Difficile de passer à côté ! Alors que le film Kaizen, 1 an pour gravir l’Everest, relatant l’aventure d’Inoxtag, Youtubeur aux 8,5 millions d’abonnés, a franchi la barre des 25 millions de vues en 5 jours, nous avons interrogé Kilian Jornet au lendemain de son exploit dans les Alpes sur ce que lui inspire ce défi du jeune Français. Sans juger de la performance purement sportive d’Inoxtag, il en profite pour appeler à une réflexion sur le tourisme d’altitude.

Voir le film Kaizen ICI

Kilian Jornet, recordman de la montée de l’Everest sans oxygène

L’Everest, le Catalan le connaît bien. Très bien, même. Si bien qu’il est le détenteur du record d’ascension la plus rapide. Les 21 et 22 mai 2017, Kilian Jornet a ainsi établi le record de l’ascension la plus rapide de l’Everest depuis le monastère de Rombuk (5 100m), en mettant 26 heures pour rejoindre le sommet par la Face Nord (8848m), et 38 h pour l’aller/retour. Cet exploit, réalisé sans oxygène, était la dernière touche de son projet Summits of my Life entamé en 2012. Il était alors accompagné jusqu’à 7 600 m par Seb Montaz.

À peine 6 jours plus tard, le 27 mai, il réussissait une nouvelle ascension, devenant le seul homme à avoir enchaîné 2 ascensions sans oxygène en une semaine. Pourquoi deux ascensions ? Parce que le permis de grimper délivré par les autorités chinoises était encore valable ! Histoire de ne pas gâcher du temps de montagne disponible, en quelque sorte !

Everest : une ascension dangereuse et des morts par dizaines

L’ascension de l’Everest reste un véritable danger, tant pour des raisons de conditions météo et de neige, que pour des raisons de possibles défaillances physiques. Chaque année, entre mai et juin (dates d’ouverture officielle de la période d’ascension), ce sont environ 600 alpinistes et porteurs qui atteignent le sommet, mais aussi quelques-uns qui meurent. 18 personnes en 2023, contre 8 seulement cette année, particulièrement clémente en matière de décès. Selon les données de l’Himalayan Database, plus de 340 personnes auraient trouvé la mort en tentant de gravir l’Everest. Le taux de mortalité obtenu en divisant le nombre de décès par le nombre total de personnes qui ont tenté leur chance sur la montagne est d’environ 1,2 %. Par ailleurs, vu la difficulté d’évacuer les cadavres, il y aurait environ 200 corps sans vie sur la montagne.

L’Everest, Kilian Jornet en connaît également les dangers. Et il sait parfois que, quel que soit le projet et ce qu’il coûte et engage, il faut savoir renoncer. Ainsi, le 22 mai 2023, alors qu’il tentait d’atteindre le sommet en solitaire et sans oxygène par une voie difficile, rarement empruntée, Kilian Jornet a dû renoncer. Brassé par des vents violents puis pris dans une avalanche à quelques centaines de mètres du sommet de l’Everest, le Catalan a préféré faire demi-tour.

Kilian Jornet : « La dernière fois que j’y suis allé au printemps, ça m’a vraiment dégoûté ! »

« Je n’ai pas trop suivi le projet, mais je connais un petit peu Mathis Dumas (le guide de haute montagne, photographe, cameraman qui a accompagné Inoxtag dans ce projet, NDLR) et j’ai envie de voir le film pour voir quelle est l’approche qu’ils ont eue. Après, l’Everest, et même aujourd’hui le K2 ou d’autres sommets, par la voix normale, c’est vraiment très fréquenté… Moi je suis toujours allé en Himalaya hors saison, quand c’est encore un peu l’hiver, ou au mois d’août, ou en automne… La dernière fois que j’y suis allé au printemps, ça m’a vraiment dégoûté. L’ambiance qu’il y avait au camp de base, c’est pas de la montagne, c’est juste mettre une ligne sur le CV. Les gens n’en ont rien à foutre de la montagne. Et c’est un peu dommage parce que c’est bien d’apprendre le métier. Mais je pense qu’Inoxtag est allé avec Mathis en pleine montagne avant pour apprendre un peu la montagne, avant d’aller dire “on va à l’Everest”. »

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Kilian Jornet au pied de l’Everest. Photo Kilian Jornet

Kilian Jornet : « On doit avoir une réflexion sur ce qu’est le tourisme d’altitude ! »

« Après, je pense que l’Himalaya, nécessite une réflexion sur quel est le modèle de tourisme d’altitude, le modèle d’ascension, parce que ça devient quand même très dangereux par rapport aux capacités qu’ont les gens. Et puis aussi pour les sherpas, les porteurs. Et puis au niveau environnemental également. Il y a des hélicos qui tournent tout le temps et laissent les gens aux camps d’altitude ou viennent les sortir de là… Ça atteint des limites qui sont, je pense dangereuses, et négatives par rapport à l’environnement. Même par rapport aux villages, puisque les gens vont directement au camp de base en hélicoptère, sans faire le trekking d’approche. Il n’y a donc pas d’argent qui reste sur les villages !

Je n’ai donc pas suivi de près l’expé d’Inoxtag, je vais regarder le film, mais cette vision de l’altitude et des gens qui y vont pour faire une ligne sur leur CV, c’est en train de créer beaucoup de problèmes sociaux et environnementaux sur ces montagnes. »

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Le film Kaizen ne cache pas certaines réalités, comme les monceaux de détritus qui s’accumulent sur les camps d’altitude. Source Kaizen

A propos du film Kaizen, 1 an pour gravir l’Everest

Quoi que l’on pense de la personnalité d’Inoxtag, une chose est sûre : ce film de 2h25 est passionnant, avec des images absolument somptueuses, et ne masque rien de la réalité de ce que fut la préparation de cette expédition durant un an. Le point de départ, les premiers tests physiques (sera-t-il apte à supporter l’altitude ?), la découverte de la montagne avec le guide Mathis Dumas pendant 3 semaines du côté de Chamonix, puis l’arrivée au Népal, l’approche, le premier sommet avant l’Everest, la détermination sans faille du Youtubeur, ses doutes aussi, puis enfin l’assaut du toit du monde, et l’émotion de la réussite. Bien sûr, on ne peut pas prétendre devenir « alpiniste » en un an, et derrière ce défi, il y a un business, mais force est de constater qu’Inoxtag s’est arraché physiquement et moralement pour parvenir à atteindre son but.

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Après avoir signé une très belle 7ème place lors de la 7ème étape de la Golden Trail World Series à San Francisco, Frédéric Tranchand s’apprête désormais à défendre ses chances sur l’ultime étape à Mammoth Lakes. Son objectif : engranger suffisamment de points afin d’intégrer le top 10 avant la finale.

Fred, tu as obtenu une très belle 7e place lors de la Headlands 27K la semaine dernière. Peux-tu nous dire ce que ce résultat représente pour toi ?

Frédéric Tranchand : Après Sierre-Zinal j’étais quand même assez frustré de ma performance. Je voulais faire 2h35 pour m’approcher de mon résultat de 2020, voire faire mieux, et j’ai fini loin de ça (21ème en 2h 42mn 58s, NDLR). Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui ont joué, je n’étais certainement pas dans mon meilleur état d’esprit ce jour-là, mais en tout cas je manquais clairement de vitesse.

On a donc discuté avec mon coach, Adrien Séguret, et je lui ai dit que je voulais progresser en vitesse. On a mis en place beaucoup de séances rapides durant les trois ou quatre dernières semaines et je pense avoir un peu gagné en vitesse et ça a payé sur la course à San Francisco et c’est positif. Je reste bien sûr loin d’Elhousine Elazzaoui et des Kényans mais pour ce qui concerne le top 5 je suis vraiment dans le match. En termes de performance, j’ai analysé la course et je perds un peu de temps sur chaque montée, mais tout ça reste très positif selon moi.

Est-ce que, pour toi, cette course était une « vraie » course de trail ?

Frédéric Tranchand : Bien sûr ! C’est vrai que c’est une course rapide, mais il n’y a pas de définition absolue du trail. Là, c’était un peu rapide pour mon profil, c’est vrai, mais ça reste du trail !

Et qu’as-tu pensé de la performance des « 4 Fantastiques », Elhousine Elazzaoui, Philemon Kiriago, Patrick Kipngeno et Rémi Bonnet sur cette course ?

Frédéric Tranchand : Je trouve ça vraiment impressionnant ! Je ne suis peut-être pas objectif parce que je faisais partie de la course, mais ça m’a impressionné. On était à fond tout le long tout en sachant qu’il y avait plusieurs obstacles qui t’obligeaient à ralentir, tu ne pouvais pas être à la vitesse max tout le temps parce qu’il y avait des marches d’escalier, des virages serrés, et malgré tout ça la performance des quatre de devant reste vraiment énorme.

