C’est le 13 août, 3 jours après avoir remporté pour la 11ème fois la course Sierre-Zinal, que Kilian Jornet s’est élancé de Pontresina, en Suisse, pour son projet Alpine Connections. Bien sûr, il n’a jamais officiellement déclaré qu’il essayait de relier les 82 sommets de plus de 4000 mètres répertoriés dans les Alpes. Il essayait simplement, a-t-il annoncé, « d’explorer ses limites physiques, techniques et mentales en reliant les sommets de 4 000 mètres des Alpes ». Mais il est clair aujourd’hui que le Patron est parti à la conquête d’un nouveau record. Et, après 15 jours et 59 sommets gravis, il est évident qu’il va le pulvériser. Une performance inouïe, qui laisse la communauté de l’alpinisme sans voix. 

Kilian Jornet en approche du mont Blanc

Après une journée de repos du côté de Courmayeur, Kilian Jornet a repris son aventure alpine à mardi 27 août à minuit. Il avait alors gravi 51 sommets de plus de 4000 mètres et attaquait le massif du Mont-Blanc et ses 28 sommets, avant d’aller faire les 2 du massif des Écrins et de se diriger vers le Grand Paradis, en Italie, terme de sa quête. Ce départ de Courmayeur était un jour particulier, puisque le Catalan était entouré d’un groupe d’amis qui l’ont rejoint pour affronter les terrains redoutables de la route emblématique des Grandes Jorasses, point d’entrée imposé avant de filer vers le mont Blanc.

Une 12e étape de tous les dangers

Cette étape a été difficile et très technique, mais Kilian Jornet a tout de même réussi à gravir 8 nouveaux sommets de plus de 4000 mètres en un peu plus de 18 heures, couvrant plus de 28 kilomètres d’escalade et 4199m D+. Parmi les sommets qu’ils a gravis lors de cette étape figurent notamment la Pointe Walker (4208m), la Pointe Whymper (4184 m) et la Pointe Croz (4110 m). Les Grandes Jorasses posaient des défis techniques en raison de leur nature rocheuse et de leurs crêtes exposées. C’est la raison pour laquelle Kilian Jornet s’était entourés d’amis expérimentés connaissant bien la région, et destinés à l’accompagner pour les ascensions techniques du jour. Cette équipe, formée par Michel Lanne, entre autres vainqueur de la CCC en 2016 et de la TDS en 2017, Mathéo Jacquemoud et Bastien Lardat, a accompagné Kilian Jornet jusqu’au Refuge Torino, en Italie, proche de la pointe Helbronner, où tous les alpinistes ont décidé de s’arrêter et de laisser Kilian continuer en solo jusqu’au Refuge Couvercle, sur la commune de Chamonix. Unanimement, ils ont été étonnés de voir à quel point il était difficile de suivre Kilian Jornet, même après les 12 étapes d’efforts qu’il avait dans les jambes.

Comment Kilian Jornet s’est préparé ? 

En début d’année, Kilian Jornet avait annoncé son objectif : disputer 2 courses majeures, Zegama et Sierre-Zinal, et effectuer un « projet », sans donner plus de détails ; L’an dernier, il avait déjà effectué un « projet », en décidant au dernier moment, fin septembre, d’enchaîner 177 sommets des Pyrénées sur 485 km et 43000m D+ en 8 jours. Cet hiver, Kilian Jornet a donc mis sur pied un entraînement cohérent, ayant bénéficié d’un temps magnifique sur la côte ouest de la Norvège, avec de très bonnes conditions d’escalade sur glace et d’alpinisme qui lui ont permis de beaucoup grimper pendant 2 mois, avant de reprendre la course à pied au printemps, exceptionnellement chaud, sur des sentiers secs. Le choix de ne faire que 2 courses, fussent-elles mythiques, a également permis à Kilian Jornet d’en faire « moins ». « Quand je vais sur des courses, explique-t-il, il y a beaucoup de choses à faire. Et comme je suis introverti, être avec les gens me demande beaucoup d’énergie. En faisant moins de courses, je peux mieux m’entraîner, plus longtemps. Et cela me permet d’être plus concentré quand je viens sur une épreuve. » On a vu le résultat, avec 2 victoires sur les 2 courses disputées, dont un record tombé pour moins d’une seconde à Sierre-Zinal.

Kilian Jornet, la polyvalence pour mieux performer

Être capable de performer à la fois sur des courses très relevées et sur des projets comme les Pyrénées 2023, les ascensions himalayennes ou Alpine Connections cette année, demande une extrême polyvalence. Mais c’est justement cette polyvalence qui le rend plus fort. « La polyvalence, cela se travaille sur le long terme, explique le Patron. C’est le résultat d’années d’entraînement. Ensuite, quand je veux me préparer pour un projet, j’ai besoin d’avoir de la spécificité. Mais la spécificité, c’est à court terme. Pour être en très bonne forme pour une course ou un projet spécifique, des adaptations spécifiques ne prennent pas plus de 6 à 8 semaines. Avec ces 6 à 8 semaines d’entraînement spécifique, je sais que je peux donner le meilleur de moi-même. Je peux donc faire des entraînements spécifiques plusieurs fois par an et réaliser différents types de projets. Et au final, je pense que c’est ce qui me motive autant. Parce que si je faisais seulement de la course, je n’aimerais pas ça. Et si je faisais uniquement des choses en montagne, je serais probablement plus lent et mes capacités en montagne diminueraient également. »

Connaître les limites du corps humain

Au-delà de l’exploit sportif, et des records qu’il accumule, sur les courses comme lors d’ascensions, Kilian Jornet est également passionné par l’exploration scientifique, et ce depuis sa jeunesse. «J’ai étudié les sciences du sport à l’école, raconte-t-il. Quand j’avais 16 ou 17 ans, je faisais déjà des tests. Du genre “Je veux essayer ça et voir ce que cela implique. Comment puis-je analyser cela d’un point de vue scientifique ?” Cela a toujours été en moi, d’une manière plus exploratoire que prescriptive. Bien sûr, quand je vais à une course, comme par exemple Zegama, où j’ai couru 12 fois, il n’y a pas beaucoup d’exploration. Mais aller en montagne et y faire des projets, c’est bien pour explorer les choses et ensuite voir ce qui s’y passe. »

Alors qu’au soir du 28 août, 15 jours après le début de son aventure Alpine Connections, il ne reste à Kilian Jornet « que » 23 sommets de plus de 4000 mètres à gravir pour pulvériser le record de 60 jours détenu par 2 alpinistes italiens, une chose est sûre : il aura prouvé qu’il est capable de pousser les limites de la résistance physique et de l’endurance humaine en haute altitude au-delà de tout ce que l’on pouvait imaginer. Un extra-terrestre, définitivement.

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Alors qu’une TDS haletante partie lundi soir a célébré 2 Tricolores, Thibaut Marquet et Marie Dohin, les 2 courses du mardi à Courmayeur, la YCC et l’ETC, ont démontré le côté éclectique de l’UTMB Mont-Blanc, qui ne se cantonne pas à des courses longue distance mais s’est ouvert sur des formats plus courts et à la jeunesse, pour réunir autour d’une même passion athlètes confirmés, jeunes talents et coureurs amateurs désireux de découvrir le trail running dans l’atmosphère alpine préservée de la ville de Courmayeur, en Italie.

TDS : razzia bleue sur les podiums

Les Tricolores ont fait le show sur la « plus belle et sauvage » des courses de l’UTMB en prenant 5 des 6 places sur les podiums masculin et féminin. Au terme d’une course passionnante, qui s’est déroulée sous une chaleur accablante, c’est un Thibault Marquet noyé d’émotion qui a remporté son 2ème ultra de plus de 100 km, après sa victoire sur l’Intégrale de l’Échappée Belle en 2021. Après avoir pris la tête au premier tiers de la course, longue de 148km pour 9300m D+, le Français, 3ème de la 6000D au mois de juillet, a fait la différence pour s’imposer en 18h59mn. Il devance Alban Berson de près d’une heure (19h56). Gautier Airiau monte sur la 3ème marche du podium en 20h07. A noter que 2 autres Français finissent 4 et 5, respectivement Nicolas Gourdon (20h30) et Kevin Roux (20h44).

