Rendez-vous traditionnel des élites, le MIUT 2023, acronyme du Madeira Island Ultra Trail, a une fois de plus tenu en haleine le petit monde de l’ultra trail. Et les Français ont fait un véritable festival sur les différents formats, avec les victoires de Lambert Santelli et Manon Bohard sur le 115km, Thibaut Garrivier sur le 85km, Lucie Bidault sur le 60km, Jules Delabelle sur le 16km, et les podiums de Benoît Girondel, Lucie Jasmin, Anthony Costa, Noël Giordano, Anaïs Macian et Dylan Ribeiro…
Résultat MIUT 115 : Lambert Santelli devant Benoît Girondel
La course promettait d’être palpitante, et elle l’a été jusqu’au bout. Grand favori du format 115 km, surnommé la « petite Diagonale des Fous » en raison de son profil très exigeant (7100m D+) et de ses nombreux sentiers abrupts et escarpés, le Suédois Petter Engdahl, vainqueur de la CCC 2022, n’aura tenu son rang que le 1er tiers de la course, avant de sombrer. La victoire revient à un outsider de renom, le Corse Lambert Santelli, qui s’impose en 14h 01 mn 26s. 5e sur ce même format en 2019, 10e en 2022, il connaissait parfaitement le parcours piégeux de cette île et a su parfaitement mener son affaire. Il devance de 12 minutes et 12 secondes Benoît Girondel et de plus de 22 minutes le Portugais Luis Fernandez.
Lambert Santelli en plein effort. Photo Organisation
Une grosse satisfaction pour Girondel, 9e sur ce parcours en 2016 et qui revenait pour la première fois sur un ultra après son abandon sur blessure lors de l’UTMB 2022. Les 2 hommes ont toujours fait partie du peloton de tête, et ce n’est qu’au dernier tiers de course que Lambert Santelli s’est peu à peu détaché, grignotant seconde après seconde.
Benoît Girondel, le genou en sang, termine deuxième de ce MIUT 2023. Photo Organisation
A noter les très belles performances d’ensemble des Français, puisque 3 autres tricolores terminent dans le Top 10. Alban Berson, prend la 4e place (14h 24mn 35s), Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte termine 6e (14h 59mn 21s), et Patrick Bohard 8e ex-aequo (15h 07mn 12s).
Casquette Verte et sa traditionnelle langue pendante à l’arrivée du 115, avec une belle 6e place. Photo DRLe Top 10 du 115 km
Résultat MIUT 115 : exploit de Manon Bohard Cailler
Chez les féminines, exploit de Manon Bohard qui s’impose en 15h 48mn 58s et prend la 11e place au scratch, à 1h 47 de Lambert Santelli. La vice-championne de France de trail long 2023 devance la Suissesse Luzia Buehler et une autre tricolore, Lucie Jasmin, qui a été un temps leader, avant de céder du terrain sur la fin.
Magnifique victoire de Manon Bohard, 11e au scratch. Photo Organisation
Les 2 Françaises devancent la grande favorite de l’épreuve, l’Américaine Abby Hall, 3e de l’UTMB en 2022, 2e de la CCC en 2021, que tout le monde voyait déjà sur la première marche du podium, et qui termine très loin de Manon Bohard.
Lucie Jamsin, 3e. Photo Organisation
Résultat MIUT 85 : Thibaut Garrivier seul au monde
Il fallait être sur la ligne de départ pour avoir une chance de côtoyer Thibaut Garrivier, tant le coureur Hoka a survolé la course. 2e du 115 en 2022, vainqueur du 60 en 2021, il avait clairement fait de la victoire son unique objectif. En tête de bout en bout, il comptait déjà près de 40 minutes d’avance sur ses poursuivants à mi-course. Il a pu gérer tranquillement pour s’imposer en 8h 59mn 39s. Il devance un autre Français, Anthony Costa, qui termine à près d’une heure du vainqueur.
Chez les femmes, les espoirs de podium pour la France reposaient sur les épaules de Anaïs Macian, gagnante de l’Ultra Tour du Beaufortain 2022 (114km et 7200 D+). Elle termine 2e derrière la Suissesse Audrey Virgilio.
Thibaut Garrivier, auteur d’une course en solitaire, sourire aux lèvres. Photo DR
Décidément, la Corse est à l’honneur sur ce MIUT 2023. Après la victoire de Lambert Santelli sur le 115, c’est un autre insulaire, Noël Giordano, qui s’est distingué sur les sentiers tortueux de Madère en prenant la 2e place du 60km. Il est devancé de 14 minutes par le Tchèque de la team Salomon Tomas Macecek (5h 56mn 30s). Le Suisse Oleg Ponomarev prend la 3e place, à un quart d’heure de Giordano. A noter les belles 5e et 6e places des Français David Justo et Benjamin Kervevan.
Chez les femmes, Lucie Bidault partait en favorite. Un statut pas simple à assurer pour celle qui a, entre autres, gagné la 6000D en 2022 et tout récemment le Trail Sainte-Victoire, car elle découvrait les sentiers de l’île. Elle a cependant su remarquablement gérer son effort pour s’imposer avec un chrono de 7h 02mn 37s, prenant la 10e place au scratch. Une course qu’elle a passé en tête de bout en bout, même si elle est toujours restée dans les radars de sa poursuivante, l’Allemande Marie Luise Mühlhuber, qui termine deuxième à moins de 5 minutes de la Française. L’Italienne Elisabetta Negra prend la 3e place.
Lucie Bidault, le trail avec le sourire. Photo DR
Résultat MIUT 2023 : les podiums des autres courses
MIUT 42
Podium Hommes Tiago Vieira, Portgual : 3h 26mn 58s Dylan Ribeiro, France : 3h 34mn 28s Roberto Baião, Portugal : 3h 42mn 09s
Podium Femmes Vera Bernardo, Portugal : 4h 19mn 46s Beatriz Alves, Portugal : 4h 21mn 52s Sandra Petrosa, Portugal : 4h 36mn 26s
MIUT 16
Podium Hommes Jules Delabelle, France : 1h 05mn 28s Alexandre Verissimo, Portugal : 1h 12mn 09s Humberto Gomez, Portugal : 1h 13mn 04s
Podium Femmes Barbara Correia, Portugal : 1h 29mn 24s Dana Honzakova, République Tchèque : 1h 30mn 08s Susana Nobrega, Portugal : 1h 37mn 23s
20 ans d’histoire. Et 20 ans d’histoires. C’est ce que la grande famille du trail célébrera du 28 août au 3 septembre prochain à Chamonix lors de l’UTMB Mont-Blanc 2023. Pour marquer ce 20ème anniversaire, l’organisation a souhaité une affiche à l’image de l’événement : collaborative, inclusive, solidaire et authentique. Découvrez aujourd’hui l’affiche officielle des 20 ans de l’UTMB.
