Si la 51ème édition de la course des cinq 4000, Sierre-Zinal, en Suisse, a été marquée par un sprint final époustouflant entre Kilian Jornet, Catalan de 36 ans, et Philemon Kiriago, Kényan de 22 ans, séparés à l’arrivée d’une seconde et demi, la course féminine a vu la victoire inattendue d’une Kényane inconnue, Joyline Chepengeno, qui s’est imposée avec plus de 8 minutes d’avance sur les meilleures athlètes de la discipline. Depuis, Patrick Kipngeno et Philemon Kiriago ont été éblouissants lors des deux dernières étapes de la Golden Trail Series aux États-Unis, devançant largement Rémi Bonnet et n’étant battus au sprint que par le Marocain Elhousine Elazzaoui, tandis que chez les femmes Joyce Njeru a remporté les 2 épreuves.

D’où viennent ces athlètes ? Qui les entraîne ? Dans quelles conditions ? Quelles sont les conséquences des affaires de dopage qui ont éclaboussé Sierre-Zinal 2023 ? Après le trail court, les Kényans vont-ils s’attaquer au long ? Et à l’ultra ? Serge Moro a rencontré Julien Lyon, le coach suisse du team Milimani Runners auquel appartient Joyline Chepengeno, pour un échange sans tabou autour du graal de son projet : gagner un jour l’UTMB avec un de « ses » Kényans !

Milimani Runners, le team du coach Julien Lyon

Le projet de Julien Lyon porte le nom chantant d’une localité située dans la province de la Côte, au nord de Mombasa : Milimani Runners. Le concept, qui consiste à extraire les Kenyans du marathon et les amener à réussir sur les sentiers, a séduit la marque suisse On Running, devenue partenaire de son groupe d’entraînement jusqu’à fin décembre 2024. Là où d’autres imaginent un business lucratif, le jeune coach de 32 ans pousse cette dynamique avec un engagement solidaire sincère.

Avec son épouse, Lavina Achieng, ils ont également créé le projet « Simba for Kinds », pour venir en aide aux enfants en difficulté d’Iten, célèbre localité kényane située à 2400 mètres d’altitude et devenue un lieu stratégique d’entraînement pour les athlètes du monde entier, où Kiprun a d’ailleurs ouvert son propre centre, la 42 House, en début d’année. Le marathon est cependant loin des préoccupations de « Simba for Kinds », qui cherche plutôt à donner aux enfants un accès à l’éducation, et leur procure des infrastructures pour s’épanouir dans de bonnes conditions.

Julien Lyon - Photo Stéphane DEMARD
Julien Lyon lors de l’UTMB Mont-Blanc 2024 – Photo Stéphane DEMARD

Esprit Trail : Quel est ton lien avec la course à pied !

Julien Lyon : J’ai toujours aimé courir, et à l’école, je terminais toujours premier dans les courses. J’avais ça en moi et j’aimais ça. Je me suis mis à courir vraiment à 16 ans, et assez vite j’ai eu de très bons résultats au niveau national, tout en poursuivant des études d’économie et de sciences du sport. Après mes études, j’ai décidé de me donner du temps pour courir et progresser. Je suis devenu pro à mi-temps, et j’ai couru le semi-marathon en 1h03mn en 2016 – avant l’ère carbone -, et j’ai mis 2h16mn à mon premier marathon.

C’est donc le marathon qui t’a emmené au Kenya ?

Julien Lyon : J’y étais déjà allé en 2010 et en 2012, et j’y suis naturellement retourné plus longuement en 2017. Je voulais passer un cap, mais deux opérations au tendon d’Achille en 2018 m’ont offert du temps pour faire autre chose, toujours au Kenya. Étant blessé, j’ai mis cette disponibilité à profit pour les enfants, pour les aider au niveau sportif, car il n’existe rien, et pour les accompagner au mieux dans les écoles afin qu’ils disposent de pupitres, de livres, de matériel scolaire.

J’ai commencé de manière modeste – mon premier projet fut simplement d’installer un bloc sanitaire dans une école -, mais j’ai vite trouvé des financements plus ambitieux, ayant la chance de venir de Genève, d’être issu d’un milieu généreux et de disposer de moyens. Mon réseau familial et amical a fait que j’ai pu très vite trouver des fonds. Aujourd’hui, j’anime un centre qui accueille 200 enfants tous les jours, pour des activités extra-scolaires, avec un coût annuel de 100 000 francs suisse. En complément, on parraine une soixantaine d’enfants pour lesquels on finance tous les frais scolaires en internat. Cela correspond à 500 euros par an et par enfant, avec pour chacun un parrain en Suisse qui s’acquitte de cette somme.

A côté de cette fondation, pourquoi es-tu devenu manager ?

Julien Lyon : Je ne me sens pas un manager, et je n’ai pas la licence de manager ! Je suis plus un coach, et si je suis manager, c’est malgré moi. J’ai proposé de l’aide à des coureurs, des amis ! Iten, c’est comme un village où tout le monde se connaît. Après avoir trouvé des partenaires et un budget, je leur ai proposé de se préparer pour participer à des courses en montagne et des trails. Il y a 3 ans, personne ici à Iten ne savait ce qu’était le trail ! Aujourd’hui, on a fait beaucoup de chemin, et le trail est reconnu comme un objectif crédible, avec une catégorie de coureurs locaux qui se préparent pour les trails ! Et on commence à voir les fruits de notre investissement.

Photo Rising Story - GTWS - Sierre-Zinal - Justin Galant
Joyline Chepngeno, victorieuse de Sierre-Zinal 2024, sa première course de trail. Photo Rising Story – GTWS – Sierre-Zinal – Justin Galant

Ma team, c’est 7 coureurs dont une femme. J’essaye de former des jeunes pour constituer un vivier, et même si l’effectif est restreint, il est performant. Mes coureurs remportent des courses importantes, comme la victoire de Joyline Chepngeno à Sierre-Zinal. Les hommes ont terminé 4ème et 5ème du dernier Marathon du Mont-Blanc avec Kevin Kibet et Ezekiel Rutto, remporté la victoire avec Sammy Chelangat et la 3ème place avec Kipsang Cheboi au Trail des Celtes, le format 50K de l’Alsace by UTMB, et gagné le format court du Verbier Saint-Bernard by UTMB avec Ezekiel Rutto !

Sammy Chelangat, vainqueur du format 50K du trail Alsace Grand Est by UTMB – Photo UTMB Group

Parlons des sujets qui fâchent : comment as-tu vécu le contrôle positif de Marc Kangogo lors de sa victoire à Sierre Zinal en 2022 ?

Julien Lyon : Très mal ! Il y a eu beaucoup de cas de dopage au Kenya. Mais eu égard au nombre très important de coureurs, cela reste une minorité. Des milliers de coureurs pour quelques dizaines de contrôlés positifs, on n’atteint pas les 1%. La majorité reste clean ! Le cas de Mark Kangogo sert aujourd’hui d’exemple à ne pas suivre. En 2022, il remporte Sierre-Zinal. Après la course, il est contrôlé positif à deux substances interdites : la norandrostérone et l’acétonide de triamcinolone. Il perd également sa victoire au Marathon de la Jungfrau.

Sans dopage, avec ses qualités naturelles et son travail à l’entraînement, il aurait pu avoir une belle carrière, bien vivre, et il a tout gâché. Suspendu 3 ans, il paraît peu probable qu’il ait une deuxième chance. Je rappelle au quotidien à mes coureurs qu’il ne faut pas se doper. Je compare mon coaching à celui d’un père envers ses enfants : je leur dis ce qu’il ne faut pas faire et je les surveille, sans pouvoir tout contrôler, tout le temps et partout. Personne n’est à l’abri !

Où en es-tu côté partenaires ?

Julien Lyon : Nous sommes en fin de contrat de trois ans avec On Running. Je serais ravi de pouvoir poursuivre avec cette belle marque suisse, et j’ai trouvé admirable que le contrat continue malgré l’épisode de dopage à Sierre-Zinal. Je suis ouvert à d’autres propositions, je démarche depuis juin dernier, rien n’est encore très clair pour la suite. J’espère que nos résultats 2024 permettront de décrocher un partenaire pour 2025 et les années qui viennent. Si on ne trouve pas de partenaires équipementier, il faudra changer notre modèle économique et aller vers des partenaires de type banques ou assurances.

Comment fonctionnes-tu avec tes athlètes ?

Julien Lyon : Mes athlètes ne sont pas rémunérés par une marque. Ils sont dépendants de leurs résultats, ce qui crée une plus grande tentation de dopage. Ils doivent performer pour gagner leur vie et contribuer à soutenir leur famille. De mon côté, je dois absorber mes coûts fixes : je loge mes athlètes et je les nourris, je paye tous les frais de déplacements et de réceptifs en compétition. J’ai un assistant coach salarié qui m’épaule, plus un masseur salarié. Si je dispose demain de plus de budget, je pourrai accroître la professionnalisation du team en salariant les coureurs, et en augmentant mon effectif d’athlètes. Aujourd’hui, On running ne veut pas soutenir plus de 7 athlètes, alors qu’avec plus de coureurs, je pourrais dénicher de belles pépites.

Dirais-tu qu’aujourd’hui, le trail est en grande majorité un sport de blanc ?

Julien Lyon : Oui, aujourd’hui le trail est très blanc ! Les Kenyans ont un vrai potentiel, mais ils ont moins d’avantages que sur route ! Sur la route, la domination des Africains de l’Est est très forte. En trail, le chemin est encore long et pentu, si j’ose dire ! Et même s’ils parviennent à remporter de très grandes épreuves, ils ne les domineront pas de la même manière que sur marathon. Les « Caucasiens » n’ont pas d’avantage génétique pour le trail, ils ont juste une longue expérience dans une discipline qui n’a rien à voir avec le marathon, surtout en ultra-trail. Cette expérience et ce savoir-faire, les Kenyans ne l’ont pas, et elle ne s’acquiert qu’en pratiquant. C’est une question de culture et d’entraînement.

