Deuxième de la Golden Trail World Series 2023 à égalité de points avec la gagnante Sophia Laukli, la Suissesse Judith Wyder, redoutable en course en montagne, vice-championne d’Europe de la spécialité, va faire sa rentrée sur la GTWS au Marathon du Mont-Blanc. Elle y retrouvera la championne d’Europe de trail Clémentine Geoffray. Sensations, ambitions, elle dit tout à Mickael Mussard.

Judith, comment te sens-tu après ton titre de vice-championne d’Europe de course en montagne à Annecy ?

Judith Wyder : Je me sens très bien. Je suis contente d’être de retour à la compétition. Je commençais à avoir de bonnes sensations avant les championnats d’Europe et j’ai vraiment aimé ces championnats, même si la course verticale n’a pas été celle où j’ai eu les meilleures sensations. Mais en ce qui concerne la « Up & Down », je suis très contente de ma course. 

Lire l’interview de Clémentine Geoffray, championne d’Europe de trail, à l’assaut du Mont-Blanc ICI

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As-tu changé quelque chose dans ta préparation avant de débuter cette saison ? 

Judith Wyder : Oui… J’ai été malade une semaine par mois depuis le début de l’hiver. C’est le principal changement que j’ai effectué cette année ! (Rires.) Blague à part, je n’ai rien changé de spécial mais c’est vrai que ces maladies sont venues perturber mon hiver et ma préparation au printemps, donc je suis contente d’en sortir et de retrouver des sensations sur les sentiers. C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’ai pas attaqué la saison plus tôt, et ne suis pas allée sur le trip en Asie avec la Golden Trail Series. 

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Justement, quelles courses de la Golden Trail Series as-tu prévu de faire cette saison ?

Judith Wyder : J’ai prévu de faire le Marathon du Mont-Blanc, Sierre-Zinal, et si tout se passe bien et que les résultats sont bons je pense aller sur le trip aux États-Unis. Cette année on a besoin de quatre courses pour marquer le plus de points possible, donc je verrai en fonction des deux premières.

Quels sont tes objectifs cette année ? As-tu une revanche à prendre par rapport à l’année dernière où tu termines ex-aequo de points avec Sophia Laukli, mais deuxième au classement final ?

Judith Wyder : Je veux juste essayer de faire de mon mieux encore cette année. Il y a quand même de sacrées athlètes cette saison. Sophia est incroyable et si elle arrive à se remettre de sa blessure, elle sera difficile à battre. Mais il y a aussi d’autres filles très fortes cette année, donc je préfère me focaliser sur moi et sur les courses en elles-mêmes. Bien sûr ça serait super chouette de pouvoir faire une finale en Suisse, c’est d’ailleurs ce qui m’a convaincue de revenir sur la Golden Trail Series cette année. Maintenant, je ne sais pas comment je vais réagir à une course de 42 kilomètres comme le Marathon du Mont-Blanc. Je n’ai quasiment jamais fait aussi long, à part aux championnats du monde, donc on verra.

Judith Wyder 2. Photo the.adventure.bakery
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Tu parles du niveau des filles, penses-tu qu’il est supérieur à celui de l’année dernière ?

Judith Wyder : Je le dis chaque année, mais je suis sincère, je pense que le niveau augmente d’année en année. En revanche, j’espère que ce niveau ne se dilue pas trop avec toutes les belles courses au calendrier qui ont tendance à séparer les filles sur les différentes épreuves. Je n’ai pas envie de choisir ma course par rapport à la start-list. D’ailleurs je n’ai jamais été très forte pour ça. Pour moi c’est chouette de courir face à des filles qui sont fortes car ça me permet de voir où je me situe dans ce milieu qui devient de plus en plus professionnel. 

Tu es sur la Golden Trail Series depuis de nombreuses années. Tu as d’ailleurs remporté la Series en 2019. Qu’est-ce qui te motive à revenir sur ce circuit ? 

Judith Wyder : C’est compliqué de répondre à cette question… Mais je pense que je recherche de belles courses où l’on peut aussi avoir du niveau. Et je pense que la Golden Trail Series répond à ces critères. Je voulais peut-être essayer d’autres choses cette année, mais le niveau de compétitivité est ce qui m’attire encore sur la Golden. Et bien sûr, cette finale en Suisse, proche de la maison, a fini de me convaincre. Si on ajoute à ça tout le travail effectué par la Golden Trail Series pour la médiatisation du sport et des athlètes, tu as toutes les raisons qui ont motivé mon choix.

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Le podium de la finale de la GTWS 2023, avec Madalina Florea devant Judith Wyder et Sophia Laukli. Photo the.adventure.bakery
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Il est parti à son rythme, et n’a jamais été rejoint. Sans pour autant écraser la course, le Russe Dmitrii Mityaev s’est imposé sur le 90km du Mont-Blanc, l’épreuve d’ultra du Marathon du Mont-Blanc 2024, succédant à Germain Grangier, vainqueur en 2023. Il devance Thibaut Baronian, en préparation de son premier UTMB, et Baptiste Petitjean. Aurélien Dunand-Pallaz, longtemps 3ème, a craqué sur la fin. Chez les femmes, c’est Ekaterina Mityaeva, femme de Dmitrii, qui s’impose au terme d’une lutte somptueuse avec Julie Roux.

90km du Mont-Blanc : Dmitrii Mityaev petit à petit

Seul Théo Détienne a réussi à accrocher ses baskets dans les premiers kilomètres, avant de se faire une raison. Même s’il n’a jamais creusé d’écart démesuré, le Russe Dmitrii Mityaev avait un petit quelque chose en plus. Une minute d’écart à Planpraz, au 13ème km, après la première énorme montée du Brévent, 1470 mètres à avaler en 11km pour atteindre le point culminant de la boucle, à 2471m d’altitude. Puis 2 minutes à la Tête aux Vents, au 22ème km. Puis 6 minutes à Châtelard, à mi-course, avant d’attaquer la montée vers la Tête de l’Arolette et ses 2333m d’altitude. Ils étaient alors 2 à ses trousses, Théo Détienne et Thibaut Baronian, qui tentaient de limiter la casse.

Redoutable sur des distances comprises entre 80 et 120 kilomètres, le Russe, 3ème de l’épreuve en 2021, 4ème en 2023, semblait parfaitement gérer son affaire. Et il ne faudrait pas compter sur lui pour une défaillance. Derrière, il allait donc falloir accélérer pour espérer le revoir.

profil 90km MONT-BLANC
Le profil du 90km du Mont-Blanc.
Départ MMB 2024
À 4h00 du matin, le départ donné de la Place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix. Photo MMB
Dmitrii Mityaev tête aux Vents
Le passage en solitaire de Dmitrii Mityaev à la Tête aux Vents. Photo MBB

90km du Mont-Blanc : la remontada d’Aurélien Dunand-Pallaz

Troisième de la MaXi-Race d’Annecy début juin, Aurélien Dunand-Pallaz a préféré prendre un départ beaucoup plus prudent. A tel point qu’il accusait même un retard de 6 minutes après seulement 10km de course, passant au-delà de la 10ème position à Planpraz. Mais le Savoyard a bien géré son effort, pour revenir ensuite vers la tête de course, avalant ceux qui le précédaient un à un. À la mi-course, il accusait 12 minutes de retard mais était au pied du podium, revenu dans les baskets de François Soleilhac, auteur d’un beau début de course.

