C’est sous un soleil de plomb que s’est déroulé le 15 mai le Trail de Mimet, épreuve réputée technique et sélective dans le cadre du Massif de l’Etoile, entre Aix et Marseille. Et ce sont surtout des athlètes habitués des podiums de la région qui ont fait parler la poudre. Voici tous les résultats du Trail de Mimet 2022.
Fabrice Arnaud s’impose sur le parcours Elite (45 km)
C’est un habitué des Top 10 des trails de la région provençale qui s’est imposé sur le parcours Elite. Fabrice Arnaud avait signé mi-avril une 4e place sur les 70 km de la première édition du Full Moon Trail Aix-Marseille. Très en jambes depuis le début de l’année, il avait déjà 9 courses à son actif, dont le Serre Chevalier Snow Trail (6e), le Trail de la Galinette (5e), le Trail des Calanques (2e), l’Ubaye Snow Trail Salomon (10e), l’Ergysport Trail du Ventoux (29e) où encore le Trail Sainte Victoire (7e). Sa dernière victoire remontait à novembre 2021, aux Trail des Saint Cyriennes. Il s’impose donc pour la première fois cette saison sur le parcours Elite (45 km et 2800m D+), avec moins de 3 minutes d’avance sur Ivan Schweckler, régulièrement performant du côté de la Sainte Baume, 2e de l’Alpin Trail de Pichauris en novembre dernier. Jean Blancheteau, habitué des podiums et des victoires sur des trails longs, vainqueur en début d’année du Trail des 3 Châteaux et du Trail du Mont Saint-Romain, complète le podium.
Chez les féminines, la victoire revient à la licenciée du club de La Fare Sport Nature et membre du Team GCC-SportAddict Aubagne Coline Peron. Elle s’était imposée il y a un mois sur le 44 km du Trail des Balcons d’Azur. Elle termine 14e au scratch et devance d’à peine 2 minutes Laurie Atzeni, la gagnante de l’Ultra (57 km) du Trail Sainte Victoire 2022. Une habituée de Mimet, qui s’était imposée sur ce parcours en 2019. Lisa Del Guidice complète le podium, à plus d’une demi-heure du duo de tête.
Thomas Leonard enfin premier sur le Confirmé (27 km)
Deuxième du Trail de Cuers fin mars, deuxième du Trail de Signes mi-avril, le natif de Briançon Thomas Leonard monte enfin sur la plus haute marche du podium sur le parcours Confirmé (27 km et 1550m D+). Il devance Henri Giraud, qui a signé quelques Top 10 en ce début d’année (6e du Trail de la Galinette, 9e de l’Ergysport Trail du Ventoux, 4e du Trail Sainte Victoire). Giraud est même monté sur un podium (3e du Trail de la Sainte Baume). Quant au troisième, Yohan Peisson, ce n’est ni plus ni moins que le récent vainqueur du 70 km de la Full Moon Trail entre Aix et Marseille.
Chez les féminines, le plateau du parcours Confirmé était relevé avec notamment la vice-championne du monde de trail 2017 Amandine Ferrato et la championne de France de trail long 2018 Maryline Nakache. Cette dernière s’est distinguée en début d’année en remportant notamment le 80 km de l‘Eco-Trail de Paris. Amandine Ferrato l’a emporté et signé une belle 8e place au scratch, devançant la seconde d’une dizaine de minutes. La Marseillaise signe au passage une remarquable 11e place au scratch. Elisabeth Petit complète le podium, à près de 40 minutes de la gagnante du jour.
Pierre Amadeo et Marie-Eve Barbara premiers sur le parcours Découverte (13 km)
Sur un parcours court mais technique et nerveux de 13 kilomètres et 600m D+, ce sont les coureurs locaux qui ont fait la loi. Pierre Amadeo, du Team Provence Endurance, s’impose assez nettement devant Nicolas Ligier et Julien Marreau. Chez les féminines, la victoire revient à Marie-Eve Barbara, 18e au scratch, qui devance de 4 minutes Anaïs Gachon. Caroline Desvages complète le podium.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/05/PODIUM-FEMMES-45-KM.jpg15362048Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-05-16 12:22:322022-05-16 19:17:25Trail de Mimet 2022 : tous les résultats
Difficile de ne pas succomber à la magie du Serre Che Trail. Paysages sauvages, vues sur les glaciers des Écrins et difficultés des parcours en font une course authentique et unique approchant les 3000 mètres à plusieurs reprises. Si vous ne le connaissez pas encore, c’est l’occasion. La 9ème édition se déroulera les 10 et 11 septembre 2022 dans la vallée de Serre Chevalier. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 1er mai. 2000 dossards sont à prendre pour l’ensemble des formats de course. Voici le menu.
