Malgré la canicule qui a sévi sur Grenoble, plus de 3 500 coureurs ont pris le départ de l’UT4M qui se déroulait du 21 au 24 juillet dans les 4 massifs autour de la capitale des Alpes : Vercors, Taillefer, Belledonne et la Chartreuse. Dans ces conditions dantesques, la bataille a fait rage entre Sylvain Court et Yoann Stuck dans l’UT4M 160 Challenge, un format original où les concurrents enchaînaient les 4 massifs sur 4 jours de course.

UT4M 160 Challenge : un format passionnant pour le suspense

Le principe de l’UT4M 160 Challenge est d’effectuer le même parcours que la version non-stop 160 Xtrem, à savoir 173km et 11 510m de dénivelé positif, mais en 4 étapes, une par massif. Donc environ 40 à 45 km par jour. Le classement général, établi après chaque étape, cumule les temps des coureurs, un peu comme sur un Marathon des Sables. En fonction des stratégies de chacun, le général pouvait donc être bouleversé d’un jour à l’autre. Ce qui n’a pas manqué d’arriver.

Lire aussi : Résultat 160 Xtrem : Casquette Verte sans trembler

UT4M 4 massifs
4 étapes pour 4 massifs, 171km au total.

Yoann Stuck en tête à mi-course

Si Sylvain Court a remporté la 1ère étape dans le massif du Vercors, avec 4mn30 d’avance sur Yoann Stuck et 15mn15 sur Régis Ruchaud, le traileur lyonnais savait que la seconde étape lui serait plus favorable. Malgré un format raccourci d’une vingtaine de kilomètres pour des raisons de sécurité (alerte canicule), Yoann Stuck s’est effectivement imposé dans le massif de Taillefer. En terminant avec 5mn 01s d’avance sur Sylvain Court, l’athlète I-run a pris la tête du général, pour moins d’une minute. Comme la veille, Régis Ruchaud a pris la 3e place, à 22mn 49 du vainqueur. Au temps cumulé, il pointait désormais à plus de 38 minutes du leader.

YOANN STUCK 1 © instagram
Yoann Stuck en plein effort. © instagram

Belledonne : une 3e étape qui change tout

Le mano a mano entre Yoann Stuck et Sylvain Court allait continuer sur la 3e étape, dans le massif de Belledonne. Un massif que Yoann Stuck craignait tout particulièrement. Il avait d’ailleurs annoncé la veille que cette 3e étape risquait de lui faire perdre pas mal de temps sur son principal rival. L’athlète du Team Kinetik n’a pas laissé passer sa chance et a repris le lead à la faveur de sa victoire, avec 6mn 34 d’avance sur le plus barbu des traileurs. Au cumulé, Sylvain Court comptait alors un peu plus de 5 minutes d’avance sur Yoann Stuck à l’aube de la dernière étape, décisive, dans le massif de la Chartreuse. Quant à Régis Ruchaud, classé une nouvelle fois 3e à 20mn des 2 leaders, il pointait désormais à près d’une heure.

UT4M 160 Challenge : Sylvain Court au finish

UT4M PODIUM © DR
Clément Dieudonné, Sylvain Court et Yoann Stuck, le podium de cette 160 Challenge 2022. © DR

Tout pouvait donc arriver entre les 2 leaders sur la dernière étape. C’est finalement Sylvain Court qui s’impose dans le massif de la Chartreuse, devançant Yoann Stuck avec le plus gros écart enregistré entre les 32 coureurs : 9mn 50s. En temps cumulé, Sylvain Court l’emporte avec 15mn 53 d’avance sur Yoann Stuck. Clément Dieudonné (Team CS Megève), 7e de l’étape, s’empare de la 3e place au général, à la faveur de la défaillance de Régis Ruchaud, contraint à l’abandon. Il termine avec 1h23 de retard sur le vainqueur. Sylvain Court signe ainsi de la plus belle des manières sa préparation pour l’UTMB, tandis que Yoann Stuck, lui, tentera de briller sur le format CCC.

UT4M CHALLENGE PODIUM HOMMES © livetrail
Le Top 10 hommes © livetrail

Magali Mellon impériale sur la 160 Challenge féminine

magali mellon ©Ut4M-Y.Gaige
Magali Mellon tout sourire. La 160 Challenge est pour elle ! © Ut4M / Y.Gaige

Si le suspense a été total chez les hommes, il n’y en aura guère eu chez les femmes. La faute à une Magali Mellon impressionnante. Dès le premier jour, l’athlète du Team FK Studenterna s’est en effet imposée avec 33mn d’avance sur Françoise Piney et Aline Coquard. Seule la seconde étape, dans le Taillefer, allait lui échapper, Aline Coquard terminant 3mn 50 devant elle. Mais Magali Mellon allait remporter les 2 dernières étapes, creusant au temps cumulé un écart d’un peu plus d’1 heure sur sa dauphine, Aline Coquard. Pélagie Olivier, 3e des 3 dernières étapes, monte sur la 3e marche du podium, à 1h24 de la gagnante. Avec un temps cumulé de 21h 20mn, Magali Mellon se hisse à la 26e place du général, à 4h 43 de Sylvain Court.

UT4M CHALLENGE PODIUM FEMMES © livetrail
Le Top 10 femmes © livetrail

Les podiums des autres courses

L’Ut4M 2022 proposait 12 formats de courses différents, du « à la carte » de 20km à 173km, avec des dénivelés allant de 730 à 11 510 mètres et des passages jusqu’à 2 645 mètres d’altitude. Voici les podiums des autres courses.

CASQUETTE VERTE © UT4M / Nacho Grez
Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, triomphant sur la 160 Xtrem. © UT4M / Nacho Grez

UT4M Xtrem

Hommes
Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte
Nicolas Prin
Steeve Gobert

Femmes
Valentina Michielli
Maria Ilaria Fossati
Ghislaine Trilliat

UT4M 100 Master

Hommes
Stéphane Évêque Mourroux
Nicolas Perrier
Hugo Smets

Femmes
Christine Selman
Céline Gibard-Grobaud
Guislaine Verrier

UT4M Challenge 80

Hommes
Romaric Pelloux Thygat
Mathieu Esmieu
Robin Dieumegard

Femmes
Rachel Pain 
Marie Duthel
Pauline Astruc

UT4M Chartreuse 40

Hommes
Fabrice Arène 
Nicolas Hairon 
Tibère Debizet 

Femmes
Flora Barboche
Camille Poulain 
Margaux Mentec Bette

UT4M Chartreuse 20

Hommes
Kevin Roux
Anthony Isabelle 
Jonathan Virapin

Femmes
Emma Durand-Poudret
Isabelle Teddy 
Pauline Kordalski

Pour retrouver les résultats complets de toutes les courses, c’est ici

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Il était donné favori, il n’a pas fait mentir les bookmakers. En remportant la course phare de l’UT4M 2022, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, s’installe un peu plus dans la cour des grands de l’ultra-trail. Chez les féminines, exploit de l’Italienne Valentina Michielli pour son premier trail de plus de 150 kilomètres.

