beaucoup de montées très dures dans lesquelles on marche, ce qui permet de souffler un peu. Sur la Western States, à quelques exceptions près, il faut courir tout le temps. C’est un autre type d’effort, permanent, sans répit. »

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Le parcours de la Western States. Source WSER
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Le profil descendant de la course. Source WSER

Western States Endurance Run : un départ trop rapide pour les Français

Dès le départ de la Western States, donné à 5h du matin heure locale, les Américains se sont mis aux commandes et ont imprimé leur rythme. Seuls capables de les suivre dans les premiers kilomètres, le Britannique Tom Evans et le Chinois Jiasheng Shen prenaient le wagon. Avec une météo favorable, chaude sans être caniculaire, l’édition s’annonçait rapide, sans trop de place à l’attente. Mais pour sa première participation, Mathieu Blanchard a préféré partir prudemment, tout comme Ludovic Pommeret, sans doute échaudé par son expérience de 2022 où il avait mené la course pendant 60 kilomètres avant de payer son départ rapide.

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Tom Evans au ravito, toujours serein. Photo Instagram WSER

Ainsi, après à la mi-course, les 2 Français, qui faisaient course commune, comptaient près de 30 minutes de retard sur une tête de course constituée du duo Tom Evans et Dakota Jones. Même si une défaillance est toujours possible, l’écart était rédhibitoire pour espérer pouvoir revenir. D’autant que les 60 derniers kilomètres, où les coureurs peuvent être épaulés de pacers, sont les plus rapides. Et même si Mathieu Blanchard s’était adjoint le support de son partenaire de team Thibaut Baronian, il n’y a pas eu de miracle.

« Je rentrerai au 100e kilomètre et ferai le premier kilomètre à la vitesse de Mathieu, avait dit Thibaut Baronian juste avant la course pour expliquer la stratégie mise en place. Ensuite je ferai un point avec Mathieu pour voir comment l’emmener le plus rapidement possible vers l’arrivée. Sachant que ses 60 derniers kilomètres sont les plus rapides. C’est là que se creusent les écarts, et que se gagne la course. »

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Mathieu Blanchard. Photo Instagram WSER

Western States Endurance Run : Tom Evans sans trembler

Après 14h 40mn 22s de course, c’est finalement Tom Evans qui s’impose, lui qui avait déjà fini 3ème en 2019. Ce chrono, le 4ème plus rapide de l’histoire, est bien plus rapide que celui d’Adam Peterman en 2022 (15h 13mn 48s). Il n’a cependant pas fait trembler le record de 14h 09mn 28s établi par Jim Walmsley en 2019. Derrière Tom Evans, c’est un habitué de la course, l’Américain Tyler Green, 4ème en 2022 et 2ème en 2021, qui prend de nouveau la 2ème place, à près de 24 minutes. Un autre Américain, Anthony Costales, souvent vainqueur ou placé sur des ultras outre-Atlantique, monte sur la dernière marche du podium, à 29 minutes du vainqueur.

Quant aux Français, Mathieu Blanchard et Ludovic Pommeret terminent respectivement 7ème (15h 37mn 02s) et 13ème. À noter que Ludovic Pommeret, s’il est loin de son classement de 2022, où il avait fini 6ème, réalise un chrono quasiment similaire, 16h 21mn 54s, contre 16h 20mn 02s l’an dernier. Son objectif annoncé était de passer sous la barre des 16 heures. Ce sera pour une prochaine fois…

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Victoire de Tom Evans. Photo Instagram WSER
Le Top 1à scratch. Source ultralive

Western States Endurance Run : record pulvérisé pour Courtney Dauwalter !

Chez les femmes, la lutte promettait d’être intense. D’un côté Courtney Dauwalter, gagnante de la dernière Diagonale des Fous, de l’autre Katie Schide, gagnante du dernier UTMB. Sur le papier, on pouvait penser que le profil plutôt rapide correspondait mieux aux capacités de Katie Schide. Mais c’était sans compter sur la détermination de Courtney Dauwalter, dont l’ambition à peine voilée cette saison est de réussir le doublé Western States / Hardrock 100, les 2 ultras mythiques américains, séparés de seulement 3 semaines.

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Courtney Dauwalter en route vers le record, sourire aux lèvres. Photo Instagram WSER

Après s’être neutralisées pendant plus de 60 kilomètres, Courtney Dauwalter a commencé à creuser l’écart. Grignotant les secondes, elle comptait à mi-course avec un petit matelas de 8 minutes d’avance. Un écart qui n’a ensuite cessé de se creuser, l’Américaine reprenant petit à petit les coureurs devant elle. Jusqu’à doubler le duo Mathieu Blanchard / Thibaut Baronian. À l’arrivée, Courtney Dauwalter s’impose avec un chrono de 15h 29mn 33s qui la place en 6ème position au scratch. Elle boucle le parcours en mettant 2 heures de moins que son précédent chrono, datant de 2018. Et surtout, elle dynamite l’ancien record féminin de l’épreuve établi en 2012 par Ellie Greenwood en 16h 47mn 19s. Tout simplement exceptionnel. À l’arrivée, Courtney Dauwalter devance Katie Schide de 1h44 (16h 43mn 45s).

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Courtney Dauwalter à l’arrivée, record de l’épreuve pulvérisé. Photo Instagram WSER

Résultats complets de la course ICI

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Après avoir maîtrisé la course de bout en bout, l’Alsacien Sébastien Spehler s’impose le 24 juin sur les 23km du Cross du Mont-Blanc 2023, 44ème édition de cette épreuve, l’une des premières courses de montagne de France. Chez les femmes, beau cavalier seul d’Amandine Ferrato qui l’emporte avec plus de 10 minutes d’avance sur sa dauphine.

Cross du Mont-Blanc : la course historique

Avec un tracé qui n’a quasiment pas bougé depuis 1979, cette course historique empruntant les sentiers des pionniers de la discipline reste un indicateur de l’évolution du trail tant au niveau des performances sportives que de la diversité des participants. Sur 23km et 1680m de D+, elle mène les coureurs de l’aire des parapentes vers Argentière puis Montroc, en fond de vallée, avant de revenir par des sentiers en balcon vers Flégère et Planpraz, où est jugée l’arrivée. 2285 coureurs étaient au départ ce 24 juin.

Cross du Mont-Blanc départ Photo Fabian Bodet
Près de 2000 coureurs au départ du Cross du Mont-Blanc 2023. Photo Fabian Bodet

Résultat Cross du Mont-Blanc : Sébastien Spehler en maîtrise

Dans le groupe de tête dès le départ, Sébastien Spehler a contrôlé la course de bout en bout. Ils étaient encore 3 en tête au niveau de Bois Plagnolet, au 16ème kilomètre, Théo Bourgeois menant devant Dominik Tabor et Spehler. C’est ensuite dans la montée vers le ravito de Flègère que Sébastien Spehler s’est progressivement détaché, seconde après seconde, pour parfaire sa victoire dans l’ultime ascension vers le plateau de Planpraz et la ligne d’arrivée. L’Alsacien s’impose en 2h 07mn 38s, soit une vitesse de 10,57km/h. Il devance le Polonais Dominik Tabor de 43 secondes et le Français Thomas Butez de 1mn 19s.

