UTMB, CCC, TDS, OCC, les 4 courses les plus en vues de l’édition 2022 de l’UTMB Mont-Blanc promettent une lutte intense entre élites venues des 4 coins du monde. Si l’index UTMB (nouvelle cotation mise en place par l’UTMB) donne une idée du niveau des participants, des surprises pourraient venir bousculer les pronostics, en particulier sur la TDS et l’OCC, plus ouvertes. État des lieux.

UTMB : le duel Kilian Jornet / Jim Walmsley en vedette

PROFIL UTMB
L’UTMB, 170km et 10000m D+.

C’est incontestablement le duel le plus attendu de cette édition de l’UTMB Mont-Blanc. D’un côté Kilian Jornet, auréolé de son succès (et record de l’épreuve) sur la Hardrock 100, dominant sur le final le quadruple vainqueur de l’UTMB François D’Haene. Kilian revient à Chamonix après 4 ans d’absence. Lors de sa dernière participation, en 2017, il avait terminé second derrière ce même François D’Haene. Triple vainqueur de l’épreuve (2008, 2009, 2011), l’Espagnol a fait de cette édition son objectif majeur de la saison, animé d’une motivation toute neuve pour promouvoir sa propre marque de chaussures, NNormal. Son chrono de 2h30mn19s à Sierre-Zinal samedi dernier, deuxième meilleur temps pour lui en 12 participations, montre son état de forme, même s’il a avoué avoir souffert musculairement.

Face à lui, Jim Walmsley ne rêve que d’une seule chose : être le premier Américain à s’imposer sur la course reine de l’UTMB. Après 3 participations (une 5e place et 2 abandons), Walmsley, vainqueur des 2 courses auxquelles il a participé en 2022, s’est installé dans le Beaufortain fin mai pour se préparer spécifiquement pour cette épreuve. Il y a cotoyé « en voisin » François D’Haene qui lui a prodigué de nombreux conseils. Réussira-t-il enfin à vaincre ses principaux ennemis, le froid et la nuit ?

Troisième grand favori de l’épreuve, Pau Capell poursuit quant à lui son rêve de descendre sous la barre des 20h. Vainqueur en 2019 avec le record du tracé à la clé, blessé en 2020, l’Espagnol avait échoué dans sa tentative en solo en 2021, mais tiré de nombreux enseignements. Plus déterminé que jamais, de retour du Kenya où il préparé spécifiquement ce rendez-vous majeur, il devrait imprimer dès le départ un rythme rapide pour tenir son tableau de progression.

Parmi les autres prétendants au podium, il faudra suivre l’Allemand Hannes Namberger, 6e en 2021, et garder un œil sur le Roumain Robert Hajnal, 2e en 2018, et l’Italien Daniel Jung, 4e de la Hardrock 100 cette année.

Côté français, en l’absence de François D’Haene qui vise la victoire au Grand Raid de la Réunion, et après la prévisible défection de Xavier Thévenard, durablement affaibli par sa maladie de Lyme, les protagonistes principaux sont : Aurélien Dunand-Pallaz, 2e de l’édition 2021 derrière D’Haene, Mathieu Blanchard, 3e en 2021, Germain Grangier, 5e en 2021, vainqueur en début d’été au Val d’Aran By UTMB, Benoît Girondel, vainqueur il y a quelques semaines de l’Utcam, et Thibaut Garrivier, qui revient dans un parfait état de forme. Il sera également intéressant de suivre la performance du Basque Beñat Marmissolle, qui découvrira l’épreuve. Impressionnant par ses résultats ces derniers mois, il a notamment fait jeu égal avec Pau Capell au Black Mountain Trail début juin, avant de s’imposer sur l’Ultra-Trail di Corsica et la 6000D.

Chez les féminines, en l’absence de Courtney Dauwalter, la course s’annonce ouverte. Si la Néerlandaise Ragna Debats affiche le meilleur index UTMB, de sérieuses concurrentes sont prêtes à en découdre, à commencer par l’Espagnole Azara Garcia, l’Américaine Katie Schide et la Suédoise Mimmi Kotka. Côté français, on suivra principalement Audrey Tanguy et Manon Bohard.

UTMB TOP 10 HOMMES
Top 10 masculin de l’Index UTMB des élites pour l’UTMB 2022.
UTMB TOP 10 FEMMES
Top 10 féminin de l’Index UTMB des élites pour l’UTMB 2022.

CCC : Jonathan Albon tiendra-t-il la distance ?

PROFIL CCC
La CCC, 100km et 6100m D+

Ultra dominateur sur ses 2 dernières sorties des Golden Trail World Series, le Britannique Jonathan Albon fait figure de grand favori. Certes le format 100km est bien différent des 42km du marathon du Mont-Blanc ou des 25km de la Stranda Fjord Trail Race, mais Albon a déjà couru des épreuves de plus de 80km (victoire sur les Templiers 2021 et 4e des Championnats du Monde de Trail 2018 en Espagne, sur 85km/5000+), avec dans les deux cas les meilleurs chronos sur les derniers kilomètres. Bref, il connaît le format, il connaît les sentiers chamoniards (il a reporté l’OCC l’an dernier) et avec son repos post Norvège, il devrait être en pleine forme.

Parmi ses principaux concurrents, les Américains David Sinclair et Hayden Hawks seront là pour la gagne, tout comme l’Italien Andreas Reiterer, le Chinois Jiasheng Shen, le Suédois Petter Engdahl ou l’Espagnol Andreu Simon. Côté français, la meilleure chance sera représentée par Thibaut Baronian. Toujours présent dans les grands rendez-vous, il sera particulièrement motivé par cette échéance où il sera drivé par Jean-Michel Faure-Vincent, le suiveur expérimenté de François D’Haene. À suivre également les performances de Dakota Jones, impressionnant sur la Hardrock 100 (3e), du Suisse Jean-Philippe Tschumi et du jeune et prometteur tricolore Elias Kadi.

Chez les femmes, tout le monde attend la championne d’Europe de trail Blandine L’Hirondel, gagnante de l’OCC 2021 pour sa première participation à une course de l’UTMB, et qui présente le meilleur index 2022. Mais cet index ne fait pas la victoire, et la concurrence sera rude avec notamment les Néo-Zélandaises Caitlin Fielder et Ruth Croft, la Tchèque Marcela Vasinova et les Américaines Hannah Osowski et Abby Hall.

CCC TOP 10 HOMMES
Top 10 masculin de l’Index UTMB des élites pour la CCC 2022.
CCC TOP 10 FEMMES
Top 10 féminin de l’Index UTMB des élites pour la CCC 2022.

TDS : la grande loterie

PROFIL TDS
La TDS, 145km et 9100m D+

Cette édition de la TDS semble être l’une des courses les plus indécises, tant chez les hommes que chez les femmes. Côté masculin, l’Allemand Janosh Kowalczyk, le Chinois Min Qi, l’Italien Davide Cheraz et le Français Ludovic Pommeret joueront sans doute la gagne. Côté féminin, ce sera tout aussi ouvert et les Françaises Fiona Porte, Julia Rezzi, Céline Finas et Sylvaine Cussot auront une carte à jouer.

TDS TOP 10 HOMMES
Top 10 masculin de l’Index UTMB des élites pour la TDS 2022.
TDS TOP 10 FEMMES
Top 10 féminin de l’Index UTMB des élites pour la TDS 2022.

OCC : le rendez-vous des « sprinteurs »

PROFIL OCC
L’OCC, 55km et 3100m D+

Sur la course la plus courte et nerveuse de l’UTMB, on retrouvera certains des habitués des épreuves des Golden Trail World Series. À commencer par l’Espagnol Manuel Merillas et le Polonais Bart Przedwojewski, respectivement 2e et 3e de la Stranda Fjord Trail Race, l’Érythréen Petro Mamu, 4e de Sierre-Zinal et le Britannique Robbie Simpson, quasiment toujours dans le Top 10 cette saison. Côté français, on espère un sursaut d’orgueil de Frédéric Tranchand après son « jour sans » sur Sierre-Zinal. On suivra également les performances de Thomas Cardin, Nicolas Martin, Julien Rancon et Anthony Felber, 12e et 1er Français sur Sierre-Zinal la semaine dernière.

Chez les femmes, la grande question sera de savoir si Anaïs Sabrié sera remise de sa coup de « moins bien » de Sierre-Zinal et aura pu récupérer, malgré son métier de médecin hospitalier à temps plein. Elle aura fort à faire avec le contingent espagnol emmené par Sara Alonso, très constante dans la première partie de saison, Marta Molist, Nuria Gil, Sheila Alivés ou encore la gagnante de la dernière édition du Marathon des Sables, Anna Comet Pascua, 3e de l’OCC en 2021. À suivre également, côté tricolore, la performance de Mathilde Sagnes, 1ère Française sur Sierre-Zinal il y a une semaine et 2e de l’OCC en 2021 derrière Blandine L’Hirondel.