Dmitrii Mityaev Photo David Gonthier : MMB
Dmitrii Mityaev en tête dans la montée de la Tête de Balme. Photo David Gonthier / MMB
Thibaut Baronian Photo David Gonthier : MMB
Thibaut Baronian second dans la montée de la Tête de Balme. Photo David Gonthier / MMB
Aurélien Dunand-Pallaz Photo David Gonthier : MMB
Aurélien Dunand-Pallaz troisième dans la montée de la Tête de Balme. Photo David Gonthier / MMB

90km du Mont-Blanc : suspense au pied du Signal

Au ravitaillement des Bois, au 73ème kilomètre, et alors qu’il restait moins de 20 kilomètres à parcourir, le podium semblait se dessiner, avec 3 hommes bien installés en tête. Mais avec la terrible remontée vers Le Signal, plus de 1100m D+ en 8 kilomètres pour un passage à 2200 mètres d’altitude, difficile de prévoir qui plongerait le premier vers Chamonix pour monter sur la plus haute marche du podium. Le Russe semblait toujours en mesure de contenir Thibaut Baronian, 2ème à 7 minutes. Et Thibaut Baronian semblait également en mesure de contenir le retour d’Aurélien Dunand-Pallaz, 3ème à 16 minutes du leader. Mais tout n’était pas écrit à l’avance, et à l’arrière, les troupes sonnaient la charge !

90km du Mont-Blanc : un finish éblouissant, Aurélien Dunand-Pallaz dépassé

Comme en 2023, où Germain Grangier ne s’était imposé que d’1mn30 devant Louison Coiffet (et 10 minutes devant Hugo Deck, troisième), les 20 derniers kilomètres ont été spectaculaire et ont réservé leur lot de surprises. Passé en tête en haut du Signal avec 8 minutes d’avance sur Thibaut Baronian, Dmitrii Mityaev a ensuite pris 5 minutes supplémentaires avant de plonger dans la descente, s’assurant la victoire. Il s’impose finalement en 10h 44mn 14 secondes. Il devance Thibaut Baronian de 16 minutes (11h 02mn 20s).

Mais derrière, stupeur ! Car au lieu de l’attendu Aurélien Dunand-Pallaz, c’est Baptiste Petitjean qui passait en 3ème position au Signal ! 2ème du format 105km du Mozart 100 by UTMB et 9ème de la CCC 2023, le jeune Français avait compté jusqu’à 8 minutes de retard sur l’athlète Compressport, mais avait produit une montée du Signal impressionnante. Baptiste Petitjean monte sur la 3ème marche du podium. Il termine en 11h 13mn 09s. Et c’est un étonnant Théo Détienne qui, au prix d’une descente exceptionnelle, termine au pied du podium, à la 4ème place. Aurélien Dunand-Pallaz termine finalement au-delà du Top 10, à la 12ème place…

Voir les résultats complets ICI

90km du Mont-Blanc : Julie Roux et Ekaterina Mityaeva, un coude à coude exceptionnel

Et les féminines dans tout ça ? Leur course fut absolument passionnante, avec un coude à coude entre Julie Roux et la Russe Ekaterina Mityaeva, épouse de Dmitrii Mityaev. Jugez plutôt : les 2 femmes n’étant séparées que de 10 secondes après plus de 8h45 de course, n’étant jamais distantes de plus d’une minute durant la quasi totalité de l’épreuve.

Mais dans les derniers kilomètres de course, entre Le Signal et le Plan de l’Aiguille, Julie Roux laissait filer la Russe, intenable, et concédait plus de 13 minutes. Ekaterina Mityaeva pouvait plonger vers la ligne d’arrivée. Elle s’impose finalement en 12h 40mn 04s, prenant la 23ème place au général et offrant un beau doublé au couple star de l’ultra russe. Julie Roux termine deuxième, à 29 minutes de la gagnante.

Julie Roux
Julie Roux. Photo David Gonthier / MMB
Ekaterina MITYAEVA Photo David Gonthier
Ekaterina MITYAEVA. Photo David Gonthier / MMB
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L’Île Maurice, ses lagons et ses plages de sable blanc, un relief bien plus reposant que l’Île de la Réunion voisine : il n’en fallait pas plus pour aller tester la première édition du Mauritius by UTMB, nouvel événement trail dans l’océan Indien. Cécile Bertin, notre envoyée spéciale, qui avait une histoire particulière avec cette destination, avait opté pour le format 50K. Elle raconte.

Mauritius By UTMB : Sissi Cussot m’avait prévenue…

Sylvaine Cussot m’avait pourtant prévenue lors de notre petit papotage à la veille de la course (à écouter ICI) : Maurice est terre de trail, mais pas n’importe quel trail… Du technique, du qui tache, qui glisse et qui mouille et fait te demander quelle mouche t’a piquée alors qu’il était quand même beaucoup plus agréable de rester lézarder sur la plage à l’ombre des cocotiers.

J’ai une petite histoire qui me lie à cette île et qui explique en grande partie ma présence sur la ligne de départ du Bel Ombre, le 50K qui fait en réalité un peu plus de 58 km. C’est en effet là que j’ai couru mon tout premier trail, pour le Raid Amazone. Je commençais la course à pied, je ne maîtrisais même pas encore les notions de dénivelé que je m’étais retrouvée au départ d’un 17 km en pleine nature, moi qui n’avais jamais couru ailleurs qu’au jardin du Luxembourg, en plein Paris.

C’est donc là que j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce sport que je venais de découvrir. Et c’est dans l’avion de retour que je me suis jurée de courir un jour un marathon. Ma vie venait de changer à jamais, et m’entraîner aux quatre coins du monde, dans les ultra-trails les plus dingues qui puissent exister. Aussi, revenir sur cette terre alors que j’envisage très sérieusement de prendre prochainement ma retraite sportive avait un vrai sens. Une façon de boucler la boucle en quelque sorte.

Départ Mauritius by UTMB
Photo UTMB Group

Mauritius By UTMB : un « petit » 58 pour profiter pleinement

Avec une préparation axée cette année exclusivement sur la route pour préparer les majors qui manquent à ma collection, la distance de 58 km me semblait la plus raisonnable. Et c’est avec l’idée de ne surtout pas me blesser gravement et de compromettre la suite de mon programme que je me suis alignée au départ. Avec Berlin le 29 septembre et Chicago le 13 octobre, une entorse façon Casquette Verte n’est pas envisageable. 58 km, c’est donc à la fois assez long pour découvrir ce nouvel événement et pas trop non plus pour récupérer rapidement.

Question cahier des charges, pas de doute : l’expérience « by UTMB » que revendique souvent Catherine Poletti dans ses interviews pour parler du circuit mondial est au rendez-vous. Le Château Bel Ombre, qui est en réalité une superbe maison de type colonial dans un parc arboré de toute beauté, pose l’événement. C’est la grande classe. Seul détail qu’hélas aucune organisation ne peut maîtriser : la météo annoncée. Il pleut déjà depuis plusieurs jours et ce sera aussi le programme de mon épreuve. Aucun risque d’attraper froid, il fait doux, ce qui ne rend pas nécessaire le port de la veste, mais l’impact sur le terrain promet d’être colossal.

