La Fédération Française d’Athlétisme a publié la liste de tous les sélectionnés qui porteront le maillot tricolore lors des Mondiaux de Trail et de Course en Montagne à Innsbruck, en Autriche, du 6 au 10 juin prochains. Si Blandine L’Hirondel, double championne du monde en titre, est la tête d’affiche de la sélection, le groupe France peut espérer des podiums, tant en individuel que par équipe. Esprit Trail passe en revue des troupes.

Sélection Trail Court Femmes

Une équipe avec peu d’expérience et une moyenne d’âge plutôt jeune, puisqu’aucune de ces femmes n’a plus de 30 ans. Clémentine Geoffray, championne de France de Trail Court, fera figure de leader. Elle affiche une jolie forme, et vient de remporter de belle manière la SkyRace des Matheysins.

Clémentine Geoffray, championne de France de Trail Court 2023
28 ans, 3 sélections

Louise Serban-Penhoat, vice-championne de France de Trail Court 2023
24 ans, 2 sélections

Lucille Germain, 3ème des championnats de France de Trail Court 2023
24 ans, 1 sélection

Marie Goncalves, 4ème des championnats de France de Trail Court 2023
25 ans, 0 sélection

Noémie Vachon, 5ème des championnats de France de Trail Court 2023
29 ans, 0 sélection

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Clémentine Geoffray, championne de France de Trail Court. Photo Facebook / DR

Sélection Trail Long Femmes

Une équipe plus expérimentée, avec des athlètes ayant toutes plus de 30 ans. Sa leader sera incontestablement Blandine L’Hirondel, championne du monde en titre, qui reste sur une 5e place pour sa première participation au marathon de Zegama-Aizkorri. Le groupe comprend la doyenne de l’équipe de France, Jocelyne Pauly, 3e des Championnats de France de trail long à La Cité des Pierres en mars dernier. À noter l’absence d’Anne-Lise Rousset-Séguret, championne de France de Trail Long en titre, qui se focalise sur d’autres objectifs (Hardrock 100 le 14 juillet dans le Colorado).

Manon Bohard Cailler, vice-championne de France de Trail Long 2023
31 ans, 1 sélection

Blandine L’Hirondel, championne du monde de Trail Long 2022
32 ans, 5 sélections

Audrey Tanguy, 6e des championnats du monde de Trail Long 2022
35 ans, 2 sélections

Marion Delespierre, 7e des championnats du monde de Trail Long 2022
35 ans, 1 sélection

Jocelyne Pauly, 3e des Championnats de France de Trail Long 2023, championne de France Masters
49 ans, 1 sélection

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Blandine L’Hirondel, championne du monde de Trail Long 2022. Photo DR

Sélection Course en montagne U20 Femmes

Lili Beck
17 ans, 3 sélections Junior

Alice Mugnier
17 ans, 0 sélection

Margot Dajoux
18 ans, 4 sélections Junior

Pauline Trocellier
18 ans, 2 sélections Junior

Sélection Course en montagne Senior Femmes

Cécile Jarousseau, championne de France de course en montagne 2023
30 ans, 6 sélections Espoirs, 1 sélection Senior

Christel Dewalle, vice-championne de France de course en montagne 2023, championne de France Masters
39 ans, 12 sélections

Elise Poncet, 3e des championnats de France de course en montagne 2023
27 ans, 2 sélections Espoirs, 5 sélections Senior

Nelie Clément, 4e des championnats de France de course en montagne 2023, championne de France Espoirs
20 ans, 3 sélections Espoirs

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Cécile Jarousseau, championne de France de Course en Montagne. Photo Facebook / DR

Sélection Trail Court Hommes

Une équipe de coureurs expérimentés, habitués au très haut niveau, avec une moyenne d’âge proche de 35 ans. On y retrouve les 3 meilleurs Français des Championnats du Monde 2022 en Thaïlande qui étaient automatiquement qualifiés. À noter l’arrivée dans le groupe France de Thibaut Baronian, qui a décroché sa sélection en remportant le Championnat de France à La Cité de Pierres. Sa préparation l’a mené au Marathon de Zegama-Aizkorri, course qu’il affectionne particulièrement et où il décroché une belle 7e place. On peut également espérer une belle performance de Frédéric Tranchand sur le parcours accidenté d’Innsbruck, qui correspond bien à ses capacités. Il vient d’ailleurs de remporter la SkyRace des Matheysins.

Thibaut Baronian, champion de France de Trail Court 2023
34 ans, 0 sélection

Loïc Robert, vice-champion de France de Trail Court 2023
24 ans, 1 sélection

Thomas Cardin, 3e des Championnats de France de Trail Court, mais également champion de France de course en montagne 2023 et 6e des Championnats du Monde de Trail Court 2022
28 ans, 3 sélections

Frédéric Tranchand, 12e des Championnats du Monde de Trail Court 2022
34 ans, 1 sélection

Julien Rancon, 13e des Championnats du Monde de Trail Court 2022
42 ans, 2 sélections Espoirs, 31 sélections Senior

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Thibaut Baronian, champion de France de Trail Court. Photo Facebook / DR

Sélection Trail Long Hommes

Une équipe de costauds, avec les très expérimentés Nicolas Martin, qui était allé cueillir l’argent derrière l’Américain Adam Perterman aux Mondiaux de Trail Long en Thaïlande après une course remarquable. 2 de ses compères de Thaïlande étaient déjà sélectionnés, Thibaut Garrivier et Paul Mathou. Ils sont rejoints par les 2 premiers des Championnats de France de Trail Long 2023, Baptiste Chassagne et Benjamin Roubiol, qui fêteront tous les 2 leur première sélection en bleu.

Baptiste Chassagne, champion de France de Trail Long 2023
29 ans, 0 sélection

Benjamin Roubiol, vice-champion de France de Trail Long 2023
23 ans, 0 sélection

Nicolas Martin, vice-champion du monde de Trail Long 2022
36 ans, 8 sélections

Thibaut Garrivier, 6e des Championnats du Monde de Trail Long 2022
32 ans, 1 sélection

Paul Mathou, 10e des Championnats du Monde de Trail Long 2022
30 ans, 1 sélection

Mondiaux Baptiste Chassagne
Baptiste Chassagne, champion de France de Trail Long. Photo Facebook / DR

Sélection Course en Montagne U20 Hommes

Jules Barriod
18 ans, 1 sélection Espoirs

Jules Mongellaz
17 ans, 0 sélection

Anatole Berthou
19 ans, 1 sélection Espoirs

Chane Souard
17 ans, 0 sélection

Sélection Course en Montagne Seniors Hommes

Un groupe composé du doyen masculin du groupe, Emmanuel Meyssat, et dans lequel ne figure pas le champion de France de course en montagne 2023, Thomas Cardin, qui défendra ses chances en Trail Court.