Photo UTMB

Côté féminin, la course a longtemps été menée par l’Italienne Emilie Collomb, avant son abandon au 97ème kilomètre. Partie plus prudemment, les 2 Françaises du team Kiprun, Céline Finas et Marie Dohin, pointaient en 5ème position à mi-course, avant d’opérer une remontada. C’est finalement Marie Dohin qui s’est arrachée pour aller chercher la victoire et succéder à Maryline Nakache, gagnante en 2023. Elle s’impose en 24h06, 29ème au scratch, avec plus d’une demi-heure d’avance sur la Suissesse Ariane Wilhem (24h42). Céline Finas complète le podium en 25h41. Quatre autres Françaises figurent dans le Top 10, Julia Harnie, 6e, Charlotte Allain, 8e, Léa Simond, 9e et Laura Mayniel, 10e.

Photo UTMB

ETC : Anaelle Bondoux épatante sur le sprint

Pour sa deuxième édition, l’Experience Trail Courmayeur (ETC) a tenu toutes ses promesses. Plus de 1100 coureurs ont ainsi parcouru les 15 km et les 1200 m de dénivelé au rythme de leurs objectifs, leurs talents et leurs envies. Chacun a pu vivre l’expérience du dépassement de soi dans le cadre exceptionnel du versant italien du mont Blanc. Côté hommes, le podium est 100% international. Le vainqueur, l’Allemand Lukas Ehrle (UTMB Index 880) a réalisé un chrono impressionnant de 1h 19mn 56s, avec 2 minutes de marge sur ses poursuivants. Les accessits se sont joués au sprint, puisque 4 secondes seulement séparent le deuxième, l’Espagnol Alex Garcia Carrillo (UTMB Index 883) du troisième, l’Italien Daniel Pattis (UTMB Index 904).

Chez les femmes, la course a également été très intense. La jeune Française Anaelle Bondoux (UTMB Index 767), qui s’était déjà imposée à la surprise générale sur le 23km du Mont-Blanc, pour sa première course de trail, a remporté une victoire convaincante en 1h 32mn 52s. Elle devance de près de 2 minutes la spécialiste suisse des courses en montagne Maude Mathys (UTMB Index 808). L’Italienne Vivien Bonzi (UTMB Index 699) termine 3ème, 2 minutes plus tard.

Oro Les podiums de l’ETC. Photo UTMB

YCC : la jeunesse au rendez-vous

A 11 heures ce matin, sous un magnifique soleil et des conditions de course optimales, 307 jeunes coureurs nés entre 2005 et 2010 ont pris le départ de l’YCC à Courmayeur. Pour cette course des futurs champions, l’organisation propose des parcours adaptés à chaque catégorie d’âge. Après ce premier acte, qui a donné lieu à un classement provisoire, une deuxième partie aura lieu le 28 août à Chamonix : l’YCC The Revenge, une course où les jeunes talents partiront dans l’ordre inverse du classement de la veille. Suspense assuré !

Pour retrouver l’ensemble des résultats par catégorie d’âge, rendez-vous sur live.utmb.world

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Champion de France de trail court 2023, Thibaut Baronian, 3ème de la CCC en 2021, est un des meilleurs traileurs français sur format marathon. Fin août, il va pour la première fois s’attaquer au monument UTMB, une course mythique qui l’attire depuis longtemps, mais qui l’inquiète également pour la part d’inconnu qu’elle recèle. Esprit Trail l’a rencontré.

Pourquoi cette envie d’aller sur le long, alors que tu es encore très performant sur les formats 30 à 60 km ?

Thibaut Baronian : Ça fait plusieurs années que je suis sur le même format marathon et que je fais la Golden trail Series, et j’ai une envie de changement par rapport à mes saisons précédentes. J’essaie depuis quelques années d’intégrer des courses plus longues qui m’attirent, car je pense que je suis un athlète d’endurance à la base, j’aime l’effort long, que je pratique depuis longtemps en off, mais en essayant d’être sur les deux tableaux, en étant toujours focus sur les formats courts, cela me laissait peu de liberté et de place pour le plus long. Et puis je crois que sur le format court des Golden, je suis arrivé au maximum de ce que je peux faire…

Thibaut Baronian Marathon du Mont-Blanc Photo David Gonthier
Thibaut Baronian lors du Marathon du Mont-Blanc 2024, où il termine 2ème. Photo David Gonthier

Peut-on parler de manque de motivation ?

TB : Oui, il y a de ça, moins de motivation à aller sur les marathons, plus de difficultés à me fixer des objectifs personnels, j’avais moins la flamme. Je connais les préparations, je connais les courses, mon ressenti et ce qui peut m’arriver sur ces courses-là. Le fait qu’il y ait moins d’inconnues fait que je n’ai plus l’excitation que tu as quand tu découvres quelque chose de nouveau.

Côté entraînement, tu as changé quelque chose pour te préparer à l’échéance UTMB ?

TB : Fondamentalement, non, c’est toujours la même philosophie, avec pas mal d’entraînement en endurance pure. Je n’ai rien révolutionné, j’ai juste fait plus d’heures, avec plus de liberté pour faire des longues sorties. Et peut-être un peu moins de qualité comme j’ai pu en faire pour préparer les Golden Trails. Mais même en modifiant mon programme et en mettant un peu plus d’heures, je garde quand même cette explosivité, comme je l’ai vu mi-juin sur le Neirivue Moleson, où j’arrive à sortir un gros chrono sur une course de montagne alors que je n’ai pas préparé la course. (Thibaut Baronian a pris la 2ème place, à moins de 3 minutes de Rémi Bonnet, en avalant les 10,6 km et 1290m D+ en 1h00mn28s, NDLR) Ça fait plaisir de voir qu’en travaillant autre chose, ça n’empiète pas sur mes forces pures.

Tu as dit que tu n’allais pas sur l’UTMB pour gagner, ni juste pour le finir. As-tu une petite idée de ta « juste place » ?

TB : Je n’ai pas d’objectif chrono précis en tête, je veux surtout réussir à faire une course en posant un peu les bases que j’ai sur ultra pour voir jusqu’où ça peut tenir. Je n’ai jamais fait une nuit, je n’ai jamais couru plus de 120 bornes, donc il y a pas mal d’inconnues qui me font dire qu’il ne faut pas que je sois trop ambitieux et qu’il faut d’abord que je fasse ma course, à mon niveau, pleine. Ceci étant, il faut aussi que ce soit une course que j’aime faire. Je ne suis pas du genre à partir 300ème pour faire une remontée et finir 30ème, je veux faire une course qui me ressemble…

Photo Ben Becker/ Julbo Blaze Series /

Quel est le paramètre qui t’inquiète le plus ?

TB : Peut-être la traversée de la nuit et le lever du jour, parce que ce sont des choses que je n’ai jamais vécues et je ne sais pas trop comment mon corps va réagir. Je l’ai un peu vécu à vélo, mais j’imagine que ça va être différent… Les kilomètres et le dénivelé ne m’inquiètent pas trop, donc c’est vraiment la gestion de la fatigue sur le petit matin qui me pose question. Surtout que cette partie qu’on fera de nuit, je ne la connais pas, alors que la deuxième partie après Courmayeur, qui est commune à la CCC, je la connais bien.

Question nutrition, tu pars dans l’inconnu. Comment envisages-tu les choses ?

TB : C’est l’inconnu mais sur mes derniers ultras, ça n’a pas été un facteur limitant ; j’ai toujours pu manger, m’hydrater… Donc je ne me fais pas trop de souci. Je vais certainement avoir une base semi-liquide dans la première partie, et sur les ravitos avoir des choses un peu solides qui tiennent au ventre. Après, entre les ravitos, je vais voir avec mes produits Baouw, ceux que je peux facilement assimiler, peut-être en les dosant un peu moins que sur les formats plus rapides pour pouvoir tenir dans la durée le taux de glucides.

Question facteurs limitants justement, quels sont-ils ?

TB : Depuis 2021 je traîne une inflammation intestinale sur le flanc gauche dont je ne me suis pas trop occupé parce qu’elle ne me limite pas sur les formats courts, et quand elle apparaissait sur les formats longs, je faisais avec. Ça crée des crampes en descente, et ça m’a d’ailleurs handicapé sur le 90km du Mont-Blanc. Donc on est dessus actuellement, avec pas mal de tests et d’analyses pour trouver une solution.

Tu as d’illustres collègues bien expérimentés chez Salomon, François d’Haene, Courtney Dauwalter, Mathieu Blanchard… Tu as déjà parlé stratégie UTMB avec eux ?

