Plus de 2 200 coureurs se sont élancés vendredi 1er septembre de Courmayeur pour rallier Chamonix sur la CCC, un parcours de 100 km et 6100m de dénivelé positif. Cette épreuve, considérée comme la « petite sœur » de l’UTMB, avec laquelle elle partage la fin du tracé, était la toute première Finale UTMB World Series dans la catégorie 100K. Elle a consacré chez les hommes le grand favori, Jonathan Albon. Chez les femmes, la Norvégienne Yngvild Kaspersen a créé la surprise.
Résultat CCC : la remontée de Jonathan Albon
Les observateurs ont longtemps cru que c’était un Chinois qui allait s’imposer. Parti en tête dès les premiers kilomètres, Jiasheng Shen (UTMB Index 907) a réalisé une performance impressionnante et fait preuve de panache tout au long du parcours, qu’il a ouvert pendant plus de 75 kilomètres. Il s’est fait rattrapé dans la descente menant à Vallorcine (KM 81) par l’excellent descendeur britannique Jonathan Albon, 2ème l’an dernier, qui a ensuite pris le large, passant au ravito avec 6 minutes d’avance alors qu’il en comptait 11 de retard à Champex-Lac !
Le champion du monde de trail 2019 (UTMB Index 938), qui a mieux géré sa course, a franchi la ligne en 10h 14mn 25s. Il devance Jiasheng Shen qui termine en 10h 22mn 30s. L’Américain Dakota Jones (UTMB Index 904) a complété le podium à la troisième place avec un chrono de 10h 41mn 40s.
Jonathan Albon. Photo UTMB 2023
Résultat CCC : Jonathan Albon boosté par… la musique !
A peine arrivé, Jonathan Albon s’est confié : « J’avais réfléchi à de nombreuses stratégies pour la nutrition qui avait été mon point faible l’an dernier. L’objectif principal était de dépenser progressivement mon énergie pour tenir la durée. J’ai essayé à la sortie de Champex-Lac d’écouter de la musique pour me donner la force de lancer la remontada face à Jiasheng Shen. Avec l’aide apportée sur les ravitaillements par ma femme Henriette, j’ai pu gagner du temps et être encore plus performant. »
Le podium hommes de la CCC. Photo UTMB 2023
Résultat CCC femmes : la surprise Yngvild Kaspersen
Chez les femmes, la Norvégienne Yngvild Kaspersen (UTMB Index 730) a créé la surprise en remportant l’épreuve en 11h 51mn 22s. Pourtant, elle connaît bien les sentiers autour de Chamonix, pour avoir remporté le 23km du Mont-Blanc en 2015. Elle avait également pris la 30ème place de la CCC l’an dernier, mais ne partait pas du tout dans l’optique d’un Top 10, encore moins d’un podium. Elle a mené une course régulière et intelligente pour prendre la tête un peu après la mi-course et creuser progressivement l’écart sur l’Américaine Helen Mino Faukner (UTMB Index 761).
La Zimbabwéenne Emily Hawgood (UTMB Index 754), qui a produit son effort sur la partie suisse de la course, a opéré une belle remontada qui lui permet de décrocher la deuxième place en 12h 28mn 19s. L’Américaine hérite finalement de la 3ème place en 12h 38mn 05S.
Le podium femmes de la CCC. Photo UTMB 2023
Résultat CCC femmes : Yngvild Kaspersen et l’esprit viking
La nouvelle vainqueure de la CCC 2023 a ainsi commenté sur sa course : « Je n’en reviens pas, c’est un rêve qui se réalise ! Sur la ligne de départ, je n’étais pas au mieux de ma forme et me demandais même si j’allais être en mesure de terminer la course. Je suis tellement heureuse ! » Et à la question, qu’est-ce qui fait que les Norvégiens sont si performants cette année (victoire de Stian Angermund sur l’OCC!), elle répond avec le sourire : « C’est l’esprit viking qui nous anime ! »
Yngvild Kaspersen sur la ligne d’arrivée. Photo UTMB 2023
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/09/Jonathan-Albon.png7311200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-09-03 00:00:002023-09-02 18:19:07CCC : Jonathan Albon en maîtrise, Yngvild Kaspersen en surprise
Grandissime favorite de la 20ème édition de l’UTMB, l’Américaine Courtney Dauwalter s’est imposée dans la douleur. Après 2019 et 2021, elle remporte sa 3ème victoire en 3 participations. Et réalise un triplé historique avec les premières places de la Western States Endurance Run, la Hardrock 100 et l’UTMB en moins de 3 mois. Et ce après avoir remporté la Diagonale des Fous en novembre 2022. Du jamais vu dans l’univers du trail !
Courtney Dauwalter championne à l’applaudimètre
Il fallait être sur la ligne de départ de l’UTMB, place du triangle de l’Amitié, à Chamonix, pour mesurer l’immense cote de popularité de Courtney Dauwalter. Ou encore au 35e kilomètre, au passage de Notre-Dame de la Gorge, l’Alpe d’Huez du trail, pour embrasser la folle ferveur que déclenche son apparition, sourire aux lèvres comme il se doit. Courtney Dauwalter est un phénomène mondial, une icône du trail. Blandine L’Hirondel, pourtant double championne du monde de la discipline, dit tout simplement qu’il est « impossible de se comparer à elle tant est est hors norme ».
On pouvait tout de même légitimement s’interroger sur sa capacité à remporter cet UTMB, l’Américaine arrivant en France assez émoussée après son doublé historique Western States Endurance Run / Hardrock 100 réalisé en juin / juillet aux États-Unis. Un mois et demi après sa victoire à Silverton le 15 juillet, aurait-elle suffisamment de fraîcheur pour batailler avec les autres favorites ? Car il y avait de sérieuses clientes sur la ligne de départ. Parmi elles, la Tchèque Eszter Csillag, l’Italienne Martina Valmassoi, l’Espagnole Claudia Tremps et les Françaises Blandine L’Hirondel, qui débute sur 100 miles, et Manon Bohard-Cailler, 3ème des championnats du monde de trail long en juin à Innsbruck
Courtney Dauwalter, nouveau record de la Western States en juin 2023. Photo Organisation.
Courtney Dauwalter tout de suite devant
La réponse n’a pas tardé à arriver. Après un départ prudent où elle a laissé filer la Suissesse Emma Pooley,Courtney Dauwalter a pris les commandes avant d’attaquer la montée du Col du Bonhomme et ne les a plus lâchées. Un temps rattrapée par Blandine L’Hirondel venue la challenger, elle a peu à peu creusé l’écart, résistant à la pression de la Française et de l’étonnante chinoise Fuzhao Xiang.
