Mercredi 20 juillet à 18h, les coureurs de l’ultra-trail Terre des Dieux s’élanceront de Calenzana pour 170 kilomètres et 11000m D+ sur le mythique GR20. Une occasion unique de pouvoir parcourir ce sentier en semi-autonomie et en sécurité. Et, pour les plus costauds, de s’étalonner par rapport aux records détenus par Lambert Santelli depuis 2021 et Anne-Lise Rousset depuis juin 2022. Avec en point d’orgue le duel annoncé entre Grégoire Curmer et Jules-Henri Gabioud.

Le GR20 en mode ultra

Si Terre des Dieux est le seul ultra de type « 100 miles » organisé en Corse, c’est surtout le seul événement à proposer de parcourir le GR20 sur sa quasi-totalité. « Sur 170 kilomètres, seuls 6 kilomètres sont hors GR20, explique Marylou Valery, présidente de l’association Mantinum, organisatrice de l’événement. C’est l’unique possibilité pour un traileur de découvrir la quasi-totalité du GR20 en une seule fois sur une course, tout en étant encadré et en ayant la possibilité de profiter de ravitaillements et des accès aux refuges. » Cet encadrement a été rendu possible grâce à un long travail réalisé en étroite collaboration avec les institutions corses. Ainsi, les coureurs qui s’élanceront mercredi 20 juillet à 18h de Calenzana pourront profiter de la diversité des sentiers corses en toute sécurité, une expérience unique !

TERRE DES DIEUX 2022 affiche
© DR

Chaud devant !

En plus du gros dispositif de sécurité déployé sur la course, au vu des conditions caniculaires prévues sur toute l’Europe de l’ouest, l’organisation a décidé d’activer le Kit Canicule. Prévu par le règlement de la course ce kit comprend : des lunettes de soleil, une casquette saharienne, de la crème solaire et une réserve minimum de 2 litres. Des contrôles aléatoires seront organisés afin de garantir la sécurité des coureurs.

TERRE DES DIEUX 2022 2
© DR

Terre des Dieux 2022, une belle bataille en perspective

À l’avant du peloton, une belle bataille s’annonce chez les hommes entre Grégoire Curmer, vainqueur de la Diagonale des Fous en 2019, et Jules-Henri Gabioud, vainqueur du Tor des Géants en 2011 et du dernier Tor des Glaciers. Mais au-delà de la compétition, les deux champions voient Terre des Dieux comme une occasion unique de participer à un ultra sur l’un des plus beaux et plus mythiques sentiers du monde. 

« Il n’existe pas beaucoup d’endroits sur la planète où l’on peut découvrir la quasi-totalité d’un GR comme ça, confie Grégoire Curmer. Et là il s’agit du GR20 qui est pour moi le plus beau GR du monde ! La distance, la difficulté des terrains, l’histoire des sentiers corses, tout cela fait de Terre des Dieux une course incroyable qui pourrait devenir l’une des plus belles courses du monde ! »

« C’est un truc de dingue d’avoir la chance de courir sur ce parcours, poursuit Jules-Henri Gabioud. La course emprunte vraiment le GR20 qui est certainement l’un des parcours de trek les plus difficiles d’Europe. Il n’y aura pas que la distance à prendre en compte, c’est un véritable défi physique cette course et c’est ce que j’aime. On va découvrir quelque chose de mythique et vivre un vrai challenge. Et de savoir en plus que Grégoire est là, ça me motive encore plus ! »

Site de l’épreuve

TERRE DES DIEUX 2022 affiche
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Samedi 16 juillet 2022, Saint-Gervais Mont-Blanc a accueilli la seule étape française de Coupe du Monde de Course en Montagne. Et les surprises ont été au rendez-vous de cette 35e Montée du Nid d’Aigle, avec la prise de pouvoir des Kenyans chez les hommes comme chez les femmes. Et 2 records à la clé.

Une course inchangée depuis 35 ans

Depuis 35 ans maintenant, la « Montée du Nid d’Aigle » n’a de cesse de faire rêver les amateurs de course à pied. En effet, chaque année, ce sont 450 coureurs et 50 randonneurs qui prennent le départ lors de cet évènement mythique. Mais qui se mérite. Car il faut être capable d’avaler près de 20 km et 2000 mètres de dénivelé, sur un tracé pratiquement inchangé depuis sa première édition. Au départ du parc Thermal du Fayet, à 596 mètres d’altitude, les coureurs profitent d’un panorama à couper le souffle durant toute l’ascension. L’objectif : atteindre le plus rapidement possible le Refuge du Nid d’Aigle, à 2394 mètres d’altitude. C’est là que se situe la gare d’arrivée du Tramway du Mont-Blanc, train à crémaillère le plus haut de France, point de départ de la célèbre « voie normale » du Mont-Blanc.

MONTEE NID D'AIGLE © Noa Barrau
© Noa Barrau

Montée du Nid d’Aigle : le rendez-vous de l’élite mondiale

A l’instar de l’été dernier, l’édition 2022 de la Montée du Nid d’Aigle se professionnalise et arbore fièrement sa qualification « d’étape de Coupe du Monde ». Une distinction importante, d’autant plus qu’elle est la seule en France cette année. Une fierté non dissimulée par la commune, qui a accueilli, au pied du Mont-Blanc et sous une météo idyllique, l’élite mondiale, dames et hommes, de la course en montagne.

Parmi eux, on notait en particulier la présence de la championne du monde 2019 et toute nouvelle championne d’Europe de trail Blandine L’Hirondel, titrée aux Canaries il y a 15 jours. Ses plus redoutables adversaires étaient les Kenyanes, avec la gagnante de l’édition 2021 Lucy Wambui Murigi et la gagnante de la coupe du monde 2021 Joyce Muthoni Njeru.

Chez les hommes, le tenant du titre et recordman de l’épreuve Xavier Chevrier entendait bien conserver son titre. Mais une grosse délégation française pouvait espérer briller, avec notamment Frédéric Tranchand, Quentin Meyleu ou Johann Baujard. On notait également avec plaisir le retour de l’Italien Francesco Puppi, blessé au coude il y a un peu moins d’un mois lors d’une chute pendant la course Neirivue-Moléson.

