Du 8 au 9 juillet se déroule en Corse l’une des courses les plus techniques du calendrier de l’UTMB World Tour : le Restonica Trail. Bien connue pour le GR20 qui la traverse, l’île accueillera certains des meilleurs sportifs du monde pour un week-end explosif. À suivre en particulier le duel très attendu entre le champion du monde de trail long Benjamin Roubiol et le recordman du GR20 Lambert Santelli sur l’Ultra-Trail di Corsica. Tour d’horizon des favoris des différentes courses.

Restonica Trail : duel de champions sur l’ultra

C’est sur l’Ultra-Trail di Corsica, la plus longue des distances, que se déroulera le plus excitant des combats. En effet, cet exigeant 108km et 7200m D+ verra s’affronter deux pointures de la discipline, le tout nouveau champion du monde de trail long, Benjamin Roubiol (indice UTMB 890) et l’actuel recordman du GR20, le Corse Lambert Santelli (indice UTMB 845), record qu’il détient depuis juin 2021. Pour mémoire, Lambert Santelli a déjà remporté cette course dont il connaît parfaitement le moindre caillou en 2017 et 2019. Et il est en grande forme, puisqu’il s’est imposé de belle manière sur le Madeira Island Ultra-Trail format 115km (et 7090m D+) mi-avril, en devançant Benoît Girondel.

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Lambert Santelli lors de sa victoire sur le MIUT en avril 2022. Photo Organisation

Restonica Trail 2023 : les favoris des autres courses

Chez les hommes, 2 athlètes présents sur la ligne de départ ont des indices UTMB supérieurs à 900, et quelques-uns sont juste en dessous. Sur le Tavignanu Trail (33km et 2250m D+), le mieux classé est le champion de France 2023 et 4e des Mondiaux de Trail Court à Innsbruck Thibaut Baronian (indice 909). Il est suivi de près par Loïc Robert (indice 904) et Arnaud Bonin (indice 895). Si ces 3 hommes sont les favoris logiques, en Corse, le terrain est si particulier qu’ils pourraient être surpris par les locaux. À commencer par Noël Giordano (indice 849), deuxième l’an dernier de l’Ultra-Trail di Corsica, vainqueur du format 67km en 2021 et 4ème de ce format court en 2019.

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Thibaut Baronian à l’arrivée de la CCC 2022. Photo UTMB

Enfin, sur le Restonica Trail (67km et 3880m D+), la course semble très ouverte. Néanmoins, deux noms ressortent. Le premier est le Britannique Ronnie Sparke (indice 860), deux fois 2ème en 2022 sur l’Ultra-Trail Australia et l’Ultra-Trail Kosciuszko. Le second est le Français Élie Besson-Pithon (indice 855) qui a abandonné l’année dernière et revient pour se venger, après avoir terminé 13ème du 23km du Marathon du Mont-Blanc il y a quelques jours.

Restonica Trail 2023 : les favoris chez les femmes

Chez les femmes, on suivra tout particulièrement la prestation de l’Allemande Eva Maria Sperger (indice 698) sur l’Ultra-Trail di Corsica. Après avoir réalisé un Top 10 à l’UTMB Mont-Blanc l’an dernier et terminé 20ème féminine aux championnats du monde de trail long 2023, elle est clairement la favorite de l’épreuve.

Il y aura un peu plus de densité sur le Restonica Trail, avec quelques athlètes très proches en terme d’indice UTMB. À commencer par Sissi Cussot (indice 669), Bérénice Gautier (indice 667) et l’Italienne Natalia Mastrota (663), qui a bien débuté la saison 2023 avec une deuxième place à l’Istria 100 by UTMB. Ces 3 femmes partent avec l’étiquette de favorites.

Enfin, comme chez les hommes, c’est le Tavignanu Trail qui réunit les athlètes les mieux cotées. Premières d’entre elles, l’Espagnole Sara Alonso (indice 779) et la Tricolore Louise Penhoat (indice 745), qui a déjà remporté le petit format du Giru di Tumbone (17,3km et 650m D+) en 2021.

Les courses sont à suivre en direct ICI

Eva Maria Sperger Photo Sportograf
Eva Maria Sperger. Photo Sportograf
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Beñat Marmissolle est un homme entier, un homme de cœur, de principe, attaché à des valeurs simples mais primordiales : sa famille, sa montagne, son Pays Basque. Lancé dans le grand bain de l’ultra en 2021 seulement, le grand public l’a découvert à l’occasion de la Diagonale des Fous 2021 où il prendra une troisième place inattendue. Une grande première réussie qui annonçait beaucoup d’autres succès. Son année 2022 a tout simplement été époustouflante : 6ème de l’UTMB, vainqueur de la 6000D et de l’Ultra-Trail di Corsica, sa saison sera surtout marquée par sa victoire haut la main sur la Diag’, un an tout juste après son premier 100 miles. Le 14 juillet, il mettra la première pierre à l’édifice de son monstrueux triptyque : Hardrock 100, UTMB et Diagonale des Fous. Un enchaînement jamais réalisé. Simon Chrétien l’a rencontré.

Hardrock 100, UTMB et Diagonale des Fous : personne n’a jamais réalisé un tel triptyque. Comment l’abordes-tu ?

Beñat Marmissolle : J’aborde ces trois géants avec beaucoup d’humilité et de modestie. C’est quelque chose d’extrêmement difficile, que personne n’a encore fait. Mais c’est aussi une aventure humaine que je vais vivre avec mes proches. J’y vais sans avoir quoique ce soit à prouver. C’est un vrai challenge perso. Mes proches sont un peu inquiets de cet enchaînement mais moi je le vis comme une chance. On n’a qu’une vie ! J’y vais le couteau entre les dents et très excité à l’idée d’entrer dans l’arène. Je le fais pour moi, avec le plaisir avant tout.

Lire aussi l’article Beñat Marmissolle : une saison 2023 pleine d’ambitions

Ton nom et ton visage sont désormais bien connus du grand public car tu as fait une entrée remarquée dans le monde de l’ultra-trail en 2021. Mais depuis quand tu cours ?

BM : C’est venu très tard pour moi. Je ne m’y suis mis qu’en 2008, j’avais 28 ans. Jusqu’alors je pratiquais plutôt des sports collectifs avec les copains, football et handball notamment. Et puis forcément, habitant au pied des montagnes, en communion avec la nature, je me suis mis à faire des randonnées qui comportaient des ascensions de sommets un peu techniques. La transition s’est donc faite assez naturellement. Tu commences à marcher en montagne, puis tu y mets un peu plus de dynamisme et tu finis par courir sur des sentiers aériens, des chemins retirés.

Philippe, mon grand frère, qui a toujours été un exemple pour moi, court depuis ses 17 ans pour entretenir sa forme. Ça m’avait mis l’eau à la bouche ! Et puis le 1er janvier 2008, ça m’a pris d’un coup, je venais d’acheter ma première paire de baskets et c’est là que je m’y suis mis vraiment. Un peu comme beaucoup, j’avais besoin d’une date symbolique pour me lancer. J’ai été attiré par la course en montagne, et une fois que j’ai croqué dedans, je ne pouvais plus m’arrêter !

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À l’arrivée de l’UTMB 2022, où il finit 6e. Photo Vincent Lyky

Jusqu’à épingler un premier dossard peu de temps après…

BM : Oui, au départ je n’y pensais pas du tout et puis un copain m’a entraîné là-dedans. Je me souviens très bien de ma première course, c’était la Lo Petit Aussales, près de chez moi, en mai 2008. Il s’agissait d’une course de 20,8km. J’avais terminé l’épreuve et je m’étais plutôt bien classé mais j’avais tellement souffert que je m’étais dit : plus jamais ça ! Sur le moment ça a été dur, car je me suis retrouvé en face de mecs qui étaient prêts, eux, et qui avaient de l’expérience, alors que ce n’était pas mon cas. Ça m’a refroidi un peu. Et puis les connaissances, les amis t’incitent à poursuivre, donc j’ai continué.

Tu es alors devenu un spécialiste du skyrunning, ces courses de montagne techniques sur des formats courts.

BM : Oui, il faut dire que, comme beaucoup, j’ai pratiqué en fonction de ce qui se faisait près de chez moi. Le trail à l’époque n’avait pas encore explosé et ne faisait pas encore rêver comme c’est le cas aujourd’hui. Les courses phares par chez moi, c’était des épreuves courtes de 12/13km, avec une ou deux montées et une grande descente.

C’est seulement en 2021 que tu découvres l’ultra-trail ? Que s’est-il passé ?

BM : La transition a été très simple pour moi. En 2020, avec le Covid, il n’y avait plus de courses. J’ai donc décidé d’arrêter de courir. Je voulais passer à autre chose. Tout stopper pour me lancer dans des projets plus personnels. Pendant six mois je n’ai pas couru, j’avais tout mis entre parenthèses. Mais au bout d’un moment, quand ça fait dix ans que tu cours, la pratique te manque. À côté de ça, je sortais d’une saison 2019 qui pour moi, avait été exceptionnelle. Je venais de me classer 6ème sur le classement général de la coupe du monde de skyrunning en remportant une manche en Bulgarie. Pour moi c’était le Graal. J’avais donc fait le tour sur le format.

