On l’attendait sur l’UTMB, il a remporté l’OCC. Jim Walmsley, de retour de blessure et n’ayant pu participer à la Western States en juillet, s’était aligné sur la plus « petite » des 3 finales des UTMB World Series pour préparer les Championnats du Monde de Trail de Canfranc, fin septembre. Le message est clair : il faudra compter sur lui. Chez les femmes, Joyline Chepngeno a prouvé que même au-delà de 50 kilomètres, elle restait redoutable. Mais il n’aurait pas fallu en faire 10 de plus !
Jim Walmsley vainqueur de l’OCC au finish
La première des 3 finales du circuit UTMB World Series, l’OCC s’est tenue sur un parcours de repli de 61 km et 3400m D+ en raison des conditions météorologiques. Si la terrible montée vers La Flégère a été escamotée, le tracé, légèrement rallongé et un peu plus roulant, n’a en rien impacté l’intensité et l’esprit de la course.
Si Jim Walmsley faisait figure de grand favori, la météo capricieuse ne lui garantissait pas la victoire. Et elle a bien failli lui échapper, lorsqu’il s’est fait rattraper par l’inattendu Italien Cristian Minoggio, coureur discret mais très compétitif (UTMB Index 920 tout de même!) du team Kailas Fuga.
L’Américain du team Hoka a dû s’employer et allonger sa déjà très grande foulée pour revenir sur l’Italien dans les derniers kilomètres et s’adjuger la victoire en 5h 00mn 35s. Sa joie à l’arrivée, rarement exprimée aussi visiblement, en disait long sur son soulagement. Il n’a devancé que de 20 petites secondes Cristian Minoggio, qui a pris la 2e place. Le Polonais Andrzej Witek est arrivé 3ème, 3mn33 plus tard.
« Le nouveau parcours et l’incroyable niveau des coureurs cette année ont maintenu la course très serrée jusqu’aux derniers kilomètres. Je suis content d’avoir pu revenir sur mes concurrents et combler l’écart. C’est une grande joie de refaire une victoire ici, à Chamonix », a déclaré Jim Walmsley.
Côté français, la meilleure performance est à mettre à l’actif de Clovis Chaverot, qui a terminé 19ème en 5h26.
Podium masculin. Photo UTMB GROUP
OCC Femmes : Joyline Chepngeno au bout du rouleau
Chez les femmes, la bataille a aussi fait rage entre le duo de tête, composé de la Chinoise Miao Yao, tenante du titre, et la Kényane Joyline Chepngeno, qui brille sur le circuit Golden Trail World Series. La Kényane s’est finalement imposée en franchissant la ligne d’arrivée à Chamonix après 5h 34mn 03s de course, visiblement très éprouvée, elle qui n’est pas habituée à courir d’aussi longues distances. Elle s’est même un moment arrêtée dans Chamonix, à moins d’1 kilomètre de l’arrivée, se tenant la tête, comme perdue, avant de repartir. Elle prend une belle 27ème place au général.
Joyline Chepngeno. Photo UTMB GROUP
La Kényane a finalement devancé de 1mn10 la Chinoise Miao Yao. La Suissesse Judith Wyder termine 3ème à 4mn19 de la gagnante, juste devant sa compatriote Maude Mathys, toujours aussi performante, et l’Espagnole Sara Alonso, grandes habituées de la Golden. Côté français, Marie Goncalves termine 20ème en 6h20.
Podium féminin. Photo UTMB GROUP
OCC : la Team Adaptive à l’honneur
La Team Adaptive a été bien représentée sur cette première finale des UTMB World Series, avec la participation de 4 des 14 athlètes en situation de handicaps visibles et invisibles engagés sur les compétitions de la semaine. Claire Verzaux, née avec une agénésie de l’avant-bras droit, Franck Derrien, autiste Asperger, Guillaume Pick, atteint de surdité et Pol Makuri Redolad Garcia, atteint d’hémiparésie (déficit partiel de la force musculaire, soit du côté gauche, soit du côté droit du corps). Tous les 4 sont allés au bout de l’effort et ont pu franchir l’arche d’arrivée à Chamonix sous les acclamations du public.
Les nostalgiques rêvaient d’un 5ème titre pour François D’Haene et d’un 4ème pour Courtney Dauwalter. Il n’en a rien été. L’UTMB 2025 a réservé de belles surprises, du suspense, et a consacré des athlètes qui avaient tout misé sur cette compétition.
UTMB : Tom Evans, ou la consécration d’un champion
3ème de l’UTMB en 2022, auteur de deux abandons consécutifs en 2023 et 2024, Tom Evans a cette fois-ci transformé l’essai. En embuscade sur la première partie du parcours, le Capitaine de l’armée britannique a choisi son moment. Dans la montée du Grand Col Ferret, alors qu’il était depuis le début dans le sillage d’un groupe composé notamment du favori Ben Dhiman et de Théo Detienne, Evans a placé une accélération décisive, laissant ses rivaux derrière lui.
Maître de son effort, il a ensuite géré avec sérénité son avance grandissante : 23 minutes aux Tseppes, 29 minutes à Vallorcine. Porté par sa régularité et sa puissance en descente, il a franchi la ligne d’arrivée à Chamonix en 19h 18mn 56s, décrochant l’une des plus belles victoires de sa carrière. Cerise sur le gâteau, il devient également le premier vainqueur britannique masculin de l’histoire de l’UTMB.
« C’était la course la plus incroyable possible, je crois que finalement nous avons été bénis par ce temps très britannique… La neige, la pluie, un petit peu de chaleur à la fin, nous avons eu un petit peu de tout. C’était une journée vraiment spectaculaire où les montagnes te testent avec tout ce qu’elles ont et où elles gagnent toujours », a déclaré Tom Evans à l’arrivée, après sa victoire.
Tom Evans. Photo UTMB GROUP
UTMB : Ben Dhiman, enfin finisher, sur le podium
Ben Dhiman figurait parmi les favoris et n’a pas démérité. Après 2 abandons en 2023 et 2024, l’Américain avait un rendez-vous très spécial avec cet UTMB qu’il rêvait de finir enfin. Auteur d’un début de saison remarquable, avec 2 victoires sur le Grand Raid Ventoux et le Lavaredo Ultra Trail, il pouvait même rêver d’un podium. Régulier tout au long du parcours, il a finalement vaincu la malédiction UTMB et a franchi la ligne en solide dauphin, 32 minutes près Tom Evans. Avec un temps final de 19h 51mn 37s, il devance le Britannique Josh Wade, auteur d’une folle remontée dans la deuxième moitié de course, qui complète le podium en 20h 05mn 06s.
Si les 3 premiers coureurs ont bouclé le tour du mont Blanc avec un chrono inférieur à celui de Vincent Bouillard, vainqueur 2024, il est impossible en revanche d’établir des comparaisons, les parcours n’étant pas les mêmes. Quoi qu’il en soit, les experts ont constaté que la vitesse des élites était de plus en plus impressionnante.
UTMB : Thibaut Garrivier et Ludo Pommeret, héros français
Côté tricolore, trois coureurs intègrent le Top 10. Premier d’entre eux, Thibaut Garrivier termine 5ème, son meilleur résultat sur l’UTMB, en 20h 20mn 25s. Légende de l’UTMB, connu pour ses remontadas, Ludovic Pommeret a encore une fois fait le spectacle en remontant de la 29ème position à Saint-Gervais à la 6ème à Chamonix. Bien qu’anecdotique puisque le parcours avait été modifié, son chrono de 20h 40mn 34s, le plus rapide qu’il ait enregistré sur le tour complet du mont Blanc en 5 participations, en dit long. Vainqueur de la Hardrock en juillet, âgé de 50 ans depuis juillet, Ludovic Pommeret défie le temps et déjoue les datas scientifiques.
Autre magnifique performance, celle de Yannick Noël qui se classe 7ème. À noter l’arrivée en force des coureurs chinois qui placent 3 athlètes dans le Top 10. Premier d’entre eux, le très attendu Ji Duo s’empare de la 4ème place. Son compatriote Jiasheng Shen se classe en 8ème position et Jiaju Zhao termine 10ème. Inédit et historique !
UTMB : l’abandon de François D’Haene
4 fois vainqueur de l’UTMB, François D’Haene faisait son grand retour sur les sentiers du tour du mont Blanc, après 4 années d’absence. Hélas, se plaignant d’une douleur à la hanche droite dans la nuit, il a préférer abandonner au Lac Combal.