Les Kenyans font la loi

Au terme d’une course très rapide, c’est le Kenyan Patrick Kipngeno qui s’est imposé. Il signe au passage un nouveau record de l’épreuve, en 1h 38mn 54s, battant largement le chrono de 1h 44mn 25s établi par Xavier Chevrier en 2021. A noter qu’il effectue cette montée à une vitesse moyenne effarante de 11,83km/h ! Il devance un autre Kenyan, Philemon Ombogo Kiriago, qui passe la ligne d’arrivée en 1h 45mn 03s. Le premier Français, Théodore Klein, termine 3e en 1h 46mn 28s. Quant au tenant du titre Xavier Chevrier, il doit se contenter de la 12e place.

MONTEE NID D'AIGLE podium hommes © OT Saint-Gervais
Le podium masculin © OT Saint-Gervais

Du côté des femmes, c’est également une Kenyane qui s’impose. Joyce Muthoni Njeru remporte l’épreuve en 2h 00mn 31s, établissant elle aussi un nouveau record. Elle efface ainsi celui d’Isabelle Guillot, qui datait de 2006. Elle devance Blandine L’Hirondel de plus de 2 minutes (2h 02mn 44s), tandis que l’Italienne Camilla Magliano complète le podium en 2h 06mn 19s.

Le podium féminin © OT Saint-Gervais
MONTEE DU NID D'AIGLE TOP 20
Le top 20 de la Montée du Nid d’Aigle 2022.
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Si le combat des chefs entre François D’Haene et Kilian Jornet occupait tous les esprits lors de cette Hardrock 100 dans les montagnes du Colorado, une autre course, tout aussi passionnante, se déroulait chez les femmes. En effet, la redoutable Américaine Courtney Dauwalter, revancharde après son abandon en 2021, n’avait qu’un seul objectif : atomiser la course dès le départ. Et elle l’a fait !

27 femmes au départ de la Hardrock 100, un record

Cette 27e édition de la Hardrock 100 était historique à double titre. D’abord, symboliquement, parce qu’elle célébrait le 30e anniversaire de l’épreuve née en 1992. Mais surtout, parce que c’était la première fois qu’autant de femmes avaient été retenues parmi les 145 privilégiés invités à courir l’épreuve. Les 27 « élues » allaient devoir honorer leur sélection et tenter de parcourir l’intégralité de cette terrible boucle de 161 km et 10000m de D+ pour revenir à Silverton embrasser le fameux rocher faisant office d’arrivée. Et parmi elles, l’impressionnante Courtney Dauwalter, figure de proue du Team Salomon, capable de rivaliser avec les meilleurs hommes.

HARDROCK 100 COURTNEY RUNNING
Avec ses shorts longs et sa légendaire bonne humeur, impossible de rater Courtney Dauwalter. © Instagram Dauwalter / DR

Pour Courtney, un mot d’ordre : oublier 2021

Archi-favorite, l’Américaine n’avait qu’un seul ennemi dans la course : elle-même. Car la Hardrock 100 est une des courses les plus dures au monde, qui ne se gagne qu’en étant en pleine possession de ses moyens. Impossible de tricher avec son corps lorsque l’épreuve se déroule à une altitude moyenne de plus de 3300 mètres, avec un point culminant à une altitude record de 4282m. Or, l’an dernier, pour sa première participation, Courtney Dauwalter avait craqué. Victime d’ennuis gastriques, incapable de prendre le temps de s’alimenter correctement aux stations de vie, elle avait été contrainte à l’abandon au 100e kilomètre. Un fait rarissime chez elle, qui lui laissait un goût amer et une terrible envie de remettre les pendules à l’heure. Si, depuis, Courntey a énormément travaillé sur la nutrition, et en particulier l’ingestion de calories liquides, encore fallait-il tester l’efficacité de ces nouveaux protocoles sur cette course.

Un plateau féminin de haut niveau

Si Courtney était logiquement la favorite des bookmakers, ses concurrentes n’étaient pas venues pour faire de la figuration. Parmi les autres prétendantes à la victoire, où tout au moins au podium, on trouvait du beau monde. A commencer par l’expérimentée Darcy Piceu, triple gagnante de l’épreuve de 2012 à 2014, et seconde en 2021 derrière l’Américaine Sabrina Stanley. Mais également Meghan Hicks, troisième de cette dernière édition, et Hannah Green, 7e en 2017. Ou encore la Canadienne Stephanie Case, habituée des exploits sur longue distance, vainqueur du 450km du Tor des Glaciers en 2021.

Au sujet de Stephanie Case, lire l’article Free to Run, le défi de l’ultra-traileuse Stephanie Case

Courtney à fond dès le départ

Si, chez les hommes, la course au coude à coude de Kilian Jornet et François D’Haene aura maintenu le suspense jusqu’aux 10 derniers kilomètres, il n’en a rien été chez les femmes. En effet, Courtney Dauwalter a fait la loi du début à la fin. Partie seule en tête dès les premiers kilomètres, elle a progressé à un rythme implacable sans qu’aucune de ses rivales ne puisse la suivre. Au premier tiers de course, installée à la 8e place au général, elle comptait déjà plus d’une heure d’avance sur sa poursuivante Darcy Piceu. Un écart qui allait se creuser peu à peu pour devenir un gigantesque fossé.

6e au scratch à mi-course

C’est à la base de vie d’Engineer Station, juste après la mi-course, que les choses deviennent évidentes : Courtney Dauwalter, remontée à la 6e place au général, est dans un très très grand jour. Avec un chrono de 12h10, elle est très en avance sur le record féminin de la course dans le sens des aiguilles d’une montre (la boucle change de sens tous les ans), voire même sur celui réalisé dans le sens inverse, réputé plus rapide. Les deux records, propriété de l’Américaine Diana Finkel en 28h 32mn 06s dans le sens horaire en 2010 et 27h 18mn 24s dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en 2009, sont en passe d’être pulvérisés.

Hardrock 100 2022, un record féminin historique

HARDROCK 100 COURTNEY ROCK
Courntey Dauwalter agenouillée au pied du rocher de Silverton, symbole de la ligne d’arrivée de la Hardrock 100. © Instagram Dauwalter / DR

Très concentrée sur l’objectif, attentive à bien s’alimenter et s’hydrater, Courtney Dauwalter a continué son impressionnant cavalier seul. Aux trois-quarts de la course, elle compte plus de 5 heures d’avance sur la Canadienne Stephanie Case, qui s’est emparée de la seconde position devant Hannah Green, Darcy Piceu et Meghan Hicks. Le record en ligne de mire, Dauwalter s’offre un finish impressionnant dans la dernière descente pour finalement embrasser le rocher de l’arrivée en 6e position au scratch, après 26h 44mn 36s. Elle pulvérise ainsi les 2 marques de Diana Finkel et écrit une nouvelle ligne de son immense palmarès de championne.