Mauritius by UTMB 2
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Mauritius By UTMB : de la boue partout partout

De la boue sous toutes ses formes résume assez bien ce que l’on a affronté. Entre la glaise qui colle aux semelles à un point que tu espères une rivière pour pouvoir les alléger un peu, la boue liquide qui glisse, la boue plus épaisse qui te fait partir en aqua-planning, rien ne nous a été épargné. Et je ne parle pas de ce moment où, face à une mini-falaise type mur boueux infranchissable, il a fallu faire jouer la solidarité entre coureurs pour passer l’obstacle, entre ceux qui poussaient et ceux qui tiraient depuis le haut. Épique !

Je ne compte pas non plus les rivières traversées, plus ou moins hautes, dont une avec de l’eau largement au-dessus des genoux, ni les baïnes salées à souhait que mes ampoules n’ont apprécié que très moyennement. Pour le coup, le dénivelé (1800m D+) est finalement ce qu’il y avait de plus accessible dans cette petite balade mêlant jungle et savane.

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Mauritius By UTMB : faune sauvage et balisage… sauvage

Prenant largement mon temps – prudence, prudence -, je me suis retrouvée à finir de nuit. Et qui dit nuit dit troupeaux de cerfs, mais aussi ronflements de sangliers que mes acolytes et moi feront tout pour ne pas réveiller. Sans oublier des dizaines de petites grenouilles sur les sentiers, que j’ai tout fait pour ne pas écraser.

Si le balisage était dans l’ensemble plutôt correct, la nuit, cela s’est un peu compliqué. Il n’y avait clairement pas assez de patchs réflecteurs, et sans trace GPX, il était facile de rater un embranchement et de faire quelques centaines de mètres supplémentaires. Question ravitaillement, il faut être lucide : on se trouve sous des latitudes où il faut oublier le saucisson et le fromage ! Mais en revanche, pas de problème de quantité : même en étant très vite reléguée parmi les derniers coureurs de la distance, je n’ai jamais manqué de rien.

Quant à l’arrivée, de nuit pour moi, elle était, comme le départ, très réussie ! C’est d’ailleurs le seul point positif d’avoir été aussi lente : l’effet « whaou » que je n’aurais pas pu apprécier en arrivant de jour. Imaginez un petit chemin le long du lagon, avec des dizaines de lampes qui vous guident jusqu’à l’arche d’arrivée, le bruit de l’océan et les petits crabes que l’on aperçoit courant sur le sable fin… OK, tout cela est très cliché, mais c’est exactement ce que j’étais venue chercher !

Mauritius by UTMB 3
Photo UTMB Group

Mauritius By UTMB : le verdict

Alors, on en pense quoi de ce Mauritius By UTMB ? Avec toute l’honnêteté qui me caractérise, on sent bien que c’est une première édition, qui mérite que certains défauts soient corrigés. Rien de dramatique, il faut souvent une petite mise à jour après le lancement d’un nouveau produit sur le marché et j’espère sincèrement que l’organisation tiendra compte des remontées des coureurs des différents formats pour corriger le tir et faire de cette course une incontournable dans cette partie du monde.

Idéalement, il faudrait veiller à ce que le balisage soit plus régulier ! Entre le « sur balisage » et le « sous balisage », il y a eu quelques ratés, particulièrement au niveau des petits panneaux réfléchissants qui, la nuit, rassurent les traileurs sans la trace GPX. Évidemment, le prix du dossard est aussi trop élevé. S’il est au niveau de ce qu’on trouve en France sur le circuit UTMB, il prive bon nombre de Mauriciens de la fête ! Certes, l’organisation avait bien prévu un tarif spécial pour les locaux, mais encore trop élevé sur une île où le salaire minimum est de 400€ par mois !

Enfin, question terrain de jeu, aucun doute : l’Île Maurice est à la hauteur ! Ce territoire est tellement incroyable de beauté qu’il mérite qu’on vienne le découvrir pour lui-même. Et même si ce sont des montagnes volcaniques et pas les Alpes, croyez-moi, vous aurez le sentiment, en passant la ligne d’arrivée, de sacrément les avoir méritées, vos running stones !

Voir les résultats de toutes les courses ICI

Résultats Mauritius by UTMB
Les podiums des 4 courses. Source UTMB
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Absent des trois premières manches de la Golden Trail World Series 2024, le Suisse Rémi Bonnet, grand vainqueur des deux dernières éditions, fait sa rentrée sur le Marathon du Mont-Blanc, qu’il a remporté haut la main l’an dernier. Mickael Mussard lui a demandé comment il abordait cette nouvelle saison.

Rémi, comment vas-tu avant cette première compétition ?

Rémi Bonnet : Ça va ! Je me sens en forme et motivé de revenir sur une grosse course et une épreuve de la Golden Trail World Series. Ça fait un moment que je n’ai pas épinglé un dossard d’une grosse course, donc j’ai hâte.

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Photo Mickael Mussard

Pourquoi avoir attendu la 4ème étape de la Golden Trail Series et le Marathon du Mont-Blanc pour revenir ?

R B : Je pense que j’avais besoin de me reposer mentalement. Physiquement je me sentais encore en bonne forme après la saison d’hiver, même si on a eu une grosse saison en Coupe du monde, mais j’ai senti que mentalement j’avais besoin de relâcher la pression, et ça m’a fait du bien ! Maintenant je pense que je suis bien reposé et bien entraîné. On a fait beaucoup de volume en ce début de saison, ce que je n’avais pas pu forcément faire les années précédentes. Du coup, je pense que je serai en meilleure forme !

Tu te sens plus fort que l’année dernière ?

R B : Sur les distances marathon, oui. J’ai pu faire beaucoup de volume et je pense que je serai un peu plus costaud sur les fins de course. On verra bien ce que ça dit, mais en tout cas les sensations sont bonnes et tous les voyants sont au vert.

Quels sont tes objectifs sur ce Marathon du Mont-Blanc ?

R B : Je suis venu pour gagner, c’est clair ! Je veux faire le doublé et essayer de refaire un gros chrono comme l’année dernière. Après, le niveau augmente d’année en année et on ne sait jamais qui sera en forme, qui pourra être l’outsider, mais je veux faire ma course et voir ce que ça amène.



Tu parles des autres coureurs. Même s’il ne sera pas là dimanche, que penses-tu du niveau de Patrick Kipgneno ?

R B : Il a fait de belles courses en ce début de saison, mais c’est difficile de savoir à quel point il est fort. Est-ce que c’est lui qui a progressé ou les autres qui étaient un peu moins en forme sur les deux premières courses ? C’est difficile à jauger, il faudra voir ça sur les premières confrontations. Je pense qu’il est plus fort, surtout que l’année dernière il était gêné par une blessure au genou, mais on verra.

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Photo Martina Valmassoi

Et Elhousine Elazzoui ?

R B : Je pense qu’il a pris en confiance, il a vu qu’il pouvait gagner des courses et ça lui réussit. Avant, il était là mais il attendait les autres et n’osait pas trop partir tout seul. Je pense que là, il a compris qu’il pouvait gagner et ça change tout pour lui, donc il sera certainement plus fort que l’année passée.

L’an dernier tu n’as pas réussi à remporter la finale en Italie. Comment tu l’expliques ?