Il n’y a que Courtney Dauwalter pour prendre le temps de se laver les dents sur les bases de vie. Photo DR
Comme chez les hommes, la nuit allait être cruelle pour certaines des favorites. C’est d’abord la Tchèque Eszter Csillag qui stoppait dès Les Contamines, victime d’ennuis gastriques. C’était ensuite l’Italienne Martina Valmassoi, pas dans le coup, qui jetait l’éponge aux Chapieux, après 50km de course. Emma Pooley, leader en tout début de course, abandonnait également dans la nuit au Lac Combal. L’hecatombe continuait avec l’abandon de l’Espagnole Claudia Tremps à Arnouvaz. Enfin Manon Bohard-Cailler, qui réalisait une très belle course et était passée 2ème à 22 minutes de Courtney Dauwalter à Courmayeur, allait ensuite chuter violemment, se tordre la cheville (sans gravité semble-t-il) et finir par rendre son dossard à La Fouly.
Manon Bohard-Cailler était 2ème avant de chuter lourdement, puis d’abandonner quelques kilomètres plus loin. Photo DR
Blandine L’Hirondel dans l’inconnu
A Courmayeur, à mi-course, Courtney Dauwalter possédait 22 minutes d’avance sur Manon Bohard-Cailler, 26 sur une Blandine L’Hirondel encore en forme et 36 sur la Chinoise Fuzhao Xiang, impressionnante de régularité. En embuscade, l’Allemande Katharina Hartmuth suivait à 5 minutes, attendant son heure.
Katharina Hartmuth a fait une superbe remontée. Photo UTMB 2023
C’est dans la deuxième partie de la course que l’Américaine allait faire le trou, même si elle allait connaître de sérieux soucis d’alimentation. Tout comme Blandine L’Hirondel, qui une fois la barre des 100 kilomètres passés, s’aventurait pour la première fois dans l’inconnu. La Française allait avoir un sérieux coup de mou, en partie dû à des problèmes d’alimentation, et se faire rattraper d’abord par la Chinoise, puis par l’Allemande.
Fuzhao Xiang au ravitaillement, soupe chinoise avec baguettes de rigueur. Photo UTMB 2023
Blandine L’Hirondel passait aux Tseppes, à 25 kilomètres de l’arrivée, avec 8 minutes de retard sur la Chinoise et 13 sur l’Allemande, revenue à la seconde place. Devant, Courtney Dauwalter était déjà dans l’ultime ascension, avec plus d’une heure d’avance, et ne pouvait plus être rattrapée.
Blandine L’Hirondel dans l’inconnu, au-delà de 100km de course. Photo UTMB 2023
3ème UTMB pour Courtney Dauwalter, Blandine L’Hirondel sur le podium
L’incroyable Américaine s’impose finalement dans la douleur à Chamonix avec un chrono de 23h 29mn 14s qui la place 25ème au classement général, elle qui est habituée aux Top 10. Elle se contente cette année d’une modeste 17ème place correspondant à son état de forme bien compréhensible, après les exploits réalisés cet été.
“A chaque fois que nous avons l’opportunité de faire quelque chose de difficile et de complètement fou, nous devrions le faire”, a-t-elle commenté lorsqu’on lui a posé la question de savoir pourquoi elle était venue se challenger sur cette course cette année. En difficulté à la sortie de Champex-Lac, où elle a été à deux doigts de vomir tout ce qu’elle venait de prendre au ravito, Courtney a dû puiser très loin. Elle a commenté : “Je n’en pouvais plus, mon corps n’en pouvait plus. Mais Kevin, mon compagnon, était là, et je savais que ma famille et tout le public m’attendaient sur la ligne d’arrivée, et tout le monde m’a tellement encouragé, le public, les bénévoles… C’est ce qui m’a permis d’aller jusqu’au bout.”
Derrière, si Katharina Hartmuth a assuré sa 2ème place (24h 10mn 52s), Blandine L’Hirondel a pu se refaire une santé et revenir dans les pas de Fuzhao Xiang. Séparées de seulement 2 minutes à la sortie de Vallorcine, Blandine L’Hirondel parvenait à doubler la Chinoise dans la montée de La Flégère avant de filer sur Chamonix pour s’offrir la 3ème marche du podium, moins de 10 minutes après l’Allemande. Une sacrée performance pour une première expérience !
Moins de sourires, plus de grimaces de douleur, mais une persévérance exceptionnelle. Photo UTMB
Il en rêvait, il y est enfin parvenu. Et de la plus belle des manières. Après 4 tentatives infructueuses, Jim Walmsley remporte enfin l’UTMB, devenant le 1er Américain à s’imposer à Chamonix. Une victoire amplement méritée, fruit d’une persévérance et d’une résilience remarquables, qui ne peut que réjouir le monde du trail. Mais que la lutte aura été dure et la course palpitante, avec de nombreux rebondissements, du suspense et des Français exceptionnels.
UTMB 2023 : un plateau élite impressionnant
Il n’en manquait que 3 pour que la fête de cette 20ème édition de l’UTMB soit totale. Kilian Jornet bien sûr, quadruple vainqueur et recordman de l’épreuve, inscrit mais blessé (œdème osseux) et incapable de courir une telle distance sans prendre de gros risques pour son avenir. François D’Haene ensuite, quadruple vainqueur également, qui se remet lentement de sa blessure à la cheville fin 2022. Et enfin Xavier Thévenard, triple vainqueur, toujours aux prises avec sa maladie de Lyme. Mais ces absents n’ont pas fait d’ombre à la formidable ligne de départ, sur laquelle s’alignaient les meilleurs actuels. En tête du box office, 3 hommes : le Britannique Tom Evans, 3ème l’an dernier et vainqueur en juin de la Western States Endurance Run, Jim Walmsley bien sûr, le plus « alpin » des Américains, et Mathieu Blanchard, 2ème l’an dernier derrière l’ « ultra-terrestre » Kilian Jornet.
D’autres noms revenaient parmi les favoris et potentiels candidats au podium, comme l’Américain Zach Miller, 5ème en 2022, l’Espagnol Pau Capell, vainqueur en 2019 en 20h19, le Suisse Jean-Philippe Tschumi, 2ème de la Diagonale des Fous en novembre dernier. Mais aussi l’escadron français composé de Beñat Marmissolle, Thibaut Garrivier, Germain Grangier, Ludovic Pommeret (vainqueur de la TDS 2022) et Arthur Joyeux-Bouillon, qui avait même les faveurs des pronostics de Xavier Thévenard. Sans oublier l’Américaine Courtney Dauwalter, qui après sa 4ème place au scratch sur la Diagonale des Fous 2022 et la Hardrock 100 2023, finira bien un jour par monter sur un podium.
Les élites sur la ligne, à quelques minutes du départ, avec tout à gauche Mathieu Blanchard et tout à droite Pau Capell. Photo Esprit Trail
UTMB 2023 : Jim Walmsley prêt comme jamais
2022 aurait pu être son année, tant il avait réalisé un début de couse exceptionnel, passant au Grand Col Ferret, au 103ème kilomètre, avec 15 minutes d’avance sur Kilian Jornet. Hélas, des problèmes d’alimentation l’avaient plombé ensuite, le faisant rétrograder à la 4ème place. Installé depuis mai 2022 à Arêches-Beaufort, à proximité de son ami François D’Haene, Jim Walmsley ne s’entraîne depuis que pour cet objectif. Ayant appris de ses précédentes courses, il n’a de cesse d’affiner ses stratégies d’entraînement et d’alimentation pour enfin y parvenir.
