Le 42km du Mont-Blanc, 2ème étape de la Golden Trail World Series 2023, a rassemblé les meilleurs athlètes du monde dimanche 25 juin à Chamonix. Et il a tenu toutes ses promesses. Dans un décor somptueux, la bataille a été épique. Revivez en vidéo les grands moments de la course et les victoires du Suisse Rémi Bonnet et de l’Américaine Sophia Laukli. Un montage sur des images produites par Mouss Films.
7 et 8 octobre 2023 : retenez ces dates ! C’est en effet durant ce week-end que Destination Anjou Vignoble et Villages organise une nouvelle épreuve de course à pied en Pays de la Loire avec la 1ère édition d’Anjou’R & Nuit. Au programme, 2 trails festifs et de nombreuses animations.
Anjou’R & Nuit, 2 trails pour découvrir le vignoble angevin
Décidément, l’alliance course à pied et vignoble a le vent en poupe. Bordelais, Beaujolais, Côtes du Rhône, Alsace, Langedoc, les épreuves au milieu des rangs de vigne se multiplient, pour le plus grand bonheur des coureurs. Nouveau venu dans la famille, le vignoble angevin révélera les 7 et 8 octobre prochains pour la première fois son patrimoine et ses produits du terroir au travers de 2 trails. Le premier, en semi-nocturne, se déroulera sur un parcours de 12 km le samedi soir autour de Thouarcé-Bellevigne-en-Layon. Le second, de 22 km, aura lieu le lendemain aux alentours de Blaison-Gohier.
Trail Les Étoiles du Layon
Départ de Thouarcé samedi 7 octobre en semi-nocturne
Distance : 12 km
Dénivelé : 200m D+
Trail L’échappée Loire Aubance
Départ de Blaison-Gohier dimanche 8 octobre en matinée
Distance : 24 km
Dénivelé : 400m D+
Les plus motivés pourront relever le challenge d’enchaîner les 2 trails avec le Défi Anjou’R & Nuit. Une occasion rêvée pour expérimenter de nouveaux parcours à seulement 1h30 de Paris en TGV. Et la certitude de le faire avec une bonne dose de convivialité. En effet, plusieurs animations culturelles couvriront l’événement, à l’instar d’un concert qui aura lieu à Thouarcé le samedi soir. Après, boire ou courir, il faudra choisir… 😉
Plus d’infos sur le site FB de l’épreuve ICI


Le 90km du Mont-Blanc est un des plus beaux ultras du circuit mondial. Son cadre : la vallée de Chamonix, avec le toit de l’Europe en toile de fond. Revivez en vidéo les grands moments de la course et les victoires de Germain Grangier et Jennifer Lemoine. Un montage sur des images produites par Mouss Films.
Une journée sublime, une température idéale pour courir ! Tout était réuni pour que les performances soient au rendez-vous de la 20ème édition du Marathon du Mont-Blanc, 2ème manche des Golden Trail World Series après Zegama. Sur le 42km, l’Américaine Sophia Laulki et le Suisse Rémi Bonnet ont affirmé leur suprématie. Avec une supériorité affichée dès les premiers kilomètres !
20 ans du Marathon du Mont-Blanc : Fred Comte, un directeur du Club des Sports de Chamonix heureux
« Cette 20ème édition du 42km du Mont-Blanc s’est déroulée dans des conditions météo exceptionnelles. Grand beau temps, températures assez fraîches le matin. Et chaudes sur la fin de parcours pour la grand majorité des participants). Nous sommes fiers du chemin parcouru durant deux décennies. Le plateau de sportifs est très impressionnant. Et l’organisation a beaucoup évolué et nous avons amorcé depuis plusieurs années un vrai travail d’éco-responsabilité. En particulier sur le transport.
Enfin, pour la 1ère fois, le 42 km a été diffusé à la télévision. Cela nous tenait à cœur depuis plusieurs années. Grâce à la Golden Trail World Series, nous avons réussi à le concrétiser. Cela nous permet de mettre en avant le sport et ces athlètes de très haut niveau, trop peu connus. Des athlètes très sympas, accessibles, qui font une très belle promotion de leur sport. Et bien sûr, cela nous permet aussi de faire découvrir la magie de notre vallée »
Marathon du Mont-Blanc : Rémi Bonnet, la rage de vaincre
On ne pouvait que s’attendre à une très belle performance de Rémi Bonnet. En effet, le Suisse a signé le 18 juin dernier la plus grande performance de l’histoire du trail, en battant le record ITRA avec une cote de 970 (cote plafonnée à 1000) ! Le double champion du monde de ski-alpinisme avait signé une belle 4ème place lors de la première étape de la Golden Trail World Series à Zegama-Aizkorri. Mais il visait mieux à Chamonix.
Parti en tête dès les premiers mètres, il ne fera qu’accentuer son avance au fur et mesure de la course. Il boucle le parcours pourtant très technique avec un chrono de 3h 35mn 04s, soit une vitesse moyenne vertigineuse de 12,71 km/h. Rémi Bonnet n’a laissé aucune chance à ses adversaires. Il disposait même d’un écart de 10 minutes sur l’Américain Eli Hemming au dernier ravitaillement de la Flégère. Ce dernier conservera sa belle seconde place jusqu’à l’arrivée, en réduisant même l’écart vers la fin de sa course. Il réalise un chrono final de 3h 40mn 50s.
La troisième place revient au Suédois Petter Engdahl, qui termine à 6 minutes du second. Encore 7ème au Bois du Plagnolet, il a fait une remontée impressionnante dans le dernier tiers de la course. Il a du coup écarté du podium l’un des favoris, l’Espagnol Manuel Merillas, vainqueur de la Zegama-Aizkorri 3 semaines plus tôt, et qui se voit relayé à la 4ème place. Ou encore le Polonais Bart Przedwojewski, qui finit 5ème.
Beau tir groupé des Français, avec 4 coureurs dans le top 10. Simon Paccard finit à la 7ème place, Dylan Ribeiro à la 8ème, Anthony Felber à la 9ème et enfin une dixième place pour Valentin Marchon.