Même issue pour le Britannique Jonathan Albon, qui a jeté l’éponge au ravitaillement de Champex-Lac, après 128km de course, ainsi que celui de Théo Detienne, qui disputait son 1er 100 Miles et n’a pas pu aller plus loin que de le 130ème kilomètre, alors qu’il était dans le Top 10.
Ruth Croft, première femme à remporter les 3 UTMB World Series Finals
Du côté des femmes, l’exploit est signé par Ruth Croft, qui s’est imposée en grande pompes en 22h 56mn 23s, devenant la première Néo-Zélandaise victorieuse sur l’UTMB. Elle marque également l’histoire de l’UTMB Mont-Blanc de son empreinte en devenant la première femme à remporter les 3 UTMB World Series Finals, à la suite de ses victoires sur la CCC en 2015 et l’OCC en 2018 et 2019. Seul Xavier Thévenard avait, pour l’instant, réalisé cette prouesse.
Camille Bruyas réalise quant à elle une performance XXL en prenant la 2ème place avec un temps de 23h 28mn 48s, après sa 2ème place de 2021. L’Allemande Katharina Hartmuth complète le podium en 24h 16mn 39s.
« En m’alignant sur la CCC en 2015, il y a 10 ans, je ne m’attendais pas à vivre une telle aventure. Rentrer dans l’histoire en gagnant les trois finales du circuit n’était pas un objectif au départ, c’est la cerise sur le gâteau. […] Cette année, je savais que si je voulais m’imposer, il fallait que je parte vite. Une fois que la nuit et le froid sont arrivés, ce n’était plus qu’une question de survie jusqu’au petit matin. Au lever du jour, j’ai pu relancer. Je suis très heureuse de cette victoire », a déclaré Ruth Croft après son sacre.
Ruth Croft. Photo UTMB GROUP
UTMB : le cauchemar de Courtney Dauwalter
La course féminine a offert son lot de péripéties jusqu’aux derniers kilomètres. La triple tenante du titre Courtney Dauwalter, qui venait chercher son 4ème titre sur l’UTMB, était donnée favorite, mais avait montré en début d’année certaines limites en abandonnant lors de la Cocodona 250, une première depuis 2019. Fidèle à son style décontracté et à son sourire, l’Américaine est passée en tête au Grand Col Ferret, puis à La Fouly, maintenant un écart d’une dizaine de minutes sur Ruth Croft et Camille Bruyas.
C’est en amont de Champex-Lac (km 128) que Ruth Croft a pris le dessus sur ses deux concurrentes. La Néo-Zélandaise n’a plus jamais regardé en arrière. En très grande difficulté sur la fin de course, Courtney Dauwalter a ensuite dû puiser dans ses ressources physiques mentales pour venir à bout du parcours et rallier Chamonix à la 10e place, sous les ovations d’un public tout acquis à sa cause.
Surnommée la « petite sœur » de l’UTMB, la CCC a tenu toutes ses promesses. Avec un plateau élite particulièrement relevé cette année, le spectacle a été au rendez-vous. Si chez les hommes l’Italien Francesco Puppi a survolé les débats, la course féminine a été ponctuée de quelques faits de courses marquants. Et elle a donné lieu à un finish d’anthologie.
CCC : une bataille au bout du suspense
Chez les femmes, la CCC 2025 a offert l’une des courses les plus disputées de l’histoire des finales de l’UTMB Mont-Blanc. En effet, le podium s’est dessiné dans les 10 derniers kilomètres. La Polonaise Martina Mlynarczyk, leader régulière tout au long de la course, a été sérieusement mise en difficulté par la Norvégienne Sylvia Nordskar.
Après une série de dépassements spectaculaires dans la descente de la Flégère, Martina Mlynarczyk s’est finalement imposée en 11h 41mn 55s. Elle réalise le deuxième meilleur temps de l’histoire de la CCC derrière celui de Blandine L’Hirondel (11h 40mn 55s en 2022). 18 petites secondes plus tard, la Norvégienne Sylvia Nordskar a terminé 2ème (11h 42mn 13s).
Derrière elles, l’Espagnole Anna Tarasova prend la 3ème place en 11h 44mn 18s, offrant un podium 100 % européen. Blandine L’Hirondel, longtemps deuxième, termine finalement à la 4ᵉ place.
Le podium Femmes. Photo UTMB GROUP
CCC : une course éprouvante pour les 2 dernières tenantes du titre
Ça n’a pas rigolé pour les deux dernières tenantes du titre, qui ont été contraintes à l’abandon. La Sud-Africaine Toni McCann, victorieuse de l’OCC en 2023 puis de la CCC en 2024, a vu sa course s’interrompre prématurément, alors qu’elle figurait sur le podium provisoire. Victime d’une lourde chute peu après La Fouly et touchée au genou et à la hanche droite, elle a tenté de continuer malgré la douleur, avant d’être stoppée au ravitaillement suivant, à Champex-Lac (km 54). Un abandon qui met fin à sa série d’invincibilité sur les courses de l’UTMB Mont-Blanc.
De son côté, la Norvégienne Yngvild Kaspersen, lauréate en 2023, a dû renoncer à son objectif au point de passage de La Fouly (km 40) après s’être tordu la cheville dès les premiers kilomètres, alors qu’elle menait la course féminine.
CCC : le triomphe de Francesco Puppi
Chez les hommes, Francesco Puppi a confirmé son statut de grand favori en devenant le premier Italien à remporter la CCC. Face à une concurrence particulièrement relevée, l’Italien a mené la course de bout en bout. Il s’impose en 10h 06mn 02s, deuxième meilleur temps de l’histoire de la course. Il devance de 7 minutes l’Américain David Sinclair et de 10 minutes l’autre Américain, Drew Holmen, qui boucle cette édition 2025 en 10h 16mn 15s.
Francesco Puppi. Photo UTMB GROUP
Le Français Arnaud Bonin, qui s’était un temps emparé de la 3ème place du podium provisoire, termine finalement à la 4ème place en 10h 26mn 03s. Une performance qui mérite d’être soulignée puisqu’il améliore son chrono de l’an passé (11h 12mn 39s).
Le Podium Hommes. Photo UTMB GROUP
La Team Adaptive brille sur la CCC
Du côté de la Team Adaptive, la performance de Jonathan Naboulet, tétraplégique, entre dans l’histoire. C’est la toute première participation en joëlette à la CCC. L’Ariégeois a parcouru les 101 km avec le soutien de 35 accompagnants qui se sont relayé sans relâche, incarnant un exemple unique de dépassement et d’hommage à la volonté humaine.
À leurs côtés, Julien Veysseyre et Travis Warwick-Oliver, tous deux amputés tibiaux, ont également gravé cette édition 2025 dans les mémoires par leur courage et leur détermination exceptionnels.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/08/Victoire-CCC-Femmes.-Photo-UTMB-GROUP.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-08-30 10:50:172025-08-30 10:50:21Résultat CCC : Francesco Puppi magistral, Martina Mlynarczyk au finish
Belledonne a vécu un grand moment de sport le week-end du 22 au 24 août 2025. Météo parfaite, conditions idéales, performances de haut vol et beaucoup d’émotions : cette 13e édition restera dans les annales. Héros de l’événement, Vincent Esmiol s’est imposé en 23h 38mn 19s sur L’Échappée Belle Intégrale et a battu le record mythique de François D’Haene datant de 2019 (23h55).
Record sur l’Intégrale de l’Échappée Belle
Le départ de l’Intégrale a été donné vendredi 22 août à 5h dans le Domaine de Vizille. Les 593 participants se sont élancés pour 152km de course et 11390m de dénivelé positif à travers toute la chaîne de Belledonne jusqu’à Aiguebelle. Vincent Esmiol a imposé son rythme dès le début de course, pointant au Pleynet avec presque une heure d’avance sur ses poursuivants.
Il s’est battu pour aller chercher ce record : « J’en rêvais mais je ne pensais pas que c’était possible, en tous les cas cette année. Je me suis battu avec moi-même tout le long, je savais que j’étais dans les temps alors j’ai accepté de souffrir. Pour les courbatures on oubliera vite ! » a-t-il confié à l’arrivée.
Sa détermination a été récompensée car il réalise un véritable exploit en battant le record de François D’Haene (23h55) et s’impose sur cette Intégrale en 23h 38mn 19s. 3 heures plus tard, Romain Olivier franchit la ligne, main dans la main avec sa fille en 26h 43mn 34s, suivi d’Anthony Pipitone (27h 08mn 22s).
