Si la 4ème édition du Grand Trail de Serre-Ponçon verra d’importantes modifications dans les parcours et distances pour le rendre encore plus attractif, le principal changement, c’est bien la date. Pourquoi avoir choisi d’avancer l’épreuve au 8 et 9 juin 2024 ? Jean-Michel Faure-Vincent, Olivier Pelloquin et Serge Moro, trio porteur du Grand Trail de Serre-Ponçon (avec le jour J, près de 300 bénévoles autour d’eux), répondent.

Esprit Trail : Après 3 éditions calées en septembre, le Grand Trail de Serre-Ponçon est devenu un événement majeur dans le paysage des trails français, qui a trouvé son public. Pourquoi avoir choisi d’avancer l’épreuve au 8 et 9 juin 2024 ?

Jean-Michel Faure-Vincent, Olivier Pelloquin et Serge Moro : La montagne vit à l’année avec ses saisons et ses usages. Les premiers jours de septembre, c’est l’ouverture de la chasse, très attendue dans les Alpes du Sud, et les traileurs et les chasseurs doivent respecter les envies de chacun. Ensuite, en septembre, les troupeaux sont encore très nombreux dans les alpages d’altitude, avec de plus en plus de chiens de défense pour prévenir les attaques de loups. Les bergers nous ont sensibilisés aux dérangements potentiels provoqués par des centaines de coureurs présents de manière simultanée.

En juin, il n’y pas de chasse et les animaux ne sont pas encore en estive ! Et puis, les trois premières éditions ont été perturbées par une météo capricieuse. En avançant, on espère bien vaincre ce signe indien. Côté horaires, nous resserrons le programme sur deux jours, en posant le départ du parcours long le samedi matin à 2h ! L’occasion d’un autre regard, avec le lever de soleil du côté du Morgon et Dormillouse en pleine matinée !

Voir les résultats de l’édition 2023 ICI

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Photo Cyrille Quintard 2023

Esprit Trail : Quoi de neuf du côté des parcours ?

Jean-Michel Faure-Vincent, Olivier Pelloquin et Serge Moro : Nous apportons une grande nouveauté, attendue par beaucoup, car nous délaissons le Piolit au profit des emblématiques Aiguilles de Chabrières et son single en crête surplombant le lac de Serre-Ponçon, en écho au Pic de Morgon. Ce changement réduit les distances qui culmineront désormais à 152km, 64km et 46km ! Le Rendez-Vous en Trail Inconnu continue ses explorations, avec un départ et un tracé complètement inédits.

Nous modifions aussi la course de 18km du dimanche, avec un nouveau tracé s’élançant du cœur de la ville d’Embrun, pour partir en direction du Mont-Guillaume, sans aller au sommet bien sûr, et redescendre vers la plage du plan d’eau d’Embrun.

Esprit Trail : Vous conservez ce qui fait l’ADN de la course : le local et encore le local ?

Jean-Michel Faure-Vincent, Olivier Pelloquin et Serge Moro : C’est notre marque de fabrique. Nos prestataires sont d’ici, les cadeaux d’accueil et d’arrivée sont produits sur le territoire, les ravitaillements sont constitués de spécialités locales et servis dans les bases de vie par les restaurateurs des villages où elles se situent… Par ailleurs, côté bénévoles, là aussi, nous faisons la part belle au dynamisme local. Élèves et professeurs des collèges et lycées, clubs d’aînés, étudiants en STAPS, toutes et tous se côtoient sur les épreuves, pour favoriser de belles rencontres.

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Photo Cyrille Quintard 2023

Esprit Trail : Avec Salomon, votre partenaire, vous accentuez la complicité, avec l’attribution en 2024 du label Golden Trail National Séries !

Jean-Michel Faure-Vincent, Olivier Pelloquin et Serge Moro : Depuis 2021, Salomon nous accompagne, prolongeant ainsi l’initiateur de ce parcours, François D’Haene, qui avait bouclé le parcours en « off » en 2018… En 2021 et 2022, la plupart des coureurs français de Salomon étaient sur les courses, et la marque souligne et accompagne la démarche de développement durable que nous revendiquons sur cette organisation. Nous sommes fiers de rejoindre en 2024 la « short list » des épreuves qui constituent le calendrier de la GTNS France : le Trail Napoléon, le Championnat du Canigó et la Skyrhune, finale nationale de la GTNS.

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François D’Haene et ses compagnons d’aventure lors des repérages du Grand Trail de Serre-Ponçon en 2018. Photo Salomon

Grand Trail de Serre-Ponçon : le programme complet de la 4ème édition

Samedi 8 juin 2024

(avec un nouveau parcours via les Aiguilles de Chabrières)

– Le Grand Trail de Serre-Ponçon (Embrun/Embrun) en solo ou par team de 2 ou 3 : 152 km/ 9710m D+

– Le Trail de Serre-Ponçon (Espinasses/Embrun) : 64 km / 4520m D+ / 4420 D-

– Le Trail Lac et Montagnes (Chorges/Embrun) :  46 km/ 3230m D+/ 3330 D-

– Trail Mont Guillaume (Station de Réallon/Embrun) : 28 km / 1580m D+ / 2350 m D- (Label Golden Trail National Séries)

Dimanche 9 juin 2024

– Le Rendez-Vous en Trail Inconnu : +/- 29km et +/- 1600m d+

– Le Trail du Roc d’Embrun (Embrun ville- Embrun plan d’eau) : 18km / 800m D+ / 800m D-

Et les Courses Kids Salomon !

Attention, nombre de dossards strictement limité par courses. N’attendez pas.

Inscriptions ICI

Cet article est paru en complément du reportage sur la 3ème édition du Grand Trail de Serre-Ponçon dans le magazine Esprit Trail n°134.

Pour commander le magazine complet en version papier ou numérique, c’est ICI

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De retour sur le circuit ultra après ses sévères problèmes de santé lors de l’UTMB 2023, Beñat Marmissolle a terminé 3ème du Trans-Int 160, le plus long des parcours du Doi Inthanon Thailand by UTMB. Il décroche ainsi sa qualification pour l’UTMB Mont-Blanc 2024, qui était son objectif.

Le défi avorté de 2023

2023 devait être une grande année pour le Basque du team La Sportiva. À son programme, un ambitieux enchaînement Hardrock 100 / UTMB Mont-Blanc / Diagonale des Fous, 3 des ultras de 100 miles les plus durs au monde en moins de 4 mois. Le défi avait bien commencé, avec une remarquable 2ème place sur la Hardrock 100 derrière Aurélien Dunand-Pallaz. Et puis tout est allé de travers. Intoxiqué juste avant le départ de l’UTMB, Beñat Marmissolle a été terrassé en course par une rhabdomyolyse qui l’a obligé à abandonner, totalement épuisé, à Courmayeur. Terriblement affaibli, le Basque devait dire adieu à la Diagonale et voyait sa fin de saison compromise.

Mais l’homme a du caractère et n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. Après avoir repris l’entraînement, il a décidé, au vu de sa forme renaissante, de relever un dernier défi : aller en Thaïlande courir la Trans-Int160, version 100M du Doi Inthanon Thaïland by UTMB. Avec un objectif avoué : terminer dans le Top 10 de cette course classée Major et gagner ainsi son ticket pour l’UTMB Mont-Blanc 2024 à Chamonix.