Elle devance de plus de 6 heures Stephanie Case, qui termine sa première Hardrock 100 en 32h 52mn 46s, à la 19e place au général. Troisième féminine, l’Américaine originaire de Silverton Hannah Green termine en 34h 26mn 39s, avec près de 2 heures d’avance sur son meilleur chrono de 2017. Quant à Darcy Piceu, pour la première fois en 9 participations, elle termine au-delà de la seconde place, échouant au pied du podium.

Voir tous les résultats de la course.

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Toute la planète trail attendait le résultat de cette Hardrock 100 2022, qui voyait s’affronter les 2 meilleurs traileurs du monde, François D’Haene et Kilian Jornet, dans les montagnes du Colorado. Le Français, tenant du titre, rêvait de battre le record. L’Espagnol, dont la dernière participation remonte à 2017, a gagné à chacune de ses 4 participations se devait de briller sous les couleurs de sa marque, NNormal. Le suspense a été total et le résultatau-delà de toutes les attentes.

L’un des ultras les plus durs au monde

Le profil de la Hardrock 100 ferait mal à la tête de n’importe quel traileur, fût-il un cador. Imaginez une lame de scie de bucheron canadien, avec des dents très longues et pointues. Vous y êtes presque. La boucle de 100,4 miles (161,5 km), avec pour point de départ et d’arrivée la ville de Silverton, dans le comté de San Juan, n’est qu’une succession de pics à gravir pour un dénivelé positif total de près de 33000 pieds (10000 mètres).

Ici, pas de répit, on monte et on descend tout le temps. Et surtout, on monte haut, très haut. Car la particularité de cette épreuve, qui la rend si dure pour les organismes, est qu’elle se court à une altitude moyenne de plus de 3300m. Avec un point culminant, le Handies Peak, à 4282m ! Une des raisons pour lesquelles les éditions de 1995 et 2019 ont été annulées, à cause de la neige…

HARDROCK 100 PROFIL
Le profil de la Hardrock 100, avec un sommet de la course, le Handies Peak, à 4282m.

145 concurrents au départ, un duel fantastique

Autant dire que courir un tel ultra n’est pas à la portée de tous. Et faire partie des élus se mérite. En effet, ils ne sont que 145 à avoir l’honneur de s’élancer, pour tenter de parcourir cette terrible boucle et revenir à Silverton embrasser le fameux rocher faisant office d’arrivée.

HARDROCK 100 rocher
Le fameux rocher de l’arrivée à Silverton : l’embrasser, c’est être finisher…

Et le duel offert par cette 27e édition valait son pesant d’or. Avec le tenant du titre, François D’Haene, face à son challenger, rival et ami Kilian Jornet, dont la dernière participation remonte à 2017. Une édition qu’il avait gagnée. Qui, entre le leader du Team Salomon et celui du team NNormal, l’emporterait ? Lors de leur dernière confrontation, l’UTMB 2017, c’est le Français qui s’était imposé d’un quart d’heure devant l’Espagnol.

HARDROCK 100 UTMB
François D’Haene félicitant Kilian Jornet à l’arrivée de l’UTMB 2017, leur dernière confrontation. © DR

Le dernier affrontement ?

Cette édition de la Hardrock 100 2022 était historique à double titre. D’abord, parce qu’elle célébrait le 30e anniversaire de l’épreuve, née en 1992. Ensuite, parce que c’était sans doute la dernière grande compétition internationale où D’Haene et Jornet s’affrontaient. Car si François D’Haene, âgé de 36 ans, est spécialisé dans l’ultra et a encore de belles années devant lui, Kilian Jornet, lui, semble à l’âge de 34 ans diriger sa carrière vers des formats plus courts, type marathon de Zegama-Aizkorri, qu’il a gagné pour la 10 fois cette année, et vers l’alpinisme. Jean-Michel Faure-Vincent, patron du Team Salomon de D’Haene, a d’ailleurs confirmé il y a quelques jours : « Il y a de très fortes chances que cette Hardrock 100 soit le dernier affrontement » entre les deux champions. Raison de plus pour se régaler du spectacle de cette course historique.

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Honneur au vainqueur de l’édition 2021, porteur du dossard N°1 : François D’Haene s’élance en tête de l’édition 2022. © Instagram D’Haene / DR

Une course de rêve

Comme s’ils devaient écrire la plus belle des histoires, Kilian Jornet et François D’Haene ont fait la course que tout le monde, secrètement, rêvait de voir. Partis en tête, ils ont été un premier temps accompagnés par l’autre grand animateur de la course, l’autre athlète du Team NNormal, l’Américain Dakota Jones. Longtemps, les 3 hommes se sont tenus quasiment dans la même minute. Au premier tiers de la course, ils comptaient déjà une demi-heure d’avance sur le 4e, l’Italien Daniel Jung.

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Dakota Jones, François D’Haene et Kilian Jornet, le trio qui a sublimé la Hardrock 100 2022. © Instagram D’Haene / DR

C’est à mi-course que Dakota Jones, visiblement très en forme, a accéléré la cadence. Ni D’Haene, ni Jornet, tous deux dans la gestion de leur course, n’ont suivi l’Américain, qui a compté jusqu’à 20 minutes d’avance avant de connaître un coup de moins bien et de se faire rattraper. Aux trois-quarts de la course, alors que le duo D’Haene/Jornet continuait de caracoler en tête, l’improbable scénario commençait à se dessiner. Une arrivée main dans la main, comme pour célébrer le mutuel respect entre les deux athlètes, pour leur ultime confrontation ? Rien, dans leur attitude, ne laissait en tout cas présumer une entente cordiale. La course battait son plein. Et il restait encore plus de 20 kilomètres, la nuit approchait et sur les visages se lisait l’épuisement. L’un des 2 allait-il craquer ?

