Après une saison 2023 vierge à cause d’une blessure au tendon d’Achille qu’elle a décidé de faire opérer, la Suissesse Maude Mathys, l’une des meilleurs mondiales sur 20 à 40 km, signe son grand retour sur le Kobe Trail, au Japon, première épreuve de la Golden Trail World Series 2024. Quelles sont ses ambitions après une si longue convalescence, elle qui a remporté la Golden en 2020 et 2021, et compte à son palmarès de nombreuses victoires sur des courses aussi prestigieuses que Sierre-Zinal ou le Marathon du Mont-Blanc ? Réponses à la veille de la première course de la saison.

Maude, ça fait un moment que l’on ne t’a plus vue sur une course de la Golden, plus précisément depuis les courses aux États-Unis en 2022. Comment vas-tu ?

Maude Mathys : Ça a été des mois très compliqués. Ça faisait déjà un moment que je traînais une douleur au tendon d’Achille – depuis 2018. Et ça s’est amplifiée. Je ne pouvais plus courir, j’avais vraiment de grosses douleurs tous les jours. Alors que je préparais un marathon durant l’hiver, j’ai vu que je n’arrivais même plus à m’entraîner et je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. J’ai donc décidé de me faire opérer en 2023.

Depuis l’opération en juin, je n’ai plus aucune douleur au tendon ! En revanche, mon corps doit se réadapter, ce qui me procure de nouvelles douleurs assez inattendues, notamment à l’insertion de l’ischio… Ça me gêne assez fortement et ça ne me permet toujours pas de m’entraîner comme je veux… Pourtant je n’ai pas l’impression d’avoir brûlé les étapes… J’ai repris progressivement, avec beaucoup de vélo. Mais c’est comme ça…

Maude Mathys Photo Colin Olivero_GTWS
Photo Colin Olivero / GTWS

Tu avais l’habitude de dominer la Golden Trail Series depuis 2020 avant tous ces pépins. Qu’est-ce que ça t’a fait d’avoir dû regarder tout ça depuis l’extérieur ?

Maude Mathys : Il y a plusieurs sentiments qui se mêlent. C’est vrai que j’avais envie de courir et de rester la favorite de la Golden, mais je ne pouvais de toute façon rien faire donc je me suis assez détachée. Et ça m’a fait du bien. J’avais moins de pression, moins de sollicitations mentales. Je l’ai pris un peu comme la période Covid où je n’avais pas le contrôle sur la situation. J’en ai profité pour récupérer mentalement et physiquement.

En revanche, maintenant que je suis rétablie et que je me suis fait opérer, j’ai une énorme motivation à revenir. Et ne pas être au top ça me frustre parce que j’ai envie de prouver que je suis toujours là. On verra samedi, peut-être que j’aurais une bonne surprise.

Comment vois-tu le niveau de la Golden cette année ?

Maude Mathys : J’ai vu le niveau évoluer depuis l’extérieur et je ne pense pas qu’il soit beaucoup plus haut qu’il y a deux ans. En revanche, je pense qu’il y a une énorme densité dans le haut du classement. Avant, c’était toujours un peu les mêmes devant, tu pouvais perdre deux minutes ce n’était pas trop grave. Là, si tu fais une erreur, tu la payes cash à cause de la densité. C’est compliqué de savoir où je me situe dans tout ça, c’est un gros point d’interrogation. Je me sens en forme, même si je pense que j’ai moins de vitesse.

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Photo Justin Galant / GTWS

Quelles sont tes ambitions pour ce Kobe Trail ?

Maude Mathys : C’est dur à prédire car même si je vais moins vite, je pense que j’ai conservé mes qualités de grimpeuse, notamment quand c’est très raide. Et là, ça sera le cas, et le terrain sera aussi très technique, donc je pense que les autres filles ne pourront pas trop faire parler leurs qualités de vitesse. Et ça, c’est bon pour moi aussi car je pense que la douleur sera moins gênante et que je pourrai jouer sur mes forces. Si tout se passe bien, un top 5 est envisageable. Mais ça va être compliqué d’aller chercher un podium parce qu’il y a une grosse densité, et on peut vite terminer 8ème si on fait la moindre erreur.

Qui est ta principale adversaire cette saison ?

Maude Mathys : J’aimerais pouvoir me battre contre Sophia (Laukli, NDLR) mais il y a pas mal de points d’interrogation. Et puis, il y a d’autres filles comme Allie McLaughlin qui est capable de beaux coups d’éclat, même si parfois elle peut passer à côté. Malen (Olsa, NDLR), la Kényane Joyce Njeru aussi… De façon générale, il y a beaucoup de personnes contre qui je n’ai jamais couru et qui seront là cette saison.

Tu dis viser le top 5 du Kobe Trail… Si à la fin de la saison tu finis 5ème au général, est-ce que tu seras satisfaite ou est-ce que ce sera une déception ?

Maude Mathys : Si je suis honnête, je pense que ça serait une déception… J’aimerais vraiment intégrer le podium à la fin de la saison. Mais je sais aussi que je n’ai pas encore retrouvé ma forme et qu’il y a encore du chemin à faire. Alors même si j’ai envie de gagner, de montrer que je suis toujours la reine, je me dis qu’il faut prendre le temps. Ça peut être une année de transition où j’accumule de la confiance pour revenir tout exploser en 2025. Je suis un peu partagée entre tous ces sentiments… Mais je me dis que c’est un bel objectif de remporter la Golden Trail Series en 2025 !

Maude Mathys Photo Justin Galant_GTWS
Photo Justin Galant / GTWS
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On pensait Mohamed El Morabity intouchable, avec ses 54 minutes d’avance, fonçant tout droit vers un deuxième sacre consécutif. Mais une étrange blessure lui a fait perdre plus de 52 minutes dans cette étape longue de 31km. Il ne possède plus que 35 secondes d’avance sur son frère Rachid et moins de 3 minutes sur Aziz Yachou. Tout se jouera donc demain sur la dernière étape, un semi-marathon qui s’annonce exceptionnel.

Marathon des Sables 5ème étape : Rachid El Morabity double la mise

Au programme du jour, un cœur de 31,4 km autour du djebel Tafeguenat pour 252m de D+ avec 3 check-points et un délai de 9h30 pour les 782 participants restants. Plateaux caillouteux, oueds asséchés, djebels, dunettes et dunes, le tout avec peu de dénivelé : c’est une étape très diversifiée, plutôt roulante, mais piégeuse pour qui ne la prendrait pas au sérieux.

Après sa victoire hier dans la 4ème étape, Rachid El Morabity, 9 fois vainqueur du Marathon des Sables, a de nouveau remporté l’étape. Partis relativement tranquillement à moins de 12,5 km/h, c’est vers le milieu de parcours que Rachid El Morabity a accéléré fortement, abattant les sections roulantes à plus de 16 km/h. Sachant qu’Aziz Yachou, qui le talonne au général, a une meilleure pointe de vitesse, il a fait le job, au train, et a distancé son compatriote mètre par mètre. Rachid El Morabity s’impose en 2h11mn43s, reprenant 40 secondes supplémentaires à son adversaire direct.

