Un film qui débute par un hommage : celui rendu par la foule massée en pleine nuit pour célébrer l’arrivée de Jérémie Defoort, dernier finisher de la XTGV, la plus longue des distances de la Volvic Volcanique eXpérience, après 60h 11mn et 32s d’efforts. Un film qui résume l’esprit de cette épreuve de 224 km et 9000m D+ sans balisage remportée par Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, en 31h 49mn 08s. Mais XTGV 2024, le film n’est pas une histoire de chronomètre, c’est surtout un film inspirant qui donne envie de partir courir dans les montagnes d’Auvergne. Un film qui fait du bien à l’esprit trail.
XTGV 2024, le film, c’est avant tout un hommage aux grands espaces sauvages de la chaîne des Puys. Mais c’est aussi à une épreuve de costauds, avec un dénivelé exigeant sur un territoire parfois hostile, fait de froid mordant et de brouillard dense au cœur de la nuit, avant qu’un grand ciel bleu ne vienne balayer les doutes. Tout au long des 18 minutes du film, partez à la découverte de la Nature avec un grand N.
Jérémie Defoort, dernier finisher de la XTGV 2024, accueilli en héros.
XTGV 2024, le film, c’est également un résumé qui fait la part belle aux anonymes embarqués dans cette aventure extrême. Il montre leur courage, leur volonté de repousser les limites.
XTGV 2024, le film, c’est surtout l’émotion des finishers, qui, au bout de l’effort, laissent éclater leur joie au milieu d’une foule immense venue les acclamer. Ce sont des rires, des pleurs, du bonheur.
XTGV 2024, le film
XTGV 2024, le film, c’est tout simplement un film qui fait du bien à l’esprit trail. À voir et à partager sans modération.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/05/XTGV-2024-le-film-2.png5971200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-05-15 18:00:002024-05-15 11:43:29XTGV 2024, le film : 18 minutes d’images qui font du bien [vidéo]
Champion de France espoir de trail 2015, Robin Juillaguet a bien grandi. À nouveau membre du Team Salomon depuis cette année, le Jurassien d’adoption, très à l’aise sur des formats courts, entend se challenger en s’alignant sur des plateaux relevés, Marathon du Mont-Blanc en tête. Rencontre.
Tu es de retour dans le Team Salomon cette année, comment ça se passe ?
Robin Juillaguet : Oui, je suis de retour après avoir été dans l’équipe en 2017 et 2018. Entre temps, je m’étais mis en pause pour des raisons professionnelles. J’ai repris la compétition depuis un an et demi. Au niveau sportif, j’ai des ambitions et faire partie d’un grand team comme Salomon est très bénéfique pour ma quête de performances.
Photo Mickael Mussard
Comment décrirais-tu les grandes étapes et déclics de ta carrière ?
Robin Juillaguet : Je suis né dans les Pyrénées mais mes parents ont déménagé dans le Jura et c’est là-bas que j’ai grandi. Je viens d’une famille très sportive. J’ai pratiqué le ski et l’athlétisme, puis le ski-alpinisme en compétition. Tout cela m’a naturellement amené autour de mes 16 ans à faire du trail l’été. Et j’avais plus d’affinités avec la course à pied que le ski. En tous cas, j’étais meilleur dans cette discipline. C’est devenu sérieux et cadré en 2016. L’année d’avant, j’avais gagné le championnat de France espoir de trail sur 33 km. J’ai alors intégré un premier team, puis celui de Salomon.
Comment te définis-tu en tant qu’athlète ?
Robin Juillaguet : J’aime quand ça court ! Les formats athlétiques comme le Grand Raid des Templiers ou le Marathon du Mont-Blanc (Robin Juillaguet a remporté le 23 km de l’épreuve en 2018, NDLR), où on court au moins 80% de l’épreuve, ça me convient très bien. Après, je viens de la montagne, les sentiers techniques avec du gros dénivelé, ça me va bien aussi. Globalement, le spectre est assez large : entre 20 et 80 km. Les ultras, ce n’est pas pour moi pour le moment.
Photo Mickael Mussard
Ce n’est pas un peu frustrant de s’aligner sur des formats plus courts et moins médiatisés ?