La réaction de Sébastien Spehler, vainqueur

« Je suis vraiment content ! Cette course est une grande classique des courses en montagne, remportée par des grands champions dont je n’ai pas le profil. J’ai des qualités très différents des traileurs. Je suis plus à l’aise sur les parties roulantes. Je suis parti vite dans les premiers kilomètres qui étaient à mon avantage et puis finalement j’ai serré les dents et je me suis quasi retrouvé en tête après chaque montée à ma grande surprise, au bout d’un moment j’ai fini par y croire et m’accrocher pour tenter la victoire. Et ça a payé ! Je suis d’autant plus content que c’était une course de reprise ! »

Sébastien Spehler. Photo @Arnaud.FDY
Top 10 scratch Cross du Mont-Blanc. Source LiveTrail
Top 10 scratch Cross du Mont-Blanc. Source LiveTrail

Résultat Cross du Mont-Blanc : le cavalier seul d’Amandine Ferrato

Elle était venue « comme ça », histoire de faire une petite virée du côté de Chamonix, mais la virée a été rapide. Très rapide même. Partie devant, Amandine Ferrato s’est très vite retrouvée seule en tête et n’a cessé de creuser l’écart avec ses poursuivantes, sans véritable rivale. Elle s’impose en 2h 30mn 33s (8,87km/h de moyenne), terminant 41e au scratch. Elle devance de 10mn 07s l’Espagnole Mireia Pons. La Française Rachel Pain monte sur la 3ème marche du podium, à 10mn 43 de la gagnante du jour.

La réaction d’Amandine Ferrato, première féminine

« Je suis enchantée de cette victoire, c’est surtout une victoire contre moi-même, j’ai eu beaucoup de contraintes à gérer à côté. Je n’ai pas eu le temps de préparer cette course. Et de ce fait, je n’étais pas là pour gagner mais pour donner le meilleur et mettre en œuvre ce que j’enseigne aux personnes que je coache ! Je suis vraiment bluffée et tellement heureuse, j’adore courir ici ! »

Cross du Mont-Blanc arrivée A ferrato Photo Fabian Bodet
Arrivée d’Amandine Ferrato. Photo @Arnaud.FDY
Top 10 femmes Cross du Mont-Blanc. Source LiveTrail
Top 10 femmes Cross du Mont-Blanc. Source LiveTrail

Résultats du 10km du Mont-Blanc

Autre épreuve du jour, la « petite » course du Marathon du Mont-Blanc, un 10km et 280m D+ accessible à tous qui se déroule en forêt, sur les pistes de ski de fond, sans occulter des parties plus techniques. Disputée sous un soleil de plomb, elle a vu la victoire chez les hommes de Tristan Vachat en 37mn 04s. Il devance Léo Tuaz (38mn 38s) et Romain Champenois (38mn 50s. Chez les femmes, victoire de Élodie Alexandre en 45mn 19s. Elle devance Capucine Arbez-Gindre (46mn 03s) et la Suissesse Lara Droz (46mn 34s).

La réaction de Tristan Vachat, vainqueur

« Cette course a le profil parfait pour moi, je suis un coureur type montée mais court et intense ! Donc là c’est juste parfait pour moi ! Je suis venu grâce à mon collègue de club Tom Froissart (11ème aujourd’hui) qui avait fait premier espoir l’année dernière et qui m’a dit « Va faire cette course elle est pour toi ». Et il avait raison !!! J’ai laissé les autres attaquer au début et dès que la montée s’est durcie j’ai mis un « taquet » et j’ai tout de suite creusé l’écart. Après c’est dans la tête, il faut aimer la montée et en remettre. J’ai un peu improvisé car j’avais reconnu avec mon père ce matin, mais on s’était trompé de parcours ! »

10K du Mont-Blanc Tristan Vachat Photo FlyingSharkPhotography
Tristan Vachat. Photo FlyingSharkPhotography
10K du Mont-Blanc Elodie Alexandre Photo FlySharkPhotography
Élodie Alexandre. Photo FlySharkPhotography
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Toujours aussi impressionnant, le Kilomètre Vertical du Mont-Blanc, avec ses 3,8km de long pour 1000m de dénivelé, a encore réservé un superbe spectacle cette année. Chez les hommes, victoire du Canadien Alexandre Ricard. Chez les femmes, Christel Dewalle s’impose, 10 ans après sa première victoire, avec une très belle 9ème place au scratch.

KM Vertical du Mont-Blanc : un parcours très spectaculaire

Lancé pour la première fois en 2011, le KM Vertical du Mont-Blanc fait partie des courses les plus spectaculaires de la discipline. Avec son départ au cœur de Chamonix, place du Triangle de l’Amitié, et son arrivée au sommet de Plan Praz, c’est un véritable morceau de bravoure. En effet, après à peine 500m de course, c’est à un véritable mur que les coureurs sont confrontés. Au menu, la longue montée en lacets serrés sous le téléphérique de Chamonix Plan Praz. Mais c’est la fin du parcours, très aérienne, typée via ferrata, avec des marches, câbles, pédales et mains courantes, qui est la plus technique. C’est d’ailleurs à cause de ces passages que les bâtons sont interdits. Trop dangereux !

KM VERTICAL MONT BLANC PARCOURS
Le parcours du KM Vertical. Source Organisation

KM Vertical du Mont-Blanc : un record difficile à battre

Chaque année, la chasse au record est lancée. Avec une prime promise par l’organisation à celle et celui qui battront les chronos de référence. Chez les hommes, il a été établi en 2015 par François Gonon, ancien membre de l’équipe de France de course d’orientation. Il a gravi les 1000 m de dénivelé sur une distance de 3,8 km en… 34mn 07s ! Il avait ce jour là effacé le précédent record, propriété de Kilian Jornet, de 34mn 18s établi en 2014. Il n’a pas été battu depuis. Chez les femmes, le record a été établi en 2019 par Christel Dewalle avec un chrono de 39mn 50s. Elle avait alors été la première femme à descendre sous la barre des 41 minutes. Elle avait au passage pulvérisé son meilleur chrono, 41mn 33s, qui datait de 2013 !

Alexandre Ricard au sommet

Avec un chrono de 35mn 39s, le Canadien Alexandre Ricard n’a pas approché le record de François Gonon, mais il a largement dominé les débats. Il devance un autre Canadien, Rémi Leroux, qui termine en 36mn 20s. Benjamin Roubiol, tout récent champion du monde de trail long, monte sur la 3ème marche du podium. À noter que les deux Canadiens avait déjà réalisé de très belles performances une semaine plus tôt, dimanche 18 juin, en terminant respectivement 2ème et 3ème de la célèbre course de montagne suisse de Neirivue-Moléson, là même où Rémi Bonnet a établi la plus grande performance ITRA de l’histoire du trail avec une cote à 970 !

Lire notre article « ITRA-terrestre » ! : Rémi Bonnet réalise la plus grande performance ITRA de l’histoire du trail

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Alexandre Ricard. Photo David Gonthier
KM VERTICAL MONT BLANC TOP 10 SCRATCH
Le Top 10 scratch. Source LiveTrail

Christel Dewalle encore et toujours

Après 2013 et 2019, Christel Dewalle s’impose de nouveau sur le KM Vertical du Mont-Blanc, avec un chrono de 42 minutes assez éloigné de son record, mais qui la place tout de même dans le top 10 de cette édition. Elle devance Candice Fertin, 2ème, et Lucille Germain, 3ème, de plus de 4 minutes, et confirme ainsi son statut de meilleure grimpeuse française, malgré les années qui passent.

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Christel Dewalle. Photo David Gonthier
KM VERTICAL MONT BLANC TOP 10 FEMMES
Le Top 10 féminin. Source LiveTrail

Voir le classement complet de la course ICI

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Au terme d’un finish à suspense, Germain Grangier remporte le 90km du Mont-Blanc. Il s’impose au terme d’une course serrée jusqu’au bout, et d’un beau duel avec le jeune Louison Coiffet, qui courait son premier ultra. Chez les femmes, Jennifer Lemoine s’impose.

