Belle, technique, sauvage, exigeante, la TDS ou Trace des Ducs de Savoie, se mérite. Cette année encore, avec des conditions météo compliquées et un kit “mauvais temps” activé, la course s’annonce épique et plus que jamais ouverte. Voici les principaux favoris.
TDS 2023 : Benjamin Roubiol invité de dernière minute
Chez les hommes, un invité de dernière minute vient prendre la première place au classement UTMB Index (889). Il s’agit ni plus ni moins du champion du monde de trail long, Benjamin Roubiol. Après son abandon sur l’Ultra de la Restonica, alors qu’il était en plein duel avec le Corse (et futur vainqueur) Lambert Santelli, Roubiol aura pour principaux concurrents tricolores le Chamoniard Grégoire Curmer (Index 856), qui courra sur ses terres, et le récent vainqueur de l’Ultra-Trail Snowdonia by UTMB, Yannick Noël (Index 856). Thibault Marquet (Index 856) complète la liste des espoirs français pour succéder à Ludovic Pommeret.
Face à eux, la concurrence internationale sera rude avec notamment le Chinois Canhua Luo (Index 877), second de la Canyons Endurance Runs by UTMB fin avril, et l’Espagnol Cristofer Clemente (Index 862) qui accumule les podiums de courses en courses, avec encore très récemment une troisième place début août sur la KAT 100 by UTMB, en Autriche.
Le froid et la neige s’invitent sur la TDS. La course promet d’être épique. Photo UTMB / DR
TDS 2023 : Fiona Porte, Maryline Nakache et Lucie Jasmin en pole
Chez les dames, l’Italienne Giuditta Turini et Fiona Porte partagent le meilleur UTMB Index (Index 747). Déjà deuxième en 2021, la championne italienne part peut-être avec un avantage sur la Française, qui s’est également déjà frottée à ce parcours en 2022 mais avait abandonné en 2022. D’autres sérieuses candidates pourraient leur donner du fil à retordre, et en particulier la très expérimentée Maryline Nakache (Index 735), récente 2ème du La Sportiva Lavaredo Ultra Trail by UTMB derrière Fiona Porte. Il faudra également compter sur Lucie Jamsin (Index 730) et l’Italienne Agnese Valz Gen (Index 722), 7ème de la CCC 2021.
Une Polonaise, une Américaine, et une Autrichienne pourraient venir jouer les trouble-fête. Polina Krawczka (Index 721), qui a fini aux portes du Top 10 sur l’UTMB l’année dernière aura à cœur de briller. Sarah Keyes (Index 720), qui avait déjà tenté l’expérience UTMB en 2018 mais était restée sur un abandon, revient avec de belles ambitions. Enfin Estelle Fellhofer (Index 718), avec 4 victoires cette saison, dont le Trail 100 Andorra by UTMB et la KAT 100 by UTMB, aura certainement son mot à dire.
TDS 2023 : Kit mauvais temps activé
Les témpératures extrêmement froides en altitude, combinées aux potentielles précipitations et au vent, rendent le « kit mauvais temps » obligatoire en plus du kit de base. Selon les prévisions météo, la limite pluie neige sera aux alentours des 2 100 m. Le danger d”hypothermie sera bien réel. Pour avoir toutes les chances de passer sous l’arche d’arrivée, les coureurs sont invités à prendre l’ensemble du matériel obligatoire et à prévoir du rechange dans leurs sacs d’allégements. En revanche, aucun changement de parcours n’a été prévu pour l’instant, mais cela pourrait changer selon l’évolution de la situation.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/TDS-2023-open.png6561200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-28 10:46:522023-09-04 08:40:10TDS 2023 : qui pour succéder à Ludovic Pommeret et Martina Valmassoi ?
Avec un chrono de 2h 34mn 22s, Sylvain Cachard a établi la meilleure performance française de l’histoire de Sierre-Zinal, lors de la 50ème édition de la plus renommée des courses en montagne, 4ème étape des Golden Trail World Series 2023. Parti un peu moins rapidement qu’en 2022, 15ème en haut de la montée, il a su parfaitement gérer son effort pour finir en trombe et échouer au pied du podium, derrière les 3 flèches kényanes. Dans une vidéo passionnante, Mathieu Delpeuch décrypte en compagnie du coureur et de son coach Nicolas Martin tout le processus qui a mené à ce formidable résultat, nombreuses données d’entraînement à l’appui.
Un début de saison en demi-teinte
Le principal objectif de début de saison de Sylvain Cachard était de se qualifier pour les Championnats du Monde de Trail Court d’Innsbruck, au mois de juin. Pour cela, il devait impérativement être dans les 2 premiers au Championnat de France de Trail Court de la Cité des Pierres, à Montpellier. Hélas, tout ne se passa pas comme souhaité. Sur ce format de 30 km et 1500m D+, Sylvain Cachard mena jusqu’au 20ème kilomètre, avant de connaître une grosse défaillance. Thibaut Baronian s’imposa en solitaire, devant Loïc Robert et Thomas Cardin. Sylvain Cachard, 11ème seulement à près de 7 minutes du vainqueur, pouvait dire adieu à sa sélection en bleu.
Sylvain Cachard à la recherche de LA course référence
Spécialiste des efforts courts, très performant sur des formats de 1h à 2h00, Sylvain Cachard cherchait depuis longtemps à conserver le niveau de performance qui lui avait permis d’être champion d’Europe de course en montagne en 2022 sur des formats plus longs, entre 2h30 et 4h de course. C’est à la mi-mai, son échec à se qualifier pour les championnats du monde de trail d’Innsbruck digéré, qu’il a pris pour objectif la course Sierre-Zinal, et orienté sa préparation avec l’aide de Nicolas Martin. « Au fil des ans et à l’aide de mes coachs, j’ai appris à mieux me connaître, raconte Sylvain Cachard. Mais j’avais besoin de plus que des plans d’entraînement à suivre à la lettre, j’avais besoin d’échange, d’accompagnement. C’est ce que j’ai trouvé avec Nicolas Martin. »
Photo Golden Trail World Series / Sierre-Zinal 2023 / Martina Valmassoi
Préparation Sierre-Zinal : l’entraînement en altitude
Très vite, Sylvain Cachard et Nicolas Martin ont compris que pour performer sur Sierre-Zinal, cette course de 31km, avec ses 2200m de D+ et 1100m de D- et surtout une très longue section du parcours se déroulant à une altitude moyenne de 1800 mètres, il fallait s’acclimater à l’altitude. C’est au cours de 2 stages en montagne de 3 semaines, l’un en Italie, l’autre dans les Pyrénées, à Font-Romeu, que le Français a effectué des séances spécifiques destinées à le mettre sur de bons rails. Avec un choix très précis : travailler à l’allure de course, et non à son allure d’entraînement habituelle, légèrement plus rapide, afin d’être capable de tenir sur la durée de l’épreuve.
