Découvrez l’ITRA Trail Talks #1, le tout premier épisode du talk show produit par l’International trail Running Association. Une émission de près d’1h15 (en anglais uniquement) dans laquelle vous pourrez découvrir de longues interviews de Mathieu Blanchard, 3e de l’UTMB 2021, récent vainqueur du Megève Nature Trail, et du Chinois Wong Ho Chung, qui a fait de l’UTMB 2022 son principal objectif de la saison. Un talk show animé par Jeff Campbell dans lequel les deux athlètes inspirants partagent leurs expériences et délivrent des conseils très intéressants.
Les 6 et 7 août prochains, la course en montagne est à l’honneur dans la Vallée de l’Ubaye Serre-Ponçon. Pour la 18ème édition de l’Ubaye Trail Salomon, les coureurs vont se régaler avec, en plus des parcours Elite et Découverte, un kilomètre vertical et un nouveau tracé pour l’itinéraire Open.
Ubaye Trail Salomon : 4 courses au programme
Au départ de Barcelonnette et Pra Loup, les 4 courses proposées promettent une belle journée de sport. Des tracés engagés traversant alpages, forêts et sommets, qui permettront aux coureurs d’exploiter pleinement leurs capacités. Un kilomètre vertical s’ajoute aux 3 boucles habituelles, dont le parcours Open (12 km), pour lequel le tracé a changé cette année avec un départ et une arrivée sur Pra Loup.
Les parcours au départ de Pra Loup
Le Kilomètre vertical (5.1km / 860D+) La nouveauté de cette édition ! Le parcours au départ du front de pistes de Pra Loup emmènera les coureurs au sommet du Peguieou, à plus de 2400m d’altitude. Un itinéraire exigeant pour lequel il faudra fournir un effort bref mais intense.
Le Parcours Open (12 km / 790m D+) Un nouveau parcours plus alpin vraiment typé course en montagne. Cette année la boucle emmène les coureurs au sommet de la station de Pra Loup, permettant de découvrir un autre versant de la Vallée de l’Ubaye et de tutoyer les sources du Var côté Allos. Deux belles envolées au programme, le Belvédère du Fau et la cime du Peguieou pour un panorama à couper le souffle sur le massif des Séolanes et le sud de la Vallée de l’Ubaye Serre-Ponçon.
Les parcours au départ de Barcelonnette
Le Parcours Elite (42 km / 2560m D+) La pure haute montagne. Un parcours exigeant avec 4 cols à gravir. Il emmène les coureurs au sommet du mythique Chapeau de Gendarme (2682m). Près de la moitié du tracé se trouve au-dessus de 2000m. Un challenge de taille qui requiert technicité et engagement. 2 points ITRA. Épreuve comptant pour le Challenge des Trails de Provence.
Le Parcours Découverte (23 km / 1070m D+) Un trail ludique mais technique avec 2 cols à franchir. Le tracé traverse forêts de mélèzes et alpages jusqu’au pied de l’emblématique Chapeau de Gendarme. Un régal à la fois pour les jambes et pour les yeux. 1 point ITRA. Épreuve comptant pour le Challenge des Trails de Provence.

Ubaye Trail Salomon : un plateau relevé
Avec près de 600 inscrits, la compétition s’annonce de haut niveau. Sur le 42 kilomètres chez les dames, Coralie Blanchard fait figure de favorite. Elle a réalisé une belle année 2022 en s’imposant entre autres au Trail des Passerelles du Monteynard (67km), à l’Ardèche Trail (36km) et au Ceven’Trail (63km). Chez les hommes, c’est Bertrand Brochot du team Trail Club Provence qui promet de faire une belle course après ses victoires cette année au Trail Sainte Victoire (57km) et au trail de la Galinette (47km).
Sur le 23 km ce sont Amandine Ferrato, qui a remporté 6 courses sur 7 depuis début 2022, et Guillaume Courias, du Running Conseil Avignon, qui comptabilise 4 podiums depuis le début de l’année, qui risquent bien de donner du fil à retordre à leurs concurrents.
Enfin, sur le 12km côté dames on retrouve Claire Verany. Chez les hommes, Arthur Ferragne du Trail Club Provence et Julien Lafontaine du team Isola VTT pourraient se livrer un beau duel.
Plus d’informations et programme du week-end ICI
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 4 août à minuit. Rendez-vous ICI
Ubaye Trail Salomon : voir le film de l’édition 2021 en vidéo
Coup de tonnerre dans la sphère des élites du trail : Xavier Thévenard, triple vainqueur de l’UTMB Mont-Blanc (2013-2015-2018), ne sera pas au départ de l’édition 2022. C’est sur son réseau Instagram que le Jurassien, surnommé « le Petit Prince du Trail », a annoncé le 29 juillet la triste nouvelle. Voici sa déclaration intégrale.
Xavier Thévenard et l’UTMB, une histoire d’amour
« L’UTMB, cet évènement qui me fait tant rêver, m’a tant apporté, approche à grand pas… C’est à Chamonix que j’ai vécu les émotions les plus indescriptibles, des moments forts de partage, d’amitié, de goût de l’effort et de dépassement de soi. À chaque fois que l’on me parle du tour du Mont Blanc, j’ai le sourire qui monte jusqu’aux oreilles. Je sais à quel point cette course exigeante demande de l’investissement physique et mental. Il faut être à 100% le jour de l’événement pour mettre toutes les chances de son côté et prétendre boucler la boucle. »
Un état de santé trop incertain
« C’est pour cette raison que cette année, je ne participerai pas à l’UTMB, puisque je ne suis pas dans un état de santé optimal pour pouvoir participer à cette course. Encore aujourd’hui, je traverse des périodes de forme physique en dents de scie. Peut être que dans 1 mois, je serai dans de meilleures dispositions pour pouvoir courir l’UTMB, mais n’ayant aucune course de préparation à mon actif et un état de forme qui oscille, ce ne serait pas raisonnable de venir participer à l’UTMB 2022. »
La maladie de Lyme, encore et toujours
« Jusqu’à lundi dernier, j’y croyais encore, car ces dernières semaines ont été positives concernant mon niveau de forme. Les symptômes de Lyme avaient complètement disparu, me laissant la possibilité de m’entraîner correctement. En atteste, mon inscription au 70 km de Montreux ce week-end (le 30-31 juillet). Malheureusement, ce début de semaine en a décidé autrement avec le retour de quelques symptômes qui me font renoncer à cette course et donc à l’UTMB. Je vais donc continuer mon UTMB du moment, à savoir tout mettre en œuvre pour retrouver la santé et le ressenti de ces dernières semaines me laisse beaucoup de l’espoir… »
Lire l’interview de Xavier Thévenard à propos de sa maladie ICI