Voir la vidéo des meilleurs moments de l’étape 4 ICI

PARCOURS 5ÈME ÉTAPE
Le parcours en boucle de la 5ème étape, un superbe cœur… Source MDS

Marathon des Sables 5ème étape : l’étrange blessure de Mohamed El Morabity

Mais la grosse surprise est venue de Mohamed El Morabity. Dominateur jusque-là, et doté d’une confortable avance au général, le cadet des El Morabity termine loin de son frère, à très exactement 52mn23s, en 35ème position. Un coup de théâtre inattendu, qui rebat complètement les cartes à la veille de la dernière étape, un semi-marathon de 21km qui promet d’être palpitant.

C’est vers le dixième kilomètre de l’étape que Mohamed El Morabity a ralenti l’allure. Mais c’est surtout vers le vingtième kilomètre qu’il a commencé à marquer franchement le pas. Arrêté au troisième check-point, il s’est fait bander la cuisse gauche, et a fini l’étape au ralenti. Il a franchi la ligne d’arrivée en boîtant, le visage marqué.

Avec 35 secondes d’avance seulement, Mohamed El Morabity risque fort de voir son frère, motivé comme jamais, revenir sur lui. Et sans doute également Aziz Yachou, qui rêve toujours de victoire et passera certainement à l’attaque demain pour jouer son va-tout.

Véritable défaillance physique ou stratégie, à ce stade, toutes les hypothèses circulent. D’abord, parce qu’il est surprenant de voir Mohamed El Morabity perdre plus de 52 minutes sur son frère en seulement 20 kilomètres. Et il est encore plus surprenant qu’il perde pile 52 minutes alors qu’il en possédait 54 d’avance. Alors, réelle blessure ou pacte avec son frère pour le laisser s’offrir son 10ème sacre ? Réponse demain au bout du suspense.

MOHAMED EL MORABITY MDS Ian Corless
Mohamed El Morabity, cuisse bandée, a perdu toute son avance sur cette 5ème étape. Photo MDS Ian Corless

Marathon des Sables 5ème étape : Yoann Stuck perd gros

Derrière les 2 hommes de tête, la lutte était aussi palpitante entre Hamid Yachou, frère d’Aziz, et Yoann Stuck, qui ne devançait le Marocain que de 11 petites secondes au général. Et comme le Français s’y attendait, Hamid Yachou est passé à l’offensive et a réussi à le lâcher. Hamid Yachou termine 3ème de l’étape, à 14 minutes du vainqueur, mais surtout devance Yoann Stuck de 1mn51s, et s’empare donc de la 4ème place du classement général.

A noter la nouvelle performance de Mérile Robert, toujours aussi solide, qui signe un nouveau Top 10 en terminant 9ème de l’étape, à 24mn du vainqueur. Stéphane Ricard, 3ème meilleur tricolore au général, prend la 13ème place de l’étape du jour, où un autre tricolore, Romain Laguigner, a pris la 11ème place.

Top 10 MDS 5ème étape
Le Top 10 de la 5ème étape. Source MDS
Top 10 MDS Général après 5 étapes
Le Top 10 du classement général après 5 étapes. Source MDS

Marathon des Sables 5ème étape : Aziza El Amrani rate le 5 sur 5

Malgré une grosse défaillance due à la chaleur extrême, la Marocaine Aziza El Amrani, leader incontestée du MDS, avait réussi à s’imposer hier lors de la 4ème étape. Mais sa compatriote Aziza Raji, toujours aussi vaillante, a réussi l’exploit de lui voler la victoire d’étape du jour. Elle termine en 3h15mn01s, avec 8 petites secondes d’avance sur Aziza El Amrani, privée de grand chelem. La Française Rajaa Hamdaoua prend la 3ème place de l’étape, à un peu moins de 14 minutes du duo de tête.

Belle performance également pour Laurence Klein, 8ème du jour, ce qui malheureusement ne lui permet pas de remonter au classement (21e). 

Au classement général, Aziza El Amrani compte toujours une très confortable avance de près de 2 heures sur Aziza Raji et se dirige vers la victoire. La Britannique Gemma Game conserve sa 3ème place, avec toujours une belle avance de 18 minutes sur Rajaa Hamdaoua, qui n’a réussi à lui reprendre que 6 minutes sur l’étape du jour. Un écart qui ne lui permettra pas, sauf surprise, de monter sur le podium…

Aziza El Amrani et Aziza Raji
Aziza El Amrani et Aziza Raji à l’arrivée de la 5ème étape, séparées de 8 secondes seulement. Photo MDS
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Coup de théâtre ! Alors qu’elle était la grande favorite du Kobe Trail au Japon, course de rentrée de la Golden Trail World Series, la tenante du titre Sophia Laukli doit finalement renoncer à sa participation. En cause, une douleur au genou qui l’empêche de courir. Nous l’avons rencontrée après qu’elle a annoncé en conférence de presse son forfait pour la course.

Sophia, que se passe-t-il ? Pourquoi n’es-tu pas en mesure de prendre le départ du Kobe Trail samedi ?

Sophia Laukli : Je ne peux tout simplement pas courir… Cela fait plusieurs semaines que je traîne une douleur au genou. Ça m’arrive souvent d’avoir des douleurs aux chevilles ou aux genoux durant le printemps, il me faut un temps de transition entre la saison de ski et de course à pied. Mais, habituellement, la première course est plus tard dans la saison. Là, malheureusement je n’ai pas eu assez de temps pour récupérer et c’est impossible pour moi de prendre le départ du Kobe Trail samedi, ça mettrait toute ma saison en danger.

J’ai quand même voulu venir pour tester et attendre le dernier moment pour prendre ma décision mais il est plus sage de renoncer. Je ne peux pas tout risquer sur une course, je sais que je dois me comporter comme une athlète professionnelle ce qui implique parfois de devoir faire des choix ! Je ne sais d’ailleurs toujours pas si ça sera possible de récupérer à temps pour la Chine… Il y a peu de chances selon moi.

Comment t’es-tu préparée pour cette nouvelle saison ? As-tu changé quelque chose par rapport à la saison passée, où tu t’es imposée ?

Sophia Laukli : J’ai voulu modifier ma transition durant le printemps entre la saison de ski et la saison de trail parce que l’année dernière je me suis aperçue que je galérais à reprendre les entraînements, que j’enchaînais pas mal de petites douleurs aux chevilles et aux genoux, j’avais mal aux muscles etc. Donc j’ai continué à courir pendant l’hiver. Mais en réalité, c’était principalement de la course sur route, à plat, et ce n’est clairement pas la même chose que le trail. Et finalement je m’aperçois que j’ai toujours les mêmes problèmes, avec les mêmes douleurs. Ce qui est embêtant c’est que la saison reprend beaucoup plus tôt cette année que l’année dernière…

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Photo Colin Olivero / GTWS

Ressens-tu davantage de pression cette année ?