90km du Mont-Blanc : un tracé exigeant mais exceptionnel

La catastrophe aura été évitée de peu. Après une édition 2022 annulée pour cause de mauvais temps, la tempête qui a dévasté le Trail Camp de Chamonix jeudi 22 juin a fait craindre le pire aux organisateurs. Mais les Dieux ont été cléments, et pour fêter les 10 ans de la création du 80km du Mont-Blanc, devenu 90km en 2018, le beau temps est revenu, permettant de lâcher les 1000 coureurs sur le parcours de 92km et 6330m D+.

Assister au lever de soleil sur le mont Blanc, traverser le barrage d’Émosson en Suisse, longer la Mer de Glace, courir sous l’Aiguille du Midi et enfin fondre sur Chamonix et la foule qui acclame et félicite chaque coureur, le 90km du Mont-Blanc fait partie des ultra-trails les plus techniques et exigeants de sa catégorie, mais il est aussi l’un des plus beaux. Un point de vue que confirme Martin Kern, vainqueur de l’édition 2021 : « Du technique, du roulant, du raide, de la piste, du single, du froid, du chaud : le 90km du Mont-Blanc, c’est un cocktail de sensations et d’émotions à déguster sans modération. »

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Le départ de l’édition 2023. Photo David Gonthier

90km du Mont-Blanc : Germain Grangier au finish

C’est à 4 heures du matin, à la frontale, que les coureurs se sont élancés de la Place du Triangle de l’Amitié. Parti à un rythme soutenu, Germain Grangier a figuré dans le groupe de tête pendant plus de la moitié de la course. Il a pris le commandement dans la montée du Col des Posettes, où il est passé en tête avec 2 minutes d’avance sur le jeune Louison Coiffet et 4 sur Antoine Charvolin. Rattrapé par un étonnant Louison Coiffet dans la longue descente vers Bois, au km 60, Grangier a trouvé les ressources nécessaires pour creuser de nouveau l’écart dans la montée vers Le Plan de l’Aiguille, récupérant son matelas de 2 minutes d’avance sur son poursuivant. De son côté, Hugo Deck faisait une belle remontée passer en 3ème position au Plan de l’Aiguille, Antoine Charvolin payant ses efforts de début de course.

Dans les 5 derniers kilomètres de la vertigineuse descente vers Chamonix, Germain Grangier est parvenu à contenir Louison Coiffet, plus à l’aise en descente, pour franchir en tête l’arche d’arrivée, place du Triangle de l’Amitié. Il s’impose en 10h 36mn 06s, avec à peine plus d’1mn30 d’avance sur Louison Coiffet (10h 37mn 44s). Hugo Deck prend quant à lui la troisième place, en 10h 47mn 59s.

90KM DU MONT BLANC GRANGIER Photo David Gonthier
Germain Grangier. Photo David Gonthier
Top 10 scratch 90km du Mont-Blanc. Source LiveTrail
Top 10 scratch 90km du Mont-Blanc. Source LiveTrail

90km du Mont-Blanc : Germain Grangier heureux !

« Les conditions étaient incroyables, on peut vraiment dire qu’on a eu une journée 4 saisons. Entre la neige et les nombreuses flaques, j’avais les pieds mouillés depuis la première demi-heure. On a eu du soleil, du brouillard, du froid, du chaud. C’est Dimitri (Mityaev) qui a commencé à accélérer, moi j’avais prévu de le faire plus tard dans la montée de l’alpage de Catogne puis je me suis dit que j’aillais ré-accélérer dans celle du Montenvers, mais Louison a tenu bon et j’ai vraiment dû m‘employer.

Pendant 4h j’ai essayé de creuser l’écart et je n’avais que 2mn d’avance sur Louison en haut avant la dernière descente du Plan de l’Aiguille. J’espérais en avoir 5 pour descendre plus tranquille mais j’ai dû aller à fond je suis d’ailleurs tombé à 2km de l’arrivée ! Sur la route je me suis retourné et j’ai vu que j’étais seul et là ça a été un immense soulagement. Grâce à lui je me suis dépassé et j’ai fait ce temps ! Il a un sacré mental ! Dès la mi-course, tout se joue au mental et c’est aussi ce que j’aime. Après avoir fait 5ème à l’UTMB 2022, je gagne à Chamonix, je suis vraiment heureux. »

90km du Mont-Blanc : Louison Coiffet comblé !

« Cette deuxième place est incroyable ! Je suis venu à Chamonix pour me faire plaisir et aussi pour me tester sur cette distance car je suis plutôt habitué aux épreuves courtes. Alors s’aligner au départ d’un 90km c’est quelque chose de vraiment nouveau pour moi ! Je savais qu’il fallait faire attention à la nutrition, j’appréhendais un peu cet aspect-là mais finalement je l’ai bien géré.

Aujourd’hui, j’étais entouré par un sacré Team qui tout au long de la course m’a dit « fais-toi plaisir » et quand j’ai vu que j’étais dans la course, je me suis pris au jeu, c’était génial ! J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir sur ce parcours et cet événement mythique dans le monde du trail. Mes prochains objectifs sont les championnats d’Europe de skyrunning, mais je vais voir comment je récupère ! »

podium 90km
Le podium, avec de droite à gauche Louison Coiffet, Germain Grangier et Hugo Deck. Photo Fabian Bodet

90km du Mont-Blanc : Jennifer Lemoins s’impose chez les femmes

Elles étaient une centaine à prendre le départ. Après 13h 32mn 23s de course, c’est Jennifer Lemoine qui remporte le classement féminin et se place 29ème au scratch. Cette habituée des ultra en France a pris la tête des féminines dès le début de la course et s’impose après un duel serré jusqu’à la dernière descente du Plan de l’Aiguille. Sur la deuxième marche du podium, une autre Française, elle aussi ultra-traileuse avertie originaire de l’Ain, Lucie Jasmin qui signe un temps de 13h 37mn 25s devant la Belge Laura Van Vooren.

Jennifer Lemoine Photo Gaetan Haugeard
Jennifer Lemoine. Photo Gaetan Haugeard
Top 10 femmes 90km mont blanc
Top 10 féminin 90km du Mont-Blanc. Source LiveTrail

90km du Mont-Blanc : des vainqueurs prestigieux

Germain Grangier rejoint la liste des noms prestigieux qui se sont imposés sur ce parcours.

2013 : François D’Haene et Michel Lanne / Caroline Chaverot
2014 : Luis-Alberto Hernando / Emelie Forsberg
2015 : Alex Nichols / Mira Rai
2016 : Diego Pazos / Caroline Chaverot
2017 : Xavier Thévenard / Mimmi Kotka
2018 : Sylvain Court / Mimmi Kotka
2019 : Xavier Thévenard / Katie Schide
2021 : Martin Kern / Hillary Gerardi

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Dimanche 16 juin, Rémi Bonnet a remporté la course de montagne Neirivue-Moléson. Jusque-là, rien d’étonnant, le Suisse étant le tenant du titre et l’un des meilleurs grimpeurs du monde. Mais au-delà de la victoire, il a surtout atomisé le record de l’épreuve et réalisé la plus grande performance de l’histoire du trail en terme de cote ITRA. Explications.

Cote ITRA : comment ça marche ?