Xavier Thévenard présent à l’UTMB, mais pas pour courir
« Un UTMB, ça se respecte, on y va avec le cœur, l’envie, une bonne préparation pendant toute l’année, en gravissant les échelons au fil de la saison avec rigueur et patience. Je ne suis pas dans cette démarche d’aller à Chamonix pour consommer de l’UTMB, comme on peut consommer l’ascension du Mont Blanc dans un seul et unique but, se montrer auprès à ses collègues, amis, famille, en disant : « Regardez, je l’ai fait », avec pour seule finalité de pouvoir flatter son ego sur les réseaux sociaux. Même si aujourd’hui c’est difficile d’accepter de ne pas faire partie de la fête en tant que coureur, je serai malgré tout très heureux d’être présent sur place pour découvrir l’envers du décor. Je vais certainement apprendre beaucoup de choses, et j’aurai alors plus de temps pour échanger et faire de belles rencontres… »
Chanceux malgré tout
« Je m’estime chanceux de pouvoir encore bouger, être actif au quotidien, car nombreuses sont les personnes atteintes de la maladie de Lyme qui malheureusement ne peuvent pas se déplacer. À ce jour, avoir une vie de sédentaire serait possible, mais pas la vie que je souhaite mener : celle de sportif de haut niveau. Cela demande tellement d’exigence pour être au top physiquement, qu’avec le moindre grain de sable dans cet engrenage tout se complique.
Parfois il m’arrive de faire de belles sorties en montagne, avec de bonnes sensations. Quand cela m’arrive, ma motivation s’accentue au fil des sorties, je me projette sur des objectifs. Je suis comme un gosse qui découvre l’activité, qui veut aller partout en montagne, je me dis : « Yes, enfin c’est fini, je tiens quelque chose ! » Inconsciemment, je visualise des moments importants que j’ai pu vivre ces dix dernières années dans le milieu du trail. Cela me fait du bien, les émotions remontent. »
Des réactions unanimes pour un homme inspirant
Plus de 5000 personnes ont rapidement réagi à la triste annonce de Xavier Thévenard. Des mots de soutien de la part de champions, adversaires d’hier, amis de toujours, comme d’anonymes que Xavier a toujours inspirés. Retenons ce commentaire de Myriam C., parmi tant d’autres, pour la justesse de ses propos : « Cette crise, douloureuse bien sûr, te fait grandir encore. Dans ton corps et dans ton âme. Le bout du tunnel approche et, même si ce n’est pas celui du Mont Blanc, c’est une belle traversée, finalement, que celle qui t’a appris tant de choses. Je lis tes mots aujourd’hui et je ressens cette certitude ; tu es né pour INSPIRER. Dans la félicité comme dans l’adversité. Merci pour tout ce que tu es. Le champion qui court vite, comme l’homme qui ralentit. »
Les messages des champions

Extraits des centaines de messages de soutien suite à l’annonce de Xavier Thévenard.
François D’Haene
Courage ! Il y aura d’autres éditions!
Kilian Jornet
Bonne récup Xavier !
Benoît Girondel
Fais ch… Courage copain !
Arthur Joyeux-Bouillon
De tout cœur avec toi Xavier !
Mathieu Blanchard
Optimisme et Détermination, you will be back champion !
Hugo Deck
Courage Xavier ! T es une vraie source d’inspiration !
Aurélien Dunand-Pallaz
Patience et ça va le faire !
UTMB Mont-Blanc
Bon courage Xavier. Sois fort, on a hâte de te retrouver !
Il n’y a rien de pire, pour un coureur, que d’arriver quelque part et de ne pas savoir où aller courir. Certes, de nombreuses applications proposent des parcours pré-enregistrés, mais il est fréquent qu’aucun de ces parcours ne soit disponible à proximité immédiate du lieu où vous vous trouvez. RunnrZ, nouvelle application mobile française, vient combler ce manque. On l’a testée en plein cœur de l’Ardèche. Résultat concluant.
RunnrZ, ou l’utilisation d’un algorithme innovant
Que faire lorsque vous arrivez quelque part (ville, campagne), loin de vos bases habituelles, et que vous voulez effectuer une sortie ? Comme la plupart des coureurs, vous cherchez dans vos applications habituelles des parcours à proximité, sur lesquels vous pourriez vous greffer, pour peu qu’ils correspondent à vos capacités en terme de distance, de dénivelé, etc. Ou alors vous prenez la carte Michelin du coin et, stylo en main, vous essayez de tracer un parcours. Ou Google Maps, en prenant des notes. Mais si cette phase de préparation vous gave, vous partez à l’aveugle, faites demi-tour au bout de quelques kilomètres et revenez sur vos pas. Finies ces galères avec RunnrZ, dont le propos est justement de révolutionner la façon de trouver de nouveaux parcours de course à pied.
Grâce à un algorithme innovant, l’application vous propose en effet des itinéraires sur mesure, adaptés à votre niveau et à vos envies, où que vous vous trouviez. Cela fonctionne un peu comme Waze, avec une analyse des routes et chemins existants dans les fonds cartographiques régulièrement mis à jour. Il s’appuie par ailleurs sur plus de 500 règles algorithmiques afin d’optimiser les parcours proposés. Si la zone de recherche offre de nombreuses possibilités, comme par exemple une grande ville, RunnrZ se fait fort de vous proposer 5 parcours différents. Et oubliez le bête aller-retour le long de la nationale ou des quais, l’appli ne propose que des boucles, pour plus de variété et de découverte. Au cas où il y aurait moins de possibilités, le nombre d’itinéraires proposés peut être inférieur. Mais toujours en boucle !
Antraigues-sur-Volane, ton univers inconnu
En choisissant les hauts plateaux ardéchois pour quelques jours de congé, je me réjouissais à l’idée de prendre un peu de hauteur et de m’éloigner des chaleurs étouffantes de la vallée. En revanche, comme tout accro à la course à pied, je m’inquiétais un peu : où allais-je courir ? Car si Antraigues-sur-Volane, patrie de Jean Ferrat (il s’y était installé en 1964, jusqu’à sa mort en 2010) offre un cadre champêtre remarquable, mes baskets, elles, ne se contenteront pas de la visite de sa Maison, située sur la place du village.