Pour qu’un Kényan gagne l’UTMB, cela prendra sûrement plusieurs années encore. Et on ne verra jamais, comme sur marathon, 15 Kényans aux 15 premières places de l’UTMB. Un ou deux dans le top 6, cela pourra arriver avant 2030, sous réserve de mobiliser des partenaires qui croient en eux ! On notera aussi que l’argent arrive dans le trail, ce qui justifie l’engagement des Kenyans qui courent pour gagner leur vie : 13 000 euros sur l’OCC, et 20 000 euros sur l’UTMB, cela se rapproche vraiment des primes allouées aux vainqueurs des grands marathons européens. Et pour un Kényan, il y a plus d’opportunité à être dans le top 5 de l’OCC ou de l’UTMB qu’au Marathon de Paris !

As-tu été surpris par le niveau athlétique des traileurs ?

Julien Lyon : Ah oui ! Il y a 3 ans, quand j’ai commencé le projet, je pensais que les Kényans domineraient plus facilement les coureurs caucasiens. Mais la transition route-chemin a été bien plus difficile que prévu, et les avantages des Kényans sur la route, légèreté, longueur des membres, poussée de pied, sont moins efficientes sur des sentes escarpées et techniques.

Les gens ont l’impression que si on mettait sur un trail 20 Kényans à 2h 05mn au marathon, ils gagneraient. En fait non, ce n’est pas le cas, ce sont deux sports bien différents avec d’autres aptitudes et qualités à développer. La lauréate kényane 2024 de Sierre-Zinal ne vaut que 1h10mn au semi-marathon, ce qui est très loin des meilleures Kényanes. Et j’ai une athlète à 1h 05mn qui serait très loin à Sierre-Zinal, tout juste dans le top 10.

C’est cela qui rend le projet intéressant. Il ne s’agit pas juste de convaincre des marathoniens à 2h 05mn, mais bien de former des traileurs et des ultra-traileurs, avec les qualités et l’expérience terrain requises. C’est ce travail de formation qui va s’inscrire sur plusieurs années. D’où la nécessité d’avoir des partenaires qui nous offrent ce temps long, pour pouvoir détecter et former d’autres talents que ceux de la route. Mais il y a un point positif pour l’attractivité du trail : les stages de traileurs amateurs se multiplient au Kenya, et cela commence à créer une petite musique…

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Philemon Kiriago, 2ème de Sierre-Zinal à moins de 2 secondes de Kilian Jornet, valeur sûre du trail court 2024. Photo Rising Story – GTWS – Sierre-Zinal – Justin Galant

As-tu constaté d’autres initiatives que la tienne pour former les Kényans au trail ?

Julien Lyon : Pas vraiment pour le trail long et l’ultra-trail. Une dynamique comme celle de Run2gether, porté par l’Autrichien Thomas Krejci depuis 10 ans, se focalise sur les courtes distances et dans la course en montagne. (Philemon Kiriago et Patrick Kipngeno, respectivement 2ème et 3ème du Sierre-Zinal 2024, et Philaries Kisang, 4ème femme de la doyenne suisse cette année, font partie du team Run2gether, NDLR.) Côté équipementier, les initiatives comme la 42 House de Kiprun sont orientées vers la route et le marathon, et dupliquent des structures déjà très anciennes développées par les grands leaders comme Asics, Nike et Adidas. Au Kenya, la culture marathon est encore dominante.

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Les Kényans à l’entraînement à Iten, avec le team Kiprun basé à la 42 House. Photo Kiprun
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Faire le plus de kilomètres possible ! Se donner à 110% à chaque séance ! Ne pas faire les entraînements de vitesse ! Déménager à Chamonix pour devenir un vrai traileur ! Découvrez 4 mythes qui ont la dent dure en matière d’entraînement, et qu’il est temps de briser pour mieux progresser.

Conseils d’entraînement : qui croire ?

Soyons lucides : il existe une tonne de mauvais conseils en matière d’entraînement, comme il existe une tonne de mauvais conseils sur tous les sujets concernant la vie en général. Et Internet et les réseaux sociaux n’arrangent pas les choses, permettant à certains de distiller des « bons conseils » en matière d’entraînement sans aucune légitimité. Alors, comment faire le tri entre ce qui est fiable et ce qui est fantaisiste ? Tout simplement en faisant appel à des coachs experts et à des entraîneurs réputés et respectés. Grâce à leur expertise, découvrez 4 mythes tenaces sur l’entraînement auxquels il est temps de faire la peau, ainsi que quelques solutions proactives pour vous permettre de continuer à vous entraîner dans la bonne direction.

Photo Will Saunders : The North Face
Photo Will Saunders / The North Face

Mythe entraînement n°1 : courez le plus de kilomètres possible

Il est tentant de s’imaginer que la seule façon de s’améliorer est de courir toujours plus et d’accumuler les kilomètres. Et la communication par les athlètes élites de leur kilométrage et du dénivelé hebdomadaire qu’ils accumulent a tendance à confirmer cette idée. Pourtant, un entraînement à volume élevé peut entraîner des rendements décroissants pour de nombreux coureurs. Tout d’abord parce que que courir plus de kilomètres s’accompagne d’une longue liste de conséquences potentielles : blessure, maladie, épuisement professionnel, etc.

Si vous tenez à consacrer plus d’heures à votre entraînement, au lieu d’ajouter des kilomètres de course à pied, optez pour une forme d’entraînement croisé, avec du vélo ou de la natation, qui vous permettra de préserver votre corps et alimentera toujours votre moteur aérobie. Mais en rajouter n’est pas non plus la réponse idéale. Progresser au fil des années sur de nombreux cycles d’entraînement successifs nécessite des adaptations et des modifications du stress d’entraînement, de sorte que le volume idéal est souvent le minimum qu’un coureur puisse faire tout en s’adaptant de manière cohérente, tant que le total se situe dans la fourchette nécessaire pour stimuler un entraînement lui permettant d’atteindre les performances souhaitées en fonction de sa physiologie et sa capacité de charge.

Ainsi, une approche à long terme de l’augmentation du volume laisse une marge de croissance, évite la stagnation et limite les pannes qui peuvent arrêter un coureur dans son élan bien avant qu’il ne découvre où se situe son véritable plafond. Se lancer dès le départ dans un kilométrage hebdomadaire à trois chiffres sera donc contreproductif et vous emmènera droit dans le mur. Et surtout, n’oubliez jamais que la course à pied est différente d’autres sports comme le cyclisme, car les impacts répétés rendent les coureurs plus sujets aux blessures.

À retenir : augmentez votre volume de kilomètres au fil du temps et diminuez les distances si vous vous sentez excessivement fatigué ou si des blessures aux tissus mous surviennent.

Ludovic Pommeret UTMB 2024 Photo Stéphane DEMARD
Savoir être progressif pour durer plus longtemps, une des clés du succès du maître Ludovic Pommeret. Photo Stéphane DEMARD

Mythe entraînement n°2 : donnez-vous toujours à 110%

Certains coureurs estiment que c’est en poussant toujours leur corps à la limite à l’entraînement et en course qu’ils seront les plus performants, considérant que la durée des séances et le kilométrage parcouru ne sont jamais suffisants. Dans leur esprit, il y a toujours quelque chose qu’ils auraient pu faire différemment, en faisant un peu plus d’efforts, en se donnant à 110 %. Mais le problème, c’est qu’un effort à 110 %, cela n’existe pas. Et, paradoxalement, en essayant de travailler plus dur et de faire plus d’efforts pour tenter d’atteindre leur potentiel, ces coureurs risquent de voir leurs performances dans les courses diminuer régulièrement, car ils ignorent les signes que leur corps leur envoie pour récupérer et se reposer.

Plus ils se sentent fatigués, plus ils essaient. Et plus ils essaient, plus ils se sentent fatigués. Or une des règles de base de l’entraînement est de comprendre que lors d’une séance on ne peut donner que ce que l’on a, et rien de plus. Certains jours où l’on a peu, il convient donc de faire des séances faciles, sans culpabiliser. La sagesse, c’est apprendre à écouter son corps, à évaluer ses capacités mentales et physiques un jour donné et à réagir en conséquence, sans chercher à en faire plus – trop.

À retenir : la cohérence doit l’emporter sur l’intensité, et il vaut mieux chercher à développer son adaptabilité à l’entraînement plutôt que vouloir établir des chronos à chaque occasion. 60% d’effort suffisent, mais 100% du temps !

Photo James Poole : The North Face
Ne passez pas votre temps à sprinter, sachez adapter vos sorties à votre état de forme et vos envies. Photo James Poole / The North Face

Mythe entraînement n°3 : le travail de vitesse n’est pas utile

Autant le dire tout de suite : le travail de vitesse est le meilleur ami du traileur, et c’est un mythe de prétendre que pour des ultras il suffit de s’entraîner très lentement sur un kilométrage élevé. Au contraire, des entraînements d’intensité élevée et modérée permettent de travailler plus intelligemment et plus efficacement en diminuant le besoin de courir plus de 150 kilomètres par semaine et en réduisant les risques de blessures et d’épuisement. Pour commencer, intégrez des foulées pendant 15 à 30 secondes au rythme le plus rapide possible sans vous forcer, avec une à deux minutes de course facile et d’effort de récupération entre les deux. Faites quatre à huit séries, deux à trois fois par semaine tout au long de vos courses. Ensuite, vous pourrez commencer à intégrer des entraînements plus structurés dans votre programme.

À retenir : ne négligez pas les séances de vitesse. Cela vous aidera à vous entraîner plus intelligemment, plus rapidement – ​​et peut-être même à vous amuser davantage.