Ça fait trois semaines que tu t’entraînes en altitude, est-ce que ça sera un gros avantage pour toi sur la course du 22 septembre à Mammoth, la dernière avant la finale ?

Frédéric Tranchand : J’espère car ça monte à plus de 3000 mètres, donc ça devrait m’aider. Après, je commence à avoir la gorge qui gratte alors je n’espère pas tomber malade, mais je pense que c’est surtout la fatigue accumulée et il faut juste bien récupérer maintenant.

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Photo Rising Story / Mathis Decroux Headlands27K

Si tu fais un bon résultat, tu risques d’arriver à la finale avec une bonne position au général. Quel est ton objectif pour cette saison ?

Frédéric Tranchand : Pour être honnête, je n’avais pas misé sur la Golden Trail Series cette année. J’avais prévu de courir les championnats d’Europe (5ème de la montée sèche, en bronze par équipe, 7ème de la course en montagne Up & Down, en or par équipe, NDLR) et de faire le circuit Skyrunning. Mais ça ne s’est pas bien passé sur le Skyrunning et après mon résultat au Marathon du Mont-Blanc (7ème place, NDLR), j’avais l’opportunité de venir ici pour tenter de me qualifier pour la finale.

Malheureusement, comme je suis arrivé tard dans la Golden, je ne pourrai faire les comptes qu’après la course de dimanche. Mais j’ai vu que la finale était belle en Suisse et ça me motive bien d’aller la courir. En plus, avec la course annulée en Pologne et le changement de réglementation, la finale a encore davantage de poids dans le classement général, donc ça pourra être une belle opportunité pour moi.

Cette année, il n’y avait pas vraiment de Français dans les Top 10 de la Golden Trail Series. Est-ce que ça te motive encore davantage d’être le premier Français du classement ?

Frédéric Tranchand : J’aime bien la Golden Trail Series parce qu’elle est soutenue par une marque française, une grosse partie du staff est français, donc je me sens bien soutenu quand je suis là. Ce qui est intéressant aussi, c’est que si tu regardes la course de Headlands, dans les 10 premiers, on a deux Kényans, deux Américains, et ensuite on a 6 nations différentes. C’est vrai qu’en France on a de très bons traileurs et c’est un peu dommage de penser qu’on n’est pas plus représentés ici, mais le niveau est aussi très élevé sur la Golden.

Tu l’as dit, tu cours les courses fédérales, le Skyrunning, la Golden Trail Series… Si tu devais ne choisir qu’un circuit, ça serait lequel ?

Frédéric Tranchand : C’est compliqué parce que je viens de la course d’orientation où l’objectif numéro 1 est clair, c’est de faire les championnats du monde. En trail, c’est un peu plus compliqué, il y a plus de circuits, plus de choses importantes. J’essaie de changer à chaque saison. Là, par exemple, j’avais envie de courir les Championnats d’Europe qui avaient lieu à la maison (à Annecy, lors de la MaXiRace, NDLR), mais la saison prochaine ça ne sera sûrement pas le cas. Mais la Golden Trail Series est sans doute la Series la plus relevée et je trouve donc logique d’aller se frotter au truc le plus relevé. Je sais que certains n’ont pas cette logique et préfèrent aller sur des courses où ils seront sûrs de briller, mais moi ce n’est pas ma vision des choses.

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À peine remis de son aventure sur le Tor des Géants, qu’il a remporté après plus de 69 heures de course, François D’Haene, accompagné de sa femme Carline, se lance dans la 3ème édition de l’Ultra Spirit du 20 au 22 septembre 2024 dans le massif du Beaufortain. Un concept original et un format inédit, ludique et intimiste, dans lequel 45 équipes de 3 coureurs vont s’engager sur un parcours technique de trail entrecoupé de 12 défis « surprenants et originaux ».

Lire aussi notre article Tor des Géants : François D’Haene s’impose malgré la polémique ICI

Ultra Spirit, un concept unique

En 2022 et 2023, Ultra Spirit, c’était : le vendredi, 25 km, 2200m D+ et 5h30 de trail ; le samedi, 50 km, 3300m D+ et 11h de trail ; le dimanche, 25 km, 1500m D+ et 5h de trail. Bien que le format soit exigeant (François D’Haene s’est lui-même investi pour concocter un parcours à géométrie variable!), Ultra Spirit est bien plus qu’une course : c’est un rendez-vous sportif, convivial et ludique où le chronomètre ne fait pas seul le classement, et les défis originaux laissent une grande place à l’entraide et à l’initiative. Carline & François D’Haene tiennent à le rappeler : « Nous avons imaginé une aventure humaine, où l’engagement se vit naturellement et passionnément… »

En 2024, Ultra Spirit, rassemblera 45 équipes de 3 sportifs, soit 135 personnes à loger, nourrir et à occuper pendant 3 jours, en pleine montagne sur une camp de base en altitude, au plus proche des valeurs initiales du sport. Un nombre volontairement restreint par rapport à certains événements, comme l’expliquent Carline & François D’Haene: « On ne souhaite pas augmenter ce chiffre. Bien sûr, quand on refuse des inscrits, cela nous chagrine, mais il faut voir sur place pour comprendre que ce format « joueur » implique cette limite. »

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Photo Damien Rosso / DROZ PHOTO

François D’Haene, l’interview

François, c’est la 3ème édition d’Ultra Spirit. Pourquoi as-tu voulu devenir organisateur de course ?

François D’Haene : J’ai eu la chance de beaucoup voyager grâce au trail, de participer à de nombreuses courses, et de m’imprégner de belles initiatives ! J’ai toujours eu en tête avec mon épouse Carline d’organiser un événement. Je me suis nourri d’une multitude de choses vues et ici et là, revisitées à notre façon. On tenait à offrir un événement « cool » ! En fait, très simplement, on a voulu proposer l’événement auquel on aimerait participer ! C’est la genèse d’Ultra Spirit.

Pourquoi ce format si atypique ?

François D’Haene : On n’a pas voulu organiser une course « classique » de plus. On voulait se différencier… On a voulu d’abord se détacher du seul chronomètre, et établir le classement seulement par équipes : de cette manière, on mixe les « novices » et les expérimentés. Cela crée un fort engouement et une belle entraide mutuelle au cœur de l’équipe ! Ce choix, c’est ma volonté, pour faciliter l’engagement des moins aguerris. Je côtoie beaucoup de coureurs, et je me suis rendu compte qu’ils sont nombreux – surtout les filles- à ne pas oser franchir le pas de la compétition en général, et de l’ultra trail en particulier.

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Coordination d’équipe obligatoire pour pouvoir progresser le plus vite possible. Photo Damien Rosso / DROZPHOTO

Quelle organisation as-tu mis en place ?

François D’Haene : Nous tenons à porter un projet commun avec Carline. Avant c’était le vignoble ! C’était devenu impossible de passer notre vie sur la route, écartelés entre le Beaujolais et le Beaufortain. Surtout avec les enfants. Notre pays, c’est désormais le seul Beaufortain… Le chapitre vignoble est clos.

Pour pouvoir continuer à courir et porter un projet comme Ultra Spirit, il fallait nous entourer des bonnes personnes, et ainsi disposer des compétences requises. C’est aussi pour gagner du temps et faire très vite notre apprentissage. Notre priorité, c’était l’ancrage dans le Beaufortain. Autour de nous, on retrouve mes partenaires habituels de course, une agence événementielle qui nous accompagne, et bien sûr les acteurs du pays : les agriculteurs, les producteurs, les gardiens de refuge, les sportifs…

C’est parmi eux que l’on a recruté les responsables de courses, les baliseurs et les animateurs d’activités. Cet événement est l’addition des compétences de chacun, pour les rendre fiers de ce qu’ensemble on propose aux coureurs. Chaque année, on repart de zéro, avec des parcours et des bivouacs inédits, et ce même si les équipes au départ viennent pour la première fois.

Quels souvenirs marquants gardes-tu des deux premières éditions ?

François D’Haene : En premier lieu, le sourire de tous les coureurs pendant les 3 journées, puis les mille remerciements que l’on reçoit ensuite… J’aime particulièrement un moment : c’est le dimanche, en toute fin d’organisation, quand toute l’équipe, prestataires et bénévoles, se retrouve ensemble. On est tous épuisé, et on se dit « on l’a fait ! ». C’est aussi une sacrée aventure pour l’équipe, et moi j’aime bien quand tout le monde s’engage ainsi à fond, dans le même bateau. C’est ce que je recherche dans tous mes projets, comme le record du GR20. J’aime cette totale implication de tous, là où chacun relève un challenge.