Pour chaque épreuve de trail, l’International Trail Running Association, ou ITRA, calcule une cote en fonction de la performance chronométrique réalisée sur un parcours donné. Le parcours est lui-même évalué en fonction de sa longueur, son dénivelé et sa technicité. C’est ensuite le chrono réalisé qui compte, pas le classement du coureur. La valeur maximale de l’indice ITRA d’une épreuve est de 1000 points, un nombre qui correspond à la performance maximale théorique sur le parcours en question. Par exemple, si le marathon avait une cote ITRA, l’indice de 1000 points serait attribué à un chrono de 2 heures. Autant dire que plus on se rapproche des 1000 points, plus la performance est exceptionnelle.

Coureurs et indice de performance ITRA

La cote, ou indice de performance ITRA de chaque coureur dans les différentes catégories est calculée en fonction des 5 meilleures cotes obtenues par l’athlète au cours des 36 derniers mois. Chez les hommes, une cote supérieure à 900 correspond au top du top. Chez les femmes, cette valeur est de 800. Fin juin 2023, c’est l’Espagnol Kilian Jornet qui domine toujours le classement ITRA masculin, avec 949 points. De son côté, l’Américaine Courtney Dauwalter domine le classement féminin avec 843 points.

Top 3 ITRA
Le Top 3 du classement ITRA des athlètes, dans lequel figure désormais Rémi Bonnet après sa perf du 18 juin. Source ITRA

Neirivue-Moléson 2023 : le chrono canon de Rémi Bonnet

Dimanche 18 juin, 563 coureurs se sont affrontés sur le redoutable parcours de 10,6 kilomètres pour 1 290 mètres de dénivelé positif de la 44ème édition de cette course historique. Vainqueur en 2022 et détenteur du record, le Suisse Rémi Bonnet a réalisé un chrono exceptionnel de 55mn 41s, battant son précédent temps de 1mn 26s. Un écart considérable à ce niveau ! Le Canadien Alexandre Ricard, 2ème, a terminé à plus de 4 minutes de Rémi Bonnet, en 59mn 55s (un indice de performance ITRA de 901). Et c’est un autre Canadien, Rémi Leroux, qui a terminé 3ème en 1h 1mn 9s (indice de performance ITRA de 883). Derrière eux, on retrouve dans le top 10 nos spécialistes tricolores Baptiste Ellmenreich, Julien Rancon, Anthony Felber ou encore Simon Gosselin.

remi bonnet Moleson photo Lise Neukomm
Rémi Bonnet lors de la course. Photo Lise Neukomm

Côté féminin, c’est également une grande spécialiste française de la montée, Christel Dewalle, qui s’est imposée en 1h 09mn 12s. Elle a totalement dominé la course pour devancer la Suissesse Simone Troxler de plus de 8 minutes (1h 17mn 42s) . Et c’est une autre Française, Julia Combe, qui a terminé 3ème, en 1h 21mn 29s.

TOP 10 MOLESON
Le Top 10, dans lequel Julien Rancon hérite par erreur de la nationalité suisse… Source Organisateur

La plus grande performance de l’histoire du trail selon l’ITRA

Avec son chrono exceptionnel, Rémi Bonnet a établi ce qui peut être considéré comme la plus grande performance de l’histoire du trail, avec une cote ITRA de… 970 ! Il devance désormais l’Américain Matt Carpenter, qui avait établi une cote de 968 lors de la Pikes Peak Ascent il y a 30 ans, en… 1993 ! Plus récemment, l’Américain Jim Walmsley avait réalisé une performance cotée 966 lorsqu’il avait établi son record sur la Western States Endurance Run, en 2019. Il avait alors parcouru les 160 kilomètres et 5360 mètres de dénivelé positif en 14h09.

Quant à Kilian Jornet, actuel leader du classement ITRA, il a obtenu sa meilleure cote lors de la course de Sierre-Zinal en 2019. Elle était de 964 pour son chrono de 2h 25mn 35s pour parcourir les 31km et 2190m D+. Une performance qu’il a été proche d’égaler lors de son record sur le marathon de Zegama-Aizkorri en 2022. Il a alors établi une perf cotée 961 grâce à son chrono de 3h 36mn 40s pour parcourir les 42km et 2560m D+.

Matt Carpenter Pikes Peak
L’Américain Matt Carpenter, champion du monde de course en montagne longue distance en 2006. Photo DR

Une cote ITRA contestable

Bien sûr, les spécialistes diront que ces performances ne sont absolument pas comparables. Rien à voir en effet entre un effort court d’une heure, un effort de 3 heures et un effort de plus de 10 heures. Et ils auront raison de le souligner. L’ITRA a beau avoir mis des coefficients de lissage pour pouvoir avoir un indice le plus juste possible entre les différentes épreuves, les disciplines sont tellement différentes qu’une comparaison aussi large peut laisser circonspect. D’ailleurs, l’ITRA elle-même classe les épreuves dans 7 catégories, allant de XXS (0 à 24km) jusqu’à XXL (plus de 210km). C’est donc dans la catégorie XXS que la performance de 970 de Rémi Bonnet a le plus de sens. Même si elle se classe également en tête dans la catégorie générale, qui regroupe l’ensemble des résultats.

Rémi Bonnet flashé à 16km/h… en montée !

Pour réaliser une telle performance, le Suisse a couru à une allure moyenne de 5mn26 au kilomètre, malgré les 1290m de D+. Selon « Les Genoux dans le Gif », qui a analysé cette performance, Rémi Bonnet a parcouru le premier kilomètre avec 80 mètres de dénivelé positif en 3mn 48s, soit près de 16 km/h. Et il a même enchaîné le deuxième kilomètre à la même allure, avec 100 mètres de dénivelé positif ! Tout simplement bluffant.

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Exploit majeur ce 18 juin 2023 : Sébastien Raichon est devenu le 1er finisher de l’histoire de la Chartreuse Terminorum, surnommée “la course impossible à finir”, dont c’était la 5ème édition. En moins de 80 heures, le Français est venu à bout des 5 boucles de 60km et des 25000m de D+ cumulés de cette « Barkley à la française » disputée dans le massif de la Chartreuse, et considérée comme encore plus dure que la course américaine dont elle s’inspire. Une édition historique, puisque 4 autres hommes sont venus à bout des 5 boucles. Retour sur un exploit XXL

Chartreuse Terminorum, une course impossible à finir ?

Le principe de la Chartreuse Terminorum est calqué sur celui de la fameuse Barkley Marathon inventée par Lazarus Lake, soit effectuer 5 tours d’un circuit non balisé dans un temps imparti, en ramassant à chaque tour des pages de livres soigneusement dissimulés sur le parcours. Sauf qu’en France, les boucles font 60km, et non 32 comme pour la Barkley, qu’elles s’effectuent sur des sentiers et non en hors piste, et que le temps imparti de 16 heures par boucle, et non 12, pour avoir le droit d’attaquer la boucle suivante. Soit un total de 300 km et 25000m D+ à effectuer en moins de 80 heures !

Pour le reste, zéro GPS, zéro assistance, c’est du Lors des 4 premières éditions, personne n’est jamais allé au bout, la meilleure performance jamais réalisée étant de 4 tours et 2 pages de livre par David Barranger en 2022.

Chartreuse Terminorum Benoit Laval
Benoît Laval, créateur de la Chartreuse Terminorum, avec Lazarus Lake, venu “visiter” les “Crazy Frenchies” lors de la première édition. Photo Facebook Chartreuse Terminorum / DR

Chartreuse Terminorum, 38 candidats prêts pour le défi

Ils étaient 38 « sélectionnés » autorisés à prendre le départ par le maître de cérémonie, Benoît Laval, fondateur de Raidlight et de la Chartreuse Terminorum, ayant lui-même participé à 3 reprises à la Barkley. Parmi ces 38 « élus », Sébastien Raichon, vainqueur et recordman du Tor des Glaciers en 2022 sur un parcours de 450km et 32000m D+, faisait figure de favori. L’un des rares que l’on sentant capable d’aller loin, voire de finir cette course impossible. Mais on pouvait également miser sur Aurélien Sanchez, qui avait surpris tout le monde en mars dernier en remportant la Barkley pour sa première participation, alors que l’épreuve n’avait pas connu de finisher depuis 2017 !

