Kilian Jornet a toujours pensé au-delà de ce qui est possible. Au-delà de sa carrière d’athlète. Avec la Fondation Kilian Jornet pour la préservation des montagnes, son terrain de jeu, tout comme avec la co-fondation de NNormal et son désir de construire une entreprise de vêtements techniques et durables. Dans ce nouveau film Sketching the Future, que l’on pourrait traduire par « Esquisser le futur », Kilian Jornet revient sur sa formidable saison 2022, mais aussi sur son enfance, d’où est né son amour profond pour les montagnes et ses réflexions pour l’avenir.

Dans les carnets d’enfant de Kilian Jornet

Ce sont les premières images du film. On y découvre les carnets d’enfant de Kilian Jornet. Et ils sont déjà pleins de dessins de montagne et de… chaussures ! Des modèles pour courir, bien sûr, avec des semelles bien cramponnées, des éléments pour plus de durabilité. Car la montagne, Kilian Jornet l’a ancrée dans le cœur, depuis tout petit. Photos, extraits vidéo d’époque, souvenirs de ses sorties avec ses parents, de ses premières courses, parallèle avec ses filles en Norvège, le décor est planté.

CHAUSSURE KILIAN JORNET
Dans les carnets d’enfant de Kilian Jornet, des croquis de chaussures. Déjà !

Une seule paire pour 4 courses mythiques

Durant le film, Kilian Jornet revient sur les quatre courses emblématiques de sa saison 2022 : Zegama-Aizkorri au Pays Basque, la Hardrock 100 dans le Colorado, Sierra-Zinal en Suisse et l’UTMB autour du mont Blanc. Comme tout le monde le sait, il en a remporté trois sur quatre. Et établi de nouveaux records de parcours sur trois d’entre elles ! Mais le Catalan, promotion oblige, souligne qu’il a également couru les quatre courses avec… la même paire de chaussures. Le modèle Kjerag, qu’il a conçu en collaboration avec Camper. La preuve par le résultat qu’il était possible de concevoir une chaussure durable capable de répondre à un si large éventail de conditions. Des images inédites, des réflexions, un document à voir.

KILIAN JORNET FILM
Kilian Jornet lors de l’UTMB 2022, au moment où il décroche Mathieu Blanchard.

Sketching the Future, avec Kilian Jornet

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En 2018, Noémie était une randonneuse qui ne savait pas que l’on pouvait courir en montagne. En 2023, la bientôt trentenaire est désormais titulaire de l’équipe de France pour les prochains championnats du monde de trail court à Innsbruck. Serge Moro a rencontré cette sportive qui a de qui tenir !

Noémie Vachon, 5e des France de Trail Court 2023

Vachon, c’est un nom qui résonne dans le monde du sport. Le père de Noémie fut champion d’Europe de judo en 1981, médaillé aux mondiaux la même année, et a participé à deux Jeux Olympiques en 1984 et 1988. Une carrière qui a bien dû venir aux oreilles de sa fille Noémie, née en 1993… Mais qui est cette sportive solide et radieuse qui vient d’arracher sa place en Équipe de France en terminant 5ème lors des derniers Championnats de France de Trail Court à la Cité des Pierres en mars dernier ? Il faut déjà savoir qu’elle résidait depuis quelques années en Colombie, où elle a appris à aimer le trail, et à performer. Et que si elle semble vouloir revenir en France, c’est d’abord pour l’adversité sportive, consciente que le niveau est bien plus élevé en Europe.

Noémie Vachon Ecotrail Colombia
Noémie Vachon lors d’un Ecotrail en Colombie. Photo Organisation / DR

ESPRIT TRAIL : Que dire de Noémie Vachon en préambule ?

Noémie Vachon : Je suis française et j’ai récemment déménagé à Font-Romeu, dans les Pyrénées Orientales, pour pratiquer le trail et la course en montagne dans les meilleures conditions. Je suis relativement nouvelle sur la scène du trail running, surtout en Europe. Mon expérience de course à pied est assez curieuse et inhabituelle. Toute mon histoire personnelle est atypique. Après mon Master de commerce international, j’ai décidé de voyager en Amérique du Sud… et je n’ai plus eu envie de rentrer en France. Mon diplôme me destinait à un job sédentaire en grande entreprise, mais l’envie d’ailleurs et de voyage m’a engloutie. Je n’ai jamais pu envisager de m’enfermer 8 heures par jour dans un bureau !

Après un joli périple, je me suis installée en Colombie, à Bogota, que j’adore, à 2600m d’altitude. Quelle surprise que cette population si accueillante. Ne connaissant pas de Français sur place, j’ai tout de suite été immergée au cœur de la vie locale. Mais je n’avais pas de projet de vie sur place, il me fallait trouver un sens à ma présence là-bas. J’avais tout à construire. J’ai été « volontaire », c’est à dire bénévole engagée dans une Organisation Non Gouvernementale qui vient en aide aux victimes des conflits armés. J’ai adoré ces missions, et j’y ai côtoyé des gens fantastiques, malgré le contexte difficile et parfois périlleux. Cela m’a donné une forte raison de vivre et de rester dans ce pays. Aujourd’hui, je retourne régulièrement en Colombie, même si je réside à Font-Romeu.

ET : Et dans ce contexte, comment deviens-tu une traileuse ?

NV : C’est vrai que je n‘étais pas vraiment sportive, même si mes deux parents ont été des sportifs de haut niveau. J’avais déjà fait une brève rencontre avec le monde du trail en 2018 lors d’une randonnée dans les Pyrénées… J’étais sur le sentier balisé du challenge du Montcalm, où j’avais vu des coureurs sur le chemin… J’avais été effarée que l’on puisse ainsi courir dans la montagne. Cela m’a titillé, et en Colombie, à Bogota où le paysage est une invitation à l’escapade, je me suis mise à courir. J’ai contacté un groupe de traileurs locaux, et cela a été un coup de foudre amical. On sortait tous les week-ends, j’avais ma deuxième famille. Ils m’ont emmenée dans des paysages incroyables, juste à côté de Bogota.

Avec eux j’ai découvert l’immensité de la cordillère des Andes. Je me suis prise de passion pour le trail, j’ai participé à des courses où j’ai d’emblée plutôt bien réussi, comme le Merrell Trail Tour, où l’on gagne des places pour Sierre-Zinal. J’ai vraiment senti que j’avais des facilités dans le trail. Pendant 6 mois, en 2019, j’ai couru à l’envie, sans plan. En janvier 2020, un entraîneur très connu de Colombie m’a appelée pour me proposer de m’entraîner. Bingo ! Il m’a entraînée de manière rude et rigoureuse. Cela ne m‘a pas déplu. J’ai progressé !

Noémie vachon Golden Trail National Series
Noémie Vachon lors des Golden Trail National Series. Photo DR

ET : Te voilà donc de retour sur le sol français ?

NV : Je suis revenue en France en 2022 pour me confronter au niveau international et maintenant je suis ici. Ce que je préfère dans les montagnes, c’est la grande variété de terrains et de paysages que vous pouvez rencontrer. Ce qui me plaît dans le trail, c’est le large éventail de compétences que vous devez développer pour être plus rapide et plus agile. J’aspire à explorer les limites de mon corps tout en profitant de la beauté infinie de la nature. En France, l’an dernier, j’ai eu des résultats très vite, comme une seconde place à la SkyRhune.

À l’issue de cette course, Benjamin, de Brooks, m’a appelée… J’ai compris que c’était l’étape supérieure, indispensable pour être performante. La structure de Brooks et les moyens qu’ils m’octroient me permettent d‘avoir un soutien précieux. Je vis ce team comme une aide au quotidien, et non pas comme une pression. On y ressent une belle cohésion d’équipe. C’est tout simplement génial.

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Photo Brooks

ET : Quel est ton objectif ?

