C’est un record mythique, de ceux que l’on imaginait qu’ils ne seraient jamais battus. Il y a 19 ans, l’Américain Matt Carpenter parcourait les 100 miles et 4800m D+ du Leadville 100 en 15h 42mn 59s, devenant le premier homme à descendre sous la barre des 16h. Son chrono, qui n’a été approché qu’une seule fois depuis, en 2018, vient de voler en éclats. L’auteur de cet exploit : l’Américain David Roche, qui pour le premier 100 miles de sa carrière a établi une nouvelle marque référence en 15h 26mn 34s, en courant du début à la fin sans jamais marcher. Historique.
Leadville 100 : un mythe made in America
Organisée chaque année depuis 1983 près de Leadville, dans le Colorado, sur des sentiers parcourant les montagnes Rocheuses, la Leadville 100 est une des épreuves de trail les plus anciennes et célèbre des États-Unis, que tout ultra-traileur américain rêve d’accrocher à son palmarès.
Le parcours se compose d’une boucle présentant un dénivelé total d’environ 4800 mètres, sur des sentiers d’altitude situés entre 2800 et 3850 mètres d’altitude, avec le Hope Pass, son point le plus haut. Si le dénivelé est comparable à celui de la Western States Endurance Run, la principale difficulté vient de l’altitude moyenne du parcours, plus proche de celle de la Hardrock. C’est ce qui explique qu’en général, moins de la moitié des participants termine la course dans la limite des 30 heures.
Lors de la 1ère édition, en 1983, l’Américain Skip Hamilton (4 fois vainqueur, dont la dernière en 1987) boucla le parcours en 20h 11mn 18s. Son meilleur chrono, lors de sa 2ème victoire, s’établit en 18h 43mn 50s.
Seuls 2 autres coureurs ont réussi à s’imposer 4 fois ou plus, le Britannique Ian Sharman (4 victoires, dont la dernière en 2017) et l’Américain Steven Peterson, recordman avec 5 victoires, dont la dernière en 2001. Le meilleur chrono de Sharman s’établit en 16h 22min 39s en 2016, tandis que celui de Peterson fut de 17h 40mn 53s en 2001.
L’icône du trail Anton Krupicka s’y est également imposé à 2 reprises (2006 et 2007), avec un meilleur chrono en 2007 en 16h 14mn 35s. Un seul Français a réussi à monter sur la plus haute marche du podium, Thomas Lorblanchet, en 2012, avec un chrono de 16h 29mn 28s.
Quant au record de l’épreuve, il appartenait depuis 2005 au légendaire coureur de fond américian Matt Carpenter, champion du monde de course en montagne longue distance en 2006, qui avait établi une marque improbable en 15h 42mn 59s. Ce même Matt Carpenter, 12 fois vainqueur du Marathon de Pikes Peak, dont le record sur la montée, qui a tenu pendant 35 ans, vient d’être battu en 2023 par Rémi Bonnet. Quant à son record de la Leadville, on le pensait intouchable. Un seul autre athlète avait réussi à l’approcher et passer sous la barre des 16 heures en 40 éditions : le Canadien Rob Krar en 2018, en 15h 51mn 57s. Jusqu’à ce 18 août et l’exploit retentissant de David Roche.
La légende américaine Matt Carpenter, détenteur du record de la Leadville 100 depuis 19 ans. Photo Pikes Peak / DR
Leadville 100 : la course parfaite de David Roche
Régulièrement classé sur des formats de 30 à 50km depuis 2019, l’Américain David Roche est monté sur le format 100 km en 2023, terminant 5ème du Canyons Endurance Runs by UTMB en avril. Là où son exploit retient l’attention, c’est que cette 41ème édition de la Leadville 100 est sa première incursion sur un format de 100 miles.
David Roche. Photo DR
Parti en tête dès le début, David Roche a réussi l’exploit de maintenir un rythme de course sans jamais marcher pendant les 160 kilomètres de l’épreuve. Une performance qui lui permet de battre de plus de 16 minutes l’ancien record de Matt Carpenter, vieux de 19 ans.
David Roche à l’arrivée de la Leadville 100, record de Matt Carpenter battu. Photo Organisation
Leadville 100 : exploit chez les femmes de l’Américaine Mary Denholm
Chez les femmes, l’Américaine Mary Denholm a fait vibrer les foules en établissant la deuxième meilleure performance mondiale sur la distance, en 18h 23mn 54s. Quant au record de l’épreuve, il reste toujours la propriété de l’Amérciaine Ann Trason, qui a établi un chrono de 18h 06mn 24s en 1994, lorsqu’elle terminera 2ème au scratch derrière le Mexicain Juan Herrera (17h 30mn 42s).
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/Leadville-100-record-David-Roche.jpg7681200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-08-21 05:00:002024-08-21 07:55:20Leadville 100 : David Roche pulvérise le record de Matt Carpenter vieux de 19 ans !
L’autonomie totale, avec tente, sac de couchage et nourriture sur le dos : telle est la façon dont Mathieu Blanchard a choisi d’effectuer les 180 km et 11000m D+ du GR20, considéré comme l’un des sentiers les plus difficiles au monde. Une aventure bien différente des tentatives de record de vitesse, dans laquelle le traileur a flirté entre souffrance et émerveillement. Découvrez son expérience en 31 minutes.
Le GR20 de Mathieu Blanchard : un défi en autonomie totale
Si Mathieu Blanchard avait déjà eu l’occasion de découvrir les sentiers corses, dont pas plus tard qu’en début d’année lors d’un stage d’entraînement avec la team Salomon International, il ne s’était jamais lancé sur le GR20. Pourtant, il avait beaucoup entendu parler de ce sentier mythique, avec ses 180km et 11000 mètres de dénivelé positif. Et, surtout, il avait entendu parler de sa difficulté, et de cette fameuse « salade de cailloux » qui le caractérise. Mais, reconnaît-il, il avait été marqué par la façon dont les Corses parlent de ce sentier avec amour et respect.
Le GR20, un parcours de 180km et 11000m D+ à travers les montagnes corses.
Alors, comment lui rendre hommage à sa façon ? En choisissant de réaliser ce périple légendaire en seulement 4 jours, et en autonomie totale, au lieu des habituels 10 à 15 jours mis par les randonneurs. Pas d’hôtels, pas de lit en refuges, pas d’assistance, pas de restaurants : juste son sac à dos et la nature. Tout ce dont il avait besoin était sur ses épaules pour quatre jours : tente, matelas, sac de couchage, nourriture, réchaud, électronique et matériel de sécurité, un total de 10 kilos sur le dos. Son seul ravitaillement extérieur ? Les sources d’eau qui parsèment ce sentier accidenté.