Sur l’Ultra Spirit, chacun s’investit pleinement dans sa mission, et c’est vraiment top ! Ce que je retiens aussi des deux premières éditions, ce sont les conditions météorologiques qui ne sont jamais faciles ! Des conditions changeantes avec toutes les saisons qui défilent en trois jours, de la neige froide au plein soleil. Avec des moments incroyables, des réveils inoubliables, quand le chef cuisinier étoilé Jean Sulpice nous concocte le petit déjeuner, ou lorsqu’un violoncelliste fait résonner son instrument en pleine montagne… Magique !

Photo Paul Viard Gaudin / DROZPHOTO
Petit déjeuner étoilé au sommet. Photo Paul Viard Gaudin / DROZPHOTO

Et quel est le « menu » proposé par le « Chef » François D’Haene en 2024 ?

François D’Haene : La recette est secrète ! On a allégé la journée du samedi, au profit du vendredi, qui sera bien chargé : un départ avancé de 2h30, un parcours plus long et un bivouac encore plus loin ! La base du « menu » est identique, avec toujours 15 activités réparties sur 3 jours : 3 trails et 12 autres activités dont la plupart inédites. Une belle surprise pour les participants. Le classement est établi sur l’ensemble de toutes ces activités. C’est notre signature : ce n’est pas le team qui court le plus vite qui est premier !

Quel est le profil des participants ?

François D’Haene : Nous accueillons un large panel de sportifs, du novice à l’athlète élite. Ce qui correspond vraiment à ce que l’on recherche ! On se souvient qu’en 2023, on a accueilli Katie Schide et Marianne Hogan, le podium de l’UTMB 2024. On a eu aussi mon ami Jim Walmsley. En 2024, ce sera la surprise du chef, on reçoit de très belles têtes d’affiches qui viendront pour le fun !

On trouve parmi nos inscrits beaucoup d’ultra traileurs très expérimentés qui viennent chercher quelque chose de plus naturel, de plus environnemental, mais aussi de plus ludique. Et bien sûr des personnes qui mettent ici leur premier pied dans le monde de l’ultra endurance. La plupart des participants recherchent aussi le contact avec moi, pour les conseils, l’échange, avec un partage d’expérience autour de l’ultra très enrichissant de part et d’autre. On a beaucoup d’équipes féminines et cela nous fait un grand plaisir ! Sur l’Ultra Spirit, le pourcentage de femmes au départ est bien plus important que sur les autres ultras.

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Pour ses 30 ans, le Festival des Templiers, qui aura lieu du 17 au 20 octobre, vient d’annoncer la star list de sa course vedette, le Grand Trail des Templiers, avec de nombreuses élites au rendez-vous. Entre champions d’Europe, championnes du monde et vainqueurs de la CCC 2024, la course promet d’être somptueuse. On vous en dit plus !

Le Grand Trail des Templiers, une course mythique

C’est à Millau à partir du jeudi 17 octobre que le Festival des Templiers fêtera ses 30 ans, avec près de 11 courses au programme et plus de 11000 coureurs attendus. Mais parmi les différents formats proposés, c’est l’évocation du Grand Trail des Templiers qui fait frissonner. Son départ dans la nuit noire dimanche à 5h15, les fumigènes rouges qui jaillissent, le spectacle féérique des frontales ondulant sur les premiers kilomètres, mais aussi le lever du jour sur les Causses, ou encore l’ascension ultime autant que terrible qui mène sur le nez de la Pouncho environnée de sa couronne de falaises…

Depuis 30 ans, cette course monument d’aujourd’hui 80,6 km avec 3 418 m de D+ a toujours attiré les élites, et fait trembler les plus aguerris. En 2023, c’est le Britannique Jonathan Albon qui avait été sacré pour la deuxième fois chez les hommes, tandis que Julie Roux, maman 3 mois plus tôt, s’était imposée chez les femmes. S’ils ne seront pas présent en 2024, les prétendants à la couronne de lauriers qui ceint le cou des deux vainqueurs sont nombreux, et de très très haut niveau.

Lire aussi : Historique, l’album photo de la première édition des Templiers ICI

Grand Trail des Templiers : enfin pour Thomas Cardin ?

Il ne cache pas que cette course fait partie de ses objectifs majeurs de la saison, comme l’était le championnat d’Europe à Annecy en juin. Et si Thomas Cardin, qui initialement pensait s’aligner sur la CCC pour son premier +100km, a finalement renoncé au rendez-vous de Chamonix, s’est pour mieux se concentrer sur cette classique. Le leader du team Kiprun entend bien monter sur le podium de cette course qui pourrait bien finir par lui sourire, après son abandon en 2021 et sa belle 4ème place lors de la dernière édition, où il avait été devancé par Jonathan Albon, Francesco Puppi et Ben Dhiman.

Mais le champion d’Europe en titre devra se méfier de la concurrence. A commencer par celle de son compère et rival Thibaut Garrivier, du team Hoka, qui reste sur un abandon prématuré lors de l’UTMB. On se souvient de la somptueuse bataille entre les deux hommes lors du Trail du Mont Ventoux, en mars, où ils avaient été au coude à coude jusqu’à 1 kilomètre de l’arrivée, avant que Thomas Cardin ne réussisse à se détacher pour l’emporter de 30 petites secondes.

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Thomas Cardin et Thibaut garrivier au coude à coude lors du Trail du Ventoux 2024. Photo Bertrand Delhomme / Trail du Ventoux

Grand Trail des Templiers : le vainqueur de la CCC au départ

Les deux hommes auront également fort à faire avec les Américains Hayden Hawks et Dakota Jones. Le premier nommé est en super forme et redoutable sur tous les formats. Il vient en effet de remporter la CCC, après avoir déjà gagné cette année le 100 km du Black Canyon Ultras, le format marathon du Kat100 by UTMB et fini 3ème de la Western States Endurance Run en juillet. Le parcours roulant du Grand Trail des Templiers semble fait pour lui. Quant à Dakota Jones, 3ème de la CCC 2023, 9ème cette année, il a également quelques podiums et victoires sur des formats similaires et pourrait venir créer une petite surprise.

On notera également la présence annoncée sur la ligne de départ de l’habitué des lieux Sébastien Spehler, 4ème en 2016, vainqueur en 2017 et 2018, 2ème en 2021 et 2022, anecdotique 82ème en 2023. A noter également parmi les gros index UTMB la présence des Français Hugo Deck, Nicolas Martin, Théo Détienne, de l’Italien Davide Cheraz ou de l’Espagnol Jose Angel Fernandes.

Grand Trail des Templiers : la revanche des championnats d’Europe pour Blandine L’Hirondel et Clémentine Geoffray ?

La première, double championne du monde (2019-2021) partait favorite des derniers championnats d’Europe qui se sont disputés en juin à Annecy durant les épreuves de la MaXiRace du lac d’Annecy. Mais c’est la seconde, championne du monde en titre mais revenant de blessure, qui s’était imposée. Depuis, Blandine L’Hirondel a enfilé les premières places sur toutes les courses où elle s’est présentée, à l’exception de l’UTMB, qu’elle a terminé 5ème dans la douleur. De son côté, Clémentine Geoffray a moins couru, et sur des formats plus courts, sa dernière performance étant une 3ème place sur l’OCC. Laquelle des 2 s’imposera ? La bataille promet d’être somptueuse !

Blandine L’Hirondel très éprouvée à l’arrivée, avec Clémentine Geoffray. Source TV8 Mont Blanc
Blandine L’Hirondel très éprouvée à l’arrivée, avec Clémentine Geoffray. Source TV8 Mont Blanc

Grand Trail des Templiers : la gagnante de la CCC au départ

Tout comme Hayden Hawks chez les hommes, parmi les principales rivales des deux Françaises, il faudra compter sur la Sud-Africaine Toni McCann, qui a tout gagné en 2024, dont récemment la CCC à Chamonix. Autre grande rivale, la Suédoise Ida Nilsson, plus expériementée, vice-championne du monde en 2021 derrière Blandine L’Hirondel, aura certainement son mot à dire pour la bataille pour le podium.

A noter également les présences annoncées de la redoutable Hongroise Eszter Csillag, 3ème de la WSER et 13ème de l’UTMB cette année, de l’Allemande Daniela Oemus, de l’Américaine Dani Moreno ou encore des Françaises Adeline Martin, Candice Fertin, Aurélie Grangé-Paul, Esther Eustache, Marie Goncalvès, Marine Quintard et Laure Paradan. Assurément une course palpitante et incertaine en prévision.

