Spécialiste des équipements techniques de montagne à des prix accessibles, CIMALP fait une belle percée sur le marché concurrentiel du trail running. Le credo de cette entreprise familiale, forte aujourd’hui d’une trentaine de collaborateurs : innovation, durabilité et éco-responsabilité. Nous avons rendu visite au PDG et ses équipes, au cœur de la Drôme, à Saint-Marcel-lès-Valence, entre deux terrains de jeu exceptionnels pour le trail : les monts d’Ardèche et le parc Naturel du Vercors.

Lionel Marsanne et l’intuition du e-commerce

C’est un bâtiment sobre d’environ 3000m2, dans une petite zone commerciale en périphérie de Saint-Marcel-lès-Valence. Rien d’ostentatoire, on pourrait presque passer devant sans l’apercevoir. Et pourtant, derrière ces murs se cache une des marques françaises les plus dynamiques et innovantes de l’outdoor, portée par un leader visionnaire, Lionel Marsanne. Mais si l’histoire est belle aujourd’hui, tout n’a pas été si simple. Lorsqu’en 2009 son père, à la tête d’une petite entreprise familiale de textile comprenant plusieurs marques de prêt-à-porter, décide de tout vendre, Lionel hésite. Ingénieur de formation, plutôt scientifique, il a du mal à imaginer voir disparaître cet univers dans lequel il a baigné. Ayant (bien) vendu quelques temps plus tôt sa propre entreprise, il décide, à 29 ans, de se frotter à ce business si complexe et périlleux qu’est l’industrie textile en France. Sa conviction : stopper les boutiques et développer le e-commerce.

CIMLAP LIONEL MARSANNE Photo Cyrille Quintard
Lionel Marsanne. Photo Cyrille Quintard

2012, un nouveau départ

Mais entre l’idée et sa réalisation, il y a un monde. Brutal. Lionel Marsanne va y connaître l’enfer des journées de 20 heures, des semaines de 7 jours sans vacances ni temps pour sa famille, jusqu’à atteindre le point de non retour. En 2012, il met en vente, décidé à jeter l’éponge. Alors qu’aucun acquéreur ne pointe le bout de son nez, une opportunité inespérée surgit : les Chinois sont à la recherche de belles marques françaises pour leur marché. Ni une ni deux, il saute dans un avion, réserve 3 suites dans 3 hôtels chinois, présente les siennes et… bingo, il ramasse 300 000 euros. Pile l’argent dont il avait besoin pour se débarrasser des marques de prêt-à-porter, et ne garder plus que CIMALP, sur laquelle il décide de s’investir à temps plein.

Grâce à cette trésorerie, la marque passe de 30 à 70 modèles, multiplie les coloris, et le chiffre d’affaires suit. Désormais uniquement vendus en ligne et à la boutique d’usine de Saint-Marcel-lès-Valence, les produits CIMALP, fidèles à l’ADN historique de la marque, attirent de plus en plus de clients, en France comme à l’étranger.

Le défi du trail-running

Créée en 1964 par un alpiniste passionné, CIMALP évoque la cime des Alpes, en référence à son plus haut sommet, le mont Blanc. Et depuis plus de 50 ans, la philosophie de l’entreprise n’a pas changé: proposer des produits techniques et fiables à des prix accessibles. Mais si la réputation de la marque s’est construite autour d’un ADN montagne fort, Lionel Marsanne a toujours refusé de s’endormir sur ses lauriers et a décidé, en 2014, de s’orienter vers le marché de la course à pied nature, pourtant extrêmement concurrentiel, avec le même esprit : développer des équipements trail performants et durables à juste prix.

« C’est un marché très disputé, où il y a énormément d’acteurs, analyse-t-il, lucide. Mais pour moi, ce marché est un bon marqueur de la performance de la marque. C’est un sport de compétition, et les gens cherchent des produits performants, donc si vous n’êtes pas performant, les gens ne vous achèteront pas. Ce qui signifie que si on n’arrive pas à être bon sur le trail, c’est qu’on n’est pas dans la bonne direction. Et dans ces cas-là, il faut se remettre en question. »

Bien entendu, le trail n’est pas pour CIMALP un univers aussi important que la montagne ou la randonnée, deux des fleurons de la marque, mais Lionel Marsanne n’hésite pas à investir, guidé par sa logique : «C’est un peu comme Renault et la Formule 1, le trail nous sert de laboratoire. Je vais y mettre plus de moyens par rapport au chiffre d’affaires généré, parce que les produits que l’on développe pour le trail, par exemple les chaussures, vont nous permettre demain de faire de meilleures chaussures de rando.»

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La X-RACE, dernière-née des chaussures de trail CIMALP. Photo Cyrille Quintard

Être toujours en avance

L’innovation est sans doute l’un des principaux critères qui explique le succès de CIMALP aujourd’hui. Comme dans le marketing digital, par exemple. « On sera toujours petits, reconnaît Lionel Marsanne. Salomon est petit par rapport à Nike. Quand tu es gros, tu es attaqué de toutes parts, tu n’es jamais à la bonne position. La solution, c’est d’être toujours en avance. C’est ce qui fait notre succès aujourd’hui. Quand les gens achètent sur Facebook, on pense déjà au prochain canal de vente. Je suis toujours à l’affût. »

Innovation toujours quand il s’agit de technologie, avec un labo de R&D en ébullition permanente. « Je ne suis pas un vrai traileur, explique ce passionné de kitesurf et de ski, mais j’aime le côté compétition de ce sport de chrono, le choix des matériaux, l’aspect technique. Donc développer des produits pour le trail, ça m’intéresse, c’est mon domaine de prédilection. »

Et pour rester en tête au niveau de l’innovation, le CEO de CIMALP n’hésite pas à aller chercher les talents là où ils se trouvent. En Angleterre, en Pologne, en Finlande, aux États-Unis, ou plus proches, avec par exemple cette petite boîte lilloise pour un nouvel outil permettant de performer sur Facebook. « J’adore chercher, je n’hésite pas à m’entourer de gens plus performants que moi, avoue Lionel Marsanne. Ils ne sont pas là pour prendre ma place, mais pour exprimer leurs talents. »

Lionel Marsanne, l’avant-gardiste

Ingénieur de formation, Lionel Marsanne a fait de l’innovation et la R&D les piliers du développement de CIMALP, multipliant les technologies brevetées habituellement déposées par les géants du marché outdoor. Une volonté d’innover qui ne l’empêche pas de rester très attaché au respect du terrain de jeu, faisant tout pour limiter l’impact environnemental de l’activité de l’entreprise. Farouche adversaire de l’obsolescence programmée, il milite ainsi pour la durabilité des produits, auxquels il offre même une seconde vie au travers d’un atelier de réparation, et s’escrime à concevoir ses équipements de façon éco-responsable.

« Nos vêtements sont PFC free (débarrassés de substances toxiques) et nos tissus sont certifiés bluesign…, l’écolabel qui garantit des conditions de production économes en ressources naturelles, précise-t-il. Nous utilisons un maximum de tissus recyclés, des duvets synthétiques et des fibres végétales comme alternative éthique au duvet animal. Nous expédions nos colis avec des pochettes 100% recyclées et recyclables.»

Bien sûr, le CEO de CIMALP, dont l’intégralité de la fabrication se faisait à l’origine dans l’Hexagone, reconnaît que son entreprise n’a pas échappé à la crise de l’industrie textile française et qu’il a dû opérer un virage stratégique important. Aujourd’hui, la conception des vêtements (choix des tissus, design, testing) a lieu en France et en Europe, mais l’entreprise sous-traite désormais la fabrication à des partenaires basés essentiellement en Asie et en Europe. « Nous entretenons des relations de longue durée avec nos usines, affirme Lionel Marsanne. Nous sommes engagés sur les conditions de travail et même en Asie, où elles sont parfois rudes, nous militons pour faire changer les choses. »

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Dans la boutique CIMALP, la collection textiles trail. Photo Esprit Trail

La performance durable comme philosophie

Illustration de cet esprit d’innovation, l’une des particularités de CIMALP est de développer et breveter ses propres technologies, qui obtiennent parfois de meilleures performances que celles des géants américains. « Par exemple, la membrane Ultrashell® qui habille la veste de trail Storm Pro a été développée en 2016 par Lionel Marsanne en personne », raconte Olivier Roux, responsable export de la marque. Au départ, c’était pour des questions de prix par rapport aux membranes qui étaient sur la marché et qui imposaient d’appliquer des prix élevés, mais c’est vite devenu aussi pour des raisons de technicité et de durabilité.

La membrane Ultrashell® a été la première membrane imper-respirante digne de ce nom sur le marché, c’est-à-dire étanche à 20 000mm d’eau (20 000 Schmerber), avec une respirabilité de 80 000MVP, et conçue sans PFC ! Pour la petite histoire, il se raconte que Lionel Marsanne a regardé le film Dark Waters de Todd Haynes mettant en cause les agissements de la firme d’industrie chimique DuPont de Nemours, et que dès le lendemain, il a décidé de ne plus fabriquer aucun produit avec du PFC. Éco-responsabilité et challenge technologique, deux cordes d’un même arc avec lequel CIMALP aime décocher ses flèches.

Lire l’article Test Cimalp : 4 bonnes raisons de devenir un French Montagnard

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Le dernier-né de la gamme de Tee-shirts CIMALP, aux couleurs de la team. Photo Esprit Trail

Autre exemple maison, la technologie Cyclone, un tissu capable d’absorber et d’évacuer l’humidité 10 fois plus rapidement qu’un tissu traditionnel. « Nous avons notre propre vision du marché, raconte ainsi Lionel Marsanne. Certains équipementiers font des membranes haut de gamme, mais qui ne respectent pas les contraintes environnementales, qui sont une de nos préoccupations majeures. Ça ne va donc pas dans le sens de notre philosophie.» « Au cœur de l’Histoire CIMALP, il est question d’humanité, d’innovations et de conscience écologique, ajoute Marie Mathias, Marketing & Brand Manager. Sensibiliser le public aux enjeux environnementaux tels que la fonte des glaciers, chez CIMALP, cela fait aussi partie de nos missions. »

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La gamme iconique de CIMALP, French Montagnard. Photo Esprit Trail

Grandir, mais rester proche de sa clientèle

Aujourd’hui, l’entreprise commence à être à l’étroit dans ses locaux, et n’arrive plus à pousser les murs. Avec 150 commandes par jour en période creuse, et jusqu’à 3000 en période de Black Friday, à 85% en France et 15% à l’export – Allemagne, Italie et Espagne en tête – CIMALP a besoin de plus en plus d’espace de stockage et de collaborateurs. Pour expédier, mais aussi pour assurer un service client performant, nécessaire pour une entreprise 100% online digne de ce nom.