UT4M et météo : scénario inattendu

Rien n’était gagné d’avance. En effet, les conditions climatiques difficiles sur le début du parcours du 160 Xtrem auraient pu rebattre les cartes. Et les 256 coureurs du grand format de l’UT4M ont dû encaisser une grande amplitude thermique. Imaginez plutôt : le départ, vendredi 22 juillet, a été donné sous une chaleur accablante, dépassant les 40°C à Seyssins. Mais quelques heures plus tard, en début de soirée, les températures chutaient à l’approche du Pic Saint-Michel. Les bénévoles ont même accueilli les concurrents… en doudoune. En cause, un vent s’accélérant sur les crêtes du Vercors. Et la pluie, non loin…

DEPART UT4M © UT4M / Benoit Audiger
Un départ sous une chaleur accablante, et une Casquette Verte déjà devant. © UT4M / Benoît Audiger

Ce scénario météo inattendu sur le premier massif a déboussolé 61 des traileurs engagés. Ils ont préféré abandonner le parcours. Pour les athlètes toujours en course, c’est à la frontale qu’ils ont sillonné le massif du Taillefer. Durant la nuit, les écarts allaient alors se creuser en fonction des stratégies adoptées par chacun, et une tête de course se dessiner avec 5 hommes. Mais en rejoignant le Massif de Belledonne, les choses allaient changer. Ainsi, parmi ces hommes de tête, Pierre Legendre, positionné 4e, abandonnera au ravitaillement de La Croix de Chamrousse. Il confiera avoir passé une nuit éprouvante, qui l’a entamé physiquement : « Je n’ai plus les jambes suffisamment sûres pour les prochaines descentes techniques et cassantes du massif de Belledonne », a-t-il déclaré juste après sa défection.

Résultat UT4M : Casquette verte infatigable

Ut4M : B. Audiger
© UT4M / B. Audiger

À peine un mois après sa victoire sur l’Ultra 01, l’infatigable Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, était le grand favori de cet ultra dans les 4 massifs. Parti raisonnablement, il a pris la tête du peloton après 5 heures de course. Il ne la quittera plus jusqu’à Grenoble. Il a franchi la ligne d’arrivée place Victor Hugo samedi à 19h30, après moins de 30 heures de course. Objectif atteint donc, et récup prévue en prenant le départ dimanche du 40 Chartreuse. Inusable, le gars ! Il devance Nicolas Prin, ancien cycliste professionnel et compétiteur de ski de fond, de presque 1h30. Steeve Dobert s’adjuge la 3e place, environ 4 heures après Casquette Verte.

Résultat UT4M : Exploit de Valentina Michielli

VALENTINA MICHIELLI © DR
Très belle perf de Valentina Michielli, régulière du début à la fin de ce 160 Xtrem. © DR

Si Valentina Michielli faisait partie des favorites, elle a créé une sacrée surprise en signant une performance hors normes pour son premier trail de plus de 150 kilomètres. Partie en milieu de peloton, l’Italienne allait effectuer une belle remontée à la faveur de la nuit, pour pointer à la 21e place au scratch au petit matin. Grâce à une allure sans faille, elle allait ensuite grignoter des places dans la journée. Positionnée 5ème au scratch au ravitaillement de l’Emeindras dans le massif final de la Chartreuse, elle termine finalement à la 6e place, à un peu moins de 5 heures du vainqueur du jour.

Le classement complet de la course ici

TOP 10 UT4M 160 XTREM
TOP 10 UT4M 160 XTREM © Livetrail
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En remportant la course en moins de 36 heures, Grégoire Curmer signe un véritable exploit sur les 171km et 11000 de D+ du parcours, qui empruntait sur 95% de sa distance le mythique GR20. Mais la prouesse de Sandrine Béranger, 3e au général, est encore plus impressionnante.

Terre des Dieux : Grégoire Curmer « gavé » de cailloux !

« Actuellement indisponible, juste le temps de digérer les 189 900 millions de cailloux que je viens de manger. » Tel est, en substance, le message laissé par le chef cuisinier Grégoire Curmer sur son instagram, après sa victoire sur le Terre des Dieux 2022. Il faut dire que le Haut-savoyard n’a pas ménagé sa peine, établissant un chrono exceptionnel. Malgré une chaleur étouffante, il l’emporte avec plus de 9 heures d’avance sur le temps mis par le vainqueur de la première édition, le Corse Jean-Baptiste Simonetti. Ce dernier avait rallié l’an dernier Calenzana à Zonza en 45h 22 minutes.

TERRE DES DIEUX CURMER RAVITO
Au ravito de Col de Verde, après 116km de course, Grégoire Curmer semble très serein. © Instagram Terre des Dieux / DR

Abandon de Jules-Henri Gabioud

Si une centaine de coureurs étaient au départ mercredi 20 juillet, tout le monde attendait un duel serré entre Grégoire Curmer et le Suisse Jules-Henri Gabioud. Le premier, a été révélé au grand public après sa victoire en 2019 à la Diagonale des Fous. Le second, spécialiste des ultras XXL, est notamment vainqueur du dernier Tor des Glaciers (450km). Hélas, la confrontation a tourné court. Le Suisse du team Scarpa a dû abandonner à la 2e base de vie du Terre des Dieux, après 13h de course.

Le cavalier seul de Grégoire Curmer

Seul en tête, l’athlète du team Compressport International comptait 1h30 d’avance sur le second à mi-course, à Vizzavona. Il l’emporte finalement en 35h52 minutes. Un chrono remarquable vu les conditions climatiques de ce mois de juillet. Il termine avec plus de 7 heures d’avance sur Renaud Rouanet, second. Ce dernier, vainqueur des 118km de l’UTCAM et 2e du grand Raid des Pyrénées 2021, bat également le meilleur chrono de la première édition du Terre des Dieux.