NV : Je m’investis à 100% pour le trail, et je vais chercher à être une professionnelle du trail. Je veux être coureuse à temps plein, pouvoir m’entraîner et me reposer pour progresser. À Font-Romeu, je suis conventionnée avec le CREPS. On verra plus tard si cela fonctionne durablement, je vais vivre cette expérience du trail à fond. Je vis l’instant ou mon instinct me guide. Et aujourd’hui, c’est un honneur pour moi de porter le maillot de l’équipe de France pour les prochains Championnats du Monde de Trail à Innsbruck.

Cet article est paru dans le N°131 du magazine Esprit Trail

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ESPRIT TRAIL 131 COUVERTURE
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C’est une voie difficile, rarement empruntée, que Kilian Jornet a tenté en solitaire le 22 mai dernier. Brassé par des vents violents puis pris dans une avalanche à quelques centaines de mètres du sommet de l’Everest, le Catalan a préféré faire demi-tour. Il raconte ce jour où son rêve de suivre les traces de Tom Hornbein s’est réalisé, même s’il n’a finalement pas atteint l’objectif qu’il s’était fixé.

Everest par l’arête Ouest : un échec, mais pas que…

« Cette expédition a-t-elle été un échec ? Bien sûr ! Je n’ai pas atteint le sommet que je visais, mais tout le reste. Je crois fermement que le ‘comment’ est bien plus grand et plus important que le ‘quoi’, et en ce sens, la montée était tout simplement parfaite. Comme un grand puzzle avec toutes les pièces sauf une, celle du sommet », raconte Kilian Jornet, qui a rejoint Katmandou après avoir quitté le Khumbu, où il séjournait depuis plusieurs semaines avec sa famille.

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Photo NNormal / DR

Everest par l’arête Ouest : le récit de Kilian Jornet

« En 1963, les défunts Tom Hornbein et Willi Unsoeld ont fait une première ascension de cette belle route. Ce fut un plaisir de suivre un peu leurs traces. J’ai emprunté un couloir très raide pour atteindre l’épaule ouest de l’Everest, mais les conditions là-haut étaient horribles, avec de la glace bleue sous une couche de neige épaisse. Je faisais 2 pas en avant pour un un pas en arrière, et ce pendant 1000 mètres d’ascension. Quand j’ai atteint la crête, il y avait beaucoup de vent. Je suis resté à l’abri sous une corniche pendant 3h pour me reposer et me calmer, et j’en ai profité pour regarder les files d’attente des grimpeurs des voies normales népalaises et tibétaines qui progressaient vers le sommet.

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Photo Kilian Jornet / NNormal / DR

Après que le vent se soit un peu calmé, j’ai continué sur la crête et traversé un terrain mixte de roche et de neige vers le pied du couloir Hornbein. Là, je me sentais bien et les conditions étaient parfaites. Mais après quelques centaines de mètres dans le couloir, une masse de neige fraîche, accumulée je suppose par les vents du matin, s’est détachée et a provoqué une avalanche qui m’a emporté sur environ 50m. À ce moment, j’ai hésité entre continuer ou faire demi-tour, et j’ai décidé de renoncer. La descente était intéressante. Les fortes chutes de neige m’ont obligé à utiliser la fonction ‘retour au départ’ de ma montre Coros pour rentrer, car la visibilité était de 2-3 mètres et mes traces de la montée avaient disparu sous la neige épaisse. »

Kilian Jornet sur l’arête Ouest, la vidéo

Le couloir Hornbein, une voie difficile et exposée

C’est par ces mots que Kilian Jornet résume le voyage de plus de 30 heures qui lui a permis de voir de découvrir un itinéraire dont il rêvait depuis un certain temps et dont il connaissait très peu de détails, en dehors des photographies ou des descriptions dans les livres d’alpinisme. La route de la crête ouest vers l’Everest est la moins courante en raison de sa difficulté technique et de sa longue exposition à l’altitude. De plus, c’est un parcours très vertical, avec un terrain rocheux et glacé très exposé, qu’il a affronté en solitaire et sans oxygène supplémentaire. Cette route, ouverte en 1963, est connue sous le nom de Hornbein Corredor (couloir Hornbein), en l’honneur de l’un des grimpeurs qui l’a empruntée pour la première fois, ce qui était à l’époque considéré comme un événement historique très important pour l’alpinisme.

L’acclimatation de Kilian Jornet avant l’ascension

Kilian Jornet a rejoint l’Himalaya le 19 avril dernier, accompagné d’Emelie Forsberg et de leurs deux enfants. Ensemble, ils sont progressivement montés de Namche (3440m), puis à Pheriche (4371m) pour s’acclimater à l’altitude. De Pheriche, Kilian Jornet a effectué quatre rotations qui lui ont servi d’entraînement et d’acclimatation. Lors de sa dernière rotation, il a même atteint le camp 4, à 7900m d’altitude, ce qui lui a permis de constater l’état du terrain et de vérifier qu’il se sentait bien en altitude. Sa tentative d’ascension par l’arête ouest n’est intervenue qu’après plusieurs jours d’attente des meilleures conditions possibles, même si l’imprévisibilité de la météo est un facteur important à prendre en compte dans l’Himalaya.

Kilian Jornet et l’Everest, une passion

Kilian Jornet a déjà effectué plusieurs expéditions dans l’Himalaya. Son histoire avec le plus haut sommet du monde a commencé en 2016. Mais c’est surtout en 2017 que le champion espagnol a défrayé la chronique, avec une double ascension de l’Everest en une semaine, toujours en style alpin, sans assistance ni oxygène supplémentaire (autre que celui emmené avec lui). Ses deux dernières expéditions, en 2019 et 2021, l’ont aidé à explorer le terrain et à vérifier les différentes possibilités avant d’affronter cette fameuse crête ouest.

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Photo Kilian Jornet / NNormal / DR
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Une densité de population dix fois supérieure au reste du territoire français, un point le plus haut qui culmine à l’altitude vertigineuse de 216 mètres, des horaires de bureau et un trafic routier qui font rentrer chez soi à des heures indécentes, des sollicitations sociales innombrables, une offre sportive illimitée… Paris et l’Île-de-France ne semblent à première vue pas taillée pour les traileurs. Et pourtant, entre Thomas Balabaud et Casquette Verte, de purs Parisiens s’illustrent régulièrement sur les grandes courses internationales. Quel est leur secret ? Pour Esprit Trail, Frédéric Pradon a mené l’enquête.

Comment peut-on être parisien et traileur ?

C’est la question qui revient régulièrement dans la bouche des traileurs vivant en province, de préférence au pied des massifs pyrénéens, vosgiens ou alpins. Comment concilier un environnement pas franchement adapté, voire carrément hostile, avec des objectifs de performance ? Comment ces gens-là, qui n’ont que quelques escaliers et maigres collines à se mettre sous la dent, peuvent-ils espérer rivaliser avec les traileurs des pays montagneux ? En premier lieu, il faut évacuer l’idée fausse selon laquelle le territoire francilien n’est qu’urbanisation…

Trail paris Photo Bruno Nascimento
Le trail en montagne, version Île-de-France ? Photo Bruno Nascimento

L’Île-de-France, c’est 80% d’espaces ruraux !

Si les surfaces agricoles, pas passionnantes pour la pratique du trail, couvrent 50% du territoire, il reste 25% de forêts, soit environ 250 000 ha. Et ce, dès les portes de Paris. Christine Selman, l’Américaine du collectif Asics Forrunner, l’a bien compris : « J’aime le trail d’abord car j’aime la montagne. Pourtant, depuis que j’ai découvert le Bois de Vincennes il y a douze ans, c’est mon quotidien et j’adore ! J’en connais tous les singles. » Cet entraînement made in 12e arrondissement lui a permis de finir 3e de la Saintélyon 2021 et de gagner l’UT4M 100K cette année !

Alexandre Boucheix, dit Casquette Verte, incarne davantage encore cet amour contradictoire de Paris et de la course en montagne : « J’ai toujours habité près du Bois de Vincennes. Je suis le Mowgli de cette forêt. Et si je kiffe m’échapper un week-end dans les Alpes, je suis très content de retrouver Paris le lundi ! » Oui, il est donc possible de s’entraîner en pleine nature dans la capitale !