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En matière d’entraînement de vitesse, ces 2 là en connaissent un rayon : Elhousine Elazzaoui et Patrick Kipngeno, 2 champions de vitesse pure. Photo Mammoth26K / GTWS

Mythe entraînement n° 4 : vous devez déménager à Chamonix

Si de nombreux coureurs de trail de haut niveau vivent dans les montagnes, du côté de Chamonix, Chambéry ou dans le Beaufortain, d’autres vivent et s’entraînent loin des Alpes et continuent de performer à un niveau élevé. L’exemple le plus édifiant est Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, parisien s’entraînant entre Montmartre et le Bois de Boulogne, et qui termine régulièrement dans le Top 20 des ultras les plus exigeants en terme de dénivelé, 21ème de l’UTMB et 10ème de la Diagonale des Fous en 2023. Pourtant, il existe encore un mythe selon lequel si vous ne vivez pas près des montagnes, vous ne pouvez pas réussir ou terminer des courses en montagne.

C’est évidemment totalement faux, et vous pouvez faire de nombreuses choses pour vous préparer aux courses à fort dénivelé, même si vous n’habitez pas à Chamonix. La puissance fonctionnelle des jambes peut par exemple se travailler sur un tapis de course avec inclinaison, et des volées d’escaliers peuvent très bien permettre de développer la force et la résilience grâce à des schémas de mouvements spécifiques. Quelques séances concentrées suffisent pour certaines adaptations à la méga-montagne. Vous pouvez également améliorer votre économie de course grâce au travail de vitesse et aux foulées en côte, également essentiels pour les trails en montagne.

Enfin, ne négligez pas la force excentrique requise pour dévaler les pentes, car les jambes de nombreux coureurs sont plus affectées par les descentes que par la montée. Essayez de trouver des pentes raides ou des escaliers où vous pourrez courir avec l’intention de préparer vos jambes à la dégradation musculaire qu’elles subiront le jour de la course.

À retenir : tout le travail de puissance musculaire et d’entraînement en endurance peut s’effectuer loin des montagnes. Et pour l’adaptation à l’altitude et à la pente spécifique, un ou deux week-ends chocs sur des sentiers avec un terrain similaire à celui d’une course suffiront à vous préparer.

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Eh oui, on peut vivre à Paris, s’entraîner à Paris et faire 21ème à l’UTMB ! Photo UTMB 2023
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Au-delà de la quarantaine, si vous vous contentez de seulement courir, vos muscles et votre cœur vont perdre progressivement leur tonicité. Fuyez les bondissements, la plyométrie et la musculation avec charge. L’expérience montre que les coureurs masters essayant de s’investir dans ce genre de séances développent très souvent des pathologies de type tendinite rotulienne, périostite tibiale ou fracture de fatigue des métatarses, voire du bassin ! Avant de faire une préparation plus spécifique de musculation légère, commencez par mettre du dynamisme et de la variété dans votre entraînement. Après, vous pourrez ajouter un travail de musculation spécifique course à pied, en respectant votre schéma corporel et donc en protégeant vos articulations. Voici 5 séances qui vous permettront de tonifier votre musculature sans risque.

1- Séance Vélo

Remplacez votre sortie longue du dimanche par une sortie de 2 ou 3 heures en VTT ou en vélo de route, en fonction de votre lieu de vie ou de vos goûts, mais toujours en essayant d’amener un gros braquet, contrairement à ce que l’on recommande aux cyclistes. Vous pourrez aussi rouler de préférence en côte, le plus souvent possible en danseuse (debout sur les pédales), mouvement très proche musculairement de la course à pied en côte, sans avoir les chocs des descentes. Vous sentirez ainsi vos jambes gagner en puissance au fil des semaines.

2 – Séance VMA courte sur le plat ou en côte

Programmez dans votre semaine un entraînement avec du vite/lent/vite de type 10 x 30 secondes rapides / 30 secondes lentes. Et si vous avez peur de vous blesser lors de ces accélérations, vous pourrez les faire sur des portions de côtes de même durée, avec la récupération en descente. Ce sera moins traumatisant.

3 -Séance Gainage

Les seuls muscles que l’on travaille peu en courant, ce sont le ventre et le dos. Le principe est simple : pas d’à-coup ni de mouvement brusque, mais plutôt des exercices lents, statiques, dits de gainage qui vous permettent de renforcer vos muscles sans les froisser. Le mieux est de vous faire accompagner durant les premiers temps pour mettre en place un programme sur mesure. Une fois les rudiments assimilés et les gestes justes posés, vous pourrez reproduire chez vous la session qui vous va bien. Très vite, vous vous sentirez mieux, plus tonique, et vos performances s’en ressentiront !

4 – Séance Musculation dans le geste

Trouvez une bosse très raide assez courte ou un long escalier, que vous enchaînerez en montées de genoux, puis à petites foulées actives avec un retour rapide de votre jambe arrière, puis en marche rapide, à grands pas, en appuyant sur vos cuisses avec vos mains, le buste penché en avant, selon le programme suivant : après 20 minutes de footing, quelques étirements et 5 lignes droites en accélération progressive, faites 5 à 10 montées rapides de la bosse en recherchant surtout la montée des genoux (les cuisses doivent brûler !), avec récupération en descente. Effectuez ensuite 5 minutes de trot, puis de nouveau 5 à 10 montées en recherchant cette fois-ci une foulée très véloce, courte, en travaillant le retour rapide vers l’avant de la jambe arrière, avec récupération en descente. Effectuez 5 minutes de trot, et enfin 5 à 10 montées en marchant très vite, avec récupération en descente.

5 – Séance Musculation sans charge

Chez vous sans matériel, vous pourrez faire des demi-squats sur vos deux pieds puis sur un seul, des montées sur pointes sur deux pieds puis sur un seul, ou encore l’exercice bien connu de « la chaise », le dos appuyé contre un mur. Vous pourrez aussi travailler la tonicité des muscles de vos pieds et chevilles en appui sur un seul pied, puis en corsant la difficulté en fermant les yeux et/ou en vous mettant sur un coussin (pour un appui plus instable) ou sur un plateau d’équilibre (plaque collée sur une demi-sphère).

Bonus : les 10 conseils forme et santé du master

1- Planifiez vos objectifs dans l’année et organisez vos entraînements en micro-cycles et en macro-cycles.

2 – Choisissez soigneusement vos objectifs et n’enchaînez pas les épreuves difficiles sans un temps de récupération indispensable.

3 – Tenez à jour un cahier d’entraînement personnalisé (papier ou écran) dans lequel vous noterez le maximum d’informations pour piloter au mieux votre programme.

4 – Faites toujours un entraînement facile en endurance après une séance de qualité.

5 – Conservez toujours une séance de qualité par semaine en course à pied, en privilégiant le rythme et la qualité de votre gestuelle.

6 – Respectez au minimum un jour de repos complet sportif par semaine après 40 ans, et deux après 50 ans. Au-delà de 60 ans, alternez un jour de course, un jour d’un autre sport actif et un jour de repos relatif (marche, natation cool…)

7 – Choisissez bien vos aliments et adoptez une conduite alimentaire qui marie plaisir et bien-être, en veillant à garder un poids stable, celui où vous vous sentez bien !

8 – Investissez dans du matériel de course de qualité, en particulier des chaussures adaptées à votre morphologie et à chaque type de pratique. Au premier signe d’usure, changez-en !

9 – Favorisez votre qualité de sommeil :
– En évitant les séances dures de sport après 19 heures.
– En prenant un repas léger et digeste le soir, 3 heures avant le coucher et en ne regardant pas d’écran dans votre chambre.

10 – Favorisez au maximum votre récupération :
– En menant une vie régulière et en vous couchant avant 23 heures.
– En essayant de faire une mini sieste chaque jour.

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C’est un look qui ne passe pas inaperçu et qui faire sourire, s’il ne recelait pas des trésors d’ingéniosité. Non seulement les deux molettes BOA nouvelle génération permettent un ajustement précis et instantané, mais la chaussure dispose également d’une plaque carbone amovible, en fonction de l’utilisation que l’on veut en faire. On a pu tester ce modèle performance à 275 dollars, disponible uniquement via Internet, qui fait fureur aux USA.

Speedland : partir de zéro pour recréer une chaussure

À l’origine de l’histoire, deux anciens de Nike, Puma et Under Armour, Dave Dombrow et Kevin Fallon, ont créé la marque Speedland au fond d’un garage du côté de Portland, dans l’Oregon, en 2021. Leur premier produit hyper-performance, la SPL:PDX, accessible uniquement en vente en ligne au prix de 375 dollars, a fait un tabac. Séduit, l’athlète américain Dylan Bowmann, qui ces 10 dernières années à couru aussi bien sur l’OCC que la TDS et l’UTMB, a rejoint le team pour apporter son expertise.

« Nous avons fait le choix de ré-imaginer les produits existants en déconstruisant la semelle intermédiaire et la semelle extérieure pour nous concentrer sur des innovations validées par la science », explique Kevin Fallon. Parmi celles-ci, on retrouve sur la GS:PDX une plaque carbone amovible, une innovation unique sur le marché consécutive à des recherches menées au Performance Fit Lab de Denver pour déterminer les moments optimaux pour utiliser ou non une plaque de carbone.

Même appel aux recherches scientifiques pour valider l’utilisation d’un double BOA qui, en offrant une meilleure connexion au médio-pied, améliore le transfert de puissance jusqu’à 6 %.

Quant à la semelle extérieure, les Américains ont fait le choix de travailler avec Michelin sur un modèle spécifique à haute durabilité, donnée pour plus de 1000 kilomètres.