Robin Juillaguet : J’ai envie de me challenger au niveau sportif, donc le côté médiatique n’est pas important à mes yeux. Je choisis mes courses en fonction de la concurrence, de la bataille sportive. Mais quand le plateau est relevé, ça attire aussi la lumière …
On dit que tu as un petit côté « enfant terrible ». Tu confirmes ?
Robin Juillaguet : La course à pied est importante, mais je m’ennuierais à ne faire que ça. J’ai envie de profiter des copains et des soirées à 100%. Un mois avant une course je ne vais pas vivre comme un ascète. Si c’est ça être un enfant terrible, alors je confirme et j’assume !
Qui t’a inspiré dans ta carrière ?
Robin Juillaguet : Je ne vais pas être très original : Kilian Jornet. Il a mis cette discipline, qui passait pour un sport de dinosaure, sous les feux des projecteurs et a poussé toute une jeune génération à se lancer. C’est le roi ! Salomon et Kilian sont indissociables, tout s’est structuré autour de ça, ils ont été les précurseurs. Personne n’aurait imaginé que toutes les marques de running se lanceraient dans le trail comme c’est le cas aujourd’hui. C’est bien pour le sport et les athlètes qui vont en profiter. Il y a encore cinq ans, rares étaient ceux qui pouvaient en vivre, il fallait faire des concessions, parier uniquement sur une carrière sportive, ce qui pouvait être risqué.
Photo Mickael Mussard
Quels sont tes principaux objectifs pour 2024 ?
Robin Juillaguet : En premier le marathon du Mont-Blanc, pour le côté sportif pur, pour évaluer mon niveau et aussi parce que le parcours qui a changé et qui descend maintenant vers Chamonix rajoute quelque chose. Et la Skyrhune, car il y a tout ce que j’aime dans cette épreuve : la beauté du parcours et l’ambiance. Même si on rate sa course, on n’est jamais déçu d’y avoir participé.
Depuis deux ans, tu travailles au service Testing Trail Running de Salomon : un athlète développant des produits pour les athlètes, c’est un avantage ?
Robin Juillaguet : C’est vrai que ça me permet de faire le lien entre les produits et la pratique. C’est valorisant de pouvoir tester les gammes deux ans avant tout le monde, ça peut aider ! Aussi, c’est pratique pour l’entraînement : comme je fais beaucoup d’intensité, je peux faire mes sorties d’une heure à une heure et demie entre midi et deux ou le soir. Je fais des semaines de 15 heures en moyenne, que je répartis entre la forêt et la piste. Et les week-ends, en hiver, je fais pas mal de ski de rando.
Pour finir, et tu es bien placé pour en parler,quelle est l’innovation Salomon qui a changé ta course ?
Robin Juillaguet : Pour moi, la révolution c’est la mousse dans les chaussures. Cela soulage les articulations, et par conséquent, on se blesse moins et on récupère mieux. On peut aller plus loin dans l’entraînement. La S/Lab Pulsar est à ce titre le modèle phare que je conseille.
Robin Juillaguet dans les locaux de Salomon à Annecy. Photo Mickael Mussard
Robin Juillaguet, la bio express
Né le01/03/1994. Cote ITRA : 868 Palmarès 2023 : > 11ème des 30 km du Trail de la Cité de Pierres – Championnat de France de trail court > 12ème du championnat de France de course en Montagne > 6ème à l’étape GTNS France du Marathon Race lors de la MaXi-Race du lac d’Annecy > 5ème du Grand Trail des Templiers
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/05/Team-Salomon-France-Annecy-240125cMickael_Mussard-00041.jpg8001200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2024-05-14 08:34:422024-05-14 08:34:45Robin Juillaguet, le grand retour de l’expert du trail
Créée en 2012 à Salt Lake City par Jared Campbell, quadruple finisher de la mythique Barkley, Running Up For Air encourage les coureurs autour du monde à s’élancer du 1er au 9 juin 2024 sur les chemins. Objectif : collecter des fonds pour des organisations environnementales militant pour un air plus pur. Un documentaire de 17 minutes signé Patagonia retrace la création de ce rendez-vous désormais incontournable à travers le globe. Inspirant.