De 5 en 2015, la team CIMALP s’élève désormais à 32 personnes, et des recrutements s’annoncent. De même qu’un déménagement, d’ici 24 à 36 mois, dans de nouveaux locaux flambant neufs. « On ne va pas loin, à quelques centaines de mètres d’ici seulement, dévoile Olivier Roux. Lionel tenait énormément à l’ancrage local et à conserver ses salariés. » À voir l’ambiance dans les bureaux, CIMALP n’est pas prêt d’arrêter de tutoyer les sommets…

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En étant le premier à passer sous la barre des 20 heures et en établissant le record de l’épreuve à 19h 49mn 32s sur le parcours complet de l’UTMB l’an dernier, Kilian Jornet a placé la barre très haut. Son chrono paraît imbattable. Pourtant, en réalisant une course parfaite, il pourrait être pulvérisé. Explications.

UTMB : 171 km et 10 montées clés

Avec 171 km et 9963 mètres de dénivelé positif, le parcours complet de l’UTMB 2022 traverse 3 pays : la France, l’Italie et la Suisse, pour un tour complet du massif du Mont-Blanc. Il propose 10 montées clés. Celle qui est considérée comme la plus dure est la montée de la Croix du Bonhomme. Elle vient en début de course. C’est, en tout cas, celle qui présente le dénivelé le plus important en une seule fois : 1329 mètres, avec un point culminant à 2479m d’altitude. Cette montée commence dès la sortie de Saint-Gervais, mais grimpe sérieusement à partir du kilomètre 35, au passage appelé Notre-Dame de la Gorge. C’est là que les coureurs découvrent une ambiance survoltée, avec grand feu de joie et supporters hystériques, avant de s’enfoncer seuls dans la nuit.

Le Col de la Seigne et son voisin, le Col des Pyramides Calcaires, point culminant du parcours à 2567 mètres d’altitude, viennent en 2e position au niveau de la difficulté, avec 958m de dénivelé. Le Grand Col Ferret est souvent considéré comme un épouvantail, car il arrive après près de 100km de course. Mais il ne représente « que » 754m de dénivelé. En revanche, la montée faisant seulement 4,5km, elle est plutôt raide, ce qui la rend si redoutable.

La Tête aux Vents, avec 863m de D+, est la dernière grosse punition du parcours. Elle est infligée aux coureurs après 153km de course et déjà plus de 9000m de dénivelé avalés. Une fois franchie, il ne reste plus qu’à foncer vers Chamonix…

parcours UTMB
Le parcours de l’UTMB

UTMB 2022 : le film de la course

Si Kilian Jornet et Jim Walmsley ont pris les départs les plus rapides, Tom Evans et Zach Miller n’ont jamais été très loin. Au Col de la Seigne, après 6 heures de course, les 4 hommes se tenaient dans la même minute. Mathieu Blanchard accusait quant à lui un retard de 7 minutes sur ce groupe de tête. Jim Walmsley et Kilian Jornet allaient ensuite se détacher progressivement dans la nuit. Ils allaient arriver quasiment ensemble à Courmayeur, avec 11 minutes d’avance sur Tom Evans et Zach Miller, et 16 sur Mathieu Blanchard.

Entre le refuge de Bertone et Champex, Jim Walsmley allait produire son effort. Il distançait Kilian Jornet dans la montée du Grand Col Ferret et faisait une descente supersonique vers La Fouly pour atteindre la base de vie de Champex avec 13 minutes d’avance sur l’Espagnol. Et plus de 30 sur ses 2 compatriotes américains ! Il semblait alors s’envoler vers sa première victoire. De son côté, Mathieu Blanchard, rassuré par sa forme à Courmayeur, faisait jeu égal avec les chronos de Jim Walmsley et revenait à 2 petites minutes de Kilian Jornet. Il allait même quitter la base de vie de Champex avec lui grâce à un arrêt express. C’était le début de leur formidable bras de fer, qui allait tenir en haleine les spectateurs jusqu’à La Tête aux Vents.

C’est entre Plan l’Au et La Giète que Jim Walmsley, très dérangé et à bout de forces, allait connaître l’une des plus terribles défaillances de sa carrière. Après s’être longuement arrêté à Champex (8 minutes de pause !), l’Américain à la dérive allait se faire littéralement « déposer » par le duo Jornet-Blanchard. Il allait perdre plus de 30 minutes sur l’Espagnol entre Champex et La Giète.

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Jim Walmsley en perdition à La Giète. Photo DR

La suite, on la connaît. Comprenant que Mathieu Blanchard était plus performant que lui en descente, Kilian Jornet tentait le tout pour le tout dans la terrible dernière montée de La Tête aux Vents. Pari gagnant, il faisait craquer le Français et prenait 8 minutes d’avance. Un écart suffisant pour ensuite gérer la descente vers Chamonix et s’imposer magistralement.

UTMB JORNET-BLANCHARD Photo Nick Danielson
Photo Nick Danielson

Lire l’article UTMB 2022 : fabuleux record pour Kilian Jornet

UTMB ARRIVEE-Photo Nick Danielson
Photo Nick Danielson

UTMB 2022 : les temps de pause sur les bases de vie

S’ils sont essentiels pour les ravitaillements solides, les recharges en boissons ou barres et gels, voire les changements de tenues, les ravitaillements ont aussi l’inconvénient de casser le rythme de course. Et de faire perdre de précieuses minutes sur le temps final. Au point que certains athlètes travaillent avec leur assistance, comme pour des Formule 1 lors des arrêts aux stands, pour perdre le moins de temps possible.

À ce petit jeu, c’est Mathieu Blanchard qui a été le plus rapide. Son arrêt le plus long n’a été que de 3 minutes à Courmayeur et Trient, contre 4 sur ces 2 mêmes bases pour Kilian Jornet. En temps cumulé, Mathieu Blanchard totalise seulement 12 minutes de pause, contre 17 pour l’Espagnol. Et Jim Walmsley, alors qu’il commençait à avoir des signes de faiblesse inquiétants, a été jusqu’à s’arrêter 8 minutes à Champex. Une éternité, à ce niveau !

UTMB JORNET-BLANCHARD Photo Nick Danielson
Photo Nick Danielson

L’UTMB en 19h 15mn, le meilleur de chaque segment

Pour calculer le chrono parfait, nous avons analysé les temps réalisés par les 5 meilleurs de l’UTMB 2022 sur chacun des segments. Nous avons ensuite cumulé les meilleurs temps enregistrés, quel que soit l’athlète qui les ait réalisés. De plus, nous avons également pris en compte les arrêts sur les bases de vie ou les ravitaillements, en retenant les arrêts les plus rapides. Le chrono parfait est donc un best of de Kilian Jornet, Mathieu Blanchard, Tom Evans, Jim Walmsley et Zach Miller. Et il donnerait… 19h 15mn. Soit 34 minutes de moins que l’actuel record de l’Espagnol ! Si un tel écart paraît considérable, n’oublions pas qu’en réalisant son fabuleux chrono de 2022, Kilian Jornet avait battu le précédent record établit par Pau Capell en 2019 de… 30 minutes !

Bien sûr, ce chrono parfait supposerait que l’athlète ne connaisse aucun coup de mou. Cela supposerait aussi qu’il soit tout le temps à l’attaque pour être le plus performant de tous les champions sur chacun des secteurs. Il permet néanmoins d’indiquer une marge de progression réelle. Et à voir la façon dont les athlètes sont aujourd’hui capables d’améliorer assez largement des records qui paraissent intouchables, tout espoir est permis pour la grande bataille de l’UTMB 2023…

UTMB 2022 : détail des chronos les plus rapides par segments jusqu’à Courmayeur

Chamonix > Col de Voza : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 1h09

Col de Voza > Saint-Gervais : Mathieu Blanchard en 37mn

Saint-Gervais > Les Contamines : Kilian Jornet, Jim Walmsley et Tom Evans en 51mn

Les Contamines > La Balme : Kilian Jornet et Tom Evans en 53mn

La Balme > Chapieux par le Col du Bonhomme : Mathieu Blanchard, Tom Evans et Jim Walmsley en 1h20

Arrêt Chapieux : Mathieu Blanchard 2 mn

Chapieux > Col de la Seigne : Zach Miller en 1h18

Col de la Seigne > Lac Combal : Kilian Jornet en 45mn

Lac Combal > Mont Favre : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 35mn

UTMB JORNET Photo Jordi Saragossa
Photo Jordi Saragossa

Mont Favre > Checrouit : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 22mn

Checrouit > Courmayeur : Jim Walmsley en 23mn

Arrêt Courmayeur : Mathieu Blanchard 3mn

UTMB 2022 : détail des chronos les plus rapides par segments de Courmayeur à Chamonix

Courmayeur > Bertone : Kilian Jornet et Jim Walmsley en 52mn

Bertone > Arnouvaz : Mathieu Blanchard en 1h21

Arnouvaz > Grand Col Ferret : Jim Walmsley en 52mn

Grand Col Ferret > La Fouly : Jim Walmsley en 55mn

Arrêt La Fouly : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard 1mn

A

La Fouly > Champex : Mathieu Blanchard en 1h20

Arrêt Champex : Mathieu Blanchard 1mn

Champex > Plan l’Au : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 23mn

Plan l’Au > La Giète : Kilian Jornet en 1h02mn

La Giète > >Trient : Mathieu Blanchard en 29mn

Arrêt Trient : Mathieu Blanchard 3mn

Trient > Les Tseppes : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 40mn

Les Tseppes > Vallorcine : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 42mn

Arrêt Vallorcine : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard 2mn

Vallorcine > Tête aux Vents : Kilian Jornet en 1h12mn

Tête aux Vents > La Flégère : Kilian Jornet et Mathieu Blanchard en 27mn

La Flégère > Chamonix : Mathieu Blanchard en 35mn

Alors, le chrono record de Kilian Jornet sera-t-il battu pour les 20 ans de l’UTMB ?
Rendez-vous le 2 septembre sur la ligne d’arrivée, place du Triangle de l’Amitié, à Chamonix, aux environs de 13h30, pour avoir la réponse…

UTMB Photo UTMB-Mont-Blanc Paul Brechu
Rendez-vous le 2 septembre pour un nouveau record ? Photo UTMB-Mont-Blanc Paul Brechu
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3 courses, 3 victoires, 3 records. Cette année, quand Courtney Dauwalter prend le départ d’une course, elle la gagne et s’empare du record de l’épreuve. Retour sur les performances ahurissantes de l’ultra-terrestre féminine, et sur la suite de sa saison.