Sophia Laukli : Clairement ! Je suis excitée par cette nouvelle saison mais c’est différent de l’année passée parce que je n’avais rien à perdre et tout à gagner. Là c’est tout le contraire : j’ai tout à perdre ! J’ai gagné des courses de légende comme le Marathon du Mont-Blanc ou Sierre-Zinal et j’ai décidé d’aller défendre mes titres cette année, mais j’ai l’impression que la seule option que j’ai c’est de gagner ! Je vois dans le regard des gens qu’ils ne s’attendent à rien d’autre que ça. Je préfère quand c’est l’inverse, quand les gens ne s’attendent pas à ce que tu performes et que tu leur prouves le contraire !

Ça t’a quand même apporté du bon de gagner la Golden, non ?

Sophia Laukli : Oui, bien sûr ! Même si je ressens la pression médiatique je me dis que ce sont des problèmes de riche ! D’ailleurs c’est ce qui m’aide à mettre tout ça en perspective : quand je suis stressée ou frustrée je me rappelle pourquoi je fais tout ça et je sais qu’au final c’est pour de très bonnes raisons. Je vois que les gens sont excités à l’idée de me voir sur les courses et ça représente beaucoup pour moi. Je me rappelle que je n’étais personne il y a à peine deux ans et là je comprends le chemin parcouru et la vitesse à laquelle cela s’est fait. Jamais je n’aurais cru que je pourrais attendre ce niveau et qu’on parlerait de moi comme ça. Alors, oui ça ajoute beaucoup de pression, mais c’est une preuve de réussite.

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Photo Colin Olivero / GTWS

Que penses-tu du niveau 2024 ?

Sophia Laukli : Du côté des femmes il y en a beaucoup qui arrivent avec une énorme motivation et beaucoup de choses à prouver. Je pense que beaucoup d’entre elles ont le sentiment de ne pas être allées au bout des choses l’année dernière ou ont simplement été blessées. Le niveau se densifie chaque année, comme c’est le cas dans tous les sports et donc je pense qu’il n’y a pas une fille mais plusieurs filles dont il faudra se méfier. On est 3 ou 4 à pouvoir jouer le général et ça c’est vraiment bon pour le sport.

Qui sera ta principale rivale selon toi ?

Sophia Laukli : Je pense que ce sera encore Judith Wyder. Je pense qu’elle est la plus régulière de toutes et il faudra vraiment faire une saison parfaite pour la battre. Il y a des filles comme Allie McLaughlin ou Madalina Florea qui peuvent parfois être bien meilleures que moi quand elles sont au top de leur forme, mais je pense qu’elles n’ont pas la régularité de Judith.

Quels sont tes objectifs pour cette année ?

Sophia Laukli : Je vais défendre mes titres au Mont-Blanc et à Sierre-Zinal et je vais devoir défendre également mon titre au général, même si ça me fait un peu peur. Ça ne sera pas facile surtout que j’ai voulu ajouter un peu de drama en me disant que ça serait vraiment cool si je pouvais remporter Zegama. Je ne sais pas si c’est possible mais j’aimerais faire le triplé : Zegama, Mont-Blanc, Sierre-Zinal, ce serait mon rêve ultime.

Plus que de gagner la Golden Trail World Series 2024 ?

Sophia Laukli : Si je fais le triplé, je serais en bonne position pour le titre… Mais oui, si j’ai à choisir je pense que ce triplé est quelque chose d’extraordinaire. La sensation quand tu gagnes l’une de ces courses de la Golden est tellement magique, la ferveur du public est incroyable !

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Sophia Laukli lors de sa victoire au Marathon du Mont-Blanc 2023. Photo Gaetan Haugeard / DR
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Devançant d’une seule petite seconde Aziz Yachou pour la 2ème place du général, Rachid El Morabity, 9 fois victorieux du Marathon des Sables, a attendu les 10 derniers kilomètres de la 4ème étape pour prendre un peu d’avance sur son rival. Son frère Mohamed, tout en gestion, file vers son deuxième sacre. Yoann Stuck confirme, Merile Robert revient dans le Top 10 et Aziza El Amrani continue de survoler les débats chez les femmes, malgré un gros coup de chaud, alors que la Néerlandaise Adriana Moser, 3ème au général, a dû abandonner après 5km.

Marathon des Sables 2024, 4ème étape : un marathon + 1 kilomètre

10 km de ligne droite avec des petits cordons de sable mou, un virage, puis 10 autres kilomètres de ligne droite avec d’autres petits cordons de sable mou avant d’atteindre les premiers reliefs du jebel Bou Laadam : la première partie de la 4ème étape du Marathon des Sables – The Legendary n’était pas franchement variée. Mais les 786 rescapés venus à bout de l’étape longue n’en sont plus à une ligne droite près.

Parcours de l'étape 4. Source MDS
Le parcours de l’étape 4. Source MDS

Après une journée de repos (ou simplement quelques heures pour les moins rapides), ils avaient 43,1 km et 390m D+ à parcourir pour rallier le bivouac, soit l’équivalent de la distance marathon agrémentée d’un petit kilomètre supplémentaire. Le tout sous des températures toujours aussi chaudes. Parti à 6h30, le gros du peloton précédait d’1h30 les 150 premiers du classement, dont le départ était décalé à 8h00.

Lire le récit de la 3ème étape ICI

Voir la vidéo résumé de la 3ème étape Première partie ICI

Voir la vidéo résumé de la 3ème étape Deuxième partie ICI

Départ étape 4
Départ de la 4ème étape à 8h00 du matin pour les 150 premiers, 1h30 après le peloton. Photo MDS

Marathon des Sables 2024, 4ème étape : on prend les 3 mêmes…

… et on recommence. Sans surprise, le trio de tête de ce 38ème MDS a une nouvelle fois dominé la concurrence. Doté d’une confortable avance au classement général (54 minutes), Mohamed El Morabity s’est contenté d’accompagner son frère Rachid et Aziz Yachou durant pratiquement toute l’étape.

C’est Hamid Yachou, le frère d’Aziz, qui a pris la tête de course en début de matinée à 14 km/h. L’enjeu de cette échappée : reprendre les 10 secondes qui le séparent de Yoann Stuck au classement général, et creuser un écart aussi important que possible. L’objectif : la quatrième place du classement général.

Rattrapé par les frères El Morabity après les premières difficultés sablonneuses, il leur a laissé le lead, et a vu également passer son frère. Les El Morabity ont contrôlé le retour d’Aziz sur la partie centrale très sablonneuse. Ainsi, les 3 hommes sont passés ensemble au CP3, au 30ème kilomètre, et tout semblait indiquer qu’on allait assister, comme lors de la 2ème étape, à une arrivée groupée.