L’eau des sources et des rivières, seule ressource extérieure utilisée par Mathieu Blanchard. Capture écran.
Le GR20 de Mathieu Blanchard : 4 jours de beauté et de souffrance
« Dès le premier jour, raconte Mathieu Blanchard, le poids du sac s’est fait sentir, rendant chaque pas plus lourd, chaque montée plus ardue. J’avais sous-estimé la difficulté de ce parcours déjà réputé pour sa rudesse. Les paysages étaient à couper le souffle, mais l’effort pour les atteindre était à la hauteur du défi. La Corse ne se laisse pas conquérir facilement, surtout pas avec un sac surchargé. »
Un seul mot d’ordre, l’autonomie totale. Capture écran
Dans ce film de 31 minutes aux images grandioses, vous découvrirez toute la beauté du sentier corse, mais aussi les moments de détresse face à la difficulté du parcours, au poids du sac, à la fatigue.
Capture écran
GR20 en autonomie totale en 4 jours, le film de l’aventure de Mathieu Blanchard
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/MATHIEU-BLANCHARD-CORSE.jpg6161200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-08-20 05:00:002024-08-19 08:57:04Le GR20 en autonomie totale : la nouvelle aventure de Mathieu Blanchard [vidéo]
D’énormes orages sur les montagnes de Tatra, en Pologne, ont contraint le directeur de course du Tatra Sky Marathon, 6ème étape de la Golden Trail World Series 2024, a interrompre puis annuler la course. Le règlement de la saison 2024 a été adapté en conséquence, modifiant le classement général actuel. Patrick Kipngeno et Maude Mathys sont désormais leaders, avant les 2 dernières courses aux États-Unis.
Tatra Sky Marathon : orage, ô désespoir !
Ils avaient senti venir le cataclysme, mais ont espéré jusqu’au bout. Ce samedi 17 août, le départ de la course avait été avancée d’une heure, histoire de passer entre les gouttes. Mais cela n’aura pas suffi. À peine le départ des femmes lancé, à 8h30, que des cellules orageuses non attendues par les prévisions météo se sont formées au-dessus de la course. La pluie fine des premières minutes s’étant rapidement transformée en d’importants orages, la décision a été prise par la direction de course du Tatra Sky Marathon de stopper les femmes au kilomètre 11 (sur 28) et de ne pas donner le départ des hommes.
L’analyse de la situation météo n’indiquant aucune amélioration les heures suivantes, la décision finale a donc été prise d’annuler complètement la course. La 6ème étape de la Golden Trail World Series, qui pour la première fois venait en Pologne, n’attribuera donc aucun point pour le classement général. Une situation inédite, qui devait modifier bien des choses.
Le départ de la course féminine du Tatra Sky Marathon, qui sera interrompue au 11ème kilomètre. Photo GTWS
Golden Trail World Series 2024 : le règlement modifié
Au vu de la situation inédite, Greg Vollet, directeur de la Golden Trail Series, a dû également prendre une décision en ce qui concerne le classement général de la Golden 2024. En effet, initialement, les 30 qualifiés hommes et femmes pour la finale 2024 devaient être sélectionnés en prenant en compte les points accumulés sur leurs 4 meilleurs résultats des 8 courses prévues. Sauf qu’en réduisant à 7 le nombre d’épreuves, et dans la mesure où de nombreux athlètes misaient sur les 3 dernières courses pour atteindre le quota de 4 épreuves courues et accéder à la finale, il a fallu modifier les règles. Il a donc été décidé que seules 3 courses seraient désormais prises en compte dans le calcul du classement général avant la finale.
« Nous nous trouvons devant une situation inédite, a expliqué Grégory Vollet. Jusqu’à présent nous avons été chanceux car depuis 2018 et la création de la Golden Trail Series, aucun événement n’avait jamais été annulé. La décision qui a été prise aujourd’hui par la direction de course du Tatra Sky Marathon était clairement la bonne décision, mais elle a des conséquences sur le classement de nos coureurs. Certains d’entre eux ont commencé leur saison à Sierre-Zinal en espérant enchaîner les 4 dernières étapes pour se qualifier pour la finale. Avec la 6ème étape annulée, ils ne peuvent donc plus le faire. C’est pour cette raison que nous avons décidé de ne conserver que les 3 meilleurs résultats de chaque coureur avant la finale. Cela permettra donc à chacun d’avoir le bon nombre de courses malgré cette annulation. »
Golden Trail World Series 2024 : un classement bouleversé
Suite à cette décision, le classement général de la Golden Trail World Series a également évolué. Leaders avant l’annulation du Tatra Sky Marathon, le Marocain Elhousine Ellazaoui chez les hommes et la Suissesse Theres Leboeuf chez les femmes perdent leur position de leader, au profit du Kényan Patrick Kipngeno et de la Suissesse Maude Mathys.
En annonçant le 14 août se lancer dans le projet « Alpine Connections » où il va tenter de relier le plus grand nombre possible de sommets de plus de 4000 mètres des Alpes en comptant uniquement sur ses propres capacités, Kilian Jornet marche sur les traces de quelques alpinistes ayant déjà réussi l’exploit de gravir les 82 sommets existants. Alors, que cherche le « Patron » ? À battre le record en solitaire détenu depuis 2015 par Ueli Steck ? Ou le record absolu détenu par 2 alpinistes italiens depuis 2008 ? État des lieux.
Après les 3000 des Pyrénées, les 4000 des Alpes
177 sommets, 485km, 43000m D+ : du 2 au 8 octobre 2023, Kilian Jornet avait surpris tout le monde en réalisant l’exploit de rallier les 177 sommets de plus de 3000 mètres des Pyrénées dans un temps record, alors qu’une blessure l’avait tenu écarté des grandes courses de l’été. « J’avais cette envie, mais je ne savais pas si c’était un défi réalisable ou une pure folie. Après avoir consulté des personnes connaissant bien les sentiers pyrénéens, j’ai décidé de me lancer », avait-il expliqué alors. De là à voir le défi alpin comme une suite logique…
Kilian Jornet lors de son périple pyrénéen de 2023. Photo NNormal
Les 4000 des Alpes : 82 sommets qui font rêver les alpinistes
Ce projet de gravir les 82 sommets de plus de 4000 mètres de l’arc alpin n’est pas nouveau. Et il a déjà fait de tristes dégâts. Ainsi, en 2004, alors qu’il s’est lancé dans ce défi, le célèbre guide Patrick Berhault meurt accidentellement lors de l’effondrement d’une corniche entre le Dom et le Täschhorn, en Haut-Valais.