Speedland GS:PDX : un ajustement au millimètre

Si, au pied, la chaussure déroute un peu par son aspect massif (la Crocs du trail?), sa légèreté et son amorti sont bluffants. Visuellement, la mousse rappelle celle utilisée par Adidas avec ses premiers modèles de Boost, un genre de polystyrène dont on se demande si il va bien supporter les 1000 kilomètres annoncés par la marque. En tout cas, sur les premiers kilomètres parcourus, le moelleux est appréciable.

Autre point hyper positif, l’ajustement millimétré des deux BOA, qui permet de faire vraiment corps avec la chaussure, ce qui semblait ne pas être gagné d’avance. De plus, cette nouvelle génération de molette permet non seulement de serrer cran après cran de façon précise, mais également de desserrer cran après cran. Une véritable innovation par rapport aux anciennes molettes BOA qu’il fallait soulever pour un desserrage total, puis resserrer petit à petit. Là, en une seconde, on peut relâcher vite fait le serrage, même avec des gants.

Autre point positif, même avec un fort serrage sur l’avant, l’espace laissé aux orteils à l’avant-pied est suffisant pour les pieds larges. Quant au tour de cheville tricoté, il offre une protection efficace contre les débris.

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La double molette BOA nouvelle génération, pour un serrage hyper précis. Photo Esprit Trail

Speedland GS:PDX : avec ou sans plaque

Si le testing, effectué sur les singles de montagne plutôt roulants, a permis d’apprécier le confort et la stabilité de la chaussure, particulièrement large au médio-pied, et le bon maintien au talon, c’est surtout le test avec ou sans plaque carbone qui nous intéressait. Le concept de pouvoir utiliser la même chaussure en mode run tranquille sans plaque et en mode performance avec plaque est vraiment novateur sur le papier, qu’allait-il donner dans la réalité ?

Soyons franc, j’ai été un peu déçu. Je m’attendais à une différence très significative de rigidité et de retour d’énergie que je n’ai pas ressenti. Certes, la présence de la plaque carbone, facile à glisser dans la chaussure sous la semelle supérieure, confère un peu plus de rigidité, mais le fait qu’elle soit prise en sandwich entre deux semelles de mousse épaisses semble atténuer l’effet de retour d’énergie.

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La semelle interne supérieure et la plaque carbone à glisser en-dessous. Photo Esprit Trail
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Impossible de se tromper, il suffit de glisser la plaque carbone dans la forme prédessinée sous la semelle interne supérieure. Photo Esprit Trail

Speedland GS:PDX : la signature Michelin

Que les Américains aient choisi de travailler avec Michelin est forcément une fierté pour un Français. Le design des crampons a visiblement été très étudié, avec une volonté de privilégier une super traction. Petit détail étonnant, la présence sous la semelle, au niveau du médio-pied, d’un petit ergot de drainage que l’on peut couper et qui permet d’évacuer l’eau que l’on pourrait embarquer dans la chaussure, soit lors d’un run sous la pluie, soit lors de traversées de rivières comme les Américains aiment à en prévoir sur les courses comme la Western States Endurance Run. L’adhérence de la chaussure est indiscutablement efficace, mais on pourra regretter qu’il y ait de nombreuses zones de mousse apparente, qui seront autant de zones de fragilisation de l’ensemble de la semelle dans la durée.

Speedland semelle
Le petit ergot que l’on peut couper pour drainer l’intérieur de la chaussure. Photo Esprit Trail

Speedland GS:PDX : la grande question de la durabilité

Vous l’aurez compris, si la Speedland GS:PDX offre de véritables innovations technologiques, on peut s’interroger sur la durabilité d’une telle chaussure, en regard de son coût élevé. Entre le mesh, qui semble assez fragile, les languettes de serrage du dessus de pied, dans une sorte de tissu qu’on a la sensation de pouvoir déchirer d’un seul geste, et le gros bloc de mousse de la semelle qui fait penser à du polystyrène, est-ce que tout cela combiné a réellement une durée de vie de 1000 kilomètres ? Personnellement, je n’en suis pas convaincu.

Speedland GS:PDX : les spécificités techniques

Longue distance
Poids : 292g en 42
Drop : 5mm
Prix : 275 dollars

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Mais quel engouement ! Après avoir doublé le nombre de participants entre 2022 et 2023, l’édition 2024 de l’Ultra Trail des Montagnes du Jura, qui se tiendra du 4 au 6 octobre, s’apprête à battre tous les records et atteindre sa capacité maximale, avec plus de 6700 coureurs attendus, dont 1000 enfants ! Si Casquette Verte, blessé, sera le grand absent de cette 5ème édition (mais sera présent en tant que bénévole), les athlètes de premier plan ne manquent pas, qui promettent des courses passionnantes.

L’Ultra Trail des Montagnes du Jura : un succès fou

Organisée du 4 au 6 octobre dans deux pays, la France et la Suisse, et trois départements, le Doubs, le Jura et l’Ain, l’ Ultra Trail des Montagnes du Jura enregistre plus de 6700 inscriptions sur l’ensemble de ses courses, dont quatre distances affichent complet : la Franco-Suisse (105 km) complète avec 1100 participants, la Renarde (75 km) complète avec 1100 participants, la CMM (40 km) complète avec 1600 participants et la Lynx (20 km) complète avec 1600 participants. A ce jour, il est possible de s’inscrire uniquement sur l’Ultra (175 km et solo ou en relais) et la Chamois (10 km).

En parallèle, les inscriptions pour l’UTMJ Kids, courses organisées pour les 6-16 ans reprenant les mêmes codes que les adultes et dont les dernières courses sélectives se déroulent actuellement dans les écoles avec déjà plus de 3000 participants, sont ouvertes.

Enfin, le grand public et les familles sont attendus nombreux pour participer aux ateliers et conférences et assister aux concerts et spectacles prévus pendant les 3 jours.

Photo Ben Becker UTMJ 2023
Photo Ben Becker UTMJ 2023

L’Ultra Trail des Montagnes du Jura, l’épreuve reine

Avec ses 175 km et 7000m D+, l’UTMJ est l’épreuve reine de l’événement. Au départ de Lancrans (01) le vendredi 4 octobre 2024 à 11h, il se termine à Métabief (25) et traverse 2 pays, la France et la Suisse, 2 régions, la Franche-Comté et l’Auvergne Rhône-Alpes, et 3 départements, l’Ain, le Jura et le Doubs. Il peut se courir en solo (pacer autorisé à partir du km 77) ou en relais (de 2 à 6 personnes avec une féminine minimum dans l’équipe).

UTMJ : quelques noms de participants à retenir

Dimitri Morel-Jean
Vainqueur sur ses terres en créant la surprise en 2023, il remet son titre en jeu. 18e sur le 90km du Mont-Blanc en 2024, vainqueur sur le Trail des Forts de Besançon (60km), vainqueur sur le trail Volodalen du Jura 2024 (70km), 4e sur le Wildstrubel by UTMB 2023 (70km).

Tristan Blanchard (Suisse)
Vainqueur du Montreux Trail Festival 2024 (162km), 7e du Swiss Canyon Trail 2024 (114km), 4e du Jura Swiss Trail 2024 (55km), 4e du Wildstrubel by UTMB 2023 (113km). Il prendra pour la première fois le départ d’une course UTMJ.

Baptiste Galant
15e sur l’Ultra Tour du Beaufortain 2022 (114km), 71e sur le Grand Raid de la Réunion 2022, 24e sur l’Échappée Belle 2021 (148km), 54e sur l’UT4M 2021 (172km), ainsi que de très beaux résultats sur des distances entre 40 et 80km entre 2023 et 2024. Ce sera la première fois qu’il vient sur une course UTMJ.

Luc Gential
Vainqueur à deux reprises sur la Diagonale des Yvelines (100km), 3e sur la Barjo Ultra 2024 (100km), vainqueur en 2022 sur la Franco-Suisse (ex-eaquo), 3e de la Trans Aubrac 2023 (105km).

David Brulport
Vainqueur sur la Franco-Suisse 2023, 65e de la CCC (UTMB) 2024, 4e du 101km du Festival des Templiers 2019, 14e de la Transjutrail (70km) 2019.

Kerstin Dusch (Suisse)
Gagnante sur l’UTMJ 175km en 2022 et 2023, 10e du Verbier Saint-Bernard 2024 (61km), ganante et seconde sur la Swiss Alps 100 2022 et 2023, 2e sur le Swiss Canyon Trail 2023, gagnante sur le SwissPeaks 2021 (170km), gagnante sur la MXTREME du Montreux Trail Festival 2021 (110km).

Martin Perrier
3e du Tor des Géants 2024, 25e MIUT Madeira 2024, 10e Trail du Ventoux 2024 (75km), 4e de l’UTMJ 2023 et 6e la première année en 2020 sur la Renarde (75km), 2e du Monterosa Est Himalayan Trail 2023 (103km), 19e de la TDS (UTMB) 2022, 8e MXTREM du Montreux Trail Festival 2021.

Cret de la Goutte (credit Ben Becker) (6)
Photo Ben Becker UTMJ 2023

La Franco-Suisse : le format 105 km de l’Ultra Trail des Montagnes du Jura

Avec 105 km et 4000m D+ au départ des Rousses (39) le samedi 5 octobre 2024 à 5h, la Franco-Suisse emprunte la fin du parcours de l’UTMJ. Elle traverse 2 pays, la France et la Suisse et 2 départements, le Jura et le Doubs.

La Franco-Suisse : quelques noms de participants à retenir

Aurore Canino Hemon
3ᵉ du Trail du Saint-Jacques by UTMB 2024 (80km), 2ᵉ Le Radicatrail 2024 – Le Trail Légendaire (35km), 1ʳᵉ Trail Côte d’Opale en Pas-de-Calais 2023 – 80 KM, 1ʳᵉ Trails du Tour du Canton 2022 – 75 Km, 7ᵉ de la Diagonale Des Fous 2021. On la retrouvera pour la première fois au départ d’une course UTMJ.