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Sur le visage de François D’Haene, la fatigue à l’approche des derniers kilomètres. © Instagram D’Haene / DR

Suspense jusqu’au bout et record battu

Incroyable mais vrai : c’est dans les tous derniers kilomètres que Kilian Jornet réussit finalement à prendre quelques minutes d’avance. Très à l’aise en descente, il termine comme une fusée et s’impose finalement en solitaire, avec moins de 5 minutes d’avance sur un François D’Haene très éprouvé. Une 5e victoire en 5 participations pour l’Espagnol. Tout simplement phénoménal. Avec un chrono de 21h 36mn 51s, il bat de plus d’une heure son propre record de l’épreuve dans le sens des aiguilles d’une montre, qu’il détenait depuis 2014 (22h 41mn 33s). Kilian Jornet a écrit une nouvelle page de l’Histoire de l’Ultra.

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Kilian Jornet tout sourire après sa 5e victoire en 5 participations. © DR
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De retour pour une 8ème édition à Saint-Martin-Vésubie, l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour 2022 a réuni près de 2000 athlètes français et étrangers dans des conditions parfaites sur les pentes techniques du département des Alpes-Maritimes, du 8 au 10 juillet. Les deux stars de l’événement, Paul Capell et Benoît Girondel, n’ont pas raté leur rendez-vous !

300 traileurs au départ de Monaco

Avec huit formats de course au programme, autant dire qu’il y en avait pour tous les goûts. Du Vertical 5km « La Maremontana » au 125km, chacun a pu prendre le départ d’une épreuve à la mesure de sa pratique et de ses envies. À l’instar de l’an passé, deux courses s’élançaient de la Principauté de Monaco au niveau du Port Hercule, le vendredi 8 juillet. C’est depuis le site même du départ du Grand Prix de Formule 1 que 300 bolides sur deux jambes étaient, cette fois-ci, au départ du Vertical 5km et du 125km.

À quelques mètres seulement des eaux bleues de la Méditerranée, 100 trailers ont pris le départ à 19h00 pour un 5km vertical. Une montée sèche direction La Turbie pour un effort aussi court qu’intense. Les 200 athlètes restants entamaient, quant à eux, un long périple de 125km à travers les Alpes-Maritimes. Ils allaient enchaîner vallées et sommets pour atteindre Saint-Martin-Vésubie de longues heures plus tard. Le favori n’était autre que Benoît Girondel, tenant du titre du 75km sur l’UTCAM 2021, mais surtout double vainqueur du Grand Raid de la Réunion.

UTCAM © Christian retaggi
© Christian Retaggi

L’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour, un voyage de la mer à la montagne

De la mer à la montagne, telle est la devise de cette épreuve qui correspond bien à la beauté de ce territoire maralpin. En effet, ici, on peut profiter à la fois d’un littoral sublime et d’un arrière-pays montagneux somptueux, le tout en à peine plus d’une heure de route. Premier point de passage de l’UTCAM pour les athlètes du 125km, le célèbre Trophée d’Auguste à La Turbie a également vu les victoires de Valérie Raibaut et d’Alexis Gigant sur le 5km Vertical, vendredi 8 juillet.

Après le ravitaillement, les ultra-traileurs ont poursuivi leur route direction Gorbio, puis le Col de Braus avant de s’engouffrer dans la nuit direction la Vésubie via Peira Cava, la Valette de Prals ou la Cime de Piagu. Une immense équipe de 800 bénévoles et de 100 médecins / secouristes se sont relayés pendant plus de 2 jours tout au long des différents parcours pour assurer la sécurité et encourager tous les participants. Un dispositif hors-norme pour un évènement qui l’est tout autant.

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© Christian Retaggi

Pau Capell en vedette samedi matin

Dès le samedi 9 juillet, l’effervescence était à son comble à Saint-Martin-Vésubie. En effet, les départs se sont enchaînés toute la matinée, avec dès 5h le départ du 95km. Deux heures plus tard, ce sont les athlètes du 75km qui se sont élancés. Puis, à 9h, c’était au tour du très attendu et spectaculaire 50km, avec la présence de la star mondiale du Trail Running Pau Capell, double Champion de l’Ultra-Trail World Tour, le circuit référence en matière de Trail.

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Pau Capell, absent sur blessure en 2021, s’impose sur le 50km. © Lionel Lecourtier – Activ_Images

Capell et Girondel au sommet de leur forme

En 2021, Pau Capell n’avait pu participer à l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour® en raison d’une blessure. Cette année, il a mis un point d’honneur à venir et a démontré que son statut n’était pas usurpé. Il a dominé la course de bout en bout pour s’imposer en 6h 45mn 16s, avec plus de 30 minutes d’avance sur son dauphin. Benoît Girondel aura lui aussi assumé son statut de favori en remportant le 125km en 17h 09mn 03s, reléguant le second à plus d’une heure.

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Benoît Girondel, vainqueur du 75km en 2021, remporte le 125km cette année. © Lionel Lecourtier – Activ_Images

Revenir en 2023

Le dimanche 10 juillet au matin, le festival de trail s’est poursuivi avec le 30km puis le 10km, rendant ainsi plus abordable et accessible la découverte du trail pour tous. De quoi donner envie de passer à la distance supérieure l’an prochain. Et pourquoi pas vous ?

Retrouvez toutes les infos sur les courses, les distances et les dénivelés ici

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Les résultats de toutes les courses de l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour 2022

UTCAM 125km :

Hommes :

  1. Benoit Girondel (17:09:03)
  2. François Holzerny (18:17:56)
  3. Nicolas Allemeersch (19:01:09)

Femmes :

  1. Daphnée Derouch (22:21:44)
  2. Lucie Arnal (23:23:57)
  3. Camille Sere (24:13:22)

UTCAM 95km :

Hommes :

  1. Lucas Laforet (12:06:19)
  2. Sebastien Gaumer (13:14:33)
  3. Maxime Lameche (14:12:58)

Femmes :

  1. Hannah Derksen (13:58:42)
  2. Laura Berruer (20:46:44)
  3. Charlene Da Silva (22:02:09)

UTCAM 75km :

Hommes :

  1. Thibault Legarff (11:05:22)
  2. Franck Cardin (11:05:34)
  3. Bertrand Pailleux (11:47:07)

Femmes :

  1. Jeanne Maillot (13:07:05)
  2. Melanie Ringeval (14:08:16)
  3. Sophie Denner (14:38:29)

UTCAM 50km :

Hommes :

  1. Pau Capell (06:45:16)
  2. Thibault Athane (07:18:53)
  3. Jérémie Bouchard (07:38:20)

Femmes :

  1. Manon Gras (09:01:47)
  2. Manon Besson (09:25:39)
  3. Séverine Oliver (10:02:49)

UTCAM 30km :

Hommes :