60km et 4000m D+ Vous aimez les parcours alpins ? Les singles techniques ? Les terrains accidentés ? Le Grand Tour des Cerces est taillé pour vous ! Ce parcours d’exception dans les espaces préservés et sauvages des Cerces est le plus long et le plus exigeant des formats proposés. Vous pourrez tutoyer les glaciers des Écrins et de La Meje, spot bien connu des free-riders. Il vous amènera à passer à 5 reprises à des altitudes supérieures à 2500 mètres, avec un point culminant à 2869 mètres, au Grand Aréa. Diversité des paysages garantie. Originalité de la cette course, la possibilité, au 33e kilomètre, de vous replier sur le parcours 45 km du Marathon des Cerces si vous avez un coup de moins bien.
45km et 3200m D+ Désormais classique des courses de montagne, le format marathon du Serre Che Trail présente le même profil très alpin que le Grand Tour des Cerces. Et surtout, les mêmes difficultés à franchir. Mais 15 kilomètres de moins. Les départs des deux courses auront lieu le dimanche 11 septembre à 6 heures du matin, le choix du parcours se faisant donc au km 33.
26 km et 1850 D+ Ne vous fiez pas à son appellation, ce « petit tour » a tout d’un grand parcours. À commencer par des sentiers très techniques et un point culminant à 2717 mètres d’altitude. L’occasion de découvrir le charme des refuges de haute montagne et de profiter des multiples points de vue sur les glaciers des Écrins. Un très beau parcours, authentique, montagnard, exigeant.
12km et 600 D+ Le plus petit des parcours, mais une course de montagne exigeante tout de même, entre hameaux et alpages, avec de larges pistes et de jolis singles. Tout comme pour les autres courses du week-end, vous pourrez profiter des points de vue sur les Écrins, le massif des Cerces et le charme du village du Monêtier-les-Bains. Elle intéresse d’ailleurs de grands noms du trail, puisque Sylvain Cachard, tout récent vainqueur de la SkyRace des Matheysins 2022, et Iris Pessey, 2e de la course, y ont signé de belles victoires en 2020.
Les plus motivés pourront profiter du pack week-end, qui propose à un tarif préférentiel de s’inscrire au 12km du samedi après-midi puis de prendre l’un des départs du dimanche. Préparez-vous bien, il vous reste 4 mois pour être au top et vous faire un week-end full Serre Che Trail…
C’est à Pavilly, en Seine-Maritime, qu’a eu lieu les 6, 7 et 8 mai derniers la finale nationale des Infinity Trails Backyard France. Le principe ? Répéter autant de fois que possible une boucle de 6,706 km en moins d’une heure. Le vainqueur ? La dernière personne qui réussira à effectuer une boucle complète. Avec 37 tours et 248,122 km parcourus, c’est l’ultra-traileur Philippe Debadier qui est resté « le dernier homme debout » de l’Infinity Trail Pavilly.Mais avant de saluer son exploit, petit retour sur les origines de cette épreuve, avec le “diabolique” Lazarus Lake…
Aux origines, Lazarus Lake et la mythique Barkley
C’est l’histoire d’un mec qui courait déjà sur des distances énormes avant même que l’ultrarunning n’existe. Ce type, c’est Gary Cantrell, plus connu sous le nom de Lazarus « Laz » Lake. Sa grosse barbe et son cerveau machiavélique en ont fait une véritable légende dans le monde de la course à pied. Et pour cause, on lui doit l’une des épreuves les plus folles du monde, la Barkley. En 35 éditions, on ne compte que 15 finishers !
C’est dans le parc d’Etat de Frozen Head, à Wartburg, dans le Tennessee, que Lazarus Lake a imaginé un concept unique en son genre : un ultra-trail doublé d’une course d’orientation avec un dénivelé positif total de près de 20 000 m et une barrière horaire de 60 heures pour… 39 candidats seulement, sélectionnés sur lettre de motivation. Un allez simple pour l’enfer, décrivent tant ceux qui abandonnent que les rares rescapés. Et pour cause : créée en 1986, cette course consiste à effectuer 5 boucles d’officiellement 32 km (donc précisément 100 miles au total) hors des sentiers, sans GPS, dans un univers hautement hostile, avec uniquement une boussole pour s’orienter. Et 12 heures par boucle maximum !
