Première course de plus de 100 km pour le premier, course de rattrapage pour la seconde, Thomas Cardin et Courtney Dauwalter se sont imposés avec brio sur le 120 km et 5200m D+ du Chianti Ultra Trail, débutant leur saison 2026 en fanfare.

Chianti Ultra Trail : le baptême du feu de Thomas Cardin

Il sait courir vite et longtemps – et ses victoires sur des courses comme la SaintéLyon ou le Grand Trail des Templiers le prouvent -, mais saurait-il tenir la distance ? Telle était, en substance, la grande question que se posait Thomas Cardin au départ de ce format de 120 km, inédit pour lui qui n’a jamais couru d’épreuve de plus de 85 km.

Parti devant avec un groupe dans lequel on retrouvait notamment Vincent Bouillard, 3ème l’an dernier derrière Jim Walmsley et Kilian Jornet, l’Américain Jeff Mogavero et l’Italien Andreas Reiterer, Thomas Cardin n’a jamais lâché la tête de course, déterminé à aller chercher une des 2 premières places afin d’obtenir un ticket d’or pour la Western States Endurance Run, son grand défi 2026.

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Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : Thomas Cardin seul en tête

C’est après 70 km de course que Thomas Cardin s’est détaché, produisant un effort qui lui a permis de prendre 6 minutes d’avance sur Andreas Reiterer et 7 sur Vincent Bouillard. Une avance qui allait tenir jusqu’au bout et permettre à Cardin de remporter son premier ultra de plus de 100 km. Il termine en 9h 58mn 38s, un chrono proche de celui de Jim Walmsley en 2025, même si le parcours était légèrement plus court et surtout la météo plus beaucoup clémente.

Andreas Reiterer termine 2ème 6 minutes plus tard, devançant Vincent Bouillard de 36 petites secondes. Mais l’Italien, dont la femme devrait accoucher en juin, a annoncé renoncer à son Golden Ticket pour la WSER, que Vincent Bouillard récupère donc. Ainsi, Thomas Cardin et Vincent Bouillard se retrouveront aux Etats-Unis sur cette course mythique, où les attendra sur la ligne de départ un certain… Kilian Jornet.

« C’est effrayant, a commenté Thomas Cardin, je viens de courir 120 km pour la première fois, et dans 3 mois il faudra en courir 160… »

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Andreas reiterer, Thomas Cardin et Vincent Bouillard. Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : l’inattendue Courtney Dauwalter

On ne l’avait pas vue depuis son terrible UTMB 2025, certainement la plus grosse défaillance de sa récente carrière, et elle n’était pas du tout prévue sur cette épreuve. Mais le hasard – et la météo – en ont décidé autrement. Alors que Courtney Dauwalter avait prévu de faire sa rentrée dans les îles Canaries, sur le Tenerife Blue Trail, une tempête a obligé les organisateurs à annuler toutes les épreuves. Heureusement pour l’Américaine, elle a pu au dernier moment changer de destination et s’inscrire sur le format 120 km du Chianti Ultra Trail.

Son statut de Présidente, ou de Queen, en faisait la favorite, et Courtney Dauwalter a tenu son rang. Partie prudemment, elle est toujours restée dans le trio de tête, avec la Norvégienne Yngvild Kaspersen, gagnante de la CCC en 2023, et l’Américaine Rachel Entrekin. Et ce n’est qu’au finish que la Présidente s’est détachée, pour s’imposer en 11h 31mn 55s, 10ème au scratch, avec 1mn39 d’avance sur la Norvégienne. Rachel Entrekin complète le podium, arrivée 7 minutes plus tard.

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Courtney Dauwalter s’impose. Photo Alensandro Moretti
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Le podium féminin, avec au centre la Présidente. Photo Antonio Cinotti

Chianti Ultra Trail : Andrzej Witek et Elísa Kristinsdóttir s’offrent le 75 km au bout du suspense

Sur les 75 km et les 3 100 mètres de dénivelé positif, la course a été d’une intensité et d’une combativité remarquables. Le Polonais Andrzej Witek a pris la tête dès le départ, imposant un rythme soutenu qu’il a maintenu tout au long de la course. Derrière lui, une longue bataille s’est engagée entre le Français Guillaume Tiphene et l’Italien Alessandro Affolati, tandis que Davide Cheraz restait longtemps dans le groupe de tête avant de perdre du terrain. Le final a été décisif : dans la descente de San Michele à Radda, Guillaume Tiphene a réussi à dépasser Alessandro Affolati et à prendre la deuxième place. À l’arrivée, Andrzej Witek a réalisé un temps exceptionnel de 5h 39mn 16s, devançant Tiphene (5h 47mn 11s) et Affolati (5h 48mn 42s). Davide Cheraz a finalement terminé quatrième en 5h 51mn 54s.

La course féminine du 75 km du Chianti Ultra Trail a également offert un duel palpitant entre l’Islandaise Elísa Kristinsdóttir et la Suissesse Judith Wider. Les deux coureuses sont restées ensemble jusqu’au ravitaillement d’Albola, à 20 km de l’arrivée, où Kristinsdóttir a accéléré et pris la tête, s’imposant finalement en 6h 22mn 31s. Judith Wider a terminé deuxième en 6h 31mn 48s, tandis que la Néerlandaise Hannah Derksen a pris la troisième place en 6h 46mn 11s.

Voir les résultats complets ICI

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Il n’a jamais fait d’alpinisme, chaussé de crampons, grimpé avec cordes et baudrier.
Il n’est jamais allé dans des altitudes supérieures à 5000 mètres.
Alors il va faire les 2 pour se dépasser et vaincre ses peurs.