Endurance Trail : du beau monde sur la plus longue des épreuves

Si le Grand Trail des Templiers s’annonce relevé, l’Endurance Trail, la plus longue des courses, avec ses 99 km et 4270m D+, s’annonce tout aussi palpitante. Parmi les favoris, les meilleurs index UTMB sont ceux de Gautier Airiau, 2ème du 110 km du Restonica Trail et 3ème de la TDS cette année, et Yannick Noël, 10ème de l’UTMB cette année en 21h45. Ces deux experts de la longue distance devront se méfier principalement des Tricolores Rémy Brassac, Sylvain Court et Thibault Marquet, récent vainqueur de la TDS.

Chez les féminines, les regards seront braqués sur les Françaises Sarah Vieuille, grande absente des épreuves en 2024, et Manon Campano, gagnante du 84km du Swiss Canyon Trail cette année et 5ème de la 6000D. Mais la favorite sera sans doute l’Allemande Rosanna Buchauer, 3ème de la CCC et gagnante du Lavaredo Ultra-Trail. Il faudra également compter sur la Britannique Sabrina Verjee, si elle a suffisamment récupéré de son Tor des Géants, qu’elle a terminé à la seconde place.

Festival des Templiers : primes rehaussées pour les vainqueurs

Au même titre que les primes de course de l’UTMB Mont-Blanc, celles des Templiers, dont Hoka est devenu le sponsor titre, ont été rehaussées. Un mouvement lié à l’engagement de certains organisateurs pour la professionnalisation des élites, qui ont décidé d’augmenter les primes accordées aux gagnants de manière significative. Ainsi, sur cette édition des Templiers, le montant total évolue de 39 400 euros en 2023 pour atteindre 65 000 euros en 2024.

Si ces augmentations de primes allouées aux vainqueurs ont été critiquées par ceux qui dénoncent le développement des prize money et de la professionnalisation des athlètes dans le trail running, certains acteurs du milieu comme Greg Vollet, directeur des Golden Trail World Series, ne partage pas ce point de vue. « Pour ma part, j’ai toujours considéré les athlètes comme des acteurs d’un spectacle qu’il fallait rémunérer et je trouve que le montant des primes est encore bien trop bas sur la plupart des épreuves. »

Même son de cloche chez Thibaut Baronian : « Si l’on parle seulement des primes prévues par les organisations, c’est plus de l’argent de poche qu’une source de revenus. Sur l’UTMB, 20 000 euros, c’est très bien pour le vainqueur. Mais le dixième qui passe tout autant de temps à s’entraîner, qui fait partie des 20 meilleurs mondiaux et qui repart avec 1 500 euros, lui ne peut pas vivre avec ça. Pour moi, clairement, les primes sont là pour donner bonne conscience aux organisateurs, pour qu’ils puissent dire : “Regardez, on joue le jeu”. Mais, à mon avis, ce n’est pas suffisant. Sur un événement qui rapporte autant d’argent que l’UTMB – je ne parle pas des organisations associatives -, si les primes étaient quatre ou cinq fois plus élevées, je ne trouverais pas ça déconnant. »

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Samedi 14 septembre à Telgruc-sur-Mer, 1150 traileurs ont franchi la ligne d’arrivée d’une des six courses proposées dans le cadre de la 2ème édition du Grand Raid du Finistère. Un grand ciel bleu, des performances d’exception, un engouement populaire et des paysages à couper le souffle : le GRF a fait un sans-faute ! Retour sur l’événement et sa course phare, l’ultra-trail, ses 166 km et 3700m D+.

Grand Raid du Finistère : un départ sous le signe de l’émotion

Vendredi 13 septembre, une atmosphère chargée d’émotions régnait parmi les coureurs. Les visages des participants trahissaient à la fois excitation et appréhension devant le défi qui les attendait. À quelques minutes du grand départ, un hommage poignant a été rendu à Lucas Quillévéré, coureur de l’édition 2023 parti trop tôt. Côté organisation, François Hinault ne cachait pas non plus son émotion à l’aube d’une deuxième édition préparée avec passion et dévouement depuis un an. Et c’est sous les applaudissements du public venu en nombre sur la place de l’église de Telgruc-sur-Mer que les traileurs en solo et en relais se sont élancés sur la boucle de 166 kilomètres et de 3700 mètres de dénivelé positif. 

Breton de cœur et d’âme, l’organisateur François Hinault incarne les valeurs de persévérance et de passion qui animent le Grand Raid du Finistère. En tant qu’ultra-trailer, il a toujours rêvé de cet événement pour montrer à quel point la Bretagne est une terre de sport et culturelle. François Hinault est également reconnu pour son engagement contre la sédentarité, mission qu’il considère comme un combat quotidien. À travers son rôle d’organisateur, il aspire à encourager tous les concitoyens à se dépasser, promouvant l’importance de l’activité physique pour le bien-être physique et mental. C’est aussi ce qu’il souhaite partager dans son podcast « L’instant Outdoor ».

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Photo Grand Raid du Finistère

Grand Raid du Finistère : Matthieu Drilhon champion du fair play

Dès les premières minutes, les coureurs sont partis à l’assaut du Ménez Hom, sous le soleil couchant, offrant un spectacle de rêve sur la presqu’île de Crozon. Très vite, la nuit est tombée et le froid s’est abattu sur les participants, rajoutant une difficulté pour eux. Les bénévoles, les familles et les amis étaient tout de même présents aux différents points de ravitaillement pour soutenir leurs coureurs. De son côté, Matthieu Drilhon, 3ème de la première édition, a dû abandonner la course alors qu’il occupait la deuxième place. En effet, après le ravitaillement à Lanvéoc ce dernier a été pris de vomissements. Victime d’hypoglycémie, il a contacté son équipe d’assistance et s’est nourri hors zone. Par respect pour le règlement, il a alors appelé l’organisateur de la course pour signaler de son abandon.

Photo Grand Raid du Finistère
Photo Grand Raid du Finistère

Grand Raid du Finistère : Lucas Tanné au finish

Lucas Tanné a dû puiser dans ses dernières forces pour arracher la victoire. Le Landernéen de 26 ans a remporté le format ultra-trail du Grand Raid du Finistère, 163,5 km et 3700m D+, en 19 heures 10 minutes et 55 secondes, avant de s’écrouler. À l’arrivée, épuisé et incapable de se lever, ses amis ont dû le porter sur une chaise pour le présenter aux médias. Il racontait alors : « J’ai commencé à ressentir une douleur au releveur du pied autour du 110ème kilomètre. Cela m’a beaucoup pénalisé dans les descentes et j’ai dû parcourir certaines portions des cinquante derniers kilomètres en marchant. »

Malgré la souffrance, et grâce au soutien précieux de son « pacer » à partir du Cap de la Chèvre, Lucas Tanné a tenu bon et a conservé l’avance face à son poursuivant pour emporter son premier ultra-trail. La performance est d’autant plus remarquable que c’était sa première participation sur un parcours aussi long ! Derrière lui, Jérémy Tréguer terminait deuxième en 19 heures 29 minutes et 01 secondes. Aurélien Garreau complétait le podium en 19 heures 51 minutes et 45 secondes.

Lucas Tanné à l’arrivée. Photo Grand Raid du Finistère 2024
Lucas Tanné à l’arrivée. Photo Grand Raid du Finistère 2024

Grand Raid du Finistère : Angélique Cariou s’impose

Chez les féminines, la lutte a été tout aussi intense. Angélique Cariou empoche la victoire en 23 heures 49 minutes et 40 secondes, 13ème au scratch, après avoir bataillé tout du long avec Myriam Gallet. Cette dernière termine finalement deuxième en 25 heures 43 minutes et 46 secondes. Christina Anghel monte sur la troisième marche, longtemps après, en près de 30h.

Angélique Cariou à l’arrivée. Photo Grand Raid du Finistère 2024
Angélique Cariou à l’arrivée. Photo Grand Raid du Finistère 2024

Grand Raid du Finistère : 3 autres courses et 200 bénévoles mobilisés

Plus tard à l’aube ce samedi 14 septembre, ils étaient 200 à avoir emprunté le chemin des douaniers pour la course de 92 km depuis Lanvéoc. Ils ont été suivis plus tard par 300 autres traileurs partis sur le 57 km depuis Camaret-sur-Mer. Et comme si ce n’était pas assez, ils ont été rejoints par celles et ceux engagés sur le 14 km. Avec une météo de rêve et la mer scintillante à leurs côtés, les participants ont pu profiter d’un des plus beaux cadres bretons pour courir.