Chez les féminines, victoire éclatante de Julia Harnie en 34h 20mn 35s. « Gagner une Échappée Belle, c’est extraordinaire, c’est la course la plus difficile que j’ai jamais faite. Je suis très, très contente », a-t-elle commenté, très émue. Elle devance Juliette Blanchet, première féminine en 2020, et Audrey Mazet, déjà sur le podium en 2023.
Julia Harnie, première féminine de L’Echappée Belle Intégrale 2025
Échappée Belle – Traversée Nord : un nouveau défi
Nouveauté cette année, la Traversée Nord a été rallongée pour atteindre 96 km et 7 200m D+, avec un départ à minuit depuis Allevard. C’est donc dans la fraîcheur de la nuit que les 491 concurrents sont partis à l’assaut du Grand Rocher, avec un passage au sommet du magnifique mais très difficile col de la Valloire avant d’attaquer le mythique Moretan sur le parcours de l’Intégrale.
Arthur Joyeux-Bouillon et Eliot Retulli ont mené la course de bout en bout et ont franchi la ligne d’arrivée ensemble en 13h 47mn 45s. Même scénario derrière, avec le duo breton-haut-savoyard Sidney Thomasset et Rémi Gillie, qui a choisi de terminer main dans la main, incarnant l’esprit de solidarité de l’épreuve.
Chez les féminines, Lorna Bonnel a su puiser dans ses ressources pour conserver la tête de course malgré un genou douloureux. C’est au mental qu’elle est allée chercher cette victoire, bouclant la Traversée Nord en 17h 02mn 22s. Elle a devancé Charlotte Lantenois (17h24’50) et Marie Dohin (17h53’34).
Arthur Joyeux-Bouillon et Eliot RetulliLorna Bonnel première féminine sur la Traversée Nord
Échappée Belle – Parcours des Crêtes : deux records à la clé
Sur le Parcours des Crêtes, 63km et 4770m D+, la bagarre a été intense avec un plateau exceptionnel et s’est conclue par deux nouveaux records de l’épreuve, chez les hommes comme chez les femmes. Au scratch, Nicolas Menard s’impose en 8h 08mn 43s, devant Nathan Reydet (8h 14mn 53s) et Élie Besson-Pithon (8h 27mn 18s).
Chez les féminines, Maryline Nakache l’emporte en 9h 40mn 07s devant Marie Sallet (10h 05mn 34s) et Sabine Ehrström (10h 05mn 51s).
Échappée Belle – Maratrail : la jeunesse à l’honneur
La 2ᵉ édition du Maratrail de L’Échappée Belle a rassemblé ses coureurs au cœur de La Rochette-Val Gelon pour un parcours de 42km et 2790mD+ rejoignant les derniers kilomètres de l’Intégrale. Chez les hommes, Johann Baujard monte sur la plus haute marche du podium avec un nouveau record en 4h 03mn 48s.
« L’Échappée Belle correspond à mes valeurs. Je rêve de longue distance… », a-t-il confié, déjà tourné vers 2026. Derrière lui, Yves Heloury et Mathieu Debroas complètent le podium.
Du côté des féminines, Claire Jacquin Porretaz s’impose en 5h 06mn 43s, suivie de très près par Marina Rebollo (5h 08mn 15s). Les deux féminines ont partagé de beaux instants de complicité en course. « Les crêtes étaient incroyables. Quand ça s’est dégagé avec Marina en arrivant en haut, c’était sublime », a commenté la gagnante. Chloë Varloteaux termine 3e en 5h 38mn 17s, radieuse et heureuse de sa performance.
Échappée Belle – Skyrace du Rocher Blanc : Felix Guglielmo et Manon Benoit triomphent
Vendredi 22, 209 concurrents se sont élancés sur la Skyrace du Rocher Blanc (21km, 2000m D+), un tracé technique au cœur d’un décor sauvage, avec pour point culminant le Rocher Blanc (2928 m). En tête dès le début, Felix Guglielmo a survolé la course et passé l’arche d’arrivée en 2h 36mn 02s, devant le local Sonam Dorne (2h 40mn 04s). Paul Burette, habitué de l’épreuve, a signé à nouveau un podium sur cette Skyrace. Il a fait une belle remontée, passant de la 8e place à la 3e place.
Chez les femmes, Manon Benoit l’emporte en 3h 04mn 22s, frôlant le record de Maëlle Beauvir. Léa Carlesso (3h 21mn 15s) et Marine Grange (3h 21mn 37s) complètent le podium dans un mouchoir de poche.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/08/Vincent-Esmiol-vainqueur-de-LEchappee-Belle-Integrale-2025.jpg8541280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-08-25 22:33:542025-08-25 22:33:57Échappée Belle : Vincent Esmiol bat le record de François D’Haene !
Du 25 au 31 août, la vallée du mont Blanc vivra au rythme de la 22ᵉ édition de l’UTMB Mont-Blanc, l’événement devenu le rendez-vous annuel du monde du trail, où se retrouvent les plus grands athlètes de la discipline. Cette année, le plateau élite sera plus dense que jamais, avec 561 coureuses et coureurs venus du monde entier, dont 45 % de femmes. Parmi les 8 courses au programme, 3 ont une signification particulière, puisque ce sont les finales des UTMB World Series, rassemblant les athlètes qualifiés tout au long de la saison sur les courses du circuit : l’OCC (50K), la CCC (100K) et l’UTMB(100M). Voici les favoris.
L’UTMB : le retour de 3 vainqueurs et une concurrence relevée
La course phare de 174 km et 10000m D+ s’annonce comme l’un des rendez-vous les plus suivis de la saison. Entre retour des figures iconiques, affrontements internationaux et talents encore méconnus du grand public prêts à se révéler, le plateau 2025 promet une course intense et pleine de suspense. Parmi les faits marquants, notons le grand retour de François D’Haene, celui de Courtney Dauwalter et la présence une nouvelle fois de l’inoxydable Ludovic Pommeret, tout juste auréolé de son 2ème titre sur la Hardrock.
Parmi les grands absents, Jim Walmsley, qui sera sur l’OCC, et Vincent Bouillard, qui préfère se préparer pour les championnats du monde de trail long de fin septembre. Sans oublier Kilian Jornet, qui a annoncé qu’il souhaitait revenir sur l’UTMB, sans doute en 2026, mais se consacrera début septembre à son projet personnel dans les montagnes Rocheuses.
Quadruple vainqueur (2012, 2014, 2017, 2021), François D’Haene revient quatre ans après sa dernière participation. Découvrant l’épreuve comme bénévole en 2005, il s’est forgé une histoire unique avec le massif du Mont-Blanc. À 38 ans, il repart pour une nouvelle aventure, animé par la même excitation que lors de ses débuts.
« En 2005, (il y a 20 ans) je découvrais stupéfait et intrigué l’UTMB en tant que bénévole. Quelques mois plus tard, trop jeune pour faire l’UTMB, je m’inscrivais à la CCC. Depuis, j’ai pu vivre chaque année l’évolution de cette course et du sport, et la fascination et l’émerveillement que l’ultra-trail procurent aux coureurs. J’ai aussi pu y vivre des moments et des victoires inoubliables : 2012, 2014, 2017, 2021. Cette année, j’y retourne avec la même excitation et le même engouement pour une aventure et une histoire que j’ai très hâte de vivre. »
Actuellement détenteur du record du nombre de victoires avec Kilian Jornet (4 chacun), François D’Haene, en cas de succès, deviendrait l’homme le plus titré de l’UTMB Mont-Blanc. Et inciterait certainement Kilian Jornet à revenir en 2026 pour égaliser…
François D’Haene. Photo UTMB GROUP
UTMB : Courtney Dauwalter, la Présidente en quête d’une 4ème victoire
Avec trois victoires (2019, 2021, 2023), l’Américaine est devenue l’icône mondiale de l’ultra-trail. Sourire aux lèvres, lunettes de soleil vissées sur le front, elle repousse sans cesse les limites et visera un 4ᵉ sacre à Chamonix et ne cache pas non plus son enthousiasme : « Je suis vraiment impatiente de revenir à l’UTMB cette année ! J’adore les défis qu’offre ce parcours et j’ai hâte de profiter des panoramas grandioses et de l’ambiance électrique ! »
UTMB : Ludovic Pommeret, l’infatigable
À 50 ans, le Savoyard reste une légende vivante du trail. Vainqueur de l’UTMB en 2016 après une remontada exceptionnelle, il a encore impressionné cet été en triomphant sur la mythique Hardrock 100 aux États-Unis. Endurant, stratège, il pourrait une nouvelle fois surprendre.