Marathon du Mont-Blanc : les réactions du podium homme
Rémi Bonnet, 1er
« Depuis 5 ans j’attendais cette victoire sur le Marathon du Mont-Blanc. C’était une des seules épreuves que je n’avais pas encore gagnées ! Cela prouve que oui, je suis bien en forme cette année et que ma saison est lancée ! Gagner ici à Chamonix, c’est exceptionnel, il y a toujours du monde, l’arrivée au centre du village, c’est fort. C’est le signe que le sport évolue dans le bon sens, ça fait chaud au cœur ! »
Eli Hemming, 2ème
« Ça a été une course difficile mais je suis vraiment heureux de ce résultat. Les coureurs européens sont supers rapides, me maintenir à leur cadence et finir sur le podium est une vraie joie. En plus, ma femme était aussi sur la course (Tabor Hemming, qui termine 10ème, NDLR). Je l’ai doublée puisqu’elle était partie un peu avant, je suis resté un petit moment avec elle avant de filer ! »
Petter Engdahl, 3ème
« Je suis tellement content ! J’ai tellement eu de déconvenues sur cette course que je voulais prouver que je pouvais faire un bon résultat sur le Marathon du Mont-Blanc. Je suis parti doucement pour ne pas me mettre dans le rouge et préserver mes jambes. J’ai commencé à me sentir de mieux en mieux et j’ai pu remonter. J’avais beaucoup de pression et je suis heureux de comment ça se termine ! Ce résultat m’apporte beaucoup de confiance pour le reste de la saison. »

Marathon du Mont-Blanc : impériale, Sophia Laukli survole la course !
L’épreuve majeure du Marathon du Mont-Blanc avait pour nouveauté cette année un départ avancé de 30 minutes pour les élites féminines. Elles se sont élancées à 7h00 de la Place du Triangle de l’Amitié pour en découdre sur les 42km et 2560m de D+ du parcours. Dès le départ, Sophia Laukli a pris la tête de la course avec un train d’enfer ! La jeune Américaine, membre de l’équipe olympique de ski de fond US et quasi novice dans le trail running (depuis seulement deux années) n’avait à ce jour jamais couru une telle distance, que ce soit en entraînement ou en course !
À mi-course, au ravitaillement de Vallorcine, elle avait déjà 7 min d’avance sur les 2 poursuivantes. Il s’agissait de la Chinoise Mia Yao et l’Espagnole Oihana Kortazar Aranzeta. Sophia Laukli a ensuite continué à creuser l’écart dans la montée de la Flégère. Elle affichait 12 minutes d’avance sur la Chinoise au sommet ! En fin de course, malgré ses doutes initiaux sur des capacités physiques de continuer la course avec une telle cadence, Sophia Laukli a confirmé sa suprématie. Elle s’impose en 4h 12mn 39s. La traileuse chinoise confirme sa belle course avec une deuxième place et un temps de 4h 24mn 27s. L’Espagnole Oihana Kortazar Aranzeta termine 3ème à 1mn30 de la Chinoise.
Côté français, une seule représentante se classe dans le Top 10. Il s’agit de Mathilde Sagnes, qui termine 9ème à 27 minutes de Sophia Laukli.

Marathon du Mont-Blanc : Les réactions du podium femme
Sophia Laukli, 1ère
« Je me suis sentie super bien les 30 premiers kilomètres et je me suis dit “si je peux continuer comme ça jusqu’à la fin ce serait top”. Ensuite c’est devenu plus difficile et je me disais ”allez, bouge tes pieds, fais un pas après l’autre”. Dans la dernière descente, je savais que j’avais de l’avance mais je voulais juste passer la ligne ! J’avais un peu peur de me tromper dans l’itinéraire car cela m’est déjà arrivé !
L’hiver, le ski me permet de cumuler des charges d’entraînement que mon corps ne pourrait pas supporter juste avec la course. Donc même si j’ai peu couru et peu d’expérience, je peux compter sur ma capacité physique. Je me suis dit dès le départ que j’allais aller à fond et voir au fur et à mesure si ça tiendrait ! Pour être honnête, j’ai du coup un peu de mal à réaliser ma performance ! »
Miao Yao, 2ème
« Je suis très contente de mon classement aujourd’hui, ici à Chamonix. Le départ a été très rapide ! À un moment j’ai perdu ma position de seconde, et j’ai repensé à ma course de l’an dernier ici à Chamonix sur la CCC. J’étais première alors c’était facile ! J’ai pensé à ces bons souvenirs et ça m’a aidé à reprendre le rythme ! Le terrain était sec, ça aussi ça m’a facilité la tâche ! Je serais très heureuse de revenir à Chamonix fin août pour ma prochaine compétition. »
Oihana Kortazar Aranzeta, 3ème
« La course a été extrêmement rapide, le rythme était incroyable ! Il y a tellement de niveau que vraiment, je ne pensais pas être capable d’une telle performance ! Le Marathon du Mont-Blanc n’est pas réputé pour être une course facile. Alors je suis vraiment ravie de cette 3ème place aujourd’hui ! »