OCC TOP 10 HOMMES
Top 10 masculin de l’Index UTMB des élites pour l’OCC 2022.
OCC TOP 10 FEMMES
Top 10 féminin de l’Index UTMB des élites pour l’OCC 2022.

VOIR L’INDEX UTMB DE TOUS LES FAVORIS

Toutes les courses de l’UTMB seront à suivre en live ICI

Les derniers articles

Tout aussi attendue que le marathon de Zegama-Aizkorri, la course Sierre-Zinal, 4e manche des Golden Trail World Series 2022, a bousculé la donne. La présence des Kenyans, qui ont imprimé un rythme infernal dès les premiers kilomètres de course tant chez les hommes que chez les femmes, a fait des dégâts chez bon nombre de coureurs. Et la chaleur a fait le reste. Sur leurs réseaux sociaux, quelques-uns des athlètes les plus en vue ou les plus attendus ont analysé leur performance. Compilation.

Kilian Jornet, recordman de l’épreuve, 9 victoires en 13 participations, 5e de cette édition en 2h 30mn 19s

« Quelle course ! Cette épreuve de 31 km avec l’une des plus belles vues sur les Alpes et l’un des plus beaux plateaux d’athlètes au départ ne déçoit jamais. Je suis tellement content d’être là cette année encore, pour ma 13ème participation, et de terminer en 5ème position. […] Et quelle course de Mark Kangogo ! Cette accélération au sommet de la première montée était incroyable. Et bravo aussi à Andreu Blanes, qui est passé comme une fusée dans la descente ! De mon côté, je suis content de mon temps (2h 30mn 19s) mais déçu de mon ressenti. J’avais les jambes lourdes et des crampes dès le départ, il m’a donc surtout fallu réussir à tenir un rythme sans trop attaquer. Félicitations à tous les coureurs, bénévoles et organisateurs, et à l’année prochaine ! »

SIERRE ZINAL KILIAN JORNET © Saragossa GTWS
© Saragossa / GTWS

Maude Mathys, recordwoman de l’épreuve, 2e de cette édition en 2h 52mn 32s

« Je suis heureuse, parce qu’avec le peu d’entraînement que j’ai eu en course à pied, je m’en suis plutôt bien sortie. Je termine à 3 minutes de mon record. Un peu déçue aussi, car je me rapprochais de plus en plus de la première et il ne s’en est fallu que de 30 secondes pour que je décroche une 4ème victoire. Reconnaissante, car je suis toujours très bien reçue ici, avec une organisation au top. Et je peux même profiter de quelques jours en famille. Très fatiguée enfin, et mon corps me fait savoir que j’ai un peu trop tiré ! »

sierre zinal maude mathys © philip reiter GTWS
© Philip Reiter / GTWS

Sierre-Zinal raconté par Andreu Blanes Reig, 2e au général en 2h 29mn 19s

« 3, 2, 1… Départ. Bousculade, folie, asphalte, calme et tension à la fois… Les deux premiers kilomètres passent, entre regards et placement. Je suis loin derrière mais je vois la tête, ils sont proches. Le chemin devient raide et les hostilités commencent. Ils me dépassent, je passe, j’hésite et j’essaye de trouver mon rythme. Je le fais en mettant mes mains sur mes genoux pendant que je marche à grands pas et je réfléchis en analysant la montée et mes compagnons de route. Je vois des gens qui s’éloignent devant, d’autres que je ne connais pas autour de moi, et je me dis que, peut-être, aujourd’hui n’est pas mon jour. 

“Fais confiance au plan”, je me répète encore et encore. “Économise tes muscles, tes quadriceps et tes fessiers, ils doivent être prêts à courir lorsque tu arriveras au sommet.” Francesco Puppi est devant moi, ça me rassure : je ne suis pas si mal. Nous arrivons au sommet ensemble et tout à coup, le sentier devient une piste et je peux enfin courir. Alors je cours. C’est relativement facile, mes muscles sont OK et j’aperçois Sylvain Cachard juste devant. Je le dépasse, il ne me suit pas. J’aperçois ensuite Cesare Maestri que je rattrape petit à petit alors que la piste est bien roulante. Je dépasse les coureurs les uns après les autres, et je me parle à nouveau : “Tu es très à l’aise !”

Chandolin. Ma team est là, qui m’applaudit et m’indique que Dani Osanz et Kilian Jornet ne sont pas loin devant. L’ambiance est folle, vuvuzelas, foule et adrénaline, avant que j’affronte une autre montée et que le silence revienne. Je rejoins des coureurs connus et la pente, que j’avais reconnue à l’entraînement, ne me semble pas si dure. Tignousa. Gel de caféine, piste large et course. Mes jambes volent et je vois Dani, que je rattrape petit à petit avant d’atteindre la dernière montée, celle de l’Hôtel Weisshorn. J’aperçois Kilian, Rémi Bonnet, Petro Mamu et Robert Pkemoi… On est proches mais ils me distancent un peu dans la montée. “Dans quelle position suis-je ?” Je ne sais pas…

J’arrive à l’hôtel. Je me tempère, je me répète que mon fort, c’est le bémol. Peu importe s’ils partent devant, mon heure viendra. Et elle arrive ! Je dépasse les coureurs que j’ai nommés avant, un par un, jusqu’à ce que j’atteigne Kilian. Certes, c’est un coureur de plus, mais nous savons tous que ce n’est pas un coureur de plus. C’est Kilian ! Il s’écarte et me laisse passer. Je le remercie d’un geste pendant que j’essaie de me concentrer sur ma course, de ne pas trop accélérer car il reste encore des kilomètres à descendre et, « Putain ! dans quelle position suis-je ? », me dis-je, anxieux de savoir. “Quatrième”, il me répond au loin.

Alors celui que je vois est le troisième. Vas-y, c’est ta chance. Je le rattrape, je le dépasse, il essaie de me suivre mais j’ai encore la force d’accélérer et il cède. Ça y est, c’est le podium. Brutal. “Défends ta position”, me dis-je. Un cameraman m’attend et se met à courir à côté de moi, il m’encourage, me dit que le deuxième est proche, que je peux le rattraper. Alors j’accélère encore, j’oublie la douleur dans mes jambes, je fonce comme si je connaissais la descente depuis toujours. J’aperçois le second, il a du mal et je le dépasse rapidement. Je ne freine plus, je fonds vers la ligne d’arrivée, prêt à profiter du moment. »

SIERRE ZINAL ANDREU BLANES © Philip Reiter : GTWS
© Philip Reiter / GTWS

Anaïs Sabrié, 21e féminine en 3h 16mn 07s

« Une histoire sans fin. C’est un peu comme ça que s’est passée la montée. Ça n’en finissait pas. Ça a été dur, tellement dur… J’ai pensé maintes fois à abandonner, car je ne prenais vraiment pas de plaisir, ça a été un long calvaire, vide mentalement et physiquement. Et puis je suis arrivée à Chandolin et j’ai croisé ma famille, et ce cher manager Thomas Janichon.

J’ai un peu pleuré, mais j’ai vite ravalé mes larmes. J’ai repensé à la ligne de conduite que je m’étais donnée : courir pour moi, pour le plaisir d’être là en montagne, pour cette team Sidas Matryx, pour cette liberté qui m’est donnée, et puis un peu pour toi Mamie, partie il y a pile un an et un jour si subitement et qui aurait été fière de moi quelle que soit ma place.

Les sensations sont un peu revenues et après le mode tortue, je suis passé à la vitesse supérieure. Les crêtes sont mes parties préférées et je me suis fait vraiment plaisir sur cette partie. Le résultat est dur à accepter mais il est fait avec les conditions du moment. Sur ce type de course, il faut être là à 100%, mentalement et physiquement. Et intérieurement, je savais que je ne l’étais ni l’un ni l’autre. Qui mieux que soi-même connaît son corps ? »

SIERRE ZINAL ANAIS SABRIÉ © Saragossa GTWS
© Saragossa / GTWS

Anthony Felber, 12e et 1er Français en 2h 37mn 51s

« Sierre Zinal, la course qui ne permet aucune défaillance. Partir sur une course de ce niveau en sortie de stage d’entraînement, c’est toujours risqué ! Heureusement qu’on a qu’une vie pour pouvoir tester des choses comme ça ! Résultat, hier, je me suis senti aussi bien dans les parties raides que dans celles roulantes où le but est d’allonger la foulée au maximum pour rejoindre le plus vite possible la ligne d’arrivée. Le travail de vitesse effectué au cours de l’hiver porte ses fruits car j’ai vraiment pu profiter cette année de ces longs balcons magnifiques.