  1. Sébastien Poesy (02:52:34)
  2. Jimmy Panozzo (03:16:07)
  3. Benoit Galli (03:19:32)

Femmes :

  1. Stéphanie Reymond (04:01:59)
  2. Elodie Tonelli (04:10:12)
  3. Aurore Dacier (04:16:09)

UTCAM 10km :

Hommes :

  1. Vincent Viallefont (00:50:43)
  2. Romain Carlicchi (00:50:51)
  3. Loïc Franco (00:53:25)

Femmes :

  1. Virginie Bourdrez (01:05:59)
  2. Isabelle Delattre (01:06:50)
  3. Elodie Lhomer (01:07:59)

VERTICAL 5km « La Maremontana » :

Hommes :

  1. Alexis Gigant (00:25:47)
  2. Romain Carlicchi (00:26:25)
  3. Frédéric Galery (00:28:05)

Femmes :

  1. Valérie Raibaut (00:32:11)
  2. Jasmine Carli (00:37:43)
  3. Laurianne Marin (00:38:05)
UTCAM © Simon THOMAS
© Simon Thomas
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C’est au cœur des Pyrénées espagnoles, dans le Val d’Aran, que 3 600 coureurs s’étaient donné rendez-vous pour le premier des deux UTMB World Series Majors de la saison 2022. Sur la course reine, la VDA, un ultra de 160km, Germain Grangier a été le premier à sonner la cloche de l’arrivée. Exploit de sa compagne Katie Schide sur le 105km.

Le Val d’Aran, prépa pour l’UTMB Mont-Blanc 2022 ?

Pour sa deuxième édition seulement, Val d’Aran by UTMB avait attiré de nombreux athlètes désireux de se tester sur les sentiers difficiles et techniques des Pyrénées. Parmi eux, le Français Germain Grangier, qui n’avait pas couru de 100 miles depuis l’UTMB Mont-Blanc 2021, il y a plus de 10 mois, où il avait fini à la 5e place. Le profil du VDA 161km, avec 10200 mètres de dénivelé positif et des ascensions comme le Port d’Urets, à 2 500m d’altitude, était idéal pour faire le point. « J’ai couru moins de kilomètres que d’habitude cette année », confiait récemment Germain Grangier. « Je l’ai fait exprès pour être plus reposé au départ du Val d’Aran by UTMB. » L’athlète The North Face ne cachait pas par ailleurs son plaisir de découvrir ce territoire pyrénéen qui lui était inconnu.

Grangier allonge, et Grangier gagne encore

val d'aran grangier
Germain Grangier impérial sur l’ultra. © DR

Très progressif depuis le début de l’année, Grangier avait attaqué la saison par un format 42km au SkyTour Matheysin, lors de la SkyRace des Matheysins 2022. Vainqueur de la course, il avait ensuite doublé la distance pour s’aligner sur le format 84km du Swiss Canyon Trail début juin. Même résultat : une victoire. Après un gros bloc dans les Alpes, Germain Grangier a donc réussi son pari en s’imposant sur le VDA en 23h 24mn 54s, avec une heure d’avance sur le second, l’Espagnol Gaspar Bartra Gual de Torrella. Chez les femmes, c’est la Française Amandine Ginouves, 2e de la Diagonale des Fous 2021 qui prend la 21e place au scratch et l’emporte en 30h 17mn 22s.

Exploit de Katie Schide sur la CDH

VAL D'ARAN KATIE SCHIDE
Katie Schide tout sourire après sa victoire et 6e place au scratch. © DR

Quand ce n’est pas Grangier, c’est sa compagne Katie Schide qui fait le show. L’athlète américaine du team The North Face, tout aussi heureuse que son compagnon de découvrir les sentiers techniques des Pyrénées, a fait une course magistrale pour terminer première féminine, à la 6e place du général. L’épreuve de 105km et 6100m D+ a été remportée par l’Espagnol Andreu Simon Aymerich du team Asics Trail en 11h 48mn 45s. Katie Schide signe quant à elle un chrono de 13h 06mn 34s, avec près d’1h50 d’avance sur la seconde féminine, la Bolivienne Elisabeth Rios Peredo.

Victoire chinoise sur la PDA

VAL D'ARAN CHINOIS
Yanqiao Yun s’est imposé avec moins d’une minute d’avance sur le second. © DR

Depuis le temps qu’il en rêvait, il l’a fait. Le Chinois du team Hoka One One Yanqiao Yun a enfin réussi à s’imposer sur une course européenne. Régulièrement récompensé en Asie, il remporte la PDA, troisième épreuve du Val d’Aran by UTMB en terme de distance (55km) en 5h 37mn 38s. Mais la lutte aura été terrible, et il ne l’emporte qu’avec une petite minute d’avance du Roumain Ionel Cristian Manole. Chez les femmes, la victoire revient à l’Espagnole Maite Maiora Elizondo du Team Raidlight, championne du monde de Skyrunning Ultra en 2021. Elle termine 26e au scratch, en 6h 55mn 16s.

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Après sa victoire sur le format 75km en 2021, Benoît Girondel revenait sur l’UTCAM pour s’aligner sur le plus grand format, 125km. Il s’est largement imposé.

Benoît Girondel de bout en bout

Partis vendredi à 18h de Monaco, Benoît Girondel n’a laissé à personne le soin de mener. Sans grande surprise, il a donc été le premier à franchir la ligne d’arrivée à Saint-Martin-Vésubie samedi 9 juillet. Le coureur du team Trail Ascics et Alltricks, récent vainqueur ex-aequo du Swiss Canyon Trail, a avalé les 125km et 7800m D+ en 17h 09mn 3s. Il devance de plus d’une heure le second, François Holzerny, plutôt habitué aux formats courts (18h 17mn 56s). Nicolas Allemeersch, 14e du format 75km en 2021, termine 3e en 19h 1mn 9s. Chez les féminines, Daphnée Derouch s’impose pour la 2e année consécutive. Elle termine 10e au scratch, en 22h 21mn 44s. Dans la version 125km Relais à 2, c’est l’équipe formée par Olivier Sitjas et Philippe Martin qui l’emporte en 20h 12mn.