Il me restait à explorer l’ultra-trail. Mes coachs m’avaient toujours conseillé d’y passer en me disant que j’étais fait pour le long. Mais je n’avais jamais voulu écouter car j’étais fan de ces courses très engagées, très aériennes où l’on se dit que ce n’est pas possible d’envoyer des bonhommes dans des endroits pareils. C’était dangereux mais qu’est-ce que c’était bon ! Mais c’est vrai que c’était court, et malgré l’intensité de l’effort, je sentais que j’en avais encore sous la semelle.

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Beñat Marmissolle au départ du Black Mountain Trail, début 2022. Facebook Beñat Marmissolle / DR

Tu t’engages donc sur tes premiers ultras en juillet 2021, sans aucune expérience sur du format long.

BM : En effet, je n’avais jamais couru plus de 68 km jusqu’alors. J’accroche un dossard sur le Gran Trail Aneto-Posets, un 110km en Espagne, dans un cadre exceptionnel où je passe mes premières nuits dehors, au clair de lune. J’étais étonné de voir les mecs partir aussi fort dès le début, je me disais que ce n’était pas possible, que ça allait péter. Mais non. Et puis je remporte la course en faisant un très gros chrono.

Là, tous les voyants se sont allumés chez mon coach. Il m’a dit : c’est terminé pour toi le skyrunning ! Derrière, j’enchaîne sur la Canfranc-Canfranc, moins de deux mois après cette première expérience. C’est sans doute la course la plus dure dans les Pyrénées (100km et 8800m D+). Je suis parti la boule au ventre et une nouvelle fois, tout se passe bien et je la remporte.

Et on te voit finalement en fin d’année sur le Grand Raid de la Réunion ! Pourquoi être allé là-bas ?

BM : Ce n’était pas prévu au départ. Je devais faire une course calée un peu plus tôt en octobre. Et d’un coup ça m’a pris. Je ne sais pas comment expliquer, j’ai eu envie d’y aller. C’est la course qui fait rêver tous les traileurs ! Mon coach ne voulait pas trop, il pensait que le format était trop long, surtout que je venais d’enchaîner. Mais c’était décidé, et j’ai réussi à obtenir un dossard.

2022 est une année exceptionnelle, avec notamment une 6ème place sur l’UTMB et la victoire sur la Diag ! Une consécration pour toi ?

BM : Non, je ne le vois pas comme ça. 2022, pour moi, c’est la continuité. J’en suis très content et j’ai vécu des émotions exceptionnelles. Gagner une Diagonale des Fous, surtout l’année des 30 ans de la course, avec un tel plateau, et faire partie des meilleurs à l’UTMB, c’est émotionnellement très fort.

Lire aussi l’article Beñat Marmissolle et Blandine L’Hirondel élus meilleurs performeurs de l’année 2022

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Beñat Marmissolle lors de sa victoire sur la Diagonale des Fous 2022. Photo Organisation / DR

Il y a eu ces images très fortes avec Jean-Philippe Tschumi sur la Diag, où on te voit t’arrêter pour l’aider à poursuivre sa course malgré son épuisement. Peux-tu nous raconter ?

BM : Tout le monde est conscient que si j’avais voulu faire péter la barrière des 23 heures, je l’avais dans les jambes. Mais quel est l’intérêt ? J’ai partagé des heures et des kilomètres avec Jean-Philippe. Il s’est passé quelque chose sur les sentiers, un respect mutuel est né. On sait ce que l’on s’est dit. Et on se devait une chose, surtout de mon côté, c’était que l’on aille au bout et qu’on termine au moins aux deux premières places. Ça aurait un hold-up qu’on se fasse rattraper.

Et quand lui s’est retrouvé très mal, j’ai tout fait, et seul lui le sait, pour lui permettre de finir à la deuxième place. Si je n’avais pas été là, il n’aurait peut-être pas vu l’arrivée. Qui sait ! Il le méritait. C’est ça la plus belle victoire, pas de passer sous les 23 heures. Après, on a gardé notre âme de compétiteur et je tenais à ce que le meilleur d’entre nous l’emporte. Finir main dans la main, je ne suis pas contre, seulement si les deux n’arrivent pas à se départager au bout du bout. Mais pas si l’un est au-dessus de l’autre.

Ça a changé beaucoup de choses pour toi cette année 2022 et ce sacre à la Réunion ?

BM : Bien sûr, j’ai changé de dimensions dans les yeux des gens. Médiatiquement, je suis très sollicité. Mais de mon côté, je reste le même.

Lire l’article Diagonale des Fous 2022 : Beñat Marmissolle couronné

Tu restes toujours cet agriculteur basque, attaché à son territoire et à sa famille 

BM : Je suis né et j’ai grandi dans la province de la Haute Soule. Toute ma vie est ici, j’y ai mes repères et mon équilibre. J’ai mon fils, Nathan, qui a 14 ans, et qui est central dans ma vie. Je peux partir à droite à gauche pour des courses mais j’ai besoin de revenir ici, je n’aurais pas pu quitter cet endroit. Je suis très proche de ma famille, de notre jolie ferme placée au milieu des bois, au pied des montagnes. J’aime la compétition, les belles courses, mais on s’aperçoit très vite qu’il y a d’autres priorités dans la vie. J’ai eu la chance d’être guidé par mes parents, je leur dois tout et je me dois d’être à leur chevet et d’être présent auprès de ma famille dans les bons moments comme dans les moins bons.

Et tu demeures très attaché à la nature qui t’entoure…

BM : Bien sûr, mes parents étant agriculteurs, tout petit, on emmenait les animaux l’été dans la montagne. J’ai baigné dans cet univers, j’ai été imprégné de ces odeurs, de ces sons. La nature m’a toujours fait rêver, je regarde ça d’en bas, je suis tout intimidé par ces gros blocs de cailloux, ces roches. Je les regarde avec admiration. La nature, c’est elle la patronne. Encore aujourd’hui je m’entraîne seul et j’ai besoin de ça.

C’est impensable pour moi de courir avec des écouteurs dans les oreilles. J’ai besoin d’entendre le bruit des ruisseaux, du vent, des oiseaux, de mon cœur qui bat dans ma poitrine, de ces cailloux qui cognent mes chaussures. Et demain, si j’arrête de courir, je serai toujours en fusion avec la nature. Courir, n’est qu’un passage dans ma vie. Si on m’avait dit à 14 ans que je ferais tout ce que j’ai fait aujourd’hui, j’aurais dit n’importe quoi ou rien à faire !

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Un regard vers le ciel, pour rejoindre ceux à qui il pense. Photo Organisation / DR

Justement, ne regrettes-tu pas de ne pas t’être mis plus tôt à la course à pied ?

BM : Aujourd’hui quand je vois ce que je fais, ce dont je suis capable, bon effectivement, je vois que des choses ont été gâchées. Il y avait un potentiel physique et psychologique qui ne sera pas jamais exploré au max. Moi je m’en fous, mais ce sont mes coachs qui me disent que j’ai des capacités incroyables. Cela veut dire que j’avais de la graine de ces immenses champions.

Après, cela ne fait jamais avancer de vivre avec des regrets. On a chacun son destin, la vie est comme ça. Je suis toujours resté proche des mes racines, ma vie était prédestinée à être comme ça. Et puis quand je vois tous les sacrifices que ce sport implique, je ne suis pas sûr que tous ces jeunes qui arrivent très forts ont vécu tout ce que j’ai vécu plus jeune : les gonzesses, la bringue… J’ai vécu, moi je te le dis ! Et puis seront-ils aussi performants que des Ludovic Pommeret ou Antoine Guillon à 40/50 ans ?

Tu n’es pas professionnel et tu es à la recherche de partenariats. Quand tu vois l’évolution du sport, c’est une crainte ?

BM : Ce n’est peut-être pas le mot exact. Je me dis que j’aurais eu la chance de pouvoir partager tout ce que j’ai vécu avec des gens amateurs, qui sont très heureux de pouvoir échanger avec les meilleurs. J’ai démarré en pur amateur, dans l’anonymat et je rêvais de courir aux côtés des athlètes élites. Mais ça c’est voué à disparaître. Le jour où ça arrivera, je dirai ciao, bye bye, terminé !

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en lisant Le Trail devenu légende – Dans les coulisses de l’UTMB de Doug Mayer. Et certainement plus de 7 d’ailleurs, tant le livre de cet auteur américain, journaliste, coureur (il a fait 2 fois l’UTMB) et fondateur de l’association Run the Alps vivant à Chamonix est bourré d’informations et d’anecdotes. Une belle façon de tout savoir sur cette course et ses coulisses les plus insoupçonnées juste avant les 20 ans de l’UTMB, qui se déroulera du 28 août au 3 septembre prochain à Chamonix. Passionnant.

Dans les coulisses de l’UTMB

Pour réaliser cet ouvrage, Doug Mayer a eu accès aux archives de l’UTMB et a interviewé plus de 100 personnes, que ce soit des organisateurs de la course (dont Michel et Catherine Poletti bien entendu) ou des gagnants, élites, anonymes, experts, chercheurs, etc… Le résultat ? Un livre riche de 200 photos, cartes et infographies qui donnent une perspective ultra-complète sur la plus célèbre de toutes les courses de trail, sans éviter les polémiques comme celle liée à la récente transformation du mode d’obtention des dossards.