Parmi les résolutions de Jim Walmsley cette année, il avait prévenu qu’il ne partirait pas en mode missile, comme il a pu le faire par le passé, mais avec sagesse, comme il l’a appris, en essayant de gérer au maximum pour éviter le coup de bambou intempestif dont il est coutumier. « Je veux faire cet UTMB comme j’en ai l’habitude, c’est-à-dire en contrôle, en gérant bien ma course comme je sais le faire, avec une bonne nutrition et des attaques au bon moment. Mais je ne peux pas annoncer que je vais faire un podium en partant à fond devant. Ce serait un trop gros risque et ça ne marche quasiment jamais. »
Le profil de l’UTMB 2023
Résister à la pression
De son côté, Jessica Brazeau, sa femme et supportrice n°1, s’employait à transformer la pression médiatique exceptionnelle autour de Jim en énergie : « Je pense qu’il est prêt. Cette année, avec toute l’énergie générale autour de lui, il est vraiment plus relax que l’année d’avant, où on était tous les deux très stressés. Aujourd’hui, je sens que Jim est très concentré. Il fait plus de blagues, il est plus détendu au quotidien. Il est moins silencieux. Toute son énergie est différente par rapport à l’année dernière. Il est plus prêt mentalement. » Une déclaration qui se traduisait sur la ligne de départ, où l’on a pu voir un Jim Walmsley beaucoup plus détendu que certains de ses adversaires, discutant calmement avec une athlète tandis que Pau Capell, Tom Evans ou Mathieu Blanchard étaient figés, fermés, dans leur bulle.
Jim Walmsley serein, saluant la foule à son arrivée sur la ligne de départ, très applaudi par le public. Photo UTMB
Un début de course prévisible, un trio se détache
Sur une première partie de course très rapide jusqu’au mythique passage de Notre-Dame de la Gorge, au 34ème kilomètre, Tom Evans, Jim Walmsley et Zach Miller ont pris les devants. Arthur Joyeux-Bouillon et Mathieu Blanchard suivaient quelques secondes plus loin, concentrés, tout comme Thibaut Garrivier et Germain Grangier, tandis que Beñat Marmissolle avait le masque des mauvais jours. Ludovic Pommeret, parti bien plus lentement, pointait quant à lui assez loin, à la 57ème place à La Balme, au KM40. Mais avec ce spécialiste des remontadas, difficile d’y voir un signe. Surtout quand on se souvient de sa remontée fantastique de 2016, où il était en perdition dans le col du Bonhomme, prêt à abandonner, avant de l’emporter quelques heures plus tard à Chamonix.
Le groupe de favoris, emmené par Tom Evans et Mathieu Blanchard. Photo UTMB
UTMB 2023 : les abandons de la nuit
Première surprise de taille, l’abandon de Tom Evans à Courmayeur. Victime de crampes violentes, le Britannique a préféré jeter l’éponge. Beñat Marmissolle a également abandonné dans la nuit au même endroit, sans doute insuffisamment remis de sa performance à la Hardrock 100 mi-juillet, où il avait pris une belle 2ème place derrière Aurélien Dunand-Pallaz. Le Basque, qui rêvait d’un tryptique inédit Hardrock 100 / UTMB / Diagonale des Fous, n’ira pas au bout de sa quête.
La surprise Zach Miller au petit matin
Tout le monde attendait de voir quelle stratégie Jim Walmsley allait adopter après la base de vie de Courmayeur, située au KM 81. C’est là, en effet, que l’on dit que « commence la course ». Les meilleurs ont alors pas loin de 9 heures de course dans les jambes, il est aux environs de 2h30 du matin et le bloc de remontée vers Arnouvaz puis le Grand Col Ferret, point culminant de la course à 2534m d’altitude, fait figure d’épouvantail. L’an dernier, c’est sur cette portion que l’Américain avait placé son attaque, pour distancer Kilian Jornet de 15 minutes avant de connaître le passage à vide que l’on sait.
Et c’est de l’étonnant Zach Miller qu’est venue la surprise. Parti en même temps que Jim Walmsley de Courmayeur, le petit moustachu américain, connu pour sa façon très « inattendue » de s’alimenter en course (il mange de tout, un peu n’importe quand) et même de courir (il est capable d’accélérer puis de ralentir de façon apparemment décousue), a fait le spectacle. Se détachant petit à petit, il passait au sommet du Grand Col Ferret avec 4 minutes d’avance sur Jim Walmsley, tandis que le 3ème, Germain Grangier, était distancé à 13 minutes.
Zach Miller, héroïque dans la nuit. Photo UTMB
Incroyable : Germain Grangier reprend Jim Walmsley à Champex-Lac, Zach Miller s’envole
Contre toute attente, non seulement Jim Walmsley ne parvenait pas suivre Zach Miller dans la très longue descente vers La Fouly, plutôt favorable à ses grandes foulées, puis la remontée vers Champex. Il se faisait même rejoindre par Germain Grangier, étonnant de facilité. Les 2 hommes arrivaient au coude à coude à la base de vie de Champex-Lac, avec 11 minutes de retard sur Zach Miller. Sans s’affoler, Jim Walmsley prenait le temps de changer de chaussures et de tee-shirt, troquant son maillot noir pour un plus clair en prévision du soleil et de la chaleur, avant de repartir derrière Grangier, qu’il reprenait immédiatement. Allait-il se refaire une santé et pouvoir revenir sur Zach Miller ? Le suspense était total.
Sortie de Champex-Lac, Germain Grangier sur les talons de Jim Walmsley, reboosté par ce retour inattendu. Photo Stéphane Demard / Esprit Trail
Le coup d’éclat de Jim Walmsley
« C’est avec le soleil que Jim Walmsley retrouve la forme. » Cette phrase, entendue ça et là dans les commentaires des spécialistes, allait devenir le mantra de sa victoire. Piqué au vif par le retour de Grangier, JimWalmsley allait se refaire une santé en direction de La Giète pour combler son retard sur Zach Miller, pourtant toujours régulier. Au ravito de La Giète, le moustachu de la team The North Face ne comptait plus qu’une minute d’avance sur son compatriote du team Hoka, qui fondait sur lui. Et ce qui devait arriva : Jim Walmsley reprenait la tête dans la descente vers Trient pour passer au ravito avec 2mn30 d’avance sur un Zach Miller résigné. Germain Grangier, de son côté, avait concédé 14 minutes, mais pouvait toujours espérer revenir sur Miller.
