Avec une victoire sur le format 100K de la première édition du Grand Raid Ventoux by UTMB le 26 avril 2025, puis une autre sur le format 100M du redoutable Lavaredo Ultra Trail by UTMB 2 mois plus tard, Ben Dhiman, le plus français des traileurs américains, qui a élu domicile à Bagnères-de-Bigorre, dans les Pyrénées, a parfaitement lancé sa saison d’ultra-trail, dans la continuité des multiples podiums qui jalonnent son CV depuis 4 ans. Seul l’UTMB, avec 2 abandons consécutifs, en 2023 et 2024, semble lui résister. Plus pour longtemps ? Cécile Bertin lui a posé la question, parmi d’autres. Portrait d’un ultra-motivé.

Ben Dhiman, en France pour l’amour d’une femme

Pour certains, comme Jim Walmsley, c’est l’amour pour une course qui amène un Américain à vivre en France. Pour d’autres, c’est l’amour d’une femme. Ben Dhiman est de ceux-là : « Je suis arrivé en France en 2021. Enfin, nous sommes arrivés en France, parce que j’ai rencontré mon épouse en Inde en réalité. Nous faisions tous les deux un périple solo qui s’est fini en duo. » Ben n’est à l’époque pas« vraiment » un traileur, c’est surtout un randonneur, mais de ceux qui ne font pas les choses à moitié.

« Quand j’avais la vingtaine, j’étais à l’université mais j’avais besoin d’autre chose, de quelque chose de plus grand, de plus fort, de plus absolu. Je partais alors sur les chemins de grande randonnée américains, un peu à la façon de Christopher McCandless dans Into The Wild. Comble de l’ironie, il fréquentait la même université que moi. J’étais un peu en révolte vis-à-vis de ma famille, de mon parcours qui semblait être tout tracé. Mais les points communs avec le personnage du roman s’arrêtent là je pense. »

Ben, lui, aime l’effort long et la montagne. Il aime l’idée d’aller d’un point À à un point B à la façon d’un Forrest Gump et assume le fait qu’il n’est pas toujours simple de revenir dans le monde réel lorsque le périple se finit.

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Ben Dhiman, des capacités innées

En 2018, lorsqu’il découvre l’Île de Réunion, où vit sa future belle famille, Ben Dhiman pas le choix : il s’inscrit à la Diagonale des Fous, sans aucune expérience réelle sur ce type d’ultras techniques. Il a bien quelques 100 miles à son actif, courus aux États-Unis en 2017, mais aucun aussi exigeant en terme de difficulté, et où le dénivelé impose le respect. « Il faut bien reconnaître que je cherchais avant tout à impressionner mon futur beau-père ! Le parcours passe carrément devant sa maison puisque le ravitaillement de la Possession est en face de chez eux… »

Pour sa préparation, ce sera bloc de randonnée à Darjeeling et Sikkim, en Inde, pour accumuler du dénivelé. Et là, surprise, il termine 35ème, une belle place au général pour quelqu’un qui a si peu d’expérience sur 100 miles. Devant lui s’ouvrent alors de nouveaux horizons qui n’étaient pas du tout envisagés, et se pose LA question cruciale : et si il s’entraînait sérieusement pour aller titiller les podiums ? « Voir de près des grands champions comme François d’Haene m’a clairement inspiré et donné envie d’aller moi aussi chercher mes limites. Après tout, les premiers résultats étaient là, cela valait la peine de persévérer un peu. »

Modeste, il s’empresse de rajouter : « Je ne veux surtout pas que mes propos soient mal interprétés et que l’on prenne cela pour de la vanité, mais lorsque j’ai réalisé que j’étais capable de faire cette place sans être réellement entraîné pour, je me suis dit que j’avais des capacités innées qui ne demandaient qu’à être exploitées. » Mais pas question pour autant de moment de renoncer à une vie de nomade, et le couple repart vers l’Australie, juste avant la crise du Covid. Pas l’idée du siècle, vous en conviendrez, mais qui pouvait imaginer qu’en quelques jours, le monde entier allait se mettre à l’arrêt et les frontières se refermer.

« Mon épouse est très vite rentrée en France parce qu’elle attendait notre premier enfant, un petit garçon, et qu’il semblait très compliqué de mener à terme une grossesse sur place en toute sérénité. Mais moi je devais rester encore quelques mois, le temps surtout de faire tous les papiers pour pouvoir venir la rejoindre en toute légalité. » Tout finira bien, et quelque temps après, le couple est réuni, s’installe en France, dans les Pyrénées, et Ben Dhiman décide qu’il est temps pour lui de commencer sérieusement une carrière d’ultra-traileur professionnel. Même si, pour cela, il lui faudra renoncer petit à petit à sa façon très naturelle de s’entraîner sans montre connectée. « Je courais tous les jours, pour le plaisir, sans chercher à connaître mes allures ou autres données chiffrées », se souvient-il. Mais seuls les imbéciles ne changent pas d’avis…

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Une SaintéLyon en guise de récupération

Très vite, les résultats sont là, avec entre autres un retour en fanfare sur le Grand Raid et une 3ème place à la clé (derrière Beñat Marmissolle et Jean-Philippe Tschumi), puis un enchaînement de victoires début 2023, les premières de sa carrière, qui le mèneront en avril 2024 sur la plus haute marche du très prestigieux 115 km du MIUT, sur la petite île de Madère. « Je n’ai pas de coach, je considère que je me connais suffisamment pour être capable de faire mes plans d’entraînement seul. Je choisis également mes courses seul, même si bien sûr j’en discute avec Laurent Ardito (le manager du team Ascis, son équipementier et employeur, NDLR).

D’ailleurs, cela entraîne parfois des situations amusantes, comme lorsqu’après la Diagonale des Fous 2024 il m’a proposé de venir comme spectateur sur la SaintéLyon, dont Asics est partenaire majeur. J’ai accepté volontiers, parce que la course fait vraiment partie des incontournables du calendrier français, même si ma spécialité est plutôt la course en montagne. Mais très vite, j’ai réalisé que le côté spectateur sur le bas-côté, ça n’était pas trop mon truc, surtout que la start-list était sympa. J’ai donc finalement demandé un dossard alors que, soyons honnête, cette distance et surtout son caractère ultra roulant n’étaient peut-être pas l’idéal en récupération. » Résultat : une 2ème place à 11 minutes de Thomas Cardin, le grand favori de la course.

L’UTMB, cet ennemi qui lui résiste

Dans toute cette histoire idyllique, subsiste cependant un point noir, une course qui lui résiste, comme le village gaulois à l’envahisseur romain : l’UTMB ! Deux départs, deux abandons, avec à chaque fois des explications. « Ma première participation, en 2023, c’est le stress de vouloir trop bien faire qui m’a finalement perdu, se souvient-il. Je venais de signer un contrat avec mon équipementier, j’avais la volonté de bien faire, de trop bien faire. Seulement voilà, j’ai trouvé le moyen de tomber malade quelques jours avant la course. On peut y voir le signe d’une fragilité, conséquence classique d’un entraînement intensif, je ne sais pas… Mais le résultat était là, j’ai dû abandonner.

L’année suivante, je suis revenu, j’avais les jambes, mais c’est mon système digestif qui m’a fait défaut. J’ai vomi plus que de raison, et là encore j’ai dû abandonner. Est-ce l’expression physique de mon stress ? Peut-être, je ne sais pas. Mais les résultat étaient là, et ils n’étaient pas forcément simples à analyser. »

Loin de se décourager, Ben Dhiman persiste et signe, avec un projet clairement assumé et revendiqué : il n’est pas sur la ligne de départ en mode « esprit de Coubertin » dans l’idée de seulement participer, mais parce qu’il compte bien un jour gagner l’UTMB ! Et tout faire pour. Pour les problèmes digestifs, il a d’ailleurs sa petite idée :

« Je pense qu’il y a une piste que beaucoup d’ultra-traileurs n’ont pas forcément envisagée. En vivant en France, j’ai appris à me nourrir au quotidien de façon totalement différente. Comparé à l’alimentation made in USA, il faut bien avouer que ce n’est pas très compliqué de manger plus sainement d’ailleurs. Et là, le temps d’une course, on charge de façon excessive notre corps de glucides et autres gels. Je pense que notre organisme n’est plus prêt à encaisser tout ça. J’avais beaucoup moins de problèmes gastriques lorsque je mangeais un peu n’importe quoi, façon junk food américaine.