TB : Pas encore, parce qu’on ne s’est pas trop vus depuis avril avec Mathieu et François, mais cet été on va avoir l’occasion de passer des moments ensemble, et ça sera le sujet principal, c’est sûr.

Cette interview est parue dans le magazine Esprit Trail n°138 paru en juillet 2024.

Pour commander le magazine en version papier ou numérique, c’est ici

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La 21ème édition du HOKA UTMB Mont-Blanc est bel et bien lancée… Ce lundi 26 août, trois départs se sont enchaînés avec la PTL, la MCC et la TDS. Résumé d’une première journée intense, avec une météo favorable aux plus belles performances et des Français étincellants.

La PTL, première course à s’élancer

« Respectez la nature, prenez soin de vous et des autres coureurs » : devant des centaines de coureurs prêts à s’élancer sur les 300 km et 25 000 m d+ de la PTL, ou Petite Trotte à Léon, Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l’HOKA UTMB Mont-Blanc et des événements français de l’UTMB Group, a donné le coup d’envoi d’une épreuve particulièrement intense.

Les coureurs, en équipe de 2 ou 3 athlètes, sont ainsi partis pour une aventure hors norme à travers le Valais, le Val d’Aoste et le pays du Mont-Blanc, un parcours de haute route sans balisage et hors sentier nécessitant sens de l’orientation et une véritable expérience alpine. Une épreuve vécue par 120 teams formant 1 seule et même équipe unie par des valeurs d’entraide et d’amitié tout au long du parcours. Les premiers finishers sont attendus vendredi après-midi… Ou peut-être plus tôt, si certaines équipes se transcendent !

Départ PTL Photo UTMB Group
Le départ de la PTL. Photo UTMB Group

Une MCC fédératrice et courue à haute intensité

Cette année, 6 athlètes de la Team Adaptive participaient à la MCC, course de 40km et 2250m D+ réservée prioritairement aux bénévoles de l’UTMB Mont-Blanc. Cette équipe de 12 athlètes en situation de handicap est rassemblée autour de Boris Ghirardi, lui-même athlète amputé et fervent traileur. Ainsi, Claire Verzaux (FRA – UTMB Index 409), Julien Veysseyre (FRA – UTMB 488), Sophie Maigrot (FRA – UTMB Index 449), Franck Derrien (FRA – UTMB Index 687), Pol Makuri Redolad Garcia (ESP – UTMB Index 635) et Vasu Sojitra (USA) ont réalisé de belles performances sur ce parcours technique et exigeant.

Pol Makuri Redolad Garcia, de la Team Adaptive. Photo UTMB
Pol Makuri Redolad Garcia, de la Team Adaptive. Photo UTMB

Chez les femmes, c’est finalement un podium 100 % français avec la victoire incontestée de l’athlète originaire du Grand-Bornand Iris Pessey (FRA – UTMB Index 715) qui a dominé la course en 4h12’41”. Dans ses pas, une bataille pour la deuxième place, emportée par Elodie Alexandre (UTMB Index 706), habitante de Servoz, suivie 2 minutes plus tard par la Savoyarde Stéphanie Manivoz (UTMB Index 699).

Iris Pessey MCC Photo UTMB Gorup
Iris Pessey. Photo UTMB Gorup

Côté hommes, la course a été rapide et intense avec une victoire sous la mythique arche d’arrivée décrochée par Kevin Vermeulen (FRA – UTMB Index 877) en 3h34’39”, devant son compatriote Thomas Butez (FRA – UTMB Index 838) et le Suisse Cesar Costa (UTMB Index 807) pour la troisième place. Un podium très disputé, moins de 2 minutes séparant chacune de ces trois arrivées.

Kevin Vermeulen MCC Photo UTMB Group
Kevin Vermeulen. Photo UTMB Group

Derniers échauffements pour la TDS

Le départ de la mythique TDS sera donné ce soir depuis Courmayeur à 23h50, pour 146 km et 9 300 m de D+. Belle, technique, sauvage, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la Trace des Ducs de Savoie. L’occasion pour les 1600 coureurs engagés au départ de vivre la chaleur de l’accueil valdotain à Courmayeur, puis de découvrir la nature préservée beaufortaine et ses villages authentiques : Beaufort, Hauteluce ou encore les Contamines-Montjoie.

Parmi les coureurs à suivre, les profils sont avant tout européens. Sont à noter chez les hommes Mark Dabyshire (GBR – UTMB Index 888), vainqueur du 100M en mai dernier sur l’Ultra-Trail Snowdonia by UTMB®, Simen Hjalmar Wastlund (SWE – UTMB Index 848), deuxième l’an dernier de la TDS et déterminé à remporter la première place. Il y a également l’Espagnol Tofol Castanyer (UTMB Index 812), qui a remporté la CCC en 2012, une arrivée folle avant même le départ de l’UTMB. Sans oublier les Français Simon Gosselin (UTMB Index 874) qui s’est notamment entraîné avec Jim Walmsley et Julien Chorier (UTMB Index 808), récemment arrivé troisième sur le 100k du Desert RATS Trail Running Festival™ by UTMB®.

Les favorites sont notamment l’Autrichienne Esther Fellhofer (UTMB Index 709), DNF l’année passée est prête à prendre sa revanche et tenter de monter sur le podium. Sans oublier l’Italienne Elisabetta Negra (UTMB Index 710), la Suissesse Ariane Wilhem (UTMB Index 746) ou encore les Françaises Jocelyne Pauly (UTMB Index 725), 3ème en 2018 et 4ème en 2022 sur l’UTMB, et Marie Dohin (UTMB Index 681) qui seront également à suivre de près.

Pour suivre la TDS, c’est ICI

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Après 10 jours et 51 sommets de plus de 4000 m gravis sur les 82 que comptent les Alpes, Kilian Jornet semble parti pour pulvériser le record de 60 jours détenu par deux alpinistes italiens depuis 2008. Mes attention, le Patron arrive maintenant dans le massif du Mont-Blanc, où l’attendent les ascensions les plus compliquées de son aventure. Et, la fatigue aidant, il va devoir redoubler de vigilance ! 

Alpine Connections : le massif du Mont-Blanc, massif de tous les dangers

Après avoir débuté par le Piz Bernina, seul 4000 du massif de la Bernina (4049m), Kilian Jornet a écumé les 4000 des Alpes Bernoises et des Alpes Valaisannes, pour porter son total à 51 sommets en 10 jours, dont 18 d’un coup avec le fameux Spaghetti Tour, une célèbre randonnée pour alpinistes aguerris que le Catalan a gravis en moins de 18 heures lors de sa 7ème étape.

Mais les 31 sommets restants promettent un autre niveau de difficulté. Il faudra aller chercher le Grand Paradis, isolé en Italie, les 2 sommets du Massif des Écrins (la Barre des Écrins, à 4101m, et le Dôme de Neige des Écrins, à 4015m), et surtout les 28 sommets du Massif du Mont Blanc, dont quelques-uns sont parmi les plus redoutables.

En effet, il faut tenir compte des difficultés d’ascension. Parmi les plus difficiles, Kilian Jornet a déjà gravi le Cervin (cotation AD), le Schreckhorn (AD+). Mais la partie la plus redoutable de son aventure sera certainement la traversée des Grandes Jorasses (D), l’Aiguille Blanche de Peuterey (D), le Grand Pïlier d’Angle (D). Sans oublier les terribles Aiguilles du Diable, cotées D+. Et sans oublier non plus que ces cotations sous-entendent des conditions météo parfaites, ce qui ne sera sans doute pas le cas…

Cervin
Le Cervin, gravi la semaine dernière. Photo Nick Danielson / NNormal

Alpine Connections : le mont Blanc, une connaissance

Contrairement à ce que le néophyte pourrait imaginer, le plus redoutable ne sera pas le mont Blanc et ses 4809m, car le toit de l’Europe ne nécessite pas de pratiquer l’alpinisme à haut niveau. C’est d’ailleurs un sommet que Kilian Jornet connaît très bien, pour être le détenteur du record de vitesse d’ascension aller-retour au départ de l’église de Chamonix, environ 3800m plus bas… Il a établi ce record le 11 juillet 2013, avec un chrono de 4h 57mn 40s (pour 28 km).

Pour la petite histoire, Kilian Jornet a effectué l’ascension avec son ami Mathéo Jacquemoud (qui l’a accompagné sur quelques étapes de cet Alpine Connections). Les 2 hommes sont arrivés ensemble au sommet du mont Blanc en 3h30 en passant par la Jonction et les Grands Mulets, mais seul Kilian est redescendu sur les chapeaux de roue pour établir le chrono record, Mathéo Jacquemoud ayant été victime d’une chute sans gravité qui l’a retardé dans sa descente.

