Alors que Kilian Jornet vient d’annoncer sa décision de ne pas prendre le départ de la 50ème édition de Sierre-Zinal, le 12 août, en raison d’un œdème osseux, les questions se bousculent. Qu’est-ce qu’un œdème osseux ? Comment le soigner ? Kilian pourra-t-il prendre le départ de l’UTMB, le 1er septembre ? Éléments de réponses.

Kilian Jornet : “une douleur au fessier droit”

C’est l’annonce que tout le monde redoutait, mais que l’on sentait venir. Après avoir terminé 48e de l’épreuve la plus courte (16km) de l’Eiger Ultra-trail by UTMB, qu’il a courue dans le seul but de valider son ticket pour l’UTMB Mon-Blanc, Kilian Jornet avait précisé ne pas avoir pris de risque car il était « perturbé par une douleur au fessier droit ». Se voulant rassurant, le champion espagnol avait précisé : « L’entraînement se passait très bien jusqu’à ce que je me blesse il y a deux jours. Je suis content de ma forme et de la façon dont l’entraînement se déroule, donc je dois juste me remettre de ma petite blessure. »

Œdème osseux : l’annonce de Kilian Jornet

Hélas, les choses ne se sont pas arrangées depuis. Et fin juillet, la nouvelle est tombée, via son instagram, où il a publié une photo de lui en vélo, accompagné d’un texte explicatif. « Eh bien, il semble que je serai sur le vélo pendant quelques jours. Quelques jours avant Eiger Ultra-trail, j’ai commencé à ressentir des douleurs à la hanche droite. Je pensais que c’était un problème musculaire ou une tendinite qui disparaîtrait avec quelques jours d’entraînement facile, mais après un contrôle, nous avons découvert que c’est un œdème osseux.

J’ai probablement repris trop vite pour faire de très grosses semaines après l’expédition en Himalaya, d’où nous revenons toujours un peu plus faibles, surtout cette année avec le virus et l’avalanche, et je n’ai pas travaillé sur la force pour prendre soin de ma jambe gauche affaiblie. Je me sentais bien lors de mes entraînements mais bon, ça fait aussi partie de la notion de repousser les limites… Avoir cette blessure si près des courses est un mauvais timing, mais gérer les blessures et le rétablissement fait partie de la vie d’un athlète. Je vais me concentrer sur la récupération, et voir quand je pourrai courir à nouveau ! »

Logiquement, Kilian Jornet a donc annoncé son DNS pour Sierre-Zinal, dont il était l’une des principales têtes d’affiche. Une course historique qu’il a déjà gagnée 9 fois et dont il détient le record. Et le suspense reste total pour l’UTMB…

Lire l’article Sierre-Zinal : Kilian Jornet forfait, qui sont les favoris ?

SWITZERLAND SIERRE ZINAL MOUNTAIN RACE
Kilian Jornet et Maude Mathys, tous 2 détenteurs des records masculin et féminin de Sierre-Zinal. Photo DR

Qu’est-ce qu’un œdème osseux ?

Un oedème osseux est une inflammation qui se produit à l’intérieur de l’os. Lorsque l’os est trop sollicité, qu’il subit des frottements ou pressions, la moelle osseuse produit une sorte de liquide inflammatoire pour le protéger. Chez les sportifs, cette augmentation de la rétention d’eau survient le plus souvent au niveau de l’articulation de la hanche, du genou ou de la cheville, et provoque une douleur très localisée, sourde, lancinante, et qui peut ensuite devenir de plus en plus présente, même lorsque le corps est au repos. Chez les coureurs à pied, les causes sont rarement dues à des traumatismes directs tels que des coups, mais plutôt à des micro-traumatismes causés par des impacts répétitifs.

Œdème osseux et risque de fracture de fatigue

C’est le gros risque auquel s’expose Kilian Jornet, et tous les athlètes souffrant d’œdème osseux. Il s’agit en effet d’une blessure sérieuse, complexe, dont l’évolution est assez lente. Si les temps de ménagement et de repos ne sont pas respectés, cela peut entraîner une fracture de fatigue.

Comment soigner un œdème osseux

Le principal traitement de l’œdème osseux est… le repos. Ou du moins, une réduction considérable de l’activité physique, et une modification profonde de l’entraînement, afin de ne plus solliciter la zone inflammée. Dans le cas de Kilian Jornet, le vélo, moins traumatisant, peut venir se substituer à la course à pied, sous réserve que l’œdème ne soit pas trop développé. Il existe par ailleurs différents traitements permettant de résorber l’œdème en lui-même, comme la radiofréquence.

Quand reprendre la compétition ?

C’est la grosse question, qui dépend de l’importance de l’œdème. En règle générale, on considère que pour qu’un œdème se résorbe totalement sans aucun autre traitement que du repos, il faut compter minimum 2 à 3 mois. Et jusqu’à 6 mois pour des œdèmes plus importants. Les divers traitements destinés à résorber l’œdème peuvent raccourcir ce temps de guérison, et permettre de continuer certains exercices, en surveillant attentivement l’évolution de la blessure.

Kilian Jornet peut-il être au départ de l’UTMB ?

Détenteur du record masculin du nombre de victoires (4), et du record de l’épreuve depuis 2022 (19h 49mn 32s) , Kilian Jornet ne prendra pas le départ de l’UTMB pour faire de la figuration. C’est donc uniquement s’il est proche de 100% qu’il sera sur la Place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix, le 1er septembre prochain. Si, en 2022, il avait pris le départ légèrement diminué par le COVID (on se souvient qu’il était masqué sur la ligne de départ, et juste après l’arrivée), un œdème osseux partiellement résorbé n’est pas un handicap de même nature. Il ne permettrait pas à Kilian Jornet de courir normalement, encore moins sur 170 kilomètres, et lui ferai prendre des risques importants pour toute la fin de saison.

Ceci étant dit, il est difficile de se prononcer sur la participation ou non sans avoir connaissance des résultats des examens ayant déterminé la nature de l’œdème. Il s’agit d’examens par résonance magnétique ou scintigraphie osseuse, afin de pouvoir identifier la quantité de liquide interne dans l’os, qui ne peut pas être vue par simple radiographie. Si l’on fait des hypothèses, et en considérant que Kilian Jornet a identifié sa blessure après l’Eiger Ultra-trail qui se tenait le 21 juillet, il se sera écoulé 1 mois et 10 jours entre le début de son traitement et le départ de l’UTMB.

Dès la fin du mois de juillet, Kilian s’entraînait à vélo. Ce qui pourrait laisser supposer que son œdème n’est pas très important. Ou, en tout cas, insuffisamment important pour impliquer un arrêt et repos complet. Ce qui laisse une note d’espoir aux optimistes qui rêvent de le voir disputer cette 20ème édition de l’UTMB. Quant aux pessimistes, qui savent en plus que le Catalan a gagné en maturité et ne prendra aucun risque concernant sa santé, ils ont déjà tiré un trait sur sa participation.

Départ UTMB Photo Buff : DR
Kilian Jornet sera-t-il parmi ces coureurs le 1er septembre 2023 ? Mystère ! Photo Buff / DR
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Alors que le 1er septembre sera donné le départ de la 20ème édition de l’UTMB, voici le palmarès des 19 premières éditions et les statistiques à connaître pour être (partiellement) incollable sur le sujet.

Le palmarès et les chronos des UTMB depuis 2003

2003 : Dawa Sherpa (Népal) 20h05mn59s et (24e) Krissy Moehl (USA) 29h38mn24s (155km)

2004 : Vincent Delebarre (F) 21h06mn18s et (14e) Colette Borcard (CH) 26h08mn54s (155km)

2005 : Christophe Jaquerod (CH) 21h11mn07s et (25e) Lizzy Hawker (RU) 26h53mn51s (155km)

2006 : Marco Olmo (It) 21h06mn06s et (25e) Karine Herry (F) 25h22mn20s (158km)

2007 : Marco Olmo (It) -2e victoire- 21h31mn58s et (19e) Nikki Kimball (USA) 25h23mn45s (163km)

2008 : Kílian Jornet (Esp) 20h56mn59s et (14e) Lizzy Hawker(RU) -2e victoire- 25h19mn41s (168km)

2009 : Kílian Jornet (Esp) -2e victoire- 21h33mn18s et (11e) Krissy Moehl (USA) -2e victoire- 24h56mn01s (168km)

2010 : Jez Bragg (RU) 10h30mn37s et (19e) Lizzy Hawker (RU) -3e victoire- 11h47mn30s (100km)

2011 : Kílian Jornet (Esp) -3e victoire- 20h36mn43s et (13e) Lizzy Hawker (RU) -4e victoire- 25h02mn00s (170km)

2012 : François D’Haene (F) 10h32min36s et (16e) Lizzy Hawker (RU) -5e victoire- 12h32mn13s (103km)

2013 : Xavier Thévenard (F) 20h34min57s et (7e) Rory Bosio (USA) 22h37mn26s (168km)

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Xavier Thévenard lors de sa première victoire, en 2013. Photo Jocelyn Chavy / UTMB

2014 : François D’Haene (F) -2e victoire- 20h11min44s et (14e) Rory Bosio (USA) -2e victoire- 23h23mn20s (168km)

2015 : Xavier Thévenard (F) -2e victoire- 21h09mn15s et (19e) Nathalie Mauclair (F) 25h15mn33s (171km)

2016 : Ludovic Pommeret (F) 22h00min02s et (20e) Caroline Chaverot (F) 25h15mn40s (171km)

2017 : François D’Haene (F) -3e victoire- 19h01mn54s et (41e) Núria Picas (Esp) 25h46mn43s (163km)

2018 : Xavier Thévenard (F) -3e victoire- 20h44mn16s et (33e) Francesca Canepa (It) 26h03mn48s (171km)

2019 : Pau Capell (Esp) 20h19mn07s et (21e) Courtney Dauwalter (USA) 24h34mn26s (171km)

2020 : édition annulée en raison de la pandémie de Covid-19

2021 : François D’Haene (F) -4e victoire- 20h45mn59s et (7e) Courtney Dauwalter (USA) -2e victoire- 22h30mn54s (171km)

2022 : Kílian Jornet (Esp) -4e victoire- 19h49mn30s et (22e) Katie Schide (USA) 23h15mn12s (171km)

Lire aussi notre article 7 choses étonnantes que vous apprendrez sur l’UTMB

Le plus jeune et le plus vieux vainqueur de l’UTMB

Le plus jeune vainqueur de l’UTMB est Kilian Jornet, qui a remporté l’épreuve pour la première fois en 2008 à l’âge de 20 ans.

Le plus vieux vainqueur est l’Italien Marco Olmo, qui lors de sa 2ème victoire, en 2007, était âgé de 58 ans.

Les parcours de l’UTMB

L’UTMB le plus court : 100km en 2010 (Départ de Courmayeur)

L’UTMB le plus long (parcours officiel complet depuis 2015) : 171km

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Le parcours complet de l’UTMB, 171km.