Parc Floral de Paris
Le Parc Floral de Paris, dans le Bois de Vincennes. Photo Mairie de Paris / DR

Vincennes, Boulogne, mais pas que…

Si les Bois de Vincennes et de Boulogne font le bonheur des Parisiens, on trouve également un grand ensemble des forêts dans les Hauts-de-Seine, Saint-Cloud, Chaville et Meudon, qui sont les terres de l’Ecotrail chaque mois de mars. En RER, on atteint facilement les immenses forêts de Montmorency et du Vexin au Nord, de Fontainebleau au Sud, de Rambouillet et de la vallée de Chevreuse à l’Ouest, de la vallée du Grand Morin à l’Est. Pas d’excuse donc, les terrains d’entraînement existent.

Et ces espaces sont d’une variété absolument exceptionnelle. Ainsi, le Parc naturel régional de la vallée de Chevreuse offre à lui tout seul des chemins roulants, des singles joueurs, des descentes techniques dans les chaos de grès, des points de vue époustouflants depuis les hauteurs, et un patrimoine historique rare, entre lavoirs, châteaux, anciennes carrières… C’est d’ailleurs en exploitant ce terrain des Yvelines que Jonathan Duhail, du Team Outdoor Poli, a terminé 3e des championnats de France de trail en 2016 !

Question dénivelé, en cherchant bien, on trouve !

Si certaines forêts sont désespérément plates (Rambouillet, Vincennes, Boulogne, Notre-Dame…), d’autres offrent un relief particulièrement intéressant, comme Meudon, Montmorency ou Fontainebleau… L’itinéraire le plus emblématique, en termes de ratio distance / D+ est le mythique circuit des 25 Bosses, dans le massif des Trois Pignons, en forêt de Fontainebleau. « Sur 17km de up and down, on cumule plus de 850m de dénivelé positif ! Et le terrain est particulièrement technique : du sable, des marches, des sauts, des rochers piégeux… J’adore ça, c’est vraiment un jeu ! », explique Thomas Balabaud, du Team Outdoor Poli. Suivre le balisage rouge du parcours est un exercice de fractionné en tant que tel. On n’a encore trouvé personne pour battre le record de Thomas : 1h 33mn pour le tour complet ! Les plus joueurs pourront même s’attaquer au record du nombre de boucles : 8, pour Casquette Verte.

Voir une présentation vidéo du circuit des 25 Bosses ICI

De nombreuses courses franciliennes offrent ainsi des ratios dignes des régions de montagne. Par exemple, le parcours de 43km du Trail des 40 Bosses, en forêt de Montmorency, cumulait 2 050m de D+ sur l’édition 2022. Et le Maxicross de Bouffémont, l’Imperial Trail ou le Trail des Châtaignes ne sont pas en reste…

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Parcours des 25 Bosses, dans la forêt de Fontainebleau. Photo Organisation Les 25 Bosses / DR

Comment s’entraîner pour les courses alpines ?

C’est LA question qui brûle les lèvres. Surtout quand on ne connaît pas une côte en Île-de-France offrant d’une traite 100m de D+. C’est très simple : on fait des navettes. Si l’on n’a pas la chance d’aller jouer dans les 25 Bosses, dont l’accès nécessite un véhicule, on négocie montées et descentes sur le coteau d’une forêt plus proche. Et quand on n’a pas ce profil sous la main, on fait des allers-retours sur une même côte. Alex Boucheix a ainsi rendu célèbre sur les réseaux sociaux le fameux V de Gravelle, dans le bois de Vincennes : 30m de D+ à chaque montée, à répéter… jusqu’à 200 fois dans son cas ! Agnès Duhail, la manager du Team Outdoor Poli, raconte y avoir passé des heures à s’entraîner à monter avec des bâtons ! Un exercice clairement ingrat, mais qui lui a permis de gagner la TDS en 2012.

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Alexandre Boucheix dans le V de Gravelle, dans le Bois de Vincennes, un de ses spots d’entraînement. Photo DR

La Butte Montmartre, spot parisien pour les séances en côtes

Et puis il y a bien sûr la Butte Montmartre, qui a son Urban Trail et même son ultra-trail (Ultra-Trail MontMartre, ou UTMM, sur Facebook). À n’importe quelle heure du jour, voire de la nuit, ignorant les hordes de touristes, on y croise des traileurs équipés pour la montagne, avec manchons de compression et gilet d’hydratation. Pour Alexandre Boucheix, habitué des lieux, ce format « navettes » peut même être un atout : « Grâce à cet entraînement, je suis habitué à tout courir. L’absence de montagne autour de chez moi ne change rien. En course, je ne perds pas de temps dans les montées. » Par ailleurs, la plupart des coureurs élites interrogés sont d’accord : ce que l’on n’a pas en terme de dénivelé pour s’entraîner, il faut le compenser par un renforcement musculaire spécifique, fondé sur le développement de la puissance.

Aurélien Collet, du team Hoka, venait du monde du VTT avant d’atterrir dans le Val d’Oise. Il explique avoir mis trois ans à adapter son corps à l’effort spécifique du trail running. « Mes meilleures perfs, analyse-t-il, je les ai réalisées sans avoir effectué aucune séance de vitesse, mais en ayant travaillé ma puissance tout l’hiver. » Il parle de semaines à 6000m de D+ derrière chez lui, dans la forêt de Montmorency, où la côte la plus raide n’offre pas plus de 60m de D+ ! C’est là qu’il organise la course de référence de la région, le Maxicross de Bouffémont, qui rassemble chaque année plus de 3000 adeptes des bains de boue…

UTMM Photo organisation
Concurrents de l’UTMM, l’ultra-trail de la Butte Montmartre. Photo Organisation

Thomas Balabaud : « Optez pour les entraînements croisés »

« Quand j’ai commencé à courir, j’enquillais jusqu’à 150km par semaine », raconte pour sa part Thomas Balabaud, qui a à son palmarès des 2e places sur le format 85km (et 4780m D+) du Madeira Island Ultra-Trail (MIUT), sur le 73km (et 3870m D+) du Tour des Glaciers de la Vanoise ou encore sur le Grand Trail du Sancy (63km et 3500m D+) en 2022, pour ne citer que ses plus récents exploits.

« Puis suite à un TFL, j’ai été contraint d’intégrer du vélo à mes entraînements, pour me préserver. L’effet a été immédiat : j’ai progressé en course à pied ! En 2020, suite à une périostite et limité par le confinement, je me suis mis au crossfit. À haute dose. J’ai passé six mois sans faire une séance sérieuse de running, mais j’ai tellement gagné en puissance que j’ai franchi un énorme cap dans le D+ ! Maintenant, une semaine normale, c’est trois séances de course à pied et trois séances de crossfit/vélo. »

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Thomas Balabaud, du Team Outdoor Poli. Photo DR

Vincent Viet : « À Paris, une ingrate séance de navettes, ça ne peut être que sérieux ! »

Vincent Viet, ancien du team New Balance qui vient d’intégrer les équipes de Salomon, insiste aussi sur l’importance du vélo : « C’est un sport porté, donc beaucoup moins traumatisant. On peut rouler 200 km et faire une séance de seuil le lendemain sans risquer la blessure. C’est aussi fondamental pour la récupération : pour enchaîner les séances de qualité, il faut savoir récupérer. » En outre, cette discipline un peu contrainte permet de développer une qualité fondamentale en trail, et plus encore quand on prétend à l’ultra : le mental.

En quittant la région parisienne pour s’installer du côté d’Annecy, Vincent Viet explique qu’il a découvert que les locaux s’entraînaient moins que ce qu’il imaginait : « L’accès à la montagne est presque trop facile, et beaucoup de traileurs se contentent d’aller courir, portés par le plaisir, oubliant finalement de s’entraîner. » À Paris, on ne peut pas se laisser dominer par la contemplation. Une ingrate séance de navettes, ça ne peut être que sérieux ! Le coureur y gagne forcément en rigueur et l’entraînement en efficacité.