Kilian Jornet Alpine Connections
Photo Nick Danielson / NNormal

Alpine Connections : les 5 pointes des Grandes Jorasses

L’arête des Grandes Jorasses, longue d’environ un kilomètre, est une arête faîtière marquant la frontière entre la France et l’Italie. Elle domine du côté français le glacier de Leschaux, affluent de la Mer de Glace, et du côté italien le Val ferret et la vallée de Courmayeur, bien connue des coureurs de l’UTMB et de la CCC.

Sur cette arête se détachent successivement six pointes, dont 5 dépassent les 4000m : la pointe Walker (4208m, point culminant des Grandes Jorasses), la pointe Whymper (4184m), la pointe Croz (4110m), la pointe Hélène (4045m), la pointe Marguerite (4065m) et la pointe Young (3996m). La face Nord des Grandes Jorasses (versant français) est l’une des plus grandes faces granitiques des Alpes, avec 1200m de haut sur près d’un kilomètre de long. L’ascension de cette face fut considérée comme l’un des plus grands défis des Alpes, jusqu’à la première les 28 et 29 juin 1935 par les alpinistes allemands Martin Meier et Rudolf Peters.

Photo Nick Danielson
Photo Nick Danielson / NNormal

Alpine Connections : l’épouvantail des Aiguilles du Diable

La traversée des Aiguilles du Diable est aujourd’hui l’une des grandes classiques du massif du Mont Blanc, qui permet de passer par 6 sommets de plus de 4000m d’un coup si l’on respecte l’itinéraire original à partir du col du Diable. Cette course d’alpinisme pur se déroule sur un rocher magnifique, dans un cadre grandiose, et consiste en un enchaînement d’escalade de 5 aiguilles rocheuses : la Corne du Diable (4064m), la Pointe Chaubert (4074m), la Pointe Médiane (4097m), la Pointe Carmen (4109m) et la Pointe Blanchet, ou de l’Isolée (4114m), avant d’atteindre le sommet du mont Blanc du Tacul, à 4247m.

Cette section cotée D+ sera certainement la plus technique que devra affronter Kilian Jornet, avec de longs passages de niveau 5 (inclinaison à 85/90°) en rocher, avec une approche sérieuse en neige et glace. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les Aiguilles du Diable sont les derniers sommets de plus de 4000m des Alpes à avoir été gravis, de 1923 à 1926, essentiellement sous l’impulsion d’un grand guide chamoniard de l’époque, Armand Charlet. L’enchaînement des 5 aiguilles, appelée traversée des Aiguilles du Diable, a quant à elle été réalisée pour la première fois le 4 août 1928.

Aiguilles_du_Diable. Source Wikipedia
Les Aiguilles du Diable. Source Wikipedia / DR

Alpine Connections : fatigue et privation de sommeil

Au moins aussi importantes que les difficultés techniques qui vont se présenter dans les prochaines étapes du projet Alpine Connections, la fatigue accumulée sera un paramètre qui va jouer un grand rôle.

En effet, depuis son départ, Kilian Jornet enchaîne des journées d’efforts de 16 à 18 heures sans relâche, avec quelques courtes nuits de récupération de 3 à 4h et, tous les 3 jours, une vraie pause de 7 heures. S’il est attentivement suivi par tout un staff médical (explorer les limites de la résistance physique étant un des thèmes de son aventure hors normes), il est évident, et les photos le montrent, que l’accumulation d’efforts impacte sur l’état de forme physique et mentale de Kilian Jornet. Or, avec l’arrivée d’ascensions très techniques, ou aucune place ne devra être laissée au hasard, le patron va devoir redoubler de vigilance.

Personne n’a oublié la disparition du très expérimenté guide Patrick Berhault, mort accidentellement lors de l’effondrement d’une corniche entre le Dom et le Täschhorn, en Haut-Valais, en 2004, alors qu’il s’était lancé dans ce même défi de gravir les 82 sommets de plus de 4000m des Alpes.

Et Kilian Jornet n’a certainement pas oublié non plus ce jour de juin 2012 où, lors d’une tentative de traversée à skis du massif du Mont-Blanc d’Ouest en Est, avec 8 sommets au programme, l’un de ses compagnons de cordée, Stéphane Brosse, a fait une chute mortelle suite à la rupture d’une corniche de neige au sommet de l’Aiguille d’Argentière.

La montagne a toujours raison…

Kilian Jornet Alpine Connections Photo Nick Danielson 2
Photo Nick Danielson / NNormal
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C’est un programme vertueux qui a soufflé ses 10 bougies l’année dernière ! Créé par Patagonia en 2013, le programme Worn Wear, qui signifie « Vêtements usés », encourage les amateurs de sports et loisirs outdoor à prolonger la durée de vie de leurs vêtements en les entretenant avec soin, en les lavant correctement et en les réparant si nécessaire. Il se matérialise à travers une série de tutoriels en ligne ainsi que des événements de réparation itinérants qui parcourent l’Europe, tant en été qu’en hiver. L’un de ces événements aura lieu au cœur de Chamonix les 28 et 29 août, durant la semaine UTMB, dans la boutique de l’équipementier américain. L’occasion de faire réparer gratuitement vos équipements de trail et d’outdoor !

Worn Wear, un état d’esprit vertueux

Les équipes de couturiers et couturières qui animent les évènements Worn Wear proposent aux amateurs d’outdoor qu’ils rencontrent au gré de leurs tournées, de réparer fermetures éclairs, accrocs, déchirures, boutons ou autres tirettes de leur vêtement. Ils leur apprennent aussi à faire les réparations eux-mêmes (recoudre un trou, réimperméabiliser les vestes, remplacer les zips…). Les réparations sont gratuites, sur la base du premier arrivé, premier servi, et concernent tous les types de vêtements, de toutes marques.

Dès lors, la préservation des vêtements prend une nouvelle dimension dans la protection de l’environnement. En prolongeant la durée de vie de nos vêtements, nous réduisons significativement notre empreinte écologique. Chaque couture renforcée et chaque accroc réparé représentent un pas de plus vers la réduction des émissions de CO2, ainsi qu’une diminution de déchets et une économie d’eau (nécessaire à la fabrication de nouveaux vêtements) significatives.

Selon l’organisation WRAP, basée au Royaume-Uni, prolonger la durée de vie d’un vêtement de 9 mois permet de réduire la consommation de carbone, de déchets et d’eau de 20 à 30%. Simplement parce que l’on fabrique et jette moins de vêtements. Un comportement nécessaire, d’autant plus que selon la Fondation Ellen MacArthur, d’ici 2050, l’industrie de la mode pourrait représenter jusqu’à un quart du budget carbone annuel mondial. La meilleure façon de réduire l’empreinte écologique et carbone de nos vêtements est donc de les garder plus longtemps, pour nous ou pour quelqu’un d’autre.

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Photo Patagonia Worn Wear WWT_LaGrave

Worn Wear, un concept qui à plus de 50 ans

La réparation de vêtements n’est pas un concept nouveau pour Patagonia, qui dispose de services de réparation depuis les années 1970. Le programme Worn Wear, qui n’était qu’un blog lancé en 2005 pour raconter l’histoire des produits portés par ses consommateurs, s’est transformé en tournées de réparations gratuites de vêtements de toutes marques aux Etats-Unis en 2013, puis en Europe en 2018.

Concernant ses propres produits, Patagonia offre une garantie à vie pour la réparation gratuite. Cette garantie est soutenue par une plateforme en ligne, disponible ICI, qui simplifie l’accès à ces services. En outre, Patagonia collabore avec des partenaires locaux et expert.e.s, comme à Chamonix, où tous les vêtements apportés au shop sont réparés. Pour étendre les réparations à toute l’Europe, Patagonia s’est associée au United Repair Center et a ouvert des centres de réparation à Amsterdam et à Londres, avec pour objectif de réparer 100000 vêtements par an d’ici à 2028.

« Notre entreprise existe pour sauver notre planète », tel est le credo de Patagonia. Fondée par Yvon Chouinard en 1973, l’entreprise de vêtements de plein air est basée à Ventura, en Californie. Certifiée B Corporation et membre fondateur de 1% pour la Planète, Patagonia est reconnue internationalement pour son activisme environnemental, ainsi que pour ses contributions de plus de 250 millions de dollars à des organisations environnementales. Sa structure de propriété unique reflète le fait que la Terre est son seul actionnaire : les bénéfices non réinvestis dans l’entreprise sont versés sous forme de dividendes pour protéger la planète.