R B : On a pris du temps pour analyser cet échec. J’avais très bien préparé les courses en altitude, j’en avais fait une priorité, et finalement, je suis peut-être arrivé fatigué et dans le creux de la vague à la finale. J’avais passé beaucoup de temps en altitude pour m’entraîner et ça explique peut-être un peu tout ça. Les autres étaient en grande forme, ça explique clairement que je n’ai pas réussi à les battre, ce jour-là ils étaient plus forts. Mais malgré ça j’ai coché la plupart de mes objectifs de l’année dernière et j’ai remporté le général, c’est le plus important au final.

Il en manque quand même une… Sierre-Zinal… Quel est l’objectif cette année ?

R B : Oui, toujours Sierre-Zinal ! Chaque année je dis que je veux la gagner et chaque année je fais un peu de la merde. Il faut que je trouve un moyen de conjurer le sort et surtout d’arriver avec un peu moins de pression. Je vais bien la préparer, ce sera clairement l’objectif de ma saison, mais voilà, j’essaie aussi de prendre du recul.

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Photo Mickael Mussard

Kilian Jornet paraît très en forme lui aussi, comme on a pu le voir à Zegama. Crois-tu que tu peux le battre sans pépin physique ou maladie ?

R B : Je pense que oui ! Après, s’il est capable de courir au niveau de son record, c’est certain, ça sera très dur. Mais je pense qu’avec les entraînements que j’ai faits la saison dernière j’étais capable de me battre contre lui. Je pouvais faire un très gros chrono, je me sentais vraiment très en forme avant de tomber malade. En tout cas, je vais me battre et essayer de le dépasser.

Et quels sont tes objectifs sur cette saison 2024 ?

R B : Zinal est mon objectif numéro 1, et ensuite le classement général de la Golden Trail Series.

Qu’est-ce qui te fait encore rêver sur la Golden, toi qui es là depuis la toute première course, que tu as d’ailleurs remportée, à Zegama en 2018 ?

R B : C’est vrai que j’ai l’impression d’avoir tout vu et si je remporte Sierre-Zinal, j’aurais tout gagné. Quand on en est là, c’est compliqué de trouver la motivation pour repartir une année de plus, après 5 années à faire la même chose. J’espère que de nouvelles courses feront leur apparition. Et s’il y a des courses que j’ai encore envie de gagner, je repartirai de nouveau !

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Photo David Gonthier
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Une boucle mythique de 42 km et 2540m D+ au départ de la place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix. Dimanche 30 juin, le Marathon du Mont-Blanc, 4ème étape de la saison de la Golden Trail World Series, promet d’être passionnant, avec un niveau élite exceptionnel. Et, dans la tête des candidats à la victoire, 2 monstres sacrés à battre : Rémi Bonnet et Sophia Laukli, tous deux vainqueurs en 2023.

Voir les spécificités du parcours ICI

Marathon du Mont-Blanc : Rémi Bonnet peut-il encore battre tout le monde ?

4ème étape de la saison de la Golden Trail World Series, le mythique Marathon du Mont-Blanc est l’épreuve qu’ont choisie de nombreux coureurs pour faire leur rentrée dans cette saison 2024. C’est en particulier le cas de Rémi Bonnet, dont tout le monde attend le retour avec impatience. Le Suisse du team Salomon, grand vainqueur des saisons 2022 et 2023 de la Golden, prendra certainement le départ pour gagner. Pour rappel, après avoir essuyé des échecs, il avait enfin réussi à s’imposer sur cette course en 2023, écrasant la concurrence de toute sa classe. Mais il devra se méfier du Marocain Elhousine Elazzaoui, du team NNormal, actuel leader de la Series et auteur de 3 podiums consécutifs depuis le début de l’année, dont une remarquable deuxième place derrière Kilian Jornet à Zegama.

Le Suisse Roberto Delorenzi, du team Brooks, est lui aussi un sérieux candidat au podium. Il vient de décrocher le titre de champion d’Europe sur la course de montagne « Up and Down » à Annecy fin mai. Il faudra aussi avoir un œil sur le Polonais Bart Przedwojewski, également chez Salomon, qui signe un retour en forme cette saison. Il l’a notamment prouvé sur Zegama en terminant sur le podium derrière Kilian Jornet et Elhousine Elazzaoui.

L’Italien Daniel Pattis, du team Brooks, qui est monté pour la première fois sur le podium d’une course de la GTWS en Chine en mars, serait très heureux de renouveler l’exploit au Mont-Blanc. Il faudra également garder un œil sur des garçons comme le Kenyan Robert Pkemoi, l’Italien Francesco Puppi et Cesare Maestri. Enfin, côté tricolore, on suivra les performances de Frédéric Tranchand, du team Scott, et d’Anthony Felber, du team Sidas X Matryx.

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Rémi Bonnet. Photo David Gonthier / GTWS 2023

Marathon du Mont-Blanc : Sophia Laukli pour un doublé ?

Alors qu’une blessure l’a tenue éloignée des sentiers en ce début de saison, l’Américaine Sophia Laukli, du team Salomon, tenante du titre, devrait faire son retour sur le Marathon du Mont-Blanc. Si elle a retrouvé son meilleur niveau, qui lui avait permis de s’imposer l’an dernier, elle sera très difficile à battre. Pour autant, elle devra se méfier de l’inépuisable Maude Mathys, du team Asics, qui a remporté la première manche de la Golden au Japon et a terminé deuxième de la manche en Chine.

Autre retour très attendu, celui de la Roumaine Madalina Florea (team Salomon) qui a montré lors des récents championnats d’Europe qu’elle était en forme, elle qui a notamment remporté la finale de la GTWS en 2023. La Suissesse Judith Wyder, du team Hoka, est également très attendue sur ce Marathon du Mont-Blanc. Deuxième du classement général de la GTWS 2023 a égalité de points avec Sophia Laukli, elle aura certainement envie de frapper très fort dès sa première course.

Il faudra également surveiller de près la Chinoise Miao Yao (team Salomon), qui a terminé 2ème de la course l’année dernière et sera une sérieuse candidate au podium. La densité étant exceptionnelle, on retrouvera également sur la ligne de départ la championne du monde 2023 et d’Europe 2024 de trail Clémentine Geoffray, du team Kiprun, qui a repris une bonne dose de confiance après son exploit à Annecy.

Parmi les autres candidates au podium, notons la Norvégienne Sylvia Nordskar, la Suissesse Theres Leboeuf, la Néo-Zélandaise Caitlin Fielder ou encore l’Allemande Daniela Oemus. La certitude d’une course très disputée.

La course sera à suivre en direct sur Eurosport et sur YouTube ICI

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Sophia Laukli en 2023. Photo Haugeard Gaetan / GTWS
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15 heures et 1 petite minute pour boucler les 115 kilomètres et 7300 mètres de D+ de l’UTCAM 2024. En s’imposant à Saint-Martin de Vésubie après une course menée de bout en bout, le Breton Théo Le Boudec a frappé un grand coup.

Voir le film de sa victoire réalisé par Marc Brulard ICI

UTCAM 2024 : Théo Le Boudec en mode missile

Il avait hâte de rallumer la frontale et de prendre le départ du grand format de l’UTCAM 2024 à Monaco, histoire de retrouver les sensations d’une nuit complète en montagne. Et surtout histoire d’arriver le plus vite possible, une fois la nuit avalée, à quelques pas de son domicile de cœur, dans ce Mercantour où il s’entraîne désormais.