Doug Mayer
Doug Mayer. Photo DR

1 – Sur combien de dossards misaient les Poletti pour la première édition ?

Lorsqu’ils décident de se lancer dans l’aventure du Tour du Mont-Blanc, en 2002, les Poletti mettent en place un site Internet et croisent les doigts pour atteindre les 300 participants pour leur première édition, programmée le 30 août 2003. Ce qui représentait déjà un sacré contingent pour une course de 150 kilomètres ! Le premier inscrit fut reçu par courrier en décembre 2002, à l’époque où l’on envoyait encore des bulletins et chèques par la poste. Assez rapidement, le bouche-à-oreille fit son œuvre et les Poletti se mirent à rêver d’atteindre la barre des 500 participants. Au final, ce sont précisément 722 personnes qui s’étaient inscrites pour la première édition de l’UTMB. La météo catastrophique n’empêcha pas l’épreuve de se tenir, mais l’hécatombe fut terrible puisqu’il n’y eut que 67 finishers, soit plus de 90% d’abandons !

2 – Qu’est-ce que le taux de rafraîchissement adiabatique

Le taux de rafraîchissement adiabatique correspond au refroidissement naturel de la température lié à l’élévation en altitude. En montagne, il est de 9,8° C tous les 1000 mètres, soit pratiquement 1° de perdu tous les 100 mètres. C’est un des moteurs de la météo en montagne, car lorsque l’air se refroidit en prenant de l’altitude, il entraîne la formation de nuages. Ainsi, prendre le départ de l’UTMB avec une température de 10° à Chamonix, situé à 1003 mètres d’altitude, signifie rencontrer des températures de 0° à 2000m, voire de -5 au col des Pyramides Calcaires, point culminant de la course, à 2 565 m d’altitude.

3 – Quelle est la montée la plus dure de l’UTMB ?

La montée de la Croix du Bonhomme est considérée comme la montée la plus dure du parcours. C’est, en tout cas, celle qui présente le dénivelé le plus important en une seule fois : 1329 mètres, avec un point culminant à 2479m d’altitude. Cette montée commence dès la sortie de Saint-Gervais, mais grimpe sérieusement à partir du kilomètre 35, au passage appelé Notre-Dame de la Gorge. C’est là que les coureurs découvrent une ambiance survoltée, avec grand feu de joie et supporters hystériques, avant de s’enfoncer seuls dans la nuit.

Le Col de la Seigne et son voisin, le Col des Pyramides Calcaires, viennent en 2e position au niveau de la difficulté, avec 958m de dénivelé. Le Grand Col ferret est souvent considéré comme un épouvantail, car il arrive après près de 100km de course, mais il ne représente « que » 754m de dénivelé. En revanche, la montée faisant seulement 4,5km, elle est plutôt raide, ce qui la rend si redoutable.

La Tête aux Vents, avec 863m de D+, est la dernière grosse punition du parcours, infligée après 153km de course et déjà plus de 9000m de dénivelé avalés. La franchir, c’est assurément devenir finisher…

4 – Quel est le temps mis par Dawa Sherpa, premier vainqueur de l’UTMB ?

Dawa Sherpa a mis 20h 05mn 59s pour remporter la première édition. Soit à peine plus de 20 heures, un exploit. Mais le parcours de l’époque était plus court et avec moins de dénivelé que celui de l’édition 2022 où Kilian Jornet et Mathieu Blanchard ont été les premiers à descendre sous la barre des 20 heures ! En 2003, le parcours était de 150 km et 8100m de D+. Et la course ne s’appelait pas encore UTMB (ce sera pour la 2e édition), mais Ultra-Trail International du Tour du Mont-Blanc. Dawa Sherpa a couru de nouveau cette épreuve à 4 reprises, en 2004 (2e), 2007 (5e), 2008 (2e) et 2010 (11e).

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La couverture de l’ouvrage de Doug Mayer.

5 – Quel est le meilleur résultat obtenu par un Américain sur l’UTMB ?

Si de nombreuses Américaines se sont imposées sur l’UTMB (6 au total, entre Krissy Moehl en 2003 et Katie Schide en 2022), aucun homme n’est parvenu à franchir l’arche d’arrivée en première position. Et tout le monde sait que Jim Walmsley en rêve, et tentera de nouveau de relever le défi en 2023. Le meilleur résultat a donc été obtenu lors de la première édition, lorsque Topher Taylor et Brandon Sybrowsky ont franchi ensemble la ligne.

6Quelle était la taille de la couverture de survie de Kilian Jornet lorsqu’il a remporté l’UTMB en 2008 ?

C’est une des histoires les plus connues et méconnues à la fois de l’UTMB. En 2008, un jeune Catalan tout frêle prend le départ de l’UTMB avec une simple banane autour de la taille, au lieu des traditionnels sacs de trail des autres concurrents. Alors qu’il file sur les sentiers, des réclamations pleuvent auprès de l’organisation, pour dénoncer une entorse au règlement et l’absence de matériel obligatoire. Kilian Jornet sera d’ailleurs contrôlé 8 fois sur le parcours, et une pénalité de 15 minutes lui sera même infligée pour entorse au règlement.

Pourtant, le Catalan était bien dans les clous. Comme le confirmera Catherine Poletti d’ailleurs, non seulement Kilian Jornet n’ignorait pas le règlement, mais il le connaissait même très bien et avait su l’interpréter à son avantage. Ainsi, il avait découpé les fermetures éclair de sa veste pour l’alléger au maximum et sa couverture de survie faisait… 10cm2. Ce n’est que l’année suivante, pour éviter que le cas ne se reproduise, que le règlement devint plus précis sur le matériel obligatoire, entre autres sur la taille de la fameuse couverture de survie, au moins 1m40 par 2m !

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Kilian Jornet lors de son arrivée à Chamonix en 2022, photo qui illustre la préface du livre de Doug Mayer.

7 – Qui a dit que pour bien commencer l’UTMB, il faut ralentir ?

Parmi la multitude de coureurs apportant leur témoignage dans cet ouvrage, on retiendra celui de David Lanney, qui fait partie du petit groupe d’Américains ayant réussi à se hisser dans le top 5 de l’UTMB. Il a fini 3e en 2015 et 4e en 2016. Passionné par le parcours de cet ultra, qu’il connaît par cœur, il a fini par comprendre exactement comment aborder au mieux cette longue boucle. Son premier conseil est assez singulier : « Pour commencer, il faut ralentir. » En référence à la vitesse folle à laquelle les principaux favoris et outsiders parcourent les 15 premiers kilomètres de la course, à un rythme de course sur route, pas loin de 16-17km/h…

Découvrez la vidéo de présentation de Doug Mayer

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Lorsqu’elle a pris le départ de la Western States Endurance Run samedi 24 juin à 5 heures du matin à Olympic Valley, en Californie, Courtney Dauwalter était déjà considérée par la plupart des spécialistes comme la plus grande coureuse d’ultra-trail de l’histoire. 15h 29mn et 33s plus tard, l’Américaine a confirmé son statut, pulvérisant le record féminin de l’épreuve de plus d’une heure – 78 minutes pour être précis. Immense.

Western States Endurance Run, le mythe

La Western States Endurance Run est la plus ancienne course de trail running de 100 miles (160,9 km) au monde. Son itinéraire part d’Olympic Valley, en Californie, près du site des Jeux olympiques d’hiver de 1960, et se termine très exactement 100,2 miles (161,2 km) plus loin, à Auburn, en Californie. Il traverse les territoires de Niesmann, Washoe et d’autres peuples autochtones voisins. Il cumule plus de 5480 mètres de dénivelé positif et 7 010 mètres de dénivelé négatif. Un profil globalement descendant qui en fait un ultra plutôt « rapide », comparé à des ultras en boucle du type UTMB.

Depuis 1974, date de la première édition de la Western States, cette course est devenue l’un des événements d’endurance les plus marquants au niveau international. Dans la catégorie féminine, le record était détenu depuis 2012 par la Britannique Ellie Greenwood en 16h 47mn 19s. Pour sa première participation, en 2018, Courtney Dauwalter s’était imposée en « seulement » 17h 27mn, finissant 12e au scratch. Elle avait été contrainte à l’abandon en 2019.

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Profil Western States

Courtney Dauwalter et Kilian Jornet, même combat

En remportant la 50ème édition de la Western States Endurance Run et en pulvérisant le record féminin de l’épreuve de plus d’une heure, Courntey Dauwalter a confirmé qu’elle était la meilleure traileuse du monde. Son temps de 2023, certes réalisé dans des conditions climatiques favorables, sans canicule, lui aurait permis d’obtenir la 2ème place au classement général de l’édition 2022. Il est par ailleurs plus rapide que 2 des 7 derniers temps gagnants chez les hommes.