Les 15 finishers de la Barkley, dont le héros Jared Campbell, triple finisher, et le recordman de l’épreuve, Brett Maune, double finisher.
Ne pas perdre la page
Autant dire que les 32 km se transforment vite en 35, 42, voire 50 km selon les erreurs d’orientation. Car le parcours lui-même est une punition, avec des successions de montées et descentes, jamais de plat pour souffler, des obstacles, des troncs d’arbres à enjamber, des passages dans les ronces, et surtout, 12 livres à retrouver, comme autant de check-points, où chaque concurrent doit arracher la page correspondant à son numéro de dossard pour les rapporter à Lazarus à la fin de chaque tour. Pas simple de s’y retrouver de jour, infernal de nuit…
C’est le 8 mars dernier à 8h du matin que les coureurs ont été lâchés pour leur première boucle de course. Mais leur enthousiasme a vite été douché, tant par la pluie que le froid, le vent fort et le brouillard. Les 2 Français engagés, Alexandre Ricaud, qui y participait pour la première fois, et Rémy Jégard, qui en était à sa 6e participation, ont abandonné dès le premier jour. Même les 2 favoris, les expérimentés Courtney Dauwalter et Harvey Lewis, détenteurs des records féminin et masculin sur les Backyard, ont renoncé après seulement un tour et demi ! Seuls 3 coureurs ont réussi à boucler les 3 premiers tours en moins de 36h et ont pu prendre le départ du quatrième. Mais celui-là, personne ne l’a achevé dans les temps.
Les Backyard Ultra font partie de la famille des épreuves nées de l’imagination démoniaque de Lazarus Lake. Le concept est là aussi assez simple : il s’agit de courses d’endurance pendant lesquelles les concurrents doivent réaliser autant de boucles de 6,706 km que possible, avec des départs à chaque heure. Plus vous terminez rapidement le tour, plus vous avez de temps pour récupérer. En revanche, si vous mettez plus d’une heure, vous êtes éliminé. Même tarif si vous manquez le départ : éliminé ! Pourquoi 6,706 km ? Pour qu’au bout d’un jour de course, soit 24 boucles, la distance parcourue soit de 161 km, soit les fameux 100 miles qui font rêver les Américains. Quant au vainqueur, c’est la dernière personne réussissant à parcourir une boucle complète.
Même si les totaux kilométriques des meilleurs peuvent faire peur, l’avantage des Backyards est qu’elles sont accessibles à tous, pour a minima un tour et beaucoup plus selon affinités. Ce format permet également, pour ceux qui désirent allonger la distance, se tester dans une ambiance festive, à coup de 6,706 kilomètres supplémentaires par heure de course, sans avoir à craindre de défaillance en plein milieu de nulle part. L’organisateur souligne d’ailleurs que la moyenne des participants est d’environ 10 tours, et que certains abandonnent même au bout de 2 ou 3 tours seulement.
Les Infinity Trails Backyard font partie du calendrier des Backyards Ultra, dont l’Infinity Trail Normandie était la finale. Aujourd’hui, ce circuit comprend 3 épreuves officielles, toutes qualificatives pour la finale nationale : l’Infinity Trail de l’île d’Aix, l’Infinity Trail d’Hossegor et l’Infinity Trail de Dijon. La finale nationale est quant à elle qualificative pour la finale mondiale.
Philippe Debadier vainqueur à Pavilly
C’est à la force du mental que Philippe Debadier est allé chercher la victoire, et du même coup sa sélection pour le Championnat du Monde 2022 aux États-Unis. Ils étaient encore deux en course après 36 boucles, dont Martin Perrier, vainqueur de l’édition 2020 avec 30 tours. Mais ce dernier, épuisé, a renoncé durant le 37e tour. « Ma stratégie était claire », a déclaré Debadier : « courir 45 minutes et dormir 15, pour continuer et garder les idées claires. » 5e de l’Ultra-Trail des Seigneurs (UTDS) un mois plus tôt, Debadier précise, honnête, qu’il aurait pu « en courir une de plus, mais vraiment pas plus… ». Avec 37 boucles et 248,122 km parcourus, il établit un nouveau record sur l’Infinity Trail de Pavilly. Chez les femmes, il n’y a guère eu de suspense, puisqu’il n’y avait qu’une seule participante. Delphine Roux l’a donc emporté avec 12 boucles et 80,472 km au compteur.