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La fameuse pierre qu’il faut toucher pour boucler une boucle du parcours dans le temps imparti de 16 heures. Si le cor résonne, c’est que le candidat abandonne. Photo Facebook Chartreuse Terminorum / DR

Sébastien Raichon impressionnant de bout en bout

Rarement un athlète a autant donné l’impression de dominer son sujet. Au contact des autres concurrents dans les 2 premières boucles, puis seul en tête ensuite, Sébastien Raichon a terminé les 3 premières boucles à un rythme impressionnant, puisqu’il possédait à la fin du 3ème tour près de 10 heures d’avance sur le délai imparti de 48 heures. À l’arrivée de cette 3ème boucle, terminée en moins de 13 heures, il avouait commencer à avoir « mal aux pieds » mais soulignait qu’il était venu « pour les 5 boucles » et que s’il fallait finir en rampant, il le ferait.

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Photo Facebook Chartreuse Terminorum / DR

Si la 4ème boucle a été plus compliquée, avec un chrono de 16 heures et une longue nuit à arpenter la forêt domaniale de Grande Chartreuse, Sébastien Raichon est arrivé au camp de base souriant, rassurant son entourage d’un « je vais repartir » avant de s’octroyer un peu de repos. Reparti dimanche à midi, il visait un retour au camp de base « vers minuit ». Et c’est finalement à 4 heures du matin que le Vauclusien de 51 ans a touché la pierre et bouclé la 5ème boucle avec plus de 8 heures d’avance sur les 80 heures imparties, devenant le 1er finisher de l’histoire de la course.

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Sébastien Raichon a tiré la langue, mais il a vaincu. Photo Facebook Chartreuse Terminorum / DR

Chartreuse Terminorum : 4 autres finsihers, un scénario incroyable

Si la performance de Sébastien Raichon a ébloui tout le monde, il faut saluer celle des autres candidats qui ont donné à cette édition une dimension particulière. À commencer par le Catalan Albert Herrero Casas, et les Français Nicolas Moyroud et Mickaël Berthon, Benoît Bachelet et Laurent Guéraud, également repartis pour un 5ème tour, quelques heures après Raichon. 6 coureurs à l’assaut la 5ème boucle, personne n’aurait pu imaginer un tel scénario au moment du départ !

Après une nuit éprouvante, seuls 4 de ces 5 candidats sont devenus finishers, Laurent Guéraud ayant abandonné. 5 finishers sur la Chartreuse Terminorum, personne n’aurait misé un centime sur un tel résultat.

Quant à Aurélien Sanchez, il a abandonné au cours de la 4ème boucle, souffrant de beaucoup trop de différentes petites douleurs physiques, dont des brûlures aux pieds. Il reconnaissait également humblement ne pas avoir été prêt à lutter moralement pour aller plus loin. 4 autres coureurs avaient également pris le départ de la 4ème boucle, un résultat jamais atteint auparavant : Robert Kovacs et François Devaux. Mais le premier n’a pas pu finir dans les délais impartis, tandis que François Devaux a abandonné durant ce tour.

Il convient aussi de saluer la performance de la dernière femme en course, Alice Juramy, qui a réussi à boucler 2 boucles, soit 120km et 10000m D+, s’octroyant le record féminin de la Chartreuse Terminorum établit en 2019 par Alexandra Rousset.

Quant à la prochaine édition de cette course “impossible à finir” désormais vaincue, Benoît Laval promet qu’elle sera “encore plus difficile”…

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Les fameuses pages à récupérer durant chaque boucle pour pouvoir valider le tour. Photo Facebook Chartreuse Terminorum / DR
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Avec 11 médailles, dont 6 en or, le groupe France termine en tête du tableau des médailles des Championnats du monde de trail et de course en montagne 2023 disputés à Innsbruck entre le 7 et le 10 juin derniers. Le collectif France devance le Kenya (9 médailles dont 5 en or) et la Grande-Bretagne (6 médailles dont 3 en or). Retour sur un bilan exceptionnel qui illustre l’importance de la France dans ces disciplines.

Bilan Innsbruck 2023 : le tableau des médailles

tableau des medailles
Source WTRMC 2023

Course verticale : pas de médaille pour commencer

L’équipe de France masculine, composée d’Emmanuel Meyssat, 16ème, Quentin Meyleu, 18ème et Théodore Klein, 20ème, a pris la cinquième place de la course verticale, première épreuve des championnats du monde de trail et de course en montagne à Innsbruck. Les Bleus s’étaient retrouvés ensemble à la sortie de la partie boisée, au pied de l’impressionnant mur final. « On ne voyait même pas l’arrivée tellement c’était pentu. C’était irréel », a commenté Quentin Meyleu. « On s’est battu comme des guerriers, et je crois qu’on est à notre place, résumait Emmanuel Meyssat. On sait que le top 20 mondial est prisé. On termine devant les Italiens, et les Suisses (médaille de bronze, derrière les intouchables Kényans, en or, et les Ougandais, en argent) ont été très forts, donc au niveau européen, on n’est pas mal ».

Chez les féminines, la seule Française engagée, Christel Dewalle, a obtenu la sixième place individuelle qui l’a laissée sur sa faim. « J’ai raté mon départ, en me laissant surprendre par la vitesse des premiers hectomètres. J’ai préféré être prudente pour ne pas tomber. Si on m’avait dit à ce moment-là que je serais sixième en haut, j’aurais signé. Mais avec un peu plus de courage, j’aurais peut-être pu accrocher le podium, ou au moins un top 5. »

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Les 4 athlètes de la course verticale, de gauche à droite Quentin Meyleu, Christel Dewalle, Emmanuel Meyssat et Théodore Klein. Photo FFA

Trail Court : Clémentine Geoffray en or, des podiums par équipe

Irréel. Telle pourrait être le sentiment de Clémentine Geoffray sur la ligne d’arrivée. Onzième il y a quatre ans au Portugal, 22ème de la course en montagne l’an passé en Thaïlande, elle a dicté sa loi sur les sentiers humides du Tyrol. Après 45 kilomètres et 3100m de D+ courus sous une alternance de soleil et de crachin automnal, la Chambérienne de 28 ans a coupé la ligne d’arrivée avec 2 minutes de marge sur sa dauphine, la Suissesse Judith Wyder, et 16 sur sa compatriote Theresa Leboeuf. Les performances de Louise Serban-Penhoat et Lucille Germain, respectivement 10ème et 15ème, ont offert à la France la médaille d’or au classement par équipes, devant la Suisse et les États-Unis. Les 2 autres membres de l’équipe, Marie Goncalves et Noémie Vachon, ont terminé 28ème et 31ème.

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Le bonheur de Clémentine Geoffray. Photo Organisation

Dans la course masculine, il n’en a pas manqué beaucoup à Thibaut Baronian pour obtenir une médaille en individuel pour sa première participation. En terminant 4e à 6mn 40s du Norvégien Stian Angermund, vainqueur pour la seconde année consécutive, le Bisontin a prouvé qu’il faisait partie des meilleurs. Dans un jour de « moins bien », Frédéric Tranchand a tout de même assuré une 9ème place, tandis que Thomas Cardin, un temps leader, a finalement terminé 16ème après avoir connu un gros passage à vide entre le 15e et le 30e kilomètre. Même s’il était très déçu, son finish a permis à l’équipe de France de remporter la médaille de bronze. Les 2 autres membres du groupe, Loïc Robert et Julien Rancon, ont terminé respectivement 21ème et 42ème.