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Photo Patagonia Worn Wear

Worn Wear, rendez-vous à Chamonix

C’est donc dans la boutique Patagonia de Chamonix, au 249, rue du Docteur Paccard, en plein centre-ville, que vous pourrez faire réparer gratuitement vos vêtements les mercredi 28 et jeudi 29 août. Le principe est simple : premier arrivé, premier servi. N’hésitez pas à offrir ce service à vos vêtements fétiches, ils le méritent !

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Photo Patagonia Worn Wear / Smith
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La PICaPICA est l’une des courses les plus exigeantes du calendrier, un véritable chantier de 109 km pour 11500m  D+. Depuis 34 ans, son concept n’a pas changé : relier les pics ariégeois et revenir à l’essence de ce qu’est la course de montagne. Dans ce film de 14 minutes servi par des images sublimes, Justin Galant nous entraîne dans le sillage de Martin Kern, l’un des coureurs de montagne les plus talentueux du circuit, qui a pris le départ de l’édition 2023 alors qu’il était en plein doute. Course, souvenirs, introspection, un document à la fois beau et émouvant.

Voir le film ICI

PICaPICA : une course pour se retrouver

« Il y a un an, j’ai suivi Martin Kern sur le Challenge du Montcalm, raconte Justin Galant, réalisateur du film. Plus qu’une course, la PICaPICA est un ultra de montagne, une épreuve inqualifiable. Venu pour se recentrer sur sa pratique, sa vie, et son amour pour la montagne, Martin se redécouvre durant ces longues heures passées sur ces sommets pyrénéens. »

Véritable fil rouge de ce film, la PICaPICA, qui se résume à monter, descendre, monter, descendre, sur une trace sur laquelle il doit y avoir 500 mètres de plat, offre des paysages exceptionnels qui servent de support à un voyage plus personnel, où Martin Kern évoque ses souvenirs en revenant sur des montagnes qu’il connaît par cœur pour les avoir arpentées juste après avoir fini ses études, en 2012, alors qu’il était à Toulouse et qu’il passait son temps en Ariège.

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Martin Kern lors de la PICaPICA 2023. Source Vidéo

À 35 ans, l’ultra-traileur basé à Grenoble, déçu par sa contreperformance lors des Mondiaux de trail en Thaïlande (15ème place tout de même!), de retour de blessure et non qualifié pour l’UTMB 2023, cherche une course pour répondre à ses interrogations sur la notion de plaisir de courir. Et c’est en partant à l’assaut des 18 pics à plus de 2400m du parcours de la PICaPICA, dont 4 à plus de 3000m d’altitude, qu’il ira chercher une réponse. Magnifique et profond.

Le profil redoutable de la PICaPICA.

PICaPICA – Face aux montagnes ariégeoises : le film

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En 9 jours, Kilian Jornet a déjà réussi un exploit hors normes en parvenant à gravir 48 des 82 sommets de plus de 4000 mètres répertoriés dans les Alpes. Point d’orgue, sa 7ème étape, où il a gravi 18 sommets de + de 4000m dans la même journée, en moins de 18 heures. Zoom sur le phénomène.

Alpine Connections : un projet énigmatique

Lorsqu’il a annoncé le 14 août 2024, après sa magistrale victoire sur la course Sierre-Zinal, record de l’épreuve battu de quelques dixièmes de secondes, se lancer dans le projet Alpine Connections, Kilian Jornet n’a pas donné de détails. Volontairement. Il disait simplement vouloir « explorer ses limites physiques, techniques et mentales en reliant des sommets de plus de 4000 mètres dans les Alpes en comptant uniquement sur ses forces physiques ». Rien de plus, rien de moins. Aucun détail sur le parcours envisagé, ni le nombre de sommets qu’il souhaitait gravir, uniquement sur le mode de déplacement, qui serait à pied ou en vélo. Avec, autour de lui, toute une équipe d’assistance pour l’intendance, le suivi médical et les prises de vues . Car il y aura un film, bien entendu !

Pourtant, très vite, il a fallu se rendre à l’évidence : quand Kilian Jornet se lance dans une aventure, c’est généralement pour réaliser une performance hors norme. Normal (sans jeu de mots), le Catalan a des capacités hors normes. Il l’a déjà prouvé par le passé, en s’emparant du record d’ascension du Mont-Blanc en aller-retour depuis Chamonix, ou celui de l’Everest en aller-retour depuis le camp de base. L’an dernier, il avait surpris tout le monde en réalisant une performance sportive inattendue, en reliant tous les sommets de plus de 3000 mètres des Pyrénées en moins de 8 jours. Alors forcément, Alpine Connections devait recéler une tentative de record.

Voir la vidéo de la présentation du projet Alpine Connections sur le blog NNormal

Kilian Alpine Connections
Photo NNormal

Alpine Connections : un record à battre

En fouillant dans les archives, l’objectif est vite apparu : il existe 82 sommets de plus de 4000 mètres dans les Alpes, et le record d’ascension en une saison de ces 82 sommets est détenu par 2 alpinistes italiens depuis 2008. Leurs noms : Franco Nicolini et Diego Giovannini. Leur exploit : avoir relié les 82 sommets en 60 jours, entre le 26 juin et le 24 août. Mais un autre record est certainement dans l’esprit de Kilian Jornet : celui des 82 sommets en 62 jours réalisé en 2015 par celui qui fut surnommé « La Machine », l’alpiniste suisse Ueli Steck, célèbre pour ses ascensions express partout dans le monde, et qui est hélas décédé le 30 avril 2017 au Népal sur les pentes du Nuptse.

Lire aussi l’article Le défi des 4000 alpins : que cherche réellement Kilian Jornet

Alpine Connection : 23 sommets en 6 jours

Durant les 3 premières étapes (Bernina et Oberland), qu’il a enchaînées jour et nuit, Kilian Jornet a parcouru 424 km et 19831m D+ pour gravir 10 sommets de plus de 4000 mètres en ne dormant que 3h30 jours (pour 67h30 d’activités !).

Après une grosse nuit réparatrice (7h30 de sommeil !, Kilian Jornet est reparti à l’assaut des sommets alpins. Durant les 3 étapes suivantes, il a gravi 13 sommets de plus de 4000 mètres supplémentaires, portant son total à 23.

Kilian Jornet Alps
Photo NNormal

Alpine Connection : 18 sommets le 7ème jour !

Mais c’est lors de la 7ème étape que tout s’est emballé : 18 sommets en une seule journée de 17h50, une performance qui a scotché tous les fans de Kilian Jornet. Ce circuit des 18 sommets n’est pas une inconnue. Il est réputé en Valais, et a pour nom le Spaghetti Tour. Ce parcours doit son nom aux refuges italiens qui offrent hébergement et nourriture aux alpinistes en route. Il s’agit en fait d’une célèbre randonnée de 30 km et 4400m D+, incluant le plus haut sommet de la Suisse, la Dufourspitze, qui culmine à 4634 mètres, au départ du refuge Monte Rosa à Zermatt.

Ce parcours, incluant de nombreuses sections d’escalade, se réalise généralement en 3 à 5 jours par des alpinistes expérimentés. Mais il fait également l’objet de records de vitesse. Ainsi, en l’athlète suisse du team Dynafit Andy Steindl, 35 ans, a réalisé l’itinéraire en solo en seulement 7h 45mn 44s, battant le précédent record qui appartenait à Benjamin Védrines en 9h 18mn depuis 2021.

Si Kilian Jornet n’a pas approché ce record légendaire, réaliser le Spaghetti Tour en 17h50 avec déjà une semaine d’activités intenses dans les jambes, et la fatigue qui va avec, reste une performance de très haut vol.

Photo Dynafit
Andy Steindl. Photo Dynafit

Alpine Connection : 48 sommets au bout de 9 jours !

Lors de la 8ème étape, Kilian Jornet a gravi 3 sommets supplémentaires, dont la fameuse pyramide du mythique Cervin, à 4478 mètres d’altitude.