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Le sourire de Beñat Marmissolle lors de la présentation des élites. Photo UTMB Group

Doi Inthanon Thaïland : une claque culturelle pour Beñãt Marmissolle

Habitué à son Pays Basque et aux vastes étendues de montagne paisibles, Beñat Marmissolle a pris un gros coup de bambou derrière la tête en arrivant en Thaïlande. Sur les réseaux sociaux, il confiait ainsi : « Vous pensiez que venir courir un ultra en Thaïlande est une chance inouïe ? Détrompez-vous ! Après 4 jours sur place nous sommes encore à la recherche d’un endroit « calme » où se poser et se détendre. Vous avez déjà tous mis le pied dans une fourmilière, je vous laisse imaginer dans quel état sont les fourmis…

Et bien ici c’est pareil, sauf que les fourmis sont en vélo, moto, voiture, à pied, en courant ! Ça crie H24 que ce soit dans les rues, les hôtels, les restos, les magasins… un truc de ouf !!! Pas simple pour un autochtone comme moi de débarquer dans un pays où la culture, la langue, les coutumes, les règles de vie, sont complètement différents. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Il me reste une grosse semaine pour me mettre dans les rails de L’Inthanon où malheureusement je n’ai pas encore pu poser ma foulée manière de me mettre dans le bain. »

Beñat Marmissolle Thailand
Un peu de tourisme avant la course. Photo Facebook Beñat Marmissolle

Doi Inthanon Thaïland : chaleur et humidité au programme

Deux jours avant le départ, Beñat Marmissolle semblait avoir pu se poser un peu et, entre deux visites touristiques et quelques repérages, prenait le temps de décrire ainsi ses premières sensations concernant la course. « Parlons un peu du parcours de cette Trans-Int160, avec un joli menu composé de 178 km pour 10800 m de dénivelé positif… Lors de mes repérages, j’ai découvert des chemins étroits et parfois techniques en plein milieu de la jungle. On va en prendre plein les mirettes entre les temples, les statues et les cascades que l’on croisera tout au long de la course. Les conditions climatiques en Thaïlande ajoutent à la rudesse de cette aventure : chaleur et humidité seront de la partie, ça tourne autour des 30 degrés et 70% d’humidité en ce moment à Chiang Mai, on va se faire essorer, la gestion de l’hydratation sera cruciale. »

Profil course Inthanon
Profil du Doi Inthanon Thailand

Doi Inthanon Thaïland : un début de course tout en maîtrise pour Beñat Marmissolle

Placé dès le début en tête des 400 partants, Beñat Marmissolle n’a jamais lâché le Top 10. Laissant partir deux Chinois, dont Jiaju Zhao, tenant du titre, leader devant Ji Duo, 14ème de l’UTMB 2023, Marmissolle se calait avec un petit groupe pour progresser à son rythme. Au premier tiers de course, il pointait déjà en 3ème position 8 minutes derrière Ji Duo et 2 minutes derrière le Lituanien Gediminas Grinius, alors que Jiaju Zhao devait lever le pied.

Question météo, ce n’était pas du tout la chaleur humide attendue, les montagnes thaïlandaises étant couvertes d’un épais brouillard et obligeant certains coureurs à se couvrir pour éviter d’attraper froid. Un comble, après la canicule redoutée.

Jungle
Un parcours en grande partie dessiné dans la jungle, où l’humidité est redoutable. Photo UTMB Group

L’homme qui s’en tirait bien, c’était Gediminas Grinius. Il connaît bien cette atmosphère thaïlandaise, ayant terminé 3ème de la précédente édition et s’étant en plus imposé en début d’année sur le Amazean Jungle Thailand by UTMB, un 100K au parcours plus court mais très similaire à celui du jour.

Grinius et Marmissolle allaient alors faire le choix d’attaquer la nuit ensemble, n’étant jamais distants l’un de l’autre de plus de quelques secondes. Ainsi, au 107ème kilomètre, une fois les principales difficultés avalées (et 7000 des 10800m D+ franchis), les deux hommes pointaient ensemble, accusant 30 minutes de retard sur Ji Duo. Derrière ce troi de tête, le Roumain Robert Hajnal, du team Altra, ne lâchait pas l’affaire, à 15 minutes de Marmissolle et Grinius.

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Beñat Marmissolle et Gediminas Grinius lors d’un ravitaillement en pleine nuit. Photo UTMB Group

Doi Inthanon Thaïland : le final calvaire de Beñat Marmissolle

Au 135e km, alors que je jour revenait et que la chaleur moite s’installait, le podium se dessinait. Ji Duo filait vers la première place, ayant légèrement accru son avance (37mn) sur ses deux poursuivants, toujours groupés, tandis que Robert Hajnal craquait et se retrouvait à 55 minutes de la 3ème place. Mais alors que tous les observateurs s’imaginaient Gediminas Grinius et Beñat Marmissolle terminer ensemble, le Lituanien décrochait le Basque fracassé après une chute dans la nuit à la sortie du dernier ravitaillement, à 7 kilomètres de l’arrivée. En 7 kilomètres, Marmissolle allait concéder près de 20 minutes.

Le Chinois Ji Duo s’impose finalement en 23h 58mn 49s. Grinius prend la deuxième place en 25h 25mn 58s. Beñat Marmissolle monte sur la 3ème marche du podium en 25h 44mn 03s. La mission UTMB 2024 était accomplie, la qualification en poche.

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Ji Duo, vainqueur du Doi Inthanon Thailand. Photo UTMB Group
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Le baiser symbolique de Marmissolle, ligne d’arrivée franchie, 3ème place en poche.
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2018, 2019, 2022. Par 3 fois il était venu à La Réunion pour courir la Diagonale des Fous, et par 3 fois il n’avait pas pu prendre le départ, blessé. La 4ème a été la bonne pour Aurélien Dunand-Pallaz. En tête dès les premiers kilomètres, le natif d’Alberville s’est imposé au Stade de la Redoute, à Saint-Denis, après avoir remporté la Hardrock 100 3 mois plus tôt. Mais tout n’a pas été aussi facile qu’il n’y paraît. Dans ce film court mais intense de Justin Galant & Flavio Visuals réalisé pour Compressport, revivez les grands moments de sa course, entre solo nocturne et grosse fatigue sous le soleil.

My first Diagonale des Fous… Enfin ! : un certain 19 octobre 2023

« C’est tout ce que j’aime : des grosses montées, des descentes techniques et des chemins caillouteux », disait Aurélien Dunand-Pallaz avant de prendre (enfin !) le départ de la Diagonale des Fous. Mais la course ne semblait pas vouloir de lui. Car si par 3 fois il s’était rendu à La Réunion pour disputer l’épreuve, par 3 fois il avait dû renoncer à prendre le départ, blessé. Jusqu’à ce 19 octobre 2023 où il s’est retrouvé sur la ligne de départ, avec comme compagnons d’aventure le quadruple vainqueur de la Diagonale François D’Haene, le second de l’édition 2022 Jean-Philippe Tschumi, le 3ème de l’UTMB 2023 Germain Grangier, 5ème à Saint-Denis l’an dernier et le redoutable Corse Lambert Santelli, détenteur du record du GR20 et grand habitué des sentiers pleins de cailloux. De quoi se challenger au plus haut niveau.

Voir le film ICI

My first Diagonale des Fous... Enfin ! CLIMBING
Photo Compressport / DR

My first Diagonale des Fous… Enfin ! : une chute, des doutes, la chaleur…

« C’est la course la plus extrême que j’ai pu faire », confiera Aurélien Dunand-Pallaz après sa victoire. Parti en solitaire, comme sur la Hardrock, le Savoyard n’a jamais douté durant les 70 premiers kilomètres, restant dans son allure, tout en maîtrise. Jusqu’à ce qu’une chute sur le côté, en pleine nuit, fissure sa sérénité. Hanche et jambe douloureuse, il allait devoir faire avec cette blessure jusqu’à l’arrivée, et gravir des pentes monstrueuses en compensant. Un véritable défi physique illustré par des images magnifiques. Et, au final, un triomphe, en 23h 21mn 23s. À déguster sans modération.

My first Diagonale des Fous… Enfin ! : 5mn 25 avec le roi des Fous 2023

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C’est un concept séduisant que propose la Guadarun : un jour, une île, une étape de trail. Et, en 6 jours, la découverte de l’intégralité des différents visages de l’archipel de Guadeloupe et de ses habitants, entre plages de sable blanc et lagons aux eaux turquoise, mangrove, jungle, rivières et mornes escarpés. Une épreuve originale et pleine de charme qui fêtera en 2024 sa 23ème édition, et que Lucien Datil, son organisateur, a imaginée comme une aventure sportive et touristique.