Le trio de tête. Photo MDS

Mais c’était sans compter sur la force mentale de Rachid El Morabity, qui certes distancé par son frère pour le classement général et la victoire finale, reste menacé par Aziz Yachou pour la seconde marche du podium. Stratégie familiale ou initiative personnelle, Rachid El Morabity a su accélérer sur la fin du parcours, technique, pour distancer ses 2 compagnons et s’imposer en 3h13mn24s. Il les devance de 1mn25, et se donne ainsi un peu de marge sur Aziz Yachou au général.

Rachid El Morabity
Rachid El Morabity s’impose sur la 4ème étape. Photo MDS
Aziz Yachou et Mohamed El Morabity
Aziz Yachou et Mohamed El Morabity arrivent ensemble pour la seconde place. Photo MDS

Marathon des Sables 2024, 4ème étape : Yoann Stuck confirme

Côté français, Yoann Stuck, brillant 4ème de l’étape longue, confirme ses prédispositions à l’effort en milieu désertique en prenant une nouvelle fois la 4ème place de l’étape. Il termine à un peu moins de 30 minutes du vainqueur du jour, en compagnie d’Hamid Yachou, qu’il a réussi à rejoindre malgré le départ canon du Marocain. « Pour l’instant je garde ma 4ème place, a-t-il commenté, mais il va quand même très vite. Je pense qu’il a voulu prendre une avance confortable, je le voyais au loin, je suis revenu assez vite sur lui, et dès que je l’ai rejoint il a mis un coup de collier, et j’ai réussi à suivre. Heureusement qu’il était là parce que ça revenait fort derrière. Demain ça va être très dur, et après-demain encore plus, je sais qu’il a un record en 1h04’ sur semi-marathon. »

Mérile Robert s’empare quant à lui de la 7ème place de l’étape, à 35 minutes de Rachid El Morabity. Stéphane Ricard prend la 12ème place, à 51 minutes de la tête de course.

Yoann Stuck au ravito
Yoann Stuck au ravito. Photo MDS
Top 10 4ème étape. Source MDS
Le Top 10 de la 4ème étape. Source MDS

Marathon des Sables 2024, 4ème étape : et de 4 pour Aziza El Amrani

Côté féminin, même scénario avec une Aziza El Amrani sans concurrence, qui remporte sa 4ème victoire d’étape consécutive. Elle termine à la 27ème place au scratch, en 4h29mn41s. Mais cela n’a pas été aussi simple que les jours précédents pour la Marocaine. Victime d’un gros coup de chaud peu après la mi-parcours, elle a dû serrer les dents pour terminer l’étape du jour. Pas de surprise pour la deuxième place, qui revient une fois de plus à sa compatriote Aziza Raji. Elle termine à plus de 23 minutes de la gagnante du jour.

Coup de théâtre en revanche : l’ultra-runneuse néerlandaise Adriana Moser, solide 3ème au général, a été contrainte à l’abandon. Handicapée par des ampoules aux pieds, elle avait vécu une étape longue difficile, modifiant sa foulée pour compenser les douleurs. Mais qui dit modification de foulée dit risques de blessure… Et en effet, Adriana Moser a été affectée par de fortes douleurs à la jambe. Elle a quand même pris le départ ce matin, mais après 5 km de souffrance elle a dû se résoudre à stopper la course. 

La Française Rajaa Hamdaoua, la mieux classée des Tricolores depuis la défaillance de Laurence Klein, s’invite sur le podium de l’étape, à 40 minutes de la gagnante, devançant de peu une autre Française, Jessie Couve de Murville. A noter que Laurence Klein a bien récupéré. Après son étape longue très difficilement vécue, la Française avait envie de prendre une revanche, et c’est chose faite avec une très belle étape marathon, l’une de ses spécialités (Championne de France de marathon en 2008). Elle se classe 8ème de l’étape, à 1h06 d’Aziza El Amrani.

Aziza El Amrani
4ème victoire en 4 étapes pour Aziza El Amrani. Photo MDS

Classement général : Mohamed El Morabity et Aziza El Amrani en patrons

Pas de changement au classement général, toujours dominé de la tête et des épaules par Mohamed El Morabity chez les hommes et Aziza El Amrani chez les femmes.

Au scratch, Mohamed El Morabity compte près de 53 minutes d’avance sur son frère, qui s’est donné un peu d’air et devance désormais Aziz Yachou de 1mn36. Yoann Stuck conserve sa 4ème place, avec 11 petites secondes d’avance sur Hamid Yachou, et semble assuré de terminer dans le Top 5 de son premier MDS. Mérile Robert remonte dans le Top 10, à la 9ème place, à près de 3h50 du leader marocain.

Chez les femmes, Aziza El Amrani augmente encore son avance, qui se monte désormais à 1h48. De quoi voir venir… A la faveur de l’abandon d’Adriana Moser, la Britannique Gemma Game monte à la 3ème place, à plus de 4h20 de la tête de course. Rajaa Hamdaoua, 1ère Française, est 4ème à un peu plus de 4h45 de la leader féminine de l’épreuve.

Top 10 général après 4 étapes. Source MDS
Le Top 10 général après 4 étapes. Source MDS
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L’épreuve emblématique de la station de Courchevel a, une fois de plus, prouvé qu’elle avait toute sa place dans le calendrier des événements sportifs. Ainsi, ce dimanche 14 avril, avec près de 700 inscrits, le travail des bénévoles pour organiser et orchestrer au mieux ce triathlon hors norme aura été bien récompensé par le succès croissant de cette course. Cette belle fête a permis à des sportifs issus de différentes disciplines de se croiser, et aux spécialistes du trail de briller. Mais au-delà de la confrontation, ce triathlon a également été l’occasion de partager un moment convivial en présence de Bastien San Pedro, vainqueur de l’émission Koh-Lanta : Le Totem Maudit en 2022.

Résultat Dynastar X3 Courchevel : une 11ème édition sous le soleil

Chaque édition est confrontée à une météo différente et des conditions particulières : la neige, le froid, le soleil… Ce triathlon hors norme proposant le triptyque cyclisme, trail et ski alpinisme réserve toujours des surprises. Et l’édition 2024 n’aura pas dérogé à la règle, et fut marqué par une forte chaleur inattendue, et ce dès le départ.

Sonia Brussoz
Sonia Brussoz, meilleur chrono de ski-alpi, devance des concurrents dans une tenue estivale inhabituelle…

Avec 13,9 km de vélo pour 930m de dénivelé, suivi d’une boucle de 6,8 km et 180m D+/-) en trail pour terminer avec 950m de dénivelé en ski alpinisme, le cocktail de disciplines ne fut pas simple à digérer ! Plus que les difficultés du parcours, c’est surtout la neige, transformée en raison des températures estivales sur les parties trail et ski alpinisme, qui aura laissé des traces chez les concurrents.