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Théo Le Boudec au départ, le regard tourné vers le Mercantour…

Parti très vite, Théo Le Boudec est arrivé à la Turbie dans le même temps que les meilleurs coureurs du Kilomètre Vertical, alors qu’il avait encore plus de 100 kilomètres à parcourir. C’est dire si le Breton n’était pas venu pour enfiler des perles. Après une nuit sous les étoiles, tout en gestion à la tête de la course, Théo Le Boudec a progressivement creusé l’écart sur ses poursuivants, même si les redoutables montées qui se sont succédées au petit matin l’ont bien entamé.

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Au cœur de la nuit, Théo Le Boudec plein de volonté lors d’un ravitaillement.

UTCAM 2024 : l’esprit vers les Lumières du Mercantour

Si la montée à la Valette de Prals lui a donné du fil à retordre, il a serré les dents et n’a rien lâché, déterminé à aller chercher son Graal. Et surtout, avec dans un coin de sa tête le projet qu’il a avec Christophe Tieran, qui l’a accompagné sur une partie du parcours, de Grande Traversée du Mercantour (225 km) en duo à venir pour septembre.

Pour mémoire, l’ultra-traileur Christophe Tieran s’est illustré en 2020 en ralliant les 7 plus hauts sommets du Mercantour en courant. Ce nouveau projet, qui porte le nom de « Quand les Lumières s’allument », est certainement ce qui a permis à Théo Le Boudec d’oublier la douleur pour relancer dans la descente de la Palu et aller chercher la victoire dans un final tout en émotion.

Il s’impose avec près de 43 minutes d’avance sur le second, Steve Jacquin, et plus d’1h30 sur Vincent Bachot. Chez les femmes, la victoire revient à Laetitia Collon, qui prend la 13ème place au scratch.

Voir le reportage sur la traversée des 7 plus hauts sommets du Mercantour par Christophe Tieran ICI

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La victoire et l’émotion.

UTCAM 2024 : une course « à la Théo » !

Sur les réseaux sociaux, Théo Le Boudec a livré une belle version de sa course.

” Un week-end fort en émotions qui vient remplir le bocal à souvenirs. Que c’est bon de vivre ces moments de sport, ces moments de vie… De gagner à la maison. Lever cette banderole les yeux rivés sur notre « petit coin de paradis » était pour moi un rêve.

Théo Le Boudec 3
Théo Le Boudec banderole dans les mains, bonheur absolu.

J’ai fait ma course, j’ai couru avec mon cœur en mettant de côté l’aspect « data » et tactique. Cette fougue me prive peut-être d’une course pleine, d’un chrono. Mais je n’ai aucun regret, je venais ici pour courir à ma façon, courir « à la Théo ». Je suis tellement reconnaissant envers l’organisation de l’UTCAM, les bénévoles présents de jour comme de nuit, l’équipe de production du film… Merci pour votre bienveillance, pour l’accueil chaleureux.

Je ne peux pas oublier ma Clem Tedesco (Clémence Tedesco, qualifiée pour le Championnat du Monde d’Ironman 2024, NDLR) qui aura assuré une nuit complète d’assistance en trouvant toujours les justes mots pour me relancer. Merci d’être toi, de croire en moi au quotidien. C’est victoire, c’est bien évidemment aussi la tienne !

Merci à ceux qui me suivent de près comme de loin (PS : et à ceux qui m’ont lâchement lâché, merci de me donner encore plus de force). J’ai hâte de vous amener avec moi vers la suite de ma saison. Après quelques jours de repos, il sera temps de se tourner vers « Quand les Lumières s’allument » et de retrouver l’équipe afin de continuer de remplir le bocal à souvenirs. La suite s’annonce lumineuse et pleine de rêves ! “

Théo Le Boudec 2
En plein cœur du Mercantour majestueux.

UTCAM 2024 : les podiums de toutes les courses

L’UTCAM 2024, ce sont 6 courses de 5 à 125 km plus un relais en duo.

UTCAM 125 km

1 – Théo LE BOUDEC
2 – Steve JACQUIN
3 – Vincent BACHOT

1 – Laetitia COLLON
2 – Christel ROBIN
3 – Sandrine MUSSEAU

UTCAM 125 km relais à 2

1 – Clément MALATERRE / Bruno VOUHE
2 – Nicolas PAQUET / Maxime DRIVET
3 – Vivien SELLIER / Pascal DULERMO

UTCAM 75 km

1 – Judicael BELLANGER
2 –  François HOLZERNY
3 – Aymeric LE SCOUARNEC

1 – Alice OLIVIER
2 – Mathilde DUJON
3 – Sophie MARTINS

UTCAM 50 km

1 – Rémi MARTINEZ
2 – Benoît OUTTERS
3 – Joël ARTIERI

1 – Christele CARRILLO
2 – Eva LORUSSO
3 – Paola DECOUSSER

UTCAM 30 km, Skyrace du Mercantour

1 – Alain SANTAMARIA
2 – Ruy UEDA
3 – Lorenzo BELTRAMI

1 – Ariadna FENES
2 – Naiara IRIGOYEN
3 – Holly WOOTTEN

UTCAM 10 km

1 – Vincent VIALLEFONT
2 – Simon GUIGNARD
3 – Julien. NAVARRO

1 – Audrey BACILE
2 – Noémie GARNIER
3 – Marie GALLO

UTCAM VERTICAL 5 KM

1 – Frédéric GALERY
2 – François BOULARD
3 – Iver HOLEN

1 – Valérie RAIBAUT
2 – Nadezhda SOLOVEVA
3 – Céline GUIEU

Voir les résultats complets ICI

Le film de la victoire de Théo Le Boudec

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Premier Français de la Golden Trail World Series en 2023, Anthony Felber va faire sa rentrée des classes 2024 dimanche 30 juin sur le mythique Marathon du Mont-Blanc, 4e manche de la Golden Trail World Series 2024. Une course où il a fait 8ème en 2022 et 9ème en 2023, et où il espère faire un top 5 cette année malgré une grosse densité prévue. Mickael Mussard l’a rencontré. État des lieux.

Tu fais partie de ces athlètes qui n’ont pas encore couru depuis le début de la saison. On a donc envie de te demander comment tu vas ?

Anthony Felber : Ça va super bien ! Je suis vraiment content de ce début de saison où j’ai pu bien me préparer et faire de bons cycles d’entraînement. Honnêtement, je me sens plus en forme que l’année dernière et j’ai donc hâte de m’attaquer à de grosses courses maintenant.

Tu vas faire ton entrée sur le Marathon du Mont-Blanc. Pourquoi avoir choisi cette course ?

Anthony Felber : D’abord, parce que c’est une course à ma maison et qu’il y a tout l’engouement qui va avec. Ensuite, c’est une course que je fais depuis trois ans mais j’ai le sentiment de ne jamais avoir fait ce que je voulais vraiment faire. Donc l’objectif cette année est d’apprendre des deux années précédentes. Je sais que je peux m’améliorer sur certains points et l’objectif sera d’aller chercher un top 5 en m’appuyant sur l’expérience. 

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Sur le Marathon du Mont-Blanc 2023, qu’il a terminé à la 9ème place. Photo Martina Valmassoi

Est-ce que tu as changé quelque chose dans ta préparation par rapport aux années précédentes ? 