Test RunnrZ, 4 boucles différentes en quelques clics
Heureusement, RunnrZ a vite fait de me rassurer. Avant toute chose, arrivé sur place, je commence par renseigner mes critères. Je choisis donc l’activité Running (les autres choix étant Marche et Vélo), une distance de 10km (c’est les vacances, hein, et je ne prépare pas un ultra !), je précise que je privilégie du terrain Mixte (Route/Chemins) plutôt que route seule et je lance la recherche. Bon à savoir, en choisissant le terrain Mixte, l’algorithme privilégiera les chemins aux routes. Dans la mesure où ils sont cartographiés sur les fonds de référence, bien entendu…

Quasi instantanément, l’application me propose 4 parcours distincts, avec des dénivelés variables. Désireux de démarrer en douceur, je fais glisser les différents parcours vers le haut pour obtenir le détail du profil altimétrique de chacun. Le premier parcours, avec 419m D+, me paraît parfait avec 4 km plutôt descendants pour m’échauffer, avant d’enchaîner les côtes. Le parcours 4, en revanche, attaque fort d’entrée, avec un 250 D+ immédiat. Très bien pour une séance en côte, mais pas pour ce que je recherche aujourd’hui. C’est donc sur le premier parcours que je jette mon dévolu.

Un guidage précis, à une exception près
Une fois le parcours choisi, il suffit d’appuyer sur le bouton Démarrer et de se laisser guider par le GPS intégré. Simple comme bonjour. Le guidage vocal s’avère efficace et me permet de profiter pleinement du paysage, sans avoir à regarder mon téléphone à tout bout de champ. Seule erreur de parcours, un embranchement où deux chemins partent sur la gauche, proches l’un de l’autre. Je choisis le premier, mais après quelques mètres, l’application m’invite à faire demi-tour et rejoindre le parcours en rouge. C’était donc le second qu’il fallait prendre. Impossible pour l’algorithme, lorsque les routes ou sentiers ne sont pas cartographiés avec des noms, de faire une distinction aussi subtile. L’Intelligence Artificielle aussi a ses limites.

Un suivi en temps réel
Durant ma sortie, j’ai droit à toutes les infos habituelles des autres applis : distance parcourue, temps au kilomètre et allure de course. Et bien sûr, en fin de parcours, le récap est fourni, puis archivé. De quoi satisfaire ceux qui veulent mesurer leurs progrès. Pas sûr que cet archivage soit nécessaire pour moi, car je ne compte pas refaire la même boucle de si tôt. L’appli m’en a proposé 3 autres, autant partir les découvrir ! Voire même en chercher d’autres un peu plus loin…
En route pour de nouveaux parcours avec RunnrZ
Car une autre fonction séduisante de cette application est la possibilité, en se déplaçant sur la carte et en positionnant son doigt sur un lieu, de se localiser à cet endroit précis. L’algorithme va alors chercher les boucles au départ de ce point. Ayant entendu parlé d’un bon resto dans le village d’Aizac, situé un peu plus dans les hauteurs, j’effectue une recherche, même si je me doute que dans cette partie plus montagnarde, les routes et chemins risquent de se faire plus rares que dans la vallée. Et pourtant, bingo : l’appli me propose une belle boucle de 10,1km et 368m D+. Parfait pour une prochaine sortie matinale ! Il ne me reste plus qu’à réserver le resto pour le midi…

Le mot de David Dupont, co-créateur de RunnrZ
RunnrZ, c’est aussi une histoire d’amitié entre ses créateurs, David Dupont et Mickaël Estay. Le premier nous raconte comment l’application est née : « L’idée de RunnrZ m’est venue lors de vacances en 2018 à Toulon. Pendant le séjour, l’un de mes amis préparait sa participation à un marathon, et il avait prévu une sortie running. Ne connaissant pas les environs, il avait passé un petit moment sur Google Maps à repérer son itinéraire. Mais alors qu’il était censé courir 1 heure, on ne l’a revu qu’au bout de 2 ! Il est rentré exténué mais aussi agacé car il avait couru beaucoup plus de temps que prévu, et s’était perdu. « Je suis tombé sur des impasses, des routes avec beaucoup de trafic routier, des gros dénivelés, bref une expérience horrible !” nous a-t-il expliqué.
Travaillant dans la Data, j’ai trouvé dingue qu’il n’existe aucune solution pour proposer aux coureurs des parcours sur mesure à partir de leurs critères personnels et les guider ensuite pendant leurs sorties. En 2020, à l’occasion du confinement, j’ai donc décidé de me replonger dans cette question pour essayer de répondre à ce besoin qui semblait inassouvi chez beaucoup de coureurs. J’en ai parlé à Mickaël qui est un passionné de course à pied et nous avons immédiatement décidé de nous lancer dans l’aventure ! Dans la foulée, nous avons créé l’entreprise Everglow, qui porte aujourd’hui le projet “RunnrZ”. »
RunnrZ, déjà disponible sur l’App Store, et sur GooglePlay début 2023
7 jours, 3 heures et 42 minutes, c’est le temps mis par Sonia Poutrel pour parcourir les 623 km du GR223 qui relie Honfleur au Mont-Saint-Michel. Grâce à ce chrono, l’utra-runneuse originaire du Cotentin vient d’établir le tout premier Fastest Known Time féminin sur ce tracé à travers le littoral normand. Retour sur cette Traversée héroïque avec son actrice principale photographiée par Vincent Fleury, et sur la collecte de fonds pour les enfants du Centre Hospitalier Public du Cotentin qui y était associée.
Pour découvrir qui est Sonia Poutrel, lire l’article en lien
Tu as parcouru 623 km en un peu plus de 7 jours, soit environ 90km par jour. À quel rythme avançais-tu et quelle a été ta plus grande distance parcourue en 24h durant tout ce périple ?
En général, j’étais dehors de 4h du matin jusque maximum 22h30, hormis la dernière journée qui a commencé le samedi à 3h00 et qui s’est achevée le dimanche matin à 5h00 pour parcourir 103 kilomètres en 26 heures. Mais, finalement, la journée la plus productive aura été le dimanche du départ, avec 100 kilomètres parcourus en un peu plus de 12 heures. Mais c’était sur un terrain plus abordable.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer durant cette aventure ?
Bonne question… Je suis partagée entre la fatigue et les douleurs imprévisibles dans les jambes, apparues dès le deuxième jour. Je ne suis pas de nature marmotte mais il est vrai que, mine de rien, vouloir courir 100 bornes par jour, ce n’est pas rien. Et avec un sommeil de mauvaise qualité, sur une durée de 2-3 heures, le corps ne comprend pas vraiment. Malgré toute ma motivation et mon envie d’avancer plus rapidement, je n’en étais pas capable. Était-ce à cause de la fatigue ? Ou des jambes lourdes ? Je ne saurais pas le dire.