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Vincent Viet, tête d’affiche du film Ultra Dad racontant sa Western States 2022. Photo DR

Casquette Verte, un cas à part

En région parisienne, impossible de reproduire l’effort correspondant à grimper d’une traite 1000m de D+. C’est encore plus problématique en ce qui concerne le D- : « On ne peut pas travailler réellement l’aspect physique propre à la descente, ainsi que la gestion de l’appréhension, regrette Alex Boucheix. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la perte de temps dans le très technique est marginale. C’est aux descentes roulantes et longues que notre entraînement ne peut pas nous préparer. »

Pour pallier à cela, les élites franciliennes sont unanimes : il faut s’organiser plusieurs « week-ends chocs » dans l’année. Cela consiste à enchaîner les sorties alpines intenses pendant 3 ou 4 jours. « Sans ça, en course, tu es foutu ! », rigole Thomas Balabaud. Alexandre Boucheix fait cependant exception : ses week-ends chocs, ce sont les courses. Son entraînement quotidien consiste à faire du volume sans vitesse, et à multiplier les séances de navettes comme seul travail réellement qualitatif. La multiplication des ultras dans son programme annuel suffit pour compenser l’absence de montagne à Saint-Mandé.

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Pour Casquette Verte, pas de week-end choc mais des ultras chocs ! Photo Facebook Ultra01 / DR

L’Île-de-France, un terrain idéal pour travailler sa vitesse

Agnès Duhail préfère faire d’un inconvénient un avantage. Les traileurs franciliens sont moins bons en descente, faute de terrain de jeu adéquat ? Ils seront meilleurs que les savoyards sur les portions roulantes ! « Notre VMA, c’est notre force ! En réalité, on peut travailler plus de choses chez nous qu’en montagne, et s’appuyer sur notre vitesse. » Céline Finas, qui a intégré l’année dernière le Team Evadict de Philippe Propage, tient le même discours : « J’étais sur le circuit national de course d’orientation avant de commencer le trail. J’ai donc moins besoin de travailler le tout-terrain. À Paris, je me concentre sur ma vitesse, car c’est mon point faible. Philippe m’a fait réduire mon volume, fait faire plus de qualité. »

Nicolas Duhail, du Team Outdoor Poli, assume complètement les contraintes de son terrain d’entraînement. En travaillant sa vitesse, il a réalisé en 2022 la 9ème performance française de tous les temps sur 100 km route, en 6h 46mn. Si sa victoire en 2022 sur les 80km de l’Ecotrail, qui n’offre que 1500mD+, s’inscrit dans cette dynamique roulante, il s’est montré capable de transférer ses qualités sur des terrains beaucoup plus techniques. En 2018, il avait fini 7e de la TDS. Et sûrement pas grâce son agilité en descente !

Parisien et excellent traileur, c’est possible !

Pour Agnès Duhail, il suffit d’y croire : « La seule barrière est mentale. » C’est aussi ce qu’affirme Vincent Viet, qui s’est longtemps entraîné dans les forêts de l’Ouest parisien. « Je performais en habitant en Île-de-France, puisque j’ai fait 5ede la CCC en 2016. Il suffit de s’en donner les moyens, en n’oubliant pas de faire de la musculation. Travail excentrique et pliométrie sont indispensables. Une séance de 45mn en salle, sous la presse, c’est un gain immense. »

C’est avec cette idée de prouver que le trail, même de haut niveau, est un sport francilien à part entière, que David Mathieu a créé l’UBBC – Ultra Boucles Buttes Chaumont. « On voulait inventer quelque chose qui ait la forme d’un gros événement, avec une com calquée sur celle de l’UTMB, mais qui garde avant tout l’esprit du « off ». On voulait que les coureurs viennent vivre une expérience vraiment dure, mais officieuse, et surtout sans aucun sponsor. Pour la première édition, en 2015, sans aucune autorisation formelle, on avait donné rendez-vous dans le parc des Buttes Chaumont depuis Facebook, pensant regrouper 15 copains. Résultat, on était 150 ! Depuis, tous les ans, on passe la nuit à tourner sur une boucle hors sentier, avec un solide dénivelé et des passages nature qui ressemblent à du vrai trai ! »

L’événement est formidablement convivial. « À chaque boucle, qui fait 5km, les coureurs passent au ravito qu’ils ont eux-mêmes contribué à alimenter : chacun amène du fromage, de la charcuterie, des gâteaux maison… Il y a toujours trois fois trop. Au matin, on distribue tout ce qui reste aux SDF du quartier. » Un message à passer ? « On cherche des bénévoles pour nous rejoindre et permettre à cet événement unique de perdurer ! »

Parcours ultra boucles buttes chaumont
Le parcours de l’Ultra Boucles Buttes Chaumont. Photo DR

Trail à Paris : la meilleure solution pour se motiver : courir en groupe !

Reste le problème de la motivation. Car aller courir du côté de Paris, dans la grisaille, en rentrant (tard) du boulot ou après s’être tapé des heures d’embouteillage, il faut le vouloir. Le secret, c’est alors le groupe. Avec 250 adhérents, le Team Trail Paris est le plus gros club d’athlétisme intra-muros. Et il est pourtant exclusivement consacré au trail running. « On pourrait être le double, explique son président, Samuel Urtado. On est obligé de refuser du monde ! » Depuis sa création en 2014, le club s’est structuré et offre aujourd’hui un programme efficace d’entraînements collectifs. « Il y a trois séances hebdomadaires, gérées par des coachs diplômés, et quatre stages annuels loin de Paris. On est un club fédéral qui promeut la performance, pas un organisateur de social runs ! Pour développer la culture trail parisienne, on organise des conférences avec des pros, on diffuse des films… »

Il revient lui-aussi sur les sollicitations de la vie parisienne : « On veut faire de notre faiblesse une force. Si l’environnement social peut te piéger dans tes ambitions sportives, nous, on fait en sorte qu’il t’aide ! » C’est également ce que promeut Christine Selman dans son groupe Asics Frontrunner : « On se retrouve une fois par semaine, on est une petite famille ! Voir des amis qui se dépassent, ça te pousse. » Cette émulation collective est aussi un fondement du Team Outdoor Poli. « J’appartiens au TOP depuis 4 ans, raconte Thomas Balabaud, et j’adore. Quand on voit les autres performer, ça pousse à aller s’entraîner. Même quand tu es blessé, tu restes dans la dynamique du groupe. Mon passage de 766 à 865 ITRA, c’est aussi le TOP. Ça lève des verrous ! » Son palmarès récent en témoigne…

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Courir en groupe, une motivation supplémentaire. Photo DR

“Franciliens, mobilisez-vous !” L’appel de Casquette Verte

Le dernier conseil sera donné par Casquette Verte : « Il faut s’inscrire à des ultras, ne pas hésiter. C’est 70% du chemin. Une fois enregistré, tu es bien obligé d’aller courir. Et si tu prends une claque la première fois, tu t’entraînes davantage pour la prochaine ! J’en appelle à la mobilisation. Ii faut des jeunes Franciliens de plus en plus forts pour aller défier les montagnards sur leur terrain ! »

Cet article est paru dans le magazine Esprit Trail N°130.

Pour vous procurer le magazine complet en version papier ou digitale, c’est ICI

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Photo Instragram Casquette Verte / DR
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La Fédération Française d’Athlétisme a publié la liste de tous les sélectionnés qui porteront le maillot tricolore lors des Mondiaux de Trail et de Course en Montagne à Innsbruck, en Autriche, du 6 au 10 juin prochains. Si Blandine L’Hirondel, double championne du monde en titre, est la tête d’affiche de la sélection, le groupe France peut espérer des podiums, tant en individuel que par équipe. Esprit Trail passe en revue des troupes.