Jim Walmsley de nouveau leader. Photo UTMB
Les 4 Français Fantastiques
Derrière ce trio de tête, qui sauf accident composerait le podium à l’arrivée, les Français étaient éclatants de panache. Arthur Joyeux-Bouillon, Mathieu Blanchard, Ludovic Pommeret et Thibaut Garrivier pointaient aux 4, 5, 6 et 7èmes places à La Giète (KM 138), séparés de seulement 3 petites minutes. La lutte pour les places d’honneur promettait d’être intense, tandis que d’autres Tricolores brillaient également, avec Baptiste Chassagne en 10ème position à Champex-Lac, Clément Desille en 15ème et Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, en 16ème position. Quant à Courtney Dauwalter, elle continuait sa remontée, mais pointait à la 19ème place, beaucoup trop loin pour espérer rentrer dans le Top 10.
Arthur Joyeux-Bouillon, grand animateur de la course côté français, longtemps 4ème avant de céder en fin de parcours. Photo UTMB
Vallorcine : un ravito express avec François D’Haene
Aux Tseppes, après 147 kilomètres de course, et à moins de 25 kilomètres de l’arrivée, Jim Walmsley pouvait commencer à savourer son succès. Il venait de réaliser une superbe montée très rythmée dans les pentes à parfois plus de 25% et passait en tête au sommet, avec 9 minutes d’avance sur Zach Miller et 20 sur Germain Grangier. Sans se départir, il continuait avec une foulée impressionnante pour foncer dans la descente vers Vallorcine, creusant un écart de plus en plus conséquent. Moment émouvant, sur ce dernier ravitaillement, au lieu d’être assisté par sa femme, c’est son mentor et ami François D’Haene qui était présent.
Un ravito express, Jim debout, une accolade chaleureuse, et il repartait vers La Flégère, dernière difficulté du parcours avant le plongeon vers l’arrivée. Avec, en tête, les mots prononcés par le quadruple vainqueur de l’UTMB : “Don’t take any risk now” (Ne prends aucun risque maintenant). Il en ressortait avec 14 minutes d’avance sur Zach Miller et 24 sur Germain Grangier, et 16 kilomètres à parcourir. De quoi voir venir…
À Vallorcine, l’assistance et l’accolade de François D’Haene. Photo DR
La consécration pour Jim Walmsley
Creusant sans cesse l’écart sur ses poursuivants, Jim Walmsley prouve enfin qu’il a adopté la bonne stratégie en dosant son effort de bout en bout. Après avoir laissé partir Zach Miller et avoir accepté le retour de Germain Grangier, l’Américain a fait preuve de lucidité en maîtrisant ses émotions sans se laisser abattre. Sûr de ses forces, il a pu maintenir un rythme soutenu là où les autres ont fini par faiblir. L’émotion était palpable au passage du dernier ravitaillement, à La Flégère, où une foule immense était venue l’acclamer. Après 19h00 de course, il pouvait enfin plonger vers Chamonix et la ligne d’arrivée. Zach Miller le suivait à 23 minutes, et Germain Grangier à 33 minutes. Ils ne pouvaient plus être rejoints et n’avaient plus qu’a assurer leur 2ème et 3ème places sur le podium.
2 Américains et un Français, le podium de cet UTMB 2023. Photo Stéphane Demard / Esprit Trail
Il s’impose finalement en 19h 37mn 43s et peut enfin laisser éclater son bonheur. Son chrono, exceptionnel, ne peut cependant être comparé à celui de Kilian Jornet l’an dernier (19h 49mn 32s), car le parcours a été modifié au dernier moment, avec le passage de La Tête aux Vents tronqué. Les spécialistes estiment que ce tracé a permis un gain de temps de 20 à 30 minutes par rapport au parcours complet de 2022. Mais cela n’enlève rien à l’exploit de l’Américain. Gagner l’UTMB, c’est enfin fait. Et pour l’édition anniversaire des 20 ans, en prime ! Champion à jamais.
Jim Walmsley, gagnant de l’UTMB 2023. Photo Instagram Jim Walmsley / DR
Magnifique tir groupé des Français
C’est un Mathieu Blanchard extrêmement déçu, en larmes, qui termine au pied du podium, acclamé par la foule. Son chrono : 20h 54mn 25s. Lui qui y avait tant cru, donné favori après sa 3ème place de 2021 et sa seconde place de 2022, devra digérer cette 2ème déconvenue, après celle de la Western States Endurance Run, et certainement se pencher sur ses choix de préparation pour la saison prochaine, après une année 2022 un peu folle.
Ludovic Pommeret prend la 5ème place en 21h 00mn 54s, tandis que son compère de la team Hoka Thibaut Garrivier termine 6ème. L’Américain Tyler Green et l’Allemand Hannes Namberger prennent les 7ème et 8ème places. Arthur Joyeux-Bouillon, 9ème, et Baptiste Chassagne, 10ème, complètent le Top 10. 6 Français dans les 10 premiers, un résultat inespéré.
La première édition de la finale du circuit UTMB World Series dans la catégorie 50K a permis d’assister à un spectacle exceptionnel sur les 55km et 3500m D+ de l’OCC. Oublié les mauvaises conditions météo de la TDS, tout était réuni ce 31 août pour offrir aux coureurs de bonnes conditions de course entre Orsières, Champex et Chamonix. De quoi permettre au plateau élite de haut niveau de livrer une bataille de toute beauté et d’offrir un podium éclectique et brillant.
Résultat OCC Hommes : le champion du monde Stian Angermund en mode remontada
Dès le départ à Orsières, les spectateurs ont pu savourer une course très rapide. La bataille a été intense entre les favoris avant d’être tenus en haleine avec un final comme on les aime dans le trail running. Parti comme une balle de fusil, le Chinois Yousheng Guan comptait 2 minutes d’avance sur ses poursuivants à Trient, après 23 kilomètres de course. Mais en l’espace de 6 kilomètres, le favori Norvégien Stian Angermund (UTMB Index 935), champion du monde de trail court à Innsbruck en juin dernier, opérait une spectaculaire remontada pour le rattraper et lui mettre 2 minutes au passage du Col de Balme.
Gérant ensuite son avance, Stian Angermund franchissait la ligne en 04h 42mn 40s., signant sa 2ème victoire sur cette OCC après celle de 2019. La bataille pour la deuxième place a été intense entre le Chinois et l’Italien Francesco Puppi, dont c’était la première apparition à Chamonix. Ce dernier, 6ème des championnats du monde de trail court et vainqueur du Lavaredo 50K en juin, remporte le duel et monte sur la deuxième marche du podium, un peu plus de 2 minutes après le vainqueur. Craquant sur la fin, le Chinois laisse sa place sur le podium au jeune Espagnol Antonio Martinez Perez, déjà 2ème en 2022, qui termine sur les talons de Francesco Puppi, à peine 30 secondes après l’Italien.