Quentin Meyleu, vice-champion de France de course en montagne 2023
27 ans, 0 sélection

Alexandre Fine, 3e des championnats de France de course en montagne 2023
26 ans, 4 sélections

Théodore Klein, 4e des championnats de France de course en montagne 2023
28 ans, 4 sélections Espoirs, 1 sélection Senior

Emmanuel Meyssat, 5e des championnats de France de course en montagne 2023, champion de France Masters
43 ans, 1 sélection Espoirs, 20 sélections Senior

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Emmanuel Meyssat, champion de France Masters de Course en Montagne. Photo Facebook / DR
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C’est sous une pluie battante qu’a été donné le départ de la 20e édition du mythique marathon de Zegama-Aizkorri, l’une des courses de trail court les plus populaires du monde, première étape des Golden Trail World Series 2023. Si la météo n’a pas permis de battre les records détenus depuis l’an dernier par Kilian Jornet et Nienke Brinkman, tous 2 absents cette année, elle n’a pas fait fuir le public, réputé pour sa ferveur. Dans une course très spectaculaire, perturbée par une boue omniprésente, l’Espagnol Manuel Merillas a réussi la course parfaite. Surprise chez les femmes, avec la victoire de l’Allemande Daniel Oemus. Thibaut Baronian termine 7e, Blandine L’Hirondel 4e.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : Rémi Bonnet comme une fusée

Le Suisse Rémi Bonnet faisait partie des grands favoris, et il n’a pas manqué de le rappeler d’entrée. Il a dès le départ pris la tête de la course, sur des single boueux rendus très glissants. Il n’a cependant pas creusé d’écart conséquent, ses principaux rivaux préférant rester en embuscade, toujours à moins de 2 minutes.

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Un départ sous la pluie, mais une ferveur du public intacte.

Très vite, le Kényan Robert Pkemboi est revenu dans les pas de Rémi Bonnet, tandis que suivaient à quelques centaines de mètres le Britannique Jonathan Albon, qui découvrait la course, et le Français Thibaut Baronian, 4e à 1 minute au bout de 45min de course. La montée du Sancti Spiritu promettait un grand spectacle.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : un Sancti Spiritu épique

Dans le froid, sous la pluie et la boue, la terrible montée du Sancti Spiritu, 2,5km pour 550m D+, s’est révélée épique. Encadré par une foule déchaînée, le sentier s’est rapidement transformé en une pente de pure boue, où chaque appui relevait de l’équilibrisme. De très nombreux coureurs sont allés au tapis, sans toutefois que l’on déplore de blessures graves. C’est le Kényan Robert Pkemboi qui est passé en tête au sommet, 15 petites seondes devant Rémi Bonnet. Mais les 6 premiers de la course masculine se tenaient en 1mn 30 au sommet de la côte, dont Thibaut Baronian, 6e.

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Une haie de parapluies, un sentier de boue : le Sancti Spiritu a encore fait le show.
ZEGAMA BOUE
Une rivière de boue, où chaque appui est un terrain miné.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : avantage aux descendeurs

C’est dans le début de descente que les choses ont basculé. Sur un terrain très compliqué, extrêmement glissant, les meilleurs descendeurs ont pu se régaler et remonter des positions. A ce petit jeu, l’Espagnol Manuel Merillas et le Marocain Elhousine Elazzaoui ont fait des merveilles, tout comme le Britannique Jonathan Alblon.

Au 34e km, à 8 km de l’arrivée, Manuel Merillas passait en tête, suivi à 3 secondes seulement par le Marocain, tandis que Jonathan Albon, pourtant l’un des meilleurs descendeurs du plateau, se faisait distancer et passait en 3e position, à 1mn45 de l’Espagnol. Robert Pkemboi, 4e, Thibaut Baronian, 5e, Bart Przedwojewski, 6e, et Remi Bonnet, 7e, ne pouvaient plus lutter pour le podium.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : Manuel Merillas au finish

Il aura fallu attendre les tout derniers kilomètres pour connaître le dénouement de cette édition épique. Porté par son public, Manuel Merillas a tout donné et termine en 3h 42mn 01s. Il devance de 27 petites secondes Elhousine Elazzaoui. Jonathan Albon termine 3e, à 3 minutes de Merillas.

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Le podium de Zegama 2023, avec de gauche à droite Elhousine Elazzaoui, Manuel Merillas et Jonathan Albon.

Remi Bonnet et Robert Pkemboi complètent le top 5. Premier Français, Thibaut Baronian prend la 7e place, à 8mn 15 du vainqueur.

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Toujours aussi heureux à Zegama, Thibaut Baronian laisse éclater sa joie.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : remporte la course féminine

Partie en tête, Blandine L’Hirondel, qui découvrait le parcours, n’aura mené que 15 kilomètres avant de se faire dépasser par la Chinoise Miao Yao, qui allait passer en tête en haut du Sancti Spiritu. Elle était suivie par l’Allemande Daniela Oemius, qui personne n’attendait dans une telle position. Blandine L’Hirondel pointait en 3e position, à 2 minutes déjà de la tête. Parties plus prudemment, la Néo-Zélandaise Cailtin Fielder et la Suissesse Theres Lebœuf allaient faire parler leur expérience dans la seconde partie du parcours pour revenir très fort sur la tête de course.

Daniela Oemius, qui a tout de même dans son palmarès une 4e place au Marathon du Mont-Blanc en 2021, allait ensuite remarquablement résister pour garder un petit matelas d’avance dans la descente. Elle s’impose en 4h 31mn 54s. Elle devance Caitlin Fielder de 2mn 10s et Theres Lebœuf de 5mn 47s. Blandine L’Hirondel termine 5e.