Au total, ce sont près de 200 bénévoles qui ont assuré le bon déroulement de l’événement, garantissant la sécurité, la logistique des ravitaillements, l’accompagnement médical ou encore la communication. Leur travail, tout au long des 48 heures de course a contribué à faire du Grand Raid du Finistère une véritable célébration du sport en Bretagne où tous ont donné de leur temps avec passion dans un cadre unique. Alors que les derniers traileurs franchissaient la ligne d’arrivée sous les applaudissements, ils étaient déjà nombreux à avoir les yeux tournés vers l’année prochaine, avec l’espoir d’une troisième édition encore plus belle et spectaculaire.

Voir les résultats de toutes les courses ICI

Photo GRF
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Après une bataille d’anthologie entre les 4 fantastiques, Elhousine Elazzoui a remporté la 7ème manche de la Golden 2024, la Headlands 27K, au sprint devant le Kényan Philemon Kiriago, son compatriote Patrick Kipngeno et le Suisse Rémi Bonnet ayant été légèrement distancés. La veille, dans la course féminine, la Kényane Joyce Njeru avait fait le spectacle et remporté sa 2ème victoire de la saison sur le circuit.

Headlands 27K : une course hommes d’anthologie, un sprint pour l’emporter

Quelle course ! Jamais une course de trail n’avait été aussi disputée, jamais à de telles allures. Très rapidement, 4 hommes se sont détachés sur la course : le Marocain Elhousine Elazzaoui et le Kényan Patrick Kipngeno, en tête du classement général à égalité avant les 2 étapes américaines, et le Kényan Philemon Kiriago et le Suisse Rémi Bonnet, en quête impérative de points pour se replacer au général.

Et les 4 fantastiques se sont livré une bataille d’une intensité inédite, se rendant coup pour coup en montée comme en descente. Les coureurs étaient toujours solidement groupés à 1 kilomètre de l’arrivée, et la décision s’est faite au sprint. À ce jeu, Elhousine Elazzaoui a pris le dessus sur Philemon Kiriago, qui s’est incliné pour 2 petites secondes, comme à Sierre-Zinal où il avait échoué juste derrière Kilian Jornet.

Grand perdant de l’affaire, Rémi Bonnet ne termine qu’à la 4ème place, lui qui était venu aux États-Unis pour tenter de décrocher des victoires. En effet, il reste loin de la tête du classement général, qui totalise les 3 meilleurs résultats de chaque coureur. Il se présentera donc à la finale, en octobre en Suisse, avec un déficit de points qui risque d’atteindre une centaine de points. Un écart conséquent qui pourrait le priver du titre qu’il détient depuis 2 ans.

A noter la belle 7ème place du Français Frédéric Tranchand, qui pointe au 14ème rang du classement général.

Rémi Bonnet, 4ème de la course, longtemps aux avant-postes. Photo GTWS

Elhousine Elazzaoui : « La course la plus folle de ma vie ! »

« C’était une course folle, la plus folle de ma vie, confiait Elhousine sur la ligne d’arrivée. Je n’ai jamais vu une course comme ça dans le trail. C’est allé très vite. J’ai essayé d’attaquer mais ils ne m’ont jamais laissé partir, du coup j’ai dû attaquer encore plus fort dans la dernière descente. Je suis heureux de finir vainqueur sur cette course. »

Après Sierre-Zinal, Philemon Kiriago a donc dû s’incliner au sprint pour la seconde fois d’affilée. Le Kényan avait quand même le sourire à l’arrivée. 

« La course a été très rapide. J’avais une bonne allure et j’ai mené le groupe depuis le début jusque dans la dernière descente où Elhousine m’a dépassé. Il a été le plus fort et je suis très content de terminer sur le podium de cette course folle. »

Patrick Kipngeno a quant à lui renoncé au sprint mais termine malgré tout très proche de son coéquipier et s’empare donc de la troisième place. 

« Cette course était vraiment très relevée. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à finir 3ème pendant la course. Je pense qu’il m’a manqué un peu de technique dans les descentes. Les trois autres étaient meilleurs que moi en descente et c’est sûrement là que ça s’est joué.

Headlands 27K : les résultats de la course hommes

1 – Elhousine Elazzoui (MAR – Nnormal) : 1:55:27 (+200 pts)

2 – Philemon Kiriago (KEN – Run2gether / ON AG) : 1:55:29 (+188 pts)

3 – Patrick Kipngeno (KEN – Run2gether / ON AG) : 1:56:01 (+176 pts)

4 – Rémi Bonnet (CHE – Salomon / Red Bull) : 1:57:48 (+166 pts)

5 – Christian Allen (USA – Nike Trail) : 2:01:39 (+156 pts)

6 – Miquel Corbera (ESP – Brooks) : 2:02:12 (+150 pts)

7 – Frédéric Tranchand (FRA – Scott) : 2:02:46 (+144 pts)

8 – Cesari Maestri (ITA – Nike Trail) : 2:03:30 (+140 pts)

9 – Bart Przedwojewski (POL – Salomon) : 2:04:01 (+136 pts)

10 – Cade Michael (USA – The Trail Team) : 2:04:33 (+133 pts)

Le Top 5 hommes. Photo GTWS

Headlands 27K : Joyce Njeru en balade dans la course femmes 

Elle était pressentie comme la favorite sur la course. Joyce Njeru a bien fait parler ses qualités de vitesse pour décrocher sa deuxième victoire de la saison. La Roumaine Madalina Florea, partie en tête, a tenu 20 kilomètres avant de laisser filer la Kényane.

« Je voulais voir à quel point je pouvais être rapide et surtout jusqu’où je pouvais tenir, a déclaré la gagnante. Du coup, je suis resté avec le groupe au départ, mais à partir du kilomètre 3 Madalina a accéléré. J’ai préféré rester tranquille parce que je savais que la course était longue, mais au kilomètre 20 j’ai réussi à revenir sur elle et à la dépasser. Je suis vraiment contente de cette deuxième victoire. » 

Photo GTWS

Madalina Florea a donc dû s’incliner alors qu’elle a mené les deux tiers de la course. 

« Je me sentais assez confiante sur cette course, le parcours me convenait peut-être mieux qu’à Zinal. Mais quand Joyce m’a rattrapée je n’ai juste pas réussi à la suivre. Je me suis accrochée pour rejoindre la ligne et je suis juste reconnaissante d’avoir pu le faire sans me blesser. Je me satisfais très bien de ce résultat aujourd’hui. » 

L’Américaine Lauren Gregory (USA – Nike Trail) complète le podium. 

« Je savais que cette course collait bien à mes qualités de coureuse. Je suis partie avec le groupe de tête et je me sentais bien même si j’ai renvoyé mon premier ravitaillement. Les sensations étaient quand même bonnes et je suis contente d’avoir pu conserver ce podium jusqu’à la fin. »

Headlands 27K : les résultats de la course femmes

1 – Joyce Njeru (KEN – Atletica Saluzzo) : 2:17:34 (+200 pts)

2 – Madalina Florea (ROM – Salomon) : 2:18:22 (+188 pts)

3 – Lauren Gregory (USA – Nike Trail) : 2:19:15 (+176 pts)

4 – Judith Wyder (CHE – Hoka / Red Bull) : 2:22:21 (+166 pts)

5 – Oria Liaci (CHE) : 2:24:26 (+156 pts)

6 – Miao Yao (CHN – Salomon) : 2:25:25 (+150 pts)

7 – Anna Gibson (USA – Brooks) : 2:25:39 (+144 pts)

8 – Julia Font (ESP – Brooks) : 2:25:54 (+140 pts)

9 – Allie Ostrander (USA – Nnormal) : 2:27:04 (+136 pts)

10 – Rachel Tomajczyk (USA – Merrell) : 2:27:32 (+133 pts)

Le Top 5 femmes. Photo GTWS

Classement général : Elhousine Elazzaoui et Joyce Njeru en tête

Alors que le classement général comptabilise les 3 meilleurs résultats de chaque athlète (initialement, ce devait être les 4 meilleurs résultats, mais l’annulation de la cours en Pologne début septembre pour cause de mauvais temps a conduit Greg Vollet, directeur de la Golden, a modifier la règle pour ne pas pénaliser d’athlètes), le Marocain Elhousine Elazzaoui et la Kényane Joyce Njeru sont en tête. Mais les écarts ne sont pas si importants, et tout pourrait encore changer lors de la dernière course, le 22 septembre pour la Mammoth 26K à Mammoth Lakes, en Californie, avant la grande finale en Suisse en octobre.

Le classement général après 7 épreuves.
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3 jours après la victoire de François D’Haene sur le Tor des Géants et la polémique liée aux accusations de tricherie proférées durant la course par Martin Perrier, 3ème de l’épreuve, ce dernier a présenté ses excuses au vainqueur et a publié un texte sur les réseaux sociaux pour s’expliquer publiquement. Savoir reconnaître ses erreurs est faire preuve d’intelligence. 