20 ans de l’UTMB : une affiche collaborative
Lancée sur les réseaux sociaux auprès de tous les participants aux différentes courses de l’UTMB, la collecte a porté ses fruits. Ainsi, durant un mois, chacun a pu partager ses plus beaux souvenirs de l’événement en envoyant des photos. Et contribuer ainsi à la réalisation de cette affiche. Près de 600 photos différentes, de coureurs, de bénévoles, de supporters, de partenaires, ont été rassemblées et associées ensemble. Une façon de symboliser la force de cet événement qui, de simple challenge entre amis créé en 2003, est devenu en quelques années sommet mondial du Trail running.
20 ans de l’UTMB : les symboles de l’affiche
Au-delà des multiples témoignages en photos, qui nécessitent presque une loupe, vous retrouverez dans cette affiche les éléments emblématiques de l’UTMB Mont-Blanc.
Le Mont Blanc. Comme un symbole de la fraternité et de la collaboration entre les 3 pays hôtes de cet événement. Mais également comme un sommet iconique qui fait rêver chacun.
L’arche d’arrivée de Chamonix. Comme le symbole ultime de l’effort sportif et de la quête engagée par chaque participant pour aller au-delà de lui-même.
Deux coureurs. Comme la preuve que quel que soit son âge, son origine, ses performances, tous partagent une même passion et une même envie de dépasser leurs limites.
Les UTMB World Series Finals. La nouveauté dès 2023 pour cet événement iconique. Il devient en effet également lieu des 3 UTMB World Series Finals. Ces finales mondiales seront donc l’OCC (50K), la CCC (100K) et l’UTMB (100M).
20 ans de l’UTMB : le mot d’Isabelle Poletti
Isabelle Poletti, directrice de l’UTMB Mont-Blanc, raconte l’esprit qui a animé la création de cette affiche. « L’UTMB Mont-Blanc a été, depuis 2003, construit sur les valeurs de solidarité, de respect, d’inclusion, d’authenticité et d’humilité. Des valeurs que l’équipe graphiste a souhaité mettre à l’honneur sur l’affiche cette année. Fédérateur à bien des niveaux, cet événement nous réunit tous sur une même ligne de départ, avec un même objectif, celui de partager les émotions d’une passion commune. »
Il avait annoncé vouloir travailler sa vitesse en vue de la Western States Endurance Run, et avait fait du Marathon de Paris une étape dans sa préparation, histoire de se jauger après sa préparation au Kenya. Résultat très convaincant pour Mathieu Blanchard, qui en passant sous la barre des 2h30 rentre dans le cercle très fermé des ultra-traileurs performants sur marathon.Récit d’un dimanche pluvieux, mais d’un marathonien heureux.
Paris : un marathon pas très rapide
Le record masculin du Marathon de Paris est détenu depuis 2021 par le Kényan Elisha Rotich en 2h 4min 21s. Un chrono très éloigné des 2h 01mn 9s réalisés en septembre 2022 par le coureur kényan Eliud Kipchoge sur le marathon de Berlin, réputé le plus rapide du monde. D’autres marathons sont réputés rapides, comme Rotterdam ou Valence, en raison de leur parcours très plat et sans virages à angles droits. Ce qui n’est pas le cas du parcours de la capitale, qui compte de plus un dénivelé d’environ 200 mètres.
Côté français, c’est Morhad Amdouni, 3e en 2022, qui détient le record de l’épreuve (et record de France) en 2h 05mn 22s. Chez les femmes, le record de l’épreuve est détenu par la gagnante de 2022, la Kényane Judith Jeptum. Elle est la première femme à être descendue sous les 2h 20mn avec un chrono de 2h 19mn 48s. Il est cependant difficile d’établir des comparaisons, le parcours évoluant quelque peu d’année en année.
Le parcours du Marathon de Paris 2023.
Marathon de Paris 2023 : des conditions météo peu favorables
Deuxième marathon du monde en terme de nombre de participants derrière le marathon de New York, cette 46e édition du Marathon de Paris s’est déroulée sous un temps gris et frais. Ajoutez à cela un taux d’humidité de 60 à 70% qui n’aide pas à la respiration, et des rafales de vent parfois assez violentes. Des conditions météorologiques clairement peu favorables pour battre des records. Et qui ont amené les principaux favoris à partir prudemment, redoutant sans doute les grandes lignes droites face au vent de 2e partie de course.
Marathon de Paris 2023 : victoire de Abeje Ayana, un jeune Éthiopien de 20 ans
Chez les hommes, il aura fallu attendre le 35e kilomètre pour que le peloton explose. Responsable : le favori de la course, l’Éthiopien Guye Adola, meilleur performeur du plateau en 2h 03 46s (22e meilleure performance de tous les temps). Adola se retrouvait alors seul avec le jeune Abeje Ayana, athlète d’à peine 20 ans surtout connu pour sa rapidité sur semi-marathon (record personnel en 59mn 39s). Visiblement très sûr de lui, Ayana dynamitait la course à 4,5 km de l’arrivée, sautant les ravitaillements et plaçant une accélération à laquelle Adola ne pouvait répondre. Il fonçait vers la victoire, signant un chrono de 2h 07mn 15s. Guye Adola termine deuxième à 20 secondes de Ayana. Josphat Boit complète le podium, 5 secondes après Adola.