Tiphaine Germain
3ᵉ de La Barjo 2024 (81km), 10ᵉ sur le Trail Alsace Grand Est by UTMB 2024 (50km), 2ᵉ sur le Trail des Deux Amants 2024 – Mara’TDA 45, 4ᵉ de la 6000D 2023 – La 6D Lacs, 6ᵉ de l’Ultra Trail du Puy Mary Aurillac 2023 (105km), 3ᵉ du Trail des Forts de Besançon 2023 – 60 Km, 7e de l’EcoTrail Paris 2023 – Trail 80km. 

Lison Martinez
3ᵉ sur l’UTMJ 175km en 2023, 12e de la Scarpa Trail De La Vallée Des Lacs 2024 (81km), 27e du Swiss Canyon Ultra Trail 2024 (114km), Thur Trail 2024 – Les 3 Vallons (49km). Après son podium sur la 175km l’an dernier, Lison viendra se tester sur la Franco-Suisse.

Delphine Monnier-Benoît
3ᵉ du 63km du Trail EDF Cenis Tour 2024, 7ᵉ du Trail des 4×1800 32km 2024, 3ᵉ du Mad’Trail 2024, 3ᵉ du 62km de la Transjutrail 2024, 2ᵉ de la Franco-Suisse 2023, 18ᵉ du Marathon du Mont-Blanc 2023 – Duo étoilé (21km), 5ᵉ du 21km du Trail des Forts de Besançon 2023, 10ᵉ du MIUT 60 2023, 6ᵉ de la 6D Marathon 2022, 9ᵉ du 20km du Festival des Templiers 2022, 2ᵉ de la CMM 2020.

Johann Fernandez
Double vainqueur 2021 et 2022 de l’UTMJ, 30ᵉ du Grand Raid de la Réunion 2022, 3e de la H.O.T du Père Noël (133km) 2023,7ᵉ de l’UTCAM (125km) 2023, 32ᵉ du Trail du Saint-Jacques by UTMB 2023, 2e de l’Ultra 01 2022 (170km), 14ᵉ du Swiss Canyon Trail 2021, 77e de l’UTMB 2021. Le double vainqueur de l’UTMJ revient en 2024 pour tester une nouvelle distance !

Massimo Palladin (Italie)
24ᵉ de la TDS (UTMB) 2024, 11ᵉ de l’Ultra du Saint-Jacques by UTMB 2024, 15ᵉ du k55 du VIBRAM MAREMONTANA 2024, 22ᵉ de la SaintéLyon 2023, 17ᵉ du Grand Raid de la Réunion 2023, 2ᵉ de la Renarde 2023, 1ᵉʳ de la Franco-Suisse 2022. C’est sa 3e participation sur l’une des courses de l’UTMJ.

Armand Martin - Franco Suisse (credit Ben Becker)
Photo Ben Becker UTMJ 2023

La Renarde : le format 75 km de l’UTMJ

Avec 75 km et 2600m D+ au départ des Rousses (39) le samedi 5 octobre 2024 à 7h, le parcours de la Renarde a pour but de rallier Métabief (25).

La Renarde : quelques noms de participants à retenir

Cora Mariotte
29ᵉ du 90 Km du Mont-Blanc 2024, 2ᵉ sur le 62 km de la Transju’trail 2024, gagnante de la Renarde 2023, 12ᵉ du MIUT (85km) 2024, 2ᵉ de L’Infernal Trail Des Vosges 2023 (100km), 3ᵉ Ultra-Trail Terra Volcana (80km) 2023, 32ᵉ du Grand Trail des Templiers (82km) 2022. Cora vient remettre son titre en jeu pour cette nouvelle édition.

Marion Jandet
Gagnante sur l’ULTRA 01 2024 (65km), 3ᵉ sur le Trail des Hauts Forts 2024 (51km), 2ème sur la Renarde 2023 (75km), 18ᵉ de la Maxi Race 2023 (87km), 20ᵉ de la Saintélyon 2022, 22e du Trail Verbier Saint-Bernard by UTMB (76km) 2023, 2e du 100km de l’Ultra 01 2022, 1ère du 90km de l’Ultra 01 2021.

Daniel Camalet
11ᵉ du Trail du Petit Saint-Bernard 2023 (40km), 23ᵉ du Wildstrubel by UTMB 2023 (23km), 46ᵉ du 90km du Mont-Blanc 2023, 2ᵉ de la CMM 2022, 154ᵉ de Sierre-Zinal 2022, 9ᵉ sur le KM vertical du Marathon du Mont-Blanc 2022, 11e sur le 85km du MIUT 2022, 2e sur le Semi-Mara de la Swiss Peak Trail 2021, 2e du Trail Verbier Saint-Bernard 2021 – Liddes Verbier 2021. Après avoir testé le format 40km de la CMM en 2022, il passe cette année à la distance supérieure !

Baptiste Coatantiec
Vainqueur de l’Ultra Tour des 4 Massifs 2024 – Ut4M 180 Challenge, 8e du 90km du Mont-Blanc 2024, 2e du 62 km de la Transju’trail 2024, 9e de la SaintéLyon 2023, 2e du Wildstrubel by UTMB 2023 – Wild 110, 1er du SwissPeaks Trail 2022 – 100K, 3e de l’Ultra Trail des Montagnes du Jura 2021 – La Renarde 75km.

Valentin Vandelle
13e MaXi-Race 2024 (93km), vainqueur du Munster’Trail 2023 (80km), vainqueur de la Transju’trail 2022 (80km), 16e du BelforTrail 2023 (54km), 12e de la Lynx 2021, 6e du Trail Volodalen du Lac de Vouglans 2021 (38km), 2ème de l’UTCAM 2021 (50km).

Rémi Piegelin
Vainqueur sur la Lynx en 2021, 3e sur la CMM en 2023, 7e sur le 25km de la Transju’trail 2024, 23e sur le parcours élite du Ubaye Trail Salomon 2020, 8e sur la Transju’trail 2020 (35km). D’année en année, Rémi Pieglin change de distance sur l’UTMJ. C’est parti cette année pour une balade de 75km !

Frédéric Poumerol
5e du Munster’Trail 2023 – Munster’Trail (22km), 2e du Festival Des Templiers 2022 (47km), 4e de la 6000D 2021 (28km), vainqueur du Trail du Grand Ballon 2022 (21km), 8e du Transgrancanaria 2022 (43km), 11e du Transgrancanaria 2023 (23km). Ce sera sa première participation sur une distance UTMJ cette année.

Foret de Chezery (credit Ben Becker) (3)
Photo Ben Becker UTMJ 2023

Les autres courses adultes de l’Ultra Trail des Montagnes du Jura

La CMM : 40km et 1100m D+, départ de Chapelle des Bois (25) le dimanche 6 octobre 2024 à 8h pour une arrivée à Métabief (25). 
Quelques noms à retenir : Aleix Toda Mas, Julie Attias, Ludovic Bailly Bassin, Lea Bardey, Alexandre Bourgeois, Aurélien Collet, Sacha Devillaz, Clément Jeannin, Pauline Signeau.

La Lynx : 20 km et 900m D+, départ de la source du Doubs à Mouthe (25) le dimanche 6 octobre 2024 à 10h. 
Quelques noms à retenir : Simeon Batlogg, Doryan Boillon, Ludovic Bourgeois, Matthieu Bourgeois, Salomon De Casimacker, Aurélie Delattaignant, Océane Renard.

La Chamois : 10 km et 400m D+, départ des Granges Raguin à Rochejean (25) le samedi 5 octobre 2024 à 11h pour une arrivée à Métabief.

Coureurs Combe des Cives (credit Ben Becker) (3)
Photo Ben Becker UTMJ 2023
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En présentant à Chamonix lors de la semaine UTMB sa première chaussure de trail haute performance, la marque française centenaire Rossignol a écrit un nouveau chapitre de son histoire. Si le résultat, la Vezor, est séduisant, il faudra attendre le printemps 2025 pour en profiter. En attendant, nous avons pu en récupérer une paire pour aller la tester dans les sentiers techniques des calanques, près de Marseille. Sous le soleil, mais dans la caillasse. Genèse de la chaussure avec ceux qui l’ont conçue et verdict à l’essayage.

Rossignol Vezor : 3 années de développement

Quand Rossignol, marque née en 1907 dans les Alpes françaises et à l’ADN intrinsèquement performant, décide de se diversifier, elle ne fait pas les choses à moitié, et prend le temps de les faire bien. Ainsi en va-t-il de la Vezor, fruit de trois années de R&D et de tests approfondis, et dont le nom fait référence à un petit village du Vercors. L’objectif du Big Boss de Rossignol était clair : créer une chaussure innovante et performante. Si on peut tout d’abord souligner son look, à la fois sobre et très réussi, et sa ligne, racée, qui la place immédiatement dans la catégorie des chaussures que l’on imagine rapides, c’est surtout sous le capot que se cachent des trésors d’innovation. Guilhem Boussaroque, chef de produit trail de la marque, investi à 100% dans cette mission de développement, nous détaille les points forts de la Vezor.

VEZOR INDUSTRIE
La Vezor n’a pas été épargnée par les tests. Source Rossignol

Les 3 points forts de la Vezor, par Guilhem Boussaroque

1/ L’insert Diapazon, qui est une technologie que l’on a brevetée. Ce n’est pas une plaque carbone, il est construit en fibre de verre et nylon, et il fonctionne avec les trois nerfs clés du pied qui garantissent l’équilibre. Cet insert en forme de diapason optimise le fonctionnement des nerfs et permet d’avoir à la fois un retour d’énergie, un peu inspiré des plaques carbone, mais sans être aussi rigide pour garantir plus de stabilité, et il joue aussi le rôle de filtre terrain, pour ne pas sentir les cailloux.

