La 23ème édition du Trail de Faverges-Seythenex, en Haute-Savoie, se tiendra les 6 et 7 octobre 2023 entre les Sources du Lac d’Annecy et le Massif des Bauges. De tous nouveaux parcours attendent les 1400 participants au départ du Parc Simon Berger de Faverges pour une belle journée en montagne.
Trail de Faverges-Seythenex : chacun son jour, chacun son parcours !
Les enfants d’abord ! Pour ne pas les faire trop attendre, le Trail Enfants ouvrira le bal des festivités le vendredi 6 octobre en fin d’après-midi, afin de les faire goûter à la compétition. Mais, attention, bonne ambiance et camaraderie seront de rigueur !
Photo Organisation
C’est le samedi 7 octobre que les choses dites sérieuses commenceront, avec les parcours trail et marche pour les adultes. De nouveaux tracés avec encore plus de singles techniques, de nouveaux points de vue, de nouveaux sommets et un soupçon de dénivelé pour se dépasser sont au programme.
Les randonneurs ne sont pas oubliés, qui pourront se diriger vers la Marche des Sources du Lac d’Annecy. Au menu, 12km de balade avec 425m de dénivelé positif sur les hauteurs de Faverges.
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Trail de Faverges-Seythenex : 3 parcours de trail au choix
Le Trail de Faverges-Seythenex propose 3 parcours au choix suivant l’envie, la motivation et la condition physique. Avec ses 15km et 600m de dénivelé positif, le Trail des Hameaux est un parcours accessible sans difficulté technique. Les plus aguerris pourront tutoyer l’arête de la Pointe de Vélan en prenant le départ du Trail de l’Eau Froide. Il leur faudra avaler 26km et 1700m de dénivelé positif.
Pour ceux qui veulent se challenger sur un parcours bien corsé, rendez-vous sur le Tour de la Sambuy. Au programme, 42km de pur plaisir à travers les Sources du Lac d’Annecy et le Massif des Bauges. Pointe de Chaurionde, Belle-Etoile, les participants vont devoir affronter 3350m de dénivelé positif avant de rallier la ligne d’arrivée. Une belle bambée en perspective !
Pour ceux qui veulent découvrir ce parcours mais ne se sentent pas de faire le tracé complet, il est possible de faire le Tour de la Sambuy en relais. La passation se fera à l’Abbaye Notre-Dame de Tamié. De quoi passer une belle journée en montagne, se dépasser et profiter des chaleureuses couleurs de l’automne !
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/09/TFS21-Selection-81.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-09-10 01:36:592023-09-08 01:37:34Trail de Faverges-Seythenex : nouveau parcours pour la 23ème édition
Afin de se renouveler et de proposer de nouveaux horizons, l’Ultra-Trail du Beaujolais Vert, ou UTBV, revient pour sa 6ème édition le 7 octobre. Au programme, toujours 5 circuits au départ du superbe Lac des Sapins à Cublize (69), à moins d’une heure de Lyon. Mais ces derniers ont bien évolué !
5 parcours de 8 à 80 kilomètres
Reconnu pour sa convivialité, l’UTBV se déroule sur une partie des parcours de la station de trail du Beaujolais Vert. Des sentiers spécifiquement choisis pour offrir une véritable bouffée de nature. Son organisation et sa fréquentation font que l’UTBV s’inscrit progressivement comme un événement majeur du trail et de l’ultra-trail en France.
Du vert, du vert, encore du vert. Photo Thomas Vigliano
Cette année, les coureurs auront le choix entre 5 parcours, revisités par rapport aux éditions précédentes. Les moins chevronnés pourront se challenger sur le 8 km (D+165) ou le 15 km (D+540). Les plus aguerris s’affronteront sur un 23 km (D+900). Quant aux traileurs avertis, ils auront le choix entre un format marathon (42 km et D+1900) et un ultra de 80 km et D+3800. De quoi satisfaire tout le monde.
Profil du 80km de l’UTBV : ça va piquer !
Attention, les inscriptions anticipées arrivent bientôt à leur terme. Tarifs progressifs jusqu’au 11 septembre, puis jusqu’au 25 septembre. Aucune inscription ne sera prise sur place.
Imaginé avec François D’Haene qui l’a réalisé en édition test en 2018, le Grand Trail de Serre-Ponçon a pris une belle place dans le paysage sportif des Alpes du Sud. Après deux très belles éditions, la 3ème édition se déroulera du 15 au 17 septembre sur les bords et les montagnes entourant le lac de Serre-Ponçon, plus grand lac artificiel de France, situé dans les Hautes-Alpes. L’occasion de croiser les meilleurs Français de la discipline, avec en vedette Thibaut Baronian et Camille Bruyas !
Grand Trail de Serre-Ponçon : pour une pratique plus authentique
Le Grand Trail persiste et signe avec une pratique plus authentique, valorisant les ressources du territoire, respectueux de son environnement, cultivant l’esprit d’entraide et de solidarité. Ici, ce sont les acteurs locaux qui s’impliquent sur le terrain, au contact des coureurs, fournissant une logistique concentrée sur l’essentiel.
Avec ce plus : une exigence environnementale pour les organisateurs, qui privilégient les circuits courts pour tous leurs achats de ravitaillement et les dotations aux coureurs. À souligner entre autres, la mise en place de navettes pour amener les coureurs sur les différents sites de départ, l’utilisation d’un balisage éphémère les seuls jours de course, et aucune utilisation d’hélicoptère en dehors du dispositif de secours mobilisé.
Photo Cyrille Quintard-Serre-Poncon
Grand Trail de Serre-Ponçon : 6 courses au programme
Cette 3ème édition, construite sur le bénévolat, se veut « ouverte », et propose les tarifs d’inscription les plus bas de France pour ce type de course. Les inscriptions sont closes depuis des semaines pour certains formats, et 1500 traileurs seront au départ, provenant de plus de 80 départements Français et de 8 pays différents. Ils se répartissent harmonieusement sur les 6 courses au programme, réduisant l’impact sur les sentiers : le 164km en individuel ou en team, et les 74km, 49km, 30km, 18km. Sans oublier un nouveau RDV en Trail Inconnu, en solo, sur un parcours qui ne sera dévoilé… qu’au dernier moment.