Être le 4ème Français à passer sous les 2h38 en 49 éditions c’est plutôt cool. Mais bon, ça veut aussi dire qu’il reste des minutes à grappiller pour gagner 3 places dans le classement. […] Maintenant, il est l’heure d’assimiler ce bloc montagnard suisse avant de remettre ça de l’autre côté de l’océan… »

SIERRE ZINAL ANTHONY FELBER © Saragossa GTWS
© Saragossa / GTWS

Julie Roux, 15e féminine en 3h 11mn 44s

« Première participation à la mythique course Sierre-Zinal pour cette 4e manche des GTWS. Une des courses les plus relevées sur un format court. Bon, j’ai essayé de partir un peu vite, mais ça a pas super fonctionné… »

SIERRE ZINAL JULIE ROUX © Reiter GTWS
© Philip Reiter / GTWS

Sylvain Cachard, 13e au général en 2h 38mn 22s

En tant que jeune athlète, chaque jour est l’occasion d’apprendre comment mon corps et mon esprit fonctionnent, et c’est à coup sûr ma plus grande motivation pour m’entraîner tous les jours et courir dur. Ces derniers jours ont été assez durs pour moi car j’étais toujours fatigué, mentalement et physiquement. Mais je me suis promis de tout donner… et je l’ai fait. Bien sûr, je ne suis pas pleinement satisfait de ma 13e place et de mes 2h38 de temps final, mais pas d’excuse : c’était mon niveau. J’ai hâte de revenir l’année prochaine pour améliorer ce temps ! »

SIERRE ZINAL CACHARD © Saragossa GTWS
© Saragossa / GTWS

Robbie Simpson, 10e au général en 2h 34mn 41s

« Quelle expérience incroyable de courir Sierre-Zinal cette année ! C’était la course de trail la plus compétitive que j’ai faite et c’était super d’en faire partie! Pour moi, c’était la 10e position pour ma 10e année. C’était la meilleure course que je pouvais livrer ce jour-là, je n’étais tout simplement pas assez bon pour être devant cette fois-ci. Beaucoup de leçons apprises et de bons souvenirs créés sur ces sentiers. »

© GTWS / Saragossa

Frédéric Tranchand, 38e au général en 2h 48mn 26s

« Un jour sans ! La première partie s’est en fait plutôt bien passée, j’étais presque à l’heure pour atteindre mon objectif. Mais j’ai heurté le mur à mi-parcours et je n’ai plus jamais pu inverser la spirale négative !

“Je ne perds jamais, je gagne ou j’apprends”, disait Nelson Mandela.

Le sport, c’est l’école de la vie. Encore beaucoup de déceptions et de questions sans réponses, mais il y aura des conclusions à en tirer, et de quoi repartir grandi. »

SIERRE ZINAL FREDERIC TRANCHAND © Saragossa GTWS
© Saragossa / GTWS
Les derniers articles

La question la plus courante que les athlètes de haut niveau se posent après une victoire, un titre ou encore un record est généralement : quelle est la prochaine étape ? Pour Pau Capell, vainqueur de l’UTMB 2019 en 20 heures et 19 minutes, la réponse est simple : descendre sous la barre des 20 heures. Après un premier échec en tentative solo en 2020, l’athlète The North Face est parti apprendre comment courir plus vite chez les coureurs les plus rapides du monde, au Kenya. Un film retrace son parcours : Road To Breaking 20. En voici les premières images, juste avant l’UTMB 2022.

UTMB 2019 : Pau Capell pour un record

Août 2019. Xavier Thévenard, triple vainqueur de l’UTMB et tenant du titre (2013, 2015, 2018), est le grandissime favori de cette édition. Mais l’Espagnol Pau Capell en a décidé autrement. Parti en solitaire après 5 kilomètres de course, il domine l’épreuve de bout en bout et établit un chrono de 20h 19mn 17s, nouveau record sur cette version du parcours de 170km et 10000m de D+. Mais si cette victoire le satisfait, elle l’interroge également. Peut-il faire mieux ?

PAU CAPELL © Mathis Dumas
PAU CAPELL © Mathis Dumas

Eliud Kipchoge, l’inspiration

Alors que Pau Capell et le monde du trail se penchent sur la question, l’athlète espagnol trouve l’inspiration auprès d’une légende de la course. En effet, moins de deux mois après sa victoire sur l’UTMB, Eliud Kipchoge réussit l’impossible en bouclant le marathon de Vienne, en Autriche, en moins de 2 heures. Si le chrono de 1h 59mn 40s ne sera pas homologué en tant que record du monde, les conditions, optimisées, ne correspondant pas aux standards définis par l’IAAF, la performance reste ébouriffante. Et inspire Pau Capell : pourrait-il relever un défi, non de réaliser un marathon sous la barre des 2 heures, mais de courir l’UTMB en moins de 20 heures ?

PAU CAPELL ROAD TO BREAKING 20 OPEN
© The North Face

2020, le défi de l’UTMB solo de Pau Capell

En 2020, alors que Pau commençait à planifier sérieusement sa course, son monde, comme celui de tous les autres, a basculé avec la pandémie. Bien qu’il n’ait pas pu s’entraîner à l’extérieur et encore moins en montagnes pendant une grande partie de la saison printanière, son désir de relever ce défi est resté intact. Avec si peu de préparation et des conditions moins que favorables, Pau Capell tente néanmoins un UTMB en solo, le fameux projet Breaking 20. S’il n’a pas atteint son objectif en termes de temps (21h 17mn), il a couru brillamment pour terminer le parcours et a fédérer une communauté autour de son défi, l’encourageant et célébrant sa détermination, son courage et sa passion pour la course.

PAU CAPELL UTMB
© DR

Apprendre se ses erreurs

Au lendemain de son échec, Pau Capell analysait déjà les raisons de celui-ci et se projetait sur la poursuite de ce défi. « C’est d’abord l’état de mes jambes à Praz de Fort (km 120), en Suisse, qui m’a fait réaliser que j’avais peut-être trop poussé dans les 80 premiers kilomètres. J’avais dix minutes d’avance sur mes projections au début du tracé. Je l’ai payé, c’était une erreur, même si je pensais être capable de courir à cette vitesse à ce moment-là. En vrai, si je pouvais changer une seule chose au déroulement de ce projet, ce serait celle-là : je partirais plus doucement. » Armé d’une plus grande expérience sur ce parcours et convaincu par son objectif, l’athlète espagnol allait donc continuer de s’entraîner.

Direction le Kenya pour « aller plus vite »

Inspiré par le parcours d’Eliud Kipchoge, Pau Capell atterrit à Iten, au Kenya. Reconnu comme le berceau de la course à pied et perché à 2400 mètres d’altitude, Iten a fait naître les coureurs les plus rapides du monde. L’endroit idéal pour quelqu’un à la recherche de vitesse. Avec les coureurs Amus et Hillary, Pau s’est entraîné deux fois par jour à la recherche de cette vitesse dont il a besoin pour aller 19 minutes plus vite que sur son dernier essai.

PAU CAPELL KENYA 2
© The North Face / DR

Une leçon de vie…

Mais ce voyage au Kenya ne s’est pas arrêté à la performance : « J’ai tellement appris en peu de temps. Pas seulement sur de questions de vitesse et de technique. Pour les athlètes kenyans, s’entraîner ensemble est primordial pour se pousser mutuellement vers le haut et s’entraider. Ils sont vos amis à l’entraînement et vos concurrents pendant les courses. Je pense que c’est un point sur lequel nous devrions nous pencher en Europe. Il y a beaucoup de choses que j’ai retenues et que je compte bien ajuster dans mes entraînements. J’espère que cela se verra sur l’UTMB de cette saison. »

PAU CAPELL KENYA
© The North Face / DR

Road to Breaking 20, le film qui raconte tout

Alors que l’UTMB 2022 approche à grands pas, le projet Breaking 20 de Pau Capell continue. Le film relatant son voyage au Kenya, Road to Breaking 20, sera présenté en avant-première le 24 août à 17h30 à Chamonix. La projection sera suivie d’une conférence pendant laquelle l’athlète The North Face expliquera sa démarche. Mais les plus impatients pourront accéder au film 24 heures avant sa sortie grâce à ce lien ROAD TO BREAKING 20

En attendant, découvrez les premières images…

Les derniers articles

En 11 participations, Kilian Jornet a remporté 9 fois la course Sierre-Zinal. Mais ces 9 victoires n’ont pas été si simples à obtenir qu’on pourrait l’imaginer. Car s’il a souvent largement dominé les débats, tout s’est parfois joué à une poignée de secondes. Rétrospective.