TERRE DES DIEUX CURMER : DR
Le “Dieu” Curmer à l’arrivée de la course. © instagram Grégoire Curmer / DR

Résultat Terre des Dieux : l’exploit de Sandrine Béranger

On connaissait le potentiel de l’Iséroise Sandrine Béranger, qui ces trois dernières années accumulait les Top 10. Comme par exemple sa 7e place à l’UTMB et sa 5e place au Grand Raid en 2019. Ou encore sa 3e place du 176 km de l’UT4M, et la seconde de l’Echappée Belle en 2021. Une course qu’elle avait déjà remporté en 2013 et 2017. Sandrine Béranger visait donc la plus haute marche du podium sur ce Terre des Dieux. Et elle l’a atteinte. De la plus belle des manières.

En effet, elle a survolé la course, terminant en 47h 09. Elle devance de près de 24 heures la seconde, Emma Thillens. Mais surtout, elle prend une fantastique 3e place au scratch, signant ainsi un exploit à la Courtney Dauwalter. « Il y a eu des moments durs, des petits coups de chaud », a-t-elle commenté. « Mais c’était vraiment merveilleux pour les yeux avec un petit plus pour les levers et couchers de soleil. »

TERRE DES DIEUX SANDRINE
Sandrine Béranger à l’arrivée, avec une superbe troisième place au général. © instagram Terre des Dieux / DR
TERRE DES DIEUX TOP 10
Le Top 10. © Livetrail

Les résultats complets sur Livetrail ici

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Parmi les 12 courses proposées par l’UT4M du 21 au 24 juillet, tous les regards seront tournés vers la plus prestigieuse d’entre elles, l’ultra faisant le tour des 4 massifs. En vedette dans la version Xtrem non-stop, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, tentera de l’emporter. Dans la version Challenge en 4 étapes, Yoann Stuck, favori, devra batailler ferme face à la concurrence.

UT4M 2022 : plus de 3500 traileurs sur 12 courses

Événement phare du monde du trail autour de Grenoble, l’UT4M 2022 propose 12 formats différents sur des parcours allant de 20 à 172 kilomètres. Avec 4 massifs autour de Grenoble, Belledonne, Chartreuse, Taillefer et Vercors, la région propose des sentiers techniques, parfois aériens, toujours spectaculaires. Mais l’épreuve reine est bien sûr celle qui cumule la traversée des 4 massifs, la 160 Xtrem. Une course qui mérite bien son appellation d’Xtrem, puisque le parcours de plus de 173 kilomètres impose un dénivelé positif impressionnant de 11 510 mètres.

UT4M CARTE
Les 4 massifs de l’UT4M, en non-stop pour le 160 Xtrem, en 4 étapes pour la version 160 Challenge.

Casquette Verte mieux qu’en 2021 ?

Troisième de l’édition 2021, Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, prendra le départ avec l’étiquette de favori. Une pression pas forcément simple à gérer pour l’ultra-traileur parisien plutôt impulsif, capable de partir en live sur un coup de casquette. Après sa victoire à l’Ultra 01 il y a quelques semaines, il confiait d’ailleurs il y a peu sur les réseaux sociaux son ras-le-bol des avant-courses et son impatience d’être sur les sentiers.

UT4M CASQUETTE VERTE
L’attente, il n’aime pas. Avant l’UTMB 2021, Casquette Verte en mode “je ronge mon frein”… © Instagram Casquette Verte / DR

La complainte de l’ultra-traileur avant sa course

Extrait du post de Casquette Verte du 19 juillet 2022  : « Petit coup de fatigue mentale là ! Je suis quelqu’un d’assez stressé.. Et préparer mes affaires avant une course a toujours été un délicieux enfer livré aux caprices de mon impatience. Mais depuis 1- 2 ans, avec la répétition des courses qui s’enchaînent tous les quelques jours où quelques semaines, je tombe dans un léger raz-le-bol de la préparation des affaires et de la logistique. Défaire les valises, faire tourner les machines, bien ranger les différentes affaires, vérifier le matos obligatoire pour la prochaine, lister les affaires à prendre, étudier le profil, préparer les sacs de délestage en amont, préparer les bonnes chaussures, surveiller la météo, racheter la bonne quantité de consommable, couper le bord des gels, faire une traditionnelle photo d’avant course, gérer l’hôtel, le transport, plastifier deux profils, charger la trace dans la montre, ne pas oublier le cellophane, nettoyer les flasques, vérifier à nouveau le matos obligatoire, booker les timings pour les shootings, les interviews, imprimer les cartes de retrait de dossards, tester que les bâtons ne soit pas gripper, se faire un planning d’avant course, préparer les messages pour les proches, pour le suivi-live, tenter de dormir un maximum, prendre du malto, aller pisser, reprendre du malto, retourner pisser.. Gérer l’absence de l’appartement, vérifier le MP3, ne pas oublier de prendre un précieux chouchou, tenter de ne pas trop mal manger et de bien dormir, jeter un coup d’œil aux favoris, noter les dossards des copains, penser à bien récupérer la balise GPS élite… Et encore, là, on est vraiment sur ce qui me passe par la tête… Bref, parfois, vous l’avez compris, je suis fatigué de cette préparation nécessaire qui se répète. Et je n’ai qu’une envie : être déjà sur les sentiers pour ne plus avoir à penser à tout cela ! Ne pas se prendre la tête. Ne pas se prendre la tête. Et encore ne pas se prendre le tête. »

Qu’on se le dise, avec, dans les semaines qui viennent, l’UTMB, l’UTMJ et la Diagonale des Fous parmi les énormes rendez-vous qui l’attendent, Casquette verte n’a pas fini de râler…

Yoann Stuck en mode UT4M 160 Challenge

Parmi les 12 courses de l’UTMB, l’une des plus passionnantes à suivre sera certainement la 160 Challenge. En effet, le concept, original, promet un suspense durant 4 jours, puisque l’épreuve se déroule sur les 4 massifs, à raison d’un massif par jour, avec un classement temporaire évoluant au fil des jours. C’est sur ce format que l’on retrouve cette année Yoann Stuck, qui fait figure de favori. Mais l’opposition sera rude, puisqu’il sera confronté au redoutable Benjamin Polin, vainqueur entre autres de l’Ecotrail de Paris 2021, et au non moins redoutable Sylvain Court, toujours aussi performant sur tout type de parcours.