Et puis surtout, je pense qu’il faut être conscient du fait qu’un ultra-traileur n’est pas un cycliste ou un triathlète. Transposer sans les adapter des protocoles nutritionnels à la mode que l’on voit fleurir un peu partout dans d’autres sports n’est pas une bonne idée. Sur un ultra, où par la force des choses on court forcément plus de 10 heures, il faut forcément rajouter un peu de solide ! »

Sans parler du fait qu’un plan qui fonctionne très bien sur plusieurs courses peut se révéler catastrophique le jour J, quand d’autres facteurs externes viennent perturber la machine pourtant bien huilée. La gestion d’une bonne hydratation, par exemple, est aussi capitale pour être justement capable d’encaisser une telle dose de glucose. Comme pour l’entraînement, Ben Dhiman ne fait confiance qu’à lui-même pour élaborer son programme de nutrition, partant du principe que là encore, si quelqu’un connait ses besoins, c’est bien lui et personne d’autre.

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Les FKT, non, la compétition, oui !

Et les FKT aux États-Unis dans tout ça ? Parce qu’avec un parcours pareil, la question se pose naturellement. À une époque où de plus en plus d’ultra-traileurs s’attaquent à des records sur des grands parcours de randonnée, comme François D’Haene cet été sur le Nolan’s 14, revenir courir sur des traces connues et déjà explorées aurait une certaine logique.

« Même si cela peut sembler évident à la vue de mon CV, ça n’est pas du tout dans mes projets ! Je suis vraiment devenu ultra-traileur avant tout et j’ai trop d’envies à satisfaire, d’objectifs dossards pour le moment pour retourner passer plusieurs semaines sur des chemins américains. Cela demande trop de temps, trop d’investissement physique pour prendre ce risque. Et puis j’avoue, j’ai l’esprit de compétition vis-à-vis de moi-même, mais aussi vis-à-vis des autres.

J’adore être sur une course et me bagarrer sur les chemins avec les autres concurrents. Ce que j’ai vécu au Ventoux avec Baptiste*, c’est vraiment ce qui me fait vibrer. Cette concurrence saine, ce duel au sommet où quasiment jusqu’au bout, nous ne savions pas qui de lui ou moi allait passer le premier la ligne d’arrivée, j’ai adoré. Un FKT, tu es seul face à toi-même, face à une trace, et parfois face à un temps à battre mais cela manque sérieusement de relations humaines et ce n’est pas ce que je cherche aujourd’hui. »

S’il retourne courir aux USA, ce sera plutôt pour une Hardrock 100, course mythique s’il en est, qui le fait rêver depuis plusieurs années. Hasard de la vie, même si on peut plutôt y voir un signe du ciel, Ben Dhiman a passé quelques mois à Silverton, vivant dans une tente à côté de la rivière et travaillant comme serveur dans l’un des quelques restaurants de la petite ville qui se remplissait de traileurs début juillet. Nous étions alors en 2017, et Kilian Jornet avait réussi l’exploit de gagner la course le bras en écharpe après s’être démis l’épaule, rajoutant une page de plus à sa légende déjà bien fournie.

« Le voir courir comme ça, alors que n’importe qui aurait raccroché, m’avait vraiment impressionné et inspiré, se souvient-il. Mais je ne m’étais pas contenté d’être spectateur cette année-là, mon job de serveur m’avait permis de faire la connaissance de traileurs arrivés quelques semaines avant pour repérer les lieux qui m’avaient demandé si je connaissais des pacers pour les accompagner. J’avais tout de suite répondu que je pouvais le faire. Certes, aucun n’avait le niveau d’être vainqueur, j’avais été là uniquement pour les accompagner et les aider à être finisher, mais j’avais adoré l’expérience, l’ambiance qui régnait sur cette course et je m’étais promis de revenir un jour, cette fois avec un vrai dossard accroché sur mon t-shirt, même si je sais que la sélection y est difficile. » Alors qui sait, après avoir gagné à Chamonix, peut-être verrons-nous un jour Ben gagner aux Etats-Unis.

*Ben Dhiman a pris le lead à seulement quelques kilomètres de l’arrivée du format 100K du Trail du Ventoux by UTMB, après avoir formé un duo avec Baptiste Chassagne pendant une bonne partie de la course.

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Des dunes marocaines aux sommets européens, Elhousine Elazzaoui est entré dans le monde de la compétition par hasard. Mais il n’a jamais cessé de courir. Au-delà de ses victoires, dont le titre des Golden Trails World Series en 2024, le « Flying Camel », surnom qu’il s’est approprié, est connu pour quelque chose de plus profond : sa capacité à transcender les frontières, à gagner le respect et à nouer des amitiés durables. Pour la première fois, il partage son histoire dans The Nomad, un film qui raconte ses origines, le chemin parcouru et les personnes qui l’ont accompagné sur ce chemin.

Sortie : 2025
Durée : 18 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

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Une première édition est toujours un événement, à la fois pour les organisateurs qui se lancent dans la grande aventure de l’événement trail, et pour les participants, qui donnent au rendez-vous ses lettres de noblesse. Et pour un début, le Trail du Corbier a fait une entrée remarquée les 9 et 10 août dans le calendrier des épreuves d’été, avec 6 formats de course, une ambiance conviviale, des parcours exigeants et des panoramas grandioses. Près de 800 participants ont répondu à l’appel des sommets dans le décor sauvage et majestueux de la Maurienne, au cœur du domaine Les Sybelles. Une 1ère édition pleine de promesses…

Trail du Corbier : du KV au nocturne, une première journée « parfaite »

Samedi 9 août dès 10h, les participants du KV de la Pointe ont eu l’honneur de fouler les sentiers pour écrire les premières pages de l’histoire du Trail du Corbier. Un effort intense depuis Villarembert jusqu’à la Pointe du Corbier, où les amateurs de dénivelé ont pu se mesurer à la verticalité pure, dans un cadre grandiose. Chez les hommes, Jonas BUCHOT a devancé Aurélien JEGOU et Simon MAHUT, tandis que chez les femmes, Angélique PASQUALI s’est imposée devnat Léane ROSSAT et Constance LAMBIN.

La journée s’est poursuivie avec le Trail des Pitchounes, qui a permis à près de 100 enfants de 7 à 14 ans de s’initier au trail, dans une ambiance festive. Répartis par catégories d’âge, les jeunes coureurs ont enchaîné les efforts sur des parcours adaptés, sous les regards admiratifs des parents. La relève est assurée !

Enfin, à la nuit tombée, les frontales ont illuminé les sentiers à l’occasion du Trail Nocturne. Un moment hors du temps, sous les étoiles, pour les coureurs qui a conclu de fort belle manière cette première journée. Erwann DENIS s’est imposé devant Augustin RIBIOLLET et Jérémy FOUGERE, tandis que chez les femmes, Constance LAMBIN, 3ème du KV, est cette fois-ci montée sur la plus haute marche du podium, devant Lucie LAMBERT et Julie SIMON.