L’étape 9 a été particulière pour Kilian Jornet, après 5 jours en Valais, en Suisse, et 19 heures d’activité en moyenne. En effet, cette 9ème étape l’a ramené à Zinal, deux semaines après avoir remporté la mythique course de montagne de Sierre-Zinal. Pour cette dernière journée en Valais, Kilian Jornet a enregistré 4 nouveaux sommets de + de 4000m : l’Ober Gabelhorn (4064m), le Zinalrothorn (4221m), le Bishorn (4151m) et le Weisshorn (4506m), sommet qu’il attendais avec impatience depuis le début du projet.

De retour à Zinal, il explique : « Pour moi, c’était l’épreuve la plus spéciale et j’avais vraiment hâte d’y être. C’était la fin d’une étape de cinq jours en Valais, j’étais très fatigué et c’était le tronçon le plus technique dans une région très sauvage avec beaucoup de prises de décisions et de difficultés de navigation. Le Weisshorn est pour moi l’une des plus belles montagnes des Alpes. Prendre le soleil pour gravir l’arête sud du Weisshorn était particulier car j’avais assez peur d’entrer dans la face dans le noir car c’est une grosse montée, très technique et très longue et il me fallait auparavant parcourir toutes les arêtes avec du rocher très pauvre et très exigeant.

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Le fameux Weisshorn, tant redouté par Kilian Jornet. Photo Nick Danielson / NNormal

Mais ensuite, la montée au Weisshorn a été l’un des meilleurs moments de ma vie ! Grimper là-bas avec ce rocher qui est magnifique et juste voir le coucher de soleil et le spectre brisé. J’étais fluide, je ne ressentais aucune fatigue, rien. C’était super, super spécial. Et puis aller à Zinal qui est un endroit spécial pour toutes les courses que j’ai faites ici, c’était une journée très spéciale. » À Zinal, son équipe et sa mère l’attendaient, avant de repartir pour une nouvelle liaison vélo.

Après 9 étapes soigneusement préparées, Kilian Jornet a donc déjà parcouru 646 km, grimpé 46 200m de D+ et gravi 48 des 82 sommets de plus de 4000 mètres d’altitude en 160 heures, 33 minutes et 54 secondes d’activité. Un phénomène.

Kilian Jornet
Photo NNormal
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Un an après son bras de fer avec Zach Miller et Germain Grangier pour devenir le premier homme américain à remporter l’UTMB, Jim Walmsley revient sur les sentiers du mont Blanc. Apaisé, le traileur de l’Arizona affirme que le plaisir de courir est cette fois son seul moteur. Même si réussir à remporter la Western States et la boucle de Chamonix la même année lui trotte dans la tête… Alors que le grand départ de l’UTMB 2024 approche, Stéphane Cugnier l’a rencontré.

Jim Walmsley : le défi du doublé Western States Endurance Run / UTMB

Après un été marqué par son retour et sa 4ème victoire sur la Western States Endurance Run, Jim Walmsley est désormais prêt à défendre son titre à l’UTMB. L’Américain de 34 ans se présente toutefois au départ de Chamonix dans un état d’esprit différent de l’an passé : le coureur de Flagstaff n’a pas axé sa saison sur le rendez-vous alpin, ni passé de longs mois en France à tenter de maîtriser les codes d’une course qui semblait se dérober à lui. Pourtant, l’Ultra Trail du Mont-Blanc le fascine toujours autant… Et une victoire lui permettrait d’être le deuxième homme à faire le doublé Western States Endurance Run / UTMB la même année, après Kilian Jornet en 2011.

Photo DR

Revenons un an en arrière… Comment se sont déroulés les jours et semaines qui ont suivi ta victoire à l’UTMB ?

Jim Walmsley : C’est difficile à exprimer. Il y avait une telle joie, un tel soulagement, mais aussi une telle surprise en voyant l’émotion que cela avait provoqué chez mes proches. J’ai ressenti un peu d’euphorie aussi, je pense. C’est la raison pour laquelle je me suis aligné sur le « Nice Côte d’Azur by UTMB 100K », alors qu’il aurait été plus prudent de laisser mon corps récupérer. J’avais le sentiment d’avoir atteint le summum de ce sport, mais immédiatement les gens me demandaient : « Et maintenant ? Quel est ton objectif ? » Cela m’a ramené sur terre. Même si, pour moi, la réponse était évidente. Après une victoire, on veut recommencer ! Un joueur qui gagne la Coupe du Monde de football veut revivre cette émotion.

Voir le documentaire passionnant sur la victoire de Jim Walmsley à l’UTMB 2023 ICI

Pourquoi avoir décidé de repartir vivre en Arizona plutôt que de rester à Arêches ?

JW : Nous ne sommes pas repartis immédiatement. C’était impossible car nous avons maintenant tellement d’amis en France. Mais il y avait un peu de mal du pays et le besoin de revoir ma famille. Jess (Jessica Brazeau, son épouse, NDLR) et moi sommes donc retournés à Flagstaff (Arizona) où nous possédons une maison.

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UTMB 2023. Photo UTMB Group

Comment s’est déroulée la transition entre Arêches et Flagstaff ?

JW : Je n’ai presque pas perçu le changement car l’hiver en Arizona a été marqué par des chutes de neige inhabituelles. Je souhaitais commencer à me préparer tôt dans l’année pour la WSER et j’ai donc été contraint de faire beaucoup de séances sur route. Dans le cadre de cette préparation, je pensais m’aligner sur la Transgrancanaria 126 KM fin février, mais quelques petites blessures m’ont fait perdre mon rythme et ma forme. En mars, je suis retourné à Arêches pour aller voir François (D’Haene) et Simon (Gosselin), pour me relaxer et pour faire du ski de randonnée en haute altitude, tout en allant courir sur les sentiers à plus faible altitude. J’ai aussi consacré du temps avec l’équipe de développement de produits Hoka, à Annecy. Cela m’a permis de recharger les batteries, avant un été plus intense. J’avoue que je me suis un peu laissé porter. Je n’étais pas trop stressé ni en mode « s’entraîner, s’entraîner, s’entraîner » puisque mon calendrier de courses était vide. C’était une super remise à zéro afin de rentrer à Flagstaff en bonne santé pour penser à la Western States.

Cette période t’a aussi permis de présenter le documentaire consacré à ta préparation de l’UTMB 2023…

JW : Le projet avait commencé en 2021 à la signature du partenariat avec Wahoo. Nous avons commencé à filmer l’entraînement et les préparatifs pour les courses, mais le projet a évolué au fur et à mesure. Au départ, l’objectif était de réaliser une série de vidéos pour la chaîne YouTube de Wahoo. Après le succès des premières vidéos, Hoka s’est associé au projet. Et avec mon déménagement en France et la focalisation sur l’UTMB, l’idée a germé d’un projet plus important sur mon séjour là-bas. Je suis très heureux du produit final. Il est bien réalisé, et je trouve qu’il est important qu’il soit disponible gratuitement et sans publicité, pour que tout le monde en profite. Les critiques ont été très positives. Nous sommes tous fiers du travail accompli.

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UTMB 2023. Photo UTMB Group

Le documentaire est-il fidèle à ta personnalité ?

JW : Totalement. Je suis généralement très décontracté, d’humeur légère, tout en étant sérieux dans le cadre de l’entraînement. Le film capte bien cet esprit. Il montre aussi que le déménagement à Arêches n’a pas été simple pour Jess et moi : le processus d’immigration pour le visa n’a pas été facile, et il était dur de s’éloigner de nos amis et de notre famille. Mais au final nous sommes très heureux d’avoir pu être acceptés en France et de vivre près de gens bienveillants.

Comment envisages-tu l’UTMB cette année ? Tu dis que la victoire n’est pas une priorité…

JW : Ma stratégie sera complètement différente. Elle sera plus proche de celle des années où je n’ai pas réussi à gagner l’UTMB. J’ai participé à la Western States avant d’aller à Silverton (Colorado) pour courir et aider François (D’Haene) et Ludo (Pommeret) sur la Hardrock 100. Et depuis le retour à Arêches, j’essaie d’intensifier mon entraînement, mais je ressens moins de pression. Après, la victoire est toujours une priorité ! (Rires.) Mais je veux profiter de l’entraînement et de la course sans ressentir le besoin de gagner l’UTMB à tout prix. Tout succès supplémentaire sera vraiment un bonus. La victoire l’an passé était vraiment significative. J’étais comblé. Je veux cette fois me concentrer sur le fait de réussir deux courses solides : la Western States et l’UTMB. Pour la première fois de ma carrière, j’espère réussir ce que je n’avais pas pu faire auparavant, à savoir terminer les deux. (Les deux fois où Jim Walmsley s’est aligné sur les deux courses, en 2018 et en 2021, il a remporté la WSER mais a abandonné sur l’UTMB, NDLR.)