Au terme d’une course rapide, le britannique Tom Evans chez les hommes et l’Américaine Courntney Dauwalter chez les femmes s’imposent sur la 50ème édition de la Western States Endurance Run, record à la clé pour Dauwalter. Mathieu Blanchard termine 7e, juste derrière l’incroyable Américaine.
Western States Endurance Run : Mathieu Blanchard en rêvait
C’était la course qu’il rêvait de faire. La première qu’il ait vue en vidéo, en 2016, avant même de commencer à courir. À l’époque, en tapant « vidéo trail » sur un moteur de recherche, il avait découvert sur un reportage consacré à la Western States Endurance Run et en était tombé amoureux. « Je veux faire ça ! ». 7 ans plus tard, et après avoir réussi à avoir un dossard grâce au forfait de François D’Haene, Mathieu Blanchard était le 24 juin un heureux coureur parmi les 379 élus au départ du plus vieil ultra des États-Unis.
Devenu traileur professionnel, membre du team élite de Salomon Running, il avait coché cette course comme l’un de ses objectifs de la saison. Et avait consacré une grande partie de son début d’année à préparer ce rendez-vous, faisant un séjour au Kenya et travaillant sa vitesse pour pouvoir performer sur cette épreuve américaine. Mais s’il faisait partie des Européens favoris, Mathieu Blanchard restait lucide : « Ce n’est pas une course pour moi. Dans les ultras comme l’UTMB, il y a beaucoup de montées très dures dans lesquelles on marche, ce qui permet de souffler un peu. Sur la Western States, à quelques exceptions près, il faut courir tout le temps. C’est un autre type d’effort, permanent, sans répit. »


Western States Endurance Run : un départ trop rapide pour les Français
Dès le départ de la Western States, donné à 5h du matin heure locale, les Américains se sont mis aux commandes et ont imprimé leur rythme. Seuls capables de les suivre dans les premiers kilomètres, le Britannique Tom Evans et le Chinois Jiasheng Shen prenaient le wagon. Avec une météo favorable, chaude sans être caniculaire, l’édition s’annonçait rapide, sans trop de place à l’attente. Mais pour sa première participation, Mathieu Blanchard a préféré partir prudemment, tout comme Ludovic Pommeret, sans doute échaudé par son expérience de 2022 où il avait mené la course pendant 60 kilomètres avant de payer son départ rapide.

Ainsi, après à la mi-course, les 2 Français, qui faisaient course commune, comptaient près de 30 minutes de retard sur une tête de course constituée du duo Tom Evans et Dakota Jones. Même si une défaillance est toujours possible, l’écart était rédhibitoire pour espérer pouvoir revenir. D’autant que les 60 derniers kilomètres, où les coureurs peuvent être épaulés de pacers, sont les plus rapides. Et même si Mathieu Blanchard s’était adjoint le support de son partenaire de team Thibaut Baronian, il n’y a pas eu de miracle.
« Je rentrerai au 100e kilomètre et ferai le premier kilomètre à la vitesse de Mathieu, avait dit Thibaut Baronian juste avant la course pour expliquer la stratégie mise en place. Ensuite je ferai un point avec Mathieu pour voir comment l’emmener le plus rapidement possible vers l’arrivée. Sachant que ses 60 derniers kilomètres sont les plus rapides. C’est là que se creusent les écarts, et que se gagne la course. »

Western States Endurance Run : Tom Evans sans trembler
Après 14h 40mn 22s de course, c’est finalement Tom Evans qui s’impose, lui qui avait déjà fini 3ème en 2019. Ce chrono, le 4ème plus rapide de l’histoire, est bien plus rapide que celui d’Adam Peterman en 2022 (15h 13mn 48s). Il n’a cependant pas fait trembler le record de 14h 09mn 28s établi par Jim Walmsley en 2019. Derrière Tom Evans, c’est un habitué de la course, l’Américain Tyler Green, 4ème en 2022 et 2ème en 2021, qui prend de nouveau la 2ème place, à près de 24 minutes. Un autre Américain, Anthony Costales, souvent vainqueur ou placé sur des ultras outre-Atlantique, monte sur la dernière marche du podium, à 29 minutes du vainqueur.
Quant aux Français, Mathieu Blanchard et Ludovic Pommeret terminent respectivement 7ème (15h 37mn 02s) et 13ème. À noter que Ludovic Pommeret, s’il est loin de son classement de 2022, où il avait fini 6ème, réalise un chrono quasiment similaire, 16h 21mn 54s, contre 16h 20mn 02s l’an dernier. Son objectif annoncé était de passer sous la barre des 16 heures. Ce sera pour une prochaine fois…


Western States Endurance Run : record pulvérisé pour Courtney Dauwalter !
Chez les femmes, la lutte promettait d’être intense. D’un côté Courtney Dauwalter, gagnante de la dernière Diagonale des Fous, de l’autre Katie Schide, gagnante du dernier UTMB. Sur le papier, on pouvait penser que le profil plutôt rapide correspondait mieux aux capacités de Katie Schide. Mais c’était sans compter sur la détermination de Courtney Dauwalter, dont l’ambition à peine voilée cette saison est de réussir le doublé Western States / Hardrock 100, les 2 ultras mythiques américains, séparés de seulement 3 semaines.