Dans ce film somptueux signé Valentin Orange, suivez l’ultra-traileur lituanien Gediminas Grinius lors de son ascension rapide en solitaire du pic Lénine (7134 m) au Kirghizistan. Après plus de 20 ans au sommet de l’ultra-trail, Gediminas, qui s’était révélé au grand public français en prenant la 2ème place de l’UTMB derrière Ludovic Pommeret en 2016, cherche un nouveau défi — un défi qui lui fait vraiment peur. Ce sera la haute altitude, l’exposition et l’inconnu.

Pendant quatre semaines dans des conditions extrêmes, le film nous rappelle qu’il ne s’agit pas d’une histoire de vitesse ni de records, mais de solitude, de peur et d’exploration de soi. À mesure que Gediminas Grinius s’élève sur la montagne, celle-ci devient un miroir, révélant pourquoi il court, ce qu’il cherche et ce que signifie continuer d’avancer lorsque l’issue reste incertaine.

Sortie : 2026
Durée : 30 minutes
Langue : Anglais (sous-titres en français disponibles sur YouTube)

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Comment le plus célèbre des ultra-traileurs a construit sa saison 2026 ? Qu’est-ce qui a dicté ses choix de compétitions ? Que lui a appris l’année 2025 ? Pourquoi retourne-t-il à l’UTMB, après avoir appelé au boycott de l’épreuve il y a 2 ans ? Découvrez un Kilian Jornet à la maison, expliquant les raisons pour lesquelles son programme sera « très simple, et pas très original ».

Sortie : 2026
Durée : 10 minutes
Langue : Anglais

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Il est de tradition d’écrire des comptes rendus de courses de façon neutre, sans prendre parti. Sauf lorsque l’on y a participé. C’est le cas de ce récit, un témoignage de l’aventure vosgienne vécue par Cécile Bertin, qui depuis longtemps était tentée par cette expérience. Un Trail des Hautes Vosges aussi séduisant qu’un bonbon…

Trail des Hautes Vosges : une réputation d’excellence

Cela fait des années que je voulais aller courir dans les Vosges. Moi qui cours littéralement le monde, c’est un fait : si j’ai beaucoup couru en France à mes débuts, j’ai, pour mon travail de journaliste, été envoyée à l’autre bout du monde plutôt qu’à l’autre bout de notre beau pays. Aussi, lorsque j’ai évoqué mon envie d’aller courir le Trail des Hautes Vosges sur mes réseaux sociaux, j’ai été agréablement surprise de recevoir plein de messages qui disaient tous la même chose : « Tu vas adorer, l’organisation est incroyable ! »

Est-ce que c’est parce qu’à la tête du club, le Cahm Athlé qui se cache derrière la course, il y a une femme, Nathalie Humbert ? Allez savoir ! Mais force est de constater que, plus que le parcours, tous les anciens participants mettaient en avant les humains qui font de cette épreuve une pépite. J’avais donc hâte de découvrir et de faire connaissance avec les désormais célèbres « gilets bleus ». Rétrospectivement, en écrivant ces lignes, je m’aperçois que même si j’imagine que le choix de la couleur est lié à la fameuse ligne bleue des Vosges, j’ai oublié de vérifier cette info. Il faudra que j’y retourne pour avoir la réponse à ma question !

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un départ « dré dans l’pentu »

Dimanche 1er mars, je rejoins donc le village du Ménil, qui depuis trois ans maintenant est le lieu de départ des courses. Qu’il fait bon retrouver ces salles polyvalentes plantées à côté des stades de foot qui sentent le café parce qu’il est offert aux participants en attendant le départ. Dans le sac coureur, une paire de chaussettes de la célèbre marque vosgienne « Bleu Forêt » et une bouteille de « Bubulle à Bubu », une boisson pétillante à la myrtille ou, comme on dit là-bas, au bluet des Vosges.

Je suis un peu inquiète du nombre de toilettes disponible, tellement inférieur à ce que je peux voir aux USA. Mais pas de panique, en quelques minutes, mon pipi de la peur est soulagé, première preuve que l’orga sait ce qu’elle fait. Quelques minutes avant le départ de mon 30 km, les dernières infos pour le briefing sont données.

Et puis c’est enfin le moment d’y aller. Pas vraiment le temps de s’échauffer, on quitte le village pour très vite grimper dans la forêt. À ce propos, si votre idée est de performer, pensez à faire monter le cardio avant le départ pour éviter de vous retrouver avec le cœur qui tape fort dans la poitrine à peine le premier kilomètre avalé !

Trail des Hautes Vosges : un 30 km vu de l’arrière

C’est parti pour une superbe balade dans la montagne vosgienne. Je décide de laisser partir le peloton et me cale aux côtés des deux serre-files de la course, j’ai nommé Cécile et Yannis. Qu’ils soient ici officiellement remerciés de leur bienveillance et de leur gentillesse de chaque instant ! Parce que oui, quoi de mieux pour tester une course que de voir comment les derniers sont « traités » ? J’ai souvent constaté, hélas, que des organisations qui pourtant ont plutôt bonne réputation ont tendance à oublier qu’il y a des derniers, et qu’ils sont ceux qui ont justement le plus besoin qu’on prenne soin d’eux.

Autre intérêt pour moi de faire ce choix, plus « professionnel » celui-là : j’ai eu la chance de suivre un jour les « fermeurs » de l’UTMB sur le dernier tronçon (article à découvrir chez nos amis de Jogging International ici). J’avais envie cette fois de suivre la fin de course d’une distance plus raisonnable, où on ne risquait pas d’avoir à gérer des hallucinations. Et force est de constater que si l’organisation du trail est à la hauteur, les traileurs vosgiens le sont aussi. À part une entorse, aucun autre blessé à prendre en charge. Mieux, avec mes deux compagnons de route, nous n’arriverons jamais à rattraper le ou la dernier(e), trop occupés, il faut bien l’avouer, à admirer les paysages qui nous entourent.