C’est en 2008 que la paire d’alpinistes italiens Franco Nicolini et Diego Giovannini réussit l’exploit de venir à bout des 82 sommets en ne se déplaçant qu’à la force physique, à pied ou à vélo. Du 26 juin au 24 août, la cordée met 60 jours, ce qui constitue aujourd’hui encore le record absolu.
En 2015, c’est le métronome suisse Ueli Steck, tragiquement décédé le 30 avril 2017 au Népal sur les pentes du Nuptse, qui réalise l’exploit d’escalader les 82 sommets en solitaire, avec lors de quelques ascensions des compagnons d’aventure « invités ». Il met alors 62 jours, entre le 11 juin et le 11 août ! L’alpiniste star, surnommé « la Machine », adepte du « speed climbing », s’était fixé pour objectif de relier tous les sommets en moins de 80 jours, sans moyens motorisés entre les étapes, effectuées à pied et à vélo. Son exploit est hélas endeuillé par la mort le 23 juillet de l’alpiniste néerlandais Martijn Seuren, l’un de ses compagnons de route, lors d’une ascension commune sur le mont Blanc.
Ueli Steck lors de son projet des 4000 en 2015. Photo DR
Les 4000 des Alpes : l’aventure de Liv Sansoz
Célèbre à la fin des années 90 pour avoir été l’une des premières grimpeuses à venir à bout d’une paroi coté 8c+, Liv Sansoz était alors obsédée par la performance. Mais en 2001, une chute brisa ses ambitions : blessée aux vertèbres, elle disparut des magazines. Pour réapparaître 16 ans plus tard, en mars 2017, lorsqu’à 40 ans elle annonça se lancer dans un projet fou : gravir les 82 sommets alpins de plus de 4000 mètres à la seule force physique, c’est-à-dire à pied ou en vélo, sans avoir recours aux remontées mécaniques, avec uniquement le ski et le parapente pour compléter les séances d’alpinisme.
Et surtout, en faisant cela à sa manière, en partageant l’aventure avec ses amis, sans souci de chrono ou de record. Ainsi, de mars 2107 à septembre 2018, en l’espace d’un an et demi, l’alpiniste a réalisé son rêve, avec une interruption de plus de 7 semaines au milieu de son aventure lorsqu’elle tomba dans une crevasse et, oubliant de bouger ses pieds, eut les orteils gelés en attendant les secours en hélicoptère.
L’alpiniste française Liv Sansoz en 2017. Photo Ben Tibbets / Salomon
Les 4000 des Alpes : un record qui tient toujours
En 2021, les aspirant-guides italiens Nicola Castagna et Gabriel Perenzoni ont également réalisé les ascensions des 82 4000 des Alpes, mais en 80 jours, et en effectuant les liaisons en voiture.
Enfin, en 2022, le guide de haute montagne néerlandais Roeland van Oss a lui aussi gravi tous les 4000 des Alpes en utilisant ses propres forces physiques et morales. Son objectif était surtout d’alerter l’opinion sur les conséquences du réchauffement climatique. Il a mis 78 jours pour gravir les 82 sommets.
Les Italiens Castagna et Perenzoni en 2021. Photo Castagna / Perenzoni.
Les 4000 des Alpes : quel projet pour Kilian Jornet ?
Il est difficile d’imaginer que Kilian Jornet se soit lancé dans l’aventure sans objectif, même inavoué. « Gravir le plus de 4000 possible » ne lui ressemble pas, et il y a fort à parier que son objectif est de battre le record de 60 jours des 2 alpinistes italiens. Une forme d’hommage aussi, certainement, à l’exploit en solitaire d’Ueli Steck.
On se souviendra d’ailleurs qu’en novembre 2015, Ueli Steck et Kilian Jornet, qui s’étaient rencontrés le mois précédent au Népal et avaient effectué une « petite » sortie ensemble, s’étaient retrouvés en Suisse pour s’offrir un aller-retour express sur la face nord de l’Eiger au départ de Grindelwald. Un peu plus de 10 heures et 2 minutes.
Le post Facebook d’Ueli Steck après sa sortie avec Kilian Jornet sur l’Eiger.
Après un début de saison réussi, avec notamment une deuxième place à Zegama et 2 5èmes places sur les courses asiatiques, la jeune Basque Malen Osa, véritable révélation de la saison 2023, où elle a terminé 4ème de la Golden Trail World Series, sera au départ de la 6ème étape du circuit 2024, le Tatra Sky Marathon, en Pologne. Actuelle 4ème du classement général, que peut-elle y espérer ?
Malen, retournons à Zegama. Avec deux mois de recul, que représente cette magnifique deuxième place pour toi ?
Malen Osa : C’était clairement une surprise et c’est certainement pour ça que je lui donne autant de valeur. Mais il m’a fallu du recul pour me rendre compte de la valeur de cette deuxième place justement. J’ai réalisé à quel point j’avais réussi à gérer mon tout premier marathon avec tout ce qui allait avec : la nutrition, la météo, tout. Donc je pense que c’est un super résultat effectivement.
Quand on t’écoute parler, on a l’impression que tu es presque déçue. Tu pensais pouvoir gagner ?
MO : Non, pas du tout ! C’est plutôt le chrono qui me fait réfléchir. J’ai perdu beaucoup de temps sur la fin. Je ne pense pas que j’aurais pu aller chercher 6 minutes pour jouer la victoire, mais j’aurais peut-être pu faire mieux. J’ai ralenti dans les derniers kilomètres parce que je voulais sécuriser la deuxième place et surtout, j’avais envie de profiter à fond. Donc, j’aurais peut-être pu faire un meilleur chrono. Mais finalement, j’ai atteint mon objectif : celui de prendre un maximum de plaisir.
Malen Osa, 2ème à l’arrivée du Marathon de Zegama. Photo Mathis Decroux
Qu’as-tu ressenti quand tu as franchi la ligne d’arrivée ?