Parmi les partants, on admirera les meilleurs Français de la discipline comme Thibaut Baronian, Camille Bruyas, Julie Roux, Théo Detienne, Eliot Retulli, Edouard Laudier, Michel Lanne, Alanis Duc, Johann Baujard, Louis Nicolas…
Photo Cyrille Quintard-Serre-Poncon
Grand Trail de Serre-Ponçon : demandez le programme
15 septembre
GRAND TRAIL DE SERRE-PONCON, en SOLO ou en ÉQUIPE de deux ou trois : 164KM ET 10600M D +/-, AU DÉPART D’EMBRUN, épousant les plus beaux sommets encadrant le lac de Serre-Ponçon, le pic de Morgon, le pic de Dormillouse, le mont Colombis, le pic de Piolit, le col de la Coupa, et le mont Guillaume en final.
16 septembre
TRAIL DE SERRE-PONCON, en solo : sur 74KM ET 5200M D+/- AU DÉPART D’ESPINASSES-ROUSSET, à mi-parcours du Grand Trail, avec le mont Colombis en entame, le pic de Piolit, le col de la Coupa, et le mont Guillaume en final.
LE TRAIL LAC ET MONTAGNES, en solo : sur 49KM ET 3500M D+/- AU DÉPART DE CHORGES, vers le Col de Chorges, La Coupa, Les Gourniers, Le Mont-Guillaume en final.
TRAIL DU MONT-GUILLAUME, en solo : sur 28KM ET 1650M D+ 2310M D- AU DÉPART DE REALLON-LES ISCLES, avec le Mont-Guillaume au menu par son côté le plus sauvage.
17 septembre
TRAIL DES CONTREFORTS DU MORGON, en solo, sur 18KM – 510 M D +/-, AU DÉPART DE SAVINES, avec un parcours épousant les contreforts du Pic de Morgon pour redescendre vers le Lac et finir à Embrun.
RDV EN TRAIL INCONNU, en solo : sur environ 30KM avec un PARCOURS ENTIEREMENT NOUVEAU EN 2023, inconnu jusqu’au moment du départ, en quasi auto-suffisance. À essayer pour l’aventure !
Découvrez la vidéo des reconnaissances du Grand Trail de Serre-Ponçon avec François D’Haene
En 2019, François D’Haene, Alexis Traub et Guillaume Provost ont réalisé cette grande boucle au départ et à l’arrivée d’Embrun en 34h40, inaugurant une première tentative sur un tracé inédit de plus de 180 km et 10 500m de D+, empruntant le tour du Lac de Serre-Ponçon par ses plus hautes cimes, le Morgon, Dormillouse, le Colombis, le Piolit, le Col de la Coupa et le Mont Guillaume en final à plus de 2600m d’altitude. C’est de cette boucle qu’allait naître en 2021 la première édition du Grand Trail de Serre-Ponçon.
Programmée en même temps que l’UTMB, la Grande Trace Dévoluy Été, petite sœur de la célèbre course de ski-alpinisme, a sacré 2 champions : Sylvain Cachard et son binôme Pierre Martinez. La paire a mené les 2 jours de courses d’alpi-trail dans le massif du Dévoluy, dans les Hautes-Alpes, survolant les 2 étapes en 6h 33mn 47s.
Grande Trace Dévoluy Été : des parcours typés alpi-trail uniques
102 binômes étaient au départ de cette 5ème édition de La Grande Trace Dévoluy été, qui se courait à guichets fermés. Trois équipes belges et une suisse complétaient l’armada des binômes franco-français. Cette épreuve, unique dans le calendrier des trails, propose une course de montagne en équipe de 2 sur des parcours typés alpi-trail répartis en 2 étapes rythmées par plusieurs passages aériens et très techniques. C’est une des raisons pour lesquells les casques et baudriers font partie de l’équipement obligatoire. Et essentiel, notamment pour les passages des chourums, des cavités naturelles propres au massif du Dévoluy.
Informés des parcours la veille de chacune des épreuves, sans possibilité de reconnaître les tracés, les coureurs ont souligné le côté technique et unique de la course. Notamment le passage dans la Traversée Héroïque lors de la 2e étape. Yannick Gast, responsable sécurité de la course (et guide de haute montagne) revient sur la préparation des tracés. « Faire passer une course sur un terrain comme celui de la Traversée Héroïque, cela demande 3 jours de préparation en amont et une dizaine de personnes. Le premier jour, nous installons les cordes, le deuxième jour on “purge des pierres” et le troisième sert à affiner la sécurité et à monter les pares-pierres. Ce sont 10 bénévoles sur 100 mètres de dénivelé le jour de la course. »
Photo OT Le Dévoluy
Grande Trace Dévoluy Été : courir en toute sécurité
« La Grande Trace est un alpi-trail, poursuit Yannick Gast, avec des terrains plus escarpés par endroits qu’un trail classique. Certains passages requièrent de ranger les bâtons, utiliser les mains et avoir un baudrier, des longes et un casque, qui sont les équipements obligatoires. C’est la 5e édition et la première qui se court à guichet fermé. Notre objectif est de rester sur le quota de 100 équipes, pour pouvoir offrir une course unique et en toute sécurité. »
Grande Trace Dévoluy Été : les étapes très aériennes
Cette édition a signé le retour de l’étape de Rocher Rond, longue de 20,5 kilomètres, avec 2180 mètres de D+ et 2000 mètres de D-. Les coureurs sont partis d’Agnières en Dévoluy, ont emprunté un canyon et le chourum des Adroits, avant de se diriger vers Vallon Pierra et une magnifique ligne de crêtes, pour redescendre au Col de Charnier. Les sommets se sont ensuite enchaînés avec la tête de Platelongue, Rocher Rond (le plus haut sommet de la Drôme) et l’Aiglière. Le tracé redescendait ensuite vers le vallon des Aiguilles, avant de franchir la ligne d’arrivée au col du Festre.
La deuxième étape de 26,1 kilomètres s’est aventurée sur les alentours de l’emblème du Dévoluy : le Pic de Bure, avec 2390 mètres de D+/D-. Au départ de Superdévoluy, les coureurs se sont élancés vers la crête de Bonnet Rouge et sont montés direction le plateau de Bure, en passant par La Fenêtre. Après être passés au milieu des antennes de l’observatoire NOEMA, ils sont redescendus par la Combe Ratin, avant d’emprunter en montée le chourum de la Traversée Héroïque. Le tracé continuait vers le Vallon d’Ane pour remonter et passer dans la grotte de Costebelle avant de faire le tour de la Crête d’Ane et de redescendre dans le Vallon Froid. L’étape se finissait en traversant la majestueuse forêt du Bois Rond, direction l’arrivée à Superdévoluy.