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : un parcours à la hauteur

Le parcours de ce 30 km est vraiment très bien conçu : du dénivelé façon « dré dans l’pentu », tempéré par un plus doux et rond comme les montagnes qui nous entourent. Avec en point d’orgue des points de vue superbes sur le Ballon d’Alsace que l’on aperçoit en fond d’écran. Et surtout de la forêt mousseuse à souhait qui te donne l’impression d’être dans Le Seigneur des Anneaux. Niveau terrain, de la boue mais pas trop, et de l’eau mais pas trop non plus pour presque réussir à garder les pieds au sec si tu acceptes de quitter la trace quelques instants.

Quant aux ravitaillements, ils sont très bien pourvus et hyper variés, même pour les derniers, avec entre autres le fameux et délicieux pain des sportifs de la Boulangerie Pinot, partenaire de la course. Charcuterie, chips et m&m’s à volonté, sans oublier les popcorns de chez Popcorngourmand, une nouveauté de l’année que j’ai adorée et qui, eux aussi, viennent d’un fabricant local, c’est important de le préciser. Côté hydratation, en plus de la célèbre boisson goû cola, on trouve aussi du sirop de citron et de menthe, ce qui est là aussi une excellente idée pour les organismes barbouillés en manque de sucre.

Trail des Hautes Vosges : des barrières horaires adaptées

Pour la question des barrières horaires du 30 km, qui inquiètent souvent les personnes qui débutent, il y en a 2, une pour chaque ravitaillement. Elles sont confortables, donc aucune raison de paniquer. En étant avec les serre-files, avec plusieurs arrêts et en marchant la plupart du temps pour ne pas rater un coureur qui se serait éloigné de la trace, nous les avons passées, la dernière à 5 minutes précisément.

Attention tout de même pour le dernier tronçon, c’est le seul où il ne s’agit pas de lambiner, car vous risqueriez de rater le temps maximum autorisé sur la ligne d’arrivée, ce qui serait tout de même très dommage. Les derniers kilomètres sont en grande partie descendants, très peu techniques par temps sec, alors pensez juste à bien vous alimenter au dernier ravitaillement et « foncez » pour passer fièrement la ligne d’arrivée qui n’attend que vous !

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Photo Jérémy Lambert

Trail des Hautes Vosges : 3 distances à découvrir

Vous l’aurez compris, je me suis régalée de bout en bout. Et, j’avoue, j’ai une furieuse envie de revenir prochainement pour, qui sait, aller voir ce nouveau 42 km. Plus qu’une course, ce Trail des Hautes Vosges est aussi et surtout un incroyable moment de convivialité grâce à une équipe qui sait tout mettre en œuvre pour que les traileurs découvrent les chemins mais surtout l’accueil « à la vosgienne ».

Bon à savoir : les trois distances cette année étaient un 14 km (600m D+), un 30 km (1 250m D+) et, pour la première fois, un 42 km qui cumule 1 800m de D+. Le 14 km est accessible dès 18 ans, idéal pour découvrir le format trail dans un décor naturel.

Trail des Hautes Vosges : et on dort où ?

Question logement : l’hôtel les Sapins est le plus proche de la ligne de départ. Il y a de nombreuses locations saisonnières à retrouver sur le site de l’Office du Tourisme, parfait pour organiser son séjour puisque, quitte à venir dans les Vosges, autant en profiter pour faire un peu de tourisme vert.

Pour ma part, j’ai séjourné Domaine de Champé un camping 5 étoiles, situé à 15 petites minutes en voiture du départ. L’établissement est partenaire de la course et offre donc un tarif spécial pour le week-end incluant la demi-pension et même un système de navette ultra pratique pour permettre aux familles de ne pas avoir forcément à se lever tôt le matin pour accompagner son ou sa champion(ne).

Ils proposent également un last checking pour pouvoir repasser tranquillement se doucher et pourquoi pas profiter de leur spa (là aussi, tarif spécial pour les traileurs) avant de rentrer chez soi ou de dîner à leur nouvelle table, « Chez Jean Mi », qui vient d’ouvrir et qui est vraiment à découvrir.

L’info en +

L’expression « ligne bleue des Vosges » est apparue dans le testament de Jules Ferry qui, maire de Paris en 1871, mais surtout député des Vosges, demandait à être enterré dans sa ville natale de Saint-Dié-des-Vosges : « Je désire reposer dans la même tombe que mon père et ma sœur, en face de cette ligne bleue des Vosges d’où monte jusqu’à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus. » Les stigmates de la Guerre de 1870 étant encore très présents dans le cœur de tous les Lorrains avec cette nouvelle frontière sur la ligne de crête vosgienne, qui laisse l’Alsace et une partie de la Lorraine au voisin allemand, cette expression est devenue « virale ».

Une autre explication, plus scientifique et un peu moins poétique, fait référence à l’expulsion d’aérosols par les arbres tels que l’isoprène qui, de la même façon du côté des Appalaches aux USA ou en Australie avec les fameuses « Blue Mountains », donne le sentiment qu’un halo bleu surplombe les sommets.

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L’Atlantic Trail, qui s’est déroulé ce samedi 28 février entre Rezé et Pornic en Région Pays de la Loire, a été remporté par Emmanuel Bonnier et Justine Desgre. 2700 coureurs étaient présents sur cette première édition.