Le décryptage des séances effectuées, analysées par Nicolas Martin dans la vidéo de Mathieu Delpeuch, est à ce titre très intéressant. Il montre une méthode précise, suivie à la lettre par l’athlète, afin d’optimiser sa forme et d’être au rendez-vous le jour J.
Sierre-Zinal 2023 : Sylvain Cachard à quelques mètres du podium
Les dernières minutes de la vidéo retracent la course de Sylvain Cachard, avec à la fois le ressenti de l’athlète et l’analyse de Nicolas Martin via les statistiques. Parti plutôt prudemment, l’athlète du team Hoka avoue avoir eu un coup de mou dans la montée, après une demi-heure de course, mais ses stats montrent qu’il ne s’est pas désuni et qu’il a sur parfaitement gérer ce passage à vide. Arrivé en haut de la montée en 15ème position, avec plus de 30 secondes de retard sur son chrono référence, il ne s’affole pas et réalise au contraire qu’il n’est pas trop entamé. Capable d’allonger, il commence sa remontée, jusqu’à revenir dans la descente sur le 3ème. Hélas, dans le final plus favorable au Kényan, il devra s’incliner. 4ème en 2h 34mn 22s, meilleure performance française de l’histoire de Sierre-Zinal, Sylvain Cachard a réussi son pari.
Les 5 premiers de l’édition 2023. Photo Golden Trail World Series / Sierre-Zinal 2023 / the.adventure.bakery
Sylvain Cachard à Sierre-Zinal, tous les secrets : la vidéo de Mathieu Delpeuch
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Cachard-Photo-Golden-Trail-World-Series-Sierre-Zinal-The-Adventure-Bakery_DSC2829.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-28 01:00:002023-08-26 20:02:04Record français de Sylvain Cachard à Sierre-Zinal : comment a-t-il fait ?
Que d’eau, que d’eau ! C’est dans des conditions météorologiques compliquées, avec des orages nocturnes violents et sous des trombes d’eau, que se sont en partie déroulées les épreuves du Grand Raid des Pyrénées 2023, dont certaines ont même été neutralisées. Sur le format ultra, le Portugais Guilhermo Lourenço a contrôlé jusqu’au bout, tandis que Céline Finas a littéralement survolé la course. Journée « terriblement angoissante ! », a commenté pour sa part Sylvaine Cussot, 4ème du 80km du Tour des Lacs.
Ultra Tour 160 : deux voyageurs solitaires
164km et 9943m D+
Même si les écarts à l’arrivée sont bien différents, le scénario de la course messieurs a été le même que celui de la course femme : des voyages en solitaires. Parti en tête dès le départ, le Portugais Guilhermo Lourenço n’a jamais faibli et a su garder son petit matelas d’une vingtaine de minutes d’avance tout au long des presque 24 heures de course. Il s’impose en 23h 54mn 16s. Il devance de 23 minutes Matthieu Durand. Bien plus loin, Hugo Huberdeau monte sur la 3ème marche du podium, à plus de 2h11 du vainqueur, et 3 petites secondes devant Rémi Gillie, 4ème.
Guilhermo Lourenço, vainqueur de l’Ultra Tour, lors des reconnaissances. Photo Facebook / DR
Même topo chez les femmes, où Céline Finas a également mené de bout en bout pour s’imposer en 31h 33mn 25s. 19ème au scratch, elle devance très largement l’Italienne Marta Poretti, reléguée à plus de 2h18. Guislaine Verrier complète le podium, à plus de 5 heures de la gagnante.
Céline Finas de bout en bout. Photo Noemie Finas / DR
Tour des Cirques : des victoires à l’endurance
121km et 7116m D+
Si la victoire de Baptiste Hagneré a mis un peu de temps à se dessiner, elle n’en est pas moins belle. Accompagné dans la première partie de course par Aurélien Jacouto, il s’est véritablement détaché à l’approche de Gavarnie pour s’imposer en 16h 59mn 04s. Jacouto a quant à lui été rejoint par Robin Coinus, vainqueur de l’Ultra Tour 2022, au ravito de Luz Saint-Sauveur, les deux hommes terminant ensemble avec 1h20 de retard sur le vainqueur.
Chez les femmes, la victoire d’Aurélie Morisaux a été un peu plus longue à devenir une évidence. Longtemps talonnée par Lorenne Bouaidat (2 minutes d’écart à Gavarnie), elle s’est réellement détachée après avoir effectué un très long arrêt à la base de vie de Luz Saint-Sauveur (19 minutes). Ressortie avec seulement 6 minutes d’avance sur sa poursuivante, elle s’impose en 24h 36mn 31s et devance finalement de 33 minutes Lorenne Bouaidat. Delphine Alles termine 3ème à 1h40 de la gagnante.
Le podium du tour des Cirques. Photo GRP
Tour des Lacs : les favoris assurent
80,2km et 5163m D+
C’est dans les 2 premières heures de course que le favori Maxime Cazajous a construit sa victoire. En tête à La Mongie, il comptait 5 minutes d’avance sur son poursuivant Pierre Pagnoux. Personne ne reviendrait sur lui. Il s’impose en 9h 14mn 45s. Il devance de 18 minutes Mathieu Colzato, tandis que c’est au finish que Paul Iratzoquy prend la 3ème place, 7 secondes seulement devant son compère du club Esclops d’Azun Pierre Pagnoux, rattrapé sur la fin, à bout de forces.
Dans la course féminine, Virginie Alleaud n’aura pas non plus fait durer le suspense très longtemps. Après un départ canon et sous des trombes d’eau de Sylvaine Cussot, passée en tête au premier pointage, elle a pris le large dès La Mongie pour ne plus jamais être rattrapée. Elle s’impose en 12h 07mn 23s. Elle devance de 8 minutes une Pauline Grardel revenue très fort sur la fin et de près de 11 minutes Sophie Barrère, qui était pourtant deuxième depuis La Mongie. À noter la 4ème place de Sylvaine Cussot, qui sur les réseaux sociaux, juste après avoir récupéré sa médaille de finisher, a commenté sa journée en 2 mots : « Terriblement angoissante ! »
Sylvaine Cussot après une journée pour le moins éprouvante. Photo Instagram Sissi Cussot
Tour du Moudang, les podiums
62,9km et 3608m D+
Victoire de Julien Lacomme en 7h 36mn 59s, avec seulement 4mn28 d’avance sur Alexandre Beaufils. Marceau Faget termine 3ème, à 17 minutes.