Courtney Dauwalter : 4 records mythiques

Imbattable ! Depuis juin 2019 et son abandon sur la Western States Endurance Run, Courtney Dauwalter a remporté toutes les courses de plus de 100km auxquelles elle a participé. Mieux, sur ses 4 dernières courses, la traileuse de 38 ans (depuis le 13 février) s’est imposée en battant à chaque fois le record de l’épreuve. Diagonale des Fous, Bandera 100K, Western States Endurance Run, Hardrock 100 : rien ne lui résiste. Même l’enchaînement WSER / Hardrock 100, 2 courses très exigeantes séparées de seulement 3 semaines, n’a pas freiné l’ardeur de l’Américaine. Elle devient la première athlète au monde à réussir le doublé la même année. Et première athlète à détenir les records absolus de 4 des courses les plus prestigieuses de la planète : la Diag’, la WSER, la Hardrock 100 (dans les 2 sens) et l’UTMB ! Retour sur un début de saison 2023… ahurissant.

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Insubmersible ! Photo DR

Bandera 100K, premier exploit de 2023

Tout commence le 8 janvier 2023. Courtney Dauwalter s’aligne au départ de la Bandera 100K, au Texas. La raison : ce parcours composé d’une boucle de 50 km et 2050m D+ à réaliser deux fois permet aux 2 premiers du classement masculin et aux 2 premières du classement féminin d’obtenir un « Golden Ticket » pour la Western States Endurance Run. La WSER est l’une des courses les plus mythiques des États-Unis, au nombre de places strictement limité. Et c’est surtout l’un des 2 piliers du pari fou de l’Américaine en cette année 2023. En effet, elle a décidé de se tester sur l’enchaînement de cette course, prévue le 24 juin, et de la Hardrock 100, l’autre mythe de l’ultra américain, programmée le 14 juillet. Et quand Courtney a une idée en tête…

Bien évidemment, l’athlète du team Salomon n’a pas laissé passé l’occasion d’obtenir son « ticket d’or ». Non seulement elle a remporté la course féminine et terminé 6e au scratch, mais comme si cela ne lui suffisait pas, elle s’est emparée du record de l’épreuve, détenu depuis 2017 par sa compatriote Stephanie Howe. Cerise sur le gâteau, en améliorant de 9 minutes le précédent chrono, Courtney Dauwalter est devenue la première femme à descendre sous les 9 heures (8h 59mn), malgré le terrain rendu boueux et glissant par les pluies. Un premier exploit qui en augurait d’autres…

Le défi WSER / Hardrock 100

« On a réussi ! », s’est-elle alors modestement contenté de commenter sur ses réseaux sociaux ! « Mes raisons de courir la Bandera 100K étaient de m’amuser, d’explorer le Texas et d’essayer une course que je n’avais jamais faite. Mais surtout je voulais vraiment un ticket d’or pour Western States 100 cet été. Incroyablement excitée d’avoir la chance de courir à nouveau ce 100 miles entre Olympic Valley et Auburn! » Et l’Américaine de préciser : « Faire le doublé Western States – Hardrock attise ma curiosité depuis quelques années. Deux courses de 100 miles complètement différentes à seulement trois semaines d’intervalle semble être un défi complètement fou que j’aimerais tenter. Et je suis très excitée d’avoir la chance de pouvoir le faire ! »

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Première course de l’année, 1ère victoire et 1er record battu lors de la Bandera 100K, au Texas, en janvier 2023. Photo DR

Western States Endurance Run : une course exceptionnelle, un record pulvérisé

Lorsqu’elle s’est présentée sur la ligne de départ de la WSER à Olympic Valley, en Californie, samedi 24 juin au petit matin, Courtney Dauwalter était déjà considérée par la plupart des spécialistes comme la plus grande ultra-runneuse de l’histoire. 15 heures 29 minutes et 33 secondes plus tard, l’Américaine avait levé tout doute possible, pulvérisant le record du parcours féminin de 78 minutes et devançant sa compatriote Katie Schide, gagnante de l’UTMB 2022, de 1 heure et 13 minutes.

Ce chrono stratosphérique, qui lui a valu la 6ème place au général, devant des athlètes réputés tels que Mathieu Blanchard pour ne citer que lui, aurait valu à l’Américaine la 2ème place au général en 2022 ! Il était plus rapide que 2 des 7 derniers chronos des vainqueurs masculins de la WSER ! D’autant plus exceptionnel qu’il a été obtenu sans l’aide d’un pacer, alors qu’ils étaient autorisés à partir du 100e kilomètre ! Et que ses temps sur la deuxième moitié de la course ont été tout simplement inimaginables, les plus rapides de tous les concurrents sur certains segments, laissant les spécialistes de l’ultra incrédules.

« C’était cool d’être de retour ici et d’atteindre la ligne d’arrivée après avoir abandonné en 2019 », a simplement commenté Courtney Dauwalter, qui s’était déjà imposée ici en 2018.

Lire notre article : Courtney Dauwalter, la performance de la décennie ?

Courtney Dauwalter WSER Photo DR
Courtney Dauwalter lors de sa victoire (et son record) sur la WSER. Photo DR

Hardrock 100 : no pain, no gain

« Sans souffrance, pas de victoire. » Telle sera sans doute la leçon que retiendra Courtney Dauwalter de cette Hardrock 2023, où elle a avoué avoir souffert comme rarement. Mais quelle récompense à l’arrivée ! 3 semaines seulement après sa course record à la Western States Endurance Run, l’Américaine a traversé les montagnes de San Juan dans le Colorado, pour aller embrasser la première le célèbre rocher à tête de bouc symbolisant l’arrivée.

Son temps : 26 heures 14 minutes et 8 secondes, la place 4ème au général, à à peine 2 minutes du podium. Elle est ainsi devenue le premier athlète, tous sexes confondus, à remporter la Hardrock 100 et la WSER la même année. Et a s’emparer du record absolu de l’épreuve, tous sens confondus. Mais que ce fut dur ! « J’avais l’impression de ne pas avoir les jambes aujourd’hui, mais j’ai été patiente. Aujourd’hui, c’était vraiment difficile », a déclaré la championne américaine à l’arrivée.

Courtney Dauwalter Hardrock 100 Photo Alexis Berg
Photo Alexis Berg

Hardrock 100 : comment Courtney Dauwalter a su surmonter la douleur

Puis, 24 heures plus tard, elle a donné une interview à nos confrères d’iRunFar, où elle est revenue plus longuement sur sa course. Alors que l’intervieweuse lui signifie qu’elle ne l’a jamais vu avec un visage de souffrance aussi marqué durant une grande partie de la course, Courtney Dauwalter précise : « La douleur est venue presque immédiatement, dès le départ. Même la première partie, je me sentais fatiguée, et c’était dur. Je me suis demandé ce qui n’allait pas. Genre, où sont mes jambes ? Où sont mes bras ? Où sont mes poumons ? Et où est ma tête ? Parce que rien ne fonctionnait ensemble. Et c’est resté comme ça à peu près toute la course. C’est une course où j’ai dû m’arracher pour aller chercher chaque mile. Aucun d’entre eux n’est venu gratuitement. C’était un effort total tout le temps. »

Voir l’intégralité de l’interview en vidéo ICI

Plus tard, alors qu’on lui demande comment, dans ces conditions, elle est parvenue à se dépasser, Courtney Dauwalter apporte des précisions. « J’ai accepté la situation. J’ai accepté l’idée que j’étais fatiguée, et j’ai donc essayé de ne pas trop me concentrer là-dessus. À la place, je me suis installée avec ce sentiment, je n’ai pas cherché à lutter contre. Je n’avais pas les solutions pour aller mieux, la seule chose que je pouvais faire, c’était attendre que les choses s’arrangent. Me donner du temps. »

Hardrock 100 : Anne-Lise Rousset exceptionnelle

À propos de Anne-Lise Rousset, qui a pendant longtemps mené la course, Courtney Dauwalter exprime toute son admiration. « J’ai adoré (être à la lutte avec elle durant la première moitié de,la course). Anne-Lise est incroyable. C’est une personne merveilleuse et si forte. Je l’ai rencontrée l’année dernière au Grand Raid, donc, nous nous connaissions déjà en quelque sorte, mais hier nous avons couru ensemble quelques kilomètres et c’était cool. […] C’est une coureuse très forte en général, mais c’est sûr qu’elle va très vite dans les descentes. À chaque fois, elle me semait, et je la rattrapais dans les montées… Elle est si forte, son jeu de jambes est si bon. »

Anne-lise rousset Photo Cyrille Quintard
Grosse performance d’Anne-Lise Rousset Séguret, 2ème de la Hardrock 100, 7ème au général. Photo Cyrille Quintard

Courtney Dauwalter : quelle fin de saison ?

C’est la question qui brûle toutes les lèvres. Que va faire Courtney Dauwalter pour la suite de la saison ? Et c’est bien sûr la question que n’a pas manqué de lui poser notre confrère d’iRunFar . Mais l’Amércaine reste évasive. « Il y a encore beaucoup de courses un peu partout dans le monde, mais pour l’instant je n’y pense pas, c’est loin tout ça… […] Bien sûr, j’ai quelques idées pour août ou septembre, mais j’ai besoin de me donner un peu de temps, d’évaluer mon organisme, comment je me sens. Parce qu’hier, dans les derniers miles, je me disais : “Je ne sais pas si je franchirai un jour une autre étape”. C’était si dur… »

Dans 6 semaines aura lieu l’édition anniversaire des 20 ans de l’UTMB. Et, assurément, tout le monde rêve d’y voir Courtney Dauwalter continuer d’écrire l’histoire du trail féminin…

hardrock 100 courtney dauwalter
Photo DR
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Ils étaient 146 au départ de Silvertone pour cette 30e édition de la Hardrock 100 dans les montagnes de San Juan. Et c’est le Français Aurélien Dunand-Pallaz qui a le premier embrassé le rocher blanc où est peint la tête de mouflon symbolisant l’arrivée. Il précède un autre Tricolore, le Basque Beñat Marmissolle. Immense exploit de Courtney Dauwalter, 4ème au général et première femme à réussir le doublé Western States Endurance Run / Hardrock 100, les 2 ultras majeurs des États-Unis, enchaînés en 3 semaines seulement.