UTMB au féminin : des rivales prêtes à bousculer l’ordre établi
Si Courtney Dauwalter est donnée favorite, la bataille féminine promet d’être intense. La Néo-Zélandaise Ruth Croft, déjà titrée sur la CCC en 2015 et sur l’OCC en 2018 et 2019, rêve d’un premier succès sur l’UTMB et a axé toute sa prépération sur cette course. L’an dernier, elle a échoué à la 2ème place, derrière Katie Schide, mais a marqué les esprits avec une fin de course très rapide. Une victoire pourrait faire d’elle la première femme à remporter les trois finales.
L’Américaine Abby Hall s’affirme quant à elle comme l’une des femmes les plus régulières du circuit, affichant de grandes ambitions après une victoire remarquée sur la Western States Endurance Run 2025. Parmi les autres concurrentes, notons la Zimbabwéenne Emily Hawgood qui monte en puissance après un début de saison solide et la Française Camille Bruyas qui revient après sa 2ème place en 2021 et pourrait également créer la surprise. Derrière elles, l’Américaine Heather Jackson, ancienne triathlète, sera également une sérieuse concurrente, sans oublier l’Allemande Katharina Hartmuth, 2ème en 2023, qui incarne la nouvelle vague prête à détrôner Dauwalter.
Courtney Dauwalter, la femme à battre. Photo UTMB GROUP
UTMB au masculin : des internationaux de haut rang
Face aux légendes françaises, des internationaux, grands noms de la discipline seront également présents afin d’écrire leur histoire sur les sentiers du massif du Mont-Blanc. Le Britannique Jonathan Albon, champion complet et redoutable tacticien, figure parmi les grands favoris. À ses côtés, le Néo-Zélandais Daniel Jones, l’Américain Hayden Hawks, le Britannique Tom Evans et le Chinois Ji Duo ont les plus gros Index UTMB.
Mais l’outsider n°1 pourrait bien être l’Américain Ben Dhiman, vainqueur cette année et nouveau recordman du Lavaredo 120K, mais aussi vainqueur du Grand Raid Ventoux by UTMB 2025 – GRV – 100K. Indiscutablement un des hommes en forme du moment, qui après 2 abandons sur la boucle du Mont-Blanc, rêve de prendre sa revanche.
Et parmi les Français, n’oublions pas Théo Detienne, récent vainqueur du 90KM du Mont-Blanc, qui se lance pour la première fois sur 100 Miles et pourrait bien animer le début de course, voire plus…
La CCC, grand spectacle en prévision chez les hommes
Avec +10 % d’élites par rapport à 2024, la CCC (101 km, 6 050 m D+) promet d’être très compétitive. Chez les hommes, l’Italien Francesco Puppi, grand favori déjà remarqué sur des formats plus courts comme le 50K, sera à suivre de près sur cette distance. Il tentera de confirmer sa performance impressionnante réalisée récemment sur le 100K de The Canyons Endurance Runs by UTMB.
L’Américain Eli Hemming, ancien triathlète reconverti avec succès au trail et grand gagnant de l’OCC 2024, sera l’un de ses principaux rivaux, tout comme son compatriote Chris Myers, régulier dans les grands rendez-vous. Derrière, un autre Américain, David Sinclair, habitué des courses alpines, et l’Italien Andreas Reiterer complètent un peloton très dense. La Chine sera bien représentée avec Guangfu Meng, puissant grimpeur, et Canhua Luo, spécialiste des longues distances. Côté tricolore, Hugo Deck incarne l’espoir français, tandis que l’Espagnol Andreu Simon Aymerich, solide marathonien de montagne, et l’Américain Jeshurun Small, en constante progression, viseront le top 10.
Chez les femmes, une CCC historique
Rarement dans l’histoire du sport féminin un plateau aura été aussi relevé. Sur la ligne de départ de la CCC, on retrouvera les trois dernières reines de l’épreuve : la Sud-Africaine Toni McCann, explosive et redoutable sur les formats rapides, la Norvégienne Yngvild Kaspersen, spécialiste des terrains techniques, et la Française Blandine L’Hirondel, double championne du monde de trail et récente gagnante du 90KM du Mont-Blanc. Trois championnes, trois styles, trois stratégies… mais un seul objectif : régner à nouveau à Chamonix.
Autour d’elles, une concurrence féroce : la Chinoise Fuzhao Xiang,véritable référence asiatique, l’Espagnole Anna Tarasova, polyvalente et capable de créer la surprise, la Vietnamienne Hau Ha Thi, ultra-résiliente et 6ème féminine sur la Western States Endurance Run 2025, ou encore l’Américaine Dani Moreno, qui misera sur sa vitesse. Il faudra également avoir un œil sur la Norvégienne Sylvia Nordskar, la Népalaise Sunmaya Budha et la Polonaise Martyna Mlynarczyk.
Jim Walmsley en vedette sur l’OCC
Chez les hommes, surprise avec la présence de Jim Walmsley qui se teste sur un format court (57 km et 3 500m D+) où sa vitesse pourrait faire des ravages. L’Américain, vainqueur de l’UTMB 2023, toujours légèrement inquiet pour sa blessure au genou, vise les championnats du monde de trail fin septembre à Canfranc, en Espagne, et a donc préféré un format court que l’UTMB.
Le Suisse Roberto Delorenzi, spécialiste du skyrunning, sera l’un de ses plus sérieux rivaux, tout comme l’Italien Nadir Maguet, référence en la matière. Son compatriote Cristian Minoggio, puissant et constant, visera également le podium, aux côtés du Suédois Petter Engdahl, redoutable grimpeur.
L’Italie comptera aussi sur Luca Del Pero et le récent vainqueur du Marathon du Mont-Blanc Davide Magnini, tous deux habitués des formats explosifs. L’Espagnol Antonio Martinez Perez, rapide et technique, sera également à suivre, tandis que le Polonais Andrzej Witek et le Kényan Ezekiel Rutto pourraient bien venir créer la surprise.
Jim Walmsley lors de sa victoire sur l’UTMB en 2023. Il sera cette année sur l’OCC. Photo UTMB GROUP
OCC féminine : Judith Wyder favorite
Ancienne star de la course d’orientation reconvertie au trail, la Suissesse Judith Wyder part favorite. Elle devra contenir la Chinoise Miao Yao, redoutable sur formats rapides et qui remet son titre en jeu, ainsi que la Kényane Joyline Chepngeno, révélée lors de la saison 2024 en remportant l’iconique course Sierre-Zinal et également grande favorite.
L’Espagne sera représentée par Rosa Lara Feliu et Sara Alonso, toutes deux capables de briller sur ce terrain. L’Américaine Sophia Laukli, venue du ski de fond, apportera sa puissance, tandis que sa compatriote Hannah Allgood misera sur sa régularité. La Suissesse Theres Leboeuf et la Canadienne Jazmine Lowther viseront le top 10, tout comme l’Allemande Rosanna Buchauer, solide sur ce type de profil.
La TDS : plateau relevé et popularité grandissante
Considérée comme l’alternative « sauvage » de l’UTMB, la TDS (Trace des Ducs de Savoie, 148 km et 9300m D+) séduit de plus en plus. Depuis l’allongement de son parcours en 2019, elle s’est forgé une réputation redoutable pour sa technicité et ses passages mythiques comme le Passeur de Pralognan. Cette année, la course connaît un engouement inédit avec +37 % d’élites au départ, signe qu’elle s’impose désormais comme l’un des grands rendez-vous du sommet mondial de l’ultra-trail.
TDS : Manon Bohard pour un doublé chez les femmes
Chez les femmes, la compétition s’annonce relevée avec en tête d’affiche Manon Bohard Cailler. Récente 2ème de la Hardrock 100 en 2025 et victorieuse du 100K du Trail 100 Andorra by UTMB en juillet, elle se lance une nouvelle fois sur la TDS après l’avoir remporté en 2021.
Elle retrouvera sur la ligne de départ l’Américaine Careth Arnold, qui découvrira pour la première fois les sentiers de Chamonix, ainsi que l’Allemande Ida-Sophie Hedemann, brillante lauréate du 100M au Grand Raid Ventoux by UTMB 2025.