Tu as souvent évoqué le fait de vouloir réaliser une course parfaite, sans trous d’air, à l’UTMB. Penses-tu pouvoir atteindre cet objectif ?

JW : J’ai une nature à vouloir tout contrôler, tout maîtriser, lors des courses. J’ai l’obsession de la préparation de mes affaires et de mon ravitaillement. Tout doit être calé à la perfection. Dès que quelque chose va de travers, je suis souvent déstabilisé. Cela m’est arrivé par le passé à l’UTMB car cette course vous sort de votre zone de confort et ne vous permet pas d’être en maîtrise. J’ai mis du temps à le comprendre et c’est pour cela que j’ai parfois abandonné. Mais j’ai compris – grâce à mes discussions avec François – que tout le monde avait des passages à vide dans des courses aussi longues, même Kilian, et que le talent d’un coureur était sa capacité à les gérer. (Jim Walmsley fait ici allusion au coup de mou qu’a connu Kilian Jornet en 2022 quand Mathieu Blanchard est revenu sur lui, NDLR.) L’an dernier, j’étais vraiment au plus bas dans la portion entre La Fouly et Champex, quand Germain m’a rattrapé, mais je pense qu’être parvenu à laisser passer l’orage montre ma maturité sportive. Je sais maintenant que j’en suis capable. Je pourrais le refaire. La course parfaite est une chimère. Je me concentre donc davantage sur le fait d’apprécier l’expérience de course, mais aussi l’inconfort.

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UTMB 2023. Photo UTMB Group

Qu’as-tu retenu de ta préparation et de ta victoire l’an passé ?

JW : J’ai acquis énormément d’expérience lors de mon séjour dans les Alpes. J’ai progressé dans des domaines intangibles, en cherchant à comprendre la vie, la nature et les gens. C’était une leçon de simplicité et d’humilité. J’ai aussi revu tout mon système de préparation d’équipement avec le sac à dos et les bâtons. Cela sera à nouveau mon point fort cette année. Quant à mon rythme en montagne, il devrait rester le même. Je pense que d’une manière générale, mon séjour en France a permis d’améliorer ma « boîte à outils » de coureur d’ultra.

Quelle a été l’importance de tes amis français, et de François D’Haene en particulier ?

JW : Énorme ! Ils m’ont tous pris sous leurs ailes. Ils ont facilité mon adaptation. Toute la communauté trail running a été très accueillante et chaleureuse, de même que les coureurs de la Team Hoka. Simon (Gosselin) a été une présence bienveillante en permanence et son amitié m’a été précieuse chaque jour que j’ai passé en France, car je le savais toujours prêt à me donner un coup de main. En ce qui concerne François, son apport a été immense. Lorsqu’un gars qui a gagné quatre fois l’UTMB te donne des conseils, tu l’écoutes ! Mais au-delà des petits détails qu’il a su corriger intelligemment, il m’a donné du temps. Sa présence dégage quelque chose de rassurant, d’apaisant. Je lui serai toujours reconnaissant. Et le fait qu’il assure mon dernier ravitaillement m’a donné un coup de fouet pour terminer la course.

Après ton séjour en France, tu as à ton tour accueilli Simon Gosselin sur tes terres…

JW : Nous sommes devenus très proches ces derniers mois. Il est arrivé fin avril aux États-Unis, afin de se préparer pour la Western States. Nous avons pu nous entraîner en altitude dans le Colorado avant de revenir en Arizona. Il s’est préparé sur tous les terrains, que ce soit en Californie près du lac Tahoe ou dans l’Utah. Je lui ai fait découvrir les sentiers dans les hauteurs de Flagstaff. Nous avons aussi fait un entraînement thermique dans un sauna, une sortie longue par temps très chaud à Phoenix et plusieurs sorties de montées et descentes au Grand Canyon. Par le passé, je me suis souvent entraîné seul, uniquement concentré sur moi-même. Partager ces moments avec un ami proche comme Simon est très sympa. Être en phase avec quelqu’un, fixés tous les deux vers le même objectif, est une expérience que j’ai pu apprécier. Cela m’a aussi enlevé beaucoup de stress.

Pour finir, qu’as-tu pensé de la polémique lancée par Zach Miller et Kilian Jornet vis-à-vis de l’UTMB ?

JW : Je pense que cette histoire n’est pas très importante au final. Zach et Kilian ont tous les deux une grande admiration pour l’UTMB et ils doivent beaucoup à cette course. Ils ont essayé de susciter une réflexion collective sur l’état actuel de notre sport et sur ses perspectives d’avenir. Leurs intentions étaient bonnes, mais les moyens utilisés n’étaient pas les meilleurs. L’important est qu’un dialogue a pu naître de tout cela.

Lire aussi Coup de théâtre : Kilian Jornet et Zach Miller appellent au boycott de l’UTMB 2024

Cette interview est parue dans le magazine Esprit Trail n°138 paru en juillet 2024.

Pour commander le magazine en version papier ou numérique, c’est ici

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Alors que le grand rendez-vous de l’UTMB Mont-Blanc approche, découvrez le programme complet des différentes courses, qui sont les principaux favoris et comment suivre les épreuves. Et, pour le plaisir, replongez dans l’ambiance de toutes les courses du « Sommet mondial du trail » à travers les vidéos de l’édition 2023. L’occasion de revivre la victoire de Jim Walmsley, mais aussi de découvrir les paysages exceptionnels de la PTL, ou encore les conditions dantesques de la TDS et de la MCC…

UTMB, la course vedette

170 km, 10000m D+, 3 pays traversés. Le tour du Mont-Blanc est la course mythique qui, depuis 2003, fait rêver nombre de passionnés de course nature. Devenue finale 100M du circuit UTMB World Series, elle attire chaque année les meilleurs ultra-traileurs du monde et les anonymes en quête de leur propre Graal.

Départ vendredi 30 août à 18h00 de la Place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix.

Voir le best of 2023 ICI

JIm Walmsley Photo UTMB Group
Jim Walmsley. Photo UTMB Group

UTMB 2024 : qui sont les favoris ?

Jim Walmsley, UTMB Index 935
Pour son 6ème UTMB, l’Américain, vainqueur l’an dernier et auteur d’un chrono impressionnant, espère effectuer une course pleine, sans aucun coup de mou. « La victoire serait un plus », explique-t-il, mais il est clair que Jim, déjà vainqueur de la Western States Endurance Run cette année, a une idée en tête : devenir le deuxième homme à réussir le doublé WSER / UTMB la même année. Seul Kilian Jornet a pour l’instant réussi cet exploit, en 2011.

Germain Grangier, UTMB Index 898
Son 4ème UTMB, après avoir fait 3 Top 10, et être monté sur le podium en 2023 derrière Jim Walmsley et Zach Miller.

Mathieu Blanchard, UTMB Index 905
2ème en 2022, 4ème en 2023, Mathieu Blanchard, vainqueur de la MaXiRace du Lac d’Annecy en début de saison, a attendu le dernier moment pour annoncer sa participation. Principale raison : s’assurer de pouvoir aussi être au départ de la Diagonale des Fous, son gros objectif 2024.

Jonathan Albon, UTMB Index 936
Vainqueur de l’OCC en 2021, puis second de la CCC 2022 avant de la remporter l’année suivante, le Britannique Jonathan Albon s’attaque à son premier 100 miles. « La saison de trail est longue. Pour moi, le défi est d’arriver sur la ligne de départ de l’UTMB en forme et en bonne santé. Si j’y parviens, je serai très heureux. Quoi qu’il arrive pendant la course, c’est une autre histoire. Je suis impatient de voir comment tout cela va se dérouler. »

Jonathan Albon Photo UTMB Group
Jonathan Albon. Photo UTMB Group

Aurélien Dunand-Pallaz, UTMB Index 896
« Je suis très heureux de revenir pour la 3ème fois sur l’UTMB. Après ma seconde place en 2021 puis mon abandon en 2022, j’ai envie de renouer avec la course phare de notre sport : l’ultra trail. J’ai déjà hâte de retrouver les montagnes et massifs qui entourent le Mont-Blanc ainsi que toute la communauté trail présente autour de l’événement. »

Tom Evans, UTMB Index 914
Vainqueur de la CCC (2018), de la Western States Endurance Run (2023), 3ème de l’UTMB en 2022, le Britannique Tom Evans a fait de l’UTMB son principal objectif en 2024. « Je suis impatient de revenir sur l’UTMB. C’est mon objectif principal cette saison. J’ai hâte de retrouver la communauté trail sur mes sentiers préférés et de courir avec les meilleurs du monde. Ce sera une année formidable ! »

Ludovic Pommeret, ITMB Index 888
Vainqueur de l’UTMB en 2016, Ludo a scotché tout le monde en remportant en juillet la Hardrock 100 et en battant le record détenu par Kilian Jornet. Sera-t-il suffisamment remis pour jouer les premiers rôles sur ce tour du Mont-Blanc ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

On aura également un œil sur les performances de Thibaut Baronian pour son premier UTMB, et de Thibaut Garrivier, toujours performant malgré son travail prenant de radiologue, ainsi qu’Arthur Joyeux-Bouillon, qui a axé sa saison sur cette épreuve.