Résultat OCC Hommes : la réaction de Stian Angermund
Stian Angermund revient sur sa course : « Quand j’ai vu les athlètes au départ, je me suis dit que la course allait être difficile. J’espérais gagner, c’était plus un désir qu’une certitude, mais avant tout je voulais donner le meilleur de moi-même. Gagner devant Francesco et Antonio c’est un grand rêve car ce sont de grands champions. Je ne pensais pas être aussi rapide sur ce parcours qui est différent de celui de 2019. »
Côté tricolore, le meilleur Français est Anthony Felber, qui termine à une très belle 7ème place, à 13 minutes du vainqueur. Arnaud Bonin termine 16ème.
Photo Organisation
Résultat OCC Femmes : Toni McCann au paradis
Chez les femmes, au terme d’une course effrénée sur les 55 km du parcours et 3 500 m d+, c’est finalement la Sud-Africaine Toni McCann (UTMB Index 765) qui franchit la ligne d’arrivée la première. 5ème en 2022, 14ème en 2021, elle avait les larmes aux yeux après cette performance exceptionnelle. Elle a mis 05h 18mn 21s pour rejoindre Chamonix et prendre la 22ème place au général. Comme chez les hommes, la compétition était au rendez-vous avec une belle bataille pour la deuxième place. L’Américaine Katie Schide (UTMB Index 796), vainqueure de l’UTMB en 2022, s’impose finalement en 05h 26mn 25s devant la Chinoise Miao YAO (UTMB Index 782), qui termine moins d’une minute plus tard.
Encore sur le coup de l’émotion, la toute nouvelle gagnante raconte : « Très honnêtement, je suis sans voix, nous rêvons tous de passer cette arche finale en premier. C’est irréel, un rêve qui se réalise. Katie [Schide] a commencé très fort mais j’ai compris que je pouvais véritablement gagner cette course à La Flégère. J’ai eu la sensation de voler dans la descente, mais on ne sait jamais ce qu’il peut se passer sur ce type de distance. Je suis tellement heureuse ! »
Et Katie Schide d’ajouter : « C’est ma cinquième course UTMB en tout, c’est toujours aussi incroyable de terminer ici, à Chamonix, entourée de ce public incroyable et de cette ambiance si particulière. »
2 Françaises terminent dans le Top 10 : Candice Fertin 7ème en 5h 41mn 39s et Louise Serban-Penhoat 8ème en 5h 44mn 41s.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Stian-Angermund-OCC.jpg507842Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-09-01 00:07:262023-09-01 00:07:33Résultat OCC : Stian Angermund et Toni McCann font la loi
On l’annonçait terrible, elle a été terrible ! La TDS, ou Trace des Ducs de Savoie millésime 2023 a consacré des guerriers dans des conditions météo exécrables. Chez les hommes, le Canadien Christian Meier s’impose en patron. Chez les femmes, Maryline Nakache l’emporte après une remontée fantastique.
Résultat TDS : le Canadien Christian Meier au bout de l’enfer
Il fallait être très motivé pour prendre le départ de la TDS, dans la nuit du 28 au 29 août. L’organisation avait pris les devants, en activant le « Kit mauvais temps ». Il n’en fallait pas moins ! Froid, pluie, neige à partir de 2000 mètres, une sorte d’enfer était promis aux 1649 concurrents qui s’élançaient pour 145km et 9100m D+ entre Courmayeur et Chamonix. Avec, dès les premiers kilomètres, deux montées terribles et un passage à 2581 mètres.
Dans ces conditions extrêmes, c’est le Canadien Christian Meier qui a tiré son épingle du jeu. Parti raisonnablement, l’ancien cycliste professionnel a pris les commandes à la mi-course et ne les a plus lâchées. Il s’impose en 19h 36mn 35s. Il devance le Suédois Simen Hjalmar Wästlund, qui avait abandonné en 2021, de 20 minutes. Belle performance des Tricolores avec la 3ème place de Yannick Noël en 20h 18mn 02s et la 4ème place de Jean-Marie Thévenard, petit frère de Xavier, en 20h 29mn 53s. À noter que le champion du monde de trail long Benjamin Roubiol, engagé de dernière minute, a abandonné après 70km de course.
Christian Meier déterminé.
Résultat TDS : Maryline Nakache époustouflante
Mais où s’arrêtera-t-elle ? Sur un parcours qu’elle découvrait, Maryline Nakache a réalisé la course parfaite. Partie très prudemment (elle n’était que 7ème féminine à Bourg-Saint-Maurice, au KM 51, avec plus d’une demi-heure de retard sur la première concurrente), elle ne s’est pas affolée et a géré sa course. Encore à près de 40 minutes de la tête de course à Beaufort (KM 98), l’athlète du team Cimalp a ensuite effectué une impressionnante remontée. En 15 kilomètres, elle a repris 35 minutes pour passer au col de Very (KM 112) avec seulement 4 minutes de retard sur Fiona Porte, qui caracolait en tête depuis le départ.
Maryline Nakache s’impose en 23h 37mn 57s, 21ème au scratch. Après avoir dompté les chaleurs extrêmes pour s’imposer en avril sur le Marathon des Sables, elle a maîtrisé le froid pour franchir la ligne d’arrivée de la TDS en tête. 6ème de l’UTMB en 2021, 5ème de la CCC en 2019, elle monte enfin sur son premier podium à Chamonix. Et sur la plus haute marche. Elle prend au passage sa revanche sur FionaPorte, qui l’avait devancée il y a quelques semaines sur le La Sportiva Lavaredo Ultra Trail by UTMB. Fiona Porte, qui avait abandonné en 2022, conserve sa 2ème place au courage, à 30 minutes de la gagnante. Flavie Bruyneel, autre athlète du team Cimalp, monte sur la 3ème marche du podium, en 24h 26mn 14s.
Maryline Nakache, tout en gestion de course. Capture écran.
Première des courses de la semaine UTMB 2023, la MCC, format marathon avec 2300m D+ entre Martigny en Suisse et Chamonix, a été remportée par Simon Paccard. Chez les femmes, la championne du monde de trail court Clémentine Geoffray a survolé les débats.
MCC 2023 : Simon Paccard et la jeunesse au pouvoir
Il faisait froid. Ils ont vu de la neige. Ils étaient loin de leur zone de confort. Pour cette première course de l’UTMB 2023, la météo n’a pas été clémente. Mais le spectacle a été au rendez-vous. Dans ces conditions, c’est le jeune Simon Paccard, 23 ans, du team Sidas Matryx, qui tire son épingle du jeu. Il s’imposant en 3h 20mn 52s. Le vainqueur du Sierre-Zinal Junior en 2019 avait déjà brillé sur l’YCC à Chamonix en 2021, en terminant à la 3ème place.
Il devance d’un peu plus d’une minute un « revenant », Clovis Chaverot, de retour après quelques mois d’absence dus à une fracture de fatigue. Sa victoire début août sur le Méribel Trail est confirmée de la plus belle des manières par ce podium. Et c’est un autre tout jeune athlète, Fleury Roux, qui termine 3ème, 30 secondes à peine après Chaverot. 2ème du Championnat du Canigo début août, il montre que sur ces formats les jeunes Français sont désormais bien installés.