Running Up For Air, naissance d’un mouvement
En 2012, Jared Campbell a décidé de monter et descendre le Grandeur Peak, un sommet de 2530 mètres aux pentes raides dominant Salt Lake City, dans l’Utah, pendant 24 heures, afin de collecter des fonds pour les organismes travaillant à la défense de la qualité de l’air. L’année suivante, quelques amis le rejoignent. L’année suivante, encore plus. Après 11 ans, le projet solo de Campbell s’est transformé en Running Up For Air : un mouvement mondial avec des dizaines de courses, des centaines de coureurs et des dizaines de milliers de dollars collectés dans le monde entier.
Jared Campbell, ambassadeur Patagonia et fondateur de Running Up For Air, revient sur la genèse de l’événement. « Il y a quinze ans, j’étais l’un des seuls à m’entraîner sur des pentes en hiver. En grimpant encore et encore hors de la pollution atmosphérique, elle m’explosait aux yeux dans chacune de mes boucles. Alors j’ai décidé de faire quelque chose à ce sujet. » Pour accompagner l’édition 2024, Patagonia Films présente un documentaire de 17 minutes retraçant les débuts de RUFA. Ce documentaire, c’est un récit d’espoir. Il raconte la façon dont la course à pied crée une communauté qui peut amorcer un changement bien au-delà des sentiers.
Running Up For Air, mode d’emploi
Seul ou à plusieurs, le format de course est libre. Chacun participe où il le veut et à sa manière pendant les 9 jours de l’événement, à travers les collines, les pistes de ski, en montagne ou sur des rangées d’escaliers. Un challenge Strava permet de cumuler les dénivelés de l’ensemble des participants à travers le monde et ainsi de rassembler les fonds essentiels à la préservation de la qualité de l’air, directement reversés à des ONG locales qui mènent des actions concrètes et s’engagent sans relâche pour sensibiliser et trouver des réponses à la problématique de la pollution de l’air.
Fondée par Yvon Chouinard en 1973, Patagonia est un équipementier spécialisé outdoor basé à Ventura, en Californie. Certifiée B Corporation et membre fondateur de 1% For The Planet, l’entreprise est reconnue internationalement pour son activisme environnemental, ainsi que pour ses contributions de plus de 250 millions de dollars à des organisations environnementales. Tous les bénéfices non réinvestis dans l’entreprise sont versés sous forme de dividendes pour protéger la planète.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/05/Web_Large-woodward_f_1111_BP.jpg7941200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-05-13 09:54:562024-05-13 09:54:58Running Up For Air : quand la communauté trail se mobilise pour la qualité de l’air [vidéo]
Pour sa première tentative sur le grand format de 224km et 7900m D+ de la Volvic Volcanique eXperience, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, s’impose en un peu moins de 32 heures, 10 jours seulement après sa 6ème place sur l’Ultra Trail du Mont Fuji au Japon.
Au départ de la XTGV, et déjà au premier rang.
Première XTGV pour Casquette Verte
Pour une première, c’est une réussite totale. En tête dès le début de cette course sans balisage, avec uniquement une trace GPX à suivre et 5 bases de vie disséminées le long du parcours entre la station de Super Lioran et Volvic, dans le Massif Central, Alexandre Boucheix a bouclé le parcours en 31h 58mn 17s, à la vitesse moyenne de 6,7 km/h.
VVX
Si elle pouvait avoir quelques doutes quant à la récupération de son « poulain » après l’Ultra Trail du Mont Fuji, Cécile Bertin, qui faisait une fois de plus son assistance, a été rapidement rassurée. Faisant preuve d’une fraîcheur étonnante, il a avalé la première partie de course avec facilité, avant d’attaquer la nuit.
Casquette Verte au ravito avec son Assistance Verte Cécile Bertin.
Casquette Verte plus rapide que prévu
Alors qu’un vent glacial a soufflé durant la nuit, accompagné d’un brouillard très dense réduisant la visibilité à quelques mètres du côté du Puy de Sancy, Casquette Verte ne s’est pas perdu et a émergé au petit matin sans donner de grands signes de faiblesse.