Manon Bohard, candidate pour un doublé sur la TDS. Photo UTMB GROUP
TDS : Beñat Marmissolle favori chez les hommes
Le plateau masculin de cette TDS n’est pas en reste, avec plusieurs figures du trail international. Parmi les Français, Beñat Marmissolle arrivera fort de ses 2 victoires cette année sur le 100M de Valhöll Fin del Mundo by UTMB et sur la X-Alpine du Trail Verbier St-Bernard by UTMB. À ses côtés, Antoine Charvolin, fidèle aux formats CCC, OCC et YCC, sera un concurrent à surveiller.
L’Espagnol Pau Capell, vainqueur de l’UTMB 2019 et de la TDS 2016, viendra rappeler son statut de référence sur ces terrains exigeants. Enfin, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, apportera son énergie et son audace à un plateau déjà particulièrement relevé.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/08/vcsPRAsset_3574646_756999_e7bc6d7a-5fb9-4439-9be1-2243a427c567_0.jpg8241200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-08-24 08:57:452025-08-24 08:57:49Courses de l’UTMB 2025 : qui sont les favoris ?
Une première édition est toujours un événement, à la fois pour les organisateurs qui se lancent dans la grande aventure de l’événement trail, et pour les participants, qui donnent au rendez-vous ses lettres de noblesse. Et pour un début, le Trail du Corbier a fait une entrée remarquée les 9 et 10 août dans le calendrier des épreuves d’été, avec 6 formats de course, une ambiance conviviale, des parcours exigeants et des panoramas grandioses. Près de 800 participants ont répondu à l’appel des sommets dans le décor sauvage et majestueux de la Maurienne, au cœur du domaine Les Sybelles. Une 1ère édition pleine de promesses…
Trail du Corbier : du KV au nocturne, une première journée « parfaite »
Samedi 9 août dès 10h, les participants du KV de la Pointe ont eu l’honneur de fouler les sentiers pour écrire les premières pages de l’histoire du Trail du Corbier. Un effort intense depuis Villarembert jusqu’à la Pointe du Corbier, où les amateurs de dénivelé ont pu se mesurer à la verticalité pure, dans un cadre grandiose. Chez les hommes, Jonas BUCHOT a devancé Aurélien JEGOU et Simon MAHUT, tandis que chez les femmes, Angélique PASQUALI s’est imposée devnat Léane ROSSAT et Constance LAMBIN.
La journée s’est poursuivie avec le Trail des Pitchounes, qui a permis à près de 100 enfants de 7 à 14 ans de s’initier au trail, dans une ambiance festive. Répartis par catégories d’âge, les jeunes coureurs ont enchaîné les efforts sur des parcours adaptés, sous les regards admiratifs des parents. La relève est assurée !
Enfin, à la nuit tombée, les frontales ont illuminé les sentiers à l’occasion du Trail Nocturne. Un moment hors du temps, sous les étoiles, pour les coureurs qui a conclu de fort belle manière cette première journée. Erwann DENIS s’est imposé devant Augustin RIBIOLLET et Jérémy FOUGERE, tandis que chez les femmes, Constance LAMBIN, 3ème du KV, est cette fois-ci montée sur la plus haute marche du podium, devant Lucie LAMBERT et Julie SIMON.
Photo TRAIL DU CORBIER
Trail du Corbier : cap sur les sommets pour les épreuves du dimanche
En raison des fortes chaleurs annoncées, l’équipe d’organisation avait décidé, dès la veille, d’avancer les horaires de départ des courses du dimanche 10 août, afin de garantir la sécurité de tous.. Ainsi, dès 7h30, la journée a commencé avec le Trail des Sybelles : un parcours exigeant de 32 km pour 2100m D+, à travers les crêtes et les panoramas spectaculaires du domaine. Mont Charvin, Pointe du Corbier, Pointe de l’Ouillon… plus de 200 coureurs ont enchaîné les sommets et profité des panoramas grandioses. Et les sourires sous l’arche d’arrivée en disaient long sur la fierté d’avoir relevé ce défi. Chez les hommes, le plus rapide a été Jonas BUCHOT, qui a devancé sur la ligne d’arrivée Romain SAUVEY et Sylvain LAMARQUE. Chez les femmes, la victoire est revenue à Estelle OLIVIER, devant Lorna BONNEL et Clara DETIENNE.
Plus court mais tout aussi spectaculaire, le Trail du Charvin n’a pas été en reste : avec ses 16 km pour 1100m D+, le tracé empruntait la première partie du grand parcours jusqu’au sommet emblématique du Charvin. L’épreuve, qui a séduit les 180 traileurs et traileuses en quête d’un effort intense sur une distance plus accessible, a sacré à l’arrivée Paul BURETTE devant Louis BOUCHET et Aurélien JEGOU, 2ème du KV la veille chez les hommes, Léane ROSSAT devant Tiara AMRHEIN et Gabrielle FERRATON chez les femmes.
Enfin, le Trail de l’Ouillon, avec son départ insolite depuis le sommet du télésiège « Sybelles Express », offrait une expérience différente : un tracé descendant et rapide, parfait pour les coureurs débutants ou ceux en quête de sensations. Chez les hommes, les plus rapides ont été Johan CHAMPION le bien nommé, devant Emilien MARION et Tom NORAZ. Chez les femmes, la victoire est revenue à Angélique PASQUALI, qui a devancé Charlotte FERT et Eponine DEPRE.
Photo TRAIL DU CORBIER
Trail du Corbier : “L’aventure ne fait que commencer !”
Entre défis sportifs, sourires partagés et paysages à couper le souffle, cette première édition du Trail du Corbier aura marqué les esprits. L’oganisation, ravie de ce succès, n’a pas manquer de remercier tous les participants, bénévoles, partenaires et spectateurs qui ont contribué à faire de ce week-end une vraie réussite. « L’aventure ne fait que commencer », ont conclu les organisateurs, donnant d’ores et déjà rendez-vous pour la prochaine édition, en août 2026.
Nombreux sont ceux qui prennent le départ, mais seuls quelques privilégiés ont l’honneur d’inscrire leur nom au palmarès de Sierre-Zinal. Et ils sont encore moins nombreux à avoir l’occasion de le faire deux fois, même si Kilian Jornet, maître incontesté de l’épreuve, l’a remportée 10 fois. Parmi les champions ayant inscrit 2 fois leur nom au palmarès de “la Course de Cinq 4000”, il faut désormais compter les Kényans Philemon Kiriago et Joyline Chepngeno, qui ont décroché leur deuxième victoire sur cette course légendaire de 31 km, 2.200 m D+ et 1100m D- entre Sierre et Zinal.
Sierre-Zinal 2025 : un héros local nommé Adrien Briffod
Sierre-Zinal ne laisse aucun répit. Après le coup de pistolet et à peine plus d’un kilomètre sur asphalte, les coureurs entraient dans la section la plus exigeante du parcours. Sur les 8 premiers kilomètres menant à Ponchette, ils grimpaient plus de 1300 mètres de dénivelé, soit plus de la moitié du total de la course. C’est ici que Philemon Kiriago a voulu imposer un rythme de vainqueur dès le départ, mais il a vite été rejoint par son compatriote Josphat Kiprotich et le Suisse Adrien Briffod. Briffod, héros local venu du triathlon, 41ème de l’édition précédente, a même réussi à prendre le large. Il a été le premier à franchir la partie la plus exigeante, suivi à plus d’1mn30 de Kiriago et Kibett. Le Suisse Dominik Rolli et Josphat Kiprotich suivaient à moins de deux minutes.
Une fois la portion la plus dure franchie, commençait les montagnes russes de Sierre-Zinal, le fameux « Fast & Furious » qui incarne l’essence même de cette course. Avec une pente plus douce mais encore du dénivelé à accumuler, Adrien Briffod restait en tête, Philemon Kiriago se rapprochant peu à peu.
Adrien Briffod. Photo rising.story_@justingalant
Sierre-Zinal 2025 : Philemon Kiriago en patron
La montée se poursuivait et, dans la partie finale, vers le point le plus haut du parcours, avant d’entamer la descente vers Zinal, Philemon Kiriago prenait les commandes. Adrien Briffod résistait mais finissait par céder face à la charge finale des Kenyans Patrick Kipngeno, Michael Selelo Saoli et Paul Machoka, lancés à vive allure derrière lui.