Le record du monde sur les Backyard Ultra est détenu par l’Américain Harvey Lewis qui a effectué 85 boucles, soit 570 km, en 2021. Chez les femmes, c’est sa compatriote Courtney Dauwalter, double vainqueure de l’UTMB Mont-Blanc, qui détient la meilleure performance mondiale, avec 68 boucles, soit 456 km, en 2020. Côté Français, Guillaume Calmettes détient le record masculin, avec 59 boucles (soit 396 km) en 2017, et Fanny Jean le féminin, avec 42 boucles (soit 282 km) en 2020. Enfin, sur les Backyards françaises, les records appartiennent à Christian Mauduit avec 46 boucles (soit 308 km) en 2020, et Claire Bannwarth avec 41 boucles (soit 275 km) en 2020 également.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/05/backyard-ultra-2.png407558Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-05-10 09:07:282022-05-10 09:07:32Infinity Trail Pavilly : 248,122 km pour Philippe Debadier, le « dernier homme debout »
La première édition de Tarn Valley Trail, long de 160 kilomètres, s’est tenue le week-end dernier. L’épreuve a séduit par son parcours inédit, tracé le long du Tarn, en large partie sur le nouveau GR 736 et avec également des incursions répétées sur les Causses, de Sauveterre et Causse noir. Renaud Doby s’impose chez les hommes, Valérie Tixier chez les femmes.
Le premier ultra avec pacer en France
Le Tarn Valley Trail est la première épreuve d’ultra française à avoir proposé aux coureurs d’être accompagnés sur la deuxième moitié du parcours. Un concept qui a séduit, puisque 70 pacers se ont inscrits pour apporter soutien et réconfort aux concurrents, qui étaient 270 sur la ligne de départ (et 160 finishers).
Vainqueur de l’Ultra01 et de l’Ultra Tour 220 du Grand Raid des Pyrénées en 2019, 16e du Grand Raid de La Réunion 2021, Renaud Doby s’est imposé en 19h 29mn 23s, épuisé mais heureux. D’autant plus que c’est son père, spécialiste dans le passé des Raids Multisports, et en particulier du Raid Gauloises, et lui a servi de « Pacer » sur les 50 derniers kilomètres. La principale difficulté pour Doby a été de bien gérer l’enchaînement entre la première partie du parcours, assez rapide puisqu’il a avalé les 80 premiers kilomètres en 8 heures, à 10km/h de moyenne, et la seconde partie, plus raide et technique, plus adaptée à son profil de montagnard. Un défi relevé par cet ancien kayakiste de haut niveau, actuellement entraîneur de l’Equipe de France, qui visait un chrono en dessous de 20 heures.
C’est en 26h 49mn 49s que l’Héraultaise Valérie Tixier a bouclé le Tarn Valley Trail, terminant à la 28e place au scratch. Une sacrée performance pour son premier 100 miles, qu’elle a couru « en couple » avec son compagnon, qui finit 29e. « J’étais juste là pour découvrir, je n’avais aucune prétention de résultat », a affirmé Valérie Tixier à l’arrivée. Une bien belle découverte…
« Authentique et exigeant » sont les qualificatifs les plus souvent entendu à l’arrivée de cette épreuve. Elle a débuté de façon émouvante, en silence, à Mas de la Barque, au cœur du Parc National des Cévennes. Seuls quelques mots ont été prononcés par Gilles Bertrand, le créateur de l’épreuve, qui s’est adressé « a capella » aux trailers massés en rond autour de lui, et aussi impatients de découvrir les paysages traversés qu’anxieux à l’idée de surmonter ces 160 kilomètres et les 6500 mètres de dénivelé. Il a fallu plus de 40 heures aux derniers pour les achever.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/05/TARN-VALLEY-TRAIL-DOBY-scaled.jpeg17072560Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-05-09 12:51:572022-05-09 12:52:02Tarn Valley Trail : Renaud Doby remporte la première édition
Il était annoncé comme favori, il a tenu son rang. En survolant la 7e édition de la SkyRace des Matheysins, Sylvain Cachard remporte la première épreuve de la Coupe du monde de course de montagne et affiche ses ambitions pour la saison. Chez les féminines, belle performance de Julie Roux qui signe une nette victoire.