Chez les femmes, Aurore Dacier s’impose largement. Elle devance de plus d’1h15 les sœurs britanniques Natalie et Valérie Wong, séparées de 3 petites secondes.
Si Courtney Dauwalter, double vainqueure de l’UTMB (2019, 2021) est largement favorite de cet UTMB 2023, on suivra avec attention son duel avec Blandine L’Hirondel, double championne du monde de trail, vainqueure de la CCC 2022, qui s’attaquera le 1er septembre à son premier 100 miles.
UTMB 2023 : Courtney Dauwalter pour un triplé historique ?
Après une saison déjà exceptionnelle, où elle s’est imposée sur les 2 ultras les plus renommés des États-Unis, la Western States Endurance Run et la Hardrock 100 trois semaines plus tard, Courtney Dauwalter pourrait rentrer dans l’histoire en décrochant une troisième victoire sur le tour du Mont-Blanc, après celles de 2019 et 2021. Elle deviendrait alors la première athlète à remporter les 3 courses la même année, un exploit que de nombreux spécialistes jugeaient impossible à réaliser, les temps de récupération entre les différentes épreuves étant très réduits.
Nouveau record sur la Western States Endurance Run, en juin dans le Colorado. Photo WSER
UTMB 2023 : Blandine L’Hirondel dans l’inconnu
Le 1er septembre prochain, la double championne du monde Blandine L’Hirondel, 2ème meilleure cote UTMB des participantes, prendra le départ de son premier 100 miles. Gagnante de l’OCC en 2021, de la CCC en 2022, la Française n’a plus couru sur une distance supérieure à 60 km depuis sa victoire sur le parcours de 69km de l’Istria 100 by UTMB, en avril dernier. Elle reste surtout sur une terrible déception lors des championnats du monde de trail long à Innsbruck, début juin, où elle avait été contrainte à l’abandon sur blessure. S’il y a de grandes chances qu’elle parte prudemment, on peut légitimement s’interroger sur sa capacité à aller au bout de cette très longue épreuve, tous les traileurs étant unanimes à dire qu’au delà de 100 kilomètres, on entre dans un autre monde.
« Je pars dans l’inconnu, dans une nouvelle discipline et je n’ai aucune idée de la façon dont mon corps va réagir et comment je vais gérer tous les paramètres inconnus que je vais rencontrer, a déclaré Blandine L’Hirondel il y a quelques jours. Mais je me suis donné les moyens d’être aussi préparée que possible, c’est déjà une victoire personnelle, et j’en suis fière. »
Blandine L’Hirondel à l’arrivée de la CCC 2022. Photo UTMB
UTMB 2023 : qui pour battre Courtney Dauwalter
Si la maîtrise de l’Américaine semble totale sur ce parcours, elle ne sera pas à l’abri d’un coup de fatigue, surtout après avoir couru (et remporté) 2 ultras en juin et juillet. Courtney Dauwalter avait d’ailleurs souligné qu’elle avait eu des passages à vide et qu’elle avait souffert durant la Hardrock 100, mi-juillet. Sera-t-elle suffisamment remise pour avaler les 171 kilomètres et 10000m D+ de cette boucle autour du Mont-Blanc ? Sa connaissance du terrain sera certes un atout, mais il lui faudra se méfier de la concurrence.
Parmi les candidates au podium figure ainsi l’expérimentée Néo-Zélandaise Ruth Croft, gagnante de la WSER 2022 et de la CCC en 2015. Il faudra également compter sur l’Allemande Katharina Hartmuth, gagnante de l’Eiger Ultra-Trail mi-juillet et 3ème de la TDS l’an dernier, l’Italienne Martina Valmassoi, vainqueure de la TDS 2022, ou encore la Hongroise Eszter Csillag, 5ème de la dernière édition de l’UTMB. Sans oublier, côté français, la médaillée de bronze des championnats du monde de trail long, Manon Bohard Cailler, vainqueure du MIUT en avril dernier et de la TDS en 2021, qui avait été contrainte à l’abandon l’an dernier.
UTMB 2019 : retour sur la première victoire de Courtney Dauwalter
Photo UTMB
Après Krissy Moehl (2003 et 2009), Nikki Kimball (2007) et Rory Bosio (2013 et 2014), Courtney Dauwalter remporte avec autorité l’UTMB 2019. Favorite, elle a concrétisé avec panache en s’imposant nettement au bout de 24h 34mn d’efforts. Spécialiste de la Western States Endurance Run, elle décroche une très belle 21ème place au scratch d’une course remportée par l’Espagnol Pau Capell, auteur d’un solo magistral. Après le début de course affolant de la Chinoise Miao Yao, l’Américaine a repris les commandes dans la nuit au Refuge Bonatti, pour assumer ensuite de sa foulée économique la difficile position de leader. La Chinoise abandonnait après le Grand Col Ferret, victime de troubles oculaires.
Derrière Courtney, la Suédoise Kristin Berglund a pris la 2e place. L’Espagnole Maite Maiora-Elizondo complète le podium, après que l’autre Suédoise Mimmi Kotka ait été victime d’une blessure et que l’Anglaise Beth Pascall ait subi une grosse défaillance dans les derniers kilomètres, alors que toutes deux semblaient pouvoir envisager le podium. Katie Schide termine à la 6ème place pour sa première expérience sur la distance. Elle l’emportera en 2022.
Courtney Dauwalter à l’arrivée de son premier UTMB, en 2019. Photo UTMB
UTMB 2021 : la chevauchée fantastique de Courtney Dauwalter
Impressionnante de facilité, l’Américaine s’impose pour la 2ème fois à Chamonix, moins de 2 heures après François D’Haene, vainqueur de son 4ème UTMB. Avec un chrono de 22h 30mn, elle termine 7ème au scratch, comme Rory Bosio en 2013, dont elle bat le record féminin de l’épreuve de 7 minutes. Derrière l’Américaine, la jeune Française Camille Bruyas réussit merveilleusement son baptême du feu sur l’événement, en terminant à la 2ème place. La Française toujours présente aux avant-postes est revenue sur la Suédoise Mimmi Kotka durant la deuxième partie de course pour terminer en 24h 09mn, à la 16ème place du scratch. Mimmi Kotka complète ce podium très international en 25h 08mn mais dans la douleur, le prix à payer pour rentrer dans la légende de l’ultra-trail.