Anthony Felber : Oui, cette année j’ai beaucoup plus couru pendant l’hiver. L’année dernière j’avais passé quasiment tout l’hiver sur les skis. Là, j’ai fait un mix entre ski et course à pied ; le volume je le faisais en ski et les intensités en course. J’ai même couru sur route avec un marathon en février ! Du coup j’ai pas mal gardé de vitesse, ce qui fait que je me sens vraiment en forme notamment sur les parties roulantes.

Quels sont les athlètes dont tu te méfies sur ce Marathon du Mont-Blanc ? 

Anthony Felber : Je n’ai pas vraiment regardé la start-list mais on sait que Rémi Bonnet devrait être injouable. Après, je me méfie de gens comme Elhousine Elazzaoui qui a été très costaud cette année sur toutes les courses de la Golden Trail Series. Et il y a aussi Bart Przedwojewski qui est très fort, ou encore Francesco Puppi ou Roberto Delorenzi qui sont toujours très solides.

Après ce Marathon du Mont-Blanc, as-tu prévu de courir d’autres courses de la Golden Trail Series ?

Anthony Felber : J’ai prévu d’aller à Sierre-Zinal, mais pour le moment ce sont les deux seules courses que j’ai cochées. Le souci c’est que le format de la finale de la Golden ne me convient pas vraiment, c’est trop court pour moi. Mais je ne ferme pas les portes, je me laisse la possibilité d’aviser en fonction des résultats. Je pourrais jouer le général mais je préfère prendre les courses une à une pour pouvoir en profiter au maximum. Ce sont des courses qui me font rêver et j’ai eu tendance dans le passé à rester sur la réserve car je ne voulais pas me griller pour le reste de la saison. Je sais que, puisque ce sont des manches Golden Trail Series, il va y avoir du niveau et ça va être de sacrées belles courses !

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Poignée de main avec Kilian Jornet à l’arrivée de Sierre-Zinal 2022, où il termine à la 11ème place. Photo GTWS

Est-ce que le fait que ça soit des manches Golden Trail Series, justement, change quelque chose pour toi ?

Anthony Felber : Je sais que je connais pas mal de monde pour avoir fait le circuit les deux dernières années, donc, en plus de la compétitivité, ça me permet de revoir les copains, le staff, et ça c’est quelque chose de plaisant. Je sais aussi qu’il y a beaucoup d’ambiance sur les courses, un gros suivi médiatique, donc ça donne forcément envie d’y participer même si on ne fait pas toute la Series.

Que penses-tu du niveau général cette année ?

Anthony Felber : Je n’ai pas encore couru sur le circuit donc c’est un peu plus compliqué de juger le niveau mais j’ai suivi les résultats et ce qui m’impressionne c’est surtout la densité. Les tous meilleurs sont impressionnants et pour moi ils sont sur une autre planète. Quand on regarde ensuite ceux qui peuvent jouer le top 5, on retrouve une densité folle. Je suis juste un peu déçu qu’il n’y ait pas eu plus de Français en Asie…

Justement, puisque tu parles de l’absence des Français, comment expliques-tu qu’il y ait si peu de Français sur la Golden Trail Series, toi qui as terminé 1er Français l’année dernière ?

Anthony Felber : Premièrement, je pense que cette année est un peu particulière pour les Français car on avait les Europe à la maison et donc, beaucoup d’athlètes se sont investis en vue de ces championnats alors que beaucoup de nations n’ont pas joué le jeu jusqu’au bout. Certains ont donc dû faire des choix, ce qui explique peut-être qu’ils ne sont pas venus sur la Golden. Ensuite, je pense que la France est une nation de trail certes, mais peut-être avec une culture plus tournée vers des formats un peu plus longs que ce que propose la Golden Trail Series. On voit bien que chez nous les jeunes ont tout de suite envie d’aller sur des 50, 60, 80 kilomètres. Malgré tout, il reste quelques noms intéressants à suivre, comme Frédéric Tranchand par exemple !

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Sierre-Zinal 2023 (18ème place). Photo Martina Valmassoi
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À un moment donné de sa vie, chaque coureur cesse de s’améliorer. Les performances en course commencent à stagner et il devient plus difficile d’établir un nouveau record personnel (RP). Ces plateaux de performance, courants, surviennent souvent après trois à quatre courses sans résultat notable, et ce malgré une bonne préparation. Même si tous les indicateurs tendent vers une amélioration, celle-ci ne se produit tout simplement pas. Pourquoi ? Plutôt que vous décourager et baisser les bras avec fatalité, il s’agit alors d’identifier les « points noirs » dans votre entraînement – d’où l’importance de tenir un journal d’entraînement – qui conduisent à ces plateaux de performance et vous empêchent de courir plus vite. Vous saurez alors comment réagir pour recommencer à progresser.

Plateau de performance : les dysfonctionnements annexes

Avant de commencer, abordons rapidement les quelques dysfonctionnements annexes qui ralentissent généralement la progression. Chaque fois que vous vous entraînez dur ou que vous voulez aller chercher un résultat sur une course, il est nécessaire d’éviter autant que faire se peut ces situations pour ne pas impacter votre forme physique.

– Manque de sommeil. Cela réduit la récupération et l’adaptation à vos entraînements.
– Des niveaux élevés de stress. Le stress professionnel, familial ou relationnel peut libérer des hormones de stress qui réduisent votre capacité à récupérer après des séances d’entraînement intenses.
– Faible disponibilité énergétique. Ne pas manger suffisamment de calories peut vous prédisposer aux blessures osseuses, au manque d’énergie et à une mauvaise récupération.

Si vous dormez bien, n’êtes pas trop stressé et si vous mangez suffisamment, vous êtes prêt à vous entraîner dur et à performer. Alors si vous stagnez malgré tout, la question de comment maintenir le cap et éviter un plateau de performance se pose, vérifiez que vous ne butez pas à cause d’un de ces cinq points noirs de la progression.

Lire aussi : Les 5 meilleurs entraînements simples pour augmenter sa vitesse de course ICI

Performance 2 Photo Stéphane Demard
Photo Stéphane Demard

1. Plateau de performance : votre kilométrage ne progresse pas

Si vous souhaitez continuer à progresser en course, votre entraînement doit continuer à progresser au fil du temps. Or de nombreux coureurs passent des années à courir à peu près le même niveau de kilométrage, avec seulement de petites augmentations pendant quelques semaines durant les pics d’entraînement. Beaucoup d’entre eux se comportent ainsi parce qu’ils ont peur des « kilomètres inutiles ». Cela signifie que chaque cycle d’entraînement se ressemble : un kilométrage de départ très faible qui augmente progressivement au cours d’une saison de 16 à 20 semaines et se termine à peu près au même niveau que celui du cycle précédent.

Mais si les coureurs veulent terminer les courses plus rapidement que jamais, ils doivent en contrepartie s’entraîner comme jamais auparavant. Cela signifie généralement courir davantage, afin d’avoir une capacité d’endurance accrue. Tant que les augmentations sont progressives et que vous êtes en bonne santé, il est donc raisonnable de supposer qu’un kilométrage plus important est une bonne chose.

2. Plateau de performance : les blessures empêchent la cohérence de vos entraînements

Malheureusement, les blessures sont une partie courante et incontournable de la vie d’un coureur. Environ 50 à 75 % d’entre eux subissent une blessure chaque année. Si vous faites partie de ces coureurs qui doivent s’entraîner en gérant des blessures chaque saison, c’est assurément un facteur majeur dans votre incapacité à continuer à progresser. Car il n’y a pas d’« ingrédient secret » pour réussir en tant que coureur : il faut une cohérence dans le temps. Aucun objectif d’entraînement ne peut être atteint sans cohérence. Résoudre ce problème de blessures débloquera donc de nouveaux niveaux de forme physique lorsque vous serez en mesure de vous entraîner de manière plus cohérente.