Atlantic Trail : la renaissance d’une épreuve mythique

25 ans après la disparition de Rezé – Pornic, une épreuve de randonnée pédestre entre les villes de Rezé et Pornic sur un tracé de 58 km, l’Atlantic Trail a redonné vie, ce samedi 28 février, à cette ancienne épreuve mais sous un format trail et randonnée gourmande cette fois-ci. Et pour cette première édition, tout était réuni pour faire de cet instant plus qu’un plongeon dans le passé, mais véritablement d’ouvrir une lucarne sur l’avenir avec près de 2700 coureurs réunis sur l’ensemble des quatre épreuves programmées.

Entre la pluie au petit matin à 4 heures pour le départ de Rezé et un ciel bleu azur pour accueillir les coureurs sur le sentier des Douaniers, qui épouse la côte, entre Moutier-en-Retz et Pornic pour les 17 derniers kilomètres, le décor était parfait pour vivre pleinement le 50 miles (80 km), course reine de cette édition 2026. Et le scénario a été haletant. 

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Photo Valentin Anger

Atlantic Trail : un scénario haletant chez les hommes

Dès les premiers kilomètres, un groupe de quelques unités s’est détaché à l’avant. À la sortie du deuxième ravitaillement, il n’était plus que deux : Emmanuel Bonnier et Benoît Huet. Au km 50, Bonnier, qui visera à Tullins (Isère) en avril, à l’occasion des championnats France de 24 heures, une place en équipe de France, a accéléré. Une petite accélération mais qui fera la différence pour la victoire finale, malgré un petit creux dans les derniers kilomètres. Emmanuel Bonnier boucle les 50 miles en 6h 04mn 26s, près de 5 minutes devant Benoît Huet (6h 09mn 23s) et 4 de plus devant Cyril Blanchard (6h 13mn 43s), qui complète le podium.   

Emmanuel Bonnier. Photo Nicolas Louerat
Emmanuel Bonnier. Photo Nicolas Louerat

Atlantic Trail : surprise chez les femmes

La course dames a été moins animée mais plus surprenante. A l’avant, Justine Desgre, qui visait un chrono sous les dix heures, n’a su que dans les 20 derniers kilomètres qu’elle filait vers la victoire. La coureuse de Nantes s’imaginait plus loin et pas sur la plus haute marche du podium. Malgré un final moins avantageux pour ses qualités, elle a géré et a levé, à sa grande surprise, les bras sur la ligne en 8h 23 pour son premier succès, loin des dix heures espérées. Clémentine Bernard (8h 33mn 59s) et Annie Paringaux (8h 40mn 32) complètent le podium. 

Justine Desgre. Photo Nicolas Louerat
Justine Desgre. Photo Nicolas Louerat

Atlantic Trail : la déclaration d’Emmanuel Bonnier

« Un groupe s’est rapidement détaché avec tous les favoris. En début de course, j’ai perdu du temps sur une chute. Je suis revenu sur le groupe et ensuite je suis parti avec Benoît Huet après le deuxième ravitaillement. Au km 50, j’ai accéléré à 3’45 au kilomètre et j’ai joué sur l’impact psychologique. Je me suis détaché et me suis retrouvé seul en tête.

J’ai eu un moment de doute sur un petit coup de creux sur la fin mais j’ai pu maintenir mon effort. Je savais que j’étais en forme. Mon objectif est en avril avec les championnats de France de 24 heures et j’étais en préparation. Cette victoire donne de bonnes bases pour la suite.

Le parcours était vraiment beau. Tout le final sur le littoral, c’était génial. La météo était incroyable au petit matin. C’est une première édition et on sent une grosse expérience derrière de l’organisation pour rendre la course exceptionnelle pour tous. »

Atlantic Trail : la déclaration de Justine Desgre

« J’avais pour objectif de faire moins de dix heures, et finalement le chrono est bien plus bas. J’avais reconnu la fin et je savais que je serai en difficulté sur cette partie. Depuis le 50ème km, un cycliste du live TV me suivait. Je ne savais pas trop pourquoi. Un moment, à force, je lui ai demandé pourquoi il était avec moi. Il m’a dit que j’étais en tête. Moi, je m’imaginais plus loin. Et là j’ai décidé de ne rien lâcher. Je me suis dit que c’était mon jour. Je suis heureuse mais je n’arrive pas à croire ce qui m’arrive. »

Atlantic Trail : la déclaration de Laurent Blondeel, directeur de projet

« C’était une première édition avec son lot d’incertitudes. Je tiens à remercier toutes mes équipes qui ont répondu présentes. La météo nous a été favorable et ça a rendu la fête encore plus belle. Il m’a suffit d’échanger avec les coureurs, qui étaient ravis, pour comprendre que notre choix de faire renaître « Rezé – Pornic » était le bon. Ça nous conforte dans notre volonté de nous inscrire dans la durée. »

Atlantic Trail : les résultats des autres courses

Résultats du 15 km

Podium Hommes
Guicheteau Marc : 57mn 57s
Bailly Valentin : 59mn 02
Herault Lucas : 1h 00mn 21s

Podium Femmes
Garnier Amandine : 1h 05mn 22s
Heuliez Lucile : 1h 14mn 36s
Sellier Pauline : 1h 14mn 59s

Résultats du 36 km

Podium Hommes
Oillic François : 2h 34mn 39s
Leduc Maxime : 2h 34mn 41s
Tom Guilloux : 2h 41mn 14s

Podium Femmes
Kerlo Marilyn : 3h 00mn 03
Carré Clotilde : 3h 04mn 03s
Bounolleau Charlotte : 3h 07mn 23s

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Photo Valentin Anger
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Fin de la trilogie des 100 km du Black Canyon Ultra pour l’Américain Hans Troyer ! Après une 10ème place en 2024 pour sa première tentative, une course qui l’avait conduit à l’hôpital pendant 1 semaine pour une rhabdomyolyse (destruction massive des cellules du tissu musculaire suite à l’effort physique extrême), puis un Do Not Start en 2025 pour cause d’état grippal la veille de la course, cette 3ème tentative avait un vrai goût de rédemption.