Tu étais accompagnée par un camping-car pour les nuits. De quels soins bénéficiais-tu chaque soir ?
J’ai la chance d’avoir ma sœur qui est kiné et qui était présente du matin au soir. Elle a pu soulager mes bobos et me masser le soir avant d’aller dormir. Un sacré privilège ! En parallèle, toute une équipe était aux petits soins avec moi – famille, amis – pour m’apporter le soutien nécessaire, qu’il s’agisse des ravitaillements, de l’accompagnement sur les sentiers, etc.
Comment t’es-tu alimentée durant cette semaine ?
Au p’tit déj’, c’était fromage blanc/banane/müesli. Ensuite, c’était souvent des barres de céréales, soit celles du commerce classique, soit celles de la marque Atlet Nutrition, de la compote, beaucoup de fruits rouges les 3⁄4 premiers jours, de la salade riz/concombre/tomates, un peu de pâtes les deux premiers jours. Vers les 3 derniers jours, je mangeais pas mal de sandwichs pain de mie/beurre (beaucoup de beurre !)/confiture et des bonbons (les petites bouteilles de coca, non acidulées). Ah oui, je me suis enfilé une glace à l’eau aussi, le mercredi à 10h00 du mat’ : ça passe pas mal ! Les gommes Ta Energy aussi : une tuerie pour les gourmands ! Et sinon, j’ai pas mal picolé : de l’eau plate principalement, parfois avec de la boisson d’effort Atlet, et de la Sainte-Yorre aux ravitos.
À peine 100 mètres de course, et Sonia se foule la cheville !
Juste avant le départ, tu t’es fait une belle frayeur en te foulant la cheville. Que s’est-il passé ?
Haha… Juste avant le départ, n’exagérons rien ! Je me suis foulé la cheville une centaine de mètres après le départ, et non pas juste avant. En fait, ma balise GPS ne fonctionnait pas. Mehdi, qui me suivait en vélo sur ce départ, vérifiait si le suivi live fonctionnait. Et quand j’ai cherché ma balise dans ma ceinture pour vérifier si elle était bien allumée, paf, il y avait un petit trou tout léger, que je me suis pris. Au moins, dès le départ, j’ai eu un signal d’alerte : attention, le pilote n’est pas dans la bagnole. J’ai donc repris mes esprits et là, je me suis vraiment mise dans ma traversée.

Nuit ou jour, quand as-tu préféré courir ?
Je dois reconnaître que les deux ne m’ont pas dérangé. Bon, si les marquages du GR pouvaient être phosphorescents, ça serait un luxe. Mais franchement… qui fait ça de nuit ? Non, vraiment, le fait de courir de nuit permet de profiter des couchers et des levers de soleil qui étaient juste magnifiques : le ciel rouge, les silhouettes des bâtiments. Et puis… que rêver de mieux que de voir à la fois le coucher puis le lever du soleil sur le Mont-Saint-Michel à six heures d’intervalle ?
La météo bretonne, tu es toujours aussi fan ?
Oula ! La météo normande, attention ! (Rires.) Franchement, j’ai eu de la chance. J’ai évité la canicule avec une première journée entremêlée de pluie et de vent. Les journées qui ont suivi étaient agréables. Je portais souvent avec une petite veste pour me protéger du vent. Le soleil était davantage présent en fin de journée. Le samedi, on a eu de nouveau un bon mélange de pluie et de vent vers Granville, jusque dans l’après-midi, mais ça commençait à me faire ni chaud ni froid. Ce n’est qu’en revoyant certaines images que je me rends compte que j’ai traversé de bonnes averses quand même !

À quel type d’imprévus as-tu été confrontée au cours de cette Traversée 223 ?
Je m’étais préparée à pas mal de choses, mais je n’aurais pas pensé faire toute la traversée avec les mêmes chaussures. J’ai commencé avec des Altra Rivera, plutôt conçues pour la route/chemin simple. Et au bout de 150 bornes, je me suis dit : bon allez, change un peu du 0 drop et prends tes New Balance (les Summit Unknown). Quelle erreur ! Ça m’a provoqué de vives douleurs aux tibias. Mais j’ai continué pendant 20 bornes avec les NB. Du coup, j’ai dû balader ces douleurs jusqu’à la fin de la traversée, bien qu’une fois les Altra récupérées, ça allait quand même mieux. Par la suite, je n’ai plus voulu prendre de risques : j’ai fait les 450 bornes restantes avec les Altra, même dans les falaises, les pierres etc. Résultat : elles sont bien fichues, mais je n’ai eu aucune ampoule ou autre inconfort !
Rien d’autre à signaler ?
Si ! L’autre imprévu, c’est que j’ai eu très rapidement des problèmes de circulation, que j’ai déjà plus ou moins au quotidien. Mes jambes ont vite gonflé : ça n’a pas aidé aux libres mouvements articulaires. Les chaussettes que j’avais, les belles BV Sport / Des Bosses et Des Bulles me comprimaient beaucoup trop les mollets alors j’ai ressorti une vieille paire de chaussettes basses que j’ai gardées jusqu’à la fin de l’aventure.
L’arrivée de la Traversée 223 décalée pour mieux partager…
Y a-t-il un secteur ou une région que tu as particulièrement aimé ?
Je connaissais déjà une partie des plages balnéaires (Deauville, Cabourg…), une partie du Val de Saire (phare de Gatteville, l’Anse du Brick…) ainsi qu’une partie de la Hague (Jobourg, Herqueville…) dont je ne me lasse pas. Mais si je devais choisir un secteur, je dirais Carolles, juste après Granville : un terrain rocailleux avec un joli profil. En plus, c’est à partir de ce moment que l’on commence à voir le Mont-Saint-Michel.
Tu avais initialement programmé une arrivée le samedi, avant de la décaler au dimanche. Pour quelle raison ?
J’avais surtout programmé d’aller jusqu’au bout et d’arriver durant le week-end. Pour l’événement, j’avais effectivement noté la date du samedi afin de donner un ordre d’idée. Au fur et à mesure de la traversée, voyant que je n’arrivais pas à courir plus vite que l’allure à laquelle je progressais je me rendais compte que j’allais arriver dans la nuit du samedi au dimanche. Même si j’aurais aimé arriver plus tôt, il fallait que je me rende à l’évidence.
Il n’y avait pas que le chrono qui comptait…
C’est ça. J’ai pris le temps de réfléchir : soit tu arrives à l’heure où tu arrives, mais de toute façon tu arriveras après le samedi après-midi et donc, de nuit, tu n’auras personne à ton arrivée au Mont-Saint-Michel ; soit tu privilégies un de tes objectifs initiaux : récolter des dons pour les enfants du Centre Hospitalier Public du Cotentin. Et donc tu prends le temps de t’arrêter dans la nuit du samedi au dimanche et tu programmes et diffuses sur les réseaux sociaux une arrivée programmée à la passerelle du Mont-Saint-Michel le dimanche à 10h30 pour partager ce moment avec ceux qui le souhaitent.