2/ La semelle Michelin technologie Formula. Après avoir interrogé plusieurs acteurs, nous avons choisi de collaborer avec Michelin tout d’abord parce que c’est une marque française, mais aussi parce qu’ils ont vraiment travaillé avec nous pour développer une semelle externe qui est spécifique à notre chaussure, et qui marche le mieux possible avec la géométrie entière de celle-ci. On a vraiment un grip qui est très très bon. J’ai pu courir la MaXiRace avec cette année, c’était très boueux, et même avec des crampons qui ne sont pas très profonds, puisqu’ils ne font que 4mm, toutes les lignes qui sont sous la semelle ont permis une évacuation très efficace.

Semelle Vezor
La semelle Michelin de la Vezor, avec une géométrie spécifique.
Rossignol Vezor 2. Photo Esprit Trail
Photo Esprit Trail

3/ L’adaptabilité à tous les pieds grâce à la cage Dragonfly, inspirée des lignes de la libellule. Toutes ces lignes travaillent en synergie, avec un laçage qui descend loin vers l’avant du pied, donc qui permet un serrage précis très loin devant, et systèmes de laçage, avec deux options d’œillets à la cheville, quatre au médio-pied et trois à l’avant-pied, ce qui permet de faire des laçages différents, par exemple entre un pied fort et un pied fin, mais aussi entre un laçage pour l’entraînement et la compétition.

J’ajouterais, concernant l’adaptabilité à tous les pieds, qu’il y a aussi une petite semelle intermédiaire très fine, que l’on peut enlever ou conserver, selon qu’on a le pied fin ou fort, ou parce que l’on veut faire un run cool sans forcément beaucoup de précision, donc en enlevant la semelle, ou une compétition où l’on veut un pied beaucoup plus précis, donc en remettant la semelle.

Test Rossignol Vezor : une chaussure au plus près du sentier

Avec tous ces éléments en tête, l’impatience était grande de pouvoir fouler les sentiers des calanques, du côté de Marseille. Un terrain idéal pour savoir ce qu’une chaussure a dans le ventre, entre sections larges et roulantes types chemins forestiers et singles très techniques dans les cailloux et pierriers, avec quelques pentes à plus de 30%. Sans oublier le test ultime : les pierres glissantes comme du savon (de Marseille bien sûr) du côté de Cassis, véritable piège où seules les semelles bien cramponnées et à très forte adhérence arrivent à s’en sortir.

Premier point positif, la précision du laçage qui, en descendant très bas sur l’avant-pied, permet d’avoir une chaussure qui fait corps avec le pied, avec une tige l’enveloppant sans l’étouffer. Avoir différentes options d’œillets permet d’ajuster plus encore le laçage, même si un serrage très précis de l’avant en début de course peut s’avérer trop serré en fin de sortie, sans autre possibilité que de défaire et refaire ses lacets.

Rossignol Vezor 1. Photo Esprit Trail
Photo Esprit Trail

Côté confort du pied, rien à redire, le mesh est bien respirant et l’avant bénéficie d’un vrai pare-pierres renforcé en TPU. Au niveau du talon, une sorte de spoiler offre une bonne protection du tendon d’Achille, rassurante. En course, la chaussure offre une précision de pose de pied impeccable, elle est légère, suffisamment souple pour s’adapter au sentier, dont on se sent proche, en interaction. Dans les passages les plus délicats, le faible stack permet d’avoir une bonne stabilité, tandis que la géométrie de la semelle externe, avec ses lignes de torsion, autorise de bons appuis intelligemment répartis sur le terrain.

A haute vitesse, le système d’insert Diapazon se révèle bien plus souple qu’une plaque carbone, et offre une vraie protection face aux aspérités du sentier, surtout perceptible sur l’avant du pied. Un bon point.

Le résultat est franchement agréable, la foulée est dynamique et performante, avec le juste rebond pour garantir une économie de course optimale. Quant à l’adhérence de la semelle Michelin, rien à redire, elle est parfaite sur ce terrain très sec où les cailloux ont tendance à rouler. Grâce à ce sans-faute, Rossignol réussit parfaitement son entrée dans l’arène, avec une chaussure plein de qualités, riche en innovations et capable de convenir à de nombreux coureurs. Reste à attendre le printemps 2025 pour en profiter…

Rossignol Vezor 2. Photo Esprit Trail
Une bonne adhérence, même sur les “cailloux savonnettes” des calanques de Cassis. Photo Esprit Trail

Rossignol Vezor : les spécificités techniques

Moyenne distance
Poids : 282g en 42 
Drop : 6mm
Stack : 23/29
Crampons : 4mm
Prix : 180 €

Rossignol Vezor 4. Photo Esprit Trail
Photo Esprit Trail
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En juillet 2024 à la veille de ses 49 ans, et pour sa première participation à la Hardrock 100, Ludovic Pommeret a rajouté une ligne prestigieuse à ce riche palmarès, améliorant au passage le temps référence de Kilian Jornet établi en 2022. Quelques semaines plus tard, et malgré des douleurs au dos contractées juste avant le départ, Ludo a réalisé son meilleur chrono sur l’UTMB, passant pour la première fois sous la barre des 21 heures, 5ème place en prime. Des performances qui amènent une question : comment continuer à performer jusqu’au bout de son âge ? Voici 7 impératifs à respecter pour y parvenir.

1 – N’arrêtez surtout pas de courir !

Après 50 ans, chaque arrêt sportif demande encore plus d’effort pour retrouver sensation et aisance. Alors, même un peu, doucement, bougez et sollicitez articulations et muscles. Pour une pleine vie jusqu’au bout de votre âge, mieux vaut un peu chaque jour pendant 50 ans, qu’énormément pendant 10 ans puis plus rien…

2 – Profitez de votre expérience

Vous vous connaissez par cœur après tant d’années à courir. Alors, à 50 ou 60 ans, vous savez ce qui vous fait du bien et ce qui vous casse. Faites non seulement les bons choix, mais sachez aussi éviter le surentraînement. En effet, au-delà de 50 ans, le moindre excès se paie cash par une blessure ou une grosse fatigue entraînant un repos obligé qui vous casse le moral ! Donc de la mesure et des séances à votre rythme, sans overdose de kilomètres ! C’est la garantie plein moral !

3 – Décelez la fatigue avant qu’elle ne s’installe

Un sommeil agité, une irritabilité inhabituelle, des crampes au repos, attention à la fatigue sournoise qui va éclater très vite. Au moindre signe, on maintient une activité « cool » et on lève le pied sur les séances, surtout après 50 ans !

4 – Oubliez vos anciennes performances (sauf pour Ludo Pommeret, bien sûr !)

À 20 ans, vous tourniez les 400m en 1mn20s, à 40 ans en 1mn25s, et aujourd’hui… Perdez vos repères, ce sont vos sensations du jour qui comptent ! Et si ces chronos qui s’allongent sans espoir de retour vous dépriment, courez à bonne intensité en nature sur des intervalles de temps. À 20 comme à 50 ans, une minute durera toujours 60 secondes !

Ludovic Pommeret. Photo utmb Group
Ludovic Pommeret lors de l’UTMB 2024. Photo utmb Group

5 – Mettez de la douceur sous vos pieds

Même si les chaussures de compétition légères sont réactives et performantes, n’y succombez pas, car si jusqu’à 40 ans vos muscles et tendons sont assez souples pour encaisser les tensions suscitées par ce type de chaussures, les masters de plus de 50 ans n’ont plus cette capacité à s’adapter à cette sollicitation extrême. Privilégiez la qualité de l’amorti des chaussures d’entraînement, quitte à trottiner pieds nus sur l’herbe du stade, 10 à 15 minutes, une ou deux fois par semaine, en veillant à ressentir vos appuis au sol.

6 – Allégez vos foulées

Ce n’est pas parce que vous avez 50 ou 60 ans qu’il ne faut pas penser à la technique de course. La course à pied est un sport simple, mais qui a quelques fondamentaux. Pose du pied au sol, poussée de la plante à l’orteil, rappel de la jambe arrière, adaptation de la foulée au sol, les aspects techniques sont légion. Prenez conseil auprès d’un coach, et vous verrez que votre plaisir sera décuplé.

7 – Gérez votre capital osseux

Fini le temps où l’on croyait que courir provoque de l’arthrose ! Au contraire, c’est la sollicitation régulière et maîtrisée de notre structure osseuse qui en garantit la solidité. Et ce sont ceux qui ne se servent pas de leur corps, qui l’usent prématurément. Le tout est de trouver le juste milieu. Au-delà de 50 ans, alterner une séance de fractionné avec une séance à vélo est un bon schéma qui permet de solliciter le corps, tout en lui offrant le temps de la récupération.

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Chaque sortie d’un nouveau modèle S/Lab est un événement. Avec la S/Lab Ultra Glide, dont le grand lancement aura lieu en mars 2025, Salomon propose un produit associant confort et dynamisme du premier au dernier kilomètre. Nous avons pu la tester en marge de l’UTMB, sur les hauteurs de Chamonix. On vous décrypte la chaussure, et nos sensations.

Test Salomon S/Lab Ultra Glide : un siège baquet pour les pieds

Tout coureur d’ultra le sait : le confort est une donnée fondamentale, surtout dans la deuxième partie de course, quand les pieds sont gonflés et que la foulée se fait moins fluide. C’est sur ce terrain que Salomon a planché, avec deux innovations majeures. Tout d’abord, une construction exclusive associant deux de leurs mousses les plus souples au niveau de la semelle intermédiaire, la Energy Foam de la Genesis et la Energy Foam+ de la Phantasm, pour créer une sorte d’enveloppe autour du pied, comme dans un siège baquet, garantissant une stabilité propice à la confiance, particulièrement dans les descentes rapides. À noter que cette construction permet également d’obtenir un retour d’énergie satisfaisant sans passer par une plaque en carbone ou en fibre.