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Photo TRAIL DU CORBIER

Trail du Corbier : cap sur les sommets pour les épreuves du dimanche

En raison des fortes chaleurs annoncées, l’équipe d’organisation avait décidé, dès la veille, d’avancer les horaires de départ des courses du dimanche 10 août, afin de garantir la sécurité de tous.. Ainsi, dès 7h30, la journée a commencé avec le Trail des Sybelles : un parcours exigeant de 32 km pour 2100m D+, à travers les crêtes et les panoramas spectaculaires du domaine. Mont Charvin, Pointe du Corbier, Pointe de l’Ouillon… plus de 200 coureurs ont enchaîné les sommets et profité des panoramas grandioses. Et les sourires sous l’arche d’arrivée en disaient long sur la fierté d’avoir relevé ce défi. Chez les hommes, le plus rapide a été Jonas BUCHOT, qui a devancé sur la ligne d’arrivée Romain SAUVEY et Sylvain LAMARQUE. Chez les femmes, la victoire est revenue à Estelle OLIVIER, devant Lorna BONNEL et Clara DETIENNE.

Plus court mais tout aussi spectaculaire, le Trail du Charvin n’a pas été en reste : avec ses 16 km pour 1100m D+, le tracé empruntait la première partie du grand parcours jusqu’au sommet emblématique du Charvin. L’épreuve, qui a séduit les 180 traileurs et traileuses en quête d’un effort intense sur une distance plus accessible, a sacré à l’arrivée Paul BURETTE devant Louis BOUCHET et Aurélien JEGOU, 2ème du KV la veille chez les hommes, Léane ROSSAT devant Tiara AMRHEIN et Gabrielle FERRATON chez les femmes.

Enfin, le Trail de l’Ouillon, avec son départ insolite depuis le sommet du télésiège « Sybelles Express », offrait une expérience différente : un tracé descendant et rapide, parfait pour les coureurs débutants ou ceux en quête de sensations. Chez les hommes, les plus rapides ont été Johan CHAMPION le bien nommé, devant Emilien MARION et Tom NORAZ. Chez les femmes, la victoire est revenue à Angélique PASQUALI, qui a devancé Charlotte FERT et Eponine DEPRE.

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Photo TRAIL DU CORBIER

Trail du Corbier : “L’aventure ne fait que commencer !”

Entre défis sportifs, sourires partagés et paysages à couper le souffle, cette première édition du Trail du Corbier aura marqué les esprits. L’oganisation, ravie de ce succès, n’a pas manquer de remercier tous les participants, bénévoles, partenaires et spectateurs qui ont contribué à faire de ce week-end une vraie réussite. « L’aventure ne fait que commencer », ont conclu les organisateurs, donnant d’ores et déjà rendez-vous pour la prochaine édition, en août 2026.

Voir tous les résultats ICI

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Photo TRAIL DU CORBIER
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Nombreux sont ceux qui prennent le départ, mais seuls quelques privilégiés ont l’honneur d’inscrire leur nom au palmarès de Sierre-Zinal. Et ils sont encore moins nombreux à avoir l’occasion de le faire deux fois, même si Kilian Jornet, maître incontesté de l’épreuve, l’a remportée 10 fois. Parmi les champions ayant inscrit 2 fois leur nom au palmarès de “la Course de Cinq 4000”, il faut désormais compter les Kényans Philemon Kiriago et Joyline Chepngeno, qui ont décroché leur deuxième victoire sur cette course légendaire de 31 km, 2.200 m D+ et 1100m D- entre Sierre et Zinal.

Sierre-Zinal 2025 : un héros local nommé Adrien Briffod

Sierre-Zinal ne laisse aucun répit. Après le coup de pistolet et à peine plus d’un kilomètre sur asphalte, les coureurs entraient dans la section la plus exigeante du parcours. Sur les 8 premiers kilomètres menant à Ponchette, ils grimpaient plus de 1300 mètres de dénivelé, soit plus de la moitié du total de la course. C’est ici que Philemon Kiriago a voulu imposer un rythme de vainqueur dès le départ, mais il a vite été rejoint par son compatriote Josphat Kiprotich et le Suisse Adrien Briffod. Briffod, héros local venu du triathlon, 41ème de l’édition précédente, a même réussi à prendre le large. Il a été le premier à franchir la partie la plus exigeante, suivi à plus d’1mn30 de Kiriago et Kibett. Le Suisse Dominik Rolli et Josphat Kiprotich suivaient à moins de deux minutes.

Une fois la portion la plus dure franchie, commençait les montagnes russes de Sierre-Zinal, le fameux « Fast & Furious » qui incarne l’essence même de cette course. Avec une pente plus douce mais encore du dénivelé à accumuler, Adrien Briffod restait en tête, Philemon Kiriago se rapprochant peu à peu.

Adrien Briffod. Photo rising.story_@justingalant

Sierre-Zinal 2025 : Philemon Kiriago en patron

La montée se poursuivait et, dans la partie finale, vers le point le plus haut du parcours, avant d’entamer la descente vers Zinal, Philemon Kiriago prenait les commandes. Adrien Briffod résistait mais finissait par céder face à la charge finale des Kenyans Patrick Kipngeno, Michael Selelo Saoli et Paul Machoka, lancés à vive allure derrière lui.

Dans la descente vers Zinal, seul Patrick Kipngeno parvenait à réduire légèrement l’écart avec son compatriote Kiriago, mais pas assez pour l’empêcher de signer un deuxième succès sur l’une des courses les plus prestigieuses du trail. Selelo Saoli complétait le podium, tandis que Briffod, héros local inattendu de la journée, et Machoka terminaient respectivement quatrième et cinquième.

À l’arrivée, cette deuxième victoire ne semblait pas suffire à Philemon Kiriago, qui affichait clairement ses ambitions : « Je suis très heureux de remporter à nouveau Sierre-Zinal. Mes coéquipiers rêvent de dominer Sierre-Zinal autant que possible. Mon objectif est de m’approcher des cinq victoires ici avant de viser d’autres courses comme Zegama-Aizkorri. Remporter cinq fois ici est mon rêve. »

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Patrick Kipngeno, 2ème, et Elhousine Elazzaoui, le grand battu du jour, seulement 9ème. Photo @rising.story_@justingalant

Sierre-Zinal 2025 : le Top 10 Hommes

  1. Philemon Kiriago (Kenya – Run2gether On Trail) 2:28:32
    2. Patrick Kipngeno (Kenya – Run2gether On Trail) 2:29:09
    3. Michael S. Saoli (Kenya – Run2gether On Trail) 2:29:15
    4. Adrien Bridffod (Suisse – Atlet) 2:32:07
    5. Paul Machoka (Kenya – Atletica Saluzzo) 2:33:02
    6. Martin Nilsson (Suède – VJ) 2:33:53
    7. Dominik Rolli (Suisse – Salomon) 2:34:10
    8. Andreu Blanes ( Espagne- Hoka) 2:35:20
    9. Elhousine Elazzaoui (Maroc – Nnormal) 2:36:00
    10. Francesco Puppi (Italie – Hoka) 2:37:50
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Le Top 5 hommes. Photo @rising.story_@mathisdecroux

Sierre-Zinal 2025 : Joyline Chepngeno royale

Dès le départ, les Kényanes Joyline Chepngeno et Caroline Kimutai ont pris la tête de la course féminine dans les premiers kilomètres de l’ascension vers Ponchette. À mi-pente, Kimutai a réussi à creuser un léger écart sur ses poursuivantes. L’Allemande Laura Hottenrott a également joué un rôle de premier plan, menant la course sur les pentes les plus raides. Une fois la section la plus difficile franchie, Kimutai a repris les commandes, suivie une minute plus tard par la tenante du titre Chepngeno. Laura Hottenrott accusait alors un retard de plus d’une minute et demie.

Au kilomètre 12, le top 5 était complété par la Roumaine Madalina Florea et la quadruple vainqueure de Sierre-Zinal, détentrice du record féminin, la Suissesse Maude Mathys, toutes deux à deux minutes et demie de la tête.

Aux abords de Chandolin (kilomètre 12), Joyline a rattrapé Kimutai et a pris la tête, une position qu’elle ne quittera plus jusqu’à l’arrivée. Presque trois minutes derrière, on retrouvait Hottenrott, Florea et Mathys. À Nava, le point le plus élevé du parcours, Chepngeno comptait plus d’une minute et demie d’avance sur Kimutai, conservait trois minutes sur Hottenrott, et devançait Mathys et Katie Schide de quatre et cinq minutes respectivement.