Sélection Trail Court Femmes

Une équipe avec peu d’expérience et une moyenne d’âge plutôt jeune, puisqu’aucune de ces femmes n’a plus de 30 ans. Clémentine Geoffray, championne de France de Trail Court, fera figure de leader. Elle affiche une jolie forme, et vient de remporter de belle manière la SkyRace des Matheysins.

Clémentine Geoffray, championne de France de Trail Court 2023
28 ans, 3 sélections

Louise Serban-Penhoat, vice-championne de France de Trail Court 2023
24 ans, 2 sélections

Lucille Germain, 3ème des championnats de France de Trail Court 2023
24 ans, 1 sélection

Marie Goncalves, 4ème des championnats de France de Trail Court 2023
25 ans, 0 sélection

Noémie Vachon, 5ème des championnats de France de Trail Court 2023
29 ans, 0 sélection

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Clémentine Geoffray, championne de France de Trail Court. Photo Facebook / DR

Sélection Trail Long Femmes

Une équipe plus expérimentée, avec des athlètes ayant toutes plus de 30 ans. Sa leader sera incontestablement Blandine L’Hirondel, championne du monde en titre, qui reste sur une 5e place pour sa première participation au marathon de Zegama-Aizkorri. Le groupe comprend la doyenne de l’équipe de France, Jocelyne Pauly, 3e des Championnats de France de trail long à La Cité des Pierres en mars dernier. À noter l’absence d’Anne-Lise Rousset-Séguret, championne de France de Trail Long en titre, qui se focalise sur d’autres objectifs (Hardrock 100 le 14 juillet dans le Colorado).

Manon Bohard Cailler, vice-championne de France de Trail Long 2023
31 ans, 1 sélection

Blandine L’Hirondel, championne du monde de Trail Long 2022
32 ans, 5 sélections

Audrey Tanguy, 6e des championnats du monde de Trail Long 2022
35 ans, 2 sélections

Marion Delespierre, 7e des championnats du monde de Trail Long 2022
35 ans, 1 sélection

Jocelyne Pauly, 3e des Championnats de France de Trail Long 2023, championne de France Masters
49 ans, 1 sélection

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Blandine L’Hirondel, championne du monde de Trail Long 2022. Photo DR

Sélection Course en montagne U20 Femmes

Lili Beck
17 ans, 3 sélections Junior

Alice Mugnier
17 ans, 0 sélection

Margot Dajoux
18 ans, 4 sélections Junior

Pauline Trocellier
18 ans, 2 sélections Junior

Sélection Course en montagne Senior Femmes

Cécile Jarousseau, championne de France de course en montagne 2023
30 ans, 6 sélections Espoirs, 1 sélection Senior

Christel Dewalle, vice-championne de France de course en montagne 2023, championne de France Masters
39 ans, 12 sélections

Elise Poncet, 3e des championnats de France de course en montagne 2023
27 ans, 2 sélections Espoirs, 5 sélections Senior

Nelie Clément, 4e des championnats de France de course en montagne 2023, championne de France Espoirs
20 ans, 3 sélections Espoirs

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Cécile Jarousseau, championne de France de Course en Montagne. Photo Facebook / DR

Sélection Trail Court Hommes

Une équipe de coureurs expérimentés, habitués au très haut niveau, avec une moyenne d’âge proche de 35 ans. On y retrouve les 3 meilleurs Français des Championnats du Monde 2022 en Thaïlande qui étaient automatiquement qualifiés. À noter l’arrivée dans le groupe France de Thibaut Baronian, qui a décroché sa sélection en remportant le Championnat de France à La Cité de Pierres. Sa préparation l’a mené au Marathon de Zegama-Aizkorri, course qu’il affectionne particulièrement et où il décroché une belle 7e place. On peut également espérer une belle performance de Frédéric Tranchand sur le parcours accidenté d’Innsbruck, qui correspond bien à ses capacités. Il vient d’ailleurs de remporter la SkyRace des Matheysins.

Thibaut Baronian, champion de France de Trail Court 2023
34 ans, 0 sélection

Loïc Robert, vice-champion de France de Trail Court 2023
24 ans, 1 sélection

Thomas Cardin, 3e des Championnats de France de Trail Court, mais également champion de France de course en montagne 2023 et 6e des Championnats du Monde de Trail Court 2022
28 ans, 3 sélections

Frédéric Tranchand, 12e des Championnats du Monde de Trail Court 2022
34 ans, 1 sélection

Julien Rancon, 13e des Championnats du Monde de Trail Court 2022
42 ans, 2 sélections Espoirs, 31 sélections Senior

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Thibaut Baronian, champion de France de Trail Court. Photo Facebook / DR

Sélection Trail Long Hommes

Une équipe de costauds, avec les très expérimentés Nicolas Martin, qui était allé cueillir l’argent derrière l’Américain Adam Perterman aux Mondiaux de Trail Long en Thaïlande après une course remarquable. 2 de ses compères de Thaïlande étaient déjà sélectionnés, Thibaut Garrivier et Paul Mathou. Ils sont rejoints par les 2 premiers des Championnats de France de Trail Long 2023, Baptiste Chassagne et Benjamin Roubiol, qui fêteront tous les 2 leur première sélection en bleu.

Baptiste Chassagne, champion de France de Trail Long 2023
29 ans, 0 sélection

Benjamin Roubiol, vice-champion de France de Trail Long 2023
23 ans, 0 sélection

Nicolas Martin, vice-champion du monde de Trail Long 2022
36 ans, 8 sélections

Thibaut Garrivier, 6e des Championnats du Monde de Trail Long 2022
32 ans, 1 sélection

Paul Mathou, 10e des Championnats du Monde de Trail Long 2022
30 ans, 1 sélection

Mondiaux Baptiste Chassagne
Baptiste Chassagne, champion de France de Trail Long. Photo Facebook / DR

Sélection Course en Montagne U20 Hommes

Jules Barriod
18 ans, 1 sélection Espoirs

Jules Mongellaz
17 ans, 0 sélection

Anatole Berthou
19 ans, 1 sélection Espoirs

Chane Souard
17 ans, 0 sélection

Sélection Course en Montagne Seniors Hommes

Un groupe composé du doyen masculin du groupe, Emmanuel Meyssat, et dans lequel ne figure pas le champion de France de course en montagne 2023, Thomas Cardin, qui défendra ses chances en Trail Court.

Quentin Meyleu, vice-champion de France de course en montagne 2023
27 ans, 0 sélection

Alexandre Fine, 3e des championnats de France de course en montagne 2023
26 ans, 4 sélections

Théodore Klein, 4e des championnats de France de course en montagne 2023
28 ans, 4 sélections Espoirs, 1 sélection Senior

Emmanuel Meyssat, 5e des championnats de France de course en montagne 2023, champion de France Masters
43 ans, 1 sélection Espoirs, 20 sélections Senior

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Emmanuel Meyssat, champion de France Masters de Course en Montagne. Photo Facebook / DR
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C’est sous une pluie battante qu’a été donné le départ de la 20e édition du mythique marathon de Zegama-Aizkorri, l’une des courses de trail court les plus populaires du monde, première étape des Golden Trail World Series 2023. Si la météo n’a pas permis de battre les records détenus depuis l’an dernier par Kilian Jornet et Nienke Brinkman, tous 2 absents cette année, elle n’a pas fait fuir le public, réputé pour sa ferveur. Dans une course très spectaculaire, perturbée par une boue omniprésente, l’Espagnol Manuel Merillas a réussi la course parfaite. Surprise chez les femmes, avec la victoire de l’Allemande Daniel Oemus. Thibaut Baronian termine 7e, Blandine L’Hirondel 4e.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : Rémi Bonnet comme une fusée

Le Suisse Rémi Bonnet faisait partie des grands favoris, et il n’a pas manqué de le rappeler d’entrée. Il a dès le départ pris la tête de la course, sur des single boueux rendus très glissants. Il n’a cependant pas creusé d’écart conséquent, ses principaux rivaux préférant rester en embuscade, toujours à moins de 2 minutes.

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Un départ sous la pluie, mais une ferveur du public intacte.