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Thibaut Baronian, 4e en individuel, bronzé par équipe. Photo Organisation

Trail Long : de l’or Benjamin Roubiol et les Bleus

Il fallait être affûté et très résistant pour venir à bout des 85km et 6500m de dénivelé positif du parcours du trail long d’Innsbruck. Après des départs prudents, Benjamin Roubiol et Marion Delespierre ont su tirer leur épingle du jeu pour décrocher tous les deux le titre mondial, au terme d’une épreuve extrêmement éprouvante.

Chez les hommes, Benjamin Roubiol, 23 ans seulement, a eu le déclic un peu avant le 70ème kilomètre, dans la dernière montée de la journée, quand l’Italien Andreas Reiterer, qui menait les débats depuis une quarantaine de kilomètres, a soudain eu les ailes coupées. « Je me sentais vraiment très mal au pied de cette montée, je n’aurais jamais pensé pouvoir le rattraper à ce moment-là, a raconté Roubiol après coup. Ça m’a redonné un peu d’énergie, il fallait que j’achève le boulot. » Avec brio, puisqu’il a creusé un écart de huit minutes sur la ligne d’arrivée, atteinte après pratiquement 10 heures de course.

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La surprise Benjamin Roubiol, champion du monde de trail long 2023. Photo Organisation

Le collectif masculin a été brillant, en reprenant l’or par équipe que les Américains avaient raflé en novembre. Thibaut Garrivier, qui rêvait de médaille, a connu un jour difficile et a qualifié cette course de « plus difficile de sa carrière ». Il prend tout de même une superbe 4ème place. Et c’est grâce à la performance de Baptiste Chassagne, qui a eu un énorme trou d’air avant de s’arracher pour finir 15ème, que les Bleus ont glané la médaille par équipe. Ils s’imposent devant les États-Unis et l’Italie. Nicolas Martin, vice-champion du monde de trail long en titre, a dû s’arrêter au 53ème kilomètre, vaincu par un genou récalcitrant. Paul Mathou, 5ème membre du collectif, a également été contraint à l’abandon, à 10 kilomètres de l’arrivée.

Trail Long : de l’or pour Marion Delespierre et les Bleues

Chez les femmes, tout le monde attendait la double championne du monde en titre Blandine L’Hirondel, mais celle-ci, blessée au pied, a été contrainte à l’abandon après 17 kilomètres de course. Mais le collectif était costaud et Marion Delespierre a su être patiente. Elle a produit son effort à partir du 55e kilomètre, pour aller chercher l’Allemande Katharina Hartmuth, emmenant dans son sillage Manon Bohard Cailler, avec qui elle a partagé une grande partie du chemin. Delespierre a eu course gagnée dans la dernière descente, pour s’imposer avec 6mn 43s d’avance sur l’Allemande. Manon Bohard Cailler s’empare du bronze, à un peu moins de 12 minutes de la gagnante.

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Les derniers mètres de Marion Delespierre, championne du monde de trail long 2023. Photo Organisation

10ème du jour, à 38 minutes de la championne, Audrey Tanguy permet à la France de gagner la médaille d’or par équipe. C’est la troisième de rang pour les Bleues. Elles devancent l’Allemagne et l’Italie. Quant à Jocelyne Pauly, 5ème du collectif, elle termine à une belle 17ème place.

Course en montagne : des juniors en argent

Le format « montagne classique » consistait en une boucle de 7,5km et 375m de dénivelé positif, pour un parcours mi-urbain, mi-sentier. C’est l’équipe de France U20 masculine qui a débuté la compétition, avec dans ses rangs le champion de France Anatole Berthou. Après une première partie d’ascension difficile, il a réussi une remontée progressive qui lui a permis de décrocher une 6ème place au général. Avec la 9ème place de Jules Mongellaz et la 13ème de Jules Barriod, les Juniors Bleus récoltent l’argent par équipe, derrière l’intouchable Suisse mais devant l’Italie. Chane Souard, 4ème junior du groupe, s’est classé 21ème.

BILAN MONDIAUX course en montagne juniors alanis duc : FFA
Les Bleuets en argent. Photo Alanis Duc / FFA

Les U20 féminines ont imité les garçons une heure plus tard, grâce à un super tir groupé. Margot Dajoux termine 7ème, Alice Mugnier 9ème et Pauline Trocellier 11ème. Elles s’offrent une belle médaille d’argent, entre la Grande-Bretagne et l’Espagne. Lili Beck, 4ème junior du groupe, a terminé 15ème.

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Les Bleuettes en argent. Photo Alanis Duc / FFA

Course en montagne : des seniors méritants

Pour les Seniors, le parcours comportait 2 boucles, donc 15km et 750m D+. Chez les hommes, Théodore Klein se classe premier français et termine à la 12ème place. Avec la 15e place du « vétéran » Emmanuel Meyssat, la 47ème place de Quentin Meyleu et la 52ème d’Alexandre Fine, les Français ont terminé 6èmes par équipe.

Les femmes ont été plus performantes. Pour sa première sélection en course en montagne, la championne de France 2023 Cécile Jarousseau, accrocheuse dans les montées et solide dans les descentes, termine première Tricolore à pris la 9ème neuvième. Avec Christel Dewalle, 13ème et Elise Poncet, 24e, les Françaises ont récolté le bronze par équipes derrière le Kenya et la Grande-Bretagne. Quant à la quatrième Française du groupe, Nélie Clément, elle a achevé sa première expérience internationale chez les grandes à la 42ème place.

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Du bronze pour les Bleues chez les seniors. Photo Alanis Duc / FFA

Le bilan en chiffres de la Fédération Française d’Athlétisme

Grosse satisfaction à la Fédération Français d’Athlétisme, avec un bilan flatteur et de nombreux remerciements des athlètes, qui ont salué les conditions dans lesquelles ils ont pu préparer ces championnats, avec entre autre des stages de reconnaissance sur le terrain. De son côté, la FFA a publié ces quelques chiffres, symptomatiques de Championnats réussis.

7

Depuis 2011, pas moins de 7 Françaises ont remporté au moins un titre de championne du monde de trail. Cette année, Clémentine Geoffray et Marion Delespierre-Mauppin ont rejoint au palmarès Maud Gobert (2011), Nathalie Mauclair (2013, 2015), Caroline Chaverot (2016), Adeline Roche (2017) et Blandine L’Hirondel (2019, 2022).

23

Né le 6 novembre 1999, Benjamin Roubiol est devenu le plus jeune champion du monde de trail de l’histoire, en s’imposant sur le trail long à seulement 23 ans, 7 mois et 2 jours. Pour l’anecdote, l’Annécien n’était pas encore né à l’époque où ses coéquipiers Emmanuel Meyssat et Julien Rancon, présents dans le Tyrol pour la course en montagne et le trail court, étrennaient leur première sélection, en septembre 1999. C’était au Mont Kinabalu, en Malaisie, pour ce qui s’appelait à l’époque le « Trophée mondial de course en montagne », dans la catégorie Juniors.

15

C’est le nombre de places dans le Top 10 obtenus par les 36 coureurs français engagés. Le trail long féminin en a offert trois : Marion Delespierre-Mauppin (1ère), Manon Bohard-Cailler (3ème) et Audrey Tanguy (10ème).