En bouclant les 101 km et 1600m D+ du parcours en 7h 20mn, il va battre de près de 5 minutes le record de Seth Ruhling établi en 2025 en 7h 24mn 55s. Ne cherchez pas, ça fait du 3’48’’/km de moyenne ! Pas mal pour un gamin qui s’est découvert une passion pour l’ultra en courant 80 km autour de la maison de ses parents sur une boucle de 1,2 kilomètre. Un film plein de fun et de bonne humeur.

Sortie : 2026
Durée : 30 minutes
Langue : Anglais

Voir le film ICI

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Retour à la case départ pour la réputation de la Barkley Marathon, redevenue depuis 2 ans « la course la plus dure du monde », ou « la course impossible à finir ». Après une édition 2024 qui avait connu 5 finishers dont une femme, Jasmin Paris, Lazarus a serré les boulons, durcit l’épreuve et, cette année, l’a avancée de plus d’un mois pour que les conditions météo soient le moins favorables possible. Pari gagné, cette année encore, personne n’a été en mesure d’attaquer un 4ème tour. Et si 4 coureurs sur 40 ont pu prendre le départ du 3ème tour, dont le novice Mathieu Blanchard, seul Sébastien Raichon, qui y participait pour la 3ème fois, a pu finir le 3ème tour au-delà des 36 heures imparties pour démarrer la 4ème boucle, mais avant les 40 heures du gong final, décrochant ainsi la seule Fun Run de l’année. Ils racontent.

Barkley Marathons 2026 : l’enfer météo se déchaîne

Donner le départ un 14 février, Lazarus le diabolique ne l’avait certainement pas décidé par hasard. Le jour de la Saint-Valentin, les 40 concurrents allaient pouvoir déclarer tout leur amour à cette course folle qui consiste à parcourir 5 boucles de 32 km et environ 3650m D+ chacune, tout en ramassant au passage 16 pages à arracher à des bouquins planqués dans la forêt, et vaguement indiqués sur une carte remise au départ. Genre chasse au trésor, mais en hors piste dans les ronces, sur des pentes infernales, avec un chrono qui tourne inexorablement.

Et comme prévu, en février du côté de Frozen Head, il fait froid et humide. Et, parfois, le brouillard s’invite à la fête. C’est exactement le scénario auquel ont eu droit les 4 rescapés des 2 premiers tours, les Français Sébastien Raichon et Mathieu Blanchard, le Britannique Damian Hall et l’Américain Max King. Une météo qui a provoqué l’abandon de Max King d’abord, de Mathieu Blanchard ensuite, tandis que seuls Sébastien Raichon réussissait à boucler ce 3ème tour avant la barrière fatidique des 40 heures, en 38h 05mn 46s. Trop tard pour entamer une 4ème boucle, mais suffisant pour être crédité d’une Fun Run. Damian Hall arrivait plus tard, mais hors délai et sans l’ensemble des pages…

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Sébastien Raichon dans les derniers mètres de son 3ème tour, le poncho déchiqueté, mais fier de sa course. Photo DR

Barkley Marathons 2026 : la déclaration de Sébastien Raichon

Après avoir fait 2 tours en 25h29 en 2025, après avoir pris le départ du 5ème et dernier tour mais ne pas avoir fini en 2024 (l’année où la Barkley a connu son nombre record de finishers, avec 5 concurrents, dont Jasmin Paris, 1ère et seule femme finisheuse à ce jour), Sébastien Raichon aura donc décroché une FUN RUN en 38h 05mn 46s en 2026.

Voici la retranscription de sa déclaration, juste après avoir touché la fameuse barrière jaune symbolisant la fin d’un tour et entendu Lazarus déclarer « Nous avons une FUN RUN » sous les applaudissements du petit public rassemblé pour l’événement :

« Je ne serai sans doute jamais finisher de la Barkley !
C’est trop dur maintenant, mais je suis tellement fier de ce que j’ai réalisé ce week-end.
C’était dur.
Le dernier tour a été terrible avec la pluie.
J’ai fait du ski, de la luge, du bobsleigh.
[…]
Je suis venu 3 fois ici, ça restera des souvenirs incroyables.
Merci d’avoir inventé cette course fabuleuse, merci de la faire vivre.
Tous les coureurs sont des frères, comme en raid aventure, donc je voulais remercier tous les coureurs et particulièrement mon équipe de France qui a été fabuleuse cette semaine.
C’est juste une Fun Run mais je suis très heureux, merci. »

Barkley Marathons 2026 : Mathieu Blanchard en rêvait, il l’a expérimentée

Cela faisait longtemps que l’idée de la Barkley trottait dans la tête de l’aventurier ultra-traileur Mathieu Blanchard. S’il a surpris tout le monde en septembre dernier en allant remporter la Barkley Fall Classic, qui lui offrait un ticket d’entrée pour la Barkley 2026, cela faisait partie d’un plan initié il y a des années déjà.

Bien sûr, il ne pouvait pas annoncer son projet de participation. Personne ne devait savoir ni le nom des concurrents, ni la date, règles de silence et de mystère imposées par Lazarus et son équipe. Alors, dans l’ombre, il s’est préparé comme jamais. Mais peut-on se préparer à ce qu’on ne connaît pas ?