Très vite, le Kényan Robert Pkemboi est revenu dans les pas de Rémi Bonnet, tandis que suivaient à quelques centaines de mètres le Britannique Jonathan Albon, qui découvrait la course, et le Français Thibaut Baronian, 4e à 1 minute au bout de 45min de course. La montée du Sancti Spiritu promettait un grand spectacle.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : un Sancti Spiritu épique

Dans le froid, sous la pluie et la boue, la terrible montée du Sancti Spiritu, 2,5km pour 550m D+, s’est révélée épique. Encadré par une foule déchaînée, le sentier s’est rapidement transformé en une pente de pure boue, où chaque appui relevait de l’équilibrisme. De très nombreux coureurs sont allés au tapis, sans toutefois que l’on déplore de blessures graves. C’est le Kényan Robert Pkemboi qui est passé en tête au sommet, 15 petites seondes devant Rémi Bonnet. Mais les 6 premiers de la course masculine se tenaient en 1mn 30 au sommet de la côte, dont Thibaut Baronian, 6e.

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Une haie de parapluies, un sentier de boue : le Sancti Spiritu a encore fait le show.
ZEGAMA BOUE
Une rivière de boue, où chaque appui est un terrain miné.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : avantage aux descendeurs

C’est dans le début de descente que les choses ont basculé. Sur un terrain très compliqué, extrêmement glissant, les meilleurs descendeurs ont pu se régaler et remonter des positions. A ce petit jeu, l’Espagnol Manuel Merillas et le Marocain Elhousine Elazzaoui ont fait des merveilles, tout comme le Britannique Jonathan Alblon.

Au 34e km, à 8 km de l’arrivée, Manuel Merillas passait en tête, suivi à 3 secondes seulement par le Marocain, tandis que Jonathan Albon, pourtant l’un des meilleurs descendeurs du plateau, se faisait distancer et passait en 3e position, à 1mn45 de l’Espagnol. Robert Pkemboi, 4e, Thibaut Baronian, 5e, Bart Przedwojewski, 6e, et Remi Bonnet, 7e, ne pouvaient plus lutter pour le podium.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : Manuel Merillas au finish

Il aura fallu attendre les tout derniers kilomètres pour connaître le dénouement de cette édition épique. Porté par son public, Manuel Merillas a tout donné et termine en 3h 42mn 01s. Il devance de 27 petites secondes Elhousine Elazzaoui. Jonathan Albon termine 3e, à 3 minutes de Merillas.

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Le podium de Zegama 2023, avec de gauche à droite Elhousine Elazzaoui, Manuel Merillas et Jonathan Albon.

Remi Bonnet et Robert Pkemboi complètent le top 5. Premier Français, Thibaut Baronian prend la 7e place, à 8mn 15 du vainqueur.

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Toujours aussi heureux à Zegama, Thibaut Baronian laisse éclater sa joie.

Résultat Zegama-Aizkorri 2023 : remporte la course féminine

Partie en tête, Blandine L’Hirondel, qui découvrait le parcours, n’aura mené que 15 kilomètres avant de se faire dépasser par la Chinoise Miao Yao, qui allait passer en tête en haut du Sancti Spiritu. Elle était suivie par l’Allemande Daniela Oemius, qui personne n’attendait dans une telle position. Blandine L’Hirondel pointait en 3e position, à 2 minutes déjà de la tête. Parties plus prudemment, la Néo-Zélandaise Cailtin Fielder et la Suissesse Theres Lebœuf allaient faire parler leur expérience dans la seconde partie du parcours pour revenir très fort sur la tête de course.

Daniela Oemius, qui a tout de même dans son palmarès une 4e place au Marathon du Mont-Blanc en 2021, allait ensuite remarquablement résister pour garder un petit matelas d’avance dans la descente. Elle s’impose en 4h 31mn 54s. Elle devance Caitlin Fielder de 2mn 10s et Theres Lebœuf de 5mn 47s. Blandine L’Hirondel termine 5e.

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Il a le regard clair et le sourire timide ce ceux qui, parfois, préfèrent les silences aux mots. Il a 7 ou 8 ans, un gros sac sur le dos et part en randonnée dans la montagne. Cette photo, face à la page 96 du livre La vie courante, résume tout : l’amour de François D’Haene pour la montagne, pour l’effort, pour une certaine forme de solitude aussi. Au fil des pages, entre récits de courses haletantes et réflexions plus personnelles sur sa propre trajectoire et sur la vie en général, le champion français délivre un récit que les passionnés d’endurance se feront une joie de dévorer. À leur propre rythme, sans barrière horaire…

La vie courante, la 4e de couverture

« Un grand de l’ultra-trail partage sa passion. Elle prend sa source de l’enfance dans une famille sportive, au pied des montagnes. À chaque étape de sa vie et de ses courses, François D’Haene s’interroge sur ce qui lui a permis de garder le goût de courir longtemps, très longtemps, et d’accéder aux plus beaux des podiums, de l’UTMB à la Diagonale des Fous, en passant par la Hardrock ou le Mont Fuji. C’est un plaidoyer pour l’équilibre d’une vie où la course jamais ne détruit les bonheurs quotidiens, ceux de la famille, de la fidélité, en amitié, du travail, de la vigne, du plaisir des longues sorties improvisées en montagne et du ski-alpinisme en hiver. Une réflexion nourrie par près de deux décennies de pratique, où les amateurs trouveront une foule de conseils pour vivre longtemps leur passion de la course d’endurance. »

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Extrait de La vie courante / DR

La vie courante, un prologue haletant

En guise de prologue, François D’Haene nous entraîne dans le récit de sa toute première course, un 72 km nommé TGV, pour Tour des Glaciers de la Vanoise, qu’il réalise en 2006, alors qu’il n’a que 20 ans et que tout le monde est convaincu que la maturité est la première qualité d’un traileur, que les jeunes ne peuvent pas rivaliser. Embarqués dans la course, nous vivons avec lui sa métamorphose au fil des kilomètres, son envie de gagner, les douleurs qui surviennent, et la victoire, au bout, qui symbolise la naissance d’un champion. Impossible de résister à l’envie d’aller plus loin…

« Pour aller au bout de telles épreuves, il faut savoir au fond de soi pourquoi on s’y lance. Dans mon cas, ce n’est pas pour gagner mais pour vibrer de tout mon être. »
François D’Haene

La vie courante, ou l’amour des grands espaces

Il est tombé dans le trail quand il était petit, et ne s’en est jamais remis. Enfant déjà, François D’Haene était fasciné par les sorties longues, les heures passées dans la nature, le bonheur des courses dans le massif de la Chartreuse. À 18 ans, il abandonne définitivement l’athlétisme pour se tourner vers la montagne et la course nature. Hors des stades.

C’est en 2004, à 18 ans, qu’il s’aventure pour la première fois du côté du mont Blanc. Il n’y a qu’une seule façon d’y grimper : en partant du bas, et d’une seule traite. Ce qu’il fera. L’année suivante, on lui propose d’être kiné bénévole sur l’UTMB. Il n’imaginait même pas que faire le tour du massif du Mont-Blanc en courant était possible. Il découvre le monde de l’ultra-trail et c’est le coup de foudre.

En 2006, il prend un dossard pour la CCC et y inscrit aussi son père ; c’est son cadeau de Noël. C’est cet été-là, avant l’UTMB, qu’il gagne sa première course, le Tour des Glaciers de la Vanoise. Il terminera quatrième de la CCC, où il a failli abandonner 10 fois. Une quatrième place de la fougue et de l’abnégation. Une course où il aura découvert comment surmonter la douleur pour se transcender. Et surtout, une course où il a découvert sa voie : l’ultra.

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Extrait de La vie courante / DR

La vie courante, l’histoire d’une passion

La suite, on la connaît en partie, mais François D’Haene nous la fait vivre avec ses propres mots. Salomon, le statut de coureur professionnel, son abandon lors de son 1er UTMB, puis les victoires, nombreuses. Et parmi elles, la fameuse « course du siècle », telle qu’elle a été nommée, quand François a remporté l’UTMB en devançant Kilian Jornet, Tim Tollefson, Xavier Thévenard et Jim Walmsley. C’était sa troisième victoire, et il égalait le record détenu par le champion espagnol. Un régal.