À Zinal, Chepngeno franchissait la ligne victorieuse pour la deuxième année consécutive. C’est ici même, en 2024, qu’elle s’était révélée en remportant l’une de ses premières grandes courses de trail, créant la surprise avec un chrono 46 secondes plus rapide que celui de cette année. Kimutai, Schide et Mathys ont conservé leurs deuxième, troisième et quatrième places respectives, tandis que la Suissesse Oria Liaci dépassait Hottenrott pour s’emparer de la cinquième place. « Je ne m’attendais pas à gagner cette course », confiait une Chepngeno émue à l’arrivée.

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Joyline Chepngeno à l’arrivée. Photo @rising.story_@mathisdecroux

Sierre-Zinal 2025 : le Top 10 Femmes

  1. Joyline Chepngeno (Kenya – Salomon Milimani Runners) 2:54:50
    2. Caroline Kimutai (Kenya – Salomon Milimani Runners) 2:55:34
    3. Katie Schide (États-Unis – On) 2:58:32
    4. Maude Mathys (Suisse – Asics) 2:58:57
    5. Oria Liaci (Suisse – Brooks) 3:00:22
    6. Laura Hottenrott (Allemagne – Asics) 3:00:32
    7. Miao Yao (Chine – Salomon) 3:01:36
    8. Susanna Saapunki (Finlande – On – Kuusamon Erä-Veikot) 3:02:31
    9. Anna Gibson (États-Unis– Brooks Running) 3:05:14
    10. Joyce Njeru (Kenya – Nnormal) 3:06:05
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Le Top 5 Femmes. Photo @rising.story_@mathisdecroux

Direction la Grande Finale de la GTWS 2025

Sierre-Zinal marque la clôture de la saison régulière des Golden Trail World Series (GTWS) 2025, qui comptait 8 étapes. Les grands vainqueurs de cette saison seront connus lors de la grande finale du Ledro Sky Trentino, du 9 au 12 octobre 2025. Le format différent des courses disputées jusqu’à présent promet du suspense, puisque cette finale comprendra un prologue contre-la-montre et des courses séparées pour les hommes et les femmes. En ce qui concerne les points, le double de ceux attribués lors d’une course classique sera accordé, de sorte que tout reste encore à décider pour le classement général. Actuellement, Elhousine Elazzaoui et Madalina Florea mènent le classement général.

Top 10 hommes Classement général GTWS 2025

  1. Elhousine Elazzaoui (Maroc – Nnormal) 600 points
    2. Patrick Kipngeno (Kenya – Run2gether On Trail) 588 points
    3. Philemon Kiriago (Kenya – Run2gether On Trail) 588 points
    4. Michael S. Saoli (Kenya – Run2gether On Trail) 498 points
    5. Daniel Pattis (Italie – Brooks) 470 points
    6. Taylor Stack (États-Unis – Broos) 453 points
    7. Roberto Delorenzi (Suisse – Brooks) 436 points
    8. Cesare Maestri (Italie – Nike) 434 points
    9. Dominik Rolli (Suisse – Salomon) 432 points
    10. Pierre Galbourdine (France – Brooks) 423 points

Top 10 femmes Classement général GTWS 2025

1. Madalina Florea (Roumanie – Scott) 576 points
2. Sara Alonso (Espagne – Asics) 566 points
3. Malen Osa (Espagne – Salomon) 540 points
4. Joyce Njeru (Kenya – Nnormal) 538 points
5. Caroline Kimutai (Kenya – Salomon Milimani Runners) 532 points
6. Lauren Gregory ((États-Unis – Nike) 481 points
7. Rosa Lara (Espagne – Comrpressport) 459 points
8. Philaries Jeruto Kisang (Kenya – Run2gether On Trrail) 456 points
9. Naomi Lang ((États-Unis – Salomon) 451 points
10. Takako Takamura (Japon) 443 points

Plus d’informations et le classement complet de la GTWS 2025 à retrouver ICI

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Trop d’assistance dans les ultras nuit à l’égalité des chances ! C’est par un article publié sur ses réseaux que Kilian Jornet a décidé de lancer un pavé dans la mare et d’aborder enfin le problème dès ravitaillements, où certains coureurs parmi les élites ont carrément une « armée » entière à leur service quand d’autres sont seuls à devoir tout gérer.

Assistance sur les ultras : le cas extrême de la Western States Endurance Run 2025

Ce n’est pas un hasard si Kilian Jornet a attendu le début du mois d’août pour jeter un pavé dans la mare. En juillet, alors qu’il a participé à la Western States Endurance Run aux États-Unis, le « Patron » a été frappé par l’assistance dont ont pu bénéficier certains coureurs élites, avec à chaque ravitaillement plusieurs personnes à leurs soins et une démesure dans l’assistance, allant des changements de chaussures et de tenues aux « piscines » remplies d’eau fraîche pour se refroidir, tandis que d’autres coureurs élites n’avaient personne sur certains points. Un constat d’autant plus étonnant que sur la Western States, course extrêmement rapide, il est rigourseusement impossible pour une même personne d’être présente sur tous les points de ravitaillement. Certains coureurs ont donc carrément plusieurs équipes d’assistance à leur service, ce qui suppose une organisation et des moyens démesurés. Et Kilian Jornet, sans vouloir une suppression totale des assistances, de souligner les efforts faits par les organisateurs de l’ULTM Mont-Blanc pour limiter le nombre de points d’assistance et surtout d’intervenants, afin de maintenir un certain cadre d’égalité pour les athlètes en quête de performance.

Kilian Jornet, le plaidoyer pour moins de démesure dans l’assistance

Voici le texte intégral (traduit) qui lance le débat :

« Lors de mes premières courses de trail longues, l’assistance était simple. On emportait le nécessaire, et de temps en temps, il y avait un poste de ravitaillement où des bénévoles distribuaient de l’eau, des bananes, et parfois du chocolat. Avec un peu de chance, un ami ou un membre de la famille pouvait vous retrouver à un croisement avec un morceau de votre plat préféré. C’était simple, et c’était pareil pour presque tout le monde.

Au fil des ans, le sport a beaucoup évolué. Aujourd’hui, sur certaines courses, des athlètes professionnels comme moi peuvent disposer d’une équipe complète à plusieurs endroits du parcours : des personnes prêtes avec des boissons fraîches, des chaussures sèches, des gilets de course avec tout le nécessaire pour la section suivante, et même des piscines gonflables ! Dans d’autres cas, on peut voir un athlète arriver seul, avec l’aide d’une seule personne, voire sans personne. Pourtant, l’importance du soutien n’est plus un détail. C’est devenu l’un des facteurs de performance les plus importants dans les courses d’ultra-trail modernes.

(Kilian Jornet donne ensuite l’exemple, vidéos à l’appui, de 2 ravitaillements effectués par 2 athlètes élite sur la Western States : l’un avec une assistance très organisée, qui dure quelques poignées de secondes, l’autre avec un coureur sans aucune assistance, obligé de tout faire lui-même, et prenant évidemment beaucoup plus de temps). Et Kilian de commenter ces 2 exemples :

« L’un cherche à optimiser son temps et y consacre toutes les ressources et la réflexion nécessaires, l’autre improvise principalement sur le tas. Il existe de nombreux niveaux intermédiaires, et de toute façon, les deux respectent les règles de la course. Dans ce cas, si l’on cherche le meilleur résultat, on essaiera de maximiser les ressources et d’optimiser le temps passé aux ravitaillements en conséquence. Mais comme les athlètes peuvent avoir des ressources financières et humaines différentes, la question est : est-ce équitable ? Et peut-être plus important encore : est-ce la direction que nous souhaitons donner à ce sport ?