Passage au milieu des antennes de l’observatoire NOEMA. Photo OT Le Dévoluy
Grande Trace Dévoluy Été : les déclarations des vainqueurs
Pour Sylvain Cachard, habitué du Dévoluy, « il y a des passages que je ne connaissais pas du tout, comme le canyon et le chourum des Adroits le premier jour. Aujourd’hui, la grotte de Costebelle était vraiment impressionnante mais la montée en plein soleil assez dure.J’apprécie le fait que des organisateurs comme ceux de La Grande Trace osent faire ce genre de courses avec des passages improbables, durs physiquement et techniquement. L’équipe de bénévoles est top ! C’était 90% de plaisir et 10% de “quand est-ce qu’on arrive ?”. »
Pierre Martinez, quant à lui, s’est régalé : « Je ne connaissais pas vraiment Le Dévoluy. Je faisais beaucoup de course d’orientation, donc je suis plus à l’aise dans des cailloux et des pierriers, plutôt que sur du roulant. Le terrain de La Grande Trace m’a régalé. C’était incroyable comme course, avec beaucoup de hors sentier. Certains passages sont osés aussi. Il y a un énorme travail de l’organisation. C’est très engagé, mais avec tous les bénévoles et les guides, on se sent en sécurité et ça rend la course plus accessible. »
Grande Trace Dévoluy Été : les podiums
Hommes
1- Sylvain CACHARD et Pierre MARTINEZ (Team Hibourine) en 6h33’47
2- Téo VAULTIER et Timothé DEBICKI (Les bourrins de vertical) en 7h13’07
3- Quentin JAILLARD et Thomas BRUNEL (Traileurs en herbes) en 7h15’00
Femmes
1- Léa PARAT et Guillaumette SIGNORINI (El fusées) en 9h21’56
2- Coralie DESAGES et Sandra CHESNEY (Les sanglières) en 9h27’45
3- Emilie RASTELLO et Alexandra MUNIER (Les voisines) en 9h45’19
Mixtes
1- Tamara BAILLEUX et Matthieu NEIRYNCK (Les Mattam) en 8h17’02
2- Roddy CUNNINGHAM et Flores SANZ DE ACEDO (Il me fatigue, elle me désespère) en 8h36’16
3- Marie LALMANT et Maxime DELAMARE (M&M’s) en 8h49’33
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/09/GTDE-Photo-OT-Devoluy.jpg8001200redacteur esprit trailhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngredacteur esprit trail2023-09-05 05:00:002023-09-04 18:14:21Grande Trace Dévoluy Été : Sylvain Cachard et Pierre Martinez maîtres de l’alpi-trail
Plus de 2 200 coureurs se sont élancés vendredi 1er septembre de Courmayeur pour rallier Chamonix sur la CCC, un parcours de 100 km et 6100m de dénivelé positif. Cette épreuve, considérée comme la « petite sœur » de l’UTMB, avec laquelle elle partage la fin du tracé, était la toute première Finale UTMB World Series dans la catégorie 100K. Elle a consacré chez les hommes le grand favori, Jonathan Albon. Chez les femmes, la Norvégienne Yngvild Kaspersen a créé la surprise.
Résultat CCC : la remontée de Jonathan Albon
Les observateurs ont longtemps cru que c’était un Chinois qui allait s’imposer. Parti en tête dès les premiers kilomètres, Jiasheng Shen (UTMB Index 907) a réalisé une performance impressionnante et fait preuve de panache tout au long du parcours, qu’il a ouvert pendant plus de 75 kilomètres. Il s’est fait rattrapé dans la descente menant à Vallorcine (KM 81) par l’excellent descendeur britannique Jonathan Albon, 2ème l’an dernier, qui a ensuite pris le large, passant au ravito avec 6 minutes d’avance alors qu’il en comptait 11 de retard à Champex-Lac !
Le champion du monde de trail 2019 (UTMB Index 938), qui a mieux géré sa course, a franchi la ligne en 10h 14mn 25s. Il devance Jiasheng Shen qui termine en 10h 22mn 30s. L’Américain Dakota Jones (UTMB Index 904) a complété le podium à la troisième place avec un chrono de 10h 41mn 40s.
Jonathan Albon. Photo UTMB 2023
Résultat CCC : Jonathan Albon boosté par… la musique !
A peine arrivé, Jonathan Albon s’est confié : « J’avais réfléchi à de nombreuses stratégies pour la nutrition qui avait été mon point faible l’an dernier. L’objectif principal était de dépenser progressivement mon énergie pour tenir la durée. J’ai essayé à la sortie de Champex-Lac d’écouter de la musique pour me donner la force de lancer la remontada face à Jiasheng Shen. Avec l’aide apportée sur les ravitaillements par ma femme Henriette, j’ai pu gagner du temps et être encore plus performant. »
Le podium hommes de la CCC. Photo UTMB 2023
Résultat CCC femmes : la surprise Yngvild Kaspersen
Chez les femmes, la Norvégienne Yngvild Kaspersen (UTMB Index 730) a créé la surprise en remportant l’épreuve en 11h 51mn 22s. Pourtant, elle connaît bien les sentiers autour de Chamonix, pour avoir remporté le 23km du Mont-Blanc en 2015. Elle avait également pris la 30ème place de la CCC l’an dernier, mais ne partait pas du tout dans l’optique d’un Top 10, encore moins d’un podium. Elle a mené une course régulière et intelligente pour prendre la tête un peu après la mi-course et creuser progressivement l’écart sur l’Américaine Helen Mino Faukner (UTMB Index 761).
La Zimbabwéenne Emily Hawgood (UTMB Index 754), qui a produit son effort sur la partie suisse de la course, a opéré une belle remontada qui lui permet de décrocher la deuxième place en 12h 28mn 19s. L’Américaine hérite finalement de la 3ème place en 12h 38mn 05S.