Hardrock 100 : une petite course devenue mythique

Nous sommes à l’automne 1991. Une publicité, dans le magazine Ultrarunning, annonce la création d’une nouvelle course de 100 miles à travers les montagnes de San Juan, au sud-ouest du Colorado. Son nom : la Hardrock 100. Le concept : suivre les sentiers qu’arpentaient les mineurs dans les montagnes, à l’époque de la ruée vers l’or. L’homme derrière cette idée : Gordon Hardman, un habitant de Boulder, dans le Colorado, dont l’enthousiasme excessif compensait l’inexpérience relative. Associé à John Cappis, un habitant de Telluride, il établit un itinéraire reliant les quatre principales villes minières de la région : Silverton, Telluride, Ouray et Lake City, en utilisant principalement des sentiers et des chemins miniers historiques.

L’épreuve, terriblement exigeante, n’était déjà ouverte qu’à des montagnards avertis, ayant déjà à leur actif au moins une course de 100 miles. « Nous n’avons jamais eu l’intention d’organiser un événement qui ait autant d’attrait et de popularité, déclarera 20 ans plus tard Dale Garland, directeur de l’événement. Les premières années n’étaient pas du tout comme ça. » En effet : la première Hardrock Endurance Run (HR100) comptait… 18 engagés. Et petit à petit, par le bouche à oreille, le mythe allait se construire. 30, 40, 50, le nombre d’engagés augmente, puis devient tel qu’il faut désormais passer par une loterie pour avoir une chance de faire partie des coureurs autorisés à prendre le départ. Cette année, ils étaient 2 414 candidats. Et seuls 146 ont été retenus.

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Le profil terrible de la Hardrock 100, avec un plus haut passage au Handdies Peak, à 4285m d’altitude !

30 ans de courses, des chronos en chute libre

En 1992, c’est l’Américain David Horton qui s’était imposé sur la première édition de la Hardrock 100. Son temps : 32h 24mn. Depuis, les records n’ont cessé de tomber, et ce quel que soit le sens dans lequel la boucle est effectuée. Car c’est une des particularités de la Hardrock : changer de sens tous les ans. Un coup dans le sens des aiguilles d’une montre, l’année suivante dans le sens anti-horaire. Si les Américains ont longtemps été maîtres chez eux, depuis 10 ans, les Européens s’y illustrent également. Avec, en premier lieu, Kilian Jornet, détenteur du record absolu en 21h 36mn 24s (établi en 2022 dans le sens horaire). Dans le sens anti-horaire, c’est François D’Haene, avec son chrono de 2021, qui détient le record : 21h 45mn 50s.

Chez les femmes, le record dans absolu est détenu par l’Américaine Courtney Dauwalter depuis 2022. Elle a réalisé un chrono de 26h 44mn 46s dans le sens horaire, terminant 6e au général. Dans le sens anti-horaire, le record est détenu par l’Américaine Diana Finkel depuis 2009 en 27h 18mn.

A noter que Kilian Jornet est le plus titré sur cette épreuve, qu’il a remportée 4 fois : en 2014, 2015, 2017 et 2022.

Hardrock 100 : l’impressionnant cavalier seul d’Aurélien Dunand-Pallaz

S’il fallait résumer la course d’Aurélien Dunand-Pallaz en une seule image, ce serait sans doute celle du départ, vendredi 14 juillet à 6 heures du matin à Silvertone. A peine les coureurs se sont-ils élancés que le Français s’est arraché pour prendre une dizaine de mètres d’avance sur le peloton. Étonnante image d’un homme seul caracolant devant la meute. Plus personne n’allait le revoir ! Au terme d’une course parfaitement maîtrisée, Aurélien Dunand-Pallaz, au-dessus du lot, a tranquillement construit sa victoire. Grignotant minute après minute, il possédait déjà 5 minutes d’avance au premier ravito. Puis 10 au 25e kilomètre. Puis 20 à mi-course, lorsqu’il a rejoint son accompagnateur / pacer de luxe, Ludovic Pommeret.

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Aurélien Dunand-Pallaz, en tête de bout en bout, a parfaitement maîtrisé sa course. Photo DR
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Le baiser de la victoire. Photo DR

L’écart sur son poursuivant immédiat s’est encore creusé pour atteindre 35 minutes après 120 kilomètres, aux ¾ du parcours. Pour sa première participation, Aurélien Dunand-Pallaz s’impose en 23h 00mn 07s. Un chrono loin du record de François D’Haene, mais qui s’explique par des conditions d’enneigement importantes au-dessus de 3500m, ayant rendu la progression des coureurs difficile. Il devance de 50 minutes le Basque Beñat Marmissolle, auteur également d’une magnifique course. Un doublé français historique, Aurélien Dunand-Pallaz devenant le second tricolore à s’imposer sur la Hardrock 100, après François D’Haene. L’Espagnol Javier Dominguez arrache la 3ème place à Courtney Dauwalter, longtemps sur le podium. Il termine en 26h 12mn 01s. L’Américaine est devancée de 2 petites minutes.

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Beñat Marmissolle, heureux comme un gamin de vivre une telle expérience. Photo DR
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Le bonheur de Beñat Marmissolle à l’arrivée. Photo DR

Hardrock 100 : l’immense exploit de Courntey Dauwalter

On sentait qu’elle pouvait faire un podium, et elle a été à 2 doigts de le faire ! Partie prudemment, Courtney Dauwalter, qui s’était imposée il y a 3 semaines sur la Western States Endurance Run, record à la clé, ne savait pas trop si sa récupération allait suffire. Son mental et ses jambes ont fait le reste. Après avoir compté plus de 7 minutes de retard sur Anne-Lise Rousset Séguret, l’Américaine a pris les commandes de la course féminine au 1/3 du parcours. Pour ne plus la lâcher ! Elle pointait alors en 8e position et allait progresser raisonnablement jusqu’au 2/3 de la course, tandis que devant le coureur espagnol Javier Dominguez et les 3 coureurs américains qui la précédaient, Arlen Glick, Avery Collins et Dylan Bowman faiblissaient à vue d’œil.

Elle s’emparait de la 3ème place, synonyme de podium, à 30 kilomètres de l’arrivée. Hélas pour la belle histoire, l’Espagnol l’a rattrapée dans les derniers kilomètres. Courtney Dauwalter boucle les 160 kilomètres du parcours en 26h 14mn 08s et s’empare du même coup du record en sens anti-horaire. Un véritable phénomène.

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Le sourire de Courtney Dauwalter, une fois de plus phénoménale. Photo DR

Anne-Lise Rousset Séguret prend la seconde place, 7ème au général, à 1h15 de Courtney Dauwalter. Le jeune phénomène américain Annie Hughes, 25 ans à peine, prend la 3e place., 14e au général, en 32h 13mn 03s. Belle performance de l’inusable Claire Bannwarth, qui termine 5ème féminine, à la 24e place, après avoir longtemps été dans le Top 20.

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Anne-Lise Rousset Séguret, seconde derrière Courtney, comme lors de la Diagonale des Fous 2022. Photo DR
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C’est l’annonce que tout le monde attendait : Kilian Jornet devrait être au départ de l’UTMB 2023 à Chamonix le 1er septembre prochain, pour les 20 ans de l’épreuve. Dans une annonce sur ses réseaux sociaux et ceux de sa marque NNormal, le Catalan s’explique. Et tous les passionnés de se mettre à rêver : et si on revivait le duel Kilian Jornet / Mathieu Blanchard de 2022 ?

Kilian Jornet confirme son désir d’être à l’UTMB ?

Kilian Jornet a d’abord attendu d’être rentré de son long séjour dans l’Himalaya pour prendre sa décision. Lui qui n’avait annoncé en début d’année n’avoir qu’une seule course à son programme, Sierre-Zinal, pour la 50e édition, voulait savoir comment il se sentait, et s’il était capable de se relancer dans une épreuve de longue distance.

Visiblement, l’ultra-terrestre doit avoir les voyants au vert, puisqu’il a annoncé le 11 juillet dans une courte vidéo avoir envie de prendre le départ de l’UTMB 2023.

« Je suis rentré d’Himalaya et je voulais voir comment je me sentais, et dans quel état était mon corps. J’avais indiqué que je souhaitais faire des longues distances en fin de saison. J’aimerais participer à l’UTMB », a-t-il déclaré.

Mais pour cela, tout champion et tenant du titre qu’il soit, il devra aller chercher un point UTMB dans une course labellisée UTMB, nécessaire pour lui permettre de se qualifier pour Chamonix. C’est ce qu’il fera lors de l’Eiger Ultra Trail by UTMB, samedi 15 juillet, en s’alignant sur le 16km de l’épreuve. Pas la peine d’en faire plus, son indice UTMB lui permet de se contenter d’une seule running stone. Et sur ce format court, la victoire du Catalan devrait être une formalité.

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En mai dernier dans l’Himalaya. Photo NNormal

Kilian Jornet pour une 5ème victoire ?

Après avoir battu le record de l’épreuve en 2022, et être passé sous la barre des 20 heures, Kilian Jornet n’a qu’un seul objectif : être le premier à remporter 5 fois l’épreuve. À ce jour, ils ne sont que 2 à l’avoir gagnée 4 fois, François D’Haene et lui. Et François D’Haene, toujours pas totalement remis de sa fracture de la cheville en décembre dernier, ne sera pas sur la ligne de départ. L’occasion rêvée de conquérir une 5ème couronne.

Kilian Jornet lors de sa victoire et son record en 2022. Photo Organisation

Jim Walmsley n’attend que ça

Et l’on se prend à rêver d’une lutte au sommet entre l’Espagnol et l’Américain Jim Walmsley, qui a consacré une fois de plus tout son début de saison à préparer ce rendez-vous de Chamonix. Après avoir mené la course jusqu’au 120e kilomètre puis connu une terrible défaillance l’an dernier, gageons que l’Américain fera tout pour réussir enfin un UTMB parfait, celui dont il rêve depuis maintenant 4 ans. Et si ça passe enfin, la bataille promet d’être somptueuse.

Il faudra de plus compter sur une poignée d’autres coureurs pour contester la suprématie du Catalan. Parmi eux, Beñat Marmissolle, lancé dans son triptyque Hardrock 100-UTMB-Diagnole des Fous, et qui avait terminé 6e l’an dernier en ayant fait une course « sage ». Ensuite Arthur Joyeux-Bouillon, complètement focalisé sur cette course. Et peut-être Mathieu Blanchard, qui hésite encore mais pourrait être tenté par une nouvelle confrontation avec Kilian Jornet, après leur somptueux bras de fer de 2022.