3. Plateau de performance : l’entraînement de vitesse n’est pas votre priorité

L’entraînement de vitesse est souvent négligé au profit de l’entraînement en endurance fondamentale. On parle généralement d’un rapport 80%/20%, voire moins. Pourtant, travailler la vitesse présente bien plus d’avantages que le simple fait de vous aider à courir plus vite. Des entraînements de vitesse peuvent :

– Améliorez votre économie de course à pied, afin de pouvoir faire le même effort avec moins d’énergie ;
– Augmentez le rythme de votre rythme aérobie maximum, afin de pouvoir courir plus vite sans vous endetter d’oxygène ;
– Améliorez votre capacité à produire de la force, afin que vous puissiez littéralement courir plus vite.

Même les ultra-traileurs tireront un bénéfice d’un entraînement de vitesse stratégique et bien dosé. Ainsi l’entraînement « R » par répétition imaginé par le célèbre coach Jack Daniels, qui comprend de courtes répétitions à une vitesse très rapide avec une récupération complète, permet d’augmenter le débit cardiaque, d’améliorer la mécanique de la foulée et l’économie de course. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’aucun coureur n’atteindra son potentiel sans effectuer des entraînements de vitesse.

Performance 3 Photo Stéphane Demard
Photo Stéphane Demard

4. Plateau de performance : vos sorties longues ne sont pas suffisantes

Chaque traileur ou ultra-traileur rêve d’être plus endurant. C’est sans surprise l’une des compétences physiques les plus prisées. Cela signifie que nous devons donner la priorité à la séance d’entraînement qui développe le plus l’endurance : la sortie longue. Elle constitue la pierre angulaire de l’entraînement d’endurance car elle apporte de nombreux avantages :

– Des capillaires plus denses, qui permettent un meilleur transport de l’oxygène vers les muscles sollicités par l’effort ;
– Des muscles plus forts, car oui, courir très longtemps augmente la force ! ;
– Une meilleure mécanique de course
, car votre cerveau apprend par la pratique à améliorer subtilement l’efficacité de votre foulée ;
– Une force mentale, qui permet d’être psychologiquement à l’aise en courant pendant deux à trois heures ;
– Une amélioration du rendement énergétique, puisque vous parviendrez mieux à économiser le glycogène musculaire et à brûler plus de graisse en pourcentage des calories globales brûlées.

Tout comme l’entraînement de vitesse, la sortie longue est donc essentielle dans la progression du coureur, et doit s’inscrire dans tout programme d’entraînement cohérent. S’en priver, c’est assurément stagner.

5. Plateau de performance : vous ne courez pas assez

La course est une compétence qui doit être développée, affinée et perfectionnée avec la pratique. Si vous ne courez pas régulièrement, vous ne pourrez pas vous perfectionner. Le parti pris de nombreux entraîneurs est d’encourager à faire davantage de sorties sur des distances plutôt courtes, entre 10 et 20 kilomètres. Les sorties sur des distances plus longues, 30 à 40 kilomètres, même si elles sont essentielles à la progression, sollicitent davantage l’organisme corps et nécessitent un temps de récupération supplémentaire. Vous ne pouvez donc pas courir suffisamment souvent lorsque vous multipliez les séances sur ces distances. Cela signifie que les courses sont nécessairement moins fréquentes. Les ultra-traileurs doivent savoir doser s’ils veulent progresser et endurance et éviter les blessures.

Plateau de performance : travaillez tous les secteurs

Vous l’aurez compris, si vous voulez éviter de stagner et continuer à progresser dans votre pratique, vous devez travailler sur tous les fronts. La vitesse engendre la vitesse, et vous serez mieux disposé à vous améliorer si vous vous améliorez déjà sur les autres plans. Vous accélérerez également votre courbe d’apprentissage. Ainsi, même si chaque coureur rencontre tôt ou tard des « plateaux de performance », les cinq « points noirs » que nous avons listés permettent, lorsqu’ils sont identifiés, de changer de cap. Analysez votre journal d’entraînement, voyez si vous faites l’une de ces erreurs et vous pourrez bientôt franchir votre propre plateau.

Performance 4 Photo Stéphane Demard
Photo Stéphane Demard
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Conçues pour aller vite, sur des terrains roulants, les chaussures à plaque carbone inondent le marché depuis quelques mois. Déconseillées pour les ultras hyper techniques et plus généralement pour les débutants, leur prix est parfois prohibitif. Mais si ces super-shoes de trail se destinent principalement à des coureurs de tête de peloton, les coureurs de bon niveau pourraient aussi parfois y trouver leur bonheur.

New Balance SUPERCOMP TRAIL

New Balance
New Balance

Légère, avec une empeigne solide en double mesh doux et aéré, cette SuperComp Trail a un fit plutôt étroit à l’enfilage. Les protections en TPU sont sommaires, tandis que le renfort au talon assure un bon maintien. À haute vitesse, le confort est appréciable, même si la hauteur du stack (36,5 au talon) et le drop conséquent (10mm) éloignent un peu trop le pied du sentier. La plaque carbone permet une bonne stabilité sur du roulant, mais l’absence de souplesse sera limitante sur du technique. Quant à la semelle Vibram Litebase dotée de crampons robustes de 4mm, elle est l’assurance d’une bonne adhérence.

Prix : 220 euros

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Asics FUJISPEED 2

Ascis Fuji Speed 2
Ascis Fuji Speed 2

Amorti doux, relance discrète et plaque carbone, la Fuji Speed 2 est dans l’air du temps. Les protections sont minimalistes, le mesh en stretch aéré permet au pied de respirer, et la large languette à soufflets sera à ajuster à chaque enfilage sous peine de plis gênants. L’amorti moelleux au talon est une surprise pour un modèle de course. La dynamique est bonne sans être exceptionnelle, et on ne sent pas la plaque carbone. À haute vitesse, le rendement s’améliore. Point très positif : la chaussure épouse parfaitement le sentier, permettant une précision de la pose de pied. Côté accroche, la semelle extérieure ajourée est performante, avec un faible risque de voir des petits cailloux se fixer dans les alvéoles.

Prix : 180€

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The North Face SUMMIT VECTIV PRO 2

The North Face
The North Face

Équipée de la dernière mousse réactive DREAM et d’une plaque VECTIV 2.0 en fibre de carbone combinant résistance, haut rebond et amorti plus efficace, la chaussure la plus dynamique de The North Face a été repensée pour offrir la même propulsion sur terrain roulant que sur sentier irrégulier.

Prix : 250 euros

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Adidas – TERREX AGRAVIC SPEED ULTRA

Adidas
Adidas

Voici la toute première chaussure de trail à plaque carbone fabriquée par adidas. Enfn, plutôt que de parler de plaque carbone, il s’agit ici plutôt des fameuses Energy Road, ces tiges en forme de fourche à l’avant et à l’arrière qui sont en fait des inserts en carbone intégrés dans la semelle, ce qui la rigidifie et permet un retour d’énergie tout en gardant une certaine souplesse de torsion. Sur terrain roulant, type large chemin forestier, les Agravic Speed Ultra se révèlent être très agréables, incitant à la vitesse et a la relance.