Le podium femmes de la CCC. Photo UTMB 2023
Résultat CCC femmes : Yngvild Kaspersen et l’esprit viking
La nouvelle vainqueure de la CCC 2023 a ainsi commenté sur sa course : « Je n’en reviens pas, c’est un rêve qui se réalise ! Sur la ligne de départ, je n’étais pas au mieux de ma forme et me demandais même si j’allais être en mesure de terminer la course. Je suis tellement heureuse ! » Et à la question, qu’est-ce qui fait que les Norvégiens sont si performants cette année (victoire de Stian Angermund sur l’OCC!), elle répond avec le sourire : « C’est l’esprit viking qui nous anime ! »
Yngvild Kaspersen sur la ligne d’arrivée. Photo UTMB 2023
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/09/Jonathan-Albon.png7311200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-09-03 00:00:002023-09-02 18:19:07CCC : Jonathan Albon en maîtrise, Yngvild Kaspersen en surprise
Grandissime favorite de la 20ème édition de l’UTMB, l’Américaine Courtney Dauwalter s’est imposée dans la douleur. Après 2019 et 2021, elle remporte sa 3ème victoire en 3 participations. Et réalise un triplé historique avec les premières places de la Western States Endurance Run, la Hardrock 100 et l’UTMB en moins de 3 mois. Et ce après avoir remporté la Diagonale des Fous en novembre 2022. Du jamais vu dans l’univers du trail !
Courtney Dauwalter championne à l’applaudimètre
Il fallait être sur la ligne de départ de l’UTMB, place du triangle de l’Amitié, à Chamonix, pour mesurer l’immense cote de popularité de Courtney Dauwalter. Ou encore au 35e kilomètre, au passage de Notre-Dame de la Gorge, l’Alpe d’Huez du trail, pour embrasser la folle ferveur que déclenche son apparition, sourire aux lèvres comme il se doit. Courtney Dauwalter est un phénomène mondial, une icône du trail. Blandine L’Hirondel, pourtant double championne du monde de la discipline, dit tout simplement qu’il est « impossible de se comparer à elle tant est est hors norme ».
On pouvait tout de même légitimement s’interroger sur sa capacité à remporter cet UTMB, l’Américaine arrivant en France assez émoussée après son doublé historique Western States Endurance Run / Hardrock 100 réalisé en juin / juillet aux États-Unis. Un mois et demi après sa victoire à Silverton le 15 juillet, aurait-elle suffisamment de fraîcheur pour batailler avec les autres favorites ? Car il y avait de sérieuses clientes sur la ligne de départ. Parmi elles, la Tchèque Eszter Csillag, l’Italienne Martina Valmassoi, l’Espagnole Claudia Tremps et les Françaises Blandine L’Hirondel, qui débute sur 100 miles, et Manon Bohard-Cailler, 3ème des championnats du monde de trail long en juin à Innsbruck
Courtney Dauwalter, nouveau record de la Western States en juin 2023. Photo Organisation.
Courtney Dauwalter tout de suite devant
La réponse n’a pas tardé à arriver. Après un départ prudent où elle a laissé filer la Suissesse Emma Pooley,Courtney Dauwalter a pris les commandes avant d’attaquer la montée du Col du Bonhomme et ne les a plus lâchées. Un temps rattrapée par Blandine L’Hirondel venue la challenger, elle a peu à peu creusé l’écart, résistant à la pression de la Française et de l’étonnante chinoise Fuzhao Xiang.
Il n’y a que Courtney Dauwalter pour prendre le temps de se laver les dents sur les bases de vie. Photo DR
Comme chez les hommes, la nuit allait être cruelle pour certaines des favorites. C’est d’abord la Tchèque Eszter Csillag qui stoppait dès Les Contamines, victime d’ennuis gastriques. C’était ensuite l’Italienne Martina Valmassoi, pas dans le coup, qui jetait l’éponge aux Chapieux, après 50km de course. Emma Pooley, leader en tout début de course, abandonnait également dans la nuit au Lac Combal. L’hecatombe continuait avec l’abandon de l’Espagnole Claudia Tremps à Arnouvaz. Enfin Manon Bohard-Cailler, qui réalisait une très belle course et était passée 2ème à 22 minutes de Courtney Dauwalter à Courmayeur, allait ensuite chuter violemment, se tordre la cheville (sans gravité semble-t-il) et finir par rendre son dossard à La Fouly.
Manon Bohard-Cailler était 2ème avant de chuter lourdement, puis d’abandonner quelques kilomètres plus loin. Photo DR
Blandine L’Hirondel dans l’inconnu
A Courmayeur, à mi-course, Courtney Dauwalter possédait 22 minutes d’avance sur Manon Bohard-Cailler, 26 sur une Blandine L’Hirondel encore en forme et 36 sur la Chinoise Fuzhao Xiang, impressionnante de régularité. En embuscade, l’Allemande Katharina Hartmuth suivait à 5 minutes, attendant son heure.
Katharina Hartmuth a fait une superbe remontée. Photo UTMB 2023
C’est dans la deuxième partie de la course que l’Américaine allait faire le trou, même si elle allait connaître de sérieux soucis d’alimentation. Tout comme Blandine L’Hirondel, qui une fois la barre des 100 kilomètres passés, s’aventurait pour la première fois dans l’inconnu. La Française allait avoir un sérieux coup de mou, en partie dû à des problèmes d’alimentation, et se faire rattraper d’abord par la Chinoise, puis par l’Allemande.
Fuzhao Xiang au ravitaillement, soupe chinoise avec baguettes de rigueur. Photo UTMB 2023
Blandine L’Hirondel passait aux Tseppes, à 25 kilomètres de l’arrivée, avec 8 minutes de retard sur la Chinoise et 13 sur l’Allemande, revenue à la seconde place. Devant, Courtney Dauwalter était déjà dans l’ultime ascension, avec plus d’une heure d’avance, et ne pouvait plus être rattrapée.
Blandine L’Hirondel dans l’inconnu, au-delà de 100km de course. Photo UTMB 2023
3ème UTMB pour Courtney Dauwalter, Blandine L’Hirondel sur le podium
L’incroyable Américaine s’impose finalement dans la douleur à Chamonix avec un chrono de 23h 29mn 14s qui la place 25ème au classement général, elle qui est habituée aux Top 10. Elle se contente cette année d’une modeste 17ème place correspondant à son état de forme bien compréhensible, après les exploits réalisés cet été.