Premier Français, Medhi Frère termine 10e en 2h 11mn 05. Il ne réalise pas les minima olympiques pour Paris 2024 (2h 08mn 10s). Mais il aura encore des occasions de les réaliser, jusqu’au 30 avril 2024. Quant à Morhad Amdouni, en délicatesse avec son genou, il termine 13e en 2h 12mn 45s. « Dans le cadre de ma préparation des championnats du monde, c’était une étape dans des conditions difficiles, avec du vent et de la pluie, a-t-il commenté. On devait partir sur des bases plus rapides mais le pacer n’a pas réussi sa mission à cause de ces conditions difficiles. Mais je suis content de finir ici chez moi, à Paris. »
Victoire du jeune Abeje Ayana. Photo DR
Marathon de Paris 2023 : victoire au sprint chez les femmes
Chez les femmes, il aura fallu attendre les derniers mètres pour que la victoire se dessine pour la Kényane Helah Kiprop. Alors qu’un groupe de 5 était resté compact jusqu’aux 500 derniers mètres, Kiprop, qui semblait avoir le plus de difficultés, a fourni un effort colossal pour venir couper la ligne en première position, quasiment au cassé, en 2h 23mn 19s. Elle devance sa compatriote Atalet Anmut, créditée du même temps. Une autre Kényane, Fikrte Wereta, monte sur la 3e marche du podium, 2 secondes après la gagnante.
Victoire au sprint de Helah Kiprop. Photo DR
Marathon de Paris 2023 : Mathieu Blanchard impressionnant
En terminant 35e en 2h 22mn 36s, soit une allure moyenne de 3mn 23s au kilomètre, Mathieu Blanchard a réalisé une performance exceptionnelle. Rares sont en effet les ultra-traileurs à avoir réussi à passer sous la barre des 2h30. Surtout quand, comme Blanchard, ils ne viennent pas de l’athlétisme et du demi-fond.
Mathieu Blanchard à quelques mètres de la ligne d’arrivée. Photo DRLes temps de passage de Mathieu Blanchard. Source Marathon de Paris
Parmi les ultra-traileurs les plus rapides, on trouve le Néo-Zélandais Jonathan Wyatt, sextuple champion du monde de course en montagne entre 1998 et 2005. Wyatt a en effet à son actif d’impressionnants chronos sur marathon. Son record : 2h 13mn au Marathon de Hambourg, en 2003. Et puis il y a bien sûr le missile américain Jim Walmsley, qui a signé un chrono de 2h 15mn 05s aux Trials d’Atlanta en février 2020. Côté français, seul Sébastien Spehler avait déjà réussi à passer sous la barre des 2h30. Il a un record personnel de 2h 24mn 43s établi sur le marathon du Beaujolais, en 2018.
Chez les autres ultra-traileurs français ayant couru ce dimanche le Marathon de Paris, on notera les belles performances de Vincent Viet, autre membre du team Salomon, qui termine 94e en 2h 33mn 07s. Un chrono correspondant à une allure moyenne de 3mn38 au kilomètre. Quant à Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, qui courait sur ses terres et a un record personnel de 2h 56mn 08s à Paris, il a terminé en 3h 00mn 58s, soit 4mn18 au kilomètre.
A noter que Yoann Stuck, récent vainqueur de l’EcoTrail Paris sur le 80km, n’a pas pris le départ. Ses jambes n’étaient pas au rendez-vous, a-t-il expliqué.
Une casquette verte à la fin du Marathon de Paris. Photo Instagram / DR
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/04/marathon-de-paris-blanchard-2.jpg9961200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-04-02 19:28:362023-04-02 19:31:11Marathon de Paris 2023 : super perf de Mathieu Blanchard en 2h 22mn 36s !
La distance « ultra » est celle qui fait le plus rêver et couler d’encre. Au-delà de 60-80 kilomètres, les athlètes découvrent un autre univers, où aux moments de doute succèdent des moments d’euphorie totale. De vraies montagnes russes. Alors quand 3 athlètes du team Sidas Matryx parlent de ce que représente l’ultra-trail, comment ils y sont venus, les émotions qu’ils y vivent, on ne peut qu’être captivé. Embarquez avec Camille Bruyas, Baptiste Chassagne et Philipp Ausserhofer…
Roller Coaster, l’ultra passion
Quel meilleur terme que Roller Coaster (montagnes russes) pour désigner ce que peut ressentir un ultra-traileur durant une épreuve. Dans ce film de 11 minutes, vous découvrirez les trajectoires très différentes de 3 athlètes du team Sidas Matryx.
Première d’entre eux, Camille Bruyas raconte être venue au trail en 2016 après avoir fait du basket et de l’athlétisme. Ce qu’elle aime dans l’ultra, c’est cette idée de course longue dont on prend le départ sans jamais savoir si on ira au bout.
Camille Bruyas à la découverte de l’ultra version américaine sur la Western States 2022.
De son côté, le jeune Baptiste Chassagne s’est peu à peu révélé dans le trail après avoir surtout privilégié les études, et n’imagine plus vivre sans. Il se qualifie de diesel, avoue ne pas être suffisamment rapide pour du court et a donc une attirance pour les efforts longs. Son tout récent titre de champion de France, et sa sélection pour les Mondiaux de trail à Innsbruck, donne tout un sens à sa passion.
Le bonheur de Baptiste Chassagne après sa victoire aux Championnats de France de Trail Long 2023. Photo DR
Quant à l’Italien Philipp Ausserhofer, qui a grandi en milieu montagnard dans le sud Tyrol et s’est pris de passion pour le ski-alpinisme et le trail, il ne rêvait que d’une seule chose : courir l’UTMB. Ce qu’il a fait en 2022. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu…
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/roller-coaster.jpg7201280Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-31 05:00:002023-03-29 11:45:45Roller Coaster, une vision d’ultra-trail : le film “montagnes russes”
Disparu des classements et podiums depuis sa blessure et son abandon lors de l’UTMB 2022, Benoît Girondel n’a qu’une idée en tête : revenir courir la Diagonale des Fous, à La Réunion, en octobre prochain. Il nous livre son programme 2023.
Esprit Trail : Tout d’abord, comment va ta cheville depuis l’UTMB 2022 ?
Benoît Girondel : Ça a été un peu compliqué. Après l’UTMB, j’avais mal et je ne savais pas d’où ça venait. Ensuite, j’ai enchaîné sur une lésion du tibial postérieur (un tendon extrêmement important qui naît en haut et en arrière de la jambe et passe en arrière de la malléole médiale pour soutenir l’arche médial du pied, NDLR) qui l’a empêché de préparer la Diagonale des Fous et m’a obligé à renoncer. Mais maintenant, tout semble OK.
Esprit Trail : Quels sont tes principaux rendez-vous de ce début de saison ?
Benoît Girondel : Ça va commencer par le MIUT, sur le 115km, fin avril. Ensuite, ce sera une course caritative à Madagascar, l’UTOP, où je vais faire le 70km. Après, je vais retourner en Suisse, où je vais faire le Swiss Canyon Trail. Ce sera ma 4ème fois, je vais faire le 115km.