Soyons clairs : avoir du soutien n’est pas une mauvaise chose. C’est formidable d’avoir sa famille, ses amis ou une équipe qui vous encourage, vous tend sa bouteille, peut-être même son en-cas préféré ou change sa lampe frontale. Cela peut vous aider à rester dans la course, physiquement et mentalement. Cela permet de se connecter à un effort autrement solitaire. De même, lors des ultra-trails, où l’athlète court pendant des dizaines d’heures, avoir une alimentation testée et se sentir bien est essentiel, et il serait difficile de tout transporter dès le départ. Un point d’assistance est donc logique.

Mais la réalité actuelle est que la quantité et la qualité du soutien varient énormément. Certains athlètes arrivent à un ravitaillement entourés de cinq personnes : l’une change leurs chaussures, l’autre remplit leurs bouteilles, une autre les nourrit, et une autre encore leur donne des informations en direct grâce au tracker. D’autres arrivent seuls, parfois sans personne pour leur remettre un sac de transport. Et ce n’est pas qu’anecdotique : cela a un impact direct sur la performance.

Sur des courses comme la Western States, le règlement autorise ce type d’équipage complet. En revanche, d’autres événements comme l’UTMB ont mis en place des règles spécifiques : limitation des lieux d’assistance, du nombre de personnes autorisées à apporter leur aide et de la quantité de matériel pouvant être échangé. Il s’agit d’une tentative d’égaliser les chances, et je crois que c’est nécessaire.

Cela nous amène à une question plus profonde : quel type de sport construisons-nous ?

L’ultra-trail est-il en passe de devenir comme la Formule 1 ou le cyclisme professionnel, où la performance ne dépend pas seulement de l’athlète, mais aussi de la taille de l’équipe, de la technologie et des moyens financiers ?

Voulons-nous un avenir où les athlètes bénéficient d’une équipe de voitures d’assistance qui suivent le parcours, où les changements de vitesse et les stratégies de refroidissement deviennent des atouts décisifs ? Ou bien considérons-nous le trail comme une activité liée à l’exploration personnelle et à une certaine autonomie en pleine nature ? Une course où amateurs et professionnels affrontent les mêmes montagnes, le même soleil, les mêmes ravitaillements — et la même chance de s’en sortir.

Je ne prône pas l’absence totale de soutien. Mais je crois que des limites claires et cohérentes sont nécessaires pour garantir l’équité, notamment dans les courses professionnelles.

Réglementer le nombre de zones de secours autorisées aux équipages, limiter le nombre de personnes pouvant apporter leur aide et définir les échanges possibles sont autant de mesures simples qui préservent l’équité dans ce sport.

Cela compte aussi au-delà de la compétition. En banalisant les équipages excessifs, nous relevons les barrières à l’entrée. Il devient plus difficile pour les athlètes sans gros budget ou équipes de concourir à armes égales. Cela contredit l’idée que l’endurance est une question de résilience, et non de ressources.

En tant qu’athlètes d’élite, nous participons à ce jeu de renforcement du soutien, car nous cherchons toujours à maximiser nos performances dans les limites autorisées par le règlement, afin d’avoir les mêmes chances que les autres athlètes qui les optimisent également. Ainsi, nous apportons de plus en plus d’aide chaque année, creusant ainsi l’écart avec les athlètes qui ne peuvent pas bénéficier d’une assistance. Ainsi, si les règles restent ouvertes, il sera plus compliqué de revenir à une compétition plus équitable pour tous.

Réfléchissons à ce que sera le sport dans dix ans. Souhaitons-nous un sport où, pour performer, il nous faudra des budgets plus importants, des équipes plus importantes et où les athlètes n’auront « que » besoin de courir ? Ou souhaitons-nous un sport où tous les coureurs auront les mêmes chances et où la gestion de l’humain face aux défis des espaces et des conditions naturelles fera toujours partie du parcours ?

Pour moi, je choisirai toujours la deuxième. »

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“States of Elevation” est le nouveau projet de Kilian Jornet : une aventure en autonomie totale visant à relier à pied et à vélo les sommets de plus de 14 000 pieds (environ 4 270 mètres) à travers les États-Unis. Un défi particulièrement exigeant, au cours duquel Kilian parcourra chaque jour l’équivalent d’une étape du Tour de France et d’un marathon — l’altitude et les terrains techniques en plus. Au-delà de l’effort physique, ce projet reflète la profonde connexion de Kilian avec les espaces sauvages, ainsi que sa quête constante de sens à travers l’endurance, la nature et l’exploration.

States of Elevation : dans la continuité de Pyrénées 3000 et Alpine Connections

C’est début septembre 2025 que Kilian Jornet lancera son nouveau projet, States of Elevation. En partant de Longs Peak dans le Colorado, il cherchera à relier les « fourteeners » américains — sommets de plus de 14000 pieds — uniquement par des moyens humains : course à pied et vélo.

Réputé pour repousser les limites du potentiel humain et de l’endurance athlétique, States of Elevation n’est pas qu’un exploit sportif ; c’est aussi un message fort sur la découverte de la nature américaine, l’engagement, et le lien avec les communautés.

L’approche de Kilian Jornet s’inscrit dans la continuité de sa philosophie de toujours : minimalisme, respect de la nature et exploration responsable. Ce projet fait suite à d’autres défis d’endurance tels que Alpine Connections en 2024 et Pyrenees 3000 en 2023, lors desquels il avait relié certains des plus hauts sommets des Alpes et des Pyrénées.

States of Elevation : Kilian Jornet explorateur

« Ce que j’ai vécu dans les Pyrénées et les Alpes m’a motivé à continuer d’explorer cette dimension des longues traversées, qui comporte un fort aspect physique, cognitif et créatif. Je cherche clairement une continuité dans ce sens. Sous prétexte de relier les sommets de plus de 14000 pieds, mon objectif est aussi d’explorer l’Ouest américain — l’immensité des paysages, des cultures qui y ont vécu et y vivent encore, ainsi qu’une nature souvent sauvage et incroyablement variée, allant des zones alpines aux forêts denses en passant par les déserts.

States of elevation
Kilian Jornet lors de son projet Alpine Connections, en 2024. Photo Alpine Connections




States of Elevation : 58 sommets au programme

Si le communiqué de Kilian Jornet ne le précise pas, on peut supposer que son projet s’articule autour des « Fourteeners » du Colorado, donc en écartant le Mount Rainier situé dans l’État de Washington. Selon la façon dont on compte chaque sommet, le Colorado compte entre 53 et 58 sommets de plus 14000 pieds. La différence de comptabilisation tient de fait que certains ne comptent pas les sommets voisins quand les 2 “pics” ont moins de 300 pieds d’écart (91 mètres). Depuis les années 1960, de nombreux alpinistes se sont succédé pour tenter d’établir un record de vitesse sur ces sommets du Colorado, record établi généralement sur 55 sommets. Le premier officiellement recensé est Cleve McCarty qui en 1960 a reconnu 52 sommets en 52 jours.

En septembre 2020, l’Américain Teddy Keizer, connu sous le surnom de « Cave Dog », a établi le record en 10 jours, 20h et 26mn. Le parcours est connu dans le milieu sous le nom de « The Mighty Mountain Megamarathon ». Mais le tout dernier FKT recensé est celui de Andrew Hamilton, sur 58 sommets, en 9 jours 21h 51mn en version avec assistance.

En version sans assistance, le record est détenu par Daniel Hobbs depuis juillet 2022 en 14 jours, 17h et 33mn.
C’est sans doute ce record auquel va s’attaquer Kilian Jornet.

States of Elevation : inspirer les jeunes générations

En fin de compte, States of Elevation est un nouvel exemple de l’engagement de Kilian Jornet à utiliser ses projets sportifs comme leviers pour des changements porteurs de sens. En inspirant les gens à adopter les valeurs d’aventure, de responsabilité et de respect de l’environnement, Kilian espère encourager une plus grande appréciation des espaces sauvages qui nous nourrissent et nous inspirent chaque jour, pour laisser derrière lui un héritage d’actions impactantes et de prise de conscience pour les générations futures.