En revanche, sur terrain technique, on atteint vite les limites. Si les petites aspérités sont absorbées avec bonheur, les reliefs un peu volumineux, type gros cailloux, ne sont pas bien gérés par l’épaisse semelle qui a tendance à faire vriller la cheville. La prudence s’impose. Si ces chaussures feront le bonheur des coureurs élite légers à la recherche de vitesse sur des sentiers roulants, pour le caillou, oubliez-les !

Prix : 230 euros

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Nike ULTRAFLY

Nike
Nike

Grande première chez Nike dans le trail, cette paire est dotée d’une plaque Flyplate en carbone placée entre la mousse ZoomX et une semelle intermédiaire enveloppée de tissu. C’est aussi la première paire issue du partenariat entre Nike et Vibram, apportant technologie de pointe et design exclusif de la semelle Vibram.

Prix : 249,99 euros

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Hoka TECTON X2

Hoka
Hoka

Super dynamique avec deux plaques en carbone dans sa semelle ProFly-X disposées parallèlement pour une meilleure proprioception, la Tecton X2 associe son amorti signature Hoka à double densité pour une foulée rapide tout en conservant souplesse et soutien. Avec son poids optimisé, sa nouvelle tige Matryx et son accroche précise Vibram Megagrip Litebase, la Tecton X2 a tout bon.

Prix : 220 euros

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Scott ULTRA CARBON RC

Scott
Scott

Avec sa plaque en carbone Carbitex GearFlex, l’ultra Carbon RC assure à la fois une flexibilité dynamique et une rigidité bienvenue permettant d’augmenter facilement sa vitesse de course. Son système de rocker spécifique ER2 est conçu pour favoriser une posture et réduire la fatigue musculaire. Légèreté et confort, semelle extérieure ultra-adhérente, la Scott s’adresse aux coureurs/compétiteurs qui s’aventurent sur du long mais sur sentiers peu techniques.

Prix : 230 euros

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Championne du monde en titre, récente championne d’Europe, Clémentine Geoffray va courir dimanche 30 juin le Marathon du Mont-Blanc, 4ème manche de la Golden Trail Series 2024. C’est la première fois que la Française se frotte à cette course de légende, mais aussi à une manche de la GTWS qui va rassembler les meilleures compétitrices du monde sur ce format court. Mickael Mussard lui a demandé ses ambitions et sa vision du circuit mondial.

Clémentine, comment vas-tu depuis ton titre de championne d’Europe ?

Ça va très bien ! Je suis encore sur un petit nuage. J’ai pris le temps de récupérer au niveau physique, j’ai des petites douleurs, ça a forcément laissé des traces mais c’est vrai qu’au niveau mental et moral ce titre m’a fait beaucoup de bien. Je me sens apaisée, je crois que j’en avais besoin parce que ces derniers mois ont été assez difficiles. 

Tu vas enchaîner avec le Marathon du Mont-Blanc, l’une des manches phares de la Golden Trail Series. Tu penses que tu as assez récupéré ?

Je sais que c’est un pari exigeant aussi bien au niveau mental que physique mais j’ai envie d’essayer de surfer sur cette bonne vague. Je pense déjà que par rapport aux Mondiaux de l’année dernière j’ai mieux fait les choses. Je me suis vraiment laissé du repos total pendant dix jours alors qu’après les Mondiaux j’avais recouru assez rapidement et je pense que ça ne servait à rien. Bien sûr, ça tire un peu parce que ça a été intense et le terrain était particulièrement boueux avec des appuis fuyants. Mais je pense que ça va aller. 

Tu pensais que ce doublé Mondiaux-Europe était possible ?

Honnêtement, non! Et c’est ce qui rend la chose encore plus belle. J’en avais vraiment besoin, je n’avais pas beaucoup couru et j’étais assez dans le flou en ce début de saison. La seule fois où j’ai pu me confronter aux autres athlètes c’était lors du stage de l’équipe de France, et j’étais vraiment à la rue. C’était mon seul repère, donc forcément ça ne m’a pas mise en confiance… 

Et pourquoi vouloir t’aligner sur le Marathon du Mont-Blanc ?

Je m’étais déjà inscrite l’année dernière mais je n’avais pas voulu réaliser l’enchaînement, je ne me sentais pas prête. Cette année je m’étais dit que je verrais bien comment ça se déroule mais là, ça me semble faisable. C’est quand même un bel événement, je n’y ai jamais participé, c’est donc l’occasion de le découvrir. On a aussi un rassemblement avec le team Kiprun, donc c’est vraiment une belle opportunité d’y être. On verra ensuite si les jambes répondent ou pas. 

Est-ce que le fait que ça soit une manche de la Golden Trail Series change quelque chose pour toi ?

Forcément, car je sais que le niveau va être très relevé. Mentalement, ça va être une course difficile. Après, ça reste une course historique, donc on sait qu’il y aura du monde et une belle ambiance. Je n’ai jamais couru une course de la Golden Trail Series donc j’ai hâte de voir ce que c’est, aussi bien pendant la course qu’avant. 

Clémentine Geoffray Photo David Gonthier
Clémentine Geoffray lors des championnats d’Europe à Annecy. Photo David Gonthier

Et quels sont tes objectifs ?

Je ne sais pas. J’y vais déjà pour faire une course pleine et en gestion. C’est peut-être un peu bateau comme réponse, mais j’ai surtout envie de découvrir l’événement et de faire du mieux que je peux. Je sais que le niveau sera élevé et je ne sais vraiment pas où je me situe parmi ces filles donc ça sera l’occasion de découvrir.

Justement, comment tu juges le niveau féminin sur la Golden Trail Series ? 

Il y a un très gros niveau, c’est un circuit très relevé. Je me souviens très bien du niveau de la finale l’an dernier avec Sophia Laukli, Sara Alonso, des filles comme Judith Wyder aussi. 

Des filles que tu as réussi à battre sur certaines courses, notamment Judith Wyder aux Mondiaux…

C’est vrai… Après, je pense que les formats des courses de la Golden Trail Series sont plus explosifs. Et moi, je suis meilleure sur des formats assez longs… Je ne sais pas si j’arriverais à tirer mon épingle du jeu sur des courses si intenses. 

Il y a une fille sur le circuit qui t’impressionne particulièrement ?

J’admire beaucoup Judith Wyder. Elle m’inspire beaucoup car je la trouve persévérante, elle ne lâche jamais rien et je trouve ça génial. 

Et au niveau des Français, comment expliques-tu qu’ils soient si peu représentés sur le circuit de la Golden Trail Series ?

C’est une bonne question… Blandine (L’Hirondel) avait joué le jeu pendant deux ans. Il y a eu aussi Julie Roux. Et je crois qu’elles ont toutes les deux fait de bons résultats, mais elles se dédient plus au long désormais. Chez les garçons il y a toujours Fred Tranchand. Mais c’est vrai que l’offre des circuits se diversifie et donc, il faut choisir. Personnellement j’avais essayé le Skyrunning l’année dernière en parallèle des Mondiaux, mais je vois bien que c’est compliqué de tout faire, et parfois il faut choisir, donc renoncer. Et puis il faut le dire, le niveau sur la Golden Trail Series peut aussi faire un peu peur. Certains préfèrent peut-être se rabattre sur des circuits moins relevés…

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