Photo Swiss Canyon Trail 2022 / DR
Esprit Trail : Une course dont tu es archi-favori, puisque tu as remporté les 3 dernières éditions. Et ton été ?
Benoît Girondel : Au mois de juillet, je vais faire l’Utcam, dans le Mercantour, une course que j’apprécie particulièrement, et qui, c’est anecdotique, propose un repas d’après-course exceptionnel ! J’ai fait pas mal de courses, mais là, c’est vraiment gargantuesque. Et super bon ! Mais je n’y vais pas que pour ça, hein ! (Rires.) Cette année, je vais refaire le 75, comme en 2021. Et ensuite, au mois d’août, sans doute un projet à vélo un peu long, genre traversée. Je ne suis pas encore fixé.
Photo Utcam / DR
Esprit Trail : Pas d’UTMB, donc ?
Benoît Girondel : Non, je crois que ça ne me réussit pas trop ! (Rires.) J’ai réfléchi à refaire la TDS, parce que c’est une course vraiment sympa, mais finalement non. (Benoît Girondel a participé 2 fois à la TDS -147km et 9035m D+-, terminant 2ème en 2021 derrière le Norvégien Erik Sebastian Krogvig, et 22ème en 2012, NDLR.)
Esprit Trail : Et bien entendu, ton objectif n°1 de l’année, la Diagonale des Fous…
Benoît Girondel : C’est ça ! La Diag’, en octobre, en essayant d’être performant. C’est mon leitmotiv !
Benoît Girondel et François D’Haene à l’arrivée de la Diagonale des Fous 2018. Photo DR
Le calendrier 2023 de Benoît Girondel
22 avril 2023 : Madeira Island Ultra Trail (MIUT). 115km et 7200m D+. Benoît Girondel l’a couru en 2016 et a terminé 9e en 15h 7mn 4s. Cette année-là, c’est Zach Miller qui s’était imposé en 13h 52mn 17s.
12 au 14 mai 2023 : Ultra-Trail des Ô Plateaux (UTOP). Le 70km et 3000m D+ se déroule entre Mantasoa et Tana.
2 au 4 juin 2023 : Swiss Canyon Trail. 115km et 5400m D+. Benoît Girondel s’y est imposé sur les 3 dernières éditions, dont 2 main dans la main avec Hugo Deck. Vainqueur en 2022 avec Hugo Deck en 11h 49mn 06s, en 2021 avec Hugo Deck en 11h 2mn 12s et en 2019 avec Martin Kern en 10h 59mn 32s.
7 au 9 juillet 2023 : Ultra Trail Côte d’Azur Mercantour (Utcam). 75km et 4880m D+. Benoît Girondel a remporté le format 125km et 7860m D+ en 2022 en 17h 9mn 3s, et le format 75km en 2021 en 9h 29mn 7s.
19 au 22 octobre 2023 : Grand Raid de La Réunion, Diagonale des Fous. 165km et 10000m D+. Forfait pour cause de blessure en 2022, Benoît Girondel a abandonné en 2019 et 2021, mais s’est imposé 2 fois. D’abord en 2017, en 23h 53mn 53s, devançant Antoine Guillon d’un peu plus de 30 minutes. Ensuite en 2018, en 23h 18mn 48s, partageant la victoire avec François D’Haene. Il avait également fait 6ème en 2013.
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/girondel-benoit-2023.png9121200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-31 05:00:002023-03-29 13:30:05Benoît Girondel 2023 : une saison sous le signe de la Diag’
Il y a des livres que l’on ne lâche pas, qui nous emportent de la première à la dernière page. Celui de Mathieu Blanchard, Vivre d’aventures, paru le 22 mars chez Flammarion, fait partie du lot. Un récit passionnant où l’on découvre un homme attachant, humble, pétri de doute, mais ultra talentueux, capable de transmettre sa passion pour l’aventure à travers les mots. Esprit Trail vous propose de découvrir l’album photo que vous devrez impérativement regarder en lisant ce livre.
Vivre d’aventures : le récit des 6 années qui ont tout changé
De 2016 à 2022, il ne s’est écoulé que 6 ans. Mais ces 6 années ont littéralement transformé la vie de Mathieu Blanchard, qui d’ingénieur coincé dans un bureau sans fenêtres à Montréal est devenu ultra-traileur professionnel et aventurier à temps complet. Ce sont ces 6 années qu’il nous propose de partager dans son ouvrage, Vivre d’aventures, 6 années faites de doutes, de joies, de grands malheurs et de subtils bonheurs. 6 années comme un parcours d’ultra-trail, avec ses hauts et ses bas, entre euphorie et détresse.
Vivre d’aventures : retour sur le formidable bras de fer de l’UTMB 2022
Pour beaucoup d’entre nous, et même si Mathieu Blanchard a démontré depuis plusieurs années ses qualités d’ultra-traileur (il a brillé à Chamonix en terminant 13e de l’UTMB en 2018, pour sa première participation, 10e de la CCC en 2019, et 3e de l’UTMB en 2021!), c’est son fantastique mano a mano avec Kilian Jornet lors de la dernière édition de l’UTMB qui l’a fait rentrer dans le cercle très fermé des superstars de la discipline.
Et il était impossible pour Mathieu Blanchard de ne pas revenir sur cet épisode, et ce moment où il rattrape un Kilian Jornet en plein désarroi, décidé à abandonner, et où il l’incite à le suivre, le remettant par la même occasion en selle. Lire les quelques pages consacrées à cet instant précis, et au dénouement de cet UTMB, vous permettra de comprendre toute la dimension de l’athlète, et combien sa passion pour la course à pied va bien au-delà d’une victoire ou d’un podium.