Déjouant les pronostics qui le donnaient finisher en 33h, il a franchi la ligne d’arrivée en moins de 32 heures, comptant plusieurs heures d’avance sur le premier poursuivant. Avec une bière à la main, bien sûr…
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/05/a0476d07-6bab-4d1e-8fef-9af33503bc6f.jpeg11001444Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-05-09 18:52:392024-05-10 00:00:28Casquette Verte remporte la XTGV de la Volvic Volcanique eXperience
Il partait favori de la Skyrace des Matheysins, 3ème étape de la Coupe du Monde de Skyrunning, qu’il avait déjà remportée par 3 fois. En tête dès les premiers mètres, Frédéric Tranchand était parti pour s’imposer, mais a commis une erreur de parcours sur la fin. L’Italien Nadir Maguet s’impose chez les hommes, et la Russe Anastasia Rubtsova chez les femmes.
Skyrace des Matheysins : un plateau de haut vol
Dimanche 5 mai, la Skyrace des Matheysins a réuni les meilleurs athlètes mondiaux engagés dans le circuit de la Coupe du Monde de Skyrunning pour partir à l’assaut du massif du Taillefer, sur un parcours de 25 km et 2000m D+.Cette troisième étape de la Coupe du Monde de skyrunning est réputée pour être l’une des plus techniques avec des sections aériennes et rocheuses rendues encore plus difficiles par les chutes de neige et la météo des derniers jours.
Sous un beau soleil, plus de 400 coureurs représentant plus de 40 nationalités ont pris le départ, parmi lesquels les favoris et athlètes en tête du classement de la Coupe du Monde. Chez les hommes, Frédéric Tranchand (triple vainqueur de la Skyrace), Roberto Delorenzi (vainqueur des deux premières étapes de la Coupe du Monde), Manuel Merillas, et chez les femmes Hillary Gerardi (record féminin aller-retour de l’ascension du Mont-Blanc), Anastasia Rubtsova, Bailey Kowalczyk.
Skyrace de la Matheysine 2024. Un parcours rendu difficile avec la neige. Photo Gontranid
Skyrace des Matheysins : Frédéric Tranchand seul en tête, mais…
Détaché dès les premiers kilomètres, Frédéric Tranchand a attaqué en solitaire la montée du bien nommé Sentier du Diable, au 7ème km, un single en lacets serrés montant au Pérolier, au 10ème km, avec 1 minute d’avance sur l’Italien Roberto Delorenzi. Au sommet de cette terrible montée, il pointait avec plus de 2 minutes d’avance sur le second.
Les passages sur les sommets enneigés n’allaient rien changer, et Frédéric Tranchand entamait la descente vers l’arrivée avec plus d’une minute d’avance sur ses poursuivants, à la tête desquels Nadir Maguet. Mais à quelques kilomètres de l’arrivée, alors qu’il pensait la course gagnée, le Français du Team Scott Running a raté une bifurcation et continué tout droit sur le sentier principal. Intrigué par l’absence de balisage sur le chemin sur lequel il courait, il s’acharna avant de réaliser son erreur et faire demi-tour, laissant filer de précieuses minutes. Trop de minutes.
Frédéric Tranchand seul en tête dans la descente.
Skyrace des Matheysins : Nadir Maguet s’impose
Frédéric Tranchand termine finalement 5ème, derrière un Nadir Maguet tout étonné de sa première place, lui qui pensait le Français en tête. C’est un autre Italien, Daniel Antonioli, qui monte sur la deuxième marche du podium, devant Manuel Merillas, troisième.
« C’est une erreur professionnelle, a commenté Frédéric Tranchand à l’arrivée, terriblement déçu. Je me suis aperçu au départ que je n’avais pas téléchargé la trace GPX sur ma montre, mais je n’étais pas plus inquiet que ça. Et à la fin, j’avais de l’avance, je me suis déconcentré et j’ai raté un sentier qui partait en descente dans la forêt. Je savais qu’il fallait couper par la forêt, mais je n’ai pas vu la bifurcation, je me suis obstiné, alors que je ne voyais plus les balises, avant de comprendre mon erreur et faire demi-tour. C’est la plus grave erreur profesionnelle que j’ai jamais commise. »
Skyrace des Matheysins : Anastasia Rubtsova royale
Placée dès le départ, la Russe Anastasia Rubtsova a attendu son heure avant de prendre la tête de la course, laissant l’Américaine Bailey Kowalczyk mener l’offensive dans la première partie de course. Ce n’est qu’au niveau des crêtes que la Russe a produit son effort, pour progressivement se détacher. Elle s’impose avec une marge confortable devant la Française Alice Bausseron, tandis que l’Américaine termine finalement troisième.