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Alors qu’il ne restait plus que 2 courses avant la Grande Finale Ledro Sky Trentino en octobre pour cette saison 2025 des Golden Trail World Series, le Kényan Timothy Kibett chez les hommes et la Britannique Naomi Lang chez les femmes ont remporté chacun leur première victoire sur le circuit. Ils se sont imposés sur un parcours aux descentes techniques et exigeantes rendu encore plus difficile par la pluie, et raccourci à 20 km et 1000m D+ du fait des conditions extrêmes qui règnaient au point culminant de la course. Mais les cadors du circuit n’étaient pas présents, se réservant pour la prestigieuse Sierre-Zinal, le 9 août.

Pitz Alpine Glacier Trail : les Kényanes à bloc !

L’armada kényane était là pour gagner, et elle l’a fait avoir d’entrée. Caroline Kimutai, Philaries Jeruto Kisang et Faith Kiplagat ont ainsi imposé un rythme soutenu dès la première boucle. Cependant, la dynamique de course a commencé à changer après ce premier segment. C’est à ce moment-là que la Britannique Naomi Lang et l’Espagnole Malen Osa ont uni leurs forces pour rattraper le trio de tête et s’échapper. Au kilomètre 5, le duo détenait 45 secondes d’avance sur un groupe de poursuite mené par la Norvégienne Andrine Benjaminsen.

Dans la seule montée de la journée, en raison du raccourcissement du parcours, la tête de course s’est à nouveau regroupée : Lang, Osa, Kimutai, Kiplagat, Benjaminsen, Kisang et l’Espagnole Maria Fuentes couraient toutes à moins d’une minute les unes des autres. Tout laissait présager que les descentes tyroliennes, techniques et exigeantes, entre le point culminant du parcours et le kilomètre 14 à Mandarfen constitueraient le tronçon décisif, avant une dernière boucle moins technique.

Pitz Alpine Glacier Trail : Naomi Lang devant les Kényanes !

Et c’est ce qu’il se passa : à la fin de la descente, Lang avait creusé une avance d’une minute sur Osa et de deux minutes sur Kiplagat et Benjaminsen. Dans la dernière boucle, Naomi Lang a conservé son avantage et a franchi la ligne d’arrivée en tête. Malen Osa a pris la deuxième place, assurant ainsi le doublé à Salomon. Faith Kiplagat n’a pas pu maintenir le rythme et a finalement été dépassée sur la ligne d’arrivée par Andrine Benjaminsen et Maria Fuentes. Aucune Kényane sur le podium, une première cette saison sur la GTWS !

Naomi Lang a ainsi remporté sa première victoire en Golden Trail World Series. « La course a démarré très vite et j’ai décidé de ne pas suivre les meneuses. Lorsque le parcours est devenu plus technique lors de la première boucle, j’ai rejoint Malen Osa et nous avons travaillé ensemble. Avoir une coéquipière était fantastique. Dans la montée, j’ai tout donné car c’était la seule vraie montée de la course, donc le plan était de tenir jusqu’au sommet. Kiplagat et Kimutai m’ont rattrapée, et dans la descente, j’ai tout donné pour creuser l’écart. Je suis vraiment contente d’avoir remporté la victoire dans la série et de revenir ainsi après ma course de Noli, qui ne s’était pas si bien passée pour moi. »

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Victoire de Naomi Lang. Photo rising.story_@justingalant

Pitz Alpine Glacier Trail : le top 10 féminin

  1. Naomi Lang (United Kingdom – Salomon) – 1:49:51
  2. Malen Osa (Spain – Salomon) – 1:50:20
  3. Andrine Benjaminsen (Norway – Lillomarka o-lag) – 1:52:28
  4. María Fuentes (Spain – Kailas) – 1:53:30
  5. Faith Kiplagat (Kenya – Salomon Milimani Runners) – 1:53:49
  6. Philaries Jeruto Kisang (Kenya – Run2gether On Trail) – 1:56:28
  7. Caroline Kimutai (Kenya – Salomon Milimani Runners) – 1:56:56
  8. Weronika Matuszczak (Poland – Salomon) – 1:58:03
  9. Sara Willhoit (United Kingdom – Scarpa/Rab) – 1:58:15
  10. Sarah Carter (USA – Topo Athletic) – 1:58:15
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TOP 5 Femmes. Photo rising.story_@justingalant

Pitz Alpine Glacier Trail : Timothy Kibett enfin récompensé

La course masculine a également démarré sur un rythme effréné, sept coureurs franchissant la barre des cinq kilomètres en moins de 20 minutes. C’est dans la montée que des écarts ont commencé à se creuser, même si pas moins de dix athlètes étaient encore à moins d’une minute les uns des autres au point culminant du parcours. En tête du peloton se trouvaient les Kényans Timothy Kibett, Michael Selelo Saoli et Samwel Kiprotich et les Américains Taylor Stack et Dan Curts. Comme chez les femmes, la descente s’est avérée décisive.

En bas de celle-ci, Kibett comptait une minute d’avance sur Stack et Kiprotich. Derrière eux, Saoli et Kiplimo comptaient près de deux minutes de retard. La dernière boucle a finalement scellé le podium. Timothy Kibett a conservé une solide avance pour s’assurer la victoire, tandis que Samwel Kiprotich a dépassé Taylor Stack dans la lutte pour la deuxième place. Aucun changement n’a eu lieu derrière eux, Michael Selelo Saoli et Nashon Kiplimo complétant le top 5 tandis que Dan Curts avait explosé.

« Je tiens à remercier toute mon équipe, car elle m’a aidé à remporter cette victoire aujourd’hui. Je n’y serais pas parvenu sans eux. La préparation avant cette course a été excellente », a déclaré Kibett à l’arrivée.

A noter la très belle 6ème place du Français Pierre Galbourdin, premier Européen de la course.

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Victoire de Timothy Kibett. Photo rising.story_@justingalant

Pitz Alpine Glacier Trail : le top 10 masculin

  1. Timothy Kibett (Kenya – Salomon Milimani Runners) – 1:32:43
  2. Samwel Kiprotich (Kenya – Salomon Milimani Runners) – 1:32:47
  3. Taylor Stack (USA – Brooks Trail Runners) – 1:33:40
  4. Michael Selelo Saoli (Kenya – Run2gether On Trail) – 1:33:42
  5. Nashon Kiplimo (Kenya – Salomon Milimani Runners) – 1:34:56
  6. Pierre Galbourdin (France – Brooks Trail Runners) – 1:35:12
  7. Dominik Rolli (Switzerland – Salomon) – 1:35:27
  8. Thomas Roach (United Kingdom – Scarpa) – 1:36:04
  9. Ephantus Mwangi Njeri (Kenya – Run2gether On Trail) – 1:36:14
  10. Jonas Soldini (Switzerland – Salomon) – 1:37:05
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TOP 5 Hommes. Photo rising.story_@justingalant

Découvrez le classement général masculin et féminin à l’issue de la 7ème épreuve de la GTWS ICI

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3ème épisode de la série Road to UTMB, où Théo Detienne partage sa saison 2025 qui doit l’amener à participer à son premier UTMB le 29 août 2025. Dans cet épisode, Théo vous en apprendra sur les courgettes, vous fera revivre sa MaxiRace, où il a terminé 3ème, mais surtout vous entraînera sur le 90km du Mont-Blanc, où il a « suivi LE plan » qui l’a amené à la victoire. « Si je m’entraîne 365 jours par an, c’est pour vivre ce petit moment, tout simplement », a-t-il dit à l’arrivée, encore plein de l’émotion ressentie.

(Ah, au fait, LE plan en question, c’était de rester bien sagement dans le peloton jusqu’au pied de la dernière bosse, et d’attaquer. Et c’est ce qu’il a fait. Et ça a marché !)

Sortie : 2025
Durée : 20 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

Retrouvez les 2 premiers épisodes de Road to UTMB

Road to UTMB – Episode 1 (ski, cross country…)

Le premier épisode de la série, où vous découvrirez la préparation hivernale en ski de Théo Detienne, ainsi que quelques cross country pour décrasser le moteur !