Vivre d’aventures : une vision de l’ « esprit trail »
A ne pas manquer non plus, cet autre passage, page 131, où Mathieu Blanchard donne sa définition de l’ « esprit trail » : « Beaucoup parlent d’esprit trail, une notion difficile à délimiter, chacun y met ce qu’il veut. En tout cas, ma définition est celle-là : partager des moments conviviaux en montagne ; profiter des plaisirs qu’offre ce milieu naturel ; accepter de rester humble face aux efforts qu’il impose pour se laisser explorer ; aimer la compétition et le dépassement de soi, certes, mais ne jamais trop se prendre au sérieux. » Un « esprit trail » qui nous parle, forcément…
Vivre d’aventures : l’album photo qui illustre le livre
C’est ce qui nous a manqué : des images pour accompagner le récit de Mathieu Blanchard. Alors nous vous en proposons quelques-unes, reflets de 6 années d’aventures…
2016, Ultratrail Harricana, le déclic. Premier ultra, 1ère victoire, une voie se dessine. Repéré par Salomon, Mathieu Blanchard s’apprête à changer de vie… Photo DR2021, participation à l’émission Koh Lanta. Leader de son équipe, Mathieu Blanchard ne calcule rien, et se retrouve éliminé prématurément. Manque de stratégie… Photo TF1Février2022, Dans le blanc de l’œil, l’aventure en ski nordique avec Loury Lag. Au-delà des rires, un apprentissage de la résistance au froid et à la douleur. Photo DRMars 2022, 5e du MIUT, Madeira Island Ultra Trail, 115km remporté par Jim Walmsley. Photo DRAoût 2022, l’hommage de Kilian Jornet à Mathieu Blanchard sur la ligne d’arrivée de l’UTMB. Moins de 20 heures pour les 2 athlètes, un exploit. Photo DRNovembre 2022, désert du Wadi Rum, Jordanie. Une première aventure avec son frère Luca, promesse faite en 2018. Photo DRNovembre 2022, La Réunion. Balade sur l’île et reco avec Alix, rencontrée lors de l’émission Koh Lanta et compagne/complice de Mathieu. Photo DRMars 2023 : sur le toit de l’Afrique, au sommet du Kilimandjaro, photo souvenir pour annoncer la sortie de son livre. Photo DR
Moins de poids, plus de vitesse : telles sont les ambitions affichées par Saucony pour présenter la nouvelle Peregrine, 13e du nom. Et comme 2 avis valent mieux qu’un, nous l’avons testée en version homme et en version femme.
Ce n’est pas un hasard si Saucony a baptisé sa chaussure de trail vedette « peregrine ». Elle lui a ni plus ni moins donné le nom de l’oiseau le plus rapide du monde en piqué, le faucon pèlerin. Et depuis 2011, date de lancement de la première Peregrine, son succès ne se dément pas. Mais si la vitesse est dans la ADN de cette nouvelle collection Peregrine 13, la marque américaine veut également jouer sur un autre tableau : celui de la polyvalence tous terrains, qu’il s’agisse de sentiers roulants, de singles techniques ou de terrains souples et boueux.
Katie Pyle, responsable senior de la gamme de produits Saucony Trail, la présente en ces termes : « Où que vous alliez – forêts de pins, escarpements rocheux, terrains boueux – la collection Peregrine 13 ne laisse rien de côté pour une expérience tout-terrain ultime. Avec cette mise à jour, nous avons amélioré chaque détail : vitesse, confort, agilité, protection et réactivité. »
Test Saucony Peregrine 13 : premières sensations aux pieds
Deux sensations immédiates se télescopent, quelque peu contradictoires : d’abord l’impression d’être un peu à l’étroit à l’avant du pied, ensuite celle de confort général. Ma partenaire confirme, surtout sur son pied droit, le plus fort : ça serre un peu. Mais ce n’est pas une réelle surprise, la forme du chaussant, assez effilé, laissait présager de cela. La contrepartie, c’est une précision de la pose du pied et de l’appui, incitant à la vitesse. Mais il est possible qu’à la longue, avec la dilatation du pied durant l’effort, cette étroitesse du chaussant soit gênante pour ceux qui ont les pieds plutôt larges. A tester en magasin avant de se lancer…
Photo Esprit Trail / DR
Le confort, ensuite. D’abord parce que la chaussure est réellement très légère (la collection Peregrine n’a cessé de s’améliorer en légèreté, la 12 était déjà très légère, la 13 perd encore quelques grammes). Et ce, malgré un aspect visuel costaud avec un stack assez épais au niveau du talon et une semelle redoutablement cramponnée offrant une belle protection sous le pied. Ensuite, parce que la mousse de la semelle intermédiaire offre un amorti correct, sans aller dans le pullman, et la languette dans la même maille respirante très fine que l’empeigne ne génère aucun frottement.
Petit bémol sur la protection générale, car en dehors du pare-pierres, assez rigide, le pied reste assez exposé, sans bandes de protection latérales ni au niveau du talon.
Photo Esprit Trail / DR
Test Saucony Peregrine 13 : traction et adhérence
Si la Peregrine 13 se révèle à l’aise sur sentier roulant, il est évident qu’elle en a plus sous le pied. C’est-à-dire au niveau de sa semelle extérieure PWRTRAC. Certains pourront la trouver un peu rigide, manquant de souplesse pour « sentir » le terrain. C’est sans doute dû à l’insertion d’une « plaque » de protection entre la semelle intermédiaire et la semelle extérieure. Pour notre part nous apprécions surtout le fait d’avoir une excellente protection sur les surfaces irrégulières. On pourrait presque courir sur des cailloux pointus… Sans compter que cette rigidité est également une garantie de durabilité non négligeable.
Quant à la traction et l’adhérence, elles sont tout simplement bluffantes. Aucune pente, fut-elle glissante, caillouteuse, boueuse, ne semble pouvoir résister à la traction qu’exercent les crampons de 5mm sur le terrain. Un peu comme un 4X4 dont on enclencherait la courte pour grimper une pente impossible, la Peregrine semble capable de vous hisser au sommet de n’importe quelle côte. Rassurant.
Verdict test Saucony Peregrine 13 : taillée pour la performance
Sans avoir la prétention d’atteindre la vitesse d’un faucon pèlerin en piqué, il faut avouer que cette Peregrine procure des sensations d’aisance, de confort et de précision incitant à aller vite, surtout en milieu montagnard et technique. Une semelle un poil moins rigide, ou disposant de rainures transversales pouvant lui procurer un peu plus de souplesse, n’aurait pas été de refus, mais le produit est globalement très satisfaisant pour tout type de profil de traileur aimant des chaussures légères et précises. Une bonne paire pour trails courtes et moyennes distances.