Guadarun : 6 jours, 6 étapes, 6 îles si différentes

Difficile d’imaginer mieux, lorsqu’on est amateur de trail et de plages paradisiaques, pour découvrir tous les trésors de Guadeloupe. La Guadarun Marathon des Îles, son nom complet, est une épreuve en 6 étapes disputées sur 6 des 7 îles que constituent l’archipel, avec des distances très accessibles, de 11 à 22 km par jour. Soit de quoi largement profiter de la douceur des spots proposés, une fois les kilomètres de trail parcourus.

Lucien Datil, son organisateur depuis 22 ans, en parle avec la même passion qu’à ses débuts : « Toutes les îles sont différentes, et elles ont toutes leur propre cachet. Certains vont préférer l’une à l’autre, mais pour moi elles sont toutes exceptionnelles car aucune n’a la même population, les mêmes reliefs… Même au niveau du “papillon” que forment Basse-Terre et Grande-Terre, qui sont juste séparées par un bras de mer, il y a une île volcanique et une île calcaire, donc une topographie totalement différente. Après, entre l’île principale, Marie-Galante, la Désirade et les Saintes, ce sont aussi les gens qui sont différents, et c’est ce qui rend l’épreuve si authentique et dépaysante… »

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PHOTO ALEXANDER BEER

Guadarun : une formule qui laisse le temps de profiter

Si le concept est resté le même, l’épreuve a su évoluer avec le temps et l’esprit des coureurs. « Il y a 22 ans, c’était les débuts du trail, explique Lucien Datil, et les gens venaient pour dépasser leurs limites. La course était dure. Mais après, je n’ai plus voulu organiser de compétition dont les gens ressortaient cassés et épuisés. J’ai préféré mettre l’accent sur les loisirs. Les gens peuvent venir en famille, certains courent toutes les étapes, d’autres que quelques-unes seulement, ou les font en mode randonnée, mais tout le monde est finisher. Il n’y a pas de barrières horaires ou de temps limite. Et après 2 ou 3 heures de course, les participants ont tout le temps de partir découvrir les îles, de profiter des plages… »

Particulièrement appréciés, les bivouacs sont organisés directement sur le sable, sur des plages paradisiaques, en tentes individuelles ou de 2 personnes. Mais ici, pas d’autonomie alimentaire, ou même de popote collective : tous les repas sont pris dans des restaurants, petit déjeuner, déjeuner et dîner. « Un peu comme en croisière », commente Lucien Datil, qui avoue que même si la Gadarun existe depuis plus de 20 ans et que tout est préparé et millimétré, chaque année est une aventure différente.

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Des bivouacs directement sur la plage, dans des cadres paradisiaques. Photo Organisation

Guadarun 2024 : un petit groupe pour plus de convivialité

La particularité est que cette aventure est destinée est limitée à un petit groupe, pas plus de 60 personnes, toutes venues de l’extérieur de l’archipel. Une mesure destinée à minimiser l’impact des coureurs sur les écosystèmes, et préserver la paisibilité des lieux. Mais ce noyau peut aussi rencontrer et se confronter avec les traileurs locaux, puisque sur chaque île, l’étape du jour est gratuitement ouverte aux autochtones, ou aux touristes présents sur place. Ce qui fait qu’on peut parfois se retrouver avec plus d’une centaine de coureurs sur la ligne de départ d’un trail.

Côté tarif, les 9 jours sont proposés à un prix de 1490 euros par personne. Un tarif très attractif, compte tenu des prestations proposées et de toutes les prises en charge : organisation, encadrement, sécurité, médicalisation, hébergement, restauration, dossard, transferts sur toute la durée du raid, soirée de clôture et remise des trophées, tout est inclus. Seul n’est pas inclus le voyage aérien.

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Le trail, oui, mais la détente aussi. Photo Organisation

Guadarun 2024 : le programme détaillé

Prévue du 30 mars au 7 avril, l’édition 2024 de la Guadarun offre un programme des plus attrayants.

Après l’accueil des participants et une journée d’acclimatation ponctuée par une visite d’une distillerie (histoire de se mettre tout de suite dans le rythme !), la première étape s’annonce avec le Trail de Goyave, à Basse-Terre : 11 km et 488m D+ au programme sur cette île volcanique et montagneuse, la plus grande des îles composant l’archipel de la Guadeloupe, dont le nom caraïbe est Karukéra, l’« île aux belles eaux ».

Le lendemain, la deuxième étape, le Trail des « Cent Moulins », permettra de découvrir tout le charme de Marie-Galante, surnommée « la Grande Galette » sur un parcours de 13 km relativement plat, entre champs de canne à sucre, anciens moulins et plages protégées par un système de récif corallien.

La troisième étape, l’une des plus longues, propose une escapade en mode « marin » de 22 km et 419m D+ loin des racines et des traces abruptes de la forêt, sur la bien nommée Désirade. Un parcours roulant à souhait, bercé par les embruns, qui emmènera les coureurs au point culminant de l’île, la Grande Montagne, à 275m d’altitude.

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Guadarun 2024 : des trails aux noms dignes de Koh Lanta

La quatrième étape se déroule sur Grande-Terre, l’aile Est du « papillon » que forment les deux principales îles de l’archipel de Guadeloupe, l’aile Ouest étant Basse-Terre, les deux étant séparées par un étroit bras de mer, la Rivière Salée. Un Trail du littoral court (11 km) et sans difficulté particulière, avant de se diriger vers Les Saintes pour les deux dernières étapes aux noms dignes de Koh Lanta : les Trails de Terre de Bas et Terre de Haut.

L’étape Terre de Bas propose un parcours de 15 km vallonné, en sous-bois rocailleux, où les coureurs pourront croiser des cabris, des iguanes et autres couleuvres (inoffensives !). Les chemins de randonnée empruntés traversent des paysages volcaniques et proposent une vue exceptionnelle sur la baie des Saintes, où se trouve la paisible plage de Grande Baie.

La dernière étape, le Trail Terre de Haut, propose un tour complet de l’île des Saintes depuis le fort Napoléon, sur 14 km et 560m D+. Au programme, la légendaire ascension du Chameau, le spectaculaire pain de sucre, et un passage sur la plage de Grande Anse, une baie aux eaux turquoise.

Après la remise des trophées et la soirée de clôture qui l’accompagne, le lendemain, le Trail Fun de Deshaies, sur l’île de Basse-Terre, propose un final convivial, hors classement général, pour conclure l’aventure.

A noter que l’agence Travel2run propose une prolongation de séjour avec des activités complémentaires diverses (plongée, sports nautiques, excursions, etc…).

Informations et inscriptions ICI

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La loterie de la Hardrock 100 2024 a rendu son verdict le 2 décembre. Parmi les rares athlètes non américains ayant validé leur ticket pour ce prestigieux ultra, François D’Haene, vainqueur en 2021, se présentera en favori. Trois autres Français auront une carte à jouer : Ludovic Pommeret et Camille Bruyas, néophytes sur ce parcours, et Claire Bannwarth, 5ème l’an dernier, bien décidée à tout casser en 2024. Mais il y aura aussi Courtney Dauwalter pour faire le show !

Hardrock 100 2024 : François D’Haene favori ?

Vainqueur de l’édition 2021 et second en 2022 derrière Kilian Jornet, la star masculine de la team Salomon François D’Haene figure parmi les 115 athlètes masculins retenus pour participer à l’édition 2024 de cet ultra mythique, dans le Colorado, en juillet prochain. Rappelons le menu : une boucle de 161,5 kilomètres et 10000m D+ au départ de Silverton, dont la ligne d’arrivée est matérialisée par un rocher peint d’une tête de bélier. Principale difficulté de cet ultra, l’altitude. En effet, la course s’effectue à une altitude moyenne de plus de 3300m. Avec un point culminant, le Handies Peak, à 4282m. De quoi éprouver terriblement les organismes.