As-tu eu beaucoup d’accompagnateurs sur tout ton parcours ?
Oh oui ! Dès le départ, trois personnes que je ne connaissais pas m’ont accompagnée malgré la météo maussade. Ensuite, dans le Calvados, j’étais plutôt seule. Mais dans la Manche, j’ai dû parcourir maximum 40 kilomètres toute seule. De la famille, des amis m’ont retrouvé. Sachant que mon compagnon, Mehdi, était presque toujours avec moi, à pied ou en vélo, j’ai dû parcourir une centaine de bornes seule. Sur 620… ce n’est rien. Merci à Anthony, Léa, Eléonore, PA, Walid, Paul, Mélanie, Noémie, Florence, Irène, Lucie, Martine, Michel, Cyril, Christophe x 2, Olivier, et à ceux que j’ai oublié. Merci également aux copains, à la famille, qui ont fait des bornes (en voiture) pour être présents sur la ligne d’arrivée !
Traversée 223, la cagnotte est toujours en cours
Où en est ta cagnotte ? La course est finie, mais la collecte aussi ?
Durant la semaine de la traversée, la cagnotte dédiée aux dons pour les enfants hospitalisés du Centre Hospitalier Public du Cotentin a presque doublé et j’en ai été agréablement surprise. Elle est d’ailleurs toujours ouverte et ce, jusqu’à la diffusion de la vidéo de la Traversée qui est en cours de montage par Vincent Fleury. Si on souhaite réaliser un don, rendez-vous sur : https://www.leetchi.com/c/courir-le-gr223 . Avec cet argent, je pourrai acheter de nouveaux livres, des jouets ou encore de la décoration pour le service pédiatrie. Ce ne sont pas les besoins qui manquent.
Comment s’est passée ta récupération ?
Je ne sais pas si on peut déjà en parler au passé. La première semaine d’après course n’a pas été si simple : mauvais sommeil, jambes toujours un peu douloureuses, mais depuis ça va mieux. La récupération se fait à mon allure de tortue : doucement, mais sûrement. Deux semaines après la fin de la traversée, j’ai repris tranquillement la course à pied avec quelques footings, histoire de voir l’état de la carcasse. Mentalement et au niveau de la fatigue aussi, il faut prendre le temps de récupérer.

La Traversée, c’est un souvenir désormais ?
Bien que d’un point de vue sportif ce défi soit terminé, j’estime qu’il ne l’est pas encore complètement. Car, comme je le disais, la cagnotte est encore en ligne, et il y a le film à réaliser puis à diffuser, notamment auprès des enfants hospitalisés de l’hôpital normand. Et pourquoi pas ailleurs, d’ailleurs… L’objectif est de continuer à sensibiliser les gens sur le littoral normand ainsi que sur le fait de continuer à se projeter et faire en sorte de réaliser ses rêves.
Quel est ton prochain défi sportif ?
L’avenir nous le dira. Je suis toujours accompagnée par Stéphane Brogniart et l’année 2023 va commencer à se dessiner. Parce que trouver des idées de défi, ce n’est pas la chose la plus compliquée. Seulement, il faut bien savoir pourquoi on veut faire telle ou telle course. Parce que c’est ça qui te permet d’aller au bout – notamment dans les moments difficiles. Mais en attendant, je ne suis pas contre le fait de reprendre un ou deux dossards d’ici la fin d’année. Ce n’est pas si mal d’avoir à suivre un balisage de course finalement…
Le Fastest Known Time de Sonia Poutrel est enregistré en détail ici

« Embrasser à nouveau ce caillou, et le plus vite possible ! » Voilà ce qui trottait dans la tête de François D’Haene depuis 1 an. Et ce à quoi il s’est accroché pendant toute cette édition de la Hardrock 100. Récit tiré de son debrief, illustré par les photos de Howard Stern pour Salomon.
Terrassé par des crampes d’estomac
« Si les 6 premières heures de course se sont parfaitement déroulées, j’ai rapidement dû faire preuve de beaucoup d’adaptation et de persévérance pour rester dans la course. En effet, des crampes d’estomac ne m’ont pas lâchées pendant 15h et on peut dire qu’elles ont bien pimenté cette journée. Elles m’ont contraint à de nombreux arrêts, mais aussi à des changements d’allure permanents pour rester au contact, sans vraiment me laisser la possibilité de courir comme je voulais. »



Rester au contact, au courage
« C’est un peu avant la mi-course, à Ouray, que j’ai dû me résoudre à laisser partir mes compagnons de route, Dakota Jones et Kilian Jornet. Pas facile à accepter, mais nécessaire pour continuer. À mon rythme, j’ai réussi à rentrer après 20km. En gestion ensuite, je suis resté avec Kilian, et il aura fallu attendre les 15 derniers km pour nous départager. »
LIRE AUSSI le récit de la course ici


Fascinant Kilian
« 800m de D+ et 800m de D-, Kilian ne pouvait pas rêver mieux pour lâcher les chevaux ! Et c’est ce qu’il a fait. Si je parviens à limiter les écarts dans la dernière bosse, montée à une allure incroyable après 150km de course, je n’ai rien pu faire en descente. Kilian m’impressionnera toujours dans ces portions. »


Une aventure inoubliable
« Je préfère donc assurer le coup et rallier l’arrivée sans trop de risque, filant vers un 2ème bisou au caillou, en seconde position derrière Kilian. Quelle course ! Quelle aventure ! Il va falloir s’en remettre ! Merci Kilian et Dakota pour cette aventure que nous avons partagée, je ne suis pas prêt de l’oublier. Et merci à mes pacers et à mon « crew » : infatigables et d’une aide précieuse. »



Après la démonstration de force de Kilian Jornet sur la Hardrock 100, et sa victoire face à François D’Haene, la question se pose : Jim Walmsley pourra-t-il battre Kilian Jornet sur l’UTMB ? En remportant l’Ultra-Tour du Beaufortain 2022, l’Américain donne un début de réponse : il sera prêt pour la grande bataille.
Le plan de Jim Walmsley pour gagner l’UTMB
En s’imposant sur l’Ultra-Tour du Beaufortain le 16 juillet dernier en un peu plus de 14h30, avec une heure d’avance sur le second, Jim Walmsley a envoyé un signal fort. Très appliqué dans sa préparation de l’UTMB 2022, son objectif majeur de la saison, il suit à la lettre le plan prévu. Et cette course était la troisième et dernière étape avant le grand rendez-vous de Chamonix. On notera que le choix de Walsmley s’est porté sur trois courses de distance similaire (autour des 100km), mais avec des profils très différents, pour travailler différents aspects techniques. Revue de détail.