Les records sur le parcours officiel complet

Masculin : Kílian Jornet (Esp) en 19h 49mn 30s (2022)

Féminin : Courtney Dauwalter (USA) en 22h 30mn 54s (2021)

Lire aussi l’article L’UTMB en 19h15, le chrono parfait

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Kilian Jornet lors de sa 4e victoire, en 2022. Photo UTMB Mont-Blanc / Paul Brechu

Les 8 multi-vainqueurs de l’UTMB

5 victoires : Lizzy Hawker (2005-2008-2010-2011-2012)

4 victoires : Kilian Jornet (2008- 2009-2011-2022) et François D’Haene (2012-2014-2017-2021)

3 victoires : Xavier Thévenard (2013-2015-2018)

2 victoires : Krissy Moehl (2003-2009), Marco Olmo (2006-2007), Rory Bosio (2013- 2014) et Courtney Dauwalter (2019-2021)

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Lizzy Hawker lors de sa 5ème victoire, en 2012. Photo DR

Les vainqueurs français de l’UTMB

Côté masculin : Vincent Delebarre (2004), François D’Haene (2012-2014-2017-2021), Xavier Thévenard (2013-2015-2018), Ludovic Pommeret (2016)

Côté féminin : Karine Herry (2006), Nathalie Mauclair (2015), Caroline Chaverot (2016)

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François D’Haene, le Français le plus titré, avec 4 victoires. Photo UTMB / DR

Podiums des meilleures nations sur l’UTMB

Côté masculin
1e :
France avec 18 podiums (9 victoires, 4 2es places et 5 3es places)
2e : Espagne avec aussi 18 podiums (5 victoires, 4 2es places et 5 3es places)
3e : Italie avec 3 podiums (2 victoires et une 3e place)

Côté féminin
1e :
États-Unis avec 10 podiums (8 victoires et 5 2es places)
2e : Royaume-Uni avec 6 podiums (5 victoires et une 2e place)
3e : France avec 15 podiums (3 victoires, 3 2es places et 9 3es places)

UTMB : l’affiche des 20 ans

Tant de souvenirs et d’euphorie depuis 2003 ! Les organisateurs ont récolté les photos des beaux moments vécus durant ces 20 ans. Coureurs, accompagnants, bénévoles, partenaires, communes et territoires, 600 photos sont dans cette affiche exclusive…

Pour en savoir plus sur l’affiche officielle, c’est ICI

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Il a gagné 10 fois Zegama, et seulement 9 fois Sierre-Zinal. Or dans sa chasse aux records, Kilian Jornet avait décidé de tout faire pour aller chercher une 10e victoire cette année. Et ce, même si l’opposition promettait d’être forte, tout le gratin mondial étant annoncé, avec un seul objectif en tête : battre le “patron” et monter sur la première marche du podium de cette 4ème manche de la Golden Trail World Series 2023. Sans doute jamais le plateau élite hommes n’aura été aussi relevé. Hélas, un œdème osseux contraint le Catalan a ne pas prendre le départ, prudence oblige, à 1 mois de l’UTMB. Kilian Jornet ne gagnera donc pas sa 10ème victoire lors de cette 50ème édition. Alors, quels sont les favoris ?

Sierre-Zinal 2023 : un plateau exceptionnel

Chaque année, Sierre-Zinal attire les meilleurs coureurs de la planète. Et ils seront plus que jamais tous présents le 12 août prochain, pour la 50ème édition de cette épreuve, l’une des plus anciennes et plus belles courses de montagne du monde. Avec 148 élites hommes et 100 élites femmes invités, le plateau annoncé est exceptionnel et promet une course fantastique, tant chez les hommes que chez les femmes. Entre ceux qui se battront pour marquer des points pour la Golden Trail World Series et ceux qui viendront pour performer et se rassurer 3 semaines avant l’UTMB, on ne peut rêver mieux.

Photo Philipp Reiter
Kilian Jornet en 2022. Photo Philipp Reiter

Sierre-Zinal, une course d’engagement total

31 km, 2200 mètres de montée, 1100 mètres de descente, le parcours de Sierre-Zinal, surnommée la course des cinq 4000 car elle permet d’admirer, pour ceux qui ont le temps de lever la tête, 5 sommets de plus de 4000 mètres, est une course d’engagement total. Aucun répit car après une montée très raide, c’est un long single de relances permanentes avant de plonger dans une descente vertigineuse vers Zinal.

Tous les coureurs qui ont déjà participé à cette épreuve le savent : aucune course d’attente n’est possible. Celles et ceux qui voudront s’économiser dans la montée pour ne pas se mettre dans le rouge ne pourront pas revenir ensuite. Et celles et ceux qui partiront trop vite exploseront avant la fin. Le dosage est donc subtil, pour être au rupteur pendant 31 kilomètres sans passer du côté obscur. Tout un art.

Découvrez le parcours 2023 en vidéo

Sierre-Zinal 2022 : la surprise kényane, Kilian Jornet battu

En débarquant l’an dernier pour la première fois sur Sierre-Zinal, le contingent d’athlètes kényans a fait des dégâts. Sur le plan sportif d’abord, avec des performances remarquables, des victoires chez les hommes comme chez les femmes et de nombreux coureurs dans les Top 10 masculin et féminin. Et sur le plan anti-sportif plus tard, avec la sanction pour dopage qui a frappé le vainqueur masculin, Mark Kangogo, déclassé, et les soupçons concernant Esther Chesang, gagnante chez les femmes, qui, sous le coup d’une suspension, n’aurait pas dû être autorisée à prendre le départ.

Tout le monde l’attendait en 2022 pour une 10ème victoire, qui aurait été sa 6ème victoire consécutive. Mais Kilian Jornet a été battu. Par lui-même d’abord, puisqu’il n’a pas été au meilleur de sa forme, souffrant de jambes lourdes dès le départ. Par plus performant que lui ensuite, puisque que même si Mark Kangogo a été disqualifié pour dopage, l’Espagnol Andreu Blanes, déclaré vainqueur, l’a devancé de 1 minute. Sans oublier le Kényan Patrick Kipngeno, qui a également devancé le patron de 43 secondes. Et, pour l’anecdote, l’Erythréen Petro Manu, qui a battu Kilian Jornet sur le fil, d’un centième de seconde, alors que ce dernier, qui avait quelques mètres d’avance, en profitait pour saluer ses supporters. Une erreur qu’il ne risque pas de reproduire.

Photo Jordi Saragossa
Mark Kangogo, vainqueur disqualifié en 2022. Photo Jordi Saragossa

Sierre-Zinal 2023 : un plateau élite hommes exceptionnel

En l’absence de Andreu Blanes, vainqueur 2022, on retrouvera sur la ligne de départ tous les athlètes classés dans le Top 10 de l’an dernier, à l’exception de Kilian Jornet et Daniel Osanz. Mais on verra également d’autres athlètes s’étant déjà illustrés ici, et des nouveaux venus très performants. Jugez plutôt :
Patrick Kipngeno, 2e l’an dernier.
Petro Mamu, 3e l’an dernier
Philemon Kiriago, 5e l’an dernier
Robert Pkemoi, 6e l’an dernier
Rémi Bonnet, 8e l’an dernier en 2h 34mn 37s, 9e en 2021, 8e en 2019. Affichant une forme insolente depuis le début de la saison, il visera certainement la victoire.
Robbie Simpson, 9e l’an dernier

Sierre-Zinal 2023 : attention à Jim Walmsley

Parmi ceux qui n’étaient pas là en 2022 mais connaissent bien la course, notons :
Jim Walmsley, 3e en 2019 en 2h31mn 53s, qui pourrait faire un gros chrono s’il passe bien la montée.
Davide Magnini, 5e en 2021, 10e en 2019, 7e en 2018
Roberto Delorenzi, 11e en 2021 en 2h 38mn 32s
Francesco Puppi, 13e en 2022, 14e en 2021, 16e en 2019, 4e en 2018 en 2h 35mn 54s, 3e en 2016
Eli Hemming, 20e de Sierre-Zinal en 2022, et qui vient de faire 2e du 42km du Marathon du Mont-Blanc 2023
Elhousine Elazzaoui, 31e en 2019, mais qui vient de s’imposer brillamment sur la 3e étape des GTWS, la Dolomyths Run.

Parmi les néophytes, notons également :
Tom Evans, vainqueur de la WSER 2023
Adam Peterman, USA, champion du monde de Trail Long 2022

Sierre-Zinal 2023 : les Français à suivre

Côté français, si le podium semble aléatoire, les chances de Top 10 seront réelles avec entre autres :
Anthony Felber, 11e en 2022, 18e en 2021
Sylvain Cachard, 12e en 2022, 42e en 2021
Thibaut Baronian, 6e en 2021 en 2h 34mn 57s, 14e en 2019, 26e en 2018, 6e en 2017, qui en sera à sa 7ème participation.
Julien Rancon, 8e en 2021, 6e en 2018, 7e en 2008, qui en sera également à sa 7ème participation.

On regardera également les performances de Thomas Cardin, qui découvrira la course, et de Mathieu Blanchard, qui était passé loin en 2022, 81e en 2h 57mn 51s.

Course femmes : qui pourra battre Nienke Brinkman ?

En l’absence de Maude Mathys, 3 victoires à son actif, blessée et en convalescence, et d’Esther Chesang, 1ère en 2022, la voie semble libre pour la Néerlandaise Nienke Brinkman, qui avait terminé 2ème en 2021 derrière Maude Mathys. Mais il faudra là aussi compter sur les femmes en forme du moment, classées dans le Top 10 en 2022 et connaissent bien le parcours :
Philaries Kisang, 2e l’an dernier
Sarah McCormack, 4e l’an dernier
Bailey Kowalczyk, 5e l’an dernier
Lucy Murigi, 6e l’an dernier
Nuria Gil, 7e l’an dernier, 8e en 2021
Tabor Scholl, 9e l’an dernier

Nienke brinkman - OK
Nienke Brinkman excelle en montée. Elle pourrait bien s’imposer cette année. Photo DR

Notons également quelques élites en forme :
Marcela Vasinova, 6e en 2021
Judith Wyder, 10e en 2021, 2e en 2019, et qui vient de remporter la Dolomyths Run.
Oihana Kortazar, 18e en 2022 , 17e en 2021, 9e en 2019 et 1ere en 2011 !
Theres Lebœuf, 16e en 2022

D’autres athlètes en forme découvriront le parcours. Parmi elles, notons :
Sophia Laukli, 1ère des 42km du Mont-Blanc 2023
Miao Yao, 2e des 42km du Mont-Blanc 2023
Allie McLaughlin
Caitlin Fielder
Emelie Forsberg
Fabiola Conti
Daniela Oemus, 1ere à Zegama 2023

Côté français, si on ne jouera pas pour le podium, on suivra tout de même les performances de :
Mathide Sagnes, 13e en 2022, 12e en 2021
Louise Serban-Penhoat, 23e en 2022
Noémie Vachon
Marie Goncalves
Laure Paradan

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Claire Bannwarth n’est pas une traileuse comme les autres. Elle, ce qu’elle aime avant tout, ce sont les aventures au long cours, au très long cours même ! À 34 ans, elle enchaîne les épreuves d’ultra, du « simple » 100 miles aux courses les plus folles de plus de 300km. Le 15 juillet, elle a fini 5e féminine de la Hardrock 100, la mythique épreuve d’ultra-endurance américaine, dans le Colorado, remportée par Courtney Dauwalter. Une semaine plus tard, elle vient de s’imposer sur la Tahoe 200 Miles Endurance Run, devenant la première femme à remporter le classement général de cette course, en 62h et 24 minutes. Un exploit colossal pour celle qui enchaînera avec l’UTMB début septembre, puis prendra également part en fin d’année au championnat du monde de 24h, une discipline qu’elle apprécie tout particulièrement. Il y a quelques semaines, Simon Chrétien a rencontré l’insuable championne. Rencontre avec un ultra-phénomène.