YOANN STUCK © wissemjaubert
Yoann Stuck aura fort à faire pendant 4 jours pour s’imposer. © wissemjaubert / instagram Yoann Stuck / DR

Sacré challenge chez les féminines

Si le suspense sera total chez les hommes, la 160 Challenge sera tout aussi passionnante à suivre chez les femmes. Ainsi, il faut s’attendre à une lutte intense entre Magali Mellon, 2e de l’Ultra-Trail du Haut-Giffre 2022, et Aline Coquard, 3e de la MaXi-Race d’Annecy cette année. Les deux athlètes devront se méfier de Pélagie Olivier, qui cumule depuis l’an dernier les places sur le podium, dont le 105km du Festival des Templiers (3e) ou, il y a un mois, la seconde place du Trail du Gypaète (57km).

POUR SUIVRE LE LIVE

Voir la présentation vidéo du format 160 Challenge

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Mercredi 20 juillet à 18h, les coureurs de l’ultra-trail Terre des Dieux s’élanceront de Calenzana pour 170 kilomètres et 11000m D+ sur le mythique GR20. Une occasion unique de pouvoir parcourir ce sentier en semi-autonomie et en sécurité. Et, pour les plus costauds, de s’étalonner par rapport aux records détenus par Lambert Santelli depuis 2021 et Anne-Lise Rousset depuis juin 2022. Avec en point d’orgue le duel annoncé entre Grégoire Curmer et Jules-Henri Gabioud.

Le GR20 en mode ultra

Si Terre des Dieux est le seul ultra de type « 100 miles » organisé en Corse, c’est surtout le seul événement à proposer de parcourir le GR20 sur sa quasi-totalité. « Sur 170 kilomètres, seuls 6 kilomètres sont hors GR20, explique Marylou Valery, présidente de l’association Mantinum, organisatrice de l’événement. C’est l’unique possibilité pour un traileur de découvrir la quasi-totalité du GR20 en une seule fois sur une course, tout en étant encadré et en ayant la possibilité de profiter de ravitaillements et des accès aux refuges. » Cet encadrement a été rendu possible grâce à un long travail réalisé en étroite collaboration avec les institutions corses. Ainsi, les coureurs qui s’élanceront mercredi 20 juillet à 18h de Calenzana pourront profiter de la diversité des sentiers corses en toute sécurité, une expérience unique !

TERRE DES DIEUX 2022 affiche
© DR

Chaud devant !

En plus du gros dispositif de sécurité déployé sur la course, au vu des conditions caniculaires prévues sur toute l’Europe de l’ouest, l’organisation a décidé d’activer le Kit Canicule. Prévu par le règlement de la course ce kit comprend : des lunettes de soleil, une casquette saharienne, de la crème solaire et une réserve minimum de 2 litres. Des contrôles aléatoires seront organisés afin de garantir la sécurité des coureurs.

TERRE DES DIEUX 2022 2
© DR

Terre des Dieux 2022, une belle bataille en perspective

À l’avant du peloton, une belle bataille s’annonce chez les hommes entre Grégoire Curmer, vainqueur de la Diagonale des Fous en 2019, et Jules-Henri Gabioud, vainqueur du Tor des Géants en 2011 et du dernier Tor des Glaciers. Mais au-delà de la compétition, les deux champions voient Terre des Dieux comme une occasion unique de participer à un ultra sur l’un des plus beaux et plus mythiques sentiers du monde. 

« Il n’existe pas beaucoup d’endroits sur la planète où l’on peut découvrir la quasi-totalité d’un GR comme ça, confie Grégoire Curmer. Et là il s’agit du GR20 qui est pour moi le plus beau GR du monde ! La distance, la difficulté des terrains, l’histoire des sentiers corses, tout cela fait de Terre des Dieux une course incroyable qui pourrait devenir l’une des plus belles courses du monde ! »

« C’est un truc de dingue d’avoir la chance de courir sur ce parcours, poursuit Jules-Henri Gabioud. La course emprunte vraiment le GR20 qui est certainement l’un des parcours de trek les plus difficiles d’Europe. Il n’y aura pas que la distance à prendre en compte, c’est un véritable défi physique cette course et c’est ce que j’aime. On va découvrir quelque chose de mythique et vivre un vrai challenge. Et de savoir en plus que Grégoire est là, ça me motive encore plus ! »

Site de l’épreuve

TERRE DES DIEUX 2022 affiche
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Samedi 16 juillet 2022, Saint-Gervais Mont-Blanc a accueilli la seule étape française de Coupe du Monde de Course en Montagne. Et les surprises ont été au rendez-vous de cette 35e Montée du Nid d’Aigle, avec la prise de pouvoir des Kenyans chez les hommes comme chez les femmes. Et 2 records à la clé.

Une course inchangée depuis 35 ans

Depuis 35 ans maintenant, la « Montée du Nid d’Aigle » n’a de cesse de faire rêver les amateurs de course à pied. En effet, chaque année, ce sont 450 coureurs et 50 randonneurs qui prennent le départ lors de cet évènement mythique. Mais qui se mérite. Car il faut être capable d’avaler près de 20 km et 2000 mètres de dénivelé, sur un tracé pratiquement inchangé depuis sa première édition. Au départ du parc Thermal du Fayet, à 596 mètres d’altitude, les coureurs profitent d’un panorama à couper le souffle durant toute l’ascension. L’objectif : atteindre le plus rapidement possible le Refuge du Nid d’Aigle, à 2394 mètres d’altitude. C’est là que se situe la gare d’arrivée du Tramway du Mont-Blanc, train à crémaillère le plus haut de France, point de départ de la célèbre « voie normale » du Mont-Blanc.

MONTEE NID D'AIGLE © Noa Barrau
© Noa Barrau

Montée du Nid d’Aigle : le rendez-vous de l’élite mondiale

A l’instar de l’été dernier, l’édition 2022 de la Montée du Nid d’Aigle se professionnalise et arbore fièrement sa qualification « d’étape de Coupe du Monde ». Une distinction importante, d’autant plus qu’elle est la seule en France cette année. Une fierté non dissimulée par la commune, qui a accueilli, au pied du Mont-Blanc et sous une météo idyllique, l’élite mondiale, dames et hommes, de la course en montagne.