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Il a le regard clair et le sourire timide ce ceux qui, parfois, préfèrent les silences aux mots. Il a 7 ou 8 ans, un gros sac sur le dos et part en randonnée dans la montagne. Cette photo, face à la page 96 du livre La vie courante, résume tout : l’amour de François D’Haene pour la montagne, pour l’effort, pour une certaine forme de solitude aussi. Au fil des pages, entre récits de courses haletantes et réflexions plus personnelles sur sa propre trajectoire et sur la vie en général, le champion français délivre un récit que les passionnés d’endurance se feront une joie de dévorer. À leur propre rythme, sans barrière horaire…

La vie courante, la 4e de couverture

« Un grand de l’ultra-trail partage sa passion. Elle prend sa source de l’enfance dans une famille sportive, au pied des montagnes. À chaque étape de sa vie et de ses courses, François D’Haene s’interroge sur ce qui lui a permis de garder le goût de courir longtemps, très longtemps, et d’accéder aux plus beaux des podiums, de l’UTMB à la Diagonale des Fous, en passant par la Hardrock ou le Mont Fuji. C’est un plaidoyer pour l’équilibre d’une vie où la course jamais ne détruit les bonheurs quotidiens, ceux de la famille, de la fidélité, en amitié, du travail, de la vigne, du plaisir des longues sorties improvisées en montagne et du ski-alpinisme en hiver. Une réflexion nourrie par près de deux décennies de pratique, où les amateurs trouveront une foule de conseils pour vivre longtemps leur passion de la course d’endurance. »

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Extrait de La vie courante / DR

La vie courante, un prologue haletant

En guise de prologue, François D’Haene nous entraîne dans le récit de sa toute première course, un 72 km nommé TGV, pour Tour des Glaciers de la Vanoise, qu’il réalise en 2006, alors qu’il n’a que 20 ans et que tout le monde est convaincu que la maturité est la première qualité d’un traileur, que les jeunes ne peuvent pas rivaliser. Embarqués dans la course, nous vivons avec lui sa métamorphose au fil des kilomètres, son envie de gagner, les douleurs qui surviennent, et la victoire, au bout, qui symbolise la naissance d’un champion. Impossible de résister à l’envie d’aller plus loin…

« Pour aller au bout de telles épreuves, il faut savoir au fond de soi pourquoi on s’y lance. Dans mon cas, ce n’est pas pour gagner mais pour vibrer de tout mon être. »
François D’Haene

La vie courante, ou l’amour des grands espaces

Il est tombé dans le trail quand il était petit, et ne s’en est jamais remis. Enfant déjà, François D’Haene était fasciné par les sorties longues, les heures passées dans la nature, le bonheur des courses dans le massif de la Chartreuse. À 18 ans, il abandonne définitivement l’athlétisme pour se tourner vers la montagne et la course nature. Hors des stades.

C’est en 2004, à 18 ans, qu’il s’aventure pour la première fois du côté du mont Blanc. Il n’y a qu’une seule façon d’y grimper : en partant du bas, et d’une seule traite. Ce qu’il fera. L’année suivante, on lui propose d’être kiné bénévole sur l’UTMB. Il n’imaginait même pas que faire le tour du massif du Mont-Blanc en courant était possible. Il découvre le monde de l’ultra-trail et c’est le coup de foudre.

En 2006, il prend un dossard pour la CCC et y inscrit aussi son père ; c’est son cadeau de Noël. C’est cet été-là, avant l’UTMB, qu’il gagne sa première course, le Tour des Glaciers de la Vanoise. Il terminera quatrième de la CCC, où il a failli abandonner 10 fois. Une quatrième place de la fougue et de l’abnégation. Une course où il aura découvert comment surmonter la douleur pour se transcender. Et surtout, une course où il a découvert sa voie : l’ultra.

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Extrait de La vie courante / DR

La vie courante, l’histoire d’une passion

La suite, on la connaît en partie, mais François D’Haene nous la fait vivre avec ses propres mots. Salomon, le statut de coureur professionnel, son abandon lors de son 1er UTMB, puis les victoires, nombreuses. Et parmi elles, la fameuse « course du siècle », telle qu’elle a été nommée, quand François a remporté l’UTMB en devançant Kilian Jornet, Tim Tollefson, Xavier Thévenard et Jim Walmsley. C’était sa troisième victoire, et il égalait le record détenu par le champion espagnol. Un régal.

La vie courante, de François D’Haene. Guérin – Éditions Paulsen

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C’est à Namche Bazaar, surnommée « la Capitale des Sherpas », dernière ville que les prétendants à l’Everest traversent avant d’accéder au premier camp de base, qu’Emelie Forsberg et Kilian Jornet ont pris leurs quartiers, en famille. Objectif : préparer leur saison de trail 2023. Pour Kilian, elle se résumera à une seule course, Sierre-Zinal. Emelie Forsberg a en revanche plus d’un défi dans son viseur. À commencer par les championnats du monde de trail à Innsbruck, début juin. Le point sur le programme estival du plus beau sourire du trail mondial…

Emelie Forsberg et Kilian Jornet, voyage en famille

Voyager de Norvège au Népal avec deux filles âgées de 1 et 4 ans nécessite une organisation préalable et une grande logistique. Et plus encore lorsqu’il s’agit d’une destination éloignée et en haute altitude. Car Namche Bazaar est située à 3440 m d’altitude, ce qui n’est pas anodin pour des organismes habitués à vivre au niveau de la mer. Après avoir surmonté les premiers jours d’acclimatation à l’altitude, Emelie Forsberg profite du voyage avec sa famille. « C’est génial de pouvoir voir nos filles dans un environnement comme celui-ci. Sans aucun doute, vivre ce voyage à travers leurs yeux est une grande expérience », déclare-t-elle, radieuse. « Être dans l’Himalaya signifie d’être entouré d’une grande beauté. Cet endroit me donne beaucoup de paix et la relation que les gens locaux ont avec la nature me fascine. »

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Emelie Forsberg, Kilian Jornet et leurs 2 enfants dans l’Himalaya. Photo Nnormal / DR

S’entraîner en paix (et avec ses Kjerag!)

Une fois acclimatée, Emelie a déjà profité de cet environnement unique pour effectuer quelques séances d’entraînement. Les premiers contacts avec certains sentiers de l’Himalaya sont très utiles pour connaître la région, habituer le corps à l’altitude et accumuler des kilomètres.