Pendant 6 ans, Claire Bannwarth a couru 40 km par jour pour aller au boulot !

Boulimique de travail ! Claire Bannwarth est un profil atypique dans le monde du trail. Alors que pour certains, l’épreuve de l’ultra-trail et ses 100 miles sont l’objectif d’une vie, elle, elle s’en coltine quasiment une chaque semaine ! Son agenda déborde. « Pour moi, accrocher un dossard, c’est une source de motivation. Une raison de me rentrer dedans, une façon de m’entraîner en quelque sorte », raconte- elle. Même si le sport fait partie de sa vie depuis toujours, rien ne la prédestinait pour autant à performer au plus niveau sur les épreuves de course à pied. Originaire de Châlons-en-Champagne, place forte de l’escrime en France, c’est naturellement au fleuret que Claire découvre dans un premier temps les joies du sport. « J’ai découvert la pratique en école maternelle et j’ai continué jusqu’à mes 23 ans. »

Malgré son haut niveau, marqué entre autre par une place dans le Top 16 mondial et un titre de championne du monde junior, la jeune prodige est contrainte de mettre sa passion de côté, faute de temps. « Quand j’ai commencé à travailler, je faisais des horaires à rallonge. Le fleuret étant un sport d’équipe, se pratiquant en club, je me suis vite rendue compte que ce n’était plus possible. » Ne lui reste donc plus qu’une solution pour continuer à se dépenser : la course à pied.

Et c’est à Paris, après des études à l’École des Mines de Saint-Etienne puis à Lyon, que Claire s’investit à fond dans le running. Si elle ne sait pas à quelle heure elle termine ses journées de travail, elle connaît l’heure où elle doit être au bureau. Elle décide donc naturellement de s’y rendre en courant. Quasi quotidiennement, pendant six ans, celle qui est actuaire dans les assurances cumule leS bornes, et pas qu’un peu : une quarantaine chaque jour. « Il faut bien avouer que j’ai toujours aimé courir, ne serait-ce que pour m’entretenir physiquement ou pour me déplacer car je n’ai pas le permis de conduire. »

Claire Bannwarth Photo DR
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Les dossards, une succession de concours de circonstances

C’est en 2017 seulement que Claire Bannwarth épingle son premier dossard, « un peu par hasard ». Sur route d’abord, à l’occasion du marathon de Rouen. C’est son mari qui l’entraîne dans cette aventure. Elle s’y engage donc sans la moindre prétention et pas vraiment d’entraînement spécifique. Malgré tout, elle termine l’épreuve en 3h15 et remporte la course chez les femmes. Le trail et les longs périples en montagnes viendront un peu plus tard, toujours par le fait du hasard.

« Nous étions à un mariage près de Grenoble et nous avons découvert, au fond d’une réserve, les panneaux de signalisation de l’Ut4M, une épreuve de 100 miles qui se dispute sur les massifs qui entourent Grenoble. Mes amis m’incitent alors à participer à la version Challenge, qui consiste à enchaîner quatre courses de format marathon en quatre étapes. Je me suis dit que ça ne devrait pas être pire que ce que je fais au quotidien. »

Celle qui n’avait jusqu’alors presque jamais mis un pied en montagne découvre un nouvel univers. « J’y suis vraiment allée en touriste. La preuve, la première étape, je l’ai faite avec des chaussures de running et un pantalon car j’avais mal interprété le règlement ! » Même si elle y prendra beaucoup de plaisir, elle se rend très rapidement compte que la course en montagne est bien différente de ce qu’elle pratique au quotidien à Paris. « J’ai vite compris que les descentes, c’était compliqué. Mon objectif lors de cette première expérience était donc simple : survivre ! En évitant la chute ! »

La « cadeau » de la Diagonale des Fous

Si l’expérience Ut4M Challenge lui plaît, Claire Bannwarth n’attrape pas le virus dans l’immédiat. Il faudra une énième fois un concours de circonstance pour que la machine s’enclenche pour de bon. Elle remporte ainsi, grâce à un jeu concours, un précieux sésame pour participer au Grand Raid de la Réunion, l’une des courses d’endurance les plus exigeantes au monde. « Je n’avais pas vraiment conscience de ce que c’était. Pour moi, c’était un 160km avec un peu de dénivelé… C’est sans doute ce qui m’a permis de m’y engager, sinon, je me serais mis des limites et je ne m’y serais pas mise aussi vite. »

Claire Bannwarth a moins d’un an pour se préparer. Pour être prête, elle n’a pas d’autre choix, il faut se tester en situation. Donc s’engager sur les courses. Elle commence avec le 80km de l’EcoTrail Paris, puis allonge la distance, afin de valider les étapes, les unes après les autres. Jusqu’à découvrir son premier ultra de 100 miles, quelques mois avant le Grand Raid. Ces expériences lui permettent d’apprendre de ses erreurs mais surtout de confirmer une chose : l’ultra-trail lui plaît 

Octobre 2018. Un peu plus d’un an après sa découverte du trail, la voici sur la ligne de départ de la course la plus bouillonnante de l’année. Au cœur d’un terrain aussi beau que technique, Claire Bannwarth s’engage pour la traversée de l’île intense de la Réunion. Et ça va mal. Dès le 50ème kilomètre, elle ne peut plus avancer. « J’étais à 1km/h dans les montées, se souvient-elle en riant. Ça a été très long. Je la termine tout de même en 49h. » Si la souffrance domine après-coup, la jeune femme tente avant tout d’analyser sa course. « Je me suis dit : “bon, comment je peux faire pour ça se passe mieux à l’avenir’’ ? »

Claire Bannwarth Ultra-Trail do Marao
Claire Bannwarth à l’arrivée de l’Ultra-Trail do Marao, au Nord du Portugal. Photo DR

Toujours plus de kilomètres

Depuis ce jour, Claire Bannwarth ne s’est jamais arrêtée. Trans Gran Canaria, MIUT, Lavaredo, Endurance Trail des Templiers, celle qui s’est depuis installée en Alsace enchaîne les ultras à un rythme effréné. Jusqu’à ce qu’un nouvel événement lui fasse découvrir un univers encore plus redoutable : celui de l’ultra-endurance, où les distances dépassent les 100 miles !

En 2020, la situation sanitaire liée au Covid l’empêche de participer à l’UTMB, annulé pour l’occasion. « À cette époque, la seule façon d’accrocher un dossard était d’aller courir en Suisse. Je me suis donc naturellement rapprochée de la Swiss Peak, et tant qu’à faire, je me suis inscrite sur l’épreuve la plus longue. » Celle de 320km et ses 22500m de D+ ! « C’est là que j’ai vraiment commencé l’ultra-distance, alors que je ne maîtrisais même pas encore le format des 100 miles. Mais c’est mon côté “on verra bien’’ qui a pris le dessus. » Elle boucle l’épreuve en 86h et termine deuxième chez les femmes. « Tout s’était vraiment bien passé, j’ai adoré. »

Claire se découvre de nouvelles qualités. « Je me suis rendue compte que j’étais plus forte sur le long car je suis capable de passer trois jours sans dormir. Finalement, après avoir couru six ou sept ultras, j’avais déjà envie de voir plus. Sur le très long, il y a davantage de facteurs de gestion à prendre en compte et on peut plus prendre son temps. Je préfère finalement ce côté aventure et ce doute de savoir si je vais être capable de terminer l’épreuve ou pas. »

Les 245km de la TransGranCanaria, les 345km du Tor des Géants puis la course XXL de la Volvic Volcanic Experience suivront. Jusqu’à ce début d’année 2023 et sa victoire sur la Spin Race au Royaume -Uni, un méga-ultra de 429km remporté dans des conditions météo extrêmes. Car Claire Bannwarth n’est pas simplement amoureuse de cet effort au long cours, elle en est aussi l’une des meilleures athlètes.

Claire Bannwarth et Luca Papi, autre fou d'ultra-distance. Photo DR
Claire Bannwarth et Luca Papi, autre fou d’ultra-distance. Photo DR

Claire Bannwarth, une compétitrice

« Quand je m’engage sur ce genre de course, ce n’est pas une balade, je viens pour tout défoncer ! » L’ultra-traileuse ne se présente en effet pas sur la ligne de départ sans objectif. Terminer, elle sait déjà faire. Ce qu’elle veut, c’est performer. Et gagner ! Et pour cela, elle s’en donne les moyens. Capable de peu dormir, Lapin Duduracell, comme la surnomme son mari, n’est en effet jamais à court de batterie. En témoigne ses journées dantesques. Car après son travail dans les assurances à temps complet, Claire Bannwarth enchaîne généralement sur un gros bloc d’entraînement. Elle file à la salle pour d’intenses séances de musculation. Spinning, vélo elliptique et montées de marche, voilà son programme. Sans compter la vingtaine de kilomètres quotidiens pour se rendre sur son lieu de travail.

Malgré tout cela, elle concède ne pas avoir vraiment l’impression de s’entraîner. « Si je fais 6h de sport par jour, c’est que j’aime ça. Je le sais, je suis une vraie droguée, je suis quelqu’un qui ne tient pas en place, qui a besoin de se vider la tête. » Mais pour performer à un tel niveau sur des distances aussi longues, il n’y a pas de secret : il lui faut emmagasiner du volume, du dénivelé. Et pour cela, elle n’a pas trouvé de meilleure solution que de s’engager sur les courses. Une façon aussi de « se rentrer dedans, de trouver la motivation et courir avec des gens… ».

Bosser 40 heures par jour, et courir en plus !