En ayant fait partie des 4 derniers « survivants » de la 40ème édition de la Barkley et en ayant réussi à entamer la 3ème boucle, Mathieu Blanchard a montré une fois de plus des capacités physiques et mentales hors normes, même si les conditions météo ont fini par avoir sa peau. Dans un très beau texte publié sur ses réseaux sociaux, il explique la genèse de cette aventure, pourquoi elle l’attirait, et ce qu’il en a retiré en tant qu’homme. Une déclaration qui représente sans doute la meilleure façon d’expliquer ce qu’est la Barkley à tous ceux qui « ne comprennent rien à l’intérêt de cette épreuve ».

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Pour sa 1ère Barkley, Mathieu Blanchard a fait partie des 4 héros ayant pu entamer un 3ème tour. Photo DR

Barkley Marathons 2026 : Ce qu’en dit Mathieu Blanchard

« Il est très difficile de raconter la Barkley tant son concept est complexe, mystérieux et secret, presque à contre-courant de notre époque où tout se partage, se commente et se consomme en direct.

Les valeurs de cet événement peuvent surprendre, parfois même déranger, mais une chose est sûre, elle ne laisse personne indifférent. Dans cette société d’ultra-information où l’on croit tout connaître et tout maîtriser, se retrouver face à quelque chose qui résiste volontairement à la transparence est profondément perturbant.

Garder le secret sur la date, les participants, le parcours, le processus d’inscription, ce n’est pas un caprice ni une posture, c’est une manière de protéger un événement qui serait sans doute mort depuis longtemps sans cette culture du silence.

J’ai compris que le fondateur, Laz, n’était pas simplement un personnage fantasque, mais un esprit d’une intelligence rare, mélange d’artiste provocateur et de scientifique méthodique, capable de créer un véritable bug dans le système du sport moderne.

Ce projet est né en moi il y a quelques années déjà, et il ne fallait pas être devin pour comprendre que la Barkley finirait par m’attirer. Les aventures qui me touchent ont souvent un goût d’incertitude, de solitude, de dépassement brut. Mais je savais qu’il faudrait être patient, car être un bon coureur de trail est loin d’être suffisant ici.

J’ai donc appris à attendre, à travailler dans l’ombre, à développer des compétences particulières.

Je ne m’étalerai pas aujourd’hui sur le récit précis de ma course, j’y reviendrai, même si l’exercice sera particulièrement délicat car raconter la Barkley impose d’accepter de ne pas tout dire.

Je peux simplement dire que j’ai vécu quelque chose de très fort à Frozen Head. Humainement d’abord, avec la French Team d’une générosité immense, avec Alix qui m’a offert un soutien précieux, avec la communauté locale qui donne une vraie leçon de sobriété volontaire.

Et puis il y a ce que j’ai ressenti au cœur de la course, cette forme de cohésion silencieuse, cette expérience presque intime partagée dans la difficulté.

Je ne suis pas devenu « finisseur » de ce mythe. Le processus est bien plus complexe qu’il n’y paraît, il y a une multitude d’éléments à maîtriser et si un seul manque, le couperet tombe immédiatement, sans marge de manœuvre.

J’ai appris à m’orienter vraiment, à projeter une carte plate en trois dimensions dans ma tête, à lire le terrain et ses indices, à progresser hors sentier dans des pentes si raides qu’on se demande parfois si l’escalade ne devrait pas faire partie de l’entraînement.

J’ai consacré des mois à me préparer dans un secret presque total, au point que même mes parents ne savaient pas que j’y participais.

J’ai été stoppé par des conditions météo dantesques, et même si j’ai déjà été capable de survivre dans des environnements de froid extrême lors d’autres aventures, rien n’est jamais acquis, aucune expérience ne garantit l’invincibilité, et la nature trouve toujours une manière de te surprendre si tu relâches un instant.

Ce baptême m’a pourtant offert quelque chose d’essentiel : l’autonomie. La sensation que je pourrais, un jour, faire un tour seul, sans dépendre de personne, juste avec ma carte, ma boussole et mon instinct. Et ça, dans l’univers de la Barkley, c’est une étape majeure. Peut-être la plus importante.

Je repars avec une version de moi plus lucide, plus solide, plus humble aussi. Et au fond, c’est peut-être ça le vrai cadeau de cette course qui ne ressemble à aucune autre : elle ne te demande pas seulement de courir loin, elle te demande de devenir capable.

Merci à Laz, Carl et à toute votre équipe.
Merci à la French Team

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En mai 2025, Benjamin Védrines a été l’éphémère détenteur du FKT d’ascension aller-retour du Mont Blanc depuis Chamonix, battant le record de Kilian Jornet, avant d’être battu lui-même une semaine plus tard par l’Italien William Boffelli. Mais le Mont Blanc n’est qu’un « petit sommet » pour cet alpiniste virtuose, habitué à tutoyer les cieux. Ses 2 passions se résument en une phrase : aller vite et grimper haut. Très haut.

2022, Benjamin Védrines frôle la mort

Si pendant des décennies, la croyance dominante en alpinisme était que l’être humain ne pouvait pas survivre au-dessus de 8 000 mètres sans oxygène supplémentaire, l’idée fut réfutée en 1970 lorsque l’Italien Reinhold Messner devint le premier homme à gravir les 8848 mètres de l’Everest sans bouteille d’oxygène. Derrière lui, l’alpinisme de vitesse allait connaître une véritable révolution.

Ainsi, en 2022, Benjamin Védrines se met en tête de battre le record d’ascension du K2, sommet himalayen à 8611 mètres surnommé « la montagne sauvage », ou « la montagne tueuse ». Et pour cause : jusqu’à peu, un alpiniste sur trois décédait en tentant son ascension. L’objectif de Védrines est simple : à partir du camp de base avancé, situé à 5350 mètres d’altitude, être le plus rapide possible à plus de 8000 mètres, sans oxygène, afin d’effacer des tablettes le record détenu depuis 1986 par Benoît Chamoux en 23 heures.