MO : Il y avait beaucoup d’émotions. Je me suis sentie fière de moi. J’ai repensé à tout ce que j’avais mis en place pendant la préparation. J’avais le sentiment que je n’avais pas encore pu réellement montrer mon potentiel et je pense que Zegama était la course parfaite pour le faire. Donc, j’étais simplement heureuse, d’autant que j’avais toute ma famille présente, mes amis, tout le monde, c’était parfait ! J’ai tellement pris de plaisir sur la ligne, je pense que c’est la plus belle arrivée de ma vie. En fait, la course en elle-même était plus importante que l’objectif.
Y a-t-il une course plus importante que Zegama finalement pour toi ?
MO : Zegama est LA course que j’ai toujours rêvé de faire. Simplement être sur la ligne de départ était un vrai rêve pour moi. Je veux y revenir et la gagner, c’est certain ! Mais je veux aussi essayer d’autres courses, peut-être moins glamour pour moi ou avec moins d’émotions. Et en parlant avec les autres coureuses, je me dis qu’il y a aussi d’autres compétitions qu’il faudra que j’essaye, en dehors de la Golden, comme l’OCC par exemple.
Photo Justin Galant
À Zegama, tu as prouvé que tu étais capable de très bons résultats sur marathon. Pourquoi ne pas avoir couru le Marathon du Mont-Blanc et Sierre-Zinal après ce résultat ?
MO : Les gens rigolent quand je dis ça, mais je n’ai pas préparé Zegama ! Je veux dire par là qu’au retour des courses en Asie, je n’ai eu qu’un mois pour récupérer et me relancer dans la préparation de Zegama. C’est normalement bien trop peu pour préparer un marathon ! Aussi je pense que ça aurait été une énorme erreur d’enchaîner avec le Marathon du Mont-Blanc. En plus, la préparation entre une course de 25 km et une course de 42 km est bien différente. Peut-être que je suis davantage faite pour ce genre de courses que les plus rapides, mais pour le moment je veux rester focalisée sur les courtes distances, avec juste quelques courses plus longues.
Et comment te sens-tu maintenant ?
MO : Honnêtement, j’ai pris du repos qui était nécessaire et puis j’ai ensuite fait 7 à 8 semaines d’entraînement qui ont été les meilleures de ma vie. J’ai progressé, sans aucun doute, et sur tous les terrains. On a fait des tests avec mon coach et je me sens très bien. Je suis prête et j’ai envie de montrer, surtout à moi-même, à quel point je suis forte. En Asie, ce n’était pas parfait et je suis persuadée que je peux en montrer encore davantage.
Et comment vont tes jambes ? As-tu toujours des crampes ?
MO : Les jambes vont bien. Sur les dernières semaines je n’ai rien ressenti, mais c’est le problème avec ce truc, tu ne peux jamais être sûre. J’ai toujours mes cornichons avec moi (Malen combat ses crampes soudaines en course avec de mini-snacks de cornichons, NDLR) au cas où, mais j’espère que ça ne sera pas un problème.
Photo Justin Galant
Est-ce le Tatra Sky Marathon, d’une distance de 28 km et 1770m D+, est une course pour toi ?
MO : Je pense que c’est une course pour n’importe quel type de coureur en réalité. Il y a des sections très rapides et des passages très techniques. La première partie sera vraiment rapide et je ne serai certainement pas devant à ce moment-là. Mais ensuite, il y a des parties très techniques qui me vont bien. Donc je pense que je peux faire une belle course, d’autant que je me suis beaucoup améliorée sur les portions rapides et j’ai assez confiance en moi.
Le profil du Tatra Sky Marathon, 6ème étape de la Golden Trail World Series 2024.
Quelle sera la stratégie ?
MO : Il faudra que je fasse ma propre course, ça sera la clé. Je vais rester en retrait jusqu’à la première montée et ensuite je vais faire ma course. Je ne vais pas attaquer dans la montée mais accélérer pour me mettre à un rythme suffisant pour jouer quelque chose sans exploser pour autant. Mais oui, le plan c’est de faire l’effort dans la montée et la descente ensuite. J’espère juste ne pas perdre trop de temps sur le plat.
Qui sera ta principale rivale ?
MO : Comme je le disais, c’est une course qui peut convenir à beaucoup de monde. Honnêtement, je ne sais pas… Je pense que les filles qui ont bien tourné à Sierre-Zinal seront très fortes demain : JoylineChepngeno, Anna Gibson, Madalina Florea. Je pense que ça se jouera sur le fait de ne pas être partie trop vite au départ. La coureuse la plus polyvalente gagnera.
Photo Colin Olivero
Que penses-tu du niveau global des filles cette saison ?
MO : Je pense beaucoup à ça en me disant qu’il y a beaucoup de filles qui ont finalement renoncé à venir, comme Allie McLaughlin, Grayson Murphy, Maude Mathys, même Judith Wyder ou Sophia Laukli. Mais malgré tout le niveau reste incroyablement élevé. Imaginez si elles avaient pu toutes être là ! Mais sérieusement, le niveau a vraiment beaucoup progressé sur la Golden Trail Series. Même depuis l’année dernière, il est super élevé !
Tu parles des filles qui ont arrêté la Golden Trail Series pour cause de blessure ou de fatigue. Est-ce que cela change ton objectif final ?
MO : Au début, mon objectif était de jouer le podium. Je savais que ça allait être très dur avec le niveau de cette année, même si j’ai déjà de très bons résultats. Mais maintenant qu’il y a des filles qui sont « out », je me dis que le podium est clairement jouable ! Mais en même temps, de nouveaux visages apparaissent. On a découvert plein de nouvelles filles à Sierre-Zinal, et pas mal d’entre elles vont faire la Golden Trail Series donc on ne sait pas vraiment. Alors oui, je continue à viser le podium. Et si j’y arrive, ça sera un très bon résultat !
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/Photo-@leo_rsl_GTWS_Zegama_26-05-23.jpg8001200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2024-08-16 15:16:352024-08-16 15:16:37Malen Osa, le retour de la prodige basque !
Vainqueur au Marathon du Mont-Blanc et actuel leader de la Golden Trail World Series, Elhousine Elazzaoui a fait l’impasse à Sierre-Zinal pour se concentrer sur le Tatra Sky Marathon. Mais une grosse entorse de la cheville pourrait venir tout gâcher…Il s’est confié à Mickael Mussard.
Elhousine, revenons d’abord sur ta victoire au Marathon du Mont-Blanc. Qu’est-ce qu’elle représente pour toi ?