Dans la descente vers Zinal, seul Patrick Kipngeno parvenait à réduire légèrement l’écart avec son compatriote Kiriago, mais pas assez pour l’empêcher de signer un deuxième succès sur l’une des courses les plus prestigieuses du trail. Selelo Saoli complétait le podium, tandis que Briffod, héros local inattendu de la journée, et Machoka terminaient respectivement quatrième et cinquième.
À l’arrivée, cette deuxième victoire ne semblait pas suffire à Philemon Kiriago, qui affichait clairement ses ambitions : « Je suis très heureux de remporter à nouveau Sierre-Zinal. Mes coéquipiers rêvent de dominer Sierre-Zinal autant que possible. Mon objectif est de m’approcher des cinq victoires ici avant de viser d’autres courses comme Zegama-Aizkorri. Remporter cinq fois ici est mon rêve. »
Patrick Kipngeno, 2ème, et Elhousine Elazzaoui, le grand battu du jour, seulement 9ème. Photo @rising.story_@justingalant
Sierre-Zinal 2025 : le Top 10 Hommes
Philemon Kiriago (Kenya – Run2gether On Trail) 2:28:32 2. Patrick Kipngeno (Kenya – Run2gether On Trail) 2:29:09 3. Michael S. Saoli (Kenya – Run2gether On Trail) 2:29:15 4. Adrien Bridffod (Suisse – Atlet) 2:32:07 5. Paul Machoka (Kenya – Atletica Saluzzo) 2:33:02 6. Martin Nilsson (Suède – VJ) 2:33:53 7. Dominik Rolli (Suisse – Salomon) 2:34:10 8. Andreu Blanes ( Espagne- Hoka) 2:35:20 9. Elhousine Elazzaoui (Maroc – Nnormal) 2:36:00 10. Francesco Puppi (Italie – Hoka) 2:37:50
Le Top 5 hommes. Photo @rising.story_@mathisdecroux
Sierre-Zinal 2025 : Joyline Chepngeno royale
Dès le départ, les Kényanes Joyline Chepngeno et Caroline Kimutai ont pris la tête de la course féminine dans les premiers kilomètres de l’ascension vers Ponchette. À mi-pente, Kimutai a réussi à creuser un léger écart sur ses poursuivantes. L’Allemande Laura Hottenrott a également joué un rôle de premier plan, menant la course sur les pentes les plus raides. Une fois la section la plus difficile franchie, Kimutai a repris les commandes, suivie une minute plus tard par la tenante du titre Chepngeno. Laura Hottenrott accusait alors un retard de plus d’une minute et demie.
Au kilomètre 12, le top 5 était complété par la Roumaine Madalina Florea et la quadruple vainqueure de Sierre-Zinal, détentrice du record féminin, la Suissesse Maude Mathys, toutes deux à deux minutes et demie de la tête.
Aux abords de Chandolin (kilomètre 12), Joyline a rattrapé Kimutai et a pris la tête, une position qu’elle ne quittera plus jusqu’à l’arrivée. Presque trois minutes derrière, on retrouvait Hottenrott, Florea et Mathys. À Nava, le point le plus élevé du parcours, Chepngeno comptait plus d’une minute et demie d’avance sur Kimutai, conservait trois minutes sur Hottenrott, et devançait Mathys et Katie Schide de quatre et cinq minutes respectivement.
À Zinal, Chepngeno franchissait la ligne victorieuse pour la deuxième année consécutive. C’est ici même, en 2024, qu’elle s’était révélée en remportant l’une de ses premières grandes courses de trail, créant la surprise avec un chrono 46 secondes plus rapide que celui de cette année. Kimutai, Schide et Mathys ont conservé leurs deuxième, troisième et quatrième places respectives, tandis que la Suissesse Oria Liaci dépassait Hottenrott pour s’emparer de la cinquième place. « Je ne m’attendais pas à gagner cette course », confiait une Chepngeno émue à l’arrivée.
Joyline Chepngeno à l’arrivée. Photo @rising.story_@mathisdecroux
Le Top 5 Femmes. Photo @rising.story_@mathisdecroux
Direction la Grande Finale de la GTWS 2025
Sierre-Zinal marque la clôture de la saison régulière des Golden Trail World Series (GTWS) 2025, qui comptait 8 étapes. Les grands vainqueurs de cette saison seront connus lors de la grande finale du Ledro Sky Trentino, du 9 au 12 octobre 2025. Le format différent des courses disputées jusqu’à présent promet du suspense, puisque cette finale comprendra un prologue contre-la-montre et des courses séparées pour les hommes et les femmes. En ce qui concerne les points, le double de ceux attribués lors d’une course classique sera accordé, de sorte que tout reste encore à décider pour le classement général. Actuellement, Elhousine Elazzaoui et Madalina Florea mènent le classement général.
Top 10 hommes Classement général GTWS 2025
Elhousine Elazzaoui (Maroc – Nnormal) 600 points 2. Patrick Kipngeno (Kenya – Run2gether On Trail) 588 points 3. Philemon Kiriago (Kenya – Run2gether On Trail) 588 points 4. Michael S. Saoli (Kenya – Run2gether On Trail) 498 points 5. Daniel Pattis (Italie – Brooks) 470 points 6. Taylor Stack (États-Unis – Broos) 453 points 7. Roberto Delorenzi (Suisse – Brooks) 436 points 8. Cesare Maestri (Italie – Nike) 434 points 9. Dominik Rolli (Suisse – Salomon) 432 points 10. Pierre Galbourdine (France – Brooks) 423 points
Alors qu’il ne restait plus que 2 courses avant la Grande Finale Ledro Sky Trentino en octobre pour cette saison 2025 des Golden Trail World Series, le Kényan Timothy Kibett chez les hommes et la Britannique Naomi Lang chez les femmes ont remporté chacun leur première victoire sur le circuit. Ils se sont imposés sur un parcours aux descentes techniques et exigeantes rendu encore plus difficile par la pluie, et raccourci à 20 km et 1000m D+ du fait des conditions extrêmes qui règnaient au point culminant de la course. Mais les cadors du circuit n’étaient pas présents, se réservant pour la prestigieuse Sierre-Zinal, le 9 août.
Pitz Alpine Glacier Trail : les Kényanes à bloc !
L’armada kényane était là pour gagner, et elle l’a fait avoir d’entrée. Caroline Kimutai, Philaries Jeruto Kisang et Faith Kiplagat ont ainsi imposé un rythme soutenu dès la première boucle. Cependant, la dynamique de course a commencé à changer après ce premier segment. C’est à ce moment-là que la Britannique Naomi Lang et l’Espagnole Malen Osa ont uni leurs forces pour rattraper le trio de tête et s’échapper. Au kilomètre 5, le duo détenait 45 secondes d’avance sur un groupe de poursuite mené par la Norvégienne Andrine Benjaminsen.
Dans la seule montée de la journée, en raison du raccourcissement du parcours, la tête de course s’est à nouveau regroupée : Lang, Osa, Kimutai, Kiplagat, Benjaminsen, Kisang et l’Espagnole Maria Fuentes couraient toutes à moins d’une minute les unes des autres. Tout laissait présager que les descentes tyroliennes, techniques et exigeantes, entre le point culminant du parcours et le kilomètre 14 à Mandarfen constitueraient le tronçon décisif, avant une dernière boucle moins technique.
Pitz Alpine Glacier Trail : Naomi Lang devant les Kényanes !
Et c’est ce qu’il se passa : à la fin de la descente, Lang avait creusé une avance d’une minute sur Osa et de deux minutes sur Kiplagat et Benjaminsen. Dans la dernière boucle, Naomi Lang a conservé son avantage et a franchi la ligne d’arrivée en tête. Malen Osa a pris la deuxième place, assurant ainsi le doublé à Salomon. Faith Kiplagat n’a pas pu maintenir le rythme et a finalement été dépassée sur la ligne d’arrivée par Andrine Benjaminsen et Maria Fuentes. Aucune Kényane sur le podium, une première cette saison sur la GTWS !