Sauf que tous les alpinistes le savent : « Si là-haut tu fais n’importe quoi, tu ne rentres pas, c’est certain ! » Benjamin Védrines échoue, obligé de faire demi-tour à quelques centaines de mètres du sommet, en total black out, sauvé d’une mort certaine par des alpinistes qui lui donnèrent de l’oxygène pour qu’il puisse redescendre.

2024, Benjamin Védrines pulvérise le record du K2 sans oxygène

En 2024, il est de retour sur les pentes du K2 pour relever le défi et affronter les séquelles psychologiques de cette première expédition. Le 28 juillet, il réalise l’exploit de faire l’ascension en 10 heures, 59 minutes et 59 secondes. La moitié du temps réalisé par Benoît Chamoux. Un exploit monstrueux, suivi d’une première mondiale avec une descente en parapente, mais une performance qui, paradoxalement, lui laisse un sentiment de dégoût.

Un film passionnant qui raconte l’exploit de Védrines, mais montre aussi les doutes et les interrogations de l’homme, les questionnements sur le sens de la vie et le besoin de repousser les limites.

Sortie : 2026
Durée : 1h06
Langue : Français

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En janvier 2026, Casquette Verte traverse la Manche pour aller courir dans les Cornouailles, au sud-ouest de l’Angleterre, le Arc of Attrition, un 10 Miles by UTMB susceptible de lui permettre de faire un Top 3, voire une victoire, et de décrocher sa qualif pour l’UTMB Mont-Blanc 2027. Prévoyant, le gars ! Sauf que ça ne s’est pas du tout passé comme imaginé…

Il était content, Alexandre Boucheix ! Une petite virée avec son pote Loïc Jalmin, une photographe de talent pour immortaliser tout ça, des bières en veux-tu en voilà, Angleterre oblige, et un potentiel ticket pour l’UTMB Mont-Blanc 2027, vu la start list lui laissant espérer une victoire ou un podium.

Sauf que la veille de la course, une certaine Ingrid s’annonce. Et Ingrid, c’est une sacrée tempête qui va déferler sur la côte anglaise, pile sur le parcours de la course qui s’annonçait déjà bien cassante. Vent, pluie, les sentiers se transforment en champs de boue et en patinoires. Et au km 27, alors qu’il est en 2ème position, une petite faute d’inattention, un pied mal posé, et c’est la cata. Grosse gamelle, cheville pétée, fin de l’aventure. Reste plus que Loïc en course, mais quelques kilomètres plus loin, dans un jour sans, il préfère jeter l’éponge.

Attrition signifie usure. En 27 km, Casquette Verte a été usé jusqu’à l’os, et sera obligé de passer le mois de février avec un plâtre à la jambe sur mon canapé. Mais comme il le dit : « Il faudra se venger en y revenant dans les années à venir. »

Sortie : 2026
Durée : 15 minutes
Langue : Français

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Dans une longue prise de parole, Kilian Jornet a donné en ce début d’année sa vision sur la situation du trail aujourd’hui, tant en terme de professionnalisation que d’internationalisation, de niveau des compétitions ou de lutte contre le dopage. Parmi les points abordés, figure en premier ce qu’il a nommé « Le rêve olympique ? », prenant bien soin de souligner que cet avis ne concerne que lui et ses réflexions personnelles d’athlète européen de haut niveau, et ayant donc un certain parti pris. Retranscription de son analyse.

« Je me souviens de mes débuts en ski-alpinisme en 2002 : l’idée d’une intégration olympique était déjà sur toutes les lèvres. Chaque année, des représentants du CIO assistaient aux compétitions, et chaque année, on avait l’impression que le ski-alpinisme ferait son entrée aux Jeux olympiques. Il a fallu vingt ans pour que cela devienne réalité, et le sport a connu une transformation radicale durant cette période. D’un sport d’alpinisme (principalement des courses de deux à quatre heures, la plupart du temps en équipe), il est devenu un sport de vitesse (les épreuves olympiques durent de trois à huit minutes, tandis que les épreuves de la Coupe du monde durent de vingt minutes à une heure trente).

Je vois ce que l’olympisme a apporté au ski-alpinisme (participation accrue de pays, meilleure visibilité des compétitions dans les médias, soutien renforcé aux athlètes de haut niveau) et aussi ce qu’il n’a pas apporté (la participation des athlètes, notamment amateurs, aux compétitions a fortement diminué – le changement climatique et la diminution de l’enneigement n’ont rien arrangé, le nombre de courses a baissé et les amateurs s’identifient moins aux compétiteurs, leur discipline étant différente de la leur).

Kilian Jornet by Julbo
Photo Julbo

Le trail aux JO ? Ni bon ni mauvais…

En résumé, devenir un sport olympique ne signifie pas forcément qu’il gagnera en popularité ni que le nombre de participants augmentera. La plupart des sports olympiques sont des disciplines de niche, et seuls les athlètes de très haut niveau peuvent en vivre, au mieux. Les sports populaires le restent, qu’ils soient olympiques ou non.

Le trail se situe entre les deux. C’est un sport et un secteur florissants, tant par le nombre de pratiquants que par les revenus des athlètes de haut niveau (comparativement à la plupart des autres sports), et au niveau de l’industrie qui l’entoure. Devenir olympique n’apportera rien de particulièrement bénéfique au trail en général, mais je pense que cela ne lui nuira pas pour autant, dans la plupart des cas.