Après s’être neutralisées pendant plus de 60 kilomètres, Courtney Dauwalter a commencé à creuser l’écart. Grignotant les secondes, elle comptait à mi-course avec un petit matelas de 8 minutes d’avance. Un écart qui n’a ensuite cessé de se creuser, l’Américaine reprenant petit à petit les coureurs devant elle. Jusqu’à doubler le duo Mathieu Blanchard / Thibaut Baronian. À l’arrivée, Courtney Dauwalter s’impose avec un chrono de 15h 29mn 33s qui la place en 6ème position au scratch. Elle boucle le parcours en mettant 2 heures de moins que son précédent chrono, datant de 2018. Et surtout, elle dynamite l’ancien record féminin de l’épreuve établi en 2012 par Ellie Greenwood en 16h 47mn 19s. Tout simplement exceptionnel. À l’arrivée, Courtney Dauwalter devance Katie Schide de 1h44 (16h 43mn 45s).

Après avoir maîtrisé la course de bout en bout, l’Alsacien Sébastien Spehler s’impose le 24 juin sur les 23km du Cross du Mont-Blanc 2023, 44ème édition de cette épreuve, l’une des premières courses de montagne de France. Chez les femmes, beau cavalier seul d’Amandine Ferrato qui l’emporte avec plus de 10 minutes d’avance sur sa dauphine.
Cross du Mont-Blanc : la course historique
Avec un tracé qui n’a quasiment pas bougé depuis 1979, cette course historique empruntant les sentiers des pionniers de la discipline reste un indicateur de l’évolution du trail tant au niveau des performances sportives que de la diversité des participants. Sur 23km et 1680m de D+, elle mène les coureurs de l’aire des parapentes vers Argentière puis Montroc, en fond de vallée, avant de revenir par des sentiers en balcon vers Flégère et Planpraz, où est jugée l’arrivée. 2285 coureurs étaient au départ ce 24 juin.

Résultat Cross du Mont-Blanc : Sébastien Spehler en maîtrise
Dans le groupe de tête dès le départ, Sébastien Spehler a contrôlé la course de bout en bout. Ils étaient encore 3 en tête au niveau de Bois Plagnolet, au 16ème kilomètre, Théo Bourgeois menant devant Dominik Tabor et Spehler. C’est ensuite dans la montée vers le ravito de Flègère que Sébastien Spehler s’est progressivement détaché, seconde après seconde, pour parfaire sa victoire dans l’ultime ascension vers le plateau de Planpraz et la ligne d’arrivée. L’Alsacien s’impose en 2h 07mn 38s, soit une vitesse de 10,57km/h. Il devance le Polonais Dominik Tabor de 43 secondes et le Français Thomas Butez de 1mn 19s.
La réaction de Sébastien Spehler, vainqueur
« Je suis vraiment content ! Cette course est une grande classique des courses en montagne, remportée par des grands champions dont je n’ai pas le profil. J’ai des qualités très différents des traileurs. Je suis plus à l’aise sur les parties roulantes. Je suis parti vite dans les premiers kilomètres qui étaient à mon avantage et puis finalement j’ai serré les dents et je me suis quasi retrouvé en tête après chaque montée à ma grande surprise, au bout d’un moment j’ai fini par y croire et m’accrocher pour tenter la victoire. Et ça a payé ! Je suis d’autant plus content que c’était une course de reprise ! »


Résultat Cross du Mont-Blanc : le cavalier seul d’Amandine Ferrato
Elle était venue « comme ça », histoire de faire une petite virée du côté de Chamonix, mais la virée a été rapide. Très rapide même. Partie devant, Amandine Ferrato s’est très vite retrouvée seule en tête et n’a cessé de creuser l’écart avec ses poursuivantes, sans véritable rivale. Elle s’impose en 2h 30mn 33s (8,87km/h de moyenne), terminant 41e au scratch. Elle devance de 10mn 07s l’Espagnole Mireia Pons. La Française Rachel Pain monte sur la 3ème marche du podium, à 10mn 43 de la gagnante du jour.
La réaction d’Amandine Ferrato, première féminine
« Je suis enchantée de cette victoire, c’est surtout une victoire contre moi-même, j’ai eu beaucoup de contraintes à gérer à côté. Je n’ai pas eu le temps de préparer cette course. Et de ce fait, je n’étais pas là pour gagner mais pour donner le meilleur et mettre en œuvre ce que j’enseigne aux personnes que je coache ! Je suis vraiment bluffée et tellement heureuse, j’adore courir ici ! »