Tor des Géants : le clash en pleine course

Pour rappel, Martin Perrier, qui était en tête du Tor des Géants à mi-course, a vu revenir François D’Haene sur ses pas et l’a accusé d’avoir recours à des pacers pour l’aider, chose strictement interdite par le règlement de la course. Il lui a même remis une lettre durant le 2eme jour de course pour l’inciter à abandonner, lettre de menaces que l’entourage du quadruple vainqueur de l’UTMB avait rendue publique. De son côté, François D’Haene avait indiqué qu’il était effectivement accompagné sur certaines courtes portions par une équipe le filmant dans le cadre de la préparation d’un film.

Lire sur le même sujet Tor des géants : François D’Haene s’impose malgré la polémique

Tor des Géants : pourquoi Martin Perrier a écrit à François D’Haene durant la course

Voici le texte publié sur son Instagram par Martin Perrier, où il explique son comportement durant la course.

« Le lendemain de l’arrivée du Tor des Géants, j’ai enfin pu avoir une longue conversation avec François D’Haene pour m’expliquer et finalement lui présenter mes excuses. Je le fais publiquement ici via ces quelques lignes.

Pendant les 200 premiers kilomètres où nous étions au coude à coude en tête de course, j’ai reçu de nombreux retours (oraux, photos, vidéos) de la part de spectateurs, d’assistants et surtout d’autres coureurs engagés indiquant que François était très souvent accompagné sur le parcours, parfois sur de longues sections, ce qui est clairement opposé à l’esprit du Tor et interdit par le règlement de l’épreuve. Étant (peut-être trop) obsédé par les valeurs de fairplay et d’équité entre tous les participants, j’allais donc devoir porter réclamation auprès de l’organisation pour que ces accompagnements soient inspectés. Mais avant de faire ça, je voulais m’adresser à François directement, car je ne pouvais pas imaginer une seconde qu’un champion comme lui puisse courir sans respecter les règles.

Je lui ai donc bien écrit une lettre privée, mais dont le contenu et l’intention n’étaient clairement pas ceux qui ont été communiqués en public. Mon intention était précisément de ne PAS nuire à l’image d’un coureur que j’admire depuis des années ni à celle de la course la plus belle au monde à mes yeux, en imaginant que si des règles avaient été enfreintes, c’était sûrement par erreur et avec regret, et qu’il valait mieux dans ce cas ne pas faire de bruit sur le sujet. Et si aucune règle n’avait été enfreinte, alors il n’y aurait évidemment aucune suite à donner de mon côté, et surtout pas en public. »

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Le message publié sur l’Instagram de François D’Haene durant la course. Source Instagram

Tor des Géants : les excuses de Martin Perrier

Dans la suite de son texte rendu public, Martin Perrier reconnaît son erreur et son manque de lucidité.

« En revanche, si mon intention n’était réellement pas mauvaise, la méthode et les mots employés étaient complètement inacceptables et inadaptés. Après 48h de course d’une rare intensité, j’étais à un niveau de fatigue et de manque de lucidité évident qui m’ont fait faire n’importe quoi, à l’opposé de mes valeurs et de ce que je défends depuis toujours.

J’ai agi sous le coup de l’émotion, du sentiment d’injustice, de la fatigue et sans connaître toute la vérité. Je n’aurais pas dû.

Ironie du sort, c’est exactement ce que je vis depuis 3 jours avec un déferlement d’insultes, de messages haineux et de harcèlement de la part de personnes qui agissent sans connaître toute la vérité.

La vérité, c’est qu’avec l’évolution actuelle de l’ultra-trail, un coureur de la trempe de François ne peut simplement plus courir dans les mêmes conditions que les autres, et nous (coureurs amateurs) ne pouvons même pas imaginer à quel point. Il a bien été accompagné à de nombreuses reprises sur le parcours, c’est un fait avéré qui pose naturellement des questions d’équité, mais c’était en réalité soit par des professionnels accrédités, soit contre sa volonté par des fans, photographes ou vidéastes qui courent à ses côtés même lorsqu’il leur dit non. L’application trop stricte du règlement en devient impossible et c’est là qu’il faut savoir s’en remettre au travail des organisateurs de course, ce que j’aurais dû faire directement.

François est un grand homme, je lui ai présenté mes excuses et il les a acceptées. Je suis profondément désolé pour la peine et le sentiment d’injustice que j’ai pu causer à sa famille et j’espère qu’eux aussi pourront me pardonner.

Enfin je m’excuse très sincèrement auprès de l’organisation du Tor des Géants et de tous ceux qui le suivent avec passion. Cette course a une place centrale dans ma vie désormais, je m’efforce toute l’année de la promouvoir et de contribuer à la garder propre et pure, et je me retrouve finalement à faire tout l’inverse.

Aujourd’hui je m’en veux, et je m’en voudrai longtemps, mais c’est une leçon de sport et de vie que je n’oublierai jamais.

Bravo à François pour cette victoire amplement méritée et à tous les autres finishers passés et futurs de cette incroyable aventure. »

Martin Perrier Source Instagram
Le communqiué publié par Martin Perrier. Source Instagram

Une réflexion sur la course des élites

S’il est évident que les accusations de Martin Perrier ont été excessives, l’observation qu’il fait concernant les courses des élites n’est pas infondée. On a encore pu le constater cette année sur les différentes épreuves de l’UTMB, et notamment son épreuve vedette, où les certains coureurs se retrouvent accompagnés, souvent à leur corps défendant, par des personnes extérieures à l’épreuve, coureurs, camrunners, touristes. Y trouvent-ils un avantage ? Sans doute pas, et on a pu entendre Katie Schide, gagnante de l’UTMB, demander à un camrunner de lui laisser un peu d’espace, alors qu’il la suivait de trop près et perturbait sa course. On a également pu voir un camrunner débouler devant Kilian Jornet à Sierre-Zinal, obligeant le Catalan à changer de trajectoire pour ne pas le percuter. Il ne faudrait pas, dans cette course à l’image, que l’esprit du trail se perde…

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Alors qu’il reste sur une 9e place à Sierre-Zinal, un résultat clairement en dessous de ses attentes, Rémi Bonnet s’est vu complètement relancé dans la Golden Trail Series après l’annulation de la course en Pologne et peut espérer remonter au classement, où il n’est que 17ème. Désormais en mission aux États-Unis, le Suisse espère décrocher deux victoires sur les 2 dernières courses qualificatives, les 15 et 22 septembre, pour arriver en leader à la finale en Suisse en octobre. Face à lui, Elhousine Elazzaoui, à égalité de points avec le Kényan Patrick Kipngeno en haut du classement général, se rend aussi sur les deux dernières manches aux États-Unis avec un objectif clair : remporter deux victoires pour se positionner seul en tête avant la finale. Mickael Mussard les a rencontrés.

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Rémi Bonnet lors du Marathon du Mont-Blanc 2023. Photo Martina Valmassoi

Rémi, ton début de saison semble plutôt mitigé si on se fie aux résultats, est-ce que c’est aussi ton impression ?

Rémi Bonnet : Je pense que le Marathon du Mont-Blanc était un bon résultat, j’étais en forme, Elhousine était juste plus fort que moi. Mais oui, Sierre-Zinal ne s’est pas passé comme prévu, ça a été une grosse déception mais je suis vite passé à autre chose. Ensuite, je n’ai pas eu de chance à l’OCC (abandon au 33ème km, NDLR). Mais c’est comme ça, on ne peut pas gagner tout le temps. Je sais que souvent je ne commence pas vraiment bien les saisons, mais si on regarde les deux années précédentes, finalement c’est aux États-Unis que j’ai réussi à faire tourner les choses à mon avantage.

Tu dis que tu as réussi à passer à autre chose après Sierre-Zinal, mais comment expliques-tu ce résultat ?

Rémi Bonnet : J’avais fait de bons entraînements et la forme était là, j’étais assez serein, pas stressé. Mais j’ai eu des problèmes de ventre en fin de course et ça m’a vraiment freiné. On a un regardé tout ça avec mon coach et on s’est aperçus que ces problèmes sont récurrents quand il fait très chaud. Mon ventre sature et je n’arrive plus à gérer, alors que je n’ai jamais ces problèmes quand il fait froid. J’ai fait des séances sous la chaleur pour tenter d’améliorer ça, mais ça ne suffit pas.