Cape Town : la vitesse pour commencer
Pour la première étape de ce plan initié il y a plusieurs mois, il faut remonter à novembre 2021. Jim Walmsley a choisi l’Afrique du Sud, avec l’Ultra-Trail Cape Town. Sur ce 100km plutôt roulant, à faible altitude, avec « seulement » 4560m de D+, l’Américain a essentiellement travaillé sa vitesse. Il s’est d’ailleurs adjugé le record de l’épreuve en 9h47, battant de 4 minutes l’ancien record détenu par le Zimbabwéen Khumalo depuis 2017.

Madère : le technique pour continuer
La seconde étape a lieu 5 mois plus tard au MIUT, fin avril 2022, à Madère. Ce coup-ci, le parcours de 115 km de l’Ultra-Trail Madeira Island est beaucoup plus technique et vertical, avec 7000m de D+. Un profil a priori peu favorable à l’Américain, déterminé à travailler hors de sa zone de confort. De ses différents échecs à l’UTMB, il sait que son talon d’Achille se situe dans sa capacité à passer la nuit sur des sentiers très techniques et dans des conditions climatiques peu favorables. Ce jour d’avril, tout est réuni : froid, vent, pluie. Rapidement détaché, Jim Walmsley ne sera pas inquiété et s’imposera en un peu moins de 13h, avec près d’une demi-heure d’avance sur Thibaut Garrivier.

L’UTB : la similitude pour terminer
L’Ultra-Tour du Beaufortain, à 6 semaines de l’UTMB, était la troisième et dernière étape du plan. Et le choix de cette course ne doit une fois de plus rien au hasard. Ce parcours de 114km et 7200m D+ est une parfaite répétition générale en vue de l’UTMB. Après une première montée violente, la course se déroule sur les hauteurs du Massif du Beaufortain, à des altitudes montant souvent au-dessus de 2000m. Outre un point culminant à 2670 mètres, l’intérêt du parcours est qu’il ne descend jamais en-dessous de 1500m. Autre point d’intérêt, les sentiers de cet ultra ressemblent terriblement à ceux qu’emprunteront fin août les concurrents de la grande boucle du Mont-Blanc. La victoire de Walmsley, même s’il termine relativement fatigué, le rassure pleinement. Jusque là, tout se déroule comme prévu.

Devenir “européen”, le pari de Jim Walmsley
Au-delà de l’aspect purement préparation physique, le volet mental a aussi été travaillé par Jim Walmsley. D’ailleurs, si l’Américain s’est installé il y a plusieurs semaines dans le Beaufortain, à Arêches-Beaufort plus précisément, ce n’est pas un hasard. Il est persuadé depuis longtemps que ce n’est qu’en vivant comme un Européen qu’il pourra remporter un jour l’UTMB. Idéalement cette année, sinon l’année prochaine. En arpentant les sentiers des Alpes, en s’imprégnant des paysages, en faisant corps avec cette montagne qui par le passé lui a par deux fois joué des tours et contraint à l’abandon, il pense détenir une des clés du succès.

Kilian Jornet, l’anti Walmsley
Très éloignée de la stratégie de l’Américain, celle de Kilian Jornet est d’alterner le court et le long. Le long pour sa course de rentrée, fin février. Première course donc, et première victoire sur le très roulant Ultra-trail de Tjörnarparen, dans le sud de la Suède. Sur un parcours de 163 km avec 2650m de D+, l’Espagnol s’est imposé en un peu moins de 16h20, établissant au passage le nouveau record de l’épreuve. Mi-mars, retour au ski-alpinisme avec une participation à la Pierra Menta, où il prend une remarquable 3e place.
Cette parenthèse refermée, retour à la course à pied 2 mois plus tard. C’est sur le format beaucoup plus court du marathon de Zegama-Aizkorri que Jornet a jeté son dévolu, histoire de boucler un bloc de préparation de puissance. En remportant l’épreuve pour la dixième fois, avec une formidable accélération dans les 10 derniers kilomètres, Kilian a démontré qu’il était toujours un cran au-dessus des meilleurs.
Et sa victoire le 16 juillet à la Hardrock 100 devant François D’Haene ne fait que confirmer l’état de forme exceptionnel du coureur de la Team NNormal. Kilian est dans une très grande année, et se prépare comme jamais pour cet UTMB qu’il n’a pas couru depuis 2017.

UTMB 2022 : quelle stratégie pour Walmsley ?
Jim Walmsley sera-t-il capable de résister à la pression ? Quelle sera la meilleure stratégie de course ? Devra-t-il tenter de partir devant pour faire douter Jornet, comme D’Haene en 2017 ? Devra-t-il au contraire calquer sa course sur celle de l’Espagnol ? Et dans ce cas, ne risquera-t-il pas de s’exposer au finish dévastateur de Jornet, comme D’Haene l’a subi sur la Hardrock 100 ? Le fait de ne pas avoir couru d’ultra en format 160km cette saison ne risque-t-il pas de le pénaliser ? Autant de questions qui, soyez-en sûr, vont torturer le cerveau de l’Américain jusqu’au jour de la course…
Avocate spécialisée dans les droits de l’homme, coureuse d’ultra-trail et fondatrice de l’organisation « Free to Run », la Canadienne Stephanie Case a de nombreux records à son actif. En 2021, elle a terminé 3e au scratch et première féminine du Tor des Glaciers, l’une des courses les plus dures au monde, longue de 450km. Une victoire pour elle, mais surtout pour une cause qu’elle défend. Avec le film Free to Run, elle raconte son combat pour la liberté des femmes en Afghanistan.
Naissance de Free to Run
C’est en 2014 que Stephanie Case fonde l’organisation à but non lucratif « Free To Run ». Sa mission : permettre aux femmes et aux filles de s’engager pleinement et en toute sécurité dans des activités de plein air. Et plus particulièrement dans les régions touchées par les conflits. Dans ces zones meurtries, où les populations civiles sont souvent en souffrance, l’organisation milite pour une utilisation du sport comme outil d’autonomisation et d’éducation. Une activité capable de contribuer à transformer la vie de milliers de femmes et de jeunes filles.