UTCAM
Après le 75km en 2021, Benoît Girondel, ici au ravito du petit matin, remporte le 125km en 2022. © DR

Pau Capell se rassure sur la Skymarathon

C’était l’autre grosse tête d’affiche de cet UTCAM 2022 ! Et l’Espagnol Pau Capell avait hâte d’oublier sa mésaventure du Lavaredo Ultra Trail. En effet, il avait été contraint à l’abandon, trop entamé physiquement. Grand favori sur ce format court mais exigeant de 50 km pour 4170 m D+, le vainqueur ex-aequo du Black Mountain Trail a assuré en s’imposant largement en 6h 45mn 16s. Il devance Thibault Athane, 5e en 2018 et 7e en 2020 (7h 18mn 53s). Jérémie Bouchard monte sur la troisième marche de la boîte (7h 38mn 20s). Manon Gras, 13e au scratch, remporte la victoire chez les femmes en 9h 01mn 47s. Après avoir fini seconde l’an dernier, elle monte enfin tout en haut du podium.

UTCAM PAU CAPELL
Pau Capell n’a pas douté. © DR

Résultats des autres courses

Sur l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour 95 km et 5860m D+, la victoire est revenue à Lucas Laforêt. 5e de la version 75km en 2021, il s’impose en 12h 6mn 19s. Sur la Skyultra (75 km, 5120 m D+), c’est Thibault Legarff qui s’impose au finish en 11h 5mn 22s. Il devance de seulement 12 secondes le second, Franck Cardin. Sur la Maremontana, une montée non stop depuis le port de Monaco jusqu’à La Turbie, 5 km pour 500m D+, Alexis Gigant (25mn 47s) et Valérie Raibaut (32mn 11s) se sont imposés. Les 2 dernières courses, le 30 et le 10km, sont programmés le dimanche 10 juillet.

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L’Ultra Trail di Corsica, épreuve reine du Restonica Trail, intégrait cette année le calendrier de l’UTMB World Series. Avec un plateau relevé, l’UTC a vu le triomphe de Beñat Marmissolle. Sous une chaleur écrasante, le champion Basque échoue de 7 petites minutes à battre le record de l’UTC détenu par le Corse Lambert Santelli.

L’Ultra-Trail di Corsica, une découverte pour Marmissolle

Il y a 2 semaines à peine, le Basque Beñat Marmissolle était contraint d’annoncer son forfait à l’UTMB Andorre. La raison : une lombalgie aiguë lui ayant foudroyé le dos la veille du départ. Extrêmement déçu par ce coup du sort, il était donc venu en Corse le couteau entre les dents, très désireux d’effacer cette désillusion. Et c’est sur le parcours le plus long du Restonica Trail, un tracé de 110km et 7200m D+ avec des passages techniques terriblement pentus, que le Basque comptait prendre sa revanche.

3ème sur le Grand Raid à La Réunion en 2021 et vainqueur ex-aequo avec Pau Capell du Black Mountain Trail, il disait quelques heures avant le départ son impatience à s’élancer. « Quelques sorties de repérage m’ont permis de découvrir un paysage exceptionnel de beauté ! Des sentiers extrêmement techniques, truffés de cailloux, le tout assorti d’une chaleur caniculaire qui assomme l’organisme… Ça va être un nouveau combat dans une nouvelle arène que j’ai hâte de découvrir. »

RESTONICA TRAIL MARMISSOLLE
Arrivé en terre corse, le Basque affiche les 2 drapeaux avant d’en découdre avec le local de l’étape Noël Giordano. © Facebook Marmissolle / DR

L’Ultra-Trail di Corsica, un plateau impressionnant

Parmi les 300 participants de l’UTC, figuraient quelques clients sérieux. Premier d’entre eux, le local Noël Giordano, soutenu par toute l’Île de Beauté, vainqueur du format 64km du Restonica Trail en 2021. Auteur d’un début de saison impressionnant, il restait en effet sur 3 victoires consécutives, au 60km du MIUT en avril, au Trail Napoléon début mai et au Trail A Petralbinca début juin.

Le Suisse Diego Pazos, ancien vainqueur du 90km du Marathon du Mont-Blanc en 2016, 8e de l’UTMB Mont-Blanc 2021, affichait également des ambitions.

2e du Grand Raid de La Réunion en 2019, Nicolas Rivière était également un sérieux candidat au podium. De même que Julien Courbet, toujours placé dans les trails des montagnes pyrénéennes.

Une nuit au coude à coude

Partis jeudi à 23h du centre de Corte, le peloton s’est vite étiré pour ne laisser que 2 hommes en tête, Marmissolle et Giordano. Durant toute la nuit, ils sont restés dans les pas l’un de l’autre, passant tous les CP dans la même seconde. Ce n’est qu’au petit matin, après le point de contrôle de Calacuccia, que le Basque a peu à peu décroché son rival. C’est dans la 2e grande difficulté du parcours, la montée vers Bocca Crucetta, point culminant du parcours à 2415m, que Marmissolle a définitivement lâché Giordano, juste avant de rejoindre le tracé du mythique GR20. Avec une chaleur bien plus intense que lors de l’exploit de FKT féminin réalisé mi-juin par Anne-Lise Rousset, Marmissolle a alors affronté seul avec plus de 30 minutes d’avance la terrible montée du col de Bocca Alle Porte, à 2250m, point culminant du GR20.

RESTONICA TRAIL depart
Jeudi 23h à Corte, un départ haut en couleurs… © DR

Résultat Ultra-Trail di Corsica : Marmissolle à 7 petites minutes du record de Santelli

Au 86e kilomètre de course, le plus dur était derrière lui et le Basque avait course gagnée. En effet, il comptait près de 1h20 d’avance sur Giordano et 1h30 sur le Suisse Diego Pazos, toujours en embuscade. S’il pouvait encore rêver de record, Marmissolle devait cependant avaler la dernière difficulté du jour, la montée de 3 km et 800m D+ vers le plateau d’Alzu. Il ne lui resterait alors plus qu’à foncer le long de la vallée du Tavignanu en direction de Corte. Hélas, la chaleur a eu raison de l’organisme et des ambitions de Marmissolle. Il signe finalement un chrono de 16h 48mn 15s. Il échoue à 7 petites minutes du record de l’épreuve, toujours détenu par Lambert Santelli en 15h 41mn. Marmissolle termine avec 1h 52 d’avance sur Giordano et Diego Pazos ex-aequo, le Suisse étant revenu sur le Corse dans les derniers kilomètres.