Résultats du 10km du Mont-Blanc
Autre épreuve du jour, la « petite » course du Marathon du Mont-Blanc, un 10km et 280m D+ accessible à tous qui se déroule en forêt, sur les pistes de ski de fond, sans occulter des parties plus techniques. Disputée sous un soleil de plomb, elle a vu la victoire chez les hommes de Tristan Vachat en 37mn 04s. Il devance Léo Tuaz (38mn 38s) et Romain Champenois (38mn 50s. Chez les femmes, victoire de Élodie Alexandre en 45mn 19s. Elle devance Capucine Arbez-Gindre (46mn 03s) et la Suissesse Lara Droz (46mn 34s).
La réaction de Tristan Vachat, vainqueur
« Cette course a le profil parfait pour moi, je suis un coureur type montée mais court et intense ! Donc là c’est juste parfait pour moi ! Je suis venu grâce à mon collègue de club Tom Froissart (11ème aujourd’hui) qui avait fait premier espoir l’année dernière et qui m’a dit « Va faire cette course elle est pour toi ». Et il avait raison !!! J’ai laissé les autres attaquer au début et dès que la montée s’est durcie j’ai mis un « taquet » et j’ai tout de suite creusé l’écart. Après c’est dans la tête, il faut aimer la montée et en remettre. J’ai un peu improvisé car j’avais reconnu avec mon père ce matin, mais on s’était trompé de parcours ! »


Toujours aussi impressionnant, le Kilomètre Vertical du Mont-Blanc, avec ses 3,8km de long pour 1000m de dénivelé, a encore réservé un superbe spectacle cette année. Chez les hommes, victoire du Canadien Alexandre Ricard. Chez les femmes, Christel Dewalle s’impose, 10 ans après sa première victoire, avec une très belle 9ème place au scratch.
KM Vertical du Mont-Blanc : un parcours très spectaculaire
Lancé pour la première fois en 2011, le KM Vertical du Mont-Blanc fait partie des courses les plus spectaculaires de la discipline. Avec son départ au cœur de Chamonix, place du Triangle de l’Amitié, et son arrivée au sommet de Plan Praz, c’est un véritable morceau de bravoure. En effet, après à peine 500m de course, c’est à un véritable mur que les coureurs sont confrontés. Au menu, la longue montée en lacets serrés sous le téléphérique de Chamonix Plan Praz. Mais c’est la fin du parcours, très aérienne, typée via ferrata, avec des marches, câbles, pédales et mains courantes, qui est la plus technique. C’est d’ailleurs à cause de ces passages que les bâtons sont interdits. Trop dangereux !

KM Vertical du Mont-Blanc : un record difficile à battre
Chaque année, la chasse au record est lancée. Avec une prime promise par l’organisation à celle et celui qui battront les chronos de référence. Chez les hommes, il a été établi en 2015 par François Gonon, ancien membre de l’équipe de France de course d’orientation. Il a gravi les 1000 m de dénivelé sur une distance de 3,8 km en… 34mn 07s ! Il avait ce jour là effacé le précédent record, propriété de Kilian Jornet, de 34mn 18s établi en 2014. Il n’a pas été battu depuis. Chez les femmes, le record a été établi en 2019 par Christel Dewalle avec un chrono de 39mn 50s. Elle avait alors été la première femme à descendre sous la barre des 41 minutes. Elle avait au passage pulvérisé son meilleur chrono, 41mn 33s, qui datait de 2013 !
Alexandre Ricard au sommet
Avec un chrono de 35mn 39s, le Canadien Alexandre Ricard n’a pas approché le record de François Gonon, mais il a largement dominé les débats. Il devance un autre Canadien, Rémi Leroux, qui termine en 36mn 20s. Benjamin Roubiol, tout récent champion du monde de trail long, monte sur la 3ème marche du podium. À noter que les deux Canadiens avait déjà réalisé de très belles performances une semaine plus tôt, dimanche 18 juin, en terminant respectivement 2ème et 3ème de la célèbre course de montagne suisse de Neirivue-Moléson, là même où Rémi Bonnet a établi la plus grande performance ITRA de l’histoire du trail avec une cote à 970 !


Christel Dewalle encore et toujours
Après 2013 et 2019, Christel Dewalle s’impose de nouveau sur le KM Vertical du Mont-Blanc, avec un chrono de 42 minutes assez éloigné de son record, mais qui la place tout de même dans le top 10 de cette édition. Elle devance Candice Fertin, 2ème, et Lucille Germain, 3ème, de plus de 4 minutes, et confirme ainsi son statut de meilleure grimpeuse française, malgré les années qui passent.


Au terme d’un finish à suspense, Germain Grangier remporte le 90km du Mont-Blanc. Il s’impose au terme d’une course serrée jusqu’au bout, et d’un beau duel avec le jeune Louison Coiffet, qui courait son premier ultra. Chez les femmes, Jennifer Lemoine s’impose.
90km du Mont-Blanc : un tracé exigeant mais exceptionnel
La catastrophe aura été évitée de peu. Après une édition 2022 annulée pour cause de mauvais temps, la tempête qui a dévasté le Trail Camp de Chamonix jeudi 22 juin a fait craindre le pire aux organisateurs. Mais les Dieux ont été cléments, et pour fêter les 10 ans de la création du 80km du Mont-Blanc, devenu 90km en 2018, le beau temps est revenu, permettant de lâcher les 1000 coureurs sur le parcours de 92km et 6330m D+.
Assister au lever de soleil sur le mont Blanc, traverser le barrage d’Émosson en Suisse, longer la Mer de Glace, courir sous l’Aiguille du Midi et enfin fondre sur Chamonix et la foule qui acclame et félicite chaque coureur, le 90km du Mont-Blanc fait partie des ultra-trails les plus techniques et exigeants de sa catégorie, mais il est aussi l’un des plus beaux. Un point de vue que confirme Martin Kern, vainqueur de l’édition 2021 : « Du technique, du roulant, du raide, de la piste, du single, du froid, du chaud : le 90km du Mont-Blanc, c’est un cocktail de sensations et d’émotions à déguster sans modération. »