Sierre-Zinal 2009, première victoire pour Jornet

Lorsqu’il prend part à sa première Sierre-Zinal le 9 août 2009, Kilian Jornet est déjà auréolé d’un immense prestige. Double champion du monde des Skyrunner World Series, il a remporté, à 21 ans à peine, des courses aussi prestigieuses que le marathon de Zegama-Aizkorri (2007 et 2008) et surtout l’UTMB 2008, en établissant le record de l’épreuve. En cette année 2009, l’Espagnol semble irrésistible et aligne les performances dans toutes les disciplines. Entre autres, il remporte la Coupe du monde de ski-alpinisme en individuel, gagne de multiples Skyraces ou encore établit le record du GR20 en Corse.

Favori de la course, il l’emporte en 2h 35mn 30s. Il est cependant assez loin du record de l’épreuve établi en 2003 par Jonathan Wyatt en 2h 29mn 12s. Il mettra d’ailleurs 10 ans avant de battre ce chrono. Jornet s’impose assez nettement devant le Suisse Tarcis Ançay, deuxième en 2h 37mn 15s. C’est un autre Suisse, Florent Troillet, qui termine 3e en 2h 37mn 35s.

SIERRE-ZINAL © Roger Epiney
© Roger Epiney

2010 – 2015 : Kilian Jornet à la bataille

En 2010, Kilian Jornet gagne une seconde fois Sierre-Zinal en 2h 37mn 27s. Il est pourtant moins dominateur que lors de sa première victoire. Il ne devance le Suisse Cesar Costa que de 16 petites secondes (2h 37mn 43s). Le Tchèque Robert Krupicka termine 3e en 2h 38mn 03s. C’est que la concurrence est sérieuse sur cette doyenne des courses de montagne en Europe.

L’année suivante, Jornet tombe sur plus fort que lui. Il termine l’édition 2011 en battant son meilleur chrono (2h 34mn 15s), mais il est assez largement battu par l’Italien Marco De Gasperi (2h 30mn 18s) et le Suisse Cesar Costa (2h 31mn 20s).

Absent de l’édition 2012, Kilian Jornet revient en 2013 et améliore de nouveau son meilleur temps (2h 33mn 59s). Mais, comme en 2011, il termine 3e, battu par le Suisse Marc Lauenstein (2h 32mn 14s) et le Colombien Juan Carlos Cardona (2h 32mn 30s).

Il faut attendre 2014 pour que Kilian Jornet remonte à nouveau sur la plus haute marche du podium. Il vient alors chercher sa 3e victoire sur Sierre-Zinal. La bataille est âpre mais l’Espagnol, qui améliore encore son temps, l’emporte en 2h 31mn 54s. Il devance l’Américain Jo Gray de plus d’une minute (2h 32mn 58s), tandis que son « ennemi » des années précédentes, le Suisse Cesar Costa, termine 3e en 2h 34mn 07s.

L’édition 2015 est la plus disputée de l’histoire. Kilian Jornet, triple vainqueur, est donné archi favori mais doit batailler jusqu’au bout. 3e à 3 minutes des leaders après la montée, il revient à 1 minute avant d’attaquer la descente. Il s’impose finalement de 4 petites secondes seulement devant le Colombien William Rodriguez (2h 33mn 13s contre 2h 33mn 17s). Le Britannique Rob Simpson complète le podium de cette course folle en terminant en 2h 33mn 34s, soit 21 secondes seulement après le vainqueur.

SIERRE ZINAL kilian
© DR

2017 2021 : 5 victoires d’affilée

Absent de l’édition 2016, Kilian Jornet s’imposera ensuite sans discontinuer entre 2017 et 2021. En 2017 et 2018, pour ses 5e et 6e victoires, il devance à chaque fois le Britannique Rob Simpson. De 14 secondes seulement en 2017 (2h 33mn 05s contre 2h 33mn 19s), de plus d’une minute 30 l’année suivante, lorsqu’il établit son meilleur chrono (2h 31mn 39s contre 2h 33mn 11s). Lors de ces 2 éditions, la lutte entre Kilian Jornet et Rob Simpson fut intense, le Britannique faisant jeu égal avec le Catalan et n’étant distancé que dans la dernière descente.

C’est l’Américain Max King qui complète le podium 2017 en 2h 34mn 04s, et le Kenyan Robert Surum celui de 2018 en 2h 33mn 18s. À noter que les Français font leur apparition dans le haut du classement, Thibaut Baronian terminant en 6e position en 2017 (2h 37mn 16s) et Julien Rancon également 6e en 2018 en 2h 36mn 46s.

2019 : Coup de force et record pulvérisé

2019 est une année pas comme les autres. En forme comme jamais, Kilian Jornet prend un départ extrêmement rapide, inhabituel pour lui, et se place en tête de la course dès les premières secondes. Le message est clair : il vise le record de l’épreuve, détenu depuis 2003 par Jonathan Wyatt en 2h 29mn 12s. Son principal rival, l’Erythréen Petro Mamu, triple champion du monde de course en montagne, pointait déjà à 2 minutes du leader au sommet de la première ascension. De son côté, l’Américain Jim Walmsley, qui débutait sur le circuit des Golden Trail Serie, était distancé de près de 3mn30.

Le Catalan, qui n’était jamais descendu sous les 2h 31mn, boucle le parcours avec un temps exceptionnel de 2h 25mn 35s. Même le second, Petro Mamu, bat l’ancien record en signant un superbe chrono de 2h 26mn 31s. Jim Walmsley termine 3e en 2h 31mn 52s.

sierre-zinal-records
2019, année historique, avec le record de Kilian Jornet et le record féminin de Maude Mathys. © DR

2020 – 2021 : Kilian Jornet intouchable

Sur un parcours dont il semble connaître le moindre caillou et le moindre faux plat, Kilian Jornet s’impose lors des 2 dernières éditions. En 2020, il l’emporte en 2h 33mn 15s, devançant Frédéric Tranchand de seulement 30 secondes. Une superbe performance pour le Français, qui a été le plus rapide dans la seconde partie de course et a réussi à reprendre plus de 30 secondes à Jornet. C’est le Suisse Rémi Bonnet qui complète le podium en 2h 34mn 17s.

SIERRE ZINAL 2020
Le podium masqué de 2020, avec Frédéric Tranchand et Rémi Bonnet. © DR

L’édition 2021 confirme la règle : quels que soient les concurrents, à l’arrivée, c’est Kilian qui l’emporte. Il s’impose cette fois-ci en 2h 31mn 44s, avec 42 secondes d’avance sur le Britannique Robbie Simpson. L’Italien Cesare Maestri termine 3e, à 2mn 07s du « patron ». Kilian Jornet vient alors de remporter Sierre-Zinal pour la 9e fois de sa carrière, et la 5e fois consécutive ! En attendant 2022…

Les derniers articles

Découvrez l’ITRA Trail Talks #1, le tout premier épisode du talk show produit par l’International trail Running Association. Une émission de près d’1h15 (en anglais uniquement) dans laquelle vous pourrez découvrir de longues interviews de Mathieu Blanchard, 3e de l’UTMB 2021, récent vainqueur du Megève Nature Trail, et du Chinois Wong Ho Chung, qui a fait de l’UTMB 2022 son principal objectif de la saison. Un talk show animé par Jeff Campbell dans lequel les deux athlètes inspirants partagent leurs expériences et délivrent des conseils très intéressants.

Les derniers articles

Les 6 et 7 août prochains, la course en montagne est à l’honneur dans la Vallée de l’Ubaye Serre-Ponçon. Pour la 18ème édition de l’Ubaye Trail Salomon, les coureurs vont se régaler avec, en plus des parcours Elite et Découverte, un kilomètre vertical et un nouveau tracé pour l’itinéraire Open.

Ubaye Trail Salomon : 4 courses au programme

Au départ de Barcelonnette et Pra Loup, les 4 courses proposées promettent une belle journée de sport. Des tracés engagés traversant alpages, forêts et sommets, qui permettront aux coureurs d’exploiter pleinement leurs capacités. Un kilomètre vertical s’ajoute aux 3 boucles habituelles, dont le parcours Open (12 km), pour lequel le tracé a changé cette année avec un départ et une arrivée sur Pra Loup.