UTC vainqueur BERNAT MARMISSOLLE
Le vainqueur Beñat Marmissolle. © DR

Le Restonica Trail 2022, record d’affluence

Avec un total supérieur à 1800 participants, record historique, le succès de l’événement est total. Trois autres courses sont encore au programme :

U Giru di Tumbonu (17km, 650D+), départ vendredi 8 juillet à 18h
Le Restonica Trail (69 km, 4000D+), départ samedi 9 juillet
Le Tavignanu Trail (33 km, 2500D+), départ samedi 9 juillet

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Si pour beaucoup trail en Bretagne rime avec Ultra Marin, Trail de Guerlédan ou Urban Trail de Rennes, il existe d’autres courses un peu moins populaires mais qui permettent de découvrir différentes facettes de la Bretagne. Le Trail du Kreiz Breizh, TKB pour les intimes, fait partie de ces pépites qui méritent d’être mises en lumière. S’il ne bénéficie pas de l’attrait de la côte, sa qualité lui a cependant permis d’acquérir, dans sa version longue de 66km, la réputation de trail le plus exigeant de Bretagne. Retour sur l’édition 2022 du TKB 66.

Le Trail du Kreiz Breizh, une histoire de copains

Le TKB est une histoire de cinq copains, traileurs passionnés. En 2014, ils prennent l’initiative de mettre sur pied un trail qui relie la ville de Pontivy au village touristique de Saint-Nicolas-des-Eaux. Objectifs : faire découvrir le patrimoine de la région, mais aussi faire du dénivelé de part et d’autre de la rivière du Blavet, qui a creusé ses méandres et dessiné une vallée encaissée en bordure d’un massif granitique. Sans doute une des vallées les plus méconnues de Bretagne, véritable échappée verte pleine de charme.

TKB 1 © Cyrille Quintard
© Cyrille Quintard

Le TKB 66, le trail le plus exigeant de Bretagne

Ne pouvant bénéficier de l’attrait de la côte bretonne, le TKB s’est ainsi bâti sur d’autres atouts. Premiers d’entre eux, la technicité du parcours, la qualité des sentiers et la mise en valeur des paysages de la vallée du Blavet. Avec 66 km et presque 2000 m de dénivelé, l’épreuve phare du TKB permet d’engranger 3 points ITRA et est devenue qualificative pour la Diagonale des Fous à La Réunion, ainsi que plusieurs trails du World Trail Tour comme le Verbier Saint-Bernard ou le Lavaredo Ultra Trail. Des « lettres de noblesse » qui lui ont donné une visibilité supplémentaire. Puis, très rapidement, les coureurs l’ont catalogué comme le trail le plus exigeant de Bretagne. Sa réputation était faite.

TKB 4 © Cyrille Quintard
© Cyrille Quintard

2022, retour du TKB et affluence record

Après deux éditions annulées en raison de la crise sanitaire, le Trail du Kreiz Breizh revenait cette année dans le circuit des épreuves bretonnes. Avec presque 1300 inscrits sur les 4 distances proposées, il a dépassé son affluence record de 2019. Outre le 66 km et 1900m D+, le TKB comporte également un 28 km avec 1000m D+, un 18 km et un 10 km. Les amoureux de la marche ne sont pas oubliés, avec 3 circuits de randonnée pédestre, 10, 15 et 25 km, avec un départ et une arrivée de Pontivy. Cependant, la course à l’affluence n’est pas une préoccupation majeure des organisateurs. En effet, pour préserver la qualité des sentiers très techniques et la qualité de la course, le nombre de dossards est limité à seulement 350 pour les deux plus grandes distances

Pontivy, 27 mars 2022, 7h du matin

En ce dimanche très printanier, les coureurs du TKB 66 partent à la frontale depuis le Gymnase du Drogo, à Pontivy. Et tout de suite, il faut monter, pendant 6 kilomètres. La Bretagne, plat pays ? Oh que  non ! Aux premières lueurs du jour, les frontales s’éteignent les unes après les autres dans les chemins séculaires et les sentiers monotraces des sous-bois de Malguénac puis de Guern. La file des traileurs s’allonge petit à petit en direction de la chapelle Notre-Dame-de-Quelven, où se tient le premier ravitaillement, au 22e kilomètre. 

TKB 3 © Cyrille Quintard
© Cyrille Quintard

Pierre Legendre loin devant

Après avoir passé le village le Bieuzy-les-Eaux et son église gothique taillée dans ce granit gris typique de la région, le tracé descend vers la vallée du Blavet et la chapelle troglodyte de Saint-Gildas, inscrite au patrimoine des monuments historiques de la région. Son histoire remonte au 6e siècle, à l’évangélisation de la Bretagne par des moines venus d’outre-Manche. Sur cette première partie très roulante, Pierre Legendre, le Rennais vainqueur du 177 km du Grand Raid du Golfe du Morbihan en 2021 et du Raid (100km) en 2022, a pris les devants en s’assurant près d’un quart d’heure d’avance à mi-parcours. Il en a besoin, car il sait qu’il sera moins à son avantage dans les passages plus techniques de la deuxième partie de course.

TKB © GM
© GM

Et au milieu coule une rivière

Au 38e kilomètre, les coureurs atteignent Saint-Nicolas-des-Eaux, escale batelière sur le Blavet canalisé et étape sur l’ancienne ligne de chemin de fer reliant Pontivy à Auray. C’est ici qu’a lieu le deuxième ravitaillement du TKB 66, mais aussi le point de départ du TKB 28 prévu à 9h30. Débute alors la remontée vers Pontivy, en oscillant entre les versants ouest et est du Blavet, franchi à plusieurs reprises. Entre les deux rives, les traileurs affrontent une partie très technique, qui cumule mille mètres de dénivelé jusqu’à Pontivy. Pierre Legendre gardera son quart d’heure d’avance sur son poursuivant et franchira la ligne d’arrivée après 5h46 de course. Il devancera finalement Nicolas Le Rocher, un athlète venu de Loire Atlantique, de 23 minutes. Chez les féminines, la victoire reviendra à l’athlète originaire des Côtes-d’Armor Angélique Poulouin, qui en 8h17 devancera de 3 petites minutes seulement Marie-Thérèse Connan.