Parmi eux, on notait en particulier la présence de la championne du monde 2019 et toute nouvelle championne d’Europe de trail Blandine L’Hirondel, titrée aux Canaries il y a 15 jours. Ses plus redoutables adversaires étaient les Kenyanes, avec la gagnante de l’édition 2021 Lucy Wambui Murigi et la gagnante de la coupe du monde 2021 Joyce Muthoni Njeru.

Chez les hommes, le tenant du titre et recordman de l’épreuve Xavier Chevrier entendait bien conserver son titre. Mais une grosse délégation française pouvait espérer briller, avec notamment Frédéric Tranchand, Quentin Meyleu ou Johann Baujard. On notait également avec plaisir le retour de l’Italien Francesco Puppi, blessé au coude il y a un peu moins d’un mois lors d’une chute pendant la course Neirivue-Moléson.

Les Kenyans font la loi

Au terme d’une course très rapide, c’est le Kenyan Patrick Kipngeno qui s’est imposé. Il signe au passage un nouveau record de l’épreuve, en 1h 38mn 54s, battant largement le chrono de 1h 44mn 25s établi par Xavier Chevrier en 2021. A noter qu’il effectue cette montée à une vitesse moyenne effarante de 11,83km/h ! Il devance un autre Kenyan, Philemon Ombogo Kiriago, qui passe la ligne d’arrivée en 1h 45mn 03s. Le premier Français, Théodore Klein, termine 3e en 1h 46mn 28s. Quant au tenant du titre Xavier Chevrier, il doit se contenter de la 12e place.

MONTEE NID D'AIGLE podium hommes © OT Saint-Gervais
Le podium masculin © OT Saint-Gervais

Du côté des femmes, c’est également une Kenyane qui s’impose. Joyce Muthoni Njeru remporte l’épreuve en 2h 00mn 31s, établissant elle aussi un nouveau record. Elle efface ainsi celui d’Isabelle Guillot, qui datait de 2006. Elle devance Blandine L’Hirondel de plus de 2 minutes (2h 02mn 44s), tandis que l’Italienne Camilla Magliano complète le podium en 2h 06mn 19s.

Le podium féminin © OT Saint-Gervais
MONTEE DU NID D'AIGLE TOP 20
Le top 20 de la Montée du Nid d’Aigle 2022.
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Si le combat des chefs entre François D’Haene et Kilian Jornet occupait tous les esprits lors de cette Hardrock 100 dans les montagnes du Colorado, une autre course, tout aussi passionnante, se déroulait chez les femmes. En effet, la redoutable Américaine Courtney Dauwalter, revancharde après son abandon en 2021, n’avait qu’un seul objectif : atomiser la course dès le départ. Et elle l’a fait !

27 femmes au départ de la Hardrock 100, un record

Cette 27e édition de la Hardrock 100 était historique à double titre. D’abord, symboliquement, parce qu’elle célébrait le 30e anniversaire de l’épreuve née en 1992. Mais surtout, parce que c’était la première fois qu’autant de femmes avaient été retenues parmi les 145 privilégiés invités à courir l’épreuve. Les 27 « élues » allaient devoir honorer leur sélection et tenter de parcourir l’intégralité de cette terrible boucle de 161 km et 10000m de D+ pour revenir à Silverton embrasser le fameux rocher faisant office d’arrivée. Et parmi elles, l’impressionnante Courtney Dauwalter, figure de proue du Team Salomon, capable de rivaliser avec les meilleurs hommes.

HARDROCK 100 COURTNEY RUNNING
Avec ses shorts longs et sa légendaire bonne humeur, impossible de rater Courtney Dauwalter. © Instagram Dauwalter / DR

Pour Courtney, un mot d’ordre : oublier 2021

Archi-favorite, l’Américaine n’avait qu’un seul ennemi dans la course : elle-même. Car la Hardrock 100 est une des courses les plus dures au monde, qui ne se gagne qu’en étant en pleine possession de ses moyens. Impossible de tricher avec son corps lorsque l’épreuve se déroule à une altitude moyenne de plus de 3300 mètres, avec un point culminant à une altitude record de 4282m. Or, l’an dernier, pour sa première participation, Courtney Dauwalter avait craqué. Victime d’ennuis gastriques, incapable de prendre le temps de s’alimenter correctement aux stations de vie, elle avait été contrainte à l’abandon au 100e kilomètre. Un fait rarissime chez elle, qui lui laissait un goût amer et une terrible envie de remettre les pendules à l’heure. Si, depuis, Courntey a énormément travaillé sur la nutrition, et en particulier l’ingestion de calories liquides, encore fallait-il tester l’efficacité de ces nouveaux protocoles sur cette course.

Un plateau féminin de haut niveau

Si Courtney était logiquement la favorite des bookmakers, ses concurrentes n’étaient pas venues pour faire de la figuration. Parmi les autres prétendantes à la victoire, où tout au moins au podium, on trouvait du beau monde. A commencer par l’expérimentée Darcy Piceu, triple gagnante de l’épreuve de 2012 à 2014, et seconde en 2021 derrière l’Américaine Sabrina Stanley. Mais également Meghan Hicks, troisième de cette dernière édition, et Hannah Green, 7e en 2017. Ou encore la Canadienne Stephanie Case, habituée des exploits sur longue distance, vainqueur du 450km du Tor des Glaciers en 2021.

Au sujet de Stephanie Case, lire l’article Free to Run, le défi de l’ultra-traileuse Stephanie Case

Courtney à fond dès le départ

Si, chez les hommes, la course au coude à coude de Kilian Jornet et François D’Haene aura maintenu le suspense jusqu’aux 10 derniers kilomètres, il n’en a rien été chez les femmes. En effet, Courtney Dauwalter a fait la loi du début à la fin. Partie seule en tête dès les premiers kilomètres, elle a progressé à un rythme implacable sans qu’aucune de ses rivales ne puisse la suivre. Au premier tiers de course, installée à la 8e place au général, elle comptait déjà plus d’une heure d’avance sur sa poursuivante Darcy Piceu. Un écart qui allait se creuser peu à peu pour devenir un gigantesque fossé.