Les parcours au départ de Pra Loup

Le Kilomètre vertical (5.1km / 860D+) La nouveauté de cette édition ! Le parcours au départ du front de pistes de Pra Loup emmènera les coureurs au sommet du Peguieou, à plus de 2400m d’altitude. Un itinéraire exigeant pour lequel il faudra fournir un effort bref mais intense.

Le Parcours Open (12 km / 790m D+) Un nouveau parcours plus alpin vraiment typé course en montagne. Cette année la boucle emmène les coureurs au sommet de la station de Pra Loup, permettant de découvrir un autre versant de la Vallée de l’Ubaye et de tutoyer les sources du Var côté Allos. Deux belles envolées au programme, le Belvédère du Fau et la cime du Peguieou pour un panorama à couper le souffle sur le massif des Séolanes et le sud de la Vallée de l’Ubaye Serre-Ponçon.

Les parcours au départ de Barcelonnette

Le Parcours Elite (42 km / 2560m D+) La pure haute montagne. Un parcours exigeant avec 4 cols à gravir. Il emmène les coureurs au sommet du mythique Chapeau de Gendarme (2682m). Près de la moitié du tracé se trouve au-dessus de 2000m. Un challenge de taille qui requiert technicité et engagement. 2 points ITRA. Épreuve comptant pour le Challenge des Trails de Provence.

Le Parcours Découverte (23 km / 1070m D+) Un trail ludique mais technique avec 2 cols à franchir. Le tracé traverse forêts de mélèzes et alpages jusqu’au pied de l’emblématique Chapeau de Gendarme. Un régal à la fois pour les jambes et pour les yeux. 1 point ITRA. Épreuve comptant pour le Challenge des Trails de Provence.

ubaye-trail-2021
© Ubaye Trail Salomon / DR

Ubaye Trail Salomon : un plateau relevé 

Avec près de 600 inscrits, la compétition s’annonce de haut niveau. Sur le 42 kilomètres chez les dames, Coralie Blanchard fait figure de favorite. Elle a réalisé une belle année 2022 en s’imposant entre autres au Trail des Passerelles du Monteynard (67km), à l’Ardèche Trail (36km) et au Ceven’Trail (63km). Chez les hommes, c’est Bertrand Brochot du team Trail Club Provence qui promet de faire une belle course après ses victoires cette année au Trail Sainte Victoire (57km) et au trail de la Galinette (47km).

Sur le 23 km ce sont Amandine Ferrato, qui a remporté 6 courses sur 7 depuis début 2022, et Guillaume Courias, du Running Conseil Avignon, qui comptabilise 4 podiums depuis le début de l’année, qui risquent bien de donner du fil à retordre à leurs concurrents.

Enfin, sur le 12km côté dames on retrouve Claire Verany. Chez les hommes, Arthur Ferragne du Trail Club Provence et Julien Lafontaine du team Isola VTT pourraient se livrer un beau duel.

Plus d’informations et programme du week-end ICI

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 4 août à minuit. Rendez-vous ICI

Ubaye Trail Salomon : voir le film de l’édition 2021 en vidéo

Les derniers articles

Coup de tonnerre dans la sphère des élites du trail : Xavier Thévenard, triple vainqueur de l’UTMB Mont-Blanc (2013-2015-2018), ne sera pas au départ de l’édition 2022. C’est sur son réseau Instagram que le Jurassien, surnommé « le Petit Prince du Trail », a annoncé le 29 juillet la triste nouvelle. Voici sa déclaration intégrale.

Xavier Thévenard et l’UTMB, une histoire d’amour

« L’UTMB, cet évènement qui me fait tant rêver, m’a tant apporté, approche à grand pas… C’est à Chamonix que j’ai vécu les émotions les plus indescriptibles, des moments forts de partage, d’amitié, de goût de l’effort et de dépassement de soi. À chaque fois que l’on me parle du tour du Mont Blanc, j’ai le sourire qui monte jusqu’aux oreilles. Je sais à quel point cette course exigeante demande de l’investissement physique et mental. Il faut être à 100% le jour de l’événement pour mettre toutes les chances de son côté et prétendre boucler la boucle. »

Un état de santé trop incertain

« C’est pour cette raison que cette année, je ne participerai pas à l’UTMB, puisque je ne suis pas dans un état de santé optimal pour pouvoir participer à cette course. Encore aujourd’hui, je traverse des périodes de forme physique en dents de scie. Peut être que dans 1 mois, je serai dans de meilleures dispositions pour pouvoir courir l’UTMB, mais n’ayant aucune course de préparation à mon actif et un état de forme qui oscille, ce ne serait pas raisonnable de venir participer à l’UTMB 2022. »

La maladie de Lyme, encore et toujours

« Jusqu’à lundi dernier, j’y croyais encore, car ces dernières semaines ont été positives concernant mon niveau de forme. Les symptômes de Lyme avaient complètement disparu, me laissant la possibilité de m’entraîner correctement. En atteste, mon inscription au 70 km de Montreux ce week-end (le 30-31 juillet). Malheureusement, ce début de semaine en a décidé autrement avec le retour de quelques symptômes qui me font renoncer à cette course et donc à l’UTMB. Je vais donc continuer mon UTMB du moment, à savoir tout mettre en œuvre pour retrouver la santé et le ressenti de ces dernières semaines me laisse beaucoup de l’espoir… »

Lire l’interview de Xavier Thévenard à propos de sa maladie ICI

XAVIER THEVENARD 2 UTMB 2022 © DR
Avec 3 victoires sur l’UTMB, plus celles sur la CCC et la TDS, Chamonix a apporté à Xavier Thévenard des émotions intenses. © DR

Xavier Thévenard présent à l’UTMB, mais pas pour courir

« Un UTMB, ça se respecte, on y va avec le cœur, l’envie, une bonne préparation pendant toute l’année, en gravissant les échelons au fil de la saison avec rigueur et patience. Je ne suis pas dans cette démarche d’aller à Chamonix pour consommer de l’UTMB, comme on peut consommer l’ascension du Mont Blanc dans un seul et unique but, se montrer auprès à ses collègues, amis, famille, en disant : « Regardez, je l’ai fait », avec pour seule finalité de pouvoir flatter son ego sur les réseaux sociaux. Même si aujourd’hui c’est difficile d’accepter de ne pas faire partie de la fête en tant que coureur, je serai malgré tout très heureux d’être présent sur place pour découvrir l’envers du décor. Je vais certainement apprendre beaucoup de choses, et j’aurai alors plus de temps pour échanger et faire de belles rencontres… »

Chanceux malgré tout

« Je m’estime chanceux de pouvoir encore bouger, être actif au quotidien, car nombreuses sont les personnes atteintes de la maladie de Lyme qui malheureusement ne peuvent pas se déplacer. À ce jour, avoir une vie de sédentaire serait possible, mais pas la vie que je souhaite mener : celle de sportif de haut niveau. Cela demande tellement d’exigence pour être au top physiquement, qu’avec le moindre grain de sable dans cet engrenage tout se complique.

Parfois il m’arrive de faire de belles sorties en montagne, avec de bonnes sensations. Quand cela m’arrive, ma motivation s’accentue au fil des sorties, je me projette sur des objectifs. Je suis comme un gosse qui découvre l’activité, qui veut aller partout en montagne, je me dis : « Yes, enfin c’est fini, je tiens quelque chose ! » Inconsciemment, je visualise des moments importants que j’ai pu vivre ces dix dernières années dans le milieu du trail. Cela me fait du bien, les émotions remontent. »

Des réactions unanimes pour un homme inspirant

Plus de 5000 personnes ont rapidement réagi à la triste annonce de Xavier Thévenard. Des mots de soutien de la part de champions, adversaires d’hier, amis de toujours, comme d’anonymes que Xavier a toujours inspirés. Retenons ce commentaire de Myriam C., parmi tant d’autres, pour la justesse de ses propos : « Cette crise, douloureuse bien sûr, te fait grandir encore. Dans ton corps et dans ton âme. Le bout du tunnel approche et, même si ce n’est pas celui du Mont Blanc, c’est une belle traversée, finalement, que celle qui t’a appris tant de choses. Je lis tes mots aujourd’hui et je ressens cette certitude ; tu es né pour INSPIRER. Dans la félicité comme dans l’adversité. Merci pour tout ce que tu es. Le champion qui court vite, comme l’homme qui ralentit. »

Les messages des champions

HARDROCK 100 UTMB
François D’Haene et Kilian Jornet ont été parmi les premiers à réagir. © DR

Extraits des centaines de messages de soutien suite à l’annonce de Xavier Thévenard.