9

C’est le nombre d’athlètes français qui ont connu leur première sélection à l’occasion de ces Mondiaux. Parmi eux, les trois juniors Jules Barriod, Jules Mongellaz et Chane Souard, et les seniors Thibaut Baronian, Baptiste Chassagne, Marie Goncalves, Quentin Meyleu, Benjamin Roubiol et Noémie Vachon.

68

C’est le nombre de nations représentées sur les 10 courses de la semaine à Innsbruck. Tous les continents étaient de la partie en Autriche.

52mn 28s

C’est l’écart à l’arrivée entre le champion du monde de course verticale, le Kényan Patrick Pingeno, sacré en 40mn 18s sur les 7,1 km pour 1020 m de dénivelé positif, et le dernier de la course, le Cambodgien Ammarith Ann (1h 32mn 46s).

47 %

C’est le taux d’abandon parmi les participantes du trail long féminin. Signe de la difficulté du parcours, par ailleurs sublime de l’avis général des participants, proposé par les organisateurs autrichiens, 62 des 131 partantes n’ont pas rallié l’arrivée.

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Il n’est pas toujours facile d’avoir la casquette de favori vissée sur la tête. Sauf pour Alexandre Boucheix, Casquette Verte, vainqueur des éditions 2021 et 2022 de l’Ultra01, et qui s’est de nouveau imposé le 10 juin sur ce parcours de 165km et 7000m D+ autour d’Oyonnax, réalisant la passe de 3 victoires consécutives.

Ultra01 : une histoire d’amour

Lorsqu’on demande à Alexandre Boucheix pourquoi il refait les mêmes courses, d’une année sur l’autre, la réponse est simple : « Parce que ce sont des courses que j’aime bien, des endroits que j’aime bien et des gens que j’aime bien. » Il faut donc croire que Casquette Verte aime bien l’Ain et son Ultra01. Et l’épreuve le lui rend bien. Annoncé comme tête d’affiche et favori de la plus longue des courses, le traileur parisien était attendu au tournant, tant par le public que ses adversaires du jour, qui rêvaient de le battre. Mais une fois de plus, le « guerrier » a fait parler ses jambes.

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La désormais traditionnelle photo d’avant-course publiée par Alexandre Boucheix sur ses réseaux. Photo Facebook / DR

Casquette Verte : un début de saison plein de kilomètres

Pourtant, rien n’était gagné d’avance. Après un début de saison marqué par quelques délires, du genre un double EcoTrail de Paris (parcours dans un sens la veille, puis course le lendemain, 158 km en cumulé), une Opération Paris Plage (partir de Paris pour aller à la plage à Honfleur avec un copain, 224km), une virée off en duo entre Beaufort et Annecy à travers le Massif des Bauges sans assistance (140km et 9800m D+) et quelques beaux résultats en course (une 2e place sur le 100km et 4000m D+ de la Trace des Maquisards, une 6e place sur le 115km et 7090m D+ du MIUT tout de même !), Casquette Verte n’est pas arrivé en forme olympique au départ de cet Ultra01.

« Je me sens comme Guivarc’h en 98 qui arrive totalement à sec à la Coupe du monde », annonçait-il sur les réseaux sociaux la veille du départ. « Il n’y a plus grand chose dans les gambettes. Tout penaud je suis ! »

Ultra01 : une édition avec assistance

« Plus grand chose dans les gambettes », chez les traileurs « normaux », signifie ne pas être en mesure de courir un trail long, encore moins un ultra. Mais pour l’homme à la casquette verte, la signification est différente. Et entre l’impression de ne pas être au top et la réalité, il y a tout un monde. Et des mots pour transcender le guerrier qui sommeille au fond d’Alexandre Boucheix. Ce sont sans doute ceux de son assistante du jour, Cécile Bertin, « Maman Cécile », ultra-traileuse elle-même et collaboratrice régulière d’Esprit Trail, qui ont su motiver la bête tout au long des 165k du parcours. Car avoir une assistance en la personne de Cécile et s’autoriser à prendre des bâtons étaient les 2 « nouveautés » pour Alexandre Boucheix. 3Ème en 2020, premier en 2021 et 2022, il fallait bien innover un peu pour ne pas tomber dans la routine sur cette édition.

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Au cœur de la nuit, Alexande Boucheix sous la pluie boit… de l’eau ! Photo Facebook Casquette Verte / Gilles Reboisson / DR

Casquette Verte : un « bac blanc pour l’UTMB »

Alexandre Boucheix ne le cache pas : ses deux principaux objectifs de l’année sont l’UTMB et la Diagonale des Fous. Côté UTMB, après un abandon en 2019, une 43ème place en 2021 et une 18ème place en 2022 (en moins de 23 heures), Alexandre Boucheix se prend à rêver d’accrocher un Top 10. Quant à la Diagonale, où il avait fini 18e en 2021, il va falloir effacer des tablettes le mauvais souvenir de 2022, où après avoir flirté avec l’abandon il termine loin, à une 103ème place arrachée au courage. Alors pour ces éditions 2023, le Parisien a décidé de se préparer en conséquence. Parmi les chantiers en cours, on a donc « trouver la coordination et le bon rythme avec Cécile, tester une nouvelle boisson d’ultra (la Naak à la pastèque) et aussi s’entraîner à tabasser les cailloux avec les bâtons ».

Ultra01 : 3ème victoire consécutive pour Casquette Verte

« Je suis un peu fatigué. Mais surtout physiquement fatigué. J’essaie de me dire que je dois voir cet Ultra01 comme l’avant dernière grosse révision (il y aura l’UT4M aussi) avec un dossard… avant l’UTMB et la Diagonale. (…) Je vais tenter de me faire discret, de profiter de ce moment pour m’évader un peu, de profiter de la pluie pour souffrir un peu, et de profiter tout court », annonçait Casquette Verte la veille du départ.

Mais le lendemain, c’était l’euphorie : « Le tripléééée 2021 / 2022 / 2023. Back to Back to Back ! » En 19h 20mn 05s, Alexandre Boucheix a avalé les 165 km et 7000 m D+ de cet ultra bien humide (sur lequel un sommet a même été supprimé à cause des orages) pour s’imposer au finish. Il devance de moins de 10 minutes Sébastien Chatelain et de près de 45 minutes Maxime Jaouen.

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Une victoire, une bière. Signé Casquette Verte. Photo DR

Une cheville qui craque au 50ème kilomètre

Si le scénario de course et le chassé-croisé avec Sébastien Chatelain a été palpitant (à 25km de l’arrivée, Boucheix comptait 10 minutes de retard sur Chatelain !), les péripéties n’ont pas épargné Casquette Verte. Ainsi, sa cheville gauche a craqué au km 50, l’obligeant à faire près de 120 kilomètres en souffrant, avec une entorse en verdict final. « Pour faire rapide et simple, je suis allé chercher trèèèès loiiiiiiiiiiiin au fond de moi pour le finish et la gagne », raconte le Parisien sur ses réseaux sociaux.. « Je suis content (sauf pour l’entorse). Je suis juste exténué… Prendre le départ avec ce niveau de fatigue… c’était juste une connerie. » Une de plus, diront ses détracteurs. La preuve que c’est un vrai champion, diront ses admirateurs.

Ultra01 : victoire de Sarah Charles chez les femmes

Le show Casquette Verte ferait presque oublier le reste de la course. Il convient cependant de souligner la superbe performance de Sarah Charles, 11ème au scratch, qui s’impose dans la course féminine en 25h 59mn 56s. Elle devance de plus de 3 heures sa dauphine, Pauline Signeau. Carole Gobin complète le podium, en 32h 04mn 33s.