Ensuite, avec une semelle externe révolutionnaire, dont la géométrie ondulée distinctive Relieve Sphere permet de répartir la pression et atténuer les impacts répétés sous le pied. Résultat : un confort amélioré et surtout durable dans le temps.

Troisième innovation, que l’on a vu apparaître sur de nombreux nouveaux modèles, une construction extensible au niveau du mesh sur l’avant-pied, afin que le chaussant s’adapte à chaque foulée pour accroître le confort, particulièrement en fin de course, lorsque les orteils ont besoin de plus d’espace.

SLAB_ULTRA_GLIDE
La structure de la S/Lab Ultra Glide. Source Salomon

Test Salomon S/Lab Ultra Glide : confiance et sécurité

Les sentiers autour de PlanPraz, à Chamonix, et particulièrement la descente du Brévent, très caillouteuse, nous ont permis de nous faire une idée précise de la stabilité de la chaussure, à défaut de pouvoir en apprécier le confort au-delà de 100 kilomètres. Et le premier sentiment qui domine, outre ce fameux confort, est son côté rassurant. À la différence d’une S/Lab Genesis plutôt taillée pour l’aventure et ayant comme points forts la durabilité et la protection, cette Ultra Glide, avec son pied moins étroit et sa très grande surface de contact au sol, permet de courir en confiance et en sécurité.

On aurait pu redouter que la hauteur, 41mm au niveau du talon, 35 au niveau de l’avant-pied, éloigne trop du sentier et ouvre la porte aux torsions de cheville. On a donc choisi de s’éloigner des pistes larges pour tester la chaussure sur un single technique et joueur, parsemé de pierres, avec une traversée de pierrier en prime. Résultat : aucune frayeur à signaler, ni cheville partie en vrille. Rien à dire non plus côté accroche et traction, avec une semelle All terrain Contagrip qu’on ne présente plus.

Ce n’est certes pas sur une dizaine de kilomètres que l’on peut parler du confort de la chaussure sur longue durée, mais il a fallu rendre les chaussures à la fin du test, donc impossible, à ce stade, d’en dire plus.

Sous réserve de promesses tenues après des dizaines de kilomètres, tout pourrait donc désigner cette chaussure comme le modèle idéal pour ceux qui veulent aller loin tout en ménageant leurs pieds, si ce n’était le prix : 250 €. Rien d’indécent, c’est le tarif sur lequel semblent s’aligner les équipementiers pour leurs produits « haut de gamme ». C’est cher, bien sûr, mais c’est le prix à payer pour avoir aux pieds des modèles de qualité capables d’apporter du dynamisme et du confort pendant des dizaines de kilomètres.

UTMB MCC SALOMON PORTRAIT TEST MERCREDI S.DEMARD 2024 -3267
Photo Stéphane DEMARD

Salomon S/Lab Ultra Glide : les spécificités techniques

Longue distance
Poids : 280g en 42 
Drop 6
Stack : 35/41
Crampons : 4mm
Prix : 250 €

UTMB MCC SALOMON PORTRAIT TEST MERCREDI S.DEMARD 2024 -3280
Photo Stéphane DEMARD
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La pratique saine d’une activité d’ultra-endurance nécessite de connaître un certain nombre de basiques et de ne pas les négliger. De l’hydratation à la prise de médicaments, en passant par le manque de sommeil et les troubles digestifs, le Dr Patrick Basset, directeur médical notamment du Marathon de Paris et de l’UTMB, a mis au point avec Dokever, spécialiste de l’assistance médicale événementielle, un court document rappelant les essentiels. 8 points à connaître par cœur !

1 – Médicaments et course : faites attention !

L’automédication se répand dans les épreuves d’ultra-endurance. Mais june mauvaise utilisation peut avoir des conséquences contre-productives bien plus lourdes que celles du problème d’origine.

– Traitement de vos maladies chroniques : OUI, il faut maintenir vos traitements en course.
– Paracétamol : OUI, avec modération. Attention, néanmoins, tout antidouleur peut dissimuler un problème à traiter. La douleur est une alerte intéressante et à considérer.
– Corticoïdes : NON, ce sont des agents dopants.
– Myorelaxants : NON, c’est inefficace contre les troubles musculaires.
– Anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofène, Nurofen, Advil, Spedifen, Kétprofène, Diclofénac, etc) : NON, cela peut avoir un effet délétère sur votre organisme.
– Aspirine : NON, car elle augmente le risque d’hémorragie en cas d’accident, en plus de pouvoir provoquer les mêmes mots que les anti-inflammatoires.

2 – Troubles digestifs, soyez prévoyant !

Un abandon sur deux est lié à des troubles digestifs, qui touchent pendant la compétition entre 60 et 96 % des athlètes d’ultra-endurance.

Les principales causes :
– L’ischémie, la vascularisation abdominale étant réduite au profit de la vascularisation des muscles.
– Des micro-traumatismes liés aux secousses.

Dans quelles situations vomit-on ?
– Efforts intenses et violents.
– Hyperthermie (coup de chaud).
– Prise de comprimés de sel ou de produits (barres, gels) très concentrés.

Que faire ?
– Avant la course : testez votre nutrition de course au maximum sur vos entraînements longs et intenses pour connaître vos réactions à l’effort. Ajustez les quantités, les compositions et variez les goûts.
– Prenez une alimentation sans résidus à J-3, évitez les repas solides à H-4, passez aux toilettes à H-0.

Pendant la course
– Ne rien tester pendant la course, gardez vos habitudes alimentaires.
– Gérez votre température et votre hydratation.
– En cas de trouble gastrique, prenez une pause de 15 à 30 minutes, voire plus si la douleur ne passe pas.
– Possibilité de prendre un pansement gastrique (Gaviscon), un antispasmodique (Spasfon) ou un antivomitif (Motilium) ou un anti-diarrhéique (Smecta, mais pas d’Imodium ou de Tiorfan), après avoir discuté avec un médecin.

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Photo Vincent Lyky

3 – Rhabdomyolyse et insuffisance rénale aiguë suite à un effort

Vous courez aussi avec vos reins ! La rhabdomyolyse désigne une situation dans laquelle les cellules des muscles se dégradent rapidement et libèrent leur contenu dans la circulation sanguine. Cette dégradation est alors nocive pour les reins qui ne parviennent plus à filtrer tous ces déchets. Résultat : vos reins s’arrêtent de fonctionner sans pour autant provoquer de symptômes immédiats.

Facteurs favorisant une rhabdomyolyse :

– La prise d’anti-inflammatoires.
– Un début d’hyperthermie ou un état de déshydratation.
– Une préparation physique insuffisante ou inadaptée, un effort trop intensif et continu.
– Dès antécédents de maladie rénale.

Attention ! La prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens aggrave un phénomène de rhabdomyolyse, pouvant même provoquer à eux seuls cette insuffisance rénale aiguë.

Symptômes avant-coureurs :
– Douleurs musculaires intenses.
– Fatigue inhabituelle.
– Urines foncées.
– Incapacité d’uriner ou très faible débit d’urine.
– Oedèmes des extrémités / généralisé.

Si vous souffrez d’un ou plusieurs de ces symptômes, et particulièrement les douleurs musculaires intenses ou l’incapacité d’uriner, il faut impérativement arrêter votre effort et consulter le médecin de course.

4 – Hyponatrémie

Boire trop d’eau peut tuer ! L’hyponatrémie est un trouble de vos cellules qui ont une concentration en sodium trop basse, à cause d’un excès d’hydratation. Ce déficit en sodium peut induire une hypertension intracrânienne, responsable de troubles de la conscience et de crises convulsives potentiellement mortelles.

Facteurs favorisant l’hyponatrémie :
– Une hydratation excessive et inadaptée.
– Une dilution du niveau de sel

Quels sont les symptômes de gravité ?
– Agitation, altération de la conscience, coma,
– Vomissements, maux de tête.

Comment vous hydrater efficacement :
– Il convient de boire quand vous avez une sensation de soif. On appelle cela « boire à la soif ».
– Ne cherchez pas à vous sur-hydrater en pensant éviter les crampes. Rien n’est prouvé scientifiquement à ce sujet. 
– Buvez des soupes et mangez salé. Deux bouillons cubes dans une écocup et ça repart ! À elles seules, les boissons hypo, iso ou hypertoniques ne sont pas assez concentrées pour vous permettre de maintenir votre taux de sel.
– Ne consommez pas de capsules ou cachets de sel. C’est peu efficace à titre préventif et potentiellement dangereux. Ainsi, on « sale au goût » ses aliments.

5 – Hyperthermie

L’hyperthermie se caractérise par l’augmentation dangereuse de la température corporelle. Une hyperthermie d’effort peut conduire à la destruction du foie, ce qui va nécessiter une transplantation hépatique en extrême urgence pour survivre.

Facteurs favorisant l’hyperthermie :
– Un effort intense avec une mauvaise évacuation de la chaleur.
– Un effort réalisé en milieu chaud et humide.
– Entraînement insuffisant, non acclimatation.
– Hydratation inadéquate.
– Affections cardio-vasculaires.

Quels sont les symptômes ?
– Maux de tête et céphalées intenses.
– Irritabilité.
– Confusion et état de conscience anormal.
– Température rectale supérieure à 40°.
(Dokever précise qu’il a déjà été observé une hyperthermie en décembre sur la SaintéLyon !)