90km du Mont-Blanc : Germain Grangier au finish
C’est à 4 heures du matin, à la frontale, que les coureurs se sont élancés de la Place du Triangle de l’Amitié. Parti à un rythme soutenu, Germain Grangier a figuré dans le groupe de tête pendant plus de la moitié de la course. Il a pris le commandement dans la montée du Col des Posettes, où il est passé en tête avec 2 minutes d’avance sur le jeune Louison Coiffet et 4 sur Antoine Charvolin. Rattrapé par un étonnant Louison Coiffet dans la longue descente vers Bois, au km 60, Grangier a trouvé les ressources nécessaires pour creuser de nouveau l’écart dans la montée vers Le Plan de l’Aiguille, récupérant son matelas de 2 minutes d’avance sur son poursuivant. De son côté, Hugo Deck faisait une belle remontée passer en 3ème position au Plan de l’Aiguille, Antoine Charvolin payant ses efforts de début de course.
Dans les 5 derniers kilomètres de la vertigineuse descente vers Chamonix, Germain Grangier est parvenu à contenir Louison Coiffet, plus à l’aise en descente, pour franchir en tête l’arche d’arrivée, place du Triangle de l’Amitié. Il s’impose en 10h 36mn 06s, avec à peine plus d’1mn30 d’avance sur Louison Coiffet (10h 37mn 44s). Hugo Deck prend quant à lui la troisième place, en 10h 47mn 59s.


90km du Mont-Blanc : Germain Grangier heureux !
« Les conditions étaient incroyables, on peut vraiment dire qu’on a eu une journée 4 saisons. Entre la neige et les nombreuses flaques, j’avais les pieds mouillés depuis la première demi-heure. On a eu du soleil, du brouillard, du froid, du chaud. C’est Dimitri (Mityaev) qui a commencé à accélérer, moi j’avais prévu de le faire plus tard dans la montée de l’alpage de Catogne puis je me suis dit que j’aillais ré-accélérer dans celle du Montenvers, mais Louison a tenu bon et j’ai vraiment dû m‘employer.
Pendant 4h j’ai essayé de creuser l’écart et je n’avais que 2mn d’avance sur Louison en haut avant la dernière descente du Plan de l’Aiguille. J’espérais en avoir 5 pour descendre plus tranquille mais j’ai dû aller à fond je suis d’ailleurs tombé à 2km de l’arrivée ! Sur la route je me suis retourné et j’ai vu que j’étais seul et là ça a été un immense soulagement. Grâce à lui je me suis dépassé et j’ai fait ce temps ! Il a un sacré mental ! Dès la mi-course, tout se joue au mental et c’est aussi ce que j’aime. Après avoir fait 5ème à l’UTMB 2022, je gagne à Chamonix, je suis vraiment heureux. »
90km du Mont-Blanc : Louison Coiffet comblé !
« Cette deuxième place est incroyable ! Je suis venu à Chamonix pour me faire plaisir et aussi pour me tester sur cette distance car je suis plutôt habitué aux épreuves courtes. Alors s’aligner au départ d’un 90km c’est quelque chose de vraiment nouveau pour moi ! Je savais qu’il fallait faire attention à la nutrition, j’appréhendais un peu cet aspect-là mais finalement je l’ai bien géré.
Aujourd’hui, j’étais entouré par un sacré Team qui tout au long de la course m’a dit « fais-toi plaisir » et quand j’ai vu que j’étais dans la course, je me suis pris au jeu, c’était génial ! J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir sur ce parcours et cet événement mythique dans le monde du trail. Mes prochains objectifs sont les championnats d’Europe de skyrunning, mais je vais voir comment je récupère ! »

90km du Mont-Blanc : Jennifer Lemoins s’impose chez les femmes
Elles étaient une centaine à prendre le départ. Après 13h 32mn 23s de course, c’est Jennifer Lemoine qui remporte le classement féminin et se place 29ème au scratch. Cette habituée des ultra en France a pris la tête des féminines dès le début de la course et s’impose après un duel serré jusqu’à la dernière descente du Plan de l’Aiguille. Sur la deuxième marche du podium, une autre Française, elle aussi ultra-traileuse avertie originaire de l’Ain, Lucie Jasmin qui signe un temps de 13h 37mn 25s devant la Belge Laura Van Vooren.