6e au scratch à mi-course

C’est à la base de vie d’Engineer Station, juste après la mi-course, que les choses deviennent évidentes : Courtney Dauwalter, remontée à la 6e place au général, est dans un très très grand jour. Avec un chrono de 12h10, elle est très en avance sur le record féminin de la course dans le sens des aiguilles d’une montre (la boucle change de sens tous les ans), voire même sur celui réalisé dans le sens inverse, réputé plus rapide. Les deux records, propriété de l’Américaine Diana Finkel en 28h 32mn 06s dans le sens horaire en 2010 et 27h 18mn 24s dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en 2009, sont en passe d’être pulvérisés.

Hardrock 100 2022, un record féminin historique

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Courntey Dauwalter agenouillée au pied du rocher de Silverton, symbole de la ligne d’arrivée de la Hardrock 100. © Instagram Dauwalter / DR

Très concentrée sur l’objectif, attentive à bien s’alimenter et s’hydrater, Courtney Dauwalter a continué son impressionnant cavalier seul. Aux trois-quarts de la course, elle compte plus de 5 heures d’avance sur la Canadienne Stephanie Case, qui s’est emparée de la seconde position devant Hannah Green, Darcy Piceu et Meghan Hicks. Le record en ligne de mire, Dauwalter s’offre un finish impressionnant dans la dernière descente pour finalement embrasser le rocher de l’arrivée en 6e position au scratch, après 26h 44mn 36s. Elle pulvérise ainsi les 2 marques de Diana Finkel et écrit une nouvelle ligne de son immense palmarès de championne.

Elle devance de plus de 6 heures Stephanie Case, qui termine sa première Hardrock 100 en 32h 52mn 46s, à la 19e place au général. Troisième féminine, l’Américaine originaire de Silverton Hannah Green termine en 34h 26mn 39s, avec près de 2 heures d’avance sur son meilleur chrono de 2017. Quant à Darcy Piceu, pour la première fois en 9 participations, elle termine au-delà de la seconde place, échouant au pied du podium.

Voir tous les résultats de la course.

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Toute la planète trail attendait le résultat de cette Hardrock 100 2022, qui voyait s’affronter les 2 meilleurs traileurs du monde, François D’Haene et Kilian Jornet, dans les montagnes du Colorado. Le Français, tenant du titre, rêvait de battre le record. L’Espagnol, dont la dernière participation remonte à 2017, a gagné à chacune de ses 4 participations se devait de briller sous les couleurs de sa marque, NNormal. Le suspense a été total et le résultatau-delà de toutes les attentes.

L’un des ultras les plus durs au monde

Le profil de la Hardrock 100 ferait mal à la tête de n’importe quel traileur, fût-il un cador. Imaginez une lame de scie de bucheron canadien, avec des dents très longues et pointues. Vous y êtes presque. La boucle de 100,4 miles (161,5 km), avec pour point de départ et d’arrivée la ville de Silverton, dans le comté de San Juan, n’est qu’une succession de pics à gravir pour un dénivelé positif total de près de 33000 pieds (10000 mètres).

Ici, pas de répit, on monte et on descend tout le temps. Et surtout, on monte haut, très haut. Car la particularité de cette épreuve, qui la rend si dure pour les organismes, est qu’elle se court à une altitude moyenne de plus de 3300m. Avec un point culminant, le Handies Peak, à 4282m ! Une des raisons pour lesquelles les éditions de 1995 et 2019 ont été annulées, à cause de la neige…

HARDROCK 100 PROFIL
Le profil de la Hardrock 100, avec un sommet de la course, le Handies Peak, à 4282m.

145 concurrents au départ, un duel fantastique

Autant dire que courir un tel ultra n’est pas à la portée de tous. Et faire partie des élus se mérite. En effet, ils ne sont que 145 à avoir l’honneur de s’élancer, pour tenter de parcourir cette terrible boucle et revenir à Silverton embrasser le fameux rocher faisant office d’arrivée.

HARDROCK 100 rocher
Le fameux rocher de l’arrivée à Silverton : l’embrasser, c’est être finisher…

Et le duel offert par cette 27e édition valait son pesant d’or. Avec le tenant du titre, François D’Haene, face à son challenger, rival et ami Kilian Jornet, dont la dernière participation remonte à 2017. Une édition qu’il avait gagnée. Qui, entre le leader du Team Salomon et celui du team NNormal, l’emporterait ? Lors de leur dernière confrontation, l’UTMB 2017, c’est le Français qui s’était imposé d’un quart d’heure devant l’Espagnol.

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François D’Haene félicitant Kilian Jornet à l’arrivée de l’UTMB 2017, leur dernière confrontation. © DR

Le dernier affrontement ?

Cette édition de la Hardrock 100 2022 était historique à double titre. D’abord, parce qu’elle célébrait le 30e anniversaire de l’épreuve, née en 1992. Ensuite, parce que c’était sans doute la dernière grande compétition internationale où D’Haene et Jornet s’affrontaient. Car si François D’Haene, âgé de 36 ans, est spécialisé dans l’ultra et a encore de belles années devant lui, Kilian Jornet, lui, semble à l’âge de 34 ans diriger sa carrière vers des formats plus courts, type marathon de Zegama-Aizkorri, qu’il a gagné pour la 10 fois cette année, et vers l’alpinisme. Jean-Michel Faure-Vincent, patron du Team Salomon de D’Haene, a d’ailleurs confirmé il y a quelques jours : « Il y a de très fortes chances que cette Hardrock 100 soit le dernier affrontement » entre les deux champions. Raison de plus pour se régaler du spectacle de cette course historique.

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Honneur au vainqueur de l’édition 2021, porteur du dossard N°1 : François D’Haene s’élance en tête de l’édition 2022. © Instagram D’Haene / DR

Une course de rêve

Comme s’ils devaient écrire la plus belle des histoires, Kilian Jornet et François D’Haene ont fait la course que tout le monde, secrètement, rêvait de voir. Partis en tête, ils ont été un premier temps accompagnés par l’autre grand animateur de la course, l’autre athlète du Team NNormal, l’Américain Dakota Jones. Longtemps, les 3 hommes se sont tenus quasiment dans la même minute. Au premier tiers de la course, ils comptaient déjà une demi-heure d’avance sur le 4e, l’Italien Daniel Jung.