Mais les colliers de fleurs remis sur la ligne d’arrivée de la Saulire ont été accueillis avec soulagement et couronnaient bien l’ambiance tropicale de la journée.

Bastien San Pedro et sa compagne Louana Roy
Bastien San Pedro et sa compagne Louana Roy, candidats de Koh-Lanta : Le Totem Maudit

Résultat Dynastar X3 Courchevel : le tenant du titre Yoann Sert battu par Valentin Noebes-Tourres

Même si les spécialistes dans chaque discipline avaient de belles ambitions, les records ne sont pas tombés. Que ce soit sur les chronos de chaque épreuve ou sur l’enchaînement final, il semble que les conditions n’étaient pas propices aux top performances. Mais cela n’a pas empêché les athlètes de briller !

Sur l’épreuve individuelle, le grand favori et tenant du titre Yoann Sert, 4ème de la Skyrhune 2022, vainqueur du KV du Mont-Blanc en 2017, habitué des efforts verticaux en trail comme en ski-alpi, termine à la seconde place en 2h01mn21s. Il est devancé de moins d’une minute par un autre habitué des courses en montagne et du ski-alpi, le Haut Alpin Valentin Noebes-Tourres, vainqueur entre autres du format 75 km du Grand Trail de Serre-Ponçon en 2022.

Yoann Sert à l’avant du peloton
Yoann Sert à l’avant du peloton.

« C’est un grand plaisir de se préparer pour le Dynastar X3 car au printemps, c’est la saison où l’on a envie de faire un peu tous les sports, a commenté le vainqueur de cette édition 2024. Il y a de la neige, du soleil, les sentiers commencent à se découvrir. J’ai pu ressortir le vélo, faire du trail. C’est une course tellement difficile que c’est un grand bonheur de s’imposer ici. »

Le jeune savoyard Hugo Carcey-Colley confirme sa 12ème place à la Pierra Menta en complétant le podium dans un temps de 2h02mn39s.

Podium Solo Hommes
Le podium Solo Hommes, avec de gauche à droite Yoann Sert, Valentin Noebes-Tourres et Hugo Carcey

Résultat Dynastar X3 Courchevel : Lucie Bidault crée la surprise

De retour sur les compétitions après un hiver compliqué (blessure), la Valloirine Lucie Bidault a fait preuve de panache et a montré qu’elle avait retrouvé une bonne condition, elle qui restait sur une victoire sur le grand format (64km) de l’Hivernale des Templiers début décembre. Elle s’impose en 2h24mn35s. « C’est une épreuve incroyable. Il faut réussir à gérer les 3 épreuves tout en mettant du rythme. A chaque transition, il faut relancer un nouvel effort donc c’est vraiment une épreuve exigeante. Je suis super contente, ça ne pouvait pas mieux se passer pour moi », a-t-elle commenté tout sourire, la ligne d’arrivée franchie.

Alice Meignié
Alice Meignié, meilleur chrono féminin sur la partie trail.

Après un départ prudent, la jeune skieuse-alpiniste Margot Ravinel, spécialiste du KM vertical en trail, prend la 2ème place au finish en 2h26mn28s, doublant à 100m de la ligne d’arrivée une grande habituée des podiums en ultra-trail, la sociétaire de Courchevel Sport Outdoor Fiona Porte. Gagnante en 2023 du Trail du Nivolet-Revard, de la MaXi-Race du lac d’Annecy, du Lavaredo Ultra Trail et 2ème de la TDS, Fiona Porte a signé un chrono de 2h26mn44s après avoir réalisé le meilleur chrono féminin en cyclisme.

Podium solo féminin
Le podium Solo Femmes, avec de gauche à droite Margot Ravinel, Lucie Bidault et Fiona Porte.

Résultat Dynastar X3 Courchevel : les résultats par équipes

Sur les épreuves en trio, chez les hommes, le team Blue Ice composé de Ludovic Huleux, Noé Claye et Lori Girard monte sur la première marche en 2h02mn02s.

Au niveau des féminines, l’équipe WMSM de Clarisse Monnet, Alexandra Garnier et Sonia Brussoz réalise la meilleure montée en ski alpinisme et signe le meilleur chrono au général en 2h11mn45s.

Le classement mixte revient aux Argousiers de Drice Masson, Loanne Roussillon et Arthur Bouquet Des Chaux en 2h12mn32s.

Résultat Dynastar X3 Courchevel : les meilleurs chronos par discipline

MEILLEURS CHRONOS CYCLISME :
SEBASTIAN DRUSZKIEWICZ > 41min45s
FIONA PORTE > 51min17s

MEILLEURS CHRONOS TRAIL :
TONY SCOTTON > 25min53s
ALICE MEIGNIE > 31min03s

MEILLEURS CHRONOS SKI ALPINISME :
LORI GIRARD > 46min20s
SONIA BRUSSOZ > 51min08s

Tony Scotton
Tony Scotton, meilleur chrono trail de l’épreuve.

Björka X3 Courchevel : un rendez-vous exceptionnel à ne pas manquer

L’après-midi s’est terminée dans la convivialité à l’Envolée autour du repas où chacun a pu échanger et débriefer. La remise des prix dans une ambiance festive a permis aux lauréats du jour de remporter une paire de skis offerte par Dynastar avant le départ de tous les participants sourire aux lèvres.

De quoi motiver tout le monde pour la version estivale du X3 avec le Björka X3 Courchevel. Cette compétition en solo ou en équipe trio se déroulera le dimanche 21 juillet prochain avec l’enchaînement de 6000m d’aviron indoor, suivi de 12,2 km (750m D+) de cyclisme et de 9,6 km (550m D+/-) de trail dans un cadre exceptionnel au sommet de l’altiport de Courchevel !

Pour en savoir plus, infos et résultats ICI

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Avec 27% de femmes dans le peloton, la participation féminine au Marathon des Sables n’a jamais été aussi importante. Écrasant la concurrence de tout son talent, la Marocaine Aziza El Amrani, 15ème au classement général après les 3 premières étapes, semble déjà avoir course gagnée. Mais derrière, d’autres concurrentes brillent par leur endurance.

Marathon des Sables 2024 : Aziza El Amrany, leader féminine, 15ème au général après 3 étapes

A 34 ans, la native de Fès n’en est qu’à sa troisième participation au Marathon des Sables mais semble intouchable. Il faut dire que si Aziza El Amrany suscite autant d’admiration, c’est parce que ses performances lors des deux précédentes éditions ne sont pas passées inaperçues. Elle avait ainsi réussi à monter sur la troisième marche du podium féminin dès sa première participation, derrière l’Espagnole Anna Comet Pascua et Sylvaine Cussot, puis sur la deuxième marche l’année suivante, battue de 51 minutes par Marilyne Nakache. Autant dire que cette année, Aziza El Amrany est arrivée très motivée, sereine et, surtout, bien préparée mentalement et physiquement.