90km du Mont-Blanc : des vainqueurs prestigieux
Germain Grangier rejoint la liste des noms prestigieux qui se sont imposés sur ce parcours.
2013 : François D’Haene et Michel Lanne / Caroline Chaverot
2014 : Luis-Alberto Hernando / Emelie Forsberg
2015 : Alex Nichols / Mira Rai
2016 : Diego Pazos / Caroline Chaverot
2017 : Xavier Thévenard / Mimmi Kotka
2018 : Sylvain Court / Mimmi Kotka
2019 : Xavier Thévenard / Katie Schide
2021 : Martin Kern / Hillary Gerardi
Dimanche 16 juin, Rémi Bonnet a remporté la course de montagne Neirivue-Moléson. Jusque-là, rien d’étonnant, le Suisse étant le tenant du titre et l’un des meilleurs grimpeurs du monde. Mais au-delà de la victoire, il a surtout atomisé le record de l’épreuve et réalisé la plus grande performance de l’histoire du trail en terme de cote ITRA. Explications.
Cote ITRA : comment ça marche ?
Pour chaque épreuve de trail, l’International Trail Running Association, ou ITRA, calcule une cote en fonction de la performance chronométrique réalisée sur un parcours donné. Le parcours est lui-même évalué en fonction de sa longueur, son dénivelé et sa technicité. C’est ensuite le chrono réalisé qui compte, pas le classement du coureur. La valeur maximale de l’indice ITRA d’une épreuve est de 1000 points, un nombre qui correspond à la performance maximale théorique sur le parcours en question. Par exemple, si le marathon avait une cote ITRA, l’indice de 1000 points serait attribué à un chrono de 2 heures. Autant dire que plus on se rapproche des 1000 points, plus la performance est exceptionnelle.
Coureurs et indice de performance ITRA
La cote, ou indice de performance ITRA de chaque coureur dans les différentes catégories est calculée en fonction des 5 meilleures cotes obtenues par l’athlète au cours des 36 derniers mois. Chez les hommes, une cote supérieure à 900 correspond au top du top. Chez les femmes, cette valeur est de 800. Fin juin 2023, c’est l’Espagnol Kilian Jornet qui domine toujours le classement ITRA masculin, avec 949 points. De son côté, l’Américaine Courtney Dauwalter domine le classement féminin avec 843 points.

Neirivue-Moléson 2023 : le chrono canon de Rémi Bonnet
Dimanche 18 juin, 563 coureurs se sont affrontés sur le redoutable parcours de 10,6 kilomètres pour 1 290 mètres de dénivelé positif de la 44ème édition de cette course historique. Vainqueur en 2022 et détenteur du record, le Suisse Rémi Bonnet a réalisé un chrono exceptionnel de 55mn 41s, battant son précédent temps de 1mn 26s. Un écart considérable à ce niveau ! Le Canadien Alexandre Ricard, 2ème, a terminé à plus de 4 minutes de Rémi Bonnet, en 59mn 55s (un indice de performance ITRA de 901). Et c’est un autre Canadien, Rémi Leroux, qui a terminé 3ème en 1h 1mn 9s (indice de performance ITRA de 883). Derrière eux, on retrouve dans le top 10 nos spécialistes tricolores Baptiste Ellmenreich, Julien Rancon, Anthony Felber ou encore Simon Gosselin.

Côté féminin, c’est également une grande spécialiste française de la montée, Christel Dewalle, qui s’est imposée en 1h 09mn 12s. Elle a totalement dominé la course pour devancer la Suissesse Simone Troxler de plus de 8 minutes (1h 17mn 42s) . Et c’est une autre Française, Julia Combe, qui a terminé 3ème, en 1h 21mn 29s.

La plus grande performance de l’histoire du trail selon l’ITRA
Avec son chrono exceptionnel, Rémi Bonnet a établi ce qui peut être considéré comme la plus grande performance de l’histoire du trail, avec une cote ITRA de… 970 ! Il devance désormais l’Américain Matt Carpenter, qui avait établi une cote de 968 lors de la Pikes Peak Ascent il y a 30 ans, en… 1993 ! Plus récemment, l’Américain Jim Walmsley avait réalisé une performance cotée 966 lorsqu’il avait établi son record sur la Western States Endurance Run, en 2019. Il avait alors parcouru les 160 kilomètres et 5360 mètres de dénivelé positif en 14h09.
Quant à Kilian Jornet, actuel leader du classement ITRA, il a obtenu sa meilleure cote lors de la course de Sierre-Zinal en 2019. Elle était de 964 pour son chrono de 2h 25mn 35s pour parcourir les 31km et 2190m D+. Une performance qu’il a été proche d’égaler lors de son record sur le marathon de Zegama-Aizkorri en 2022. Il a alors établi une perf cotée 961 grâce à son chrono de 3h 36mn 40s pour parcourir les 42km et 2560m D+.