Poids : 291g en 45 (H) – 251g en 41 (F) Drop : 4mm Stack talon : 28mm Prix indicatif : 150 euros
Les athlètes sont de plus en plus nombreux à partager leurs impressions post épreuves sur les réseaux sociaux. Au-delà des anecdotes de course et des remerciements (staff, sponsors, public, organisateurs, etc), ils livrent également des analyses intéressantes de leurs performances ou contre-performances, et nous font revivre les émotions qu’ils ont vécues, parfois touchantes et riches d’enseignements pour tous les amoureux de ce sport qu’est la course nature. Retour sur les Championnats de France de Trail 2023 à La Cité des Pierres par quelques-uns de ceux qui y ont brillé.
Baptiste Chassagne, champion de France de trail long 2023
« Ce dimanche, j’ai vécu un tel séisme d’émotions que les secousses se font encore sentir. Une éruption de joie. Un volcan intérieur, les larmes en guise de lave. Dans l’ultime ascension, un Etna s’est réveillé dans mon estomac. Du magma a coulé dans mes veines. J’ai expérimenté la flamme profonde. J’ai crié de rage, j’ai crié mes peurs. J’ai dégoupillé, complet. J’ai déposé mon cerveau, enfin. Et j’ai appuyé aussi fort que l’envie de réaliser mon rêve était puissante. Faut dire que 68 km durant, j’ai été soutenu par de l’amour-silex et des encouragements-fumigènes. Ça aide à allumer le feu intérieur.
Après 5h d’une âpre bataille, j’ai attaqué, pour gagner, quitte à perdre. Là-haut, j’exploserai. De bonheur. Ou de fatigue. Mais pas de regrets. Plus qu’une estocade, il s’agissait du dernier soubresaut d’une tactique de course calquée sur mes qualités physiques et ma manière d’éprouver du plaisir : partir à un rythme soutenu et se sentir fort dans l’effort, lissé. Plus d’une fois, j’ai cru craquer face aux offensives de Benjamin Roubiol, plus franches et explosives que les miennes. Au km 55, devancé de près d’une minute, j’ai même frôlé la résignation. J’ai failli abandonner la Lune pour retomber sur une étoile.
Puis, j’ai glissé un doigt de pied dans l’entrebâillement de cette porte qui se refermait sur mes espoirs bleutés. Je me suis souvenu de l’avantage stratégique pris à mi-course, en optant pour ce sac, plus lourd, certes, mais qui devait m’offrir la liberté de ne plus jamais m’arrêter aux ravitaillements. Je me suis souvenu que le trail, c’était juste un jeu avec beaucoup d’enjeux. Que ce maillot tricolore, personne ne me le donnerait. Qu’il fallait aller le chercher seul. À la pédale. Pour la première fois, j’ai pris de vrais risques. Pour la première fois, j’ai tenté de traverser la frontière qui sépare les performances prometteuses de la seule et unique gagne. J’ai forcé mon destin.
Quelques kilomètres plus loin, j’ai levé les bras. Champion de France mon frère. Le bonheur, magnitude infinie. La gratitude, puissance indéfinie. Épicentre, plein cœur. L’Autriche is calling. La putain de sa mère. »
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Benjamin Roubiol, vice-champion de France de trail long 2023
« C’était compliqué ce matin de partir dans le mauvais temps et la nuit. L’objectif, c’était de prendre le départ avec la tête de course et d’essayer de s’échapper dans le dernier tiers de course. Je savais que j’avais la forme pour le faire. Finalement, il m’en a manqué un peu. J’ai tout donné pour terminer second pour être sélectionné pour les Mondiaux.
Je suis super satisfait car j’ai beaucoup travaillé pour être performant sur un format de course auquel je n’étais pas habitué. En quelques mois j’ai pu beaucoup progresser et me placer parmi les favoris. C’est très très encourageant. »
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Anne-Lise Rousset Séguret, championne de France de trail long 2023
« Choisir c’est renoncer. La Hardrock Hundred Endurance Run était pour moi un rêve depuis si longtemps. Obtenir un dossard pour cet ultra mythique est une chance unique qu’il faut savoir saisir. En remportant le championnat de France de trail long, j’avais accès à ce beau maillot bleu que j’ai eu la chance de porter par le passé. Hélas, il m’est impossible de pouvoir préparer comme il se doit ces deux événements majeurs si proches l’un de l’autre.
J’ai donc décidé de décliner ma sélection en équipe de France. Je serai la première supportrice de cette magnifique équipe qui portera avec fierté nos couleurs. Pour ma part, cap vers l’Ouest, cap sur la Hardrock ! »
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Jocelyne Pauly, 3e du championnat de France de trail long 2023
« Jamais le doute n’avait été aussi fort dans ma tête à l’approche d’une course. Jusqu’à jeudi, j’étais convaincue de ne pas y aller ! Pourquoi ? Une prépa chaotique démarrée bras en écharpe, entachée par la grippe et des sinusites à répétition et des conditions météo peu propices à l’entraînement. Mais surtout… surtout… un déchirement à l’idée de laisser mon « petit » dans sa dernière ligne droite avant les épreuves de spécialités du bac ! Presque inconcevable pour la maman poule que je suis ! Tête ailleurs, interrogations permanentes sur le pourquoi faire ça, quelles motivations ? quel but ?
Et puis les bons mots des personnes chères m’ont mis un coup de pied aux fesses et décidée à partir !
Mais quand tu n’y es pas dans la tête, toutes les embûches sur ton chemin sont décuplées ! La chute sur l’épaule opérée dès le 10ème km et les maux de ventre à se tordre deviennent quasi insurmontables ! Il aura fallu deux mots (juste deux !) de Dimitri Grudet, les encouragements de Anne-Sophie Hauville et une belle bagarre avec Aurélie Grangé Paul pour aller au bout de ce calvaire !
Passer la ligne d’arrivée, craquer, pleurer, mesurer par quoi je suis passée, dire ce sera la dernière course et puis discuter, échanger, partager, digérer et se dire que finalement, ça valait bien le coup ! »
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Clémentine Geoffray, championne de France de trail court 2023
« Un rêve qui s’est réalisé ce WE sur le championnat de France de trail court ! J’ai pris beaucoup de plaisir sur le parcours technique et exigeant du Trail de la Cité de Pierres. Après un départ rapide, je suis super contente d’avoir réussi à tenir le rythme jusqu’au bout sur cette course relevée ! »
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Thomas Cardin, 3e des championnats de France de trail court
« 30km, 1500d+, 2h21 pour une 3e place. Certains trouvent peut-être que c’était une course gérée en tacticien pour une belle remontada…. Eh bien ils se trompent ! Pas la forme des grands jours en ce début du Trail de la Cité des Pierres. C’est bête, je me suis bien entraîné, j’ai bien relâché pour récupérer et le sommeil n’est pas trop mauvais en ce moment. Et pourtant, pendant la première heure et demie de course, ce fut vraiment dur.