Courtney Dauwalter lors de l’UTMB 2021. Photo Franck Oddoux
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Courtney-Dauwalter-Blandine-LHirondel-open.png6341200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-21 12:01:082023-09-04 08:40:40UTMB 2023 : Courtney Dauwalter /Blandine L’Hirondel, le combat des reines
Envie de découvrir la Toscane en traversant les collines et les châteaux de Chianti cernés de vignobles ? Bonne nouvelle, le 23 mars 2024 se tiendra la première édition d’une nouvelle épreuve labellisée UTMB. 4 distances seront au programme. Présentation.
Ultra Trail Chianti Castles, 103km et 4200m D+
Plus de 100 kilomètres vous attendent pour cette boucle étonnante à travers l’histoire et les vignobles du Chianti. L’aventure débute dans le très beau village médiéval de Radda in Chianti, dans la province de Sienne. Les 40 premiers kilomètres offrent des paysages somptueux, avec un tracé serpentant à travers les collines pittoresques ornées de vignobles du Chianti siennois. La seconde moitié présente quant à elle des ascensions difficiles sur sentier plus accidenté. Tout d’abord vers le Monte Luco, puis vers le Monte San Michele (893m), également appelé Monte del Chianti, car c’est le plus haut sommet de la région. Le long de ce parcours, vous rencontrerez 25 châteaux appartenant à l’ancienne Ligue du Chianti.
Photo Organisation Chianti Ultra Trail by UTMB
Chianti Ultra Trail 73, 73km et 2800m D+
Du lever au coucher du soleil, vous arpenterez les vignobles du Chianti sur un parcours en boucle au départ de Radda in Chianti. Les 42 premiers kilomètres dans le Chianti Sesnese proposent un chemin relativement roulant et rapide qui serpente à travers les vignobles. Ensuite débute la partie plus technique avec l’ascension vers le Monte San Michele, que vous atteindrez au bout de 60km. Ce segment représente le dénivelé le plus important du parcours. Il est suivi d’une descente à couper le souffle menant à Volpaia, puis vers la vallée juste avant d’atteindre Radda in Chianti, point d’arrivée.
Photo Organisation Chianti Ultra Trail by UTMB
Chianti Marathon Trail, 42km et 1500m D+
Embarquez pour une course rapide serpentant à travers des collines entourées de vignobles. Avec un dénivelé cumulé d’environ 1500 mètres et des ondulations constantes, vous profiterez de vues étonnantes sur la campagne des environs de Sienne. Une ultime ascension brutale, véritable mur situé, comme par hasard, au 35e kilomètre (les marathoniens apprécieront !) vous ramènera au point de départ, à Radda in Chianti.
Chianti Ultra Trail by UTMB Photo Organisation
Chianti Half Trail, 20km et 800m D+
Idéal pour les coureurs les moins aguerris, cette épreuve sur une distance de 20 km se présente sous forme d’un parcours circulaire au départ de Radda in Chianti. L’itinéraire serpente à travers les collines, entre villages médiévaux et des vignobles, avec des sections de singles et des pistes plus larges sur graviers.
Par quatre fois, il est venu par quatre fois il a été vaincu. L’UTMB se refuse à Jim Walmsley. Pourtant, lui ne pense qu’à ça, et a tout fait depuis un an et demi pour devenir le plus « alpin » des Américains. Avec le forfait de Kilian Jornet et l’absence de François D’Haene, cette 20ème édition lui semble promise. Réussira-t-il enfin à vaincre le signe indien ? Retour sur ses précédents échecs.
UTMB 2023 : les absents de marque
Gagner la 20e édition de l’UTMB, un rêve qui pourrait devenir réalité. Jim Walmsley a déjà gagné toutes les courses sur lesquelles il s’est aligné, et battu un nombre impressionnant de records. Toutes, sauf l’UTMB, ce fameux « sommet mondial du trail » qui se refuse obstinément à lui. Pourtant, depuis un an et demi, l’Américain s’est donné les moyens, étant allé jusqu’à adopter l’entraînement hivernal de ski de montagne de Kilian Jornet, François D’Haene et autres vainqueurs de l’UTMB, alors qu’aux États-Unis ce type d’entraînement n’est pas pratiqué.
Si le plateau 2023 est prestigieux, l’absence Kilian Jornet, souffrant d’un œdème osseux, et de François D’Haene, toujours pas rétabli de sa blessure à la cheville, ouvre une brèche immense chez les prétendants. Aurélien Dunand-Pallaz aurait pu être un sérieux client, mais l’enchaînement Hardrock 100 (qu’il a remportée) / UTMB lui est apparu comme un objectif trop ambitieux, et il a préféré renoncer cette année pour s’aligner sur la Diagonale de Fous.
François D’Haene et Kilian Jornet, les 2 grands absents de 2023. Photo Damien Rosso / UTMB
UTMB 2023 : qui face à Jim Walmsley ?
Beñat Marmissolle, second de la Hardrock 100 et 6ème de l’UTMB l’an dernier, sera sur la ligne de départ, prêt à en découdre. Mais sera-t-il suffisamment remis de sa course américaine ? L’an dernier, Kilian Jornet avait bien réussi l’enchaînement, alors pourquoi pas le Basque, qui a décidé de relever le défi du tryptique Hardrock 100 / UTMB / Diagonale des Fous.
Parmi les autres prétendants, il ne faut bien entendu pas oublier l’Espagnol Pau Capell, qui depuis 2019 et son projet Breaking 20 poursuit son rêve de passer sous la barre des 20 heures, et sera encore cette année dans les starting blocks. Il pourra se mesurer à Mathieu Blanchard, 2ème l’an dernier en 19h 54mn 50s, qui a longtemps hésité après son relatif échec sur la Western States Endurance Run en juin. Le Français, très émoussé et moralement atteint après la WSER, semble s’être refait la cerise et avoir retrouvé l’envie auprès des athlètes du team Salomon, lors de leur camp d’entraînement et de repérage autour du Mont-Blanc début août.