Photo UTMB / DR
MCC 2023 : Clémentine Geoffray largement devant
Dans la course féminine, la championne du monde de trail court à Innsbruck a une nouvelle fois assuré. Elle s’impose en 3h 47mn 02s et prend la 24ème place au scratch. Clémentine Geoffray devance de 10 minutes l’Espagnole Virginia Perez Mesonero, déjà 2ème il y a quelques semaines sur le trail Verbier Saint-Bernard. Mathilde Coulon, gagnante de l’EDF Trail Cenis Tour début août, confirme sa belle forme en prenant la 3ème place, en 4h 05mn 37s.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Simon-Paccard.jpg7161200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-29 10:10:022023-08-29 10:10:04Résultat UTMB 2023 : la MCC pour Simon Paccard et Clémentine Geoffray
Belle, technique, sauvage, exigeante, la TDS ou Trace des Ducs de Savoie, se mérite. Cette année encore, avec des conditions météo compliquées et un kit “mauvais temps” activé, la course s’annonce épique et plus que jamais ouverte. Voici les principaux favoris.
TDS 2023 : Benjamin Roubiol invité de dernière minute
Chez les hommes, un invité de dernière minute vient prendre la première place au classement UTMB Index (889). Il s’agit ni plus ni moins du champion du monde de trail long, Benjamin Roubiol. Après son abandon sur l’Ultra de la Restonica, alors qu’il était en plein duel avec le Corse (et futur vainqueur) Lambert Santelli, Roubiol aura pour principaux concurrents tricolores le Chamoniard Grégoire Curmer (Index 856), qui courra sur ses terres, et le récent vainqueur de l’Ultra-Trail Snowdonia by UTMB, Yannick Noël (Index 856). Thibault Marquet (Index 856) complète la liste des espoirs français pour succéder à Ludovic Pommeret.
Face à eux, la concurrence internationale sera rude avec notamment le Chinois Canhua Luo (Index 877), second de la Canyons Endurance Runs by UTMB fin avril, et l’Espagnol Cristofer Clemente (Index 862) qui accumule les podiums de courses en courses, avec encore très récemment une troisième place début août sur la KAT 100 by UTMB, en Autriche.
Le froid et la neige s’invitent sur la TDS. La course promet d’être épique. Photo UTMB / DR
TDS 2023 : Fiona Porte, Maryline Nakache et Lucie Jasmin en pole
Chez les dames, l’Italienne Giuditta Turini et Fiona Porte partagent le meilleur UTMB Index (Index 747). Déjà deuxième en 2021, la championne italienne part peut-être avec un avantage sur la Française, qui s’est également déjà frottée à ce parcours en 2022 mais avait abandonné en 2022. D’autres sérieuses candidates pourraient leur donner du fil à retordre, et en particulier la très expérimentée Maryline Nakache (Index 735), récente 2ème du La Sportiva Lavaredo Ultra Trail by UTMB derrière Fiona Porte. Il faudra également compter sur Lucie Jamsin (Index 730) et l’Italienne Agnese Valz Gen (Index 722), 7ème de la CCC 2021.
Une Polonaise, une Américaine, et une Autrichienne pourraient venir jouer les trouble-fête. Polina Krawczka (Index 721), qui a fini aux portes du Top 10 sur l’UTMB l’année dernière aura à cœur de briller. Sarah Keyes (Index 720), qui avait déjà tenté l’expérience UTMB en 2018 mais était restée sur un abandon, revient avec de belles ambitions. Enfin Estelle Fellhofer (Index 718), avec 4 victoires cette saison, dont le Trail 100 Andorra by UTMB et la KAT 100 by UTMB, aura certainement son mot à dire.
TDS 2023 : Kit mauvais temps activé
Les témpératures extrêmement froides en altitude, combinées aux potentielles précipitations et au vent, rendent le « kit mauvais temps » obligatoire en plus du kit de base. Selon les prévisions météo, la limite pluie neige sera aux alentours des 2 100 m. Le danger d”hypothermie sera bien réel. Pour avoir toutes les chances de passer sous l’arche d’arrivée, les coureurs sont invités à prendre l’ensemble du matériel obligatoire et à prévoir du rechange dans leurs sacs d’allégements. En revanche, aucun changement de parcours n’a été prévu pour l’instant, mais cela pourrait changer selon l’évolution de la situation.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/TDS-2023-open.png6561200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-28 10:46:522023-09-04 08:40:10TDS 2023 : qui pour succéder à Ludovic Pommeret et Martina Valmassoi ?
Avec un chrono de 2h 34mn 22s, Sylvain Cachard a établi la meilleure performance française de l’histoire de Sierre-Zinal, lors de la 50ème édition de la plus renommée des courses en montagne, 4ème étape des Golden Trail World Series 2023. Parti un peu moins rapidement qu’en 2022, 15ème en haut de la montée, il a su parfaitement gérer son effort pour finir en trombe et échouer au pied du podium, derrière les 3 flèches kényanes. Dans une vidéo passionnante, Mathieu Delpeuch décrypte en compagnie du coureur et de son coach Nicolas Martin tout le processus qui a mené à ce formidable résultat, nombreuses données d’entraînement à l’appui.
Un début de saison en demi-teinte
Le principal objectif de début de saison de Sylvain Cachard était de se qualifier pour les Championnats du Monde de Trail Court d’Innsbruck, au mois de juin. Pour cela, il devait impérativement être dans les 2 premiers au Championnat de France de Trail Court de la Cité des Pierres, à Montpellier. Hélas, tout ne se passa pas comme souhaité. Sur ce format de 30 km et 1500m D+, Sylvain Cachard mena jusqu’au 20ème kilomètre, avant de connaître une grosse défaillance. Thibaut Baronian s’imposa en solitaire, devant Loïc Robert et Thomas Cardin. Sylvain Cachard, 11ème seulement à près de 7 minutes du vainqueur, pouvait dire adieu à sa sélection en bleu.
Sylvain Cachard à la recherche de LA course référence
Spécialiste des efforts courts, très performant sur des formats de 1h à 2h00, Sylvain Cachard cherchait depuis longtemps à conserver le niveau de performance qui lui avait permis d’être champion d’Europe de course en montagne en 2022 sur des formats plus longs, entre 2h30 et 4h de course. C’est à la mi-mai, son échec à se qualifier pour les championnats du monde de trail d’Innsbruck digéré, qu’il a pris pour objectif la course Sierre-Zinal, et orienté sa préparation avec l’aide de Nicolas Martin. « Au fil des ans et à l’aide de mes coachs, j’ai appris à mieux me connaître, raconte Sylvain Cachard. Mais j’avais besoin de plus que des plans d’entraînement à suivre à la lettre, j’avais besoin d’échange, d’accompagnement. C’est ce que j’ai trouvé avec Nicolas Martin. »
Photo Golden Trail World Series / Sierre-Zinal 2023 / Martina Valmassoi
Préparation Sierre-Zinal : l’entraînement en altitude
Très vite, Sylvain Cachard et Nicolas Martin ont compris que pour performer sur Sierre-Zinal, cette course de 31km, avec ses 2200m de D+ et 1100m de D- et surtout une très longue section du parcours se déroulant à une altitude moyenne de 1800 mètres, il fallait s’acclimater à l’altitude. C’est au cours de 2 stages en montagne de 3 semaines, l’un en Italie, l’autre dans les Pyrénées, à Font-Romeu, que le Français a effectué des séances spécifiques destinées à le mettre sur de bons rails. Avec un choix très précis : travailler à l’allure de course, et non à son allure d’entraînement habituelle, légèrement plus rapide, afin d’être capable de tenir sur la durée de l’épreuve.