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Dakota Jones, François D’Haene et Kilian Jornet, le trio qui a sublimé la Hardrock 100 2022. © Instagram D’Haene / DR

C’est à mi-course que Dakota Jones, visiblement très en forme, a accéléré la cadence. Ni D’Haene, ni Jornet, tous deux dans la gestion de leur course, n’ont suivi l’Américain, qui a compté jusqu’à 20 minutes d’avance avant de connaître un coup de moins bien et de se faire rattraper. Aux trois-quarts de la course, alors que le duo D’Haene/Jornet continuait de caracoler en tête, l’improbable scénario commençait à se dessiner. Une arrivée main dans la main, comme pour célébrer le mutuel respect entre les deux athlètes, pour leur ultime confrontation ? Rien, dans leur attitude, ne laissait en tout cas présumer une entente cordiale. La course battait son plein. Et il restait encore plus de 20 kilomètres, la nuit approchait et sur les visages se lisait l’épuisement. L’un des 2 allait-il craquer ?

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Sur le visage de François D’Haene, la fatigue à l’approche des derniers kilomètres. © Instagram D’Haene / DR

Suspense jusqu’au bout et record battu

Incroyable mais vrai : c’est dans les tous derniers kilomètres que Kilian Jornet réussit finalement à prendre quelques minutes d’avance. Très à l’aise en descente, il termine comme une fusée et s’impose finalement en solitaire, avec moins de 5 minutes d’avance sur un François D’Haene très éprouvé. Une 5e victoire en 5 participations pour l’Espagnol. Tout simplement phénoménal. Avec un chrono de 21h 36mn 51s, il bat de plus d’une heure son propre record de l’épreuve dans le sens des aiguilles d’une montre, qu’il détenait depuis 2014 (22h 41mn 33s). Kilian Jornet a écrit une nouvelle page de l’Histoire de l’Ultra.

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Kilian Jornet tout sourire après sa 5e victoire en 5 participations. © DR
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De retour pour une 8ème édition à Saint-Martin-Vésubie, l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour 2022 a réuni près de 2000 athlètes français et étrangers dans des conditions parfaites sur les pentes techniques du département des Alpes-Maritimes, du 8 au 10 juillet. Les deux stars de l’événement, Paul Capell et Benoît Girondel, n’ont pas raté leur rendez-vous !

300 traileurs au départ de Monaco

Avec huit formats de course au programme, autant dire qu’il y en avait pour tous les goûts. Du Vertical 5km « La Maremontana » au 125km, chacun a pu prendre le départ d’une épreuve à la mesure de sa pratique et de ses envies. À l’instar de l’an passé, deux courses s’élançaient de la Principauté de Monaco au niveau du Port Hercule, le vendredi 8 juillet. C’est depuis le site même du départ du Grand Prix de Formule 1 que 300 bolides sur deux jambes étaient, cette fois-ci, au départ du Vertical 5km et du 125km.

À quelques mètres seulement des eaux bleues de la Méditerranée, 100 trailers ont pris le départ à 19h00 pour un 5km vertical. Une montée sèche direction La Turbie pour un effort aussi court qu’intense. Les 200 athlètes restants entamaient, quant à eux, un long périple de 125km à travers les Alpes-Maritimes. Ils allaient enchaîner vallées et sommets pour atteindre Saint-Martin-Vésubie de longues heures plus tard. Le favori n’était autre que Benoît Girondel, tenant du titre du 75km sur l’UTCAM 2021, mais surtout double vainqueur du Grand Raid de la Réunion.

UTCAM © Christian retaggi
© Christian Retaggi

L’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour, un voyage de la mer à la montagne

De la mer à la montagne, telle est la devise de cette épreuve qui correspond bien à la beauté de ce territoire maralpin. En effet, ici, on peut profiter à la fois d’un littoral sublime et d’un arrière-pays montagneux somptueux, le tout en à peine plus d’une heure de route. Premier point de passage de l’UTCAM pour les athlètes du 125km, le célèbre Trophée d’Auguste à La Turbie a également vu les victoires de Valérie Raibaut et d’Alexis Gigant sur le 5km Vertical, vendredi 8 juillet.

Après le ravitaillement, les ultra-traileurs ont poursuivi leur route direction Gorbio, puis le Col de Braus avant de s’engouffrer dans la nuit direction la Vésubie via Peira Cava, la Valette de Prals ou la Cime de Piagu. Une immense équipe de 800 bénévoles et de 100 médecins / secouristes se sont relayés pendant plus de 2 jours tout au long des différents parcours pour assurer la sécurité et encourager tous les participants. Un dispositif hors-norme pour un évènement qui l’est tout autant.

UTCAM © Christian Retaggi
© Christian Retaggi

Pau Capell en vedette samedi matin

Dès le samedi 9 juillet, l’effervescence était à son comble à Saint-Martin-Vésubie. En effet, les départs se sont enchaînés toute la matinée, avec dès 5h le départ du 95km. Deux heures plus tard, ce sont les athlètes du 75km qui se sont élancés. Puis, à 9h, c’était au tour du très attendu et spectaculaire 50km, avec la présence de la star mondiale du Trail Running Pau Capell, double Champion de l’Ultra-Trail World Tour, le circuit référence en matière de Trail.

UTCAM CAPELL © Lionel Lecourtier - Activ_Images
Pau Capell, absent sur blessure en 2021, s’impose sur le 50km. © Lionel Lecourtier – Activ_Images

Capell et Girondel au sommet de leur forme

En 2021, Pau Capell n’avait pu participer à l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour® en raison d’une blessure. Cette année, il a mis un point d’honneur à venir et a démontré que son statut n’était pas usurpé. Il a dominé la course de bout en bout pour s’imposer en 6h 45mn 16s, avec plus de 30 minutes d’avance sur son dauphin. Benoît Girondel aura lui aussi assumé son statut de favori en remportant le 125km en 17h 09mn 03s, reléguant le second à plus d’une heure.

UTCAM GIRONDEL © Lionel Lecourtier - Activ_Images
Benoît Girondel, vainqueur du 75km en 2021, remporte le 125km cette année. © Lionel Lecourtier – Activ_Images

Revenir en 2023

Le dimanche 10 juillet au matin, le festival de trail s’est poursuivi avec le 30km puis le 10km, rendant ainsi plus abordable et accessible la découverte du trail pour tous. De quoi donner envie de passer à la distance supérieure l’an prochain. Et pourquoi pas vous ?