Il n’empêche, après toutes ces années à haut niveau, Claire Bannwarth n’a toujours pas accédé au professionnalisme. À son plus grand regret. « Je n’ai rien à faire assise derrière un bureau à remplir des fichiers Excel », sourit-elle. Malheureusement pour elle, « les ultra-distances ne sont pas encore très démocratisées. Globalement, les gens ne se rendent pas compte de ce que représentent ces courses-aventures, en autonomie bien souvent. Et les sponsors ne sont pas encore là. Parfois, sur des courses, je me retrouve à lutter contre des athlètes professionnels. C’est rageant de se dire que eux ne font rien d’autre que de courir quand toi tu travailles 40h par semaine. Mais c’est le jeu, et c’est finalement d’autant plus méritant. »

Mais alors combien de temps va-t-elle pouvoir tenir ce rythme de vie marqué par 10 000 à 12 000 kilomètres par an ? « Moi, je me vois durer jusqu’à ce que je ne puisse plus marcher ! » Plus sérieusement, la traileuse ne se pose pas la question. « Ça fait 20 ans que je cours et que j’enchaîne les gros volumes, c’est juste qu’à l’époque, je ne mettais pas de dossard. À ceux qui me disent que je vais me cramer, j’ai envie de leur demander de fermer leur bouche ! À la base, on est fait pour courir et certains font encore plus que moi. En tout cas je ne suis pas inquiète pour la suite. Si un moment le corps ou le mental ne suivent plus, alors j’arrêterai, mais tant que je ne me blesse pas, que je prends du plaisir, alors pourquoi se priver ? On n’a qu’une seule vie, et il faut la vivre ! »

Claire Bannwarth Cami de Cavalls 2023
Claire Bannwarth à l’arrivée du 185km du Cami de Cavalls 2023, sur l’île de Minorque, qu’elle a remporté. Photo DR

Claire Bannwarth à propos de sa 5ème place à la Hardrock 100 2023

23ème au scratch et 5eme féminine, Claire Bannwarth a mis 34h 51mn pour boucler la boucle de la Hardrock 100. Un résultat loin de ses attentes. Elle s’en est expliquée sur ses réseaux sociaux.

« Bon, je ne vais pas le cacher… je suis hyper déçue. Il y avait moyen de choper le podium. J’étais très en forme, je prenais un plaisir fou sur ces magnifiques sentiers du Colorado, me faisais bichonner comme pas possible à chaque ravito… Je gérais super bien ma course et j’étais partie pour finir en 32h, mais à la sortie de la base de vie d’Ouray, au km 90, en route vers Kroger’s Cantine, je me rends compte que quelque chose cloche : je n’arrive pas à courir les faux-plats montants qui normalement ne devraient pas me poser problème. Je trouve vite pourquoi : j’ai la gorge complètement prise. Et c’est le début d’un rhume de l’espace. J’ai certainement pris froid à Handies Peak avec le vent malgré, les 30 degrés de la journée… (Passage à plus de 4200 mètres d’altitude, point culminant de la course, NDLR).

Avoir un rhume à 2000m ça passe, à 4000, c’est la mort… Au ravito suivant, à Telluride, au km 115, on me prend ma saturation en O2 : je suis à 82 ! Pas grand chose à faire à part espérer qu’avec le retour du jour et de la chaleur j’aurai la gorge moins contrainte… Raté ! Ce furent les 45km les plus longs de toute ma vie. Je m’étouffais à chaque montée, je me suis vraiment demandée si j’allais réussir à finir. Heureusement, je pouvais quand même trottiner un peu en descente sans cracher mes poumons. Ça m’a permis de limiter la casse et de ne perdre que trois heures. Bref… faudra revenir du coup ! »

Depuis, Claire Bannwarth s’est vengée. En devenant la première femme à s’imposer au classement général de la Tahoe 200 Miles Endurance Run, elle rentre dans l’histoire.

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Spécialiste des équipements techniques de montagne à des prix accessibles, CIMALP fait une belle percée sur le marché concurrentiel du trail running. Le credo de cette entreprise familiale, forte aujourd’hui d’une trentaine de collaborateurs : innovation, durabilité et éco-responsabilité. Nous avons rendu visite au PDG et ses équipes, au cœur de la Drôme, à Saint-Marcel-lès-Valence, entre deux terrains de jeu exceptionnels pour le trail : les monts d’Ardèche et le parc Naturel du Vercors.

Lionel Marsanne et l’intuition du e-commerce

C’est un bâtiment sobre d’environ 3000m2, dans une petite zone commerciale en périphérie de Saint-Marcel-lès-Valence. Rien d’ostentatoire, on pourrait presque passer devant sans l’apercevoir. Et pourtant, derrière ces murs se cache une des marques françaises les plus dynamiques et innovantes de l’outdoor, portée par un leader visionnaire, Lionel Marsanne. Mais si l’histoire est belle aujourd’hui, tout n’a pas été si simple. Lorsqu’en 2009 son père, à la tête d’une petite entreprise familiale de textile comprenant plusieurs marques de prêt-à-porter, décide de tout vendre, Lionel hésite. Ingénieur de formation, plutôt scientifique, il a du mal à imaginer voir disparaître cet univers dans lequel il a baigné. Ayant (bien) vendu quelques temps plus tôt sa propre entreprise, il décide, à 29 ans, de se frotter à ce business si complexe et périlleux qu’est l’industrie textile en France. Sa conviction : stopper les boutiques et développer le e-commerce.

CIMLAP LIONEL MARSANNE Photo Cyrille Quintard
Lionel Marsanne. Photo Cyrille Quintard

2012, un nouveau départ

Mais entre l’idée et sa réalisation, il y a un monde. Brutal. Lionel Marsanne va y connaître l’enfer des journées de 20 heures, des semaines de 7 jours sans vacances ni temps pour sa famille, jusqu’à atteindre le point de non retour. En 2012, il met en vente, décidé à jeter l’éponge. Alors qu’aucun acquéreur ne pointe le bout de son nez, une opportunité inespérée surgit : les Chinois sont à la recherche de belles marques françaises pour leur marché. Ni une ni deux, il saute dans un avion, réserve 3 suites dans 3 hôtels chinois, présente les siennes et… bingo, il ramasse 300 000 euros. Pile l’argent dont il avait besoin pour se débarrasser des marques de prêt-à-porter, et ne garder plus que CIMALP, sur laquelle il décide de s’investir à temps plein.

Grâce à cette trésorerie, la marque passe de 30 à 70 modèles, multiplie les coloris, et le chiffre d’affaires suit. Désormais uniquement vendus en ligne et à la boutique d’usine de Saint-Marcel-lès-Valence, les produits CIMALP, fidèles à l’ADN historique de la marque, attirent de plus en plus de clients, en France comme à l’étranger.

Le défi du trail-running

Créée en 1964 par un alpiniste passionné, CIMALP évoque la cime des Alpes, en référence à son plus haut sommet, le mont Blanc. Et depuis plus de 50 ans, la philosophie de l’entreprise n’a pas changé: proposer des produits techniques et fiables à des prix accessibles. Mais si la réputation de la marque s’est construite autour d’un ADN montagne fort, Lionel Marsanne a toujours refusé de s’endormir sur ses lauriers et a décidé, en 2014, de s’orienter vers le marché de la course à pied nature, pourtant extrêmement concurrentiel, avec le même esprit : développer des équipements trail performants et durables à juste prix.

« C’est un marché très disputé, où il y a énormément d’acteurs, analyse-t-il, lucide. Mais pour moi, ce marché est un bon marqueur de la performance de la marque. C’est un sport de compétition, et les gens cherchent des produits performants, donc si vous n’êtes pas performant, les gens ne vous achèteront pas. Ce qui signifie que si on n’arrive pas à être bon sur le trail, c’est qu’on n’est pas dans la bonne direction. Et dans ces cas-là, il faut se remettre en question. »

Bien entendu, le trail n’est pas pour CIMALP un univers aussi important que la montagne ou la randonnée, deux des fleurons de la marque, mais Lionel Marsanne n’hésite pas à investir, guidé par sa logique : «C’est un peu comme Renault et la Formule 1, le trail nous sert de laboratoire. Je vais y mettre plus de moyens par rapport au chiffre d’affaires généré, parce que les produits que l’on développe pour le trail, par exemple les chaussures, vont nous permettre demain de faire de meilleures chaussures de rando.»

Lire aussi l’article Test Cimalp X-Race : taillée pour la vitesse

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La X-RACE, dernière-née des chaussures de trail CIMALP. Photo Cyrille Quintard

Être toujours en avance

L’innovation est sans doute l’un des principaux critères qui explique le succès de CIMALP aujourd’hui. Comme dans le marketing digital, par exemple. « On sera toujours petits, reconnaît Lionel Marsanne. Salomon est petit par rapport à Nike. Quand tu es gros, tu es attaqué de toutes parts, tu n’es jamais à la bonne position. La solution, c’est d’être toujours en avance. C’est ce qui fait notre succès aujourd’hui. Quand les gens achètent sur Facebook, on pense déjà au prochain canal de vente. Je suis toujours à l’affût. »

Innovation toujours quand il s’agit de technologie, avec un labo de R&D en ébullition permanente. « Je ne suis pas un vrai traileur, explique ce passionné de kitesurf et de ski, mais j’aime le côté compétition de ce sport de chrono, le choix des matériaux, l’aspect technique. Donc développer des produits pour le trail, ça m’intéresse, c’est mon domaine de prédilection. »

Et pour rester en tête au niveau de l’innovation, le CEO de CIMALP n’hésite pas à aller chercher les talents là où ils se trouvent. En Angleterre, en Pologne, en Finlande, aux États-Unis, ou plus proches, avec par exemple cette petite boîte lilloise pour un nouvel outil permettant de performer sur Facebook. « J’adore chercher, je n’hésite pas à m’entourer de gens plus performants que moi, avoue Lionel Marsanne. Ils ne sont pas là pour prendre ma place, mais pour exprimer leurs talents. »

Lionel Marsanne, l’avant-gardiste

Ingénieur de formation, Lionel Marsanne a fait de l’innovation et la R&D les piliers du développement de CIMALP, multipliant les technologies brevetées habituellement déposées par les géants du marché outdoor. Une volonté d’innover qui ne l’empêche pas de rester très attaché au respect du terrain de jeu, faisant tout pour limiter l’impact environnemental de l’activité de l’entreprise. Farouche adversaire de l’obsolescence programmée, il milite ainsi pour la durabilité des produits, auxquels il offre même une seconde vie au travers d’un atelier de réparation, et s’escrime à concevoir ses équipements de façon éco-responsable.

« Nos vêtements sont PFC free (débarrassés de substances toxiques) et nos tissus sont certifiés bluesign…, l’écolabel qui garantit des conditions de production économes en ressources naturelles, précise-t-il. Nous utilisons un maximum de tissus recyclés, des duvets synthétiques et des fibres végétales comme alternative éthique au duvet animal. Nous expédions nos colis avec des pochettes 100% recyclées et recyclables.»

Bien sûr, le CEO de CIMALP, dont l’intégralité de la fabrication se faisait à l’origine dans l’Hexagone, reconnaît que son entreprise n’a pas échappé à la crise de l’industrie textile française et qu’il a dû opérer un virage stratégique important. Aujourd’hui, la conception des vêtements (choix des tissus, design, testing) a lieu en France et en Europe, mais l’entreprise sous-traite désormais la fabrication à des partenaires basés essentiellement en Asie et en Europe. « Nous entretenons des relations de longue durée avec nos usines, affirme Lionel Marsanne. Nous sommes engagés sur les conditions de travail et même en Asie, où elles sont parfois rudes, nous militons pour faire changer les choses. »

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Dans la boutique CIMALP, la collection textiles trail. Photo Esprit Trail

La performance durable comme philosophie

Illustration de cet esprit d’innovation, l’une des particularités de CIMALP est de développer et breveter ses propres technologies, qui obtiennent parfois de meilleures performances que celles des géants américains. « Par exemple, la membrane Ultrashell® qui habille la veste de trail Storm Pro a été développée en 2016 par Lionel Marsanne en personne », raconte Olivier Roux, responsable export de la marque. Au départ, c’était pour des questions de prix par rapport aux membranes qui étaient sur la marché et qui imposaient d’appliquer des prix élevés, mais c’est vite devenu aussi pour des raisons de technicité et de durabilité.