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Photo Alexis Berg

Quand Kilian Jornet déclarait, il y a 2 ans, que selon lui Courtney Dauwalter serait la première femme à s’imposer sur un ultra majeur, devant les hommes, il ne se trompait sans doute pas. Le switch semble désormais très proche. L’Américaine du team Salomon est d’ailleurs la seule athlète avec le Catalan à s’être imposée sur les 4 courses majeures du monde, UTMB, Diagonale des Fous, Western States et Hardrock 100. De plus, elle détient désormais les records des parcours féminins sur trois d’entre elles, la Western States, l’UTMB et la Hardrock 100. Un monument.

Courtney Dauwalter Alexis Berg
Photo Alexis Berg

Courtney Dauwalter, l’exploit dans l’exploit

Non seulement sa performance sur cette Western States est énorme, record féminin atomisé et 6ème place au scratch, mais Courtney Dauwalter a également réussi l’exploit de réaliser le meilleur temps de toute l’histoire de la Western States Endurance Run sur le segment de 30 kilomètres entre Forest Hill, situé au 100e kilomètre, et la montée vers le lac d’Aubrun, au 130e kilomètre. Un chrono jamais égalé, hommes et femmes confondus ! Et le tout sans pacer pour l’accompagner, alors qu’ils étaient autorisés à entrer en piste à partir du 100e kilomètre. Comme l’a fait Thibaut Baronian avec Mathieu Blanchard.

Il faut avoir vu la vidéo réalisée par Thibaut Baronian et postée sur les réseaux sociaux du moment où Courtney Dauwalter les rattrape, au kilomètre 115, pour comprendre le phénomène. Alors que Mathieu Blanchard semble scotché sur la large piste de terre, peinant à suivre Thibaut Baronian, Courtney déboule en petite foulée et dépose littéralement le 2ème de l’UTMB 2022, lui proposant même de s’accrocher à son sillage pour aller jusqu’au lac d’Auburn avec elle, 20 kilomètres plus loin. Fair play, lucide et admiratif, Blanchard esquive d’une boutade, mais cette image restera sans doute longtemps gravée dans sa mémoire.

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Kilomètre 115, Courtney Dauwalter rattrape Mathieu Blanchard qui, plein d’admiration, lui fait le check de rigueur avant de la laisser passer. Instagram Thibaut Baronian
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Elle est passée, il ne la reverra qu’à l’arrivée. Instagram Thibaut Baronian
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Courtney Dauwalter en mode warrior, pliée en 2, poussant sur les cuisses, sa technique fétiche pour monter. Instagram Thibaut Baronian

Bis repetita sur la Hardrock 100 ?

« La journée a été tellement amusante », a déclaré Dauwalter sur la ligne d’arrivée. « C’était cool d’être de retour ici et de franchir la ligne d’arrivée après avoir abandonné en 2019. Je suis très reconnaissante envers tous les bénévoles présents sur le parcours aujourd’hui et toutes les personnes qui ont préparé les pistes. C’était magnifique mais aussi très difficile, alors je suis heureuse d’être ici sur la course avec vous tous. »

Quelques mots simples qui cachent difficilement son bonheur d’avoir performé à un tel niveau alors que tous les regards étaient braqués sur elle. Une résistance à la pression hors norme. Il lui faudra d’ailleurs bien cela pour relever la seconde manche de son défi 2023 : l’enchaînement avec la Hardrock 100 dans le Colorado le 14 juillet prochain, pour tenter de remporter les deux courses américaines mythiques qui se déroulent à seulement trois semaines d’intervalle. Au vu de sa course, comment imaginer qu’elle puisse échouer…

Courtney Dauwalter Photo Alexis Berg 4
Photo Alexis Berg
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Dimanche 16 juin, Rémi Bonnet a remporté la course de montagne Neirivue-Moléson. Jusque-là, rien d’étonnant, le Suisse étant le tenant du titre et l’un des meilleurs grimpeurs du monde. Mais au-delà de la victoire, il a surtout atomisé le record de l’épreuve et réalisé la plus grande performance de l’histoire du trail en terme de cote ITRA. Explications.

Cote ITRA : comment ça marche ?

Pour chaque épreuve de trail, l’International Trail Running Association, ou ITRA, calcule une cote en fonction de la performance chronométrique réalisée sur un parcours donné. Le parcours est lui-même évalué en fonction de sa longueur, son dénivelé et sa technicité. C’est ensuite le chrono réalisé qui compte, pas le classement du coureur. La valeur maximale de l’indice ITRA d’une épreuve est de 1000 points, un nombre qui correspond à la performance maximale théorique sur le parcours en question. Par exemple, si le marathon avait une cote ITRA, l’indice de 1000 points serait attribué à un chrono de 2 heures. Autant dire que plus on se rapproche des 1000 points, plus la performance est exceptionnelle.

Coureurs et indice de performance ITRA

La cote, ou indice de performance ITRA de chaque coureur dans les différentes catégories est calculée en fonction des 5 meilleures cotes obtenues par l’athlète au cours des 36 derniers mois. Chez les hommes, une cote supérieure à 900 correspond au top du top. Chez les femmes, cette valeur est de 800. Fin juin 2023, c’est l’Espagnol Kilian Jornet qui domine toujours le classement ITRA masculin, avec 949 points. De son côté, l’Américaine Courtney Dauwalter domine le classement féminin avec 843 points.

Top 3 ITRA
Le Top 3 du classement ITRA des athlètes, dans lequel figure désormais Rémi Bonnet après sa perf du 18 juin. Source ITRA

Neirivue-Moléson 2023 : le chrono canon de Rémi Bonnet

Dimanche 18 juin, 563 coureurs se sont affrontés sur le redoutable parcours de 10,6 kilomètres pour 1 290 mètres de dénivelé positif de la 44ème édition de cette course historique. Vainqueur en 2022 et détenteur du record, le Suisse Rémi Bonnet a réalisé un chrono exceptionnel de 55mn 41s, battant son précédent temps de 1mn 26s. Un écart considérable à ce niveau ! Le Canadien Alexandre Ricard, 2ème, a terminé à plus de 4 minutes de Rémi Bonnet, en 59mn 55s (un indice de performance ITRA de 901). Et c’est un autre Canadien, Rémi Leroux, qui a terminé 3ème en 1h 1mn 9s (indice de performance ITRA de 883). Derrière eux, on retrouve dans le top 10 nos spécialistes tricolores Baptiste Ellmenreich, Julien Rancon, Anthony Felber ou encore Simon Gosselin.

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Rémi Bonnet lors de la course. Photo Lise Neukomm

Côté féminin, c’est également une grande spécialiste française de la montée, Christel Dewalle, qui s’est imposée en 1h 09mn 12s. Elle a totalement dominé la course pour devancer la Suissesse Simone Troxler de plus de 8 minutes (1h 17mn 42s) . Et c’est une autre Française, Julia Combe, qui a terminé 3ème, en 1h 21mn 29s.

TOP 10 MOLESON
Le Top 10, dans lequel Julien Rancon hérite par erreur de la nationalité suisse… Source Organisateur

La plus grande performance de l’histoire du trail selon l’ITRA

Avec son chrono exceptionnel, Rémi Bonnet a établi ce qui peut être considéré comme la plus grande performance de l’histoire du trail, avec une cote ITRA de… 970 ! Il devance désormais l’Américain Matt Carpenter, qui avait établi une cote de 968 lors de la Pikes Peak Ascent il y a 30 ans, en… 1993 ! Plus récemment, l’Américain Jim Walmsley avait réalisé une performance cotée 966 lorsqu’il avait établi son record sur la Western States Endurance Run, en 2019. Il avait alors parcouru les 160 kilomètres et 5360 mètres de dénivelé positif en 14h09.

Quant à Kilian Jornet, actuel leader du classement ITRA, il a obtenu sa meilleure cote lors de la course de Sierre-Zinal en 2019. Elle était de 964 pour son chrono de 2h 25mn 35s pour parcourir les 31km et 2190m D+. Une performance qu’il a été proche d’égaler lors de son record sur le marathon de Zegama-Aizkorri en 2022. Il a alors établi une perf cotée 961 grâce à son chrono de 3h 36mn 40s pour parcourir les 42km et 2560m D+.

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L’Américain Matt Carpenter, champion du monde de course en montagne longue distance en 2006. Photo DR

Une cote ITRA contestable

Bien sûr, les spécialistes diront que ces performances ne sont absolument pas comparables. Rien à voir en effet entre un effort court d’une heure, un effort de 3 heures et un effort de plus de 10 heures. Et ils auront raison de le souligner. L’ITRA a beau avoir mis des coefficients de lissage pour pouvoir avoir un indice le plus juste possible entre les différentes épreuves, les disciplines sont tellement différentes qu’une comparaison aussi large peut laisser circonspect. D’ailleurs, l’ITRA elle-même classe les épreuves dans 7 catégories, allant de XXS (0 à 24km) jusqu’à XXL (plus de 210km). C’est donc dans la catégorie XXS que la performance de 970 de Rémi Bonnet a le plus de sens. Même si elle se classe également en tête dans la catégorie générale, qui regroupe l’ensemble des résultats.

Rémi Bonnet flashé à 16km/h… en montée !

Pour réaliser une telle performance, le Suisse a couru à une allure moyenne de 5mn26 au kilomètre, malgré les 1290m de D+. Selon « Les Genoux dans le Gif », qui a analysé cette performance, Rémi Bonnet a parcouru le premier kilomètre avec 80 mètres de dénivelé positif en 3mn 48s, soit près de 16 km/h. Et il a même enchaîné le deuxième kilomètre à la même allure, avec 100 mètres de dénivelé positif ! Tout simplement bluffant.