Sortie : 2025
Durée : 18 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

Road to UTMB – Marathon de Londres

Au sortir de l’hiver, retrouvez Théo Detienne lors du Marathon de Londres, première grosse épreuve de sa saison tournée vers l’UTMB Mont-Blanc.

Sortie : 2025
Durée : 18 minutes
Langue : Français

Voir le film ICI

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C’est la course de cœur de Sébastien Spehler, qu’il a déjà remporté 4 fois de suite entre 2013 (ex-aequo avec Stéphane Ricard) et 2016. Revenu en 2024 pour un 5ème titre, il avait échoué à la seconde place de la 6000D derrière Antoine Thiriat et avait terminé en chaussettes, victime d’ampoules aux pieds. De retour cette année, il n’a pas laissé passer l’occasion. Chez les femmes, Kaline Ozaki a créé la surprise en domptant les éléments. Mais que la course fut compliquée !

6000D : le froid et la neige s’invitent sur le parcours

Lorsque la veille du départ on a demandé à Sébastien Spehler, grand favori de cette édition 2025, ce qui pourrait l’empêcher de gagner, il a immédiatement pointé un adversaire : la météo. Alors que le soleil était radieux vendredi 1er août à La Plagne, un gros passage orageux était prévu pour le lendemain matin, avec un prévisionnel de ressenti de température de l’ordre de 4°C au sommet du parcours, au Glacier Live 3000. « Il faudra partir prudemment et en garder sous la pédale, car là-haut, avec le froid, ça va énormément fatiguer les organismes, et il restera encore 35 kilomètres de course ! », avait mis en garde l’Alsacien.

Et la mise en garde était justifiée. Non seulement le parcours fut détrempé, avec de la boue et du terrain glissant dès le début, mais le passage du Glacier fut épique pour les premiers concurrents, avec des températures finalement inférieures à 0°, avant que la direction de course ne décide de modifier le parcours pour interdire la montée, jugée trop dangereuse.

6000D : vent de panique sur les classements

Combien furent-ils à monter ? Un fou artistique règne encore, sans doute dû à des problèmes de la cellule de chronométrage du point culminant du parcours, incapable de sortir un décompte précis. Des observateurs sur place parlent d’une cinquantaine de coureurs, la direction de course de plus d’une centaine…

Quant au résultat chronométrique, ce fut là aussi le capharnaüm, les concurrents ayant été réorientés sans faire l’ascension étant tous crédités de leur temps + un temps additionnel de 100 minutes correspondant au temps mis par le dernier concurrent à être monté et redescendu du glacier. Un choix sur le papier correct, mais qui fausse considérablement les résultats de course réels, car ne prenant pas compte de la fatigue musculaire de ceux qui sont effectivement allés en haut, et qui ont forcément vu leur performance de course diminuer dans la deuxième partie de l’épreuve.

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Sébastien Spehler. Photo Stéphane Demard

6000D : Sébastien Spehler impérial

Bien couvert (plus d’ailleurs que ce que le matériel obligatoire exigeait), Sébastien Spehler a fait un cavalier seul et n’a jamais été inquiété. A Roche de Mio, au km 27, il comptait déjà 8 minutes d’avance sur ses poursuivants. Une avance qu’il a conservée jusqu’au passage au sommet du Glacier Live 3000, avant de commencer à creuser l’écart dans la descente, une de ses spécialités. En 6h10, il s’est imposé à Aime-La-Plagne, signant sa 5ème victoire, 9 ans après son dernier succès. Il a devancé Goulwen Kerneguez de 17 minutes et Christophe Pimenta de 31 minutes.

Et surtout, il a terminé en chaussures ! Interrogé juste après avoir franchi la ligne, il raconte : « En fait, c’était le même modèle de chaussures. L’année dernière, c’était incompréhensible. Je n’ai eu qu’une seule ampoule en 13 ans de trail, c’était l’année dernière. » Quant aux conditions météo, il confirmait la justesse de l’organisation d’avoir choisi de stopper les montées : « Musculairement, c’était beaucoup plus dur que l’année dernière, il y avait de la boue, ça glissait tout le long, c’était l’édition la plus dure que j’ai faite. Et le Glacier, si quelqu’un se couvrait trop tard, il n’y avait plus qu’à prier pour lui parce que c’était vraiment galère. Moi, j’avais plus que le matériel obligatoire et même si ça passait, il ne fallait pas s’arrêter et squatter en haut ! »

Sébastien Spehler au Glacier Live 3000 Photo Stéphane Demard
Le passage de Sébastien Spehler au Glacier Live 3000. Photo Stéphane Demard
Chaussures 6000D Photo Stéphane Demard
Cette année oui ! Sébastien Spehler a terminé avec ses chaussures ! Photo Stéphane Demard

6000D : Kaline Ozaki bonne pour le service

Après une mononucléose, la 6000D arrivait comme un test pour Kaline Ozaki, nouvelle recrue du team Asics prévue fin août sur la CCC. En fonction de son état de forme à la fin de la course, elle s’alignerait ou non au départ de la petite sœur de l’UTMB. Si c’est le débrief de sa course avec son entraîneur Laurent Ardito qui permettra de prendre une décision, le test a été plutôt probant, puisque la jeune femme s’est imposée en 7h49, et étant bien passée au sommet du Glacier. Tout comme ses 2 dauphines, Manon Roche-Gabarret et Manon Gras, arrivées 15 minutes après et séparées de seulement 2 secondes sur la ligne.

Mais ce classement féminin mit du temps à s’afficher, et fut tout d’abord faussé par l’arrivée de concurrentes n’ayant pas fait la montée la Glacier. Il fallut ainsi attendre de lingues minutes avant de connaître le classement final, avec certaines concurrentes qui furent obligées de montrer des photos d’elles lors de leur passage au sommet pour attester d’être bien allées là-haut. Entre alerte canicule et alerte orage, cet été, décidément, réserve bien des surprises aux organisateurs…

Voir le classement complet de toutes les courses de la 6000D ICI

Kaline Ozaki Photo Stéphane Demard
Le podium féminin avec au centre Kaline Ozaki. Photo Organisation
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Ils étaient 1700 dimanche 27 juillet à l’aube à s’élancer à la lueur de la frontale à 5h30 du matin pour partir à l’assaut des majestueuses crêtes du mont Charvet et de ses dolines creusées dans le gypse, avec pour tous la même question : quelle distance vais-je parcourir. Retour sur une des courses les plus ingénieuses du circuit, le Millet XTrail Courchevel et son fameux concept « Find Your Limit ».

« Find your limit » : choisir sa distance… pendant la course

Avec 6 distances au choix (11, 22, 33, 44, 55 et 66 km) mais un seul tarif et un seul départ, le Millet XTrail Courchevel est une des seuls courses de France où l’on peut partir pour une petite boucle et finir aux portes d’un ultra, après 66 kilomètres de course en montagne. En effet, chaque coureur est libre de décider de sa distance en fonction de son état de forme et des barrières horaires.

Que ce soit pour se challenger en allongeant la distance ou pour choisir une solution de repli en cas de méforme, chacun peut trouver un parcours à sa mesure. Un format hybride et inclusif, où la liberté, l’écoute de soi-même et l’adaptation priment autant que la performance, qui a une fois de plus séduit bon nombre de concurrents, puisque 26 nations et 98 départements français étaient représentés parmi les 1700 participants qui ont pris un départ.

Millet XTrail Courchevel : un cadre exceptionnel

S’il est possible de se contenter de la boucle de 11 km, un format trail découverte idéal pour les néo-traileurs, il serait dommage de ne pas se faire violence et s’engager plus loin, sur le 22 et plus, afin d’affronter la longue ascension vers les crêtes du mont Charvet. Car c’est généralement en arrivant au sommet que le soleil embrasse le ciel et dévoile les crêtes, sommets et alpages du Parc National de la Vanoise, véritable bol d’oxygène à portée de main.