La membrane Ultrashell® a été la première membrane imper-respirante digne de ce nom sur le marché, c’est-à-dire étanche à 20 000mm d’eau (20 000 Schmerber), avec une respirabilité de 80 000MVP, et conçue sans PFC ! Pour la petite histoire, il se raconte que Lionel Marsanne a regardé le film Dark Waters de Todd Haynes mettant en cause les agissements de la firme d’industrie chimique DuPont de Nemours, et que dès le lendemain, il a décidé de ne plus fabriquer aucun produit avec du PFC. Éco-responsabilité et challenge technologique, deux cordes d’un même arc avec lequel CIMALP aime décocher ses flèches.

Lire l’article Test Cimalp : 4 bonnes raisons de devenir un French Montagnard

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Le dernier-né de la gamme de Tee-shirts CIMALP, aux couleurs de la team. Photo Esprit Trail

Autre exemple maison, la technologie Cyclone, un tissu capable d’absorber et d’évacuer l’humidité 10 fois plus rapidement qu’un tissu traditionnel. « Nous avons notre propre vision du marché, raconte ainsi Lionel Marsanne. Certains équipementiers font des membranes haut de gamme, mais qui ne respectent pas les contraintes environnementales, qui sont une de nos préoccupations majeures. Ça ne va donc pas dans le sens de notre philosophie.» « Au cœur de l’Histoire CIMALP, il est question d’humanité, d’innovations et de conscience écologique, ajoute Marie Mathias, Marketing & Brand Manager. Sensibiliser le public aux enjeux environnementaux tels que la fonte des glaciers, chez CIMALP, cela fait aussi partie de nos missions. »

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La gamme iconique de CIMALP, French Montagnard. Photo Esprit Trail

Grandir, mais rester proche de sa clientèle

Aujourd’hui, l’entreprise commence à être à l’étroit dans ses locaux, et n’arrive plus à pousser les murs. Avec 150 commandes par jour en période creuse, et jusqu’à 3000 en période de Black Friday, à 85% en France et 15% à l’export – Allemagne, Italie et Espagne en tête – CIMALP a besoin de plus en plus d’espace de stockage et de collaborateurs. Pour expédier, mais aussi pour assurer un service client performant, nécessaire pour une entreprise 100% online digne de ce nom.

De 5 en 2015, la team CIMALP s’élève désormais à 32 personnes, et des recrutements s’annoncent. De même qu’un déménagement, d’ici 24 à 36 mois, dans de nouveaux locaux flambant neufs. « On ne va pas loin, à quelques centaines de mètres d’ici seulement, dévoile Olivier Roux. Lionel tenait énormément à l’ancrage local et à conserver ses salariés. » À voir l’ambiance dans les bureaux, CIMALP n’est pas prêt d’arrêter de tutoyer les sommets…

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En étant le premier à passer sous la barre des 20 heures et en établissant le record de l’épreuve à 19h 49mn 32s sur le parcours complet de l’UTMB l’an dernier, Kilian Jornet a placé la barre très haut. Son chrono paraît imbattable. Pourtant, en réalisant une course parfaite, il pourrait être pulvérisé. Explications.

UTMB : 171 km et 10 montées clés

Avec 171 km et 9963 mètres de dénivelé positif, le parcours complet de l’UTMB 2022 traverse 3 pays : la France, l’Italie et la Suisse, pour un tour complet du massif du Mont-Blanc. Il propose 10 montées clés. Celle qui est considérée comme la plus dure est la montée de la Croix du Bonhomme. Elle vient en début de course. C’est, en tout cas, celle qui présente le dénivelé le plus important en une seule fois : 1329 mètres, avec un point culminant à 2479m d’altitude. Cette montée commence dès la sortie de Saint-Gervais, mais grimpe sérieusement à partir du kilomètre 35, au passage appelé Notre-Dame de la Gorge. C’est là que les coureurs découvrent une ambiance survoltée, avec grand feu de joie et supporters hystériques, avant de s’enfoncer seuls dans la nuit.

Le Col de la Seigne et son voisin, le Col des Pyramides Calcaires, point culminant du parcours à 2567 mètres d’altitude, viennent en 2e position au niveau de la difficulté, avec 958m de dénivelé. Le Grand Col Ferret est souvent considéré comme un épouvantail, car il arrive après près de 100km de course. Mais il ne représente « que » 754m de dénivelé. En revanche, la montée faisant seulement 4,5km, elle est plutôt raide, ce qui la rend si redoutable.

La Tête aux Vents, avec 863m de D+, est la dernière grosse punition du parcours. Elle est infligée aux coureurs après 153km de course et déjà plus de 9000m de dénivelé avalés. Une fois franchie, il ne reste plus qu’à foncer vers Chamonix…

parcours UTMB
Le parcours de l’UTMB

UTMB 2022 : le film de la course

Si Kilian Jornet et Jim Walmsley ont pris les départs les plus rapides, Tom Evans et Zach Miller n’ont jamais été très loin. Au Col de la Seigne, après 6 heures de course, les 4 hommes se tenaient dans la même minute. Mathieu Blanchard accusait quant à lui un retard de 7 minutes sur ce groupe de tête. Jim Walmsley et Kilian Jornet allaient ensuite se détacher progressivement dans la nuit. Ils allaient arriver quasiment ensemble à Courmayeur, avec 11 minutes d’avance sur Tom Evans et Zach Miller, et 16 sur Mathieu Blanchard.

Entre le refuge de Bertone et Champex, Jim Walsmley allait produire son effort. Il distançait Kilian Jornet dans la montée du Grand Col Ferret et faisait une descente supersonique vers La Fouly pour atteindre la base de vie de Champex avec 13 minutes d’avance sur l’Espagnol. Et plus de 30 sur ses 2 compatriotes américains ! Il semblait alors s’envoler vers sa première victoire. De son côté, Mathieu Blanchard, rassuré par sa forme à Courmayeur, faisait jeu égal avec les chronos de Jim Walmsley et revenait à 2 petites minutes de Kilian Jornet. Il allait même quitter la base de vie de Champex avec lui grâce à un arrêt express. C’était le début de leur formidable bras de fer, qui allait tenir en haleine les spectateurs jusqu’à La Tête aux Vents.

C’est entre Plan l’Au et La Giète que Jim Walmsley, très dérangé et à bout de forces, allait connaître l’une des plus terribles défaillances de sa carrière. Après s’être longuement arrêté à Champex (8 minutes de pause !), l’Américain à la dérive allait se faire littéralement « déposer » par le duo Jornet-Blanchard. Il allait perdre plus de 30 minutes sur l’Espagnol entre Champex et La Giète.

UTMB JIM-WALMSLEY
Jim Walmsley en perdition à La Giète. Photo DR

La suite, on la connaît. Comprenant que Mathieu Blanchard était plus performant que lui en descente, Kilian Jornet tentait le tout pour le tout dans la terrible dernière montée de La Tête aux Vents. Pari gagnant, il faisait craquer le Français et prenait 8 minutes d’avance. Un écart suffisant pour ensuite gérer la descente vers Chamonix et s’imposer magistralement.

UTMB JORNET-BLANCHARD Photo Nick Danielson
Photo Nick Danielson

Lire l’article UTMB 2022 : fabuleux record pour Kilian Jornet

UTMB ARRIVEE-Photo Nick Danielson
Photo Nick Danielson

UTMB 2022 : les temps de pause sur les bases de vie

S’ils sont essentiels pour les ravitaillements solides, les recharges en boissons ou barres et gels, voire les changements de tenues, les ravitaillements ont aussi l’inconvénient de casser le rythme de course. Et de faire perdre de précieuses minutes sur le temps final. Au point que certains athlètes travaillent avec leur assistance, comme pour des Formule 1 lors des arrêts aux stands, pour perdre le moins de temps possible.

À ce petit jeu, c’est Mathieu Blanchard qui a été le plus rapide. Son arrêt le plus long n’a été que de 3 minutes à Courmayeur et Trient, contre 4 sur ces 2 mêmes bases pour Kilian Jornet. En temps cumulé, Mathieu Blanchard totalise seulement 12 minutes de pause, contre 17 pour l’Espagnol. Et Jim Walmsley, alors qu’il commençait à avoir des signes de faiblesse inquiétants, a été jusqu’à s’arrêter 8 minutes à Champex. Une éternité, à ce niveau !

UTMB JORNET-BLANCHARD Photo Nick Danielson
Photo Nick Danielson

L’UTMB en 19h 15mn, le meilleur de chaque segment

Pour calculer le chrono parfait, nous avons analysé les temps réalisés par les 5 meilleurs de l’UTMB 2022 sur chacun des segments. Nous avons ensuite cumulé les meilleurs temps enregistrés, quel que soit l’athlète qui les ait réalisés. De plus, nous avons également pris en compte les arrêts sur les bases de vie ou les ravitaillements, en retenant les arrêts les plus rapides. Le chrono parfait est donc un best of de Kilian Jornet, Mathieu Blanchard, Tom Evans, Jim Walmsley et Zach Miller. Et il donnerait… 19h 15mn. Soit 34 minutes de moins que l’actuel record de l’Espagnol ! Si un tel écart paraît considérable, n’oublions pas qu’en réalisant son fabuleux chrono de 2022, Kilian Jornet avait battu le précédent record établit par Pau Capell en 2019 de… 30 minutes !