“A chaque fois que nous avons l’opportunité de faire quelque chose de difficile et de complètement fou, nous devrions le faire”, a-t-elle commenté lorsqu’on lui a posé la question de savoir pourquoi elle était venue se challenger sur cette course cette année. En difficulté à la sortie de Champex-Lac, où elle a été à deux doigts de vomir tout ce qu’elle venait de prendre au ravito, Courtney a dû puiser très loin. Elle a commenté : “Je n’en pouvais plus, mon corps n’en pouvait plus. Mais Kevin, mon compagnon, était là, et je savais que ma famille et tout le public m’attendaient sur la ligne d’arrivée, et tout le monde m’a tellement encouragé, le public, les bénévoles… C’est ce qui m’a permis d’aller jusqu’au bout.”
Derrière, si Katharina Hartmuth a assuré sa 2ème place (24h 10mn 52s), Blandine L’Hirondel a pu se refaire une santé et revenir dans les pas de Fuzhao Xiang. Séparées de seulement 2 minutes à la sortie de Vallorcine, Blandine L’Hirondel parvenait à doubler la Chinoise dans la montée de La Flégère avant de filer sur Chamonix pour s’offrir la 3ème marche du podium, moins de 10 minutes après l’Allemande. Une sacrée performance pour une première expérience !
Moins de sourires, plus de grimaces de douleur, mais une persévérance exceptionnelle. Photo UTMB
Il en rêvait, il y est enfin parvenu. Et de la plus belle des manières. Après 4 tentatives infructueuses, Jim Walmsley remporte enfin l’UTMB, devenant le 1er Américain à s’imposer à Chamonix. Une victoire amplement méritée, fruit d’une persévérance et d’une résilience remarquables, qui ne peut que réjouir le monde du trail. Mais que la lutte aura été dure et la course palpitante, avec de nombreux rebondissements, du suspense et des Français exceptionnels.
UTMB 2023 : un plateau élite impressionnant
Il n’en manquait que 3 pour que la fête de cette 20ème édition de l’UTMB soit totale. Kilian Jornet bien sûr, quadruple vainqueur et recordman de l’épreuve, inscrit mais blessé (œdème osseux) et incapable de courir une telle distance sans prendre de gros risques pour son avenir. François D’Haene ensuite, quadruple vainqueur également, qui se remet lentement de sa blessure à la cheville fin 2022. Et enfin Xavier Thévenard, triple vainqueur, toujours aux prises avec sa maladie de Lyme. Mais ces absents n’ont pas fait d’ombre à la formidable ligne de départ, sur laquelle s’alignaient les meilleurs actuels. En tête du box office, 3 hommes : le Britannique Tom Evans, 3ème l’an dernier et vainqueur en juin de la Western States Endurance Run, Jim Walmsley bien sûr, le plus « alpin » des Américains, et Mathieu Blanchard, 2ème l’an dernier derrière l’ « ultra-terrestre » Kilian Jornet.
D’autres noms revenaient parmi les favoris et potentiels candidats au podium, comme l’Américain Zach Miller, 5ème en 2022, l’Espagnol Pau Capell, vainqueur en 2019 en 20h19, le Suisse Jean-Philippe Tschumi, 2ème de la Diagonale des Fous en novembre dernier. Mais aussi l’escadron français composé de Beñat Marmissolle, Thibaut Garrivier, Germain Grangier, Ludovic Pommeret (vainqueur de la TDS 2022) et Arthur Joyeux-Bouillon, qui avait même les faveurs des pronostics de Xavier Thévenard. Sans oublier l’Américaine Courtney Dauwalter, qui après sa 4ème place au scratch sur la Diagonale des Fous 2022 et la Hardrock 100 2023, finira bien un jour par monter sur un podium.
Les élites sur la ligne, à quelques minutes du départ, avec tout à gauche Mathieu Blanchard et tout à droite Pau Capell. Photo Esprit Trail
UTMB 2023 : Jim Walmsley prêt comme jamais
2022 aurait pu être son année, tant il avait réalisé un début de couse exceptionnel, passant au Grand Col Ferret, au 103ème kilomètre, avec 15 minutes d’avance sur Kilian Jornet. Hélas, des problèmes d’alimentation l’avaient plombé ensuite, le faisant rétrograder à la 4ème place. Installé depuis mai 2022 à Arêches-Beaufort, à proximité de son ami François D’Haene, Jim Walmsley ne s’entraîne depuis que pour cet objectif. Ayant appris de ses précédentes courses, il n’a de cesse d’affiner ses stratégies d’entraînement et d’alimentation pour enfin y parvenir.
Parmi les résolutions de Jim Walmsley cette année, il avait prévenu qu’il ne partirait pas en mode missile, comme il a pu le faire par le passé, mais avec sagesse, comme il l’a appris, en essayant de gérer au maximum pour éviter le coup de bambou intempestif dont il est coutumier. « Je veux faire cet UTMB comme j’en ai l’habitude, c’est-à-dire en contrôle, en gérant bien ma course comme je sais le faire, avec une bonne nutrition et des attaques au bon moment. Mais je ne peux pas annoncer que je vais faire un podium en partant à fond devant. Ce serait un trop gros risque et ça ne marche quasiment jamais. »
Le profil de l’UTMB 2023
Résister à la pression
De son côté, Jessica Brazeau, sa femme et supportrice n°1, s’employait à transformer la pression médiatique exceptionnelle autour de Jim en énergie : « Je pense qu’il est prêt. Cette année, avec toute l’énergie générale autour de lui, il est vraiment plus relax que l’année d’avant, où on était tous les deux très stressés. Aujourd’hui, je sens que Jim est très concentré. Il fait plus de blagues, il est plus détendu au quotidien. Il est moins silencieux. Toute son énergie est différente par rapport à l’année dernière. Il est plus prêt mentalement. » Une déclaration qui se traduisait sur la ligne de départ, où l’on a pu voir un Jim Walmsley beaucoup plus détendu que certains de ses adversaires, discutant calmement avec une athlète tandis que Pau Capell, Tom Evans ou Mathieu Blanchard étaient figés, fermés, dans leur bulle.
Jim Walmsley serein, saluant la foule à son arrivée sur la ligne de départ, très applaudi par le public. Photo UTMB
Un début de course prévisible, un trio se détache
Sur une première partie de course très rapide jusqu’au mythique passage de Notre-Dame de la Gorge, au 34ème kilomètre, Tom Evans, Jim Walmsley et Zach Miller ont pris les devants. Arthur Joyeux-Bouillon et Mathieu Blanchard suivaient quelques secondes plus loin, concentrés, tout comme Thibaut Garrivier et Germain Grangier, tandis que Beñat Marmissolle avait le masque des mauvais jours. Ludovic Pommeret, parti bien plus lentement, pointait quant à lui assez loin, à la 57ème place à La Balme, au KM40. Mais avec ce spécialiste des remontadas, difficile d’y voir un signe. Surtout quand on se souvient de sa remontée fantastique de 2016, où il était en perdition dans le col du Bonhomme, prêt à abandonner, avant de l’emporter quelques heures plus tard à Chamonix.