S’il est encore temps, après avoir slalomé entre les cratères qui criblent les crêtes, formés par la dissolution de la roche friable, de plonger vers la vallée pour rejoindre l’arrivée pour une boucle de 22 kilomètres, tous ceux qui allongeront la distance (33, 44 ou 55 km) quitteront progressivement les forêts pour grimper vers les alpages, afronter les pierriers, franchir des cols et se perdre dans l’immensité des espaces sauvages avant de rallier l’arrivée. Et là, les rares guerriers ayant déjà effectué 55 kilomètres auront encore la possibilité d’en rajouter 11 de plus en refaisant la petite boucle du départ, pour un 66 km / 4100m D+ bien costaud avec au bout le titre de XTrailer de l’année, à conquérir chez les hommes comme chez les femmes.

Millet XTrail Courchevel : des performances de haut vol sur le 66 km

Chez les hommes, Thibaut Witvoet, qui avait terminé 3ème du 55 km en 2024, a décroché le titre de XTrailer 2025 en s’imposant en7h 39min 53s. « C’était compliqué. Au kilomètre 17, mon bâton s’est cassé et, à la fin du 55km, Clément Mugnier m’a rattrapé. J’ai pu reprendre un bâton pour la dernière boucle de 11 kilomètres et ça allait mieux. Le parcours est exceptionnel avec le passage du col de la Grande Pierre et celui du Râteau » a-t-il déclaré à l’arrivée. Il a devancé Gonzague Cavrot, crédité de 7h 53min 37s et Nicolas Raybaud, un fidèle des évènements sportifs de la station, crédité de 7h 58min 01s.

Millet XTrail Courchevel
Thibaut Witvoet. Photo Millet XTrail Courchevel
Podium Hommes 66K
Le podium Hommes 66K. Photo Organisation

Chez les femmes, l’exploit du jour a été signé par la Réunionnaise Marion Zaradzki, victorieuse en 9h 36min, qui a enfin décroché le titre de XTraileuse 2025. « J’ai eu un coup de cœur l’année dernière pour cette course. J’avais terminé seconde du 66 km derrière Blandine L’Hirondel et je tenais à la refaire car elle est très exigeante. Elle est parfaite pour préparer le Grand Raid de la Réunion » a-t-elle confié une fois la ligne coupée. Gaëlle Loridat en 10h 04min 37s est montée sur la 2ème marche du podium devant l’ex-candidate Belge de Koh Lanta Helena Roosen, 3ème en 10h 30min 49s.

Millet XTrail Marion Zaradzki
Marion Zaradzki. Photo Millet XTrail Courchevel
Podium Femmes 66K
Le podium Femmes 66K. Photo Organisation

Millet XTrail Courchevel : Marie Dohin et Clément Mugnier au top sur le 55 km 

On l’avait quittée sur un abandon sur coup de chaud alors qu’elle était en tête de l’UTCAM 125, Marie Dohin a remis les pendules à l’heure en s’imposant dans l’excellent temps de 7h 52min 17s, devançant les 2 futures lauréates du 66 km, Marion Zaradzki, seconde en 7h 59min 19s et Gaelle Loridat, 3ème en 8h 13min 02s.

Chez les hommes, c’est au finish que Clément Mugnier a arraché la victoire en 6h 11min 27s. A peine 1 minute et 17 secondes plus tard, Thibaut Witvoet a surgi pour prendre la seconde place avant de continuer pour aller chercher la victoire sur le 66 km. Le Belge Guillaume Deneffe a complété le podium en 6h 34min 03s.

Millet XTrail Marie Dohin
Marie Dohin en tête. Photo Millet XTrail Courchevel

Millet XTrail Courchevel : les skieurs alpinistes raflent la mise sur le 44 km

« Le parcours est vraiment cool, super bien balisé. Le fait de pouvoir bifurquer à tout moment, ça change l’allure de course et c’est ça qui est sympa car tu ne sais pas qui est devant. Tu fais ta course à ton allure. Je reviendrai l’année prochaine faire le 55 km, mais cette année, le 44 km était parfait pour préparer l’OCC », a déclaré Gédéon Pochat, qui s’est imposé sur cette distance en 4h 28min 49s. Il a devancé Antoine Gérard (4h 56min 32s) et Louis Travaillot (5h 02min 15s).

« C’est trop bien. Je viens souvent à Courchevel pour faire le Millet Ski Touring Courchevel en ski alpinisme et j’ai été super surprise du parcours, l’orga trop cool, full montagne avec du cailloux, des crêtes, un peu de neige… Tout était réuni, juste trop beau ». Telle a été la réaction de Marie Charlotte Iratzoquy, lauréate du 44 km avec un temps de 5h 43min 22s. Julie Baverel est arrivée seconde en 6h 03min 24s, Laura Huet a complété le podium en 6h 19min 58s.

Millet XTrail Courchevel : Fleury Roux et Elise Guillot s’imposent sur le 33 km

Second du 33 km en 2024, Fleury Roux a pris sa revanche et s’est imposé en 3h 26min 23s. « Je n’avais pas de super sensations sur la première montée. Arrivé sur les crêtes, J’étais troisième. Dans la descente, je me suis senti vraiment bien. J’ai accéléré au fur et à mesure et je crois que j’ai doublé les 2 autres au kilomètre 20. Je suis content car je fais un meilleur chrono que l’année dernière. » Les places d’honneur ont été prises par Arthur Polot-Doco, second en 3h29min00s et Corentin Fischer, troisième en 3h31min29s.

« Le 33 km, c’était mon objectif initial. En haut des crêtes avec ce format, j’ai été tenté de continuer car j’étais bien. Mais avec le GRP (Grand Raid des Pyrénées, NDLR) dans 3 semaines je me suis limité au 33 », a avoué Élise Guillot, lauréate de la distance en 4h 27min 32s. Elle a devancé Camille Ancey (4h 35min 39s) et Eugénie Hezard (5h 04min 43s).

Millet XTrail Fleury Roux
Fleury Roux. Photo Millet XTrail Courchevel

Millet XTrail Courchevel : le 22 km pour Sylvain Chevalier et Alice Verkinit

Le spécialiste de la piste Sylvain Chevalier a remporté le 22 km en 2h 12min 39s. : « Je viens de finir ma saison sur 5000 mètres et je voulais venir me tester sur ce trail. Je suis ravi. Je ne m’attendais pas aux escaliers dans la descente du col de la Chal », a-t-il déclaré, faisant allusion aux 1000 marches de bois installées dans la descente pour stabiliser la pente et ralentir l’érosion. Vincent Loustau termine second en 2h 18min 35s devant Tristan Vachat, crédité de 2h 21min 55s.

« Depuis le marathon de Paris, je ne me suis pas vraiment entraînée. Le 22 km était parfait pour moi. Au sommet de la Dent du Villard, c’était magnifique. Tout le monde sortait les téléphones pour faire les photos », a relaté pour sa part Alice Verkinit, qui s’est imposée en 3h 16min 29s. Elle a précédé Valentine Gladys (3h 21min 51s) et Bénédicte Ruyer (3h 24min 28s).

Millet XTrail Courchevel : Manon Savoye et Josué Lobry remportent leur premier trail

Un coup de maître pour Manon Savoye : « J’ai commencé le trail il y a 2 semaines ! » Pour sa toute première course, elle s’est donc imposée sur le 11 km en 1h 19min 27s. Les autres places du podium ont été disputées avec Laurène Lorthioir en 1h21min55s qui coiffe au finish la Néerlandaise Claudette Ritsema, 3ème en 1h22min14s.

Côté masculin, Josué Lobry a eu l’insigne honneur d’avoir été le premier à franchir la ligne d’arrivée de cette édition 2025 après 55min 51s de course. Il s’est imposé devant le skieur alpinisme Edgar Cognaud (1h 02min 28s) et Lucas Cachot (1h 04min 42s).

Résultats complets ICI

Millet XTrail Pierrier
Photo Millet XTrail Courchevel
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