Bien sûr, ce chrono parfait supposerait que l’athlète ne connaisse aucun coup de mou. Cela supposerait aussi qu’il soit tout le temps à l’attaque pour être le plus performant de tous les champions sur chacun des secteurs. Il permet néanmoins d’indiquer une marge de progression réelle. Et à voir la façon dont les athlètes sont aujourd’hui capables d’améliorer assez largement des records qui paraissent intouchables, tout espoir est permis pour la grande bataille de l’UTMB 2023…

UTMB 2022 : détail des chronos les plus rapides par segments jusqu’à Courmayeur

Chamonix > Col de Voza : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 1h09

Col de Voza > Saint-Gervais : Mathieu Blanchard en 37mn

Saint-Gervais > Les Contamines : Kilian Jornet, Jim Walmsley et Tom Evans en 51mn

Les Contamines > La Balme : Kilian Jornet et Tom Evans en 53mn

La Balme > Chapieux par le Col du Bonhomme : Mathieu Blanchard, Tom Evans et Jim Walmsley en 1h20

Arrêt Chapieux : Mathieu Blanchard 2 mn

Chapieux > Col de la Seigne : Zach Miller en 1h18

Col de la Seigne > Lac Combal : Kilian Jornet en 45mn

Lac Combal > Mont Favre : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 35mn

UTMB JORNET Photo Jordi Saragossa
Photo Jordi Saragossa

Mont Favre > Checrouit : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 22mn

Checrouit > Courmayeur : Jim Walmsley en 23mn

Arrêt Courmayeur : Mathieu Blanchard 3mn

UTMB 2022 : détail des chronos les plus rapides par segments de Courmayeur à Chamonix

Courmayeur > Bertone : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 52mn

Bertone > Arnouvaz : Mathieu Blanchard en 1h21

Arnouvaz > Grand Col Ferret : Jim Walmsley en 52mn

Grand Col Ferret > La Fouly : Jim Walmsley en 55mn

Arrêt La Fouly : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard 1mn

A

La Fouly > Champex : Mathieu Blanchard en 1h20

Arrêt Champex : Mathieu Blanchard 1mn

Champex > Plan l’Au : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 23mn

Plan l’Au > La Giète : Kilian Jornet en 1h02mn

La Giète > >Trient : Mathieu Blanchard en 29mn

Arrêt Trient : Mathieu Blanchard 3mn

Trient > Les Tseppes : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 40mn

Les Tseppes > Vallorcine : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 42mn

Arrêt Vallorcine : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard 2mn

Vallorcine > Tête aux Vents : Kilian Jornet en 1h12mn

Tête aux Vents > La Flégère : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 27mn

La Flégère > Chamonix : Mathieu Blanchard en 35mn

Alors, le chrono record de Kilian Jornet sera-t-il battu pour les 20 ans de l’UTMB ?
Rendez-vous le 2 septembre sur la ligne d’arrivée, place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix, aux environs de 13h30, pour avoir la réponse…

UTMB Photo UTMB-Mont-Blanc Paul Brechu
Rendez-vous le 2 septembre pour un nouveau record ? Photo UTMB-Mont-Blanc Paul Brechu
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3 courses, 3 victoires, 3 records. Cette année, quand Courtney Dauwalter prend le départ d’une course, elle la gagne et s’empare du record de l’épreuve. Retour sur les performances ahurissantes de l’ultra-terrestre féminine, et sur la suite de sa saison.

Courtney Dauwalter : 4 records mythiques

Imbattable ! Depuis juin 2019 et son abandon sur la Western States Endurance Run, Courtney Dauwalter a remporté toutes les courses de plus de 100km auxquelles elle a participé. Mieux, sur ses 4 dernières courses, la traileuse de 38 ans (depuis le 13 février) s’est imposée en battant à chaque fois le record de l’épreuve. Diagonale des Fous, Bandera 100K, Western States Endurance Run, Hardrock 100 : rien ne lui résiste. Même l’enchaînement WSER / Hardrock 100, 2 courses très exigeantes séparées de seulement 3 semaines, n’a pas freiné l’ardeur de l’Américaine. Elle devient la première athlète au monde à réussir le doublé la même année. Et première athlète à détenir les records absolus de 4 des courses les plus prestigieuses de la planète : la Diag’, la WSER, la Hardrock 100 (dans les 2 sens) et l’UTMB ! Retour sur un début de saison 2023… ahurissant.

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Insubmersible ! Photo DR

Bandera 100K, premier exploit de 2023

Tout commence le 8 janvier 2023. Courtney Dauwalter s’aligne au départ de la Bandera 100K, au Texas. La raison : ce parcours composé d’une boucle de 50 km et 2050m D+ à réaliser deux fois permet aux 2 premiers du classement masculin et aux 2 premières du classement féminin d’obtenir un « Golden Ticket » pour la Western States Endurance Run. La WSER est l’une des courses les plus mythiques des États-Unis, au nombre de places strictement limité. Et c’est surtout l’un des 2 piliers du pari fou de l’Américaine en cette année 2023. En effet, elle a décidé de se tester sur l’enchaînement de cette course, prévue le 24 juin, et de la Hardrock 100, l’autre mythe de l’ultra américain, programmée le 14 juillet. Et quand Courtney a une idée en tête…

Bien évidemment, l’athlète du team Salomon n’a pas laissé passé l’occasion d’obtenir son « ticket d’or ». Non seulement elle a remporté la course féminine et terminé 6e au scratch, mais comme si cela ne lui suffisait pas, elle s’est emparée du record de l’épreuve, détenu depuis 2017 par sa compatriote Stephanie Howe. Cerise sur le gâteau, en améliorant de 9 minutes le précédent chrono, Courtney Dauwalter est devenue la première femme à descendre sous les 9 heures (8h 59mn), malgré le terrain rendu boueux et glissant par les pluies. Un premier exploit qui en augurait d’autres…

Le défi WSER / Hardrock 100

« On a réussi ! », s’est-elle alors modestement contenté de commenter sur ses réseaux sociaux ! « Mes raisons de courir la Bandera 100K étaient de m’amuser, d’explorer le Texas et d’essayer une course que je n’avais jamais faite. Mais surtout je voulais vraiment un ticket d’or pour Western States 100 cet été. Incroyablement excitée d’avoir la chance de courir à nouveau ce 100 miles entre Olympic Valley et Auburn! » Et l’Américaine de préciser : « Faire le doublé Western States – Hardrock attise ma curiosité depuis quelques années. Deux courses de 100 miles complètement différentes à seulement trois semaines d’intervalle semble être un défi complètement fou que j’aimerais tenter. Et je suis très excitée d’avoir la chance de pouvoir le faire ! »

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Première course de l’année, 1ère victoire et 1er record battu lors de la Bandera 100K, au Texas, en janvier 2023. Photo DR

Western States Endurance Run : une course exceptionnelle, un record pulvérisé

Lorsqu’elle s’est présentée sur la ligne de départ de la WSER à Olympic Valley, en Californie, samedi 24 juin au petit matin, Courtney Dauwalter était déjà considérée par la plupart des spécialistes comme la plus grande ultra-runneuse de l’histoire. 15 heures 29 minutes et 33 secondes plus tard, l’Américaine avait levé tout doute possible, pulvérisant le record du parcours féminin de 78 minutes et devançant sa compatriote Katie Schide, gagnante de l’UTMB 2022, de 1 heure et 13 minutes.

Ce chrono stratosphérique, qui lui a valu la 6ème place au général, devant des athlètes réputés tels que Mathieu Blanchard pour ne citer que lui, aurait valu à l’Américaine la 2ème place au général en 2022 ! Il était plus rapide que 2 des 7 derniers chronos des vainqueurs masculins de la WSER ! D’autant plus exceptionnel qu’il a été obtenu sans l’aide d’un pacer, alors qu’ils étaient autorisés à partir du 100e kilomètre ! Et que ses temps sur la deuxième moitié de la course ont été tout simplement inimaginables, les plus rapides de tous les concurrents sur certains segments, laissant les spécialistes de l’ultra incrédules.

« C’était cool d’être de retour ici et d’atteindre la ligne d’arrivée après avoir abandonné en 2019 », a simplement commenté Courtney Dauwalter, qui s’était déjà imposée ici en 2018.

Lire notre article : Courtney Dauwalter, la performance de la décennie ?

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Courtney Dauwalter lors de sa victoire (et son record) sur la WSER. Photo DR

Hardrock 100 : no pain, no gain

« Sans souffrance, pas de victoire. » Telle sera sans doute la leçon que retiendra Courtney Dauwalter de cette Hardrock 2023, où elle a avoué avoir souffert comme rarement. Mais quelle récompense à l’arrivée ! 3 semaines seulement après sa course record à la Western States Endurance Run, l’Américaine a traversé les montagnes de San Juan dans le Colorado, pour aller embrasser la première le célèbre rocher à tête de bouc symbolisant l’arrivée.

Son temps : 26 heures 14 minutes et 8 secondes, la place 4ème au général, à à peine 2 minutes du podium. Elle est ainsi devenue le premier athlète, tous sexes confondus, à remporter la Hardrock 100 et la WSER la même année. Et a s’emparer du record absolu de l’épreuve, tous sens confondus. Mais que ce fut dur ! « J’avais l’impression de ne pas avoir les jambes aujourd’hui, mais j’ai été patiente. Aujourd’hui, c’était vraiment difficile », a déclaré la championne américaine à l’arrivée.

Courtney Dauwalter Hardrock 100 Photo Alexis Berg
Photo Alexis Berg

Hardrock 100 : comment Courtney Dauwalter a su surmonter la douleur

Puis, 24 heures plus tard, elle a donné une interview à nos confrères d’iRunFar, où elle est revenue plus longuement sur sa course. Alors que l’intervieweuse lui signifie qu’elle ne l’a jamais vu avec un visage de souffrance aussi marqué durant une grande partie de la course, Courtney Dauwalter précise : « La douleur est venue presque immédiatement, dès le départ. Même la première partie, je me sentais fatiguée, et c’était dur. Je me suis demandé ce qui n’allait pas. Genre, où sont mes jambes ? Où sont mes bras ? Où sont mes poumons ? Et où est ma tête ? Parce que rien ne fonctionnait ensemble. Et c’est resté comme ça à peu près toute la course. C’est une course où j’ai dû m’arracher pour aller chercher chaque mile. Aucun d’entre eux n’est venu gratuitement. C’était un effort total tout le temps. »

Voir l’intégralité de l’interview en vidéo ICI

Plus tard, alors qu’on lui demande comment, dans ces conditions, elle est parvenue à se dépasser, Courtney Dauwalter apporte des précisions. « J’ai accepté la situation. J’ai accepté l’idée que j’étais fatiguée, et j’ai donc essayé de ne pas trop me concentrer là-dessus. À la place, je me suis installée avec ce sentiment, je n’ai pas cherché à lutter contre. Je n’avais pas les solutions pour aller mieux, la seule chose que je pouvais faire, c’était attendre que les choses s’arrangent. Me donner du temps. »

Hardrock 100 : Anne-Lise Rousset exceptionnelle

À propos de Anne-Lise Rousset, qui a pendant longtemps mené la course, Courtney Dauwalter exprime toute son admiration. « J’ai adoré (être à la lutte avec elle durant la première moitié de,la course). Anne-Lise est incroyable. C’est une personne merveilleuse et si forte. Je l’ai rencontrée l’année dernière au Grand Raid, donc, nous nous connaissions déjà en quelque sorte, mais hier nous avons couru ensemble quelques kilomètres et c’était cool. […] C’est une coureuse très forte en général, mais c’est sûr qu’elle va très vite dans les descentes. À chaque fois, elle me semait, et je la rattrapais dans les montées… Elle est si forte, son jeu de jambes est si bon. »

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Grosse performance d’Anne-Lise Rousset Séguret, 2ème de la Hardrock 100, 7ème au général. Photo Cyrille Quintard

Courtney Dauwalter : quelle fin de saison ?