Planifier plusieurs sessions d’entraînement dans un terrain technique comme celui qui entoure le village de Namche Bazaar nécessite également une bonne préparation en termes de matériel. En bonne ambassadrice de la marque Nnormal, Emelie Forsberg affirme que ses séances ne seraient pas les mêmes sans ses chaussures Kjerag. « Leur adhérence et leur retour d’énergie sont très significatifs », explique-t-elle. « Les Kjerag se sont adaptées au terrain en quelques heures et leur légèreté a été un grand atout pour surmonter l’altitude lors des premiers jours. »

Mais les chaussures ne font pas tout. Et au regard des courses à venir lorsqu’elle rentrera en Europe, son entraînement en Himalaya est bien calculé. Ainsi, au cours des prochains jours, ses sessions d’entraînement évolueront dans le but d’augmenter de plus en plus sa résistance. 

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Photo Nnormal / DR

Objectif : Sierre-Zinal et l’OCC

« C’est la première saison après l’accouchement où je sens enfin que je suis vraiment de retour. J’ai fixé des objectifs et j’ai hâte de les atteindre », se réjouit Emelie Forsberg, qui avait déjà fait quelques performances remarquables en 2022. Elle avait en effet remporté le Kilomètre Vertical avant de prendre le lendemain la 24e place du classement féminin sur le marathon Zegama-Aizkorri. Elle était également montée sur la 3e marche du podium sur la Stranda Fjord Trail Race, comptant aussi pour la Golden Trail World Series. Début octobre 2022, pour sa dernière course, elle avait pris la 3e place féminine sur le format marathon de la Salomon Ultra Pirineu.

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Emelie Forsberg lors de la Stranda Fjord Trail Race 2022. Photo J. Saragossa / GTWS

Elle commencera sa saison 2023 avec le championnat du monde de trail running qui se tiendra à Innsbruck le 6 juin. Elle enchaînera ensuite le 15 juillet avec l’Eiger Ultra Trail by UTMB, l’une des courses de montagne les plus renommées de la région des Alpes bernoises en Suisse. Le principal objectif d’Emelie dans cette course sera de se qualifier pour l’OCC de Chamonix. L’OCC sera en effet le cadre de la finale des séries mondiales UTMB dans la catégorie 50 km. Ce sera le 31 août 2023. Entre les deux, le 12 août, Emelie retrouvera d’autres ambassadeurs Nnormal lors de la 50e édition de la célèbre course Sierre-Zinal, en Suisse. Dont un certain Kilian Jornet, décidé à ne pas manquer cette édition anniversaire.

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Malgré des températures supérieures à 40° sous abri, donc plus de 50 en plein soleil, les meilleurs coureurs du Marathon des Sables ont atteint des vitesses impressionnantes. Quant à la dernière classée, elle a marché tout au long du parcours. Petit résumé des performances chronométriques des finishers. (À noter que l’étape 6, dit étape de solidarité, est obligatoire et chronométrée mais non intégrée dans le temps officiel de course. De nombreux athlètes l’ont faite “à la cool”.)

Le plus rapide : Mohamed El Morabity : 12,67 km/h

Avec 4 victoires sur 5 étapes officielles, Mohamed El Morabity a dominé ce 37e Marathon des Sables. Il n’a laissé que la 1ère étape à son frère Rachid pour terminer 2e. Et même si l’abandon de ce dernier après sa pénalité reçue à la fin de l’étape longue a bouleversé le classement, le cadet des El Morabity a semblé cette année plus fort que son aîné.

Ses moyennes en disent long sur l’engagement dont il a fait preuve. Une histoire d’émulation, poussé tant par son frère que par son compatriote Aziz Yachou, 2e du général final. Dans son interview de débrief, Mathieu Blanchard soulignait d’ailleurs la performance des 3 Marocains, qu’il n’avait jamais vu mettre autant d’intensité et de vitesse que cette année.

Voir le débrief vidéo de Mathieu Blanchard, 3e du MDS ICI

Etape 1 (35 km) : 12,89 km/h
Etape 2 (35km) : 12,83 km/h
Etape 3 (30km) : 13,79 km/h
Etape 4 (90 km) : 10,94 km/h
Etape 5 (42 km) : 13,12 km/h
Etape 6 (9km) : 10,55 km/h

Mohamed El Rachidy MDS
Mohamed El Morabity. Photo MDS

Le meilleur non Marocain : Mathieu Blanchard : 11,47 km/h

Oscillant toujours entre la 4e et la 5e place, sauf lors de l’étape longue où, à la faveur de la pénalité de 3 heures infligée à Rachid El Morabity il a terminé 3e, Mathieu Blanchard a fait un MDS tout en gestion, sans jamais vouloir trop se « dépouiller ». La raison : sa saison ne fait que commencer, et il a de grosses échéances à venir, dont les 168km de la Western States Endurance Run fin juin aux Etats-Unis, son objectif n°1 de l’année. Et peut-être un UTMB fin août…

Après une première étape courue quasiment au rythme des Marocains, il a donc largement levé le pied, courant en moyenne 1 km/h moins vite que les leaders. Lors de la 3e étape, il donnait des précisions sur sa vitesse : « Les 20 premiers kilomètres sont assez rapides sur terrain dur. Mon entraînement marathon me permet de caler un pace de 3mn50 au kilomètre ‘confortable’ (soit 15,65 km/h, NDLR). Les 3 machines marocaines sont là : Rachid, Mohamed et Aziz. Juste après le CP2 le sable commence. Une fois de plus je n’ai pas la maîtrise dans ce sol mou, impossible de garder le rythme, les Marocains s’envolent dans ce milieu qu’ils maîtrisent à la perfection. »

Etape 1 (35 km) : 12,55 km/h
Etape 2 (35km) : 11,16 km/h
Etape 3 (30km) : 12,50 km/h
Etape 4 (90 km) : 9,74 km/h
Etape 5 (42 km) : 12,02 km/h
Etape 6 (9km) : 4,47 km/h

Mathieu blanchard 3e MDS
Mathieu Blanchard. Photo MDS / DR

La plus rapide : Ragna Debats : 10,43 km/h sur la 1ère étape

Elle était partie comme une fusée, et la victoire finale lui semblait promise. Sur les 3 premières étapes, la Néerlandaise était intouchable, avant de connaître une énorme défaillance sur l’étape longue. Incapable de s’alimenter correctement dès le CP1, au bout de 10 kilomètres, sans énergie, Ragna Debats n’a eu d’autre possibilité que de marcher pendant près de 80 km. Sa moyenne ce jour-là, 4,18 km/h, en dit long sur son calvaire. Avec une moyenne générale de 6,63 km/h, elle se classe officiellement 81e au scracth, et 8e du classement féminin.