Le Sentier du Diable comme juge de paix
Il n’aura pas attendu très longtemps avant de s’envoler. Parti tout de suite devant au côté du Suisse Christian Mathys, vainqueur de la Coupe du monde de SkyRunning 2021, Sylvain Cachard a produit son effort dans la première grosse difficulté du jour, le Sentier du Diable. En avalant les 42 lacets et 700 m de D+ du sentier en petite foulée malgré une pente de parfois 40 à 50 degrés, le jeune athlète du team Hoka Elite s’est détaché pour pointer au sommet du Pérollier, à 2183m d’altitude, avec plus de 2 minutes d’avance sur ses principaux poursuivants, les Français Johann Baujard et Loic Robert et le Suisse Christian Mathys. Ils ne le reverront plus.
C’est entre la Station de ski de St Honoré et le Pérollier, juste avant le Col de l’Oullière, que se situe le Sentier du Diable.Vue aérienne du Sentier du Diable, et ses 42 lacets à flanc de montagne.
Une fusée nommée Cachard
Très rapide sur les crêtes et dans la zone la plus raide du parcours vers l’Oreille du Loup, et malgré quelques passages compliqués dans la neige molle où il devait faire la trace, Sylvain Cachard n’a jamais tremblé. Passé au sommet du Tabor, point culminant de l’épreuve à 2389 m d’altitude, avec près de 3 minutes 30 d’avance sur son poursuivant immédiat, l’espoir de l’équipe de France de course de montagne n’a ensuite cessé d’augmenter son avance dans la descente. Il comptait ainsi plus de 8 minutes d’avance sur Johann Baujard à mi-descente, à la Cabane du Poyet. Sans rival, il aurait pu choisir de relâcher sur la fin. Au contraire, il a été capable d’allonger encore la foulée sur les derniers kilomètres pour avancer à près de 20 km/h. Il finit ainsi en 2h15mn 40, pulvérisant le record de l’épreuve (2h 25mn 00s) établi l’an dernier par Frédéric Tranchant dans des conditions plus favorables.
Très en jambes, Sylvain Cachard a su imprimer un rythme d’enfer, même dans les montées les plus raides, comme ici vers le Pérollier.Surprise vers le Tabor, où Sylvain Cachard s’est retrouvé à faire la trace dans les névés, trébuchant dans la neige molle.
Trois Français sur le podium
Au classement général, Sylvain Cachard devance de plus de 10 minutes Johann Baujard et Loic Robert, arrivés à 10 secondes d’intervalle. Les tricolores ont brillé sur la course, avec la 5e place de Sébastien Poesy, habitué de l’épreuve. Trois autres Français terminent dans le top 10 : Adrien Michaud, Julien Michelon et Louison Coiffet. Nicolas Martin, en préparation de Zegama et sans grandes ambitions sur cette course, a accroché une 15e place, en 2h 37mn 01s. Déjà vainqueur quelques jours plus tôt du Trail Nivolet Revard, Sylvain Cachard démontre qu’il faudra compter sur lui pour aller chercher une médaille sur les championnats d’Europe de course de montagne, début juillet en Espagne.
Au-dessus des nuages, les coureurs se donnent à fond sur les crêtes avant de replonger dans la vallée.Le Top 10 de la Skyrace des Matheysins.
Grosse bataille chez les féminines
Julie Roux était très attendue, elle n’a pas déçu. Tout comme Sylvain Cachard, c’est dans le Sentier du Diable que la Française s’est détachée pour passer au col de l’Ollière avec plus de 2 minutes d’avance sur la Canadienne Lindsay Webster et la Française Iris Pessey. Elle a ensuite géré pour passer au sommet du Tabor, plus haut point de la course, à 2389 m, avec 1mn 19s d’avance sur Iris Pessey, revenue à la seconde place,. Elle s’impose finalement en 2h 56mn 39s, avec plus de 5 minutes d’avance sur cette dernière. Lindsay Webster termine troisième en 3h 03mn 36s, et devance de moins d’une minute Lucille Germain, 4e. À noter les belles 9e et 10e places de Fiona Porte et Jessica Pardin, et la décevante 11e place de l’Autrichienne Stephanie Kröll, deuxième du classement général de la Coupe du monde l’an passé. Petit cocorico en bonus : Julie Roux est la première Française à s’imposer depuis que la SkyRace des Matheysins est labellisée épreuve de coupe du monde, en 2019.