Le groupe de favoris, emmené par Tom Evans et Mathieu Blanchard. Photo UTMB
UTMB 2023 : les abandons de la nuit
Première surprise de taille, l’abandon de Tom Evans à Courmayeur. Victime de crampes violentes, le Britannique a préféré jeter l’éponge. Beñat Marmissolle a également abandonné dans la nuit au même endroit, sans doute insuffisamment remis de sa performance à la Hardrock 100 mi-juillet, où il avait pris une belle 2ème place derrière Aurélien Dunand-Pallaz. Le Basque, qui rêvait d’un tryptique inédit Hardrock 100 / UTMB / Diagonale des Fous, n’ira pas au bout de sa quête.
La surprise Zach Miller au petit matin
Tout le monde attendait de voir quelle stratégie Jim Walmsley allait adopter après la base de vie de Courmayeur, située au KM 81. C’est là, en effet, que l’on dit que « commence la course ». Les meilleurs ont alors pas loin de 9 heures de course dans les jambes, il est aux environs de 2h30 du matin et le bloc de remontée vers Arnouvaz puis le Grand Col Ferret, point culminant de la course à 2534m d’altitude, fait figure d’épouvantail. L’an dernier, c’est sur cette portion que l’Américain avait placé son attaque, pour distancer Kilian Jornet de 15 minutes avant de connaître le passage à vide que l’on sait.
Et c’est de l’étonnant Zach Miller qu’est venue la surprise. Parti en même temps que Jim Walmsley de Courmayeur, le petit moustachu américain, connu pour sa façon très « inattendue » de s’alimenter en course (il mange de tout, un peu n’importe quand) et même de courir (il est capable d’accélérer puis de ralentir de façon apparemment décousue), a fait le spectacle. Se détachant petit à petit, il passait au sommet du Grand Col Ferret avec 4 minutes d’avance sur Jim Walmsley, tandis que le 3ème, Germain Grangier, était distancé à 13 minutes.
Zach Miller, héroïque dans la nuit. Photo UTMB
Incroyable : Germain Grangier reprend Jim Walmsley à Champex-Lac, Zach Miller s’envole
Contre toute attente, non seulement Jim Walmsley ne parvenait pas suivre Zach Miller dans la très longue descente vers La Fouly, plutôt favorable à ses grandes foulées, puis la remontée vers Champex. Il se faisait même rejoindre par Germain Grangier, étonnant de facilité. Les 2 hommes arrivaient au coude à coude à la base de vie de Champex-Lac, avec 11 minutes de retard sur Zach Miller. Sans s’affoler, Jim Walmsley prenait le temps de changer de chaussures et de tee-shirt, troquant son maillot noir pour un plus clair en prévision du soleil et de la chaleur, avant de repartir derrière Grangier, qu’il reprenait immédiatement. Allait-il se refaire une santé et pouvoir revenir sur Zach Miller ? Le suspense était total.
Sortie de Champex-Lac, Germain Grangier sur les talons de Jim Walmsley, reboosté par ce retour inattendu. Photo Stéphane Demard / Esprit Trail
Le coup d’éclat de Jim Walmsley
« C’est avec le soleil que Jim Walmsley retrouve la forme. » Cette phrase, entendue ça et là dans les commentaires des spécialistes, allait devenir le mantra de sa victoire. Piqué au vif par le retour de Grangier, JimWalmsley allait se refaire une santé en direction de La Giète pour combler son retard sur Zach Miller, pourtant toujours régulier. Au ravito de La Giète, le moustachu de la team The North Face ne comptait plus qu’une minute d’avance sur son compatriote du team Hoka, qui fondait sur lui. Et ce qui devait arriva : Jim Walmsley reprenait la tête dans la descente vers Trient pour passer au ravito avec 2mn30 d’avance sur un Zach Miller résigné. Germain Grangier, de son côté, avait concédé 14 minutes, mais pouvait toujours espérer revenir sur Miller.
Jim Walmsley de nouveau leader. Photo UTMB
Les 4 Français Fantastiques
Derrière ce trio de tête, qui sauf accident composerait le podium à l’arrivée, les Français étaient éclatants de panache. Arthur Joyeux-Bouillon, Mathieu Blanchard, Ludovic Pommeret et Thibaut Garrivier pointaient aux 4, 5, 6 et 7èmes places à La Giète (KM 138), séparés de seulement 3 petites minutes. La lutte pour les places d’honneur promettait d’être intense, tandis que d’autres Tricolores brillaient également, avec Baptiste Chassagne en 10ème position à Champex-Lac, Clément Desille en 15ème et Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, en 16ème position. Quant à Courtney Dauwalter, elle continuait sa remontée, mais pointait à la 19ème place, beaucoup trop loin pour espérer rentrer dans le Top 10.
Arthur Joyeux-Bouillon, grand animateur de la course côté français, longtemps 4ème avant de céder en fin de parcours. Photo UTMB
Vallorcine : un ravito express avec François D’Haene
Aux Tseppes, après 147 kilomètres de course, et à moins de 25 kilomètres de l’arrivée, Jim Walmsley pouvait commencer à savourer son succès. Il venait de réaliser une superbe montée très rythmée dans les pentes à parfois plus de 25% et passait en tête au sommet, avec 9 minutes d’avance sur Zach Miller et 20 sur Germain Grangier. Sans se départir, il continuait avec une foulée impressionnante pour foncer dans la descente vers Vallorcine, creusant un écart de plus en plus conséquent. Moment émouvant, sur ce dernier ravitaillement, au lieu d’être assisté par sa femme, c’est son mentor et ami François D’Haene qui était présent.