C’est une année un peu compliquée, avec plein de petits problèmes mais ça ne peut pas toujours aller dans le bon sens. Je sais qu’il y a eu des années où je n’ai fait aucun résultat et puis l’année suivante j’ai tout gagné. Je sais que j’en suis capable et il faut juste l’accepter. Quand tu sais que tu as déjà gagné deux fois le circuit tu te dis que ce n’est pas grave. Mais je pense que ça va tourner ! C’est vrai que gagner la Golden Trail Series trois fois de suite, ça serait cool pour vraiment enfoncer le clou jusqu’au bout.

Même si tu as une décroché une belle deuxième place au Mont-Blanc, ta « contre-performance » à Sierre-Zinal t’avait fait prendre du retard sur le haut du classement général. Et puis, coup du sort, la course en Pologne a été annulée, le règlement de la Golden Trail Series a changé et désormais, seules 3 courses comptent pour le classement général. Qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ?

Rémi Bonnet : Comme je le disais, la roue tourne souvent en fin de saison pour moi, souvent aux États-Unis. Du coup, je savais que tout pouvait changer ici et que rien n’était encore joué. Avec 4 courses, j’avais encore du temps pour remonter au général, mais c’est vrai que le fait que le résultat de Zinal puisse sauter ça me motive encore plus pour faire deux très bonnes courses ici aux États-Unis.

On a l’impression que cette année, le niveau est tellement dense que tu n’as plus vraiment la même marge d’erreur que les années précédentes…

Rémi Bonnet : C’est vrai qu’il y a du gros niveau cette année. Elhousine, par exemple, est un gros client pour le général. Il est super motivé, il a toujours dit que c’était son rêve de gagner la Golden Trail Series et je pense qu’il a les moyens de le faire cette année. Il faudra voir comment il court ici et je pense aussi que tout va se jouer à la finale. Même pour moi, même avec deux courses parfaites ici, si je ne cours pas bien à la finale, je ne gagnerai pas le circuit. C’est tellement serré au général que je pense que c’est celui qui arrivera à faire une grosse finale qui pourra faire la différence.

On est à deux jours de la première course aux États-Unis, comment te sens-tu ?

Rémi Bonnet : Je me sens bien. J’ai fait un petit record en début de semaine pour me rassurer un peu sur la forme. Les entraînements se sont bien passés et du coup j’ai juste envie de donner mon maximum. Je ne sais pas trop comment les autres se sentent mais on verra tout ça dimanche.

Ce record dont tu parles, peux-tu nous expliquer de quoi il s’agit ?

Rémi Bonnet : C’est un record de l’ascension du plus haut sommet autour de San Francisco dont j’avais entendu parler. Il était détenu par Jim Walmsley en 30’38 et j’ai fait 28’59. Je voulais le faire au moins une fois et puis je sais que ça me réussit bien de faire un effort intense comme ça quelques jours avant une course.

L’objectif pour toi est donc toujours de gagner la Golden Trail Series ?

Rémi Bonnet : Oui, clairement. J’ai déjà une deuxième place au Mont-Blanc, si je fais deux bonnes courses ici tout sera possible et j’ai clairement envie de gagner la Series 3 fois de suite. J’espère donc arriver en leader à la finale.

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Elhousine Elazzaoui, 2ème à Zegama derrière Kilian Jornet. Photo Mathis Decroux / GTWS

Elhousine, tu connais un début de saison exceptionnel, avec des podiums sur chacune de tes courses de la Golden Trail Series. Tu es actuellement premier du général à égalité de points avec Patrick Kipngeno, espérais-tu faire ce début de saison ?

Elhousine Elazzaoui : Oui, c’est effectivement le meilleur début de saison de ma carrière. Ce n’est jamais facile de bien commencer et ensuite d’être régulier sur toute la saison et c’est vrai que pour le moment tout se passe bien. On a bien commencé avec de nombreux podiums parce que j’ai voulu prendre les choses avec le plus de sérieux possible, en essayant de m’adapter au maximum à chaque situation et en essayant d’être plus régulier.

Qu’as-tu changé pour arriver à ce niveau de performance ?

Elhousine Elazzaoui : À peu près tout ! J’ai un nouveau team, on a travaillé sur la nutrition, j’ai changé ma façon de m’entraîner, beaucoup de choses en réalité. J’ai toujours eu beaucoup de gens qui m’encourageaient mais que peu de personnes qui m’accompagnaient dans ma pratique en me donnant les bons conseils. Avec NNormal on a développé beaucoup de choses ensemble et ça a l’air de fonctionner.

Alors qu’on t’a vu sur toutes les courses jusqu’en août, tu as ensuite décidé de faire l’impasse sur Sierre-Zinal, pourquoi ?

Elhousine Elazzaoui : J’avais fait mon planning en début de saison et Sierre-Zinal n’en faisait pas partie ! C’est une course qui ne m’a jamais vraiment réussi, il y fait souvent chaud et je n’ai jamais réussi à performer là-bas. Le début d’année confirmait d’ailleurs ce choix : avec de bons résultats, pourquoi prendre le risque d’aller sur Sierre-Zinal, en sachant qu’en plus c’est la course la plus relevée de l’année ? J’ai donc préféré faire l’impasse pour aller sur la course en Pologne qui correspondait beaucoup mieux à mes qualités.

Malheureusement, la course a été annulée, c’était une bonne décision selon toi ?

Elhousine Elazzaoui : Ce n’est jamais facile à prendre ce genre de décisions, d’autant que c’est la première fois que ça arrive sur la Golden Trail Series. Mais selon moi, la sécurité doit toujours primer et c’était donc une très bonne décision.

Pour autant, cela impacte tes résultats, toi qui avais déjà 4 très beaux podiums. Tu te retrouves désormais à égalité avec Patrick Kipngeno au général…

Elhousine Elazzaoui : Oui, c’est dommage, ça a tout changé dans le classement et d’autres coureurs qui étaient finalement mal embarqués, comme Rémi Bonnet ou Philemon Kiriago, sont relancés avec cette modification, mais c’est comme ça. C’est pour ça qu’il faut que j’aille aux USA, pour tenter de faire mieux afin de gagner encore des points.

Pour autant, tu as déjà une victoire et deux deuxièmes places, « faire mieux » cela signifie donc la victoire sur ces courses ?

Elhousine Elazzaoui : J’ai dit que je voulais faire un bon résultat, et pour moi, sur la Golden Trail Series cette année, les deuxièmes et troisièmes places ne me suffisent plus ! J’ai soif de victoires !

L’objectif c’est donc la victoire finale. Mais qui peut t’en empêcher ?

Elhousine Elazzaoui : Oui, j’ai toujours dit que je rêvais de remporter la Golden Trail Series mais cette année je suis vraiment en bonne position pour le faire. Cependant, avec les changements de classement j’ai désormais deux Kényans qui sont juste à côté de moi et je dois tout faire pour les surpasser. Après, à la finale, il y a toujours des coureurs qui se révèlent, mais si j’ai tout bien fait sur la saison il s’agira simplement de bien finir le travail !

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La saison 2024 de François D’Haene est sauvée ! Après 2 années de galères et blessures, et un abandon sur la Hardrock (l’un des seuls abandons de sa carrière), le coureur du team Salomon s’est imposé sur le Tor des Géants, sa première « aventure » d’ultra ultra trail. Mais le chemin a été long, et la polémique avec le Français Martin Perrier, qui l’a accusé de tricher, a bien agité la fin de course. Côté féminin, exploit de la Suissesse Katharina Hartmuth, qui devient la première concurrente à passer sous la barre des 80 heures !

Tor des Géants : François D’Haene retrouve le plaisir de courir

Après son abandon sur la Hardrock, on pouvait légitimement se poser quelques questions. Blessé à la cheville il y a bientôt 2 ans, ayant dû subir plusieurs opérations, François D’Haene parviendrait-il à revenir au plus haut niveau, celui qui lui a permis d’être 4 fois vainqueur de l’UTMB ? La réponse est arrivée mercredi 11 septembre, de façon éclatante : après 69h 08mn 32S et 3 nuits passées dehors, le Français a franchi la ligne d’arrivée du Tor des Géants en vainqueur. Une victoire comme un soulagement, pour lui et pour sa famille, mais aussi ses amis venus le soutenir, comme Jim Walmsley, que l’on a vu féliciter le Français à Courmayeur.

Les signaux étaient revenus au vert peu de temps auparavant. C’est durant le mois d’août, lors des repérages de cet immense tour de la vallée d’Aoste, en Italie, long de 330 km et 25000m D+, que François D’Haene avait commencé à faire preuve d’optimisme, après les mois de galère. « Les sensations sont été plutôt bonnes », avait-il commenté. Et son dernier bloc d’entraînement, en Beaufortain, avait été concluant : « J’ai retrouvé le plaisir de courir », avait ajouté le champion.

Tor des Géants François D'Haene
François D’Haene peut boire du champagne. Il est de retour !