Je ne me sens pas à l’aise dans les descentes techniques, sûrement à cause de la vision qui n’est pas encore top. Une faute de pied au bout de deux km, une cheville au 4ème… Ça ne met pas en confiance et j’ai donc décroché de la tête dès le début de course qui était en descente. En montée, j’ai aussi l’impression de coincer, de ne pas être à 100%. Peut être que l’effort que j’ai fournis très tôt pour essayer de revenir sur les hommes de tête était trop intense En tous cas, pendant 1h30 de course j’ai vraiment subi. J’ai essayé de donner le maximum mais sans que cela ne soit efficace ; au prix d’un effort mental intense et en dépit de la frustration d’une 9ème position.
C’est là que l’expérience parle. Pendant tout ce calvaire, j’ai pensé à la suite. Je sais que 30 km c’est assez long et que partir très fort ça rime souvent avec partir trop fort. Je sais que je suis capable de fournir un effort intense après 2h de course. Ça fait partie de mes qualités. Donc pendant 20km je me suis accroché à cette 9ème place, j’ai subi, mais en n’oubliant pas de m’hydrater et de me nourrir.
La Roque-Sainte-Marguerite, premier passage (km 20). Tout va mal mais je continue grâce aux encouragements de Philippe Propage et d’Anne-Claire. Et enfin, je sens que ça se décoince par rapport à la montée précédente. Peut-être que j’ai récupéré de mon départ trop violent.
La Roque-Sainte-Marguerite, deuxième passage (km 25). Ce n’est plus le même homme. Je suis passé en mode chasseur et je reprends d’abord Théodore. Puis je poursuis la montée et il reste seulement 4km. C’est exactement ce que j’aime dans le trail. Un effort au seuil, maximal et soutenu dans le temps. Je cours bien et je reprends successivement Sylvain et Arnaud. Je suis 6e et j’espère un top 5, alors je continue à monter fort. Ce n’est même pas dur, c’est même facile par rapport à la souffrance du début de course.
Je passe Clovis, puis Simon, et là c’est un pur moment de plaisir. Surfer sur une vague de bonnes sensations, atteindre un podium inespéré 1h plus tôt, je finis la course heureux…. Comme un poisson rouge, j’ai déjà oublié les premiers tours du bocal si laborieux.
En conclusion : le trail court était vraiment trop court cette année !
En conclusion bis : un galop d’essai pour les championnats du monde en juin. Je sais que je suis capable de continuer de courir très vite encore longtemps. Je prends cette première partie de course comme une bonne expérience de ce qu’est le niveau international. Il faudra aussi gérer un début de course trop rapide à Innsbruck.
Bravo à tous les participant sur court ou long et merci pour les encouragements dingues tout aux long du parcours ! »
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Arnaud Bonin, 4e des championnats de France de trail court
« Avec ce plateau très relevé, cette 4ème place est plutôt satisfaisante. Comme prévu, le départ a été très rapide, je suis placé autour de la 8ème place lorsque qu’au bout de 2km on entre dans le single. Un peu « ralenti » par quelques coureurs, je ne suis plus au contact du groupe de tête quand on entame la première montée. Et comme je m’en doutais, c’est monté très vite. Au sommet je suis bien seul, en 6ème position. Je n’arriverai jamais à recoller.
J’alterne entre la 5 et la 6eme place avec Théodore Klein, Clovis Chaverot et Thomas Cardin. Au pied de la dernière bosse que je connais par cœur, je suis toujours 6ème, et je finis les 200 derniers mètres à bloc pour arracher cette 4ème place au sprint contre Simon Guignard. Et 1er Vieux ! »
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La grande absente des championnats : Blandine L’Hirondel
Son message le matin même de la course de trail long, dont elle était grande favorite.
« DNS ! C’est avec un grand regret que j’ai décidé de ne pas prendre le départ des championnats de France de Trail aujourd’hui. En effet, j’ai espéré au dernier moment aller mieux, mais là mon corps a parlé. On a qu’un seul corps, prenons en soin. Je ne suis pas revenue qu’avec la médaille de bronze de Carhaix (Championnats de France de cross, NDLR). Toux sèche, courbatures, céphalées, fièvre avec alternance de frissons/sueurs cette nuit… Et ce matin, une VFC très basse et un FCB à 76 pour une norme à 40.
Exposer mon corps à un stress supplémentaire est risqué. La saison est longue et la santé prime. C’est aussi ça le sport de haut niveau, savoir faire des choix (parfois difficile) pour durer dans le temps et en bonne santé. Je souhaite à tous une très belle course, et une belle bataille. »
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/thomas-cardin.jpg8011200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-24 05:00:002023-03-23 18:32:14Championnats de France de trail 2023 : le débrief des athlètes
À l’issue des championnats de France de Trail qui se sont déroulés les 18 et 19 mars à La Cité des Pierres, la Fédération Française d’Athlétisme a publié la liste des 20 athlètes retenus pour le trail court et le trail long des Championnats du Monde qui se dérouleront du 6 au 10 juin 2023 à Innsbruck (Autriche). Comme prévu par le règlement, les vainqueurs des championnats de France 2023 et leurs dauphins intègrent l’équipe de France, et rejoignent les 3 médaillés par équipe les mieux classés aux championnats du monde 2022 en Thaïlande. Voici la liste complète des athlètes.
Sélection Mondiaux de Trail Court 2023 Femmes
Pour constituer cette équipe, et dans la mesure où il n’y a pas eu de médaille pour les Françaises en trail court aux championnats du monde 2022 en Thaïlande, les 5 premières du championnat de France 2023 ont été sélectionnées.