Après avoir fait impasse sur l’édition 2023 (il n’avait pas candidaté au tirage au sort, invoquant un besoin de renouveau, et de toute façon avait été blessé fin 2022, d’où une saison blanche, avec uniquement la Diagonale des Fous en octobre 2023), François D’Haene tentera de s’imposer sur la boucle qui sera effectuée dans le sens des aiguilles d’une montre, comme en 2022 où il avait terminé second derrière Kilian Jornet. De quoi espérer un doublé, après s’être imposé en 2021 dans le sens inverse. Et peut-être un record, s’il parvenait à battre le chrono réalisé en 2022 par Jornet en 21h 36mn 24s.

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Le baiser de François D’Haene au bélier, lors de sa victoire en 2021. Photo Howard Stern / Salomon

Hardrock 100 2024 : Zach Miller et Ludovic Pommeret outsiders

Parmi les 114 autres qualifiés masculins, on retiendra la présence de l’Américain Zach Miller, 2ème de l’UTMB cet année, et de l’indestructible Ludovic Pommeret, 5ème de ce même Tour du Mont-Blanc 2023 à 48 ans. Particularité des 2 hommes : ils n’ont jamais couru cette épreuve. Ils partiront donc dans l’inconnu. Mais à leur niveau, ce n’est pas forcément un problème, comme l’ont montré Aurélien Dunand-Pallaz et Beñat Marmissolle l’an dernier, qui ont terminé respectivement premier et second de la course. Une chose est certaine : fidèle à son habitude, Zach Miller partira bille en tête et imprimera un rythme effréné dès le début. Il faudra réussir à le suivre !

Hardrock 100 2024 : Courtney Dauwalter en pole

A tout seigneur tout honneur, c’est bien sûr Courtney Dauwalter, tenante du titre et recordwoman absolue de l’épreuve dans les 2 sens, qui partira une nouvelle fois archi-favorite de l’épreuve féminine. Elles seront 31 élues au départ, dont 11 seulement ayant déjà couru l’épreuve. Courtney Dauwalter sera peut-être en lice pour le podium du général, après sa 6ème place en 2022 et sa 4ème place en 2023, sur un parcours dont elle connaît (presque) tous les rochers !

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Courtney Dauwalter se présentera en patronne, avec peut-être en tête un podium au scratch. Photo DR

Hardrock 100 2024 : Claire Bannwarth et Camille Bruyas au départ

Parmi ses concurrentes les plus sérieuses ayant déjà participé à la Hardrock 100, on retiendra la très expérimentée Américaine Meghan Hicks, 7ème en 2015 et 5ème en 2016. Et, côté tricolore, la Française Claire Bannwarth, qui avait découvert (et adoré) l’épreuve l’an dernier, mais avait attrapé froid dans les hauteurs, à plus de 4000m d’altitude, et n’avait fini « que » 5e.

On se souvient alors des paroles de Claire Bannwarth, et de sa promesse de tenter de nouveau sa chance au tirage au sort : « Je n’étais pas assez bien acclimatée à l’altitude car je ne suis arrivée que six jours avant, n’ayant pas pu prendre davantage de congés. Étonnamment, tout s’est bien passé jusqu’au 110ème km. La suite a été plus compliquée. Durant la nuit, j’ai attrapé un gros rhume, j’avais beaucoup de mal à respirer avec un taux d’oxygénation très bas, à 82. Là-dessus, j’ai fait une bonne chute et cassé mes bâtons au 120ème km. Je me suis fait une belle frayeur mais concrètement renoncer n’était pas une option. Du coup, je n’étais pas à 100% de mes capacités et j’espère bien revenir à Silverton ! » Son vœu de revenir se réalisera dès 2024, et il est sûr qu’elle changera de tactique de préparation !

Enfin, parmi les élues qui auront le bonheur de découvrir cette boucle mythique, on trouve Camille Bruyas. Après une année 2023 loin de sentiers pour cause de blessure, mais brillamment conclue avec une 2ème place sur la Diagonale des Fous, l’athlète du team Salomon aura certainement son mot à dire pour le podium.

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Camille Bruyas et François D’Haene, tous 2 blessés en 2023, avaient fait leur retour sur ultra à La Diagonale. Il seront de nouveau ensemble à Silverton. Photo DR
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Il était venu pour gagner, il n’a pas manqué son rendez-vous. Au terme d’une course parfaitement maîtrisée, Thomas Cardin s’est imposé pour la seconde fois sur la SaintéLyon, après sa victoire en 2021 et sa deuxième place en 2022. Chez les femmes, c’est également la grande favorite, Julie Roux, qui monte sur la plus haute marche du podium après avoir dominé la course de la tête et des épaules.

SaintéLyon 2024 : Thomas Cardin tout en maîtrise

Il avait le dossard n°2, en raison de sa deuxième place sur l’édition 2022 derrière l’Espagnol Andreu Aymerich, mais était déterminé à s’affirmer comme le n°1 cette année. Revenu en grande forme en fin de saison après sa légère déception des Mondiaux de trail court en juin (16ème place seulement), Thomas Cardin avait impressionné sur le Grand Trail des Templiers, où il avait pris la 4ème place, premier Français.

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8000 concurrents se pressaient sur la ligne de départ à Saint-Etienne, pour affronter les 78km et 2020m de D+ jusqu’à Lyon. Photo DR

Parti raisonnablement, le Grenoblois âgé de 28 ans, le protégé du coach Philippe Propage, qui avait délaissé le trail ces dernières semaines pour finir sa préparation sur route, a laissé Ilyass Zouhry mener la course pendant les 30 premiers kilomètres. La prudence était de rigueur pour traverser les monts du Lyonnais, affronter la neige et le verglas sans prendre de risques inconsidérés. Après avoir rejoint Ilyass Zouhry, Thomas Cardin s’est détaché en compagnie du jeune et inattendu Antoine Charvolin, 25 ans.

Petite frayeur pour les 2 coureurs, qui ont commis une erreur de jugement à la sortie du ravito de Sainte-Catherine, partant tout droit au lieu de prendre à gauche. Les 2 hommes ont perdu 2 ou 3 minutes, mais ont ensuite repris la tête de course et se sont inexorablement détachés dans le début de descente vers Lyon.

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Antoine Charvolin devant Thomas Cardin à mi-course. Photo INFINITY NINE MÉDIA

Thomas Cardin, un finish en solitaire

Thomas Cardin a impressionné tous les observateurs par son aisance tout au long des 78km de course et sa sérénité lors des ravitaillements. Il a cependant dû batailler jusque dans les derniers kilomètres pour se défaire d’Antoine Charvolin, qui l’a longtemps accompagné, calé dans sa foulée, ne prenant jamais le relais, se laissant parfois distancer de quelques mètres avant de revenir. Derrière les 2 hommes, Baptiste Chassagne, Lyonnais de cœur, né à Saint-Étienne, n’a pas pu suivre le rythme, se calant en 3ème position. Cardin a attendu patiemment pour produire son effort à une dizaine de kilomètres de l’arrivée, après plus de 5 heures de course, allongeant très légèrement la foulée pour construire un petit écart, seconde après seconde.

A 5 kilomètres de l’arrivée, l’athlète du team Hoka comptait 45 secondes d’avance sur Antoine Charvolin, et plus de 4 minutes sur Baptiste Chassagne. Sans jamais se désunir, il a avalé à un rythme impressionnant les derniers kilomètres pour franchir la ligne avec un chrono record de 5h 41mn 56s. Antoine Charvolin prend la 2ème place à 3mn 46s du vainqueur. Baptiste Chassagne arrache la troisième place, comme l’an dernier, en 5h 49mn 53s.