La vie courante, de François D’Haene. Guérin – Éditions Paulsen

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C’est à Namche Bazaar, surnommée « la Capitale des Sherpas », dernière ville que les prétendants à l’Everest traversent avant d’accéder au premier camp de base, qu’Emelie Forsberg et Kilian Jornet ont pris leurs quartiers, en famille. Objectif : préparer leur saison de trail 2023. Pour Kilian, elle se résumera à une seule course, Sierre-Zinal. Emelie Forsberg a en revanche plus d’un défi dans son viseur. À commencer par les championnats du monde de trail à Innsbruck, début juin. Le point sur le programme estival du plus beau sourire du trail mondial…

Emelie Forsberg et Kilian Jornet, voyage en famille

Voyager de Norvège au Népal avec deux filles âgées de 1 et 4 ans nécessite une organisation préalable et une grande logistique. Et plus encore lorsqu’il s’agit d’une destination éloignée et en haute altitude. Car Namche Bazaar est située à 3440 m d’altitude, ce qui n’est pas anodin pour des organismes habitués à vivre au niveau de la mer. Après avoir surmonté les premiers jours d’acclimatation à l’altitude, Emelie Forsberg profite du voyage avec sa famille. « C’est génial de pouvoir voir nos filles dans un environnement comme celui-ci. Sans aucun doute, vivre ce voyage à travers leurs yeux est une grande expérience », déclare-t-elle, radieuse. « Être dans l’Himalaya signifie d’être entouré d’une grande beauté. Cet endroit me donne beaucoup de paix et la relation que les gens locaux ont avec la nature me fascine. »

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Emelie Forsberg, Kilian Jornet et leurs 2 enfants dans l’Himalaya. Photo Nnormal / DR

S’entraîner en paix (et avec ses Kjerag!)

Une fois acclimatée, Emelie a déjà profité de cet environnement unique pour effectuer quelques séances d’entraînement. Les premiers contacts avec certains sentiers de l’Himalaya sont très utiles pour connaître la région, habituer le corps à l’altitude et accumuler des kilomètres.

Planifier plusieurs sessions d’entraînement dans un terrain technique comme celui qui entoure le village de Namche Bazaar nécessite également une bonne préparation en termes de matériel. En bonne ambassadrice de la marque Nnormal, Emelie Forsberg affirme que ses séances ne seraient pas les mêmes sans ses chaussures Kjerag. « Leur adhérence et leur retour d’énergie sont très significatifs », explique-t-elle. « Les Kjerag se sont adaptées au terrain en quelques heures et leur légèreté a été un grand atout pour surmonter l’altitude lors des premiers jours. »

Mais les chaussures ne font pas tout. Et au regard des courses à venir lorsqu’elle rentrera en Europe, son entraînement en Himalaya est bien calculé. Ainsi, au cours des prochains jours, ses sessions d’entraînement évolueront dans le but d’augmenter de plus en plus sa résistance. 

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Photo Nnormal / DR

Objectif : Sierre-Zinal et l’OCC

« C’est la première saison après l’accouchement où je sens enfin que je suis vraiment de retour. J’ai fixé des objectifs et j’ai hâte de les atteindre », se réjouit Emelie Forsberg, qui avait déjà fait quelques performances remarquables en 2022. Elle avait en effet remporté le Kilomètre Vertical avant de prendre le lendemain la 24e place du classement féminin sur le marathon Zegama-Aizkorri. Elle était également montée sur la 3e marche du podium sur la Stranda Fjord Trail Race, comptant aussi pour la Golden Trail World Series. Début octobre 2022, pour sa dernière course, elle avait pris la 3e place féminine sur le format marathon de la Salomon Ultra Pirineu.

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Emelie Forsberg lors de la Stranda Fjord Trail Race 2022. Photo J. Saragossa / GTWS

Elle commencera sa saison 2023 avec le championnat du monde de trail running qui se tiendra à Innsbruck le 6 juin. Elle enchaînera ensuite le 15 juillet avec l’Eiger Ultra Trail by UTMB, l’une des courses de montagne les plus renommées de la région des Alpes bernoises en Suisse. Le principal objectif d’Emelie dans cette course sera de se qualifier pour l’OCC de Chamonix. L’OCC sera en effet le cadre de la finale des séries mondiales UTMB dans la catégorie 50 km. Ce sera le 31 août 2023. Entre les deux, le 12 août, Emelie retrouvera d’autres ambassadeurs Nnormal lors de la 50e édition de la célèbre course Sierre-Zinal, en Suisse. Dont un certain Kilian Jornet, décidé à ne pas manquer cette édition anniversaire.

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Malgré des températures supérieures à 40° sous abri, donc plus de 50 en plein soleil, les meilleurs coureurs du Marathon des Sables ont atteint des vitesses impressionnantes. Quant à la dernière classée, elle a marché tout au long du parcours. Petit résumé des performances chronométriques des finishers. (À noter que l’étape 6, dit étape de solidarité, est obligatoire et chronométrée mais non intégrée dans le temps officiel de course. De nombreux athlètes l’ont faite “à la cool”.)

Le plus rapide : Mohamed El Morabity : 12,67 km/h

Avec 4 victoires sur 5 étapes officielles, Mohamed El Morabity a dominé ce 37e Marathon des Sables. Il n’a laissé que la 1ère étape à son frère Rachid pour terminer 2e. Et même si l’abandon de ce dernier après sa pénalité reçue à la fin de l’étape longue a bouleversé le classement, le cadet des El Morabity a semblé cette année plus fort que son aîné.

Ses moyennes en disent long sur l’engagement dont il a fait preuve. Une histoire d’émulation, poussé tant par son frère que par son compatriote Aziz Yachou, 2e du général final. Dans son interview de débrief, Mathieu Blanchard soulignait d’ailleurs la performance des 3 Marocains, qu’il n’avait jamais vu mettre autant d’intensité et de vitesse que cette année.

Voir le débrief vidéo de Mathieu Blanchard, 3e du MDS ICI

Etape 1 (35 km) : 12,89 km/h
Etape 2 (35km) : 12,83 km/h
Etape 3 (30km) : 13,79 km/h
Etape 4 (90 km) : 10,94 km/h
Etape 5 (42 km) : 13,12 km/h
Etape 6 (9km) : 10,55 km/h

Mohamed El Rachidy MDS
Mohamed El Morabity. Photo MDS

Le meilleur non Marocain : Mathieu Blanchard : 11,47 km/h

Oscillant toujours entre la 4e et la 5e place, sauf lors de l’étape longue où, à la faveur de la pénalité de 3 heures infligée à Rachid El Morabity il a terminé 3e, Mathieu Blanchard a fait un MDS tout en gestion, sans jamais vouloir trop se « dépouiller ». La raison : sa saison ne fait que commencer, et il a de grosses échéances à venir, dont les 168km de la Western States Endurance Run fin juin aux Etats-Unis, son objectif n°1 de l’année. Et peut-être un UTMB fin août…

Après une première étape courue quasiment au rythme des Marocains, il a donc largement levé le pied, courant en moyenne 1 km/h moins vite que les leaders. Lors de la 3e étape, il donnait des précisions sur sa vitesse : « Les 20 premiers kilomètres sont assez rapides sur terrain dur. Mon entraînement marathon me permet de caler un pace de 3mn50 au kilomètre ‘confortable’ (soit 15,65 km/h, NDLR). Les 3 machines marocaines sont là : Rachid, Mohamed et Aziz. Juste après le CP2 le sable commence. Une fois de plus je n’ai pas la maîtrise dans ce sol mou, impossible de garder le rythme, les Marocains s’envolent dans ce milieu qu’ils maîtrisent à la perfection. »

Etape 1 (35 km) : 12,55 km/h
Etape 2 (35km) : 11,16 km/h
Etape 3 (30km) : 12,50 km/h
Etape 4 (90 km) : 9,74 km/h
Etape 5 (42 km) : 12,02 km/h
Etape 6 (9km) : 4,47 km/h

Mathieu blanchard 3e MDS
Mathieu Blanchard. Photo MDS / DR

La plus rapide : Ragna Debats : 10,43 km/h sur la 1ère étape

Elle était partie comme une fusée, et la victoire finale lui semblait promise. Sur les 3 premières étapes, la Néerlandaise était intouchable, avant de connaître une énorme défaillance sur l’étape longue. Incapable de s’alimenter correctement dès le CP1, au bout de 10 kilomètres, sans énergie, Ragna Debats n’a eu d’autre possibilité que de marcher pendant près de 80 km. Sa moyenne ce jour-là, 4,18 km/h, en dit long sur son calvaire. Avec une moyenne générale de 6,63 km/h, elle se classe officiellement 81e au scracth, et 8e du classement féminin.