Très vite aux avant-postes de la course féminine, Julie Roux n’a jamais été vraiment inquiétée.
Belle victoire pour Germain Grangier sur le 42 km
3 autres courses étaient au programme de cette 7e édition, dont le SkyTour Matheysin, un format marathon sur lequel s’alignait Germain Grangier pour son retour à la compétition après 8 mois d’absence (depuis l’UTMB!). Retour réussi, puisque l’athlète du team The North Face s’est imposé avec près de 5 minutes d’avance sur le second. Une grosse satisfaction pour celui qui avait besoin de s’étalonner et de jauger si le travail hivernal avait été concluant. Quant au « petit » format, le SkyTrail Matheysin (18,5 km), il est revenu à Clovis Dalban Moreynas.
Le Top 10 du SkyTour Matheysin remporté par Germain Grangier.Le Top 10 du SkyTrail Matheysin remporté par Clovis Dalban Moreynas.
On l’attendait, la voilà ! Dimanche 8 mai aura lieu la SkyRace des Matheysins, qui marquera le début de la Coupe du Monde de Skyrunning 2022. Seule manche française de cette 20e édition des Skyrunner World Series, elle promet une belle bagarre entre « anciens » et nouveaux venus sur un parcours exigeant et technique où on attend beaucoup des Tricolores.
Retour à la date d’origine
Après deux éditions décalées au mois d’octobre pour cause de Covid, la SkyRace des Matheysins revient à sa date d’origine. Et l’incertitude d’enneigement qui va avec. On se souvient des conditions dantesques de l’édition 2019, entre brouillard et montagnes de neige. Même si le temps devrait être plus clément, la bataille promet d’être engagée sur ce parcours exigeant de 25,5 km et 2000 m de D+, avec des passages sécurisés par des cordes fixes.
Parmi les favoris, on suivra bien entendu le détenteur du titre, le Suisse Christian Mathys, qui aura fort à faire face à de jeunes et talentueux coureurs, en tête desquels une armada de p’tits Français. À suivre plus particulièrement, le tout jeune (23 ans) double champion de France de course de montagne Sylvain Cachard. On suivra aussi Johann Baujard et Julien Michelon, dont les objectifs cette année sont surtout de performer à Zegama et au marathon du Mont-Blanc dans le cadre des Golden Trail World Series. À suivre également, Loïc Robert, tout juste auréolé de son titre sur le 42 km du MIUT. D’autres tricolores seront également présents, mais peut-être pour se battre pour les premières places, comme Nicolas Martin, qui poursuit sa prépa pour Zegama, ou encore Germain Grangier, de retour après 1 mois de Covid et qui n’a pas accroché de dossard depuis l’UTMB 2021 !
Chez les femmes, s’il faudra particulièrement suivre l’Autrichienne Stephanie Kröll, deuxième de la Coupe du Monde l’an passé, on attend beaucoup des Françaises. Parmi les prétendantes au podium, voire à la victoire, notons Julie Roux, en préparation pour le marathon du Mont-Blanc, Fiona Porte, Lucille Germain, 4e de la SkyRace des Matheysins l’an dernier, Iris Pessey, régulièrement sur les podiums sur ces formats courts, ou encore Jessica Pardin, 4e du 24km du marathon du Mont-Blanc en 2021.
Envie d’en prendre plein les yeux ? Vous pourrez suivre l’intégralité de la course, à partir de 8h15, sur la webTV 100% Outdoor, une toute nouvelle chaîne entièrement gratuite lancée en mars dernier et exclusivement dédiée aux sports nature, tels que le trail, le VTT, le triathlon ou encore le swimrun. Il faudra juste ne pas prévoir de sortie longue ce matin-là…
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2022/05/skyrace-des-matheysins.png9461636Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2022-05-06 20:06:122022-05-06 20:06:16SkyRace des Matheysins : coup d’envoi de la Coupe du Monde de SkyRunning 2022
Après quelques podiums en début de saison, Yoann Stuck s’est imposé le week-end dernier sur la Virée des Châteaux, le 57 km de l’Ardèche Trail La Voie Romaine.