Un ravito express, Jim debout, une accolade chaleureuse, et il repartait vers La Flégère, dernière difficulté du parcours avant le plongeon vers l’arrivée. Avec, en tête, les mots prononcés par le quadruple vainqueur de l’UTMB : “Don’t take any risk now” (Ne prends aucun risque maintenant). Il en ressortait avec 14 minutes d’avance sur Zach Miller et 24 sur Germain Grangier, et 16 kilomètres à parcourir. De quoi voir venir…
À Vallorcine, l’assistance et l’accolade de François D’Haene. Photo DR
La consécration pour Jim Walmsley
Creusant sans cesse l’écart sur ses poursuivants, Jim Walmsley prouve enfin qu’il a adopté la bonne stratégie en dosant son effort de bout en bout. Après avoir laissé partir Zach Miller et avoir accepté le retour de Germain Grangier, l’Américain a fait preuve de lucidité en maîtrisant ses émotions sans se laisser abattre. Sûr de ses forces, il a pu maintenir un rythme soutenu là où les autres ont fini par faiblir. L’émotion était palpable au passage du dernier ravitaillement, à La Flégère, où une foule immense était venue l’acclamer. Après 19h00 de course, il pouvait enfin plonger vers Chamonix et la ligne d’arrivée. Zach Miller le suivait à 23 minutes, et Germain Grangier à 33 minutes. Ils ne pouvaient plus être rejoints et n’avaient plus qu’a assurer leur 2ème et 3ème places sur le podium.
2 Américains et un Français, le podium de cet UTMB 2023. Photo Stéphane Demard / Esprit Trail
Il s’impose finalement en 19h 37mn 43s et peut enfin laisser éclater son bonheur. Son chrono, exceptionnel, ne peut cependant être comparé à celui de Kilian Jornet l’an dernier (19h 49mn 32s), car le parcours a été modifié au dernier moment, avec le passage de La Tête aux Vents tronqué. Les spécialistes estiment que ce tracé a permis un gain de temps de 20 à 30 minutes par rapport au parcours complet de 2022. Mais cela n’enlève rien à l’exploit de l’Américain. Gagner l’UTMB, c’est enfin fait. Et pour l’édition anniversaire des 20 ans, en prime ! Champion à jamais.
Jim Walmsley, gagnant de l’UTMB 2023. Photo Instagram Jim Walmsley / DR
Magnifique tir groupé des Français
C’est un Mathieu Blanchard extrêmement déçu, en larmes, qui termine au pied du podium, acclamé par la foule. Son chrono : 20h 54mn 25s. Lui qui y avait tant cru, donné favori après sa 3ème place de 2021 et sa seconde place de 2022, devra digérer cette 2ème déconvenue, après celle de la Western States Endurance Run, et certainement se pencher sur ses choix de préparation pour la saison prochaine, après une année 2022 un peu folle.
Ludovic Pommeret prend la 5ème place en 21h 00mn 54s, tandis que son compère de la team Hoka Thibaut Garrivier termine 6ème. L’Américain Tyler Green et l’Allemand Hannes Namberger prennent les 7ème et 8ème places. Arthur Joyeux-Bouillon, 9ème, et Baptiste Chassagne, 10ème, complètent le Top 10. 6 Français dans les 10 premiers, un résultat inespéré.
La première édition de la finale du circuit UTMB World Series dans la catégorie 50K a permis d’assister à un spectacle exceptionnel sur les 55km et 3500m D+ de l’OCC. Oublié les mauvaises conditions météo de la TDS, tout était réuni ce 31 août pour offrir aux coureurs de bonnes conditions de course entre Orsières, Champex et Chamonix. De quoi permettre au plateau élite de haut niveau de livrer une bataille de toute beauté et d’offrir un podium éclectique et brillant.
Résultat OCC Hommes : le champion du monde Stian Angermund en mode remontada
Dès le départ à Orsières, les spectateurs ont pu savourer une course très rapide. La bataille a été intense entre les favoris avant d’être tenus en haleine avec un final comme on les aime dans le trail running. Parti comme une balle de fusil, le Chinois Yousheng Guan comptait 2 minutes d’avance sur ses poursuivants à Trient, après 23 kilomètres de course. Mais en l’espace de 6 kilomètres, le favori Norvégien Stian Angermund (UTMB Index 935), champion du monde de trail court à Innsbruck en juin dernier, opérait une spectaculaire remontada pour le rattraper et lui mettre 2 minutes au passage du Col de Balme.
Gérant ensuite son avance, Stian Angermund franchissait la ligne en 04h 42mn 40s., signant sa 2ème victoire sur cette OCC après celle de 2019. La bataille pour la deuxième place a été intense entre le Chinois et l’Italien Francesco Puppi, dont c’était la première apparition à Chamonix. Ce dernier, 6ème des championnats du monde de trail court et vainqueur du Lavaredo 50K en juin, remporte le duel et monte sur la deuxième marche du podium, un peu plus de 2 minutes après le vainqueur. Craquant sur la fin, le Chinois laisse sa place sur le podium au jeune Espagnol Antonio Martinez Perez, déjà 2ème en 2022, qui termine sur les talons de Francesco Puppi, à peine 30 secondes après l’Italien.
Résultat OCC Hommes : la réaction de Stian Angermund
Stian Angermund revient sur sa course : « Quand j’ai vu les athlètes au départ, je me suis dit que la course allait être difficile. J’espérais gagner, c’était plus un désir qu’une certitude, mais avant tout je voulais donner le meilleur de moi-même. Gagner devant Francesco et Antonio c’est un grand rêve car ce sont de grands champions. Je ne pensais pas être aussi rapide sur ce parcours qui est différent de celui de 2019. »
Côté tricolore, le meilleur Français est Anthony Felber, qui termine à une très belle 7ème place, à 13 minutes du vainqueur. Arnaud Bonin termine 16ème.
Photo Organisation
Résultat OCC Femmes : Toni McCann au paradis
Chez les femmes, au terme d’une course effrénée sur les 55 km du parcours et 3 500 m d+, c’est finalement la Sud-Africaine Toni McCann (UTMB Index 765) qui franchit la ligne d’arrivée la première. 5ème en 2022, 14ème en 2021, elle avait les larmes aux yeux après cette performance exceptionnelle. Elle a mis 05h 18mn 21s pour rejoindre Chamonix et prendre la 22ème place au général. Comme chez les hommes, la compétition était au rendez-vous avec une belle bataille pour la deuxième place. L’Américaine Katie Schide (UTMB Index 796), vainqueure de l’UTMB en 2022, s’impose finalement en 05h 26mn 25s devant la Chinoise Miao YAO (UTMB Index 782), qui termine moins d’une minute plus tard.