Etape 1 (35 km) : 10,43 km/h
Etape 2 (35km) : 9,60 km/h
Etape 3 (30km) : 9,89 km/h
Etape 4 (90 km) : 4,18 km/h
Etape 5 (42 km) : 8,46 km/h
Etape 6 (9km) : 4,48 km/h

Ragna Debats out
Ragna Debats. Photo MDS / DR

La plus régulière : Maryline Nakache : 9,06 km/h

En faisant une course « sage », Maryline Nakache a su parfaitement gérer son premier MDS, même si elle avoue avoir beaucoup souffert de la chaleur lors de l’étape longue, sur laquelle elle a dû marcher. En prenant les 2e places sur les 4 premières étapes, 3 derrière Ragna Debats et une derrière Aziza El Amrani, elle a su garder suffisamment de fraîcheur pour remporter l’étape marathon, la seule qu’elle ait couru à plus de 10 km/h de moyenne.

Avec une moyenne générale de 9,06 km/h, elle se classe officiellement 11e au scracth.

Etape 1 (35 km) : 9,96 km/h
Etape 2 (35km) : 8,83 km/h
Etape 3 (30km) : 9,38 km/h
Etape 4 (90 km) : 7,62 km/h
Etape 5 (42 km) : 10,10 km/h
Etape 6 (9km) : 4,47 km/h

Maryline victoire
Maryline Nakache. Photo MDS / DR

Répartition des finishers en fonction du temps

En dehors des élites et de leur rythme infernal, le gros du peloton des finishers se situe entre 48 et 66 heures de course. Ils sont 416 sur 757 finishers (30,23% d’abandons sur cette édition particulièrement chaude). Soit une moyenne comprise entre 5,20 et 3,79 km/h. A noter que les barrières horaires sont calculées pour permettre à une personne faisant tout le parcours en marchant d’être finisher.

répartition finishers

La plus lente : Nicole Chik : 3,12 km/h

La dernière classée de ce 37e marathon des Sables est l’Américaine Nicole Chik, qui termine en 78h 34mn, à plus de 59 heures du vainqueur. Sa vitesse moyenne générale est de 3,12 km/h, soit une marche lente. Sa plus faible moyenne a été sans surprise lors de l’étape longue, qu’elle a parcouru à une vitesse de 2,66 km/h.

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La liste des élites inscrits sur les courses de la Golden Trail World Series est désormais connue, et ce qu’on peut dire c’est que le niveau n’aura jamais été aussi élevé. La saison GTWS 2023 promet d’être exceptionnelle !

GTSW 2023 : le plus beau spectacle de trail du monde est de retour

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GTWS 2023 calendrier
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Golden Trail World Series 2023 : 38 pays représentés !

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Lire aussi notre article sur le résultat final des Golden Trail World Series 2022, et la victoire de Remi Bonnet chez les hommes et Nienke Brinkman chez les femmes ICI

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  • Rémi Bonnet (Salomon / Red Bull – Suisse)
  • Kilian Jornet (Nnormal – Espagne)
  • Patrick Kipngeno (Run2gether – Kenya)
  • Jonathan Albon (The North Face – Grande-Bretagne)
  • Stian Angermund (Asics, Norvège)
  • Jim Walmsley (Hoka One One – États-Unis)
  • Davide Magnini (Salomon – Italie)
  • Manuel Merillas (Scarpa – Espagne)
  • Peter Engdahl (Adidas Terrex – Suède)
  • Bart Przedwojewski (Salomon – Pologne)
  • Elhousine Elazzaoui (Pini Mountain Racing – Maroc)
  • Ruy Ueda (Mountain Frontier – Japon)
  • Robert Pkemboi Matayengo (Sky Runners Kenya – Kenya)
  • Francesco Puppi (Nike Trail – Italie)
  • Eli Hemming (Salomon – USA)
  • Thibaut Baronian (Salomon – France)
  • Daniel Osanz (Adidas Terrex – Espagne)
  • Anthony Felber (Sidas X Matryx – France)
  • Cesare Maestri (Nike Trail – Italie)
  • Frédéric Tranchand (Scott – France)
  • Philemon Ombogo Kiriago (Run2gether – Kenya)
  • Anders Kjærevik (Salomon – Norvège)
  • Manuel Innerhofer (Salomon – Autriche)
  • Loic Robert (France)
  • Jan Margarit Solé (La Sportiva – Espagne)
  • Timothy Toroitich (Milimani Runners – Ouganda)
  • Nicolas Martin (Brooks Trail Runners – France)
  • Adrien Michaud (Mizuno – France)
  • Thomas Roach (Grande-Bretagne)
  • Tim Tollefson (Craft – États-Unis)
remi bonnet gtws 2023
Le Suisse Rémi Bonnet, vainqueur des GTWS 2022. Photo GTWS / DR

GTWS 2023 : les têtes d’affiche chez les femmes – Top 30

Parmi les 5 Françaises de ce Top 30, l’inévitable Blandine L’Hirondel, championne du monde de trail long en titre.

  • Nienke Brinkman (Nike Trail – Pays-Bas)
  • Sophia Laukli (Salomon – États-Unis)
  • Allie McLaughlin (Hoka One One – États-Unis)
  • Judith Wyder (Hoka One One / Red Bull – Suisse)
  • Caitlin Fielder (Salomon – Nouvelle-Zélande)
  • Grayson Murphy (Saucony – États-Unis)
  • Blandine L’Hirondel (Evadict – France)
  • Dani Moreno (Adidas Terrex – États-Unis)
  • Élise Poncet (Sidas X Matryx – France)
  • Bailey Kowalczyk (Nike Trail – USA)
  • Malen Osa (Salomon – Espagne)
  • Noémie Vachon (Brooks Trail Runners – France)
  • Fabiola Conti (Italie)
  • Nuria Gil (Asics – Espagne)
  • Marcela Vasinova (République Tchèque)
  • Philiaries Kisang (Run2gether – Kenya)
  • Anaïs Sabrié (Sidas X Matryx – France)
  • Mathilde Sagnes (Hoka One One – France)
  • Emkay Sullivan (Craft – États-Unis)
  • Dominika Stelmach (Adidas – Pologne)
  • Eleanor Davis (The North Face – Grande-Bretagne)
  • Kimber Mattox (Brooks Trail Runners – États-Unis)
  • Patricia Pineda (La Sportiva – Espagne)
  • Karina Carsolio (Salomon – Mexique)
  • Anna-Stiina Erkkilä (Asics – Finlande)
  • Miao Yao (Salomon – Chine)
  • Ashley Brasovan (Hoka One One – États-Unis)
  • Oihana Kortazar (Salomon – Espagne)
  • Johanna Aström (Arc’Teryx – Suède)
  • Theres Leboeuf (Leboeuf/Compressport – Suisse)
nienke brinkman GTWS 2023
La Néerlandaise Nienke Brinkman, qui a remporté la compétition féminine des GTWS 2022. Photo GTWS / DR
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Rendez-vous traditionnel des élites, le MIUT 2023, acronyme du Madeira Island Ultra Trail, a une fois de plus tenu en haleine le petit monde de l’ultra trail. Et les Français ont fait un véritable festival sur les différents formats, avec les victoires de Lambert Santelli et Manon Bohard sur le 115km, Thibaut Garrivier sur le 85km, Lucie Bidault sur le 60km, Jules Delabelle sur le 16km, et les podiums de Benoît Girondel, Lucie Jasmin, Anthony Costa, Noël Giordano, Anaïs Macian et Dylan Ribeiro…