EE : Je suis content d’avoir pu décrocher cette victoire après trois podiums depuis le début de l’année. J’étais bien préparé mais c’est une course que je redoutais car j’avais déjà abandonné 2 fois. Mais, visiblement, l’expérience que j’ai engrangée commence réellement à porter ses fruits. J’ai reçu beaucoup d’encouragements pendant la course et même après. Je suis fier de tout ça parce que j’ai l’impression d’être une inspiration dans mon pays. Jusque-là, la saison se passe très bien, je suis content de mon résultat à Zegama, et bien sûr de cette victoire au Mont-Blanc.
Elhousine Elazzaoui lors de sa 2ème place à Zegama, derrière Kilian Jornet. Photo Justin Galant_GTWS
Quelle bataille tu as livrée avec Rémi Bonnet ! Au final, tu sors vainqueur alors qu’on aurait pu croire que Rémi allait attaquer dans la dernière montée. Est-ce que c’est Rémi qui est un peu moins en forme ou toi qui est plus fort ?
EE : Rémi est très fort ! Pour moi, il reste un athlète hors du commun. De mon côté, je pense que j’ai toujours été fort, mais je ne savais juste pas comment le prouver… Je fais la Golden Trail Series depuis 2019 et j’ai connu beaucoup d’échecs, mais j’ai beaucoup appris de ces échecs et j’ai le sentiment aujourd’hui de mieux faire les choses, plus intelligemment. Et depuis que je suis chez NNormal, j’ai aussi des gens qui me cadrent, qui m’accompagnent. En sport, seul, on n’arrive jamais à rien de toute façon…
Elhousine Elazzaoui lors de sa victoire au Marathon du Mont-Blanc. Photo @leo_rsl_Zegama
Tu as décidé de faire l’impasse sur Sierre-Zinal et beaucoup de gens ont demandé où tu étais passé… Pourquoi n’es-tu pas venu courir en Suisse ?
EE : Ça aussi ça me rend fier, parce que les gens remarquent mon absence. Ça veut dire que je compte désormais dans le circuit ! Je reçois beaucoup de messages sur les réseaux sociaux et je n’ai pas le temps de répondre à tout le monde. Mais voilà, j’avais un programme en début de saison, et je savais que je ne pourrais pas tout faire…
J’avais décidé de ne pas venir à Sierre-Zinal parce que c’est une course qui ne me réussit vraiment pas. Je souffre trop de la chaleur, et la course commence trop tard pour laisser le temps aux coureurs amateurs de terminer leur course. Peut-être qu’un jour j’y reviendrai, peut-être que l’horaire changera aussi. C’est une course que je rêve de gagner un jour, mais ce n’était pas prévu cette année.
Comment te sens-tu à quelques jours de la 6ème étape de la Golden en Pologne ?
EE : Pas bien… Je me suis tordu la cheville il y a quelques jours sur un sentier que je connais par cœur chez moi, alors que je courais lentement, à 6 min/km… Je suis dégoûté parce que j’ai l’impression que ça peut tout gâcher, j’ai peur que ça soit cassé. Je n’ai pas encore pu faire d’examens complémentaires, les rendez-vous étaient compliqués à avoir où j’étais, j’espère en avoir un en arrivant en Pologne. J’ai cette sensation d’avoir tout bien fait depuis le début de l’année et que tout va s’effondrer sur la fin. Je sais que ce sont des choses qui arrivent, que c’est juste de la malchance, mais ça me déprime un peu.
Tu vas donc renoncer à courir en Pologne ?
EE : Pour l’instant j’ai mal… J’arrive à courir sur le plat mais en montagne ce n’est pas la joie. Il faudra faire une radio et si ce n’est pas cassé j’aviserai en fonction de ce que me dit le kiné. J’avais envie de marquer encore plus de points en allant chercher une victoire, mais je ne sais pas si je vais pouvoir courir en Pologne. Maintenant, j’ai déjà de très bons résultats, j’espère juste que ce n’est pas cassé et que ça va passer vite.
Quel sera ton plus sérieux rival pour la victoire ?
EE : Je pense que Bart (Przedwojewski) pourra faire un très bon résultat. Si je ne cours pas, c’est lui qui va gagner ! Il connaît bien les sentiers, c’est son terrain, et c’est un coureur incroyable.
Tu as souvent dit que c’était ton rêve de remporter la Golden Trail Series, et tu es bien parti cette année. Rémi étant un peu en retrait au classement général, est-ce que Patrick Kipngeno devient ton principal rival ?
EE : Je n’ai pas enterré Rémi… Tout peut arriver en sport ! Moi, l’année dernière, je n’avais pas fait une saison exceptionnelle mais j’ai remporté la finale. Je pense que Rémi est un coureur très solide qui fait en général une bonne deuxième partie de saison, donc il peut tout à fait encore se battre pour la victoire. On ne peut pas être au top tout le temps. Maintenant, gagner la Golden est mon rêve et je vais tout faire pour le réaliser.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/Elhousine-Elazzaoui-Photo-Justin-Galant_GTWS-Japan.jpg8001200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2024-08-16 05:00:002024-08-13 12:46:32Elhousine Elazzaoui : inquiétude pour le leader de la Golden Trail World Series, absent à Sierre-Zinal
Le 11 août, Samuel Davila et Jade Rodriguez ont été les plus rapides sur les 33 km et 2100m D+ du Trail du Canigou, dernière étape qualificative de la Golden Trail National Series avant la finale à la Skyrhune.
Trail du Canigou : Samuel Davila en contrôle
Il le confiait à l’arrivée, la course a été assez tranquille pour lui. Le Vénézuélien Samuel Davila a en effet contrôlé la course de bout en bout et s’est imposé assez facilement sur le Trail du Canigou, troisième étape de la Golden Trail National Series. « C’est une course très belle ! De mon côté, tout s’est assez bien passé, je me sentais bien dans la montée mais avant d’arriver au sommet je me suis dit qu’il fallait que je prenne un peu de temps sur le deuxième. J’ai ensuite pu gérer la descente pour aller m’imposer. » Thibault Leroy et Alexandre Meyleu complètent le podium.
Samuel Davila, vainqueur du Trail du Canigou. Photo Guillaume Soler / GTNS
Trail du Canigou : Jade Rodriguez de bout en bout
Jade Rodriguez a aussi contrôlé la course, même si elle avoue avoir souffert sur la fin de course. Elle termine malgré tout avec près de 12 minutes d’avance sur Valérie Reynal, sa dauphine. « C’est une course qui me tient à cœur, expliquait-elle à l’arrivée. J’avais de très bonnes sensations dans la montée mais à la fin c’était très compliqué de finir aussi bien dans la tête que dans les jambes. » Mathilde Sagnes termine quant à elle troisième de la course.