François D’Haene
Courage ! Il y aura d’autres éditions!

Kilian Jornet
Bonne récup Xavier !

Benoît Girondel
Fais ch… Courage copain !

Arthur Joyeux-Bouillon
De tout cœur avec toi Xavier !

Mathieu Blanchard
Optimisme et Détermination, you will be back champion !

Hugo Deck
Courage Xavier ! T es une vraie source d’inspiration !

Aurélien Dunand-Pallaz 
Patience et ça va le faire !

UTMB Mont-Blanc
Bon courage Xavier. Sois fort, on a hâte de te retrouver !

Les derniers articles

Il n’y a rien de pire, pour un coureur, que d’arriver quelque part et de ne pas savoir où aller courir. Certes, de nombreuses applications proposent des parcours pré-enregistrés, mais il est fréquent qu’aucun de ces parcours ne soit disponible à proximité immédiate du lieu où vous vous trouvez. RunnrZ, nouvelle application mobile française, vient combler ce manque. On l’a testée en plein cœur de l’Ardèche. Résultat concluant.

RunnrZ, ou l’utilisation d’un algorithme innovant

Que faire lorsque vous arrivez quelque part (ville, campagne), loin de vos bases habituelles, et que vous voulez effectuer une sortie ? Comme la plupart des coureurs, vous cherchez dans vos applications habituelles des parcours à proximité, sur lesquels vous pourriez vous greffer, pour peu qu’ils correspondent à vos capacités en terme de distance, de dénivelé, etc. Ou alors vous prenez la carte Michelin du coin et, stylo en main, vous essayez de tracer un parcours. Ou Google Maps, en prenant des notes. Mais si cette phase de préparation vous gave, vous partez à l’aveugle, faites demi-tour au bout de quelques kilomètres et revenez sur vos pas. Finies ces galères avec RunnrZ, dont le propos est justement de révolutionner la façon de trouver de nouveaux parcours de course à pied.

Grâce à un algorithme innovant, l’application vous propose en effet des itinéraires sur mesure, adaptés à votre niveau et à vos envies, où que vous vous trouviez. Cela fonctionne un peu comme Waze, avec une analyse des routes et chemins existants dans les fonds cartographiques régulièrement mis à jour. Il s’appuie par ailleurs sur plus de 500 règles algorithmiques afin d’optimiser les parcours proposés. Si la zone de recherche offre de nombreuses possibilités, comme par exemple une grande ville, RunnrZ se fait fort de vous proposer 5 parcours différents. Et oubliez le bête aller-retour le long de la nationale ou des quais, l’appli ne propose que des boucles, pour plus de variété et de découverte. Au cas où il y aurait moins de possibilités, le nombre d’itinéraires proposés peut être inférieur. Mais toujours en boucle !

Antraigues-sur-Volane, ton univers inconnu

En choisissant les hauts plateaux ardéchois pour quelques jours de congé, je me réjouissais à l’idée de prendre un peu de hauteur et de m’éloigner des chaleurs étouffantes de la vallée. En revanche, comme tout accro à la course à pied, je m’inquiétais un peu : où allais-je courir ? Car si Antraigues-sur-Volane, patrie de Jean Ferrat (il s’y était installé en 1964, jusqu’à sa mort en 2010) offre un cadre champêtre remarquable, mes baskets, elles, ne se contenteront pas de la visite de sa Maison, située sur la place du village.

ANTRAIGUES
Antraigues-sur-Volane. © Esprit Trail / DR

Test RunnrZ, 4 boucles différentes en quelques clics

Heureusement, RunnrZ a vite fait de me rassurer. Avant toute chose, arrivé sur place, je commence par renseigner mes critères. Je choisis donc l’activité Running (les autres choix étant Marche et Vélo), une distance de 10km (c’est les vacances, hein, et je ne prépare pas un ultra !), je précise que je privilégie du terrain Mixte (Route/Chemins) plutôt que route seule et je lance la recherche. Bon à savoir, en choisissant le terrain Mixte, l’algorithme privilégiera les chemins aux routes. Dans la mesure où ils sont cartographiés sur les fonds de référence, bien entendu…

RUNNRZ FILTRES
Une fois les filtres renseignés, l’algorithme recherche les parcours possibles. A noter qu’en variant la distance de quelques kilomètres, plus de parcours sont possibles.

Quasi instantanément, l’application me propose 4 parcours distincts, avec des dénivelés variables. Désireux de démarrer en douceur, je fais glisser les différents parcours vers le haut pour obtenir le détail du profil altimétrique de chacun. Le premier parcours, avec 419m D+, me paraît parfait avec 4 km plutôt descendants pour m’échauffer, avant d’enchaîner les côtes. Le parcours 4, en revanche, attaque fort d’entrée, avec un 250 D+ immédiat. Très bien pour une séance en côte, mais pas pour ce que je recherche aujourd’hui. C’est donc sur le premier parcours que je jette mon dévolu.

RUNNRZ PARCOURS 4 DENIVELÉ
Le détail du dénivelé du Parcours 4, brutal dès le départ, m’incite à me rabattre sur le Parcours 1, au dénivelé mieux réparti pour me permettre de m’échauffer.

Un guidage précis, à une exception près

Une fois le parcours choisi, il suffit d’appuyer sur le bouton Démarrer et de se laisser guider par le GPS intégré. Simple comme bonjour. Le guidage vocal s’avère efficace et me permet de profiter pleinement du paysage, sans avoir à regarder mon téléphone à tout bout de champ. Seule erreur de parcours, un embranchement où deux chemins partent sur la gauche, proches l’un de l’autre. Je choisis le premier, mais après quelques mètres, l’application m’invite à faire demi-tour et rejoindre le parcours en rouge. C’était donc le second qu’il fallait prendre. Impossible pour l’algorithme, lorsque les routes ou sentiers ne sont pas cartographiés avec des noms, de faire une distinction aussi subtile. L’Intelligence Artificielle aussi a ses limites.

RUNNRZ PORTRAIT
Portrait d’un traileur heureux, découvrant des sentiers ardéchois superbes où, visiblement, des cyclistes en profitent pour rafraîchir leurs pneus… © Esprit Trail / DR

Un suivi en temps réel

Durant ma sortie, j’ai droit à toutes les infos habituelles des autres applis : distance parcourue, temps au kilomètre et allure de course. Et bien sûr, en fin de parcours, le récap est fourni, puis archivé. De quoi satisfaire ceux qui veulent mesurer leurs progrès. Pas sûr que cet archivage soit nécessaire pour moi, car je ne compte pas refaire la même boucle de si tôt. L’appli m’en a proposé 3 autres, autant partir les découvrir ! Voire même en chercher d’autres un peu plus loin…

En route pour de nouveaux parcours avec RunnrZ

Car une autre fonction séduisante de cette application est la possibilité, en se déplaçant sur la carte et en positionnant son doigt sur un lieu, de se localiser à cet endroit précis. L’algorithme va alors chercher les boucles au départ de ce point. Ayant entendu parlé d’un bon resto dans le village d’Aizac, situé un peu plus dans les hauteurs, j’effectue une recherche, même si je me doute que dans cette partie plus montagnarde, les routes et chemins risquent de se faire plus rares que dans la vallée. Et pourtant, bingo : l’appli me propose une belle boucle de 10,1km et 368m D+. Parfait pour une prochaine sortie matinale ! Il ne me reste plus qu’à réserver le resto pour le midi…

RUNNRZ AIZAC
D’un simple déplacement du doigt, l’utilisateur peut se positionner où il le désire, et trouver le parcours qui lui convient.

Le mot de David Dupont, co-créateur de RunnrZ

RunnrZ, c’est aussi une histoire d’amitié entre ses créateurs, David Dupont et Mickaël Estay. Le premier nous raconte comment l’application est née : « L’idée de RunnrZ m’est venue lors de vacances en 2018 à Toulon. Pendant le séjour, l’un de mes amis préparait sa participation à un marathon, et il avait prévu une sortie running. Ne connaissant pas les environs, il avait passé un petit moment sur Google Maps à repérer son itinéraire. Mais alors qu’il était censé courir 1 heure, on ne l’a revu qu’au bout de 2 ! Il est rentré exténué mais aussi agacé car il avait couru beaucoup plus de temps que prévu, et s’était perdu. « Je suis tombé sur des impasses, des routes avec beaucoup de trafic routier, des gros dénivelés, bref une expérience horrible !” nous a-t-il expliqué.