En 2026, World Athletics, en coordination avec l’ITRA et la WMRA, a finalisé une proposition pour les Jeux olympiques d’été de Brisbane 2032. La Golden Trail Series et Salomon ont également fait campagne en ce sens. Et comme le CIO n’aime rien de plus que l’argent et que le trail est un sport en pleine croissance avec une industrie solide derrière lui, le chemin pour participer aux Jeux serait finalement plus facile que pour le ski-alpinisme par exemple.

Un éventuel bénéfice pour les petites nations…

Le trail pourrait sans doute bénéficier d’une participation accrue de nations qui ne s’intéressent pas à la discipline actuellement. Lors de la reconnaissance de la WMRA par l’IAAF (World Athletics) en 2002, on a constaté une augmentation du nombre de coureurs d’Afrique de l’Est, notamment d’Ouganda, d’Érythrée et du Kenya, participant à ses championnats. Cette augmentation était davantage due aux liens et à la structure de la fédération avec l’IAAF qu’à un intérêt intrinsèque pour la discipline.

Aux derniers championnats du monde (Mondiaux de Trail 2025 à Canfranc, en Espagne, NDLR), on a pu observer l’absence de certains prétendants aux médailles, tels qu’Elhousine Elazzaoui et Miao Yao, non par manque d’envie, mais parce que leurs fédérations nationales d’athlétisme, le Maroc et la Chine, ne disposent pas de structures dédiées au trail. Cette situation évoluera probablement si le trail devient une discipline olympique et que ces pays, ainsi que d’autres, développent des structures au sein de leurs fédérations pour soutenir les athlètes de trail.

Une possible perte d’identité

Là où le trail peut souffrir, c’est au niveau de son identité. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui peinent à définir ce qu’est le trail, car ils le perçoivent comme une discipline unique plutôt que comme un sport aux multiples facettes. Et même lorsqu’on parle de disciplines, on a généralement tendance à les associer à la distance, ce qui établit un parallèle avec l’athlétisme, sport « le plus similaire ». Or, en réalité, les axes de différenciation des disciplines en trail sont principalement au nombre de deux : la distance et la technicité. On pourrait le comparer au cyclisme, avec ses disciplines : piste, route, gravel et VTT. Chacune d’elles se pratique sur des distances et des terrains différents.

Si le trail devenait une discipline olympique, il n’y aurait pas sept compétitions différentes (comme le trail en montée, le trail classique, le trail court, le trail long, l’ultra-trail, le skyrunning court et le skyrunning long), mais une seule. Or, comme le règlement est la deuxième chose qui importe le plus au CIO après l’aspect financier, le format de cette compétition serait assez fixe et, pour des raisons de confinement télévisuel et de présence du public, le concept de « trail olympique » privilégierait un parcours en boucle plutôt qu’une course linéaire ou en circuit comme celles auxquelles nous sommes habitués. Cela permettrait de créer des zones de forte densité de spectateurs et d’assurer la couverture par drones nécessaire à la diffusion télévisée mondiale.

Photo Julbo

Des courses moins intéressantes ?

On observe déjà ce phénomène, dans une certaine mesure, dans des compétitions comme la Golden Trail Series. Outre les deux ou trois courses historiques du circuit – qui attirent toujours le plus grand nombre d’élites et de coureurs populaires, et qui génèrent le plus de vues en direct – (Zegama Aizkorri et Sierre-Zinal pour ne citer qu’elles, NDLR), les autres courses tendent à adopter un format en boucle ou « départ/arrivée », plus accessible au grand public. On constate ainsi que ces épreuves, même si elles présentent un intérêt pour les élites en termes de prestige et d’opportunités financières, perdent souvent de leur attrait pour les participants. On observe alors des courses avec de nombreux coureurs d’élite, mais une faible participation, et un intérêt moindre pour le coureur amateur de trail en général.

En théorie, cela ne rend pas les courses moins intéressantes, mais en réalité, c’est souvent le cas. Le fait que les circuits débutent dans un village les oblige à se dérouler à proximité de cette zone urbaine, rendant plus difficile l’accès aux zones plus reculées où la technicité du terrain est souvent plus élevée et où les défis d’endurance sont différents : montées et descentes plus longues, températures plus élevées, etc. Ces circuits comportent davantage de surfaces asphaltées, des dénivelés plus courts qui peuvent certes favoriser la compétition, mais qui éloignent les coureurs des origines mêmes de ce sport. La standardisation des courses peut également laisser présager des circuits moins techniques afin d’éviter les dangers. On peut donc s’attendre à ce que ces courses soient de longs (voire très longs) cross-country.

La conclusion de Kilian Jornet

Cela risque-t-il de dénaturer l’identité du trail auprès des pratiquants, des athlètes olympiques d’élite et des téléspectateurs des Jeux olympiques ? Probablement. Est-ce un problème ? Probablement pas, car ce sport est suffisamment solide pour se passer des Jeux olympiques et ainsi coexister avec deux versions, un peu comme le triathlon. Il existe une discipline olympique qui intéresse les athlètes et quelques fans, et d’autres disciplines (Ironman, semi-distance, triathlons populaires, etc.) où amateurs et professionnels participent, et où l’industrie du sport se maintient indépendamment de ce qui se passe dans la discipline olympique. La diversité des formats et des circuits est suffisante pour que, même si l’un d’eux venait à disparaître, les coureurs amateurs aient toujours de nombreuses possibilités de pratiquer le trail à travers d’autres circuits et événements indépendants, suffisamment solides, voire plus, pour assurer la pérennité du secteur.

Le seul inconvénient d’être olympique sera probablement que chaque coureur de trail devra expliquer plusieurs fois par an, au travail et lors des dîners de Noël, que non, ce qu’ils font ne se limite pas à 10 boucles de 5 km sur un circuit de parkour urbain, mais que le trail comprend aussi de longues courses en pleine nature.

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