Jade Rodriguez s’impose largement chez les femmes. Photo David Gonthier / GTNS
Trail du Canigou : Cyrian Silhol et Maïwen Mahé chez les jeunes
Du côté des moins de 23 ans, ce sont Cyrian Silhol et Maïwen Mahé qui finissent en première position de cette troisième étape de la GTNS. Ils décrochent eux aussi leur ticket pour la Skyrhune.
Golden Trail National Series : C’est l’heure de la finale !
Les 3 épreuves qualificatives de la GTNS France ont eu lieu (Trail Napoléon, Grand Trail de Serre-Ponçon et Trail du Canigou). La finale nationale se tiendra le 21 septembre à la Skyrhune et désignera les grands vainqueurs de la Golden Trail National Series.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/Samuel-Davila.-Photo-David-Gonthier.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-08-15 05:00:002024-08-13 12:11:27Trail du Canigou : Samuel Davila et Jade Rodriguez s’imposent et filent vers la Skyrhune
Totalement inconnue du public, la Kényane Joyline Chepngeno a couru son premier trail samedi 10 août à Sierre-Zinal, l’une des courses les plus relevées du circuit international, 5ème étape de la Golden Trail World Series. À la surprise générale, cette mère de 2 enfants a survolé l’épreuve, reléguant la concurrence à plus de 8 minutes. Mickael Mussard l’a rencontrée pour comprendre son parcours.
Joyline, tu as remporté Sierre-Zinal alors que personne ne te connaissait. Peux-tu te présenter et nous raconter ton histoire ?
Joyline Chepngeno : J’ai 24 ans et je viens du Kenya. J’ai commencé à courir quand j’étais à l’école. J’étais assez douée en 3000 mètres steeple et en cross-country. Mais j’ai quitté l’école en 2016 et j’ai arrêté de courir. Quand on finit l’école, si personne ne nous pousse à continuer, on fait autre chose, pour essayer de gagner notre vie. Moi j’ai monté une entreprise qui vendait des vêtements. Mais j’ai commencé à avoir du mal à tout gérer…
Mon mari m’a quittée et m’a laissée seule avec mes deux enfants. Dans le même temps, je voyais des copines remporter des courses à l’étranger et revenir acheter de grandes maisons au Kenya, où elles pouvaient se construire de belles demeures. J’ai donc décidé, en 2022, de me remettre à la course.
Il paraît que tu as perdu 30 kilos quand tu t’y es remise ?
JC : Oui, j’avais pris du poids depuis l’école, beaucoup de poids… Il m’a fallu un an et demi pour tout perdre, mais j’y suis arrivée.
Qu’as-tu ressenti quand tu as franchi la ligne de Sierre-Zinal en vainqueur pour ta toute première course ?
JC : J’étais vraiment heureuse ! C’était ma toute première course et je ne m’attendais pas à la remporter devant toutes ces athlètes. Il y avait deux Kényanes, Philaries et Joyce, et je les ai battues !
Photo RisingStory GTWS Justin Galant
Tu gagnes avec 8 minutes d’avance sur les meilleures mondiales. Comment expliques-tu que tu sois déjà à un tel niveau ?
JC : Au Kénya je m’entraînais un peu seule au début, et je n’arrivais pas à grand-chose. Mais j’ai discuté avec un ami qui courait pour Asics qui m’a conseillé de partir m’entraîner à Iten, au camp d’entraînement des meilleurs coureurs. Là, j’ai rencontré Julien, un manager suisse qui m’a aidée à m’entraîner. Il m’a donné un programme, et m’a permis d’avoir une structure. Il m’a testée sur de grosses séances en côtes et il a vu que j’étais forte, il m’a alors dit qu’il fallait que je participe à une course en Europe. Je ne savais même pas qu’il y avait une telle montée sur Sierre-Zinal, mais j’ai tout donné pour faire une grosse performance.
Quelle est la suite désormais pour toi ?
JC : Je m’apprête à participer au Tatra Sky Marathon en Pologne (6ème étape de la Golden Trail World Series 2024, le 17 août, NDLR). Si tout va bien, j’espère y faire un bon résultat, même si ça sera plus technique qu’à Zinal. Mais ça ne me fait pas peur. Au début, j’étais effrayée par les descentes, mais Julien m’a bien entraînée pour ça et maintenant je ne les crains plus du tout.
Cela veut dire que tu te sens capable de gagner au Tatra Sky Marathon ?
JC : Je pense que je peux gagner n’importe quelle course si je suis dans un bon jour et que j’ai l’énergie nécessaire.
Après cette victoire à Sierre-Zinal, quel est ton objectif désormais sur la Golden Trail World Series ?
JC : Je ne sais pas si j’arriverai à avoir un visa pour les USA, mais si j’y vais et que je fais de bons résultats sur les 2 courses, je pourrais viser le podium de la GTWS, voire la victoire !
Joyline Chepngeno au centre des 5 premières de Sierre-Zinal 2024. Photo RisingStory GTWS Justin Galant
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/Joyline-PHOTO-RisingStory-GTWS-SierreZinal-10-08-2024-Justin-Galant-26.jpg8001200La Rédactionhttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngLa Rédaction2024-08-14 05:00:002024-08-13 09:00:35Qui est Joyline Chepngeno, la gagnante inconnue de Sierre-Zinal ?
Bien différente de la version précédente, la Tecton X3 est la grosse nouveauté lancée par Hoka quelques jours avant le rendez-vous UTMB de Chamonix. On vous en dit plus sur ce modèle très attendu et novateur, conçu pour la performance.
Tecton X3 : objectif performance
Avec une semelle intermédiaire en PEBA, un haut de tige façon guêtre et une plaque carbone intégrant des ailettes pour plus de stabilité, la Tecton X3, version grand public de la chaussure avec laquelle Jim Walmsley a remporté l’UTMB 2023 et la Western States Endurance Run2024, promet de faire parler d’elle chez les amoureux de la marque. Première grande nouveauté, l’équipementier a amélioré le composé de la semelle intermédiaire en superposant deux couches de PEBA, leur composé le plus léger et le plus résilient. Un choix qui permet de sortir une chaussure d’ultra à 286g seulement pour la pointure 42 !