Les podiums de la Skyrace des Matheysins 2024
Podium Hommes 1er Nadir MAGUET (Italie) – 2h25mm42s 2nd Daniel ANTONIOLI (Italie) – 2h27mm06s 3ème Manuel MERILLAS (Espagne) – 2h27mm33s
Originaire de Besançon, le jeune Dylan Ribeiro est surnommé le « Caméléon » en raison de son aptitude à performer du 10 km au 80 km sur tous types de terrains. Nouveau venu chez Salomon, il affiche des ambitions de Top 10 sur le Marathon du Mont-Blanc, l’OCC et le Grand Trail des Templiers 2024. Rencontre.
Tu es tout jeune dans le Team Salomon, depuis janvier 2024 exactement. Qu’est-ce que cela t’apporte ?
Dylan Ribeiro : J’ai passé deux ans au sein d’une autre marque avant Salomon. Mais le fait d’être aujourd’hui dans une plus petite équipe me fait sentir plus écouté, plus soutenu du fait de la proximité. Et puis pour moi, c’est un retour aux sources : vers 2018, quand j’étais plus jeune, j’avais déjà été suivi par Salomon qui sponsorisait mon Team régional. En plus c’est une marque française. Ça fait plaisir !
Quelles sont les grandes étapes et déclics de ta carrière ?
DR : Je suis de Besançon et je me suis mis à la course à pied en 2016. À l’origine, je viens d’un autre univers : j’ai fait sport-études hockey sur glace à Amiens. Puis, quand je suis revenu chez moi, j’ai décidé de continuer le sport mais pas dans une optique de compétition. Mais j’y ai pris goût et j’ai passé les détections pour faire partie du Team régional du Doubs. Grâce à cet accompagnement, j’ai eu 7 sélections en équipe de France de course en montagne cadet et junior. Après, j’ai eu quelques moments compliqués mentalement, j’avais du mal à revenir à mon niveau. Mais là, cela fait deux ou trois ans que je me sens bien dans mes baskets. J’ai fait 8ème au Marathon du Mont-Blanc l’an passé, ma plus belle course à ce jour.
Photo Salomon
Ton entraîneur, Philippe Monnier-Benoit, t’appelle le caméléon. Tu nous expliques?
DR : Oui, c’est vrai. Moi, ce que j’aime, c’est courir vite, peu importe la distance et le terrain : route, montagne, trail… Même si je préfère les terrains peu techniques, plus roulants. L’an passé, j’ai fait 29mn28s sur 10 km, une référence en terme de chrono, mais j’ai aussi couru les 80 km du Grand Trail des Templiers. Je pense que tout est complémentaire. J’aime cette polyvalence. C’est ça qui fait la beauté de la course à pied ! À long terme, j’aimerais bien avoir encore plus d’amplitude dans mes choix de course.
Qui t’a inspiré dans ta carrière ?
DR : Thibaut Baronian ! Un Bisontin, même si c’est d’adoption, et en plus de chez Salomon, forcément, ça m’inspire. Mais les personnalités que je suis sont issues d’autres milieux que celui du trail : Martin Fourcade en biathlon, Vincent Luis en triathlon et aussi Moh Farah, qui est un coureur que j’admire beaucoup.
Photo Salomon
Quels sont tes principaux objectifs pour 2024 ?
DR : Le Marathon du Mont-Blanc, l’OCC et les Templiers (80 km). Dans ce programme, ce qui me motive, c’est le Marathon du Mont-Blanc car j’aimerais à nouveau valider un Top 10. C’est aussi le classement que je vise pour l’OCC et les Templiers.
Que fais-tu dans la vie et comment cela s’intègre à ton entraînement ?