Thomas Cardin Saintélyon
Thomas Cardin et Antoine Charvolin, en pleurs à l’arrivée de la SaintéLyon.

SaintéLyon 2024 : Julie Roux impériale chez les femmes

Partie en tête dès le départ, Julie Roux a dominé de la tête et des épaules la concurrence. Toute auréolée de sa victoire sur le Grand Trail des Templiers, l’athlète du team Salomon a creusé petit à petit un écart conséquent, puisqu’elle comptait plus de 10 minutes d’avance sur Marie Goncalvès à 20 kilomètres de l’arrivée. Maryline Nakache, qui découvrait la course, un format court ne correspondant pas vraiment à son rythme d’ultra-traileuse, suivait 13 minutes derrière. Les 3 femmes constituent dans cet ordre le podium final. Julie Roux boucle sa course en 6h 39mn 29s, 20e au scratch ! Marie Goncalvès termine à 15 minutes et Maryline Nakache près de 40 minutes après la gagnante du jour.

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Julie Roux réalise un formidable doublé de fin de saison, Templiers + SaintéLyon. Photo DR
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Sur le papier, le concept est simple : partir en courant du lac d’Annecy pour aller jusqu’au sommet du Mont-Blanc. Dans la réalité, cette expédition de plus de 26 heures, sur 110 km et 11000 mètres de D+ à travers les plus beaux sommets de la Haute-Savoie, se révélera un peu plus compliquée pour Michel Lanne, ultra-traileur et alpiniste chevronné. Une aventure passionnante, des images exceptionnelles pour 29 minutes de plaisir.

Michel Lanne, un ultra-palmarès impressionnant

A 39 ans, Michel Lanne est un véritable spécialiste de l’ultra-trail. Il a remporté entre autres le 80km du marathon du Mont-Blanc en 2013, la CCC en 2016, la TDS en 2017 ou la Maxi-Race en 2019. Il s’est également par 2 fois frotté à la Diagonale des Fous (2011 et 2015), terminant les 2 fois à la 7ème place. S’il ne fait plus que de rares courses, il a participé au Super Bélier dans le massif des Aravis en août 2023, un format 3 courses en 3 jours (15 le vendredi, 27 le samedi et 42 le dimanche) sur lequel il s’est imposé.

ULTRA GROS-BLANC MICHEL LANNE
Source Ultra Gros-Blanc

Aravistique, un premier défi insensé, en 2022

Aimant les défis dans le pur esprit trail, cet athlète Salomon, également sauveteur en montagne au sein du PGHM, avait réalisé en 2022 la traversée des Aravis par tous les sommets en moins de 24 heures. Cet exploit avait donné lieu à un film magnifique signé Fringale.

Voir Aravistique, le film

Ultra Gros-Blanc : le nouveau défi de Michel Lanne

Un an après, Michel Lanne a remis le couvert avec un nouveau défi insensé pour repousser un peu plus loin ses limites physiques et mentales. Son pari : atteindre le sommet du Mont-Blanc (la « bosse ») en partant du lac d’Annecy (la « flaque »). Ultra Gros-Blanc : de la flaque à la bosse est le film de cette aventure, réalisé de nouveau par Fringale.

Voir le film Ultra Gros-Blanc : de la flaque à la bosse ICI

ULTRA GROS-BLANC PROFIL
Du lac d’Annecy au sommet du Mont-Blanc, un profil qui fait mal aux cuisses. Source Ultra Gros-Blanc

Du départ à 6 heures du matin de Talloires à l’arrivée au sommet du Mont-Blanc, le film retrace le parcours suivi par Michel Lanne, qui débute par 2000 de dénivelé d’un coup pour monter au sommet de La Tournette (2350m), puis le Mont Lachat, le Mont-Joux en fin de journée, alors que la nuit approche, et la dernière montée, 4000m de dénivelé à gravir pour atteindre le toit de l’Europe.

ULTRA GROS-BLANC OPEN
Michel Lanne au sommet du Mont-Blanc, défi relevé ! Source Ultra Gros-Blanc

Servi par des images de drone et des vues vertigineuses, le film montre à la fois la beauté de la nature et l’effort de l’athlète. Vous serez saisi par l’épuisement qu’il manifeste lors des derniers mètres d’ascension, lorsque le manque d’oxygène et l’envie de dormir transforment chaque pas en souffrance. Et puis cette délivrance, après 110km et 11000m de dénivelé avalé. Un rêve devenu réalité.

Ultra Gros-Blanc : de la flaque à la bosse

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Après une année 2023 qui l’a vu réaliser un combo Western States Endurance Run / UTMB, terminant 7ème de la première épreuve et 4ème de la seconde, Mathieu Blanchard aimerait rééditer un doublé de 2 ultras majeurs du calendrier. Et son cœur pencherait pour le combo UTMB / Diagonale des Fous. Mais remporter ces 2 courses la même année serait un exploit XXL, que seuls 2 athlètes ont réalisé à ce jour : François D’Haene chez les hommes, et Karine Herry chez les femmes. Et si Mathieu Blanchard a les capacités de les imiter, il a un ennemi : lui-même. Explications.

UTMB / Diagonale des Fous : 2 ultras d’exception en 2 mois

Entre le Tour du Mont-Blanc et la traversée de l’Île Intense, 2 mois seulement. Si Claire Bannwarth aurait le temps de caser 3 ou 4 ultras supplémentaires dans l’intervalle, rares sont les ultra-runners capables d’observer une phase de récupération suffisante, puis de se remobiliser pour prendre le départ de la deuxième épreuve dans des conditions de forme optimales.

D’autant que les deux courses, si elles présentent un kilométrage et un dénivelé relativement similaires, sont loin de proposer des équivalences en terme de technicité. L’UTMB Mont-Blanc pourrait même faire figure d’ultra « roulant » par rapport au Grand Raid de la Réunion. En effet, les sentiers de l’île sont des pièges permanents, plein de cailloux et de racines, et la température y est souvent caniculaire, rendant les courses épiques. On a pu voir François D’Haene, quadruple vainqueur des deux épreuves, souffrir comme rarement sur l’édition 2023, le corps en surchauffe, totalement accablé par la chaleur.

Lire l’article François D’Haene : sa Diagonale 2023 en 11 photos choc

sentiers grand raid
Quelques sentiers du Grand Raid, véritables casse-pattes…

UTMB / Diagonale des Fous : les 9 vainqueurs des 2 courses

Si l’on étudie les palmarès de ces 2 courses, on constate que seuls 9 athlètes sont parvenus à s’imposer sur les 2 parcours. 4 chez les hommes, et 5 chez les femmes.

Chez les hommes, à tout seigneur tout honneur, c’est François D’Haene qui détient la palme, avec 4 victoires sur chaque course. 2012, 2014, 2017 et 2021 pour l’UTMB, 2013, 2014, 2016 et 2018 pour la Diagonale des Fous. D’Haene est par ailleurs le seul homme à avoir réussi à s’imposer sur les 2 courses la même année, en 2014.

Parmi les autres vainqueurs des 2 épreuves, Kilian Jornet s’est imposé 4 fois également à Chamonix (2008, 2009, 2011 et 2022) et 2 fois à Saint-Denis (2010 et 2012). Vincent Delebarre s’est imposé en 2004 sur l’UTMB, et en 2006 sur la Diag’ (ex-aequo avec Christophe Jaquerod). Et Ludovic Pommeret a gagné l’UTMB en 2016 et la Diag’ en 2021 (ex-aequo avec Daniel Jung).

D'Haene Grand Raid 2014
François D’Haene à l’arrivée du Grand Raid 2014, seul homme à avoir réussi à s’imposer sur l’UTMB et la Diag’ la même année.

UTMB / Diagonale des Fous : 5 femmes gagnantes des 2 courses

Chez les femmes, seules 5 athlètes ont réussi la performance de s’imposer sur chacune des courses. Et une seule a réussi à remporter les 2 la même année : Karine Herry, en 2006. Elle s’est de nouveau imposée sur la Diagonale en 2011.