Résultat MIUT 115 : Lambert Santelli devant Benoît Girondel

La course promettait d’être palpitante, et elle l’a été jusqu’au bout. Grand favori du format 115 km, surnommé la « petite Diagonale des Fous » en raison de son profil très exigeant (7100m D+) et de ses nombreux sentiers abrupts et escarpés, le Suédois Petter Engdahl, vainqueur de la CCC 2022, n’aura tenu son rang que le 1er tiers de la course, avant de sombrer. La victoire revient à un outsider de renom, le Corse Lambert Santelli, qui s’impose en 14h 01 mn 26s. 5e sur ce même format en 2019, 10e en 2022, il connaissait parfaitement le parcours piégeux de cette île et a su parfaitement mener son affaire. Il devance de 12 minutes et 12 secondes Benoît Girondel et de plus de 22 minutes le Portugais Luis Fernandez.

MIUT Lambert Santelli
Lambert Santelli en plein effort. Photo Organisation

Une grosse satisfaction pour Girondel, 9e sur ce parcours en 2016 et qui revenait pour la première fois sur un ultra après son abandon sur blessure lors de l’UTMB 2022. Les 2 hommes ont toujours fait partie du peloton de tête, et ce n’est qu’au dernier tiers de course que Lambert Santelli s’est peu à peu détaché, grignotant seconde après seconde.

MIUT Benoit Girondel
Benoît Girondel, le genou en sang, termine deuxième de ce MIUT 2023. Photo Organisation

A noter les très belles performances d’ensemble des Français, puisque 3 autres tricolores terminent dans le Top 10. Alban Berson, prend la 4e place (14h 24mn 35s), Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte termine 6e (14h 59mn 21s), et Patrick Bohard 8e ex-aequo (15h 07mn 12s).

MIUT casquette verte arrivée
Casquette Verte et sa traditionnelle langue pendante à l’arrivée du 115, avec une belle 6e place. Photo DR
TOP 10 115 km
Le Top 10 du 115 km

Résultat MIUT 115 : exploit de Manon Bohard Cailler

Chez les féminines, exploit de Manon Bohard qui s’impose en 15h 48mn 58s et prend la 11e place au scratch, à 1h 47 de Lambert Santelli. La vice-championne de France de trail long 2023 devance la Suissesse Luzia Buehler et une autre tricolore, Lucie Jasmin, qui a été un temps leader, avant de céder du terrain sur la fin.

MIUT 53 Manon Bohard
Magnifique victoire de Manon Bohard, 11e au scratch. Photo Organisation

Les 2 Françaises devancent la grande favorite de l’épreuve, l’Américaine Abby Hall, 3e de l’UTMB en 2022, 2e de la CCC en 2021, que tout le monde voyait déjà sur la première marche du podium, et qui termine très loin de Manon Bohard.

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Lucie Jamsin, 3e. Photo Organisation

Résultat MIUT 85 : Thibaut Garrivier seul au monde

Il fallait être sur la ligne de départ pour avoir une chance de côtoyer Thibaut Garrivier, tant le coureur Hoka a survolé la course. 2e du 115 en 2022, vainqueur du 60 en 2021, il avait clairement fait de la victoire son unique objectif. En tête de bout en bout, il comptait déjà près de 40 minutes d’avance sur ses poursuivants à mi-course. Il a pu gérer tranquillement pour s’imposer en 8h 59mn 39s. Il devance un autre Français, Anthony Costa, qui termine à près d’une heure du vainqueur.

Chez les femmes, les espoirs de podium pour la France reposaient sur les épaules de Anaïs Macian, gagnante de l’Ultra Tour du Beaufortain 2022 (114km et 7200 D+). Elle termine 2e derrière la Suissesse Audrey Virgilio.

miut garrivier
Thibaut Garrivier, auteur d’une course en solitaire, sourire aux lèvres. Photo DR

Résultat MIUT 60 : Noël Giordano deuxième, Lucie Bidault en patronne

Décidément, la Corse est à l’honneur sur ce MIUT 2023. Après la victoire de Lambert Santelli sur le 115, c’est un autre insulaire, Noël Giordano, qui s’est distingué sur les sentiers tortueux de Madère en prenant la 2e place du 60km. Il est devancé de 14 minutes par le Tchèque de la team Salomon Tomas Macecek (5h 56mn 30s). Le Suisse Oleg Ponomarev prend la 3e place, à un quart d’heure de Giordano. A noter les belles 5e et 6e places des Français David Justo et Benjamin Kervevan.