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Mathieu Blanchard lors de la Western States Endurance Run, en juin. Photo DR

Mathieu Blanchard hésite encore

Sur les réseaux, Mathieu Blanchard répond à la question “Seras-tu à l’UTMB ?” ainsi : « C’est la question qui revient 100 fois par jour en ce moment. 15 jours post WS100. Famille, amis, BBQ, festival… j’ai pris du temps pour relaxer et me changer les idées. Il ne m’avait jamais fallu autant de temps pour récupérer. J’ai l’impression que courir non stop sur 160 bornes, sans quasiment jamais marcher, sur des hautes vitesses et dans la chaleur/altitude, c’est plutôt costaud. Je veux être très transparent avec vous. Mes sensations ne sont pas encore au top, mais c’est surtout la tête qui n’a pas encore retrouvé la flamme.

Envisager le combo WS100 + UTMB en mode performance max est un énorme défi! Je vais me donner encore du temps, reprendre l’entraînement tranquillement. Je ne veux pas me mettre de pression, les réponses viendront au cours de l’été en fonction des sensations et de la flamme en moi. »

Quoi qu’il en soit, ce retour de Kilian Jornet sur l’UTMB, pour les 20 ans de l’épreuve, ne peut que déboucher sur un formidable spectacle. Vivement le 1er septembre…

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Ce sera le gros suspense du 14 juillet : Courtney Dauwalter est-elle capable de faire un podium au classement général de la Hardrock 100, l’ultra-trail le plus prestigieux des États-Unis. Après sa victoire, record à la clé, sur la Western States Endurance Run il y a 3 semaines, l’Américaine, 6e au scratch l’an dernier, semble au sommet de sa forme. Mais la concurrence masculine ne se laissera pas faire. État des forces en présence.

Hardrock 100 : l’un des ultras les plus durs au monde

Le profil de la Hardrock 100 ferait mal à la tête de n’importe quel traileur, fût-il un cador. Imaginez une lame de scie de bucheron canadien, avec des dents très longues et pointues. Vous y êtes presque. La boucle de 100,4 miles (161,5 km), avec pour point de départ et d’arrivée la ville de Silverton, dans le comté de San Juan, n’est qu’une succession de pics à gravir pour un dénivelé positif total de près de 33000 pieds (10000 mètres).

Ici, pas de répit, on monte et on descend tout le temps. Et surtout, on monte haut, très haut. Car la particularité de cette épreuve, qui la rend si dure pour les organismes, est qu’elle se court à une altitude moyenne de plus de 3300m. Avec un point culminant, le Handies Peak, à 4282m ! Une des raisons pour lesquelles les éditions de 1995 et 2019 ont été annulées, à cause de la neige…

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Le profil infernal de la Hardrock 100.

Hardrock 100 : une édition 2023 dans le sens anti-horaire

L’une des particularités de l’épreuve, en dehors des altitudes très élevées auxquelles elle se déroule, est que la boucle change de sens d’une année sur l’autre. Imaginez un UTMB qui partirait une année vers la Suisse, puis l’Italie avant de revenir en France par Saint-Gervais, et qui l’année suivante serait dans le sens normal.

Qui dit alternance de sens dit difficultés différentes, même si le dénivelé est rigoureusement le même. Ainsi, Kilian Jornet a-t-il détenu les records dans les 2 sens, 22h 41mn 33s dans le sens horaire en 2014 et 23h 28mn 00s dans le sens anti-horaire en 2015.

Depuis, l’Espagnol a amélioré son chrono dans le sens horaire, en remportant la course l’an dernier. Il a établi une nouvelle marque en 21h 36mn 51s, battant de plus d’une heure son propre record. Quant au record dans le sens anti-horaire, il est désormais détenu par François D’Haene, qui a remporté l’épreuve en 2021 en 21h 45mn 51s.

Notons que désormais, les chronos records sont quasiment similaires, puisque seulement 9 petites minutes séparent les 2 marques, Kilian Jornet détenant de nouveau de record absolu.

L’édition 2022 s’étant déroulée dans le sens horaire, la 2023 se fera donc dans le sens anti-horaire, avec un record à battre, celui de D’Haene, de 21h 45mn 51s. Chez les femmes, le record dans ce sens est détenu par l’Américaine Diana Finkel depuis 2009 en 27h 18mn. Mais vu les conditions d’enneigement, avec de la neige à partir de 3500 mètres, le directeur de course, Dale Garland, considère que les athlètes auront du pain sur la planche pour monter et franchir les nombreux cols de haute montagne du parcours. “Ce n’est pas une année record”, a-t-il déclaré.

L’arrivée de Français D’Haene, record à la clé, en 2021. Photo DR

Hardrock 100 2023 : 2 Français parmi les favoris

Si la course semble en apparence assez ouverte, 4 athlètes sortent du lot et font figure de favoris. Premier d’entre eux, l’Américain Jeff Browning fait figure d’épouvantail. 4ème en 2014 et 2016, vainqueur en 2018, encore 5e en 2022, il est, à près de 52 ans, le plus expérimenté de tous les concurrents. Autre favori, l’Américain Dylan Bowman, 37 ans, est très attendu aussi. 2e en 2021, il avait terminé à 1 heure de François D’Haene, en 22h 45mn 50s. Il aura l’immense avantage de connaître le terrain dans ce sens. Notons que s’il traverse rarement l’Atlantique, Bowman s’était aventuré sur la Diagonale en 2021, quelques mois après la Hardrock, et avait fini 16e.

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Dylan Bowman. Photo RedBull / DR

Découvrez l’expérience Hardrock 2021 de Dylan Bowman en vidéo ICI

Les 2 autres favoris en terme de cote sont les 2 Français Aurélien Dunand-Pallaz, 31 ans, et Beñat Marmissolle, 41 ans. L’un comme l’autre n’ont jamais disputé de course outre-Atlantique, où la façon de courir n’est pas la même qu’en Europe. Ils ont néanmoins de bonnes raisons de croire en leurs chances.

Pour rappel, Aurélien Dunand-Pallaz avait terminé 2e de l’UTMB en 2021 et a effectué un ultra de rentrée satisfaisant en terminant 2e de la Maxi-Race, comme en 2022. De son côté, Beñat Marmissolle a connu un début de saison contrasté, mais surtout orienté vers la préparation du triptique infernal Hardrock 100, UTMB et Diagonale des Fous, un pari jamais réalisé jusque-là.

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Aurélien Dunand-Pallaz en phase d’acclimatation dans le Colorado. Photo Instagram

Hardrock 100 2023 : les Américains en force

Parmi les autres coureurs masculins figurant parmi les favoris, 3 d’entre eux n’ont jamais couru la Hardrock 100. Il s’agit de Arlen Glick, 30 ans, Avery Collins, 31 ans et Michael Owen, 34 ans. On pourra également suivre la performance de Chris Price, 42 ans, qui s’est déjà aventuré 3 fois sur cette épreuve qu’il connaît bien. Son expérience (4e en 2013 et 2015, abandon en 2017) pourrait être un sérieux atout face aux néophytes de l’épreuve.

Hardrock 100 2023 : Courtney Dauwalter imbattable dans la course féminine ?

Sur le papier, il n’y a pas vraiment photo. Et après la démonstration faite par Courntey Dauwalter sur la Western States Endurance Run il y a 3 semaines, encore moins. La façon dont elle a rattrapé puis « déposé » Mathieu Blanchard en dit long sur sa forme actuelle. Elle partira donc largement favorite de la course féminine, sur un parcours qu’elle ne connaît que dans le sens horaire. L’an dernier, pour sa première participation, elle s’est imposée en 26h 44mn 46s, terminant 6e au général.

Sa seule concurrente sérieuse semble être Anne-Lise Rousset-Séguret. Mais si la championne de France de Trail Long 2023 a bien préparé sa course en altitude, rappelons qu’elle ne s’est alignée qu’une seule fois sur un format 160KM. C’était en 2022 sur la Diagonale des Fous, et elle avait terminé à plus de 4 heures de l’Américaine…

Il faudra toute de même que Courtney Dauwalter se méfie du jeune phénomène Annie Hughes, une Américaine de 25 ans qui a déjà un palmarès impressionnant sur long et très long format. Si le manque d’expérience peut être un handicap, la fougue de la jeunesse peut être un avantage. Et le nombre de premières places décrochées en 2022 par Annie Hughes laisse rêveur…

Courtney Dauwalter - OK
Photo DR

Courtney Dauwalter : une préparation… pas vraiment méthodique

Courtney Dauwalter, qui vit à Leadville, dans le Colorado, à une altitude de 3000 mètres, avoue que son approche du doublé Western States / Hardrock 100 n’a pas été méthodique, mais qu’elle se sent néanmoins prête et excitée. « En me lançant ce défi, je n’avais pas de plan de préparation pré-établi, et encore moins de plan de récupération pots Hardrock. L’idée de base était d’écouter mon corps, de prendre soin de mon cerveau et de me ressourcer le plus possible, explique l’athlète du team Salomon, âgée de 38 ans. Depuis la Western States, j’ai enchaîné une combinaison de marches, de vélo, de siestes, de jogging, de randonnées et, bien sûr, de bons repas. Je ne sais pas si j’ai réussi ce processus de récupération, je sais que je suis motivée pour aller courir dans les montagnes de San Juan. »

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Photo Instagram Courtney Dauwalter

Courtney Dauwalter sur le podium ? Ce que disent les chronos

Sur le papier, les 3 favoris masculins devraient théoriquement terminer devant Courtney Dauwalter.
Dylan Bowman, 2e en 2021, a déjà réalisé un chrono de 22h 45mn 50s, loin devant les 26h 44mn 46s de l’Américaine l’an dernier.
Beñat Marmissolle en a aussi sous la pédale, puisque sur la Diagonale des Fous, il avait précédé Courtney Dauwalter de plus d’1 heure 20 minutes, 23h 14mn pour lui contre 24h 37mn pour elle.
Quant à Aurélien Dunand Pallaz, on peut se référer à son chrono sur l’UTMB 2021, où il avait terminé en 20h 58mn quand Courtney Dauwalter avait mis 22h 30mn.