Naomi Lang a ainsi remporté sa première victoire en Golden Trail World Series. « La course a démarré très vite et j’ai décidé de ne pas suivre les meneuses. Lorsque le parcours est devenu plus technique lors de la première boucle, j’ai rejoint Malen Osa et nous avons travaillé ensemble. Avoir une coéquipière était fantastique. Dans la montée, j’ai tout donné car c’était la seule vraie montée de la course, donc le plan était de tenir jusqu’au sommet. Kiplagat et Kimutai m’ont rattrapée, et dans la descente, j’ai tout donné pour creuser l’écart. Je suis vraiment contente d’avoir remporté la victoire dans la série et de revenir ainsi après ma course de Noli, qui ne s’était pas si bien passée pour moi. »
Victoire de Naomi Lang. Photo rising.story_@justingalant
La course masculine a également démarré sur un rythme effréné, sept coureurs franchissant la barre des cinq kilomètres en moins de 20 minutes. C’est dans la montée que des écarts ont commencé à se creuser, même si pas moins de dix athlètes étaient encore à moins d’une minute les uns des autres au point culminant du parcours. En tête du peloton se trouvaient les Kényans Timothy Kibett, Michael Selelo Saoli et Samwel Kiprotich et les Américains Taylor Stack et Dan Curts. Comme chez les femmes, la descente s’est avérée décisive.
En bas de celle-ci, Kibett comptait une minute d’avance sur Stack et Kiprotich. Derrière eux, Saoli et Kiplimo comptaient près de deux minutes de retard. La dernière boucle a finalement scellé le podium. Timothy Kibett a conservé une solide avance pour s’assurer la victoire, tandis que Samwel Kiprotich a dépassé Taylor Stack dans la lutte pour la deuxième place. Aucun changement n’a eu lieu derrière eux, Michael Selelo Saoli et Nashon Kiplimo complétant le top 5 tandis que Dan Curts avait explosé.
« Je tiens à remercier toute mon équipe, car elle m’a aidé à remporter cette victoire aujourd’hui. Je n’y serais pas parvenu sans eux. La préparation avant cette course a été excellente », a déclaré Kibett à l’arrivée.
A noter la très belle 6ème place du Français Pierre Galbourdin, premier Européen de la course.
Victoire de Timothy Kibett. Photo rising.story_@justingalant
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/08/Naomi-Lang.-Photo-rising.story_@mathisdecroux_PitzAlpineGlacier_02-08-25-29-large.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2025-08-05 11:38:502025-08-05 11:38:54Golden Trail World Series : Timothy Kibett et Naomi Lang s’imposent sur le Pitz Alpine Glacier Trail
C’est la course de cœur de Sébastien Spehler, qu’il a déjà remporté 4 fois de suite entre 2013 (ex-aequo avec Stéphane Ricard) et 2016. Revenu en 2024 pour un 5ème titre, il avait échoué à la seconde place de la 6000D derrière Antoine Thiriat et avait terminé en chaussettes, victime d’ampoules aux pieds. De retour cette année, il n’a pas laissé passer l’occasion. Chez les femmes, Kaline Ozaki a créé la surprise en domptant les éléments. Mais que la course fut compliquée !
6000D : le froid et la neige s’invitent sur le parcours
Lorsque la veille du départ on a demandé à Sébastien Spehler, grand favori de cette édition 2025, ce qui pourrait l’empêcher de gagner, il a immédiatement pointé un adversaire : la météo. Alors que le soleil était radieux vendredi 1er août à La Plagne, un gros passage orageux était prévu pour le lendemain matin, avec un prévisionnel de ressenti de température de l’ordre de 4°C au sommet du parcours, au Glacier Live 3000. « Il faudra partir prudemment et en garder sous la pédale, car là-haut, avec le froid, ça va énormément fatiguer les organismes, et il restera encore 35 kilomètres de course ! », avait mis en garde l’Alsacien.
Et la mise en garde était justifiée. Non seulement le parcours fut détrempé, avec de la boue et du terrain glissant dès le début, mais le passage du Glacier fut épique pour les premiers concurrents, avec des températures finalement inférieures à 0°, avant que la direction de course ne décide de modifier le parcours pour interdire la montée, jugée trop dangereuse.
6000D : vent de panique sur les classements
Combien furent-ils à monter ? Un fou artistique règne encore, sans doute dû à des problèmes de la cellule de chronométrage du point culminant du parcours, incapable de sortir un décompte précis. Des observateurs sur place parlent d’une cinquantaine de coureurs, la direction de course de plus d’une centaine…
Quant au résultat chronométrique, ce fut là aussi le capharnaüm, les concurrents ayant été réorientés sans faire l’ascension étant tous crédités de leur temps + un temps additionnel de 100 minutes correspondant au temps mis par le dernier concurrent à être monté et redescendu du glacier. Un choix sur le papier correct, mais qui fausse considérablement les résultats de course réels, car ne prenant pas compte de la fatigue musculaire de ceux qui sont effectivement allés en haut, et qui ont forcément vu leur performance de course diminuer dans la deuxième partie de l’épreuve.
Sébastien Spehler. Photo Stéphane Demard
6000D : Sébastien Spehler impérial
Bien couvert (plus d’ailleurs que ce que le matériel obligatoire exigeait), Sébastien Spehler a fait un cavalier seul et n’a jamais été inquiété. A Roche de Mio, au km 27, il comptait déjà 8 minutes d’avance sur ses poursuivants. Une avance qu’il a conservée jusqu’au passage au sommet du Glacier Live 3000, avant de commencer à creuser l’écart dans la descente, une de ses spécialités. En 6h10, il s’est imposé à Aime-La-Plagne, signant sa 5ème victoire, 9 ans après son dernier succès. Il a devancé Goulwen Kerneguez de 17 minutes et Christophe Pimenta de 31 minutes.
Et surtout, il a terminé en chaussures ! Interrogé juste après avoir franchi la ligne, il raconte : « En fait, c’était le même modèle de chaussures. L’année dernière, c’était incompréhensible. Je n’ai eu qu’une seule ampoule en 13 ans de trail, c’était l’année dernière. » Quant aux conditions météo, il confirmait la justesse de l’organisation d’avoir choisi de stopper les montées : « Musculairement, c’était beaucoup plus dur que l’année dernière, il y avait de la boue, ça glissait tout le long, c’était l’édition la plus dure que j’ai faite. Et le Glacier, si quelqu’un se couvrait trop tard, il n’y avait plus qu’à prier pour lui parce que c’était vraiment galère. Moi, j’avais plus que le matériel obligatoire et même si ça passait, il ne fallait pas s’arrêter et squatter en haut ! »
Le passage de Sébastien Spehler au Glacier Live 3000. Photo Stéphane DemardCette année oui ! Sébastien Spehler a terminé avec ses chaussures ! Photo Stéphane Demard
6000D : Kaline Ozaki bonne pour le service
Après une mononucléose, la 6000D arrivait comme un test pour Kaline Ozaki, nouvelle recrue du team Asics prévue fin août sur la CCC. En fonction de son état de forme à la fin de la course, elle s’alignerait ou non au départ de la petite sœur de l’UTMB. Si c’est le débrief de sa course avec son entraîneur Laurent Ardito qui permettra de prendre une décision, le test a été plutôt probant, puisque la jeune femme s’est imposée en 7h49, et étant bien passée au sommet du Glacier. Tout comme ses 2 dauphines, Manon Roche-Gabarret et Manon Gras, arrivées 15 minutes après et séparées de seulement 2 secondes sur la ligne.
Mais ce classement féminin mit du temps à s’afficher, et fut tout d’abord faussé par l’arrivée de concurrentes n’ayant pas fait la montée la Glacier. Il fallut ainsi attendre de lingues minutes avant de connaître le classement final, avec certaines concurrentes qui furent obligées de montrer des photos d’elles lors de leur passage au sommet pour attester d’être bien allées là-haut. Entre alerte canicule et alerte orage, cet été, décidément, réserve bien des surprises aux organisateurs…
Ils étaient 1700 dimanche 27 juillet à l’aube à s’élancer à la lueur de la frontale à 5h30 du matin pour partir à l’assaut des majestueuses crêtes du mont Charvet et de ses dolines creusées dans le gypse, avec pour tous la même question : quelle distance vais-je parcourir. Retour sur une des courses les plus ingénieuses du circuit, le Millet XTrail Courchevel et son fameux concept « Find Your Limit ».
« Find your limit » : choisir sa distance… pendant la course
Avec 6 distances au choix (11, 22, 33, 44, 55 et 66 km) mais un seul tarif et un seul départ, le Millet XTrail Courchevel est une des seuls courses de France où l’on peut partir pour une petite boucle et finir aux portes d’un ultra, après 66 kilomètres de course en montagne. En effet, chaque coureur est libre de décider de sa distance en fonction de son état de forme et des barrières horaires.