Jim Walmsley, vainqueur de la WSER 2024. Photo Organisation
La plaque en fibre de carbone a également été redesignée, avec l’ajout d’ailettes à des endroits stratégiques permettant de gagner en stabilité sur les chemins les plus techniques. Résultat : un amorti réactif qui, servi par un profil de semelle incurvé MetaRocker conçu pour la vitesse, oriente clairement le modèle vers la recherche de performance. À noter un drop de 5mm, classique sur les derniers modèles Hoka.
Photo Hoka
Tecton X3 : résistance et adhérence
Autre changement spectaculaire, qui donne un look très distinctif à ce modèle, un bracelet en maille type chaussette s’étend depuis la languette comme une guêtre enserrant la cheville. Objectif : éviter d’embarquer des petits cailloux et autres débris du sentier. On connaissait déjà ce principe sur la Zinal 2, la « chaussette » est plus conséquente sur cette Tecton X3. Certains apprécieront, d’autres regretteront le côté un peu compressif autour de la cheville. Pas de problème de respirabilité du pied en revanche, la tige légère et aérée en Matryx faisant le job, et assurant une résistance aux accrocs éventuels. On validera en revanche sans réserve l’empeigne dynamique, qui permet aux pieds de s’étaler au fil des kilomètres et d’offrir un confort inégalé.
Hoka a également retravaillé la forme et le positionnement des crampons Traction Lug de 4mm sur la semelle extérieure Vibram Mega-Grip avec construction Litebase, le must en la matière, pour offrir une meilleure adhérence sur tous types de terrains et dans toutes les conditions.
La Tecton X3 est disponible à la vente à partir du 15 août 2024 sur le site HOKA.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/TECTON-X3-OK-1.jpg9731200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-08-13 05:00:002024-08-12 14:07:32Avant-première Tecton X3 : le plein de nouveautés pour cette Hoka à plaque carbone
Dimanche 4 août, les montagnes de Courchevel ont accueilli une nouvelle édition record du Millet XTrail Courchevel. Avec ses 1500 inscriptions, cette course unique en France, où l’on choisit sa distance en cours d’épreuve, a une nouvelle fois démontré tout son attrait pour les amateurs de trail. 26 nations et 98 départements français étaient représentés pour une fête sportive parfaitement réussie, où 2 championnes du monde, Blandine L’Hirondel et Clémentine Geoffray, ont assuré le spectacle.
Millet XTrail Courchevel : un concept original qui séduit
L’une des originalités de ce trail réside dans son concept « Find Your Limit » : un seul départ à 5h30 pour 6 parcours, allant de 11 km et 600m D+ à 66 km et 4100m D+. Les coureurs ont ainsi la liberté de choisir leur distance en fonction de leur forme physique et des barrières horaires réparties tout au long du parcours. Une formule inédite qui permet à chacun de trouver un défi à sa mesure.
Grande force de l’épreuve, les parcours du Millet XTrail Courchevel sont réputés pour offrir aux participants des panoramas à couper le souffle. En effet, à partir du sommet de la Dent du Villard (que tous les courcurrents des formats supérieurs à 11 km atteignent), les coureurs ont pu arpenter les crêtes de Mont Charvet, au-dessus d’une mer de nuages, et admirer un paysage grandiose à 360°.
Passage sur la crête du Mont Charvet. Photo Organisation
Ceux qui ont poursuivi après la bifurcation du 22 km ont ensuite pu gravir les pentes rocheuses sous l’aiguille de May avant de basculer sur le refuge de Grand Plan. Pour les plus courageux, les passages par les lacs Merlet dans le col de la Vanoise et le névé sous le col du Râteau ont également marqué les esprits. « Le long parcours de 55 km offre l’éventail le plus complet des paysages autour de Courchevel, explique Hervé Franchino, responsable des événements outdoor à la Mairie. Tous les concurrents qui le font en reviennent fatigués mais conquis par sa beauté ! » Avec, pour les plus motivés, à l’arrivée du 55 km, la possibilité de repartir sur le parcours initial du 11 km pour boucler les 66 km.
Vers les lacs Merlet. Photo Organisation
Millet XTrail Courchevel : Christian Mayer XTrailer 2024 !
Le long parcours de 66 km, réputé pour son dénivelé positif de 4100m et ses passages techniques et variés au milieu de paysages grandioses, a mis à rude épreuve les athlètes. Avec ses 7 cols à franchir, seuls 71 participants sur les 1366 qui s’étaient présentés au départ étaient dans les temps pour passer la dernière barrière située au terme des 55 km. Et au final, seuls 30 d’entre eux, dont 7 femmes, ont eu les ressources suffisantes pour s’élancer sur les 11 derniers kilomètres et boucler ainsi le grand tour.
Chez les hommes, c’est le Canadien Christian Mayer, du team Salomon, ancien cycliste professionnel de 2009 à 2016 auréolé d’un titre national en 2008, vainqueur de la TDS 2023, qui a décroché le titre de XTrailer 2024. Son temps : 7h 31mn 52s. « C’est l’un des plus beaux parcours de trail que j’ai effectués. En arrivant au sommet de la Dent du Villard, les paysages étaient grandioses tout le long », a déclaré le vainqueur, qui sera au départ de l’UTMB dans quelques semaines. Bertrand Brochot (7h 52mn 52s) et Nicolas Firmin (8h 43mn 01s) complètent le podium.
Christian Meier. Photo Organisation
Millet XTrail Courchevel : record pour Blandine L’Hirondel
Chez les femmes, Blandine L’Hirondel, championne du monde de trail en 2019 et 2022, championne d’Europe en 2022 et championne de France (court en 2019 et long en 2021 et 2024), lauréate de l’OCC 2021, de la CCC 2022 et 3ème de l’UTMB 2023, a réalisé une performance exceptionnelle en décrochant la palme de Xtrailer, signant au passage les nouveaux records du 66 km en 8h 02mn 20s et du 55 km en 6h 44mn 51s.
« Je ne m’attendais vraiment pas à cela, les paysages étaient grandioses, a-t-elle déclaré à l’arrivée ! C’est sympa de partir tous ensemble. J’avais du monde avec moi tout le long de la course sauf sur la partie du col du Râteau. Je suis très contente d’avoir pu boucler les 66 km avec de bonnes sensations et du résultat avant de m’aligner sur l’UTMB 2024 ! » Marion Zaradzki en 9h 22mn 43s s’adjuge la seconde place devant Caroline Delord (3ème du triathlon hors norme Björka X3 Courchevel il y a 2 semaines), qui a bien résisté en 9h 31mn 42s.