Rencontre Walmsley / Marmissolle en août pendant la prépa UTMB. Photo Instagram Beñat Marmissolle
On suivra également avec intérêt les performances du jeune Anglais Tom Evans, 3ème l’an dernier, et récent vainqueur de la WSER, du Suédois Petter Engdahl, vainqueur de la CCC 2022, et de l’inusable et inimitable Zach Miller, 5ème l’an dernier, toujours dans le coup. Sans oublier les Suisses Jonas Russi, 8ème en 2022, et Jean-Philippe Tschumi, 2ème de la Diagonale 2022 derrière Beñat Marmissolle. Citons encore le Roumain Robert Hajnal, 2ème en 2018, 9ème en 2022, les Chinois Jiaju Zhao et Yanqio Yun, ainsi que l’Allemand Hannes Namberger, 6ème en 2021 et récent vainqueur de l’Eiger Ultra Trail by UTMB.
UTMB 2023 : quels Français pour le Top 20 ?
Côté tricolore, Mathieu Blanchard et Beñat Marmissolle seront accompagnés de sérieux clients, avec les expérimentés Thibaut Garrivier, Germain Grangier et Ludovic Pommeret, vainqueur en 2016, mais aussi Arthur Joyeux-Bouillon (7ème en 2022), Hugo Deck, Bastien Fleury, Baptiste Chassagne et Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui tenteront d’accrocher le Top 20, voire mieux
Breaking 20, le rêve de Pau Capell. Pour 2023 ? Photo Instagram Pau Capell
UTMB 2017 : la première de Jim Walmsley, 5ème au mental
Cette année-là, le missile Jim Walmsley fait figure d’épouvantail, alors que tout le monde est focalisé sur le duel Jornet / D’Haene. Pour sa première participation, l’Américain, réputé pour sa vitesse et détenteur de nombreux records sur les ultras outre-Atlantique, surprend son monde. Habitué à des départs tonitruants, il adopté cette fois-ci une stratégie plus sage. À tel point qu’il s’arrête même sur les premiers ravitaillements pour attendre les autres. Image insolite d’un Jim Walmsley à Saint-Gervais, attendant l’arrivée de Kilian Jornet pour repartir avec lui. « C’est pour être moins seul dans la nuit et se faire plaisir » assure alors son team, considérant que la course commencera vraiment au lever du jour…
À mi-course, lorsqu’il passe à Courmayeur vers 2h30 du matin, Walmsley possède 5 minutes d’avance sur le duo Jornet-D’Haene. Après l’ascension du Grand Col Ferret soumis à un vent tempétueux et à des chutes de neige qui ont rendu la progression dantesque, Walmsley et D’Haene passent en tête, tandis que derrière Jornet digère « un coup de moins bien » ressenti depuis Courmayeur. C’est la longue descente vers la Fouly qui scelle le sort de l’Américain, transi de froid et victime de grosses ampoules. Ses arrêts prolongés à la Fouly, puis à Champex-Lac le décrochent définitivement de la tête de course. Il trouve tout de même les ressources suffisantes pour s’accrocher et, au mental, termine 5ème, repris par Xavier Thévenard dans le col des Montets.
Photo Hoka One One
UTMB 2018 : le froid et la nuit terrassent Jim Walmsley
Alors que tout le monde annonçait un duel entre Jim Walmsley et Kilian Jornet, celui-ci a tourné court, pour laisser place au triomphe émouvant de Xavier Thévenard. La montagne et ses conditions difficiles (ressenti -10°C aux cols et humidité) ont été implacables pour la majorité des grands favoris de cette édition, tout comme pour une grande partie du peloton. Jim Walmsley, parti comme d’habitude tambour battant, a parcouru les 21 premiers kilomètres en 1h 44mn, et n’a mis que 2h40mn pour atteindre le km 30 ! Aux Contamines (km 31), il comptait déjà 10 minutes d’avance sur les horaires les plus rapides, et ce alors que la pluie accompagnait les coureurs depuis le départ.
Cette avance a grimpé jusqu’à 15 minutes avant de descendre sensiblement dans la nuit, où l’Américain a connu une énorme défaillance. À Courmayeur, au km80, il ne pointait qu’en 19e position et semblait totalement perdu. S’il a repris la course après un très long arrêt, les conditions favorables aux montagnards purs et durs (froid, vent, pluie, limite pluie neige à 2500m) ont fini de l’achever et Jim Walmsley a fini par jeter l’éponge.
UTMB 2021 : abandon de Jim Walmsley au pied du Grand Col Ferret
L’édition 2021 ressemble comme deux gouttes d’eau à l’édition 2018 pour Jim Walmsley. Parti rapidement, l’Américain est accompagné par son ami François D’Haene. Au cœur de la nuit, les deux hommes franchissent foulée dans foulée les cols du Bonhomme, de la Seigne, et l’Arête du Mont-Favre. Mais Jim subit le rythme de François, maître de l’allure, et il décroche dans la dernière partie avant la base de vie de Courmayeur. À la sortie de cette base de vie, de l’autre côté du Mont-Blanc, en Italie, peu avant la mi-course, D’Haene s’envole. Jim Walmsley perd toute illusion dans la longue portion menant à Arnouvaz, au pied du Grand Col Ferret, où il abandonne, vidé de toute énergie.La nuit, le froid, l’alimentation, aucune raison précise ne sera évoquée, mais une fois de plus, le missile n’aura pas réussi à tenir la distance.
UTMB 2022 : Jim Walmsley 4ème après une terrible défaillance
Ce devait être son année. Installé depuis le mois de mai du côté d’Arèches-Beaufort, avec François D’Haene comme voisin et partenaire d’entraînement, Jim Walmsley a tout fait pour préparer au mieux ce rendez-vous. Parti plus prudemment qu’à l’accoutumée, et profitant une météo plutôt clémente, Jim Walmsley arrive le premier à la base de vie de Courmayeur, et semble extrêmement serein. Il en repart en croisant Kilian Jornet, qui accuse alors un retard de 5 minutes. Jim Walmsley passe le Grand Col Ferret en tête, puis fonce sur La Fouly et Champex. Il semble alors voler vers la victoire, enfin !
Mais son cavalier seul prend fin de façon spectaculaire lorsqu’il s’effondre littéralement dans la montée vers La Giète. Ne parvenant plus à se nourrir, Jim Walmsley titube sur le sentier, peine à mettre un pied devant l’autre. Une défaillance terrible. Parvenu à La Giète, il accumule déjà 18 minutes de retard sur le duo de tête désormais constitué de Kilian Jornet et Mathieu Blanchard, puis à 20 minutes à Trient. Retrouvant un semblant de forme, il est également rattrapé par l’Anglais Tom Evans et termine 4ème en 21h 12mn 12s, à 1h 22mn 42s de Kilian Jornet. C’est à ce jour son meilleur résultat sur l’UTMB !