DR : Je suis professeur des écoles spécialisé dans les enfants handicapés. Donc je m’entraîne après ma journée de travail et pendant les vacances, car je ne bénéficie d’aucun aménagement. J’arrive à courir de 100 à 120 km par semaine. L’hiver, je travaille plus l’intensité sur la piste, tandis que l’été, je bosse plus la partie trail. Mon coach m’aide à harmoniser mes choix.
Photo Salomon
Pour finir, quelle est l’innovation Salomon qui a optimisé ta pratique ?
DR : La Salomon Phantasm 2 Carbon : une chaussure aussi polyvalente sur trail que sur route, ce qui évite de faire des choix ! Un parfait compromis.
Dylan Ribeiro, la bio express
Né le 21 octobre 1999 Côte ITRA : 862 Palmarès 2023 : 8ème au Marathon du Mont-Blanc 3ème des 50 km de Wildstrubel 17ème au Grand Trail des Templiers
Bien sûr, on connaît tous l’histoire de Jim Walmsley et de l’UTMB. Ses premiers échecs, quand il “explose” dans la montagne. Son déménagement en France, à côté de François D’Haene, dans le Beaufortain. Son apprentissage du mode de vie d’un montagnard européen, seule façon selon lui de gagner l’UTMB. Sa cruelle désillusion de 2022. Et son éclatante revanche de 2023, la première victoire d’un homme américain en terre chamoniarde. Mais quand les images viennent raconter l’histoire, on entre dans une autre dimension, où l’on est touché par l’humilité de l’homme, la persévérance du champion et l’émotion indescriptible de sa femme, son soutien de toujours, lorsqu’il décroche enfin le Graal. WALMSLEY THE FILM. Passionnant.
Jim Walmsley a découvert l’ultra-trail de façon inattendue. Après avoir été un coureur sur piste plutôt prometteur au lycée et à l’université, il s’est engagé dans l’armée et s’est retrouvé en poste dans un silo de missiles nucléaires dans le Montana. Finalement remercié, il est revenu à la course à pied, et est devenu l’un des meilleurs coureurs d’ultra-trail d’Amérique.
WALMSLEY THE FILM
Après avoir établi des records impressionnants sur la Western States 100, Jim Walmsley s’est lancé un défi : être le premier Américain à remporter le célèbre Ultra-Trail du Mont-Blanc. Malgré les échecs initiaux, il n’a pas baissé les bras et a décidé de travailler à la fois sur son état d’esprit et son entraînement, ce qui l’a amené à s’installer en France, dans le Beaufortain, avec sa femme, Jessica Brazeau, elle-même traileuse.
Et ce dont il rêvait est arrivé : le 1er septembre 2023, Jim Walmsley a remporté une victoire historique, après une course passionnante avec Zach Miller et Germain Grangier. WALMSLEY THE FILM, présenté par Wahoo et HOKA, propose de (re)découvrir le parcours de l’Américain jusqu’au podium de l’UTMB, et au-delà.
WALMSLEY THE FILM
Une phrase de Jim Walmsley résume ce long-métrage documentaire magnifique : « L’UTMB ne peut pas être conquis par l’humain, il est conquis par l’esprit humain. Et vous devez exploiter l’esprit pour atteindre l’objectif. »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/05/WALMSLEY-THE-FILM-2.jpg6861200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-05-01 20:00:002024-05-01 16:08:05WALMSLEY THE FILM : un long métrage à voir absolument [vidéo]
C’est du 31 mai au 2 juin 2024, dans le cadre de la MaXi-Race du lac d’Annecy, que se dérouleront les Championnats d’Europe de trail et de course en montagne, dits Championnats d’Europe Off-Road. Voici la liste définitive des sélectionnés, chez les juniors et chez les seniors femmes et hommes publiée par la Fédération Française d’Athlétisme.
Championnats d’Europe de trail et de course en montagne : 3 épreuves de sélection
La sélection française pour ces Championnats d’Europe Off-Road 2024 s’est faite autour de 3 épreuves de sélection, sachant que certains athlètes avaient déjà leur sélection en poche grâce à leurs résultats aux Championnats du Monde 2023, comme Clémentine Geoffray ou Benjamin Roubiol…
Ces 3 épreuves de sélection étaient : – les Championnats de France de Trail qui se sont déroulés à Buis-les-Baronnies, sur les parcours du Trail de la Drôme, le dimanche 7 avril. La sélection se faisait uniquement sur le trail long ; – la Verticale Race du lac d’Annecy qui s’est déroulée le dimanche 21 avril sur les pentes du Semnoz, sur le parcours même de la Course Verticale des Championnats d’Europe ; – les Championnats de France de Course en Montagne qui ont eu lieu dimanche 28 avril à Briançon.