Travaillant dans la Data, j’ai trouvé dingue qu’il n’existe aucune solution pour proposer aux coureurs des parcours sur mesure à partir de leurs critères personnels et les guider ensuite pendant leurs sorties. En 2020, à l’occasion du confinement, j’ai donc décidé de me replonger dans cette question pour essayer de répondre à ce besoin qui semblait inassouvi chez beaucoup de coureurs. J’en ai parlé à Mickaël qui est un passionné de course à pied et nous avons immédiatement décidé de nous lancer dans l’aventure ! Dans la foulée, nous avons créé l’entreprise Everglow, qui porte aujourd’hui le projet “RunnrZ”. »

RunnrZ, déjà disponible sur l’App Store, et sur GooglePlay début 2023

Découvrez la vidéo de présentation de l’appli ici

Les derniers articles

7 jours, 3 heures et 42 minutes, c’est le temps mis par Sonia Poutrel pour parcourir les 623 km du GR223 qui relie Honfleur au Mont-Saint-Michel. Grâce à ce chrono, l’utra-runneuse originaire du Cotentin vient d’établir le tout premier Fastest Known Time féminin sur ce tracé à travers le littoral normand. Retour sur cette Traversée héroïque avec son actrice principale photographiée par Vincent Fleury, et sur la collecte de fonds pour les enfants du Centre Hospitalier Public du Cotentin qui y était associée.

Pour découvrir qui est Sonia Poutrel, lire l’article en lien

Tu as parcouru 623 km en un peu plus de 7 jours, soit environ 90km par jour. À quel rythme avançais-tu et quelle a été ta plus grande distance parcourue en 24h durant tout ce périple ?

En général, j’étais dehors de 4h du matin jusque maximum 22h30, hormis la dernière journée qui a commencé le samedi à 3h00 et qui s’est achevée le dimanche matin à 5h00 pour parcourir 103 kilomètres en 26 heures. Mais, finalement, la journée la plus productive aura été le dimanche du départ, avec 100 kilomètres parcourus en un peu plus de 12 heures. Mais c’était sur un terrain plus abordable.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer durant cette aventure ?

Bonne question… Je suis partagée entre la fatigue et les douleurs imprévisibles dans les jambes, apparues dès le deuxième jour. Je ne suis pas de nature marmotte mais il est vrai que, mine de rien, vouloir courir 100 bornes par jour, ce n’est pas rien. Et avec un sommeil de mauvaise qualité, sur une durée de 2-3 heures, le corps ne comprend pas vraiment. Malgré toute ma motivation et mon envie d’avancer plus rapidement, je n’en étais pas capable. Était-ce à cause de la fatigue ? Ou des jambes lourdes ? Je ne saurais pas le dire.

SONIA POUTREL ROAD
© Vincent Fleury

Tu étais accompagnée par un camping-car pour les nuits. De quels soins bénéficiais-tu chaque soir ?

J’ai la chance d’avoir ma sœur qui est kiné et qui était présente du matin au soir. Elle a pu soulager mes bobos et me masser le soir avant d’aller dormir. Un sacré privilège ! En parallèle, toute une équipe était aux petits soins avec moi – famille, amis – pour m’apporter le soutien nécessaire, qu’il s’agisse des ravitaillements, de l’accompagnement sur les sentiers, etc.

Comment t’es-tu alimentée durant cette semaine ?

Au p’tit déj’, c’était fromage blanc/banane/müesli. Ensuite, c’était souvent des barres de céréales, soit celles du commerce classique, soit celles de la marque Atlet Nutrition, de la compote, beaucoup de fruits rouges les 3⁄4 premiers jours, de la salade riz/concombre/tomates, un peu de pâtes les deux premiers jours. Vers les 3 derniers jours, je mangeais pas mal de sandwichs pain de mie/beurre (beaucoup de beurre !)/confiture et des bonbons (les petites bouteilles de coca, non acidulées). Ah oui, je me suis enfilé une glace à l’eau aussi, le mercredi à 10h00 du mat’ : ça passe pas mal ! Les gommes Ta Energy aussi : une tuerie pour les gourmands ! Et sinon, j’ai pas mal picolé : de l’eau plate principalement, parfois avec de la boisson d’effort Atlet, et de la Sainte-Yorre aux ravitos.

À peine 100 mètres de course, et Sonia se foule la cheville !

Juste avant le départ, tu t’es fait une belle frayeur en te foulant la cheville. Que s’est-il passé ?

Haha… Juste avant le départ, n’exagérons rien ! Je me suis foulé la cheville une centaine de mètres après le départ, et non pas juste avant. En fait, ma balise GPS ne fonctionnait pas. Mehdi, qui me suivait en vélo sur ce départ, vérifiait si le suivi live fonctionnait. Et quand j’ai cherché ma balise dans ma ceinture pour vérifier si elle était bien allumée, paf, il y avait un petit trou tout léger, que je me suis pris. Au moins, dès le départ, j’ai eu un signal d’alerte : attention, le pilote n’est pas dans la bagnole. J’ai donc repris mes esprits et là, je me suis vraiment mise dans ma traversée.

SONIA POUTREL MER
© Vincent Fleury

Nuit ou jour, quand as-tu préféré courir ?

Je dois reconnaître que les deux ne m’ont pas dérangé. Bon, si les marquages du GR pouvaient être phosphorescents, ça serait un luxe. Mais franchement… qui fait ça de nuit ? Non, vraiment, le fait de courir de nuit permet de profiter des couchers et des levers de soleil qui étaient juste magnifiques : le ciel rouge, les silhouettes des bâtiments. Et puis… que rêver de mieux que de voir à la fois le coucher puis le lever du soleil sur le Mont-Saint-Michel à six heures d’intervalle ?

La météo bretonne, tu es toujours aussi fan ?

Oula ! La météo normande, attention ! (Rires.) Franchement, j’ai eu de la chance. J’ai évité la canicule avec une première journée entremêlée de pluie et de vent. Les journées qui ont suivi étaient agréables. Je portais souvent avec une petite veste pour me protéger du vent. Le soleil était davantage présent en fin de journée. Le samedi, on a eu de nouveau un bon mélange de pluie et de vent vers Granville, jusque dans l’après-midi, mais ça commençait à me faire ni chaud ni froid. Ce n’est qu’en revoyant certaines images que je me rends compte que j’ai traversé de bonnes averses quand même !

SONIA POUTREL SOURIRE
© Vincent Fleury

À quel type d’imprévus as-tu été confrontée au cours de cette Traversée 223 ?

Je m’étais préparée à pas mal de choses, mais je n’aurais pas pensé faire toute la traversée avec les mêmes chaussures. J’ai commencé avec des Altra Rivera, plutôt conçues pour la route/chemin simple. Et au bout de 150 bornes, je me suis dit : bon allez, change un peu du 0 drop et prends tes New Balance (les Summit Unknown). Quelle erreur ! Ça m’a provoqué de vives douleurs aux tibias. Mais j’ai continué pendant 20 bornes avec les NB. Du coup, j’ai dû balader ces douleurs jusqu’à la fin de la traversée, bien qu’une fois les Altra récupérées, ça allait quand même mieux. Par la suite, je n’ai plus voulu prendre de risques : j’ai fait les 450 bornes restantes avec les Altra, même dans les falaises, les pierres etc. Résultat : elles sont bien fichues, mais je n’ai eu aucune ampoule ou autre inconfort !

Rien d’autre à signaler ?

Si ! L’autre imprévu, c’est que j’ai eu très rapidement des problèmes de circulation, que j’ai déjà plus ou moins au quotidien. Mes jambes ont vite gonflé : ça n’a pas aidé aux libres mouvements articulaires. Les chaussettes que j’avais, les belles BV Sport / Des Bosses et Des Bulles me comprimaient beaucoup trop les mollets alors j’ai ressorti une vieille paire de chaussettes basses que j’ai gardées jusqu’à la fin de l’aventure.

L’arrivée de la Traversée 223 décalée pour mieux partager…

Y a-t-il un secteur ou une région que tu as particulièrement aimé ?

Je connaissais déjà une partie des plages balnéaires (Deauville, Cabourg…), une partie du Val de Saire (phare de Gatteville, l’Anse du Brick…) ainsi qu’une partie de la Hague (Jobourg, Herqueville…) dont je ne me lasse pas. Mais si je devais choisir un secteur, je dirais Carolles, juste après Granville : un terrain rocailleux avec un joli profil. En plus, c’est à partir de ce moment que l’on commence à voir le Mont-Saint-Michel.

Tu avais initialement programmé une arrivée le samedi, avant de la décaler au dimanche. Pour quelle raison ?