Aziza El Amrani 3
Aziza El Amrani lors de la 3ème étape. Photo MDS

C’est sur le terrain qu’elle a fait la démonstration de sa force. Si on l’a sentie très en jambes sur les deux premières étapes, l’étape longue restait une grande inconnue : n’avait-elle pas trop puisé dans ses réserves pour se constituer un matelas d’avance sur ses poursuivantes ? La réponse a été cinglante : Aziza El Amrany a largement dominé l’étape longue, produisant une course consistante de bout en bout, en solo. Sa moyenne sur cette troisième étape, longue de 85,1 km : 8 km/h ! Un chrono qui la classe en 14ème position au scratch sur l’étape, et en 15ème position au classement général scratch après trois étapes.

Aziza El Amrani 3
Aziza El Amrani. Photo MDS

Marathon des Sables 2024 : Aziza Raji et Adriana Moser confortent leurs 2ème et 3ème places

Derrière Aziza El Amrany, les positions se stabilisent elles aussi. Aziza Raji continue de produire une course régulière, forte de son expérience avec 5 MDS déjà courus, dont une victoire en 2021. Aziza Raji sait gérer les difficultés, les fortes chaleurs, faire le dos rond et rebondir lorsque l’occasion se présente. A la moindre défaillance de sa compatriote, elle pourrait en profiter. Or personne n’est jamais à l’abri d’une défaillance, comme cela était arrivé à la super-favorite néerlandaise Ragna Debats lorsqu’elle avait été victime de problèmes d’alimentation lors du MDS 2023, perdant près de 9 heures lors de l’étape longue alors qu’elle caracolait en tête de la course féminine.

En troisième position, la Néerlandaise Adriana Moser découvre le MDS, The Legendary après sa victoire sur le HMDS Maroc en octobre dernier (120 km, 3 étapes). Moins expérimentée que les deux Marocaines, mais très déterminée, elle a franchi la ligne d’arrivée de la troisième étape extrêmement fatiguée, peu avant le coucher du soleil.

Adriana Moser
Adriana Moser, 3ème du général après 3 étapes. Photo MDS

Marathon des Sables 2024 : une Française peut en cacher une autre

Une Française sort du Top 5, une autre Française y entre : c’est la valse de l’étape longue. La bonne surprise de cette 3ème étape côté tricolore porte le nom de Rajaa Hamdaoua. Pour une première sur le MDS, cette Française vivant à Dubaï a su se faire discrète sur les deux premières étapes, et a sorti une très solide étape longue hier. 

Partie dans la première vague, hors Top 50 donc (seuls les 50 premiers partaient 1h30 plus tard), Rajaa s’est montrée régulière. Subissant comme toutes des passages à vide, elle s’est fait rattraper par Aziza Raji qui l’a motivée sur la dernière ligne droite. Toutes deux en terminent en moins de 13 heures, ce qui place Rajaa en 3ème position de l’étape, et 5ème au général.

Marathon des Sables 2024 : Laurence Klein « sauvée » par son fils

La mauvaise surprise, c’est la contre-performance de Laurence Klein, arrivée à la 325ème position au scratch, et 55ème femme. Comment expliquer ce coup dur pour elle, qui jusqu’ici était 5ème au général chez les femmes ? Laurence Klein est partie sur un très bon rythme, dans la première vague puisqu’elle était 56ème au classement scratch. Virtuellement en tête, elle a subi un coup de chaud aux alentours du trentième kilomètre, qui s’explique par des chaleurs jusqu’à 40° à l’ombre, et 60 en plein soleil. Dès lors, ça a été une véritable descente aux enfers pour la Champenoise, pourtant grande habituée de l’épreuve, et victorieuse trois fois sur le MDS, en 2007, 2011 et 2012.

Laurence Klein
Laurence Klein en surchauffe. Photo MDS

Mais au milieu du désert, personne n’est à l’abri. Laurence Klein a dû serrer les dents, et a profité des check points pour se reposer. Finalement, son fils Lilian Fricotteaux l’a rattrapée au CP6, après 60 km de course, et mère et fils ont fini les 25 derniers kilomètres ensemble.

Top 10 général après 3 étapes
Le Top 10 féminin après 3 étapes. Source MDS
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Pour la toute première fois de son histoire, la Golden Trail World Series se rend en Asie pour un trip exceptionnel entre le Japon et la Chine. Première étape de la saison : le Kobe Trail, une course de 21 km et de 2109m D+ répartis sur un « parcours en fleur » comme lors de la Grande Finale 2023. Qui saura imprimer son rythme afin de remporter la première course de la saison ? Si certains favoris pour la victoire finale, comme le Suisse Rémi Bonnet, n’ont pas fait le déplacement asiatique, de nombreux prétendants sont prêts à en découdre, chez les hommes comme chez les femmes.

Kobe Trail : qui sont les favorites de la course féminine ?

Elle a remporté la GTWS en 2023, c’est donc en toute logique que Sophia Laukli (USA – Salomon) arrive en grande favorite sur cette première course de la saison. Mais l’Américaine aura fort à faire avec, notamment, le retour tant attendu de Maude Mathys (Suisse – Asics), vainqueure en 2020 sur le Golden Trail Championship et qui a également remporté la GTWS en 2021. Une incertitude demeure cependant : la Suissesse aura-t-elle retrouvé son plein potentiel après de longs mois de blessure ?

Voir le calendrier complet et toutes les nouveautés de la Golden Trail World Series 2024

Malen Osa (Espagne – Salomon) aura, elle aussi, envie de briller dès cette première course, elle qui a terminé 3e de la GTWS 2023 et qui a signé plusieurs belles 4e places pour sa saison de rookie. On observera également la première course de l’année d’Allie McLaughlin (USA – Hoka) qui s’était illustrée lors de la Grande Finale à Madère en 2022 en remportant notamment deux étapes devant la Néerlandaise Nienke Brinkman, future gagnante du circuit.

Il faudra aussi suivre la performance de Daniela Oemus (Allemagne – Nike Trail), qui a déjà prouvé qu’elle était très forte en début de saison en remportant Zegama l’année dernière. Sera-t-elle capable de renouveler l’exploit au Japon ? On observera également des filles comme Grayson Murphy (USA – Saucony), Joyce Njeru (Kenya – Atletica Saluzzo), Sara Alonso (Espagne – Asics), Sylvia Nordskar (Norvège – Hoka) ou Julia Font (Espagne – Brooks).

GTWS STAGE 1 KOBE TRAIL
Photo GTWS 2024

Kobe Trail : Rémi Bonnet absent, qui sont les favoris de la course masculine ?

Deuxième de la GTWS 2023 et hauteur d’une très belle saison sur différentes courses de la Golden Trail Series l’année dernière, Patrick Kipngeno (Kenya – Run2gether) fait office de favori sur cette première course de la saison. Mais il trouvera sur son chemin son compatriote et compère de team, Philemon Kiriago (Kenya – Run2gether), qui lui a prouvé à Sierre-Zinal qu’il était capable de remporter l’une des courses les plus prestigieuses de la planète.