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Il en a fait un de ses objectifs majeurs de la saison, et au vu de ses performances récentes, on peut tout attendre de lui. Mais Mathieu Blanchard, qui va découvrir la Western States Endurance Run, l’un des 2 ultras mythiques des États-Unis (avec la Hardrock 100), est-il armé pour l’emporter ? Quels seront ses principaux concurrents lors de cette 50ème édition ? Et chez les femmes, Courtney Dauwalter va-t-elle réussir la première manche de son incroyable pari ?

Western States Endurance Run, une course mythique

Avec ses 160km et 5000m D+, le parcours de la Western States Endurance Run suit la partie médiane du célèbre Western States Trail, un sentier de randonnée qui va de Salt Lake City, dans l’Utah, à Sacramento, en Californie. Elle est considérée comme l’une des épreuves de course à pied les plus dures des États-Unis, car elle est très rapide et se court souvent sous de très fortes chaleurs.

Après un départ donné à Olympic Valley, site des Jeux olympiques d’hiver de 1960, le tracé monte immédiatement du fond de la vallée jusqu’au col Emigrant, puis suit les sentiers originaux utilisés par les mineurs d’or et d’argent des années 1850. Il s’achève à Auburn, une petite ville au cœur du pays historique de l’or en Californie, où est jugée l’arrivée. La majeure partie du sentier traverse un territoire sauvage, isolé et accidenté, accessible uniquement à pied, à cheval ou… en hélicoptère !

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Un profil descendant mais avec des côtes redoutables, pour l’un des ultras les plus rapides et durs du monde.

Western States Endurance Run, une édition 2022 surprenante

En l’absence du maître de la course, Jim Walmsley, triple vainqueur de la Western 100, détenteur du record de l’épreuve mais occupé à arpenter les montagnes de Chamonix pour préparer son UTMB, de nombreux Américains rêvaient d’inscrire leur nom au palmarès du plus vieil ultra-trail des USA, dont c’était la 49ème édition. Mais c’est un jeune athlète du team Hoka Adam Peterman, 26 ans seulement, qui avait créé la surprise. Pour sa première participation, celui qui n’avait jamais couru un ultra s’était largement imposé devant son compatriote Hayden Hawks. Mais tout de même à plus d’une heure du record de Maître Jim (15h 13mn 47s contre 14h 09mn 28s pour Jim Walmsley en 2019).

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Jim Walmsley lors de sa 3e victoire consécutive, en 2021. Photo Hoka

Un autre Américain, Arlen Glick, s’était hissé sur la 3e marche du podium. Pour la petite histoiire, quelques mois plus tard, ce même Adam Peterman avait remporté les Mondiaux de Trail Long à Chiang Maï, en Thaïlande.

Western States Endurance Run 2022 : l’exploit de Ruth Croft

Côté féminin, 2 ans seulement après être passée du format court à l’ultra-long, la Néo-Zélandaise Ruth Croft, deuxième en 2021, s’était largement imposée, terminant 12ème au scratch et réalisant la 3e meilleure performance féminine sur la Western 100. Elle avait dominé de plus de 24 minutes la Canadienne Ailsa MacDonald. La première Américaine, Marianne Hogan, avait terminé 3e de l’épreuve, pour son premier 100 miles !

Côté français, 4 de nos athlètes élites étaient partis découvrir le grand Ouest américain. Ludovic Pommeret s’était distingué, ayant même mené durant près de 50km en début de course. Rattrapé après 60 km de course dans les parties plus roulantes, le Savoyard de 46 ans avait pris la 6ème place, juste devant Vincent Viet, 7ème. Quant à l’Alsacien Sébastien Spehler, qui avait accompagné Pommeret au début, il avait été contraint à l’abandon au 80ème kilomètre. Enfin, pour Camille Bruyas, la Western 100 avait surtout été l’occasion de partir à l’aventure, sa préparation n’ayant pas pu être celle espérée pour jouer devant. Elle avait terminé 10e féminine, à plus de 2 heures de Ruth Croft.

Western States Endurance Run : Mathieu Blanchard face aux USA

Installé depuis près de 2 mois dans le Colorado, Mathieu Blanchard a pris le temps de repérer minutieusement chaque portion du parcours. Pour mémoire, il a également effectué un stage de vitesse au Kenya et avalé le marathon de Paris en 2h 22mn 36s, afin d’être prêt à affronter efficacement les portions roulantes de la Western 100. Il a aussi expérimenté la chaleur extrême lors du Marathon des Sables, qu’il a terminé 1er non marocain, en 3ème position. Il s’est par ailleurs adjoint un pacer de luxe, en la personne de son coéquipier chez Salomon Running, le champion de France et 4ème des championnats du monde de trail court 2023 Thibaut Baronian. Autant dire que le Français a mis tous les atouts de son côté pour performer, et ne cache pas son objectif de podium.

Mais pour aller chercher la plus haute marche, il va falloir batailler fort. Et devancer l’impressionnante armada américaine, qui rêve comme toujours de s’imposer sur ses terres. Parmi les favoris, et en l’absence de Adam Peterman, blessé, on retrouve les 2ème et 3ème de l’an dernier, Hayden Hawks et Arlen Glick. Mais il faudra aussi compter sur Dakota Jones, vainqueur de la Transvulcania il y a moins de 2 mois. Il faudra également surveiller Tyler Green, 4ème en 2022 et 2ème en 2021, Drew Holmen, 5ème l’an dernier et Cole Watson, 16ème l’an dernier et vainqueur du 100 km de The Canyons Endurance Runs fin avril, vainqueur du 50 km de The Canyons Endurance Runs 2023.

Parmi les non Américains, on suivra particulièrement Ludovic Pommeret, de retour après sa 6e place l’an dernier, prêt à mettre le feu à la course. Et le Britannique Tom Evans, 3ème de l’UTMB 2023 derrière… Kilian Jornet et Mathieu Blanchard.

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Photo Instagram Mathieu Blanchard

Western States Endurance Run : Courtney Dauwalter en pole

Chez les femmes, tous les regards seront tournés vers l’Américaine Courtney Dauwalter, favorite de l’épreuve. Son objectif 2023 est clair : enchaîner (et gagner) les 2 plus grands ultra-trails des États-Unis, la Western 100 et la Hardrock 100, avec tout juste 3 semaines d’intervalle entre les 2 courses. Véritable star de l’ultra, Courtney est assurément armée pour réussir son pari. Elle est, rappelons-le, la seule athlète avec Kilian Jornet à avoir réussi à remporter les 4 ultras les plus prestigieux au monde, la Western States, la Hardrock 100, l’UTMB et la Diagonale des Fous.

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Courtney Dauwalter a déjà remporté 2 fois l’UTMB. Photo DR

Mais elle devra tout de même se méfier de la concurrence. À commencer par la Canadienne Marianne Hogan, 3ème l’année dernière, avant de finir 2ème de l’UTMB. Seront également au départ la Zimbabwéenne Emily Hawgood, 5ème en 2022, les Américaines Leah Yingling, 6ème, Taylor Nowlin, 7ème, Camille Herron, 8ème et Katie Asmuth, 9ème. Et comme si cela ne suffisait pas, Courtney devra aussi se méfier de Katie Schide, gagnante du dernier UTMB et assurément sérieuse rivale pour le podium. On regardera aussi la redoutable Keely Henninger, qui avait été contrainte à l’abandon l’an dernier mais s’est récemment imposée sur les 100 km la Black Canyon Ultras. Et pourquoi pas Devon Yanko, 3ème de la course en… 2016 ?

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Marianne Hogan et sa “collègue” Courtney Dauwalter lors d’un stage d’entraînement de leur équipementier Salomon. Photo Salomon
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Samedi 17 juin, l’Américaine Hillary Gerardi, athlète Black Diamond, a établi un nouveau temps de référence de l’ascension du mont Blanc, en mettant 7h 25mn pour faire l’aller-retour Chamonix-Chamonix en passant par le toit de l’Europe. Retour en vidéo sur son exploit.

Lire notre article sur l’exploit d’Hillary Gerardi ICI

Voir le film de Seb Montaz-Rosset


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Après le marathon de Zegama-Aizkorri, et la page des Championnats du monde de trail et course en montagne d’Innsbruck à peine tournée, la 2ème étape de la Golden Trail World Series 2023 arrive à grands pas. Au programme du 25 juin, le prestigieux Marathon du Mont-Blanc va de nouveau faire battre le cœur de la planète trail, avec près de 2500 coureurs sur la ligne de départ. Et les meilleurs mondiaux seront encore là pour viser le podium. Mais qui montera en haut de la boîte ?