Chez les femmes, Lucie Bidault partait en favorite. Un statut pas simple à assurer pour celle qui a, entre autres, gagné la 6000D en 2022 et tout récemment le Trail Sainte-Victoire, car elle découvrait les sentiers de l’île. Elle a cependant su remarquablement gérer son effort pour s’imposer avec un chrono de 7h 02mn 37s, prenant la 10e place au scratch. Une course qu’elle a passé en tête de bout en bout, même si elle est toujours restée dans les radars de sa poursuivante, l’Allemande Marie Luise Mühlhuber, qui termine deuxième à moins de 5 minutes de la Française. L’Italienne Elisabetta Negra prend la 3e place.

miut lucie bidault
Lucie Bidault, le trail avec le sourire. Photo DR

Résultat MIUT 2023 : les podiums des autres courses

MIUT 42

Podium Hommes
Tiago Vieira, Portgual : 3h 26mn 58s
Dylan Ribeiro, France : 3h 34mn 28s
Roberto Baião, Portugal : 3h 42mn 09s

Podium Femmes
Vera Bernardo, Portugal : 4h 19mn 46s
Beatriz Alves, Portugal : 4h 21mn 52s
Sandra Petrosa, Portugal : 4h 36mn 26s

MIUT 16

Podium Hommes
Jules Delabelle, France : 1h 05mn 28s
Alexandre Verissimo, Portugal : 1h 12mn 09s
Humberto Gomez, Portugal : 1h 13mn 04s

Podium Femmes
Barbara Correia, Portugal : 1h 29mn 24s
Dana Honzakova, République Tchèque : 1h 30mn 08s
Susana Nobrega, Portugal : 1h 37mn 23s

Voir les résultats complets de toutes les courses ICI

Découvrez les sentiers du MIUT grâce au teaser de l’édition 2023

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20 ans d’histoire. Et 20 ans d’histoires. C’est ce que la grande famille du trail célébrera du 28 août au 3 septembre prochain à Chamonix lors de l’UTMB Mont-Blanc 2023. Pour marquer ce 20ème anniversaire, l’organisation a souhaité une affiche à l’image de l’événement : collaborative, inclusive, solidaire et authentique. Découvrez aujourd’hui l’affiche officielle des 20 ans de l’UTMB.

20 ans de l’UTMB : une affiche collaborative

Lancée sur les réseaux sociaux auprès de tous les participants aux différentes courses de l’UTMB, la collecte a porté ses fruits. Ainsi, durant un mois, chacun a pu partager ses plus beaux souvenirs de l’événement en envoyant des photos. Et contribuer ainsi à la réalisation de cette affiche. Près de 600 photos différentes, de coureurs, de bénévoles, de supporters, de partenaires, ont été rassemblées et associées ensemble. Une façon de symboliser la force de cet événement qui, de simple challenge entre amis créé en 2003, est devenu en quelques années sommet mondial du Trail running.

20 ans de l’UTMB : les symboles de l’affiche

Au-delà des multiples témoignages en photos, qui nécessitent presque une loupe, vous retrouverez dans cette affiche les éléments emblématiques de l’UTMB Mont-Blanc.

  • Le Mont Blanc. Comme un symbole de la fraternité et de la collaboration entre les 3 pays hôtes de cet événement. Mais également comme un sommet iconique qui fait rêver chacun.
  • L’arche d’arrivée de Chamonix. Comme le symbole ultime de l’effort sportif et de la quête engagée par chaque participant pour aller au-delà de lui-même.
  • Deux coureurs. Comme la preuve que quel que soit son âge, son origine, ses performances, tous partagent une même passion et une même envie de dépasser leurs limites.
  • Les UTMB World Series Finals. La nouveauté dès 2023 pour cet événement iconique. Il devient en effet également lieu des 3 UTMB World Series Finals. Ces finales mondiales seront donc l’OCC (50K), la CCC (100K) et l’UTMB (100M). 

20 ans de l’UTMB : le mot d’Isabelle Poletti

Isabelle Poletti, directrice de l’UTMB Mont-Blanc, raconte l’esprit qui a animé la création de cette affiche. « L’UTMB Mont-Blanc a été, depuis 2003, construit sur les valeurs de solidarité, de respect, d’inclusion, d’authenticité et d’humilité. Des valeurs que l’équipe graphiste a souhaité mettre à l’honneur sur l’affiche cette année. Fédérateur à bien des niveaux, cet événement nous réunit tous sur une même ligne de départ, avec un même objectif, celui de partager les émotions d’une passion commune. »

20 ans de l'UTMB 3-AFFICHE
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Il avait annoncé vouloir travailler sa vitesse en vue de la Western States Endurance Run, et avait fait du Marathon de Paris une étape dans sa préparation, histoire de se jauger après sa préparation au Kenya. Résultat très convaincant pour Mathieu Blanchard, qui en passant sous la barre des 2h30 rentre dans le cercle très fermé des ultra-traileurs performants sur marathon. Récit d’un dimanche pluvieux, mais d’un marathonien heureux.

Paris : un marathon pas très rapide

Le record masculin du Marathon de Paris est détenu depuis 2021 par le Kényan Elisha Rotich en 2h 4min 21s. Un chrono très éloigné des 2h 01mn 9s réalisés en septembre 2022 par le coureur kényan Eliud Kipchoge sur le marathon de Berlin, réputé le plus rapide du monde. D’autres marathons sont réputés rapides, comme Rotterdam ou Valence, en raison de leur parcours très plat et sans virages à angles droits. Ce qui n’est pas le cas du parcours de la capitale, qui compte de plus un dénivelé d’environ 200 mètres.

Côté français, c’est Morhad Amdouni, 3e en 2022, qui détient le record de l’épreuve (et record de France) en 2h 05mn 22s. Chez les femmes, le record de l’épreuve est détenu par la gagnante de 2022, la Kényane Judith Jeptum. Elle est la première femme à être descendue sous les 2h 20mn avec un chrono de 2h 19mn 48s. Il est cependant difficile d’établir des comparaisons, le parcours évoluant quelque peu d’année en année.

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Le parcours du Marathon de Paris 2023.

Marathon de Paris 2023 : des conditions météo peu favorables

Deuxième marathon du monde en terme de nombre de participants derrière le marathon de New York, cette 46e édition du Marathon de Paris s’est déroulée sous un temps gris et frais. Ajoutez à cela un taux d’humidité de 60 à 70% qui n’aide pas à la respiration, et des rafales de vent parfois assez violentes. Des conditions météorologiques clairement peu favorables pour battre des records. Et qui ont amené les principaux favoris à partir prudemment, redoutant sans doute les grandes lignes droites face au vent de 2e partie de course.