C’est à la suite de ces 3 épreuves que la Fédération Française d’Athlétisme a publié les noms des athlètes sélectionnés pour les Championnats d’Europe Off-Road.
Championnats d’Europe de course en montagne : la sélection féminine
Source FFASource FFASource FFASource FFA
Championnats d’Europe de trail : la sélection féminine
Source FFA
Championnats d’Europe de course en montagne : la sélection masculine
Source FFASource FFASource FFASource FFA
Championnats d’Europe de trail : la sélection masculine
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/05/Championnat-dEurope-Off-Road-selection.-Montage-FFA.png6031200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-05-01 08:02:032024-05-01 08:02:30Championnats d’Europe de trail et de course en montagne : découvrez tous les sélectionnés
Avec ses tresses au vent et son esprit punk, Élie Besson-Pithon tranche dans le milieu plutôt « sage » et « discipliné ». Véritable pro du format marathon, cet athlète hors norme du team Salomon, diagnostiqué comme souffrant d’un trouble du spectre autistique il y a à peine un an, s’est toujours cherché des excuses pour être dehors, et affiche de sacrées ambitions. Mais pas sur du trop long…
Quelles sont les grandes étapes de ton parcours ?
Élie Besson-Pithon : J’ai toujours eu besoin de bouger, d’être dehors, le cul sur la selle d’un vélo. Je suis de Nantes, mais j’ai beaucoup bougé : en Maine-et-Loire, en Ardèche, un peu dans le sud et aujourd’hui dans les Alpes. Quand nous allions en montagne avec mes parents, j’étais toujours le premier à crapahuter. J’ai commencé la compétition en vélo de route au collège, de 14 à 17 ans, et c’est là que j’ai pris le goût de l’effort. Au lycée, j’ai découvert les joies de l’UNSS, où je passais plus de temps en compète run & bike, VTT, ou cross qu’en cours !
C’est à cet âge, à 18 ans, que j’ai vraiment commencé à courir. J’ai pris une licence en athlétisme et couru mon premier trail : le Cross du Mont-Blanc en 2016. Je finis 17ème et premier junior. Le déclic. À partir de là, j’ai mis les deux pieds dedans ! Depuis, j’enchaîne les dossards. Pour la petite anecdote, je termine deuxième à la Marathon-Race de 2017, sans chaussettes, en 4h04 et sans choper une seule ampoule !
Tu as déjà évoqué dans les médias des blocages avec ton club d’athlétisme par rapport au trail … Or, le trail est une sacrée soupape pour toi…
Élie Besson-Pithon : Oui, quand j’ai dit que je voulais faire du trail et pas de la piste, on n’a plus voulu m’entraîner ! Alors je me suis entraîné tout seul. La bonne excuse pour passer plein de temps dehors ! Course à pied, vélo, je fais beaucoup de gravel, aussi en compétition… Je suis un peu freestyle, j’essaie de faire les choses sérieusement, être pro dans un milieu dont le niveau a explosé ces cinq dernières années, mais toujours avec une énorme part de fun, de plaisir et de sincérité aussi.
Aujourd’hui, je ne cache plus le fait que je souffre de TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme). J’ai été diagnostiqué il y a seulement un an : j’ai donc passé 24 ans à ne pas savoir me situer dans la société, à faire des dépressions, avoir des angoisses, en allant au clash avec les gens. Passer du temps dehors, ça me fait un bien fou. Quand je cours, mon cerveau tourne moins vite.
Photo Mickael Mussard
Tu es membre du Team Salomon depuis cette année. Qu’est-ce que cela t’apporte concrètement ?