Dans les pas des armées de Jules César
Le Trail de Désaignes, ex Ardéchois Trail, est désormais nommé Ardèche Trail La Voie Romaine. Il est l’un des plus anciens trails de France, au même titre que le Trail des Templiers. Cette 26e édition a attiré de nombreux traileurs sur les sentiers techniques et sauvages au cœur de la moyenne montagne ardéchoise. Avec le soulagement, après deux éditions annulées pour cause de COVID, que de revenir enfin dans le calendrier des courses. Point d’orgue des parcours, la fameuse Voie Romaine qui aurait été parcourue par les armées de Jules César.
C’est avec satisfaction que Yoann Stuck a remporté sa première course de la saison 2022, avec une conséquence avance sur le second. « Il y a encore beaucoup de boulot pour progresser, mais je suis content de m’épanouir sur mes entraînements », a confié sur les réseaux sociaux celui qui partage aujourd’hui son temps quasiment à 50/50 entre le vélo et le running. Menant rapidement sur les 57 km et 2500 m D+ du parcours de ce trail, qu’il courait pour la première fois, le Lyonnais n’a fait qu’accroître son avance au fil des kilomètres. Il a terminé avec plus de 30 minutes d’avance sur Sébastien Gaumer et Gregory Bouttier, respectivement deuxième et troisième de l’épreuve. Côté féminin, la victoire revient à Aline Aizier en 6h 29mn 07s, devant Carole Souchon (6h 35mn 41s) et Bertille Faure (6h 51mn 35s).
Le Top 3 du 57km.
Les autres courses du jour
Sur le 36 km et 1700m D+, la victoire est revenue à Nicolas Falatik, qui avait terminé à la 3e place de la course en 2016. Chez les féminines, c’est Coralie Blanchard qui a décroché la première place. Quant au format 20 km et 890m D+, il a été remporté par Hugo Guignand chez les hommes et Marina Rebollo chez les femmes.
Beaucoup d’eau à coulé dans les gorges du Verdon depuis la première édition du Var Verdon Canyon Challenge, en 1993. À l’occasion des 30 ans de l’épreuve, les 25 et 26 juin prochains, offrez-vous une balade dans les paysages sauvages et uniques du Parc naturel régional du Verdon.
Les pionniers du trail running
C’est en 1993 que l’association Aéria imagine un concept novateur : associer randonnée pédestre et course à pied en pleine nature. Le cadre ? L’un des plus magiques qui soit en France, les gorges du Verdon et ses spectaculaires falaises de calcaire de plus de 700 mètres de haut. Nommée alors La Grande Course du Verdon et du Lac de Sainte Croix, cette première épreuve consistait alors en un long périple de 120 km en trois étapes, avec plus de 9000 m de dénivelé.
Au fil des années et des éditions, l’événement a peu à peu évolué. Les formats ont donc changé et la course par étapes s’est transformée en un programme multi-distances. Il y eut un temps un ultra de 100 km, mais depuis 2018 les organisateurs sont revenus à une distance maximale d’une soixantaine de kilomètres. En foulant ses sentiers, vous mettrez vos pieds dans ceux de grands noms du trail, comme les légendaires Marco Olmo et Dawa Sherpa.
Le mot d’Audrey Bassac, 15e de l’UTMB 2021 et marraine de l’épreuve
« Le Verdon est un de mes endroits favoris pour préparer ma saison d’été, avec des vues à couper le souffle, un terrain technique à souhait, et des températures toujours clémentes en hiver. J’y ai également fait mes premières armes sur le Var Verdon Canyon Challenge. Alors vous imaginez bien que je suis ravie d’être la marraine de l’événement cette année. Un retour aux sources sur mes sentiers de cœur, sauvages, aériens, somptueux. Vous voulez du spectaculaire, du difficile et du technique ? Venez vous frotter au 60 km. Si vous aspirez à dérouler les gambettes sur du rapide, vous pouvez choisir le 30 km ou encore le 20 km ! Dans tous les cas prévoyez la crème solaire et surtout les lunettes car vous allez en prendre plein les yeux. »
LE PETIT TRAIL DU GRAND MARGÈS (21 KM – 1457 M D+) Un 21 km pour ceux qui veulent vivre un moment de trail court mais intense.