Marathon de Paris 2023 : victoire de Abeje Ayana, un jeune Éthiopien de 20 ans

Chez les hommes, il aura fallu attendre le 35e kilomètre pour que le peloton explose. Responsable : le favori de la course, l’Éthiopien Guye Adola, meilleur performeur du plateau en 2h 03 46s (22e meilleure performance de tous les temps). Adola se retrouvait alors seul avec le jeune Abeje Ayana, athlète d’à peine 20 ans surtout connu pour sa rapidité sur semi-marathon (record personnel en 59mn 39s). Visiblement très sûr de lui, Ayana dynamitait la course à 4,5 km de l’arrivée, sautant les ravitaillements et plaçant une accélération à laquelle Adola ne pouvait répondre. Il fonçait vers la victoire, signant un chrono de 2h 07mn 15s. Guye Adola termine deuxième à 20 secondes de AyanaJosphat Boit complète le podium, 5 secondes après Adola.

Premier Français, Medhi Frère termine 10e en 2h 11mn 05. Il ne réalise pas les minima olympiques pour Paris 2024 (2h 08mn 10s). Mais il aura encore des occasions de les réaliser, jusqu’au 30 avril 2024. Quant à Morhad Amdouni, en délicatesse avec son genou, il termine 13e en 2h 12mn 45s. « Dans le cadre de ma préparation des championnats du monde, c’était une étape dans des conditions difficiles, avec du vent et de la pluie, a-t-il commenté. On devait partir sur des bases plus rapides mais le pacer n’a pas réussi sa mission à cause de ces conditions difficiles. Mais je suis content de finir ici chez moi, à Paris. »

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Victoire du jeune Abeje Ayana. Photo DR

Marathon de Paris 2023 : victoire au sprint chez les femmes

Chez les femmes, il aura fallu attendre les derniers mètres pour que la victoire se dessine pour la Kényane Helah Kiprop. Alors qu’un groupe de 5 était resté compact jusqu’aux 500 derniers mètres, Kiprop, qui semblait avoir le plus de difficultés, a fourni un effort colossal pour venir couper la ligne en première position, quasiment au cassé, en 2h 23mn 19s. Elle devance sa compatriote Atalet Anmut, créditée du même temps. Une autre Kényane, Fikrte Wereta, monte sur la 3e marche du podium, 2 secondes après la gagnante.

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Victoire au sprint de Helah Kiprop. Photo DR

Marathon de Paris 2023 : Mathieu Blanchard impressionnant

En terminant 35e en 2h 22mn 36s, soit une allure moyenne de 3mn 23s au kilomètre, Mathieu Blanchard a réalisé une performance exceptionnelle. Rares sont en effet les ultra-traileurs à avoir réussi à passer sous la barre des 2h30. Surtout quand, comme Blanchard, ils ne viennent pas de l’athlétisme et du demi-fond.

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Mathieu Blanchard à quelques mètres de la ligne d’arrivée. Photo DR
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Les temps de passage de Mathieu Blanchard. Source Marathon de Paris

Parmi les ultra-traileurs les plus rapides, on trouve le Néo-Zélandais Jonathan Wyatt, sextuple champion du monde de course en montagne entre 1998 et 2005. Wyatt a en effet à son actif d’impressionnants chronos sur marathon. Son record : 2h 13mn au Marathon de Hambourg, en 2003. Et puis il y a bien sûr le missile américain Jim Walmsley, qui a signé un chrono de 2h 15mn 05s aux Trials d’Atlanta en février 2020. Côté français, seul Sébastien Spehler avait déjà réussi à passer sous la barre des 2h30. Il a un record personnel de 2h 24mn 43s établi sur le marathon du Beaujolais, en 2018.

Lire aussi notre article : Que valent les meilleurs traileurs sur marathon ICI

Chez les autres ultra-traileurs français ayant couru ce dimanche le Marathon de Paris, on notera les belles performances de Vincent Viet, autre membre du team Salomon, qui termine 94e en 2h 33mn 07s. Un chrono correspondant à une allure moyenne de 3mn38 au kilomètre. Quant à Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui courait sur ses terres et a un record personnel de 2h 56mn 08s à Paris, il a terminé en 3h 00mn 58s, soit 4mn18 au kilomètre.

A noter que Yoann Stuck, récent vainqueur de l’EcoTrail Paris sur le 80km, n’a pas pris le départ. Ses jambes n’étaient pas au rendez-vous, a-t-il expliqué.

marathon de paris casquette verte
Une casquette verte à la fin du Marathon de Paris. Photo Instagram / DR
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La distance « ultra » est celle qui fait le plus rêver et couler d’encre. Au-delà de 60-80 kilomètres, les athlètes découvrent un autre univers, où aux moments de doute succèdent des moments d’euphorie totale. De vraies montagnes russes. Alors quand 3 athlètes du team Sidas Matryx parlent de ce que représente l’ultra-trail, comment ils y sont venus, les émotions qu’ils y vivent, on ne peut qu’être captivé. Embarquez avec Camille Bruyas, Baptiste Chassagne et Philipp Ausserhofer…

Roller Coaster, l’ultra passion

Quel meilleur terme que Roller Coaster (montagnes russes) pour désigner ce que peut ressentir un ultra-traileur durant une épreuve. Dans ce film de 11 minutes, vous découvrirez les trajectoires très différentes de 3 athlètes du team Sidas Matryx.

Première d’entre eux, Camille Bruyas raconte être venue au trail en 2016 après avoir fait du basket et de l’athlétisme. Ce qu’elle aime dans l’ultra, c’est cette idée de course longue dont on prend le départ sans jamais savoir si on ira au bout.

Roller Coaster camille bruyas
Camille Bruyas à la découverte de l’ultra version américaine sur la Western States 2022.

De son côté, le jeune Baptiste Chassagne s’est peu à peu révélé dans le trail après avoir surtout privilégié les études, et n’imagine plus vivre sans. Il se qualifie de diesel, avoue ne pas être suffisamment rapide pour du court et a donc une attirance pour les efforts longs. Son tout récent titre de champion de France, et sa sélection pour les Mondiaux de trail à Innsbruck, donne tout un sens à sa passion.

Lire aussi notre article : Championnats de France de Trail, le débrief des coureurs, avec les réactions de Baptiste Chassagne ICI

baptiste chassagne
Le bonheur de Baptiste Chassagne après sa victoire aux Championnats de France de Trail Long 2023. Photo DR

Quant à l’Italien Philipp Ausserhofer, qui a grandi en milieu montagnard dans le sud Tyrol et s’est pris de passion pour le ski-alpinisme et le trail, il ne rêvait que d’une seule chose : courir l’UTMB. Ce qu’il a fait en 2022. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu…

Roller Coaster Philipp
Philipp Ausserhofer préparant l’UTMB 2022.

Roller Coaster, le film

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