C’est la question qui brûle toutes les lèvres. Que va faire Courtney Dauwalter pour la suite de la saison ? Et c’est bien sûr la question que n’a pas manqué de lui poser notre confrère d’iRunFar . Mais l’Amércaine reste évasive. « Il y a encore beaucoup de courses un peu partout dans le monde, mais pour l’instant je n’y pense pas, c’est loin tout ça… […] Bien sûr, j’ai quelques idées pour août ou septembre, mais j’ai besoin de me donner un peu de temps, d’évaluer mon organisme, comment je me sens. Parce qu’hier, dans les derniers miles, je me disais : “Je ne sais pas si je franchirai un jour une autre étape”. C’était si dur… »

Dans 6 semaines aura lieu l’édition anniversaire des 20 ans de l’UTMB. Et, assurément, tout le monde rêve d’y voir Courtney Dauwalter continuer d’écrire l’histoire du trail féminin…

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Photo DR
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Ils étaient 146 au départ de Silvertone pour cette 30e édition de la Hardrock 100 dans les montagnes de San Juan. Et c’est le Français Aurélien Dunand-Pallaz qui a le premier embrassé le rocher blanc où est peint la tête de mouflon symbolisant l’arrivée. Il précède un autre Tricolore, le Basque Beñat Marmissolle. Immense exploit de Courtney Dauwalter, 4ème au général et première femme à réussir le doublé Western States Endurance Run / Hardrock 100, les 2 ultras majeurs des États-Unis, enchaînés en 3 semaines seulement.

Hardrock 100 : une petite course devenue mythique

Nous sommes à l’automne 1991. Une publicité, dans le magazine Ultrarunning, annonce la création d’une nouvelle course de 100 miles à travers les montagnes de San Juan, au sud-ouest du Colorado. Son nom : la Hardrock 100. Le concept : suivre les sentiers qu’arpentaient les mineurs dans les montagnes, à l’époque de la ruée vers l’or. L’homme derrière cette idée : Gordon Hardman, un habitant de Boulder, dans le Colorado, dont l’enthousiasme excessif compensait l’inexpérience relative. Associé à John Cappis, un habitant de Telluride, il établit un itinéraire reliant les quatre principales villes minières de la région : Silverton, Telluride, Ouray et Lake City, en utilisant principalement des sentiers et des chemins miniers historiques.

L’épreuve, terriblement exigeante, n’était déjà ouverte qu’à des montagnards avertis, ayant déjà à leur actif au moins une course de 100 miles. « Nous n’avons jamais eu l’intention d’organiser un événement qui ait autant d’attrait et de popularité, déclarera 20 ans plus tard Dale Garland, directeur de l’événement. Les premières années n’étaient pas du tout comme ça. » En effet : la première Hardrock Endurance Run (HR100) comptait… 18 engagés. Et petit à petit, par le bouche à oreille, le mythe allait se construire. 30, 40, 50, le nombre d’engagés augmente, puis devient tel qu’il faut désormais passer par une loterie pour avoir une chance de faire partie des coureurs autorisés à prendre le départ. Cette année, ils étaient 2 414 candidats. Et seuls 146 ont été retenus.

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Le profil terrible de la Hardrock 100, avec un plus haut passage au Handdies Peak, à 4285m d’altitude !

30 ans de courses, des chronos en chute libre

En 1992, c’est l’Américain David Horton qui s’était imposé sur la première édition de la Hardrock 100. Son temps : 32h 24mn. Depuis, les records n’ont cessé de tomber, et ce quel que soit le sens dans lequel la boucle est effectuée. Car c’est une des particularités de la Hardrock : changer de sens tous les ans. Un coup dans le sens des aiguilles d’une montre, l’année suivante dans le sens anti-horaire. Si les Américains ont longtemps été maîtres chez eux, depuis 10 ans, les Européens s’y illustrent également. Avec, en premier lieu, Kilian Jornet, détenteur du record absolu en 21h 36mn 24s (établi en 2022 dans le sens horaire). Dans le sens anti-horaire, c’est François D’Haene, avec son chrono de 2021, qui détient le record : 21h 45mn 50s.

Chez les femmes, le record dans absolu est détenu par l’Américaine Courtney Dauwalter depuis 2022. Elle a réalisé un chrono de 26h 44mn 46s dans le sens horaire, terminant 6e au général. Dans le sens anti-horaire, le record est détenu par l’Américaine Diana Finkel depuis 2009 en 27h 18mn.

A noter que Kilian Jornet est le plus titré sur cette épreuve, qu’il a remportée 4 fois : en 2014, 2015, 2017 et 2022.

Hardrock 100 : l’impressionnant cavalier seul d’Aurélien Dunand-Pallaz

S’il fallait résumer la course d’Aurélien Dunand-Pallaz en une seule image, ce serait sans doute celle du départ, vendredi 14 juillet à 6 heures du matin à Silvertone. A peine les coureurs se sont-ils élancés que le Français s’est arraché pour prendre une dizaine de mètres d’avance sur le peloton. Étonnante image d’un homme seul caracolant devant la meute. Plus personne n’allait le revoir ! Au terme d’une course parfaitement maîtrisée, Aurélien Dunand-Pallaz, au-dessus du lot, a tranquillement construit sa victoire. Grignotant minute après minute, il possédait déjà 5 minutes d’avance au premier ravito. Puis 10 au 25e kilomètre. Puis 20 à mi-course, lorsqu’il a rejoint son accompagnateur / pacer de luxe, Ludovic Pommeret.

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Aurélien Dunand-Pallaz, en tête de bout en bout, a parfaitement maîtrisé sa course. Photo DR
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Le baiser de la victoire. Photo DR

L’écart sur son poursuivant immédiat s’est encore creusé pour atteindre 35 minutes après 120 kilomètres, aux ¾ du parcours. Pour sa première participation, Aurélien Dunand-Pallaz s’impose en 23h 00mn 07s. Un chrono loin du record de François D’Haene, mais qui s’explique par des conditions d’enneigement importantes au-dessus de 3500m, ayant rendu la progression des coureurs difficile. Il devance de 50 minutes le Basque Beñat Marmissolle, auteur également d’une magnifique course. Un doublé français historique, Aurélien Dunand-Pallaz devenant le second tricolore à s’imposer sur la Hardrock 100, après François D’Haene. L’Espagnol Javier Dominguez arrache la 3ème place à Courtney Dauwalter, longtemps sur le podium. Il termine en 26h 12mn 01s. L’Américaine est devancée de 2 petites minutes.

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Beñat Marmissolle, heureux comme un gamin de vivre une telle expérience. Photo DR
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Le bonheur de Beñat Marmissolle à l’arrivée. Photo DR

Hardrock 100 : l’immense exploit de Courntey Dauwalter

On sentait qu’elle pouvait faire un podium, et elle a été à 2 doigts de le faire ! Partie prudemment, Courtney Dauwalter, qui s’était imposée il y a 3 semaines sur la Western States Endurance Run, record à la clé, ne savait pas trop si sa récupération allait suffire. Son mental et ses jambes ont fait le reste. Après avoir compté plus de 7 minutes de retard sur Anne-Lise Rousset Séguret, l’Américaine a pris les commandes de la course féminine au 1/3 du parcours. Pour ne plus la lâcher ! Elle pointait alors en 8e position et allait progresser raisonnablement jusqu’au 2/3 de la course, tandis que devant le coureur espagnol Javier Dominguez et les 3 coureurs américains qui la précédaient, Arlen Glick, Avery Collins et Dylan Bowman faiblissaient à vue d’œil.

Elle s’emparait de la 3ème place, synonyme de podium, à 30 kilomètres de l’arrivée. Hélas pour la belle histoire, l’Espagnol l’a rattrapée dans les derniers kilomètres. Courtney Dauwalter boucle les 160 kilomètres du parcours en 26h 14mn 08s et s’empare du même coup du record en sens anti-horaire. Un véritable phénomène.

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Le sourire de Courtney Dauwalter, une fois de plus phénoménale. Photo DR

Anne-Lise Rousset Séguret prend la seconde place, 7ème au général, à 1h15 de Courtney Dauwalter. Le jeune phénomène américain Annie Hughes, 25 ans à peine, prend la 3e place., 14e au général, en 32h 13mn 03s. Belle performance de l’inusable Claire Bannwarth, qui termine 5ème féminine, à la 24e place, après avoir longtemps été dans le Top 20.

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Anne-Lise Rousset Séguret, seconde derrière Courtney, comme lors de la Diagonale des Fous 2022. Photo DR
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C’est l’annonce que tout le monde attendait : Kilian Jornet devrait être au départ de l’UTMB 2023 à Chamonix le 1er septembre prochain, pour les 20 ans de l’épreuve. Dans une annonce sur ses réseaux sociaux et ceux de sa marque NNormal, le Catalan s’explique. Et tous les passionnés de se mettre à rêver : et si on revivait le duel Kilian Jornet / Mathieu Blanchard de 2022 ?

Kilian Jornet confirme son désir d’être à l’UTMB ?

Kilian Jornet a d’abord attendu d’être rentré de son long séjour dans l’Himalaya pour prendre sa décision. Lui qui n’avait annoncé en début d’année n’avoir qu’une seule course à son programme, Sierre-Zinal, pour la 50e édition, voulait savoir comment il se sentait, et s’il était capable de se relancer dans une épreuve de longue distance.

Visiblement, l’ultra-terrestre doit avoir les voyants au vert, puisqu’il a annoncé le 11 juillet dans une courte vidéo avoir envie de prendre le départ de l’UTMB 2023.

« Je suis rentré d’Himalaya et je voulais voir comment je me sentais, et dans quel état était mon corps. J’avais indiqué que je souhaitais faire des longues distances en fin de saison. J’aimerais participer à l’UTMB », a-t-il déclaré.

Mais pour cela, tout champion et tenant du titre qu’il soit, il devra aller chercher un point UTMB dans une course labellisée UTMB, nécessaire pour lui permettre de se qualifier pour Chamonix. C’est ce qu’il fera lors de l’Eiger Ultra Trail by UTMB, samedi 15 juillet, en s’alignant sur le 16km de l’épreuve. Pas la peine d’en faire plus, son indice UTMB lui permet de se contenter d’une seule running stone. Et sur ce format court, la victoire du Catalan devrait être une formalité.

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En mai dernier dans l’Himalaya. Photo NNormal

Kilian Jornet pour une 5ème victoire ?

Après avoir battu le record de l’épreuve en 2022, et être passé sous la barre des 20 heures, Kilian Jornet n’a qu’un seul objectif : être le premier à remporter 5 fois l’épreuve. À ce jour, ils ne sont que 2 à l’avoir gagnée 4 fois, François D’Haene et lui. Et François D’Haene, toujours pas totalement remis de sa fracture de la cheville en décembre dernier, ne sera pas sur la ligne de départ. L’occasion rêvée de conquérir une 5ème couronne.

Kilian Jornet lors de sa victoire et son record en 2022. Photo Organisation

Jim Walmsley n’attend que ça

Et l’on se prend à rêver d’une lutte au sommet entre l’Espagnol et l’Américain Jim Walmsley, qui a consacré une fois de plus tout son début de saison à préparer ce rendez-vous de Chamonix. Après avoir mené la course jusqu’au 120e kilomètre puis connu une terrible défaillance l’an dernier, gageons que l’Américain fera tout pour réussir enfin un UTMB parfait, celui dont il rêve depuis maintenant 4 ans. Et si ça passe enfin, la bataille promet d’être somptueuse.

Il faudra de plus compter sur une poignée d’autres coureurs pour contester la suprématie du Catalan. Parmi eux, Beñat Marmissolle, lancé dans son triptyque Hardrock 100-UTMB-Diagnole des Fous, et qui avait terminé 6e l’an dernier en ayant fait une course « sage ». Ensuite Arthur Joyeux-Bouillon, complètement focalisé sur cette course. Et peut-être Mathieu Blanchard, qui hésite encore mais pourrait être tenté par une nouvelle confrontation avec Kilian Jornet, après leur somptueux bras de fer de 2022.