Encore sur le coup de l’émotion, la toute nouvelle gagnante raconte : « Très honnêtement, je suis sans voix, nous rêvons tous de passer cette arche finale en premier. C’est irréel, un rêve qui se réalise. Katie [Schide] a commencé très fort mais j’ai compris que je pouvais véritablement gagner cette course à La Flégère. J’ai eu la sensation de voler dans la descente, mais on ne sait jamais ce qu’il peut se passer sur ce type de distance. Je suis tellement heureuse ! »
Et Katie Schide d’ajouter : « C’est ma cinquième course UTMB en tout, c’est toujours aussi incroyable de terminer ici, à Chamonix, entourée de ce public incroyable et de cette ambiance si particulière. »
2 Françaises terminent dans le Top 10 : Candice Fertin 7ème en 5h 41mn 39s et Louise Serban-Penhoat 8ème en 5h 44mn 41s.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Stian-Angermund-OCC.jpg507842Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-09-01 00:07:262023-09-01 00:07:33Résultat OCC : Stian Angermund et Toni McCann font la loi
On l’annonçait terrible, elle a été terrible ! La TDS, ou Trace des Ducs de Savoie millésime 2023 a consacré des guerriers dans des conditions météo exécrables. Chez les hommes, le Canadien Christian Meier s’impose en patron. Chez les femmes, Maryline Nakache l’emporte après une remontée fantastique.
Résultat TDS : le Canadien Christian Meier au bout de l’enfer
Il fallait être très motivé pour prendre le départ de la TDS, dans la nuit du 28 au 29 août. L’organisation avait pris les devants, en activant le « Kit mauvais temps ». Il n’en fallait pas moins ! Froid, pluie, neige à partir de 2000 mètres, une sorte d’enfer était promis aux 1649 concurrents qui s’élançaient pour 145km et 9100m D+ entre Courmayeur et Chamonix. Avec, dès les premiers kilomètres, deux montées terribles et un passage à 2581 mètres.
Dans ces conditions extrêmes, c’est le Canadien Christian Meier qui a tiré son épingle du jeu. Parti raisonnablement, l’ancien cycliste professionnel a pris les commandes à la mi-course et ne les a plus lâchées. Il s’impose en 19h 36mn 35s. Il devance le Suédois Simen Hjalmar Wästlund, qui avait abandonné en 2021, de 20 minutes. Belle performance des Tricolores avec la 3ème place de Yannick Noël en 20h 18mn 02s et la 4ème place de Jean-Marie Thévenard, petit frère de Xavier, en 20h 29mn 53s. À noter que le champion du monde de trail long Benjamin Roubiol, engagé de dernière minute, a abandonné après 70km de course.
Christian Meier déterminé.
Résultat TDS : Maryline Nakache époustouflante
Mais où s’arrêtera-t-elle ? Sur un parcours qu’elle découvrait, Maryline Nakache a réalisé la course parfaite. Partie très prudemment (elle n’était que 7ème féminine à Bourg-Saint-Maurice, au KM 51, avec plus d’une demi-heure de retard sur la première concurrente), elle ne s’est pas affolée et a géré sa course. Encore à près de 40 minutes de la tête de course à Beaufort (KM 98), l’athlète du team Cimalp a ensuite effectué une impressionnante remontée. En 15 kilomètres, elle a repris 35 minutes pour passer au col de Very (KM 112) avec seulement 4 minutes de retard sur Fiona Porte, qui caracolait en tête depuis le départ.
Maryline Nakache s’impose en 23h 37mn 57s, 21ème au scratch. Après avoir dompté les chaleurs extrêmes pour s’imposer en avril sur le Marathon des Sables, elle a maîtrisé le froid pour franchir la ligne d’arrivée de la TDS en tête. 6ème de l’UTMB en 2021, 5ème de la CCC en 2019, elle monte enfin sur son premier podium à Chamonix. Et sur la plus haute marche. Elle prend au passage sa revanche sur FionaPorte, qui l’avait devancée il y a quelques semaines sur le La Sportiva Lavaredo Ultra Trail by UTMB. Fiona Porte, qui avait abandonné en 2022, conserve sa 2ème place au courage, à 30 minutes de la gagnante. Flavie Bruyneel, autre athlète du team Cimalp, monte sur la 3ème marche du podium, en 24h 26mn 14s.
Maryline Nakache, tout en gestion de course. Capture écran.
Première des courses de la semaine UTMB 2023, la MCC, format marathon avec 2300m D+ entre Martigny en Suisse et Chamonix, a été remportée par Simon Paccard. Chez les femmes, la championne du monde de trail court Clémentine Geoffray a survolé les débats.
MCC 2023 : Simon Paccard et la jeunesse au pouvoir
Il faisait froid. Ils ont vu de la neige. Ils étaient loin de leur zone de confort. Pour cette première course de l’UTMB 2023, la météo n’a pas été clémente. Mais le spectacle a été au rendez-vous. Dans ces conditions, c’est le jeune Simon Paccard, 23 ans, du team Sidas Matryx, qui tire son épingle du jeu. Il s’imposant en 3h 20mn 52s. Le vainqueur du Sierre-Zinal Junior en 2019 avait déjà brillé sur l’YCC à Chamonix en 2021, en terminant à la 3ème place.
Il devance d’un peu plus d’une minute un « revenant », Clovis Chaverot, de retour après quelques mois d’absence dus à une fracture de fatigue. Sa victoire début août sur le Méribel Trail est confirmée de la plus belle des manières par ce podium. Et c’est un autre tout jeune athlète, Fleury Roux, qui termine 3ème, 30 secondes à peine après Chaverot. 2ème du Championnat du Canigo début août, il montre que sur ces formats les jeunes Français sont désormais bien installés.
Photo UTMB / DR
MCC 2023 : Clémentine Geoffray largement devant
Dans la course féminine, la championne du monde de trail court à Innsbruck a une nouvelle fois assuré. Elle s’impose en 3h 47mn 02s et prend la 24ème place au scratch. Clémentine Geoffray devance de 10 minutes l’Espagnole Virginia Perez Mesonero, déjà 2ème il y a quelques semaines sur le trail Verbier Saint-Bernard. Mathilde Coulon, gagnante de l’EDF Trail Cenis Tour début août, confirme sa belle forme en prenant la 3ème place, en 4h 05mn 37s.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Simon-Paccard.jpg7161200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-29 10:10:022023-08-29 10:10:04Résultat UTMB 2023 : la MCC pour Simon Paccard et Clémentine Geoffray