Ces deux-là devront se méfier d’Elhousine Elazzaoui (Maroc – NNormal) qui, après avoir remporté la Dolomyths Run en 2023, leur a montré de quoi il était capable en remportant la Grande Finale en Italie devant les meilleurs athlètes du monde. Et le Marocain ne cache pas qu’il arrive avec les mêmes ambitions en Asie !

Voir l’interview de Elhousine Elazzaoui : Pourquoi je préfère le circuit Golden trail Series

Les deux Kényans devront également se méfier de Roberto Delorenzi (Suisse – Brooks), qui ne fait que monter en puissance depuis ces dernières années. S’il a fini 6e de la GTWS l’année dernière, il a montré qu’il était capable de se battre pour un podium en terminant 2e à la Dolomyths Run ou 3e à Mammoth.

Il faudra ensuite garder un œil sur Bart Przedwojewski (Pologne – Salomon), Daniel Pattis (Italie – Brooks), Alex Garcia (Espagne – Brooks), Cesare Maestri (Italie – Nike Trail), Miquel Corbera (Espagne – Brooks) et le local de l’épreuve, le coureur japonais Ruy Ueda.

GTWS STAGE 1 KOBE TRAIL PARCOURS
Le parcours en fleur du Kobe Trail. Source GTWS 2024
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85,3 km, 1154m de D+ et le passage du célèbre jebel El Otfal, symbole du Marathon des Sables au menu : la 3ème étape du MDS The Legendary, dite « étape longue », a tenu toutes ses promesses. Et confirmé ce que l’on pressentait depuis le départ : si les Marocains sont intouchables, Mohamed El Morabity est bien le plus fort. Et sauf coup de théâtre, il se dirige tout droit vers un second sacre. Côté Français, superbe performance de Yoann Stuck, qui remonte à la 4ème place au général !

Marathon des Sables 2024, 3ème étape : un peloton doublé par des « gazelles des sables »

Tout le monde la redoute, que l’on soit bien ou mal classé. Les mieux classés, parce qu’ils savent que c’est sur la longue que l’on peut perdre un MDS sur défaillance. Ce jour-là plus qu’un autre, il faut savoir gérer. « L’allure sera maîtriser pour ne pas se griller », confiait hier soir Yoann Stuck, qui découvre l’épreuve saharienne.

MDS Parcours étape 3 MDS 2024
Le parcours de l’étape 3, longue de 85,3km. Source MDS

Les moins bien classés, parce que c’est sur la longue que l’on a le plus de chances d’abandonner. Mais cette année, cette étape longue intervient dès le 3ème jour, au lieu de l’habituel 4ème jour. Une initiative heureuse, car elle intervient alors que les organismes ne sont pas encore trop entamés, réduisant les risques d’abandon. Heureuse également, car elle permettra d’observer le lendemain un véritable break pile au milieu de l’épreuve, avec 3 étapes parcourues, et encore 3 étapes chronométrées derrière.

MDS Départ Stage 3
Le départ de la 3ème étape s’est fait juste avant le lever du soleil pour le peloton. Source MDS
MDS Départ Stage 3 élite
Le départ des 50 mieux classés, donné 1 heure après le départ du peloton. Source MDS

Partis dans une deuxième vague, 1h30 après la première, les 50 mieux classés de ce MDS ont fondu sur le peloton pour les doubler un à un à une vitesse impressionnante. C’est un des moments forts de la course, dont tout concurrent se souvient longtemps : celui où les Marocains qui dominent le classement vous rattrapent et vous déposent, vous frôlant à plus de 12 km/h quand vous avancez péniblement à 5 ou 6 à l’heure dans le sable mou. Un moment de grâce, une impression de voir des gazelles des sables voler au-dessus des dunes, sans même s’y enfoncer, sans même peiner pour avancer.

Lire le récit de la 2ème étape ICI

Voir les moments forts de la 2ème étape en vidéo ICI

Marathon des Sables 2024, 3ème étape : le forcing de Mohamed El Morabity

Si le trio de tête s’est suivi durant les 20 premiers kilomètres de course, Mohamed El Morabity a progressivement durci la course et c’est peu à peu détaché, grapillant seconde après seconde. A mi-course, au CP4, il comptait 8 minutes d’avance sur le duo formé par son grand frère Rachid et Aziz Yachou. De son côté, Yoann Stuck faisait bonne figure en limitant les écarts, pointé avec deux autres concurrents marocains à seulement 23 minutes du leader de la course.

MDS ravitaillement Mohamed El Morabity
Mohamed El Morabity serein et souriant lors du ravitaillement du CP1. Source MDS
MDS Rachid El Morabity
Rachid El Morabity lors du même ravitaillement, déjà plus marqué. Source MDS

Côté féminin, aucun suspense, les 3 premières du classement général occupaient les 3 premières places. Loin devant les autres, Aziza El Amrany a continué son cavalier seul entamé dès le premier jour. A mi-course (11h34), elle comptait plus d’1h20 d’avance sur sa dauphine, Aziza Raji, qui était suivie à 3 minutes par la Néerlandaise Adriana Moser.

MDS Aziza El Amrani Stage 3
Aziza El Amrani, seule en tête, loin devant la concurrence. Source MDS

Marathon des Sables 2024, 3ème étape : Mohamed El Morabity loin devant, performance de Yoann Stuck

Quel coup d’éclat. Gérant parfaitement sa course, Mohamed El Morabity n’a pas faibli durant la seconde partie de l’étape, creusant l’écart non plus à coup de secondes, mais de minutes. Au terme d’un raid solitaire impressionnant, il s’impose en 7h37mn47s, avec 54 minutes d’avance sur Aziz Yachou et Rachid El Morabity, arrivés dans la même seconde (8h31mn52s). C’est un Yoann Stuck des grands jours qui prend la 4ème place de l’étape en 8h46mn30s, ne concédant que 14 minutes aux 2 Marocains.

Chez les femmes, Aziza El Amrani s’impose pour la 3ème fois consécutive en 10h46. Elle devance Aziza Raji de plus de 45 minutes. Comme lors des 2 précédentes étapes, Adriana Moser prend la 3ème place.

MDS Mohamed El Morabity WINNER Photo MDS
Les remerciements de Mohamed El Morabity à l’arrivée de l’étape. Photo MDS

Classement général : Mohamed El Morabity prend une option, Yoann Stuck se glisse parmi les Marocains

Au classement général après 3 étapes, et avant la journée de repos, Mohamed El Morabity peut se frotter les mains. Son coup d’éclat du jour lui permet de posséder désormais 54mn33s d’avance sur son frère Rachid et sur Aziz Yachou. A 3 étapes de la fin (43 km, 31 km et 21 km), il faudrait un vrai coup de théâtre pour que la victoire (et le doublé 2023-2024) échappe au plus jeune des deux frères El Morabity. En revanche, la bataille promet d’être somptueuse pour la 2ème place, les 2 prétendants se tenant dans la même seconde après plus de 150km de course.