Comment prévenir l’hyperthermie ?
– L’hydratation ne rafraîchit pas. Hydratez-vous normalement, sans plus.
– Prévenez l’hyperthermie en vous aspergeant le corps d’eau régulièrement au cours d’un effort intense par temps chaud.
– Une hyperthermie doit impérativement être enrayée très rapidement : votre température doit redescendre sous les 39° dans les 30 minutes. Tous les moyens sont bons : rivière, torrent, piscine de glaçons, poche de glace dans le cou et l’aine… 

Votre état de santé est à surveiller durant 48 heures après tout début d’hyperthermie. Prenez impérativement un avis médical.

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Photo Vincent Lyky

6 – Hypothermie

Une hypothermie apparaît chez les sujets immobilisés dans un environnement froid avec une baisse de leur température corporelle en dessous de 36°.

Facteurs favorisant l’hypothermie :
– Une pratique sportive prolongée au froid, dans le vent, sous la pluie.
– Une déshydratation et une consommation de boissons énergisantes (caféine, taurine).
– Une prise de médicaments augmentant la sensibilité au froid (benzodiazépines, antidépresseurs, bêtabloquants).

Quels sont les symptômes de gravité ?
– Hypothermie légère (de 36 à 32°) : frissons, chair de poule, sensation de froid, accélération du rythme cardiaque, difficulté respiratoire, envie d’uriner.
– Hypothermie modérée à sévère (inférieur à 32°) : fin du frisson avec plutôt des tremblements, sensation de bien-être avec diminution de la fréquence cardiaque, début de coma.

Conseils pour éviter l’hypothermie :
– En plein été, un orage peut faire subitement baisser la température de 20°. Emportez toujours au moins un vêtement chaud et un vêtement imperméable.
– Si besoin, déshabillez-vous pour mettre vos vêtements secs à même la peau.
– Emportez avec vous un briquet, une bougie et une couverture de survie afin de pouvoir faire un point chaud.

7 – Privation de sommeil

Les courses d’ultra-endurance se gèrent en prenant soin de son sommeil.

Quelles sont les conséquences du manque de sommeil ?
– Manque de lucidité, baisse de motivation, troubles de l’humeur.
– Chutes, hallucinations, perception de l’effort augmentée.
– Confusion et état de conscience anormal.
– Température rectale supérieure à 40°.
(L’activité cérébrale d’un finisher à l’arrivée d’une course d’endurance peut être comparée à un taux d’alcoolémie de 1,5 g/l.)

Nos conseils pour optimiser votre sommeil
– Dormez le plus possible les semaines précédant le départ.
– Partez en course avec une stratégie en fonction de la durée prévue et de votre expérience.
– Essayez de garder vos horaires de repos et de repas habituels.
– Les siestes régulières et brèves se montrent très bénéfiques pour réduire sa dette de sommeil (8 à 20 minutes maximum pour ne pas être « dans le gaz » au réveil). Il est souvent plus facile de placer ces courtes siestes la nuit ou après le déjeuner.

Photo Vincent Lyky
Photo Vincent Lyky

8 – Les crampes

Les crampes touchent près d’un quart des athlètes en ultra-endurance et sont une des principales causes d’abandon. Il existe de nombreuses théories sur leur origine, mais sans fondements scientifiques.

Principales fausses idées non prouvées :
– « Si je bois beaucoup pendant que je mange du sel, je n’aurai pas de crampes. »
– « Les crampes, c’est une carence en magnésium. »
– « Contre les crampes, il faut manger des bananes. »

Nos conseils pour éviter les crampes :
– Être reposé avant une course.
– Partir lentement. Le sur-régime favorise l’apparition de crampes. L’utilisation de bâtons peut permettre de répartir la charge de travail.

Que faire en cas de crampes ?
– Lissez l’effort et adoptez un effort économe, éventuellement entrecoupé de périodes d’étirement de la zone douloureuse. 

Derniers conseils pour être un finisher en bonne santé

Ce qu’il ne faut pas faire :
– Ne pas prendre d’anti-inflammatoires avant et pendant l’effort.

Ce qu’il faut faire :
– S’asperger régulièrement le crâne d’eau en cas de chaleur.
– Boire à la sensation de soif.
– Boire des soupes aux ravitaillements et à l’arrivée.
– Avoir sur soi une couverture de survie renforcée, une bougie et un briquet.
– Faire des siestes régulières et brèves.

Consulter impérativement un médecin si :
– urines foncées, rouges ou noires
– Incapacité d’uriner ou très faible débit d’urine.
– Muscles très douloureux.

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Bien différente de la version précédente, la Hoka Tecton X3 a été présentée à Chamonix lors de l’UTMB, avant d’être commercialisée dans la foulée. On a testé ce modèle très attendu et novateur sur les hauteurs de Plan Praz, face au mont Blanc. Une vraie petite bombe, déclinaison du prototype avec lequel Jim Walmsley a gagné l’UTMB en 2023.

Test Hoka Tecton X3 : une semelle intermédiaire révolutionnaire

Avec une semelle intermédiaire en PEBA, un haut de tige façon guêtre et ses deux plaques carbone positionnées parallèlement l’une contre l’autre et intégrant des ailettes pour plus de stabilité, la Tecton X3, version grand public de la chaussure prototype avec laquelle Jim Walmsley a remporté l’UTMB 2023 et la Western States 2024, va faire parler d’elle chez les amoureux de la marque.

Première grande nouveauté, l’équipementier a amélioré le composé de la semelle intermédiaire en superposant deux couches de PEBA, leur composé le plus léger et le plus résilient, qui équipe généralement les chaussures de route à plaque carbone. La couche supérieure, plus douce, favorise un bon amorti et une résistance aux impacts, tandis que la couche inférieure, légèrement plus ferme, procure une meilleure proprioception et une agilité accrue sur terrains techniques. De plus, ce choix de double couche permet de gagner du poids pour sortir une chaussure d’ultra à 286g seulement pour la pointure 42 (309g pour le 45 que nous avons testé).

Les deux plaques en fibre de carbone, imitant la tectonique des plaques à laquelle la Tecton X doit son nom, ont également été redesignées, avec des ailettes plus larges qui s’enroulent stratégiquement le long des flancs pour procurer gagner en contrôle et en stabilité sur les chemins les plus techniques. Le résultat est à la hauteur de l’ambition, avec un amorti hyper réactif et un rebond très dynamique qui, servi par un profil de semelle incurvé MetaRocker conçu pour la vitesse, oriente clairement le modèle vers la recherche de performance. À noter un drop de 5mm, classique sur les derniers modèles Hoka.

Tecton X3 trail
Photo Esprit Trail

Test Hoka Tecton X3 : protection, extensibilité et adhérence

Autre changement spectaculaire, qui donne un look très distinctif à ce modèle, un bracelet en maille type chaussette s’étend depuis la languette comme une guêtre enserrant la cheville. Objectif : éviter d’embarquer des petits cailloux et autres débris du sentier. On connaissait déjà ce principe sur la Zinal 2, mais la « chaussette » remonte ici plus haut. Certains apprécieront, d’autres pourront regretter le côté un peu compressif autour de la cheville.

Aucun problème de respirabilité du pied en revanche, la tige légère et aérée en Matryx fait le job, et assure une résistance aux accrocs éventuels. On validera par ailleurs sans réserve le côté extensible de l’empeigne dynamique positionnée au-dessus des orteils, qui permet aux pieds de s’étaler au fil des kilomètres et d’offrir un confort inégalé.

Les ingénieurs de la marque ont également retravaillé la forme et le positionnement des crampons Traction Lug de 4mm sur la semelle extérieure Vibram Megagrip avec construction Litebase, le must en la matière, pour offrir une meilleure adhérence sur tous types de terrains et dans toutes les conditions. Petite réserve en revanche sur le choix d’une semelle qui ne couvre pas toute la surface, et laisse des zones apparentes de mousse qui risquent d’être autant de points d’usure prématurée.

TECTON X3
La semelle extérieure Vibram ne couvre pas la totalité du dessous de la chaussure, créant des zones de mousse plus fragiles. Dommage.

Test Hoka Tecton X3 : conçue pour la performance

Le bilan est clairement positif pour cette Tecton X3, qui allie légèreté, dynamisme et confort. Malgré la chaussette montante, elle reste facile à enfiler et s’avère aussi confortable qu’une paire de pantoufles (de compétition, certes !). En course, on aurait pu redouter l’absence globale de structure de la chaussure, sans coque talonnière, sans languette, avec une tige souple, mais il faut reconnaître que les plaques carbone insérées entre les deux couches de mousse, avec leurs petites ailettes qui d’ailleurs dépassent de chaque côté de la semelle, arrivent à donner une bonne stabilité d’ensemble, en plus du dynamisme.

Attention cependant, sa limite sera quand même sur les sentiers très techniques, avec des gros cailloux, où cette absence de structure peut rendre la pose du pied parfois limite niveau torsion. Lors d’un second test effectué non pas sur les sentiers de Chamonix mais dans les calanques de Cassis, parsemées de nombreux cailloux glissants, la Tecton X3 a montré certaines limites de stabilité. Mais on ne peut pas être parfait sur tous les tableaux.

Tecton X3 Cassis
Sur les sentiers caillouteux et techniques, la Tecton X3 peut manquer un peu de maintien et de stabilité. Photo Esprit Trail

Bien sûr, pour profiter pleinement du potentiel de cette Tecton X3, il faut savoir courir vite. C’est comme pour piloter une Ferrari sur circuit, ça ne s’adresse pas au premier venu. Mais les coureurs aguerris à la recherche d’une chaussure performance seront certainement conquis. Seul bémol, la protection de l’avant-pied n’existe pas, ce qui devrait faire office de pare-pierre étant une simple bande de caoutchouc souple aucunement protectrice.

Quant au prix, 250 euros sur le site d’Hoka, il est bien entendu élevé, mais c’est aujourd’hui la norme des chaussures hyper performance du marché. Un peu comme le prix d’une Ferrari…

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