J’avais surtout programmé d’aller jusqu’au bout et d’arriver durant le week-end. Pour l’événement, j’avais effectivement noté la date du samedi afin de donner un ordre d’idée. Au fur et à mesure de la traversée, voyant que je n’arrivais pas à courir plus vite que l’allure à laquelle je progressais je me rendais compte que j’allais arriver dans la nuit du samedi au dimanche. Même si j’aurais aimé arriver plus tôt, il fallait que je me rende à l’évidence.

Il n’y avait pas que le chrono qui comptait…

C’est ça. J’ai pris le temps de réfléchir : soit tu arrives à l’heure où tu arrives, mais de toute façon tu arriveras après le samedi après-midi et donc, de nuit, tu n’auras personne à ton arrivée au Mont-Saint-Michel ; soit tu privilégies un de tes objectifs initiaux : récolter des dons pour les enfants du Centre Hospitalier Public du Cotentin. Et donc tu prends le temps de t’arrêter dans la nuit du samedi au dimanche et tu programmes et diffuses sur les réseaux sociaux une arrivée programmée à la passerelle du Mont-Saint-Michel le dimanche à 10h30 pour partager ce moment avec ceux qui le souhaitent.

SONIA POUTREL MONTEE
© Vincent Fleury

As-tu eu beaucoup d’accompagnateurs sur tout ton parcours ?

Oh oui ! Dès le départ, trois personnes que je ne connaissais pas m’ont accompagnée malgré la météo maussade. Ensuite, dans le Calvados, j’étais plutôt seule. Mais dans la Manche, j’ai dû parcourir maximum 40 kilomètres toute seule. De la famille, des amis m’ont retrouvé. Sachant que mon compagnon, Mehdi, était presque toujours avec moi, à pied ou en vélo, j’ai dû parcourir une centaine de bornes seule. Sur 620… ce n’est rien. Merci à Anthony, Léa, Eléonore, PA, Walid, Paul, Mélanie, Noémie, Florence, Irène, Lucie, Martine, Michel, Cyril, Christophe x 2, Olivier, et à ceux que j’ai oublié. Merci également aux copains, à la famille, qui ont fait des bornes (en voiture) pour être présents sur la ligne d’arrivée !

Traversée 223, la cagnotte est toujours en cours

Où en est ta cagnotte ? La course est finie, mais la collecte aussi ?

Durant la semaine de la traversée, la cagnotte dédiée aux dons pour les enfants hospitalisés du Centre Hospitalier Public du Cotentin a presque doublé et j’en ai été agréablement surprise. Elle est d’ailleurs toujours ouverte et ce, jusqu’à la diffusion de la vidéo de la Traversée qui est en cours de montage par Vincent Fleury. Si on souhaite réaliser un don, rendez-vous sur : https://www.leetchi.com/c/courir-le-gr223 . Avec cet argent, je pourrai acheter de nouveaux livres, des jouets ou encore de la décoration pour le service pédiatrie. Ce ne sont pas les besoins qui manquent.

Comment s’est passée ta récupération ?

Je ne sais pas si on peut déjà en parler au passé. La première semaine d’après course n’a pas été si simple : mauvais sommeil, jambes toujours un peu douloureuses, mais depuis ça va mieux. La récupération se fait à mon allure de tortue : doucement, mais sûrement. Deux semaines après la fin de la traversée, j’ai repris tranquillement la course à pied avec quelques footings, histoire de voir l’état de la carcasse. Mentalement et au niveau de la fatigue aussi, il faut prendre le temps de récupérer.

SONIA POUTREL END
© Vincent Fleury

La Traversée, c’est un souvenir désormais ?

Bien que d’un point de vue sportif ce défi soit terminé, j’estime qu’il ne l’est pas encore complètement. Car, comme je le disais, la cagnotte est encore en ligne, et il y a le film à réaliser puis à diffuser, notamment auprès des enfants hospitalisés de l’hôpital normand. Et pourquoi pas ailleurs, d’ailleurs… L’objectif est de continuer à sensibiliser les gens sur le littoral normand ainsi que sur le fait de continuer à se projeter et faire en sorte de réaliser ses rêves.

Quel est ton prochain défi sportif ?

L’avenir nous le dira. Je suis toujours accompagnée par Stéphane Brogniart et l’année 2023 va commencer à se dessiner. Parce que trouver des idées de défi, ce n’est pas la chose la plus compliquée. Seulement, il faut bien savoir pourquoi on veut faire telle ou telle course. Parce que c’est ça qui te permet d’aller au bout – notamment dans les moments difficiles. Mais en attendant, je ne suis pas contre le fait de reprendre un ou deux dossards d’ici la fin d’année. Ce n’est pas si mal d’avoir à suivre un balisage de course finalement…

Le Fastest Known Time de Sonia Poutrel est enregistré en détail ici

SONIA POUTREL END 2
© Vincent Fleury
Les derniers articles

« Embrasser à nouveau ce caillou, et le plus vite possible ! » Voilà ce qui trottait dans la tête de François D’Haene depuis 1 an. Et ce à quoi il s’est accroché pendant toute cette édition de la Hardrock 100. Récit tiré de son debrief, illustré par les photos de Howard Stern pour Salomon.

Terrassé par des crampes d’estomac

« Si les 6 premières heures de course se sont parfaitement déroulées, j’ai rapidement dû faire preuve de beaucoup d’adaptation et de persévérance pour rester dans la course. En effet, des crampes d’estomac ne m’ont pas lâchées pendant 15h et on peut dire qu’elles ont bien pimenté cette journée. Elles m’ont contraint à de nombreux arrêts, mais aussi à des changements d’allure permanents pour rester au contact, sans vraiment me laisser la possibilité de courir comme je voulais. »

HARDROCK 100 DHAENE 1 © : Howard Stern : Salomon
Dossard n°1, François D’Haene s’élance en tête. À droite, tenue noire casquette blanche, Kilian Jornet tout sourire…
HARDROCK 100 DHAENE 2 © : Howard Stern : Salomon
Se jeter à l’eau, ça ne lui fait pas peur.
HARDROCK 100 DHAENE 4 © : Howard Stern : Salomon
Très vite, François D’Haene s’aperçoit que le course ne sera pas aussi fluide que souhaité.

Rester au contact, au courage

« C’est un peu avant la mi-course, à Ouray, que j’ai dû me résoudre à laisser partir mes compagnons de route, Dakota Jones et Kilian Jornet. Pas facile à accepter, mais nécessaire pour continuer. À mon rythme, j’ai réussi à rentrer après 20km. En gestion ensuite, je suis resté avec Kilian, et il aura fallu attendre les 15 derniers km pour nous départager. »

LIRE AUSSI le récit de la course ici

HARDROCK 100 DHAENE 5 © : Howard Stern : Salomon
Dakota Jones, François D’Haene et Kilian Jornet : les 3 fantastiques qui animeront la course de bout en bout.
HARDROCK 100 DHAENE 8 © : Howard Stern : Salomon
Derrière un Kilian déterminé, un François qui s’accroche.

Fascinant Kilian

« 800m de D+ et 800m de D-, Kilian ne pouvait pas rêver mieux pour lâcher les chevaux ! Et c’est ce qu’il a fait. Si je parviens à limiter les écarts dans la dernière bosse, montée à une allure incroyable après 150km de course, je n’ai rien pu faire en descente. Kilian m’impressionnera toujours dans ces portions. »

HARDROCK 100 DHAENE 9 © : Howard Stern : Salomon
A l’attaque de la dernière grosse difficulté, François D’Haene est encore au contact. Mais il ne pourra pas suivre le rythme infernal de Kilian Jornet.
HARDROCK 100 DHAENE 10 © : Howard Stern : Salomon
La délivrance, avec la ligne d’arrivée en vue.

Une aventure inoubliable

« Je préfère donc assurer le coup et rallier l’arrivée sans trop de risque, filant vers un 2ème bisou au caillou, en seconde position derrière Kilian. Quelle course ! Quelle aventure ! Il va falloir s’en remettre ! Merci Kilian et Dakota pour cette aventure que nous avons partagée, je ne suis pas prêt de l’oublier. Et merci à mes pacers et à mon « crew » : infatigables et d’une aide précieuse. »

HARDROCK 100 DHAENE 11 © : Howard Stern : Salomon
La baiser au rocher, tradition des finishers.
HARDROCK 100 DHAENE 12 © : Howard Stern : Salomon
5 ans après leur dernier duel, et la victoire de François sur l’UTMB, le même respect entre champions.
HARDROCK 100 DHAENE 13 © : Howard Stern : Salomon
Epuisé, François D’Haene est allé au bout de l’effort.
Les derniers articles