Grâce à sa belle performance, Yoann Stuck pointe désormais en 4ème position, à 2h14mn du leader de l’épreuve. Il devance de 10 petites secondes l’ancien 4ème, Hamid Yachou, frère d’Aziz, arrivé aujourd’hui plus de 30 minutes après le Français. Arrivé 10ème de l’étape du jour, Mérile Robert pointe désormais en 11ème position au général, à 3h16 du leader.

Chez les femmes, Aziza El Amrani fonce vers la victoire finale. Aziza Raji semble également bien accrochée à sa seconde place, et la Néerlandaise Adriana Moser à sa 3ème position.

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Après une première édition réussie, le Trail des 3 Monts revient ! La deuxième édition, organisée par l’association Dynamic Trail à partir du village perché de Tourrette-Levens, dans l’arrière-pays niçois, se déroulera le 19 mai. Au programme, une course toujours aussi originale. Objectif : vaincre les 3 monts les uns après les autres, en solo ou en relais.

Trail des 3 Monts : un format original en 3 étapes

Le principe est simple : enchaîner 3 trails successifs ayant chacun pour objectif l’ascension aller-retour d’un mont sur un parcours en boucle, en repassant à chaque fois par le site de départ pour profiter d’un ravitaillement 3 étoiles. Chaque boucle forme une étape. Il est nécessaire d’arriver sur le site dans le délai imparti pour prendre le départ de l’étape suivante.

Trail des 3 Monts run
Photo Trail des Trois Monts

Ainsi, la course commence par la boucle de 17km et 1000m D+ du Mont Chauve. La seconde étape se fait sur le 10km et 700m D+ du Mont Cima. Enfin, le challenge se termine par une boucle de 15km et 800m D+ du Mont Macaron. Le tout pour un total de 42km et 2500m D+, qui en fait un maratrail de montagne particulièrement exigeant.

Une formule originale à faire en solo ou en relais, et qui permet à tous, famille, amis, accompagnateurs ou relayeurs, d’encourager les coureurs et de profiter des animations sur place (musique, buvette, stands…).

Trail des Trois Monts
Photo Trail des Trois Monts

Trail des 3 Monts : un challenge dédié aux enfants

À noter que le Trail des 3 Monts propose également une course pour les enfants. Elle est labellisée par les Young Trail Series. Il s’agit du premier challenge de trail running dédié aux enfants de la région. Les épreuves sont destinées aux enfants âgés au minimum de 6 ans. Précision des organisateurs : les parcours, de 80 à 100% sur chemins, ont des distances et des dénivelés élaborés dans le respect du développement de l’enfant et de ses capacités physiques.

Trail des 3 Monts enfants
Photo Trail des Trois Monts

Plus d’infos et inscriptions ICI

AFFICHE TRAIL DES 3 MONTS
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On prend les mêmes et on recommence. La deuxième étape du 38ème Marathon des Sables The Legendary a confirmé la domination des 3 favoris marocains, Mohamed et Rachid El Morabity et Aziz Yachou, qui creusent l’écart en tête du général. Chez les femmes, Aziza El Amrany s’envole déjà. Mais c’est demain, lors de l’étape longue (85 km et 1154m D+), désormais calée au 3ème jour de course, que le vrai combat des chefs commencera.

Deuxième étape du MDS : trio gagnant chez les hommes

Après une première étape en boucle plutôt courte et roulante (31,1km et 282m D+), les choses se sont un peu corsées lors de la seconde étape. 10 km de plus, et 550m D+ étaient au programme, avec de beaux passages dans des canyons entre les massifs montagneux de cette région du Maroc totalement désertique et dépourvue de végétation. Si de nombreux concurrents ont préféré y aller calmement, redoutant la 3ème étape, dite « longue », qui les attend demain, les leaders, eux, n’ont pas chômé.

Voir le récit de la première étape ici

Voir les plus beaux moments de l’étape 1 en vidéo ici

Comme hier, les 2 frères El Morabity, Mohamed, tenant du titre, et Rachid, son grand frère, 9 fois titré sur le MDS, ainsi que Aziz Yachou, ont mené toute la course et ont fini ensemble, dans la même seconde. Belle image de fraternité, ils se sont offert le plaisir de terminer main dans la main. Mais la belle harmonie risque d’être remise en question demain, lors de l’étape longue, qui sera déjà cruciale.

Mohamed El Morabity
Mohamed El Morabity. Photo MDS

Deuxième étape du MDS : derrière les 3 Marocains, le désert

Si les 3 leaders se tiennent dans un mouchoir de poche au général, derrière, le trou est déjà immense. Comme hier également, c’est Hamid Yachou, frère d’Aziz, qui prend la 4ème place de l’étape du jour. Mais il finit à plus de 25 minutes du trio de tête. Le premier non Marocain de l’étape, le Sud-Africain James Miller, est à plus de 28 minutes du vainqueur.

Côté français, les places sont inversées par rapport à hier. C’est donc Mérile Robert qui termine premier Français, à la 8ème place, à 31mn du vainqueur du jour. Yoann Stuck prend quant à lui la 14ème place, 13mn plus tard. Stéphane Ricard prend la 18ème place, à 57mn de Mohamed El Morabity.

Deuxième étape du MDS : le cavalier seul d’Aziza El Amrani

Dans la course féminine, Aziza El Amrany n’a pas fait durer le suspense. Comme hier, elle a mis un monde entre elle et le reste du peloton. Elle s’impose en 4h08mn, prenant la 17ème place au scratch du jour. Aziza Raji termine 2ème à 20mn de sa compatriote. Comme hier, la Néerlandaise Adriana Moser prend la 3ème place, 10 minutes plus tard.

Aziza El Amrani
Aziza El Amrani. Photo MDS

Classement général : les écarts se creusent

Au classement général après 2 étapes, Mohamend El Morabity conserve 27 petites secondes d’avance sur son frère Rachid, et 29 sur Aziz Yachou toujours en embuscade. Hamid Yachou, 4ème, compte déjà 35 minutes de retard sur les 3 leaders. Le premier Européen, le Britannique John Dewey, pointe en 6ème position, à 47 minutes de la tête de course. Quant au premier Français, il s’agit désormais de Mérile Robert, 8 ème à 56 minutes de Mohamed El Morabity.

Chez les femmes, Aziza El Amrany, 19ème au scratch, domine de la tête et des épaules. Aziza Raji pointe déjà à plus de 45 minutes, et Adriana Moser à 57 minutes de la leader marocaine. Laurence Klein, 5ème, est à 1h32.

Top 10 Général après 2 étapes
Top 10 Général après 2 étapes. Source MDS live
MDS
Photo MDS
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