Clémentine Geoffray, championne de France 2023 28 ans Club : Go For It Running – Grand Chambéry (Auvergne – Rhône – Alpes)
Marie Goncalves, 5e des championnats de France 2023 25 ans Club : Décines Meyzieu Athlétisme (Auvergne – Rhône – Alpes)
Noémie Vachon, 4e des championnats de France 2023 29 ans Club : Athletic Club Font-Romeu (Occitanie)
Lucille Germain, 3e des championnats de France 2023 24 ans Club : Courchevel Sports Outdoor Montagne Et Escalade (Auvergne – Rhône – Alpes)
Marie Goncalves, ou la poursuite du rêve en bleu… Photo Instagram / DR
Sélection Mondiaux de Trail Long 2023 Femmes
Anne-Lise Rousset Séguret, championne de France 2023, renonce aux Mondiaux. Elle explique son choix : « Choisir, c’est renoncer. La Hardrock Hundred Endurance Run était pour moi un rêve depuis si longtemps. Obtenir un dossard pour cet ultra mythique est une chance unique qu’il faut savoir saisir. En remportant le championnat de France de trail long, j’avais accès à ce beau maillot bleu que j’ai eu la chance de porter par le passé. Hélas, il m’est impossible de pouvoir préparer comme il se doit ces deux événements majeurs si proches l’un de l’autre. J’ai donc décidé de décliner ma sélection en équipe de France. Je serai la première supportrice de cette magnifique équipe qui portera avec fierté nos couleurs. Pour ma part, cap vers l’Ouest, cap sur la Hardrock ! »
Manon Bohard Cailler, vice-championne de France 2023 31 ans Club : Grand Besancon Trail Academie (Bourgogne-Franche-Comté)
Jocelyne Pauly, 3e des championnats de France 2023, sélectionnée grâce au forfait d’Anne-Lise Rousset Séguret 49 ans Club : Cu Pau (Nouvelle Aquitaine)
Manon Bohard Cailler, vice-championne de France 2023 de trail long. Photo Instagram / DR
Sélection Mondiaux de Trail Court 2023 Hommes
Thibaut Baronian, champion de France 2023 34 ans Club : Grand Besancon Trail Académie (Bourgogne-Franche-Comté)
Julien Rancon, vice-champion du monde par équipes 2022 42 ans Club : Al Echirolles (Auvergne – Rhône – Alpes)
Frédéric Tranchand, vice-champion du monde par équipes 2022 34 ans Club : Entente Athlétique Grenoble 38 (Auvergne – Rhône – Alpes)
Thomas Cardin, vice-champion du monde par équipes 2022 28 ans Club : Taillefer Trail Team (Auvergne – Rhône – Alpes)
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/thibaut-baronian.png6321200Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-23 12:12:142023-03-23 12:12:18Championnats du Monde de Trail 2023 : découvrez la liste des 20 sélectionnés
Amoureux de grands espaces et d’exploits, ne ratez pas la 21e édition du Festival Montagne en Scène qui débute dès le mois d’avril. Amateur ou passionné, à la recherche de films humains et authentiques, Montagne en Scène s’adresse à tous les curieux venus découvrir le wildness qui nous entoure, que ce soit à l’autre bout du monde ou tout près de chez nous. En 2022, Montagne en Scène a rassemblé plus de 120 000 amateurs dans une centaine de villes en France. En vedette de l’édition 2023, le film « Ce qui compte » retrace l’exploit d’Anne-Lise Rousset qui a battu en juin dernier le record du GR20 en Corse, et qui a remporté le 19 mars le titre de Championne de France de Trail Long. Superbe.
Montagne en Scène 2023 : le programme complet
Ce qui compte
Le GR20, traversée mythique de la Corse, se parcourt habituellement en 15 jours. Anne-Lise Rousset Séguret va tenter d’établir le record féminin d’une traite. Objectif ; 36 heures ! Coachée par son mari, elle se prépare de longs mois pour être à la hauteur de cette épreuve. Une épopée collective au cœur de l’Île de Beauté, pleine de tensions et d’émotions.
Durée : 37 minutes Réalisateurs : Timothée Ranger et Etienne Valentin Version originale en français
Edge of Reason
Benjamin Védrines et Nicolas Jean s’attaquent à leur premier sommet de 8000m, le Broad Peak au Pakistan. Leur objectif est de se passer des habituels camps d’altitude, pour réaliser l’ascension du camp de base au sommet à la journée en « one push ». La cerise sur le gâteau pour Benjamin serait de battre le record de vitesse d’ascension, tous 8000 confondus, et de décoller en parapente du sommet. Mais sur les 8000 encore plus qu’ailleurs en montagne, tout ne se passe pas toujours comme prévu…
Durée : 45 minutes Réalisateur : Jérémie Chenal Version originale en français
Lumdo Kolola
En 2018, Jean-Yves Fredriksen réalise la traversée de l’Himalaya en parapente. Au milieu de ce formidable voyage, il rencontre 4 enfants vivant seuls dans une maison au milieu de la jungle népalaise. De retour en France, une évidence s’impose à lui : il doit retourner au Népal pour leur venir en aide. Accompagné de Nicolas Alliot, de leurs parapentes et d’un violon, ils tentent de refaire le chemin que Jean-Yves avait effectué pour retrouver les enfants. Une aventure humaine incroyable au cœur de la mousson népalaise.
Durée : 38 minutes Réalisateurs : Nicolas Alliot et Jean-Yves Fredriksen Version originale en français
Cap sur El Cap
Seb Berthe a beau venir du plat pays, il est l’un des meilleurs grimpeurs de « big walls » au monde. Une grande voie l’obsède : le Dawn Wall au Yosemite. Un monstre de près de 1000m de haut avec des difficultés allant jusqu’au 9a, soit tout simplement la grande voie la plus dure de la planète. Cependant, Seb se refuse à prendre l’avion, même pour réaliser son rêve. Il monte alors un projet consistant à relier le Mexique en bateau depuis l’Europe avec une bande de grimpeurs et grimpeuses ayant plus ou moins d’expérience en navigation… Un voyage au long cours pour Soline, Maud, Julia, Clovis, Loïc, Baptiste et Jean Elie, rempli d’humour, de mal de mer et de fissures parfaites.
Durée : 52 minutes Réalisateurs : Morgan Monchaud et Brian Mathé Version originale en français
https://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2023/03/Montagne-en-scene-Ce-qui-compte-Photo-Cyrille-Quintard.webp5941088Patrick Guerinethttps://www.esprit-trail.com/wp-content/uploads/2025/02/ET-logo-vert-noir-300x87.pngPatrick Guerinet2023-03-21 05:00:002023-03-19 20:42:59Anne-Lise Rousset Séguret et son record du GR20 en tête d’affiche du Festival Montagne en Scène 2023