Concernant les autres favoris américains, les 3 plus jeunes, Arlen Glick, Avery Collins et Michael Owen, ont des chronos de référence sur la Western States Endurance Run bien supérieurs à celui réalisé par Courtney Dauwalter il y a 3 semaines. En effet, celle-ci a signé un temps de 15h 29mn, là où le plus rapide des 3 Américains, Arlen Glick, a réalisé 15h 56mn en 2022 (3e place à la clé).

Si tout se passe normalement et que chacun est à son meilleur niveau, Courtney Dauwalter pourrait donc terminer 4e de cette édition de la Hardrock 100.
Mais si l’un des 3 favoris a une défaillance, c’est le podium qui pourrait se dessiner.
Qui prend les paris ?

Courtney Dauwalter Photo Instagram Courtney Dauwalter
Photo Instagram Courtney Dauwalter
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Du 8 au 9 juillet se déroule en Corse l’une des courses les plus techniques du calendrier de l’UTMB World Tour : le Restonica Trail. Bien connue pour le GR20 qui la traverse, l’île accueillera certains des meilleurs sportifs du monde pour un week-end explosif. À suivre en particulier le duel très attendu entre le champion du monde de trail long Benjamin Roubiol et le recordman du GR20 Lambert Santelli sur l’Ultra-Trail di Corsica. Tour d’horizon des favoris des différentes courses.

Restonica Trail : duel de champions sur l’ultra

C’est sur l’Ultra-Trail di Corsica, la plus longue des distances, que se déroulera le plus excitant des combats. En effet, cet exigeant 108km et 7200m D+ verra s’affronter deux pointures de la discipline, le tout nouveau champion du monde de trail long, Benjamin Roubiol (indice UTMB 890) et l’actuel recordman du GR20, le Corse Lambert Santelli (indice UTMB 845), record qu’il détient depuis juin 2021. Pour mémoire, Lambert Santelli a déjà remporté cette course dont il connaît parfaitement le moindre caillou en 2017 et 2019. Et il est en grande forme, puisqu’il s’est imposé de belle manière sur le Madeira Island Ultra-Trail format 115km (et 7090m D+) mi-avril, en devançant Benoît Girondel.

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Lambert Santelli lors de sa victoire sur le MIUT en avril 2022. Photo Organisation

Restonica Trail 2023 : les favoris des autres courses

Chez les hommes, 2 athlètes présents sur la ligne de départ ont des indices UTMB supérieurs à 900, et quelques-uns sont juste en dessous. Sur le Tavignanu Trail (33km et 2250m D+), le mieux classé est le champion de France 2023 et 4e des Mondiaux de Trail Court à Innsbruck Thibaut Baronian (indice 909). Il est suivi de près par Loïc Robert (indice 904) et Arnaud Bonin (indice 895). Si ces 3 hommes sont les favoris logiques, en Corse, le terrain est si particulier qu’ils pourraient être surpris par les locaux. À commencer par Noël Giordano (indice 849), deuxième l’an dernier de l’Ultra-Trail di Corsica, vainqueur du format 67km en 2021 et 4ème de ce format court en 2019.

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Thibaut Baronian à l’arrivée de la CCC 2022. Photo UTMB

Enfin, sur le Restonica Trail (67km et 3880m D+), la course semble très ouverte. Néanmoins, deux noms ressortent. Le premier est le Britannique Ronnie Sparke (indice 860), deux fois 2ème en 2022 sur l’Ultra-Trail Australia et l’Ultra-Trail Kosciuszko. Le second est le Français Élie Besson-Pithon (indice 855) qui a abandonné l’année dernière et revient pour se venger, après avoir terminé 13ème du 23km du Marathon du Mont-Blanc il y a quelques jours.

Restonica Trail 2023 : les favoris chez les femmes

Chez les femmes, on suivra tout particulièrement la prestation de l’Allemande Eva Maria Sperger (indice 698) sur l’Ultra-Trail di Corsica. Après avoir réalisé un Top 10 à l’UTMB Mont-Blanc l’an dernier et terminé 20ème féminine aux championnats du monde de trail long 2023, elle est clairement la favorite de l’épreuve.

Il y aura un peu plus de densité sur le Restonica Trail, avec quelques athlètes très proches en terme d’indice UTMB. À commencer par Sissi Cussot (indice 669), Bérénice Gautier (indice 667) et l’Italienne Natalia Mastrota (663), qui a bien débuté la saison 2023 avec une deuxième place à l’Istria 100 by UTMB. Ces 3 femmes partent avec l’étiquette de favorites.

Enfin, comme chez les hommes, c’est le Tavignanu Trail qui réunit les athlètes les mieux cotées. Premières d’entre elles, l’Espagnole Sara Alonso (indice 779) et la Tricolore Louise Penhoat (indice 745), qui a déjà remporté le petit format du Giru di Tumbone (17,3km et 650m D+) en 2021.

Les courses sont à suivre en direct ICI

Eva Maria Sperger Photo Sportograf
Eva Maria Sperger. Photo Sportograf
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Beñat Marmissolle est un homme entier, un homme de cœur, de principe, attaché à des valeurs simples mais primordiales : sa famille, sa montagne, son Pays Basque. Lancé dans le grand bain de l’ultra en 2021 seulement, le grand public l’a découvert à l’occasion de la Diagonale des Fous 2021 où il prendra une troisième place inattendue. Une grande première réussie qui annonçait beaucoup d’autres succès. Son année 2022 a tout simplement été époustouflante : 6ème de l’UTMB, vainqueur de la 6000D et de l’Ultra-Trail di Corsica, sa saison sera surtout marquée par sa victoire haut la main sur la Diag’, un an tout juste après son premier 100 miles. Le 14 juillet, il mettra la première pierre à l’édifice de son monstrueux triptyque : Hardrock 100, UTMB et Diagonale des Fous. Un enchaînement jamais réalisé. Simon Chrétien l’a rencontré.

Hardrock 100, UTMB et Diagonale des Fous : personne n’a jamais réalisé un tel triptyque. Comment l’abordes-tu ?

Beñat Marmissolle : J’aborde ces trois géants avec beaucoup d’humilité et de modestie. C’est quelque chose d’extrêmement difficile, que personne n’a encore fait. Mais c’est aussi une aventure humaine que je vais vivre avec mes proches. J’y vais sans avoir quoique ce soit à prouver. C’est un vrai challenge perso. Mes proches sont un peu inquiets de cet enchaînement mais moi je le vis comme une chance. On n’a qu’une vie ! J’y vais le couteau entre les dents et très excité à l’idée d’entrer dans l’arène. Je le fais pour moi, avec le plaisir avant tout.

Lire aussi l’article Beñat Marmissolle : une saison 2023 pleine d’ambitions

Ton nom et ton visage sont désormais bien connus du grand public car tu as fait une entrée remarquée dans le monde de l’ultra-trail en 2021. Mais depuis quand tu cours ?

BM : C’est venu très tard pour moi. Je ne m’y suis mis qu’en 2008, j’avais 28 ans. Jusqu’alors je pratiquais plutôt des sports collectifs avec les copains, football et handball notamment. Et puis forcément, habitant au pied des montagnes, en communion avec la nature, je me suis mis à faire des randonnées qui comportaient des ascensions de sommets un peu techniques. La transition s’est donc faite assez naturellement. Tu commences à marcher en montagne, puis tu y mets un peu plus de dynamisme et tu finis par courir sur des sentiers aériens, des chemins retirés.

Philippe, mon grand frère, qui a toujours été un exemple pour moi, court depuis ses 17 ans pour entretenir sa forme. Ça m’avait mis l’eau à la bouche ! Et puis le 1er janvier 2008, ça m’a pris d’un coup, je venais d’acheter ma première paire de baskets et c’est là que je m’y suis mis vraiment. Un peu comme beaucoup, j’avais besoin d’une date symbolique pour me lancer. J’ai été attiré par la course en montagne, et une fois que j’ai croqué dedans, je ne pouvais plus m’arrêter !

BENAT MARMISSOLLE UTMB arrivée Photo Vincent Lyky
À l’arrivée de l’UTMB 2022, où il finit 6e. Photo Vincent Lyky

Jusqu’à épingler un premier dossard peu de temps après…

BM : Oui, au départ je n’y pensais pas du tout et puis un copain m’a entraîné là-dedans. Je me souviens très bien de ma première course, c’était la Lo Petit Aussales, près de chez moi, en mai 2008. Il s’agissait d’une course de 20,8km. J’avais terminé l’épreuve et je m’étais plutôt bien classé mais j’avais tellement souffert que je m’étais dit : plus jamais ça ! Sur le moment ça a été dur, car je me suis retrouvé en face de mecs qui étaient prêts, eux, et qui avaient de l’expérience, alors que ce n’était pas mon cas. Ça m’a refroidi un peu. Et puis les connaissances, les amis t’incitent à poursuivre, donc j’ai continué.

Tu es alors devenu un spécialiste du skyrunning, ces courses de montagne techniques sur des formats courts.

BM : Oui, il faut dire que, comme beaucoup, j’ai pratiqué en fonction de ce qui se faisait près de chez moi. Le trail à l’époque n’avait pas encore explosé et ne faisait pas encore rêver comme c’est le cas aujourd’hui. Les courses phares par chez moi, c’était des épreuves courtes de 12/13km, avec une ou deux montées et une grande descente.

C’est seulement en 2021 que tu découvres l’ultra-trail ? Que s’est-il passé ?

BM : La transition a été très simple pour moi. En 2020, avec le Covid, il n’y avait plus de courses. J’ai donc décidé d’arrêter de courir. Je voulais passer à autre chose. Tout stopper pour me lancer dans des projets plus personnels. Pendant six mois je n’ai pas couru, j’avais tout mis entre parenthèses. Mais au bout d’un moment, quand ça fait dix ans que tu cours, la pratique te manque. À côté de ça, je sortais d’une saison 2019 qui pour moi, avait été exceptionnelle. Je venais de me classer 6ème sur le classement général de la coupe du monde de skyrunning en remportant une manche en Bulgarie. Pour moi c’était le Graal. J’avais donc fait le tour sur le format.

Il me restait à explorer l’ultra-trail. Mes coachs m’avaient toujours conseillé d’y passer en me disant que j’étais fait pour le long. Mais je n’avais jamais voulu écouter car j’étais fan de ces courses très engagées, très aériennes où l’on se dit que ce n’est pas possible d’envoyer des bonhommes dans des endroits pareils. C’était dangereux mais qu’est-ce que c’était bon ! Mais c’est vrai que c’était court, et malgré l’intensité de l’effort, je sentais que j’en avais encore sous la semelle.