Que ce soit pour se challenger en allongeant la distance ou pour choisir une solution de repli en cas de méforme, chacun peut trouver un parcours à sa mesure. Un format hybride et inclusif, où la liberté, l’écoute de soi-même et l’adaptation priment autant que la performance, qui a une fois de plus séduit bon nombre de concurrents, puisque 26 nations et 98 départements français étaient représentés parmi les 1700 participants qui ont pris un départ.
Millet XTrail Courchevel : un cadre exceptionnel
S’il est possible de se contenter de la boucle de 11 km, un format trail découverte idéal pour les néo-traileurs, il serait dommage de ne pas se faire violence et s’engager plus loin, sur le 22 et plus, afin d’affronter la longue ascension vers les crêtes du mont Charvet. Car c’est généralement en arrivant au sommet que le soleil embrasse le ciel et dévoile les crêtes, sommets et alpages du Parc National de la Vanoise, véritable bol d’oxygène à portée de main.
S’il est encore temps, après avoir slalomé entre les cratères qui criblent les crêtes, formés par la dissolution de la roche friable, de plonger vers la vallée pour rejoindre l’arrivée pour une boucle de 22 kilomètres, tous ceux qui allongeront la distance (33, 44 ou 55 km) quitteront progressivement les forêts pour grimper vers les alpages, afronter les pierriers, franchir des cols et se perdre dans l’immensité des espaces sauvages avant de rallier l’arrivée. Et là, les rares guerriers ayant déjà effectué 55 kilomètres auront encore la possibilité d’en rajouter 11 de plus en refaisant la petite boucle du départ, pour un 66 km / 4100m D+ bien costaud avec au bout le titre de XTrailer de l’année, à conquérir chez les hommes comme chez les femmes.
Millet XTrail Courchevel : des performances de haut vol sur le 66 km
Chez les hommes, Thibaut Witvoet, qui avait terminé 3ème du 55 km en 2024, a décroché le titre de XTrailer 2025 en s’imposant en7h 39min 53s. « C’était compliqué. Au kilomètre 17, mon bâton s’est cassé et, à la fin du 55km, Clément Mugnier m’a rattrapé. J’ai pu reprendre un bâton pour la dernière boucle de 11 kilomètres et ça allait mieux. Le parcours est exceptionnel avec le passage du col de la Grande Pierre et celui du Râteau » a-t-il déclaré à l’arrivée. Il a devancé Gonzague Cavrot, crédité de 7h 53min 37s et Nicolas Raybaud, un fidèle des évènements sportifs de la station, crédité de 7h 58min 01s.
Chez les femmes, l’exploit du jour a été signé par la Réunionnaise Marion Zaradzki, victorieuse en 9h 36min, qui a enfin décroché le titre de XTraileuse 2025. « J’ai eu un coup de cœur l’année dernière pour cette course. J’avais terminé seconde du 66 km derrière Blandine L’Hirondel et je tenais à la refaire car elle est très exigeante. Elle est parfaite pour préparer le Grand Raid de la Réunion » a-t-elle confié une fois la ligne coupée. Gaëlle Loridat en 10h 04min 37s est montée sur la 2ème marche du podium devant l’ex-candidate Belge de Koh Lanta Helena Roosen, 3ème en 10h 30min 49s.
Millet XTrail Courchevel : Marie Dohin et Clément Mugnier au top sur le 55 km
On l’avait quittée sur un abandon sur coup de chaud alors qu’elle était en tête de l’UTCAM 125, Marie Dohin a remis les pendules à l’heure en s’imposant dans l’excellent temps de 7h 52min 17s, devançant les 2 futures lauréates du 66 km, Marion Zaradzki, seconde en 7h 59min 19s et Gaelle Loridat, 3ème en 8h 13min 02s.
Chez les hommes, c’est au finish que Clément Mugnier a arraché la victoire en 6h 11min 27s. A peine 1 minute et 17 secondes plus tard, Thibaut Witvoet a surgi pour prendre la seconde place avant de continuer pour aller chercher la victoire sur le 66 km. Le Belge Guillaume Deneffe a complété le podium en 6h 34min 03s.
Marie Dohin en tête. Photo Millet XTrail Courchevel
Millet XTrail Courchevel : les skieurs alpinistes raflent la mise sur le 44 km
« Le parcours est vraiment cool, super bien balisé. Le fait de pouvoir bifurquer à tout moment, ça change l’allure de course et c’est ça qui est sympa car tu ne sais pas qui est devant. Tu fais ta course à ton allure. Je reviendrai l’année prochaine faire le 55 km, mais cette année, le 44 km était parfait pour préparer l’OCC », a déclaré Gédéon Pochat, qui s’est imposé sur cette distance en 4h 28min 49s. Il a devancé Antoine Gérard (4h 56min 32s) et Louis Travaillot (5h 02min 15s).
« C’est trop bien. Je viens souvent à Courchevel pour faire le Millet Ski Touring Courchevel en ski alpinisme et j’ai été super surprise du parcours, l’orga trop cool, full montagne avec du cailloux, des crêtes, un peu de neige… Tout était réuni, juste trop beau ». Telle a été la réaction de Marie Charlotte Iratzoquy, lauréate du 44 km avec un temps de 5h 43min 22s. Julie Baverel est arrivée seconde en 6h 03min 24s, Laura Huet a complété le podium en 6h 19min 58s.
Millet XTrail Courchevel : Fleury Roux et Elise Guillot s’imposent sur le 33 km
Second du 33 km en 2024, Fleury Roux a pris sa revanche et s’est imposé en 3h 26min 23s. « Je n’avais pas de super sensations sur la première montée. Arrivé sur les crêtes, J’étais troisième. Dans la descente, je me suis senti vraiment bien. J’ai accéléré au fur et à mesure et je crois que j’ai doublé les 2 autres au kilomètre 20. Je suis content car je fais un meilleur chrono que l’année dernière. » Les places d’honneur ont été prises par Arthur Polot-Doco, second en 3h29min00s et Corentin Fischer, troisième en 3h31min29s.
« Le 33 km, c’était mon objectif initial. En haut des crêtes avec ce format, j’ai été tenté de continuer car j’étais bien. Mais avec le GRP (Grand Raid des Pyrénées, NDLR) dans 3 semaines je me suis limité au 33 », a avoué Élise Guillot, lauréate de la distance en 4h 27min 32s. Elle a devancé Camille Ancey (4h 35min 39s) et Eugénie Hezard (5h 04min 43s).
Fleury Roux. Photo Millet XTrail Courchevel
Millet XTrail Courchevel : le 22 km pour Sylvain Chevalier et Alice Verkinit
Le spécialiste de la piste Sylvain Chevalier a remporté le 22 km en 2h 12min 39s. : « Je viens de finir ma saison sur 5000 mètres et je voulais venir me tester sur ce trail. Je suis ravi. Je ne m’attendais pas aux escaliers dans la descente du col de la Chal », a-t-il déclaré, faisant allusion aux 1000 marches de bois installées dans la descente pour stabiliser la pente et ralentir l’érosion. Vincent Loustau termine second en 2h 18min 35s devant Tristan Vachat, crédité de 2h 21min 55s.
« Depuis le marathon de Paris, je ne me suis pas vraiment entraînée. Le 22 km était parfait pour moi. Au sommet de la Dent du Villard, c’était magnifique. Tout le monde sortait les téléphones pour faire les photos », a relaté pour sa part Alice Verkinit, qui s’est imposée en 3h 16min 29s. Elle a précédé Valentine Gladys (3h 21min 51s) et Bénédicte Ruyer (3h 24min 28s).
Millet XTrail Courchevel : Manon Savoye et Josué Lobry remportent leur premier trail
Un coup de maître pour Manon Savoye : « J’ai commencé le trail il y a 2 semaines ! » Pour sa toute première course, elle s’est donc imposée sur le 11 km en 1h 19min 27s. Les autres places du podium ont été disputées avec Laurène Lorthioir en 1h21min55s qui coiffe au finish la Néerlandaise Claudette Ritsema, 3ème en 1h22min14s.
Côté masculin, Josué Lobry a eu l’insigne honneur d’avoir été le premier à franchir la ligne d’arrivée de cette édition 2025 après 55min 51s de course. Il s’est imposé devant le skieur alpinisme Edgar Cognaud (1h 02min 28s) et Lucas Cachot (1h 04min 42s).