Pour les autres, Nathalie Mauclair a remporté la Diagonale en 2013 et 2014, puis l’UTMB en 2015.

L’Espagnole Nuria Picas a remporté la Diagonale en 2015, et l’UTMB en 2017.

Enfin, 2 Américaines ont réussi à s’imposer sur les 2 parcours. Courtney Dauwalter bien sûr, qui s’est imposée 2 fois à Chamonix (2019 et 2021) et une fois à Saint-Denis (2022). Katie Schide enfin, qui a remporté l’UTMB en 2022, puis la Diagonale en 2023.

ULTM / Diagonale, 2 histoires bien différentes pour Mathieu Blanchard

Si un combo UTMB / Diagonale des Fous est tentant, Mathieu Blanchard se connaît bien et sait que se préparer pour un tel défi est une gageure. Son avantage est de bien connaître le parcours de l’UTMB, où il a brillé par 3 fois. 3ème en 2021, 2ème en 2022, 4ème en 2023, il ne lui manque plus qu’une victoire pour parachever son histoire avec Chamonix.

Pour la Diagonale, c’est une autre histoire. En effet, il était sur la liste de départ en 2019, et avait fait de cette course son principal objectif de la saison. Mais un coup de fil de TF1, lui annonçant qu’il était retenu pour participer à l’émission Koh Lanta – Les 4 Terres aux Fidji, dont le tournage débutait au même moment, le pousse à renoncer. Depuis, il est revenu sur l’île pour participer au Zembrocal Trail en relais en 2022, mais rien de plus.

L’ennemi de Mathieu Blanchard : lui-même

Mais l’ennemi N°1 de Mathieu Blanchard est Mathieu Blanchard lui-même. Il le reconnaît volontiers : « Les 2 courses sont en deuxième moitié de saison. Mais en attendant ces grands rendez-vous, on fait quoi ? » Car impossible de demander à l’aventurier de rester en place, même si depuis il a intégré le Team Élite de Salomon. On l’a d’ailleurs vu en 2023. Il a couru au Costa Rica en février, puis est allé s’entraîner au Kenya pour travailler la vitesse (et grimper au sommet du Kilimandjaro au passage), puis s’est aligné sur le marathon de Paris début avril, puis a enchaîné avec le Marathon des Sables, avant de prendre le départ de la Western States Endurance Run fin juin et de l’UTMB début septembre. Trop, sans doute !

Mathieu Blanchard WSER 2023
Mathieu Blanchard sur la Western States Endurance Run 2023, où il avait souffert physiquement, après un début de saison sans doute trop chargé. Photo WSER

Si rien faire n’est pas une option, en faire trop ne doit pas en être une non plus, pour ne pas reproduire l’erreur de 2023, où il est arrivé émoussé physiquement tant sur la WSER que sur l’UTMB. Quel sera son programme final ? Mystère. Mais en attendant, il commencera fort l’année, en s’alignant sur le trail blanc des Lumières de la Muzelle aux 2 Alpes dès le 20 janvier 2024, afin d’honorer son rôle d’ambassadeur de la station.

Mathieu Blanchard Source Facebook Mathieu Blanchard Photo Antho X
Source Facebook Mathieu Blanchard Photo Antho X
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C’est officiel, le Tenerife Bluetrail rejoint le circuit UTMB World Series en 2024, et devient donc le Tenerife Bluetrail by UTMB. Du 6 au 8 juin 2024, l’événement, qui fêtera sa 13ème édition, proposera 4 courses principales pour découvrir le plus haut sommet d’Espagne, l’imposant volcan Teide, au cœur de l’île de Tenerife, la plus grande des îles Canaries.

Tenerife Bluetrail, le trail volcanique

C’est à un voyage magnifique que seront conviés les coureurs qui s’élanceront sur le Tenerife Bluetrail. Entre le bord de mer et les hauteurs de l’imposant volcan Teide, à 3555 mètres au-dessus du niveau de la mer, le dénivelé s’annonce aussi impressionnant que les panoramas proposés. Mais quel bonheur d’avoir le privilège de grimper au sommet du troisième plus haut volcan du monde, depuis sa base au fond de l’océan.

Le volcan et ses environs constituent le parc national du Teide, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et considéré comme l’une des véritables merveilles de la nature. Les coureurs seront frappés par l’immense variété des paysages, et ce sur toutes les courses.

Ils pourront courir entre les pics volcaniques et traverser les roches déchiquetées des coulées de lave, mais aussi découvrir des forêts de pins et de lauriers dans des descentes escarpées, admirer les sentiers côtiers de la côte nord pour finir sur la ligne d’arrivée sur la superbe plage de Martiánez.

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Photo Jordi de la Fuente / DR

Tenerife Bluetrail, 4 courses au programme

Quatre courses du Tenerife Bluetrail offriront aux coureurs la possibilité de collecter des Running Stones, dont 2 ultras de plus de 70 kilomètres.

La plus redoutable, réservée aux traileurs experts, est la Tenerife Bluetrail 110K. Un parcours de 110km et 6250m D+, classée dans la catégorie des 100M UTMB et permettant de récolter 4 Running Stones.

La Tenerife Bluetrail 73K propose un parcours de 73km et 3150m D+. Elle est classée dans la catégorie des 100K UTMB et permet de récolter 3 Running Stones.

La Tenerife Bluetrail 47K, un format de 47km et 2600m D+, est en catégorie 50K et permet de récolter 2 Running Stones.

Enfin la Tenerife Bluetrail 24K est un 24km avec 1300m D+ classé 20K et permet de récolter 1 Running Stone.

L’événement comprendra également un défi de 47 km à courir en duo, le Tenerife Bluetrail Relay, ainsi qu’un défi vertical de 3,5 km, le Vertical Night Challenge. Des courses pour les enfants et les familles sont aussi proposées, ainsi que 2 courses adaptées aux personnes porteuses de handicaps moteurs, connues sous le nom de Reto et Jöelettes, soulignant le souci d’inclusion grandissant dans les courses by UTMB.

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Photo Organisation

Tenerife Bluetrail, 2ème course espagnole du circuit UTMB World Series 2024

La Tenerife Bluetrail by UTMB devient le deuxième événement espagnol du circuit UTMB World Series en 2024. Lope Afonso, vice-président et conseiller au tourisme du Cabildo de Tenerife, a souligné l’importance de l’intégration de Tenerife Bluetrail by UTMB, la course de montagne la plus haute d’Espagne et la deuxième plus haute d’Europe, dans le circuit UTMB World Series. « Rejoindre le circuit UTMB World Series est une étape supplémentaire vers l’internationalisation de la course et servira de vitrine pour montrer au monde les possibilités offertes par Tenerife pour la pratique du sport en plein air tout au long de l’année, grâce à son excellent climat et à son infrastructure hôtelière de qualité. »

N’oubliant pas que le trail peut être vecteur de tourisme, Lope Afonso est convaincu que cela « permettra à notre épreuve de continuer à croître dans le monde entier et d’attirer davantage de sportifs souhaitant participer à une course unique se déroulant dans des environnements exceptionnels. Parallèlement, ils pourront profiter de leur séjour sur l’île pour apprécier tout ce que Tenerife a à offrir. »

41 événements sont désormais confirmés pour la saison 2024 du circuit UTMB World Series. Le calendrier comprend actuellement 19 événements en Europe, dont le Dacia UTMB Mont-Blanc, course fondatrice du circuit mondial et le lieu des UTMB World Series Finals.

Découvrez le teaser vidéo du Tenerife Bluetrail ICI

Les inscriptions pour la Tenerife Bluetrail by UTMB seront ouvertes aux détenteurs d’un UTMB Index le 4 décembre, et les inscriptions générales ouvriront le 6 décembre sur tenerife.utmb.world/fr. 