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Beñat Marmissolle au départ du Black Mountain Trail, début 2022. Facebook Beñat Marmissolle / DR

Tu t’engages donc sur tes premiers ultras en juillet 2021, sans aucune expérience sur du format long.

BM : En effet, je n’avais jamais couru plus de 68 km jusqu’alors. J’accroche un dossard sur le Gran Trail Aneto-Posets, un 110km en Espagne, dans un cadre exceptionnel où je passe mes premières nuits dehors, au clair de lune. J’étais étonné de voir les mecs partir aussi fort dès le début, je me disais que ce n’était pas possible, que ça allait péter. Mais non. Et puis je remporte la course en faisant un très gros chrono.

Là, tous les voyants se sont allumés chez mon coach. Il m’a dit : c’est terminé pour toi le skyrunning ! Derrière, j’enchaîne sur la Canfranc-Canfranc, moins de deux mois après cette première expérience. C’est sans doute la course la plus dure dans les Pyrénées (100km et 8800m D+). Je suis parti la boule au ventre et une nouvelle fois, tout se passe bien et je la remporte.

Et on te voit finalement en fin d’année sur le Grand Raid de la Réunion ! Pourquoi être allé là-bas ?

BM : Ce n’était pas prévu au départ. Je devais faire une course calée un peu plus tôt en octobre. Et d’un coup ça m’a pris. Je ne sais pas comment expliquer, j’ai eu envie d’y aller. C’est la course qui fait rêver tous les traileurs ! Mon coach ne voulait pas trop, il pensait que le format était trop long, surtout que je venais d’enchaîner. Mais c’était décidé, et j’ai réussi à obtenir un dossard.

2022 est une année exceptionnelle, avec notamment une 6ème place sur l’UTMB et la victoire sur la Diag ! Une consécration pour toi ?

BM : Non, je ne le vois pas comme ça. 2022, pour moi, c’est la continuité. J’en suis très content et j’ai vécu des émotions exceptionnelles. Gagner une Diagonale des Fous, surtout l’année des 30 ans de la course, avec un tel plateau, et faire partie des meilleurs à l’UTMB, c’est émotionnellement très fort.

Lire aussi l’article Beñat Marmissolle et Blandine L’Hirondel élus meilleurs performeurs de l’année 2022

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Beñat Marmissolle lors de sa victoire sur la Diagonale des Fous 2022. Photo Organisation / DR

Il y a eu ces images très fortes avec Jean-Philippe Tschumi sur la Diag, où on te voit t’arrêter pour l’aider à poursuivre sa course malgré son épuisement. Peux-tu nous raconter ?

BM : Tout le monde est conscient que si j’avais voulu faire péter la barrière des 23 heures, je l’avais dans les jambes. Mais quel est l’intérêt ? J’ai partagé des heures et des kilomètres avec Jean-Philippe. Il s’est passé quelque chose sur les sentiers, un respect mutuel est né. On sait ce que l’on s’est dit. Et on se devait une chose, surtout de mon côté, c’était que l’on aille au bout et qu’on termine au moins aux deux premières places. Ça aurait un hold-up qu’on se fasse rattraper.

Et quand lui s’est retrouvé très mal, j’ai tout fait, et seul lui le sait, pour lui permettre de finir à la deuxième place. Si je n’avais pas été là, il n’aurait peut-être pas vu l’arrivée. Qui sait ! Il le méritait. C’est ça la plus belle victoire, pas de passer sous les 23 heures. Après, on a gardé notre âme de compétiteur et je tenais à ce que le meilleur d’entre nous l’emporte. Finir main dans la main, je ne suis pas contre, seulement si les deux n’arrivent pas à se départager au bout du bout. Mais pas si l’un est au-dessus de l’autre.

Ça a changé beaucoup de choses pour toi cette année 2022 et ce sacre à la Réunion ?

BM : Bien sûr, j’ai changé de dimensions dans les yeux des gens. Médiatiquement, je suis très sollicité. Mais de mon côté, je reste le même.

Lire l’article Diagonale des Fous 2022 : Beñat Marmissolle couronné

Tu restes toujours cet agriculteur basque, attaché à son territoire et à sa famille 

BM : Je suis né et j’ai grandi dans la province de la Haute Soule. Toute ma vie est ici, j’y ai mes repères et mon équilibre. J’ai mon fils, Nathan, qui a 14 ans, et qui est central dans ma vie. Je peux partir à droite à gauche pour des courses mais j’ai besoin de revenir ici, je n’aurais pas pu quitter cet endroit. Je suis très proche de ma famille, de notre jolie ferme placée au milieu des bois, au pied des montagnes. J’aime la compétition, les belles courses, mais on s’aperçoit très vite qu’il y a d’autres priorités dans la vie. J’ai eu la chance d’être guidé par mes parents, je leur dois tout et je me dois d’être à leur chevet et d’être présent auprès de ma famille dans les bons moments comme dans les moins bons.

Et tu demeures très attaché à la nature qui t’entoure…

BM : Bien sûr, mes parents étant agriculteurs, tout petit, on emmenait les animaux l’été dans la montagne. J’ai baigné dans cet univers, j’ai été imprégné de ces odeurs, de ces sons. La nature m’a toujours fait rêver, je regarde ça d’en bas, je suis tout intimidé par ces gros blocs de cailloux, ces roches. Je les regarde avec admiration. La nature, c’est elle la patronne. Encore aujourd’hui je m’entraîne seul et j’ai besoin de ça.

C’est impensable pour moi de courir avec des écouteurs dans les oreilles. J’ai besoin d’entendre le bruit des ruisseaux, du vent, des oiseaux, de mon cœur qui bat dans ma poitrine, de ces cailloux qui cognent mes chaussures. Et demain, si j’arrête de courir, je serai toujours en fusion avec la nature. Courir, n’est qu’un passage dans ma vie. Si on m’avait dit à 14 ans que je ferais tout ce que j’ai fait aujourd’hui, j’aurais dit n’importe quoi ou rien à faire !

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Un regard vers le ciel, pour rejoindre ceux à qui il pense. Photo Organisation / DR

Justement, ne regrettes-tu pas de ne pas t’être mis plus tôt à la course à pied ?

BM : Aujourd’hui quand je vois ce que je fais, ce dont je suis capable, bon effectivement, je vois que des choses ont été gâchées. Il y avait un potentiel physique et psychologique qui ne sera pas jamais exploré au max. Moi je m’en fous, mais ce sont mes coachs qui me disent que j’ai des capacités incroyables. Cela veut dire que j’avais de la graine de ces immenses champions.

Après, cela ne fait jamais avancer de vivre avec des regrets. On a chacun son destin, la vie est comme ça. Je suis toujours resté proche des mes racines, ma vie était prédestinée à être comme ça. Et puis quand je vois tous les sacrifices que ce sport implique, je ne suis pas sûr que tous ces jeunes qui arrivent très forts ont vécu tout ce que j’ai vécu plus jeune : les gonzesses, la bringue… J’ai vécu, moi je te le dis ! Et puis seront-ils aussi performants que des Ludovic Pommeret ou Antoine Guillon à 40/50 ans ?

Tu n’es pas professionnel et tu es à la recherche de partenariats. Quand tu vois l’évolution du sport, c’est une crainte ?

BM : Ce n’est peut-être pas le mot exact. Je me dis que j’aurais eu la chance de pouvoir partager tout ce que j’ai vécu avec des gens amateurs, qui sont très heureux de pouvoir échanger avec les meilleurs. J’ai démarré en pur amateur, dans l’anonymat et je rêvais de courir aux côtés des athlètes élites. Mais ça c’est voué à disparaître. Le jour où ça arrivera, je dirai ciao, bye bye, terminé !

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… en lisant Le Trail devenu légende – Dans les coulisses de l’UTMB de Doug Mayer. Et certainement plus de 7 d’ailleurs, tant le livre de cet auteur américain, journaliste, coureur (il a fait 2 fois l’UTMB) et fondateur de l’association Run the Alps vivant à Chamonix est bourré d’informations et d’anecdotes. Une belle façon de tout savoir sur cette course et ses coulisses les plus insoupçonnées juste avant les 20 ans de l’UTMB, qui se déroulera du 28 août au 3 septembre prochain à Chamonix. Passionnant.

Dans les coulisses de l’UTMB

Pour réaliser cet ouvrage, Doug Mayer a eu accès aux archives de l’UTMB et a interviewé plus de 100 personnes, que ce soit des organisateurs de la course (dont Michel et Catherine Poletti bien entendu) ou des gagnants, élites, anonymes, experts, chercheurs, etc… Le résultat ? Un livre riche de 200 photos, cartes et infographies qui donnent une perspective ultra-complète sur la plus célèbre de toutes les courses de trail, sans éviter les polémiques comme celle liée à la récente transformation du mode d’obtention des dossards.

Doug Mayer
Doug Mayer. Photo DR

1 – Sur combien de dossards misaient les Poletti pour la première édition ?

Lorsqu’ils décident de se lancer dans l’aventure du Tour du Mont-Blanc, en 2002, les Poletti mettent en place un site Internet et croisent les doigts pour atteindre les 300 participants pour leur première édition, programmée le 30 août 2003. Ce qui représentait déjà un sacré contingent pour une course de 150 kilomètres ! Le premier inscrit fut reçu par courrier en décembre 2002, à l’époque où l’on envoyait encore des bulletins et chèques par la poste. Assez rapidement, le bouche-à-oreille fit son œuvre et les Poletti se mirent à rêver d’atteindre la barre des 500 participants. Au final, ce sont précisément 722 personnes qui s’étaient inscrites pour la première édition de l’UTMB. La météo catastrophique n’empêcha pas l’épreuve de se tenir, mais l’hécatombe fut terrible puisqu’il n’y eut que 67 finishers, soit plus de 90% d’abandons !

2 – Qu’est-ce que le taux de rafraîchissement adiabatique

Le taux de rafraîchissement adiabatique correspond au refroidissement naturel de la température lié à l’élévation en altitude. En montagne, il est de 9,8° C tous les 1000 mètres, soit pratiquement 1° de perdu tous les 100 mètres. C’est un des moteurs de la météo en montagne, car lorsque l’air se refroidit en prenant de l’altitude, il entraîne la formation de nuages. Ainsi, prendre le départ de l’UTMB avec une température de 10° à Chamonix, situé à 1003 mètres d’altitude, signifie rencontrer des températures de 0° à 2000m, voire de -5 au col des Pyramides Calcaires, point culminant de la course, à 2 565 m d’altitude.

3 – Quelle est la montée la plus dure de l’UTMB ?