Marathon du Mont-Blanc 2023 : les records de Jonathan Albon et Sara Alonso à battre

C’était la grande nouveauté de l’édition 2022 : le mythique 42 km du Mont-Blanc proposait un D+ de 2540m et une finish line au centre de Chamonix. Une bonne initiative pour pouvoir partager le spectacle avec le public. De fait, les anciens records de l’épreuve, détenus par le Norvégien champion du monde de trail court 2023 Stian Angermund (3h 18mn 8s) et la Suissesse Maude Mathys (3h 51m 4s), font désormais parie des archives et ne peuvent plus être pris en considération. Les nouveaux temps de référence ont donc été établis par les vainqueurs de l’édition 2022, Jonathan Albon et Sara Alonso, qui se sont imposés en respectivement 3h 35mn 20s et 4h 14mn 49s.

Départ Marathon du Mont-Blanc 2022 Photo Organisation
Départ du Marathon du Mont-Blanc 2022. Photo Organisation

Découvrez le parcours du 42km du Marathon du Mont-Blanc en vidéo

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Le profil de la course. Source Organisation

Marathon du Mont-Blanc 2023 : Manuel Merillas attendu

Après sa victoire sur le marathon de Zegama-Aizkorri 2023, où il a devancé le Marocain Elhousine Elazzaoui et le Britannique Jonathan Albon, l’Espagnol Manuel Merillas, 5ème en 2014 sur l’ancien parcours, se présentera sur la ligne de départ avec la casquette de leader de la GTWS et de favori. Mais la concurrence sera rude. À commencer par celle du tenant du titre, Jonathan Albon. 3ème à Zegama, le Britannique vient de terminer à la 5ème place des Championnats du monde de trail court, à Innsbruck. Capable du meilleur comme du pire, ses capacités en descente pourraient lui permettre de s’imposer, s’il a suffisamment récupéré et qu’il arrive à suivre les meilleurs en montée.

Parmi les « meilleurs » en question, on retrouvera le Suisse Rémi Bonnet, vainqueur de la GTWS 2022, et l’Italien Davide Magnini, 2ème à Chamonix l’an dernier, qui joueront également la gagne. Il faudra également compter sur les habituels performeurs de la GTWS, le Marocain Elhousine Elazzaoui, 4e du Marathon du Mont-Blanc en 2022, et le Kényan Robert Pkemoi. A surveiller également les performances du Suédois Petter Engdahl, de l’Espagnol Daniel Osanz, du Polonais Bart Przedwojewski, de l’Américain Eli Hemming ou encore de l’Italien Cristian Minoggio.

Côté français, le grand absent est le champion de France Thibaut Baronian, 5ème l’an dernier et 4ème des championnats du monde de trail court il y a quelques jours. Il sera le même jour de l’autre côté de l’Atlantique, servant de pacer à son ami et compère du Team Salomon Mathieu Blanchard sur la Western States Endurance Run. Les espoirs de podium reposeront sur un contingent tricolore de haut niveau, avec Loïc Robert, Arnaud Bonin, Anthony Felber (8ème l’an dernier), Kevin Vermeulen et Johann Baujard.

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Jonathan Albon à l’arrivée à Chamonix en 2022. Photo Jordi Saragossa

Marathon du Mont-Blanc 2023 : Nienke Brinkman imbattable ?

Difficile d’imaginer qui pourra battre Nienke Brinkman, tant la Néerlandaise fait figure de super favorite. Blessée et absente à Zegama, celle qui vise la victoire finale sur cette GTWS 2023 aura à cœur de marquer des gros points dès cette étape. Seul frein possible à une super performance de cette athlète hors norme, le fait qu’elle ne connaisse pas le terrain. Face à elle, les meilleures de Zegama seront là pour contrarier ses plans. À commencer par le trio qui est monté sur le podium au Pays Basque, l’Allemande Daniela Oemus, 6ème du trail court à Innsbruck, la Néo-Zélandaise Caitlin Fielder, 2ème l’an dernier à Chamonix derrière Sara Alonso et 12ème du trail court à Innsbruck, et la Suissesse Theres Lebœuf, 8ème l’an dernier.

Parmi les autres candidates au podium de cette course très ouverte, il faudra suivre la Chinoise Miao Yao, l’Américaine Sophia Laukli, la Népalaise Sunmaya Budhia, la Tchèque Marcela Vasinova, 5ème l’an dernier et 12ème du trail long à Innsbruck, et l’Italienne Fabiola Conti, 7ème en 2022 et 18ème du trail court à Innsbruck.

Côté français, on attend avec impatience le retour sur le devant de la scène d’Anaïs Sabrié, qui après avoir fait jeu égal avec Sara Alonso dans la première partie de course, avait fini au pied du podium l’an dernier. Sans oublier Mathilde Sagnes, qui après avoir abandonné à Zegama, vient de s’imposer sur le format 50K du Trail du Saint-Jacques by UTMB et découvrira le parcours.

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Nienke Brinkman lors de sa victoire au marathon de Zegama, en 2021, record à la clé. Photo GTWS
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Avec 11 médailles, dont 6 en or, la France a terminé à la première place au classement des nations des Championnats du monde de trail 2023 qui se sont déroulés à Innsbruck du 6 au 10 juin. Retour sur leurs déclarations d’après course, en live ou sur les réseaux sociaux.

Benjamin Roubiol, champion du monde de trail long en individuel et par équipe

« J’ai fait très peu d’erreurs aujourd’hui, je peux être fier du résultat. Je me suis interdit de penser à la victoire presque jusqu’au bout. J’avais besoin d’être dans le moment présent et concentré au maximum sur mes sensations, pour assurer mon alimentation, mon hydratation, ne pas paniquer, et profiter à fond. »

À propos de la dernière montée du parcours, dans laquelle il va rattraper et doubler l’Italien Andreas Reiterer, leader de la course : « Je me sentais vraiment très mal au pied de cette montée, je n’aurais jamais pensé pouvoir le rattraper à ce moment-là. Ça m’a redonné un peu d’énergie, il fallait que j’achève le boulot. »

BENJAMIN ROUBIOL WINNER mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Thibaut Garriver, 4ème du trail long en individuel, champion du monde par équipe

« Je n’étais pas dans un très bon jour, j’ai senti de la fatigue dès le début. Je suis resté vraiment en retrait, et quand ça a commencé à bien sauter devant, j’ai pu récupérer quelques places. Sur les trois dernières heures de course, j’avais une grosse douleur à la poitrine, mais comme on jouait le titre par équipes, je me suis fait violence. »

THIBAUT GARRIVIER mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Baptiste Chassagne, 15e du trail long en individuel, champion du monde par équipe

« C’est pas une course, c’est une Odyssée. Et moi, aujourd’hui, je me sens comme Ulysse, heureux d’avoir vécu un si beau voyage. Courir pour son pays procure une détermination indicible. Après 4h30 de plaisir absolu, je suis allé explorer une terre de souffrance jusqu’alors inconnue. Grâce à la fraternité de mes coéquipiers, un par un ; grâce à l’amour de mes proches, regard après regard ; et grâce au soutien fabuleux de toute l’équipe de France, mot après mot ; j’en suis revenu. Jamais je n’ai expérimenté aussi puissamment la force du collectif. Petit pays et tous les petits bipèdes qui t’habitent, je t’aime fort. Petit sport et tous les passionnés que tu animes, je te kiffe de ouf. Grande équipe et toutes les championnes et champions inspirants que tu m’as fait côtoyer, je vais me reposer, travailler et me battre pour te retrouver bientôt. Merci. »

BAPTISTE CHASSAGNE mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Marion Delespierre, championne du monde de trail long en individuel et par équipe

À propos de ses crampes dans la dernière descente : « J’ai eu peur de me retrouver comme dans les films, incapable de courir dans les derniers mètres. J’ai essayé de rester lucide et de bien m’hydrater. J’en ai presque occulté que j’allais terminer première. C’est quand on m’a donné le drapeau que j’ai réalisé que c’était gagné. (…) Mon objectif numéro 1 était le titre collectif, pour le garder un peu plus longtemps que sept mois (référence au titre acquis en novembre dernier en Thaïlande). À titre individuel, j’espérais un top 5, et je rêvais d’un podium, mais la victoire, non ! Peut-être qu’en reprenant le boulot lundi, je réaliserai… »

MARION DELESPIERRE mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Manon Bohard Cailler, 3ème du trail long en individuel, championne du monde par équipe

« La journée a été belle, même si la fin a été très difficile pour moi. J’ai été malade après le 60ème kilomètre, mais je me suis refait un peu la cerise pour maintenir ma troisième place, qui est inespérée. (…) Ce passage à vide, je ne l’appréhendais même pas. Pour une fois j’ai visualisé la réussite plus que l’échec, j’ai poussé fort au moment où je le sentais, j’ai pris du recul dans les moments plus complexes. J’ai su mettre à profit la combativité, la détermination et la patience pour passer une à une les étapes et réaliser une course pleine, dans l’acceptation de mes capacités du jour. (…)

Encore une fois, l’expérience et les opportunités me prouvent que l’on a ses propres ressources intérieures, son bagage mental, son histoire, ses craintes et ses victoires. Mais dans les moments durs, s’appuyer sur l’extérieur, l’entourage, ce pour quoi on se lève tous les jours, ceux pour qui on donnerait tout, comme l’équipe d’une aventure sur ces Mondiaux d’Innsbruck-Stubai 2023, mais aussi l’équipe du quotidien, nous aide à flirter avec le curseur des limites, tenter sans rien lâcher, utiliser la force des autres pour se réaliser… Pour l’équipe, mais aussi pour soi. Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à cette aventure, j’en ressors grandie, fière et accomplie. (…) Avec la médaille d’or de Marion, celle de l’équipe, et celles des garçons, c’est une sensation indescriptible. »

MANON PENHOAT CAILLER mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Audrey Tanguy, 10ème du trail long, championne du monde par équipe

«J’ai dû aller chercher plus loin que jamais, physiquement et mentalement, les ressources nécessaires pour parachever le tableau d’ensemble. Hormis la première ascension, tout a été dur, et les sensations ne sont jamais revenues. C’est en croisant tous mes copains, juste avant le replat, que je me suis relancée. J’ai tenté le tout pour le tout dans les trente derniers kilomètres, mais c’était très, très, très dur.