Une cote ITRA contestable
Bien sûr, les spécialistes diront que ces performances ne sont absolument pas comparables. Rien à voir en effet entre un effort court d’une heure, un effort de 3 heures et un effort de plus de 10 heures. Et ils auront raison de le souligner. L’ITRA a beau avoir mis des coefficients de lissage pour pouvoir avoir un indice le plus juste possible entre les différentes épreuves, les disciplines sont tellement différentes qu’une comparaison aussi large peut laisser circonspect. D’ailleurs, l’ITRA elle-même classe les épreuves dans 7 catégories, allant de XXS (0 à 24km) jusqu’à XXL (plus de 210km). C’est donc dans la catégorie XXS que la performance de 970 de Rémi Bonnet a le plus de sens. Même si elle se classe également en tête dans la catégorie générale, qui regroupe l’ensemble des résultats.
Rémi Bonnet flashé à 16km/h… en montée !
Pour réaliser une telle performance, le Suisse a couru à une allure moyenne de 5mn26 au kilomètre, malgré les 1290m de D+. Selon « Les Genoux dans le Gif », qui a analysé cette performance, Rémi Bonnet a parcouru le premier kilomètre avec 80 mètres de dénivelé positif en 3mn 48s, soit près de 16 km/h. Et il a même enchaîné le deuxième kilomètre à la même allure, avec 100 mètres de dénivelé positif ! Tout simplement bluffant.
Exploit majeur ce 18 juin 2023 : Sébastien Raichon est devenu le 1er finisher de l’histoire de la Chartreuse Terminorum, surnommée “la course impossible à finir”, dont c’était la 5ème édition. En moins de 80 heures, le Français est venu à bout des 5 boucles de 60km et des 25000m de D+ cumulés de cette « Barkley à la française » disputée dans le massif de la Chartreuse, et considérée comme encore plus dure que la course américaine dont elle s’inspire. Une édition historique, puisque 4 autres hommes sont venus à bout des 5 boucles. Retour sur un exploit XXL
Chartreuse Terminorum, une course impossible à finir ?
Le principe de la Chartreuse Terminorum est calqué sur celui de la fameuse Barkley Marathon inventée par Lazarus Lake, soit effectuer 5 tours d’un circuit non balisé dans un temps imparti, en ramassant à chaque tour des pages de livres soigneusement dissimulés sur le parcours. Sauf qu’en France, les boucles font 60km, et non 32 comme pour la Barkley, qu’elles s’effectuent sur des sentiers et non en hors piste, et que le temps imparti de 16 heures par boucle, et non 12, pour avoir le droit d’attaquer la boucle suivante. Soit un total de 300 km et 25000m D+ à effectuer en moins de 80 heures !
Pour le reste, zéro GPS, zéro assistance, c’est du Lors des 4 premières éditions, personne n’est jamais allé au bout, la meilleure performance jamais réalisée étant de 4 tours et 2 pages de livre par David Barranger en 2022.

Chartreuse Terminorum, 38 candidats prêts pour le défi
Ils étaient 38 « sélectionnés » autorisés à prendre le départ par le maître de cérémonie, Benoît Laval, fondateur de Raidlight et de la Chartreuse Terminorum, ayant lui-même participé à 3 reprises à la Barkley. Parmi ces 38 « élus », Sébastien Raichon, vainqueur et recordman du Tor des Glaciers en 2022 sur un parcours de 450km et 32000m D+, faisait figure de favori. L’un des rares que l’on sentant capable d’aller loin, voire de finir cette course impossible. Mais on pouvait également miser sur Aurélien Sanchez, qui avait surpris tout le monde en mars dernier en remportant la Barkley pour sa première participation, alors que l’épreuve n’avait pas connu de finisher depuis 2017 !

Sébastien Raichon impressionnant de bout en bout
Rarement un athlète a autant donné l’impression de dominer son sujet. Au contact des autres concurrents dans les 2 premières boucles, puis seul en tête ensuite, Sébastien Raichon a terminé les 3 premières boucles à un rythme impressionnant, puisqu’il possédait à la fin du 3ème tour près de 10 heures d’avance sur le délai imparti de 48 heures. À l’arrivée de cette 3ème boucle, terminée en moins de 13 heures, il avouait commencer à avoir « mal aux pieds » mais soulignait qu’il était venu « pour les 5 boucles » et que s’il fallait finir en rampant, il le ferait.

Si la 4ème boucle a été plus compliquée, avec un chrono de 16 heures et une longue nuit à arpenter la forêt domaniale de Grande Chartreuse, Sébastien Raichon est arrivé au camp de base souriant, rassurant son entourage d’un « je vais repartir » avant de s’octroyer un peu de repos. Reparti dimanche à midi, il visait un retour au camp de base « vers minuit ». Et c’est finalement à 4 heures du matin que le Vauclusien de 51 ans a touché la pierre et bouclé la 5ème boucle avec plus de 8 heures d’avance sur les 80 heures imparties, devenant le 1er finisher de l’histoire de la course.

Chartreuse Terminorum : 4 autres finsihers, un scénario incroyable
Si la performance de Sébastien Raichon a ébloui tout le monde, il faut saluer celle des autres candidats qui ont donné à cette édition une dimension particulière. À commencer par le Catalan Albert Herrero Casas, et les Français Nicolas Moyroud et Mickaël Berthon, Benoît Bachelet et Laurent Guéraud, également repartis pour un 5ème tour, quelques heures après Raichon. 6 coureurs à l’assaut la 5ème boucle, personne n’aurait pu imaginer un tel scénario au moment du départ !
Après une nuit éprouvante, seuls 4 de ces 5 candidats sont devenus finishers, Laurent Guéraud ayant abandonné. 5 finishers sur la Chartreuse Terminorum, personne n’aurait misé un centime sur un tel résultat.
Quant à Aurélien Sanchez, il a abandonné au cours de la 4ème boucle, souffrant de beaucoup trop de différentes petites douleurs physiques, dont des brûlures aux pieds. Il reconnaissait également humblement ne pas avoir été prêt à lutter moralement pour aller plus loin. 4 autres coureurs avaient également pris le départ de la 4ème boucle, un résultat jamais atteint auparavant : Robert Kovacs et François Devaux. Mais le premier n’a pas pu finir dans les délais impartis, tandis que François Devaux a abandonné durant ce tour.
Il convient aussi de saluer la performance de la dernière femme en course, Alice Juramy, qui a réussi à boucler 2 boucles, soit 120km et 10000m D+, s’octroyant le record féminin de la Chartreuse Terminorum établit en 2019 par Alexandra Rousset.
Quant à la prochaine édition de cette course “impossible à finir” désormais vaincue, Benoît Laval promet qu’elle sera “encore plus difficile”…






