TKB © Cyrille Quintard
© Cyrille Quintard

Le TKB, loin des côtes, près du cœur

Depuis le début, la philosophie du TKB peut se résumer en trois mots : sentiers, paysages et patrimoine. Ici, en plein cœur de la Bretagne, il n’y a pas la côte qui fait la carte postale idéale de la Bretagne, et sur laquelle s’appuient tous les trails côtiers de la région. En revanche, ce territoire pontivyen est le pays des chapelles, presque basiliques pour certaines comme celle de Quelven. Le TKB permet de découvrir des paysages inconnus dans les méandres du Blavet, ce fleuve côtier de 150km qui prend sa source dans les Côtes d’Armor. Il permet surtout d’arpenter un dédale de sentiers et de chemins creux qui parcourent cette Bretagne méconnue et pleine de charme. 

99% de satisfaction, une organisation appréciée et reconnue

Parce que la satisfaction des participants est une préoccupation majeure des organisateurs, le TKB a effectué à trois reprises (sur les 6 éditions) une enquête de satisfaction post événement. Objectif : conforter les points forts et corriger les points faibles. Mais encore faut-il qu’il y ait des points faibles… Les deux dernières enquêtes avaient révélé un taux de satisfaction supérieur à 99%. À la question « Conseilleriez-vous le TKB à vos amis ? », les organisateurs ont récolté 199 réponses positives pour une seule réponse négative. Qui dit mieux ? 

Le prochain TKB aura lieu le dimanche 26 mars 2023. Attention, à l’ouverture des inscriptions, en décembre, les dossards partent très vite, du fait de leur limitation à 350. En 2022, ils s’étaient arrachés en une journée à peine pour le 28km, et quelques jours seulement pour le 66km. 

Retrouvez plus d’infos sur le site de l’épreuve ici

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Avec près de 9000 inscrits et 7096 finishers sur l’ensemble des courses, l’Ultra Marin 2022 était LE grand rassemblement de la famille trail ce week-end. Sous la météo radieuse du Golfe du Morbihan, les records des éditions précédentes ont été pulvérisés. Champions du week-end, les vainqueurs du Grand Raid – 175 km sont Fabien Carpentier et Christelle Bourreau. Résultats des différentes épreuves.

Un Ultra Marin ultra rapide

Le Grand Raid 175 km 3 ©Cyrille Quintard: L’Ultra Marin
© Cyrille Quintard Ultra Marin / DR

Lâchés vendredi 1er juillet à 18h, les 1286 coureurs de la plus grande boucle n’avaient qu’un seul objectif : sillonner les 175 km qui les séparent de la ligne d’arrivée à Vannes. Et c’est le champion du monde des 24h de course à pied Fabien Carpentier qui a été le plus rapide, en 15h 43mn 27s. Il détrône ainsi Pierre Legendre, qui détenait le record en 16h 17mn 49s. Fabien Carpentier termine avec plus de 30 mn d’avance sur son compatriote Antoine Toublanc. Chez les féminines, la première à traverser la ligne d’arrivée a été Christelle Bourreau. Elle finit 22e au scratch, avec un chrono de 20h 40mn 30s. Le record féminin de l’épreuve, qui date de 2019, en 19h 43mn 18s, reste la propriété de Nathalie Mauclair.

De plus, deux courses en relais s’engageaient sur cette distance : le Grand Relais à 4 et le Grand Défi Solidaire à 10. C’est l’équipe “Asec la Pommeraye” qui s’est imposée sur la première, tandis que “Les Marsouins de Vannes” ont remporté la seconde.

TOP 10 175 K © Livetrail.net
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Le Raid pour Pierre Legendre et Isabelle Molles

ULTRA MARIN OPEN ©Cyrille Quintard : L’Ultra Marin
© Cyrille Quintard Ultra Marin / DR

Partis du port du Crouesty à Arzon. plus de 1400 ultra-traileurs se sont élancés sur cette distance mythique de 100 kilomètres. Le vainqueur n’est autre que Pierre Legendre, ancien détenteur du record du 175 km. Parti comme une fusée, il a explosé le record de cette course en terminant en 7h 29mn 33s, loin devant le deuxième, Christian Drean. Côté féminin, Isabelle Molles termine 16e au scratch et gagne en 9h 41mn 42s. Elle bat de seulement quelques minutes sa rivale Charlotte Allain.

TOP 10 100K © Livetrail.net
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2 records sur le Trail – 56 km

© Cyrille Quintard Ultra Marin / DR

Ils étaient 1 871 coureurs à s’aligner sur le format Trail de cette édition de l’Ultra Marin. C’est Julien Cougnaud qui remporte la course en 3h 50mn 46s chez les hommes. Chez les femmes, la victoire revient à Camille Thire-Monnier, 4e au scratch. Elle s’offre un chrono de 4h 12mn 39s. Ce sont bel et bien deux nouveaux records qui ont été établis, et de la plus belle des manières.

TOP 10 56 K © Livetrail.net
TOP 10 56 K © Livetrail.net

La Ronde des Douaniers – 34 km

Les derniers participants du week-end se sont élancés dimanche matin à 8h depuis Baden Port Blanc pour la plus petite course de L’Ultra Marin, la Ronde des Douaniers. Sur un parcours inédit, ils ont pu découvrir les sentiers côtiers bien connus des Morbihannais. C’est le coureur originaire de Baden Florian Le Vigouroux qui remporte ce format en 2h 03mn 16s. Chez les féminines, la première place revient à Pauline Melin, sur le podium l’année passée. Elle s’offre une très belle victoire en 2h 30mn 13s.

Plus de 7000 finishers !

  • 8935 concurrents inscrits sur les différentes courses
  • 7096 finishers sur l’ensemble des épreuves
  • 757 finishers du Grand Raid – 175 km
  • 676 finishers (169 équipes de 4) au Grand Relais – 175 km
  • 280 finishers (28 équipes de 10) au Grand Défi Solidaire – 175 km
  • 1063 finishers du Raid – 100 km
  • 1485 finishers du Trail – 56 km
  • 1705 participants à la Ronde des Douaniers – 34 km
  • 1056 finishers de la Marche Nordique – 29 km
  • 74 finishers de la course enfants les P’tits Marins

L’édition 2022 en chiffres

  • Moyenne d’âge des participants : 46 ans
  • Âge du participant le plus jeune : 18 ans
  • Âge du participant le plus vieux : 84 ans
  • 1300 bénévoles
  • 30% de femmes
  • 70% d’hommes
  • 16 communes traversées
  • 12 partenaires privés
  • 6 partenaires institutionnels
  • Plus de 30000 visiteurs sur le village exposant

Accès au site de l’épreuve

Le Grand Raid 175 km 2 © Cyrille Quintard : L’Ultra Marin
© Cyrille Quintard Ultra Marin / DR
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