Peut-être que certains d’entre vous, après avoir vu ce résultat brut, se sont dit que la performance n’est pas vraiment à saluer, et je leur accorde que, sur le plan personnel, ce n’est pas vraiment ce que je suis venue chercher sur ce championnat du monde. Pourtant, cette dixième place est tellement plus que ça. Bien courir dans un bon, voir un grand jour est toujours difficile. Pour faire un grand résultat, comme l’a fait Marion, il faut ce petit supplément d’âme, cette détermination qui nous pousse à faire fi de la douleur, de la peur d’échouer pour aller chercher la victoire.

Néanmoins, tout donner et se pousser jusqu’au bout quand tout va mal est encore plus difficile, car là aussi il faut dépasser cette douleur, cette peur de l’échec, mais en plus il n’y a pas cet appât de la victoire pour nous aider… Sauf s’il on court pour son équipe ! Et c’est ce que j’ai fait… De toute mon âme et de toutes les forces qu’il me restait.

Ce qui est difficile également, sur ce type de championnat, c’est que lors d’un coup de moins bien, ce ne sont pas 10 ou 15 personnes qui vous passent devant, mais 30 à 40 ! Tous les coureurs présents sont des coureurs aguerris ayant fait leurs preuves dans leur pays respectif. Il faut donc mettre son orgueil de côté et continuer son propre chemin. Ce chemin qui s’annonçait tout tracé jusqu’environ le km 54 où Jocelyne me rattrape. Première pensée : super, ça me fait plaisir de la voir. Elle a l’air encore solide (je peine à la suivre en descente). Seconde pensée : bon, du coup je ne compterai pas pour l’équipe et devrai me contenter d’une 20ème place individuelle, ce qui est très loin de mes espérances.

C’était sans compter sur mes copains de la team France qui sont venus en nombre au km 55 pour nous hurler dessus, avec toute leur fougue, d’aller chercher l’Allemande à environ 10 minutes de nous, pour obtenir le titre par équipe. Première réaction, dans l’état dans lequel je suis, impossible d’accélérer. Puis tout se bouscule dans ma tête. Je sais que Jocelyne n’est pas loin. Jocelyne c’est un roc, je sais que je peux compter sur elle pour conserver cette médaille d’argent par équipe que nous avons pour le moment. C’est à moi maintenant de prendre mes responsabilités, et quitte à exploser (et peut-être à devoir abandonner) je dois tout tenter pour aller chercher cette victoire en équipe. Je quitte donc mes copains avec une énergie folle, je suis transcendée par cette perspective, oui, je vais aller chercher cette victoire.

Environ 3 ou 4 km plus loin, je croise alors Blandine, les larmes aux yeux, qui me dit : « Aller Audrey, je sais que c’est dur mais s’il te plaît, vas la chercher pour nous, vas la chercher pour moi ! » Là de nouveau, petit shoot d’énergie. Bien sûr Blandine que je vais tout donner pour vous offrir cette victoire… Je vous dois bien ça ! Elle m’apprend que Marion et Manon sont respectivement 1ère et seconde, je ne peux pas les décevoir. Jocelyne mérite aussi cette médaille, et Blandine, qui a toujours tout fait pour cette équipe. C’est à moi de leur faire ce cadeau. Alors je continue cette partie de relance, avec des kilomètres à 4mn/km, ce que je n’aurais jamais cru possible quelques minutes auparavant.

Et au bout d’environ 9km, j’aperçois mon Allemande. Je ne m’emballe pas car j’ai déjà beaucoup puisé sur ces 9km (et tous les précédents) et il en reste encore 20, dont une ascension de 1200m+. J’arrive au ravitaillement « équipe » avec Ida, qui ne semble pas du tout prête à me laisser faire. Je dis alors aux copains sur place que je ne sais vraiment pas comment je vais venir à bout de ces 20km restants, mais une fois de plus, leur enthousiasme me booste et je repars déterminée. J’attaque l’ascension de ces 1200 m+ en courant, pour envoyer un message fort à mon adversaire du jour : si tu veux cette médaille par équipe, il va falloir te transcender car je ne vais pas t’en faire cadeau.

Au bout d’environ 200 m+ parcourus, les crampes arrivent. D’abord irrégulières, puis à chaque pas. Je continue à avancer malgré la vive douleur, ayant certainement parfois une démarche très particulière avec la jambe tendue à cause d’une crampe au quadriceps ou au mollet. Je dois même m’arrêter à un moment car j’ai les deux jambes raides qui refusent de se plier. Alors je crie de douleur, mais continue, coûte que coûte. Je ne suis pas seule, j’ai à ce moment-là la sensation d’avoir toute l’équipe avec moi, qui me porte. Je n’ai qu’une crainte, que ces crampes soient également présentes dans la dernière descente, ce qui me verrait contrainte à de nombreux arrêts, voire une incapacité de courir et ainsi, inévitablement, au retour d’Ida.

Mais non. En descente, bien que la démarche soit loin d’être fluide, je peux continuer à pousser et à courir. Ce que je fais… Jusqu’au bout ! Je ne crois pas avoir déjà été fière d’un de mes résultats sportifs, pourtant là je le suis. J’ai apporté avec ma sueur, ma douleur et mon cœur cette victoire à mon équipe. J’ai pu faire briller les filles de l’ombre d’un jour, et récompenser la magnifique course des deux autres. Et ça, c’est ma plus grande fierté. Cette dixième place anecdotique restera donc, dans mon cœur, comme l’une de mes plus belles victoires. »

AUDREY TANGUY mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Blandine L’Hirondel, abandon sur blessure au 17ème kilomètre sur le trail long

« Abandonner sur un objectif n’est pas la décision la plus facile. Très très fière des filles, Marion, Manon, Audrey et Jocelyne qui ont brillé ! Vous avez mis le plus beau pansement sur ma plaie, vous êtes championnes du monde ! Et au fond de moi, je ne me sens pas légitime de cette médaille. Et que dire de ce titre de championne du monde de Marion ? Tu auras transformé mes larmes de tristesse en larmes de joie. MAGNIFIQUE !

Je veux remercier l’ensemble du collectif France, que ce soit pour vos mots réconfortants, votre bienveillance, votre présence dans les très bons moments mais aussi dans les moments plus difficiles comme aujourd’hui, et je remercie plus particulièrement les kinésithérapeutes pour avoir tout, mais vraiment tout fait pour me remettre « sur pied ». Mais ce dernier en a voulu autrement. Maintenant l’objectif est de bien soigner cette aponévrosite plantaire. Touchée oui, mais pas coulée. »

Blandine L'Hirondel : Photo Romain Aubion
Facebook Blandine L’Hirondel / Photo Romain Aubion

Clémentine Geoffray, championne du monde de trail court en individuel et par équipe

Quand l’Allemande Laura Hottenrott l’a rattrapée puis dépassée juste avant la mi-course : « Ça m’a mis un petit coup au moral, mais en même temps, ça m’a remise dedans. Je me suis dit que si elle arrivait à courir dans la montée, alors je pouvais le faire aussi. Peu de temps après, je l’ai reprise dans la descente et j’ai adoré les kilomètres suivants, assez roulants. Je voyais que je remontais sur Judith Wyder, et quand je demandais où ça en était derrière, tout le monde me disait que c’était devant que ça se jouait. Il y avait tellement de monde pour me pousser, c’était fou !