Élie Besson-Pithon : Une reconnaissance de tout le travail que j’ai fait depuis plusieurs années. Au sein du Team, je suis entouré par des personnes de confiance avec de sacrés bagages. Le genre de personnes qui m’ont fait rêver comme François (D’Haene), Thibaut (Baronian), Courtney (Dauwalter), etc. Il y a un partage de connaissance qui est très enrichissant. Et puis par rapport au TSA,je me sens bien compris dans le Team Salomon, les autres athlètes respectent mes besoins particuliers, ça facilite les relations.
Comment te définis-tu en tant qu’athlète ?
Élie Besson-Pithon : Mi-traileur, mi-jardinier ! J’aime bien chercher mon chemin, les mains dans la terre, crapahuter ! Quand on part courir avec moi, on peut très vite partir hors des sentiers battus ! Je fuis les gros événements où il y a beaucoup de bruit, je préfère les courses authentiques, un peu rustiques. Je ne suis pas très course aux points, et je regarde plus le temps et le dénivelé que le nombre de kilomètres. Et puis je suis un peu le punk du peloton avec des tresses… Enfin, c’est ce qu’on me dit. Je n’aime pas les choses trop lisses. À trop vouloir rentrer dans le moule, on finit par ressembler à une tarte !
Quels sont tes projets pour 2024 ?
Élie Besson-Pithon : Je suis très à l’aise sur le format marathon comme la Zegama-Aizkorri que j’aimerais courir. Pour les courses plus courtes comme sur l’étape GTNS France de 33 km du Trail du Barbet du championnat du Canigou, il faut que je me rentre un peu plus dedans. Cette année, je vais finir ma saison sur le 70 km de la Mascareignes à la Réunion, j’aime bien l’idée de faire une course-aventure avec une grosse ambiance. C’est le max pour moi. J’ai tenté un ultra fin 2023 (le Salomon Ultra Pirineu), et au bout de sept heures de course, je me suis ennuyé, ça n’avait plus de sens. J’avais mal partout, et je ne cours pas pour avoir mal ! D’ailleurs, je ne me blesse pas beaucoup, car je suis un peu un fainéant !
Pour finir, quelle est l’innovation Salomon qui a changé ta course ?
Élie Besson-Pithon : Je dirais un slip ! Un truc ultra-light sans couture. On n’a pas besoin d’autre chose pour courir non ? Sérieusement : la S/Lab Cross qui est sortie il y a quatre ans environ, une chaussure ultra-précise, réduite à l’essentiel, avec une guêtre qui empêche les cailloux de rentrer. La chaussure de jardinage vraiment parfaite !
Élie Besson-Pithon : la bio express
Né le 08 février 1997 Cote ITRA : 855 Palmarès 2023 : > 15ème au 31 km Classic du Trail de la Cité de Pierres – Championnat de France de trail court > 1er au 67 km du Restonica Trail > 11ème à l’étape GTNS France du Marathon Race lors de la MaXi-Race du lac d’Annecy > 3ème à l’étape GTNS France de 33 km du Trail du Barbet du championnat du Canigou > 5ème au 56 km du Trail du Besso
Ils étaient plus de 6000 femmes et hommes au départ des différentes courses du Nord Trail Monts de Flandres le 21 avril dernier. Pluie, soleil, boue et surtout sourires, retrouvez en 8mn22 l’esprit et l’ambiance de cette 6ème édition du NTMF.
Le NTMF, ce sont ceux qui l’ont couru qui en parlent le mieux. Et visiblement, ce sont des gens heureux. Dans cette vidéo pleine d’enthousiasme réalisée par CaptionArt, la parole est ainsi donnée aux coureurs qui ont relevé les défis du 42, du 59, du 80. Avec des mots qui reviennent, comme « très beau », « de l’animation partout », « une ambiance extra », « une organisation au top »…
Côté parcours, des commentaires aussi, qui rappellent que les Monts des Flandres n’ont rien d’un « plat pays » : « Beaucoup de relances », « des montées qui cassaient bien les pattes », « de la boue », « bien gras »…
Quelle que soit la distance parcourue, que l’on soit athlète chevronné ou coureur du dimanche, l’émotion à l’arrivée est communicative. Et le bonheur de sonner la cloche à l’arrivée rappelle que chacun peut relever son propre défi, à son rythme, et y trouver son plaisir. Comme cette concurrente qui, rayonnante, déclare : « J’ai découvert ma région, c’était splendide ! »