Le décryptage des séances effectuées, analysées par Nicolas Martin dans la vidéo de Mathieu Delpeuch, est à ce titre très intéressant. Il montre une méthode précise, suivie à la lettre par l’athlète, afin d’optimiser sa forme et d’être au rendez-vous le jour J.
Sierre-Zinal 2023 : Sylvain Cachard à quelques mètres du podium
Les dernières minutes de la vidéo retracent la course de Sylvain Cachard, avec à la fois le ressenti de l’athlète et l’analyse de Nicolas Martin via les statistiques. Parti plutôt prudemment, l’athlète du team Hoka avoue avoir eu un coup de mou dans la montée, après une demi-heure de course, mais ses stats montrent qu’il ne s’est pas désuni et qu’il a sur parfaitement gérer ce passage à vide. Arrivé en haut de la montée en 15ème position, avec plus de 30 secondes de retard sur son chrono référence, il ne s’affole pas et réalise au contraire qu’il n’est pas trop entamé. Capable d’allonger, il commence sa remontée, jusqu’à revenir dans la descente sur le 3ème. Hélas, dans le final plus favorable au Kényan, il devra s’incliner. 4ème en 2h 34mn 22s, meilleure performance française de l’histoire de Sierre-Zinal, Sylvain Cachard a réussi son pari.
Les 5 premiers de l’édition 2023. Photo Golden Trail World Series / Sierre-Zinal 2023 / the.adventure.bakery
Sylvain Cachard à Sierre-Zinal, tous les secrets : la vidéo de Mathieu Delpeuch
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Cachard-Photo-Golden-Trail-World-Series-Sierre-Zinal-The-Adventure-Bakery_DSC2829.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-28 01:00:002023-08-26 20:02:04Record français de Sylvain Cachard à Sierre-Zinal : comment a-t-il fait ?
Que d’eau, que d’eau ! C’est dans des conditions météorologiques compliquées, avec des orages nocturnes violents et sous des trombes d’eau, que se sont en partie déroulées les épreuves du Grand Raid des Pyrénées 2023, dont certaines ont même été neutralisées. Sur le format ultra, le Portugais Guilhermo Lourenço a contrôlé jusqu’au bout, tandis que Céline Finas a littéralement survolé la course. Journée « terriblement angoissante ! », a commenté pour sa part Sylvaine Cussot, 4ème du 80km du Tour des Lacs.
Ultra Tour 160 : deux voyageurs solitaires
164km et 9943m D+
Même si les écarts à l’arrivée sont bien différents, le scénario de la course messieurs a été le même que celui de la course femme : des voyages en solitaires. Parti en tête dès le départ, le Portugais Guilhermo Lourenço n’a jamais faibli et a su garder son petit matelas d’une vingtaine de minutes d’avance tout au long des presque 24 heures de course. Il s’impose en 23h 54mn 16s. Il devance de 23 minutes Matthieu Durand. Bien plus loin, Hugo Huberdeau monte sur la 3ème marche du podium, à plus de 2h11 du vainqueur, et 3 petites secondes devant Rémi Gillie, 4ème.
Guilhermo Lourenço, vainqueur de l’Ultra Tour, lors des reconnaissances. Photo Facebook / DR
Même topo chez les femmes, où Céline Finas a également mené de bout en bout pour s’imposer en 31h 33mn 25s. 19ème au scratch, elle devance très largement l’Italienne Marta Poretti, reléguée à plus de 2h18. Guislaine Verrier complète le podium, à plus de 5 heures de la gagnante.
Céline Finas de bout en bout. Photo Noemie Finas / DR
Tour des Cirques : des victoires à l’endurance
121km et 7116m D+
Si la victoire de Baptiste Hagneré a mis un peu de temps à se dessiner, elle n’en est pas moins belle. Accompagné dans la première partie de course par Aurélien Jacouto, il s’est véritablement détaché à l’approche de Gavarnie pour s’imposer en 16h 59mn 04s. Jacouto a quant à lui été rejoint par Robin Coinus, vainqueur de l’Ultra Tour 2022, au ravito de Luz Saint-Sauveur, les deux hommes terminant ensemble avec 1h20 de retard sur le vainqueur.
Chez les femmes, la victoire d’Aurélie Morisaux a été un peu plus longue à devenir une évidence. Longtemps talonnée par Lorenne Bouaidat (2 minutes d’écart à Gavarnie), elle s’est réellement détachée après avoir effectué un très long arrêt à la base de vie de Luz Saint-Sauveur (19 minutes). Ressortie avec seulement 6 minutes d’avance sur sa poursuivante, elle s’impose en 24h 36mn 31s et devance finalement de 33 minutes Lorenne Bouaidat. Delphine Alles termine 3ème à 1h40 de la gagnante.
Le podium du tour des Cirques. Photo GRP
Tour des Lacs : les favoris assurent
80,2km et 5163m D+
C’est dans les 2 premières heures de course que le favori Maxime Cazajous a construit sa victoire. En tête à La Mongie, il comptait 5 minutes d’avance sur son poursuivant Pierre Pagnoux. Personne ne reviendrait sur lui. Il s’impose en 9h 14mn 45s. Il devance de 18 minutes Mathieu Colzato, tandis que c’est au finish que Paul Iratzoquy prend la 3ème place, 7 secondes seulement devant son compère du club Esclops d’Azun Pierre Pagnoux, rattrapé sur la fin, à bout de forces.
Dans la course féminine, Virginie Alleaud n’aura pas non plus fait durer le suspense très longtemps. Après un départ canon et sous des trombes d’eau de Sylvaine Cussot, passée en tête au premier pointage, elle a pris le large dès La Mongie pour ne plus jamais être rattrapée. Elle s’impose en 12h 07mn 23s. Elle devance de 8 minutes une Pauline Grardel revenue très fort sur la fin et de près de 11 minutes Sophie Barrère, qui était pourtant deuxième depuis La Mongie. À noter la 4ème place de Sylvaine Cussot, qui sur les réseaux sociaux, juste après avoir récupéré sa médaille de finisher, a commenté sa journée en 2 mots : « Terriblement angoissante ! »
Sylvaine Cussot après une journée pour le moins éprouvante. Photo Instagram Sissi Cussot
Tour du Moudang, les podiums
62,9km et 3608m D+
Victoire de Julien Lacomme en 7h 36mn 59s, avec seulement 4mn28 d’avance sur Alexandre Beaufils. Marceau Faget termine 3ème, à 17 minutes.