Dans la dernière descente, je ne savais pas trop comment était l’écart, donc j’attendais de passer la ligne pour vraiment savourerJ’ai envoyé, envoyé, envoyé, jusqu’à voir l’arche d’arrivée. J’étais bien tout le long, concentrée, j’ai plutôt bien géré mon alimentation. Je savais que j’étais en forme, mais de là à gagner… Je ne m’attendais pas à ça, c’était incroyable ! J’ai pensé très fort à tous mes proches. Et puis le parcours était magnifique : courir dans un tel décor, c’était génial. La montagne, c’est mon dada, j’ai pris beaucoup de plaisir ! »

BILAN MONDIAUX DE TRAIL TRAIL COURT
Photo WMTRC 2023 / DR

Louise Serban Penhoat, 10ème en individuel et championne du monde par équipe

« Ça montre bien que quand on se bat pour une équipe, on arrive vraiment à se surpasser. L’année dernière, avec ma 28ème place, j’étais loin d’imaginer me battre pour le Top 10. Et quand, en plus, on vous annonce dans la dernière descente que c’est Clémentine qui a gagné, ça vous pousse à fond. »

LOUISE SERBAN mondiaux de trail 2023
Photo Alanis Duc / Scott

Thibaut Baronian, 4ème du trail court en individuel, 3ème par équipe

« Je n’ai aucun regret, j’ai donné tout ce que j’avais. J’aurais aimé que la dernière descente soit sèche pour pouvoir pousser autant que je le voulais, mais avec la pluie, j’étais sur des œufs. Cela dit, l’écart était déjà fait au sommet, il aurait fallu que Luca (Del Pero) craque pour que le podium puisse être jouable. C’était une grosse, grosse bataille, on était cinq à se jouer la troisième place. J’ai tenté, et j’ai un peu craqué sur le haut de la dernière bosse. L’enfer sur Terre, mais quel plaisir ! »

THIBAUT BARONIAN mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Frédéric Tranchand, 9ème du trail court en individuel et 3ème par équipe

« Mon objectif pendant toute la course était de me battre pour l’équipe, parce que je savais que tout seul, ce serait difficile d’obtenir quelque chose. J’ai fait ce que je pouvais avec les jambes que j’avais, je ne me sentais pas très bien, notamment dans la deuxième côte. J’ai essayé de me concentrer sur moi, sans regarder les autres autour. Je voulais économiser de l’énergie pour la fin, car je pensais reprendre des concurrents par la suite, mais je n’ai repris personne. 

Je suis surtout satisfait d’avoir l’impression d’avoir tout donné, pour la performance individuelle et surtout le classement par équipe, avec la breloque à la clé. Il y a encore du boulot pour se rapprocher des meilleurs, mais la motivation est là et je ne crois pas avoir dit mon dernier mot en Trail. »

FREDERIC TRANCHAND mondiaux de trail 2023
Photo WMTRC 2023 / DR

Thomas Cardin, 16ème du trail court en individuel et 3ème par équipe

« L’Autriche à la sauce aigre-douce ! Aigre car je n’ai pas réussi à faire une course à mon meilleur niveau. J’ai pris des risques au début, ça paraissait presque trop facile. Puis d’un coup, l’interrupteur a basculé de on à off. Pendant une heure et demie, c’était une souffrance, j’étais à deux doigts de l’abandon. Plus d’énergie, crampes mais aussi une belle fracture du mental. Une déception d’autant plus grande que l’investissement personnel pendant la prépa avait été très important.

Douce, car j’arrive à me remobiliser sur la fin de course grâce à l’intervention de Loïc Robert au 30ème km. C’est dans une situation comme celle-ci qu’on mesure l’esprit d’équipe ! J’ai pu faire une belle fin de course, qui donne une médaille par équipe à l’arrivée. Douce aussi, car j’ai été accompagné par ma famille qui me soutient, par des coéquipiers et un staff en qui j’ai confiance. Douce enfin, parce que les résultats individuels et collectifs de l’équipe de France ont été exceptionnels. Si je n’ai pas été un athlète hors-pair, j’espère au moins avoir été un supporter convenable ! 11 médailles dont 6 en or, ça donne envie de continuer l’aventure bleu-blanc-rouge ! »

THOMAS CARDIN mondiaux de trail 2023
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DEBRIEF ATHLETES MONDIAUX TRAIL
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L’Américaine Hillary Gerardi, athlète Black Diamond, a établi ce 17 juin un nouveau temps de référence de l’ascension du Mont Blanc en 7h 25mn.

7h25 pour un aller-retour sur le toit de l’Europe

C’est à 2h du matin que Hillary Gerardi s’est élancée de l’église de Chamonix, gonflée à bloc, le sourire aux lèvres, sa marque de fabrique. 7 heures et 25 minutes plus tard, elle était de retour au point de départ, après une course de32,67 km et 3877 mètres de dénivelé positif. Elle établit anisi un nouveau temps de référence sur l’itinéraire de de l’arête nord, battant celui établi en 2018 par Emelie Forsberg, via l’itinéraire classique. Hillary Gerardi a en effet choisi de passer par l’arête nord, plus raide, car elle est moins exposée aux séracs, avant de rattraper l’itinéraire normal par l’arête des Bosses qui a néanmoins vu s’ouvrir une crevasse ces dernières années, rendant le passage plus délicat.

Hillary gerardi Mont blanc 2023 photo DR
Photo DR

L’histoire de l’exploit

Entourée d’autres athlètes féminines, c’est avec Valentine Fabre, sa compagne de cordée pour le record en ski-alpinisme Chamonix-Zermatt (2021), qu’Hillary s’est élancée sur les premiers glaciers. Et c’est avec la traileuse sud-africaine Meg Mackenzie qu’elle a couru une partie de sa descente. Une belle performance pour cette athlète qui souhaite attirer l’attention sur les conséquences du changement climatique sur les sommets et notamment sur le toit de l’Europe et est témoin en première ligne de ces évolutions…

Exploit d’Hillary Gerardi : ses impressions à l’arrivée

« Je suis hyper heureuse et super étonnée de battre le record sur cette variante d’itinéraire. Nous avons eu beaucoup de vent sur le sommet mais j’y suis arrivée avec près de 20 minutes d’avance. La descente fut un peu moins rapide que prévue, à cause des conditions de neige. Je suis aussi contente car j’ai prouvé que cet itinéraire alternatif qui nécessite plus de matériel et peut paraître plus long, n’empêche pas de performer.”

Un premier temps de référence féminin signé Emelie Forsberg en 2018

Le 21 juin 2018, la Norvégienne Emelie Forsberg établissait le temps de référence de l’ascension du mont Blanc par l’itinéraire historique par les Grands Mulets et le Grand Plateau. Une première puisqu’avant elle aucune femme n’avait revendiqué un quelconque chrono. Partie du parvis de l’église de Chamonix (1037m d’altitude) à 2h57 du matin, elle était de retour 7h 53mn et 12 secondes plus tard, après avoir parcouru près de 29 km, avalé 4000 mètres de dénivelé positif et foulé le plus haut sommet des Alpes, à 4810m d’altitude. Témoin, de son exploit, Kilian Jornet, qui l’avait accompagné pour assurer sa « sécurité » dans les zones de crevasses, avait souligné avoir été impressionné par sa vitesse dans les 400 derniers mètres d’ascension en altitude, alors qu’elle avait débarqué la veille de sa Norvège, au niveau de la mer.

Emelie_Forsberg Photo Kilian Jornet
Emelie Forsberg en 2018. Photo Kilian Jornet

Un record absolu établi par Kilian Jornet en 2013

Kilian Jornet a pu apprécier la performance d’Emelie Forsberg à sa juste valeur, étant lui-même détenteur du record absolu depuis le 12 juillet 2013. Ce jour-là, le Catalan, accompagné de Mathéo Jacquemoud dans la montée, avait mis 4h 57mn et 34s pour faire l’aller-retour depuis le parvis de l’église de Chamonix. Jacquemoud s’était blessé dans la descente et n’avait pu terminer avec Kilian Jornet, qui se retrouvait du coup seul crédité de ce chrono historique, sous la barre des 5 heures. Il venait d’effacer des tablettes le record établi en 1990 par Pierre-André Gobet en 5h 10mn et 44s.

kilian Jornet Photo DR
Kilian Jornet en 2013. Photo DR

Hillary Gerardi, Chamonix comme terre d’accueil

Originaire du Vermont (États-Unis), Hillary Gerardi vit aujourd’hui dans la vallée de Chamonix, au plus près de sa passion pour le trail et la montagne. Amatrice de ski, d’escalade et d’alpinisme, elle a véritablement commencé à courir il y a 6 ans et a fait de sa passion sa profession l’année dernière en devenant athlète pro. C’est en 2018 que sa carrière décolle lorsqu’elle remporte la première place de 3 courses les plus difficiles de la discipline : Trofeo Kima (Italie), Tromso Skyrace (Norvège) et Glencoe Skyline (Ecosse).

Témoin du réchauffement climatique et ayant une forte implication dans le respect de la montagne qu’elle parcourt assidument, elle a toujours été convaincue que chacun a un rôle à jouer. Avant de devenir athlète pro, elle travaillait au Centre de Recherches sur les écosystèmes d’Altitude qui étudie l’impact du réchauffement climatique sur le vivant en montagne. Pour elle, le plogging (jogging + ramassage de déchets) a toujours fait partie de son quotidien, tout comme s’impliquer auprès d’associations, comme Une Bouteille à la mer, qui sensibilisent au respect de l’environnement. Avec son autre partenaire Scarpa, elle a également élaboré une chaussure de trail technique, performante et durable avec 100% de matières recyclées pour la partie supérieure et 45% pour sa semelle : la Spin Planet.

Le palmarès d’Hillary Gerardi

Vice-championne du monde du Skyrunning 2018 (1ère à Trofeo Kima, Tromso Skyrace et Glencoe Skyline en 2018)
3 fois vainqueur de la Pierra Menta été, 2016, 2017 et 2018
1ère au Monte Rosa Skymarathon, 2018
Record de vitesse Sentiero Roma, Italie, 2020
1ère au Marathon du Mont Blanc 90km, 2021

Hillary gerardi
Photo Dan Patitucci
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