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Sacré champion de France de marathon 2022 après avoir perdu le titre sur disqualification stupide un an plus tôt, Duncan Perrillat, à tout juste 30 ans, s’est s’imposé en juin 2023 sur les 125km de l’Ultra du Saint-Jacques by UTMB, avant de se présenter début septembre sur la mythique épreuve de l’UTMB, qu’il a menée pendant près de 30 kilomètres. Simon Chrétien a rencontré ce talentueux touche-à-tout de la course à pied, qui ne cache pas son ambition de faire un jour un Top 5 sur l’UTMB. Quitte à faire grincer des dents la communauté des traileurs.

Duncan, tu as bossé dans le marketing et la finance, notamment aux États-Unis. Quand as-tu décidé d’arrêter pour te consacrer à la course à pied ?

Duncan Perrillat : Début 2020. J’étais rentré en France en 2019, je devais prendre un poste à Londres mais je n’y suis pas allé. J’avais conscience que j’avais peu de chances de vivre de l’athlétisme, mais dans le même temps, je me disais que j’avais quoi qu’il arrive un CV. Et que des opportunités professionnelles, j’en aurais d’autres. Je n’ai donc pas vraiment hésité, je ne trouvais pas ça très risqué. Je me disais que si je mettais l’athlétisme de côté, je ne pourrais pas y revenir plus tard, alors qu’à l’inverse, si ça se passait mal pour ma carrière sportive, je pourrais facilement trouver du boulot.

Fin 2021, on te découvre sur le marathon de Rennes. C’est ton premier marathon, tu réalises un chrono de 2h14 et tu es sacré champion de France, avant d’être déchu car tu ne portais pas le maillot de ton club, le Neuilly Plaisance Athlétisme. Comment es-tu venu au marathon ?

Duncan Perrillat : J’ai toujours eu un profil axé sur le long et l’endurance. À l’entraînement, je craquais rarement sur les séances de seuil. Aux États-Unis, on faisait du cross l’hiver et du 3000m steeple l’été. Mais je n’ai jamais beaucoup aimé la piste. Et finalement, en analysant mon entraînement, j’ai constaté que je faisais déjà beaucoup de volume et peu d’intensité. En fait, je m’entraînais déjà plus pour du 10 000m, voire du semi-marathon, que pour du 1500m ou du 3000m.

Beaucoup de gens m’ont incité à me lancer sur marathon en me disant que je pourrais réaliser de belles performances. Donc mon chrono sur le marathon de Rennes n’a pas vraiment été une surprise. Je me présentais avec l’objectif de gagner, je n’étais pas du tout en mode « advienne que pourra », même si le chrono était un peu meilleur que ce que j’espérais. J’étais donc très satisfait.

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Duncan Perrillat s’impose en 2021, mais sera disqualifié pour absence de maillot de son club. Photo Stadion

Avec du recul, comment vis-tu cet épisode de ta disqualification ?

Duncan Perrillat : Cette histoire du maillot, ça résume qui je suis. J’ai tendance à être un peu à l’arrache. Malheureusement, une telle aventure pourrait encore m’arriver. J’en veux toujours un peu au club de mon adversaire qui a fait deuxième et qui a décidé de me faire disqualifier, dans le sens où moi, je n’aurais jamais fait ça. Ils ont saisi l’opportunité et je ne leur pardonnerai jamais. Mais je suis passé outre. Finalement, ce n’est pas bien grave. Au fond de moi, j’ai l’impression d’être champion de France cette année-là et l’important, c’est plus le résultat que le titre. Et puis j’ai pris ma revanche, en devenant champion d’Europe de cross par équipe dans la foulée, puis champion de France de Marathon en 2022.

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Duncan Perrillat sacré champion de France de marathon en 2022. Photo Arthur Dirou / Stadion / FFA

C’est depuis cet épisode que tout s’est accéléré pour toi, lorsque tu es devenu professionnel ?

Duncan Perrillat : Je suis professionnel dans le sens où j’ai pu me focaliser exclusivement sur mon sport. Mais il n’y a pas eu tant d’emballement que ça ! HOKA a cru en moi et la marque m’a proposé de me sponsoriser, j’en suis très satisfait. Ça demande un peu de travail sur les réseaux sociaux et auprès des médias pour toujours gagner en visibilité.

En février 2022, tu as réalisé ton record personnel sur le marathon de Séville en 2h12mn12s. Ce chrono te permet de faire partie des meilleurs marathoniens français. Tu vises toujours une qualification pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024 ?

Duncan Perrillat : Je suis bien placé au niveau français, mais je reste en deçà de la performance des autres marathoniens. En octobre 2022, je réussis à refaire 2h12 sur le marathon de Rennes, sans lièvre, donc seul et en partant sur de belles bases. Donc c’était de bon augure pour s’approcher des 2h09. Finalement, j’ai essayé de concrétiser mon chrono de Séville en début d’année 2023, mais ça ne l’a pas fait, j’ai eu du mal à tenir l’allure et j’ai arrêté au 30ème kilomètre.

L’objectif est d’aller chercher un chrono sous les 2h10, que je vais tenter à Valence en décembre ou à Séville en février prochain. Je ne connais pas encore tout à fait mon programme pour l’instant. Je vise plus un temps qu’une qualification, car pour la qualif, ça dépend vraiment du résultat des autres.

Tu as créé la surprise cet été en te présentant sur les épreuves de trail et d’ultra-trail. Pourquoi un tel choix ?

Duncan Perrillat : Déjà, la règle en école d’athlétisme, c’est de consacrer ton hiver à ta discipline, donc le marathon pour moi, et de passer sur la piste l’été. Mais moi, je ne suis vraiment pas fan de la piste. Mais je suis d’accord sur le fait que faire une discipline différente et notamment une autre distance, ça pouvait être intéressant. Et j’avais envie de vivre cette expérience.

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Duncan Perrillat sur l’Ultra du Saint-Jacques. Photo UTMB 2023

Quels aspects du trail te plaisent en particulier ?

Duncan Perrillat : Je pense que ça m’a permis certains déblocages psychologiques. Quand tu es capable de courir plus de 10h sur un trail, ça te fait prendre conscience que ton corps est capable de tenir. Quand je m’entraîne pour le marathon, je fais souvent deux séances par jour et parfois, je n’ai pas de bonnes sensations sur la deuxième séance. Là, ça permet de constater que je suis capable de tenir sur la distance. C’est pareil pour la gestion de course et la gestion de l’alimentation. Ce que j’apprends sur le trail m’aide pour le marathon. Plus c’est long, plus c’est important de savoir se contrôler et prendre conscience de l’état dans lequel tu es.

Tu t’es imposé sur l’épreuve de 125km/5400mD+ de l’Ultra du Saint-Jacques by UTMB. Cette victoire t’a surpris ?

Duncan Perrillat : Pas tant que ça, car j’y allais vraiment pour gagner. J’y croyais et je pensais bien qu’une victoire était possible. Bien sûr, j’ai douté car je partais dans l’inconnu. Il y avait un peu d’appréhension, mais j’avais déjà fait quelques expériences sur du long. J’avais notamment participé au Speed Project qui consiste à courir pendant 35h en équipe de six en se relayant. Au final, j’avais couru 130 bornes sans dormir une seule seconde donc je savais que j’étais capable de tenir longtemps. L’Ultra du Saint-Jacques, c’est 13h d’effort, mais pour moi, ce n’est pas plus effrayant qu’un 1500m de haut niveau où l’intensité et le stress sont très forts.

Duncan Perrillat Saint-Jacques Photo UTMB 2023
Duncan Perrillat s’impose sur l’Ultra du Saint-Jacques, son premier ultra-trail. Photo UTMB 2023

On t’a également vu sur les 170km de l’UTMB cette année, la plus grande course de trail au monde. Ça ne t’a pas effrayé, là non plus ?