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Incroyable moisson de médailles d’or pour la France sur l’épreuve de trail long des Mondiaux d’Innsbruck : victoire chez les femmes de Marion Delespierre, chez les homes de Benjamin Roubiol, et médaille d’or par équipe pour les femmes comme pour les hommes. Un véritable rêve bleu…

Résultat Mondiaux de Trail Long 2023 : la surprise Benjamin Roubiol


Personne ne l’attendait sur la plus haute marche du podium, même pas lui. Mais le trail long n’obéit à aucune science, et peut toujours réserver des surprises. Ceux qui partent devant ne sont pas sûrs de tenir la distance, et ceux qui partent prudemment peuvent toujours rêver de remontada.

Longtemps, la course aura été indécise et animée, avec une remarquable attaque de Baptiste Chassagne, champion de France en titre, qui a crânement tenté sa chance en prenant les commandes au 20e kilomètre. Hélas, il allait avoir un énorme passage à vide, lié à une hypoglycémie passagère, qui le fera sombrer au classement.

C’est alors l’expérimenté Italien Andreas Reiterer, 3e des Championnats du Monde en Thaïlande l’an dernier, qui allait se porter en tête. Facile, décontracté, il semblait capable d’aller au bout. Mais c’était sans compter sur l’incroyable retour de Benjamin Roubiol, l’un des moins connus de l’équipe de France. Après 8 heures de course, le Français fondait sur l’Italien et le laissait sur place, pour filer vers la victoire. Il s’impose en 9h 52mn 59s, avec près de 8 minutes d’avance sur l’Italien. Le Slovaque Peter Frano prend la 3e place, à 9mn11 du vainqueur. Thibaut Garrivier, qui rêvait d’une médaille, termine à la 4e place, à plus de 20 minutes de Benjamin Roubiol.

Quant à Baptiste Chassagne, il a été capable de s’arracher en fin de course pour prendre la 17e place, qui permet à la France de décrocher l’or par équipe.

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Le podium masculin, avec au centre Benjamin Roubiol.
TOP 10 HOMMES
TOP 10 HOMMES

Résultat Mondiaux de Trail Long 2023 : les larmes de Blandine L’Hirondel

On attendait la double championne du monde Blandine L’Hirondel, mais le sort en a décidé autrement. Archi-favorite, la Française a pris un départ rapide, mais a dû abandonner au bout de 17 kilomètres, en larmes. Souffrant d’une aponévrosite plantaire (douleur aiguë sous le talon) depuis quelques jours, elle avait quand même pris le départ en espérant pouvoir se battre, pour elle et pour l’équipe, mais a dû se rendre à l’évidence et, le cœur déchiré, a jeté l’éponge pour préserver sa santé.

Résultat Mondiaux de Trail Long 2023 : Marion Delespierre au sommet

Blandine L’Hirondel hors circuit, les autres grandes favorites se sont livré une belle bataille. Ainsi, la Tchèque Marcela Vasinova a longtemps mené la course, devant l’Espagnole Azara Garcia et l’Italienne Martina Valmasoi. Les autres Françaises sont toujours restées dans le coup, avec Marion Delespierre, Manon Bohard Cailler, Audrey Tanguy et Jocelyne Pauly, toujours placées dans les 20 premières.

Mais Vasinova, qui n’avait jamais couru une telle distance d’ultra, a fini par rendre les armes et rentrer dans le rang. C’est alors l’Allemande Katharina Hartmuth qui a pris les commandes, avant de se faire rattraper sur la fin de parcours par une Marion Delespierre étonnante de régularité. La Française s’impose en 11h 22mn 31s, avec plus de 6 minutes d’avance sur l’Allemande. Manon Bohard Cailler décroche le bronze, pour le bonheur de l’équipe de France puisqu’avec la 10e place d’Audrey Tanguy, les Françaises se parent d’or par équipe.

Trail long podium femmes
Le podium féminin, avec au centre Marion Delespierre, entourée de l’Allemande Katharina Hartmuth et de Manon Bohard Cailler.
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Les 45 kilomètres de l’épreuve des Mondiaux de Trail Court qui se déroulait à Innsbruck le 8 juin ont consacré un champion d’exception, le Norvégien Stian Angermund, champion du monde en titre, et une petite nouvelle inattendue, la Française Clémentine Geoffray. Un exploit qui entraîne une consécration pour l’équipe de France féminine, qui remporte l’or par équipe !

Mondiaux de Trail Court : Stian Angermund tout en maîtrise, les Bleus en bronze

Tenant du titre après sa victoire en Thaïlande en novembre dernier, le Norvégien avait annoncé avoir coché ces Mondiaux comme son objectif n°1 de la saison. Et il l’a rempli de belle manière. Sur un parcours montagnard exigeant, Stian Angermund a pris un départ plutôt prudent, marchant même dans la première montée, avant de caler son rythme et de ne plus faiblir. Après avoir pris la tête vers le 10e kilomètre, il a géré en maintenant ses poursuivants à 2 minutes, plus petit écart, pour s’imposer “tranquillement” en 4h 19mn. Il devance le Britannique Thomas Roach, la surprise, de 2mn18. L’Italien Luca Del Pero termine 3e, à 3mn04 du Norvégien.

Stian Angermund à l’arrivée, mission accomplie !
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Stian Angermund, double champion du monde de trail court.

Côté tricolore, on attendait beaucoup de Thomas Cardin, qui avait également coché cette épreuve et s’était préparé comme jamais pour y performer. Hélas, après un départ tonitruant, le Français a eu un coup de moins bien et a dû laisser filer, pointant même au-delà de la 25e place à mi-course. Il a cependant réussi une belle remontée sur la fin de course, pour finalement terminer 16e, à 18mn50 du vainqueur du jour.

C’est du côté de Thibaut Baronian qu’est donc venue la satisfaction, même si sa 4e place, au pied du podium, à 6mn41 du vainqueur, laisse un goût amer. Pour une première sélection en bleu, il aurait certainement aimé monter sur la boîte ! Belle performance également de Frédéric Tranchand, qui prend la 9e place, à 12mn07 du premier.

Cette médaille, il a tout de même réussi à la gagner, grâce à la performance collective de l’équipe, qui remporte le bronze, derrière la Grande-Bretagne et la Pologne.

Top 10 Hommes
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Le parcours autrichien, très montagnard, a bien réussi à Clémentine Geoffray.

Mondiaux de Trail Court : exploit de Clémentine Geoffray et des Bleues !

Peu connue du grand public, la Française Clémentine Geoffray, championne de France à La Cité de Pierres en mars dernier, ne faisait pas partie des grandes favorites. Mais elle a su déjouer les pronostics et construire une remarquable victoire. Partie prudemment, elle n’a volontairement pas suivi la Suissesse Judith Wyder, qui l’a rapidement distancée de plus de 2 minutes.

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Partie sans bâtons, Clémentine Geoffray a su parfaitement gérer les montées.

Très sereine, la Française a produit son effort dans la dernière montée pour prendre les commandes. Elle a ensuite maîtrisé l’écart dans la dernière descente pour finalement s’imposer en 4h 53mn 12s. Elle devance finalement Judith Wyder de 2mn01. Une autre Suissesse, Theres Lebœuf, est médaillée de bronze, à plus de 16 minutes de Clémentine Geoffray.

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Epuisée mais heureuse, Clémentine Geoffray est championne du monde de trail court !

En plaçant 2 autres coureuses dans le Top 20, (Louise Serban-Penhoat, 10e, et Lucille Germain, 15e), les Tricolores réalisent l’exploit de remporter la médaille d’or par équipe.

TOP 10 FEMMES
Top 10 Femmes.
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