Envie d’un peu de nouveauté avant de suivre l’UTMB ? La première édition du Saint-Jeoire Trail Festival se tiendra le 26 août 2023 en Haute-Savoie. Cet événementpropose 3 courses (13, 30 ou 80 km) cotées ITRA et UTMB adaptées à tous les niveaux. Niché au cœur des montagnes alpines, ce trail vise à proposer des parcours originaux en pleine nature et à promouvoir le territoire environnant.
Des itinéraires inédits et 900 dossards disponibles
Voilà un festival qui va séduire les adeptes de trail nature ! Au menu, des parcours inédits au départ du centre historique de Saint-Jeoire. Chaque parcours comprendra un passage au Môle, cette montagne incontournable en forme de cône presque parfait qui culmine à 1863 mètres. De là-haut, les concurrents pourront apprécier le panorama à 360° sur presque tout le département. Ils domineront la vallée de l’Arve au sud et à l’ouest, et la vallée du Giffre, au nord et au sud-est. Courir pour se faire plaisir et découvrir le territoire de Môle et Brasses sera le mot d’ordre. Mais ce sera également une excellente occasion de compenser l’envie de trail en montagne pour ceux qui n’ont pas obtenu de dossard pour l’UTMB.
La fameuse montagne du Môle. Photo Savoie Mont-Blanc / DR
Question organisation et sécurité, pas de souci. Plus de 140 bénévoles seront mobilisés pour assurer le bon déroulement de l’événement, qui attend 900 participants. Tous les tracés seront balisés et fléchés au sol où sur des points remarquables. De plus, de nombreux secouristes assureront la sécurité de l’événement en tous points du parcours.
Photo Organisation Saint-Jeoire Trail Festival
St-Jeoire Trail Festival : 3 parcours au choix
Chacun des parcours proposés par le St-Jeoire Trail Festival est le fruit de nombreux repérages et d’une grande connaissance du terrain. Ils vous entraîneront sur des sentiers sauvages aux vues époustouflantes sur les massifs environnants. Du Mont-Blanc aux Aravis en passant par le Chablais, vous en prendrez plein les yeux.
Trail de Saint-Jeoire : 77 km, 5 500 D+ Le coup d’envoi sera donné à 5h pour l’ultra-trail de 77km. Les coureurs auront pour défi d’atteindre la crête sommitale du Môle, en passant par des sites tels que le lac de Roy, le Col de la Ramaz, et en terminant par le Massif des Brasses.
Trail des deux Massifs : 30 km, 2 680 D+ Le départ sera donné de Saint-Jeoire à 9h. Les participants s’élanceront des contreforts du Massif du Môle pour rejoindre la Pointe du Môle et le Petit Môle avant de revenir vers leur point de départ.
Verti’ Trail du Môle : 13km, 1 150 D+ À 18h aura lieu le départ du Verti’Trail du Môle, un trail court de 13 km qui se déroulera sur la face nord de la montagne du Môle. Les coureurs emprunteront des chemins larges avant que le parcours ne devienne plus naturel et sinueux pour atteindre le sommet. Il ne leur restera alors qu’entamer une descente joueuse et roulante par les bois jusqu’à Saint-Jeoire.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Saint-Jeoire-Trail-Festival-2.png6341200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-18 16:58:142023-08-18 16:58:16Saint-Jeoire Trail Festival : 1ère édition le 26 août
Patrick Kipngeno en rêvait, mais c’est Philemon Kiriago qui l’a fait, avec le 2ème meilleur chrono de l’histoire de l’épreuve. La 50ème édition de Sierre-Zinal a été passionnante de bout en bout et a vu le triomphe des Kényans, qui placent 3 hommes aux 3 premières places. Chez les femmes, victoire de prestige de l’Américaine Sophia Laukli, qui caracole en tête de la Golden Trail World Series 2023.
Sierre-Zinal 2023 : Rémi Bonnet et Patrick Kipngeno favoris
En l’absence de Kilian Jornet, blessé mais présent en Suisse pour commenter cette 50ème édition, Rémi Bonnet et Patrick Kipngeno partaient hyper-favoris. Le coureur suisse du team Salomon, 8ème en 2022, avait déclaré avant le départ que lors de sa dernière participation il avait été bon en montée, mais que depuis, il s’était amélioré sur le plat est en descente et qu’il se sentait prêt pour performer sur cette édition. Sa victoire au Marathon du Mont-Blanc fin juin, juste après avoir établi la meilleure performance ITRA de tous les temps, avait d’ailleurs prouvé qu’il était en forme comme jamais. Quant au Kényan Patrick Kipngeno, champion du monde de course verticale à Innsbruck en juin, 2ème de Sierre-Zinal en 2022, il nourrissait également de grosses ambitions, ayant passé les 4 derniers mois en altitude, dont une grosse partie en Autriche, pour s’entraîner spécifiquement pour cette épreuve.
Le profil de Sierre-Zinal, avec sa violente montée jusqu’à Ponchette, son immense faux plat montant et sa descente vertigineuse.
Sierre-Zinal 2023 : Patrick Kipngeno maître de la montée, Rémi Bonnet en berne
Dès le 1er kilomètre, au départ de la montée de 1300m D+ (sur 7km) avec une pente à 22%, les 2 hommes ont pris les devants, imprimant un rythme effréné, progressant à une vitesse instantanée impressionnante de près de 10km/h. Seul un autre Kényan, Philemon Kiriago, 5ème en 2022, parvenait à les suivre. Après 6 kilomètres de course, le premier groupe de poursuivants comptait déjà 20 secondes de retard sur le trio.
Conscient de la nécessité de creuser l’écart sur la concurrence, meilleurs descendeurs que lui, Patrick Kipngeno cherchait à dynamiter la course et accélérait au 6e kilomètre. Kiriago et Bonnet ne parvenaient pas à le suivre. Au KM7, à Ponchette, en haut de la première grosse montée, Patrick Kipngeno passait en tête avec 34 secondes d’avance sur Kiriago, tandis que Rémi Bonnet comptait déjà 1mn 18s de retard. Si Kipngeno impressionnait, il accusait cependant déjà plus de 2 minutes de retard sur le record de Kilian Jornet (2h 25mn 35s), qui semblait hors d’atteinte.
Redoutable en montée, Patrick Kipngeno, en tête à Ponchette, semblait voler vers la victoire.