La montée de la Croix du Bonhomme est considérée comme la montée la plus dure du parcours. C’est, en tout cas, celle qui présente le dénivelé le plus important en une seule fois : 1329 mètres, avec un point culminant à 2479m d’altitude. Cette montée commence dès la sortie de Saint-Gervais, mais grimpe sérieusement à partir du kilomètre 35, au passage appelé Notre-Dame de la Gorge. C’est là que les coureurs découvrent une ambiance survoltée, avec grand feu de joie et supporters hystériques, avant de s’enfoncer seuls dans la nuit.

Le Col de la Seigne et son voisin, le Col des Pyramides Calcaires, viennent en 2e position au niveau de la difficulté, avec 958m de dénivelé. Le Grand Col ferret est souvent considéré comme un épouvantail, car il arrive après près de 100km de course, mais il ne représente « que » 754m de dénivelé. En revanche, la montée faisant seulement 4,5km, elle est plutôt raide, ce qui la rend si redoutable.

La Tête aux Vents, avec 863m de D+, est la dernière grosse punition du parcours, infligée après 153km de course et déjà plus de 9000m de dénivelé avalés. La franchir, c’est assurément devenir finisher…

4 – Quel est le temps mis par Dawa Sherpa, premier vainqueur de l’UTMB ?

Dawa Sherpa a mis 20h 05mn 59s pour remporter la première édition. Soit à peine plus de 20 heures, un exploit. Mais le parcours de l’époque était plus court et avec moins de dénivelé que celui de l’édition 2022 où Kilian Jornet et Mathieu Blanchard ont été les premiers à descendre sous la barre des 20 heures ! En 2003, le parcours était de 150 km et 8100m de D+. Et la course ne s’appelait pas encore UTMB (ce sera pour la 2e édition), mais Ultra-Trail International du Tour du Mont-Blanc. Dawa Sherpa a couru de nouveau cette épreuve à 4 reprises, en 2004 (2e), 2007 (5e), 2008 (2e) et 2010 (11e).

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La couverture de l’ouvrage de Doug Mayer.

5 – Quel est le meilleur résultat obtenu par un Américain sur l’UTMB ?

Si de nombreuses Américaines se sont imposées sur l’UTMB (6 au total, entre Krissy Moehl en 2003 et Katie Schide en 2022), aucun homme n’est parvenu à franchir l’arche d’arrivée en première position. Et tout le monde sait que Jim Walmsley en rêve, et tentera de nouveau de relever le défi en 2023. Le meilleur résultat a donc été obtenu lors de la première édition, lorsque Topher Taylor et Brandon Sybrowsky ont franchi ensemble la ligne.

6 – Quelle était la taille de la couverture de survie de Kilian Jornet lorsqu’il a remporté l’UTMB en 2008 ?

C’est une des histoires les plus connues et méconnues à la fois de l’UTMB. En 2008, un jeune Catalan tout frêle prend le départ de l’UTMB avec une simple banane autour de la taille, au lieu des traditionnels sacs de trail des autres concurrents. Alors qu’il file sur les sentiers, des réclamations pleuvent auprès de l’organisation, pour dénoncer une entorse au règlement et l’absence de matériel obligatoire. Kilian Jornet sera d’ailleurs contrôlé 8 fois sur le parcours, et une pénalité de 15 minutes lui sera même infligée pour entorse au règlement.

Pourtant, le Catalan était bien dans les clous. Comme le confirmera Catherine Poletti d’ailleurs, non seulement Kilian Jornet n’ignorait pas le règlement, mais il le connaissait même très bien et avait su l’interpréter à son avantage. Ainsi, il avait découpé les fermetures éclair de sa veste pour l’alléger au maximum et sa couverture de survie faisait… 10cm2. Ce n’est que l’année suivante, pour éviter que le cas ne se reproduise, que le règlement devint plus précis sur le matériel obligatoire, entre autres sur la taille de la fameuse couverture de survie, au moins 1m40 par 2m !

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Kilian Jornet lors de son arrivée à Chamonix en 2022, photo qui illustre la préface du livre de Doug Mayer.

7 – Qui a dit que pour bien commencer l’UTMB, il faut ralentir ?

Parmi la multitude de coureurs apportant leur témoignage dans cet ouvrage, on retiendra celui de David Lanney, qui fait partie du petit groupe d’Américains ayant réussi à se hisser dans le top 5 de l’UTMB. Il a fini 3e en 2015 et 4e en 2016. Passionné par le parcours de cet ultra, qu’il connaît par cœur, il a fini par comprendre exactement comment aborder au mieux cette longue boucle. Son premier conseil est assez singulier : « Pour commencer, il faut ralentir. » En référence à la vitesse folle à laquelle les principaux favoris et outsiders parcourent les 15 premiers kilomètres de la course, à un rythme de course sur route, pas loin de 16-17km/h…

Découvrez la vidéo de présentation de Doug Mayer

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Lorsqu’elle a pris le départ de la Western States Endurance Run samedi 24 juin à 5 heures du matin à Olympic Valley, en Californie, Courtney Dauwalter était déjà considérée par la plupart des spécialistes comme la plus grande coureuse d’ultra-trail de l’histoire. 15h 29mn et 33s plus tard, l’Américaine a confirmé son statut, pulvérisant le record féminin de l’épreuve de plus d’une heure – 78 minutes pour être précis. Immense.

Western States Endurance Run, le mythe

La Western States Endurance Run est la plus ancienne course de trail running de 100 miles (160,9 km) au monde. Son itinéraire part d’Olympic Valley, en Californie, près du site des Jeux olympiques d’hiver de 1960, et se termine très exactement 100,2 miles (161,2 km) plus loin, à Auburn, en Californie. Il traverse les territoires de Niesmann, Washoe et d’autres peuples autochtones voisins. Il cumule plus de 5480 mètres de dénivelé positif et 7 010 mètres de dénivelé négatif. Un profil globalement descendant qui en fait un ultra plutôt « rapide », comparé à des ultras en boucle du type UTMB.

Depuis 1974, date de la première édition de la Western States, cette course est devenue l’un des événements d’endurance les plus marquants au niveau international. Dans la catégorie féminine, le record était détenu depuis 2012 par la Britannique Ellie Greenwood en 16h 47mn 19s. Pour sa première participation, en 2018, Courtney Dauwalter s’était imposée en « seulement » 17h 27mn, finissant 12e au scratch. Elle avait été contrainte à l’abandon en 2019.

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Profil Western States

Courtney Dauwalter et Kilian Jornet, même combat

En remportant la 50ème édition de la Western States Endurance Run et en pulvérisant le record féminin de l’épreuve de plus d’une heure, Courntey Dauwalter a confirmé qu’elle était la meilleure traileuse du monde. Son temps de 2023, certes réalisé dans des conditions climatiques favorables, sans canicule, lui aurait permis d’obtenir la 2ème place au classement général de l’édition 2022. Il est par ailleurs plus rapide que 2 des 7 derniers temps gagnants chez les hommes.

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Photo Alexis Berg

Quand Kilian Jornet déclarait, il y a 2 ans, que selon lui Courtney Dauwalter serait la première femme à s’imposer sur un ultra majeur, devant les hommes, il ne se trompait sans doute pas. Le switch semble désormais très proche. L’Américaine du team Salomon est d’ailleurs la seule athlète avec le Catalan à s’être imposée sur les 4 courses majeures du monde, UTMB, Diagonale des Fous, Western States et Hardrock 100. De plus, elle détient désormais les records des parcours féminins sur trois d’entre elles, la Western States, l’UTMB et la Hardrock 100. Un monument.

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Photo Alexis Berg

Courtney Dauwalter, l’exploit dans l’exploit

Non seulement sa performance sur cette Western States est énorme, record féminin atomisé et 6ème place au scratch, mais Courtney Dauwalter a également réussi l’exploit de réaliser le meilleur temps de toute l’histoire de la Western States Endurance Run sur le segment de 30 kilomètres entre Forest Hill, situé au 100e kilomètre, et la montée vers le lac d’Aubrun, au 130e kilomètre. Un chrono jamais égalé, hommes et femmes confondus ! Et le tout sans pacer pour l’accompagner, alors qu’ils étaient autorisés à entrer en piste à partir du 100e kilomètre. Comme l’a fait Thibaut Baronian avec Mathieu Blanchard.

Il faut avoir vu la vidéo réalisée par Thibaut Baronian et postée sur les réseaux sociaux du moment où Courtney Dauwalter les rattrape, au kilomètre 115, pour comprendre le phénomène. Alors que Mathieu Blanchard semble scotché sur la large piste de terre, peinant à suivre Thibaut Baronian, Courtney déboule en petite foulée et dépose littéralement le 2ème de l’UTMB 2022, lui proposant même de s’accrocher à son sillage pour aller jusqu’au lac d’Auburn avec elle, 20 kilomètres plus loin. Fair play, lucide et admiratif, Blanchard esquive d’une boutade, mais cette image restera sans doute longtemps gravée dans sa mémoire.

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Kilomètre 115, Courtney Dauwalter rattrape Mathieu Blanchard qui, plein d’admiration, lui fait le check de rigueur avant de la laisser passer. Instagram Thibaut Baronian
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Elle est passée, il ne la reverra qu’à l’arrivée. Instagram Thibaut Baronian
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Courtney Dauwalter en mode warrior, pliée en 2, poussant sur les cuisses, sa technique fétiche pour monter. Instagram Thibaut Baronian

Bis repetita sur la Hardrock 100 ?

« La journée a été tellement amusante », a déclaré Dauwalter sur la ligne d’arrivée. « C’était cool d’être de retour ici et de franchir la ligne d’arrivée après avoir abandonné en 2019. Je suis très reconnaissante envers tous les bénévoles présents sur le parcours aujourd’hui et toutes les personnes qui ont préparé les pistes. C’était magnifique mais aussi très difficile, alors je suis heureuse d’être ici sur la course avec vous tous. »

Quelques mots simples qui cachent difficilement son bonheur d’avoir performé à un tel niveau alors que tous les regards étaient braqués sur elle. Une résistance à la pression hors norme. Il lui faudra d’ailleurs bien cela pour relever la seconde manche de son défi 2023 : l’enchaînement avec la Hardrock 100 dans le Colorado le 14 juillet prochain, pour tenter de remporter les deux courses américaines mythiques qui se déroulent à seulement trois semaines d’intervalle. Au vu de sa course, comment imaginer qu’elle puisse échouer…

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Photo Alexis Berg
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