Free to Run avec The North Face en Afghanistan
Parallèlement à sa préparation pour le TOR450, Stephanie travaille en coulisse avec Free to Run à l’organisation d’une expédition en Afghanistan. Elle serait menée par et pour des femmes. C’est en plein cœur de ces préparatifs que l’équipementier The North Face s’est engagé à parrainer un documentaire sur la mission de Free to Run. Le but : raconter l’histoire de femmes qui se servent du sport pour transformer le monde qui les entoure.
Zeinab et Zahra, les visages de l’espoir
Parmi ces battantes figurent Zeinab et Zahra, deux Afghanes qui incarnent l’esprit de tant d’autres femmes qui croient en l’éducation et au progrès.
La première, Zeinab, a dû concilier son diplôme avec un emploi pour financer ses études. Elle a trouvé dans les sessions Free to Run un moyen inestimable de rester motivée et de sortir de sa zone de confort. Elle s’est ainsi attaquée non seulement à plusieurs marathons, mais aussi au fait de défier le statu quo. Et ainsi d’œuvrer pour changer la vision de ce que les femmes sont capables d’accomplir dans son pays.
Quant à la seconde, Zahra, son rêve de contribuer à améliorer le sort de ses congénères en Afghanistan commence par l’éducation. Première femme de sa famille à réussir ses études secondaires, elle est titulaire d’un diplôme en commerce et en économie. Free To Run lui a donné une nouvelle perspective, en la mettant en contact avec d’autres personnes et en l’aidant à explorer le monde qui l’entoure.

Août 2021, le terrible retour des Talibans
C’est sous le regard du monde entier que les Talibans ont repris en quelques jours le contrôle du pays. Le 15 août 2021, Kaboul tombait entre leurs mains. Stephanie et les membres du conseil d’administration de Free to Run devaient se résoudre à évacuer immédiatement l’équipe du pays. Et de faire un terrible constat : après près de 10 ans de progrès, l’organisation, ainsi que des milliers de femmes et de filles, regardent à nouveau vers un avenir dangereusement incertain.
Le TOR450 malgré tout
C’est en septembre 2021, dans ce moment d’incertitude, de peur et de tristesse, que Stephanie Case a trouvé la force de s’attaquer au TOR450. Non seulement pour elle-même, mais aussi pour inspirer les femmes du monde entier. Elle s’est donc présentée sur la ligne de départ le 10 septembre. 155 heures plus tard, avec seulement 4,5 heures de sommeil, 450 km et plus de 32 000 mètres d’altitude derrière elle, elle remportait la troisième place au classement général. Première féminine, elle pulvérisait le record féminin de 30 heures et consolidait sa place de grande ultra-athlète. Mais Stephanie n’a pas terminé cette course seulement pour elle. C’est une cause bien plus importante qui l’a motivée…

Se battre, encore et toujours
Zahra et Zeinab continuent de croire au pouvoir de l’éducation, du sport. Depuis leur évacuation, elles restent en contact avec leur pays d’origine, malgré les défis à venir. Zahra en est convaincue, c’est ce qui permettra d’améliorer leur existence : « Cela fait plus de huit mois que les filles de plus de 6 ans ne sont plus autorisées à aller à l’école. Depuis que les Talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan. C’est triste. Je crois que l’éducation est la clé de la réussite. Je crois que les femmes afghanes ont le droit de recevoir une éducation. Et que nous devrions collectivement lutter et changer le statu quo actuel en Afghanistan. En tant que citoyennes du monde. »
Pour en savoir plus au sujet de Free to Run et soutenir leurs actions, consultez le site Freetorun.Org
Voir le film Free to Run
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Parfois, on en vient à courir pour oublier, pour laisser un monde d’avant de côté, ouvrir une parenthèse, chercher un ailleurs. C’est le cas pour l’athlète franco-cambodgienne et ex-championne de tennis de table Laurie Phaï-Pang. La course à pied et le trail comme un outil de résilience. Un magnifique documentaire retrace son histoire.
2,7 grammes pour se faire un nom
Tout a commencé avec une balle de 2,7 grammes qu’elle peut frapper à des vitesses approchant les 100km/h. Avant, il y avait eu la natation, puis le tennis. Et puis ce grand frère et ce père qui l’entraînent vers le ping-pong, qu’ils pratiquent en club. La jeune Laurie est douée, rapide, et intègre l’INSEP à 15 ans. Elle passera 7 années en équipe de France et décrochera des titres de championne de France en simple, en double junior et double senior. Elle ira même jusqu’à représenter la France aux Championnats du Monde en Croatie en 2007.
La déchirure…
Mais le haut niveau demande du temps, beaucoup de temps. Et Laurie aspire à autre chose. Des études, un boulot… Elle arrête donc la compétition internationale, même si elle continue de taper dans la balle jusqu’en 2010, comme un jeu. En 2011, elle connaît le bonheur de donner naissance à un petit garçon. Elle s’installe en famille dans l’Aveyron et travaille comme juriste. Peu après, son ventre s’arrondit de nouveau. Une petite fille est prévue pour 2013. Hélas, des difficultés à l’accouchement provoquent l’irréparable. Laurie plonge.
Courir pour se reconstruire
Après la sidération, la douleur et la colère, vient le temps de la résilience. Il ne s’agit pas d’oublier, mais d’apprendre à vivre avec. Alors Laurie se met à courir. Un peu d’abord, puis de plus en plus. Un premier 10km à l’arrache, sans préparation, puis d’autres courses, en communion avec la nature. Jusqu’à ce jour de 2016 où, alors qu’elle vient de terminer 3ème d’une épreuve au Trail du Pic-Saint-Loup, le speaker officiel, entraîneur d’athlètes, s’intéresse à elle. Il s’appelle Ludovic Collet. Une rencontre comme un tournant.
Sur les traces du père
Très vite, Ludovic Collet la prend sous son aile et l’entraîne dans le monde du trail de haut niveau. Mais sans la brusquer, en respectant son rythme. En juillet 2016, pour sa première grosse course, la Mad’Trail de Valmorel, en Savoie (64km pour 3600D+), Laurie monte sur la première marche du podium. Germe alors une idée folle : aller courir au Cambodge, ce pays de cœur et de désespoir. De cœur, car elle y puise ses racines. De désespoir, car son père y a vécu l’abominable, ayant fui en 1978 pendant la guerre des Khmers rouges, alors que toute sa famille a été assassinée. C’est aussi ce drame paternel que Laurie décide d’affronter en janvier 2017 en participant au Jungle Trail Angkor. L’épreuve, un parcours de 32km dans les mythiques temples d’Angkor, fait partie des courses de l’Ultra-Trail d’Angkor, l’un des trails les plus dépaysants au monde. Elle s’impose, comme un hommage rendu au père.