Des Kényans partout !
A Chandolin, au KM11,5, Patrick Kipngeno comptait 43s d’avance sur Kiriago, tandis qu’un autre Kényan, Njeri Kariba, se hissait à la 3ème place, à 2mn 15s du leader. Il devançait un Rémi Bonnet au visage fermé, dans les mauvais jours. A noter le retour d’un 4ème Kényan, Kevin Kibet, qui après une montée moyenne effectuait un parcours sur le plat à une vitesse impressionnante et revenait à la 6ème place, annonçant un final grandiose.
A mi-course, à Tignousa, Patrick Kipngeno possédait 1mn03 d’avance sur Philemon Kiriago, qui semblait encore très frais. Kevin Kibet passait en 3ème position, à 3mn 20 tandis que RémiBonnet, avec plus de 5 minutes de retard, s’accrochait comme il pouvait mais pouvait dire adieu à ses rêves de victoire. Il allait d’ailleurs abandonner quelques kilomètres plus loin.
Sierre-Zinal 2023 : Philemon Kiriago maître de la descente
C’est dans la descente que Philemon Kiriago, déchaîné, allait faire la jonction puis déposer un Patrick Kipngeno émoussé pour s’imposer en 2h 27mn 28s, 2ème meilleur chrono de l’histoire de Sierre-Zinal. Il devance de 1mn 22 un Patrick Kipngeno épuisé et déçu, incapable de rester debout. Kevin Kibet termine 3ème à près de 7 minutes du gagnant du jour, devançant de 5 petites secondes un formidable Sylvain Cachard revenu de loin. En effet, le meilleur français du jour n’était pas dans le top 10 à la sortie de la montée et figurait encore en 8ème position à l’Hôtel Weisshorn, avant de réaliser une descente exceptionnelle. Il améliore de plus de 4 minutes son chrono de 2022, qui lui avait valu une 12ème place.
À noter la belle 7ème place de Thibaut Baronian, toujours dans le top 10 de cette course qu’il connaît par cœur. Anthony Felber, 11ème l’an dernier, se classe 17ème. Loic Rolland, pour sa première participation, prend la 20ème place et Kevin Vermeulen la 32ème.
Kiriago vainqueur.LE TOP 10 HOMMES
Sierre-Zinal 2023 : la déception Nienke Brinkman
Révélée en 2021 par sa 2ème place derrière la Suissesse et recordman de l’épreuve Maude Mathys alors qu’elle n’était pas du tout attendue, Nienke Brinkman a depuis fait des étincelles sur la Golden Trail World Series 2022, qu’elle a remportée. Même si Allie McLaughlin et Sofia Laukli étaient certes attendues, personne ne voyait quelqu’un la battre. Mais à l’instar de la défaillance de Rémi Bonnet chez les hommes, tout ne s’est pas déroulé comme prévu pour la championne néerlandaise. Partie prudemment, elle a vite dû se résoudre à laisser filer la concurrence. D’abord la Kényanne Philiaries Kisang et l’étonnante Roumaine Florea Madalina, puis l’Américaine Sophia Laukli, récente gagnante du Marathon du Mont-Blanc et visiblement dans un bon jour. À la fin de la terrible montée, Nienke Brinkman avait près de 4 minutes de retard sur la tête de course, qu’elle ne reverrait plus.
Sierre-Zinal 2023 : Sophia Laukli en puissance
Passée en 3ème position à Chandolin (KM11) à 50 secondes de Joyce Muthoni et Philiaries Kisang, Sophia Laukli en feu allait fondre sur les 2 Kényanes pour prendre la tête à mi-course, et ne plus la lâcher. Nienke Brinkman, 6ème, accusait alors 5mn 30s de retard. Sophia Laukli s’impose finalement en 2h 53mn 17s, avec plus de 4 minutes d’avance sur Joyce Muthoni et 7mn 49s sur Philaries Kisang. Revenue de loin, la Chinoise Yao Miao prend une belle 4ème place devant Alice Gaggi et Nienke Brinkman, 6ème à 12mn 30s de la gagnante.
Côté français, la meilleure représentante tricolore, Mathilde Sagnes, se classe 17ème, à près de 22 minutes de Sophia Laukli. Marie Goncalves termine 24ème, Laure Paradan 29ème et Julia Combe 52ème.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Sierre-Zinal-2023_OPEN.jpg6981358Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-12 16:37:332023-08-12 16:37:36Sierre-Zinal 2023 : les Kényans en force, Sophia Laukli en puissance
Les championnats de France de KV (kilomètre vertical) se tenaient samedi 5 août à Orcières-Merlette, dans les Alpes du Sud. Archi-favorite, la championne de France en titre et 6ème des derniers championnats du monde Christel Dewalle a survolé l’épreuve féminine, tandis que chez les hommes Yoann Sert a fait le doublé.
Championnat de France de KV : Christel Dewalle et le reste du monde
Déjà six fois championne de France de course verticale, Christel Dewalle n’a pas manqué son rendez-vous. Sur un tracé de 4 kilomètres pour 1000 mètres de D+, la pensionnaire de l’Athlé Saint-Julien 74, qui s’est classée à la 6ème place des Mondiaux 2023 à Innsbruck et avait décroché la médaille de bronze aux championnats d’Europe 2022, a surclassé ses rivales, comme elle l’a fait lors du KV du Mont-Blanc en juin à Chamonix.
Sur un format en mode contre-la-montre, donc sans repères visuels, Christel Dewalle est partie à bloc et n’a jamais faibli. Elle comptait déjà plus de 30 secondes d’avance après 200m D+, et près de 3 minutes à mi-pente. Elle s’impose en 43mn 15s, à une moyenne de 5,55 km/h. Une performance qui lui vaut une 16ème place au scratch, à seulement 4mn 50s du champion de France.
Christel Dewalle en action. Photo Organisation / DR
Christel Dewalle : “Ça a passé et ça n’a pas cassé !”
Derrière, un quatuor a longtemps fait jeu égal. Laure Paradan, Céline Jeannier, Julie Lelong et Rachel Pain se tenaient encore en moins de 10 secondes à mi-pente. Laure Paradan, championne de France de trail long en 2022, a finalement réussi à creuser l’écart dans la seconde partie du parcours pour s’attribuer la seconde place avec 20 secondes d’avance sur Céline Jeannier, médaillée de bronze. À noter que Margot Ravinel, coéquipière de Christel Dewalle à l’Athlé Saint-Julien 74 et 2ème l’an dernier à Méribel, termine à la 6ème place.