LE GRAND TRAIL DU GRAND MARGÈS (30 KM – 1830 M D+) Un 30 km condensé du Verdon, avec des passages sur les crêtes et le sommet du Grand Margès.
LE TRAIL ENTRE DEUX RIVES (60 KM – 3898 M D+) Un 60 km long et technique, l’épreuve reine, qui suit un itinéraire magnifique et emprunte le mythique sentier Martel, du nom de l’explorateur Blanc Martel, succession de tunnels et d’échelles aériennes le long des immenses falaises. Avec, en clou de l’aventure, les spectaculaires échelles de la brèche Imbert. Départ de nuit à 4 heures du matin. Idéal pour les habitués du format 40 km qui auraient envie d’allonger un peu la distance.
Retour en images sur le Madeira Island Ultra Trail qui s’est déroulé le 23 avril. Un décor fait de pluie, de brouillard, de jungle, de montagnes, d’à-pics et de marches à n’en plus finir. MIUT no comment, par Cano Fotosports.
Et pour finir, Jim Walmsley, seul en tête quasiment de bout en bout, allongeant sa foulée pour venir l’emporter avec plus de 25 minutes d’avance sur Thibaut Garrivier…
Les 10 et 11 juin prochains, offrez-vous le temps d’un week-end une expérience initiatique culturelle et spirituelle sur l’itinéraire mondialement connu du chemin de Saint-Jacques. 4 formats au choix à la recherche de l’esprit du trail. Et de vous-même.
Un itinéraire mondialement connu
Le Trail du Saint-Jacques remonte à contresens le mythique GR65, un itinéraire emprunté chaque année par des dizaines de milliers de pèlerins partant du Puy-en-Velay pour prendre la direction de Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette épreuve offre aux coureurs des parcours typiques et chargés d’histoire au cœur d’une nature inspirante. Vous aurez, tout au long des kilomètres, l’occasion de vous interroger sur vous-même, vos motivations, les raisons de votre passion pour le trail, avant d’arriver au pied de la célèbre cathédrale du Puy-en-Velay, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Sur les traces de Dawa Sherpa
Depuis 2012, ce sont plus de 25 000 coureurs qui ont laissé leur empreinte sur ce chemin du Saint-Jacques et sont allés au bout de leur quête d’esprit du trail, parmi lesquels Dawa Sherpa, Thomas Lorblanchet ou encore Karine Herry. Pour les plus gourmands, en guise d’échauffement, allez vous faire les jambes chez les voisins de Thuyets, en Ardèche, en participant à la Chaussée des Géants le week-end précédent (4 juin).
C’est en 2012 que le Grand Trail du Saint-Jacques fait son apparition dans le calendrier des courses natures. Et il y entre avec fracas, puisque plus de 2000 dossards furent attribués, confirmant l’attrait du concept et des lieux. Depuis, le succès se confirme avec toujours autant d’engagés sur les différents formats, jusqu’à frôler les 3000 inscrits en 2018. Annulé en 2020 pour cause de pandémie, repoussé au mois d’octobre en 2021, l’événement revient en 2022 à sa date de prédilection, début juin, tout auréolé de son label d’épreuve intégrée au circuit mondial UTMB World Series, dont elle est la première des 4 épreuves françaises.
L’Ultra du Saint-Jacques – 123 km – 5500 m D+ (178 km effort) Créé en 2016, l’Ultra attire de plus en plus de participants, avec une successions de Monts à franchir et un départ en nocturne le vendredi soir. À noter que les élites partant 2 heures après les moins bien classés à l’index UTMB, les amateurs auront toutes les chances de voir passer les meilleurs, voire de leur emboîter la foulée pour quelques centaines de mètres. Motivant !
Le Grand Trail du Saint-Jacques – 72 km – 3000 m D+ (102 km effort) La formule « originelle », sur un parcours mythique, depuis le pays de la bête du Gévaudan jusqu’aux escaliers de Notre-Dame du Puy-en-Velay en passant par le lac du Bouchet.
Le Maratrail du Saint-Jacques – 43 km – 1450m D+ (57 km effort) Une distance marathon pour découvrir l’esprit du Trail du Saint-Jacques sur un parcours concentrant l’essentiel des difficultés.
Le Trail des Chibottes – 17 km – 400D+ (21 km effort) Une bonne distance pour les amateurs non aguerris désireux de venir « jouer » sur ce territoire et d’en découvrir la magie et la spiritualité.