À 2 doigts des JO
Toujours sous la houlette de Ludovic Collet, Laurie enchaîne les courses et en vient à participer en octobre 2018 à la Mascareignes (64km, 3500 D+), l’une des courses du Grand Raid de La Réunion dont Ludovic est speaker. Elle finit 8e chez les féminines, avant de retourner à Angkor en janvier 2019 pour s’imposer de nouveau sur le 32km. Le contact noué en 2017 avec le comité olympique cambodgien, à la recherche d’athlètes pour représenter la nation aux JO de Tokyo, accélère les événements. Laurie participe aux championnats du monde de trail en 2019 au Portugal, et fait partie des 2 candidats retenus pour le marathon olympique. Mais le COVID passe par là, et le Cambodge n’envoie qu’un seul athlète à Tokyo. L’autre. Petite consolation, Laurie participe néanmoins aux Jeux d’Asie du Sud-Est, au Vietnam.
Au-delà du temps, un documentaire passionnant
Non seulement Ludovic Collet est un entraîneur de talent, mais il est aussi le frère d’Andy, réalisateur. Et c’est l’histoire de cette résilience qu’il va filmer durant 4 ans, de 2017 à 2021. Au-delà du temps, présenté au Winter Film Festival 2021 de Bourg-Saint-Maurice, obtient le 1er du meilleur documentaire, devant 46 autres films. En voici le synopsis officiel : « Laurie a atterri dans le monde du trail par nécessité. Pour tenter de surpasser la douleur causée par la perte de son enfant, persuadée que les douleurs du corps allaient lui faire oublier ses douleurs du cœur. Sur ce chemin tortueux qu’est celui de la reconstruction personnelle, une rencontre va tout changer. Une symbiose qui va lui permettre de se relever et d’atteindre une existence nouvelle. Une existence au service des autres. »

Au service des autres, la nouvelle mission de Laurie Phaï
Aujourd’hui, Laurie se consacre à l’association qu’elle a créée, « Trail sans frontières ». « Il s’agit d’aider au développement du trail dans le monde, explique-t-elle. Lors de mes déplacements, je distribue des vêtements de sport et des baskets que je collecte en France, car ils en ont besoin… On a tendance à cumuler du matériel dont on ne se sert plus, autant en faire profiter ! » Prônant les valeurs du sport et de l’effort, elle s’enthousiasme particulièrement sur les performances des traileuses, de plus en plus nombreuses à aller se challenger sur des longues distances, et dont les médias relayent les exploits. « Plus elles seront nombreuses et feront parler d’elles, plus les autres femmes se sentiront légitimes. » Une voie à suivre et une voix à écouter.
Le film est accessible en pay-per-view sur vimeo en cliquant ici :
Découvrez la bande-annonce.
La grande étude internationale publiée début juillet par l’ITRA, portant sur plus de 9500 traileurs, révèle des informations cruciales sur le comportement et les habitudes des coureurs et montre les tendances actuelles du trail dans le monde. Voici la synthèse de l’étude ITRA, qui vous permettra de savoir si vous avez le profil du traileur médian.
D’après l’étude ITRA, vous débutez plutôt sur route
La course sur route semble être la première expérience de course à pied des traileurs. Cependant, une proportion importante d’entre eux (20%) a commencé directement sur les sentiers. La majorité a commencé le trail entre 26 et 45 ans et pratique ce sport principalement parce qu’ils aiment être en harmonie avec la nature, découvrir de nouveaux lieux, et bien sûr pour rester en forme et préparer leurs prochaines courses.
A LIRE : Bien réussir son passage de la route au trail


Selon l’étude ITRA, Hoka One One, Salomon et Garmin sont vos marques préférées
Les traileurs recherchent un équipement spécifique et la majorité d’entre eux investissent entre 200 et 600 euros par an pour renouveler leur matériel de trail. Hoka One One et Salomon sont les marques de chaussures les plus appréciées par plus d’un tiers des personnes interrogées. 80% des traileurs utilisent entre 1 et 3 paires par an. Salomon est également en tête pour les textiles. Sans surprise, Suunto et Garmin sont les premiers choix pour les montres connectées. Garmin enregistre cependant une nette avance, avec près de 60 % des votes.
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Verdict de l’étude ITRA : votre D+ hebdo est compris entre 500 et 2000m
L’entraînement croisé semble être une pratique courante chez les traileurs. Le vélo de montagne et de route, la natation et le renforcement musculaire sont les activités les plus populaires. La majorité des participants à l’étude de l’ITRA n’ont pas d’entraîneur et leur entraînement hebdomadaire comprend quelques séances de course sur piste d’athlétisme et sur route, en plus des sentiers. Le dénivelé hebdomadaire cumulé pour plus de 60 % des personnes interrogées se situe entre 500 et 2000m. Presque tout le monde incorpore des séances de sortie longue dans son programme hebdomadaire. Pour plus de 20 % des participants, la durée de cette longue séance dépasse les 6 heures.



L’entorse, notre ennemi à tous
Faire des pauses pendant les saisons est également une pratique courante pour la plupart des coureurs. Peut-être pour éviter les blessures, qui touchent plus de 60 % des coureurs pendant l’entraînement. Les entorses à la cheville et les problèmes musculaires semblent être le type de blessure le plus courant. Contrairement à l’entraînement, la majorité des coureurs ne s’est jamais blessé pendant les compétitions. Mais là encore, l’entorse de la cheville reste la blessure la plus courante, probablement en raison de la technicité du terrain lors des courses de trail.
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De plus en plus long
Plus de 60% des traileurs de l’enquête ont déclaré participer à des courses une à six fois par an. Leur distance préférée se situe entre le semi-marathon et les 70 km. Cependant, une partie importante des coureurs (plus de 40 %) a déjà essayé des courses de plus de 100 km. Sans surprise, les coureurs commencent généralement par réaliser des distances plus courtes, puis progressent vers des distances plus longues après avoir acquis de l’expérience. Environ la moitié des coureurs aime voyager à l’étranger pour participer à leurs courses, tandis que l’autre moitié préfère participer à des courses locales. La majorité des traileurs dépense entre 100 et 400 euros par an en frais d’inscription.
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Cette enquête de l’International Trail Running Association a sollicité 9514 participants provenant de 104 pays. Le panel était composé de 7801 hommes et 1713 femmes.






