UTMB 2024 : qui sont les favorites ?

Marianne Hogan, UTMB Index 765
En 2022, la Canadienne Marianne Hogan avait livré une magnifique bataille malgré une blessure en course, pour aller décrocher la 2ème place. De retour cette année, elle jouera devant : « Je suis bien enthousiaste de revenir sur l’UTMB. En 2022, j’ai eu une déchirure au psoas à Champex-Lac qui a rendu ma fin de course très difficile, et qui m’a laissée sur ma faim. J’ai hâte de revenir sur la ligne de départ, et tenter de faire la course jusqu’à la fin cette fois. »

Marianne Hogan Photo UTMB Group
Marianne Hogan. Photo UTMB Group

Blandine L’Hirondel, UTMB Index 804
Troisième l’an dernier pour son tout premier 100 miles, la double championne du monde saura sans doute mieux gérer son effort cette année, et aura à cœur de réussir une course pleine.

Ruth Croft, UTMB Index 792
La Néo-Zélandaise sera l’une des plus sérieuses prétendantes à la victoire, elle qui collectionne les podiums sur les courses les plus prestigieuses. « Après avoir manqué l’UTMB l’année dernière, je suis très motivée pour faire tout ce qu’il faut afin d’être en forme et en bonne santé au mois d’août », a-t-elle déclaré en juillet. Gagnante de la CCC en 2015, de l’OCC en 2018 et 2019, elle n’a jamais tenté la boucle complète du Mont-Blanc et n’a participé que 2 fois à un format 100 miles, la Western States Endurance Run, où elle a fini seconde en 2021 et 1ère en 2022.

Katie Schide, UTMB Index 827
Avec le meilleur UTMB Index sur la ligne de départ, l’Américaine Katie Schide est la grande favorite, surtout en l’absence de Courtney Dauwalter. Gagnante en 2022 devant Marianne Hogan, elle serait la seconde femme, en cas de victoire, à réaliser le doublé Western States Endurance Run / UTMB la même année, rejoignant ainsi Courtney.

Katie Schide Photo UTMB Group
Katie Schide. Photo UTMB Group

Anne-Lise Rousset, UTMB Index 753
Après avoir réalisé des performances impressionnantes sur des courses telles que la Diagonale des Fous ou la Hardrock 100, où elle a à chaque fois terminé seconde derrière la Patronne Courtney Dauwalter, Anne-Lise Rousset s’attaque à son premier UTMB avec envie et humilité. « Carpe Diem ! Je courrai cette année l’UTMB pour la première fois, alors je n’ai pas envie de me prendre la tête. J’ai envie de profiter de chaque instant, de l’ambiance, de mes copains qui viendront m’encourager, et d’en prendre plein les yeux grâce à un parcours 5 étoiles. Mon objectif sera de prendre un maximum de plaisir. »

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Martina Valmassoi, UTMB Index 743
L’Italienne s’est imposée sur des 20 K, 50K et 100K, dont la TDS en 2022, mais n’a jamais bouclé un 100 miles. « Je suis très heureuse de prendre le départ d’un événement aussi important que l’UTMB. Cette année, l’objectif principal sera vraiment d’essayer de terminer la boucle complète et donc de terminer mon premier 100 miles. Je suis à la fois excitée et effrayée, mais le premier sentiment est le plus important, c’est déjà un bon signe ! »

CCC, la « petite sœur » devenue grande

Passée du statut de petite sœur de l’UTMB à celui d’une course unique en son genre et parmi les plus prestigieuses au monde, la CCC, avec ses 101 km pour 6000m D+ au départ de Courmayeur, permet de rallier l’Italie à la France en passant par la Suisse dans des paysages exceptionnels, face au Mont-Blanc et aux Grandes Jorasses.

Départ vendredi 30 août à 9h00 Place Brocherel, à Courmayeur.

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OCC, la « courte » qui fait mal aux pattes

Défi ultime pour les amateurs de moyenne distance, l’OCC propose un parcours de 55km et 3425m D+ depuis Orsières, situé dans une vallée helvétique aux paysages uniques, avec les derniers éperons et les ultimes aiguilles du flanc oriental du mont Blanc dessinant la frontière franco-suisse, faite de glaciers suspendus sur les rochers polis et des torrents fougueux.

Départ jeudi 29 août à 8h15 Place Centrale, à Orsières.

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PTL, la grande vadrouille

La Petite Trotte à Léon, ou PTL, est un grand tour du mont Blanc demandant de l’engagement mental, un véritable esprit d’aventure et des valeurs montagnardes, indispensables pour vivre en équipe de 2 ou 3 cette aventure d’une vie sans balisage au sol, nécessitant de s’orienter sur et hors sentiers sur 300km et 25000m D+, en parcourant des lieux méconnus, souvent difficilement accessibles et réservant des points de vue époustouflants.

Départ lundi 26 août à 8h00 de la Place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix.

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TDS, la « sauvage »

Belle, technique, sauvage, exigeante, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la TDS qui, sur 148km et 9300m D+, relie le Val d’Aoste à la Savoie, à la découverte des villages du tour du mont Blanc et des massifs qui les entourent. Parcourir ce terrain de jeu unique, c’est emprunter des sentiers où se mêlent l’histoire et la montagne, la technicité du terrain et la bienveillance de ses habitants.

Départ lundi 26 août à 23h50 Place Brocherel, à Courmayeur.

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MCC, la course des bénévoles

De Martigny-Combe à Chamonix, la MCC est une course de 40 km et 2350m D+ entre la France et la Suisse réservée prioritairement aux bénévoles, partenaires et habitants locaux, afin de souder les équipes et de partager la passion du trail running.

Départ lundi 26 août à 10h de la Place Centrale de Martigny-Combe.

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ETC, l’ « entrée de gamme »

Une course de 15 km au départ de Courmayeur, courte mais exigeante avec un fort dénivelé de 1200m D+ jusqu’aux balcons de la vallée d’Aoste, face au mont Blanc, avant de redescendre en direction de Courmayeur. Au menu, des paysages à couper le souffle en plein cœur des Alpes italiennes et une belle introduction aux courses de l’UTMB Mont-Blanc.

Départ mardi 27 août à 14h Place Brocherel, à Courmayeur.

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YCC, place aux jeunes !

La YCC, pour Youth Chamonix Courmayeur, est un challenge dédié aux jeunes nés entre 2005 et 2010 qui est composé de 2 épreuves en 2 jours : un trail au départ de Courmayeur le mardi, sur un format dépendant de l’âge, de 4 km et 100m D+ pour les plus jeunes à 15 km et 1200m D+ pour les plus âgés, et une course courte et innovante de 2 à 4 km le mercredi à Chamonix, YCC The Revenge. Cette ultime épreuve fait partir les coureurs dans l’ordre inverse du classement de la veille.

Départ YCC mardi 27 août à 11h Place Brocherel, à Courmayeur.

Départ YCC The Revenge mercredi 28 août du Champ du Savoy, à Chamonix.

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Suivre le live de l’UTMB 2024, mode d’emploi

Cette année, il sera possible de suivre toutes les courses de manière complète, gratuite et accessible depuis partout, à tout moment via le site LIVE.UTMB.WORLD, qui rassemblera en un seul lieu les classements en temps réel, le suivi individuel des coureurs, le live streaming, le chat en direct et des webcams.

De plus, vous pourrez suivre en vidéo les 3 finales des UTMB World Series que sont l’UTMB (100M), la CCC (100K) et l’OCC (50K) sur UTMB LIVE.

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