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Mathieu Blanchard lors de la Western States Endurance Run, en juin. Photo DR

Mathieu Blanchard hésite encore

Sur les réseaux, Mathieu Blanchard répond à la question “Seras-tu à l’UTMB ?” ainsi : « C’est la question qui revient 100 fois par jour en ce moment. 15 jours post WS100. Famille, amis, BBQ, festival… j’ai pris du temps pour relaxer et me changer les idées. Il ne m’avait jamais fallu autant de temps pour récupérer. J’ai l’impression que courir non stop sur 160 bornes, sans quasiment jamais marcher, sur des hautes vitesses et dans la chaleur/altitude, c’est plutôt costaud. Je veux être très transparent avec vous. Mes sensations ne sont pas encore au top, mais c’est surtout la tête qui n’a pas encore retrouvé la flamme.

Envisager le combo WS100 + UTMB en mode performance max est un énorme défi! Je vais me donner encore du temps, reprendre l’entraînement tranquillement. Je ne veux pas me mettre de pression, les réponses viendront au cours de l’été en fonction des sensations et de la flamme en moi. »

Quoi qu’il en soit, ce retour de Kilian Jornet sur l’UTMB, pour les 20 ans de l’épreuve, ne peut que déboucher sur un formidable spectacle. Vivement le 1er septembre…

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Ce sera le gros suspense du 14 juillet : Courtney Dauwalter est-elle capable de faire un podium au classement général de la Hardrock 100, l’ultra-trail le plus prestigieux des États-Unis. Après sa victoire, record à la clé, sur la Western States Endurance Run il y a 3 semaines, l’Américaine, 6e au scratch l’an dernier, semble au sommet de sa forme. Mais la concurrence masculine ne se laissera pas faire. État des forces en présence.

Hardrock 100 : l’un des ultras les plus durs au monde

Le profil de la Hardrock 100 ferait mal à la tête de n’importe quel traileur, fût-il un cador. Imaginez une lame de scie de bucheron canadien, avec des dents très longues et pointues. Vous y êtes presque. La boucle de 100,4 miles (161,5 km), avec pour point de départ et d’arrivée la ville de Silverton, dans le comté de San Juan, n’est qu’une succession de pics à gravir pour un dénivelé positif total de près de 33000 pieds (10000 mètres).

Ici, pas de répit, on monte et on descend tout le temps. Et surtout, on monte haut, très haut. Car la particularité de cette épreuve, qui la rend si dure pour les organismes, est qu’elle se court à une altitude moyenne de plus de 3300m. Avec un point culminant, le Handies Peak, à 4282m ! Une des raisons pour lesquelles les éditions de 1995 et 2019 ont été annulées, à cause de la neige…

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Le profil infernal de la Hardrock 100.

Hardrock 100 : une édition 2023 dans le sens anti-horaire

L’une des particularités de l’épreuve, en dehors des altitudes très élevées auxquelles elle se déroule, est que la boucle change de sens d’une année sur l’autre. Imaginez un UTMB qui partirait une année vers la Suisse, puis l’Italie avant de revenir en France par Saint-Gervais, et qui l’année suivante serait dans le sens normal.

Qui dit alternance de sens dit difficultés différentes, même si le dénivelé est rigoureusement le même. Ainsi, Kilian Jornet a-t-il détenu les records dans les 2 sens, 22h 41mn 33s dans le sens horaire en 2014 et 23h 28mn 00s dans le sens anti-horaire en 2015.

Depuis, l’Espagnol a amélioré son chrono dans le sens horaire, en remportant la course l’an dernier. Il a établi une nouvelle marque en 21h 36mn 51s, battant de plus d’une heure son propre record. Quant au record dans le sens anti-horaire, il est désormais détenu par François D’Haene, qui a remporté l’épreuve en 2021 en 21h 45mn 51s.

Notons que désormais, les chronos records sont quasiment similaires, puisque seulement 9 petites minutes séparent les 2 marques, Kilian Jornet détenant de nouveau de record absolu.

L’édition 2022 s’étant déroulée dans le sens horaire, la 2023 se fera donc dans le sens anti-horaire, avec un record à battre, celui de D’Haene, de 21h 45mn 51s. Chez les femmes, le record dans ce sens est détenu par l’Américaine Diana Finkel depuis 2009 en 27h 18mn. Mais vu les conditions d’enneigement, avec de la neige à partir de 3500 mètres, le directeur de course, Dale Garland, considère que les athlètes auront du pain sur la planche pour monter et franchir les nombreux cols de haute montagne du parcours. “Ce n’est pas une année record”, a-t-il déclaré.

L’arrivée de Français D’Haene, record à la clé, en 2021. Photo DR

Hardrock 100 2023 : 2 Français parmi les favoris

Si la course semble en apparence assez ouverte, 4 athlètes sortent du lot et font figure de favoris. Premier d’entre eux, l’Américain Jeff Browning fait figure d’épouvantail. 4ème en 2014 et 2016, vainqueur en 2018, encore 5e en 2022, il est, à près de 52 ans, le plus expérimenté de tous les concurrents. Autre favori, l’Américain Dylan Bowman, 37 ans, est très attendu aussi. 2e en 2021, il avait terminé à 1 heure de François D’Haene, en 22h 45mn 50s. Il aura l’immense avantage de connaître le terrain dans ce sens. Notons que s’il traverse rarement l’Atlantique, Bowman s’était aventuré sur la Diagonale en 2021, quelques mois après la Hardrock, et avait fini 16e.

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Dylan Bowman. Photo RedBull / DR

Découvrez l’expérience Hardrock 2021 de Dylan Bowman en vidéo ICI

Les 2 autres favoris en terme de cote sont les 2 Français Aurélien Dunand-Pallaz, 31 ans, et Beñat Marmissolle, 41 ans. L’un comme l’autre n’ont jamais disputé de course outre-Atlantique, où la façon de courir n’est pas la même qu’en Europe. Ils ont néanmoins de bonnes raisons de croire en leurs chances.

Pour rappel, Aurélien Dunand-Pallaz avait terminé 2e de l’UTMB en 2021 et a effectué un ultra de rentrée satisfaisant en terminant 2e de la Maxi-Race, comme en 2022. De son côté, Beñat Marmissolle a connu un début de saison contrasté, mais surtout orienté vers la préparation du triptique infernal Hardrock 100, UTMB et Diagonale des Fous, un pari jamais réalisé jusque-là.

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Aurélien Dunand-Pallaz en phase d’acclimatation dans le Colorado. Photo Instagram

Hardrock 100 2023 : les Américains en force

Parmi les autres coureurs masculins figurant parmi les favoris, 3 d’entre eux n’ont jamais couru la Hardrock 100. Il s’agit de Arlen Glick, 30 ans, Avery Collins, 31 ans et Michael Owen, 34 ans. On pourra également suivre la performance de Chris Price, 42 ans, qui s’est déjà aventuré 3 fois sur cette épreuve qu’il connaît bien. Son expérience (4e en 2013 et 2015, abandon en 2017) pourrait être un sérieux atout face aux néophytes de l’épreuve.

Hardrock 100 2023 : Courtney Dauwalter imbattable dans la course féminine ?

Sur le papier, il n’y a pas vraiment photo. Et après la démonstration faite par Courntey Dauwalter sur la Western States Endurance Run il y a 3 semaines, encore moins. La façon dont elle a rattrapé puis « déposé » Mathieu Blanchard en dit long sur sa forme actuelle. Elle partira donc largement favorite de la course féminine, sur un parcours qu’elle ne connaît que dans le sens horaire. L’an dernier, pour sa première participation, elle s’est imposée en 26h 44mn 46s, terminant 6e au général.

Sa seule concurrente sérieuse semble être Anne-Lise Rousset-Séguret. Mais si la championne de France de Trail Long 2023 a bien préparé sa course en altitude, rappelons qu’elle ne s’est alignée qu’une seule fois sur un format 160KM. C’était en 2022 sur la Diagonale des Fous, et elle avait terminé à plus de 4 heures de l’Américaine…

Il faudra toute de même que Courtney Dauwalter se méfie du jeune phénomène Annie Hughes, une Américaine de 25 ans qui a déjà un palmarès impressionnant sur long et très long format. Si le manque d’expérience peut être un handicap, la fougue de la jeunesse peut être un avantage. Et le nombre de premières places décrochées en 2022 par Annie Hughes laisse rêveur…

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Courtney Dauwalter : une préparation… pas vraiment méthodique

Courtney Dauwalter, qui vit à Leadville, dans le Colorado, à une altitude de 3000 mètres, avoue que son approche du doublé Western States / Hardrock 100 n’a pas été méthodique, mais qu’elle se sent néanmoins prête et excitée. « En me lançant ce défi, je n’avais pas de plan de préparation pré-établi, et encore moins de plan de récupération pots Hardrock. L’idée de base était d’écouter mon corps, de prendre soin de mon cerveau et de me ressourcer le plus possible, explique l’athlète du team Salomon, âgée de 38 ans. Depuis la Western States, j’ai enchaîné une combinaison de marches, de vélo, de siestes, de jogging, de randonnées et, bien sûr, de bons repas. Je ne sais pas si j’ai réussi ce processus de récupération, je sais que je suis motivée pour aller courir dans les montagnes de San Juan. »

Courtney Dauwalter Photo Instagram Courtney Dauwalter 3
Photo Instagram Courtney Dauwalter

Courtney Dauwalter sur le podium ? Ce que disent les chronos

Sur le papier, les 3 favoris masculins devraient théoriquement terminer devant Courtney Dauwalter.
Dylan Bowman, 2e en 2021, a déjà réalisé un chrono de 22h 45mn 50s, loin devant les 26h 44mn 46s de l’Américaine l’an dernier.
Beñat Marmissolle en a aussi sous la pédale, puisque sur la Diagonale des Fous, il avait précédé Courtney Dauwalter de plus d’1 heure 20 minutes, 23h 14mn pour lui contre 24h 37mn pour elle.
Quant à Aurélien Dunand Pallaz, on peut se référer à son chrono sur l’UTMB 2021, où il avait terminé en 20h 58mn quand Courtney Dauwalter avait mis 22h 30mn.

Concernant les autres favoris américains, les 3 plus jeunes, Arlen Glick, Avery Collins et Michael Owen, ont des chronos de référence sur la Western States Endurance Run bien supérieurs à celui réalisé par Courtney Dauwalter il y a 3 semaines. En effet, celle-ci a signé un temps de 15h 29mn, là où le plus rapide des 3 Américains, Arlen Glick, a réalisé 15h 56mn en 2022 (3e place à la clé).

Si tout se passe normalement et que chacun est à son meilleur niveau, Courtney Dauwalter pourrait donc terminer 4e de cette édition de la Hardrock 100.
Mais si l’un des 3 favoris a une défaillance, c’est le podium qui pourrait se dessiner.
Qui prend les paris ?

Courtney Dauwalter Photo Instagram Courtney Dauwalter
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