Chez les femmes, Aurore Dacier s’impose largement. Elle devance de plus d’1h15 les sœurs britanniques Natalie et Valérie Wong, séparées de 3 petites secondes.
Si Courtney Dauwalter, double vainqueure de l’UTMB (2019, 2021) est largement favorite de cet UTMB 2023, on suivra avec attention son duel avec Blandine L’Hirondel, double championne du monde de trail, vainqueure de la CCC 2022, qui s’attaquera le 1er septembre à son premier 100 miles.
UTMB 2023 : Courtney Dauwalter pour un triplé historique ?
Après une saison déjà exceptionnelle, où elle s’est imposée sur les 2 ultras les plus renommés des États-Unis, la Western States Endurance Run et la Hardrock 100 trois semaines plus tard, Courtney Dauwalter pourrait rentrer dans l’histoire en décrochant une troisième victoire sur le tour du Mont-Blanc, après celles de 2019 et 2021. Elle deviendrait alors la première athlète à remporter les 3 courses la même année, un exploit que de nombreux spécialistes jugeaient impossible à réaliser, les temps de récupération entre les différentes épreuves étant très réduits.
Nouveau record sur la Western States Endurance Run, en juin dans le Colorado. Photo WSER
UTMB 2023 : Blandine L’Hirondel dans l’inconnu
Le 1er septembre prochain, la double championne du monde Blandine L’Hirondel, 2ème meilleure cote UTMB des participantes, prendra le départ de son premier 100 miles. Gagnante de l’OCC en 2021, de la CCC en 2022, la Française n’a plus couru sur une distance supérieure à 60 km depuis sa victoire sur le parcours de 69km de l’Istria 100 by UTMB, en avril dernier. Elle reste surtout sur une terrible déception lors des championnats du monde de trail long à Innsbruck, début juin, où elle avait été contrainte à l’abandon sur blessure. S’il y a de grandes chances qu’elle parte prudemment, on peut légitimement s’interroger sur sa capacité à aller au bout de cette très longue épreuve, tous les traileurs étant unanimes à dire qu’au delà de 100 kilomètres, on entre dans un autre monde.
« Je pars dans l’inconnu, dans une nouvelle discipline et je n’ai aucune idée de la façon dont mon corps va réagir et comment je vais gérer tous les paramètres inconnus que je vais rencontrer, a déclaré Blandine L’Hirondel il y a quelques jours. Mais je me suis donné les moyens d’être aussi préparée que possible, c’est déjà une victoire personnelle, et j’en suis fière. »
Blandine L’Hirondel à l’arrivée de la CCC 2022. Photo UTMB
UTMB 2023 : qui pour battre Courtney Dauwalter
Si la maîtrise de l’Américaine semble totale sur ce parcours, elle ne sera pas à l’abri d’un coup de fatigue, surtout après avoir couru (et remporté) 2 ultras en juin et juillet. Courtney Dauwalter avait d’ailleurs souligné qu’elle avait eu des passages à vide et qu’elle avait souffert durant la Hardrock 100, mi-juillet. Sera-t-elle suffisamment remise pour avaler les 171 kilomètres et 10000m D+ de cette boucle autour du Mont-Blanc ? Sa connaissance du terrain sera certes un atout, mais il lui faudra se méfier de la concurrence.
Parmi les candidates au podium figure ainsi l’expérimentée Néo-Zélandaise Ruth Croft, gagnante de la WSER 2022 et de la CCC en 2015. Il faudra également compter sur l’Allemande Katharina Hartmuth, gagnante de l’Eiger Ultra-Trail mi-juillet et 3ème de la TDS l’an dernier, l’Italienne Martina Valmassoi, vainqueure de la TDS 2022, ou encore la Hongroise Eszter Csillag, 5ème de la dernière édition de l’UTMB. Sans oublier, côté français, la médaillée de bronze des championnats du monde de trail long, Manon Bohard Cailler, vainqueure du MIUT en avril dernier et de la TDS en 2021, qui avait été contrainte à l’abandon l’an dernier.
UTMB 2019 : retour sur la première victoire de Courtney Dauwalter
Photo UTMB
Après Krissy Moehl (2003 et 2009), Nikki Kimball (2007) et Rory Bosio (2013 et 2014), Courtney Dauwalter remporte avec autorité l’UTMB 2019. Favorite, elle a concrétisé avec panache en s’imposant nettement au bout de 24h 34mn d’efforts. Spécialiste de la Western States Endurance Run, elle décroche une très belle 21ème place au scratch d’une course remportée par l’Espagnol Pau Capell, auteur d’un solo magistral. Après le début de course affolant de la Chinoise Miao Yao, l’Américaine a repris les commandes dans la nuit au Refuge Bonatti, pour assumer ensuite de sa foulée économique la difficile position de leader. La Chinoise abandonnait après le Grand Col Ferret, victime de troubles oculaires.
Derrière Courtney, la Suédoise Kristin Berglund a pris la 2e place. L’Espagnole Maite Maiora-Elizondo complète le podium, après que l’autre Suédoise Mimmi Kotka ait été victime d’une blessure et que l’Anglaise Beth Pascall ait subi une grosse défaillance dans les derniers kilomètres, alors que toutes deux semblaient pouvoir envisager le podium. Katie Schide termine à la 6ème place pour sa première expérience sur la distance. Elle l’emportera en 2022.
Courtney Dauwalter à l’arrivée de son premier UTMB, en 2019. Photo UTMB
UTMB 2021 : la chevauchée fantastique de Courtney Dauwalter
Impressionnante de facilité, l’Américaine s’impose pour la 2ème fois à Chamonix, moins de 2 heures après François D’Haene, vainqueur de son 4ème UTMB. Avec un chrono de 22h 30mn, elle termine 7ème au scratch, comme Rory Bosio en 2013, dont elle bat le record féminin de l’épreuve de 7 minutes. Derrière l’Américaine, la jeune Française Camille Bruyas réussit merveilleusement son baptême du feu sur l’événement, en terminant à la 2ème place. La Française toujours présente aux avant-postes est revenue sur la Suédoise Mimmi Kotka durant la deuxième partie de course pour terminer en 24h 09mn, à la 16ème place du scratch. Mimmi Kotka complète ce podium très international en 25h 08mn mais dans la douleur, le prix à payer pour rentrer dans la légende de l’ultra-trail.
Courtney Dauwalter lors de l’UTMB 2021. Photo Franck Oddoux
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/08/Courtney-Dauwalter-Blandine-LHirondel-open.png6341200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-08-21 12:01:082023-09-04 08:40:40UTMB 2023 : Courtney Dauwalter /Blandine L’Hirondel, le combat des reines