Tor des Géants : François D’Haene accusé de tricherie

Pourtant, son plaisir de courir a été en partie gâché par les accusations d’un autre concurrent, le Français Martin Perrier. En tête après la mi-course, ce dernier a accusé François D’Haene de tricher en utilisant des pacers, ces meneurs d’allure qui courent avec les concurrents et leur apportent un soutien moral. Si les pacers sont autorisés sur certaines courses, comme sur la Hardrock, ils sont strictement interdits sur le Tor des Géants. Le règlement précise qu’au-delà de 50 mètres, le fait de courir avec une personne est interdit.

À plusieurs reprises lors de passages dans des points de contrôle, Martin Perrier a formulé devant témoins des accusations, prétendant avoir vu le Français courir avec des pacers. « J’ai deux trois soucis depuis que je sais que François D’Haene triche », l’a-t-on entendu dire lors d’un ravitaillement sur les live de retransmission du Tor. Et le coureur de poursuivre : « François D’Haene triche, il a des pacers avec lui ! » Plus tard, toujours lors d’un ravitaillement, Martin Perrier récidivera ses accusations, prenant à témoin un autre Français, Louis Calais : « Tu les as vu, toi, Louis, les pacers avec lui ? », l’interpellera-t-il, avant de réaffirmer : « Non, non, c’est des pacers avec lui. On est deux à l’avoir vu courir avec des gens ! »

De son côté, François D’Haene a fermement rejeté cette accusation, invoquant en revanche qu’une équipe l’avait suivie à certains points du parcours pour le filmer, dans le cadre de la réalisation d’un documentaire sur sa saison. De son côté, l’organisation de course précise qu’aucune réclamation officielle n’a été faite par le Suisse durant la course.

Encore plus étonnant, une lettre de menace a même été remise en main propre à François D’Haene durant la course, lettre dont les propos ont été relayés par son équipe sur les réseaux sociaux. Mais à l’heure actuelle, rien ne certifie que Martin Perrier ou son équipe en soient réellement les auteurs. Et, bien entendu, François D’Haene n’a pas cédé aux menaces.

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Source Instagram François D’Haene

Tor des Géants : Beñat Marmissolle second

Derrière François D’Haene, un autre Français avait surpris tout le monde en annonçant sa venue sur le Tor des Géants : Beñat Marmissolle. En proie à différents problèmes depuis sa déconvenue lors de l’UTMB 2023, le Basque, vainqueur de la Diagonale 2022, avait été contraint à l’abandon en avril 2024 lors du MIUT à Madère, et n’avait pris que la 133ème place du Tour des Lacs (80 km / 5000m D+) lors du Grand Raid des Pyrénées, fin août. Tout en maîtrise, Beñat Marmissolle n’a jamais quitté les 5 premières places du Tor, pour finir second en 73h 10mn 18s. Il devance Martin Perrier, arrivé 3ème deux heures plus tard. Un 4ème Français, Louis Calais, termine 6e, en 79h et 24s.

Tor des Géants Beñat Marmissolle
Beñat Marmissolle

Tor des Géants : Claire Bannwarth troisième féminine

Elle avait un programme de dingue pour ce début début septembre : enchaînement UTMB, SwissPeaks 360 et Tor des Géants, soit plus de 800 km et 70000m D+. Hélas, Claire Bannwarth, contrainte par un problème aux quadris après sa 18ème place féminine à l’UTMB et par une urgence au boulot, a dû renoncer à l’étape suisse. Qu’à cela ne tienne, elle avait annoncé vouloir « tout défoncer » sur le Tor, en mode vengeance. Et l’inusable française n’a pas été loin de remporter son pari, puisqu’elle termine sur le podium, à une belle troisième place.

C’est la Suissesse Katharina Hartmuth, vice-championne du monde de trail long 2023, en tête de bout en bout, qui s’impose en 79h 10mn 40s, battant le record de l’épreuve. Jamais une femme n’avait couru le Tor des Géants en moins de 80h avant elle ! Derrière, la lutte a été intense entre la Britannique Sabrina Verjee et Claire Bannwarth, mais c’est finalement la première qui a conservé la 2ème place, en 84h03, devançant la Française de moins d’une heure (85h02).

Tor des Géants Katharina Hartmuth
Katharina Hartmuth
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Après sa deuxième place au Marathon du Mont-Blanc et sa troisième place à Sierre-Zinal, la Roumaine Madalina Florea va tenter de remporter sa première victoire sur la Golden Trail World Series 2024 sur l’une des deux dernières étapes de la saison, aux États-Unis, avant la finale en Suisse en octobre. Nous l’avons rencontrée à quelques jours de la première des deux courses, la Headland 27K..

La dernière fois que nous avions discuté, tu venais de terminer 3ème de Sierre-Zinal. Depuis, tu t’es rendue en Pologne où la course a été annulée. Comment as-tu vécu cette décision ?

Madalina Florea : Ma première réaction a plutôt été d’être heureuse et soulagée parce que j’avais peur de cette course en réalité. Je la trouvais très technique, surtout avec de la pluie. Puis, j’ai pensé aux organisateurs et à tout ce qui s’est passé et je pense que c’était la bonne décision à prendre. Les conditions météorologiques étaient vraiment horribles.

Madalina Florea Photo Mathis Decroux_MMB
Madalina Florea à son arrivée à Chamonix lors du Marathon du Mont-Blanc, où elle termine 2ème derrière Judith Wyder. Photo Mathis Decroux / MMB

Les règles ont été modifiées à la suite de cette annulation et on ne prend en compte que 3 courses au lieu de 4 pour le classement général. C’est plutôt un avantage ou un inconvénient pour toi ?

Madalina Florea : Pour moi, c’était une excellente chose parce que sans cette modification, certaines filles qui n’avaient couru qu’une seule course avant la Pologne n’auraient pas pu finir la Series. Et moi, ce que je veux, c’est affronter les meilleures athlètes de la planète sur toutes les courses. Là, on va s’envoler pour les États-Unis et je suis très contente de voir certaines filles s’y rendre.

Je ne regarde pas trop le classement général. En revanche, ce que je regarde, ce sont les noms des filles sur les courses et ce que je vais pouvoir apprendre et améliorer sur chaque épreuve. Par exemple, au Mont-Blanc, j’ai changé ma tactique pour essayer de rester avec le groupe et ne pas partir trop vite. Aux États-Unis, j’ai envie de partir très vite, mais il va falloir gérer pour bien finir. Mais si je n’apprends rien sur une course, ça ne sert à rien, même avec la victoire.

Comment te sens-tu à quelques jours de la première course américaine ?

Madalina Florea : Je suis dans les montagnes en Roumanie et je viens de boucler un gros bloc. Quand je m’entraîne vraiment dur, j’ai parfois tendance à pousser un peu trop parce que je ne sais pas trop où j’en suis et j’ai un peu ce sentiment-là. Donc, j’ai pris deux jours de repos pour essayer de récupérer un peu. Je ressens quelques tensions musculaires, mais ça va.

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L’arrivée de Sierre-Zinal, avec une 3ème place à la clef. Photo Rising Story / GTWS / Justin Galant

Des deux courses américaines, quelle est celle qui te convient le mieux selon toi ?

Madalina Florea : Les deux je pense ! L’année dernière, j’ai fini 3ème à Mammoth mais en me perdant. Donc cette année, je vais aller rapidement checker les parcours pour ne pas faire la même erreur. Je veux gagner aux États-Unis !

Tu dis que tu essayes d’apprendre sur chaque course. Que penses-tu apprendre sur ces deux courses ?

Madalina Florea : Je pense que là, la clé sera d’appliquer ma stratégie à la lettre, parce que je sais que des filles comme Joyce Njeru ou Anna Gibson auront les mêmes qualités de vitesse que moi et que si je n’applique pas une stratégie de course parfaite, je n’arriverai pas à faire une bonne course. C’est pour ça qu’il faut que j’aille voir les parcours aussi, pour voir quelle stratégie appliquer. Mais clairement, je pense qu’il faudra partir suffisamment vite, sans pour autant aller trop vite, au risque d’exploser avant la fin.

Y a-t-il une fille que tu crains particulièrement ?

Madalina Florea : Je ne me concentre que rarement sur une seule fille. J’aurais bien aimé prendre ma revanche sur Joyline Chepngeno (la Kényane qui s’est imposée à Sierre-Zinal, NDLR) mais elle ne vient malheureusement pas aux États-Unis. J’aurais aussi beaucoup aimé affronter Maude Mathys là-bas, mais elle est blessée. Si je pouvais courir toutes les courses contre Maude, je serais la plus heureuse, je l’adore !

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