« À l’arrêt complet durant trois semaines suite à une déchirure musculaire au mollet, je n’ai pu reprendre les entraînements qu’il y a quinze jours, a expliqué Christel Dewalle sur son réseau social. Je me suis donc présentée à ce Championnat sans points de repères et avec la plus grande appréhension… Au final “ça a passé et ça n’a pas cassé”. »
Christel Dewalle, 7ème titre dans la discipline. Photo Organisation / DR
Championnat de France de KV : Yoann Sert confirme
Chez les hommes, le champion de France en titre Yoann Sert a également conservé sa couronne, mais la bataille a été plus rude. En l’absence du vice-champion de France 2022 Manu Meyssat, le bras de fer de cette montée sèche s’est joué à plusieurs. Le plus rapide au départ, Stéphane Tempier, vainqueur du KV du Vars Mountain Trail la semaine passé, avait près de 20 secondes d’avance après 200m D+. Mais l’ancien champion de VTT n’a pu maintenir le rythme.
C’est à mi-pente que Yoann Sert a réussi à prendre de précieuses secondes d’avance sur Jean Hudry, Stéphane Tempier et Louison Coiffet. Il s’impose en 38mn 26, au terme d’un effort total. Auteur d’un finish remarquable, Louison Coiffet prend la seconde place, à 36 secondes du vainqueur. Il devance de 2 petites secondes seulement Jean Hudry, médaillé de bronze, tandis que Stéphane Tempier se contente de la 4ème place.
« Je suis très heureux de conserver mon titre ici sur un KV plutôt roulant très différent de celui de l’an dernier, a commenté le nouveau champion de France. Encore une belle densité de coureurs cette année avec la présence d’une icône du VTT, Stéphane Tempier, mais aussi de beaucoup de jeunes qui poussent fort, comme Lucien Mermillon, Louison Coiffet ou Jean Hudry ! »
Yoann Sert en action. Photo Organisation / DR
Podium hommes
SERT Yoann : 38mn 26s COIFFET Louison : 39mn 02s (+36s) HUDRY Jean : 39mn 04s (+38s)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Yoann-sert-championnat-de-France-KV.jpg8261200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-07 12:50:062023-08-07 12:50:09Résultat Championnat de France de KV : Yoann Sert et Christel Dewalle de nouveau en or
Après une première édition réussie, Cimalp et la station de Tignes poursuivent leur collaboration au sommet. Au menu du Cimalp Tignes Trail 2023 des 19 et 20 août prochains, 3 formats 100% nature, dont un 46km au tracé repensé pour aller faire un tour dans le Parc national de la Vanoise, qui fête ses 60 ans. Un programme attractif, et l’occasion de côtoyer les athlètes du Team Trail Cimalp, dont Benoît Dupraz, victorieux sur l’épreuve reine l’an dernier et qui remettra son titre en jeu.
Cimalp Tignes Trail : 3 formats pour tous les goûts
Avec des parcours de 13, 27 ou 46 km au cœur d’un stade naturel unique, entre lacs et glaciers, au rythme des plus beaux sommets, le Cimalp Tignes Trail s’adresse à tous. Que vous soyez traileur novice, désireux de vous confronter à vous-mêmes dans un univers de pleine montagne, ou traileur plus aguerri décidé à en découdre sur un tracé exigeant mais de toute beauté, vous trouverez votre bonheur. Cerise sur le gâteau qui ravira les amateurs de pleine nature, le parcours du Maratrail a été repensé pour cette 2ème édition, passant de 44 à 46km avec un passage spécifique pour célébrer les 60 ans du Parc national de la Vanoise. Une promesse de sentiers préservés et d’espaces grandioses. Quant aux plus jeunes (10-17 ans), ils n’ont pas été oubliés. Pour eux ont été dessinés des parcours entre 800m et 3 km. De quoi vivre une belle expérience en famille.
Un grand bol de nature. Photo Christophe Angot
Venez défier Benoît Dupraz, tenant du titre, sur le 46 km !
Il était présent sur la première édition, et il n’a pas manqué l’occasion de gagner l’épreuve reine du Maratrail, après 4h 39mn de course. Membre du Team Trail Cimalp depuis 2017, Benoît Dupraz a intégré le groupe un peu par hasard, lorsqu’il a fait la connaissance du team manager Florian Olivier après avoir franchi la ligne d’arrivée de l’UTMB à son côté, à la 108ème place. Depuis, Benoît a réalisé quelques Top 10, dont le Trail des Cabornis (2019 et 2020), le Lyon Urban Trail (2019 et 2022), la SaintéLyon 2021 ou la SaintExpress 2022. En juin dernier, il a pris une belle 8ème place sur le 90km du Mont-Blanc. Ce sera l’homme à battre sur le 46km de ce Cimalp Tignes Trail 2023.
Benoît Dupraz, vainqueur du grand format 2022. Photo DR
3 autres athlètes du Team Trail Cimalp à battre
Parmi les autres athlètes Cimalp qui seront au rendez-vous, Laure Desmurs et Baptiste Lorier prendront le départ du 27km. La première monte très régulièrement sur les podiums sur des trails des formats entre 20 et 30 kilomètres, et explore depuis l’an dernier des distances plus élevées avec bonheur. Elle a ainsi terminé 10e féminine du Grand Trail des Templiers 2022 (82km) et 5e féminine du Maratrail 50K du Trail du Saint-Jacques by UTMB. 1ère de la SaintExpress en 2018, 1ère de la MCC en 2019, 1ère du Grand Trail du Lac, de l’Ergysport Trail du Ventoux et et du Trail Bleu de l’EDF Cenis Tour en 2020, difficile de l’imaginer loin du podium de ce 27 kilomètres, une distance qui lui va comme un gant. Quant à Baptiste Lorier, il vient de monter sur la 3ème marche du podium de ses 2 dernières courses, les Hauts du Lac (31km) du Trail du Lac de Paladru en avril, et le 40km de la Transju’Trail en juin. Il visera certainement une place sur le podium. La plus haute marche ?
à
À noter également la présence du jeune prodige de l’ultra-trail Bastien Fleury, qui affine sa préparation pour l’UTMB. Gendarme secouriste au PGHM de Chamonix, il a établi l’an dernier un nouveau record sur les 170km de la Swiss Peak.
À noter que le staff Cimalp sera présent sur le village-expo, ouvert tout le week-end aux visiteurs. Une occasion pour des échanges riches et du partage d’expérience.