Retrouvez toutes les infos sur les courses, les distances et les dénivelés ici

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Les résultats de toutes les courses de l’Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour 2022

UTCAM 125km :

Hommes :

  1. Benoit Girondel (17:09:03)
  2. François Holzerny (18:17:56)
  3. Nicolas Allemeersch (19:01:09)

Femmes :

  1. Daphnée Derouch (22:21:44)
  2. Lucie Arnal (23:23:57)
  3. Camille Sere (24:13:22)

UTCAM 95km :

Hommes :

  1. Lucas Laforet (12:06:19)
  2. Sebastien Gaumer (13:14:33)
  3. Maxime Lameche (14:12:58)

Femmes :

  1. Hannah Derksen (13:58:42)
  2. Laura Berruer (20:46:44)
  3. Charlene Da Silva (22:02:09)

UTCAM 75km :

Hommes :

  1. Thibault Legarff (11:05:22)
  2. Franck Cardin (11:05:34)
  3. Bertrand Pailleux (11:47:07)

Femmes :

  1. Jeanne Maillot (13:07:05)
  2. Melanie Ringeval (14:08:16)
  3. Sophie Denner (14:38:29)

UTCAM 50km :

Hommes :

  1. Pau Capell (06:45:16)
  2. Thibault Athane (07:18:53)
  3. Jérémie Bouchard (07:38:20)

Femmes :

  1. Manon Gras (09:01:47)
  2. Manon Besson (09:25:39)
  3. Séverine Oliver (10:02:49)

UTCAM 30km :

Hommes :

  1. Sébastien Poesy (02:52:34)
  2. Jimmy Panozzo (03:16:07)
  3. Benoit Galli (03:19:32)

Femmes :

  1. Stéphanie Reymond (04:01:59)
  2. Elodie Tonelli (04:10:12)
  3. Aurore Dacier (04:16:09)

UTCAM 10km :

Hommes :

  1. Vincent Viallefont (00:50:43)
  2. Romain Carlicchi (00:50:51)
  3. Loïc Franco (00:53:25)

Femmes :

  1. Virginie Bourdrez (01:05:59)
  2. Isabelle Delattre (01:06:50)
  3. Elodie Lhomer (01:07:59)

VERTICAL 5km « La Maremontana » :

Hommes :

  1. Alexis Gigant (00:25:47)
  2. Romain Carlicchi (00:26:25)
  3. Frédéric Galery (00:28:05)

Femmes :

  1. Valérie Raibaut (00:32:11)
  2. Jasmine Carli (00:37:43)
  3. Laurianne Marin (00:38:05)
UTCAM © Simon THOMAS
© Simon Thomas
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C’est au cœur des Pyrénées espagnoles, dans le Val d’Aran, que 3 600 coureurs s’étaient donné rendez-vous pour le premier des deux UTMB World Series Majors de la saison 2022. Sur la course reine, la VDA, un ultra de 160km, Germain Grangier a été le premier à sonner la cloche de l’arrivée. Exploit de sa compagne Katie Schide sur le 105km.

Le Val d’Aran, prépa pour l’UTMB Mont-Blanc 2022 ?

Pour sa deuxième édition seulement, Val d’Aran by UTMB avait attiré de nombreux athlètes désireux de se tester sur les sentiers difficiles et techniques des Pyrénées. Parmi eux, le Français Germain Grangier, qui n’avait pas couru de 100 miles depuis l’UTMB Mont-Blanc 2021, il y a plus de 10 mois, où il avait fini à la 5e place. Le profil du VDA 161km, avec 10200 mètres de dénivelé positif et des ascensions comme le Port d’Urets, à 2 500m d’altitude, était idéal pour faire le point. « J’ai couru moins de kilomètres que d’habitude cette année », confiait récemment Germain Grangier. « Je l’ai fait exprès pour être plus reposé au départ du Val d’Aran by UTMB. » L’athlète The North Face ne cachait pas par ailleurs son plaisir de découvrir ce territoire pyrénéen qui lui était inconnu.

Grangier allonge, et Grangier gagne encore

val d'aran grangier
Germain Grangier impérial sur l’ultra. © DR

Très progressif depuis le début de l’année, Grangier avait attaqué la saison par un format 42km au SkyTour Matheysin, lors de la SkyRace des Matheysins 2022. Vainqueur de la course, il avait ensuite doublé la distance pour s’aligner sur le format 84km du Swiss Canyon Trail début juin. Même résultat : une victoire. Après un gros bloc dans les Alpes, Germain Grangier a donc réussi son pari en s’imposant sur le VDA en 23h 24mn 54s, avec une heure d’avance sur le second, l’Espagnol Gaspar Bartra Gual de Torrella. Chez les femmes, c’est la Française Amandine Ginouves, 2e de la Diagonale des Fous 2021 qui prend la 21e place au scratch et l’emporte en 30h 17mn 22s.

Exploit de Katie Schide sur la CDH

VAL D'ARAN KATIE SCHIDE
Katie Schide tout sourire après sa victoire et 6e place au scratch. © DR

Quand ce n’est pas Grangier, c’est sa compagne Katie Schide qui fait le show. L’athlète américaine du team The North Face, tout aussi heureuse que son compagnon de découvrir les sentiers techniques des Pyrénées, a fait une course magistrale pour terminer première féminine, à la 6e place du général. L’épreuve de 105km et 6100m D+ a été remportée par l’Espagnol Andreu Simon Aymerich du team Asics Trail en 11h 48mn 45s. Katie Schide signe quant à elle un chrono de 13h 06mn 34s, avec près d’1h50 d’avance sur la seconde féminine, la Bolivienne Elisabeth Rios Peredo.

Victoire chinoise sur la PDA

VAL D'ARAN CHINOIS
Yanqiao Yun s’est imposé avec moins d’une minute d’avance sur le second. © DR

Depuis le temps qu’il en rêvait, il l’a fait. Le Chinois du team Hoka One One Yanqiao Yun a enfin réussi à s’imposer sur une course européenne. Régulièrement récompensé en Asie, il remporte la PDA, troisième épreuve du Val d’Aran by UTMB en terme de distance (55km) en 5h 37mn 38s. Mais la lutte aura été terrible, et il ne l’emporte qu’avec une petite minute d’avance du Roumain Ionel Cristian Manole. Chez les femmes, la victoire revient à l’Espagnole Maite Maiora Elizondo du Team Raidlight, championne du monde de Skyrunning Ultra en 2021. Elle termine 26e au scratch, en 6h 55mn 16s.

Tous les résultats des courses ici

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