Etape 1 (35 km) : 10,43 km/h
Etape 2 (35km) : 9,60 km/h
Etape 3 (30km) : 9,89 km/h
Etape 4 (90 km) : 4,18 km/h
Etape 5 (42 km) : 8,46 km/h
Etape 6 (9km) : 4,48 km/h

Ragna Debats out
Ragna Debats. Photo MDS / DR

La plus régulière : Maryline Nakache : 9,06 km/h

En faisant une course « sage », Maryline Nakache a su parfaitement gérer son premier MDS, même si elle avoue avoir beaucoup souffert de la chaleur lors de l’étape longue, sur laquelle elle a dû marcher. En prenant les 2e places sur les 4 premières étapes, 3 derrière Ragna Debats et une derrière Aziza El Amrani, elle a su garder suffisamment de fraîcheur pour remporter l’étape marathon, la seule qu’elle ait couru à plus de 10 km/h de moyenne.

Avec une moyenne générale de 9,06 km/h, elle se classe officiellement 11e au scracth.

Etape 1 (35 km) : 9,96 km/h
Etape 2 (35km) : 8,83 km/h
Etape 3 (30km) : 9,38 km/h
Etape 4 (90 km) : 7,62 km/h
Etape 5 (42 km) : 10,10 km/h
Etape 6 (9km) : 4,47 km/h

Maryline victoire
Maryline Nakache. Photo MDS / DR

Répartition des finishers en fonction du temps

En dehors des élites et de leur rythme infernal, le gros du peloton des finishers se situe entre 48 et 66 heures de course. Ils sont 416 sur 757 finishers (30,23% d’abandons sur cette édition particulièrement chaude). Soit une moyenne comprise entre 5,20 et 3,79 km/h. A noter que les barrières horaires sont calculées pour permettre à une personne faisant tout le parcours en marchant d’être finisher.

répartition finishers

La plus lente : Nicole Chik : 3,12 km/h

La dernière classée de ce 37e marathon des Sables est l’Américaine Nicole Chik, qui termine en 78h 34mn, à plus de 59 heures du vainqueur. Sa vitesse moyenne générale est de 3,12 km/h, soit une marche lente. Sa plus faible moyenne a été sans surprise lors de l’étape longue, qu’elle a parcouru à une vitesse de 2,66 km/h.

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La liste des élites inscrits sur les courses de la Golden Trail World Series est désormais connue, et ce qu’on peut dire c’est que le niveau n’aura jamais été aussi élevé. La saison GTWS 2023 promet d’être exceptionnelle !

GTSW 2023 : le plus beau spectacle de trail du monde est de retour

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GTWS 2023 calendrier
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Golden Trail World Series 2023 : 38 pays représentés !

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Lire aussi notre article sur le résultat final des Golden Trail World Series 2022, et la victoire de Remi Bonnet chez les hommes et Nienke Brinkman chez les femmes ICI

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  • Rémi Bonnet (Salomon / Red Bull – Suisse)
  • Kilian Jornet (Nnormal – Espagne)
  • Patrick Kipngeno (Run2gether – Kenya)
  • Jonathan Albon (The North Face – Grande-Bretagne)
  • Stian Angermund (Asics, Norvège)
  • Jim Walmsley (Hoka One One – États-Unis)
  • Davide Magnini (Salomon – Italie)
  • Manuel Merillas (Scarpa – Espagne)
  • Peter Engdahl (Adidas Terrex – Suède)
  • Bart Przedwojewski (Salomon – Pologne)
  • Elhousine Elazzaoui (Pini Mountain Racing – Maroc)
  • Ruy Ueda (Mountain Frontier – Japon)
  • Robert Pkemboi Matayengo (Sky Runners Kenya – Kenya)
  • Francesco Puppi (Nike Trail – Italie)
  • Eli Hemming (Salomon – USA)
  • Thibaut Baronian (Salomon – France)
  • Daniel Osanz (Adidas Terrex – Espagne)
  • Anthony Felber (Sidas X Matryx – France)
  • Cesare Maestri (Nike Trail – Italie)
  • Frédéric Tranchand (Scott – France)
  • Philemon Ombogo Kiriago (Run2gether – Kenya)
  • Anders Kjærevik (Salomon – Norvège)
  • Manuel Innerhofer (Salomon – Autriche)
  • Loic Robert (France)
  • Jan Margarit Solé (La Sportiva – Espagne)
  • Timothy Toroitich (Milimani Runners – Ouganda)
  • Nicolas Martin (Brooks Trail Runners – France)
  • Adrien Michaud (Mizuno – France)
  • Thomas Roach (Grande-Bretagne)
  • Tim Tollefson (Craft – États-Unis)
remi bonnet gtws 2023
Le Suisse Rémi Bonnet, vainqueur des GTWS 2022. Photo GTWS / DR

GTWS 2023 : les têtes d’affiche chez les femmes – Top 30

Parmi les 5 Françaises de ce Top 30, l’inévitable Blandine L’Hirondel, championne du monde de trail long en titre.

  • Nienke Brinkman (Nike Trail – Pays-Bas)
  • Sophia Laukli (Salomon – États-Unis)
  • Allie McLaughlin (Hoka One One – États-Unis)
  • Judith Wyder (Hoka One One / Red Bull – Suisse)
  • Caitlin Fielder (Salomon – Nouvelle-Zélande)
  • Grayson Murphy (Saucony – États-Unis)
  • Blandine L’Hirondel (Evadict – France)
  • Dani Moreno (Adidas Terrex – États-Unis)
  • Élise Poncet (Sidas X Matryx – France)
  • Bailey Kowalczyk (Nike Trail – USA)
  • Malen Osa (Salomon – Espagne)
  • Noémie Vachon (Brooks Trail Runners – France)
  • Fabiola Conti (Italie)
  • Nuria Gil (Asics – Espagne)
  • Marcela Vasinova (République Tchèque)
  • Philiaries Kisang (Run2gether – Kenya)
  • Anaïs Sabrié (Sidas X Matryx – France)
  • Mathilde Sagnes (Hoka One One – France)
  • Emkay Sullivan (Craft – États-Unis)
  • Dominika Stelmach (Adidas – Pologne)
  • Eleanor Davis (The North Face – Grande-Bretagne)
  • Kimber Mattox (Brooks Trail Runners – États-Unis)
  • Patricia Pineda (La Sportiva – Espagne)
  • Karina Carsolio (Salomon – Mexique)
  • Anna-Stiina Erkkilä (Asics – Finlande)
  • Miao Yao (Salomon – Chine)
  • Ashley Brasovan (Hoka One One – États-Unis)
  • Oihana Kortazar (Salomon – Espagne)
  • Johanna Aström (Arc’Teryx – Suède)
  • Theres Leboeuf (Leboeuf/Compressport – Suisse)
nienke brinkman GTWS 2023
La Néerlandaise Nienke Brinkman, qui a remporté la compétition féminine des GTWS 2022. Photo GTWS / DR
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