Duncan Perrillat : Non, je pense qu’il y avait plus de différences entre la distance du marathon et mon chrono de 13h sur l’Ultra du Saint-Jacques qu’entre le Saint-Jacques et l’UTMB. Et puis contrairement au Saint- Jacques où je n’avais pas pu m’entraîner spécifiquement, là, j’ai pu mieux me préparer pour l’UTMB. J’avais fait de vraies sorties longues, notamment à Val Thorens avec l’équipe HOKA. Et ces longs efforts de 5h à 7h s’étaient très bien passés.

Comment as-tu vécu cette expérience ?

Duncan Perrillat : J’ai vraiment kiffé l’ambiance tout au long de la semaine à Chamonix. C’est quelque chose que tu ne vis pas sur le marathon, même sur celui de Paris. Je n’avais jamais vécu une telle ambiance, j’ai trouvé ça dingue et j’ai adoré. J’aime aussi le côté où tu cours de nuit, tu dois allumer ta frontale, tu te retrouves seul dans la nature. J’aime ces changements de rythme, ces montées, ces descentes, ces chemins techniques. C’est très ludique. Après, pour moi, la course a été un échec, surtout que pas mal de monde avait fait le déplacement pour m’encourager.

Tu as pourtant mené pendant 30 kilomètres avant d’abandonner au 50ème. Que s’est-il passé ?

Duncan Perrillat : Les 30 premiers kilomètres sont les plus plats de la course. C’était donc logique pour moi de partir vite, même si ce n’était pas si rapide pour moi. J’étais sur une allure intermédiaire entre le footing et le premier seuil. Puis à partir du 30ème kilomètre, j’ai rencontré des problèmes gastriques, ce que je n’avais pas connu sur le Saint-Jacques. Après, c’est toujours dur de savoir quelles sont les raisons exactes de mon abandon. Peut-être que si j’étais parti en marchant, je n’aurais pas eu ces difficultés gastriques…

Dire qu’il n’y a aucun rapport avec mon début de course, c’est faux. Mais dire que c’est la raison principale, ce n’est pas vrai non plus. C’est un ensemble de choses, liées au stress peut-être. En tout cas, c’est un sentiment mitigé, car quand je vois la course d’un Ludovic Pommeret qui termine 5e, je pense que j’avais quelque chose à jouer autour de cette place. En tout cas, je reviendrai sur cette épreuve et peut-être même dès l’année prochaine. Je pense vraiment être capable de faire un Top 5 sur l’UTMB.

Tu sais qu’avec ces propos, tu risques de faire réagir !

Duncan Perrillat : Ah, mais c’est sûr que beaucoup de traileurs vont me détester. Je me suis déjà fait pas mal lyncher sur les réseaux par certains. Il y a une sorte de rivalité entre la piste/route et le trail. Entre l’athlétisme traditionnel et cette discipline nature. Moi, je trouve que c’est dommage. Après, c’est à moi de prouver que j’en suis vraiment capable.

Mais si tu demandes à Jim Walsmsley (1er), Ludo Pommeret (5ème) ou Thibaut Garrivier (6ème), avec qui je me suis entraîné cette année, je pense que tous les trois te diront que j’en suis capable. Et eux se rendent mieux compte de mon niveau que les quelques traileurs qui pensent que je suis arrogant. Je ne pense pas être arrogant. Je pense être à peu près objectif. Quand je pars devant cette année, c’est pour la gagne. Le problème, c’est que quand tu annonces quelque chose, tu prends le risque de te faire critiquer. C’est le jeu. C’est pour ces raisons que certains préfèrent ne pas parler aux médias. Mais c’est à double tranchant. C’est plus facile de ne jamais rien annoncer, mais moins grisant. Annoncer un tel objectif en amont, ça donne du piment.

Tu marches un peu à la provoc’ finalement ?

Duncan Perrillat : Non, je ne pense pas. Je pense être objectif sur les choses. Si demain je pars sur un 1500m de niveau international, je ne t’annoncerai pas que je compte être finaliste. Je partirai sur des objectifs qui correspondent à mon entraînement. Quand j’annonce mon intention de faire Top 5 de l’UTMB, ce n’est pas du rêve, car je sais que j’en suis capable. J’ai conscience que le sport n’est pas une loterie. Surtout la course à pied, où il y a encore moins de hasard.

Tu ne penses pas que cette parenthèse trail t’a fait perdre des qualités de vitesse pour le marathon ?

Duncan Perrillat : Non, en terme de vitesse, ça ne change rien du tout. Mais le fait d’être parti sur une expérience nouvelle m’a en revanche donné très envie de revenir sur du plus court. Ça m’a redonné ce goût que tu perds au fur et à mesure que la saison avance. J’ai l’impression de repartir avec des balles neuves. C’était important pour progresser, j’en tire beaucoup de positif. C’est un schéma qui me plaît et je pense que je le referai.

En tout cas, pour réussir de telles performances, c’est la passion qui prime ?

Duncan Perrillat : C’est dans les moments où je perds un peu la motivation que je suis le moins bon. C’est impossible de se retrouver aux avant-postes s’il n’y a pas cette passion. Car le problème, c’est que le but n’est pas simplement de participer, c’est d’avoir des résultats, de faire partie des premiers. C’est un sport très difficile et il faut être très motivé pour accepter tous ces entraînements et la pression le jour de la course.

Zoom sur la façon dont Duncan Perrillat a construit sa victoire sur l’Ultra de Saint-Jacques by UTMB

Au cours des mois qui ont précédé la course, Duncan Perrillat n’a pas modifié sa stratégie d’entraînement et s’est concentré sur sa routine habituelle, qui comprenait déjà un kilométrage élevé, plus de 150km par semaine sur des sentiers vallonnés. Il n’a réalisé qu’un seul bloc spécifique de 3 jours, accumulant environ 120km seulement 4 jours avant l’événement.

Pendant l’épreuve, avec un départ tardif en soirée et une première moitié de course de nuit, Duncan Perrillat a rapidement établi son allure de base, beaucoup plus lente que celle de ses courses habituelles sur route. Il s’est donc vite senti à l’aise, et a pu tenir son objectif initial, qui était de ne pas perdre de vue le groupe de tête. « J’ai remarqué à quel point il fallait être concentré et énergique pour courir dans l’obscurité pendant plusieurs heures alors que le corps me dit qu’il devrait dormir ! », a-t-il confié ensuite.

Au km 80, Duncan Perrillat s’est retrouvé en tête de la course. Après s’être arrêté au dernier ravitaillement pour faire le plein d’énergie, il a parcouru les 30 derniers kilomètres à une allure rapide, presque aussi rapide que ses premiers kilomètres, pour s’assurer la victoire.

Screenshot-Coros 2023
La vitesse de Duncan Perrillat enregistrée par sa Coros Apex 2 lors de l’Ultra du Saint-Jacques by UTMB 2023. Source Coros

Ce que Duncan Parrillat a publié sur les réseaux sociaux après l’UTMB

« Ce que je retiendrai de ce premier UTMB : l’ambiance digne d’un Tour de France avec des spectateurs survoltés ! C’était unique à vivre. Un record de décibels, à en perdre une oreille. Tout est possible sur ultra. Une pensée pour Ludovic Pommeret me disant « je suis pas top » vers le 48ème km, qui n’occupait pas la 48ème place mais qui terminera 5ème, à 48 ans ! Finir c’est beau. C’est émouvant de voir quiconque exténué arriver après 40 heures de course et 2 nuits dehors. Ce soutien ! « J’vous aime putain ! » Ceux qui sont venus m’encourager. Qui croyaient en moi. Les incalculables messages bienveillants. Ou même les athlètes me poussant à avancer vers le col du Bonhomme. Et pour les critiques, « Oui, chaque échec est une leçon d’humilité ». Et alors ? Le poster sur les réseaux ne vous rendra pas plus grands. »

Source Instagram Duncan Perrillat
Source Instagram Duncan Perrillat
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