Sur le 55 km, le podium féminin reste identique à celui du 66 km, sachant que tous les finishers du 66km sont classés également sur le 55 km. Chez les hommes, Thibaut Witvoet monte sur la 3ème marche en 6h 42mn 24s derrière le duo du 66 km Christian Mayer (6h 14mn 03s) et Bertrand Brochot (6h 30mn 14s).
Blandine L’Hirondel. Photo Organisation
Millet XTrail Courchevel : nouveaux records sur le 44 km pour Jean-Baptiste Curtet et Tifenn Piolot
4h 46mn 49s, c’est le nouveau temps de référence du 44 km réalisé par Jean-Baptiste Curtet, membre du club Organisateur Courchevel Sports Outdoor et 3ème de la Wildstrubel by UTMB 2023. Il a dû s’employer sur cette distance pour venir à bout du Néo-Zélandais Scotty Hawker du team Vibram, second en 4h 59mn 50s, et de Pierre Rivet de la société partenaire de l’événement Millet, 3ème en 5h 02mn 12s. « C’était dur en arrivant dans la vallée des Avals avec des crampes qui se manifestaient lors des ravitaillements » a-t-il confié une fois la ligne d’arrivée franchie.
Chez les féminines, Tiffenn Piolot claque elle aussi le nouveau record du 44 km avec un temps de 5h 46mn 27s devant la Néerlandaise Renske Dickout (6h 00mn 13s) et Camille Ancey (6h 12mn 48s).
Millet XTrail Courchevel : Clémentine Geoffray et Yoann Sert s’imposent sur le 33 km
Championne du Monde et d’Europe en titre de trail, lauréate du Björka X3 Courchevel 2024, Clémentine Geoffray, également 3ème au scratch, signe en 3h 43mn 01s le nouveau record du 33 km chez les filles. « On a eu droit à un superbe lever de soleil en arrivant au sommet de la Dent du Villard. C’était magnifique. Avant de partir, j’avais pris la décision de réaliser le 33km. En arrivant à la bifurcation du 22km, j’ai hésité car j’avais des douleurs dans la jambe gauche. Mais on se prend vite au jeu et j’ai continué sur mon objectif initial car je prépare l’OCC 2024. Ce parcours est parfait pour cela. » Elle s’impose devant Elea Kopf (4h 09mn 44s) et Kaline Osaki (4h 21mn 14s).
Après avoir terminé second cette année sur les 2 triathlons hors normes Dynastar X3 Courchevel et Björka X3 Courchevel, Yoann Sert a réalisé un superbe retour gagnant en s’imposant sur le 33 km en 3h 30mn 20s. Il triomphe au finish devant le nouveau président de la section triathlon et raid du club Courchevel Sports Outdoor Fleury Roux (3h 31mn 51s), vainqueur ce printemps de la Great Himal Race après avoir parcouru 1600 km avec un dénivelé positif de 90 000m ponctué de 17 cols népalais à plus de 5000m d’altitude. Martin Guyon complète le podium en 3h 55mn 03s.
Clémentine Geoffray, gagnante du 33km. Photo Organisation
Millet XTrail Courchevel : le 22 km pour Adrien Berthod et Julie Caramel
« J’étais parti à la base pour le 33 km mais, dans la première montée, je me suis accroché au 2 premiers, Yoann Sert et Jean-Baptiste Curtet. Ils étaient en essence, ils discutaient ensemble alors que j’étais à fond. Je me suis dit que je n’arriverai pas à tenir le rythme. Du coup, quand j’ai vu la bifurcation au 22 km, je suis parti dans cette direction », a déclaré Adrien Berthod. Une bonne décision car il franchit la ligne d’arrivée du 22 km en vainqueur en 2h 19mn 23s. L’Espagnol Mario Werther Asuncion Mathias arrive second 10 minutes plus tard, devant Lauris Command (2h 41mn 34s).
Chez les femmes, Julie Caramel s’impose en 3h 18mn 57s après une belle empoignade avec Sarah Crozet, seconde en 3h 25mn 19s. La Suissesse Céline Guntern termine 3ème en 3h 32mn 02s. « Le parcours était très sympa avec beaucoup de singles. Arrivée sur les crêtes, la vue était splendide au-dessus de la mer de nuages. La descente du col de la Chal sur le sentier des 1000 marches était très technique », a déclaré la lauréate, qui avait signé en 2023 une 20ème sur la Mascareignes à la Réunion.
Millet XTrail Courchevel : Baptiste Massot et Fannie Sapet dominent le 11 km
Partir à la frontale à 5h30 du matin dans des conditions identiques à celles d’un ultra-trail pour réaliser un 11 km restera gravé dans les mémoires des 143 finishers. Une magnifique expérience pour tous les participants de la plus petite distance du Millet XTrail Courchevel. Le triathlète Baptiste Massot a dominé ce parcours en 56mn 30s devant William Dumenil (58mn 35s) et Robin Eyraud (59mn 03s).
Chez les filles, seconde en catégorie espoir sur les championnats de France de Trail court, Fanny Sapet du team Scott remporte la victoire après 1h 08mn 22s de course. « Suite au championnat de France, j’ai eu une fracture de fatigue. Aujourd’hui, c’est vraiment une victoire pour moi d’avoir pu terminer sans douleur et de me faire plaisir. » Le podium est complété par Emma Pages (1h 25mn 14s) et Elisa Blanc (1h 29mn 40s).
Millet XTrail Courchevel : le succès du concept « Find your limit » !
Après 3 ans d’existence, le concept inédit Find Your Limit a réussi à séduire en permettant de pouvoir se préparer en douceur à l’ultra-trail et à propulser la notoriété du Millet XTrail Courchevel. Gros avantage de ce concept, le coureur peut partir avec un objectif en tête, et ensuite l’ajuster en fonction de son état de forme. Et, surtout, revenir l’année suivante pour tenter d’aller plus loin, et découvrir ainsi de nouveaux paysages. La fréquentation du trail confirme ce succès : avec 700 participants en 2022, près de 1000 en 2023 et 1500 cette année, le pari est gagné pour le Millet XTrail Courchevel, qui a su trouver sa place parmi celles du calendrier des trails les plus prestigieux et convoités.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2024/08/Crete-du-Mont-Charvet-2_Millet-X-Trail-Courchevel.jpg8001200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2024-08-12 05:00:002024-08-11 10:56:40Millet XTrail Courchevel : gros succès populaire, nouveau record pour Blandine L’Hirondel